Humanisme : le Contrat social

23 août 2017

Nuit noire, étoiles mortes (Stephen King)

 

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Nuit noire, étoiles mortes (Stephen King)

1922

A Omaha, dans le Nebraska, Wilfred Leland James écrivait sa confession, en juin 1922. Il avait assassiné sa femme Arlette Christine Winters James et avait jeté son corps dans un vieux puits. Son fils Henry l’avait aidé alors qu’il n’avait que 14 ans. Wilfred l’y avait amené par la persuasion. Le mobile du crime était 100 arpents de terre à Hemingford Home au Nebraska. Arlette avait hérité de ces terres par son père.

Wilfred voulait ajouter ces terres à sa propriété agricole mais sa femme voulait les vendre.

De plus, Arlette voulait vendre la ferme pour déménager à Omaha  ou Saint-Louis pour ouvrir une boutique. Wilfred refusa.

Il pensait que les villes étaient faites pour les imbéciles.

Henry aimait la terre et n’avait pas envie d’aller à Omaha  mais accepterait de partir si ses parents tombaient d’accord. Wilfred avait pensé à aller en justice mais il en était venu à haïr sa femme et a souhaité sa mort. Il avait proposé à Arlette de retourner chez sa mère mais elle ne voulait pas laisser les terres de son père à son mari.

Il avait pourtant proposé de les lui acheter. Elle refusa d’être payée par traites. Elle voulait vendre ses terres à Farrington qui paierait en une seule fois. De plus, elle voulait partir avec Henry. Alors Wilfred commença à « travailler » son fils en lui racontant le projet d’Arlette.

Il lui expliqua que s’il partait pour la ville avec sa mère, il perdrait ses amis et ses nouveaux camarades le traiteraient de bouseux. Henry décida de rester avec son père et pleura. Il ne comprenait pas que sa mère soit aussi « chienne ».

Wilfred demanda à sa femme de lui laisser du temps pour réfléchir et elle accepta. Puis il passa deux mois à travailler Henry pour l’habituer à ce que pourrait être sa vie en ville.

Il lui raconta que sa mère pourrait l’obliger à aller à Chicago où il serait au lycée avec des « négros ». Henri devint dur avec sa mère et elle le lui rendit.

En juin 1922, Wilfred annonça à sa femme qu’il avait décidé de garder les terres. Elle prit conseil auprès d’un avocat. Elle se fit avancer l’argent par Farrington. Alors Wilfred dit à son fils que la vie n’était jamais juste et qu’il y avait des fois ou la seule chose à faire était de prendre ce qui nous revenait même si quelqu’un devait mourir.

Henry en fut effrayé. Il aimait sa mère et pleura. Il implora son père de ne pas la tuer. Mais quand il demanda à sa mère d’abandonner son projet, elle le gifla.

Elle lui dit qu’il avait été contaminé par son père avec sa timidité et sa cupidité. De plus, elle lui dit qu’elle laisserait avec son père à renifler du cochon grillé (Farrington élevait des cochons) et à se débrouiller pour la cuisine.

La gifle avait signé l’arrêt de mort d’Arlette. Mais deux jours plus tard, Henry avait fléchi. Il avait pensé à ce qu’il entendait aux jeunesses méthodistes. Si sa mère mourait dans l’erreur, elle irait en enfer. Wilfred le convainquit du contraire. Puis il le ramena à la peur de la vie citadine en lui expliquant qu’une fois en ville, il commencerait à creuser sa propre fosse. Alors Henry voulut savoir s’il pourrait rester dans la ferme et si sa mère ne souffrirait pas. Wilfred le rassura.

Ils se décidèrent à tuer Arlette un samedi soir. Wilfred lui servit un verre de vin et lui fit croire qu’il acceptait de vendre les terres et la ferme. Elle avait vu qu’il complotait avec Henry et Wilfred lui fit croire qu’ils parlaient d’Omaha. Il lui versa un deuxième verre. Il lui dit qu’ Henry  l’avait convaincu qu’il valait mieux essayer d’être heureux en ville plutôt que de rester tout seuls à la ferme et misérables à tous les coups. Elle but un troisième verre et lui proposa une chose dégoûtante pour cette nuit. Arlette termina la bouteille. Il alla chercher Henry qui lui dit qu’il ne voulait plus aller au bout de leur projet car c’était sa maman mais en entendant sa mère chanter une chanson paillarde, son âme méthodiste en fut choquée.

Wilfred lui dit qu’Arlette voulait lui offrir un verre de vin. Henry avait promis au Seigneur de ne jamais boire. Arlette buvait encore et rotait. Elle chambrait Henry qui avait le béguin pour une fille, Shannon. Elle leva un verre à la santé de Shannon et de ses nénés tout neufs. Elle dit que si son fils n’avait pas vu la couleur des tétons de Shannon, c’était un empoté. Elle conseilla de frotter son goupillon partout sur Shannon mais de rester en dehors du berceau des familles. Dégoûté, Henry partit. Arlette dit que les sentiments et la décence étaient les derniers recours des faibles. Elle but deux bouteilles et demie et s’endormit. Alors Wilfred la coucha. Henry sortit de sa chambre. Il en voulait à sa mère d’avoir sali Shannon. Alors Wilfred  lui demanda de l’aider. Il accepta en pleurant à condition de ne pas regarder. Wilfrid lui fit chercher un sac en toile de jute. Ils allèrent dans la chambre d’Arlette. Henry dit au revoir à sa mère et lui enfila sur la tête.

Il maintint sa mère qui cherchait à se dégager. Wilfred lui trancha la gorge. Arlette hurla et se débattit. Henri s’éloigna du lit en poussant cri. Wilfred la poignarda cinq fois mais elle bougeait encore alors Henry le supplia de la faire taire. Wilfred trancha encore la gorge d’Arlette et Henry s’évanouit. Elle finit par mourir et alors Wilfred demanda de l’aide à son fils. Ils l’enroulèrent dans la courtepointe. Puis Wilfred voyant le sang empourprer la courtepointe enroula sa femme dans une couverture matelassée. Ils la portèrent jusqu’au puits. Henry dit que ce n’était pas une tombe pour sa maman et il s’évanouit.

Wilfred jeta sa femme dans le puits. Il vomit et pensa à ces mots : « faites entrer les clowns du rodéo ». Ces mots l’accompagneraient chaque nuit pendant huit ans. Henry se réveilla et courut en riant. Alors Wilfred le rattrapa et le gifla. Henry avait ri car il se croyait soulagé. Henry demanda s’il pourrait continuer à voir Shannon. Wilfred lui répondit oui à condition de ne rien lui confesser.

Il répondit que personne ne devrait jamais savoir ce qu’ils avaient fait. Il eut eu peur qu’elle vienne les hanter. Wilfred voulut le rassurer sur ce sujet mais il se trompait.

Wilfred  rabattit le couvercle du puits et  lessiva le plancher avec son fils jusqu’à l’aube.

Henry ne voulait pas aller à l’école car il était fatigué et ne souhaitait pas que Shannon le voie ainsi. Wilfred accepta. Il n’aura qu’à dire à la maîtresse qu’il avait la grippe. Wilfred jeta les draps ensanglantés au puits. Il vit qu’Arlette avait atterri en position assise. Alors il jeta le matelas pour la recouvrir.

Ensuite, il fit à manger pour lui et pour Henry. L’après-midi, Henry dormit et Wilfred marcha dans le champ de maïs en élaborant un plan.

Il songea à la société Farrington qui réclamerait les terres. Ca sentait le danger.

Henry dormit beaucoup les semaines suivantes. Wilfred comprit qu’il avait gâché le passe-temps de son fils. Il n’irait plus voir Shannon  pour se promener avec elle aussi souvent.

Wilfred remplit une valise avec les vêtements de sa femme et jeta le tout au puits. Il eut une vision d’horreur, des rats étaient en train de manger  Arlette. Il s’assit pour se ressaisir.

Il croyait qu’Arlette vivait encore et avait senti les rats la dévorer. Puis Henry arriva ett dit qu’il aurait aimé qu’ils n’aient rien fait. Il avait peur d’aller en prison ou d’être pendu. Son père voulut le rassurer en disant qu’il avait un plan. Mais il avait déjà un plan pour que Arlette ne souffre pas qui avait échoué alors Henry ne le croyait plus.

Henry s’excusa et reconnut qu’ils étaient ensemble dans cette histoire. Il demanda quand qu’ils allaient combler le puits. Wilfred voulait attendre.

Deux jours plus tard, Lars Olson qui était le forgeron, le laitier et occasionnellement le chauffeur d’Hemingford Home arriva chez Wilfred avec un certain Andrew Lester. Lester était un avoué mandaté par Farrington. Wilfred refusa de lui serrer la main. Il refusa aussi de l’inviter chez lui pour boire un verre alors Lester se contenta de boire l’eau que Lars alla tirer de la pompe. Lester était venu chercher Arlette. Wilfred dit qu’elle avait décampé.

Lester dit que Arlette n’avait encore rien signé mais que quand elle ferait, il serait inutile que Wilfred engage des frais de procédure car il serait assuré de perdre. Lester ne croyait pas à la disparition d’Arlette et voulut inspecter la maison mais Wilfred refusa. Puis Wilfred appela son fils pour lui demander où était Arlette et Henry dit qu’il ne savait pas.

Il ajouta qu’elle était partie avec sa valise.

Lester s’en alla  en disant que les choses n’en resteraient pas là. Si Wilfred avait le malheur de cultiver les terres de sa femme, il se retrouverait au tribunal. Henry demanda quand ils combleraient le puits et Wilfred voulut encore attendre. Le shérif n’était pas idiot et s’il venait et voyait le puits fraîchement comblé, il aurait des soupçons. Le lendemain, Shannon vint chercher  Henry et l’emmena manger chez elle.

Quand il revint, il avait appliqué la stratégie de son père. Il avait raconté un mensonge à Shannon pour qu’elle le répète à ses parents et que ses parents le répètent au shérif. Henri regrettait ce que lui et son père avaient fait.

Alors il demanda un verre de bière. Wilfred fut surpris mais accepta. Il surprit son fils en pleine nuit à l’étable parlant à la vache et pleurant.

Deux jours après la visite de Lester, Wilfred décida de tuer Elphie, sa plus vieille vache qu’il n’avait pas les moyens de faire abattre. Il la fit monter sur le couvercle du puits avec un harnais et le couvercle céda.

La vache tomba dans le puits. Puis Wilfred prit sa 22 long rifle ET ACHEVA ELPHIE. Il vit qu’Arlette était encore attaquée par les rats. Il pensa que rien ne pourrait jamais être pire. Il croyait avoir atteint le summum de l’horreur.

Puis il combla le puits. Henry le rejoignit alors Wilfred lui demanda de prendre la camionnette pour aller chercher de la terre et des pierres. Le shérif arriva quand ils venaient de finir de combler le puits. Wilfred lui expliqua qu’une de ses vaches était tombée dans le puits. LESTER AVAIT envoyé le shérif  chez Wilfred. Il voulait l’envoyer avec un mandat de perquisition mais le shérif avait refusé parce qu’il pensait ne pas en avoir besoin. Wilfred accepta que le shérif fouille la maison. Wilfred dit qu’Arlette avait emporté quelques vêtements dans une valise et Henry précisa qu’elle avait aussi emmené des bijoux et une photo de ses parents. Il dit que sa mère voulait ouvrir une boutique en ville. Le shérif rétorqua qu’il fallait de l’argent pour ça.

Mais Wilfred évoqua les arpents de terre dont elle avait hérité. Le shérif demanda à Henry s’il était content que sa mère soit partie mais Henry pleura et le shérif le conforta.

Le shérif était allé chez les Cotterie. Il avait interrogé Shannon. Shannon avait répété ce que Henry lui avait confié. Il lui avait dit que ses parents s’étaient disputés au sujet des terres et qu’Henry s’était rangé du côté de son père alors sa mère l’avait giflé.

Wilfred ajouta qu’Arlette avait bu mais pas au point d’être complètement saoul sinon elle aurait dormi et n’aurait pas fui avec sa valise pendant la nuit.

Wilfred mentit en disant que sa femme avait emmené 180  dollars qu’il gardait dans une boîte pour payer les moissonneurs. Wilfred proposa au shérif de regarder le puits mais celui -ci refusa car il était pressé.

Il devait voir le juge. Il proposa à Wilfred de signaler Arlette pour qu’on la recherche mais Wilfred hésita. Le shérif insista alors Wilfrd promit d’y réfléchir.

Le puits n’était pas tout à fait comblé et un rat en sortit avec un lambeau de toile de de jute taché de sang. Henry tua le rat avec  sa pelle.

Ils finirent de combler le puits et mangèrent comme quatre ouvriers agricoles le soir.

La nuit, alors que Wilfred lisait Silas Marner de George Eliott, Henry vint voir son père pour lui dire que sa mère l’obligeait à faire sa prière. Désormais, il ne pourrait plus prier, de peur d’être foudroyé par dieu. Il ferait tout ce qu’il pourrait pour ne pas être découvert et condamné.

Sallie Cotterie avait laissé une marmite et un mot pour rassurer Wilfred au sujet du prêt de la moissonneuse. Le shérif les avait mis au courant. Puis, ce fut un bon été. Harlan Cotterie vint aider Wilfrid à moissonner. La société Farrington ne s’était pas manifestée. Wilfred avait pu rembourser son prêt à la banque grâce à ses bonnes récoltes.

Lester était revenu deux fois. Il voulait savoir si Arlette avait eu un accident ou avait été victime d’un bandit de grand chemin. Lester croyait qu’Arlette avait eu un accident à la ferme. Il dit à Wilfred dit qu’il savait ce qu’il avait fait et qu’il pourrait le prouver.

Alors Henry arriva avec sa faucille et menaça Lester qui s’en alla.

Shannon venait chaque mardi et chaque jeudi après-midi. Elle leur faisait la cuisine. Elle trouvait qu’Henry avait changé. Elle le trouvait sombre. Elle avait peur qu’il la trompe avec une autre.

Wilfred la rassurera. Il lui dit qu’Henry était triste car sa mère lui manquait et que le travail l’épuisait.

Elle trouvait qu’Henry était souvent pensif même quand il l’embrassait. Elle fit promettre à Wilfred de ne pas répéter ce qu’elle avait dit sur Henry. Wilfred promit.

Un soir d’août, Wilfred fut réveillé par le meuglement d’une vache. Il prit sa 22 long rifle et il alla voir. C’était un rat qui avait arraché l’un des pies de la pauvre Achéloïs. Wilfred le chassa mais ne réussit pas à le tuer.

Le rat avait laissé derrière lui une odeur de décomposition et Wilfred vomit. Après quoi, il  passa du baume antiseptique sur les pies d’Achéloïs.

Puis il boucha la canalisation menant au puits par laquelle le rat était sorti.

Le lendemain, Wilfred envoya Henry faire les courses.

Henry était ravi. Il demanda l’autorisation d’emmener Shannon avec lui mais Wilfred lui dit que c’était aux parents de Shannon qu’il devait le demander. Wilfred avait éloigné Henry de la ferme car il voulait lui épargner la vision de ce qu’ il allait faire.

Wilfred boucha la canalisation des rats avec du ciment. Shannon elle était enceinte. Sa mère le découvrit en septembre quand sa fille se prélassait dans la salle de bains.

Deux jours plus tard, Henry fut refoulé de chez les Cotterie. Henry avait compris que Shannon était enceinte et il voulait se marier avec elle mais Wilfred refusa.

Il n’avait pas d’argent pour les aider à démarrer dans la vie.

Alors Henry lui reprocha d’avoir tué sa mère car elle aurait pu lui donner de l’argent. Mais Wilfred lui rappela ce qu’Arlette avait dit de Shannon et les derniers conseils qu’elle avait prodigués à son fils. Alors Wilfred dit à son fils qu’il ferait de son mieux pour l’aider.

Harlan Cotterie arriva. Wilfried il l’avait toujours considéré comme un ami mais à ce moment-là il le détestait avec son argent ; sa femme docile et sa réussite.

Harlan était en colère et voulut s’expliquer avec Wilfred. Pourtant il ne pouvait en vouloir à Shannon et à Henry  car ça n’étaient que des gosses et ne pouvait pas en vouloir à Wilfrid car Arlette n’était plus là et il se doutait que Wilfried avait relâché son attention depuis.

Alors Wilfred dit qu’Henry voulait épouser Shannon et donner un nom au bébé.

Mais Harlan trouva ça ridicule car Wilfred et ne pouvait les aider.

Shannon était une élève brillante et sa mère voulait l’envoyer à l’école normale d’Omaha.

Tout était arrangé. Mais serait Shannon d’abord envoyée au foyer catholique de jeunes filles Saint-Eusèbe à Omaha. Ensuite, son enfant serait donné à l’adoption.

Ensuite, Shannon pourrait aller à l’école normale et devenir professeur. Harlan voulait que Wilfred paye au moins la préceptrice de Shannon. Ça lui coûterait 75 $.

Wilfrid lui demanda ce qui se passerait au cas où il ne pourrait pas payer. Alors Harlan répondit que ce serait fini entre eux. Wilfried proposa d’aller chercher son fils mais Harlan refusa car il estimait qu’Henry avait sali sa fille il serait capable de l’ assommer.

Henry attendit que Harlan s’en aille pour revenir. Il avait tout entendu. Wilfred lui dit que s’il tentait de fuir avec Shannon, Henry perdrait le respect de son père.

Henry lui  rétorqua qu’il ne connaissait rien au respect car il n’avait pas été capable de trancher une gorge sans tout cochonner.

Wilfred en resta sans voix.

Wilfred pensait qu’Arlette avait caché de l’argent et il fouilla partout.

Il trouva 40 $ glissés sous la bande intérieure d’un chapeau de sa femme.

Ces deux billets de 20 $ scellèrent  sa damnation.

Il avait déjà perdu son fils à ce moment-là. Il en voulait à Arlette.

Il pensait qu’elle avait laissé les 40 $ pour qu’il les trouve. C’étaient les 35 $ qui manquaient pour payer Harlan qui causèrent la perte de Wilfred. Il demanda les 35 $ à la banque et expliqua  à Henry pourquoi il demandait ce prêt. Il demanda à Henry de l’aider à rembourser le prêt avec son argent de poche. Henry n’eut qu’un petit grognement bourru.

Alors Wilfrid lui réclama une petite bise. Henry  lui donna. Ce fut sa dernière.

Stoppenhauser, le banquier, proposa un Wilfrid 750 $ au lieu des 35 qu’il était venu demander. Wilfried était tenté mais il voulut d’abord en parler à Henry. En sortant de la banque, Wilfred remarqua qu’Henry avait pris sa camionnette il  avait laissé la Ford T en échange.

A l’intérieur, il avait laissé un mot. Henry lui annonçait qu’il partait avec Shannon et qu’il raconterait tout si Wilfred le faisait rechercher.

Mais Wilfred savait que sans argent, son fils se ferait prendre. Sœur Camille, la directrice du foyer catholique avait sûrement reçu par Harlan le signalement d’Henry.

Alors Wilfred sentit que la chaise électrique devenait une éventualité réelle car Henri penserait que son père l’avait fait rechercher s’ il était arrêté..

Trois jours plus tard, Mme Mc Ready, l’institutrice vint voir Wilfred pour prendre des nouvelles d’ Henry car ne le voyant pas à l’école elle croyait malade.

Alors Wilfred lui dit Henry avait fui et pleura. L’institutrice connaissait les ennuis d’Henry et elle pleura aussi. Elle lui conseilla de se méfier d’ Harlan car elle trouvait dur et intransigeant.

Wilfred lui demanda de ne rien dire sur la fuite d’ Henry. Elle lui dit que dieu prendrait soin de Henry est et de Shannon qui faisaient un bien joli couple.

Elle en avait parlé au passé. Le lendemain, le shérif vint ramener la camionnette avec Lars Olsen. Le shérif ordonna à Olsen de l’attendre dans sa voiture.

Le shérif voulait avoir une conversation privée avec Wilfred. La camionnette avait été retrouvée à l’Est de Lyme Biska mais sans Henry.

Heureusement Henry avait arraché l’herbe sous la camionnette avant de fuir pour éviter que le pot d’échappement mette le feu à la prairie sinon il n’aurait pas pu échapper à la prison.

Le shérif était venu avec Olsen car ce dernier était ami avec Harlan et tous les deux en avaient après Wilfred.

Le shérif ne comprenait pas pourquoi Wilfred n’avait pas prévenu Harlan que son fils ferait tout pour voir Shannon et d’ouvrir l’oeil.

Cela donne une idée à Wilfred. Il prétendit qu’Henry était parti chercher sa mère et qu’Arlette avait peut-être contacté son fils. Le shérif conseilla à Wilfred de dire à Henry de ne pas chercher à approcher Shannon s’il se manifestait car elle refuserait de le voir.

Mais l’épicerie et pompe à éthyle de Lyne Biska avait été cambriolée. C’était un jeune type armé d’un pied-de-biche qui avait fait le coup.

Le shérif soupçonnait Henry. Wilfred voulut le disculper en disant que le signalement du cambrioleur ne correspondait pas avec les vêtements que portait Henry le jour où il était parti.

Wilfred lui conseilla d’arrêter là car il savait qu’il était ami avec Harlan et il savait que le shérif comprendrait le message.

Le shérif en resta donc là mais dit que la police d’ Omaha surveillait le foyer de Shannon au cas où. Si Henry revenait en disant avoir vu sa mère, Wilfred devrait en avertir le shérif car Alette était inscrite au fichier des personnes disparues.

Une fois le shérif parti, Wilfred chercha à se persuader que son Henry n’aurait jamais pu cambrioler un magasin mais il savait que son fils était différent maintenant.

Il savait qu’Henry recommencerait et se ferait attraper et alors toute l’affaire risquerait de s’ébruiter.

Les jours suivants, Wilfred resta chez lui à se morfondre à cause de la pluie. Il imaginait qu’Arlette était encore consciente d’une certaine manière et prenait plaisir à la tournure qu’avaient pris les événements.

Une semaine après la venue du shérif, Wilfried crut voir Arlette et hurla. Il sentait les doigts d’Arlette lui tapoter la tête mais c’était la pluie qui tombait du plafond.

Alors, Wilfred but du whisky pour se requinquer. Le lendemain, il contracta une hypothèque pour 750 $.

Henry acheta un revolver à Omaha avec l’argent qu’il avait volé à la vieille dame qui tenait une pompe à éthyle. Le lendemain, il cambriola la Banque agricole d’Amérique d’Omaha. Il ne récolta que 200 $. Wilfred prit 200 $ à la banque de Stoppenhauser et acheta ce qu’il lui fallait à la quincaillerie, à la scierie et à l’épicerie.

Il lui restait 160 $ qu’il cacha dans un chapeau d’Arlette.

Mais un rat s’était caché derrière la boîte et mordit Wilfred.

Il l’écrasa avec son pied. C’était le rat qui avait agressé Achéloïs. Ensuite, il se rendit à l’étable pour s’enduire la main blessée de baume. Puis il retourna dans sa chambre pour cacher l’argent sous la commode. Après quoi, il alla dans la cuisine et versa de l’eau bouillante sur un chiffon pour nettoyer l’endroit où il avait écrasé le rat.

Puis il retourna à l’étable pour remettre du baume sur sa blessure. Il trouva des médicaments anti-douleur et les avala avec du whisky. Alors, il s’endormit.

Le lendemain, il se réveilla avec une main qui avait doublé de volume. Alors il la banda.

Il aurait dû voir un médecin mais il n’aurait pas pu démarrer la voiture avec une seule main et la neige rendait la route impraticable.

Il reprit de la morphine mais avec de l’eau cette fois. Il espérait que Henry reviendrait mais c’est Alette qui vint. Elle apparut dans la galerie avec des rats. Elle entra dans la cuisine. Elle dégageait une odeur suffocante. Puis elle se pencha sur lui chuchota des secrets. Wilfred hurla.

Elle lui raconta à ce qu’avait fait Henry. Après s’être enfui de la Banque agricole, Henry se planqua. Arlette montra àcabane où s’était terré Henry. Il s’était acheté un vélo. C’était dans les faubourgs d’Omaha. Une semaine après le cambriolage de la banque, il alla à Omaha. Il localisa le foyer catholique sans s’en approcher. Il chercha une confiserie présumant que les filles du foyer s’y rendraient dès qu'elles en auraient l’occasion.

Il la trouva et se posta à  l’extérieur. Il attendit la venue d’une fille de ce foyer qui serait plus aventureuse, une fumeuse. Le troisième après-midi d’attente, Henry la trouva. Elle s’appelait Victoria. Wilfred la retrouva des années après. Henry lui proposa une cigarette.

Elle devina qu’il était le petit ami de Shannon. Elle lui dit que les flics avaient son signalement. Henry le proposa 2 dollars si elle acceptait de donner un message à Shannon. Elle accepta alors Henry lui en donne à 2 de de plus pour qu’elle ne dise pas un mot de tout ça. Arlette dit à Wilfred ce que contenait le mot. Henry annonçait à Shannon qu’il l’attendrait pendant deux semaines de minuit à l’aube derrière son foyer. Si elle ne venait pas, il en conclurait que c’était fini et rentrerait chez lui.

Shannon confia sa réponse à Victoria.

Victoria donna la réponse trois jours plus tard à Henry. Shannon lui donnait rendez-vous.

Henry cambriola la première banque nationale d’Omaha. Son butin était de 800 $. Il tira sur le gardien et le blessa. Puis Henry vola une Ford :

Shannon  y monta et ils s’enfuirent vers l’ouest.

La presse les surnomma les amoureux hors la loi. Wilfred lut les articles bien après. La Ford creva dans la région des Sand Hills du Nebraska.

Deux hommes attaquèrent Henry quand il changeait la roue. Alors Henry fut obligé de voler un fermier. Il y prit son argent et sa voiture.  Henry laissa la voiture près du dépôt ferroviaire de Mc Cook avec un mot laissé sur le siège. Il disait au fermier qu’il lui rendait sa voiture et qu’il le rembourserait dès que possible. Il avait signé « les amants hors la loi ».

Henry braqua une banque à Arapahor dans le Colorado. Il récolta 100 $. Il avait aussi volé une autre voiture. Le lendemain, Henry récolta 400 $ dans une autre banque. Une semaine plus tard, Henry et Shannon prirent le train pour San Francisco à Colorado Springs.

Il s’arrêtèrent à Grand Junction qui cambriolèrent une banque puis une autre à Ogden.

Là, Henri tua un homme en lui tirant dans la poitrine. A Deeth, dans le Nevada, homme les reconnut dans un restaurant. Il pointa un pistolet sur eux mais Henry se leva pour lui demander de les laisser partir. Mais l’homme tira. Seulement le pistolet était si vieux que le coup ne partit pas.

Henry paya le repas qu’il avait pris avec Shannon et il s’en allèrent. Mais l’homme reprit son pistolet et appuya à nouveau et il blessa  Shannon. Alors Henry la porta dans sa voiture et roula vers Elko. Il eut un accident et cala la dans le fossé.

Henry pensa à ce qu’il avait fait avec son père et où cela l’avait conduit. Shannon voulut que Henry la pose par terre. Il la posa dans un refuge de cow-boys et. Shannon et son bébé moururent.

Quand Arlette raconta tout cela à Wilfred, il voulut qu’elle le tue mais elle refusa. C’était sa vengeance.

Deux jours plus tard, le shérif arriva. Il emmena Wilfred dans sa voiture. Wilfrid ne put parler normalement. Il  réussit à dire qu’Arlette était morte et que son fils avait fui avec Shannon. Il se réveilla le 2 décembre. Les journaux titraient : « les amoureux hors la loi échappent à la police d’Elko ».

Personne ne savait encore, A part Arlette et Wilfred. Le médecin amputa  la main gauche de Wilfred. Le shérif Jones vint le voir à l’hôpital pour lui dire qu’il compatissait de sa perte. Sans Arlette, il ne serait jamais venu. Wilfred lui posa  une question rhétorique : « je l’ai tuée, dites-moi ? ». Car c’est sa mère qui lui avait transmis l’habitude de transformer des affirmations en questions rhétoriques et c’est ce qui le sauva de la chaise électrique.

Wilfrid termina de rédiger sa confession. Le shérif était venu lui dire que le corps d’Arlette avait été retrouvé par un fermier près de Lyme Biska. Des coyotes se la disputaient et le fermier les chassa. Le shérif en avait conclu qu’Arlette avait été attaquée sur la route pour ses bijoux et ses dollars. On avait laissé son corps loin de la route. Après le départ du shérif, Wilfred se mit à rire.

Le shérif s’était trompé. Le corps qui avait été trouvé était celui d’une vagabonde qui portait des souliers vernis alors que Wilfred avez dit au shérif qu’Arlette portait des chaussures de toile.

Cet imbécile l’avait oublié. Wilfried rit à cause de cela. Quand il rentra, Wilfred vit que son bétail était mort de faim, sauf Achéloïs. La semaine suivante, Jones vint chez Wilfred pour lui dire que Henry et Shannon étaient morts. Henry s’était tiré une balle dans la tête. Il alla chercher le corps de son fils. Les journalistes titrèrent : « L’affliction d’un père ».

Les rats lui avaient dévoré le visage. Pour l’enterrement de Shannon il y avait du monde mais pour celui d’Henry, il n’y avait que Wilfred et le fantôme d’Arlette que seul son mari pouvait voir.

Une partie de sa ferme s’effondra. Wilfrid voulut vendre les terres de sa femme à Harlan. Mais Harlan refusa car sa femme l’avait quitté en lui reprochant la mort de Shannon.

Harlan  pensait que les terres d’Arlette  étaient maudites et il ne voulait pas les acheter.

Wilfrid alla proposer ses terres à M. Stoppenhauser qui les refusa aussi. Wilfred pensa que le banquier avait un arrangement avec Farrington. Puis le banquier exaspéré fit sortir Wilfred.

En rentrant, il dut abattre Achéloïs car elle avait été effrayée par des rats et s’était brisé les pattes avant en fuyant.

Wilfred dut vendre ses terres et sa ferme à Farrington à un prix très bas.

Harlan dut vendre sa ferme en 1925. Les agriculteurs du Nebraska avaient été ruinés par les terribles tempêtes et par la sécheresse de 1923. Wilfred partit à Omaha. Il visita les endroits traversés par Henry au cours de la fin de sa vie.

Wilfred dépensa tout son argent en buvant pendant deux ans. Il s’acheta un pistolet. Puis il travailla à l’usine textile Bilt-Rite. Il alla voir Victoria. Elle s’était mariée et avait eu trois enfants. Il parla d’Henry et de Shannon. Pour Victoria c’était une tragédie shakespearienne.

Wilfred essaya de gagner contre Arlette et les rats en menant une vie normale. Il démissionna de l’usine car il se sentait toujours poursuivis par les rats. Il trouva un emploi de bibliothécaire en se fabricant de fausses références. Il travailla à la bibliothèque d’Omaha pendant quatre ans. Il se sentit encore poursuivi par les rats et par Arlette alors il les laissa le tuer.

La presse conclut à un suicide bien que des traces de morsures avaient été trouvées sur tout son corps. Sa confession avait été réduite en miettes.

Grand chauffeur.

1

Tess était écrivain. Elle  avait écrit 12 volumes du Club des indémaillables. Elle acceptait 12 interventions publiques par an qui lui rapportaient 14 400 $. Elle avait économisé pas mal d’argent. Elle détestait la foule  alors elle évitait les aéroports et s’aventurait rarement plus  à l’ouest que Cleveland : Et puis, elle aimait conduire. Certaines de ses meilleures idées lui étaient venues en roulant. Patsy Mc Clain lui avait dit un jour qu’elle avait dû être chauffeur routier dans une autre vie.

2

Tess fut invitée par le club des Books and Brown Baggers de Chicopee. L’invitation avait été envoyée par Ramona Norville, documentaliste en chef de la bibliothèque municipale Chicopee et présidente du club.

Tess accepta de venir à condition que la séance d’autographes ne dure pas plus d’une heure car elle avait  un chat qui exerçait des représailles si elle n’était pas là pour lui servir son repas du soir.

3

Ramona Norville accueillit Tess- en lui demandant par quelle route elle était venue. Tess avait pris la 84. Ramona répondit que la 84 était la pire nationale d’Amérique et elle lui trouverait une meilleure route pour le retour.

Le destin de Tess fut scellé aussi simplement que ça.

Elle n’avait jamais su résister à un raccourci.

4

Ramona présenta Tess de façon concise. 400 personnes étaient venues assister à la prestation de Tess. Puis il y eut  une réception. Des lectrices demandèrent à Tess un autographe ou une photo. Six personnes demandèrent à Tess comment on faisait pour trouver un agent. Puis il y eut la causerie de Tess. Elle parla 45 minutes. Elle livra des anecdotes et décrivit sa façon de travailler. Ensuite, il y eut une séance de questions.

Enfin, Tess dut se livrer à une séance d’autographes. Après quoi, Romana invita Tess à prendre un café dans son bureau.

Tess vit une photo de Richard Widmark dédicacée. Romana en était fan. Romana lui donna les 1500 $,  prix de la prestation de Tess. Romana donna à Tess un moyen de rentrer chez elle par une voie plus rapide. Tess entra le raccourci dans son gps.

5

Romana souhaita à Tess un bon retour. Tess se laissa guider par le gps. Un péquenaud avait laissé tomber son chargement sur la route et il y avait des planches brisées avec des clous rouillés. Tess voulut les éviter mais un pneu creva. Tess tenta d’utiliser son téléphone portable mais il n’y avait pas de réseau. Un vieux fourgon passa et Tess leva le bras mais le conducteur ne s’arrêta pas. Tess enleva les planches de la route pour éviter au prochain conducteur de subir la même mésaventure qu’elle. Tess alla se réfugier dans une station Esso désaffectée. Une vieille camionnette Ford s’arrêta. Le conducteur demanda à Tess si c’était elle qui avait enlevé les planches et elle répondit oui. Elle se retint de dire que son téléphone ne captait pas de réseau. Le type mesurait 1 m95.

Il proposa de changer son pneu crevé. Elle proposa de lui donner 50 $ mais il refusa car elle avait enlevé les planches cloutées. Elle remarqua que le géant n’avait pas fermé la portière de sa camionnette alors elle voulut   la fermer et vit avec horreur que la camionnette était remplie des mêmes planche cloutées que celles qui étaient sur la route.

Au lieu de changer la roue, le géant proposa de niquer Tess. Tess pensa qu’elle risquait de ne plus jamais revoir son chat. Elle le supplia de ne pas la tuer. Il la traita de salope Puis il la frappa.

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Quand revint à elle, elle était nue. Il la violait. Elle le supplia d’arrêter  mais il répondit que ça ne faisait que commencer. Il la frappa encore et elle s’évanouit

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Quand elle reprit connaissance, le géant chantait Brown sugar des Rolling Stones.

Tess avait mal à la figure, à la poitrine et entre les jambes. Elle essaya de crier mais le géant lui serra la gorge. Elle s’évanouit.

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Tess émergea pour la troisième fois. Le géant la porta puis il la gifla car elle ne répondait pas. Il lui dit qu’elle était un bon coup même s’il les aimait plus vieilles. Il l’embrassa sur la bouche. Puis il la posa dans une canalisation. Tess était horrifiée par le froid de l’eau et les odeurs de matières végétales en décomposition. Elle s’appliqua à faire la morte. Elle entendit le géant partir. Elle voulait quitter la conduite d’eau et hurla en découvrant le cadavre d’une femme que le géant avait laissé. Le géant était parti car il croyait avoir tué Tess.

9

Tess récupéra ses affaires et son téléphone(en miettes) dans le vieux magasin.

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Tess était en état de choc. Elle cherchait sa voiture. Elle se rappela de quelle marque était le slogan affiché dans le vieux magasin « vous l’aimez, il vous aime ». C’était Seven up. Elle se mit à chanter la chanson de la publicité et se rendit compte qu’elle avait la voix éraillée à cause du géant qui l’avait étranglée.

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Tess avait dû vomir mais elle ne s’en souvenait pas. Elle pleura. Elle eut une absence.

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Elle marcha sur la route en chantant « It’s a heartache ». Maintenant, elle avait la voix de Bonnie Tyler.

Il fallait qu’elle réfléchisse. Il était près de minuit et elle ne pouvait pas rester là. Elle vit que le géant avez volé ses boucles d’oreilles en diamant et se remit à pleurer. Elle marcha en se cachant quand une voiture arriva de peur que ce soit le géant qui revienne.

Elle pensa à son chat Fritzy pour s’empêcher d’avoir des absences.

Elle se mit à penser à ce qui arriverait si elle portait plainte. Le viol qu’elle avait subi serait révélé par la presse. Elle ne voulait pas que la presse à scandale affirme qu’elle avait cherché à se faire violer. Elle ne voulait pas que son viol obtienne la couverture nationale. Elle savait que si c’était le cas on lui demanderait et si elle allait écrire un livre pour raconter son viol. Elle pourrait plus faire de  conférence de peur que le géant se pointe.

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Tess arriva au Taur Inn, une grange aménagée en boîte de nuit. En ne s’y arrêta pas car elle voulait pouvoir téléphoner sans être dérangée. Tess aperçut une station essence et y entra. Elle faillit crier tellement elle avait mal en urinant. Elle se regarda dans le miroir des toilettes. Elle était contusionnée et hagarde.

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Tess voulut téléphoner mais l’opératrice ne pouvait la mettre en communication directement avec le numéro qu’elle voulait. Alors Tess inscrivit le numéro dans la poussière du mur où était fixé le téléphone. Tess appela et obtint une voiture avec chauffeur. Comme l’agence avait son numéro d’American express, elle pourrait payer sans problème malgré le fait qu’elle avait perdu son sac dans la station-service désaffectée ou parce que le géant le lui avait volé.

Tess avait faim mais n’avait pas d’argent et même si elle en avait eu, elle n’aurait pas voulu que l’employé du comptoir la voie avec son nez cassé. Une femme battue, ça pouvait amuser les gens.

