Humanisme : le Contrat social

26 juin 2017

Hommes et civilisations fantastiques.

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Hommes et civilisations fantastiques (Serge Hutin)

 

1 Mystères dans le ciel et sur la terre.

 

Serge Hutin prétend que le tableau d'ensemble de l'évolution de l'humanité est plus complexe que ce que les anthropologues affirment. Il donne l'exemple d'une petite boîte métallique trouvée dans les environs de Bagdad, âgée de 4500 ans et qui serait une pile électrique. Il pense que la lointaine antiquité aurait pu voir se dérouler un terrifiant  conflit nucléaire. Il évoque des remparts de granit  vitrifiés en Irlande et en Ecosse. Il en conclut que ces remparts auraient été attaqués par des assaillants employant des armes atomiques.

Serge Hutin évoque le savant allemand Deissman qui, en 1929, découvrit dans l'une des salles fermées au public du palais Topkapi, à Istanbul, des cartes qui avaient appartenu à l'amiral turc Piri Reis.

En 1950, paraissait aux Etats-Unis un ouvrage d'Immanuel Velikovsky intitulé " Mondes en collision". Velikovsky   voulait prouver que les cataclysmes relatés par les traditions et mythologies du monde entier correspondaient à des catastrophes terrestres réelles.

 

Cela provoqua  la colère des astronomes. Serge Hutin croit que l'histoire de l'humanité remonte bien plus loin que celle communément admise. Il s'appuie sur l'occultiste Helena Petrovna Blavatsky pour l'affirmer.

Serge Hutin croit en l'existence des soucoupes volantes et se demande quelles sont les vraies raisons du black-out officiel.

Serge Hutin se demande si la météorite géante qui s'est écrasée en Sibérie dans le territoire des Toungouses le 30 juin 1908 n'était pas un gigantesque vaisseau spatial.

 

Pour Serge Hutin, la destruction des cités de Sodome et Gomorrhe relatée dans la Genèse serait peut-être d'origine extraterrestre.

Serge Hutin imagine que sur notre globe existeraient des noeuds  qui permettraient à deux régions du continuum spatio-temporel de s'interpénétrer malgré leur fabuleux éloignement objectif.

Serge Hutin remet en question l'astronomie en affirmant que Pluton ne semble pas du tout être la dernière planète de notre système. Il cite un savant chinois Liou-Tse-Houa qui, en 1940, publia un livre sur la planète Proserpine qui existerait par-delà Pluton.

 

Serge Hutin affirme même qu'un astronaute croyait avoir vu sur la lune les ruines d'une sorte d'édifice de sept étages.

 

 

2 Hyperborée.

 

Selon des vieilles traditions sanskrites, c'est près du pôle nord que serait apparu le tout premier continent habité. La zone arctique avait alors un climat tropical. L'axe terrestre se serait depuis inversé. Serge Hutin considère que la Sibérie, l'Alaska, le Groenland, le Spitzberg, l'île Jan Mayen et l'Islande sont des vestiges de l'hyperborrée.

Selon l'astronome Bailly guillotiné sous la Terreur, les Atlantes peuplèrent jadis le Spitzberg.

Plutarque aurait évoqué l'existence de trois îles situées à l'ouest de l'Europe où résidaient des hommes civilisés. Serge Hutin pense qu'on ne peut nier l'existence des échanges commerciaux entre les Grecs puis les Romains et des peuples mystérieux, Cimmériens, Hyperboréens qui occupaient encore de lointaines régions septentrionales, voisines du cercle polaire.

 

René Guénon dans "Le roi du monde" évoquait Thulé, terre septentrional, qui fut l'un des principaux centres spirituels, sinon même  le centre suprême d'une certaine période. Dans la mythologie hindoue, il est parlé de l'île blanche située dans les régions boréales et considéré comme le séjour des bienheureux. Le nom "Tula" signifiant l'île blanche se trouvait connu également des anciens Mexicains.

Serge Hutin pense que l’île de Thulé était l’Islande. Serge Hutin évoque 2 livres « La porte sous les eaux » de John Flanders (pseudonyme de Jean Ray et Michel Jansen) et « Dwellers in the mirage » (les habitants du mirage) d’Abraham Merritt. Ces livres relataient l’existence de l’Hyperborée. Serge Hutin mentionne le livre de Raymond Bernard « La terre creuse » dans lequel il était question de l’expédition de l’amiral Byrd dans le grand nord-américain. Il aurait découvert une ouverture dans la croûte terrestre qui donnait accès à une vaste région souterraine jouissant d’un climat tropical. Le département d’Etat américain aurait interdit la divulgation de cette découverte.

 

3 Gondwana, la Lémurie, Mu.

 

W. Scott Elliott, ami de Mme Blavatsky, avait écrit un livre « la Lémurie perdue » dans lequel il décrivait les mœurs d’êtres pas tout à fait humains qui auraient vécu quelques millions d’années avant les premiers mammifères et auraient réussi à dresser les reptiles gigantesques de l’Atlantide.

Serge Hutin évoque trois continents disparus : le Gondwana qui aurait occupé l’antarctique, l’océan Pacifique, l’océan indien, l’Amérique du sud, l’Afrique centrale et méridionale, l’Inde du sud qui aurait été la première masse continentale du globe terrestre. La Lémurie aurait été le continent situé dans l’océan indien. Madagascar, une partie de l’Afrique et le Dekkan en seraient des témoins géologiques.

Le continent de Mu aurait occupé l’océan Pacifique. L’île de Pâques et la Californie en seraient les vestiges. Mu aurait disparu à cause d’un cataclysme vers 12 000 avant j-c.

Serge Hutin affirme qu’on aurait retrouvé en Antarctique des fossiles attestant l’existence d’une végétation tropicale. L’une des stations américaines situées en Antarctique aurait gardé le secret de la découverte de vestiges d’un très ancien dallage. Serge Hutin évoque un musée de Djeddah près de la Mecque. Personne n’est admis à le visiter. Il contiendrait des stèles païennes pré-islamiques. Serge Hutin prétend que ces stèles pourraient être des vestiges Lémuriens.

Le nom de Lémurie vient des romains pour qui les lémures étaient des larves, âmes venues du tréfonds des enfers pour tourmenter les vivants. Serge Hutin pense que les lémuriens étaient de deux types de races. L’art lémurien pourrait ressembler à à la cité de Zimbabwe découverte en Rhodésie par Adam Ramday en 1868 ou à Machu Pichu selon Hutin.

Dans les Andes péruviennes se trouvaient des rochers sculptés à Marcahuasi dont les contours n’apparaissaient que sous un éclairage solaire bien déterminé. Hutin se demande si les Lémuriens les auraient sculptés.

Même dans la forêt de fontainebleau se trouverait une caverne, la « grotte du sarrasin » dont les parois recouvertes de signes linéaires que l’archéologue Robert Ganzo aurait reconnu comme une forme plus primitive de l’écriture cunéiforme des Sumériens.

 

Le colonel James Churchward prétendit avoir pris connaissance de documents sur lesquels veillait  un prêtre bouddhiste de Birmanie. Ces documents révélaient l’existence du continent de Mu qui avait occupé l’océan Pacifique plus de 10 000 ans avant j-c. Les statues colossales de l’île de pâques en seraient un vestige. Un cataclysme astronomique aurait arraché le continent de Mu et la masse circulaire se serait rassemblée dans l’espace pour former la lune La lune aurait donc moins de 10 000 ans !

En Californie, on trouverait toutes sortes d’inscriptions ne correspondant à aucune inscription connue. Dans le Mont Shasta vivrait une population très évoluée fuyant tout contact avec les voyageurs. Ils vivraient dans une cité inconnue cachée à l’intérieur du cratère du Mont Shasta.

 

4 L’Atlantide.

L’atlantide c’est Platon  qui l’a évoquée le premier dans le Timée et le Critias. L’ancêtre de Critias, Solon, aurait rencontré un prêtre en Egypte qui lui aurait raconté l’histoire de l’Atlantide. D’après l’historien Diogène Laërce, les prêtres égyptiens possédaient des manuscrits de 48 863 années antérieures au règne d’Alexandre le Grand.  C’est en  9564 avant j-c que l’Atlantide aurait été engloutie. L’Atlantide formait une très grande île avec une plaine fertile  et une haute montagne.

C’est Poséidon qui aurait fait jaillir une source d’eau chaude et l’autre froide sur l’Atlantide. Les Atlantes creusèrent un canal et construisirent un pont. Il y avait des résidences pour les rois, une acropole entourée d’une enceinte revêtue d’orichalque, un alliage savamment composé.

Atlantis était la capitale de l’Atlantide. Poséidon et Clito étaient les ancêtres des Atlantes. Dans leur religion, il y avait un rite de communion sanglante au dieu, dont le fidèle était censé s’incorporer la force en s’abreuvant du sang d’une victime animale.

Platon raconte la décadence du peuple Atlante dans Critias. Cette décadence serait venue des métissages croissants. Les Atlantes auraient  été en guerre avec les habitants de la cité qui avait précédé Athènes et cela aurait entraîné un cataclysme. L’Atlantide disparut dans la mer en un jour et nuit.

D’après Serge Hutin, il existe au musée de l’Ermitage un papyrus de la 12e dynastie égyptienne décrivant l’engloutissement de l’île du Serpent après la chute d’une étoile. Hutin pense que cette île était l’Atlantide.

L’étoile aurait été une météorite. Les indiens Parias qui vivaient dans le Vénézuela dans un village appelé Atlan. Ils perpétuaient la tradition d’un désastre qui avait détruit leur pays, une vaste île de l’océan.

Les Atlanta auraient inventé des engins volants, des sous-marins, des voitures à suspension. Le cataclysme qui détruisit l’Atlantide pouvait être une explosion nucléaire. Pour Serge Hutin, l’Atlantide aurait été peuplée par trois races :  Une aryenne dont le foyer primitif fut peut-être   l’Hyperborée, la deuxième race  rouge brun et la troisième de complexion olivâtre ou brune, analogue à l’une des races de la Lémurie.

Serge Hutin estime que l’Égypte aurait connu la civilisation il y a plus de 20 000 ans.

Il pense que les pyramides et le Sphinx sont plus anciens qu’on ne le croit.

Serge Hutin relate la découverte, d’un des premiers califes du Caire Il fit faire  un passage jusqu’au couloir d’entrée de la grande pyramide. Les ouvriers débouchèrent dans la chambre de la reine et dans celle du roi. Ils virent deux statues. L’une d’un homme en pierre noire, tenait une lance et l’autre d’une femme en pierre blanche, brandissant un arc. Sur une table, se trouvait un vase hermétiquement clos, taillé dans du cristal rouge. On l’emplit d’eau. Il pesait aussi lourd plein que vide.

Il y avait aussi un astronaute ayant la forme d’un coq en or rouge écaillé de pierres précieuses. Le coq poussa un cri quand les ouvriers s’en approchèrent. Pour Serge Hutin, tous ces objets provenaient de l’Atlantide et il croit  que des chambres souterraines secrètes existent sous les pyramides.

Elles auraient servi à des initiations. Les pyramides auraient été laissées aux prêtres égyptiens initiés par les Atlantes. Serge Hutin pense même qu’elles avaient été agencées pour servir d’abris anti-atomiques !

Le géographe Berlioux avait écrit en 1883 « les Atlantes, histoire de l’Atlantis et de l’Atlas primitif ». Il estimait que l’Atlantide avait constitué une civilisation dans tout l’Atlas marocain. Serge Hutin relate la découverte par les Espagnols d’une population blanche aux îles Canaries, les Guanches. C’était peut-être les descendants des Atlantes. La montagne sacrée des Atlantes, le mont Pico, correspondait à l’une des actuelles Comores.

Serge Hutin pense que les Basques sont d’origine Atlante. Leur langue ne ressemble à aucune langue européenne mais a des affinités avec certains dialectes d’Amérique latine.

Joseph Smith, le fondateur des mormons pensait que les Hébreux avaient découvert l’Amérique. Cela expliquerait la croyance des Indiens d’Amérique qui pensaient avoir été civilisés autrefois par des hommes divins à la peau blanche.

La civilisation celte elle-même pourrait avoir des origines Atlantes. Serge Hutin fait pour cela un rapprochement entre les menhirs et les monuments en pierre de l’ancienne Egypte, entre Carnac et Karnac.

Serge Hutin évoque l’ensemble mégalithique de Stonehenge qui révèlerait des connaissances astronomiques extrêmement profondes.

D’après les professeurs Colton et Martin, de l’université de Melbourne, Stonehenge aurait permis de calculer les éclipses avec précision.

Les menhirs de Carnac permettraient de retrouver la disposition précise de toute une partie de la voûte céleste visible dans l’hémicycle boréal. A l’époque celtique, il y eut plusieurs submersions.

La légende de la ville submergée d’Ys un bien de cette époque.

Serge Hutin prétend qu’en Espagne, il existe de nombreux mégalithes issus de la prodigieuse colonisation atlante. A Rio-Tinto, sur le site de la cité antique de Niella, on trouverait les vestiges d’un vaste port atlante.

5 L’Eldorado et les amazones.

Les premiers conquistadors entendirent des Indiens leur parler d’un royaume extraordinaire, difficile d’accès. Le souverain de ce royaume se montrait nu et couvert d’or lors d’une cérémonie dont le nom d’El dorado. On recherche l’Eldorado en vain. Serge Hutin affirme que dans les régions les moins connues des Andes, des Indiens se targuent de rapports occasionnels avec un peuple inconnu de race blanche qui habite une ou deux cités cachées au cœur de la forêt vierge.

On aurait retrouvé au Brésil des inscriptions phéniciennes qui donnaient les noms et les dates du règne des souverains de Sidon et de Tyr.

Dans certaines tribus indiennes d’Amazonie, on découvre la présence d’une divinité carthaginoise :  Keri.

En 1925, le colonel P. H. Fawcett prétendit avoir découvert la mystérieuse  cité perdue atlante du Mato grosso.

Serge Hutin évoque le mystérieux Philippe auteur d’un ouvrage intitulé le Secret des Andes, membre des sociétés secrètes  l’Ordre ancien de l’Améthyste et de l’Ordre de la Main rouge.

Frère Philippe prétendait que l’Amérique précolombienne gardait la survivance de l’héritage scientifique et spirituel de la Lémurie et de l’Atlantide.

En 1957, frère Philippe aurait dirigé une expédition archéologique sous l’Ordre de la Main rouge. Il aurait découvert des ruines fantastiques avec des monuments et des inscriptions en langue inconnue dans les cités de Paititi. Les peuples de cette région auraient affirmé que leurs ancêtres avaient eu des contacts avec les « peuples du ciel ».

Serge Hutin prétend que les fondateurs de l’empire des incas étaient des étrangers à la peau blanche et aux yeux bleus.

Hutin explique le peu d’usure des dallages du réseau routier de l’empire inca par l’existence de véhicules sur coussin d’air construits par les descendants des Atlantes. Les Aymaras seraient les héritiers des Atlantes et auraient dominé le futur territoire des incas. Ils auraient construit le réseau routier et les cités gigantesques avant que l’Atlantide soit engloutie.

Les Aymaras auraient émigré vers l’ouest après la disparition de l’Atlantide. Hutin prétend que les Incas n’avaient fait que s’installer dans l’œuvre énigmatique qu’est Machu Pichu. La cité aurait été construite du bien avant l’arrivée des Incas.

D’après Hutin, les Mayas se considéraient comme les descendants d’une population divine venue « du côté du levant » et rescapée d’une terre mystérieuse et effondrée dans l’océan oriental.

Hutin eux pense que la civilisation maya révèle des ressemblances avec celle de l’Egypte et elles auraient l’Atlantide comme source commune.

Hutin prétend qu’une société secrète mexicaine détient des manuscrits qui proviendraient de l’Atlantide. Hutin évoque le mythe des Amazones qui auraient existé en Grèce et en Amérique du sud.

Diodore de Sicile relate comment Myrina reine des amazones rassembla une armée de guerrières pour conquérir l’Atlantide.

6 Dans les entrailles du globe.

Hutin évoque les grottes d’Ussat-Les-Bains qui auraient été utilisées par les cathares pour leurs cérémonies secrètes. La pyramide de Falicon près de Nice est un temple souterrain utilisé par Aleister Crowley pour ses cérémonies. Helena Blavatsky aurait exploré les cavernes de Bagh en Inde. Hutin affirme qu’Edgar Poe aurait reçu une initiation magique dans les monts Apalache.

Hutin évoque la théorie de la terre creuse. Jules-vernes avait appuyé son roman Voyage au centre de la terre sur une vieille tradition islandaise : l’alchimiste Arne Sakhnussen serait, au 16e siècle, parvenu au centre de la terre et en serait revenu. L’astronome Edmond Halley développa l’idée que la terre sera constituée de cercles concentriques habitables.

Le capitaine Jonathan Cleves Symnes envoya une lettre aux savants du monde en 1818 dans laquelle il déclarait que la terre était creuse et habitée intérieurement. Edgard Poe a  utilisé ce thème dans Manuscrit trouvé dans une bouteille.

Un aviateur allemand, Peter Bender fonda la doctrine de la terre creuse et il fit des adeptes dans les années 30 parmi lesquels des nazis. Il mourut dans un camp de concentration.

Tous les sites dits « porte des enfers » doivent être considérés comme ayant été le théâtre de rites initiatiques souterrains. Pour ressusciter et pour s’élever aux cieux il faut avoir préalablement traversé les ténèbres, avoir triomphé des terreurs infernales, être passé par la mort initiatique.

Le mont Saint-Michel aurait été bâti sur l’emplacement d’un temple druidique souterrain. Une tradition affirme l’existence d’un gouvernement secret de notre pays, contrôlé, depuis la christianisation de la Gaule, par une société secrète extrêmement fermée et placée sous le patronage de l’archange saint-Michel. Dans la forêt de Brocéliande, un dolmen  est considéré comme le tombeau de Merlin l’enchanteur. C’est là que se trouverait l’accès menant à de mystérieuses cavités souterraines.

Les peuples souterrains sont décrits dans diverses traditions : la main qui forgea l’épée du héros germanique Siegfried, le dieu Vulcain qui façonna le bouclier d’Achille.

Ossendowski, Saint Yves d’Alveydre, René Guénon et Frida Wion ont évoqué  l’Agartha. Le souverain de l’Agartha serait le roi du monde. Il serait apparu à Delhi en 1937, lors des fêtes du couronnement du roi George VI comme empereur des Indes.

Agarttha signifie en sanskrit « insaisissable, inaccessible ». Shamballah désigne la métropole et le centre suprême de l’Agartha. L’Agartha serait protégé par des barrières magnétiques. Selon une tradition mongole, il viendra un temps où les peuples d’Agartha sortiront de leurs cavernes et apparaîtront sur la surface de la terre. Ce sera la fin du présent cycle terrestre. Le roi du monde serait non seulement le souverain de l’Agartha mais aussi le symbole vivant de l’alliance suprême réalisée entre le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle.

Paul Grégor dans un livre intitulé «  Journal d’un sorcier » relate son aventure au Brésil. Il aurait visité des grottes contenant des galeries et colonnades pleines de vestiges d’une vieille civilisation.

7 L’héritage des géants.

Au début du 16e siècle, on découvrit un squelette d’homme de taille gigantesque. C’était le roi des Cimbres, l’une des tribus qui avaient envahi la Gaule.

Mais Cuvier s’aperçut qu’il s’agissait d’une mystification. A Tihuanaco, on a découvert toute une cité bâtie à l’échelle d’hommes dont la stature était de 3 ou 4 mètres. A Tihuanaco, se trouve un édifice étrange, les Portes du soleil, couvert de hiéroglyphes représentant un calendrier correspondant aux cycles de la planète Vénus.

L’île de pâques a été étudiée par Francis Mazière. Il pensait qu’elle avait été peuplée par des précolombiens venus du Levant. Leurs ancêtres auraient disposé d’une force, le « Mana »Que les initiés savaient manier. Cela leur aurait permis d’élever les célèbres statues. 

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08 juin 2017

franc-maçonnerie sous l'Occupation

botrel

 

Histoire de la franc-maçonnerie française sous l’occupation (Lucien Botrel)

 

Chapitre 1 des proscrits.

 

L’auteur révèle, durant la guerre, il était employé dans un bureau administratif d’une ville du nord-ouest. Un de ses chefs avait été révoqué car il avait été franc-maçon. Botrel se souvient que le directeur de l’école primaire de garçons du quartier où il habitait fut pareillement révoqué. C’était un socialiste et il avait été vénérable d’une loge locale.

 Ces révoqués reçurent des manifestations de sympathie de leurs collègues et voisins.

Si bien que les adeptes de la collaboration ne  manifestèrent pas leur satisfaction. Les deux révoqués purent obtenir une situation dans des entreprises de travaux publics travaillant pour l’armée allemande.

Chapitre 2 les groupements humains dans la France occupée.

 

Botrel évoque le drame vécu par les juifs. Il pense que les statistiques sont incomplètes s’agissant des juifs étrangers qui avaient cherché refuge en France. Il estime que les Eglises ont peu souffert même s’ils pensent la neutralité des pasteurs a été parfois ambiguë. Les partis politiques et syndicats ont été interdits après la signature de l’armistice.

Le parti communiste a été particulièrement éprouvé. Des dizaines de milliers de communistes ont été déportés et fusillés. Le parti socialiste a également compté un nombre élevé de morts et de déportés.

Botrel n’oublie pas le sort réservé aux tziganes. Il rappelle que les francs-maçons étaient 60 000 en 1939. En 1945, ils n’étaient plus que 20 000. Les temples avaient souvent été détruits. La reconstruction fut lente.