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La limousine arriva. Le chauffeur était petit et ne ressemblait pas à un violeur. Elle devrait se fier à lui si elle voulait revoir son chat. Le chauffeur lui ouvrit la portière et lui souhaita la bienvenue chez Royal limousine.

Il ne dit rien sur l’état de Tess et Tess se dit qu’il avait dû voire pire. Elle se détendit  quand elle s’assura que c’était bien Manuel le chauffeur qui conduisait et pas le géant.

Manuel lui demanda si elle voulait rentrer directement chez elle ou s’arrêter ailleurs auparavant. Allusion directe à l’état de Tess mais elle voulait rentrer directement chez elle.

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Tess donna un pourboire au chauffeur et rentra chez elles grâce à la clé de secours  qu’elle cachait dans la boîte aux lettres.

Fritzy réclama des caresses et d’être nourri. Tess verrouilla sa porte et brancha l’alarme anti-effractions pour la première fois depuis des mois. Elle découvrit avec surprise qu’il n’était pas 23h15. Puis elle ouvrit le placard de l’entrée et en retira une boîte contenant le revolver qu’elle avait acheté cinq ans plus tôt lors de la vague de cambriolages qui avait sévi au Connecticut et au Massachussets. Elle avait suivi des cours de tir.  Elle chargea le revolver et se sentit rassurée. Sa voisine avait laissé un message sur le répondeur pour l’avertir qu’elle avait nourri le chat et prit son courrier.

Tess mangea du fromage blanc. Elle n’aurait pas pu mastiquer de la viande. Elle savait qu’elle avait besoin de voir un médecin mais cela rendrait public son viol. Même si le médecin ne disait rien, les patients à l’hôpital l’auraient reconnu et auraient deviné qu’elle avait été tabassée et peut-être violée. Son nez était enflé mais pas cassé. Elle avait deux cocards et des bleus partout. Elle les cacherait avec un col roulé et des collants. Elle dirait à Patsy sa voisine que son chat l’avait fait tomber sur le pilastre en bas de l’escalier. Elle sentait une braise de fureur rougeoyer contre le géant. Elle l’aurait tué s’il avait été devant elle. Cela la fit se sentir plus forte.

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Le géant avait son sac à main donc son adresse. S’il était entré (elle avait oublié d’enclencher l’alarme et effraction avant de partir pour sa conférence) elle l’abattrait. Elle voulait qu’il soit là. Elle était devenue une nouvelle femme. Abattre le violeur stimulerait probablement les ventes de ses livres.

Elle prit une douche. Elle voulut redresser son nez mais cela la fit crier.   Elle enfila un pyjama et se coucha. Fritzy se lova à côté d’elle.

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Tess se réveilla et prit une douche en pensant au film Psychose.

Elle décida d’attendre 15 jours, quand son visage serait redevenu normal, pour faire des examens pour les mst. Elle avait décidé de ne pas porter plainte mais elle pensait aux autres victimes du géant et à ses futures victimes. Elle ne pouvait pas se défiler. Elle pensa donner un appel anonyme à la police pour dénoncer le géant mais se ravisa, c’était trop facile.

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Tess appela Patsy pour l’avertir qu’elle s’était blessée en tombant de l’escalier. Patsy voulait  l’amener chez le médecin mais Tess refusa en disant qu’elle n’avait pas de commotion. Elle lui dit de ne pas sans faire pour elle. Après ça, elle se mit à pleurer car elle devrait vivre dans le mensonge désormais. Jusqu’à ce qu’il ressemble à la vérité. Elle vomit et retourna se doucher une troisième fois.

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Tess décida d’appeler la police d’une cabine et d’écrire ce qu’elle allait lui dire.

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Tess se maquilla pour cacher ses ecchymoses et mit des lunettes de soleil pour cacher ses cocards. Sur son répondeur, une certaine Betsy Neel avait laissé un message.

Elle lui disait que sa voiture avait été laissée sur le parking du Taur Inn.Tess devait aller la récupérer avant 17h00. De plus, la réception avait autre chose pour Tess. Betsy Neel demanda à Tess d’apporter sa carte d’identité.

Tess commanda un taxi pour aller au Taur Inn. Elle décida d’appeler la police depuis la station d’essence d’où elle avait commandé une limousine.

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Tess proposa au chauffeur de taxi d’attendre qu’elle ressorte du Taur Inn moyennant 10 $ de plus. Tess vit que le géant avait changé le pneu crevé. Elle vit que le Taur In  était fermé mais elle put entrer malgré tout et fit signe au chauffeur de taxi de partir.

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Tess Nevis personnes dans le Taur Inn alors elle appela  et quelqu’un répondit.

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Une fille lui demanda si elle venait pour l’Expédition ou pour la Honda. Tess voulait récupérer son Expédition. La fille et demanda à Tess une pièce d’identité. Camp Betsy vit la carte de Tess de la guilde des écrivains elle fut stupéfaite car elle connaissait les Indémaillables. Betsy vie les marques de Tess et lui demanda si elle s’était fait ça au Taur Inn et Tess lui répondit non. Betsy  lui dit qu’elle n’avait pas grand-chose à faire dans ce lieu de perdition et si les journaux s’emparaient de son histoire, la grand-mère de Betsy qui lisait les romans de Tess en serait très déçue. Betsy donna à Tess son gps qu’elle n’avait pas voulu laisser dans la voiture puis elle lui demanda un autographe pour sa grand-mère. Tess accepta et mentit en disant que son petit ami l’avait frappée sur le parking du Taur Inn mais qu’un homme l’avait défendue. Elle décrivit cet homme sous les traits du géant et donna le signalement de sa camionnette.

Betsy lui dit qu’elle le connaissait. Son surnom était grand chauffeur. Lui et son frère avaient une entreprise de transport. Tess lui demanda de ne rien dire à grand-chauffeur si elle le voyait. Tess mentit en disant qu’elle voulait lui faire une surprise, un cadeau pour le remercier.

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Elle s’assura que sa voiture démarrait puis donna 20 $ au lieu de 10 au taxi.

Elle retourna à la station Gas and Dash et appela à la police. Mais elle raccrocha avant d’avoir parlé car elle pensait à ce qu’elle deviendrait si tout le monde savait qu’elle avait été violée.

Elle commença à réfléchir à ce qu’elle allait faire.

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Elle cherche sur  internet l’adresse de l’entreprise du géant. Elle savait qu’il avait un nom polonais et que son entreprise avait un nom d’oiseau grâce à Betsy. Elle se renseigna aussi sur Ramona Norville.

Elle pensait qu’elle était lesbienne et que ce genre de femme n’avait pas beaucoup d’affection pour les hommes qui n’étaient pas des violeurs.

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Tess alla sur Youtube pour voir des vidéos de Richard Widmark. Elle voulait savoir si ce type méritait d’avoir des fans. Elle regarda un extrait du Carrefour de la mort où Widmark jouait le rôle d’un psychotique. Puis elle googla Ramona Norville de Chicopee. Elle tomba sur une photo de Ramona en blazer et pantalon devant sa bibliothèque. Elle lui trouva une ressemblance avec le géant. Elle se dit que Romana  était peut-être la mère du violeur.

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Tess but de la tequila pour se donner du courage. Qu’une femme fournisse des victimes à son propre fils était choquant et peu probable mais pas impossible.

Elle trouva l’entreprise du géant. Ca s'appelait Gerfaut rouge. Elle regarda le site de l’entreprise et tomba sur une photo du géant au volant d’un semi-remorque. Tess trouva qu’il ressemblait vraiment à Ramona.

Le géant s’appelait Al Strehlke. Ramona devait souvent prendre le raccourci qu’elle lui avait conseillé pour aller voir son fils, pensa Tess.

Tess se dit que Ramona avait dû appeler Al pour le prévenir qu’elle lui envoyait une femme bien bandante. Ainsi, il avait eu le temps de placer des planches cloutées sur le chemin. Mais Al pouvait aussi googliser les femmes que Ramona invitait dans son club. Elle chercha le site des Books and Brown Baggers et le trouva. Elle réussit ensuite à trouver l’adresse de Ramona.

Elle allait éteindre son ordinateur mais pensa à faire une autre vérification. Elle alla sur le site du Weekly Reminder et chercha le nom du violeur dans les avis de décès. Elle tomba sur Roscoe Strehlke mort en 1999 et mari de Romana,  père de Alvin et de Lester. Roscoe était mort subitement à 48 ans. Tess avait donc vu juste, Ramona était la mère du géant.

Elle chercha comment Roscoe était mort. Le Republican de Springfield lui révéla que Roscoe s’était suicidé. Il s’était pendu car il avait été très affecté par des ennuis concernant son fils aîné. L’ancienne Tess aurait appelé la police mais la nouvelle voulait se venger.

Elle dormit puis alla dans un club vidéo pour louer la Femme courage avec Jodie Foster.

L’employé lui dit que le film s’appelait l’Epreuve du courage. Elle rentra chez elle pour regarder le film.

Tess pensa avoir raté la catharsis que ce genre de films procurait, toutes ces années.

30

Quand elle se coucha, Tess se dit que si elle se réveillait avec le même état d’esprit le lendemain, elle irait trouver Ramona et peut-être Alvin.

Le lendemain, elle avait toujours envie de se venger. Elle commença à prendre des notes. Elle écrivit NE PAS SE FAIRE PRENDRE.

31

Elle alla rendre le film puis en loua un autre La dernière maison sur la gauche. C’était l’histoire d’une fille violée et laissée pour morte que ses parents vengeaient en éliminant les violeurs.

Elle chercha ensuite ce qui était arrivé à Alvin provoquant le suicide de son père mais ne trouva rien.

32

Tess se réveilla dans l’après-midi, prit une douche et revêtit un col roulé noir et un pantalon noir. Elle cacha ses cheveux longs sous une casquette noire. Elle prit une corde qu’elle glissa dans une des grandes poches de son pantalon.

Elle prit aussi un couteau Suisse et son revolver. Elle servit une double ration à Fritzy,  le serra dans ses bras et l’embrassa.

Tess lista les imprévus possibles de son plan et s’encouragea à improviser pour éviter les mauvaises surprises. Elle devait avoir des capacités d’improvisation si elle voulait rentrer chez elle. Elle brûla son aide-mémoire. Elle enfila un blouson de cuir et des gants de cuir.

Elle glissa un couteau à viande à l’intérieur de son blouson.

Elle branche le système d’alarme et s’en alla. Elle programme 75 passage de la Dentellière dans son tom-tom, l’adresse de Ramona.

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Tess écouta à la porte et entendit une chanson tirée de la Mélodie du bonheur. Elle sonna. Ramona ouvrit et son visage manifesta le choc. Tess apprit tout ce qu’elle avait besoin de savoir rien qu’en le regardant.

Tess sortit son revolver et ordonna à Ramona de reculer. Elle dut insister mais Ramona finit par obéir. Tess vit qu’il n’y avait pas un livre en vue chez Ramona, la bibliothécaire.

Sur la télé, il y avait une photo de Ramona avec une autre femme, joue contre joue et enlacées. Tess lui demanda depuis combien de temps elle faisait la rabatteuse pour son fils assassin-violeur.

Ramona nia. Elle la traita d’écrivaine de merde. Puis elle avoua l’avoir envoyée à son fils. Alors Tess appuya sur la détente du revolver. Elle laissait toujours la première chambre du revolver vide pour éviter les accidents. Ramona fut surprise alors Tess  lui planta  son couteau dans le ventre. Tess n’éprouva aucun regret. Elle dit à Ramona qu’elle se sentait une parenté avec Richard Widmark. Ramona lui dit qu’elle avait fait une erreur et l’implora de la conduire à l’hôpital. Tess sortit un gant de cuisine de sa poche de pantalon pour s’en servir de silencieux et acheva Ramona d’une balle en pleine tête.

35

Tess monta à l’étage et fouilla dans l’ordinateur de Ramona. Elle trouve à l’adresse du Gerfaut rouge. Elle trouva aussi l’adresse d’Alvin et de son frère Lester qui habitait la même rue. Au rez-de-chaussée, Tess retrouva ses boucles d’oreilles en diamants dans une bonbonnière et les rangea dans son blouson. Puis elle  reprit sa voiture et programma l’adresse d’Alvin dans son tom-tom.

36

Tess vit la camionnette d’Alvin devant la pompe à essence près de chez lui. Mais elle ne voulait pas qu’il la voie alors elle l’attendit chez lui.

37

Tess arriva devant la maison d’Alvin. Une lumière s’alluma automatiquement  alors elle se gara derrière un conteneur. Chez Alvin, un chien aboya.

La lumière s’éteignit au bout d’une minute et le chien arrêta d’aboyer.

38

Tess s’était cachée derrière le semi-remorque d’Alvin et l’attendait.

Tess se rendit compte qu’elle n’avait aucun plan quant Alvin arriva. Il était aveuglé par la lumière qui se déclenchait automatiquement.

Tess quitta son abri. Elle ouvrit la portière de la camionnette de Lester et tira deux fois. Mais elle vit avec horreur qu’elle s’était trompée. Elle venait de tuer Alvin, le frère de Lester. Elle s’était trompée parce que Lester portait la casquette  et la bague en faux rubis de son frère et qu’il conduisait sa camionnette.

39

Tess pensa qu’en se lançant après son violeur comme un justicier dans un film est, elle s’était expédiée elle-même en enfer.

40

Tess alla chez Lester en conduisant sa camionnette. Elle avait également mis sa casquette. Tess entra chez Lester et le surprit. Il se murmura « T’es morte ». Mais elle répondit c’est toi qui est mort et le tua.

41

Tess fouilla la chambre du violeur. Elle trouva la culotte qu’il lui avait volée avec d’autres culottes des femmes victimes du violeur. Elle trouva un bloc-notes et écrivit sa confession pour les autorités compétentes. Elle écrivit qu’elle n’avait pas de regrets. Elle avait tué parce qu’elle était furieuse. Elle savait que la police remonterait la piste jusqu’à elle. Elle avait négligé un détail. Betsy Neel savait que Tess s’était renseignée sur Alvin.

Dans sa confession, Tess demandait à ce que tous ses biens aillent à son frère pour qu’il fasse don de sa succession à une organisation dévouée aux femmes victimes d’abus sexuels. Elle signa sa confession et s’en alla.

42

Tess laissa sa confession sur les genoux de Lester puis prit la camionnette de Lester. Elle allait se suicider. quand elle entendit la voix du tom-tom pourtant un kilomètre de là dans son Expédition. Le tom-tom lui disait que Doree (le personnage créé par Tess) n’avait jamais été une très bonne détective. Le tom-tam l’invita à penser plutôt que de se suicider. Il lui ordonna d’emporter sa confession avec elle alors Tess alla récupérer sa confession chez Lester. Elle en profita pour prendre de la viande dans le frigo pour amadouer le cher d’Alvin. Et elle s’en alla.

43

Tom lui dit qu’elle était folle si elle ne croyait pas qu’Alvin était complice. La lumière automatique s’alluma et le chien aboya. Tess attendit que la lumière s’éteigne. Tom lui dit d’aller voir chez Alvin la preuve qu’il était complice de son frère.

44

Tess avait les clés d’Alvin et elle ouvrit la porte. Le chien était un Jack Russel. Tess le carressa. Elle lui donna la viande qu’elle avait apportée. Alvin était plus soigneux que son frère, il avait même des livres. Tom lui dit qu’elle trouverait son sac chez Alvin.

45

Sous le matelas, Tess trouva trois  sacs à main dont le sien. Lester était le violeur et Al le fétichiste. Tom conseilla à Tess de chercher tout objet où figurerait son nom pour que la police ne remonte pas la piste jusqu’à elle. Tess trouva une peluche. Lester avait donc violé aussi des fillettes. Tom lui conseilla de chercher si Al avait un ordinateur mais il n’en avait pas. Tess était soulagée de ne pas avoir tué un innocent et le suicide ne l’a tentait plus.

46

A 7h30, le lendemain matin, elle chercha des informations sur Betsy Neel sur Internet. Elle trouva son numéro de téléphone et appela. C’était le répondeur. Tess lui avoua avoir menti. Elle lui dit qu’elle avait été violée et qu’elle avait voulu se faire justice elle-même.

Betsy décrocha. Elle venait de se réveiller alors elle demanda à Tess de répéter.

47

Elles se retrouvèrent au jardin public et de Colewitch et Tess raconta à Besty toute son histoire.

Betsy fut surprise quand Tess lui raconta qu’une voix fantôme l’avait empêchée de se suicider et de retourner chez Alvin. Betsy n’avait pas peur que Tess la tue car le chauffeur de taxi qui avait amené Tess au Taur Inn pourrait témoigner. Tess avait donc pu lui montrer son revolver sans lui faire peur. Betsy lui conseilla de ne pas se montrer tant qu’elle aurait des ecchymoses.

Betsy lui dit qu’elle comptait sur elle pour que l’enquête ne remonte pas jusqu’à sa personne. Elle ne voulait plus revoir Tess. Elle lui demanda quelle histoire elle allait raconter aux flics.

Alors Tess dit qu’elle allait raconter avoir suivi le conseil du raccourci de Ramona et s’être arrêté au Taur Inn où elle aurait rencontré des gens et trop bu, qu’elle aurait décidé de prendre le volant.

Tess voulut savoir pourquoi Betsy accepté d’être sa complice et Betsy ressortit l’histoire de sa grand-mère qui était fan des indémaillables. Mais Tess ne la croyait pas alors Betsy dit qu’elle avait été violée à 12 ans par son beau-père. Il  l’avait menacée avec un couteau et l’avait blessée quand il avait joui. Il lui avait crevé un œil. Sa mère lui avait demandé de ne rien dire au médecin. Le beau-père la viola encore quatre fois. Betsy lui conseilla de jeter son revolver et voulut savoir si elle avait brûlé sa confession et c’était le cas. Betsy effacerait le message de Tess sur son répondeur.

48

Tess effaça ses derniers trajets sur son gps. Elle pensait pouvoir trouver son chemin toute seule.

Extension Claire

Streeter vomissait beaucoup maintenant. Il conduisait aussi beaucoup parce qu’il ne pourrait plus le faire d’ici la fin de l’automne et parce que c’était au volant qu’il pensait le mieux.

Streeter se rangea sur la bande cyclable et vomit encore.

Le docteur Henderson l’avait prévenu qu’il aurait des douleurs en vomissements et cela commençait.

Il vit un écriteau sur la route Extension Claire, Prix Clair. Streeter avait vécu toute sa vie dans la petite ville de Derry. Il avait vu des gens vendre des légumes et des homards  toute l’année sur cette route.

A la saison du dégel, un vieux fou que les gens surnommaient le bonhomme de neige y vendait des trucs récupérés. Il alla voir l’endroit où se tenaient les vendeurs et discuta avec un bonhomme rondouillard. Il s’appelait George Dabiel. C’était lui qui tenait le stand appelé Extension claire. Streeter dit qu’il avait d’abord cru que son écriteau affichait « extension capillaire ».

Dabiel vit que Streeter perdait ses cheveux et Streeter révéla qu’il était en chimio. Dabiel lui proposa un marché. Il vendait des extensions de tout selon les besoins des gens. Si Streeter avait une petite bite, Dabiel lui proposerait une extension de pénis. Streeter fut amusé. Dabiel prétendit avoir vendu une extension de réalité à un peintre qui s’abîmait dans la schizophrénie paranoïaque. Un peintre de la Renaissance italienne. Streeter eut un geste de recul. Dabiel prétendait être immortel. Streeter qui jouait au scrabble se rendit compte que Dabiel était l’anagramme de diable.

Il demanda à Dabiel s’il voulait son âme contre une extension de vie. Mais Dabiel voulait seulement 15 % des revenus de Streeter. Pour ce prix, Streeter aurait 15 ans de vie en plus. Streeter  crut qu’il plaisantait mais Dabiel lui ordonna de se taire et parut plus grand et plus maigre subitement. Dabiel lui expliqua que pour obtenir une extension, Streeter devrait transférer sa maladie à quelqu’un qu’il haïssait. aimait Streeter évoqua Tom Goodhugh, son meilleur ami depuis l’école primaire et Dabiel s’esclaffa. Il voulut savoir pourquoi Streeter détestait son meilleur ami alors Streeter se disant que cet homme était fou se crut libre de parler. Tom était plus beau que lui et se distinguait dans trois sports alors que Streeter n’était bon qu’au mini-golf. Tom avait toujours besoin de Streeter quand ses notes chutaient à l’université. Tom lui avait volé sa petite amie Norma Witten, une fille superbe. Tom l’avait mise enceinte. Ils s’étaient mariés et avaient eu trois enfants. Ils s’aimaient toujours.

Streeter aimait sa femme mais désirait toujours Norma. De plus, Tom était millionnaire. Il s’était enrichi à la fin des années quatre-vingt en montant une affaire de décharge publique. Streeter lui avait avancé une partie de l’argent espérant que Tom se planterait et serait ruiné.

Streeter avait toujours voulu une promotion et jalousait Tom. Enfin, Tom pétait la forme à 51 ans alors que Streeter avait le cancer.

Dabiel lui annonça qu’il venait de le guérir provisoirement afin que Streeter essaye son nouvel état de santé avant de l’acheter. Dabiel lui dit que cette guérison ne durerait que 10 jours. Streeter vit que les dents de Dabiel étaient grandes et effilées.

Streeter rentra chez lui. Janet lui dit qu’il avait eu raison de ne pas annoncer sa maladie à leur fils Justin. Janet pleura et Streeter l’enlaça pour la rassurer. Il lui dit qu’il ne voulait pas annuler leur traditionnel repas du jeudi avec Tom et Norma.

Quand il dit à Janet qu’il n’avait pas envie de vomir mais au contraire avait faim, elle répond dit que c’était un miracle.

Deux jours après, Streeter alla voir son médecin, le docteur Henderson. Streeter avait insisté pour avoir une IRM et le docteur n’avait rien vu de tel. Les tumeurs avaient régressé. Le technicien de l’IRM pensait que l’ordinateur avait un dysfonctionnement.

Streeter voulait arrêter la chimio. Le jeudi, Tom avait invité Streeter et Janet chez lui. Streeter était écoeuré par la santé insolente de Tom, la beauté  éblouissante de Norma et la gentillesse de Jake, le fils de Tom. Tom faisait du sport et paraissait jeune. Il offrit une bière à Streeter et lui dit qu’il lui devait son bonheur car c’était lui qui lui avait présenté Norma.

Streeter aurait voulu briser la bouteille de bière et lui enfoncer le goulot dans les yeux.

Streeter alla aux toilettes et vit que l’armoire à pharmacie contenait des comprimés pour la tension artérielle alors il en prit un et le fourra dans sa poche. Il eut la sensation d’avoir passé clandestinement la frontière d’un pays inconnu.

Le soir suivant, Streeter retourna voir Dabiel. Il lui montra le cachet volé dans la pharmacie de Tom. Dabiel l’avala.

Alors Streeter lui demanda si l’extension de vie lui apporterait le bonheur et Dabiel répondit que ça ne dépendait que de lui et de sa famille. Streeter ne se souvenait pas d’avoir dit les noms de sa femme et de ses enfants à Dabiel. Dabiel dit que la plupart de ses clients étaient heureux. Streeter lui demanda si Tom allait avoir le cancer.

Dabiel  lui laissa comprendre que ce serait un proche de Tom qui souffrirait et tendit une carte avec l’adresse de sa banque aux îles Caïmans pour que Streeter lui verse 15 % de son salaire annuel. Streeter ne fut pas surpris de voir que la pluie tombait sur Dabiel en s’évaporant et grésillant.

C’était en août 2001, moins d’un mois avant la chute des tours.

En décembre, le docteur Henderson déclara Dave Streeter guéri.

Au même moment, Norma apprit qu’elle avait un cancer du sein.

En juin, Streeter obtint enfin sa promotion et sa fille fut admise à l’université de Columbia.

Dave et Janet partirent en vacances à Hawaii. C’est là qu’ils apprirent la mort de Norma. Tom les appela pour les en avertir.

En décembre, Streeter versa 15 000 $ au fonds non sectaire pour les enfants (couverture de Dabiel) et porta la somme en déduction sur sa déclaration d’impôts.

En 2003, Justin, le fils de Streeter fit fortune en créant un jeu vidéo. Il offrit une voiture à son père et une à sa mère.

Carl, fils de Tom eut un infarctus en octobre. Il en réchappa grâce à son colocataire mais fut handicapé lourdement après cela il dut retourner vivre chez son père.

Janet ne supportait plus devoir Carl dans cet état et elle cessa d’aller dîner chez Tom.

Streeter aimait voir Tom nourrir son fils handicapé. Il trouvait que c’était une bonne blague tout bien considéré.

En 2004, Mary Streeter décrocha un poste au Boston Globe et Justin fit fortune avec un nouveau jeu vidéo et un programme informatique de composition musicale.

Dave Streeter fut nommé directeur de sa succursale.

Il emmena Janet à Cancun. Le comptable de Tom détourna de millions de dollars. Tom faisait 60 ans maintenant.

En 2005, Jacob l’autre fils de Tom épousa Cammy Dorrington. Il abandonna ses études pour relancer l’entreprise de son père. Cammy trébucha sur l’ourletde sa robe de mariée en sortant de l’église et se cassa une jambe.

Tom souffrait de la goutte et marchait avec une béquille.

Streeter fit un chèque plus conséquent pour Dabiel mais le remplit sans chipoter.

En 2006, Grace fut atteinte de pyorrhée alvéolaire et perdit toutes ses dents et son odorat.

Lors de l’un des dîners hebdomadaires qu’il avait avec Streeter, Tom fondit en larmes.

Streeter le réconforta.

David et Janet fêterent leur 30e anniversaire de mariage.

En 2007, Gracie perdit son mari dans un accident de voiture. Grace se retrouva sur la paille et dut retourner enceinte de quatre mois chez son père.

Streeter versa 30 000 $ à Dabiel sans sourciller.

Le bébé de Grace était mort né en 2008. Elle tomba en dépression.

Lors d’un de leurs dîners hebdomadaires, Tom dit à des Dave qu’il croyait avoir offensé dieu.

Il ne voyait pas d’autre raison à son malheur. Tom attendait ces soirées avec impatience, elles lui rappelaient le bon vieux temps.

En 2008, l’entreprise de Tom fut fermée par l’Agence de protection de l’environnement. Tom risquait un procès pour pollution. Dave aurait voulu revoir Dabiel mais il ne le revit jamais sur la route de l’aéroport. Il continua de lui verser 15 % de ses revenus.

En 2 009, Jacob tua sa femme après un shoot de cocaïne et après s’être disputé avec elle.

Dave paya les frais de justice. En juin, Carl mourut en s’étouffant avec un quartier de pomme.

En septembre, Dave et Janet empruntèrent l’extension contournant l’aéroport de Derry. Dabiel n’y était pas. Janet pleura en pensant à la malédiction qui planait sur Tom.

Il lui dit que la vie était juste et qu’il suffisait qu’elle constate l’étendue de leur bonheur.

Il demanda à Jannet de faire un vœu mais elle avait tout ce qu’elle désirait mais Streeter ferma les yeux et fit  le vœu d’en avoir encore plus.

Bon ménage.

1

Darcy Madsen était né en 1960. Elle avait été secrétaire d’une filiale de Chevrolet. Elle était tombée amoureuse de Bob Anderson en 1982. Il travaillait pour le patron de Darcy.

Il était numismate comme le père de Darcy.

Il lui proposa de venir à une braderie à Castle Rock le samedi. Bob avait un physique aussi ordinaire que celui de Darcy.

Il allait devenir son mari.

En 1986, il eut une promotion et démarra avec l’aide de Darcy une petite affaire de vente par correspondance de pièces de collection états-uniennes.

En 1990, il y rajouta des cartes de base-ball et des souvenirs de vieux films.

Ce commerce ne prit jamais d’envergure au point de devenir une activité à plein temps mais Darcy et Bob ne le souhaitaient pas.

Ils achetèrent une maison à Pownal. Darcy avait quitté son emploi pour s’occuper de son fils Donnie né en 1986. Sa fille Petra naquit en 1988. Bob avait commencé à perdre ses cheveux. Il avait essayé un remède miracle. Cela avait irrrité Darcy. Elle avait découvert que ces produits étaient chers. Elle n’avait rien dit et de même quand Bob avait acheté un 4x4  Chevrolet d’occasion. Bob avait été irrité quand Darcy avait insisté pour que les enfants partent dans de très bons camps d’été, que Donnie ait une guitare électrique et que Petra monte à cheval mais lui aussi ne l’avait pas montré.

En 2004, Donnie était parti à l’université en Pennsylvanie et en 2006, Petra avait intégré Colby collège à Waterville.

Bob encadrait toujours les louveteaux à 49 ans et Darcy le trouvait croquignol avec sa calvitie et son short kaki mais se gardant bien de le dire.

Il avait pris 20 kilos et il portait des lunettes à double foyer. Il avait été promu dans son cabinet de comptables. Ils avaient acheté une maison plus coûteuse à Yarmouth. A l’approche des 50 ans, leur couple tenait le cap. Ils faisaient encore l’amour.

En 2009, pour les 25 ans de mariage de leurs parents Donnie et Petra avaient organisé une fête surprise au restaurant des bouleaux à Castle view. Il y avait 50 invités.

Leur vie de couple était cimentée de petits mystères ordinaires et de marques d’attention.

Ils avaient passé la plupart du temps ensemble et même s’ils ne savaient pas tous là de l’autre Darcy pensait que leur ménage était un bon ménage jusqu’à ce soir dans le garage.

2

La télécommande avait cessé de fonctionner et Darcy était allée chercher des piles au garage.

Bob était à Montpelier pour évaluer une collection de pièces de la seconde guerre mondiale.

En voulant ouvrir le placard des piles, Darcy butta sur un carton et se rattrapa à l’établi. Elle aperçut un catalogue sur le dessus du carton, elle s’agenouilla pour le récupérer  mais quand elle le souleva, elle vit tous les catalogues de vente par correspondance que Bob avait cachés car il trouvait que sa femme avait une addiction pour ces catalogues.

Elle se préparait à sermonner Bob quand il téléphonerait de Montpelier mais elle tomba sur une revue sadomasochiste.

Darcy se souvint avoir lu un article sur la curiosité des hommes sur les pratiques sexuelles, la psychiatre rassurait une lectrice qui avait trouvé des magazines gays dans la salle miettes de son mari. De l’investigation masculine, voilà ce que c’était et Darcy compta laisser courir. Elle entendit le téléphone sonner.

3

Darcy laissa le répondeur s’enclencher. Elle ne voulait pas parler à Bob tout de suite après ce qu’elle avait vu. Il lui faudrait une heure pour que la chose se passe. Mais c’était Donnie alors elle décrocha. Donnie avait monté une agence de publicité avec un ami contre l’avis de son père. Il avait déjà reçu des commandes de gros clients. Il prenait des nouvelles de la famille. Après avoir fini sa conversation avec Donnie, Darcy repensa au « clonk » qu’elle avait entendu dans le garage quand elle avait repoussé le carton de catalogues.

4

Darcy découvrit une cache. A l’intérieur, elle découvrit le petit coffret en chêne qu’elle avait offert à Bob pour un noël. Le coffre contenait la carte de donneur de sang d’une certaine Marjorie Duvall, ainsi que sa carte de bibliothèque et son permis de conduire. Elle semblait avoir 35 ans sur la photo et ne paraissait pas jolie. Darcy avait vu le visage de Marjorie Duvall dans le journal et aux infos de 6h00. Elle eut peur. Elle remonta pour rechercher un élastique et vit que le téléphone avait sonné.

Elle entoura les cartes avec l’élastique qu’elle avait trouvé dans la cuisine. Puis elle retourna dans le garage pour remettre les cartes où elle les avait trouvées. Elle voulut se convaincre que son mari n’était pas sournois et retourna à la maison.

5

Bob appela et Darcy fit semblant d’aller bien et d’être heureuse de l’entendre. Mais elle laissa un silence s’installer et Bob voulut savoir ce qu’elle avait. Elle menti en disant qu’elle avait pensé à sa sœur décédée. Lui aussi y pensait car c’était la compréhension qu’il avait témoignée à Darcy face à la douleur qui avait resserré leurs liens.

Brandolyne avait été renversée par un conducteur de scooter des neiges ivre. Le chauffeur avait fui. C’était le père de Brandolyne qui l’avait retrouvée. Bob voulut rentrer pour la consoler mais elle le  lui défendit. Elle fut surprise de rire à une de ses blagues. Son amour de 27 ans ne pouvait s’effacer d’un coup. Après l’appel, elle pleura.

6

Darcy fit des recherches sur Internet à propos de Marjorie Duvall. Elle lut des articles de presse. Marjorie était la 11e victime d’un tueur en série, Beadie. La photo de l’article montrait une Marjorie beaucoup plus jolie que celle son permis de conduire.

Marjorie avait été découverte dans une ravine à 10 kilomètres de son domicile. Elle avait été mordue, étranglée et agressée sexuellement. Le premier meurtre de Beadie remontait à 1977, les autres ne se déroulèrent jusqu’en 1981.

Puis Beadie s’arrêta de tuer durant 16 ans. Darcy pensa que Bob était Beadie et qu’il avait arrêté de tuer pendant 16 ans parce qu’il était amoureux d’elle.

En 1997, Beadie avait tué Stacey Moore et envoyé sa carte de la croix-bleue et son permis de conduire entourés d’un élastique au Bureau d’enquête criminelle avec un mot « C’est re-moi ! Beadie ! ». C’était la marque de Beadie pour narguer la police.

Beadie avait aussi tué l’enfant d’une de ses victimes en 2007.

Le gosse avait surpris Beadie sur le fait et Beadie l’avait tué. Après avoir lu toutes ces horreurs, Darcy vomit. Si elle appelait la police, elle et ses enfants subiraient le battage médiatique. Donnie serait ruiné et Petra avait toujours idolâtré son père.

Darcy songea au suicide.

Mais si elle se tuait, elle laisserait les mains libres à Bob puisqu’il ne serait plus obligé de mener une double vie.

Pour la première fois depuis des années, Darcy se mit à prier.

7

Bob, en bon comptable spécialiste des impôts, était particulièrement méticuleux en matière de conservation des archives. Darcy prit les dossiers de Bob et les empila avec ses propres agendas à côté de son ordinateur.

Elle effectua des recherches sur google. Les agendas de Bob et les dates des meurtres ne faisait qu’apporter des preuves aggravantes.

Il avait chaque fois effectué des déplacements dans les régions correspondantes aux dates correspondantes.

Après ça, elle eut du mal à dormir. Elle dormait quand Bob arriva.

8

Bob était rentré plus tôt que prévu. Il voulait parler à Darcy. Il avait vu qu’elle avait trouvé sa cachette dans le garage. Il avait laissé un morceau de scotch au-dessus de la cheville et ce scotch était déchiré. il avait toujours su que ce jour arriverait et  il voulut se confesser à Darcy.

Il embrassa Darcy et cela  la révulsa. Il lui vint à l’esprit qu’elle serait morte avant le lever du soleil.

En rentrant, la première chose qu’il avait faite était d’allumer l’ordinateur et de regarder l’historique. Il avait vu qu’elle avait cherché toutes les victimes de Beadie. Puis il dit à Darcy qu’il avait un ami très vilain, Brian Delahanty. Darcy ne comprit pas car elle savait que le copain de lycée de Bob était mort. Bob lui dit qui n’était pas vraiment mort. Il avait pris l’habitude de l’appeler par ses initiales B.D. Beadie.

9

Il parla longtemps et Darcy était horrifiée. Toutes ces années, elle avait vécu avec un fou. Darcy savait que d’accuser Brian Delahanty rendait simplement plus facile à Bob la séparation entre ses deux vies.

Bob lui raconta que M Brian avait voulu emmener des armes au lycée quand lui et Bob étaient en seconde. Ils voulaient tuer des profs et prendre en otage les filles  qui les snobaient pour les obliger à baiser avec eux sinon ils les tueraient.

Mais ils n’avaient pas mis ce plan à exécution car Brian  s’était fait renverser par un camion. Après l’enterrement, la mère de Brian avait dit à bob qu’il pouvait prendre ce qui voulait dans la chambre de son fils en souvenir et Bob  prit le cahier de géographie qui contenait les plans du carnage qu’ils avaient prévu.

Darcy lui demanda si son destin était de tuer et de torturerdes femmes. Mais il nia en prétextant que c’était Brian qui tuait est pas lui. Il lui expliqua que Brian lui avait mis ses idées de meurtre dans la tête et qu’il ne pouvait plus s’en débarrasser depuis 40 ans.

Bob dit qu’il avait essayé de se sortir Brian de la tête et qu’il avait tué sa première victime pour voir si Brian ne l’obséderait plus.

Il paraissait incapable d’éprouver de la culpabilité.

Il sentit le reproche de Darcy mais pour lui ses victimes n’étaient que des bêcheuses.

Il se croyait toujours bon parce qu’il était trésorier municipal bénévole et organisait chaque année la campagne de don du sang. Il disait ainsi restituer sa part à la société mais Darcy lui répondit qu’il fallait restituer la vie de ses victimes.

Il refusait de les endosser disant que c’était Beadie  et pas lui.

Il tuait les femmes habillées trop court ou aguicheuses. Il laissait des messages à la police après chaque meurtre avec des fautes d’orthographe pour faire croire que Beadie était illettré. Une fois, il avait été interrogé mais en qualité de témoin.

Il prétendait sombrer dans l’inconscience à chaque meurtre et ne pas se souvenir des faits.

Bot dit à Darcy qu’il ne tuerait pas car c’était grâce à elle qu’il avait arrêté de tuer pendant 20 ans. En fait, c’était 16 ans et Darcy rectifiant mentalement. Il promit d’arrêter si elle lui pardonnait. Mais il lui dit qu’elle risquait de tout perdre si elle le dénonçait à la police.

Personne ne voudrait croire qu’ils avaient été mariés toutes ces années sans qu’elle sache jamais qui était vraiment Bob. Darcy ne pouvait que mentir pour sauver sa vie alors à lui demanda de promettre d’arrêter solennellement et ils n’en parleraient plus jamais. Elle lui demanda aussi de ne pas envoyer les pièces identité de Marjorie Duvall à la police.

Il devait se fait sentir puni et de cette façon, il croirait l’avoir convaincue.

Elle se força à lui demander de se déshabiller et de se coucher avec elle.

10

Darcy fit un cauchemar. Elle rêva qu’une une femme nue et cagoulée était dans sa salle à manger et enchaînée. Et cette femme était sa fille Petra.

11

Darcy se réveilla seule. Elle se regarda dans le miroir qui pour elle était plus qu’un reflet de la réalité mais une autre réalité, celle  où Darcy  était l’épouse de Brian Delahanty.

Bob avait laissé un mot. Il promettait d’enterrer les papiers de Marjorie Duvall.

12

Darcy se souvint du discours qu’avait tenu Bob devant l’équipe de base-ball de Donnie. Ils avaient perdu le dernier match du tournoi du district. Bob les avait consolés. Il avait été gentil. Bob rentra et voulut parler de la nuit dernière mais Darcy l’en empêcha en lui disant que le dossier était clos. Il l’embrassa. Elle l’envoya acheter une pizza.

13

Les mois passèrent et ils reprirent leurs habitudes. Mais Darcy évitait de rester nue devant Bob. Darcy surveilla le journal pour voir si les pièces d’identité de Marjorie Duvall réapparaissaient mais non.

Donnie avait décroché un contrat important. Petra préparait son mariage. Plus le temps passait, plus Darcy pensait qu’elle ne ferait rien contre Bob.

14

Deux semaines avant noël, Bob rentra à l’improviste. Il était excité parce qu’il avait trouvé une pièce rare. C’était un commerçant qui lui avait rendu la monnaie sans savoir qu’elle contenait un trésor. Il mettrait la pièce dans un coffre-fort. Il invita Darcy  au restaurant pour fêter sa trouvaille.

15

Bob s’était bourrée au champagne alors Darcy conduisit. Darcy savait ce qu’elle allait faire. Elle l’avait su dès qu’il avait commencé sa deuxième bouteille au restaurant.

16

Darcy ne voulait plus faire l’amour avec Bob depuis la découverte de sa double vie. Après le restaurant, elle lui fit croire qu’elle se donnerait à lui. Mais elle savait que sa gentillesse, ses sourires et ses caresses avaient été faux depuis le début rien qu’en le regardant et elle le  poussa du haut de l’escalier. Il fut blessé mais pas paralysé.

Il lui demanda pourquoi elle l’avait poussé mais elle répondit qu’elle ne savait pas et fit semblant d’appeler les secours. Mais elle redescendit l’escalier pour étouffer Bob. Bob réussit à la repousser. Mais il tomba à la renverse et se tua. Elle retire le sac en plastique de sa bouche. Il était déchiré en deux endroits.  Elle repéra un lambeau de plastique sur la langue de Bob et l’enleva. Elle en enleva un autre qui était collé à la gencive droite. Il ne lui restait plus qu’à espérer que Bob ne soit pas autopsié. Elle fourra le sac et le torchon qu’elle avait utilisés pour tuer Bob dans la cachette du garage.

Elle appela les secours pour faire croire à un accident. Elle pensa à ses enfants et à leur réaction après avoir appris que leur père était mort pour qu’on l’entende pleurer. Puis  elle attendit l’ambulance.

17

La police arriva avec l’ambulance. Harold Shrewbury prit sa déposition. Les urgentistes examinèrent le corps de Bob et l’emmenèrent. Elle connaissait la femme du policier avec laquelle elle assistait aux séances d’un club de tricot. Le policier se montra compatissant alors elle pleura. Elle raconta ce qui s’était passé depuis la découverte par Bob du penny à date doublée.

Le policier l’emmena chez lui pour qu’elle reste auprès de sa femme Arlène. Elle voulut appeler ses enfants alors le policier lui conseilla d’attendre d’être avec Arlène qui lui donnerait du valium avant. Le policier lui demanda depuis combien de temps elle était mariée et répondit 27 ans. Il lui donna un torchon pour étancher ses larmes.

18

Bob fut enterré deux jours plus tard. Donnie et Petra soutenaient leur mère. Darcy pleurait mais ne pouvait s’empêcher de voir que parmi les collègues de Bob il n’y avait aucune femme. Elle se demanda si Donnie hériterait de la perversion de son père.

Donnie pouvait rester deux jours et Petra une semaine mais Darcy espérait se retrouver seule avant pour reprendre pied du bon côté du miroir. Elle espérait secrètement que cette histoire finirait bientôt.

19

Sept semaines plus tard, un vieux monsieur vint voir Darcy.Holt Ramsey représentait le procureur. Darcy lui demanda s’il était à la retraite mais il répondit qu’il était un peu la mascotte du procureur.

Darcy devina qu’il était plus que ça. Il demanda un café. Dans la cuisine, il trouva que chaque chose était à sa place ce qui aurait plu à sa femme morte quatre ans plus tôt. Il en profita pour demander à Darcy si son mari lui manquait. A ce moment-là, elle comprit « qu’il savait ».

Il se vanta pas d’avoir tourné autour d’un suspect pendant trois ans jusqu’à trouver de quoi l’arrêter. Le type avait voulu fuir mais Ramsey l’avait poursuivi. Le type était mort dans un accident.

Ramsey avait déjà parlé à Bob il y avait fort longtemps. Après la mort de Stacey Moore en 1997. Ramsey cherchait Beadie. Il dit à Darcy que Bob allait souvent café où  travaillait Stacey. Darcy lui demanda si bob avait flirté avec Stacey. Les collègues de Stacey avaient dit à Ramsey que Bob donnait la chair de poule a de Stacey. La voiture de Bob avait été repérée près de chez Stacey plusieurs jours avant le meurtre de la serveuse. Après, Bob avait  changé de voiture. Bob  avait nettoyé soigneusement sa dernière  voiture avant de la vendre.

C’était Ramsey qui avait interrogé Bob comme simple témoin. Darcy lui demanda d’abréger le suspense alors il dit que plusieurs voitures correspondant à celles de bob avaient été vues près des endroits où les corps des victimes de Beadie avaient été retrouvés.

Ramsey voulait consulter des documents manuscrits de Bob pour les comparer avec les messages de Beadie envoyés à la police. Alors il lui demanda si son mari était Beadie. Elle ne dit rien.

Alors il lui dit que ses enfants seraient dévastés en découvrant que leur père était un tueur en série et le seraient encore en apprenant que leur mère serait considérée par l’opinion publique comme complice de ses agissements. Puis Ramsey lui apprit que Bob avait sectionné le pénis de l’enfant qu’il avait tué. Il l’avait coupé avec les dents. Darcy aurait voulu le tuer une deuxième fois en découvrant cela. Elle avoua qu’elle avait découvert le vrai Bob et que cela l’avait perturbée mais croyait le contraire. Il la remercia pour le café et dit qu’elle était courageuse et voulait qu’elle reste libre.

En le raccompagnant à la porte, Darcy se sentit revenue du bon côté du miroir pour la première fois depuis qu’elle avait trébuché sur le carton dans le garage. Elle trouva ça bien que Bob n’avait pas été loin d’être pris et qu’il n’était pas si malin. Elle demanda à Ramsey si elle le reverrait mais il allait prendre sa retraite dans une semaine. Il la prit dans ses bras et  lui murmura qu’elle avait bien fait. Et il l’embrassa sur la joue.

20

Elle le raccompagna jusqu’à sa voiture et lui parla de Brian Delahanty, Beadie. Holt chercherait peut-être des informations sur lui. Darcy rentra et se regarda dans le miroir. Elle ne vit rien d’autre que son reflet, et c’était bien.

A la dure

Brad avait fait un cauchemar. Il se réveilla et mit du temps à s’habituer à la réalité. Sa chienne Lady était sous le lit. Sa femme Ellen dormait à côté de lui.

Il avait fait le même cauchemar cinq nuits d’affilée. Il savait que quelque chose d’horrible allait arriver s’il le laissait arriver. C’est ce que son cauchemar lui laissait croire. Il rêvait qu’il  était en avion, classe affaire, côté couloir avec une vodka orange (qu’il ne commandait jamais dans la vraie vie) et son voisin lui ferait perdre la raison s’il le regardait.

Il but un café en regardant CNN. Puis il promena Lady et discuta avec Carlo le portier en rentrant. Carlo parlait des rats qui devaient se trouver chez Mrs W           arshawski.

Avant d’aller travailler, il laissa un mot à Ellen. Comme elle était malade, il lui demanda de ne pas en faire trop.

Au travail, un collègue sortit sa maquette pour la campagne vodka Petrov. Brad comprit d'où provenait un élément de son cauchemar. Brad  travaillait sur le nouveau produit des laboratoires Vomell mais il était en retard.

George le lui reprocha.

Billy vint trouver Brad dans son bureau pour lui proposer une maquette pour le produit Vomell qui était une pilule de virilité plus puissante que le viagra  mais Brad ne la trouva pas convaincante. Brad  lui expliqua que le client ne voulait jamais voir le flacon d’un médicament car cela signifiait maladie.

Brad montra à Billy le slogan qu’il avait trouvé pour le produit : « Puy100’s… pour se la faire à la dure ».

Brad sut tout à coup d’où venait son rêve. Il repensa à son entrée chez Andrews-Slattery et à ce qui était arrivé quatre ans après.

Il devait faire la publicité de l’antalgiques Fasprin. Ellen l’avait aidé. Ca lui avait permis de se changer les idées car elle venait d’apprendre qu’elle était stérile à cause d’un médicament qu’elle avait pris enfant.

Cette publicité avait beaucoup plu et fait gagner de l’argent à l’agence.

Grâce à la prime qu’il avait touchée, Brad emmena Ellen à Nassau. Ils avaient pris l’avion. Elle était près du  hublot. Brad crut qu’elle était morte car elle dormait la tête penchée sur une épaule, la bouche ouverte. Le médecin lui avait dit que sa stérilité était une bénédiction car son cœur était trop fragile pour supporter une grossesse. Elle s’était réveillée et Brad en fut soulagé. Il lui expliqua sa peur et elle lui demanda ce qu’il aurait fait si elle était morte. Brad l’aurait ramenée chez lui. Mais Ellen lui dit qu’au bout de quelques jours son corps sentirait mauvais et il serait obligé d’accepter sa mort. Mais il s’obstina à dire qu’il la garderait en vie.

Brad reçut un appel du concierge de son immeuble. Le rat crevé n’était pas chez Mrs Warshawski mais à côté de chez lui. Carlo avait dit au concierge qu’Ellen n’avait pas été vue depuis une semaine. Le concierge pensait qu’Ellen était morte et que Brad voulait la cacher.

Alors Brad quitta le travail précipitamment pour aller voir le concierge. Il avait la clé de la porte de service de son immeuble et il l’utilisa. Il prit l’ascenseur de service. Il se dit qu’il avait gardé Ellen en vie pendant une semaine parce qu’il ne pouvait pas supporter qu’elle soit morte. Lady avait mangé une main d’Ellen et  les mouches étaient près de sa femme.

Brad refusa encore encore la réalité et dit à sa femme qu’elle pouvait encore dormir et qu’il resterait près d’elle.

 

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09 août 2017

Histoires de rebelles

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Histoires de rebelles.

 

Le promeneur (Ray Bradbury)

Léonard Mead vivait en 2052. Il aimait marcher pendant des heures et revenir chez lui vers minuit. En cette soirée de début novembre, il n’y avait que lui dehors. Depuis 10 ans qu’il se promenait ainsi de jour et de nuit, il n’avait jamais rencontré un autre promeneur. Une voiture de police s’arrêta devant lui. C’était la dernière qui restait. La criminalité avait baissé. Le policier lui demanda son nom et sa profession. Mead était écrivain mais le policier considéra qu’il était sans profession. Les revues et les livres ne se vendaient plus. La télévision avait remplacé tous les autres loisirs. Le policier avait du mal à croire que Mead voulait se promener. Il lui demanda s’il avait la télé. Mead répondit non. Il avoua aussi n’être pas marié. Mead fut arrêté et emmené par la voiture vide (la voix du policier était une voix électronique) au centre psychiatrique de recherche sur les tendances régressives. 

 

Avènement sur la chaîne 12 (C. M. Kornbluth).

 

En ce temps-là, le ministère des finances ayant élevé  le taux de l’escompte, il arriva que l’argent se fît rare. Ben Graffis fut contraint par les banquiers de New York d’exploiter  au maximum  sa création, le personnage de dessin animé Bébé panda.

Il avait créé le parc national de Pandaland, Bébé panda se produisait chaque soir à la télé.  Ben Graffis dut obéir car il était endetté. Dorénavant, Bébé panda devrait commander comme un dieu. Après un lancement publicitaire de 15 jours, fut projeté un film à la télé combinant la prise de vue réelle et le dessin animé comme s’ils ne faisaient qu’un. Bébé panda apparu nimbé d’une auréole. Le personnage Jackie Whipple exhorta les petits téléspectateurs à adorer Bébé panda et 37 000 000 d’âmes obéirent. Alors Bébé panda apparut derrière le bureau de Ben Graffis et il fit disparaître ses créateurs. Le règne de Bébé panda arriva.

 

Le sommet (George Sumner Albee).

Jonathan Gerber reçut de C. Lester Leath un passe d’ascenseur qui était son premier passe-partout officiel. C’était  une pyramide dorée avec sa photo lui donnant accès à la firme Allied.  Il avait accès au 13e étage. Il n’était qu’un petit journaliste dans une agence de publicité de New York. Allied l’avait engagé. Leath l’avait reçu et lui avait demandé de trouver des slogans pour Allied 14 ans plus tôt. L’article qu’il avait écrit en faisant d’Allied l’héritier de George Washington lui avait valu la médaille de platine et rubis du Conseil national de la publicité. Leath lui avait  témoigné son admiration. Gerber visita les bureaux d’Allied et rencontra les chefs de service. Il vit un hôpital à trois lits. Il savait que la compagnie contournait la mort de ses employés. Il était inévitable que l’un des milliers d’employés meure chaque jour et on  ne pouvait interrompre le travail. La tour d’Allied avait 15 étages. Le 15e étage était l’appartement du directeur. Le 14e était  le bureau de Leath. Le secrétaire de Leath invita Gerber à se rendre au 14e étage. La tour était une pyramide, le 14e étage était plus petit que le 13e. Il y avait là les bureaux de huit directeurs. Gerber fut impressionné par un bureau reproduisant l’arrière pont d’un yacht. Hanscomb Ludlow Satherwaite était  le président d’Allied. On le voyait en photo mais jamais en personne. Gerber lut «  Chers amis » le journal d’Allied puis Leath le reçut. Leath lui annonça qu’il allait mourir et il le désignait comme son successeur. Gerber travaillait pour Allied depuis 21 ans et ne s’en était  pas rendu compte. Il lui restait un dernier rituel à accomplir, rencontrer le président d’Allied.

Leath mourut. Gerber monta au 15e étage. Il ne vit que des pots de peinture, des mouches et quatre petites fenêtres. Gerber fit attention de ne pas tomber en redescendant. Ce n’était pas le moment de glisser.

Pauvre Superman !  (Fritz Leiber)

 

A la fin du 20e siècle, la troisième guerre mondiale avait eu lieu. La bombe atomique avait été utilisée. Il y avait des hôpitaux anti-radiations, la vogue des masques pour femmes du christianisme mystique. La planète était ravagée par les bombes.

Jorj Helmuth travaillait à la fondation des Penseurs. Il avait des pouvoirs hypnotiques. Il profitait de ses nuits de sommeil pour s’auto-hypnotiser et ainsi construire des réflexions  tout en dormant. Il reçut un appel. Il apprit que le président était prêt à voir  Maizie. Helmuth alla à la Fondation des Penseurs  Un grand cerveau électronique remplissait une pièce de deux étages. Les penseurs l’avaient construit. Ils l’avaient surnommé Maizie.

Le président des Etats-unis se sentait en présence du Dieu vivant devant Maizie. Devant l’ordinateur,  seul Helmuth semblait à l’aise. Il s’affairait  à coder sur bande les  questions à l’ordre du jour. Après quoi, Maizie se mit à penser. Le ministre des affaires spatiales vit sur l’écran   de télé une fusée décollé pour Mars. Elle avait été préparée par les penseurs et Maizie sans qu’il soit dans le coup. Il  aurait pu en être offusqué mais les penseurs l’avaient sauvé  de la dépression  par leur connaissance du psychisme. Helmuth dit au président que les facultés télépathiques des Martiens les rendaient extrêmement sensibles.  Les conflits des esprits terrestres causeraient chez les Martiens un traumatisme nuisible à leur équilibre mental. Seuls les Penseurs avaient pu prendre contact avec les Martiens grâce à leurs facultés psychiques qu’ils avaient acquises. Un gros homme lus les questions qui sortaient de l’ordinateur et tapa les réponses. Une des questions était «  est-ce que Maizie signifie Maelzel ? ». Maizie venait de la particule nucléaire méson.

Le pilote de la fusée s’amusa avec la chatte Sappho qui lui tenait compagnie. Il était chargé de recueillir la sagesse des Martiens qui serait un baume pour l’humanité meurtrie par la guerre.

Le secrétaire d’Etat lut les questions de l’ordinateur et il se souvint que Maelzel était un personnage d’Edgar Poe. 

Morton Opperly était de l’Institut. C’est lui qui avait envoyé la question sur Maelzel à l’ordinateur chez lui, il y avait des livres au lieu de bandes de lecture et au lieu de rebureau, des plumes et de l’encre. Il avait un Picasso à la place d’un écran de télé. Il discutait avec Willard. Opperly pensais qu’il ne fallait pas avoir l’obséquiosité de poser des questions à Maizie. De plus, certains posaient des questions à Maizie pour exprimer des insultes voilées à son encontre comme celle sur Maelzel. Le ministre des affaires spatiales avait été ennuyé par cette question et était allé voir Opperly après la réunion. Willard pensait que les penseurs étaient des charlatans qu’il fallait démasquer. Il avait révélé que les fusées programmées pour aller sur Mars n’allaient nulle part. La science psychique martienne était un bobard. Opperly évoqua les trois physiciens qui avaient été martyrisés. Willard Farquard voulais saper le prestige des penseurs mais Opperly voulait se garder de la contagion de la violence.

Les penseurs avaient arraché pour le président une élection contestée et avaient fait croire que les soviétiques s’étaient retirés d’Iran et d’Irak par crainte de la bombe mentale des penseurs. Helmuth avait envoyé un radiogramme. Il invitait Farquar. Opperly était inquiet. Il savait que Farquar avait connu une jeune fille Arcady qui l’avait quitté pour un penseur.

Helmuth pensait à son astronef à propulsion nucléaire. Il pensait construire aussi la vraie Maizie. Ainsi les penseurs seraient sur un pied d’égalité avec les savants. Plus de supercherie !

Tregarron était un des courtiers des penseurs. Il discutait avec Arcady. Il lui demanda si elle avait connu Farquar et elle lui répondit oui. Il voulait qu’elle vienne au rendez-vous donné à Farquar par Helmuth.

Le président discutait avec son secrétaire de l’aversion qui se réveillait entre les physiciens et les penseurs. Le président avait compris l’allusion à Edgar Poe. Maelzel était un joueur d’échecs caché dans un prétendu automate jouant aux échecs. Maizie pouvait donc être un faux ordinateur.

Le président conclut que seul un savant pouvait se dresser contre les penseurs. Farquar arriva à la Fondation des Penseurs. Il passa devant une série de dioramas célébrant les réalisations des penseurs. Il pensa que les penseurs avaient besoin de lui à cause de la question sur Maelzel. Il était déterminé à les détruire. Il fut accueilli par Tregarron et Arcady.

Helmuth avait invité 12 scientifiques mais aucun n’était venu. Il se renseigna et apprit que les scientifiques avaient reçu un message annonçant l’annulation de la réunion. C’était Tregarron qui avait envoyé le message. Helmuth était furieux. Il avait convoqué les scientifiques pour savoir si sa faculté de manipuler les gens porterait sur eux. Alors il appela Arkadia et psalmodia le mot cadum. Elle répondit : « oui, maître « .

Farquar était revenu de sa rencontre avec Tregarron. Il avait décidé de devenir penseur pour surpasser toutes les supercheries des penseurs et les frapper. Helmuth alla parler à Tregarron. Tregarron  lui dit qu’il avait annulé la convocation des savants car il jugeait que ce n’était pas le bon moment pour les réunir. Tregarron avait aidé Helmuth à organiser les penseurs pour aider l’homme du commun et le spécialiste à progresser dans l’imagination humaine. Maizie, la fusée pour Mars, la bombe mentale avaient été construits pour que les humains aient foi en la science. Alors Tregarron ordonna à Helmuth de changer d’orientation pour ne pas se faire écraser par les scientifiques. Il voulait l’envoyer sur Mars et le remplacer par Farquar. Helmuth avait servi d’agent publicitaire pour la science et maintenant il n’était plus utile. Alors Helmuth murmura « cadum » croyant hypnotiser Arkadia mais Arkadia tendit à Tregarron un pistolet et dit Helmuth « pauvre Superman ! ».

La longue marche des cornichons (C. M. Kornbluth)

Efim Hawkins était potier. Un acheteur lui prit deux douzaines de carafes d’un litre. L’acheteur était accompagné de son secrétaire Gomez-Laplace. Une fois seul, Hawkins partit prospecter vers un terrain de tertres. Il balança sa pioche au hasard et déterra une pierre et il vit qu’elle comportait une inscription et une plaque en inox avec une autre inscription. Il put y lire « Honest John Barlow ». Barlow avait été électrocuté par son dentiste en 1988 mais il ne fut pas tué. Il était en état de transe. Il fut exposé au musée de l’université. En 2003, les bizuts reçurent l’ordre d’enlever Honest John de son cercueil de verre et de l’introduire dans les douches de l’Académie féminine de gymnastique Rachel  Swanson. Alors le conseil d’administration de l’université décida de placer Honest John au laboratoire universitaire de biologie pour y être scellé dans un caveau.

Hawkins comprenait ce qui s’était passé. Honest John avait été anesthésié accidentellement par la méthode Levantman. On aurait pu le sortir de sa transe par une injection de sérum physiologique dans le nerf trijumeau. Hawkins découvrit une grosse brique de bronze. C’était le cercueil d’Honest John. Hawkins retourna dans son atelier pour chercher une seringue et du sérum. Il put libérer Honest John et lui injecta du sérum. Honest John se réveilla et découvrit qu’il n’avait plus de vêtements ni de cheveux. Il voulut faire un procès à Hawkins qu’il prenait pour le dentiste. Alors Hawkins lui expliqua où il était. Honest John réalisa qu’il était dans un futur lointain et il rêvait d’en profiter pour faire fortune. Ensuite il appela le central de Chicago. Il donna de l’argent à Honest John qui eut du mal à croire que c’était du vrai argent donné pour rien.

Honest John fut pris en charge par Tinny-Peete, psychiste au Propop (problèmes de population). Tinny-Peete emmena Honest John dans sa voiture. Honest John fut impressionné par la vitesse. Le psychiste lui tendit un casque sans fil pour écouter la radio. Honest John écouta une émission de jeux. Puis les informations. C’était une série d’accidents mortels et le présentateur avait l’air désinvolte. Honest John retira son casque médusé. Ils arrivèrent à Chicago. Honest John profita de l’arrêt de la voiture pour s’enfuir. Il alla au cinéma. Le film était en relief et olfactif. Il vit aussi des plaidoyers contre la maternité. Le public ne manifestait  aucune répulsion. Il avait acheté le journal des courses. Tout était comme d’habitude et pourtant… Les chevaux semblaient plus lents qu’à son époque. Le psychiste retrouva Honest John. Il l’emmena  dans un bureau, et lui présenta  un homme. L’homme lui expliqua que le choc provoqué par les accidents, les maladies et les guerres avait été éteint  l’intelligence humaine. La majorité des médiocres avait pris le pas sur la population. Le quotient intellectuel moyen était de 45. Des généticiens formèrent une corporation fermée pour maintenir et améliorer l’espèce humaine. Il y avait 3 000 000 de généticiens pour 5 000 000 000 d’humains. Ils avaient  essayé de laisser les humains médiocres se débrouiller seul mais en deux semaines, c’était la famine et les épidémies et en trois semaines la guerre et l’anarchie.  Les films contre la maternité étaient faits  par les généticiens mais cela n’avait pas d’effet. Honest John avait  une idée mais voulait l’argent et la célébrité en échange.  Ryan-Ngana et le psychiste acceptèrent. Honest John comprit que Ryan-Ngana était d’origine africaine et ne voulait plus travailler avec lui. Tinny-Peete ne supportait pas le racisme de Honest John. Tinny-Peete envoya Honest John au pôle. Honest John  eut le mal de l’air car Tinny-Peete lui avait implanté une suggestion post-hypnottique pour qu’il éprouve la plus grande répugnance à l’idée d’un voyage de retour. Il fut autorisé à devenir dictateur mondial. Une semaine plus tard, le programme démarra. L’Amérique  du nord serait la première cible. Mme Garvy regardait la télé avec son mari. Une publicité vantait  les mérites d’un parfum qui permettait de séduire les hommes aussi facilement qu’un voyage sur Vénus. Mme Garvy pensait  qu’on ne pouvait pas aller sur Vénus. Le lendemain, elle alla chez son Freud lui demander de lui pardonner parce qu’elle avait des névroses et le Freud lui recommanda un peu de repos sur Vénus.

 Mme Garvy s’enleva de la tête qu’il n’y avait qu’une seule fusée et que le voyage sur Vénus avait été un échec. Elle obtint une croisière de deux semaines sur Vénus. Vénus ressemblait à une île tropicale de la Terre. Les vacances de Mme Garvy furent  pleines d’une magie nébuleuse. A la chambre du sénat, le sénateur Hull-Mendoza voulu savoir quelles mesures seraient prises pour coloniser Vénus. Il voulait qu’une ville entière soit tirée au sort pour être envoyée sur Vénus. Son projet devint une loi. C’est Los Angeles qui serait envoyée sur Vénus. Trois psycho-kinéticiens truquèrent le tirage au sort pour que Los Angeles soit désignée. Barlow imagina un procédé machiavélique pour que les terriens croient que le voyage sur Vénus se passait très bien. Des lettres seraient envoyées de Vénus vers la terre pour empêcher le moindre soupçon. Le monde entier envia les premiers colons de Vénus. Le président du Mexique lança son propre programme de colonisation de Vénus.

Les pays rivaux envoyèrent chacun des colonies sur Vénus. Lorsque l’émigration eut dépassé la moitié de la population mondiale, Propop toucha un dividende dans toutes les nations. Hull-Mendoza frappé de panique en découvrant qu’il présidait un pays en train de se vider, rejoignit ses électeurs. L’Indépendance, le vaisseau des membres du gouvernement national américain finit au même endroit que les autres. Black-Kupperman se tua, laissant une note disant qu’il ne pouvait pas vivre avec sa conscience. Le lendemain du jour où le président américain eût quitté ce monde, Borlow était furieux. Il n’avait pas reçu le document PropopFin alors que ce projet était entré en action. Il sonna Robbe-Smith, son statisticien.

Ils allèrent près d’un vaisseau. On montra un vaisseau à Borlow et on lui demanda d’y entrer. Il s’offusqua car il était le dictateur mondial. La dernière chose qu’il devait apprendre, c’est que la mort est la fin de la douleur.

A balancer ! (John Christopher).

Newsam faisait partie du club des officiers supérieurs de Mars. Il demanda à Steve de lui trouver le capitaine Gains quand il alla s’inscrire à son débarquement sur Mars. Au club, Matthews l’aborda il lui parla de la Terre et de la météo, ce qui était mal vu. Les mal adaptés au voyage étaient balancés sur la Terre.

Newsam alla chez Gains. Il n’y avait personne. Il l’avait connu à l’université de Tycho. Ils avaient passé ensemble leurs quatre premières années dans l’espace sur le Graylance. Larry Gains avait été blessé après que le Graylance avait été éventré par une masse rocheuse. Il avait eu droit à un an de congé sur Mars. La porte s’ouvrit et deux médecins entrèrent. Ils endormirent Newsam avec de la poudre. Newsam se réveilla dans le bâtiment du corps médical de Forbeston. Newsam était sous le vérificateur. Il fut interrogé. Le vérificateur resta sur sa couleur rose. L’interrogatoire ne révéla rien contre Newsam.

Plus tard, un des deux médecins, le capitaine Pinski,, lui offrit un verre et lui apprit qu’il n’était pas autorisé à le renseigner sur les causes de son passage sous le vérificateur. Newsam alla au quartier Est pour boire un verre. Il cherchait toujours Larry. Il parla à une amie, Cynthia. Elle savait pas où était Larry et en lui avait dit qu’il ne fallait pas poser de question. Newsam alla au bureau du Terminus. Il fut rejoint par Matthews qui l’invita chez lui. Matthews voulut savoir ce qu’on lui avait demandé. Newsam répéta les questions qu’on lui avait posées. Matthews lui révéla que Gains avait été classé et mal adapté et balancé sur Terre une semaine plus tôt. Matthews demanda à Newsam ce qu’il savait sur la Terre. Il savait que la Lune et Mars étaient restées neutres pendant la troisième guerre atomique. La Terre était empoisonnée de gaz radioactifs et peuplée de sauvages atteints par les radiations. Le Protocole stipulait que l’ancien et l’usé devaient être rejetés, que l’homme devait aller vers de plus vastes concepts sans se retourner.

Matthews faisait partie d’un groupe opposé au Protocole. Gains en avait fait partie. Il voulait retourner sur Terre pour la recoloniser. Newsam accepta d’aider Matthews. Il voulut partir sur Terre pour récupérer Larry. Matthews lui conseilla d’aller au bureau du Terminus pour s’y faire arrêter comme suspect. Une semaine plus tard, Newsam était jugé mal adapté et balancé sur Terre. Pinsky plaça Newsam sous le vérificateur pour un rappel de mémoire totale. Les révélations que Matthews avait faites à Newsam furent enregistrées. Newsam fut balancé sur Terre. Sa chute fut brutale et il s’évanouit.

Larry réveilla Newsam. Newsam lui avoua qu’il avait été interrogé et que le plan de Matthews avait échoué. Mais Larry lui dit que Matthews savait ce qu’il se passerait et avait prévu de piéger le Directoire en racontant une fausse histoire à Newsam.

La Terre n’était plus empoisonnée. Le directoire le savait mais il devait diriger des villes artificielles et soumises. Si des hommes revenaient sur Terre pour cultiver les champs, le Directoire n’aurait plus aucun pouvoir. Les rebelles avaient des agents sur les planètes colonisées et recrutaient des colons.

Aucun danger pour le chasseur (Brian Aldiss).

Keith Yale marchait seul sur une des plages préhistoriques de l’île. Sur Amelegle, le vrai silence n’existait pas. Yale prit des photos de grandes constructions métalliques. C’était le relais de navigation Omega. Ces Tours avaient été construites dans les années 70. Les hommes qui les avaient construites avaient exterminé les tortues géantes qui avaient rendu l’île célèbre. L’île avait servi de base pour bombarder « chirurgicalement » le tiers-monde. Un créole courut vers lui et le frappa à la tête. Yale reprit connaissance. Archipelago Zadar se tenait à ses côtés. Zadar lui apprit que c’était John Hakabele qui l’avait frappé.

Zadar l’attraperait et l’enverrait à Dar el Salaam en prison. Yale aimait Amelegle et ses habitants. Ils n’auraient pas dû le frapper. La vie n’avait été qu’une longue suite de déceptions depuis que sa femme avait été tuée dans un bombardement. Yale avait perdu sa micradio. Il soupçonnait Archipelago de lui avoir volée pour se mettre à l’écoute du Réseau Mondial d’Information.

Van Viner avait mis en garde Yale du danger. Une télé était allumée et Yale regarda les informations. Le tiers-monde avait attaqué l’URSS. L’Indo-Malaysie avait attaqué l’Australie.

Lim Kuai That, le leader du tiers-monde allait lancer un appel…

Yale pensa à sa fille qui vivait sur Mars. Van Viner arriva sur son VCA. Il voulait qu’Archipelago livre Hakabele sinon Van Viner lui causerait des ennuis. Mais Yale voulait qu’Archipelago punisse lui-même le coupable. Yale voulait que les habitants acceptent le progrès et que l’île soit transformée en base mais les autochtones ne voulaient pas de bombardiers.

Van Viner remarqua que Yale avait perdu sa micradio. Il ordonna à Archipelago de la retrouver où cela irait très mal. Van Viner voulait envoyer les créoles de l’île à Dar es Salaam mais Yale n’était pas d’accord. Yale appela sa fille qui lui demanda de revenir sur Mars.

Mais Yale n’était pas génétiquement auto-manipulé et adapté comme sa fille et son gendre. Il fallait être gama pour être apte à la vie coloniale sur Mars. De plus, Yale ne pourrait s’adapter au puritanisme de Mars et il avait les faveurs de Seyili sur l’île.

Van Viner voulait exterminer les habitants de l’île mais Yale voulait laisser Archipelago livrer les coupables.

Yale regarda les informations. Il pensait que les progrès de l’industrialisation, la généralisation de l’automatisation ne suffiraient pas à faire cesser la guerre. Yale vit Van Viner à repartir en hélico. Il savait qu’il allait attaquer l’île. Les frères Hakabele attaquèrent Yale. Ils lui  annoncèrent qu’ils voulaient l’expulser lui et Van Viner. Mais Yale les menaça avec son arme et ils l’écoutèrent. Il chercha à les convaincre d’accepter le progrès. L’automatisation de la Civox avait libéré l’homme du travail mais la guerre était devenue la seule raison de vivre. Les pays riches voulaient forcer les pays pauvres à accélérer le processus d’industrialisation. Puis Yale posa son arme. Il réclama sa micradio mais les frères Hakabele l’avaient jetée dans la mer.

Van Viner survola le bungalow et l’aspergea de gaz paralysant. Yale s’évanouit. Quand il se réveilla, Van Viner lui demanda de monter dans le VCA. Ils allèrent à l’enterrement d’Archipelago que Yale avait tué accidentellement quand celui–ci avait fait irruption dans le bungalow. Van Viner dit aux créoles qu’Archipelago avait été tué par les frères Hakabele. Mais Van Viner avait tué les frères.

Pourquoi ils ont envahi la Maison blanche (Doris Pitkin Buck).

Hubert avait fait la guerre en Extrême-Orient. Sa femme Lila était malade. Le 7 avril, elle demanda à Hubert de finir la déclaration d’impôts car elle ne voyait plus. La déclaration devait être envoyée le 15 avril au plus tard. Hubert prit une semaine de congés et travailla 19h/24 pour remplir la déclaration. Hubert devint sourd. Il fit une enquête dans le quartier. Il réalisa que les symptômes dont lui et Lila soufraient atteignaient aussi les gens du quartier au mois d’avril. Les gens étaient allergiques à l’impôt ! Hubert soumit son étude à des savants. Il eut le droit à une attention respectueuse. L’armée était inquiète, craignant de ne pouvoir rassembler suffisamment d’hommes en bonne santé pour former des unités de combat. Il voulut lancer un mouvement pour l’abolition de la déclaration d’impôts. Il fit le tour du pays avec un slogan : plus jamais d’ADR (allergies à la déclaration de revenus). Hubert fut placé à la tête de l’Etat dès le 10 novembre. Il s’attela à la grande révocation. Les ordinateurs furent utilisés pour enregistrer les déclarations de revenus. Mais cela engendra des erreurs. Les ordinateurs furent atteints par la rouille. Hubert réunit les deux Chambres pour leur annoncer que si les ordinateurs étaient allergiques aux impôts, les déclarations devraient être à nouveau remplies par les hommes avec l’aide de leurs femmes et de leurs enfants. Un test fut effectué sur un ordinateur devant les caméras. L’ordinateur fut alimenté en données. Les centaines de millions de téléspectateurs virent le métal immaculé de l’ordinateur se couvrir de taches. L’ordinateur gémit qu’il avait mal. Ce fut la fin du président et de la Maison blanche.

La loi anti-chiens de Cohen (Steven Schrader)

 

Seymour Cohen était un rebelle qui avait été interné en clinique pour être calmé. Il avait sacrifié sa liberté à une noble cause. Son seul motif de consolation est la loi anti-chiens Cohen votée par le conseil municipal. Il avait écrit à l’administration de la ville pour protester contre les excréments laissés par les chiens. Puis il décida de chier dans la rue. Les gens crièrent et le traitèrent de pervers. La police l’arrêta. Au tribunal, il distribua une déclaration qu’il avait rédigée : si les chiens ont le droit, pourquoi pas les hommes ? Il reçut une amende mais des gens le soutinrent. Ils l’élurent président. Ses soutiens se mirent à chier dans les rues. Alors Seymour Cohen fut interné à l’hôpital. Le nord York times publia un article sur la merde de chien et sa corrélation avec le cancer, l’asthme et le crime. A Central park, un shit-in attira 4000 participants. Deux camps adverses portaient des insignes pour se distinguer. Le maire vint voir Seymour Cohen à l’hôpital. Sa carrière était en jeu. Il demanda à Seymour Cohen d’admettre ses erreurs. Le maire lui proposa un poste à l’O. N. U. Seymour Cohen lui a aboya au visage et chia. Le maire démissionna et la loi anti-chien fut votée.

Seymour Cohen attendait sa sortie de l’hôpital pour voir la ville débarrassée des merdes de chiens.

« Repends-toi, Arlequin », dit M. Tic-tac (Harlem Ellison)

La nouvelle débute par une citation du livre « La Désobéissance civile » de Thoreau.