Botrel cite les notes rédigées par Pierre Laval, à la prison de Fresnes, en 1945 : « il était de notoriété publique que je n’approuvais pas les mesures prises contre les sociétés secrètes…

J’avais toujours considéré l’action antimaçonnique comme une manifestation de l’esprit réactionnaire et clérical, Et mes différends avec le maréchal ou avec son cabinet sont souvent venus de leurs dissentiments à ce sujet… »

Botrel ne le croit pas. Botrel veut démontrer que la franc-maçonnerie a bien été victime de Vichy. Il cite le Vichyssois Henri du Moulin de la Barthète, directeur du cabinet civil de Pétain qui s’était vanté de s’être opposé à la persécution des francs-maçons.

En réalité Petain avait écrit : « un juif n’est pas responsable ses origines ; un franc-maçon l’a toujours été de son choix ».

A la veille de la guerre, Francis Viaud s’était inquiété du totalitarisme grandissant. Il avait dit au convent du Grand Orient de 1938 : « le camp de concentration, la délation, la basse police, la confiscation des biens, l’assassinat. Voilà les armes employées pour assujettir inflexiblement l’individu à l’Etat. Premières victimes : les francs-maçons, symboles même de la pensée libre, dès lors, dangereux comme côtoyant l’esprit critique… »

Albert Lantoine, de la Grande Loge de France, avait affirmé : si demain la république s’écroulait, la franc-maçonnerie se trouverait parmi les ruines ».

Chapitre 3 débuts de l’occupation.

 

En juin 1940, l’occupant veut interdire les « sociétés secrètes » et poursuivre leurs adeptes.

En 1871, lors de l’invasion et de l’occupation prussienne, la franc-maçonnerie avait déjà été accusée de cosmopolitisme. Les loges d’Alsace-Lorraine avaient été dissoutes.

En 1939, la puissance de l’Allemagne nazie avait été sous-estimée, presque ignorée par les Français, y compris les francs-maçons. En juin et juillet 1940, les dirigeants des obédiences maçonniques improvisèrent des mesures de sauvegarde. Mais elles étaient trop tardives et insuffisantes.

En juin 1940, les anti-républicains accédaient miraculeusement au pouvoir. La devise « liberté, égalité, fraternité » chère aux francs-maçons était remplacée par celles très bien pensante « travail, famille, patrie ».

Les dignitaires du Grand Orient transférèrent les fichiers  de leur obédience de Paris à Bordeaux et ceux  de la Grande Loge de Paris à Niort. Les fichiers furent brûlés avant l’arrivée des Allemands. Mais tout ne fut pas détruit. Il restait des listes d’abonnés aux revues maçonniques, des listes d’affiliés chez les responsables des loges.

Ainsi des perquisitions aux domiciles des francs-maçons furent fructueuses. Et les services de police allemand et français purent reconstituer les fichiers brûlés.

Le 7 août 1940, le grand maître Arthur Groussier crut opportun d’adresser à Pétain une lettre qui lui fut reprochée à la Libération. Il avisait le maréchal que le Grand Orient cessait ses activités. Il rappelait la pérennité des principes fondamentaux de la franc-maçonnerie et les services rendus à la patrie. Groussier espérait obtenir la sécurité pour les francs-maçons.

Le 13 août 1940 fut publiée la loi portant interdiction des sociétés secrètes.

Les allemands occupèrent les temples maçonnique et en confisquèrent le matériel. Rosenberg pilota la lutte antimaçonnique. Son représentant français était Ebert et son adjoint Utikal. Au procès de Nuremberg seront mentionnés les transferts en Allemagne des mobiliers des documents des loges du Grand Orient de Bordeaux et Caen. Les Allemands s’emparèrent des locaux parisiens du Grand Orient et de la Grande Loge dès leur entrée dans la capitale. Les grands maîtres Arthur Groussier et Michel Dumesnil de Gramont furent interrogés par la police allemande en leurs domiciles. Les Allemands cherchaient le trésor des francs-maçons et furent vite déçus. La lutte contre les francs-maçons faisait partie des préoccupations des nazis. Ainsi le manuel ultra-secret « Informations shaft » dont devaient être munis les conquérants en cas de succès de l’opération otarie (invasion des îles britanniques) comportait une liste des recherches prescrites. En priorité, se trouvaient les loges maçonniques considérées comme institutions dangereuses.

Dès 1927, apparut en Allemagne l’annonce d’une future persécution des francs-maçons. Ludendorff publia « Anéantissement de la franc-maçonnerie par la révélation de ses secrets ». Rosenberg dénonça le « complot judéo-maçonnique » dans son pamphlet « Mythe du 20e siècle ».

Les S.A. détruisirent des loges allemandes dès 1931. En 1933, Hitler révoca les fonctionnaires francs-maçons et déporta les dignitaires maçons. Les biens des maçons furent collectés par Himmler et Heydrich. Le 4 janvier 1934, une ordonnance de Goering contraignit les loges allemandes de l’auto-dissolution.

Le 8 août 1935, la franc-maçonnerie allemande cessa officiellement d’exister. Une obédience s’exila en Amérique du sud et une autre en Palestine.

La franc-maçonnerie ne put renaître en Allemagne qu’en 1949.

 

Chapitre 4 lois d’interdiction.

 

Seuls 11 députés francs-maçons sur 51 et neuf sénateurs sur 34 refusèrent de voter les pleins pouvoirs à Pétain.

Le 13 août 1940, la loi portant interdiction des sociétés secrètes fut promulguée. Elle fut signée par Adrien Marquet et Raphaël Alibert (garde des sceaux).

Le Grand Orient et la Grande Loge furent déclarés nuls par décret du 19 août 1940. Le 20 août 1940, tous les fonctionnaires furent obligés de rédiger une déclaration de non appartenance aux sociétés secrètes.

Le Droit humain et la Société théosophique furent constatés nuls par décret le 27 février 1941.

La loi du 11 août 1941 permit la publication au Journal officiel des noms des officiers et dignitaires des loges et la révocation des fonctionnaires francs-maçons.

Le 15 décembre 1941, un arrêté du ministre de l’intérieur porta création du service des sociétés.

Le 7 août 1940, Bernard Faÿ remplaça Julien Caïn à la direction de la Bibliothèque nationale. Il fut chargé de centraliser les archives maçonniques.

Faÿ avait été enseignant. Il était monarchiste. Avec l’accord des Allemands, il s’installa rue Cadet, au Grand Orient et  fut rejoint par Jean Marquès-Rivière, ancien membre de la Grande Loge de France dont il avait démissionné en 1931.

Marquès-Rivière fut désigné comme responsable du service des recherches. La rapidité des nominations de tous ces responsables laisse présager qu’une conspiration antimaçonnique avait démarré bien avant le début de l’occupation.

Henry Coston s’empara des locaux de la Grande Loge de France. Il publia le Bulletin d’informations antimaçonniques.

En 1941, deux services de police antimaçonnique furent créés à Paris. Un service allemand dirigé par Pfannstiel et Moritz dans les locaux de l’ambassade du Canada. Un service dépendant de l’antenne parisienne du gouvernement de Vichy fonctionna dans l’ancien siège de la société théosophique dissoute comme formation par paramaçonnique.

Ce service fut dirigé par les commissaires Dejean et Moerschel. A Vichy, en avril 1941 fut créé le service de police des sociétés secrètes dirigé par Robert Labat, ancien membre des services secrets.

Tous ces services ne purent prouver l’existence d’un complot maçonnique international ou une sédition à caractère cosmopolite.

Les lois antimaçonniques furent rapidement appliquées. Ainsi l’orphelinat maçonnique fut dissous et ses locaux mis à sac par la gestapo dès octobre 1940.

 

Chapitre 5 la propagande antimaçonnique.

 

La propagande antimaçonnique servit à tenir en éveil l’opinion sur le « péril maçonnique » et justifier les mesures d’exception prises sur les francs-maçons.

Vichy publia une brochure « Pourquoi a-t-on condamné la franc-maçonnerie ? » pamphlet qui reprenait toutes les accusations traditionnelles.

La presse était sous le contrôle de l’occupant et Radio Paris était le moyen de propagande privilégié. Des nouveaux journaux apparurent : « la France au travail » dirigée par Henry Coston, « les Nouveaux temps » dirigé par Luchaire et « le Cri du peuple » de Doriot. « Au pilori » de Pierre Costantini s’était spécialisé dans la dénonciation du « péril judéo-maçonnique ».

« Je suis partout » était contrôlé par Lucien Rebatet, Brasillach et Drieu la Rochelle.

« L’Illustration » de Jacques de Lesdain avait consacré plusieurs pages à l’exposition antimaçonnique d’octobre 1940 au Petit palais.

Avant la guerre, Ferdonnet et Pemjean avaient créé le Grand Occident par opposition au Grand Orient. L’entrée se faisait par une initiation. Pemjean était l’inventeur de la devise « travail, famille, patrie ».

En octobre 1941, fut créée la revue « les Documents maçonniques ». Elle était richement illustrée. Elle était dirigée par Bernard Faÿ avec l’aide de Jean Marquès-Rivière et Robert Valéry-Radot.

En 1943, Marquès-Rivière et Jean Mamy (sous le pseudonyme de Paul Riche) réalisèrent le film « Forces occultes » pour stigmatiser la franc-maçonnerie. On y voyait l’initiation du député nationaliste Avenel dans un temple maçonnique.

Bernard Faÿ parcourut la France pour présenter des conférences contre la franc-maçonnerie. Il les présentait dans d’anciens temples maçonniques. D’autres conférenciers comme Valéry Radot parcoururent la France pour dénoncer la franc-maçonnerie. Ces conférences attirèrent 70 000 personnes en zone nord et 40 000 en zone sud en 1942. Mais les temples maçonniques n’auraient pu accueillir tant de personnes en si peu de temps.

Eugène Deloncle, créateur de la Cagoule, fonda en 1940 le Mouvement social révolutionnaire dirigé contre les juifs, les francs-maçons et les communistes. Il fut abattu par les Allemands le 3 janvier 1944 alors que son domicile était perquisitionné.

Chapitre 6 difficultés d’une contre-propagande.

L’ordre maçonnique avait été dissous deux fois officiellement. D’abord par ses propres dirigeants puis de fait par les autorités. Ceci rendait impossible une action organisée. A titre individuel, beaucoup d’entre eux ne furent pas sans réagir. Mais leur isolement et à cause de la surveillance et des poursuites qu’ils subissaient, leur réaction fut sans résultat tangible. Les francs-maçons pris ès qualités ne trouvèrent pas beaucoup d’aide et de défenseurs dans l’opinion. Même de l’étranger, il n’y aucune voix pour s’élever contre les répressions antimaçonniques. Il y eut tout de même quelques rares interviews faite à la bbc par des francs-maçons invités par l’équipe française de la radio de Londres. Mais certaines études sont menées pour tenter d’expliquer la réelle passivité des opinions anglo-saxonnes qui ne dénoncèrent que très peu les exactions hitlériennes. Les soviétiques étaient opposés à la franc-maçonnerie et il ne fallait pas s’attendre de leur part à une quelconque défense des maçons.

En France, l’opinion enregistrait avec indifférence les épreuves qui s’abattaient sur des catégories entières de citoyens. Chacun était si peu sûr du lendemain qu’il ne pouvait guère porter attention à ce qui ne le touchait pas directement.

Chapitre 7 attaques officielles.

 

La campagne antimaçonnique fut ardemment est constamment soutenue par ses promoteurs, les dirigeants de l’Etat français.

Le premier numéro des Documents maçonniques fut présenté par le maréchal Pétain : « j’approuve (donc) entièrement l’entreprise de cette revue qui doit porter la lumière dans un domaine longtemps ignoré des Français ». Les éditoriaux suivants étaient signés des dignitaires de Vichy. Cette revue s’abstenait totalement de fait référence à des textes origine allemande.

Le but de cette revue était de désigner le bouc émissaire. On écrase un adversaire avec d’autant plus de facilité qu’il est à terre.

Vichy voulait ainsi détourner l’attention des Français sur des malheurs pourtant perçus directement : occupation, disette et pénurie, guerre.

Xavier Vallat, Philippe Henriot, Charles Maurras avaient profité de la défaite de 1940 et de l’instauration de la dictature de Vichy pour proclamer « la justesse de leurs vues prophétiques ».

Chapitre 8 mobiles et thèmes de la « croisade antimaçonnique ».

Les causes de la répression dont la franc-maçonnerie fut l’objet sont à rechercher dans le fanatisme du nazisme et de ses alliés mais aussi dans l’ancestrale opposition « franc-maçonnerie/totalitarisme ».

Il n’est pas surprenant que tous les apôtres traditionnels de la « croisade antimaçonnique » aient saisi l’occasion qui leur était offerte de déverser leurs sarcasmes habituels. On peut regretter que des personnes moins engagées aient mêlé leurs voix à ce concert d’imprécations. C’est ainsi que le « Journal de Rouen », naguère connu comme quotidiens de province des plus sereins, rapporta les propos tenus en novembre 1940 par Pierre Étienne Flandin qui disait toute sa haine de la « domination du judéo-maçonnique ».

Les francs-maçons furent donc souvent rangés parmi les fauteurs de guerre et les responsables de la défaite par les zélateurs de Vichy.

L’antimaçonnisme de Vichy tirait sa source de la bulle papale du 27 avril 1738 de Clément XII et qui frappait la franc-maçonnerie d’excommunication. Les motifs de cette bulle étaient que la franc-maçonnerie était une société secrète, ses serments étaient anti-religieux, elle soutenait le mal, elle combattait la religion, elle méprisait les lois et admettait leur violation, elle servait de prétexte à la constitution de groupes d’intérêts financiers.

Sous l’Espagne franquiste, être franc-maçon était un crime. Les ennemis de la franc-maçonnerie pouvaient être recrutés dans trois groupes : les naïfs, mystiques, inconditionnels de la religion, catholique particulièrement. Les adversaires belliqueux de mauvaise foi. Les adversaires de bonne foi, soucieux de l’orthodoxie des croyances.

La défaite de 1940 fut souvent présentée par le clergé comme châtiment infligé à la France impie.

L’affaire Stavisky provoqua un scandale en 1934 et des francs-maçons y furent impliqués. Cela avait joué dans l’antimaçonnisme de Vichy.

Même si la franc-maçonnerie avait poussé 3000 de ses membres à démissionner suite à ce scandale.

La violence et la fréquence des attaques subies par la franc-maçonnerie en 1934. Dans l’affaire Stavisky présageait de ce qui devait arriver sous l’occupation. La haine et le fanatisme qui accompagnaient naguère les affrontements entre les religieux catholiques et les francs-maçons a perdu de son intensité après Vichy. Mais d’autres fanatiques se sont révélés habiles à utiliser la propagande antimaçonnique. Les ayatollahs d’Iran avaient affirmé en 1983 que les francs-maçons et les sionistes avaient joué un rôle très important dans l’élection de Mitterrand. Un ancien ministre du chah d’Iran qui avait rompu avec son régime avait été condamné à mort par les ayatollah sous prétexte qu’il était franc-maçon.

Chapitre 9 effets de la répression.

En conséquence de la voie du 15 août 1940, les fonctionnaires et membres des services publics étaient astreint à signer une déclaration sur l’honneur de n’avoir jamais appartenu à une société secrète. Ceux qui avaient fait une fausse déclaration furent révoqués dès que leurs noms furent révélés au Journal officiel dans la liste des franc-maçons.

Fin 1943, le total des listes de franc-maçons comportait 17 000 noms. Les services des sociétés secrètes n’avaient pu établir le tableau intégral des affiliés. Les francs-maçons proscrits purent à peu près tous retrouver une situation professionnelle et circuler dans la cité sans être la cible de sarcasmes.

Il fallait tout de même du courage et de la détermination aux franc-maçons pour avoir encore la volonté de participer à la résistance. Les séquelles de cette proscription se firent sentir à la Libération. Un nombre assez important de ces victimes des lois d’exception ne sollicita pas une reprise d’activité dans les ateliers maçonniques reconstitués : les tracas auxquels ils avaient été soumis les avaient conduits à demeurer dorénavant réservés à propos d’un quelconque engagement.

Pendant la guerre, les services de répression étaient particulièrement fiers de leur œuvre.

Bernard Faÿ avait écrit un article en 1942 sur la liquidation de la franc-maçonnerie dans lequel il affirmait : « le gouvernement du maréchal permet à chaque français d’avoir confiance en son voisin et d’être sûr qu’une concurrence loyale est désormais instaurée dans la vie administrative ! ».

La revue « les Documents maçonniques » avait servi à ses auteurs à poursuivre l’entreprise de délation en livrant aux autorités d’autres listes de républicains et des personnes qui avaient été invitées par des loges pour des conférences.

Botrel évoque les lettres de délation dont furent victimes les franc-maçons. Ces lettres étaient soigneusement classées et suivies d’enquête. Les différents organismes français et allemands se communiquaient les renseignements recueillis. Le bilan de la répression fut désastreux. Il y eut plus de 500 membres de la Grande Loge déportés, 180  morts en déportation des pour le Grant Orient, 220 déportés et 120 morts en déportation ; pour le Droit humain, 60 et 31.

Chapitre 10 la campagne antimaçonnique et l’opinion.

La plus grande partie de l’opinion restait indifférente, voire choquée des méthodes et des procédés employés par les maîtres de l’heure. Un petit nombre de citoyens réfléchirent à ce qui leur était présenté dans les expositions et conférences antimaçonniques. Enclins à se défier de tout ce qui était montré sous le couvert de la protection hitlérienne, ils se piquaient de curiosité envers cette franc-maçonnerie tant décriée et cherchèrent à comprendre quels étaient ses buts véritables. Ultérieurement, cette curiosité aboutit parfois un engagement…

Botrel cite plusieurs articles de la presse vichyste dans lesquels des pamphlétaires et des lecteurs s’offusquaient que la franc-maçonnerie n’était pas encore assez combattue. Après la Libération, Francis Viaud, grand maître du Grand Orient, déplora que pas une seule voix ne se soit élevée dans la hiérarchie catholique pour se désolidariser le chef des mesures prises contre les francs-maçons.

Dans « Le Franciste » du 14 juin 1941, le journal de Marcel Bucard, Maurice Moures déplorait le réveil de la franc-maçonnerie et l’accusait d’être à l’origine du marché noir. Alors que le marché noir profitait avant tout à l’occupant.

En 1943, le débarquement allié en Afrique du nord et la défection de l’Empire sous contrôle vichyssois avaient fait perdre à Bernard Faÿ son triomphalisme. Dans les Documents maçonniques il prétendit éprouver un sentiment douloureux en s’opposant aux francs-maçons car il affirmait qu’il se voyait obligé d’être un Français opposé à d’autres Français. Il prétendait qu’il lui était pénible de paraître dans un rôle de justicier. Le 15 octobre 1943, de Gaulle publia un décret à Alger annulant toutes les lois d’interdiction de la franc-maçonnerie sur l’ensemble des territoires placés sous contrôle du Comité national de la France libre.

Chapitre 11 évolution, luttes et réactions.

Fin 1942, le poids de la puissance industrielle et militaire américaine commençait à se faire sentir mais Vichy ne semblait pas tirer la leçon des faits. L’espoir changeait de camp, seuls les plus fanatiques collaborationnistes restaient fidèles à Vichy et à sa propagande.

Les francs-maçons reprirent espoir. Dès 1940, des francs-maçons entrèrent en résistance. Tous les frères de la loge la Bonne foi de saint-germain-en-laye furent résistants dès 1940. Les frères reprirent contact dans plusieurs villes dans des petites réunions de trois ou quatre affiliés de toutes obédiences. Une partie des dirigeants Francs-tireurs se réclamaient de la franc-maçonnerie. D’autres mouvements de résistance comptèrent des francs-maçons : Combat, Défense de France, Libé nord, O. C. M.

Les francs-maçons résistants aidèrent à la rédaction des multiples rapports qui aboutirent à l’établissement de la généreuse charte de la Résistance. L’assemblée consultative d’Alger compta 25 % de francs-maçons de diverses obédiences.

Daniel Ligou signale qu’un Comité maçonnique de résistance fut créé à Lyon et que la loge clandestine de Pontoise et les Amis du peuple eut une activité à peu près continue pendant toute l’occupation. Comme la loge Ordre et progrès de Bordeaux. Au printemps 1944, il y avait des réunions de francs-maçons dans plus de 60 départements représentant de 111 loges embryonnaires. Un essai de coordination furt entrepris par le réseau de résistance maçonnique Patriam recuperare.

Patriam recuperare fut créée en décembre 1940, à Paris. Des loges clandestines furent créées dans des camps d’internement ou des camps de déportation. Comme la loge les Frères captifs d’Allach ou la Nation à l’Orient du monde à Berlin.

A Buchenwald ou à Auschwitz il existait des groupes de liaison maçonniques.

Dans les stalags, les groupements maçonniques furent nombreux.

A Londres, Le Grand Orient possédait une loge créée en 1899, la loge Hiram. Elle continua ses activités en dépit de l’ignorance de la Grande Loge Unie d’Angleterre. La loge Hiram  accueillit de nombreux frères en exil. Le résistant Pierre Brossolette la fréquenta.

Le Grand Orient avait une loge à Genève la Fraternité mais elle dut fonctionner dans la clandestinité car la Suisse subissait la pression de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste. En 1943, les loges reprirent leurs travaux en Afrique du nord. Dès en 1942, un Groupe d’action maçonnique  avait été créé à Alger. Les maçons d’Algérie s’opposèrent au maintien des mesures inspirées de Vichy par autorités militaires américaines interposées. C’est à Alger  que fut promulgué, par le général de Gaulle, le décret du 15 décembre 1943 qui supprimait la législation de Vichy sur les sociétés secrètes dans les territoires libérés.

 

Chapitre 12 Les ravages.

 

Les estimations les plus complètes, Toutes obédiences confondues, font état de plus de 60 000 francs-maçons fichés, de 60 000 inculpations, de 2500 arrestations, 1000 déportations, près de 600 morts dans les camps ou fusillés. 3000 fonctionnaires maçons furent révoqués.