Le rebelle n’avait pas été repéré par Ceux-Qui-Faisaient-Fonctionner-La-Machine-En Douceur pendant des mois.

Puis était devenu une célébrité, « une fraction de la populace souffrant de troubles émotifs » aux yeux de l’Administration. L’affaire fut confiée à Monsieur Tic-Tac. Tout en bas de la société, il était considéré comme un Robin des bois et tout en haut, il était perçu comme une menace.

Monsieur Tic-Tac reçut le dossier du rebelle avec sa carte de temps et sa cardioplaque. Monsieur Tic-Tac pouvait abroger les années de vie de n’importe qui. Devant son masque, on l’appelait le Maître-Gardien du temps. Monsieur Tic-Tac réunit son état-major pour savoir qui était cet Arlequin. Arlequin s’empara d’un vaisseau et survola un trottoir, il fit une grimace aux femmes élégantes qui passaient et elles eurent peur. Les gardiens arrêtèrent le trottoir. Arlequin survola le bâtiment des Etudes de la Marche du Temps et largua 150 000 $ de bonbons sur les ouvriers qui sortaient de l’usine. Les ouvriers rirent mais le trottoir fut arrêté et ils furent précipités les uns sur les autres. L’équipe eut 7 minutes de retard. Le grand horaire prit 7 minutes de retard. Les quotas prirent 7 minutes de retard. Pour le système, c’était un désastre. Arlequin reçu l’ordre de comparaître devant M. Tic-tac. Arlequin se montra avec 3h00 de retard, chanta une chanson et disparut. On ne fabriquait et plus de bonbons depuis un siècle. Où Arlequin se les était était procurés ?

Etre en retard était devenu un péché puis un crime. Le cercle du temps et le cardioplaque avaient été imposés.

Si on était en retard de 10 minutes, on nous retirait 10 minutes de vie. Gardien-du-Temps pouvait envoyer un communiqué à un homme constamment en retard l’informant que son temps était passé et qu’il allait être désactivé. Everett était devenu Arlequin. Alice lui avait lu l’avis de recherche le concernant.

Arlequin avait lancé les fusées pétards qui annoncèrent sa présence à la 115e Invocation annuelle de l’Association médicale internationale. Il arriva avec 5 minutes d’avance et effraya les hommes qui lui avaenit tendu un piège à tel point qu’ils se prirent dans leurs propres filets.

Les médecins s’esclaffèrent et acceptèrent les excuses d’Arlequin. Un certain Marshall Delahanty fut informé par les services de M. Tic-tac qu’il allait être désactivé. Ce fut sa femme qui reçut la notification. Elle en fut à la fois horrifiée pour son mari et soulagée que ce ne soit pas pour elle. Marshall tenta de fuir les services de M. Tic-tac neutralisèrent sa cardioplaque et le cœur de Marshall s’arrêta.

Arlequin apparut au sommet du nouveau centre commercial et apostropha la foule. Il leur conseilla de profiter du soleil et de laisser la vie les porter à leur propre rythme.

Il dit : « A bas M. Tic-tac ! ».

M. Tic-tac ordonna aux ouvriers de cesser le travail et d’arrêter Arlequin. Il réussit à fuir mais l’événement avait retardé de plusieurs heures le cycle des ventes. Ce fut la pagaille. Tic-tac utilisa tous les moyens à sa disposition pour arrêter Arlequin.

Il fut capturé. Il avait accumulé un retard de 63 ans. C’est à Alice  qu’il avait dénoncé. Tic-tac voulait que Arlequin se repente mais comme il refusa, Tic-tac l’expédia à Coventry.

On s’occupa de lui de sorte qu’un jour il apparut sur les écrans pour se repentir.

 

Au pays du sourire avec Franz (Norman Kagan)

 

I

Zirkle travaillait comme opérateur de la MNY. Il se força à partir travailler car il avait envie de rester avec sa femme Barbara. Zirkle demanda à Kernan quel était le programme. Il devait programmer un truc social alors Zirkle se rendit à la bibliothèque des programmes. Le docteur Progoff était le patron du centre. Il avait fait un doctorat de théorie pure puis s’était engagé dans les maths appliquées et l’informatique.

Un sociologue, le pr Lerner, demanda à Zirkle s’il comptait voter. A Zirkle répondit oui. Il voulait voter pour Kafka et Lerner le lui déconseilla. Lerner pensait que le vote Kafka court-circuitait la pensée. Lerner se demandait ce qui arriverait avec une majorité pour Franz.

Zirkle n’avait pas confiance en ces salles politiciens et pensait qu’il faudrait élire un robot.

Zirkle fit une pause avec Randall. Les haut-parleurs du salon se mirent à gronder.

II

Les nouvelles annonçaient des émeutes contre les expositions organisées par ICM. Les rebelles réclamaient du travail et refusaient de programmer des machines. La sécurité avait ouvert le feu sur eux.

Un président automatiser était envisagé pour ICM. Randall et Zirkle reprirent le travail puis Zirkle voulut appeler Barbara. Elle n’était pas là.

Il ne la trouve pas chez lui. Alors il se précipita dans la rue et pensa à Kafka.

III

Il avait lu le Château et le Procès et il se rappelait K qui essayait désespérément d’atteindre les fonctionnaires du château et venait à douter de leur existence. Le malheureux héros du Procès ignorait pour quelle raisons on l’avait arrêté.

Michael Zirkle comprenait que cet auteur fut important pour bien des gens. Les gens avaient l’impression d’être coupés de tout, de ne pas avoir leur place dans l’espace. L’automation ne donnait plus de raison de travailler. Les gens se sentaient vulnérables.

Zirkle entra dans un bar. Sur l’écran, un jeune homme appelait à voter pour la liste Homo. Quelqu’un mit une pièce dans le juke-box et la salle vibra aux ACCENTS de « les filles sont comme des pianos » du Beatle X. Zirkle vida son verre et sortit. Il pensa aux objectifs de l’homme moderne : l’exploration spatiale qui éveillait peu d’enthousiasme, les pays sous-développés, la recherche scientifique, améliorer notre monde.

Tout cela n’avait pas d’intérêt. Il appela chez lui et Barbara n’était pas là. Il appela son amie Sandra, pas de réponse. Il  réalisa que Barbara l’avait libéré de son aveuglement devant la réalité. Par ordre du Château la recherche scientifique consistait à devenir programmeur afin de pouvoir postuler au poste de greffier dans le Procès.

ICM était là pour longtemps. Il s’engouffra dans le métro.

IV

Zirkle alla chez Randall. Randall avait invité son ami Bennet, l’étudiant en lettres. Ils regardèrent l’émission « Passez cet examen » offerte par ICM. Les candidats étaient Steiner Steinstein qui avait gagné une bourse pour un doctorat accéléré et Beatle X, vagabond qui avait quitté l’école à 12 ans mais célèbre depuis trois mois avec son tube « les filles comme des pianos ».

Il y avait aussi deux membres de la Multiversité de New York, Progoff (le patron de Zirkle) et Lerner, spécialiste des zones émotionnellement troublées du pays.

Un ordinateur donna les résultats de l’analyse des deux candidats. Steinstein était promis un avenir brillant et Beatle X au désastre. Steinstein était le gagnant.

La mère de Beatle X apparut sur l’écran. Elle implorait son fils d’aller à l’université, de travailler et d’obéir aux grandes corporations. Le médecin de Beatle X lui demanda d’obéir à ICM puis Harold, le copain du frère de Beatle X prit le relais. Bennet changea de chaîne. Puis Bennet sortit et Zirkle le suivit. Bennet avait parlé de l’humour de Kafka et Zirkle voulut comprendre alors Bennet lui parla du livre « l’Amérique ». Kafka avait dit bien des choses sur l’aliénation. ICM avait trouvé quelques petites réponses à certaines questions importantes et avait organisé le monde autour de ces réponses.

Ceux qui avaient choisi une vie dénuée de plaisir et de satisfactions étaient socialement aliénés. Kafka obtenait des résultats humoristiques par l’exagération fantastique.

Ils retournèrent chez Randall. Il  leur dit que sur 5 % des résultats connus, l’ordinateur prévoyait la victoire des aliénés. Zirkle rentra chez lui en pensant aux élections. Démocrates ou républicains, ICM ou Multiversités de Californie, la différence n’était que de surface.

Le vote Kafka était peut-être le premier pas vers une nouvelle approche. Le vote aliéné permettrait aux gens de dire ce qu’ils ressentaient. Barbara était là. Elle lui dit que les machines n’avaient pas enregistré son inscription à l’université de sorte qu’il y était devenu un inconnu qui lui avaient envoyé un bulletin de conscription. Barbara avait couru toute la journée pour lui. Ils firent l’amour. Le lendemain, il ne fut pas surpris d’apprendre que Franz  Kafka avait été élu président.

Prendre son pied avec Amaryllis (Richard Hill)

Mode et sa femme Amaryllis allèrent dans un night-club. Ce night-club était tenu par Fuzzy Lipshits qui se vantait d’avoir Andy Warhol pour client. Les serveuses avaient les seins nus.

Mode Harley et Amaryllis espéraient voir Andy Warhol. Amaryllis but plusieurs Margarita. Elle était devenue vindicative. Elle dit à Harley qu’il était un tocard. Elle lui reprocha d’avoir voté pour Reagan comme gouverneur de Californie. Harley avait toujours accepté ce que voulait Amaryllis. Ils avaient fait de l’échangisme, il lui avait trouvé des petites minettes.

Leur voisin de table, un Noir nommé Lamont Cranston leur conseilla de se tirer à San Francisco pour se libérer de leurs blocages bourgeois. Harley démissionna du service d’entretien des terre-pleins centraux du département d’équipement des autoroutes et Amaryllis quitta son boulot de masseuse. Ils vendirent leurs duplex et partirent pour San Francisco.

Ils n’eurent pas besoin de s’abonner à un réseau rose car c’était inutile à San Francisco. Mais ils attrapèrent des maladies. Harley dut recourir à la pénicilline. Ils achetèrent une traction avant Citroën qui avait appartenu au gouvernement de Vichy. Fuzzy Lipschits avait acheté le garage sentant le vent tourner mais il l’avait vite revendu. Les relations entre Harley et sa femme se dégradèrent. Ils étaient perçus comme des bourgeois. Amaryllis découvrit un exemplaire du livre de propagande de Max Rafferty dans l’armoire de Harley. Elle dit à Harley que leur relation n’allait plus. Ils mangeaient dans le nouveau restaurant de Fuzzy. Lamont Cranston était là. Il reprocha à Harley d’être toujours un tocard. Il leur conseilla de divorcer. Ils allèrent à las Vegas pour divorcer. Ça se passa encore chez Lipschits. Ils retrouvèrent la passion. Ils vendirent la Citroën pour acheter une libidomobile. C’était une moto réglée pour obtenir des extases sexuelles grâce aux vibrations. Harley était malheureux car il rêvait d’une vie bourgeoise et conservatrice. Ils roulèrent sans voir que la limousine noire qui les dépassait les était celle de Fuzzy et que celui –ci était accompagné de Andy Warhol.

Lieuvert (Tom Purdom)

 

Aux abords de Lieuvert, Nicholson s’assit dans un fauteuil roulant et s’injecta un produit dans le biceps. Il était accompagné d’un sec (employé non spécialisé) qui transportait son matériel de dictée. Il avait un brouillard au médius de la main gauche pour bouleverser le système nerveux de ses ennemis et deux bombes de gaz de psycho-actif dans la poche de sa chemise.

Sur son fauteuil, il avait un générateur d’odeurs et un générateur de bruit.

Lieuvert avait été construit peu avant 1980. Chaque pâté de maisons avait moins de 15 habitations qui avaient toutes leur pelouse et leur cour de derrière. Le député Martin Boyd était probablement l’homme le plus puissant des Etats-unis. Il était le patron incontesté du huitième district électoral depuis 1982. Maintenant que la science médicale avait assuré à la plupart des gens une durée de vie indéfinie, son organisation était en passe de dominer le district pour toujours. Boyd était riche. Il était entouré de psychologues. Il contrôlait la commission du règlement de l’Assemblée ainsi que la sous-commission à la culture et aux loisirs.

Nicholson était sous l’emprise de la drogue alors le sec le poussa sur son fauteuil. Le MST était le plus puissant excitant psychologique sur le marché. Il multipliait les facultés d’observation et la qualité de la pensée. Grâce à ce produit la psychothérapie avait fait un bon en avant de plusieurs dizaines d’années.

L’art sinistre de la manipulation des sociétés avait également progressé. Les habitants de Lieuvert observaient Nicholson. La crainte des sondeurs de cerveau semblait faire partie du conditionnement et qu’imposait au district l’organisation de Boyd. Les psychologues de Boyd contrôlaient les électeurs de manière plus subtile avec des inspecteurs déguisés en représentants de commerce ou des fêtes foraines de quartier où les attractions constituaient autant de tests psychologiques camouflés.

L’organisation de Nicholson se composait de cinq hommes et il était le seul psychologue exercé du groupe. Une inspection aux MST, c’était pour une petite organisation le seul moyen d’en apprendre assez sur l’état d’esprit des électeurs pour mener une campagne vigoureuse. Deux policiers arrivèrent pour interroger Nicholson. Les habitants de Lieuvert crièrent aux flics de faire PARTIR les deux intrus. Une fillette courut vers Nicholson et le traita de méchant. La fillette tomba et sa mère vint la chercher en lançant un regard noir à Nicholson. Les flics ordonnèrent à Nicholson et à son employé d’avancer des et ils le suivirent. Une jeune fille bondit devant Nicholson. Elle croyait qu’il espionnait pour la société laitière et que Nicholson voulait leur vendre du mauvais lait.

Elle s’appelait Betty Delange et poursuivait Nicholson. Des gens furent attirés par les cris de la fille. C’étaient des jeunes qui semblaient séduits par la fille. Un jeune homme arriva tenant un appareil qui diffusait des sons. C’était un appareil psychique. Un garçon jeta de la crème glacée sur les genoux de Nicholson. Betty excita la foule contre Nicholson. Il y avait des fumeurs et Nicholson savait qu’ils étaient pourtant assez jeunes pour n’avoir atteint leur 12e année qu’après les campagnes antitabac des années 70. Un homme le frappa. Les habitants de Lieuvert n’appartenaient qu’à un seul type psychologique : les oraux. Nicholson fut arraché le son fauteuil. Nicholson se défendit en tirant avec son brouilleur. Nicholson et le sec étaient roués de coups mais le sec se battait. Nicholson envoya une odeur suffocante et la foule s’enfuit.

Les oraux trouvaint leur plaisir dans la nourriture, lisaient certains livres et suivaient certains programmes télévisés. On pouvait les manipuler avec des symboles mettant en jeu la bouche ainsi que les émotions associées à un ventre bien plein.

Boyd avait amené toute une communauté au type oral. Nicholson et téléphona le soir même à Bob Dazella à Washington pour révéler sa découverte. Boyd pouvait manipuler les électeurs en appliquant une technique unique. Nicholson avait gagné la première bataille mais cela signifiait seulement qu’il lui faudrait continuer la guerre. Pour un peu, il aurait aimé avoir perdu.

Le boomerang (Gene Wolfe)

Miss Bushnan bénissait la générosité de la république souveraine de Suisse. Elle allait participer à la conférence des Nations unies sur les valeurs humaines et avait été logée gratuitement alors qu’elle était simple observatrice sans droit de vote. Dans sa chambre, il y avait une Fontaine avec un triton en pierre qui pouvait se métamorphoser. Miss Bushnan désirait Brad (son vrai nom était Aaron comme l’avait révélé le procès). Le triton se changea en Brad.

Sal, le secrétaire Louis XIV, sur roulettes lui annonça l’arrivée d’un Monsieur. C’était le Pape Honorius V. Il était à ses côtés aux sessions du conseil.

Le Pape demanda à lui parler en privé et Sal, le meuble parlant, roula vers la cuisine.

Il allumera un cigare. Miss Bushnan se rappela que c’était le délégué de la France qui lui avait dit que l’homme à côté d’elle était le Pape. Miss Bushnan pensait que la papauté avait disparu avec Jean XXIII. C’était ce qu’elle avait retenu des machines à enseigner à Radcliffe. Il ne restait que 100 000 croyants dans le monde. Miss Bushnan aurait voulu que l’on jugule tout ça depuis belle lurette. Natacha Nikolayeva, déléguée de l’URSS appela Miss Bushnan au vidéophone. La soviétique voulait connaître l’avis de Miss Bushnan sur son discours à l’ONU.

Dans ce discours à elle avait évoqué les chambres à gaz d’Hitler et avait parlé de la nécessité de restituer à la vie humaine une valeur économique. Miss Bushnan avait été consternée mais ne le dit pas. La soviétique invita Miss Bushnan à l’ambassade russe de Genève. Elle la placerait à côté du délégué français qui avait été charmé par Miss Bushnan.

Le Pape lui révéla que les délégués avaient décidé de faire voter les observateurs pour la séance de clôture pour avoir  l’unanimité sans restriction. Voilà pourquoi le Pape et Miss Bushnan étaient courtisés.

Le Pape lui expliqua que si lui elle refusaient de voter, ils s’opposeraient à l’ONU et des millions d’hommes se rallieraient à leur étendard. Miss Bushnan dit au Pape que son ex-mari était en prison et elle ne voulait pas qu’il y reste. Elle avait donc peur de s’opposer à l’ONU.

Le délégué des Etats-unis appela. Il voulait que les Etats-unis retrouvent leur prééminence internationale et pour ce faire, il fallait emprunter au modèle soviétique. Le souhait du délégué était de louer les prisonniers états-uniens à des fermiers pour 5000 $ annuels, cela permettrait aux Etats-unis de se libérer des frais de prison.

Il fallait donc mettre en œuvre un marché supranational et restaurer l’esclavage. Cela serait un nouveau marché pour les Etats-unis.

Le délégué des Etats-unis fit pression sur Miss Bushnan. Si elle refusait de voter, l’organisation qu’elle représentait perdrait son exemption d’impôts. Le délégué états-unien expliqua à Miss Bushnan qu’elle pourrait récupérer Brad en tant qu’esclave. Miss Bushnan allait voter la motion pour sauver son organisation. C’est ce qu’elle avait dit au délégué états-unien. Le Pape subirait lui aussi la pression d’un gouvernement, celui de l’Italie.

Est lui conseilla de mentir en disant qu’il voterait favorablement au retour de l’esclavage.

Le Pape trouva l’idée astucieuse et promis de publier une encyclique pour soutenir Miss Bushnan si elle refusait de voter pour l’esclavage. Le Pape s’absenterait lors du vote pour les obsèques de la dernière nonne à Saint-Pierre de Rome.

Le pugiliste (Poul Anderson)

 

Le colonel Dowling était interné dans un hôpital. Il reçut une lettre de sa femme. L’enveloppe portait le tampon « censure ». Elle parlait des enfants. Elle espérait que tout finisse bientôt et qu’il rentre la maison.

Mannix entra dans la chambre de Jim Dowling. Il lui annonça qu’il pourrait sortir quand il le voudrait. Jim avait été opéré. Mannix lui expliqua que l’opération était obligatoire car le diagnostic avait décelé un cancer. La régénération était possible mais si Jim acceptait de se faire soigner à Moscou.

Jim avait été accusé de complot contre la République populaire des Etats-unis. Les Etats-unis avait imposé le collectivisme. Les écoles recevaient des cours d’histoire et d’idéologie sur bandes.

Après le traité de Berlin, les Etats-unis reçurent le droit d’entretenir des forces armées et furent accueillis dans la coalition des pays partisans de la paix contre les révisionnistes sino-japonais.

Dit me faisait partie de la société Stephen Decatur. Mannix promit l’amnistie à Jim s’il révélait tout ce qu’il savait.

Mannix emmena Jim dans son bureau où figuraient une photo de Lénine et une du président.

Sotomayor avait organisé la société Stephen Decatur en en prenant la direction.

Après la guerre sacrée, la convention constitutionnelle avait proclamé la République populaire. Les Etats-unis étaient sous la tutelle russe. Jim avait fréquenté des rebelles à Westpoint. Ils voulaient libérer les Etats-unis de la tutelle russe.

Jim les aida et entra à la société Stephen Decatur.

Il fut initié et un psycho- technicien lui expliqua que la drogue, la privation de sommeil, les chocs physiques le garantiraient s’il était soumis au sérum de vérité.

L’URSS contrôlait toute l’Europe occidentale. Il y avait une guerre civile en URSS. Vassiliev s’opposait à Kounine. C’était le parti communiste contre les partisans d’une dictature militaire.

La société Decatur était pour le camp de la dictature militaire.

Mannix voulut savoir si Jim complotait pour la dictature militaire et Jim répondit qu’il voulait seulement maintenir l’équilibre des Etats-unis.

Mannix lui répondit que les Asiatiques jouaient un rôle et soutenaient la société Decatur.

Les Japonais voulaient manipuler les Decaturistes pour dominer les Russes. Mannix confia Jim à des spécialistes en interrogatoire. Il fut drogué. Il avoua que les Decaturistes avaient un équipement pour établir le contact avec des camarades situés n’importe où. La police n’avait qu’à percer à jour ce système.

On équipa Jim d’une arme atomique miniature. Comme on lui avait retiré le pénis, lors de son opération, l’arme avait été cachée dans un faux pénis. On lui  apprit à se servir de l’arme. Jim contacta les Decaturistes comme Mannix le lui avait ordonné. Il leur donna rendez-vous pour leur livrer des informations comme il put le leur faire croire.

Ils l’attendirent dans un bar situé dans un village de lieux de plaisir. Un homme l’aborda et lui demanda de le suivre dans une voiture portant les initiales du service de sécurité. Wagner, l’homme qui l’avait abordé, l’interrogea. Jim dut inventer un mensonge pour justifier son absence d’un mois.

Il dit qu’il avait été appelé à des conférences ultra-secrètes jusqu’en Europe. Il dit aussi que les autorités avaient compris qu’un complot visait à s’emparer des bases lance-missiles. Jim dit que le personnel américain des lance-missiles serait remplacé par du personnel étranger. Wagner fit interroger Jim et le soumit à des épreuves mais il le fut pas percé à jour.

Wagner allait envoyer Jim voir Sotomayor, personnage légendaire qui coiffait la société Decatur. Wagner l’amena par les transports publics. Ils arrivèrent à Oakland. Ils allèrent dans un grand édifice d’aspect vétuste. C’était la demeure de Lorenzo Berg, directeur de l’Energie électrique pour la Californie du nord. C’était un Decaturien depuis qu’il avait accompli son service militaire. Jim vit Sotomayor parmi d’autres Decaturiens. Après la fin de la discussion, Sotomayor proposa un verre à Jim. Sotomayor voulait mieux connaître Jim Carrey le croyait capable d’être amené à un idéal plus élevé. Sotomayor  évoqua la Constitution des Etats-unis rédigée en 1786. Il était encore possible de la trouver dans des ouvrages érudits. Sotomayor voulait reprendre l’idée première de Jefferson, rédiger une loi fondamentale qui ne transige pas avec l’Etat. Il  dit à Jim  qu’il avait des projets pour lui et qu’il ne laisserait pas retourner à la base. Jim eut un malaise. Il alla dans les toilettes, baissa son pantalon et ressortit pour attaquer Sotomayor. Il le rata. Sotomayor réalisa que Jim s’était fait retirer le pénis. Il lui dit qu’on faisait la même chose aux pugilistes dans la Rome antique pour que leur rancœur les pousse à lutter sans peur et sans pitié. Alors Jim le tua. Les Decaturistes voulurent intervenir Jim en tua deux et ils battirent en retraite. La police arriva. Jim dit être un agent politique et on lui laissa la chambre de Sotomayor. Jim lut la Constitution des Etats-unis et il pleura. Mannix arriva et pensa que Jim était épuisé. Nîmes fut envoyé à Moscou et redevint un homme complet mais avec Bonnie, sa femme, il ne valait plus rien du tout.

La révolte masculiniste (William Tenn)

1 –l’avènement du suspensoir.

Edward Pollyglow confectionnait des vêtements pour hommes. Il fabriquait un seul article. Une blouse tous usages. Puis était apparu le style interchangeable. Il n’y eut plus de débouchés pour des vêtements purement masculins.

Pollyglow médita sur l’arrivisme des femmes qui leur avait permis de supplanter les hommes tout au long du 20e siècle. Il conclut qu’on pouvait faire remonter les ennuis des hommes peu avant la première guerre mondiale. Quand le tailleur pour homme fut créé, cela entraîna la création de vêtements pour femmes imités à partir de ceux pour hommes. Les modes « pour lui et pour elle » suivirent. Elles devinrent universelles en 1991.

Le pouvoir politique des femmes ne cessa de croître. Les offres d’emploi basées sur une discrimination des sexes furent sanctionnées.

La Cour suprême décida que le sexe que était une question personnelle limitée à la peau de l’individu. Deux mois plus tard, le style interchangeable apparut.

Pollyglow regarda de vieilles gravures. Il remarqua un portrait du 15e siècle. Un homme portait haut-de-chausse. Pollyglow remarqua le suspensoir dans l’entrejambes et cela lui donna une idée. Il dessina une blouse avec suspensoir. Mais les grossistes refusèrent le nouveau vêtement. Alors Pollyglow emprunta beaucoup d’argent pour lancer une campagne publicitaire. Un spécialiste en études de marché lui fit remarquer que le vocable « masculin » était devenu péjoratif alors Pollyglow accepta la proposition du spécialiste et il trouva un slogan : « habillez-vous masculiste ! ». Il créa un club masculiste et reçut des demandes d’inscription du monde entier. Les blouses masculistes eurent du succès. Pollyglow ne donna aucune suite au club masculiste qui n’était qu’un côté amusant de la campagne publicitaire.

Mais la concurrence s’empara de l’idée de Pollyglow alors il rencontra Stephen Leonidas Mibs, chef d’un mouvement philosophique. Mibs lui conseilla de reprendre l’idée du club masculiste. La seule condition d’admission serait la virilité. Mais il fallait voir plus grand et Mibs lui conseilla de créer un mouvement. Les annales masculistes devaient désigner plus tard ce déjeuner sous le nom d’entente de Long champ.

L’avoué de Pollyglow établit un contrat nommant Mibs directeur des relations publiques des entreprises Pollyglow. Les demandes d’adhésion affluèrent et Pollyglow fit des affaires d’or.

Il créa un hebdomadaire les Nouvelles masculistes puis à mensuel le Torse velu. Mibs avait trouvé deux slogans pour ces revues « les hommes sont différents des femmes » et « les hommes valent les femmes ». Pollyglow écrivait l’éditorial.

Il appelait les hommes à l’action. Des loges de la Société masculiste furent créées. La déclaration des principes de la loge du Montana devint le préambule de la charte nationale masculiste : « tous les hommes en naissant sont les égaux des femmes… parmi ces droits figurent la vie, la liberté et la recherche du sexe opposé ». Mibs créa son mouvement la ligue Stephen L. Mibs. Mibs gagna une fortune avec son livre « l’Homme, le premier sexe ». Pollyglow avait abandonné la confection pour hommes. Il ne fabriquait plus que le suspensoir.

Pollyglow était devenu le percepteur attitré des contributions rmasculiste à l’échelle mondiale. Un conflit éclata entre Pollyglow et Mibs. Mibs voulait que les hommes cherchent querelle. Chaque loge masculiste donnait des leçons d’escrime et avait un stand de tir. Le code du duel fut remis en vigueur.

Il y eut un tollé dans l’opinion publique mais les lois n’empêchèrent pas les duels. Pollyglow exigea la fin de ce désordre mais Mibs se voulait le chef spirituel du masculisme. Il voulait être obéi alors Pollyglow devint un personnage représentatif même muet.

2 – Dorseblad.

Les masculistes firent une émeute en Californie et libérèrent une prison.

Henry Dorseblad avait passé 18 ans dans cette prison dans la section « pensions alimentaires ». A 22 ans, il avait été victime de sa logeuse qui l’avait embringué dans le mariage. A cause de ses besoins, elle ruina.

Sa femme le poursuivit en justice pour défaut d’entretien. Il alla en prison. Elle obtint le divorce et une pension alimentaire. Dorseblad reste en prison car elle ne pouvait pas payer. Sa femme se remaria et enterra deux époux. Le troisième fut emprisonné pour défaut d’entretien.

Dorseblad passa 18 ans à étudier les problèmes sociaux et la lire les classiques des relations entre les sexes. Un Henry Dorseblad nouveau fut relâché dans le monde par la cohue des masculistes. Il fut arrêté dans un autre Etat. Il refusa d’accorder une entrevue au gouverneur parce que c’était une femme. Les masculistes en firent leur héros et dévastèrent la prison où il était enfermé pour le libérer.

Dorseblad passa à la télévision. Il devint une vedette. Mibs fut éclipsé. Dorseblad avait refondu les éditoriaux de Mibs pour ses discours avec le fanatisme d’un prophète. Les femmes étaient aussi frappées par son éloquence. Elles accoururent en foule pour l’écouter.

Il ajouta une longue plume d’aigle au chapeau melon du masculiste. Dans le monde entier, on massacra les aigles. Il ajouta une clause belliqueuse rmasculisme : « pas d’incapacités légales sans avantage légaux correspondants ».

Les hommes refusèrent d’être soutien de famille ou soldats s’ils n’étaient pas reconnus monarques dans leur foyer. Les cas de femmes battues augmentèrent. La société masculiste engagea ses ressources pour défendre les hommes lors des procès. Arriva le Privilège du Phallus.

Mibs céda la place de chef du masculisme à Dorseblad. Dorseblad créa un modèle de suspensoir à pois du grand chef pour lui seul. Dorseblad voulut l’abrogation du 19e amendement.

Dorseblad conclu des pactes avec les républicains et les démocrates.

Des femmes créèrent un groupe : les compagnes du suspensoir pour défendre le masculisme.

Une semaine avant les élections, Dorseblad lâcha les équipes d’action directe dans tous les Etats-unis. Il s’enchaînèrent près des bâtiments officiels. ¼ du congrès fut élu sur un programme masculiste et les trois-quarts du corps législatif. La presse fut divisée sur l’abrogation du suffrage universel féminin. Seul le New York Times garda son sang-froid en demandant que la décision soit juste en tout état de cause.

Il manquait une voix pour la majorité des deux-tiers requise pour vote de l’abrogation. Alors Elvis P. Borax qui avait laissé passer son tour déclara qu’il s’était décidé et vota non. Borax leva l’étendard de la contre-révolution.

3 – la contre-révolution.

37 Etats avaient libéralisé leurs lois sur le divorce au profit de l’époux.

Borax fut candidat à la présidentielle. C’était la première fois qu’un homme était candidat depuis des décennies. Il établit son programme sur l’idée de la mère pure et immaculée.

Il était célibataire parce que sa mère avait besoin de lui. Il enregistra un chant à la gloire de la mère qui fut un succès.

Les masculistes choisirent une femme comme candidate, Miss Strunt, déléguée permanente des Etats-unis à la conférence de la paix et du désarmement à Paris.

Dorseblad l’accompagna dans ses meetings. Elle parlait du plaisir d’être femme dans un monde authentiquement mâle. Les intellectuels soutenaient Borax mais les masculistes étaient favoris dans les sondages. Borax devint survolté.

Mibs en avait assez d’être dans l’ombre et créa les Masculistes anonymes.

Ses membres devaient se vouer au célibat et n’avoir aucune relation avec les femmes. Il fut sacré grand maître. Il voulait organiser des attentats contre les bureaux des licences de mariage et les organisations mixtes. Un des hommes de confiance de Mibs vendit la mèche à Dorseblad. Les masculistes anonymes furent dissous.

Lors de l’avant dernier combat contradictoire télévisé entre Borax et Strunt, Borax accusa Strunt d’être l’amie d’un ex-failli, d’un ex-repris de justice et d’un ex-homosexuel. Mibs provoqua alors Borax en duel.

Borax voulut présenter des excuses mais ne put refuser le duel. Borax eut le choix des armes. Il choisit le pistolet avec l’aide de ses conseillers. Il reçut un entraînement durant deux jours avec le champion de tir des Etats-unis. Il trouva une idée dans la biographie d’Andrew Jackson. Jackson avait laissé son adversaire tirer le premier. Son adversaire le manqua et Jackson pris son temps pour ajuster son tir et tua l’homme. Même Mibs ne le manqua pas.

Il atteignit Borax à la joue droite et la balle sortit par la joue gauche.

Strunt voulut annuler le dernier débat télévisé mais Borax, bien que blessé, refusa.

Borax ne dit pas un mot et fixa tristement l’auditoire en montrant sa blessure. Il leva une grande photo de sa mère et pleura. Il gagna l’élection.

Mibs s’enfuit en Angleterre. Pollyglow se tint dans l’ombre jusqu’à sa mort. Dorseblad fut lynché par des femmes. Le suspensoir avait survécu comme partie du costume masculin mais comme drapeau d’une trêve.

Paul et son arbre (Gene Wolfe).

Le gouverneur de l’Etat avait fait appel à la garde nationale. Morris en parla avec son voisin Russel. Paul, le fils de Morris, avait construit une cabane dans un arbre. La cabane était à 15 mètres. Russel dit que c’était dangereux mais Sheila, la mère de Paul ne voulait pas contrarier les inclinations naturelles de son fils. Paul avait une corde pour monter dans sa cabane. Sheila se leva et vint discuter avec Russel et Morris. Elle parla aussi des émeutes. Elle parla de Paul qui n’avait pas quitté sa cabane depuis jeudi.

Quand Morris se retrouve seul, il décida de prendre une échelle et de monter chercher Paul. Il faillit tomber et l’échelle se renversa. Alors Russel arriva est redressa l’échelle. Morris redescendit. Russel  lui parla des émeutiers qui prenaient les uniformes des policiers tués pour les endosser et foutre la pagaille.

Morris ordonna à son fils de descendre mais en vain.

Russel proposa d’abattre l’arbre mais Morris avait peur pour Paul. La radio annonça que les citoyens de la paix avaient été dispersés par les sections d’assaut du parti nazi américain. Morris promit à son fils de lui installer une piscine s’il redescendait. Pas de réponse. Russel revint avec une hâche et fit une entaille à l’arbre.

Morris lui demanda s’il avait une échelle plus grande que la sienne et il en avait une. Ils la posèrent contre l’arbre.

Morris en montant vit un incendie au loin. Il redescendit. Des sirènes retentirent et un camion arriva. C’étaient les nazis qui attaquèrent Morris. Paul lança des pierres pour défendre son père. Morris reçut un grand coup de chaîne sur le dos.

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26 juin 2017

Hommes et civilisations fantastiques.

Serge_Hutin_Hommes_et_civilisations_fantastiques

 

Hommes et civilisations fantastiques (Serge Hutin)

 

1 Mystères dans le ciel et sur la terre.

 

Serge Hutin prétend que le tableau d'ensemble de l'évolution de l'humanité est plus complexe que ce que les anthropologues affirment. Il donne l'exemple d'une petite boîte métallique trouvée dans les environs de Bagdad, âgée de 4500 ans et qui serait une pile électrique. Il pense que la lointaine antiquité aurait pu voir se dérouler un terrifiant  conflit nucléaire. Il évoque des remparts de granit  vitrifiés en Irlande et en Ecosse. Il en conclut que ces remparts auraient été attaqués par des assaillants employant des armes atomiques.

Serge Hutin évoque le savant allemand Deissman qui, en 1929, découvrit dans l'une des salles fermées au public du palais Topkapi, à Istanbul, des cartes qui avaient appartenu à l'amiral turc Piri Reis.

En 1950, paraissait aux Etats-Unis un ouvrage d'Immanuel Velikovsky intitulé " Mondes en collision". Velikovsky   voulait prouver que les cataclysmes relatés par les traditions et mythologies du monde entier correspondaient à des catastrophes terrestres réelles.

 

Cela provoqua  la colère des astronomes. Serge Hutin croit que l'histoire de l'humanité remonte bien plus loin que celle communément admise. Il s'appuie sur l'occultiste Helena Petrovna Blavatsky pour l'affirmer.

Serge Hutin croit en l'existence des soucoupes volantes et se demande quelles sont les vraies raisons du black-out officiel.

Serge Hutin se demande si la météorite géante qui s'est écrasée en Sibérie dans le territoire des Toungouses le 30 juin 1908 n'était pas un gigantesque vaisseau spatial.

 

Pour Serge Hutin, la destruction des cités de Sodome et Gomorrhe relatée dans la Genèse serait peut-être d'origine extraterrestre.

Serge Hutin imagine que sur notre globe existeraient des noeuds  qui permettraient à deux régions du continuum spatio-temporel de s'interpénétrer malgré leur fabuleux éloignement objectif.

Serge Hutin remet en question l'astronomie en affirmant que Pluton ne semble pas du tout être la dernière planète de notre système. Il cite un savant chinois Liou-Tse-Houa qui, en 1940, publia un livre sur la planète Proserpine qui existerait par-delà Pluton.

 

Serge Hutin affirme même qu'un astronaute croyait avoir vu sur la lune les ruines d'une sorte d'édifice de sept étages.

 

 

2 Hyperborée.

 

Selon des vieilles traditions sanskrites, c'est près du pôle nord que serait apparu le tout premier continent habité. La zone arctique avait alors un climat tropical. L'axe terrestre se serait depuis inversé. Serge Hutin considère que la Sibérie, l'Alaska, le Groenland, le Spitzberg, l'île Jan Mayen et l'Islande sont des vestiges de l'hyperborrée.

Selon l'astronome Bailly guillotiné sous la Terreur, les Atlantes peuplèrent jadis le Spitzberg.

Plutarque aurait évoqué l'existence de trois îles situées à l'ouest de l'Europe où résidaient des hommes civilisés. Serge Hutin pense qu'on ne peut nier l'existence des échanges commerciaux entre les Grecs puis les Romains et des peuples mystérieux, Cimmériens, Hyperboréens qui occupaient encore de lointaines régions septentrionales, voisines du cercle polaire.