Tous les biens mobiliers des francs-maçons avaient été placés sous séquestre. Les décors et les bibliothèques furent pillés. Les archives furent dirigées vers le Service des sociétés secrètes pour établir des listes de maçons.

 

Chapitre 13 L’action de la milice.

La milice a été formée en zone sud. Ses effectifs furent recrutés parmi les éléments du Service d’Ordre  Légionnaire, les plus acquis au régime de Vichy.

C’était une police supplétive. Elle a été créée par la loi du 30 janvier 1943. Pierre Laval était de droit chef de la milice. Elle a été dirigée par Joseph Darnand. Il y eut 15 000 miliciens en zone sud. Le 19 décembre 1943, les autorités allemandes autorisèrent la milice à s’étendre en zone nord. 3500 miliciens supplémentaires furent recrutés.

Victor Basch, Ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme  fut assassiné par Lécusson, Chef de la milice à Lyon. Jean Zay, franc-maçon et ancien ministre  fut tué par la milice le 20 juin 1944.

Le 25 mars 1944, Constant Chevillon, de l’obédience Memphis-Misraïm fut tué par la milice.

Chapitre 14 reconstitution – libération.

Des francs-maçons comme Kischmeyer, Eychêne, Bonnard, Thil et le docteur Favreau créèrent le groupe Patriam recuperare.

Ils entrèrent en relation avec d’autres groupes socialistes et syndicalistes. Ils créèrent ensuite un conseil provisoire de la maçonnerie française. Ce conseil devint le Comité d’Action Maçonnique. Six membres le dirigeaient : le professeur Lapicque, maître Louis Bonnard, le médecin général Lhortolary, le général Pélaquin, Soubret et Zaborowsky.S’y ajoutèrent Marc Rucart, Vumaud, Bassot, Jean Baylot et Marsaudon.

Fin 1943, 211 triangles (cellules maçonniques constituées de trois frères) couvraient 60 départements. Le comité d’action publia un texte début 1944 prescrivant l’unité de la franc-maçonnerie française. Le 9 août 1944, le Journal officiel publia à Alger une ordonnance rétablissant l’activité de la franc-maçonnerie. Le 19 août 1944, Bernard Faÿ était arrêté. Le 22 août 1944, des frères reprirent possession des locaux du Grand Orient rue Cadet et de ceux de la Grande Loge rue Puteaux.

Le 14 septembre 1944, un protocole d’accord réglait la question des relations entre la Bibliothèque nationale et les obédiences pour la gestion de tous les biens culturels maçonniques recensés ou devant être récupérés.

Des pourparlers furent engagés par Françis Viaud grand maître du Grand Orient et Dumesnil de Gramont  de la Grande Loge pour réaliser l’unité organique décidée dans la clandestinité. La grande loge désirant une reconnaissance internationale fit échouer cette unité.

Bernard Faÿ fut condamné en 1946 aux travaux forcés à perpétuité mais il s’évada le 30 septembre 1951 de l’hôpital d’Angers où il était soigné.

Grâcié en 1959, il  rédigea des articles pour le journal d’extrême-droite Rivarol.

Henry Coston fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. 

Jean-Marquès Rivière fut condamné à la peine de mort par contumace. Otto Abetz fut condamné en 1942 à 20 ans de prison mais fut libéré en 1954. Costonfut grâcié en 1952 par le président Auriol. Les francs-maçons qui avaient collaboré avec les Allemands ne furent pas réadmis dans la franc-maçonnerie. 172 frères ne furent pas réadmis à la Grande Loge soit 1 % des effectifs de 1939.

Paul Riche ( alias Jean Mamy) paya sa trahison de sa vie.

 

Chapitre 15  fin de la proscription.

 

De Gaulle signa l'ordonnance définitive de rétablissement de la franc-maçonnerie le 9 août 1944. Il ne restait plus que 7950 frères au Grand Orient en 1945 et 3600 à la Grande Loge.

Une circulaire du 28 septembre 1944 signé par Arthur Groussier du Grand Orient et de Marcel Cauwel de la Grande Loge précisait les conditions de réintégration des frères.

Les collaborateurs avaient été frappés d'indignité maçonnique. L'allemagne versa des indemnités pour dommages de guerre au Grand Orient ce qui permit la rénovation de l'hôtel de la rue Cadet. Les difficultés financières des frères furent un obstacle pour la reprise des travaux. Des loges furent obligées de fusionner pour pouvoir reprendre les travaux avec des effectifs suffisants. Il faudra attendre 1975 pour que la franc-maçonnerie française retrouve ses effectifs de 1939.

 

Les loges de province avaient des difficultés à retrouver un local décent. Ce n'est que dans les années 1950 qu'elles purent le faire dans des villes détruites par la guerre comme à Lorient, Lisieux ou Caen.

Arthur Groussier fut critiqué pour l'envoi de la lettre du 7 août 1940 au maréchal Pétain. Il ne fut pas réintégré à son poste de grand maître.

 

Chapitre 16 les "protecteurs".

 

La fameuse théorie du double jeu du maréchal Pétain négociant avec les alliés en prévision d'un retour au combat contre les Allemands est une pure légende. Pétain et son régime ont devancé et ont été au-delà des revendications allemandes en livrant les réfugiés étrangers, en persécutant les juifs et les francs-maçons. On cite Pierre Laval et Otto Abetz comme défenseurs des francs-maçons. Otto Abetz aurait été initié à la loge Goethe de la Grande Loge avant 1939.

 

Laval avait souhaité la victoire allemande jusqu'au bout. Mais il ne resta pas insensible aux appels de détresse du frère Gaston Guillaux de  la loge Thélème qui présenta diverses requêtes en faveur des francs-maçons pourchassés. Il protégea quelques maires et préfets  francs-maçons pour se ménager des appuis en cas de défaite de l'Allemagne. Lors de son procès il ne manqua d'ailleurs pas de faire état de ses interventions.

 

Le meurtre de Jean Zay commis par les miliciens sur lesquels Laval avec tout pouvoir suffit à condamner cette version d'un Pierre Laval protecteur des francs-maçons.

 

Chapitre 17 la leçon des faits.

 

Vichy n'a pas réussi à détruire la franc-maçonnerie. Francis Viaud écrivit dans son autobiographie : " la tourmente de 1940 rejeta dans les ténèbres la pure lumière maçonnique. Ce furent les lois d'exception. Le voeu tant de fois proclamé de tous les ennemis de la République était enfin réalisé et chacun d'eux avait satisfaction. En vain d'ailleurs, car la franc-maçonnerie bafouée, spoliée, piétinée, n'est pas morte . Obligée de devenir la société secrète qu'elle n'avait jamais été et que ses ennemis l'accusaient d'être, elle mena inlassable son action, souterraine cette fois, mais terriblement efficace".

 

Lucien Botrel estime que les francs-maçons proscrits dans leur propre patrie qui devinrent des combattants obscurs mériteraient bien un mémorial commémoratif de leurs sacrifices.

 

 

 

 

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07 janvier 2017

Dino Buzzati Un cas intéressant.

 

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Albert Camus a traduit cette pièce de Buzzati dans laquelle il voyait aussi bien un drame de la destinée qu'une satire sociale.

Premier temps. Premier tableau. On se trouve dans l'antichambre et le bureau du directeur de la société immobilière Corte et Dell.

Menti, ancien commis attend Corte. Sa secrétaire, Gloria, lui dit qu'elle ne sait même pas si Corte est revenu de Rome. Menti a travaillé pour Corte pendant 16 ans. Il a de l'arthrite dans les jambes et veut demander son congé à Corte.

Gloria a débuté il y a deux jours car l'ancienne secrétaire a été licenciée.

Plusieurs employés entrent l'un après l'autre pour avoir des nouvelles de Corte. D'abord Spanna puis Gobbi.

Une inconnue entre sans se présenter. Elle aussi cherche Corte. Puis elle s'en va en riant.

Corte arrive. Il demande à Gloria si elle est la nouvelle secrétaire et qui a appelé en son absence. Ensuite il lui demande d'appeler Lavitta et sa femme. Gobbi donne à Corte des nouvelles d'une affaire en cours.

Corte a une stratégie et la révèle à Spanna. Il donne son congé à Menti et lui souhaite de bonnes vacances. La stratégie de Corte consiste à faire croire qu'il a trouvé d'autres pétroles pour que ses concurrents se jettent sur les actions de son entreprise.

Corte entend une femme crier mais Spanna n'entend pas.

Corte a l'impression d'entendre des institutrices qui prêcheraient. Spanna n'entend toujours pas la voix de femme crier.

Deuxième tableau. On se trouve dans la maison de Corte. La mère de Corte discute avec le docteur Malvezzi.

Le docteur parle de sa fille qui revient d'Amérique après y avoir vécu quatre ans.

Elle va lui présenter ses deux enfants.

La mère de Corte est inquiète pour son fils. Elle dit au docteur que son fils entend des voix. Une voix de femme qui l'appelle.

Le docteur pense qu'il s'agit simplement de surmenage. Mais la mère pense que quelqu'un est dans la maison de son fils depuis hier. Elle a vu une femme brièvement puis la femme a disparu.

Le docteur lui répond que l'homme est tissé dans l'étoffe de la peur. Corte arrive. Il apprend que sa mère a parlé de son problème au docteur. Il en est contrarié. Mais il parle quand même de son problème au docteur, la voix de femme qui l'appelle.

Anita, la femme de Corte arrive avec Bianca, la fille de Corte. Anita veut que Corte l'accompagne le samedi chez les Sergio-Marinelli.

Le téléphone sonne. C'est Spanna qui donne des nouvelles des affaires en cours.

Le docteur conseille à Corte de se reposer et s'en va.

Bianca conseille à son père d'aller voir le professeur Claretta, chef de la clinique où elle travaille.

Mais Corte refuse prétextant ne plus entendre de voix. Ce qui est faux.

Troisième tableau. Mais toujours chez Corte. Il appelle Spanna et s'inquiète car sa stratégie n'a donné aucun résultat.

Le professeur Claretta. Corte accepte de lui parler sur l'insistance de Bianca. Le médecin lui bande les yeux et demande à Corte de se mettre à quatre pattes. Il le fait avancer ainsi jusqu'à la porte au moment où la mère de Corte arrive. Claretta est présenté à Anita par Bianca. Le téléphone sonne alors Corte se relève et va répondre.

La mère dit à Claretta qu'elle a vu une femme apparaître et disparaître. Elle est persuadée qu'elle est encore dans le noir mais Claretta cherche avec elle sans succès. Pendant ce temps, Spanna apprend à Corte que les actions se vendent. Sa stratégie a fonctionné. Claretta demande à Corte de passer à la clinique dès demain. Il y aura le directeur Schroeder.

Quatrième tableau. Hall de la clinique.

Mascherini, un ouvrier discute avec une femme malade. Mascherini veut être hospitalisé pour ne plus travailler. Il veut rouler le docteur en se faisant passer pour malade grâce à un sifflement qu'il a de naissance. La femme malade s'est faite opérer quatre fois et elle sait que si les docteurs font hospitaliser Mascherini, c'est qu'il est vraiment malade. La femme malade raconte ses opérations et son angoisse de l'éther qu'elle voit comme quelque chose de diabolique.

Corte arrive à la clinique avec Gloria. On appelle la femme malade et Mascherini.

Corte entend une voix de femme qui chante au loin.

Un homme gros demande à Corte s'il attend une consultation. Corte lui répond non et veut savoir s'il entend la voix de la femme qui chante. L'homme gros ne l'entend pas.

Un médecin a vu la scène et se présente à Corte. C'est Filari.

Cinquième tableau cabinet du professeur Schroeder.

Un gros monsieur est dans le bureau de Schroeder. Schröder examine des radios et dit au gros monsieur que tout est en ordre et qu'il n'a plus besoin de lui.

Mais il explique que ça ne veut pas dire que le gros monsieur n'a rien. Ça veut dire que tout ce qui devait être fait a été fait.

Alors le gros monsieur veut savoir ce qu'il a et le professeur Schröder lui répond qu'il se mettra en contact avec son médecin traitant.

Corte rentre dans le bureau de Shroeder avec Bianca, Gloria et Claretta.

Corte demande à téléphoner. Il appelle Spanna qui lui annonce que tout a été liquidé. Corte espère pouvoir le rejoindre dans une demi-heure.

Schroeder a pris les radios de Corte. Il annonce qu'il a trouvé chez lui une très légère altération dans la région hypothalamique. Corte devra être opéré demain. Corte refuse car il doit être à Turin. Mais Schröder lui aussi a un voyage prévu. Il refuse de reporter l'opération.

Claretta a apporté la valise de Corte à tout hasard. Corte ne croit pas au hasard. Corte ordonne à Gloria d'obtenir un délai de 10 jours avec la Ost preussiche.

Corte ordonne ensuite à Gloria d'appeler Malcredi pour lui annoncer que la date des livraisons ne peut pas être avancée.

Enfin, Corte demande à Gloria de taper une lettre en recopiant un document manuscrit pour transmission à Perticari.

Corte a peur d'avoir oublié quelque chose d'important et veut partir. Mais Claretta le retient. Corte entend à nouveau la femme chanter. Alors Claretta lui promet que demain il sera guéri.

Sixième tableau. Chambre de clinique de Corte.

Corte a été opéré. Gloria est venue le voir. Elle lui a apporté les pièces urgentes. Corte se met en colère en découvrant que Spanna a pris des initiatives sans le consulter. Corte se sent mal. Gloria lui demande s'il est vrai que les malades de sa clinique sont répartis dans les étages selon que leur état est grave ou non. Corte est au sixième étage. Corte répond qu'au sixième on met ceux qui ne sont pas à proprement parler des malades. Plus on descend, plus c'est grave.

Ceux du premier étage ne concernent plus les médecins mais les curés.

Une infirmière rentre pour ordonner à Corte de prendre sa température. Gloria demande à Corte s'il entend les plaintes de ceux qui sont en bas. Corte répond qu'on ne peut pas passer sa journée à réfléchir sur les malheurs d'autrui. Claretta entre et dit à Corte qu'il est guéri. Il lui conseille de ne pas travailler en voyant Gloria. Claretta prétend qu'il a besoin de la chambre de Corte pour une dame qui doit entrer la clinique avec ses deux enfants. Il voudrait que Corte laisse sa chambre et descendent au cinquième étage. C'est une question de deux jours maximum jusqu'à ce qu'une chambre soit libre. Corte est contrarié. Gloria trouve que Claretta est trop sympathique.

Septième tableau. La chambre de Corte au cinquième étage.

La sortie de Corte a été retardée. Il appelle Gloria pour lui donner une directive. Puis Corte entend à nouveau la voix mystérieuse. Alors Corte appelle l'infirmière. Trois malades accourent. Une malade entend la voix et dit que c'est la bonne soeur du vestiaire qui chante. Un autre malade prétend entendre cette voix quand il est chez lui. Il dit à Corte que la moitié des malades du cinquième vont devoir descendre au quatrième étage.

La femme malade a vu le nom de Corte sur la liste de ceux qui doivent descendre. Corte veut vérifier et hurle en voyant que c'est vrai. Une infirmière intervient pour le calmer. Claretta arrive. Il sermonne l'infirmière qui a laissé sortir Corte. Claretta parle de choc opératoire pour justifier la descente de Corte au quatrième étage.

Il parle d'extension de son altération. Par précaution il veut descendre Corte au quatrième. On dirait que Claretta essaye de noyer Corte dans un flot de galimatias pour justifier son déménagement au quatrième étage. Le résultat est que Corte s'endort.

Huitième tableau. Chambre de Corte au quatrième. Bianca et Anita sont près de Corte. Corte a du prurit derrière les genoux. Il souffre. Anita propose à Corte d'aller à Cap-Ferrat cet été. Elle est allée se renseigner pour louer une maison.

Corte ne veut pas en parler. Il demande qu'elles le laissent se reposer. Corte une fois seul veut téléphoner mais personne ne répond. Il appelle l'infirmière. Elle essaie le téléphone et appelle le service pharmaceutique. Elle tend l'écouteur à Corte. Il entend une femme chanter. Il croit que c'est la bonne soeur.

Claretta a suivi la scène. Il dit qu'il n'y a pas de bonne soeur au vestiaire. Corte veut qu'on soigne son prurit mais une fois encore Claretta minimise sa souffrance. Claretta veut bien lui proposer un remède mais pense que Corte refusera. Il s'agit de rayons Inverness mais il faut aller au troisième étage. Corte refuse alors Claretta lui dit qu'il n'a pas la volonté de guérir. Alors Corte cède.

Cinquième tableau. Chambre d'un malade au troisième étage.

Corte entre dans une chambre et s'aperçoit que ce n'est pas la sienne. Il réalise que les fenêtres sont barricadées. Le malade ne veut pas que Corte ouvre la fenêtre car il exècre les arbres et les fleurs. Le malade se moque de Corte quand il lui dit qu'il n'est au troisième étage que provisoirement.

Le malade pense que les gens en bonne santé sont une mafia et croit que Corte en fait partie. Le malade hait tous les hommes en bonne santé car ils se plaignent de ne pas avoir assez d'argent et blasphèment.

Une infirmière entre. Elle est joyeuse parce qu'elle va être en vacances comme tout le personnel de la clinique à tour de rôle par étage.

Ainsi les malades du troisième étage vont descendre au deuxième.

10e tableau. Chambre de Corte au deuxième étage.

Corte entend la voix de femme chanter. Une infirmière est près de lui. Corte veut téléphoner mais s'aperçoit que le téléphone est factice. Méthode Schroeder pour éviter la fatigue aux malades.

L'infirmière révèle qu'une grosse tuile était au sixième et que Schroeder a inventé une supercherie pour le faire descendre jusqu'au deuxième étage. À chaque étage, un mensonge nouveau. Le malade se croit guéri à temps sa sortie. Corte veut savoir s'il ne s'agirait pas de lui une infirmière comprenant sa gaffe ment en disant que ce n'est pas lui.

Des infirmiers arrivent pour déménager Corte au premier. Corte entend à nouveau la voix chanter.

Claretta arrive pour sermonner les infirmiers. Mais l'infirmier chef montre un ordre signé Schroeder. Claretta prétend qu'il ne peut désobéir à Schroeder et implore à Corte de le comprendre.

11e tableau. Chambre de Corte au premier étage Corte d'or.

La mère de Corte et Malvezzi sont près de lui. Elle avait Corte. Elle est venue le chercher pour le libérer en secret. La mère de Corte et Malvezzi parviennent péniblement à habiller Corte.

Corte entend la voix de la femme mystérieuse au loin. La femme inconnue apparaît à la fenêtre et pousse les volets.

L'obscurité envahit la chambre. Corte implore sa mère de partir avant que l'obscurité ne la surprenne sur le chemin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 décembre 2016

La société a-t-elle besoin d'un fondement ?

La société et les échanges.

 

 

Le fondement c'est ce sur quoi se repose quelque chose. C'est la base, le socle. Se reposer sur quelque chose signifie avoir quelque chose comme origine ou avoir confiance en quelque chose. Le fondement c'est l'origine de quelque chose, c'est le principe. Un principe c'est ce qui vient en premier, ce qui est le plus ancien. Le principe a un rôle contraignant, il donne des règles. Le fondement fait autorité. Fonder c'est instituer de façon active.

La société a-t-elle besoin de principe plus ancien qu’elle sur lequel elle se repose ? En lequel elle a confiance. Il y a une ambiguïté sur le fondement car il permet à la société de tenir debout mais il peut la détruire si on le touche.

La société est une association d'individus qui repose sur une organisation, des règles, des traditions et de multiples formes d'échanges. Les règles fondent la société.

Aristote dit : « il est manifeste que la cité fait partie des choses naturelles et que l'homme est par nature un animal politique et que celui qui est hors de la société, naturellement bien sûr et non par hasard est soit un être dégradé soit un surhumain ».

Vivre dans la société est dans la nature même de l'homme. L'homme est sociable par nature.

Le fondement de la société est l'homme et la société est inscrite dans l'homme donc la société fonde la société. La société n'a pas besoin d'un fondement autre qu'elle-même. La société n'a pas besoin d'être instituée car elle est inscrite dans l'homme. Mais l'homme est-il naturellement sociable ? L'égoïsme est-il naturel ou culturel ? On ne dispose pas de représentation de l'homme avant l'instauration de la société.

Rousseau, Locke, et Hobbes ont essayé d'imaginer l'homme avant l'instauration d'une société et ils ont appelé ça à l'état de nature. Ce n'est pas un état sans loi mais avec des lois naturelles. Chacun a ses propres lois et elles ne sont pas celles des autres.

Hobbes dit : « l'état de nature est un État qui peut tout le temps dégénérer en état de guerre ». C'est la guerre de tous contre tous. Les hommes sont aperçus que l'homme se détruirait en continuant comme ça alors elles ont créé la société.

Pour Rousseau et Locke l'état de nature n'est pas nécessairement conflictuel. L'homme est naturellement solitaire et pacifique. Il faudra qu'arrive un événement extraordinaire pour que la société soit constituée. Rousseau pense que la nature est devenue hostile et qu'il a fallu se regrouper.

Pour Locke il fallait une justice pour régler les conflits et c'est ce qui a fondé la société. Le contrat social est ce qui a poussé les hommes à se rassembler. Il est lié à l'état de nature, de loi naturelle, le droit naturel (un droit à tout qui peut devenir un droit à rien si personne ne respecte un droit commun), du souverain.

Pour Aristote, la société n'a pas besoin d'un fondement extérieur. Pour Rousseau, Hobbes et Locke le fondement est le pacte social et avant l'état de nature (qui est absolu alors que le pacte social est relatif).

Le pacte social permet à la société de tenir debout mais il permet aussi sa destruction.

 

 

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Peut-on désirer sans souffrir ?

 

 

Le désir a tendance à faire souffrir.