 

René Guénon dans "Le roi du monde" évoquait Thulé, terre septentrional, qui fut l'un des principaux centres spirituels, sinon même  le centre suprême d'une certaine période. Dans la mythologie hindoue, il est parlé de l'île blanche située dans les régions boréales et considéré comme le séjour des bienheureux. Le nom "Tula" signifiant l'île blanche se trouvait connu également des anciens Mexicains.

Serge Hutin pense que l’île de Thulé était l’Islande. Serge Hutin évoque 2 livres « La porte sous les eaux » de John Flanders (pseudonyme de Jean Ray et Michel Jansen) et « Dwellers in the mirage » (les habitants du mirage) d’Abraham Merritt. Ces livres relataient l’existence de l’Hyperborée. Serge Hutin mentionne le livre de Raymond Bernard « La terre creuse » dans lequel il était question de l’expédition de l’amiral Byrd dans le grand nord-américain. Il aurait découvert une ouverture dans la croûte terrestre qui donnait accès à une vaste région souterraine jouissant d’un climat tropical. Le département d’Etat américain aurait interdit la divulgation de cette découverte.

 

3 Gondwana, la Lémurie, Mu.

 

W. Scott Elliott, ami de Mme Blavatsky, avait écrit un livre « la Lémurie perdue » dans lequel il décrivait les mœurs d’êtres pas tout à fait humains qui auraient vécu quelques millions d’années avant les premiers mammifères et auraient réussi à dresser les reptiles gigantesques de l’Atlantide.

Serge Hutin évoque trois continents disparus : le Gondwana qui aurait occupé l’antarctique, l’océan Pacifique, l’océan indien, l’Amérique du sud, l’Afrique centrale et méridionale, l’Inde du sud qui aurait été la première masse continentale du globe terrestre. La Lémurie aurait été le continent situé dans l’océan indien. Madagascar, une partie de l’Afrique et le Dekkan en seraient des témoins géologiques.

Le continent de Mu aurait occupé l’océan Pacifique. L’île de Pâques et la Californie en seraient les vestiges. Mu aurait disparu à cause d’un cataclysme vers 12 000 avant j-c.

Serge Hutin affirme qu’on aurait retrouvé en Antarctique des fossiles attestant l’existence d’une végétation tropicale. L’une des stations américaines situées en Antarctique aurait gardé le secret de la découverte de vestiges d’un très ancien dallage. Serge Hutin évoque un musée de Djeddah près de la Mecque. Personne n’est admis à le visiter. Il contiendrait des stèles païennes pré-islamiques. Serge Hutin prétend que ces stèles pourraient être des vestiges Lémuriens.

Le nom de Lémurie vient des romains pour qui les lémures étaient des larves, âmes venues du tréfonds des enfers pour tourmenter les vivants. Serge Hutin pense que les lémuriens étaient de deux types de races. L’art lémurien pourrait ressembler à à la cité de Zimbabwe découverte en Rhodésie par Adam Ramday en 1868 ou à Machu Pichu selon Hutin.

Dans les Andes péruviennes se trouvaient des rochers sculptés à Marcahuasi dont les contours n’apparaissaient que sous un éclairage solaire bien déterminé. Hutin se demande si les Lémuriens les auraient sculptés.

Même dans la forêt de fontainebleau se trouverait une caverne, la « grotte du sarrasin » dont les parois recouvertes de signes linéaires que l’archéologue Robert Ganzo aurait reconnu comme une forme plus primitive de l’écriture cunéiforme des Sumériens.

 

Le colonel James Churchward prétendit avoir pris connaissance de documents sur lesquels veillait  un prêtre bouddhiste de Birmanie. Ces documents révélaient l’existence du continent de Mu qui avait occupé l’océan Pacifique plus de 10 000 ans avant j-c. Les statues colossales de l’île de pâques en seraient un vestige. Un cataclysme astronomique aurait arraché le continent de Mu et la masse circulaire se serait rassemblée dans l’espace pour former la lune La lune aurait donc moins de 10 000 ans !

En Californie, on trouverait toutes sortes d’inscriptions ne correspondant à aucune inscription connue. Dans le Mont Shasta vivrait une population très évoluée fuyant tout contact avec les voyageurs. Ils vivraient dans une cité inconnue cachée à l’intérieur du cratère du Mont Shasta.

 

4 L’Atlantide.

L’atlantide c’est Platon  qui l’a évoquée le premier dans le Timée et le Critias. L’ancêtre de Critias, Solon, aurait rencontré un prêtre en Egypte qui lui aurait raconté l’histoire de l’Atlantide. D’après l’historien Diogène Laërce, les prêtres égyptiens possédaient des manuscrits de 48 863 années antérieures au règne d’Alexandre le Grand.  C’est en  9564 avant j-c que l’Atlantide aurait été engloutie. L’Atlantide formait une très grande île avec une plaine fertile  et une haute montagne.

C’est Poséidon qui aurait fait jaillir une source d’eau chaude et l’autre froide sur l’Atlantide. Les Atlantes creusèrent un canal et construisirent un pont. Il y avait des résidences pour les rois, une acropole entourée d’une enceinte revêtue d’orichalque, un alliage savamment composé.

Atlantis était la capitale de l’Atlantide. Poséidon et Clito étaient les ancêtres des Atlantes. Dans leur religion, il y avait un rite de communion sanglante au dieu, dont le fidèle était censé s’incorporer la force en s’abreuvant du sang d’une victime animale.

Platon raconte la décadence du peuple Atlante dans Critias. Cette décadence serait venue des métissages croissants. Les Atlantes auraient  été en guerre avec les habitants de la cité qui avait précédé Athènes et cela aurait entraîné un cataclysme. L’Atlantide disparut dans la mer en un jour et nuit.

D’après Serge Hutin, il existe au musée de l’Ermitage un papyrus de la 12e dynastie égyptienne décrivant l’engloutissement de l’île du Serpent après la chute d’une étoile. Hutin pense que cette île était l’Atlantide.

L’étoile aurait été une météorite. Les indiens Parias qui vivaient dans le Vénézuela dans un village appelé Atlan. Ils perpétuaient la tradition d’un désastre qui avait détruit leur pays, une vaste île de l’océan.

Les Atlanta auraient inventé des engins volants, des sous-marins, des voitures à suspension. Le cataclysme qui détruisit l’Atlantide pouvait être une explosion nucléaire. Pour Serge Hutin, l’Atlantide aurait été peuplée par trois races :  Une aryenne dont le foyer primitif fut peut-être   l’Hyperborée, la deuxième race  rouge brun et la troisième de complexion olivâtre ou brune, analogue à l’une des races de la Lémurie.

Serge Hutin estime que l’Égypte aurait connu la civilisation il y a plus de 20 000 ans.

Il pense que les pyramides et le Sphinx sont plus anciens qu’on ne le croit.

Serge Hutin relate la découverte, d’un des premiers califes du Caire Il fit faire  un passage jusqu’au couloir d’entrée de la grande pyramide. Les ouvriers débouchèrent dans la chambre de la reine et dans celle du roi. Ils virent deux statues. L’une d’un homme en pierre noire, tenait une lance et l’autre d’une femme en pierre blanche, brandissant un arc. Sur une table, se trouvait un vase hermétiquement clos, taillé dans du cristal rouge. On l’emplit d’eau. Il pesait aussi lourd plein que vide.

Il y avait aussi un astronaute ayant la forme d’un coq en or rouge écaillé de pierres précieuses. Le coq poussa un cri quand les ouvriers s’en approchèrent. Pour Serge Hutin, tous ces objets provenaient de l’Atlantide et il croit  que des chambres souterraines secrètes existent sous les pyramides.

Elles auraient servi à des initiations. Les pyramides auraient été laissées aux prêtres égyptiens initiés par les Atlantes. Serge Hutin pense même qu’elles avaient été agencées pour servir d’abris anti-atomiques !

Le géographe Berlioux avait écrit en 1883 « les Atlantes, histoire de l’Atlantis et de l’Atlas primitif ». Il estimait que l’Atlantide avait constitué une civilisation dans tout l’Atlas marocain. Serge Hutin relate la découverte par les Espagnols d’une population blanche aux îles Canaries, les Guanches. C’était peut-être les descendants des Atlantes. La montagne sacrée des Atlantes, le mont Pico, correspondait à l’une des actuelles Comores.

Serge Hutin pense que les Basques sont d’origine Atlante. Leur langue ne ressemble à aucune langue européenne mais a des affinités avec certains dialectes d’Amérique latine.

Joseph Smith, le fondateur des mormons pensait que les Hébreux avaient découvert l’Amérique. Cela expliquerait la croyance des Indiens d’Amérique qui pensaient avoir été civilisés autrefois par des hommes divins à la peau blanche.

La civilisation celte elle-même pourrait avoir des origines Atlantes. Serge Hutin fait pour cela un rapprochement entre les menhirs et les monuments en pierre de l’ancienne Egypte, entre Carnac et Karnac.

Serge Hutin évoque l’ensemble mégalithique de Stonehenge qui révèlerait des connaissances astronomiques extrêmement profondes.

D’après les professeurs Colton et Martin, de l’université de Melbourne, Stonehenge aurait permis de calculer les éclipses avec précision.

Les menhirs de Carnac permettraient de retrouver la disposition précise de toute une partie de la voûte céleste visible dans l’hémicycle boréal. A l’époque celtique, il y eut plusieurs submersions.

La légende de la ville submergée d’Ys un bien de cette époque.

Serge Hutin prétend qu’en Espagne, il existe de nombreux mégalithes issus de la prodigieuse colonisation atlante. A Rio-Tinto, sur le site de la cité antique de Niella, on trouverait les vestiges d’un vaste port atlante.

5 L’Eldorado et les amazones.

Les premiers conquistadors entendirent des Indiens leur parler d’un royaume extraordinaire, difficile d’accès. Le souverain de ce royaume se montrait nu et couvert d’or lors d’une cérémonie dont le nom d’El dorado. On recherche l’Eldorado en vain. Serge Hutin affirme que dans les régions les moins connues des Andes, des Indiens se targuent de rapports occasionnels avec un peuple inconnu de race blanche qui habite une ou deux cités cachées au cœur de la forêt vierge.

On aurait retrouvé au Brésil des inscriptions phéniciennes qui donnaient les noms et les dates du règne des souverains de Sidon et de Tyr.

Dans certaines tribus indiennes d’Amazonie, on découvre la présence d’une divinité carthaginoise :  Keri.

En 1925, le colonel P. H. Fawcett prétendit avoir découvert la mystérieuse  cité perdue atlante du Mato grosso.

Serge Hutin évoque le mystérieux Philippe auteur d’un ouvrage intitulé le Secret des Andes, membre des sociétés secrètes  l’Ordre ancien de l’Améthyste et de l’Ordre de la Main rouge.

Frère Philippe prétendait que l’Amérique précolombienne gardait la survivance de l’héritage scientifique et spirituel de la Lémurie et de l’Atlantide.

En 1957, frère Philippe aurait dirigé une expédition archéologique sous l’Ordre de la Main rouge. Il aurait découvert des ruines fantastiques avec des monuments et des inscriptions en langue inconnue dans les cités de Paititi. Les peuples de cette région auraient affirmé que leurs ancêtres avaient eu des contacts avec les « peuples du ciel ».

Serge Hutin prétend que les fondateurs de l’empire des incas étaient des étrangers à la peau blanche et aux yeux bleus.

Hutin explique le peu d’usure des dallages du réseau routier de l’empire inca par l’existence de véhicules sur coussin d’air construits par les descendants des Atlantes. Les Aymaras seraient les héritiers des Atlantes et auraient dominé le futur territoire des incas. Ils auraient construit le réseau routier et les cités gigantesques avant que l’Atlantide soit engloutie.

Les Aymaras auraient émigré vers l’ouest après la disparition de l’Atlantide. Hutin prétend que les Incas n’avaient fait que s’installer dans l’œuvre énigmatique qu’est Machu Pichu. La cité aurait été construite du bien avant l’arrivée des Incas.

D’après Hutin, les Mayas se considéraient comme les descendants d’une population divine venue « du côté du levant » et rescapée d’une terre mystérieuse et effondrée dans l’océan oriental.

Hutin eux pense que la civilisation maya révèle des ressemblances avec celle de l’Egypte et elles auraient l’Atlantide comme source commune.

Hutin prétend qu’une société secrète mexicaine détient des manuscrits qui proviendraient de l’Atlantide. Hutin évoque le mythe des Amazones qui auraient existé en Grèce et en Amérique du sud.

Diodore de Sicile relate comment Myrina reine des amazones rassembla une armée de guerrières pour conquérir l’Atlantide.

6 Dans les entrailles du globe.

Hutin évoque les grottes d’Ussat-Les-Bains qui auraient été utilisées par les cathares pour leurs cérémonies secrètes. La pyramide de Falicon près de Nice est un temple souterrain utilisé par Aleister Crowley pour ses cérémonies. Helena Blavatsky aurait exploré les cavernes de Bagh en Inde. Hutin affirme qu’Edgar Poe aurait reçu une initiation magique dans les monts Apalache.

Hutin évoque la théorie de la terre creuse. Jules-vernes avait appuyé son roman Voyage au centre de la terre sur une vieille tradition islandaise : l’alchimiste Arne Sakhnussen serait, au 16e siècle, parvenu au centre de la terre et en serait revenu. L’astronome Edmond Halley développa l’idée que la terre sera constituée de cercles concentriques habitables.

Le capitaine Jonathan Cleves Symnes envoya une lettre aux savants du monde en 1818 dans laquelle il déclarait que la terre était creuse et habitée intérieurement. Edgard Poe a  utilisé ce thème dans Manuscrit trouvé dans une bouteille.

Un aviateur allemand, Peter Bender fonda la doctrine de la terre creuse et il fit des adeptes dans les années 30 parmi lesquels des nazis. Il mourut dans un camp de concentration.

Tous les sites dits « porte des enfers » doivent être considérés comme ayant été le théâtre de rites initiatiques souterrains. Pour ressusciter et pour s’élever aux cieux il faut avoir préalablement traversé les ténèbres, avoir triomphé des terreurs infernales, être passé par la mort initiatique.

Le mont Saint-Michel aurait été bâti sur l’emplacement d’un temple druidique souterrain. Une tradition affirme l’existence d’un gouvernement secret de notre pays, contrôlé, depuis la christianisation de la Gaule, par une société secrète extrêmement fermée et placée sous le patronage de l’archange saint-Michel. Dans la forêt de Brocéliande, un dolmen  est considéré comme le tombeau de Merlin l’enchanteur. C’est là que se trouverait l’accès menant à de mystérieuses cavités souterraines.

Les peuples souterrains sont décrits dans diverses traditions : la main qui forgea l’épée du héros germanique Siegfried, le dieu Vulcain qui façonna le bouclier d’Achille.

Ossendowski, Saint Yves d’Alveydre, René Guénon et Frida Wion ont évoqué  l’Agartha. Le souverain de l’Agartha serait le roi du monde. Il serait apparu à Delhi en 1937, lors des fêtes du couronnement du roi George VI comme empereur des Indes.

Agarttha signifie en sanskrit « insaisissable, inaccessible ». Shamballah désigne la métropole et le centre suprême de l’Agartha. L’Agartha serait protégé par des barrières magnétiques. Selon une tradition mongole, il viendra un temps où les peuples d’Agartha sortiront de leurs cavernes et apparaîtront sur la surface de la terre. Ce sera la fin du présent cycle terrestre. Le roi du monde serait non seulement le souverain de l’Agartha mais aussi le symbole vivant de l’alliance suprême réalisée entre le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle.

Paul Grégor dans un livre intitulé «  Journal d’un sorcier » relate son aventure au Brésil. Il aurait visité des grottes contenant des galeries et colonnades pleines de vestiges d’une vieille civilisation.

7 L’héritage des géants.

Au début du 16e siècle, on découvrit un squelette d’homme de taille gigantesque. C’était le roi des Cimbres, l’une des tribus qui avaient envahi la Gaule.

Mais Cuvier s’aperçut qu’il s’agissait d’une mystification. A Tihuanaco, on a découvert toute une cité bâtie à l’échelle d’hommes dont la stature était de 3 ou 4 mètres. A Tihuanaco, se trouve un édifice étrange, les Portes du soleil, couvert de hiéroglyphes représentant un calendrier correspondant aux cycles de la planète Vénus.

L’île de pâques a été étudiée par Francis Mazière. Il pensait qu’elle avait été peuplée par des précolombiens venus du Levant. Leurs ancêtres auraient disposé d’une force, le « Mana »Que les initiés savaient manier. Cela leur aurait permis d’élever les célèbres statues. 

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08 juin 2017

franc-maçonnerie sous l'Occupation

botrel

 

Histoire de la franc-maçonnerie française sous l’occupation (Lucien Botrel)

 

Chapitre 1 des proscrits.

 

L’auteur révèle, durant la guerre, il était employé dans un bureau administratif d’une ville du nord-ouest. Un de ses chefs avait été révoqué car il avait été franc-maçon. Botrel se souvient que le directeur de l’école primaire de garçons du quartier où il habitait fut pareillement révoqué. C’était un socialiste et il avait été vénérable d’une loge locale.

 Ces révoqués reçurent des manifestations de sympathie de leurs collègues et voisins.

Si bien que les adeptes de la collaboration ne  manifestèrent pas leur satisfaction. Les deux révoqués purent obtenir une situation dans des entreprises de travaux publics travaillant pour l’armée allemande.

Chapitre 2 les groupements humains dans la France occupée.

 

Botrel évoque le drame vécu par les juifs. Il pense que les statistiques sont incomplètes s’agissant des juifs étrangers qui avaient cherché refuge en France. Il estime que les Eglises ont peu souffert même s’ils pensent la neutralité des pasteurs a été parfois ambiguë. Les partis politiques et syndicats ont été interdits après la signature de l’armistice.

Le parti communiste a été particulièrement éprouvé. Des dizaines de milliers de communistes ont été déportés et fusillés. Le parti socialiste a également compté un nombre élevé de morts et de déportés.

Botrel n’oublie pas le sort réservé aux tziganes. Il rappelle que les francs-maçons étaient 60 000 en 1939. En 1945, ils n’étaient plus que 20 000. Les temples avaient souvent été détruits. La reconstruction fut lente.

Botrel cite les notes rédigées par Pierre Laval, à la prison de Fresnes, en 1945 : « il était de notoriété publique que je n’approuvais pas les mesures prises contre les sociétés secrètes…

J’avais toujours considéré l’action antimaçonnique comme une manifestation de l’esprit réactionnaire et clérical, Et mes différends avec le maréchal ou avec son cabinet sont souvent venus de leurs dissentiments à ce sujet… »

Botrel ne le croit pas. Botrel veut démontrer que la franc-maçonnerie a bien été victime de Vichy. Il cite le Vichyssois Henri du Moulin de la Barthète, directeur du cabinet civil de Pétain qui s’était vanté de s’être opposé à la persécution des francs-maçons.

En réalité Petain avait écrit : « un juif n’est pas responsable ses origines ; un franc-maçon l’a toujours été de son choix ».

A la veille de la guerre, Francis Viaud s’était inquiété du totalitarisme grandissant. Il avait dit au convent du Grand Orient de 1938 : « le camp de concentration, la délation, la basse police, la confiscation des biens, l’assassinat. Voilà les armes employées pour assujettir inflexiblement l’individu à l’Etat. Premières victimes : les francs-maçons, symboles même de la pensée libre, dès lors, dangereux comme côtoyant l’esprit critique… »

Albert Lantoine, de la Grande Loge de France, avait affirmé : si demain la république s’écroulait, la franc-maçonnerie se trouverait parmi les ruines ».

Chapitre 3 débuts de l’occupation.

 

En juin 1940, l’occupant veut interdire les « sociétés secrètes » et poursuivre leurs adeptes.

En 1871, lors de l’invasion et de l’occupation prussienne, la franc-maçonnerie avait déjà été accusée de cosmopolitisme. Les loges d’Alsace-Lorraine avaient été dissoutes.

En 1939, la puissance de l’Allemagne nazie avait été sous-estimée, presque ignorée par les Français, y compris les francs-maçons. En juin et juillet 1940, les dirigeants des obédiences maçonniques improvisèrent des mesures de sauvegarde. Mais elles étaient trop tardives et insuffisantes.

En juin 1940, les anti-républicains accédaient miraculeusement au pouvoir. La devise « liberté, égalité, fraternité » chère aux francs-maçons était remplacée par celles très bien pensante « travail, famille, patrie ».

Les dignitaires du Grand Orient transférèrent les fichiers  de leur obédience de Paris à Bordeaux et ceux  de la Grande Loge de Paris à Niort. Les fichiers furent brûlés avant l’arrivée des Allemands. Mais tout ne fut pas détruit. Il restait des listes d’abonnés aux revues maçonniques, des listes d’affiliés chez les responsables des loges.

Ainsi des perquisitions aux domiciles des francs-maçons furent fructueuses. Et les services de police allemand et français purent reconstituer les fichiers brûlés.

Le 7 août 1940, le grand maître Arthur Groussier crut opportun d’adresser à Pétain une lettre qui lui fut reprochée à la Libération. Il avisait le maréchal que le Grand Orient cessait ses activités. Il rappelait la pérennité des principes fondamentaux de la franc-maçonnerie et les services rendus à la patrie. Groussier espérait obtenir la sécurité pour les francs-maçons.

Le 13 août 1940 fut publiée la loi portant interdiction des sociétés secrètes.

Les allemands occupèrent les temples maçonnique et en confisquèrent le matériel. Rosenberg pilota la lutte antimaçonnique. Son représentant français était Ebert et son adjoint Utikal. Au procès de Nuremberg seront mentionnés les transferts en Allemagne des mobiliers des documents des loges du Grand Orient de Bordeaux et Caen. Les Allemands s’emparèrent des locaux parisiens du Grand Orient et de la Grande Loge dès leur entrée dans la capitale. Les grands maîtres Arthur Groussier et Michel Dumesnil de Gramont furent interrogés par la police allemande en leurs domiciles. Les Allemands cherchaient le trésor des francs-maçons et furent vite déçus. La lutte contre les francs-maçons faisait partie des préoccupations des nazis. Ainsi le manuel ultra-secret « Informations shaft » dont devaient être munis les conquérants en cas de succès de l’opération otarie (invasion des îles britanniques) comportait une liste des recherches prescrites. En priorité, se trouvaient les loges maçonniques considérées comme institutions dangereuses.

Dès 1927, apparut en Allemagne l’annonce d’une future persécution des francs-maçons. Ludendorff publia « Anéantissement de la franc-maçonnerie par la révélation de ses secrets ». Rosenberg dénonça le « complot judéo-maçonnique » dans son pamphlet « Mythe du 20e siècle ».

Les S.A. détruisirent des loges allemandes dès 1931. En 1933, Hitler révoca les fonctionnaires francs-maçons et déporta les dignitaires maçons. Les biens des maçons furent collectés par Himmler et Heydrich. Le 4 janvier 1934, une ordonnance de Goering contraignit les loges allemandes de l’auto-dissolution.

Le 8 août 1935, la franc-maçonnerie allemande cessa officiellement d’exister. Une obédience s’exila en Amérique du sud et une autre en Palestine.

La franc-maçonnerie ne put renaître en Allemagne qu’en 1949.

 

Chapitre 4 lois d’interdiction.

 

Seuls 11 députés francs-maçons sur 51 et neuf sénateurs sur 34 refusèrent de voter les pleins pouvoirs à Pétain.

Le 13 août 1940, la loi portant interdiction des sociétés secrètes fut promulguée. Elle fut signée par Adrien Marquet et Raphaël Alibert (garde des sceaux).

Le Grand Orient et la Grande Loge furent déclarés nuls par décret du 19 août 1940. Le 20 août 1940, tous les fonctionnaires furent obligés de rédiger une déclaration de non appartenance aux sociétés secrètes.

Le Droit humain et la Société théosophique furent constatés nuls par décret le 27 février 1941.

La loi du 11 août 1941 permit la publication au Journal officiel des noms des officiers et dignitaires des loges et la révocation des fonctionnaires francs-maçons.

Le 15 décembre 1941, un arrêté du ministre de l’intérieur porta création du service des sociétés.

Le 7 août 1940, Bernard Faÿ remplaça Julien Caïn à la direction de la Bibliothèque nationale. Il fut chargé de centraliser les archives maçonniques.

Faÿ avait été enseignant. Il était monarchiste. Avec l’accord des Allemands, il s’installa rue Cadet, au Grand Orient et  fut rejoint par Jean Marquès-Rivière, ancien membre de la Grande Loge de France dont il avait démissionné en 1931.

Marquès-Rivière fut désigné comme responsable du service des recherches. La rapidité des nominations de tous ces responsables laisse présager qu’une conspiration antimaçonnique avait démarré bien avant le début de l’occupation.

Henry Coston s’empara des locaux de la Grande Loge de France. Il publia le Bulletin d’informations antimaçonniques.

En 1941, deux services de police antimaçonnique furent créés à Paris. Un service allemand dirigé par Pfannstiel et Moritz dans les locaux de l’ambassade du Canada. Un service dépendant de l’antenne parisienne du gouvernement de Vichy fonctionna dans l’ancien siège de la société théosophique dissoute comme formation par paramaçonnique.

Ce service fut dirigé par les commissaires Dejean et Moerschel. A Vichy, en avril 1941 fut créé le service de police des sociétés secrètes dirigé par Robert Labat, ancien membre des services secrets.

Tous ces services ne purent prouver l’existence d’un complot maçonnique international ou une sédition à caractère cosmopolite.

Les lois antimaçonniques furent rapidement appliquées. Ainsi l’orphelinat maçonnique fut dissous et ses locaux mis à sac par la gestapo dès octobre 1940.

 

Chapitre 5 la propagande antimaçonnique.

 

La propagande antimaçonnique servit à tenir en éveil l’opinion sur le « péril maçonnique » et justifier les mesures d’exception prises sur les francs-maçons.

Vichy publia une brochure « Pourquoi a-t-on condamné la franc-maçonnerie ? » pamphlet qui reprenait toutes les accusations traditionnelles.

La presse était sous le contrôle de l’occupant et Radio Paris était le moyen de propagande privilégié. Des nouveaux journaux apparurent : « la France au travail » dirigée par Henry Coston, « les Nouveaux temps » dirigé par Luchaire et « le Cri du peuple » de Doriot. « Au pilori » de Pierre Costantini s’était spécialisé dans la dénonciation du « péril judéo-maçonnique ».

« Je suis partout » était contrôlé par Lucien Rebatet, Brasillach et Drieu la Rochelle.

« L’Illustration » de Jacques de Lesdain avait consacré plusieurs pages à l’exposition antimaçonnique d’octobre 1940 au Petit palais.

Avant la guerre, Ferdonnet et Pemjean avaient créé le Grand Occident par opposition au Grand Orient. L’entrée se faisait par une initiation. Pemjean était l’inventeur de la devise « travail, famille, patrie ».

En octobre 1941, fut créée la revue « les Documents maçonniques ». Elle était richement illustrée. Elle était dirigée par Bernard Faÿ avec l’aide de Jean Marquès-Rivière et Robert Valéry-Radot.

En 1943, Marquès-Rivière et Jean Mamy (sous le pseudonyme de Paul Riche) réalisèrent le film « Forces occultes » pour stigmatiser la franc-maçonnerie. On y voyait l’initiation du député nationaliste Avenel dans un temple maçonnique.

Bernard Faÿ parcourut la France pour présenter des conférences contre la franc-maçonnerie. Il les présentait dans d’anciens temples maçonniques. D’autres conférenciers comme Valéry Radot parcoururent la France pour dénoncer la franc-maçonnerie. Ces conférences attirèrent 70 000 personnes en zone nord et 40 000 en zone sud en 1942. Mais les temples maçonniques n’auraient pu accueillir tant de personnes en si peu de temps.

Eugène Deloncle, créateur de la Cagoule, fonda en 1940 le Mouvement social révolutionnaire dirigé contre les juifs, les francs-maçons et les communistes. Il fut abattu par les Allemands le 3 janvier 1944 alors que son domicile était perquisitionné.

Chapitre 6 difficultés d’une contre-propagande.

L’ordre maçonnique avait été dissous deux fois officiellement. D’abord par ses propres dirigeants puis de fait par les autorités. Ceci rendait impossible une action organisée. A titre individuel, beaucoup d’entre eux ne furent pas sans réagir. Mais leur isolement et à cause de la surveillance et des poursuites qu’ils subissaient, leur réaction fut sans résultat tangible. Les francs-maçons pris ès qualités ne trouvèrent pas beaucoup d’aide et de défenseurs dans l’opinion. Même de l’étranger, il n’y aucune voix pour s’élever contre les répressions antimaçonniques. Il y eut tout de même quelques rares interviews faite à la bbc par des francs-maçons invités par l’équipe française de la radio de Londres. Mais certaines études sont menées pour tenter d’expliquer la réelle passivité des opinions anglo-saxonnes qui ne dénoncèrent que très peu les exactions hitlériennes. Les soviétiques étaient opposés à la franc-maçonnerie et il ne fallait pas s’attendre de leur part à une quelconque défense des maçons.

En France, l’opinion enregistrait avec indifférence les épreuves qui s’abattaient sur des catégories entières de citoyens. Chacun était si peu sûr du lendemain qu’il ne pouvait guère porter attention à ce qui ne le touchait pas directement.

Chapitre 7 attaques officielles.

 

La campagne antimaçonnique fut ardemment est constamment soutenue par ses promoteurs, les dirigeants de l’Etat français.

Le premier numéro des Documents maçonniques fut présenté par le maréchal Pétain : « j’approuve (donc) entièrement l’entreprise de cette revue qui doit porter la lumière dans un domaine longtemps ignoré des Français ». Les éditoriaux suivants étaient signés des dignitaires de Vichy. Cette revue s’abstenait totalement de fait référence à des textes origine allemande.

Le but de cette revue était de désigner le bouc émissaire. On écrase un adversaire avec d’autant plus de facilité qu’il est à terre.

Vichy voulait ainsi détourner l’attention des Français sur des malheurs pourtant perçus directement : occupation, disette et pénurie, guerre.

Xavier Vallat, Philippe Henriot, Charles Maurras avaient profité de la défaite de 1940 et de l’instauration de la dictature de Vichy pour proclamer « la justesse de leurs vues prophétiques ».

Chapitre 8 mobiles et thèmes de la « croisade antimaçonnique ».

Les causes de la répression dont la franc-maçonnerie fut l’objet sont à rechercher dans le fanatisme du nazisme et de ses alliés mais aussi dans l’ancestrale opposition « franc-maçonnerie/totalitarisme ».

Il n’est pas surprenant que tous les apôtres traditionnels de la « croisade antimaçonnique » aient saisi l’occasion qui leur était offerte de déverser leurs sarcasmes habituels. On peut regretter que des personnes moins engagées aient mêlé leurs voix à ce concert d’imprécations. C’est ainsi que le « Journal de Rouen », naguère connu comme quotidiens de province des plus sereins, rapporta les propos tenus en novembre 1940 par Pierre Étienne Flandin qui disait toute sa haine de la « domination du judéo-maçonnique ».

Les francs-maçons furent donc souvent rangés parmi les fauteurs de guerre et les responsables de la défaite par les zélateurs de Vichy.

L’antimaçonnisme de Vichy tirait sa source de la bulle papale du 27 avril 1738 de Clément XII et qui frappait la franc-maçonnerie d’excommunication. Les motifs de cette bulle étaient que la franc-maçonnerie était une société secrète, ses serments étaient anti-religieux, elle soutenait le mal, elle combattait la religion, elle méprisait les lois et admettait leur violation, elle servait de prétexte à la constitution de groupes d’intérêts financiers.

Sous l’Espagne franquiste, être franc-maçon était un crime. Les ennemis de la franc-maçonnerie pouvaient être recrutés dans trois groupes : les naïfs, mystiques, inconditionnels de la religion, catholique particulièrement. Les adversaires belliqueux de mauvaise foi. Les adversaires de bonne foi, soucieux de l’orthodoxie des croyances.

La défaite de 1940 fut souvent présentée par le clergé comme châtiment infligé à la France impie.

L’affaire Stavisky provoqua un scandale en 1934 et des francs-maçons y furent impliqués. Cela avait joué dans l’antimaçonnisme de Vichy.

Même si la franc-maçonnerie avait poussé 3000 de ses membres à démissionner suite à ce scandale.

La violence et la fréquence des attaques subies par la franc-maçonnerie en 1934. Dans l’affaire Stavisky présageait de ce qui devait arriver sous l’occupation. La haine et le fanatisme qui accompagnaient naguère les affrontements entre les religieux catholiques et les francs-maçons a perdu de son intensité après Vichy. Mais d’autres fanatiques se sont révélés habiles à utiliser la propagande antimaçonnique. Les ayatollahs d’Iran avaient affirmé en 1983 que les francs-maçons et les sionistes avaient joué un rôle très important dans l’élection de Mitterrand. Un ancien ministre du chah d’Iran qui avait rompu avec son régime avait été condamné à mort par les ayatollah sous prétexte qu’il était franc-maçon.

Chapitre 9 effets de la répression.

En conséquence de la voie du 15 août 1940, les fonctionnaires et membres des services publics étaient astreint à signer une déclaration sur l’honneur de n’avoir jamais appartenu à une société secrète. Ceux qui avaient fait une fausse déclaration furent révoqués dès que leurs noms furent révélés au Journal officiel dans la liste des franc-maçons.

Fin 1943, le total des listes de franc-maçons comportait 17 000 noms. Les services des sociétés secrètes n’avaient pu établir le tableau intégral des affiliés. Les francs-maçons proscrits purent à peu près tous retrouver une situation professionnelle et circuler dans la cité sans être la cible de sarcasmes.

Il fallait tout de même du courage et de la détermination aux franc-maçons pour avoir encore la volonté de participer à la résistance. Les séquelles de cette proscription se firent sentir à la Libération. Un nombre assez important de ces victimes des lois d’exception ne sollicita pas une reprise d’activité dans les ateliers maçonniques reconstitués : les tracas auxquels ils avaient été soumis les avaient conduits à demeurer dorénavant réservés à propos d’un quelconque engagement.

Pendant la guerre, les services de répression étaient particulièrement fiers de leur œuvre.

Bernard Faÿ avait écrit un article en 1942 sur la liquidation de la franc-maçonnerie dans lequel il affirmait : « le gouvernement du maréchal permet à chaque français d’avoir confiance en son voisin et d’être sûr qu’une concurrence loyale est désormais instaurée dans la vie administrative ! ».

La revue « les Documents maçonniques » avait servi à ses auteurs à poursuivre l’entreprise de délation en livrant aux autorités d’autres listes de républicains et des personnes qui avaient été invitées par des loges pour des conférences.

Botrel évoque les lettres de délation dont furent victimes les franc-maçons. Ces lettres étaient soigneusement classées et suivies d’enquête. Les différents organismes français et allemands se communiquaient les renseignements recueillis. Le bilan de la répression fut désastreux. Il y eut plus de 500 membres de la Grande Loge déportés, 180  morts en déportation des pour le Grant Orient, 220 déportés et 120 morts en déportation ; pour le Droit humain, 60 et 31.

Chapitre 10 la campagne antimaçonnique et l’opinion.

La plus grande partie de l’opinion restait indifférente, voire choquée des méthodes et des procédés employés par les maîtres de l’heure. Un petit nombre de citoyens réfléchirent à ce qui leur était présenté dans les expositions et conférences antimaçonniques. Enclins à se défier de tout ce qui était montré sous le couvert de la protection hitlérienne, ils se piquaient de curiosité envers cette franc-maçonnerie tant décriée et cherchèrent à comprendre quels étaient ses buts véritables. Ultérieurement, cette curiosité aboutit parfois un engagement…

Botrel cite plusieurs articles de la presse vichyste dans lesquels des pamphlétaires et des lecteurs s’offusquaient que la franc-maçonnerie n’était pas encore assez combattue. Après la Libération, Francis Viaud, grand maître du Grand Orient, déplora que pas une seule voix ne se soit élevée dans la hiérarchie catholique pour se désolidariser le chef des mesures prises contre les francs-maçons.

Dans « Le Franciste » du 14 juin 1941, le journal de Marcel Bucard, Maurice Moures déplorait le réveil de la franc-maçonnerie et l’accusait d’être à l’origine du marché noir. Alors que le marché noir profitait avant tout à l’occupant.

En 1943, le débarquement allié en Afrique du nord et la défection de l’Empire sous contrôle vichyssois avaient fait perdre à Bernard Faÿ son triomphalisme. Dans les Documents maçonniques il prétendit éprouver un sentiment douloureux en s’opposant aux francs-maçons car il affirmait qu’il se voyait obligé d’être un Français opposé à d’autres Français. Il prétendait qu’il lui était pénible de paraître dans un rôle de justicier. Le 15 octobre 1943, de Gaulle publia un décret à Alger annulant toutes les lois d’interdiction de la franc-maçonnerie sur l’ensemble des territoires placés sous contrôle du Comité national de la France libre.

Chapitre 11 évolution, luttes et réactions.

Fin 1942, le poids de la puissance industrielle et militaire américaine commençait à se faire sentir mais Vichy ne semblait pas tirer la leçon des faits. L’espoir changeait de camp, seuls les plus fanatiques collaborationnistes restaient fidèles à Vichy et à sa propagande.

Les francs-maçons reprirent espoir. Dès 1940, des francs-maçons entrèrent en résistance. Tous les frères de la loge la Bonne foi de saint-germain-en-laye furent résistants dès 1940. Les frères reprirent contact dans plusieurs villes dans des petites réunions de trois ou quatre affiliés de toutes obédiences. Une partie des dirigeants Francs-tireurs se réclamaient de la franc-maçonnerie. D’autres mouvements de résistance comptèrent des francs-maçons : Combat, Défense de France, Libé nord, O. C. M.

Les francs-maçons résistants aidèrent à la rédaction des multiples rapports qui aboutirent à l’établissement de la généreuse charte de la Résistance. L’assemblée consultative d’Alger compta 25 % de francs-maçons de diverses obédiences.

Daniel Ligou signale qu’un Comité maçonnique de résistance fut créé à Lyon et que la loge clandestine de Pontoise et les Amis du peuple eut une activité à peu près continue pendant toute l’occupation. Comme la loge Ordre et progrès de Bordeaux. Au printemps 1944, il y avait des réunions de francs-maçons dans plus de 60 départements représentant de 111 loges embryonnaires. Un essai de coordination furt entrepris par le réseau de résistance maçonnique Patriam recuperare.

Patriam recuperare fut créée en décembre 1940, à Paris. Des loges clandestines furent créées dans des camps d’internement ou des camps de déportation. Comme la loge les Frères captifs d’Allach ou la Nation à l’Orient du monde à Berlin.

A Buchenwald ou à Auschwitz il existait des groupes de liaison maçonniques.

Dans les stalags, les groupements maçonniques furent nombreux.

A Londres, Le Grand Orient possédait une loge créée en 1899, la loge Hiram. Elle continua ses activités en dépit de l’ignorance de la Grande Loge Unie d’Angleterre. La loge Hiram  accueillit de nombreux frères en exil. Le résistant Pierre Brossolette la fréquenta.

Le Grand Orient avait une loge à Genève la Fraternité mais elle dut fonctionner dans la clandestinité car la Suisse subissait la pression de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste. En 1943, les loges reprirent leurs travaux en Afrique du nord. Dès en 1942, un Groupe d’action maçonnique  avait été créé à Alger. Les maçons d’Algérie s’opposèrent au maintien des mesures inspirées de Vichy par autorités militaires américaines interposées. C’est à Alger  que fut promulgué, par le général de Gaulle, le décret du 15 décembre 1943 qui supprimait la législation de Vichy sur les sociétés secrètes dans les territoires libérés.

 

Chapitre 12 Les ravages.

 

Les estimations les plus complètes, Toutes obédiences confondues, font état de plus de 60 000 francs-maçons fichés, de 60 000 inculpations, de 2500 arrestations, 1000 déportations, près de 600 morts dans les camps ou fusillés. 3000 fonctionnaires maçons furent révoqués.

Tous les biens mobiliers des francs-maçons avaient été placés sous séquestre. Les décors et les bibliothèques furent pillés. Les archives furent dirigées vers le Service des sociétés secrètes pour établir des listes de maçons.

 

Chapitre 13 L’action de la milice.

La milice a été formée en zone sud. Ses effectifs furent recrutés parmi les éléments du Service d’Ordre  Légionnaire, les plus acquis au régime de Vichy.

C’était une police supplétive. Elle a été créée par la loi du 30 janvier 1943. Pierre Laval était de droit chef de la milice. Elle a été dirigée par Joseph Darnand. Il y eut 15 000 miliciens en zone sud. Le 19 décembre 1943, les autorités allemandes autorisèrent la milice à s’étendre en zone nord. 3500 miliciens supplémentaires furent recrutés.

Victor Basch, Ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme  fut assassiné par Lécusson, Chef de la milice à Lyon. Jean Zay, franc-maçon et ancien ministre  fut tué par la milice le 20 juin 1944.

Le 25 mars 1944, Constant Chevillon, de l’obédience Memphis-Misraïm fut tué par la milice.

Chapitre 14 reconstitution – libération.

Des francs-maçons comme Kischmeyer, Eychêne, Bonnard, Thil et le docteur Favreau créèrent le groupe Patriam recuperare.

Ils entrèrent en relation avec d’autres groupes socialistes et syndicalistes. Ils créèrent ensuite un conseil provisoire de la maçonnerie française. Ce conseil devint le Comité d’Action Maçonnique. Six membres le dirigeaient : le professeur Lapicque, maître Louis Bonnard, le médecin général Lhortolary, le général Pélaquin, Soubret et Zaborowsky.S’y ajoutèrent Marc Rucart, Vumaud, Bassot, Jean Baylot et Marsaudon.

Fin 1943, 211 triangles (cellules maçonniques constituées de trois frères) couvraient 60 départements. Le comité d’action publia un texte début 1944 prescrivant l’unité de la franc-maçonnerie française. Le 9 août 1944, le Journal officiel publia à Alger une ordonnance rétablissant l’activité de la franc-maçonnerie. Le 19 août 1944, Bernard Faÿ était arrêté. Le 22 août 1944, des frères reprirent possession des locaux du Grand Orient rue Cadet et de ceux de la Grande Loge rue Puteaux.

Le 14 septembre 1944, un protocole d’accord réglait la question des relations entre la Bibliothèque nationale et les obédiences pour la gestion de tous les biens culturels maçonniques recensés ou devant être récupérés.

Des pourparlers furent engagés par Françis Viaud grand maître du Grand Orient et Dumesnil de Gramont  de la Grande Loge pour réaliser l’unité organique décidée dans la clandestinité. La grande loge désirant une reconnaissance internationale fit échouer cette unité.

Bernard Faÿ fut condamné en 1946 aux travaux forcés à perpétuité mais il s’évada le 30 septembre 1951 de l’hôpital d’Angers où il était soigné.

Grâcié en 1959, il  rédigea des articles pour le journal d’extrême-droite Rivarol.

Henry Coston fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. 

Jean-Marquès Rivière fut condamné à la peine de mort par contumace. Otto Abetz fut condamné en 1942 à 20 ans de prison mais fut libéré en 1954. Costonfut grâcié en 1952 par le président Auriol. Les francs-maçons qui avaient collaboré avec les Allemands ne furent pas réadmis dans la franc-maçonnerie. 172 frères ne furent pas réadmis à la Grande Loge soit 1 % des effectifs de 1939.

Paul Riche ( alias Jean Mamy) paya sa trahison de sa vie.

 

Chapitre 15  fin de la proscription.

 

De Gaulle signa l'ordonnance définitive de rétablissement de la franc-maçonnerie le 9 août 1944. Il ne restait plus que 7950 frères au Grand Orient en 1945 et 3600 à la Grande Loge.

Une circulaire du 28 septembre 1944 signé par Arthur Groussier du Grand Orient et de Marcel Cauwel de la Grande Loge précisait les conditions de réintégration des frères.

Les collaborateurs avaient été frappés d'indignité maçonnique. L'allemagne versa des indemnités pour dommages de guerre au Grand Orient ce qui permit la rénovation de l'hôtel de la rue Cadet. Les difficultés financières des frères furent un obstacle pour la reprise des travaux. Des loges furent obligées de fusionner pour pouvoir reprendre les travaux avec des effectifs suffisants. Il faudra attendre 1975 pour que la franc-maçonnerie française retrouve ses effectifs de 1939.

 

Les loges de province avaient des difficultés à retrouver un local décent. Ce n'est que dans les années 1950 qu'elles purent le faire dans des villes détruites par la guerre comme à Lorient, Lisieux ou Caen.

Arthur Groussier fut critiqué pour l'envoi de la lettre du 7 août 1940 au maréchal Pétain. Il ne fut pas réintégré à son poste de grand maître.

 

Chapitre 16 les "protecteurs".

 

La fameuse théorie du double jeu du maréchal Pétain négociant avec les alliés en prévision d'un retour au combat contre les Allemands est une pure légende. Pétain et son régime ont devancé et ont été au-delà des revendications allemandes en livrant les réfugiés étrangers, en persécutant les juifs et les francs-maçons. On cite Pierre Laval et Otto Abetz comme défenseurs des francs-maçons. Otto Abetz aurait été initié à la loge Goethe de la Grande Loge avant 1939.

 

Laval avait souhaité la victoire allemande jusqu'au bout. Mais il ne resta pas insensible aux appels de détresse du frère Gaston Guillaux de  la loge Thélème qui présenta diverses requêtes en faveur des francs-maçons pourchassés. Il protégea quelques maires et préfets  francs-maçons pour se ménager des appuis en cas de défaite de l'Allemagne. Lors de son procès il ne manqua d'ailleurs pas de faire état de ses interventions.

 

Le meurtre de Jean Zay commis par les miliciens sur lesquels Laval avec tout pouvoir suffit à condamner cette version d'un Pierre Laval protecteur des francs-maçons.

 

Chapitre 17 la leçon des faits.

 

Vichy n'a pas réussi à détruire la franc-maçonnerie. Francis Viaud écrivit dans son autobiographie : " la tourmente de 1940 rejeta dans les ténèbres la pure lumière maçonnique. Ce furent les lois d'exception. Le voeu tant de fois proclamé de tous les ennemis de la République était enfin réalisé et chacun d'eux avait satisfaction. En vain d'ailleurs, car la franc-maçonnerie bafouée, spoliée, piétinée, n'est pas morte . Obligée de devenir la société secrète qu'elle n'avait jamais été et que ses ennemis l'accusaient d'être, elle mena inlassable son action, souterraine cette fois, mais terriblement efficace".

 

Lucien Botrel estime que les francs-maçons proscrits dans leur propre patrie qui devinrent des combattants obscurs mériteraient bien un mémorial commémoratif de leurs sacrifices.

 

 

 

 

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07 janvier 2017

Dino Buzzati Un cas intéressant.

 

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Albert Camus a traduit cette pièce de Buzzati dans laquelle il voyait aussi bien un drame de la destinée qu'une satire sociale.

Premier temps. Premier tableau. On se trouve dans l'antichambre et le bureau du directeur de la société immobilière Corte et Dell.

Menti, ancien commis attend Corte. Sa secrétaire, Gloria, lui dit qu'elle ne sait même pas si Corte est revenu de Rome. Menti a travaillé pour Corte pendant 16 ans. Il a de l'arthrite dans les jambes et veut demander son congé à Corte.

Gloria a débuté il y a deux jours car l'ancienne secrétaire a été licenciée.

Plusieurs employés entrent l'un après l'autre pour avoir des nouvelles de Corte. D'abord Spanna puis Gobbi.

Une inconnue entre sans se présenter. Elle aussi cherche Corte. Puis elle s'en va en riant.

Corte arrive. Il demande à Gloria si elle est la nouvelle secrétaire et qui a appelé en son absence. Ensuite il lui demande d'appeler Lavitta et sa femme. Gobbi donne à Corte des nouvelles d'une affaire en cours.

Corte a une stratégie et la révèle à Spanna. Il donne son congé à Menti et lui souhaite de bonnes vacances. La stratégie de Corte consiste à faire croire qu'il a trouvé d'autres pétroles pour que ses concurrents se jettent sur les actions de son entreprise.

Corte entend une femme crier mais Spanna n'entend pas.

Corte a l'impression d'entendre des institutrices qui prêcheraient. Spanna n'entend toujours pas la voix de femme crier.

Deuxième tableau. On se trouve dans la maison de Corte. La mère de Corte discute avec le docteur Malvezzi.

Le docteur parle de sa fille qui revient d'Amérique après y avoir vécu quatre ans.

Elle va lui présenter ses deux enfants.

La mère de Corte est inquiète pour son fils. Elle dit au docteur que son fils entend des voix. Une voix de femme qui l'appelle.

Le docteur pense qu'il s'agit simplement de surmenage. Mais la mère pense que quelqu'un est dans la maison de son fils depuis hier. Elle a vu une femme brièvement puis la femme a disparu.

Le docteur lui répond que l'homme est tissé dans l'étoffe de la peur. Corte arrive. Il apprend que sa mère a parlé de son problème au docteur. Il en est contrarié. Mais il parle quand même de son problème au docteur, la voix de femme qui l'appelle.

Anita, la femme de Corte arrive avec Bianca, la fille de Corte. Anita veut que Corte l'accompagne le samedi chez les Sergio-Marinelli.

Le téléphone sonne. C'est Spanna qui donne des nouvelles des affaires en cours.

Le docteur conseille à Corte de se reposer et s'en va.

Bianca conseille à son père d'aller voir le professeur Claretta, chef de la clinique où elle travaille.

Mais Corte refuse prétextant ne plus entendre de voix. Ce qui est faux.

Troisième tableau. Mais toujours chez Corte. Il appelle Spanna et s'inquiète car sa stratégie n'a donné aucun résultat.

Le professeur Claretta. Corte accepte de lui parler sur l'insistance de Bianca. Le médecin lui bande les yeux et demande à Corte de se mettre à quatre pattes. Il le fait avancer ainsi jusqu'à la porte au moment où la mère de Corte arrive. Claretta est présenté à Anita par Bianca. Le téléphone sonne alors Corte se relève et va répondre.

La mère dit à Claretta qu'elle a vu une femme apparaître et disparaître. Elle est persuadée qu'elle est encore dans le noir mais Claretta cherche avec elle sans succès. Pendant ce temps, Spanna apprend à Corte que les actions se vendent. Sa stratégie a fonctionné. Claretta demande à Corte de passer à la clinique dès demain. Il y aura le directeur Schroeder.

Quatrième tableau. Hall de la clinique.

Mascherini, un ouvrier discute avec une femme malade. Mascherini veut être hospitalisé pour ne plus travailler. Il veut rouler le docteur en se faisant passer pour malade grâce à un sifflement qu'il a de naissance. La femme malade s'est faite opérer quatre fois et elle sait que si les docteurs font hospitaliser Mascherini, c'est qu'il est vraiment malade. La femme malade raconte ses opérations et son angoisse de l'éther qu'elle voit comme quelque chose de diabolique.

Corte arrive à la clinique avec Gloria. On appelle la femme malade et Mascherini.

Corte entend une voix de femme qui chante au loin.

Un homme gros demande à Corte s'il attend une consultation. Corte lui répond non et veut savoir s'il entend la voix de la femme qui chante. L'homme gros ne l'entend pas.

Un médecin a vu la scène et se présente à Corte. C'est Filari.

Cinquième tableau cabinet du professeur Schroeder.

Un gros monsieur est dans le bureau de Schroeder. Schröder examine des radios et dit au gros monsieur que tout est en ordre et qu'il n'a plus besoin de lui.

Mais il explique que ça ne veut pas dire que le gros monsieur n'a rien. Ça veut dire que tout ce qui devait être fait a été fait.

Alors le gros monsieur veut savoir ce qu'il a et le professeur Schröder lui répond qu'il se mettra en contact avec son médecin traitant.

Corte rentre dans le bureau de Shroeder avec Bianca, Gloria et Claretta.

Corte demande à téléphoner. Il appelle Spanna qui lui annonce que tout a été liquidé. Corte espère pouvoir le rejoindre dans une demi-heure.

Schroeder a pris les radios de Corte. Il annonce qu'il a trouvé chez lui une très légère altération dans la région hypothalamique. Corte devra être opéré demain. Corte refuse car il doit être à Turin. Mais Schröder lui aussi a un voyage prévu. Il refuse de reporter l'opération.

Claretta a apporté la valise de Corte à tout hasard. Corte ne croit pas au hasard. Corte ordonne à Gloria d'obtenir un délai de 10 jours avec la Ost preussiche.

Corte ordonne ensuite à Gloria d'appeler Malcredi pour lui annoncer que la date des livraisons ne peut pas être avancée.

Enfin, Corte demande à Gloria de taper une lettre en recopiant un document manuscrit pour transmission à Perticari.

Corte a peur d'avoir oublié quelque chose d'important et veut partir. Mais Claretta le retient. Corte entend à nouveau la femme chanter. Alors Claretta lui promet que demain il sera guéri.

Sixième tableau. Chambre de clinique de Corte.

Corte a été opéré. Gloria est venue le voir. Elle lui a apporté les pièces urgentes. Corte se met en colère en découvrant que Spanna a pris des initiatives sans le consulter. Corte se sent mal. Gloria lui demande s'il est vrai que les malades de sa clinique sont répartis dans les étages selon que leur état est grave ou non. Corte est au sixième étage. Corte répond qu'au sixième on met ceux qui ne sont pas à proprement parler des malades. Plus on descend, plus c'est grave.

Ceux du premier étage ne concernent plus les médecins mais les curés.

Une infirmière rentre pour ordonner à Corte de prendre sa température. Gloria demande à Corte s'il entend les plaintes de ceux qui sont en bas. Corte répond qu'on ne peut pas passer sa journée à réfléchir sur les malheurs d'autrui. Claretta entre et dit à Corte qu'il est guéri. Il lui conseille de ne pas travailler en voyant Gloria. Claretta prétend qu'il a besoin de la chambre de Corte pour une dame qui doit entrer la clinique avec ses deux enfants. Il voudrait que Corte laisse sa chambre et descendent au cinquième étage. C'est une question de deux jours maximum jusqu'à ce qu'une chambre soit libre. Corte est contrarié. Gloria trouve que Claretta est trop sympathique.

Septième tableau. La chambre de Corte au cinquième étage.

La sortie de Corte a été retardée. Il appelle Gloria pour lui donner une directive. Puis Corte entend à nouveau la voix mystérieuse. Alors Corte appelle l'infirmière. Trois malades accourent. Une malade entend la voix et dit que c'est la bonne soeur du vestiaire qui chante. Un autre malade prétend entendre cette voix quand il est chez lui. Il dit à Corte que la moitié des malades du cinquième vont devoir descendre au quatrième étage.

La femme malade a vu le nom de Corte sur la liste de ceux qui doivent descendre. Corte veut vérifier et hurle en voyant que c'est vrai. Une infirmière intervient pour le calmer. Claretta arrive. Il sermonne l'infirmière qui a laissé sortir Corte. Claretta parle de choc opératoire pour justifier la descente de Corte au quatrième étage.

Il parle d'extension de son altération. Par précaution il veut descendre Corte au quatrième. On dirait que Claretta essaye de noyer Corte dans un flot de galimatias pour justifier son déménagement au quatrième étage. Le résultat est que Corte s'endort.

Huitième tableau. Chambre de Corte au quatrième. Bianca et Anita sont près de Corte. Corte a du prurit derrière les genoux. Il souffre. Anita propose à Corte d'aller à Cap-Ferrat cet été. Elle est allée se renseigner pour louer une maison.

Corte ne veut pas en parler. Il demande qu'elles le laissent se reposer. Corte une fois seul veut téléphoner mais personne ne répond. Il appelle l'infirmière. Elle essaie le téléphone et appelle le service pharmaceutique. Elle tend l'écouteur à Corte. Il entend une femme chanter. Il croit que c'est la bonne soeur.

Claretta a suivi la scène. Il dit qu'il n'y a pas de bonne soeur au vestiaire. Corte veut qu'on soigne son prurit mais une fois encore Claretta minimise sa souffrance. Claretta veut bien lui proposer un remède mais pense que Corte refusera. Il s'agit de rayons Inverness mais il faut aller au troisième étage. Corte refuse alors Claretta lui dit qu'il n'a pas la volonté de guérir. Alors Corte cède.

Cinquième tableau. Chambre d'un malade au troisième étage.

Corte entre dans une chambre et s'aperçoit que ce n'est pas la sienne. Il réalise que les fenêtres sont barricadées. Le malade ne veut pas que Corte ouvre la fenêtre car il exècre les arbres et les fleurs. Le malade se moque de Corte quand il lui dit qu'il n'est au troisième étage que provisoirement.

Le malade pense que les gens en bonne santé sont une mafia et croit que Corte en fait partie. Le malade hait tous les hommes en bonne santé car ils se plaignent de ne pas avoir assez d'argent et blasphèment.

Une infirmière entre. Elle est joyeuse parce qu'elle va être en vacances comme tout le personnel de la clinique à tour de rôle par étage.

Ainsi les malades du troisième étage vont descendre au deuxième.

10e tableau. Chambre de Corte au deuxième étage.

Corte entend la voix de femme chanter. Une infirmière est près de lui. Corte veut téléphoner mais s'aperçoit que le téléphone est factice. Méthode Schroeder pour éviter la fatigue aux malades.

L'infirmière révèle qu'une grosse tuile était au sixième et que Schroeder a inventé une supercherie pour le faire descendre jusqu'au deuxième étage. À chaque étage, un mensonge nouveau. Le malade se croit guéri à temps sa sortie. Corte veut savoir s'il ne s'agirait pas de lui une infirmière comprenant sa gaffe ment en disant que ce n'est pas lui.

Des infirmiers arrivent pour déménager Corte au premier. Corte entend à nouveau la voix chanter.

Claretta arrive pour sermonner les infirmiers. Mais l'infirmier chef montre un ordre signé Schroeder. Claretta prétend qu'il ne peut désobéir à Schroeder et implore à Corte de le comprendre.

11e tableau. Chambre de Corte au premier étage Corte d'or.

La mère de Corte et Malvezzi sont près de lui. Elle avait Corte. Elle est venue le chercher pour le libérer en secret. La mère de Corte et Malvezzi parviennent péniblement à habiller Corte.

Corte entend la voix de la femme mystérieuse au loin. La femme inconnue apparaît à la fenêtre et pousse les volets.

L'obscurité envahit la chambre. Corte implore sa mère de partir avant que l'obscurité ne la surprenne sur le chemin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 décembre 2016

La société a-t-elle besoin d'un fondement ?

La société et les échanges.

 

 

Le fondement c'est ce sur quoi se repose quelque chose. C'est la base, le socle. Se reposer sur quelque chose signifie avoir quelque chose comme origine ou avoir confiance en quelque chose. Le fondement c'est l'origine de quelque chose, c'est le principe. Un principe c'est ce qui vient en premier, ce qui est le plus ancien. Le principe a un rôle contraignant, il donne des règles. Le fondement fait autorité. Fonder c'est instituer de façon active.

La société a-t-elle besoin de principe plus ancien qu’elle sur lequel elle se repose ? En lequel elle a confiance. Il y a une ambiguïté sur le fondement car il permet à la société de tenir debout mais il peut la détruire si on le touche.

La société est une association d'individus qui repose sur une organisation, des règles, des traditions et de multiples formes d'échanges. Les règles fondent la société.

Aristote dit : « il est manifeste que la cité fait partie des choses naturelles et que l'homme est par nature un animal politique et que celui qui est hors de la société, naturellement bien sûr et non par hasard est soit un être dégradé soit un surhumain ».

Vivre dans la société est dans la nature même de l'homme. L'homme est sociable par nature.

Le fondement de la société est l'homme et la société est inscrite dans l'homme donc la société fonde la société. La société n'a pas besoin d'un fondement autre qu'elle-même. La société n'a pas besoin d'être instituée car elle est inscrite dans l'homme. Mais l'homme est-il naturellement sociable ? L'égoïsme est-il naturel ou culturel ? On ne dispose pas de représentation de l'homme avant l'instauration de la société.

Rousseau, Locke, et Hobbes ont essayé d'imaginer l'homme avant l'instauration d'une société et ils ont appelé ça à l'état de nature. Ce n'est pas un état sans loi mais avec des lois naturelles. Chacun a ses propres lois et elles ne sont pas celles des autres.

Hobbes dit : « l'état de nature est un État qui peut tout le temps dégénérer en état de guerre ». C'est la guerre de tous contre tous. Les hommes sont aperçus que l'homme se détruirait en continuant comme ça alors elles ont créé la société.

Pour Rousseau et Locke l'état de nature n'est pas nécessairement conflictuel. L'homme est naturellement solitaire et pacifique. Il faudra qu'arrive un événement extraordinaire pour que la société soit constituée. Rousseau pense que la nature est devenue hostile et qu'il a fallu se regrouper.

Pour Locke il fallait une justice pour régler les conflits et c'est ce qui a fondé la société. Le contrat social est ce qui a poussé les hommes à se rassembler. Il est lié à l'état de nature, de loi naturelle, le droit naturel (un droit à tout qui peut devenir un droit à rien si personne ne respecte un droit commun), du souverain.

Pour Aristote, la société n'a pas besoin d'un fondement extérieur. Pour Rousseau, Hobbes et Locke le fondement est le pacte social et avant l'état de nature (qui est absolu alors que le pacte social est relatif).

Le pacte social permet à la société de tenir debout mais il permet aussi sa destruction.

 

 

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Peut-on désirer sans souffrir ?

 

 

Le désir a tendance à faire souffrir.

C'est la possibilité de désirer.

La capacité de désirer. La légitimité de désirer. A-t-on le droit de désirer. La question devient : est-il possible de désirer sans souffrir ou est-il contradictoire de désirer sans souffrir ou désirer est-il nécessairement souffrir.

Est-on capable de désirer sans souffrir. C'est le sujet qui désire. Il y a le désir conscient et le désir inconscient mais là c'est un sujet conscient.

La souffrance renvoie au fait d'éprouver douloureusement quelque chose.

Souffrir, c'est aussi supporter, endurer la douleur. S'il n'y a pas de douleur, il n'y a pas de souffrance. Nous ne pouvons souffrir que si reste intacte notre capacité à sentir et à nous ressentir.

Quand on dit je souffre dans ma chair ça peut être physique ou moral. La chair c'est la capacité à sentir et à se ressentir.

La souffrance se définit donc comme une épreuve douloureuse de la chair. Alors on essaye de résister à son ressenti. Au contraire dans le plaisir, on se laisse aller à son ressenti.

Les gens insensibles ne peuvent souffrir mais ne peuvent pas désirer.

Désir vient de desidere en latin dans lequel il y a sidus l'étoile.

Desirare signifie regretter l'absence d'une étoile. Il y a donc ambiguïté, à la fois regret d'une absence mais aussi l'idée qu'il s'agit d'un bien qui pourrait nous satisfaire. Désirer renvoie à l'idée de manque. Sans manque, il n'y a pas de désir.

Dans le Banquet, Platon parle de l'amour et du désir. La question du Banquet est l'éros.

Aristophane explique que pour comprendre le désir il faut comprendre la nature humaine au commencement. Il explique que les hommes au départ étaient doubles homme/homme, femme/femme et homme/femme. Ils ont voulu attaquer les dieux et Jupiter a voulu réduire leurs forces en les coupant en deux et il les a dispersés. Depuis ce jour-là, l'homme cherche sa moitié manquante.

Le désir est donc bien un manque de quelque chose que nous avons déjà eu.

Le désir est une tendance qui porte un sujet vers un objet qu'il se représente comme source de satisfaction. Cet objet peut être réel, imaginé ou fantasmé.

Le manque relève du besoin et de la volonté. Désirer, c'est vouloir et avoir besoin.

Le besoin est de l'ordre d'une nécessité vitale. Le désir n'est pas une nécessité de prime abord. On ne meurt pas de l'absence de désir.

Le besoin n'est pas toujours conscient.

Alors que le désir l'est toujours même si on en ignore les mobiles.

Le besoin s'arrête dès qu'il est satisfait comme la faim quand on a mangé.

Alors que le désir ne s'arrête pas forcément quand on a obtenu l'objet désiré.

On peut désirer ce dont on n’a pas besoin.

On ne peut pas opposer le besoin au désir. Le désir peut produire du besoin comme fumer.

Le besoin peut produire du désir. Manger pour vivre c'est un besoin mais pour vivre il n'est pas besoin des aliments raffinés. Manger des aliments raffinés devient un désir.

Il faut distinguer désirer et vouloir.

Vouloir c'est se déterminer à partir de soi-même. C'est décider librement alors que le désir n'est pas voulu.

Vouloir c'est organiser les moyens pour arriver à ce qui est voulu. Or le désir peut relever de l'impossible. On peut désirer ce qu'on ne veut pas. On peut désirer fumer une cigarette alors qu'on veut arrêter de fumer.

On peut vouloir ce qu'on ne désire pas. On veut prendre des médicaments mais on ne les désire pas.

La volonté peut vouloir maîtriser les désirs.

Les désirs peuvent influencer les décisions de la volonté.

C'est parce que le désir est lié au manque qu'il est lié à la souffrance.

Schopenhauer pense que le désir est un manque. Il est exposé à l'inquiétude et à la souffrance. La satisfaction n'éteint pas le désir. Là où le désir devient absurde c'est que même quand il obtient l'objet convoité, il ne se calme pas.

Socrate comparait le désir au supplice des Danaïdes. Elles étaient punies d'avoir égorgé leurs maris et elles devaient remplir un tonneau percé. Plus on désire plus on en veut.

Si on arrive à posséder ce qu'on désire, la souffrance ne s'arrête pas pour Schopenhauer car va suivre la satiété puis l'ennui.

Le désir ne souffre plus du manque mais de ne plus avoir de but à conquérir.

L'ennui va produire un nouveau désir qui lui-même va produire une nouvelle souffrance et ainsi de suite.

Comment faire pour que le désir ne fasse pas souffrir ?

Il faut trouver un moyen de maîtriser les désirs ou supprimer les désirs.

Pour les stoïciens, il faut désirer ce dont la satisfaction dépend de nous.

Descartes pense qu'il vaut mieux changer les désirs que l'ordre du monde.

Est-ce que le désir se satisfait du monde tel qu'il est.

Pour les épicuriens il faut distinguer les désirs matériels et les désirs vains.

Le désir vain c'est la gloire, l'éternité.

Le désir naturel et nécessaire : manger, boire, avoir un abri.

Le désir naturel et non nécessaire : manger une nourriture raffinée, la libido.

Épicure dit que savoir désirer c'est chercher les désirs naturels et nécessaires.

Mais si on se met à désirer que ce qu'on peut obtenir est-ce qu'on ne se bride pas ?

Nietzsche pense que vouloir maîtriser les désirs c'est déprécier la vie pour ne pas avoir à souffrir.

Peut-il y avoir un plaisir de désirer ?

Oui car cela change complètement la valeur du monde. Le désir peut me redonner le monde que j'ai perdu.

Rousseau dit : « malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd même ce qu'il possède » (la Nouvelle Héloïse).

Ce qu'il possède perd de la valeur parce qu'il ne le désire plus.

Spinoza dit dans l'Ethique : nous ne désirons pas une chose parce qu'elle est bonne mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons.

Le désir crée du désirable.

Spinoza parle de connatus : c'est l'effort que déploie chaque être pour persévérer dans l'être. La personne qui se disait à quoi bon va finir par vouloir persévérer dans son être.

Diotime dans le Banquet dit que le jour de la naissance d'Aphrodite les dieux organisent un festin dans lequel participe Poros (la richesse). À la fin de festin, Penia (la pauvreté) mendie. Poros s'allonge et Penia va se faire faire un enfant de Poros et va naître éros. Éros sera le compagnon d'Aphrodite.

Le désir est à la fois pauvreté et puissance.

Éros va garder le caractère de ses parents mais tout ce qu'il possède va lui échapper. Il n'est jamais dans l'opulence.

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Le temps peut-il suspendre son vol ?

 

 

Eddington parle de la flèche du temps pour signaler que le temps passe mais ne repasse pas toujours dans la même direction.

La flèche a à voir avec l'irréversibilité des phénomènes qui se passent avec le temps.

Aristote dit que le temps est à la fois non étant et étant. Le temps est à la fois ce qui a cessé d'être (le passé) et aussi ce qui n'est pas encore (l'avenir). Le temps est la limite entre deux néants.

La fonction du maintenant c'est d'assurer la liaison entre le passé et l'avenir donc le présent est. Le maintenant n'est qu'en cessant d'être maintenant car il n'est pas fixe. Les instants du temps ne peuvent pas coexister.

Le temps est une contradiction qui travaille à sa propre résolution.

Hegel : le temps est l'être qui en étant n'est pas et n'étant pas est. C'est parce que le temps est irréversible qu'il est indéfinissable.

Aristote : le temps est l'ordre de succession des choses.

Dans les Confessions Saint-Augustin demande mais qu'est-ce donc que le temps. Si personne ne lui pose la question il le sait mais si quelqu'un lui pose la question alors il ne sait plus.

L'aporie c'est l'impasse.

Saint-Augustin dit que le passé et le futur ne sont pas des néants car nous nous souvenons des événements passés et nous pouvons anticiper le futur.

Ce sont les empreintes psychiques du temps qui font exister le passé et le futur.

Au futur s'oppose l'attente du futur. Au passé va se substituer le souvenir. Au présent se substitue la durée de l'attention.

Le temps physique c'est le temps des horloges.

Le temps psychologique c'est le temps vécu par la conscience.

Le temps physique est représenté par un mince filament continu alors que le temps psychologique ressemble à un cordage tressé car il n'est pas continu.

Les instants du temps physique ne coexistent jamais. À l'inverse dans le temps psychologique il y a un mélange du passé, du présent et de l'avenir.

Le temps physique s'écoule uniformément (il est le même pour tout le monde) mais le temps psychologique n'est jamais le même pour tout le monde.

Cela dépend de la signification que nous donnons à ce que nous faisons.

Le temps psychologique ne dure jamais ce que mesure le temps physique.

Jankélévitch pense que le temps psychologique dur autant que le temps physique au moment des ennuis mortels.

Le vol du temps c'est le fait qu'il passe. Suspendre le temps c'est l'interrompre, le discontinuer ou le remettre.

Suspendre : tenir dans l'incertitude ou dans l'attente.

Suspendre le vol du temps signifie :

-l'interrompre.

-Pouvoir revenir en arrière.

-Le maintenir en attente.

On ne peut pas interrompre le temps physique. Le temps psychologique ne peut s'interrompre qu'avec la mort.

On ne peut revenir sur le temps physique.

Par la conscience on peut se représenter le passé et on peut prédire l'avenir par la pensée. Mais le passé de la pensée est réinterprété par la conscience donc ce n'est plus le même. Et le futur que l'on imagine n'est pas forcément celui qu'on avait prévu.

On ne peut mettre le temps physique en attente mais le temps psychologique peut être maintenu en attente si tout ce qui se passe pour soi était comme si le présent et le passé n'importeraient plus.

Mais il faut qu'il reste un avenir.

Ça arrive aux personnes qui se disent indifférentes au passé et au présent. Pour que le temps psychologique reprenne son cours, ils attendent un événement. Comme de rencontrer l'amour.

Tant qu'il attend, celui qui dit à quoi bon n'a pas une conscience dans la durée. Tout son environnement n'a plus aucune signification. Rien ne retient son intention. L'événement ne peut arriver qu'avec autrui.

L'amour de soi ne peut exister sans les autres car on ne peut s'aimer que si on se sent aimable par quelqu'un d'autre.

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27 décembre 2015

Le Prince blessé

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Le prince blessé  (Barjavel).

 

Radio Bagdad annonça la naissance du fils du grand calife Haroun al Rashid. Le calife avait eu 37 142 épouses. C'est sa plus jeune épouse, Fatima qui lui avait donné ses fils. Il était né les yeux ouverts ce qui signifiait qu'il serait toujours à la recherche de la lumière. Il s'appelait Ali. 16 ans et un jour après la diffusion de cette nouvelle, la 2 cv en or du calife s'arrêta devant l'entrée du stade olympique de Bagdad où allait se disputer la finale de la coupe du monde de football entre l'équipe du Croissant et celle de la Faucille.

Les 300 000 spectateurs se levèrent et l'acclamèrent. Le match commença. Ali jouait avant-centre. Il marqua de la tête les trois buts qui donnèrent au Croissant la victoire. Les deux équipes réunies le portèrent en triomphe. Les paras durent tirer dans la foule qui avait envahi la pelouse et se précipitait sur Ali pour en emporter un morceau tant l'amour qu'il inspirait était grand. Il était le plus beau, le plus vaillant, le plus doux, le plus intelligent des garçons de l'Empire et peut-être du monde. Quand il apparaissait à la télé, les femmes sentaient toute la chaleur de leur sang se concentrer au même endroit et certaines mouraient.

Depuis la naissance d'Ali, Haroun n'avait plus pris d'épouse.

Ali allait lui succéder.

Haroun rentra chez lui et se coucha sur ses coussins de soie offerts par l'empereur Mao. Il appuya sur une sonnette et son génie, Omar apparu sous la forme d'un jeune serviteur. Haroun dit à Omar qu'il était temps de faire d'Ali un roi. Ali était vierge et il fallait qu'il apprenne à se méfier des femmes. Haroun prit la décision de l'envoyer en France. Il voulut construire un palais dans le jardin des Tuileries mais le président lui dit que ce n'était pas possible alors le calife acheta l'hôtel Crillon. Il le fit décorer en style du Croissant.

Ali y arriva deux ans plus tard. Paris était la capitale de l'Occident. Haroun lui conseilla de ne pas être sage.

En une semaine, Paris devint fou d'Ali. Il y avait un jardin oriental au Crillon et Ali y donnait des fêtes comme on en n'avait plus vu depuis des siècles. Le visage d'Ali paraissait sur les couvertures de toutes les revues. Des attroupements se formaient devant le kiosque pour le contempler. Van Dongen fit 77 portraits d'Ali et mourut en les regardant. On l'inhuma dans la salle où il avait peint les 77 portraits qui devint le musée de du Regard. Les femmes voulaient dévorer Ali alors Omar l'avait revêtu d'un scaphandre invisible.

Alice ne le savait même pas. Il recevait des femmes mais se contentait de les embrasser et de les chatouiller. Omar apparaissait sous la forme d'une grande et forte servante et chassait les femmes au matin.

Omar fit son rapport au calife. Le calife dit à Omar que ce n'était pas les femmes qui étaient dangereuses mais Une femme et que Omar devait laisser Ali les aimer. Alors Omar envoya les danseuses nues du Crazy Horse chez Ali et le libéra de son scaphandre.

Mais elles étaient exténuées et s'endormir. Ali perdit sa virginité la nuit suivante. Omar lui avait offert des centaines de femmes.

Ali fut d'abord émerveillé par les joies charnelles béant fut saturé en quelques mois. Omar cru que son éducation était faite. Il était temps qu'Ali rentre dans son pays. Ali accepta avec joie car il commençait à ne plus supporter Paris et ses habitants sceptiques et égoïstes.

La misogynie de Barjavel apparaît encore fortement dans cette nouvelle puisqu'il écrit, à propos des femmes : « elles étaient savoureuses, et sans visage, comme les poulardes, les pintades et les Caraïbes bien plumaient, serrées les unes contre les autres à un étalage enrubanné pour la fête de Noël ».

Alice acheta un Concorde pour rentrer qu'il fit bourrer de chocolat, pour sa mère et pour les femmes de son père.

La veille de son départ, il alla voir une pièce de Jean Anouilh «Ardèle ou la marguerite ».