C'est la possibilité de désirer.

La capacité de désirer. La légitimité de désirer. A-t-on le droit de désirer. La question devient : est-il possible de désirer sans souffrir ou est-il contradictoire de désirer sans souffrir ou désirer est-il nécessairement souffrir.

Est-on capable de désirer sans souffrir. C'est le sujet qui désire. Il y a le désir conscient et le désir inconscient mais là c'est un sujet conscient.

La souffrance renvoie au fait d'éprouver douloureusement quelque chose.

Souffrir, c'est aussi supporter, endurer la douleur. S'il n'y a pas de douleur, il n'y a pas de souffrance. Nous ne pouvons souffrir que si reste intacte notre capacité à sentir et à nous ressentir.

Quand on dit je souffre dans ma chair ça peut être physique ou moral. La chair c'est la capacité à sentir et à se ressentir.

La souffrance se définit donc comme une épreuve douloureuse de la chair. Alors on essaye de résister à son ressenti. Au contraire dans le plaisir, on se laisse aller à son ressenti.

Les gens insensibles ne peuvent souffrir mais ne peuvent pas désirer.

Désir vient de desidere en latin dans lequel il y a sidus l'étoile.

Desirare signifie regretter l'absence d'une étoile. Il y a donc ambiguïté, à la fois regret d'une absence mais aussi l'idée qu'il s'agit d'un bien qui pourrait nous satisfaire. Désirer renvoie à l'idée de manque. Sans manque, il n'y a pas de désir.

Dans le Banquet, Platon parle de l'amour et du désir. La question du Banquet est l'éros.

Aristophane explique que pour comprendre le désir il faut comprendre la nature humaine au commencement. Il explique que les hommes au départ étaient doubles homme/homme, femme/femme et homme/femme. Ils ont voulu attaquer les dieux et Jupiter a voulu réduire leurs forces en les coupant en deux et il les a dispersés. Depuis ce jour-là, l'homme cherche sa moitié manquante.

Le désir est donc bien un manque de quelque chose que nous avons déjà eu.

Le désir est une tendance qui porte un sujet vers un objet qu'il se représente comme source de satisfaction. Cet objet peut être réel, imaginé ou fantasmé.

Le manque relève du besoin et de la volonté. Désirer, c'est vouloir et avoir besoin.

Le besoin est de l'ordre d'une nécessité vitale. Le désir n'est pas une nécessité de prime abord. On ne meurt pas de l'absence de désir.

Le besoin n'est pas toujours conscient.

Alors que le désir l'est toujours même si on en ignore les mobiles.

Le besoin s'arrête dès qu'il est satisfait comme la faim quand on a mangé.

Alors que le désir ne s'arrête pas forcément quand on a obtenu l'objet désiré.

On peut désirer ce dont on n’a pas besoin.

On ne peut pas opposer le besoin au désir. Le désir peut produire du besoin comme fumer.

Le besoin peut produire du désir. Manger pour vivre c'est un besoin mais pour vivre il n'est pas besoin des aliments raffinés. Manger des aliments raffinés devient un désir.

Il faut distinguer désirer et vouloir.

Vouloir c'est se déterminer à partir de soi-même. C'est décider librement alors que le désir n'est pas voulu.

Vouloir c'est organiser les moyens pour arriver à ce qui est voulu. Or le désir peut relever de l'impossible. On peut désirer ce qu'on ne veut pas. On peut désirer fumer une cigarette alors qu'on veut arrêter de fumer.

On peut vouloir ce qu'on ne désire pas. On veut prendre des médicaments mais on ne les désire pas.

La volonté peut vouloir maîtriser les désirs.

Les désirs peuvent influencer les décisions de la volonté.

C'est parce que le désir est lié au manque qu'il est lié à la souffrance.

Schopenhauer pense que le désir est un manque. Il est exposé à l'inquiétude et à la souffrance. La satisfaction n'éteint pas le désir. Là où le désir devient absurde c'est que même quand il obtient l'objet convoité, il ne se calme pas.

Socrate comparait le désir au supplice des Danaïdes. Elles étaient punies d'avoir égorgé leurs maris et elles devaient remplir un tonneau percé. Plus on désire plus on en veut.

Si on arrive à posséder ce qu'on désire, la souffrance ne s'arrête pas pour Schopenhauer car va suivre la satiété puis l'ennui.

Le désir ne souffre plus du manque mais de ne plus avoir de but à conquérir.

L'ennui va produire un nouveau désir qui lui-même va produire une nouvelle souffrance et ainsi de suite.

Comment faire pour que le désir ne fasse pas souffrir ?

Il faut trouver un moyen de maîtriser les désirs ou supprimer les désirs.

Pour les stoïciens, il faut désirer ce dont la satisfaction dépend de nous.

Descartes pense qu'il vaut mieux changer les désirs que l'ordre du monde.

Est-ce que le désir se satisfait du monde tel qu'il est.

Pour les épicuriens il faut distinguer les désirs matériels et les désirs vains.

Le désir vain c'est la gloire, l'éternité.

Le désir naturel et nécessaire : manger, boire, avoir un abri.

Le désir naturel et non nécessaire : manger une nourriture raffinée, la libido.

Épicure dit que savoir désirer c'est chercher les désirs naturels et nécessaires.

Mais si on se met à désirer que ce qu'on peut obtenir est-ce qu'on ne se bride pas ?

Nietzsche pense que vouloir maîtriser les désirs c'est déprécier la vie pour ne pas avoir à souffrir.

Peut-il y avoir un plaisir de désirer ?

Oui car cela change complètement la valeur du monde. Le désir peut me redonner le monde que j'ai perdu.

Rousseau dit : « malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd même ce qu'il possède » (la Nouvelle Héloïse).

Ce qu'il possède perd de la valeur parce qu'il ne le désire plus.

Spinoza dit dans l'Ethique : nous ne désirons pas une chose parce qu'elle est bonne mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons.

Le désir crée du désirable.

Spinoza parle de connatus : c'est l'effort que déploie chaque être pour persévérer dans l'être. La personne qui se disait à quoi bon va finir par vouloir persévérer dans son être.

Diotime dans le Banquet dit que le jour de la naissance d'Aphrodite les dieux organisent un festin dans lequel participe Poros (la richesse). À la fin de festin, Penia (la pauvreté) mendie. Poros s'allonge et Penia va se faire faire un enfant de Poros et va naître éros. Éros sera le compagnon d'Aphrodite.

Le désir est à la fois pauvreté et puissance.

Éros va garder le caractère de ses parents mais tout ce qu'il possède va lui échapper. Il n'est jamais dans l'opulence.

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Le temps peut-il suspendre son vol ?

 

 

Eddington parle de la flèche du temps pour signaler que le temps passe mais ne repasse pas toujours dans la même direction.

La flèche a à voir avec l'irréversibilité des phénomènes qui se passent avec le temps.

Aristote dit que le temps est à la fois non étant et étant. Le temps est à la fois ce qui a cessé d'être (le passé) et aussi ce qui n'est pas encore (l'avenir). Le temps est la limite entre deux néants.

La fonction du maintenant c'est d'assurer la liaison entre le passé et l'avenir donc le présent est. Le maintenant n'est qu'en cessant d'être maintenant car il n'est pas fixe. Les instants du temps ne peuvent pas coexister.

Le temps est une contradiction qui travaille à sa propre résolution.

Hegel : le temps est l'être qui en étant n'est pas et n'étant pas est. C'est parce que le temps est irréversible qu'il est indéfinissable.

Aristote : le temps est l'ordre de succession des choses.

Dans les Confessions Saint-Augustin demande mais qu'est-ce donc que le temps. Si personne ne lui pose la question il le sait mais si quelqu'un lui pose la question alors il ne sait plus.

L'aporie c'est l'impasse.

Saint-Augustin dit que le passé et le futur ne sont pas des néants car nous nous souvenons des événements passés et nous pouvons anticiper le futur.

Ce sont les empreintes psychiques du temps qui font exister le passé et le futur.

Au futur s'oppose l'attente du futur. Au passé va se substituer le souvenir. Au présent se substitue la durée de l'attention.

Le temps physique c'est le temps des horloges.

Le temps psychologique c'est le temps vécu par la conscience.

Le temps physique est représenté par un mince filament continu alors que le temps psychologique ressemble à un cordage tressé car il n'est pas continu.

Les instants du temps physique ne coexistent jamais. À l'inverse dans le temps psychologique il y a un mélange du passé, du présent et de l'avenir.

Le temps physique s'écoule uniformément (il est le même pour tout le monde) mais le temps psychologique n'est jamais le même pour tout le monde.

Cela dépend de la signification que nous donnons à ce que nous faisons.

Le temps psychologique ne dure jamais ce que mesure le temps physique.

Jankélévitch pense que le temps psychologique dur autant que le temps physique au moment des ennuis mortels.

Le vol du temps c'est le fait qu'il passe. Suspendre le temps c'est l'interrompre, le discontinuer ou le remettre.

Suspendre : tenir dans l'incertitude ou dans l'attente.

Suspendre le vol du temps signifie :

-l'interrompre.

-Pouvoir revenir en arrière.

-Le maintenir en attente.

On ne peut pas interrompre le temps physique. Le temps psychologique ne peut s'interrompre qu'avec la mort.

On ne peut revenir sur le temps physique.

Par la conscience on peut se représenter le passé et on peut prédire l'avenir par la pensée. Mais le passé de la pensée est réinterprété par la conscience donc ce n'est plus le même. Et le futur que l'on imagine n'est pas forcément celui qu'on avait prévu.

On ne peut mettre le temps physique en attente mais le temps psychologique peut être maintenu en attente si tout ce qui se passe pour soi était comme si le présent et le passé n'importeraient plus.

Mais il faut qu'il reste un avenir.

Ça arrive aux personnes qui se disent indifférentes au passé et au présent. Pour que le temps psychologique reprenne son cours, ils attendent un événement. Comme de rencontrer l'amour.

Tant qu'il attend, celui qui dit à quoi bon n'a pas une conscience dans la durée. Tout son environnement n'a plus aucune signification. Rien ne retient son intention. L'événement ne peut arriver qu'avec autrui.

L'amour de soi ne peut exister sans les autres car on ne peut s'aimer que si on se sent aimable par quelqu'un d'autre.

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27 décembre 2015

Le Prince blessé

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Le prince blessé  (Barjavel).

 

Radio Bagdad annonça la naissance du fils du grand calife Haroun al Rashid. Le calife avait eu 37 142 épouses. C'est sa plus jeune épouse, Fatima qui lui avait donné ses fils. Il était né les yeux ouverts ce qui signifiait qu'il serait toujours à la recherche de la lumière. Il s'appelait Ali. 16 ans et un jour après la diffusion de cette nouvelle, la 2 cv en or du calife s'arrêta devant l'entrée du stade olympique de Bagdad où allait se disputer la finale de la coupe du monde de football entre l'équipe du Croissant et celle de la Faucille.

Les 300 000 spectateurs se levèrent et l'acclamèrent. Le match commença. Ali jouait avant-centre. Il marqua de la tête les trois buts qui donnèrent au Croissant la victoire. Les deux équipes réunies le portèrent en triomphe. Les paras durent tirer dans la foule qui avait envahi la pelouse et se précipitait sur Ali pour en emporter un morceau tant l'amour qu'il inspirait était grand. Il était le plus beau, le plus vaillant, le plus doux, le plus intelligent des garçons de l'Empire et peut-être du monde. Quand il apparaissait à la télé, les femmes sentaient toute la chaleur de leur sang se concentrer au même endroit et certaines mouraient.

Depuis la naissance d'Ali, Haroun n'avait plus pris d'épouse.

Ali allait lui succéder.

Haroun rentra chez lui et se coucha sur ses coussins de soie offerts par l'empereur Mao. Il appuya sur une sonnette et son génie, Omar apparu sous la forme d'un jeune serviteur. Haroun dit à Omar qu'il était temps de faire d'Ali un roi. Ali était vierge et il fallait qu'il apprenne à se méfier des femmes. Haroun prit la décision de l'envoyer en France. Il voulut construire un palais dans le jardin des Tuileries mais le président lui dit que ce n'était pas possible alors le calife acheta l'hôtel Crillon. Il le fit décorer en style du Croissant.

Ali y arriva deux ans plus tard. Paris était la capitale de l'Occident. Haroun lui conseilla de ne pas être sage.

En une semaine, Paris devint fou d'Ali. Il y avait un jardin oriental au Crillon et Ali y donnait des fêtes comme on en n'avait plus vu depuis des siècles. Le visage d'Ali paraissait sur les couvertures de toutes les revues. Des attroupements se formaient devant le kiosque pour le contempler. Van Dongen fit 77 portraits d'Ali et mourut en les regardant. On l'inhuma dans la salle où il avait peint les 77 portraits qui devint le musée de du Regard. Les femmes voulaient dévorer Ali alors Omar l'avait revêtu d'un scaphandre invisible.

Alice ne le savait même pas. Il recevait des femmes mais se contentait de les embrasser et de les chatouiller. Omar apparaissait sous la forme d'une grande et forte servante et chassait les femmes au matin.

Omar fit son rapport au calife. Le calife dit à Omar que ce n'était pas les femmes qui étaient dangereuses mais Une femme et que Omar devait laisser Ali les aimer. Alors Omar envoya les danseuses nues du Crazy Horse chez Ali et le libéra de son scaphandre.

Mais elles étaient exténuées et s'endormir. Ali perdit sa virginité la nuit suivante. Omar lui avait offert des centaines de femmes.

Ali fut d'abord émerveillé par les joies charnelles béant fut saturé en quelques mois. Omar cru que son éducation était faite. Il était temps qu'Ali rentre dans son pays. Ali accepta avec joie car il commençait à ne plus supporter Paris et ses habitants sceptiques et égoïstes.

La misogynie de Barjavel apparaît encore fortement dans cette nouvelle puisqu'il écrit, à propos des femmes : « elles étaient savoureuses, et sans visage, comme les poulardes, les pintades et les Caraïbes bien plumaient, serrées les unes contre les autres à un étalage enrubanné pour la fête de Noël ».

Alice acheta un Concorde pour rentrer qu'il fit bourrer de chocolat, pour sa mère et pour les femmes de son père.

La veille de son départ, il alla voir une pièce de Jean Anouilh «Ardèle ou la marguerite ».

À la demande du directeur du théâtre, Anouilh avait ajouté un rôle à la pièce. Il était destiné à Pauline, la fille du directeur. Elle était peu douée. Elle avait échoué six fois au conservatoire. Elle avait couché avec les directeurs et les auteurs en vain. Elle était devenue une légende. Elle faisait peur. On conjura le sort, en mettant à l'amende ceux qui parlaient d'elle. Elle avait 35 ans et la passion et la déception l'avaient tant dévorée qu'elle était maintenant semblable à une chèvre, avec des membres secs et du poil noir qui lui poussait partout. Elle reste belle cependant. Jean Anouilh avait inventé pour elle un rôle où elle ne disait rien, elle serait sur la scène tournant le dos au comédien assise sur la rampe regardant les spectateurs. Elle n'aurait qu'un mot à dire : « merde ».

L'effet fut prodigieux du jour au lendemain, elle connut la gloire. Ali vint voir la pièce. Pauline était assise en face de lui. Elle le regardait et lui ne voyait plus qu'elle. Quand elle cria « merde » il cria aussi et lui tendit les bras. Il n'avait pas compris le sens du mot. Il avait crié le mot « joie » en persan. Leur amour occupa la presse du coeur et le calife s'inquiéta mais Omar le rassura en disant que pour Pauline rien ne comptait plus que le théâtre et que cet épisode terminerait convenablement l'éducation du prince.

Pourtant Ali allait la voir chaque soir au théâtre et la ramenait au Crillon. Il ne la quittait pas de la journée. Elle répétait son « merde ». Il ne lui avait toujours pas demandé ce que cela signifiait. Il lui offrit des diamants et des perles. Il fit rouvrir les usines Rolls fermées depuis un siècle pour lui faire fabriquer une voiture constellée de pierres précieuses. À cause de la rareté de l'essence, la voiture était suivie par un camion-citerne qui se ravitaillait directement au pipeline personnel du prince.

Pauline l'emmenait déjeuner dans des bistrots où l'on servait des biftecks frites.

Cela créait une mode et sur les tables, en ont trouvé plus que l'entrecôte de soja et le vin national obtenu par la fermentation du vieux papier. Un soir, Pauline lui présenta Brrojislav Kadin, le célèbre metteur en scène bulgare, le rénovateur du théâtre. Il était venu la voir après avoir appris son succès. Pour la première fois elle abandonna Ali un après-midi pour répéter avec Kadin.

Fou d'impatience, Ali la chercha et la trouva en collant blanc en train de ramper sur le sol des lavabos tandis que Kadin, assis sur la cuvette lui jetait comme des insultes des morceaux de phrases rocailleuses. Ali, la voyant ainsi, bondit sur l'ennemi, le souleva et le plongea dans la cuvette. Puis il couvrit de baiser sa bien-aimée. Elle cria alors Ali sortit Kadin de la cuvette, lui baisa les mains et pleura. Pauline le traita d'inculte car elle répétait du Brecht.

Kadin avait révolutionné le théâtre en supprimant les décors, les costumes, les lumières, le texte et Ali l'avait frappé. Pauline traita Ali d'imbécile. Pauline baisa les genoux de Kadin et lui demanda pardon.

Alors il lui dit d'enchaîner, et elle recommença ses contorsions. Ali pleura pendant deux mois car Pauline l'avait quitté. Elle avait vendu quelques diamants pour subventionner Kadin qui montait Le Cid. Kadin avait décidé de supprimer aussi les spectateurs. La pièce serait jouée dans une station de métro désaffectée « Champ-de-Mars ». Ceux qui voudraient voir la pièce prendraient le métro et regarderaient en passant. Pauline jouait Don Gormas. Rodrigue était interprété par une vieille femme énorme. Le texte de Corneille était remplacé par un enregistrement du marché aux poissons avec une phrase récurrente : « j'ai du maquereau à 3,50 fr., frais comme l'oeil ».

La voix impitoyable du destin.

Pauline avait engagé 14 anciens paras pour empêcher Ali de l'approcher.

Ali demanda à Omar de l'aider mais un traité de 1411 avant le prophète l'en empêchait.

En réalité, Omar obéissait aux ordres du calife qui lui avait demandé de laisser Ali se débrouiller.

Alors Ali acheta 13 des 14 paras et le 14e dut être amené à l'hôpital pour une appendicite.

Il put emmener Pauline dans la tour qu'il avait fait construire au rond-point des Champs Élysées grâce à une autorisation spéciale de la municipalité qui lui avait coûté trois pétroliers remplis de 500 000 t de pétrole chacun.

Il trouva Pauline dans sa chambre. Elle lisait une édition allemande de Corneille. Kadin voulait que ses comédiens connaissent leurs textes en plusieurs langues pour donner à leur silence une dimension universelle.

Elle avait laissé des mégots sur le tapis de 2000 ans. Elle était nue. Ali en fut ému. Quand elle vit Ali, elle lui ordonna de partir. Il lui acheta le château de Chambord et Saint-Tropez. Mais elle s'en moquait. Alors il se mit nu. Elle vit son érection. Mais ce fut en vain.

Alors il partit et serait mort renverser par une voiture si Omar ne l'avait pas transformé de justesse en pavé de granit. Il le ramena au Crillon et lui envoya des femmes. Le lendemain, il se jeta dans le vide mais Omar le cueillit à mi-chemin.

Il le mit dans le Concorde qui s'envola aussitôt.

Pauline reçue une lettre de Kadin. Elle la fit traduire. Il avait décidé de supprimer les comédiens pour restituer au théâtre son dépouillement total. Les passagers du métro ne verraient rien et n'entendraient rien et pourraient imaginer ce qu'ils voudraient. Pauline en fut bouleversée d'admiration puis elle se sentit aussi vide que la station « Champ-de-Mars ». Comme c'était elle qui payait, elle obligea Kadin à mettre leurs deux noms en gras sur les affiches. Le Cid était écrit entre les deux noms en ligne de machine à écrire. Son absence dans Le Cid en fine star. Hollywood la demanda. Elle refusa car elle méprisait le cinéma. Il entra à la Comédie-Française et joua Phèdre. Elle fut sublime.

On vint la voir du monde entier. Il avait fallu lui faire une concession. À sa dernière sortie, Phèdre criait : « merde ».

Ali dit à son père qu'il ne voulait plus vivre. Il ordonna de donner le chocolat à sa mère et à ses belles-mères. Le calife sermonna Omar qui se défendit en disant que la France était un pays étrange où les hommes et les femmes faisaient le contraire de ce qu'ils auraient dû faire pour être heureux. Le calife lui pardonna. Ali avait attrapé une maladie occidentale, l'amour. C'était pourtant son contraire. Pour le calife, le remède c'était le temps. Ali maigrissait. Il essaya de se tuer cinq fois. Omar le sauva à chaque fois. À la sixième, Haroun punit son fils en lui donnant 10 coups de canne, comme à un serviteur indigne.

Ali fut emmené au centre du jardin du printemps dans le Pavillon de Dentelle de marbre qui avait été construit par le grand-père d'Haroun pour toute femme du harem qui se fût trouvée mécontente de son sort. Il n'avait jamais servi. Des femmes nues entouraient Ali. Il s'en moquait. Alors Haroun ordonna au bourreau de crever les yeux de son fils. Omar délivra son jeune maître de la souffrance. Il le transporta dans une chambre. Les oiseaux chantèrent pour lui. Les fleurs répandaient leurs parfums. Le rire léger des jeunes filles s'entendait au loin. Mais Ali n'avait rien senti.

Haroun punit son fils en ordonnant au bourreau de couper le nez et les oreilles et de lui crever les tympans. Omar pleura. Haroun fit porter des plats succulents à son fils mais il n'y toucha pas. Alors le bourreau lui trancha la langue.