À la demande du directeur du théâtre, Anouilh avait ajouté un rôle à la pièce. Il était destiné à Pauline, la fille du directeur. Elle était peu douée. Elle avait échoué six fois au conservatoire. Elle avait couché avec les directeurs et les auteurs en vain. Elle était devenue une légende. Elle faisait peur. On conjura le sort, en mettant à l'amende ceux qui parlaient d'elle. Elle avait 35 ans et la passion et la déception l'avaient tant dévorée qu'elle était maintenant semblable à une chèvre, avec des membres secs et du poil noir qui lui poussait partout. Elle reste belle cependant. Jean Anouilh avait inventé pour elle un rôle où elle ne disait rien, elle serait sur la scène tournant le dos au comédien assise sur la rampe regardant les spectateurs. Elle n'aurait qu'un mot à dire : « merde ».

L'effet fut prodigieux du jour au lendemain, elle connut la gloire. Ali vint voir la pièce. Pauline était assise en face de lui. Elle le regardait et lui ne voyait plus qu'elle. Quand elle cria « merde » il cria aussi et lui tendit les bras. Il n'avait pas compris le sens du mot. Il avait crié le mot « joie » en persan. Leur amour occupa la presse du coeur et le calife s'inquiéta mais Omar le rassura en disant que pour Pauline rien ne comptait plus que le théâtre et que cet épisode terminerait convenablement l'éducation du prince.

Pourtant Ali allait la voir chaque soir au théâtre et la ramenait au Crillon. Il ne la quittait pas de la journée. Elle répétait son « merde ». Il ne lui avait toujours pas demandé ce que cela signifiait. Il lui offrit des diamants et des perles. Il fit rouvrir les usines Rolls fermées depuis un siècle pour lui faire fabriquer une voiture constellée de pierres précieuses. À cause de la rareté de l'essence, la voiture était suivie par un camion-citerne qui se ravitaillait directement au pipeline personnel du prince.

Pauline l'emmenait déjeuner dans des bistrots où l'on servait des biftecks frites.

Cela créait une mode et sur les tables, en ont trouvé plus que l'entrecôte de soja et le vin national obtenu par la fermentation du vieux papier. Un soir, Pauline lui présenta Brrojislav Kadin, le célèbre metteur en scène bulgare, le rénovateur du théâtre. Il était venu la voir après avoir appris son succès. Pour la première fois elle abandonna Ali un après-midi pour répéter avec Kadin.

Fou d'impatience, Ali la chercha et la trouva en collant blanc en train de ramper sur le sol des lavabos tandis que Kadin, assis sur la cuvette lui jetait comme des insultes des morceaux de phrases rocailleuses. Ali, la voyant ainsi, bondit sur l'ennemi, le souleva et le plongea dans la cuvette. Puis il couvrit de baiser sa bien-aimée. Elle cria alors Ali sortit Kadin de la cuvette, lui baisa les mains et pleura. Pauline le traita d'inculte car elle répétait du Brecht.

Kadin avait révolutionné le théâtre en supprimant les décors, les costumes, les lumières, le texte et Ali l'avait frappé. Pauline traita Ali d'imbécile. Pauline baisa les genoux de Kadin et lui demanda pardon.

Alors il lui dit d'enchaîner, et elle recommença ses contorsions. Ali pleura pendant deux mois car Pauline l'avait quitté. Elle avait vendu quelques diamants pour subventionner Kadin qui montait Le Cid. Kadin avait décidé de supprimer aussi les spectateurs. La pièce serait jouée dans une station de métro désaffectée « Champ-de-Mars ». Ceux qui voudraient voir la pièce prendraient le métro et regarderaient en passant. Pauline jouait Don Gormas. Rodrigue était interprété par une vieille femme énorme. Le texte de Corneille était remplacé par un enregistrement du marché aux poissons avec une phrase récurrente : « j'ai du maquereau à 3,50 fr., frais comme l'oeil ».

La voix impitoyable du destin.

Pauline avait engagé 14 anciens paras pour empêcher Ali de l'approcher.

Ali demanda à Omar de l'aider mais un traité de 1411 avant le prophète l'en empêchait.

En réalité, Omar obéissait aux ordres du calife qui lui avait demandé de laisser Ali se débrouiller.

Alors Ali acheta 13 des 14 paras et le 14e dut être amené à l'hôpital pour une appendicite.

Il put emmener Pauline dans la tour qu'il avait fait construire au rond-point des Champs Élysées grâce à une autorisation spéciale de la municipalité qui lui avait coûté trois pétroliers remplis de 500 000 t de pétrole chacun.

Il trouva Pauline dans sa chambre. Elle lisait une édition allemande de Corneille. Kadin voulait que ses comédiens connaissent leurs textes en plusieurs langues pour donner à leur silence une dimension universelle.

Elle avait laissé des mégots sur le tapis de 2000 ans. Elle était nue. Ali en fut ému. Quand elle vit Ali, elle lui ordonna de partir. Il lui acheta le château de Chambord et Saint-Tropez. Mais elle s'en moquait. Alors il se mit nu. Elle vit son érection. Mais ce fut en vain.

Alors il partit et serait mort renverser par une voiture si Omar ne l'avait pas transformé de justesse en pavé de granit. Il le ramena au Crillon et lui envoya des femmes. Le lendemain, il se jeta dans le vide mais Omar le cueillit à mi-chemin.

Il le mit dans le Concorde qui s'envola aussitôt.

Pauline reçue une lettre de Kadin. Elle la fit traduire. Il avait décidé de supprimer les comédiens pour restituer au théâtre son dépouillement total. Les passagers du métro ne verraient rien et n'entendraient rien et pourraient imaginer ce qu'ils voudraient. Pauline en fut bouleversée d'admiration puis elle se sentit aussi vide que la station « Champ-de-Mars ». Comme c'était elle qui payait, elle obligea Kadin à mettre leurs deux noms en gras sur les affiches. Le Cid était écrit entre les deux noms en ligne de machine à écrire. Son absence dans Le Cid en fine star. Hollywood la demanda. Elle refusa car elle méprisait le cinéma. Il entra à la Comédie-Française et joua Phèdre. Elle fut sublime.

On vint la voir du monde entier. Il avait fallu lui faire une concession. À sa dernière sortie, Phèdre criait : « merde ».

Ali dit à son père qu'il ne voulait plus vivre. Il ordonna de donner le chocolat à sa mère et à ses belles-mères. Le calife sermonna Omar qui se défendit en disant que la France était un pays étrange où les hommes et les femmes faisaient le contraire de ce qu'ils auraient dû faire pour être heureux. Le calife lui pardonna. Ali avait attrapé une maladie occidentale, l'amour. C'était pourtant son contraire. Pour le calife, le remède c'était le temps. Ali maigrissait. Il essaya de se tuer cinq fois. Omar le sauva à chaque fois. À la sixième, Haroun punit son fils en lui donnant 10 coups de canne, comme à un serviteur indigne.

Ali fut emmené au centre du jardin du printemps dans le Pavillon de Dentelle de marbre qui avait été construit par le grand-père d'Haroun pour toute femme du harem qui se fût trouvée mécontente de son sort. Il n'avait jamais servi. Des femmes nues entouraient Ali. Il s'en moquait. Alors Haroun ordonna au bourreau de crever les yeux de son fils. Omar délivra son jeune maître de la souffrance. Il le transporta dans une chambre. Les oiseaux chantèrent pour lui. Les fleurs répandaient leurs parfums. Le rire léger des jeunes filles s'entendait au loin. Mais Ali n'avait rien senti.

Haroun punit son fils en ordonnant au bourreau de couper le nez et les oreilles et de lui crever les tympans. Omar pleura. Haroun fit porter des plats succulents à son fils mais il n'y toucha pas. Alors le bourreau lui trancha la langue.

Le souffle d'Omar cicatrisa la plaie et ôta la douleur.

La seule souffrance qu'Ali ressentait était le déchirement de l'absence de Pauline. Ali avait encore un sens, le toucher. Haroun lui envoya une femme qui prit les mains du prince et les posa sur ses seins mais il s'en moquait alors le bourreau le trancha les bras. Les larmes d'Omar cicatrisèrent les plaies.

Ali passa deux semaines sans se lever alors le bourreau lui trancha les jambes.

Haroun pria Dieu en lui demandant pardon et compassion pour son fils. Une puce piqua Ali à la joue droite mais il ne put pas se gratter. Cette minuscule démangeaison devint insupportable. Il appuya sa joue à un mur avec un soulagement indicible. Les délices envahirent sa joie et son corps. Alors dans sa tête, le chant des oiseaux et le parfum des fleurs s'éveillèrent.

Il se roula avec plaisir dans les coussins et remercia Dieu de l'avoir fait vivant.

Il réalisa qu'il n'avait pas pensé à Pauline depuis la piqûre de la puce. Il rit et espéra qu'elle fut aussi heureuse que lui.

Alors, parce que ne demeuraient plus en lui ni regrets ni amertume, de douleur imaginaire, son corps lui fut rendu.

Haroun fut transporté par le bonheur car son fils allait lui succéder.

M. Lery.

L'estomac de M. Léry avait digéré pendant 30 ans des nourritures de fonctionnaire. Les restrictions l'ont achevé. Les parents de M. Léry, qui tenaient une mercerie à Moulins voulurent élever leurs fils au-dessus de leur condition, qu'ils jugeaient humble.

À force d'économies, ils en firent un commis des ponts et chaussées. M. Léry a longuement payé cet honneur.

M. Léry a d'abord connu, avant de se marier les restes réchauffés des petits restaurants.

Puis il s'est marié et sa femme achetait au marché les légumes flétris et les fruits qui commençaient à tourner.

Quand les restrictions sont arrivées, M. Léry venait de prendre sa retraite. Son estomac s'était tant ratatiné au bout de 30 ans de petits repas tristes. Les rutabagas l'ont achevé. Il ne pouvait plus rien manger. Il est allé à l'hôpital. On lui a enlevé l'estomac. Mme Léry a nourri son mari pendant des semaines avec des bouillies.

Puis il a recommencé à manger en picorant comme un oiseau. Après son opération, M. Léry ne pouvait plus relever le menton. Il avait l'impression qu'on l'avait recousu trop court.

Il retourna à l'hôpital. On voulait le rouvrir mais il refusa et finit par lever la tête comme tout le monde.

Il n'a plus d'appétit mais c'est bien commode. C'est lui qui fait les courses depuis qu'il est à la retraite. Il a une carte de priorité à cause de son opération mais il ne l'a utilisée qu'une fois et les ménagères l'ont traité comme un ouvrier et il n'ose pas dire à sa femme qu'il n'utilise plus sa carte.

Comme il est long à faire les courses, Mme Léry croit qu'il se dévergonde au café et ça la la ronge.

C'est l'hiver et la pénurie. M. Léry est pauvrement habillé de vêtements raccommodés.

Il s'approche d'un marchand qui vend des beaux pruneaux mais ils sont réservés à ceux qui ont une carte d'inscription. Les ménagères répandent les rumeurs. M. Léry demande à Mme Dupont et à Mme Durand où se trouve le marchand qui vend des moulins-légumes.

Elles sont interloquées car il n'y a plus de légumes mais M. Léry leur explique que sa femme lui a confié cette mission car son moulin est cassé et elle veut le remplacer qu'il serve ou non. C'est ça un ménage. Mme Dupont et Mme Durand sont flattés par cette réponse de bonne ménagère.

Il y a des moments où les femmes sont supérieures aux hommes. Elles répondent que les moulins-légumes sont devenus introuvables.

Mais M. Léry insiste. Sa femme sait qu'un commerçant en vend.

Les gens écoutent la conversation et la répandent en la déformant. La rumeur d'une vente de légumes se répand dans la file d'attente. La foule court vers le mirage aux légumes.

M. Léry achète une brochure proposant des recettes de gâteau au topinambour, une omelette sans oeufs.

Un camelot fait l'éloge d'un gazogène à papier.

M. Léry se sent fier d'être français, ce peuple plein de ressources et d'ingéniosité. M. Léry a acheté un tube de pierres à briquet. Une paire de lacets en rayonne, un tire-bouchon qui peut servir à ouvrir les huîtres mais il n'a pas trouvé son moulin-légumes. Il a suivi une chanteuse jeune et maigre qui chante « le Temps des cerises » d'une voix éraillée. Elle est accompagnée d'un petit garçon qui tend la main. M. Léry aimait chanter quand il était enfant puis la honte lui est venue et quand il fredonne sa femme le fait taire. Les chansons bourdonnent dans sa tête et il ne peut dormir le soir.

Il comptait les moutons en vain. Il pensait à une chanson : « j'ai sauté la barrière ». Il aurait voulu crier cette phrase. Il aurait été enfin soulagé. M. Léry donne une pièce de 0,50 f à l'enfant. La foule s'est formée autour d'un homme courbé et un autre  debout près de lui qui agite une énorme chaîne.

Une femme maigre et rousse frappe un tambour et interpelle le public. L'homme debout entoure la poitrine de l'homme courbé d'une chaîne. Quand la femme rousse demande de l'argent les rangs s'éclaircissent aussitôt.

M. Léry donne 0,10 f. L'homme enchaîné se libère par la force. Mme Durand dit que c'est du chiqué.

M. Léry rentre chez lui harasser.

Il s'excuse de n'avoir rien trouvé. Sa femme prétend qu'elle devrait tout faire elle-même.

Mme Dupont dit à Mme Durand qu'elle a acheté le gazogène mais elle n'est pas plus avancée car elle n'a pas d'allumettes.

M. Charton.

Ce que M. Charton regretta le plus, quand il cessa de travailler, ce fut son pavillon de banlieue.

Il était à 1:12 de la Gare Saint-Lazare plus 20 minutes de marche. Il était cousin de M. Léry. Il était chef-comptable à l'entreprise de fers et ciments. Il allait à son travail de la Gare Saint-Lazare à Cambronne par le métro et devait se lever à 5:30 pour commencer à 9:00. Sa femme qui ne se levait qu'à 8:00 est morte. Ils n'ont pas eu d'enfants car ils ne pouvaient souffrir à la fois un pavillon et des enfants.

Une bombe a fait exploser son pavillon. S'il n'avait pas eu son travail, il serait tombé malade, peut-être serait-il mort. Son patron lui a offert une bicoque au bord de la mer pour ses 23 ans de fidélité. M. Charton s'y est installé. Elle était vide. Les réfugiés avaient brûlé les mauvais meubles et les Allemands déménagé les bons. Les FFI avaient tracé des V, des faucilles et des marteaux sur les murs à la mitraillette.

M. Charton a acheté des meubles aux enchères.

Il a réparé la maison. Il regardait le jardin et a regretté son ancien pavillon et son ancien jardin sans herbe et sans feuille.

À la retraite, il avait décidé de ne se raser que le dimanche pour se libérer de cette obligation. Il était chauve et avait les yeux tristes qui ne reflétaient rien. Son jardin avait des arbres, chêne vert, jujubier, pins. Il défricha un carré de terre et sema des carottes et des laitues, des poireaux et des oignons.

Il vendit les pins et le chêne. Les araignées et les oiseaux mangèrent ses graines. Les taupes envahirent son jardin. Alors M. Charton brûla les buissons de rosiers, tronçonna les serpents de lierre, coupa le poirier et le figuier et loua les services d'un cultivateur qui retourna son jardin.

Il avait gardé un cerisier pour vendre les cerises et le jujubier parce qu'il voulait voir ce qu'était le jujube.

Il en goûta et n'aima pas. Il coupa le jujubier et le laurier et passa le reste de l'année a ameublir le sol.

Il hésita à se débarrasser du mimosa mais quand il se décida le mimosa était allé se réfugier au coin de la maison. Le mimosa fleurit et illumina tout le mur. Les promeneurs lui en demandèrent. Mais ça ne se vendait pas et M. Charton enrageait d'être si souvent dérangé pour ce rien.

Il voulut s'en débarrasser mais le mimosa s'était enfui à l'autre bout du jardin et avait caché ses fleurs. M. Charton répara son mur. Les merles mangèrent ses cerises.

M. Charton voulut les chasser avec des pièges et un épouvantail mais en vain.

Alors il abattit le cerisier et le mimosa disparut.

Il cueillit les petits pois pour les manger mais les cosses contenaient du mimosa. Tous ses légumes se transformèrent en mimosa. Il lutta contre le mimosa et retourna tout le jardin mais le mimosa se réfugia dans le puits. Il mourut et on le découvrit 15 jours plus tard bien conservé et la pupille de ses yeux était couleur d'or et deux feuilles de mimosa avaient poussé dans ses sourcils.

Les bêtes.

1-le têtard.

Le jour de la Libération, tout le village est venu en procession au calvaire. Les gendarmes dans leur gendarmerie ont remplacé un portrait par un autre. L'ancien maire est parti en bicyclette. Il avait peur d'être pendu. Le nouveau maire a retrouvé la République.

Une grenouille qui se chauffait la tête hors de l'eau dans le coin du bassin, au soleil, a eu peur de quelque chose et a plongé. Un têtard monte du fond noir de l'eau, avale une bulle et redescend. Chez le têtard il n'y a rien entre la tête et la queue.

Les enfants de l'ombre.

En ce temps-là une douce rivière coulait des monts d'Auvergne. On la nommait l'Allier. Elle aimait les adolescents vierges, impudents.

Chaque année, elle en ravissait quelques-uns et ne les rendait qu'après avoir tout tiré d'eux.

À l'automne, elle écrasait les prés des riverains qui la traitaient de garce.

Chussy bordait cette rivière. Les habitants étaient appelés les bisons. Nul ne savait pourquoi.

Les bisons ne sont pas des animaux féroces et les habitants de Chussy étaient doux.

Un jour Mme de Sévigné passait par là et but l'eau d'une fontaine. L'eau pétillait et guérissait les maladies.

Mme de Sévigné en parla à Mme de Grignan.

Aussitôt, les malades du monde entier accoururent à Chussy. La fontaine fut à sec alors les habitants de Chussy creusèrent des souterrains pour capter l'eau de la région et en tirer profit.

Les femmes entretenaient les feux de bois pour chauffer l'eau et les enfants soufflaient dans les tuyaux pour la rendre gazeuse.

Comme c'était une opération fastidieuse, un bison artiste inventa de percer des trous dans les tuyaux, pour les transformer en instruments de musique. Et les enfants jouaient du matin au soir ce qui faisait couler à la surface de l'eau pétillante. Les enfants découvraient, dans les souterrains, des prairies de fleurs qu'on ne peut toucher, des trésors de gemmes aux luisances imperceptibles et des animaux furtifs.

Le roi de Chussy percevait une dîme sur chaque franc touché par ses sujets et gagnait des milliards mais n'en profitait pas car il avait le foie malade et son médecin lui interdisait de sortir après 20:00.

Quand arrivaient les premiers froids, tous les malades s'en retournaient chez eux. Les Bisons s'ennuyaient, on éteignait les feux et fermait les robinets. Tout le peuple du sous-sol remontait à la surface. On prenait grand soin de préserver les enfants de la lumière.

Pour se distraire, les Bisons avaient tout essayé. Ils organisaient des bals et des fêtes folkloriques, des concours de bridge, des orgies. Ils écoutaient la TSF, lisaient des romans policiers. Ils épiaient leurs voisins, surveillaient les adultères, envoyaient des lettres anonymes. Ils allaient à la messe.

Ils regrettaient de ne pas être des enfants quand la réalité visible ne bornait pas leur univers.

Advint une époque où le monde engendra des monstres, un serpent de mer, un diplodocus, un âne volant, une bête d'horlogers voie dans. Le seul adulte qui ne s'ennuyait pas était Paul Day. Les Bisons l'appelaient l'artiste. Il dessinait et gravait d'après ses souvenirs d'enfance. Il ne vendait pas ses oeuvres alors il dut fabriquer du savon et s'ennuya comme les autres. Un soir, il voulut traverser l'Allier en bicyclette. Une énorme masse noire jaillit sur la passerelle et emporta son vélo.

Paul se mit à courir et s'engouffra dans le premier bar et but une triple fine. Il raconta son histoire qui parut dans le Progrès des Bisons. Il était question d'un monstre. Les Bisons inventèrent les détails et ne s'ennuyaient plus. 20 Bisons crurent voir le monstre en 20 lieux différents. Un vieillard vit la bicyclette de Paul accrochée à la cime d'un peuplier. On crut que le monstre l'avait emporté là. Un pêcheur mourut de peur en croyant avoir lu le dos du monstre. 7 femmes enceintes firent des fausses couches. On se barricada.

Le roi s'inquiéta. Il avait peur que les Bisons le rendent responsable du monstre.

Une femme allait devenir centenaire mais mourut à 95 ans. Les Bisons furent privés des festivités prévues en l'honneur de la vieille dame. Sans aucun doute, le monstre avait voulu frustrer la ville de cette fête. Les Bisons protestèrent contre le roi. Le roi décréta la mobilisation générale. L'armée abattit un déluge de mitraille. Un cri de stupéfaction et de douleur sembla sortir de la rivière. La rivière prit la couleur du sang. Les enfants, dans leurs pièces closes savaient tout ce qui se passait car ils entendaient les conversations. Ils entendirent le cri et éprouvèrent une grande pitié. La plus belle fille de la ville que nul n'avait jamais vue, même ses parents, s'appelait Genête.

Elle entendit la plainte. Elle alla à la rivière. Elle trouva le blessé, c'était un petit garçon.

Elle posa une main sur la blessure du garçon et la blessure cessa de saigner. Il l'emporta et elle vit les étoiles entre les ailes du garçon.

Les bêtes.

II les lionnes.

Une fille de quatre ans et l'autre de 12 ans étaient assises sur un tronc de chêne. Près d'elles se trouvaient des lionnes mais elles n'avaient pas peur. Quand le chêne qui ferme la vallée à l'ouest aura été abattu, elles pourront s'en aller. La foudre s'abat sur le chêne. L'aînée se lève. Une lionne épouvantée saute sur elle et se couche sur ses épaules. Les deux autres lionnes suivent les deux fillettes qui s'en vont en se tenant la main. Elles entrent dans un café où elles retrouvent leur famille. L'aînée conseille à son père d'utiliser la lionne couchée sur ses épaules pour un spectacle.

Les mains d'Anicette.

Anicette était en classe de certificat pour la troisième fois. Ce pouvoir miraculeux de ses mains se révéla dans le coeur de l'école. Elle dessinait des chiffres huit car elle aimait ce chiffre. Mme Passerat-Petitpas était la maîtresse. Elle avait de la barbe et la voix grave. Elle s'était découragée de la paresse d'Anicette. Anicette été incapable d'effectuer un travail triste. Elle rêvait quand elle était au piquet.

Même les filles hargneuses l'aimaient.

Une chipie renversa la petite Odette. Anicette la ramassa essuya ses yeux. Elle la prit dans ses bras et la porta jusqu'à la fontaine pour saigner son genou écorché.

Elle offrit à boire à Odette dans la coupe de ses mains.

Odette vit une mésange bleue dans les mains d'Anicette. C'était la mésange qu'Odette voulait apprivoiser. Mais Anicette ne voyait rien. C'était une illusion. Chaque fillette voyait quelque chose de différent dans les mains d'Anicette. Un baba pour une gourmande, une poupée, un collier.

Anicette avait dans ses mains l'image de leurs désirs. Mme Passerat- Petitpas vit une maison de campagne dans les mains d'Anicette.

Elle économisait pour cette maison et crut que les mains d'Anicette montrait l'avenir. Elle le dit et cette phrase devait provoquer bien des catastrophes.

Le soir même, la chipie alla dans l'arrière-boutique du boulanger qui la tripotait car elle voulait savoir ce qu'était un homme. La maigre, qui fut 15 jours sans voir venir le gigot promis, le vola. Son père la battit. Adèle, la gourmande se fit offrir 12 gâteaux par un passant. Elle en mourut dans les trois jours. Mme Passerat- Petitpas, assurée d'une heureuse issue, vendit ses fonds d'État et spécula en bourse. Elle fut ruinée.

Elle n'osa pas accuser Anicette mais lui manifesta son hostilité. Toute l'école détesta la fillette. Anicette ne comprenait pas car elle n'avait rien vu dans ses mains et elle ne se soucia pas des reproches. Le chagrin ravagea l'institutrice qui renvoya Anicette.

Ses parents tenaient un café et l'ignoraient alors elle vivait dans des songes quotidiens.

Sa mère lut la lettre de l'institutrice et ordonna à sa fille de lui montrer ses mains.

Mme Gendraux, la mère d'Anicette, y vit un cercueil et dedans son mari. Elle sentit la joie et eut honte.

Elle imagina son avenir sans son mari et serra Anicette sur son coeur.

Et lui demanda de ne pas montrer ses mains à son père.

Elle fut aux petits soins pour son mari pour adoucir ses derniers moments. Qu'on ait rien à lui reprocher. Elle lui fit rédiger son testament et prendre une assurance sur la vie.

Elle rencontra un unijambiste. Il fut son amant. Elle prétendit être veuve et attendait l'héritage. Le boiteux s'impatienta et la battit. Alors Mme Gendraux empoisonna son mari.

Mme Gendraux appela le docteur pour le certificat de décès et lui offrit une bouteille et ses nichons. Elle put vendre le bistrot et acheta une voiture et une jambe en argent pour son amant.

Il prit la voiture ne revint jamais. Mme Gendraux dissident et ses cheveux. Elle se suicida en se jetant dans la Seine. Anicette fut adopté par la modiste chez qui sa mère l'avait mise en apprentissage. Elle créa des chapeaux qui eurent du succès.

Mme Mangeon, sa mère adoptive s'enrichit sans rien donner à Anicette.

Anicette était heureuse. Elle avait presque oublié l'école, l'émerveillement des fillettes, les paroles de la maîtresse, l'émotion de sa mère. Elle n'avait pu montrer le miroir d'eau dans le creux de ses mains. Fernand, le neveu de Mme Mangeon tomba amoureux d'Anicette. Après son service militaire, il la courtisa. Elle voulut lui montrer l'avenir dans ses mains mais il refusa car c'était elle son avenir. Alors elle lui raconta son enfance et il accepta de regarder le miroir de ses mains mais le don avait disparu.

Fernand ne vit rien mais Anicette vit Fernand dans le miroir. Elle murmura : « voilà le miracle »…

Les bêtes.

III le papillon.

Une femme rentre chez elle. Elle est âgée mais est restée mince. Elle est heureuse de rentrer. Dehors, il neige. Elle est seule mais elle est heureuse de se rendre service. Pourtant, elle compte sur elle. Le calme règne dans la maison. Elle sort les pieds nus dans la neige et un papillon se pose au sommet de son doigt.

Péniche.

Une fée avait proposé trois voeux au bûcheron et à sa femme.

Cela les rendit malheureux alors la fée leur ôta le souvenir de l'aventure. Le progrès rendit l'humanité raisonnable. Les hommes ne croyaient plus aux fées et les enfants ne croyaient plus au Père Noël.

En ce temps-là, un garçon, un peu difforme, habitait au fond de la campagne. Il vivait de peu et rendait des services aux charbonniers et aux paysans.

Il fréquentait les animaux. À la première lune de chaque saison, il se rendait chez la coiffeuse du village. Un jour, les gendarmes vinrent le chercher car il avait trois ans de retard pour son service militaire. Les anciens se moquaient de lui. À cause de ses grands pieds, il fut surnommé Péniche.

Les sous-officiers voulurent le faire marcher au pas mais il ne comprenait pas. Péniche admirait ceux qui savaient marcher au pas.

Il se demandait pourquoi ces hommes intelligents se moquaient de lui, qui n'avait pas la chance de l'être.

Au bout de quatre mois, on le réforma. Les lurons de la chambrée fêtèrent son départ. Ils l'emmenèrent au bordel. Une fille s'occupa de lui. Personne n'avait été aussi doux avec lui mais il s'endormit dès qu'il fut couché.

Quand il revint chez lui, les animaux ne le reconnurent que quand il perdit les odeurs de la ville.

Il lui sembla qu'il n'était jamais parti. L'image de la fille ne lui revenait que pendant le sommeil. La guerre arriva. Péniche fut employé à la construction d'une voie stratégique qui allait traverser le bois. Il brouetta des cailloux.

Au bout d'une semaine, il s'étonna que la victoire ne fut pas déjà acquise. Il s'entendit traiter de lâche et de défaitiste. Il trouva les trois souhaits que la fée avait jetés dans le bois. Il les mit dans sa poche car il n'avait pas le temps d'y penser.

Le printemps avait saisi Péniche qui rêva de la fille. Il fut réveillé par des bombardiers. Péniche souhaita que les bombardiers le laissent dormir et il fut exaucé. Tous les champs de bataille se turent. Péniche se réveilla et reprit son travail. La guerre reprit. Il culpabilisait de ne pas aller assez vite et son deuxième souhait fut pour que les pierres soient légères.

Quand il se réveilla, toute la ville volait dans le ciel. Dans le monde entier, les maisons étaient devenues légères et volaient dans le ciel. Seuls les immeubles de ciment restaient sur terre.

Le Sacré-Coeur s'envola vers l'Atlantique. Il n'y avait plus de Pyrénées. La moitié des Alpes était en Amérique. Péniche pensa qu'il était puni pour avoir souhaité que sa peine soit épargnée alors les souhaita que les pierres soient à nouveau lourdes. Tout retomba mais pas dans l'ordre initial et beaucoup d'hommes avaient péri.

La paix commença pour 20 ans. La fille atterrit chez Péniche mais se moqua de lui et emprunta sa veste.

Péniche n'eut pas de chagrin. L'obélisque était tombé, la pointe en bas, près de sa maison. Péniche se mit à rire tout seul.

Les bêtes.

IV la couleuvre.

Le père et son fils vont à un enterrement. Ils y vont en voiture à mulet pour aller plus vite mais ce n'est pas le cas alors ils prennent un raccourci dans la campagne ou le fils allait avec une jeune fille.

Il y avait des hommes qui jouaient au ballon et se livraient à des assauts d'escrime. Puis le père disparut. Le fils arriva au cimetière mais l'enterrement était fini. Il vit une couleuvre qui emplissait le cimetière de son mouvement qui emplissait le cimetière de son mouvement. Il y avait aussi des vipères qui mordirent le jeune homme. Il partit chercher une pharmacie et croisa son père dans la voiture. Il demanda à une femme où se trouvait la pharmacie et quand il lui dit que c'était dans la troisième rue à gauche, le jeune homme réalisa qu'il ne connaissait ni sa gauche à droite.

La fée et le soldat.

Dieu était en colère contre les hommes parce qu'ils se faisaient la guerre. Il voulut les détruire. Mais des angelots vinrent lui demander de punir la fée Pivette. Pivette aimait plumer les angelots.

Dieu lui pardonnait car Pivette était vierge depuis 2703 ans et il savait que sa libido était perturbée. Mais cette fois, il envoya sur terre pour qu'elle devienne femme.

Elle arriva sur terre et elle fut désolée de voir sa chère forêt remplacée par des usines d'armes.

Pivette fut réduite à loger en ville. Elle observa la vie de la cité. Son coeur tendre s'émut de pitié et d'horreur. La population civile se composait de vieillards et de femmes indignes. Les riches payaient très cher le pain et le lard. Les pauvres se nourrissaient de navets et de cresson. Ils allaient pieds nus, vêtus de kaki.

Tous les 18 mois, un certain nombre de femmes seules étaient inséminées de germes mâles.

Les fils étaient élevés dans des forceries nationales et devenaient soldats en cinq ans. Arrivée par des voies mystérieuses, la nourriture était débitée dans les restaurants clandestins. Les femmes de la police spéciale » fermaient les yeux car on les laissait sucer les os. Pivette voyagea et trouva partout la même misère.

Un jour, elle n'y tint plus et transforma des briques en beurre qu'elle distribua.

En un clin d'oeil, elle fut lynchée.

Elle se retira de son corps périssable. Elle chercha un homme et coucha avec un vieillard qui se récusa car il manquait de vitamines.

Elle coucha avec un autre qui s'enfuit à cause d'une alerte.

Elle entendit des mots d'amour à la TSF mais c'était un obèse qui les prononçait.

L'obèse était employé par le gouvernement pour canaliser la sentimentalité vacante des femmes seules.

Il n'aimait pas les femmes et chassa la fée. Elle rencontra un soldat, un vétéran de 16 ans.

Il rêva d'une femme mais ne savait pas comment faire l'amour. Pivette se donna partiellement au soldat.

Elle ne voulait pas qu'il la pénètre sinon elle retournerait au paradis. Le soldat était prêt de la victoire mais la fée se jeta dans ses bras et le déconcentra. C'est ainsi qu'il fut tué. Mais Pivette fut exaucé. Dieu la transporta avec son héros au septième ciel.

Les bêtes.

V les loups.

Un homme regardait un hortensia non fleuri à travers les barreaux de la fenêtre. Il s'était battu contre trois de ses gardes et pensait à Mari qui avait saigné un porc. Il ne savait pas si Mari était moine même s'il portait une robe de bure. Un troupeau entra dans la cour mené par un homme. Mari parla des loups menés par un homme qui avait été tué par le père du narrateur.

Les voisins du narrateur lui proposa sa fille mais elle ne plaisait pas au narrateur. Elle ne se disait pas prête et montra sa poitrine sans seins.

Le narrateur et Mari envoyèrent des U2 sur la ville. Un U2 si un trou dans le mur d'une maison sur lequel était écrit le nom du narrateur.

L'homme fort.

Georges Lassoupadie était marchand de vins. Son histoire eut lieu bien avant la disparition de la civilisation. Il n'avait pas de famille. Il avait été stérilisé à 12 ans parce qu'il louchait.

À 22, et en bas d'un escalier et l'opération qui suivit lui redressa la vue.

Il obtint la gérance des vins par le ministère de l'Economie et de la Santé. Il voulait boire pour oublier sa stérilité.

Mais cela ne suffit pas à dissiper sa mélancolie. Il s'adonna à la recherche scientifique. Il inventa un savon à usage interne qui permettait de ne pas se laver à condition qu'on l'absorbe en pilules avant de se coucher. Il voulut améliorer la condition humaine en renforçant l'homme. Il chercha comment rendre les globules blancs invulnérables et réussi au bout de 18 ans. Une mouche absorba le liquide qu'il avait créé et il vit que la mouche était devenue invulnérable car elle partit en perçant un mur. Mais la mouche avait transpercé 7 personnes et la police enquêta.

Le commissaire interrogea Lassoupadie après avoir remonté la piste.

Il fut enfermé au cachot trois mois. Un aérolithe fut rendu coupable d'avoir transpercé les 7 victimes. Le magistrat trouva un caillou dans la cave de Lassoupadie et l'affaire fut classée.

Quand il revint chez lui, il trouva sa cave en désordre à cause des enquêteurs. Il fut soulagé de trouver son précieux liquide dans une bouteille qu'il avait étiquetée « eau distillée ».

La mouche avait continué de tuer.

Les voyageurs du convoi en provenance de la Nouvelle-Bezon, capitale de la lune furent ses victimes. Lassoupadie avait un rat blanc, Mic, un vieil ivrogne. Il but du précieux liquide. Le rat avait creusé des galeries dans l'immeuble qui menaçait de s'effondrer alors Lassoupadie déménagea.

L'immeuble s'effondra trois jours plus tard tuant 3500 personnes. Mic sorti indemne des ruinés retrouva son maître.

Lassoupadie voulut le noyer mais Mic survécu et retrouva son maître. Lassoupadie lui fit la morale mais Mic détruisit l'imprimerie du Figaro, un journal du temps passé qui avait survécu au déluge.

Les journalistes virent Mic et ce dont il était capable. Ils répandirent la nouvelle et le surnommèrent « le rat dur ».

Il fut mis en cage mais se libéra pour retrouver son maître suivi des journalistes.

Lassoupadie dut s'expliquer. Lassoupadie déclara qu'il le ferait devant l'Assemblée mondiale des sciences.

Mic continua ses dégâts et fut considéré comme un fléau par le public.

Il résista à tous les poisons. On ne pouvait se débarrasser de lui. Lassoupadie évoqua ses découvertes devant les meilleurs savants du monde.

Dehors la foule était en colère à cause de Mic. Il fut traité d'imposteur. La foule entra pour lyncher Lassoupadie mais il but son liquide pour se défendre. L'humanité chercha à le tuer mais il survivait à tout ou même aux bombes atomiques.

Ayant reconnu l'impossibilité de le détruire, les hommes durent s'accommoder de son existence, subir son appétit, craindre ses caprices. Lassoupadie, devenu plus fort que tous les titans avait conservé l'amour désintéressé de ses semblables et mit sa force de tout entière au service de son pays.

Le pays le nourrissait et il mangeait comme plusieurs corps d'armée. Le gouvernement dut déclarer la guerre aux plus riches des pays voisins pour subvenir aux besoins de Lassoupadie.

Lassoupadie se mit en colère et neutralisa les armées. Il déclara que quiconque, dans le monde voudrait faire la guerre, aurait affaire à lui.

Les peuples enfin en paix l'aimèrent.

Il reçut les meilleurs plats et des roses. Les gouvernements craignaient qu'il dirige le monde alors ils lui offrirent un petit royaume des montagnes. Le royaume d'Aquiandora n'avait jamais connu la guerre car il n'avait pas d'armée. Il y avait que 22 habitants. Une vierge fut offerte à Lassoupadie. Mais elle avait 54 ans et Lassoupadie la renvoya à ses moutons.

Pour se distraire, il abattait le travail de 1000 hommes. Mais les ouvriers étaient au chômage à cause de lui. Il s'en désola à ne s'attaqua qu'aux travaux qu'on n'eut point accomplis sans lui.

Il irrigua le Sahara, défricha la forêt vierge, jeta un pont entre l'Espagne et le Maroc et transporta l'Angleterre dans l'océan Indien pour raccourcir la route des Indes. Des fortunes colossales se nourrissaient de son travail désintéressé. Mais les initiatives de Lassoupadie accumulaient les ruines. Les blés du Sahara submergèrent le marché mondial et ruinèrent les paysans du Canada et de l'Ukraine.