Le souffle d'Omar cicatrisa la plaie et ôta la douleur.

La seule souffrance qu'Ali ressentait était le déchirement de l'absence de Pauline. Ali avait encore un sens, le toucher. Haroun lui envoya une femme qui prit les mains du prince et les posa sur ses seins mais il s'en moquait alors le bourreau le trancha les bras. Les larmes d'Omar cicatrisèrent les plaies.

Ali passa deux semaines sans se lever alors le bourreau lui trancha les jambes.

Haroun pria Dieu en lui demandant pardon et compassion pour son fils. Une puce piqua Ali à la joue droite mais il ne put pas se gratter. Cette minuscule démangeaison devint insupportable. Il appuya sa joue à un mur avec un soulagement indicible. Les délices envahirent sa joie et son corps. Alors dans sa tête, le chant des oiseaux et le parfum des fleurs s'éveillèrent.

Il se roula avec plaisir dans les coussins et remercia Dieu de l'avoir fait vivant.

Il réalisa qu'il n'avait pas pensé à Pauline depuis la piqûre de la puce. Il rit et espéra qu'elle fut aussi heureuse que lui.

Alors, parce que ne demeuraient plus en lui ni regrets ni amertume, de douleur imaginaire, son corps lui fut rendu.

Haroun fut transporté par le bonheur car son fils allait lui succéder.

M. Lery.

L'estomac de M. Léry avait digéré pendant 30 ans des nourritures de fonctionnaire. Les restrictions l'ont achevé. Les parents de M. Léry, qui tenaient une mercerie à Moulins voulurent élever leurs fils au-dessus de leur condition, qu'ils jugeaient humble.

À force d'économies, ils en firent un commis des ponts et chaussées. M. Léry a longuement payé cet honneur.

M. Léry a d'abord connu, avant de se marier les restes réchauffés des petits restaurants.

Puis il s'est marié et sa femme achetait au marché les légumes flétris et les fruits qui commençaient à tourner.

Quand les restrictions sont arrivées, M. Léry venait de prendre sa retraite. Son estomac s'était tant ratatiné au bout de 30 ans de petits repas tristes. Les rutabagas l'ont achevé. Il ne pouvait plus rien manger. Il est allé à l'hôpital. On lui a enlevé l'estomac. Mme Léry a nourri son mari pendant des semaines avec des bouillies.

Puis il a recommencé à manger en picorant comme un oiseau. Après son opération, M. Léry ne pouvait plus relever le menton. Il avait l'impression qu'on l'avait recousu trop court.

Il retourna à l'hôpital. On voulait le rouvrir mais il refusa et finit par lever la tête comme tout le monde.

Il n'a plus d'appétit mais c'est bien commode. C'est lui qui fait les courses depuis qu'il est à la retraite. Il a une carte de priorité à cause de son opération mais il ne l'a utilisée qu'une fois et les ménagères l'ont traité comme un ouvrier et il n'ose pas dire à sa femme qu'il n'utilise plus sa carte.

Comme il est long à faire les courses, Mme Léry croit qu'il se dévergonde au café et ça la la ronge.

C'est l'hiver et la pénurie. M. Léry est pauvrement habillé de vêtements raccommodés.

Il s'approche d'un marchand qui vend des beaux pruneaux mais ils sont réservés à ceux qui ont une carte d'inscription. Les ménagères répandent les rumeurs. M. Léry demande à Mme Dupont et à Mme Durand où se trouve le marchand qui vend des moulins-légumes.

Elles sont interloquées car il n'y a plus de légumes mais M. Léry leur explique que sa femme lui a confié cette mission car son moulin est cassé et elle veut le remplacer qu'il serve ou non. C'est ça un ménage. Mme Dupont et Mme Durand sont flattés par cette réponse de bonne ménagère.

Il y a des moments où les femmes sont supérieures aux hommes. Elles répondent que les moulins-légumes sont devenus introuvables.

Mais M. Léry insiste. Sa femme sait qu'un commerçant en vend.

Les gens écoutent la conversation et la répandent en la déformant. La rumeur d'une vente de légumes se répand dans la file d'attente. La foule court vers le mirage aux légumes.

M. Léry achète une brochure proposant des recettes de gâteau au topinambour, une omelette sans oeufs.

Un camelot fait l'éloge d'un gazogène à papier.

M. Léry se sent fier d'être français, ce peuple plein de ressources et d'ingéniosité. M. Léry a acheté un tube de pierres à briquet. Une paire de lacets en rayonne, un tire-bouchon qui peut servir à ouvrir les huîtres mais il n'a pas trouvé son moulin-légumes. Il a suivi une chanteuse jeune et maigre qui chante « le Temps des cerises » d'une voix éraillée. Elle est accompagnée d'un petit garçon qui tend la main. M. Léry aimait chanter quand il était enfant puis la honte lui est venue et quand il fredonne sa femme le fait taire. Les chansons bourdonnent dans sa tête et il ne peut dormir le soir.

Il comptait les moutons en vain. Il pensait à une chanson : « j'ai sauté la barrière ». Il aurait voulu crier cette phrase. Il aurait été enfin soulagé. M. Léry donne une pièce de 0,50 f à l'enfant. La foule s'est formée autour d'un homme courbé et un autre  debout près de lui qui agite une énorme chaîne.

Une femme maigre et rousse frappe un tambour et interpelle le public. L'homme debout entoure la poitrine de l'homme courbé d'une chaîne. Quand la femme rousse demande de l'argent les rangs s'éclaircissent aussitôt.

M. Léry donne 0,10 f. L'homme enchaîné se libère par la force. Mme Durand dit que c'est du chiqué.

M. Léry rentre chez lui harasser.

Il s'excuse de n'avoir rien trouvé. Sa femme prétend qu'elle devrait tout faire elle-même.

Mme Dupont dit à Mme Durand qu'elle a acheté le gazogène mais elle n'est pas plus avancée car elle n'a pas d'allumettes.

M. Charton.

Ce que M. Charton regretta le plus, quand il cessa de travailler, ce fut son pavillon de banlieue.

Il était à 1:12 de la Gare Saint-Lazare plus 20 minutes de marche. Il était cousin de M. Léry. Il était chef-comptable à l'entreprise de fers et ciments. Il allait à son travail de la Gare Saint-Lazare à Cambronne par le métro et devait se lever à 5:30 pour commencer à 9:00. Sa femme qui ne se levait qu'à 8:00 est morte. Ils n'ont pas eu d'enfants car ils ne pouvaient souffrir à la fois un pavillon et des enfants.

Une bombe a fait exploser son pavillon. S'il n'avait pas eu son travail, il serait tombé malade, peut-être serait-il mort. Son patron lui a offert une bicoque au bord de la mer pour ses 23 ans de fidélité. M. Charton s'y est installé. Elle était vide. Les réfugiés avaient brûlé les mauvais meubles et les Allemands déménagé les bons. Les FFI avaient tracé des V, des faucilles et des marteaux sur les murs à la mitraillette.

M. Charton a acheté des meubles aux enchères.

Il a réparé la maison. Il regardait le jardin et a regretté son ancien pavillon et son ancien jardin sans herbe et sans feuille.

À la retraite, il avait décidé de ne se raser que le dimanche pour se libérer de cette obligation. Il était chauve et avait les yeux tristes qui ne reflétaient rien. Son jardin avait des arbres, chêne vert, jujubier, pins. Il défricha un carré de terre et sema des carottes et des laitues, des poireaux et des oignons.

Il vendit les pins et le chêne. Les araignées et les oiseaux mangèrent ses graines. Les taupes envahirent son jardin. Alors M. Charton brûla les buissons de rosiers, tronçonna les serpents de lierre, coupa le poirier et le figuier et loua les services d'un cultivateur qui retourna son jardin.

Il avait gardé un cerisier pour vendre les cerises et le jujubier parce qu'il voulait voir ce qu'était le jujube.

Il en goûta et n'aima pas. Il coupa le jujubier et le laurier et passa le reste de l'année a ameublir le sol.

Il hésita à se débarrasser du mimosa mais quand il se décida le mimosa était allé se réfugier au coin de la maison. Le mimosa fleurit et illumina tout le mur. Les promeneurs lui en demandèrent. Mais ça ne se vendait pas et M. Charton enrageait d'être si souvent dérangé pour ce rien.

Il voulut s'en débarrasser mais le mimosa s'était enfui à l'autre bout du jardin et avait caché ses fleurs. M. Charton répara son mur. Les merles mangèrent ses cerises.

M. Charton voulut les chasser avec des pièges et un épouvantail mais en vain.

Alors il abattit le cerisier et le mimosa disparut.

Il cueillit les petits pois pour les manger mais les cosses contenaient du mimosa. Tous ses légumes se transformèrent en mimosa. Il lutta contre le mimosa et retourna tout le jardin mais le mimosa se réfugia dans le puits. Il mourut et on le découvrit 15 jours plus tard bien conservé et la pupille de ses yeux était couleur d'or et deux feuilles de mimosa avaient poussé dans ses sourcils.

Les bêtes.

1-le têtard.

Le jour de la Libération, tout le village est venu en procession au calvaire. Les gendarmes dans leur gendarmerie ont remplacé un portrait par un autre. L'ancien maire est parti en bicyclette. Il avait peur d'être pendu. Le nouveau maire a retrouvé la République.

Une grenouille qui se chauffait la tête hors de l'eau dans le coin du bassin, au soleil, a eu peur de quelque chose et a plongé. Un têtard monte du fond noir de l'eau, avale une bulle et redescend. Chez le têtard il n'y a rien entre la tête et la queue.

Les enfants de l'ombre.

En ce temps-là une douce rivière coulait des monts d'Auvergne. On la nommait l'Allier. Elle aimait les adolescents vierges, impudents.

Chaque année, elle en ravissait quelques-uns et ne les rendait qu'après avoir tout tiré d'eux.

À l'automne, elle écrasait les prés des riverains qui la traitaient de garce.

Chussy bordait cette rivière. Les habitants étaient appelés les bisons. Nul ne savait pourquoi.

Les bisons ne sont pas des animaux féroces et les habitants de Chussy étaient doux.

Un jour Mme de Sévigné passait par là et but l'eau d'une fontaine. L'eau pétillait et guérissait les maladies.

Mme de Sévigné en parla à Mme de Grignan.

Aussitôt, les malades du monde entier accoururent à Chussy. La fontaine fut à sec alors les habitants de Chussy creusèrent des souterrains pour capter l'eau de la région et en tirer profit.

Les femmes entretenaient les feux de bois pour chauffer l'eau et les enfants soufflaient dans les tuyaux pour la rendre gazeuse.

Comme c'était une opération fastidieuse, un bison artiste inventa de percer des trous dans les tuyaux, pour les transformer en instruments de musique. Et les enfants jouaient du matin au soir ce qui faisait couler à la surface de l'eau pétillante. Les enfants découvraient, dans les souterrains, des prairies de fleurs qu'on ne peut toucher, des trésors de gemmes aux luisances imperceptibles et des animaux furtifs.

Le roi de Chussy percevait une dîme sur chaque franc touché par ses sujets et gagnait des milliards mais n'en profitait pas car il avait le foie malade et son médecin lui interdisait de sortir après 20:00.

Quand arrivaient les premiers froids, tous les malades s'en retournaient chez eux. Les Bisons s'ennuyaient, on éteignait les feux et fermait les robinets. Tout le peuple du sous-sol remontait à la surface. On prenait grand soin de préserver les enfants de la lumière.

Pour se distraire, les Bisons avaient tout essayé. Ils organisaient des bals et des fêtes folkloriques, des concours de bridge, des orgies. Ils écoutaient la TSF, lisaient des romans policiers. Ils épiaient leurs voisins, surveillaient les adultères, envoyaient des lettres anonymes. Ils allaient à la messe.

Ils regrettaient de ne pas être des enfants quand la réalité visible ne bornait pas leur univers.

Advint une époque où le monde engendra des monstres, un serpent de mer, un diplodocus, un âne volant, une bête d'horlogers voie dans. Le seul adulte qui ne s'ennuyait pas était Paul Day. Les Bisons l'appelaient l'artiste. Il dessinait et gravait d'après ses souvenirs d'enfance. Il ne vendait pas ses oeuvres alors il dut fabriquer du savon et s'ennuya comme les autres. Un soir, il voulut traverser l'Allier en bicyclette. Une énorme masse noire jaillit sur la passerelle et emporta son vélo.

Paul se mit à courir et s'engouffra dans le premier bar et but une triple fine. Il raconta son histoire qui parut dans le Progrès des Bisons. Il était question d'un monstre. Les Bisons inventèrent les détails et ne s'ennuyaient plus. 20 Bisons crurent voir le monstre en 20 lieux différents. Un vieillard vit la bicyclette de Paul accrochée à la cime d'un peuplier. On crut que le monstre l'avait emporté là. Un pêcheur mourut de peur en croyant avoir lu le dos du monstre. 7 femmes enceintes firent des fausses couches. On se barricada.

Le roi s'inquiéta. Il avait peur que les Bisons le rendent responsable du monstre.

Une femme allait devenir centenaire mais mourut à 95 ans. Les Bisons furent privés des festivités prévues en l'honneur de la vieille dame. Sans aucun doute, le monstre avait voulu frustrer la ville de cette fête. Les Bisons protestèrent contre le roi. Le roi décréta la mobilisation générale. L'armée abattit un déluge de mitraille. Un cri de stupéfaction et de douleur sembla sortir de la rivière. La rivière prit la couleur du sang. Les enfants, dans leurs pièces closes savaient tout ce qui se passait car ils entendaient les conversations. Ils entendirent le cri et éprouvèrent une grande pitié. La plus belle fille de la ville que nul n'avait jamais vue, même ses parents, s'appelait Genête.

Elle entendit la plainte. Elle alla à la rivière. Elle trouva le blessé, c'était un petit garçon.

Elle posa une main sur la blessure du garçon et la blessure cessa de saigner. Il l'emporta et elle vit les étoiles entre les ailes du garçon.

Les bêtes.

II les lionnes.

Une fille de quatre ans et l'autre de 12 ans étaient assises sur un tronc de chêne. Près d'elles se trouvaient des lionnes mais elles n'avaient pas peur. Quand le chêne qui ferme la vallée à l'ouest aura été abattu, elles pourront s'en aller. La foudre s'abat sur le chêne. L'aînée se lève. Une lionne épouvantée saute sur elle et se couche sur ses épaules. Les deux autres lionnes suivent les deux fillettes qui s'en vont en se tenant la main. Elles entrent dans un café où elles retrouvent leur famille. L'aînée conseille à son père d'utiliser la lionne couchée sur ses épaules pour un spectacle.

Les mains d'Anicette.

Anicette était en classe de certificat pour la troisième fois. Ce pouvoir miraculeux de ses mains se révéla dans le coeur de l'école. Elle dessinait des chiffres huit car elle aimait ce chiffre. Mme Passerat-Petitpas était la maîtresse. Elle avait de la barbe et la voix grave. Elle s'était découragée de la paresse d'Anicette. Anicette été incapable d'effectuer un travail triste. Elle rêvait quand elle était au piquet.

Même les filles hargneuses l'aimaient.

Une chipie renversa la petite Odette. Anicette la ramassa essuya ses yeux. Elle la prit dans ses bras et la porta jusqu'à la fontaine pour saigner son genou écorché.

Elle offrit à boire à Odette dans la coupe de ses mains.

Odette vit une mésange bleue dans les mains d'Anicette. C'était la mésange qu'Odette voulait apprivoiser. Mais Anicette ne voyait rien. C'était une illusion. Chaque fillette voyait quelque chose de différent dans les mains d'Anicette. Un baba pour une gourmande, une poupée, un collier.

Anicette avait dans ses mains l'image de leurs désirs. Mme Passerat- Petitpas vit une maison de campagne dans les mains d'Anicette.

Elle économisait pour cette maison et crut que les mains d'Anicette montrait l'avenir. Elle le dit et cette phrase devait provoquer bien des catastrophes.

Le soir même, la chipie alla dans l'arrière-boutique du boulanger qui la tripotait car elle voulait savoir ce qu'était un homme. La maigre, qui fut 15 jours sans voir venir le gigot promis, le vola. Son père la battit. Adèle, la gourmande se fit offrir 12 gâteaux par un passant. Elle en mourut dans les trois jours. Mme Passerat- Petitpas, assurée d'une heureuse issue, vendit ses fonds d'État et spécula en bourse. Elle fut ruinée.

Elle n'osa pas accuser Anicette mais lui manifesta son hostilité. Toute l'école détesta la fillette. Anicette ne comprenait pas car elle n'avait rien vu dans ses mains et elle ne se soucia pas des reproches. Le chagrin ravagea l'institutrice qui renvoya Anicette.

Ses parents tenaient un café et l'ignoraient alors elle vivait dans des songes quotidiens.

Sa mère lut la lettre de l'institutrice et ordonna à sa fille de lui montrer ses mains.

Mme Gendraux, la mère d'Anicette, y vit un cercueil et dedans son mari. Elle sentit la joie et eut honte.

Elle imagina son avenir sans son mari et serra Anicette sur son coeur.

Et lui demanda de ne pas montrer ses mains à son père.

Elle fut aux petits soins pour son mari pour adoucir ses derniers moments. Qu'on ait rien à lui reprocher. Elle lui fit rédiger son testament et prendre une assurance sur la vie.

Elle rencontra un unijambiste. Il fut son amant. Elle prétendit être veuve et attendait l'héritage. Le boiteux s'impatienta et la battit. Alors Mme Gendraux empoisonna son mari.

Mme Gendraux appela le docteur pour le certificat de décès et lui offrit une bouteille et ses nichons. Elle put vendre le bistrot et acheta une voiture et une jambe en argent pour son amant.

Il prit la voiture ne revint jamais. Mme Gendraux dissident et ses cheveux. Elle se suicida en se jetant dans la Seine. Anicette fut adopté par la modiste chez qui sa mère l'avait mise en apprentissage. Elle créa des chapeaux qui eurent du succès.

Mme Mangeon, sa mère adoptive s'enrichit sans rien donner à Anicette.

Anicette était heureuse. Elle avait presque oublié l'école, l'émerveillement des fillettes, les paroles de la maîtresse, l'émotion de sa mère. Elle n'avait pu montrer le miroir d'eau dans le creux de ses mains. Fernand, le neveu de Mme Mangeon tomba amoureux d'Anicette. Après son service militaire, il la courtisa. Elle voulut lui montrer l'avenir dans ses mains mais il refusa car c'était elle son avenir. Alors elle lui raconta son enfance et il accepta de regarder le miroir de ses mains mais le don avait disparu.

Fernand ne vit rien mais Anicette vit Fernand dans le miroir. Elle murmura : « voilà le miracle »…

Les bêtes.

III le papillon.

Une femme rentre chez elle. Elle est âgée mais est restée mince. Elle est heureuse de rentrer. Dehors, il neige. Elle est seule mais elle est heureuse de se rendre service. Pourtant, elle compte sur elle. Le calme règne dans la maison. Elle sort les pieds nus dans la neige et un papillon se pose au sommet de son doigt.

Péniche.

Une fée avait proposé trois voeux au bûcheron et à sa femme.

Cela les rendit malheureux alors la fée leur ôta le souvenir de l'aventure. Le progrès rendit l'humanité raisonnable. Les hommes ne croyaient plus aux fées et les enfants ne croyaient plus au Père Noël.

En ce temps-là, un garçon, un peu difforme, habitait au fond de la campagne. Il vivait de peu et rendait des services aux charbonniers et aux paysans.

Il fréquentait les animaux. À la première lune de chaque saison, il se rendait chez la coiffeuse du village. Un jour, les gendarmes vinrent le chercher car il avait trois ans de retard pour son service militaire. Les anciens se moquaient de lui. À cause de ses grands pieds, il fut surnommé Péniche.

Les sous-officiers voulurent le faire marcher au pas mais il ne comprenait pas. Péniche admirait ceux qui savaient marcher au pas.

Il se demandait pourquoi ces hommes intelligents se moquaient de lui, qui n'avait pas la chance de l'être.

Au bout de quatre mois, on le réforma. Les lurons de la chambrée fêtèrent son départ. Ils l'emmenèrent au bordel. Une fille s'occupa de lui. Personne n'avait été aussi doux avec lui mais il s'endormit dès qu'il fut couché.

Quand il revint chez lui, les animaux ne le reconnurent que quand il perdit les odeurs de la ville.

Il lui sembla qu'il n'était jamais parti. L'image de la fille ne lui revenait que pendant le sommeil. La guerre arriva. Péniche fut employé à la construction d'une voie stratégique qui allait traverser le bois. Il brouetta des cailloux.

Au bout d'une semaine, il s'étonna que la victoire ne fut pas déjà acquise. Il s'entendit traiter de lâche et de défaitiste. Il trouva les trois souhaits que la fée avait jetés dans le bois. Il les mit dans sa poche car il n'avait pas le temps d'y penser.

Le printemps avait saisi Péniche qui rêva de la fille. Il fut réveillé par des bombardiers. Péniche souhaita que les bombardiers le laissent dormir et il fut exaucé. Tous les champs de bataille se turent. Péniche se réveilla et reprit son travail. La guerre reprit. Il culpabilisait de ne pas aller assez vite et son deuxième souhait fut pour que les pierres soient légères.

Quand il se réveilla, toute la ville volait dans le ciel. Dans le monde entier, les maisons étaient devenues légères et volaient dans le ciel. Seuls les immeubles de ciment restaient sur terre.

Le Sacré-Coeur s'envola vers l'Atlantique. Il n'y avait plus de Pyrénées. La moitié des Alpes était en Amérique. Péniche pensa qu'il était puni pour avoir souhaité que sa peine soit épargnée alors les souhaita que les pierres soient à nouveau lourdes. Tout retomba mais pas dans l'ordre initial et beaucoup d'hommes avaient péri.

La paix commença pour 20 ans. La fille atterrit chez Péniche mais se moqua de lui et emprunta sa veste.

Péniche n'eut pas de chagrin. L'obélisque était tombé, la pointe en bas, près de sa maison. Péniche se mit à rire tout seul.

Les bêtes.

IV la couleuvre.

Le père et son fils vont à un enterrement. Ils y vont en voiture à mulet pour aller plus vite mais ce n'est pas le cas alors ils prennent un raccourci dans la campagne ou le fils allait avec une jeune fille.

Il y avait des hommes qui jouaient au ballon et se livraient à des assauts d'escrime. Puis le père disparut. Le fils arriva au cimetière mais l'enterrement était fini. Il vit une couleuvre qui emplissait le cimetière de son mouvement qui emplissait le cimetière de son mouvement. Il y avait aussi des vipères qui mordirent le jeune homme. Il partit chercher une pharmacie et croisa son père dans la voiture. Il demanda à une femme où se trouvait la pharmacie et quand il lui dit que c'était dans la troisième rue à gauche, le jeune homme réalisa qu'il ne connaissait ni sa gauche à droite.

La fée et le soldat.

Dieu était en colère contre les hommes parce qu'ils se faisaient la guerre. Il voulut les détruire. Mais des angelots vinrent lui demander de punir la fée Pivette. Pivette aimait plumer les angelots.

Dieu lui pardonnait car Pivette était vierge depuis 2703 ans et il savait que sa libido était perturbée. Mais cette fois, il envoya sur terre pour qu'elle devienne femme.

Elle arriva sur terre et elle fut désolée de voir sa chère forêt remplacée par des usines d'armes.

Pivette fut réduite à loger en ville. Elle observa la vie de la cité. Son coeur tendre s'émut de pitié et d'horreur. La population civile se composait de vieillards et de femmes indignes. Les riches payaient très cher le pain et le lard. Les pauvres se nourrissaient de navets et de cresson. Ils allaient pieds nus, vêtus de kaki.

Tous les 18 mois, un certain nombre de femmes seules étaient inséminées de germes mâles.

Les fils étaient élevés dans des forceries nationales et devenaient soldats en cinq ans. Arrivée par des voies mystérieuses, la nourriture était débitée dans les restaurants clandestins. Les femmes de la police spéciale » fermaient les yeux car on les laissait sucer les os. Pivette voyagea et trouva partout la même misère.

Un jour, elle n'y tint plus et transforma des briques en beurre qu'elle distribua.

En un clin d'oeil, elle fut lynchée.

Elle se retira de son corps périssable. Elle chercha un homme et coucha avec un vieillard qui se récusa car il manquait de vitamines.

Elle coucha avec un autre qui s'enfuit à cause d'une alerte.

Elle entendit des mots d'amour à la TSF mais c'était un obèse qui les prononçait.

L'obèse était employé par le gouvernement pour canaliser la sentimentalité vacante des femmes seules.

Il n'aimait pas les femmes et chassa la fée. Elle rencontra un soldat, un vétéran de 16 ans.

Il rêva d'une femme mais ne savait pas comment faire l'amour. Pivette se donna partiellement au soldat.

Elle ne voulait pas qu'il la pénètre sinon elle retournerait au paradis. Le soldat était prêt de la victoire mais la fée se jeta dans ses bras et le déconcentra. C'est ainsi qu'il fut tué. Mais Pivette fut exaucé. Dieu la transporta avec son héros au septième ciel.

Les bêtes.

V les loups.

Un homme regardait un hortensia non fleuri à travers les barreaux de la fenêtre. Il s'était battu contre trois de ses gardes et pensait à Mari qui avait saigné un porc. Il ne savait pas si Mari était moine même s'il portait une robe de bure. Un troupeau entra dans la cour mené par un homme. Mari parla des loups menés par un homme qui avait été tué par le père du narrateur.

Les voisins du narrateur lui proposa sa fille mais elle ne plaisait pas au narrateur. Elle ne se disait pas prête et montra sa poitrine sans seins.

Le narrateur et Mari envoyèrent des U2 sur la ville. Un U2 si un trou dans le mur d'une maison sur lequel était écrit le nom du narrateur.

L'homme fort.

Georges Lassoupadie était marchand de vins. Son histoire eut lieu bien avant la disparition de la civilisation. Il n'avait pas de famille. Il avait été stérilisé à 12 ans parce qu'il louchait.

À 22, et en bas d'un escalier et l'opération qui suivit lui redressa la vue.

Il obtint la gérance des vins par le ministère de l'Economie et de la Santé. Il voulait boire pour oublier sa stérilité.

Mais cela ne suffit pas à dissiper sa mélancolie. Il s'adonna à la recherche scientifique. Il inventa un savon à usage interne qui permettait de ne pas se laver à condition qu'on l'absorbe en pilules avant de se coucher. Il voulut améliorer la condition humaine en renforçant l'homme. Il chercha comment rendre les globules blancs invulnérables et réussi au bout de 18 ans. Une mouche absorba le liquide qu'il avait créé et il vit que la mouche était devenue invulnérable car elle partit en perçant un mur. Mais la mouche avait transpercé 7 personnes et la police enquêta.

Le commissaire interrogea Lassoupadie après avoir remonté la piste.

Il fut enfermé au cachot trois mois. Un aérolithe fut rendu coupable d'avoir transpercé les 7 victimes. Le magistrat trouva un caillou dans la cave de Lassoupadie et l'affaire fut classée.

Quand il revint chez lui, il trouva sa cave en désordre à cause des enquêteurs. Il fut soulagé de trouver son précieux liquide dans une bouteille qu'il avait étiquetée « eau distillée ».

La mouche avait continué de tuer.

Les voyageurs du convoi en provenance de la Nouvelle-Bezon, capitale de la lune furent ses victimes. Lassoupadie avait un rat blanc, Mic, un vieil ivrogne. Il but du précieux liquide. Le rat avait creusé des galeries dans l'immeuble qui menaçait de s'effondrer alors Lassoupadie déménagea.

L'immeuble s'effondra trois jours plus tard tuant 3500 personnes. Mic sorti indemne des ruinés retrouva son maître.

Lassoupadie voulut le noyer mais Mic survécu et retrouva son maître. Lassoupadie lui fit la morale mais Mic détruisit l'imprimerie du Figaro, un journal du temps passé qui avait survécu au déluge.

Les journalistes virent Mic et ce dont il était capable. Ils répandirent la nouvelle et le surnommèrent « le rat dur ».

Il fut mis en cage mais se libéra pour retrouver son maître suivi des journalistes.

Lassoupadie dut s'expliquer. Lassoupadie déclara qu'il le ferait devant l'Assemblée mondiale des sciences.

Mic continua ses dégâts et fut considéré comme un fléau par le public.

Il résista à tous les poisons. On ne pouvait se débarrasser de lui. Lassoupadie évoqua ses découvertes devant les meilleurs savants du monde.

Dehors la foule était en colère à cause de Mic. Il fut traité d'imposteur. La foule entra pour lyncher Lassoupadie mais il but son liquide pour se défendre. L'humanité chercha à le tuer mais il survivait à tout ou même aux bombes atomiques.

Ayant reconnu l'impossibilité de le détruire, les hommes durent s'accommoder de son existence, subir son appétit, craindre ses caprices. Lassoupadie, devenu plus fort que tous les titans avait conservé l'amour désintéressé de ses semblables et mit sa force de tout entière au service de son pays.

Le pays le nourrissait et il mangeait comme plusieurs corps d'armée. Le gouvernement dut déclarer la guerre aux plus riches des pays voisins pour subvenir aux besoins de Lassoupadie.

Lassoupadie se mit en colère et neutralisa les armées. Il déclara que quiconque, dans le monde voudrait faire la guerre, aurait affaire à lui.

Les peuples enfin en paix l'aimèrent.

Il reçut les meilleurs plats et des roses. Les gouvernements craignaient qu'il dirige le monde alors ils lui offrirent un petit royaume des montagnes. Le royaume d'Aquiandora n'avait jamais connu la guerre car il n'avait pas d'armée. Il y avait que 22 habitants. Une vierge fut offerte à Lassoupadie. Mais elle avait 54 ans et Lassoupadie la renvoya à ses moutons.

Pour se distraire, il abattait le travail de 1000 hommes. Mais les ouvriers étaient au chômage à cause de lui. Il s'en désola à ne s'attaqua qu'aux travaux qu'on n'eut point accomplis sans lui.

Il irrigua le Sahara, défricha la forêt vierge, jeta un pont entre l'Espagne et le Maroc et transporta l'Angleterre dans l'océan Indien pour raccourcir la route des Indes. Des fortunes colossales se nourrissaient de son travail désintéressé. Mais les initiatives de Lassoupadie accumulaient les ruines. Les blés du Sahara submergèrent le marché mondial et ruinèrent les paysans du Canada et de l'Ukraine.

Lassoupadie fut détesté alors il chercha l'antidote pour redevenir normal.

Il l'essaya sur Mic qui se fit dévorer par un chat sans pouvoir se défendre.

Il le dit à la foule et un homme le gifla, une femme lui planta son parapluie dans les côtes.

Il fut lynché. Et la guerre reprit. Le nom de l'homme fort fut effacé des livres d'histoire.

Les bêtes.

VI la créature.

Le roi d'Angleterre ne trouve pas son soulier droit. C'est sa femme qui l'a emporté pour le faire réparer par le cordonnier.

Tous les matins, le roi cherche son soulier droit et va à la messe avec une pantoufle au pied droit. La messe se dit sous le hangar. Quand la créature arrive et s'assied sur le banc, le banc se soulève et soulève tout le monde. La créature se croit belle et peut tout se permettre. Elle soulève sa robe et n'a rien en dessous. Elle est 30 fois plus lourde qu'une femme qui aurait sa taille. Elle a un ongle à la place des cils et son sexe est apparent et à la forme de la lettre S. Ami auteur du hangar il y a une pièce où se trouve un couteau de poche. Une énorme roue dentée commande son mécanisme. Des garçons de 14 ans occupent la pièce. Ils ouvrent le couteau qui crève le plafond.

La créature ouvre ses mains et laisse retomber sa robe qui glisse sur elle.

Béni soit l'atome.

1-les rescapés du B-312.

Valentin Durafour était pilote à la société des Transports en commun New York Paris.

Il faisait 10 allers et retours par jour.

Il n'avait rien à faire car c'était le contrôleur qui assumait les responsabilités.

Le pilote avait juste à fermer les portes et à embrayer.

Le stratobus faisait Paris New York rend une demi-heure.

Le pilote tricotait des layettes en nylon pour ne pas s'ennuyer pendant le voyage.

Il n'y avait plus de pilote aux États-Unis mais les Français gardaient les leurs car ils imaginaient plus en sécurité avec eux.

Un matin, Durafour vit New York disparaître sous une explosion. Il n'y eu aucune panique. Le cas était prévu. Le stratobus B-312 remonta automatiquement vers l'azur. Il se mit à décrire des cercles à 30 km d'altitude. Durafour appela New York qui resta silencieux comme Paris, Londres, Moscou, Berlin, Nankin et Sydney. C'était la guerre. Le contrôleur paniqué pensait à ses enfants. Toutes les grandes villes du monde possédaient des missiles atomiques.

L'ONU réussit à passer un accord. Tous les pays se résigneraient à laisser garder leurs batteries de départ des missiles par des représentants des autres nations.

Ce fut la naissance du corps international des veilleurs. Mais un petit État dans les montagnes, neutre depuis toujours et non représenté à l'ONU voulut dominer le monde.

Son président fit construire une seule bombe et l'envoya sur un pays au hasard ce qui fit partir automatiquement tous les missiles atomiques du monde.

Les passagers du B-312 se disputèrent à propos de l'origine de la guerre puis se calmèrent en comprenant leur sort précaire.

Le professeur Coliot-Jurie spécialiste de la physique atomique était dans le B-312.

Les passagers lui donnèrent leur confiance pour trouver une solution. La nourriture allait manquer. Il faudrait atterrir mais où ?

Durafour saisit les commandes et fit 7 fois le tour de la terre à la recherche d'un lieu où atterrir. Coliot-Jurie pensa au Groenland où une expérience était en cours. Le Nord avait été réchauffé avec des générateurs caloriques.

Les paysans du monde entier vinrent y faire pousser des fruits et des légumes. Durafour se posa donc au Groenland. La guerre avait réveillé les volcans, détruit l'Europe, coupé l'Amérique en deux, le petit royaume des montagnes avait également été détruit.

Coliot-Jurie parvint à organiser la vie des quelques milliers de survivants qui allaient former la nouvelle humanité. Il fallut des générations pour que la civilisation atomique renaisse et regagne peu à peu tout le globe. Coliot-Jurie forma des élèves qui en formèrent d'autres. La science est mise au service de la paix. Une langue universelle fut créée à partir des anciennes langues. Vint un siècle où la terre forma une seule nation, d'une seule race.

2- Journal d'un civilisé.

An 5946 de l'ère de paix totale.

L'auteur du journal avait dormi trois semaines. Il devait fournir à la collectivité ces deux heures de travail mensuel. Il était voué à Dieu et à l'atome.

Il enregistrait ses réflexions sur un fil d'argent pour ses descendants. Il était riche de posséder 120 g de matières en désintégration. Chaque citoyen en recevait 10 g à sa naissance. C'était suffisant pour l'alimenter en énergie toute sa vie. À sa mort, les sources d'énergie étaient restituées au Trésor public. Chaque citoyen devait payer l'impôt en branchant son générateur d'énergie sur le réseau collecteur, au profit de la nation. Les villes étaient bâties à 2 km sous terre. Cela permettait d'échapper aux saisons et aux explosions d'usine qui étaient en surface. Sous terre, il y avait des fleuves et des océans. Les hommes avaient cultivé des plantes et domestiqué les animaux. La lumière captée du dessus était diffusée sous terre par la télévision. Les véhicules étaient rapides, sans bruit et sans fumée. Les machines travaillaient pour les hommes. À partir de 35 ans, les hommes pouvaient profiter de tout leur temps. Ils recevaient une éducation obligatoire dans les écoles nationales jusqu'à 35 ans. Les esprits les plus doués étaient autorisés à travailler 2 heures par mois.

Les hommes avaient inventé des arts nouveaux : la musique des ondes, l'architecture des couleurs, le cinéma total.

L'homme commun n'avait plus à faire le moindre effort. Il vivait, dormait, se nourrissait et se distrayait dans une cellule. Il recevait tout ce qu'il voulait à domicile. Les hommes et les femmes faisaient l'amour par plaisir sans se connaître. Ils vivaient nus (les femmes jusqu'à 18 ans et les hommes jusqu'à 25 ans). Après ils se marier pour faire un enfant par an. Pendant 10 ans. Ensuite, seul l'amour télépathique était autorisé. Le cinéma total était en relief, odorant et sensoriel. Les livres du monde entier étaient accessibles sur écran de poche ou d'appartement.

Mais le moderne s'ennuyait. Le sommeil prolongé guérissait le spleen. Presque toute la population dormait 30 jours par mois baignée dans des ondes qui la nourrissaient. Les hommes ne rêvaient pas à cause des ondes. Les hommes avaient conquis la lune, Mars et Vénus.

La lune avait été rendue habitable comme Mars et Vénus.

3-journal du petit-fils du précédent.

1000 ans plus tard. Les hommes dormaient depuis 10 ans quand ils apprirent que les colons de Pluton déclaraient leur indépendance.

Orphée était leur chef. Il voulait revenir à la civilisation passée : travailler et semer du blé. 600 milliards d'hommes le suivirent. Les terriens furent mobilisés 10 minutes par jour.

La lune se solidarisa avec Pluton ainsi que Mars et Uranus. La guerre éclata.

Orphée menaça d'envoyer une fusée indestructible sur la terre. Du coup la lune cessa son alliance avec Pluton. Les terriens firent dévier la fusée d'Orphée vers le soleil.

Le système solaire allait peut-être exploser. Le narrateur était fier d'être un homme.

Les bêtes.

VII elle.

Le narrateur grimpa sur le siège du remonte-pente. Il se dirigea vers le dortoir et y entra. À la place des lits, il y avait des tables avec une femme derrière chacune. Elles repassaient du linge blanc. Elles avaient 40 ans. Le narrateur entendit une voix de femme l'appeler. Il savait qu'il allait entrer dans son visage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 décembre 2015

L'espéranto

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L'espéranto (Pierre Janton).

 

Introduction.

Phénomène complexe sous son apparente simplicité, l'espéranto peut être étudié sous l'angle de plusieurs disciplines.

Langue artificielle, l'espéranto peut être abordé en linguistique.

Phénomène idéologique, il intéresse l'histoire des idées en tant que réponse au problème de la communication posé par la multiplicité des langues.

L'espéranto traduit une préoccupation qui commence à s'affirmer au XVIIe siècle. L'espéranto apparaît issu d'idées convergentes sur les moyens et la forme de la communication, mais aussi d'idéaux quant à sa raison d'être. En ce sens l'espérantisme représente non seulement une théorie du langage mais une doctrine sur sa finalité qui est une forme d'humanisme. On appelle espérantophones les utilisateurs de l'espéranto, réservant parfois le nom d'espérantistes à ceux qui acceptent cette finalité.

Alimentant sa diversité dans toutes les ethnies et toutes les classes, l'espérantisme conserve pourtant une personnalité et unité fondamentales, moins à cause de son organisation matérielle que de sa portée psychologique comme véhiculent d'échanges internationaux, il aspire à jouer le rôle de langue auxiliaire actuellement dévolue à certaines langues nationales hégémoniques.

Chapitre premier : l'espéranto et les langues construites.

L'histoire des langues construites commence avec le XVIIe siècle. Ce goût de l'ordre, de l'harmonie et de la perfection, qui caractérise le classicisme, porte les langues nationales à maturité.

Les langues nationales s'épanouissent dans une littérature qui, tout en se voulant fidèle aux modèles greco-latins, les supplante définitivement et revendiquent des privilèges égaux.

Les penseurs de lettres classiques se posent la question de la communication universelle.

Pour eux, les langues sont une manifestation de l'esprit et de son fonctionnement. Postulant l'universalité de la raison, ils espèrent aboutir à une universalité de langage.

Pour eux, la langue n'apparaît qu'accessoirement comme un phénomène indépendant.

Si donc beaucoup s'accordent à souligner l'utilité d'une langue universelle, tous inclinent à penser qu'elle ne viserait pas seulement à communiquer les idées, mais à les classer, les expliquer, à en éprouver la justesse et à les compléter.

Les projets de langue universelle qui fleurissent à partir de 1650 environ partent du postulat cartésien que « l'invention de cette langue dépend de la vraie philosophie. Ils reposent sur une classification préalable des idées et constituent des systèmes cohérents ordonnés autour de concepts fondamentaux. Ainsi le « caractère universel et langue philosophique » de l'Écossais Dalgarno distingue 17 classes d'idées, désignées chacune par une majuscule, d'où on dérive toutes les idées connexes en secondaires, au moyen de combinaisons de lettres grecques et latines.

Le 26 brumaire de l'an III, le citoyen Delormel présenta à la Convention un projet fondé sur les mêmes principes.

En 1852, le projet de l'Espagnol Sotos Ochando, qui connut un certain succès, adopte une structure analogue.

Ces systèmes s'acheminent donc vers la classification pure et simple. En 1956, de la classification décimale de Melvil Dewey employée dans les bibliothèques, le projet de translingua apparaît.

I pasigraphies et pasilalies.

Les pasigraphies sont des conventions purement visuelles utilisant des lettres, des nombres, des signes, des idéogrammes, des hiéroglyphes et même des notes musicales comme le solrésol de Jean Sudre (1866). Il s'agit alors d'écritures philosophiques destinées à être comprises par le regard.

Du XVIIe siècle au XIXe siècle, les linguistes crurent que la pasigraphie devait servir de base à l'élaboration d'une langue parlée universelle.

Le mot pasigraphie fut employé la première fois par J. de Maimieux dans son livre « pasigraphie ou premiers éléments du nouvel art-science d'écrire et d'imprimer en une langue de manière à être lu et entendu dans toute autre langue sans traduction » (1797).

Toutefois, l'évêque anglais John Wilkins avait publié en 1868 «A real character and a philosophical language » avec la même idée de subdivision de signes fondamentaux.

Inspirés par la souveraine raison et l'esprit humanitaire, les auteurs de pasigraphies abondent au siècle des Lumières et de la Révolution française.

Au XIXe siècle le développement de la linguistique allié à celui du commerce, de l'industrie et des doctrines sociales explique la continuité de la tradition.

En 1856, à Paris, la Société internationale des linguistes incline en faveur des langues philosophiques par classification et des écritures fondées sur ce principe.

Les pasigraphies continuent d'apparaître alors que naissent de véritables langues artificielles comme le volapük et l'espéranto.

Tchéshikhine a émis l'idée d'utiliser les idéogrammes chinois comme écriture universelle en 1919.

II les pasilélies sont des conventions audiovisuelles utilisant le plus souvent des lettres et parfois des signes affectés d'un son. Il s'agit de langues universelles destinées à être parlées au temps qu'écrites. On définit les pasilélies selon leurs rapports avec les langues naturelles.

a)       Les langues a priori construites à partir de schémas préalables sans rapports conscients avec les langues naturelles.

b)       Les langues a posteriori, dites naturalistes ou pseudolangues se réfèrent consciemment aux langues naturelles. Elles n'ont pas de schémas a priori philosophiques.

Elles se présentent comme des copies de langues existantes.

Dans la langue a priori de Letellier, une racine choisie arbitrairement pour dénoter la famille reçoit une flexion précisant les rapports divers.

Ces rapports, dans les langues naturelles, s'expriment par des mots différents. Il en va de même dans les langues a posteriori les plus naturalistes comme interlingua.

L'espéranto diffère des langues les plus naturalistes par l'application systématique du principe de formation du féminin : comme dans les langues de Letellier et de Menet (langues a priori) l'idée de mère est dérivée d'une idée antérieure.

I langues a priori : racines artificielles, dérivation schématique, fixité des catégories de mots : langues philosophiques.

II langues a posteriori :

a) langues naturelles, vivantes ou mortes, simplifiées, dites langues minimales.

b) langues mixtes employant des racines artificielles et des racines naturelles.

1° Dérivation schématique (volapük).

2° dérivation mixte (espéranto).

c) langues naturalistes :

1° conservant des vestiges de schématisme.

2° dérivation naturels.

Tendances de l'évolution des langues construites.

L'histoire des langues construites du XVIIe siècle à nos jours et celle de l'apparition de langues a posteriori et de la langue prédominante suivie du recul rapide des langues a priori.

John Wilkins et Comenius partaient d'une critique linguistique du latin pour définir les principes de leurs projets. Ils préférèrent les constructions a priori par intuition linguistique dans leurs analyses du langage.

Pour Comenius, le latin ne profite qu'aux gens instruits. Ses déclinaisons, ses conjugaisons, sa syntaxe et ses irrégularités le rendent inaccessible à la majorité des peuples.

Si Comenius tient à ce que la langue universelle remédie à la confusion des idées, s'il la conçoit, avec Descartes, comme un effort de mise en ordre de l'esprit, il ne perd pas de vue le côté proprement linguistique et il revient sans cesse à ses exigences de facilité, de précision et aussi de beauté.

En 1832, apparaît le premier projet de langue a posteriori créé par l'Allemand Gerber.

Puis viennent le cosmoglossa de Lucien de Rudelle en 1858 et l'universalglot de Pirro en 1868.

Une langue naturaliste ne produit pas nécessairement un effet naturel et ce paradoxe indique bien la difficulté de juger les langues construites selon les critères de la « naturalité». C'est l'exigence du beau qui, en grande partie, a poussé les auteurs des projets conçus depuis le volapük à imiter de plus en plus la nature. Cette tendance s'exprime par la simplification de langues existantes ou par la création de langues de synthèse dont la filiation est immédiatement reconnaissable.

III langues naturelles simplifiées ou langues minimales.

1 - langues mortes simplifiées.

Par réaction contre le volapük, se multiplient les efforts pour simplifier et moderniser le latin.

G. Henderson crée à Londres (1890-1892) la revue Nuntius latinus internationalis ; en 1901, à Paris, Fred Isly publie « Linguum islianum et en 1902 paraît à Vienne le Reform latein de K. Froehlich.

En 1903, G. Peano crée son latino sine flexion qui eut une nombreuse descendance.

Cette faveur dont jouit le latin est un fait capital dans l'histoire des langues construites et montre dans quelle direction les linguistes européens cherchent les critères du beau en matière de langue.

2 - langues vivantes simplifiées.

Des tentatives pour simplifier l'anglais, le français, l'espagnol ou pour créer des langues communes intergermaniques ou interslaves sont liées à la montée des hégémonies, à l'expansion économique et aux mouvements d'indépendance.

Entre 1888 et 1923, aux États-Unis, Elias Molee donne une série de projets de langue panaméricaine fondée sur l'anglais et l'allemand (tutonish 1888, niututonish 1906, all teutonic 1915, toito spike 1923).

Le docteur Baumann crée le wede en 1915 qui est un Allemand simplifié.

L'Espagnol simplifié est le nuove roman de J. Puchner en 1897. La Lingua Franca nuova de S. Bernard en 1888 est de l'italien simplifié.

Peu de projets français retiennent l'intention.

L'anglais simplifié aboutit au panoptic english de Ogden en 1929 et le Basic en 1935 encouragé par le gouvernement anglais.

Tous ces projets échouèrent à l'exception du Basic.

Ces projets mutilaient la langue en la simplifiant au point que ni les étrangers ni les indigènes n'y reconnaissaient plus son génie particulier.

Mais le Basic et ses 850 mots obligent le locuteur à inventer constamment des périphrases qui paralysent l'expression et la compréhension.

Si la langue internationale doit être une langue construite, il faut donc qu'elle puisse se prévaloir à la fois de ses qualités esthétiques aussi authentiques et de ressources expressives aussi variées que les langues naturelles.

IV le volapük.

Le volapük l'oeuvre d'un prêtre badois, Johann Martin Schleyer. Il est apparu en 1880. Schleyer crée d'abord un alphabet universel de 28 caractères.

Le volapük a grammaire régulière mais lourde. La déclinaison connaît le nominatif, le génitif, le datif et l'accusatif.

Le vocabulaire est tiré des langues naturelles mais sous une forme tellement simplifiée qu'on en reconnaît difficilement l'origine.

Le volapük se répandit rapidement dans la bourgeoisie et parmi les intellectuels.

En 1890,25 journaux étaient imprimés dans cette langue, 285 sociétés s'étaient constituées et il existait des manuels en 25 langues.

Une académie vit le jour qui discuta de réformes. L'intransigeance de l'auteur du volapük les fit toutes échouer et provoqua le schisme puis l'émiettement à partir de 1889.

Le volapük est la première interlangue à passer du stade de la théorie à celui de la pratique.

Zamenhof a reconnu en Schleyer le vrai père du mouvement en faveur d'une langue internationale car Schleyer comprit qu'il devait donner une assise sociale à sa langue. Par la presse, les sociétés, l'académie, les conférences, il réussit à toucher une partie de l'opinion publique sensibilisée aux problèmes de la communication internationale.

Mais le volapük devait rester la langue d'une élite cultivée et la propriété d'un seul homme. Schleyer s'opposa à toute modification alors que sa langue devenait l'outil d'une communauté.

Pendant 10 ans, l'évolution du volapük se poursuivit sans Schleyer mais dans le schisme.

Cela provoqua le désordre et la fin du volapük.

V les langues naturalistes.

Après l'abandon des langues purement philosophiques, les interlinguistes, optant pour les langues naturalistes avec des degrés divers de schématisation, s'engagent vers une latinisation qui rejoint l'esthétique des langues minimales dérivées du latin. La plupart des interlangues depuis le début de l'espéranto appartiennent à la famille latine.

En 1887, l'American philosophical society s'intéressa à la langue universelle. Elle estimait que cette langue devait posséder une orthographe phonétique. Cinq voyelles a-e-i-o-u ; des mots écrits en alphabet latin, une grammaire simple, un vocabulaire tiré des langues latines au lexique aisément assimilable.

Julius Lott, créer le Mundo-lingua en 1888 en compilant un lexique de 7000 mots internationaux, la plupart d'origine latine.

On appelle langues naturalistes les langues a posteriori penchant vers la latinisation et l'abandon des principes de fixité et de schématisation telles que l'univocité des lettres, fixité des parties du discours et invariabilité du radical.

VI espéranto et les langues construites.

Les langues universelles ont d'abord et pendant longtemps essayé de réduire le langage à une classification systématique des idées. Des traces importantes de ce schématisme se retrouvent en espéranto. L'histoire des interlangues évolua vite lorsque les linguistes se rendirent compte que le but de la langue est d'être parlée.

Ceci explique le processus de latinisation à l'oeuvre dans l'espéranto.

Si l'espéranto empreinte son lexique aux langues naturelles, il conserve dans la dérivation et la flexion une régularité et un schématisme qui le distinguent de ses successeurs naturalistes.

Chapitre II : les origines de l'espéranto.

I L. L. Zamenhof.

Lazare Louis Zamenhof à 19 ans lorsqu'il élabore son premier projet de langue universelle et 28 lorsqu'il publie sa première brochure de « Langue internationale » sous le pseudonyme de Dr espéranto.

Enfants, ils se familiarisent avec plusieurs langues mais en des circonstances telles qu'il ressent la multiplicité linguistique comme une expérience traumatisante.

Zamenhof naît à Bialystok, le 15 décembre 1859 alors située sur une terre disputée et opprimée (aujourd'hui en Pologne).

À Bialystok, il y avait des Russes, des Polonais, des Allemands et des juifs.

Chacun d'eux parlait une langue à part et entretenait des rapports hostiles avec les autres.

Zamenhof se persuada que cette diversité des langues était la principale source des dissensions au sein de la famille humaine. Zamenhof fut élevé en idéaliste mais la rue lui prouvait que l'humanité n'existait pas.

Enfants, Zamenhof se promit d'éliminer ce mal quand il serait grand.

Chez lui, il utilisait le russe ; les dans la rue, le Polonais. Au lycée, il excellait en allemand et en français, en latin et en grec.

Il  apprit l'hébreu avec son père. C'est parce qu'il était un juif du ghetto qu'il eut l'idée d'unir l'humanité. Il pensait que personne ne pouvait ressentir la nécessité d'une langue humainement neutre et anationale aussi fort qu'un juif obligé de prier Dieu dans une langue morte, recevant son instruction dans la langue d'un peuple le rejetant.

En 1879, Zamenhof quitta le lycée pour étudier la médecine à Moscou et à Varsovie. Il confia à son père son premier essai de langue universelle.

Son père, censeur de la presse juive, savait à quels dangers exposerait la découverte, d'un étudiant juif sans relations, de papiers rédigés en une langue secrète et il détruisit ce premier projet.

À Varsovie, Zamenhof est confronté à l'antisémitisme entretenu dans la masse par le gouvernement tsariste. Il milite dans une organisation sioniste qui se signe pour but le retour à la Terre promise. Pendant ces années de lutte, de travail et de pauvreté, il comprend que la communauté de langue ne suffit pas à détruire les barrières dressées entre les groupes. Il commence à élaborer une religion universelle.

Ce qui caractérisera toujours Zamenhof parmi tous les auteurs d'interlangues, c'est l'expérience directe de la souffrance engendrée par les heurts entre groupes sociaux. La création d'une langue internationale et donc pour lui le premier pas d'une démarche de réconciliation qui on comprend bien d'autres : démarche désintéressée et altruiste, foncièrement idéaliste, au profit non d'une vanité personnelle ni d'un chauvinisme national comme certaines langues minimales, mais en profit de tous ceux qui souffrent effectivement de ne pas comprendre et de rester incompris.

En 1886, Zamenhof se spécialise dans l'ophtalmologie et il exerce en 1887 à Varsovie. En 1887, il se marie et publie la première brochure de « Langue internationale » d'abord en russe, puis en Polonais, en français, en allemand et en anglais.

C'est un opuscule de 40 pages avec une préface de 30 pages.

Dans la préface, il remarque combien de temps et d'argent coûte l'étude d'une langue et quel enrichissement apporterait une langue commune. L'étude d'une langue internationale permettrait d'aborder toutes les autres cultures sur un pied d'égalité. Cette langue permettrait de faciliter les rapports entre les savants et ferait disparaître l'impression d'étrangeté qui sépare les individus de langues différentes.

Zamenhof se fixe trois objectifs : rendre sa langue facile ; la rendre immédiatement utilisables grâce à la logique et à la simplicité de sa structure ; trouver un moyen d'inciter le public à la pratiquer en masse.

Zamenhof inséra dans sa brochure quatre feuillets contenant quatre papillons ou le lecteur promettait d'apprendre la langue proposée par le Dr espéranto. Zamenhof reçut une réponse favorable qu'il publia sous forme d'annuaire.

La « Langue internationale » se répand malgré l'hostilité de la censure. Le premier journal en espéranto parla le 1er septembre 1889 à Nuremberg. Il s'appelle « la Espérantisto ».

En 1888, Zamenhof publie un deuxième livre et un supplément au deuxième livre en 1889.

La langue internationale doit jouer un rôle régénérateur et elle est indissociable d'un humanisme presque mystique. Zamenhof a condensé en son nom même (pseudonyme « espéranto » celui qui espère) assez d'implications idéologiques pour entretenir un enthousiasme idéaliste.

Appauvri par la publication de ces brochures et des malheurs familiaux, Zamenhof se fixe définitivement à Varsovie, au milieu d'un quartier populaire, en 1898.

En 1894, paraît le Dictionnaire universel avec traduction des mots espéranto en cinq langues, puis le recueil d'exercice et en 1903, grâce à un contrat avec Hachette, la Fundamento krestomatio, anthologie des exercices avec des articles, des poèmes et de la prose.

En 1905 est publié Fundamento deux espérantos composés d'un exposé grammatical en 16 règles, du recueil d'exercices et du lexique.

Cet ouvrage fixe le canon de la langue. Le premier congrès universel s'ouvre à Boulogne-sur-Mer en août 1905 avec 668 participants venus de 20 pays. En 1905, Zamenhof reçoit la Légion d'honneur des mains du ministre de l'Instruction publique, Bienvenu-Martin.

D'autres congrès universels ont lieu : en 1906 à Genève, Cambridge en 1907, Dresde en 1908, Barcelone en 1909, Washington en 1910, Anvers en 1911, Cracovie en 1912, Berne en 1913. La première guerre mondiale interrompit ses congrès.

Ils reprirent en 1920 et furent à nouveau arrêtés en 1940.

Ils ont lieu à nouveau depuis 1947.

Zamenhof mourut les 14 avril 1917 usé par le travail.

Dans ses dernières notes, il écrivit : « j'ai senti que, peut-être, la mort n'est pas la disparition… Qu'il existe certaines lois dans la nature… Que quelque chose nous conduit vers un certain but ».

II idéals de Zamenhof.

Son idéal, c'est la réconciliation entre les hommes. Il avait une vision égalitaire de l'humanité. Au premier congrès universel à Boulogne-sur-Mer, Zamenhof déclara que la langue internationale unirait les hommes et réaliserait le rêve des prophètes et des poètes.

L'usage d'une langue artificielle dans les relations internationales à l'avantage de ne pas froisser le nationalisme et de reconnaître l'égalité foncière de toutes les langues naturelles.

Zamenhof avait compris que l'emploi de l'espéranto impliquerait la démocratisation de la culture et de la communication.

Dès 1900, il le déclarait dans un article intitulé « Essence et l'avenir de l'idée de langue internationale ».

Alors que seules les hautes classes de la société peuvent s'approprier les langues naturelles, l'espéranto appartient aux masses par essence.

Seule une langue accessible aux pauvres et aux ignorants peut servir la démocratisation du savoir et de la communication.

Le but d'une langue internationale construite et donc de permettre aux masses de communiquer entre elles sans le truchement des élites.

Pour que l'espéranto soit facile à apprendre, Zamenhof favorise une construction parfaitement logique et régulière et recherche, dans la prononciation et le lexique, l'internationalité maximale tout en évitant la tentation du naturalisme qui ramène à l'irrégularité et à l'arbitraire.

Contrairement à l'auteur du volapük, Zamenhof renonça dès l'origine à ses droits d'inventeur et soumis ses projets de modification à l'ensemble des espérantistes en acceptant leur verdict.

L'espéranto, pour Zamenhof, vise à mobiliser dans l'humanité des tendances idéalistes en vue de la fraternité universelle.

Zamenhof créa l'Hillélisme parallèlement à l'espéranto. C'était un pont moral capable de relier fraternellement tous peuples et toutes religions sans créer de nouveaux dogmes et sans qu'aucun peuple ait besoin de répudier sa religion actuelle.

L'Hillélisme visait à créer une unité religieuse qui embrasserait dans sa paix et réconcilierait toutes les religions existantes. Il publia en russe, en 1901 sous le pseudonyme de Homo Sum la brochure «Hillélisme».

L'Hillélisme été tiré de l'enseignement du rabbin Hillel. Il reposait sur trois principes :

a) reconnaissance de l'existence de Dieu, liberté restant à chacun d'interpréter ce concept à sa guise.

b) amour du prochain un piquant, entre autres, respect de la conscience individuelle.

c) chacun recevant généralement ces croyances de son milieu, et toutes les religions relevant de principes communs, on ne saurait faire grief aux individus de leurs religion particulière ni imputer à celles-ci le mal ou le bien dont ils sont responsables.

L'Hillélisme rencontra peu d'écho et parfois de l'hostilité chez les espérantistes occidentaux. L'Hillélisme prit le nom d'Homaranismo en 1913 avec la publication par Zamenhof d'un livret sous ce titre. Zamenhof préparait un congrès à Paris pour l'été 1914 pour poser le fondement de la « religion à créer ».

La guerre l'en empêcha. Ce projet ne survécut pas à Zamenhof.

III l'espérantisme.

Lorsque Zamenhof arriva à Boulogne-sur-Mer pour le premier congrès universel d'espéranto, les organisateurs locaux craignaient que, dans la France rationaliste et bigote de 1905, encore remuée par l'affaire Dreyfus, le ton de prophète juif excitât l'hostilité.

Ils ramenèrent donc le congrès sur le terrain de la communication pure et simple.

Avec une déclaration sur le sens de l'espérantisme qui dissociait celui-ci de toute idéologie : « l'espérantiste l'effort pour répandre dans le monde entier l'usage d'une langue humaine neutre qui, sans s'immiscer dans les affaires intérieures des peuples sans viser le moins du monde à éliminer les langues nationales existantes, donnerait aux hommes des diverses nations la possibilité de se comprendre ».

La pratique généralisée de l'espéranto aura, plus ou moins long terme, des répercussions importantes sur la vie politique, religieuse et sociale des peuples. Cette fraternisation souhaitée par Zamenhof n'est accessible qu'au bout d'un processus de transformation des institutions et des moeurs.

Les congrès espérantistes sont exemptés de toute discussion politique ou religieuse. La déclaration sur l'espérantisme de 1905 étaient un refus d'engager l'espérantisme sur la voie des idéologies.

Le neutralisme de l'espéranto allait déboucher sur un schisme.

L'espéranto peut-il vivre et se répandre sans une motivation plus profonde que la communication pratique ? La question reste posée de nos jours.

IV l'idée interne.

Au congrès de Boulogne-sur-Mer, Zamenhof souscrivit à la définition de l'espérantisme qui y fut adopté. Il souligna qu'outre son aspect pratique, l'espéranto possédait un aspect idéologique qui était de beaucoup le plus important.

Des voix s'élevèrent pour dire qu'il fallait voir en l'espéranto une langue et rien de plus.

Zamenhof rejeta les exigences de ceux qui refusaient tout idéalisme lié à l'espéranto. Zamenhof affirma dans son discours prononcé à Genève en 1906 que l'idée sacrée, l'idée grandiose, l'idée capitale de l'espéranto était fraternité et justice entre tous les peuples.

L'idée interne est que l'espéranto rapproche les coeurs.

Si la déclaration de Boulogne-sur-Mer sur l'espérantiste et celle de Genève sur sa neutralité servirent à préserver le mouvement espérantiste de l'infiltration des idéologies extérieures, elles ne purent l'empêcher d'affirmer son idéologie propre.

L'idée interne de l'espéranto peut élever l'homme au-dessus de lui-même en mobilisant ses tendances altruistes, en lui fournissant le moyen d'une certaine ascèse et en matérialisant une certaine espérance.

Le discours de Zamenhof au congrès de Cambridge, en 1907, marque que cette espérance est celle d'une humanité libre et fraternelle.

Les congrès espérantistes rassemblent des individus attirés par l'enthousiasme suscité par l'idée interne.

Zamenhof considérait chaque congrès comme la capitale du pays espéranto avec ses propres lois, ses propres moeurs, et ses propres principes.

Zamenhof déclara que la devise de l'idéal espérantiste étaie : nous désirons poser un fondement neutre, sur lequel les divers peuples de l'humanité puissent communiquer dans la paix et la fraternité, sans s'imposer les uns aux autres leurs particularités nationales.

Le drapeau espérantiste fut créé en 1905 par le groupe de Boulogne-sur-Mer. Il est vert et porte une étoile verte dans un carré blanc.

V évolution de l'espérantiste.

L'idéal espérantiste a donné à l'espéranto une dimension affective que les autres projets de langue universelle n'avaient pas.

De la fondation de l'espéranto jusqu'à la première guerre mondiale, l'idéologie de l'espéranto reste influencée par Zamenhof.

Après la mort de Zamenhof, le mouvement entre dans la phase de l'établissement et de l'organisation, au cours de laquelle il repense ses objectifs et définit un ordre de priorité.

La SDN fut créée pour la paix mais ne s'occupait pas du problème linguistique entre les peuples. C'était donc sur l'aspect linguistique qu'il fallait porter la propagande dans l'espoir de démontrer ses avantages pratiques pour la cause de la paix.

Pour des raisons analogues, à la fin de la seconde guerre mondiale, le centre d'intérêt de l'espérantisme continua à se déplacer de l'aspect moral vers l'aspect linguistique.

En 1954, l'Universala Espéranto Asocio établit des relations consultatives avec l'Unesco.

Dans l'espérantisme, il existe une tendance présentant l'espéranto comme dépourvu d'idéologie et susceptible de recevoir une étude scientifique au même titre que les autres langues.

L'espérantologie serait donc l'étude linguistique de l'espéranto.

Cette démarche vise à faire partager l'idéal avec des organismes officiels détenteurs de valeurs intellectuelles et morales pour que ces organismes reconnaissent officiellement l'espéranto.

Les espérantistes de la base sont hostiles à cette démarche parce qu'elle néglige les motivations psychologiques de l'espérantisme.

L'idéal de paix et de fraternité apparaît autre à la conscience individuelle selon qu'il s'exprime par la charte des Nations unies ou par l'espéranto.

Mais de nombreux espérantiste récusent l'attitude de conformisme envers les institutions officielles dont ils contestent le crédit tandis que d'autres voient dans les outrances folkloriques le signe d'une vitalité indispensable au mouvement.

Chapitre III la langue.

I formation et fixation.

1 - le «Fundamento ».

Entre 1878 et 1887 Zamenhof élabora plusieurs projets permettant de voir les grandes lignes du projet final et les concessions au volapük.

Zamenhof ne prétendit pas avoir fixé sa langue en 1887. Il la soumit aux critiques de ses correspondants et des lecteurs de «La espérantiste » pendant les six ans que parut ce journal (1889-1895) avant d'être interdit par la censure tsariste.

Il fonda une ligne des espérantiste et demanda aux membres de choisir entre un espéranto inchangé et un espéranto réformé à la lumière des discussions antérieures. La majorité étant hostile à tout changement.

En 1905, Zamenhof publia le Fundamento deux espérantos qui fixent la langue sous une forme pratiquement identique à celle de 1887. C'est l'ouvrage fondamental des espérantistes.

Nul n'a le droit d'y apporter des changements.

Le but du Fundamento est de protéger la langue contre l'anarchie et l'arbitraire des initiatives individuelles et non d'interdire toute évolution intérieure. Zamenhof acceptait les néologismes mais selon des principes définis. Ces principes resteront intouchables jusqu'au jour où l'espéranto, reconnu officiellement, et la loi lui garantissant la sécurité contre tous caprices personnels, un comité international choisi par les gouvernements aura le droit d'apporter tous changements nécessaires.

2 - les 16 règles.

Les 16 règles du Fundamento constituent un cadre intérieur duquel il y a place pour une description de détail.

Règle 1 : il n'existe qu'un article, l'article défini un variable /A.

Règle 2 : le nom est caractérisé par la finale -O. Le pluriel est en-J. Le COD se marque en ajoutant-N au singulier et au pluriel.

Règle 3 : l'adjectif est caractérisé par la finale-A. Le pluriel est en-J.

Règle 4 : les adjectifs numéraux cardinaux sont invariables. Les dizaines se forment par combinaison des 10 premiers nombres. Les ordinaux s'obtiennent en ajoutant-A aux cardinaux.

Règle 5 : le pronom personnel sont mi,vi,li, ^si, ^gi, si, vi, ili, oni.

Règle 6 : le verbe ne change ni pour les personnes ni pour les nombres,-AS marque le présent de l'indicatif,-IS le passé,-OS le futur,-US le conditionnel,-U l'impératif subjonctif,-I l'infinitif.

Règle 7 : les adverbes dérivés se terminent en-E : bone : bien.

Règle 8 : toutes les prépositions veulent par elles-mêmes à la nomination.

Règle 9 : chaque mot se prononce comme il est écrit.

Régler 10 : l'accent tonique tombe sur l'avant-dernière syllabe.

Règle 11 : les mots composés s'obtiennent par la simple réunion des éléments qui les forment, l'élément principal se mettant à la fin.

Règle 12 : il n'y a qu'une seule négation par phrase négative.

Règle 13 : si le mot marque le lieu où l'on va, il se met à l'accusatif.

Règle 14 : chaque préposition possède un sens précis.

Règle 15 : les mots étrangers passent en espéranto en prenant l'orthographe et la flexion de l'espéranto.

Règle 16 : la finale-A de l'article et la finale-U du nom peuvent s'amuïr.

II les sons.

L'espéranto possède une orthographe proche de la représentation phonologique absolue puisque chaque graphème est mono valant, chaque signe correspond à un seul phonème. Le vocaliste repose sur les cinq voyelles a,e,i,o,u.

Le consonantisme est caractérisé par la série de sourdes s (s), c (ts), ^s (ch), ^c (tch) et de sonores : z (z), ^j (j), ô (dj).

Accentuation.

L'accent est fixe et tombe sur l'avant-dernière syllabe du mot.

III le mot.

Les espérantologues ont distingué pendant longtemps les racines, unités signifiantes constituant le lexique, les affixes unités non lexicales modifiant le sens de la racine, et les désinences ou terminaisons grammaticales.

Zamenhof concevait sa langue comme une combinaison d'unités de base irréductibles parmi lesquelles il n'introduisait aucune hiérarchie.

Les lexemes de l'espéranto sont-à plus de 75 % des langues latines, à 20 % des langues anglo germaniques, le reste comprenant des emprunts au grec, aux langues slaves, à l'hébreu, à l'arabe.

Comparé aux autres langues construites, le lexique fondamental de l'espéranto se compose d'emprunts en proportions assez équilibrées, bien qu'à dominance latine, aux familles indo-européennes.

Les lexemes de l'espéranto se caractérise par le monomorphisme, l'intégrité des emprunts.

Chapitre IV l'expression.

I tendances de l'évolution en espéranto.

Dès l'origine, Zamenhof s'était déclaré prêt à introduire des réformes assez profondes à l'espéranto, mais après la consultation de 1894 et la décisions du congrès de Boulogne sur l'intangibilité du Fundamento il devenait difficile de revenir en arrière. Pourtant en 1907, devant les intrigues qui se préparaient, il simplifia le mécanisme de la langue en abandonnant les consonnes accentuées, le h au profit du k ; l'accusatif ne serait pas obligatoire pour indiquer l'objet direct ; l'adjectif épithète pourrait rester invariable ; quatre affixes et trois prépositions nouvelles étaient proposées.

Le conservatisme des espérantistes provenait en partie du sentiment que leur langue constituait un tout composé d'éléments solidaires, doué de son propre génie et de sa propre personnalité.

Lorsqu'en 1908 les réformistes quittèrent l'espérantisme en créant l'ido par L. Couturat et L. de Beaufort, on peut dire qu'ils exprimaient une intention spécifique incompatible avec le génie de l'espéranto. Les quelque 40 projets dérivés de l'espéranto et de l'ido reflètent la tendance naturaliste et latinisante encline à abandonner le schématisme et à imiter les langues romanes.

À partir de 1908, l'espéranto entra dans une phase d'évolution interne tenant compte de la critique et de la pratique.

Depuis cette date, l'Académie de l'espéranto a pour tâche de conserver les principes fondamentaux de la langue et de contrôler son développement.

II les ressources expressives.

L'application de l'espéranto aux sciences exactes a enrichi le vocabulaire d'une terminologie scientifique.

En 1924, à Paris, 42 membres de l'Académie des sciences, convaincus que l'adoption de la langue auxiliaire espéranto dans les recherches internationales aurait des conséquences d'une immense portée au point de vue du progrès des sciences et de leurs applications, émirent le voeu que cette langue soit introduite dans les programmes des classes de sciences, retenue comme langue officielle dans les congrès internationaux, utilisée dans l'édition et les échanges scientifiques.

L'usage de l'espéranto comme langue littéraire ou artistique soulève des problèmes. Dès le début, les espérantistes se sont préoccupés de l'esthétique du langage.

La grande souplesse de la composition, la variété des combinaisons permettent de parler avec peu de mots.

Mais il s'est constitué un registre de doublets sur lequel il est permis de moduler des nuances.

Si le schématisme trop poussé paraît quelquefois lourd, il obtient souvent une concision et une densité que bien des langues sont obligées de diluer dans des périphrases.

Les possibilités combinatoires de l'espéranto allègent la phrase et peuvent en améliorer le rythme et la sonorité. La structure de l'espéranto favorise le développement des expressions adjectivales composées et l'usage de l'adverbe dérivé dont la densité déjoue les circonvolutions du français. L'espéranto excelle dans la métaphore radicale.

L'espéranto use avec bonheur du rythme, de la rime, de l'allitération et de l'assonance.

L'espéranto offre l'exemple d'un langage universel qui transcende pas vocation le particularisme intraduisible de chaque idiome tout en affirmant les siens, issus de son génie, et capables de constituer une esthétique moins relative et moins étroite que celles des langues naturelles.

Chapitre V la littérature.

L'espéranto ne s'est affirmé comme langue parlée qu'à mesure qu'il se développe comme langue écrite.

Plutôt que d'élaborer une grammaire détaillée, Zamenhof a préféré traduire, sur la base grammaticale du Fundamento, autant de chefs-d'oeuvre qu'il le pouvait. Pour lui, la traduction doit servir à élaborer la langue en la confrontant aux difficultés et aux finesses des langues naturelles.

I les traductions.

On évalue à au moins 10 000 les ouvrages traduits en espéranto. L'espérantiste a donc à sa disposition une sélection tout à fait représentative de la production littéraire de l'humanité. Pour faciliter l'accès au patrimoine littéraire des diverses nations, l'édition espérantiste offre à son public de nombreuses anthologies qui concentrent une foule de renseignements.

L'espéranto peut jouer le rôle de langue pont entre différentes cultures, le texte espéranto de Kon-Tiki a été le point de départ de plusieurs traductions.

II la littérature originale.

Depuis 1945 les floraisons d'écoles suscitant des émules sur les cinq continents attestent que la littérature en espéranto est entrée définitivement dans sa phase créatrice et a cessé d'être un terrain expérimental.

La première période de l'espéranto est constituée de nombreuses traductions de Zamenhof, Grabowski, Kofman. Zamenhof publie la Fundamento krestomatio qui sert de modèle stylistique en espéranto.

Deux tendances se font jour, la tendance slave s'efforce de donner à la langue une large liberté de style et de lui communiquer une grande souplesse. C'est la tendance représentée par le frère de Zamenhof Félix, Grabowski, chimiste polonais, Léo Belmont, journalistes polonais, Deujatnin, professeur de latin et de littérature russe.

L'instituteur russe Shirjaev fut l'initiateur de l'Encyclopédie d'espéranto pour laquelle il compila 2000 articles.

Cette période a vu une floraison de manuels, de dictionnaires et les premiers essais scientifiques sur la langue.

La deuxième période se traduit par une propagande qui insiste moins sur le ressort idéologique du mouvement que sur la possibilité pratique de la langue.

La préoccupation scientifique se généralise chez les théoriciens de l'espéranto. L'espérantologie naîtra avec Grosjean-Maupin et Eugen Wüster.

Sur le plan de la création littéraire l'école de Budapest, groupée autour de la revue Literatura mondo, a rassemblé une dizaine d'artistes qui définissent une province importante de la littérature originale en espéranto.

En France, le chansonnier montmartrois Raymond Schwartz dirige « le Chat vert » puis « les Trois lutins » cabarets espérantistes. Il écrivit un roman en espéranto « Annie et Montmartre ».

Après la seconde guerre mondiale, la continuité est assurée par les écrivains hongrois Ferenc Szlagyi, rédacteur de une à 155 à 1967 d'une revue littéraire Norda prismo ; Sandor Szathmari a écrit un recueil de nouvelles futuristes « le Monde des machines » en 1964.

Quatre poètes écossais occupent une place privilégiée dans la littérature espérantiste : Dinwoodie, Rossetti, J. Islay Francis et William Auld.

Cependant, plongée dans son propre esthétisme, l'Europe n'est plus seule à lancer les initiatives créatrices. Le chinois Xu Shengyue et le Coréen Dan Tirinaro ont marqué ce tournant dans l'histoire des lettres en espéranto qui représente aussi une avancée de l'espérantisme sur la voie de la mondialisation et la fin de la dominance occidentale sur le plan culturel.

Il existe trois types de motivation dans la littérature en espéranto. Pendant la phase militante, axée sur la propagande, l'intention des auteurs paraît de montrer en public que l'espéranto est une langue comme les autres. La deuxième motivation est liée à la phase expérimentale caractérisée par la recherche et le travail sur la langue. Enfin, l'outil élaboré est utilisé au service d'une expression originale et personnelle.

Chapitre VI le mouvement espérantiste.

La Movado (le mouvement) est le nom de la communauté espérantiste. En 1966, une proposition en faveur de l'espéranto déposée par l'Association Universelle d'Espéranto sur le bureau de l'ONU recueillit 920 954 signatures.

En 1988, 1300 scientifiques chinois et une centaine d'étrangers venus de 22 pays ont pris part à la deuxième conférence académique internationale sur les sciences et techniques en espéranto.

I l'organisation.

En 1988, il existait des associations espérantistes dans 169 pays. La plus importante des organisations internationales Universala Espéranto Asocio, dont le siège est à Rotterdam, contre 46 186 adhérents en 1987. Son but est de faciliter les échanges entre les peuples et de créer un lien de solidarité entre ses membres.

La Sennacieca Asocio Tutmonda fondée en 1921 par le Français Eugène Canti est une association à caractère anational qui s'est donné pour tâche de mettre l'espéranto au service des masses laborieuses en vue de leur émancipation.

Il existe des associations internationales spécialisées comme l'Universala artista, Ligo de espérantistoj pour les arts ; Tutmonda espéranta bibliotekista pour les bibliothèques ; Musika espéranto ligo pour la musique ; Filozofia asocio tutmonda pour la philosophie…

II les activités.

Les activités espérantistes sont essentiellement de contact et d'échange.

Les congrès de S.A.T. et de U.E.A. s'accompagnent d'une importante activité culturelle et artistique.

En 1987, la presse espérantiste comptait 200 titres. Sur les ondes, 13 stations dans 12 pays diffusent environ 2000 heures d'émission.

III l'enseignement de l'espéranto.

L'étude de l'espéranto restant facultative, elle se trouve généralement motivée, chez ses adeptes, par une commodité ou un idéal sensiblement au-dessus de la moyenne.

Il existe environ 2200 manuels publiés dans une cinquantaine de langues. La pédagogie de l'espéranto a souvent précédé de quelques décennies celles des autres langues.

Il est prouvé que l'espéranto est la seule langue ou compétence et performance peuvent s'acquérir rapidement. Un français apprend autant d'espéranto en 150 heures que d'anglais en 1500.

IV l'espérantisme et le public.

La finalité de l'espérantisme, répandre l'usage de l'espéranto dans les échanges internationaux, inspire des comportements variables dans un milieu fortement marqué par l'individualisme. Fait paradoxal, ce mouvement en faveur d'une langue universelle n'ambitionne pas réellement de devenir un mouvement de masse.

L'espérantisme a conscience de former une communauté originale, dotée d'une histoire et d'une culture, qui exprime sa solidarité autour d'un drapeau, d'un hymne, de symboles, de rassemblements et de manifestations traditionnelles.

C'est aussi une communauté d'élite, ne serait-ce que par son bilinguisme, mais aussi par sa volonté de compréhension et son habitude du dialogue et de l'échange avec l'étranger.

En 1985, l'Unesco enregistra une résolution invitant les Etats membres à promouvoir l'introduction d'un programme d'études sur les problèmes des langues et sur l'espéranto dans leurs écoles et leurs établissements d'enseignement supérieur.

À l'échelon politique, les grandes puissances actuelles s'obstinent à pratiquer une hégémonie linguistique que le temps déjoue. À l'échelon social, la classe dirigeante prenne plus de langue commune puisse jamais unir la classe dirigée. Mais l'obstacle le plus profond est d'ordre psychologique. Celui qui étudie une langue vivante identifie plus ou moins consciemment au peuple qui le parle. Or cette identification est pratiquement impossible avec les langues construites. Mais l'espéranto est indissolublement lié à incertain idéal de communication. Il symbolise la négation de toutes les divisions et de toutes les incompréhensions ; il matérialise l'aspiration à l'universalité et à la réconciliation. L'espéranto subsistera aussi longtemps que l'humanité rêvera de fraternité et de paix.

Conclusion.

L'espéranto est sorti du milieu intellectuel et social où il est né pour s'implanter dans les couches modestes de la société, et c'est le soutien des classes populaires qui lui a assuré sa survie.

À cause de son nom, l'espéranto s'associe aux espoirs conscients et inconscients de l'humanité.

Mais il ne suffit pas que l'espéranto fonctionne pour qu'il se répand : développement est lié à trop de facteurs psychologiques, sociaux, politiques pour ne pas être perpétuellement freiné et pour pouvoir progresser régulièrement dans tous les pays.

En définissant l'espéranto comme « le latin de la démocratie des temps modernes », les pionniers de l'espérantisme avaient la conviction que, tôt ou tard, les hommes libres auraient besoin d'un langage commun.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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07 janvier 2015

Merci Charlie

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29 décembre 2014

La conscience de soi est-elle une connaissance de soi ?

La conscience de soi est-elle une connaissance de soi ?

 

Conscience signifie avec connaissance.

La conscience va de pair avec la connaissance.

La connaissance que j'ai de mes actes constitue la conscience.

La conscience que je prends de ce qui n'est pas moi, c'est la conscience d'objet.

Objet signifie ce qui est placé devant un sujet.

La conscience que je prends de moi-même, c'est la conscience de soi.

La conscience que j'ai d'une responsabilité c'est la conscience que je prends de ce qu'il faut faire. C'est la conscience morale.

La conscience d'objet et la conscience de soi sont la conscience théorique.

La conscience morale, c'est la conscience pratique.

Ce que l'on prétend connaître doit être accessible.

Il faut que je pense quelque chose de quelque chose. Il faut que j'aie une opinion sur cette chose. Il faut que ce quelque chose que je pense soit vrai.

Ce que je pense de la chose doit être conforme à ce qu'elle est.

Il faut que je puisse justifier la vérité de ce que je sais.

C'est le fait que je puisse expliquer qui permet de passer du savoir à la connaissance.

Il faut être capable de définir l'objet connu. Produire une idée générale. C'est le fait de définir la chose qui permet de dire que notre connaissance de la chose est conforme à la chose.

Pour se connaître, il faut avoir accès à soi, être capable de formuler une thèse sur soi, il faut que ce que l'on pense de soi soit vrai, il faut être capable de justifier ce que l'on connaît de soi.

Lorsque la philosophie commença à vouloir mettre en pratique la prescription du temple de Delphes : « connais-toi toi-même », il ne s'agissait pas d'un soi entendu comme sujet (je) ou comme conscience. La notion de conscience de soi n'existait pas encore. Personne ne sait qui a dit : « connais-toi toi-même ».

Socrate a été le premier à en donner une interprétation philosophique mais il n'en est pas l'auteur.

« Prométhée enchaîné » d'Eschyle évoque le « connaîs-toi toi-même » avant Socrate.

Eschyle raconte l'élimination de Cronos par Zeus. S'ensuit une guerre entre Zeus et les titans. Prométhée conseille aux titans de ne pas user de la force mais de la ruse. Les titans ne l'écoutent pas.

Voyant que la force va finir par vaincre, Prométhée se met du côté de Zeus.

Mais Zeus veut se débarrasser de l'espèce humaine et veut créer une nouvelle espèce.

Prométhée n'est pas d'accord et vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Le feu est le symbole de la connaissance et de la maîtrise technique, laquelle permettra aux hommes de survivre dans la nature.

Prométhée contrarie le projet de Zeus. Zeus fait arrêter Prométhée et l'enchaîne sur un rocher aux confins de la terre.

Océan (un titan) avance vers Prométhée et lui donne un conseil : « Prométhée, je vais même te donner un conseil qui convienne ici, si avisé que tu sois : « connais-toi toi-même, et l'adoptant aux faits prends de façons nouvelles, puisque un nouveau commande chez les dieux (le nouveau c'est Zeus).

Le connais-toi toi-même d'Eschyle est un message de modération et d'humilité.

Il ne faut pas vouloir quelque chose au-dessus de notre condition. Il faut agir en accord avec la hiérarchie. Cela signifie connaît-toi toi-même et laisse le monde aux dieux.

C'est une interprétation pré-philosophique du « connais-toi toi-même » qui définit la limitation de soi : sache ce qui te revient à toi.

L'interprétation philosophique de Socrate signifie : étudie-toi et parviens à une connaissance de ton être, de ton essence. Cela signifie : définis-toi toi-même.

Socrate dit aussi : examine ton savoir et rends-toi compte que tu ne sais pas ce que tu prétends pourtant savoir. C'est la connaissance de mon ignorance. C'est une réflexion critique de son propre savoir.

Celui qui sait mène une réflexion critique sur son propre savoir. C'est donc la définition de la conscience.

Saint-Augustin : « pourquoi dès lors faire un devoir à l'âme de se connaître ? C'est, je crois, pour l'inviter à se penser elle-même ».

Pour lui la connaissance de soi, c'est la pensée de soi sur soi-même.

La conscience de soi me permet de dire que je suis.

La connaissance de soi requiert la conscience de soi. Quelqu'un est conscient dès lors que celui qui pense a conscience que celui qui pensait hier est le même que celui qui pense aujourd'hui.

C'est la définition de la conscience par Locke.

Aristote dit : « apprendre à se connaître est très difficile, nous ne pouvons pas nous contempler nous-mêmes à partir de nous-mêmes aveuglés que nous sommes pour beaucoup d'entre nous, aveuglés par l'indulgence et la passion qui nous empêchent de nous juger correctement ».

À trop vouloir se regarder soi-même on finit par ne plus se connaître et même par disparaître comme Narcisse.

Aristote dit que la connaissance de soi n'est possible que par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre, un ami qui est un autre soi-même.

Pour se connaître soi-même, il faut avoir du recul sur soi. Il faut être à la fois celui qui regarde (le sujet) et celui qui est regardé (l'objet).

Emmanuel Kant : « je n'ai donc aucune connaissance de moi tel que je suis, mais je me connais simplement tel que j'apparais à moi-même ».

Ce que l'on connaît de soi c'est le moi empirique (mes habitudes), mes pensées.

L'objectivité porte sur celui qui est vu mais pas sur celui qui regarde.

Freud dit que : « le moi n'est pas le maître dans sa maison ». Le moi ne gouverne pas l'inconscient.

Marx pense que la conscience est constituée par la société.

Nous pensons d'une certaine façon selon notre condition sociale.

Notre pensée ne nous revient pas en soi.

Nietzsche dit que la conscience est la plus petite partie et la plus mauvaise de ce qu'est un homme.

Dans « je me connais » le « je » est lui-même inconnaissable.

On ne connaît que le « me » qui est le moi empirique. Mais le moi est agi par l'inconscient, la classe sociale ou la religion.

Le soi à connaître peut-il être un objet ? Non car il est toujours en devenir.

Pindare dit : « deviens ce que tu es » donc le soi se conquiert sans cesse dans le temps.

Donc on ne peut pas connaître le soi objectivement. La seule connaissance possible de soi ne peut-être objective. L'humain est indéfinissable.

 

 

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