Lassoupadie fut détesté alors il chercha l'antidote pour redevenir normal.

Il l'essaya sur Mic qui se fit dévorer par un chat sans pouvoir se défendre.

Il le dit à la foule et un homme le gifla, une femme lui planta son parapluie dans les côtes.

Il fut lynché. Et la guerre reprit. Le nom de l'homme fort fut effacé des livres d'histoire.

Les bêtes.

VI la créature.

Le roi d'Angleterre ne trouve pas son soulier droit. C'est sa femme qui l'a emporté pour le faire réparer par le cordonnier.

Tous les matins, le roi cherche son soulier droit et va à la messe avec une pantoufle au pied droit. La messe se dit sous le hangar. Quand la créature arrive et s'assied sur le banc, le banc se soulève et soulève tout le monde. La créature se croit belle et peut tout se permettre. Elle soulève sa robe et n'a rien en dessous. Elle est 30 fois plus lourde qu'une femme qui aurait sa taille. Elle a un ongle à la place des cils et son sexe est apparent et à la forme de la lettre S. Ami auteur du hangar il y a une pièce où se trouve un couteau de poche. Une énorme roue dentée commande son mécanisme. Des garçons de 14 ans occupent la pièce. Ils ouvrent le couteau qui crève le plafond.

La créature ouvre ses mains et laisse retomber sa robe qui glisse sur elle.

Béni soit l'atome.

1-les rescapés du B-312.

Valentin Durafour était pilote à la société des Transports en commun New York Paris.

Il faisait 10 allers et retours par jour.

Il n'avait rien à faire car c'était le contrôleur qui assumait les responsabilités.

Le pilote avait juste à fermer les portes et à embrayer.

Le stratobus faisait Paris New York rend une demi-heure.

Le pilote tricotait des layettes en nylon pour ne pas s'ennuyer pendant le voyage.

Il n'y avait plus de pilote aux États-Unis mais les Français gardaient les leurs car ils imaginaient plus en sécurité avec eux.

Un matin, Durafour vit New York disparaître sous une explosion. Il n'y eu aucune panique. Le cas était prévu. Le stratobus B-312 remonta automatiquement vers l'azur. Il se mit à décrire des cercles à 30 km d'altitude. Durafour appela New York qui resta silencieux comme Paris, Londres, Moscou, Berlin, Nankin et Sydney. C'était la guerre. Le contrôleur paniqué pensait à ses enfants. Toutes les grandes villes du monde possédaient des missiles atomiques.

L'ONU réussit à passer un accord. Tous les pays se résigneraient à laisser garder leurs batteries de départ des missiles par des représentants des autres nations.

Ce fut la naissance du corps international des veilleurs. Mais un petit État dans les montagnes, neutre depuis toujours et non représenté à l'ONU voulut dominer le monde.

Son président fit construire une seule bombe et l'envoya sur un pays au hasard ce qui fit partir automatiquement tous les missiles atomiques du monde.

Les passagers du B-312 se disputèrent à propos de l'origine de la guerre puis se calmèrent en comprenant leur sort précaire.

Le professeur Coliot-Jurie spécialiste de la physique atomique était dans le B-312.

Les passagers lui donnèrent leur confiance pour trouver une solution. La nourriture allait manquer. Il faudrait atterrir mais où ?

Durafour saisit les commandes et fit 7 fois le tour de la terre à la recherche d'un lieu où atterrir. Coliot-Jurie pensa au Groenland où une expérience était en cours. Le Nord avait été réchauffé avec des générateurs caloriques.

Les paysans du monde entier vinrent y faire pousser des fruits et des légumes. Durafour se posa donc au Groenland. La guerre avait réveillé les volcans, détruit l'Europe, coupé l'Amérique en deux, le petit royaume des montagnes avait également été détruit.

Coliot-Jurie parvint à organiser la vie des quelques milliers de survivants qui allaient former la nouvelle humanité. Il fallut des générations pour que la civilisation atomique renaisse et regagne peu à peu tout le globe. Coliot-Jurie forma des élèves qui en formèrent d'autres. La science est mise au service de la paix. Une langue universelle fut créée à partir des anciennes langues. Vint un siècle où la terre forma une seule nation, d'une seule race.

2- Journal d'un civilisé.

An 5946 de l'ère de paix totale.

L'auteur du journal avait dormi trois semaines. Il devait fournir à la collectivité ces deux heures de travail mensuel. Il était voué à Dieu et à l'atome.

Il enregistrait ses réflexions sur un fil d'argent pour ses descendants. Il était riche de posséder 120 g de matières en désintégration. Chaque citoyen en recevait 10 g à sa naissance. C'était suffisant pour l'alimenter en énergie toute sa vie. À sa mort, les sources d'énergie étaient restituées au Trésor public. Chaque citoyen devait payer l'impôt en branchant son générateur d'énergie sur le réseau collecteur, au profit de la nation. Les villes étaient bâties à 2 km sous terre. Cela permettait d'échapper aux saisons et aux explosions d'usine qui étaient en surface. Sous terre, il y avait des fleuves et des océans. Les hommes avaient cultivé des plantes et domestiqué les animaux. La lumière captée du dessus était diffusée sous terre par la télévision. Les véhicules étaient rapides, sans bruit et sans fumée. Les machines travaillaient pour les hommes. À partir de 35 ans, les hommes pouvaient profiter de tout leur temps. Ils recevaient une éducation obligatoire dans les écoles nationales jusqu'à 35 ans. Les esprits les plus doués étaient autorisés à travailler 2 heures par mois.

Les hommes avaient inventé des arts nouveaux : la musique des ondes, l'architecture des couleurs, le cinéma total.

L'homme commun n'avait plus à faire le moindre effort. Il vivait, dormait, se nourrissait et se distrayait dans une cellule. Il recevait tout ce qu'il voulait à domicile. Les hommes et les femmes faisaient l'amour par plaisir sans se connaître. Ils vivaient nus (les femmes jusqu'à 18 ans et les hommes jusqu'à 25 ans). Après ils se marier pour faire un enfant par an. Pendant 10 ans. Ensuite, seul l'amour télépathique était autorisé. Le cinéma total était en relief, odorant et sensoriel. Les livres du monde entier étaient accessibles sur écran de poche ou d'appartement.

Mais le moderne s'ennuyait. Le sommeil prolongé guérissait le spleen. Presque toute la population dormait 30 jours par mois baignée dans des ondes qui la nourrissaient. Les hommes ne rêvaient pas à cause des ondes. Les hommes avaient conquis la lune, Mars et Vénus.

La lune avait été rendue habitable comme Mars et Vénus.

3-journal du petit-fils du précédent.

1000 ans plus tard. Les hommes dormaient depuis 10 ans quand ils apprirent que les colons de Pluton déclaraient leur indépendance.

Orphée était leur chef. Il voulait revenir à la civilisation passée : travailler et semer du blé. 600 milliards d'hommes le suivirent. Les terriens furent mobilisés 10 minutes par jour.

La lune se solidarisa avec Pluton ainsi que Mars et Uranus. La guerre éclata.

Orphée menaça d'envoyer une fusée indestructible sur la terre. Du coup la lune cessa son alliance avec Pluton. Les terriens firent dévier la fusée d'Orphée vers le soleil.

Le système solaire allait peut-être exploser. Le narrateur était fier d'être un homme.

Les bêtes.

VII elle.

Le narrateur grimpa sur le siège du remonte-pente. Il se dirigea vers le dortoir et y entra. À la place des lits, il y avait des tables avec une femme derrière chacune. Elles repassaient du linge blanc. Elles avaient 40 ans. Le narrateur entendit une voix de femme l'appeler. Il savait qu'il allait entrer dans son visage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 décembre 2015

L'espéranto

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L'espéranto (Pierre Janton).

 

Introduction.

Phénomène complexe sous son apparente simplicité, l'espéranto peut être étudié sous l'angle de plusieurs disciplines.

Langue artificielle, l'espéranto peut être abordé en linguistique.

Phénomène idéologique, il intéresse l'histoire des idées en tant que réponse au problème de la communication posé par la multiplicité des langues.

L'espéranto traduit une préoccupation qui commence à s'affirmer au XVIIe siècle. L'espéranto apparaît issu d'idées convergentes sur les moyens et la forme de la communication, mais aussi d'idéaux quant à sa raison d'être. En ce sens l'espérantisme représente non seulement une théorie du langage mais une doctrine sur sa finalité qui est une forme d'humanisme. On appelle espérantophones les utilisateurs de l'espéranto, réservant parfois le nom d'espérantistes à ceux qui acceptent cette finalité.

Alimentant sa diversité dans toutes les ethnies et toutes les classes, l'espérantisme conserve pourtant une personnalité et unité fondamentales, moins à cause de son organisation matérielle que de sa portée psychologique comme véhiculent d'échanges internationaux, il aspire à jouer le rôle de langue auxiliaire actuellement dévolue à certaines langues nationales hégémoniques.

Chapitre premier : l'espéranto et les langues construites.

L'histoire des langues construites commence avec le XVIIe siècle. Ce goût de l'ordre, de l'harmonie et de la perfection, qui caractérise le classicisme, porte les langues nationales à maturité.

Les langues nationales s'épanouissent dans une littérature qui, tout en se voulant fidèle aux modèles greco-latins, les supplante définitivement et revendiquent des privilèges égaux.

Les penseurs de lettres classiques se posent la question de la communication universelle.

Pour eux, les langues sont une manifestation de l'esprit et de son fonctionnement. Postulant l'universalité de la raison, ils espèrent aboutir à une universalité de langage.

Pour eux, la langue n'apparaît qu'accessoirement comme un phénomène indépendant.

Si donc beaucoup s'accordent à souligner l'utilité d'une langue universelle, tous inclinent à penser qu'elle ne viserait pas seulement à communiquer les idées, mais à les classer, les expliquer, à en éprouver la justesse et à les compléter.

Les projets de langue universelle qui fleurissent à partir de 1650 environ partent du postulat cartésien que « l'invention de cette langue dépend de la vraie philosophie. Ils reposent sur une classification préalable des idées et constituent des systèmes cohérents ordonnés autour de concepts fondamentaux. Ainsi le « caractère universel et langue philosophique » de l'Écossais Dalgarno distingue 17 classes d'idées, désignées chacune par une majuscule, d'où on dérive toutes les idées connexes en secondaires, au moyen de combinaisons de lettres grecques et latines.

Le 26 brumaire de l'an III, le citoyen Delormel présenta à la Convention un projet fondé sur les mêmes principes.

En 1852, le projet de l'Espagnol Sotos Ochando, qui connut un certain succès, adopte une structure analogue.

Ces systèmes s'acheminent donc vers la classification pure et simple. En 1956, de la classification décimale de Melvil Dewey employée dans les bibliothèques, le projet de translingua apparaît.

I pasigraphies et pasilalies.

Les pasigraphies sont des conventions purement visuelles utilisant des lettres, des nombres, des signes, des idéogrammes, des hiéroglyphes et même des notes musicales comme le solrésol de Jean Sudre (1866). Il s'agit alors d'écritures philosophiques destinées à être comprises par le regard.

Du XVIIe siècle au XIXe siècle, les linguistes crurent que la pasigraphie devait servir de base à l'élaboration d'une langue parlée universelle.

Le mot pasigraphie fut employé la première fois par J. de Maimieux dans son livre « pasigraphie ou premiers éléments du nouvel art-science d'écrire et d'imprimer en une langue de manière à être lu et entendu dans toute autre langue sans traduction » (1797).

Toutefois, l'évêque anglais John Wilkins avait publié en 1868 «A real character and a philosophical language » avec la même idée de subdivision de signes fondamentaux.

Inspirés par la souveraine raison et l'esprit humanitaire, les auteurs de pasigraphies abondent au siècle des Lumières et de la Révolution française.

Au XIXe siècle le développement de la linguistique allié à celui du commerce, de l'industrie et des doctrines sociales explique la continuité de la tradition.

En 1856, à Paris, la Société internationale des linguistes incline en faveur des langues philosophiques par classification et des écritures fondées sur ce principe.

Les pasigraphies continuent d'apparaître alors que naissent de véritables langues artificielles comme le volapük et l'espéranto.

Tchéshikhine a émis l'idée d'utiliser les idéogrammes chinois comme écriture universelle en 1919.

II les pasilélies sont des conventions audiovisuelles utilisant le plus souvent des lettres et parfois des signes affectés d'un son. Il s'agit de langues universelles destinées à être parlées au temps qu'écrites. On définit les pasilélies selon leurs rapports avec les langues naturelles.

a)       Les langues a priori construites à partir de schémas préalables sans rapports conscients avec les langues naturelles.

b)       Les langues a posteriori, dites naturalistes ou pseudolangues se réfèrent consciemment aux langues naturelles. Elles n'ont pas de schémas a priori philosophiques.

Elles se présentent comme des copies de langues existantes.

Dans la langue a priori de Letellier, une racine choisie arbitrairement pour dénoter la famille reçoit une flexion précisant les rapports divers.

Ces rapports, dans les langues naturelles, s'expriment par des mots différents. Il en va de même dans les langues a posteriori les plus naturalistes comme interlingua.

L'espéranto diffère des langues les plus naturalistes par l'application systématique du principe de formation du féminin : comme dans les langues de Letellier et de Menet (langues a priori) l'idée de mère est dérivée d'une idée antérieure.

I langues a priori : racines artificielles, dérivation schématique, fixité des catégories de mots : langues philosophiques.

II langues a posteriori :

a) langues naturelles, vivantes ou mortes, simplifiées, dites langues minimales.

b) langues mixtes employant des racines artificielles et des racines naturelles.

1° Dérivation schématique (volapük).

2° dérivation mixte (espéranto).

c) langues naturalistes :

1° conservant des vestiges de schématisme.

2° dérivation naturels.

Tendances de l'évolution des langues construites.

L'histoire des langues construites du XVIIe siècle à nos jours et celle de l'apparition de langues a posteriori et de la langue prédominante suivie du recul rapide des langues a priori.

John Wilkins et Comenius partaient d'une critique linguistique du latin pour définir les principes de leurs projets. Ils préférèrent les constructions a priori par intuition linguistique dans leurs analyses du langage.

Pour Comenius, le latin ne profite qu'aux gens instruits. Ses déclinaisons, ses conjugaisons, sa syntaxe et ses irrégularités le rendent inaccessible à la majorité des peuples.

Si Comenius tient à ce que la langue universelle remédie à la confusion des idées, s'il la conçoit, avec Descartes, comme un effort de mise en ordre de l'esprit, il ne perd pas de vue le côté proprement linguistique et il revient sans cesse à ses exigences de facilité, de précision et aussi de beauté.

En 1832, apparaît le premier projet de langue a posteriori créé par l'Allemand Gerber.

Puis viennent le cosmoglossa de Lucien de Rudelle en 1858 et l'universalglot de Pirro en 1868.

Une langue naturaliste ne produit pas nécessairement un effet naturel et ce paradoxe indique bien la difficulté de juger les langues construites selon les critères de la « naturalité». C'est l'exigence du beau qui, en grande partie, a poussé les auteurs des projets conçus depuis le volapük à imiter de plus en plus la nature. Cette tendance s'exprime par la simplification de langues existantes ou par la création de langues de synthèse dont la filiation est immédiatement reconnaissable.

III langues naturelles simplifiées ou langues minimales.

1 - langues mortes simplifiées.

Par réaction contre le volapük, se multiplient les efforts pour simplifier et moderniser le latin.

G. Henderson crée à Londres (1890-1892) la revue Nuntius latinus internationalis ; en 1901, à Paris, Fred Isly publie « Linguum islianum et en 1902 paraît à Vienne le Reform latein de K. Froehlich.

En 1903, G. Peano crée son latino sine flexion qui eut une nombreuse descendance.

Cette faveur dont jouit le latin est un fait capital dans l'histoire des langues construites et montre dans quelle direction les linguistes européens cherchent les critères du beau en matière de langue.

2 - langues vivantes simplifiées.

Des tentatives pour simplifier l'anglais, le français, l'espagnol ou pour créer des langues communes intergermaniques ou interslaves sont liées à la montée des hégémonies, à l'expansion économique et aux mouvements d'indépendance.

Entre 1888 et 1923, aux États-Unis, Elias Molee donne une série de projets de langue panaméricaine fondée sur l'anglais et l'allemand (tutonish 1888, niututonish 1906, all teutonic 1915, toito spike 1923).

Le docteur Baumann crée le wede en 1915 qui est un Allemand simplifié.

L'Espagnol simplifié est le nuove roman de J. Puchner en 1897. La Lingua Franca nuova de S. Bernard en 1888 est de l'italien simplifié.

Peu de projets français retiennent l'intention.

L'anglais simplifié aboutit au panoptic english de Ogden en 1929 et le Basic en 1935 encouragé par le gouvernement anglais.

Tous ces projets échouèrent à l'exception du Basic.

Ces projets mutilaient la langue en la simplifiant au point que ni les étrangers ni les indigènes n'y reconnaissaient plus son génie particulier.

Mais le Basic et ses 850 mots obligent le locuteur à inventer constamment des périphrases qui paralysent l'expression et la compréhension.

Si la langue internationale doit être une langue construite, il faut donc qu'elle puisse se prévaloir à la fois de ses qualités esthétiques aussi authentiques et de ressources expressives aussi variées que les langues naturelles.

IV le volapük.

Le volapük l'oeuvre d'un prêtre badois, Johann Martin Schleyer. Il est apparu en 1880. Schleyer crée d'abord un alphabet universel de 28 caractères.

Le volapük a grammaire régulière mais lourde. La déclinaison connaît le nominatif, le génitif, le datif et l'accusatif.

Le vocabulaire est tiré des langues naturelles mais sous une forme tellement simplifiée qu'on en reconnaît difficilement l'origine.

Le volapük se répandit rapidement dans la bourgeoisie et parmi les intellectuels.

En 1890,25 journaux étaient imprimés dans cette langue, 285 sociétés s'étaient constituées et il existait des manuels en 25 langues.

Une académie vit le jour qui discuta de réformes. L'intransigeance de l'auteur du volapük les fit toutes échouer et provoqua le schisme puis l'émiettement à partir de 1889.

Le volapük est la première interlangue à passer du stade de la théorie à celui de la pratique.

Zamenhof a reconnu en Schleyer le vrai père du mouvement en faveur d'une langue internationale car Schleyer comprit qu'il devait donner une assise sociale à sa langue. Par la presse, les sociétés, l'académie, les conférences, il réussit à toucher une partie de l'opinion publique sensibilisée aux problèmes de la communication internationale.

Mais le volapük devait rester la langue d'une élite cultivée et la propriété d'un seul homme. Schleyer s'opposa à toute modification alors que sa langue devenait l'outil d'une communauté.

Pendant 10 ans, l'évolution du volapük se poursuivit sans Schleyer mais dans le schisme.

Cela provoqua le désordre et la fin du volapük.

V les langues naturalistes.

Après l'abandon des langues purement philosophiques, les interlinguistes, optant pour les langues naturalistes avec des degrés divers de schématisation, s'engagent vers une latinisation qui rejoint l'esthétique des langues minimales dérivées du latin. La plupart des interlangues depuis le début de l'espéranto appartiennent à la famille latine.

En 1887, l'American philosophical society s'intéressa à la langue universelle. Elle estimait que cette langue devait posséder une orthographe phonétique. Cinq voyelles a-e-i-o-u ; des mots écrits en alphabet latin, une grammaire simple, un vocabulaire tiré des langues latines au lexique aisément assimilable.

Julius Lott, créer le Mundo-lingua en 1888 en compilant un lexique de 7000 mots internationaux, la plupart d'origine latine.

On appelle langues naturalistes les langues a posteriori penchant vers la latinisation et l'abandon des principes de fixité et de schématisation telles que l'univocité des lettres, fixité des parties du discours et invariabilité du radical.

VI espéranto et les langues construites.

Les langues universelles ont d'abord et pendant longtemps essayé de réduire le langage à une classification systématique des idées. Des traces importantes de ce schématisme se retrouvent en espéranto. L'histoire des interlangues évolua vite lorsque les linguistes se rendirent compte que le but de la langue est d'être parlée.

Ceci explique le processus de latinisation à l'oeuvre dans l'espéranto.

Si l'espéranto empreinte son lexique aux langues naturelles, il conserve dans la dérivation et la flexion une régularité et un schématisme qui le distinguent de ses successeurs naturalistes.

Chapitre II : les origines de l'espéranto.

I L. L. Zamenhof.

Lazare Louis Zamenhof à 19 ans lorsqu'il élabore son premier projet de langue universelle et 28 lorsqu'il publie sa première brochure de « Langue internationale » sous le pseudonyme de Dr espéranto.

Enfants, ils se familiarisent avec plusieurs langues mais en des circonstances telles qu'il ressent la multiplicité linguistique comme une expérience traumatisante.

Zamenhof naît à Bialystok, le 15 décembre 1859 alors située sur une terre disputée et opprimée (aujourd'hui en Pologne).

À Bialystok, il y avait des Russes, des Polonais, des Allemands et des juifs.

Chacun d'eux parlait une langue à part et entretenait des rapports hostiles avec les autres.

Zamenhof se persuada que cette diversité des langues était la principale source des dissensions au sein de la famille humaine. Zamenhof fut élevé en idéaliste mais la rue lui prouvait que l'humanité n'existait pas.

Enfants, Zamenhof se promit d'éliminer ce mal quand il serait grand.

Chez lui, il utilisait le russe ; les dans la rue, le Polonais. Au lycée, il excellait en allemand et en français, en latin et en grec.

Il  apprit l'hébreu avec son père. C'est parce qu'il était un juif du ghetto qu'il eut l'idée d'unir l'humanité. Il pensait que personne ne pouvait ressentir la nécessité d'une langue humainement neutre et anationale aussi fort qu'un juif obligé de prier Dieu dans une langue morte, recevant son instruction dans la langue d'un peuple le rejetant.

En 1879, Zamenhof quitta le lycée pour étudier la médecine à Moscou et à Varsovie. Il confia à son père son premier essai de langue universelle.

Son père, censeur de la presse juive, savait à quels dangers exposerait la découverte, d'un étudiant juif sans relations, de papiers rédigés en une langue secrète et il détruisit ce premier projet.

À Varsovie, Zamenhof est confronté à l'antisémitisme entretenu dans la masse par le gouvernement tsariste. Il milite dans une organisation sioniste qui se signe pour but le retour à la Terre promise. Pendant ces années de lutte, de travail et de pauvreté, il comprend que la communauté de langue ne suffit pas à détruire les barrières dressées entre les groupes. Il commence à élaborer une religion universelle.

Ce qui caractérisera toujours Zamenhof parmi tous les auteurs d'interlangues, c'est l'expérience directe de la souffrance engendrée par les heurts entre groupes sociaux. La création d'une langue internationale et donc pour lui le premier pas d'une démarche de réconciliation qui on comprend bien d'autres : démarche désintéressée et altruiste, foncièrement idéaliste, au profit non d'une vanité personnelle ni d'un chauvinisme national comme certaines langues minimales, mais en profit de tous ceux qui souffrent effectivement de ne pas comprendre et de rester incompris.

En 1886, Zamenhof se spécialise dans l'ophtalmologie et il exerce en 1887 à Varsovie. En 1887, il se marie et publie la première brochure de « Langue internationale » d'abord en russe, puis en Polonais, en français, en allemand et en anglais.

C'est un opuscule de 40 pages avec une préface de 30 pages.

Dans la préface, il remarque combien de temps et d'argent coûte l'étude d'une langue et quel enrichissement apporterait une langue commune. L'étude d'une langue internationale permettrait d'aborder toutes les autres cultures sur un pied d'égalité. Cette langue permettrait de faciliter les rapports entre les savants et ferait disparaître l'impression d'étrangeté qui sépare les individus de langues différentes.

Zamenhof se fixe trois objectifs : rendre sa langue facile ; la rendre immédiatement utilisables grâce à la logique et à la simplicité de sa structure ; trouver un moyen d'inciter le public à la pratiquer en masse.

Zamenhof inséra dans sa brochure quatre feuillets contenant quatre papillons ou le lecteur promettait d'apprendre la langue proposée par le Dr espéranto. Zamenhof reçut une réponse favorable qu'il publia sous forme d'annuaire.

La « Langue internationale » se répand malgré l'hostilité de la censure. Le premier journal en espéranto parla le 1er septembre 1889 à Nuremberg. Il s'appelle « la Espérantisto ».

En 1888, Zamenhof publie un deuxième livre et un supplément au deuxième livre en 1889.

La langue internationale doit jouer un rôle régénérateur et elle est indissociable d'un humanisme presque mystique. Zamenhof a condensé en son nom même (pseudonyme « espéranto » celui qui espère) assez d'implications idéologiques pour entretenir un enthousiasme idéaliste.

Appauvri par la publication de ces brochures et des malheurs familiaux, Zamenhof se fixe définitivement à Varsovie, au milieu d'un quartier populaire, en 1898.

En 1894, paraît le Dictionnaire universel avec traduction des mots espéranto en cinq langues, puis le recueil d'exercice et en 1903, grâce à un contrat avec Hachette, la Fundamento krestomatio, anthologie des exercices avec des articles, des poèmes et de la prose.

En 1905 est publié Fundamento deux espérantos composés d'un exposé grammatical en 16 règles, du recueil d'exercices et du lexique.

Cet ouvrage fixe le canon de la langue. Le premier congrès universel s'ouvre à Boulogne-sur-Mer en août 1905 avec 668 participants venus de 20 pays. En 1905, Zamenhof reçoit la Légion d'honneur des mains du ministre de l'Instruction publique, Bienvenu-Martin.

D'autres congrès universels ont lieu : en 1906 à Genève, Cambridge en 1907, Dresde en 1908, Barcelone en 1909, Washington en 1910, Anvers en 1911, Cracovie en 1912, Berne en 1913. La première guerre mondiale interrompit ses congrès.

Ils reprirent en 1920 et furent à nouveau arrêtés en 1940.

Ils ont lieu à nouveau depuis 1947.

Zamenhof mourut les 14 avril 1917 usé par le travail.

Dans ses dernières notes, il écrivit : « j'ai senti que, peut-être, la mort n'est pas la disparition… Qu'il existe certaines lois dans la nature… Que quelque chose nous conduit vers un certain but ».

II idéals de Zamenhof.

Son idéal, c'est la réconciliation entre les hommes. Il avait une vision égalitaire de l'humanité. Au premier congrès universel à Boulogne-sur-Mer, Zamenhof déclara que la langue internationale unirait les hommes et réaliserait le rêve des prophètes et des poètes.

L'usage d'une langue artificielle dans les relations internationales à l'avantage de ne pas froisser le nationalisme et de reconnaître l'égalité foncière de toutes les langues naturelles.

Zamenhof avait compris que l'emploi de l'espéranto impliquerait la démocratisation de la culture et de la communication.

Dès 1900, il le déclarait dans un article intitulé « Essence et l'avenir de l'idée de langue internationale ».

Alors que seules les hautes classes de la société peuvent s'approprier les langues naturelles, l'espéranto appartient aux masses par essence.

Seule une langue accessible aux pauvres et aux ignorants peut servir la démocratisation du savoir et de la communication.

Le but d'une langue internationale construite et donc de permettre aux masses de communiquer entre elles sans le truchement des élites.

Pour que l'espéranto soit facile à apprendre, Zamenhof favorise une construction parfaitement logique et régulière et recherche, dans la prononciation et le lexique, l'internationalité maximale tout en évitant la tentation du naturalisme qui ramène à l'irrégularité et à l'arbitraire.

Contrairement à l'auteur du volapük, Zamenhof renonça dès l'origine à ses droits d'inventeur et soumis ses projets de modification à l'ensemble des espérantistes en acceptant leur verdict.

L'espéranto, pour Zamenhof, vise à mobiliser dans l'humanité des tendances idéalistes en vue de la fraternité universelle.

Zamenhof créa l'Hillélisme parallèlement à l'espéranto. C'était un pont moral capable de relier fraternellement tous peuples et toutes religions sans créer de nouveaux dogmes et sans qu'aucun peuple ait besoin de répudier sa religion actuelle.

L'Hillélisme visait à créer une unité religieuse qui embrasserait dans sa paix et réconcilierait toutes les religions existantes. Il publia en russe, en 1901 sous le pseudonyme de Homo Sum la brochure «Hillélisme».

L'Hillélisme été tiré de l'enseignement du rabbin Hillel. Il reposait sur trois principes :

a) reconnaissance de l'existence de Dieu, liberté restant à chacun d'interpréter ce concept à sa guise.

b) amour du prochain un piquant, entre autres, respect de la conscience individuelle.

c) chacun recevant généralement ces croyances de son milieu, et toutes les religions relevant de principes communs, on ne saurait faire grief aux individus de leurs religion particulière ni imputer à celles-ci le mal ou le bien dont ils sont responsables.

L'Hillélisme rencontra peu d'écho et parfois de l'hostilité chez les espérantistes occidentaux. L'Hillélisme prit le nom d'Homaranismo en 1913 avec la publication par Zamenhof d'un livret sous ce titre. Zamenhof préparait un congrès à Paris pour l'été 1914 pour poser le fondement de la « religion à créer ».

La guerre l'en empêcha. Ce projet ne survécut pas à Zamenhof.

III l'espérantisme.

Lorsque Zamenhof arriva à Boulogne-sur-Mer pour le premier congrès universel d'espéranto, les organisateurs locaux craignaient que, dans la France rationaliste et bigote de 1905, encore remuée par l'affaire Dreyfus, le ton de prophète juif excitât l'hostilité.

Ils ramenèrent donc le congrès sur le terrain de la communication pure et simple.

Avec une déclaration sur le sens de l'espérantisme qui dissociait celui-ci de toute idéologie : « l'espérantiste l'effort pour répandre dans le monde entier l'usage d'une langue humaine neutre qui, sans s'immiscer dans les affaires intérieures des peuples sans viser le moins du monde à éliminer les langues nationales existantes, donnerait aux hommes des diverses nations la possibilité de se comprendre ».

La pratique généralisée de l'espéranto aura, plus ou moins long terme, des répercussions importantes sur la vie politique, religieuse et sociale des peuples. Cette fraternisation souhaitée par Zamenhof n'est accessible qu'au bout d'un processus de transformation des institutions et des moeurs.

Les congrès espérantistes sont exemptés de toute discussion politique ou religieuse. La déclaration sur l'espérantisme de 1905 étaient un refus d'engager l'espérantisme sur la voie des idéologies.

Le neutralisme de l'espéranto allait déboucher sur un schisme.

L'espéranto peut-il vivre et se répandre sans une motivation plus profonde que la communication pratique ? La question reste posée de nos jours.

IV l'idée interne.

Au congrès de Boulogne-sur-Mer, Zamenhof souscrivit à la définition de l'espérantisme qui y fut adopté. Il souligna qu'outre son aspect pratique, l'espéranto possédait un aspect idéologique qui était de beaucoup le plus important.

Des voix s'élevèrent pour dire qu'il fallait voir en l'espéranto une langue et rien de plus.

Zamenhof rejeta les exigences de ceux qui refusaient tout idéalisme lié à l'espéranto. Zamenhof affirma dans son discours prononcé à Genève en 1906 que l'idée sacrée, l'idée grandiose, l'idée capitale de l'espéranto était fraternité et justice entre tous les peuples.

L'idée interne est que l'espéranto rapproche les coeurs.

Si la déclaration de Boulogne-sur-Mer sur l'espérantiste et celle de Genève sur sa neutralité servirent à préserver le mouvement espérantiste de l'infiltration des idéologies extérieures, elles ne purent l'empêcher d'affirmer son idéologie propre.

L'idée interne de l'espéranto peut élever l'homme au-dessus de lui-même en mobilisant ses tendances altruistes, en lui fournissant le moyen d'une certaine ascèse et en matérialisant une certaine espérance.

Le discours de Zamenhof au congrès de Cambridge, en 1907, marque que cette espérance est celle d'une humanité libre et fraternelle.

Les congrès espérantistes rassemblent des individus attirés par l'enthousiasme suscité par l'idée interne.

Zamenhof considérait chaque congrès comme la capitale du pays espéranto avec ses propres lois, ses propres moeurs, et ses propres principes.

Zamenhof déclara que la devise de l'idéal espérantiste étaie : nous désirons poser un fondement neutre, sur lequel les divers peuples de l'humanité puissent communiquer dans la paix et la fraternité, sans s'imposer les uns aux autres leurs particularités nationales.

Le drapeau espérantiste fut créé en 1905 par le groupe de Boulogne-sur-Mer. Il est vert et porte une étoile verte dans un carré blanc.

V évolution de l'espérantiste.

L'idéal espérantiste a donné à l'espéranto une dimension affective que les autres projets de langue universelle n'avaient pas.

De la fondation de l'espéranto jusqu'à la première guerre mondiale, l'idéologie de l'espéranto reste influencée par Zamenhof.

Après la mort de Zamenhof, le mouvement entre dans la phase de l'établissement et de l'organisation, au cours de laquelle il repense ses objectifs et définit un ordre de priorité.

La SDN fut créée pour la paix mais ne s'occupait pas du problème linguistique entre les peuples. C'était donc sur l'aspect linguistique qu'il fallait porter la propagande dans l'espoir de démontrer ses avantages pratiques pour la cause de la paix.

Pour des raisons analogues, à la fin de la seconde guerre mondiale, le centre d'intérêt de l'espérantisme continua à se déplacer de l'aspect moral vers l'aspect linguistique.

En 1954, l'Universala Espéranto Asocio établit des relations consultatives avec l'Unesco.

Dans l'espérantisme, il existe une tendance présentant l'espéranto comme dépourvu d'idéologie et susceptible de recevoir une étude scientifique au même titre que les autres langues.

L'espérantologie serait donc l'étude linguistique de l'espéranto.

Cette démarche vise à faire partager l'idéal avec des organismes officiels détenteurs de valeurs intellectuelles et morales pour que ces organismes reconnaissent officiellement l'espéranto.

Les espérantistes de la base sont hostiles à cette démarche parce qu'elle néglige les motivations psychologiques de l'espérantisme.

L'idéal de paix et de fraternité apparaît autre à la conscience individuelle selon qu'il s'exprime par la charte des Nations unies ou par l'espéranto.

Mais de nombreux espérantiste récusent l'attitude de conformisme envers les institutions officielles dont ils contestent le crédit tandis que d'autres voient dans les outrances folkloriques le signe d'une vitalité indispensable au mouvement.

Chapitre III la langue.

I formation et fixation.

1 - le «Fundamento ».

Entre 1878 et 1887 Zamenhof élabora plusieurs projets permettant de voir les grandes lignes du projet final et les concessions au volapük.

Zamenhof ne prétendit pas avoir fixé sa langue en 1887. Il la soumit aux critiques de ses correspondants et des lecteurs de «La espérantiste » pendant les six ans que parut ce journal (1889-1895) avant d'être interdit par la censure tsariste.

Il fonda une ligne des espérantiste et demanda aux membres de choisir entre un espéranto inchangé et un espéranto réformé à la lumière des discussions antérieures. La majorité étant hostile à tout changement.

En 1905, Zamenhof publia le Fundamento deux espérantos qui fixent la langue sous une forme pratiquement identique à celle de 1887. C'est l'ouvrage fondamental des espérantistes.

Nul n'a le droit d'y apporter des changements.

Le but du Fundamento est de protéger la langue contre l'anarchie et l'arbitraire des initiatives individuelles et non d'interdire toute évolution intérieure. Zamenhof acceptait les néologismes mais selon des principes définis. Ces principes resteront intouchables jusqu'au jour où l'espéranto, reconnu officiellement, et la loi lui garantissant la sécurité contre tous caprices personnels, un comité international choisi par les gouvernements aura le droit d'apporter tous changements nécessaires.

2 - les 16 règles.

Les 16 règles du Fundamento constituent un cadre intérieur duquel il y a place pour une description de détail.

Règle 1 : il n'existe qu'un article, l'article défini un variable /A.

Règle 2 : le nom est caractérisé par la finale -O. Le pluriel est en-J. Le COD se marque en ajoutant-N au singulier et au pluriel.

Règle 3 : l'adjectif est caractérisé par la finale-A. Le pluriel est en-J.

Règle 4 : les adjectifs numéraux cardinaux sont invariables. Les dizaines se forment par combinaison des 10 premiers nombres. Les ordinaux s'obtiennent en ajoutant-A aux cardinaux.

Règle 5 : le pronom personnel sont mi,vi,li, ^si, ^gi, si, vi, ili, oni.

Règle 6 : le verbe ne change ni pour les personnes ni pour les nombres,-AS marque le présent de l'indicatif,-IS le passé,-OS le futur,-US le conditionnel,-U l'impératif subjonctif,-I l'infinitif.

Règle 7 : les adverbes dérivés se terminent en-E : bone : bien.

Règle 8 : toutes les prépositions veulent par elles-mêmes à la nomination.

Règle 9 : chaque mot se prononce comme il est écrit.

Régler 10 : l'accent tonique tombe sur l'avant-dernière syllabe.

Règle 11 : les mots composés s'obtiennent par la simple réunion des éléments qui les forment, l'élément principal se mettant à la fin.

Règle 12 : il n'y a qu'une seule négation par phrase négative.

Règle 13 : si le mot marque le lieu où l'on va, il se met à l'accusatif.

Règle 14 : chaque préposition possède un sens précis.

Règle 15 : les mots étrangers passent en espéranto en prenant l'orthographe et la flexion de l'espéranto.

Règle 16 : la finale-A de l'article et la finale-U du nom peuvent s'amuïr.

II les sons.

L'espéranto possède une orthographe proche de la représentation phonologique absolue puisque chaque graphème est mono valant, chaque signe correspond à un seul phonème. Le vocaliste repose sur les cinq voyelles a,e,i,o,u.

Le consonantisme est caractérisé par la série de sourdes s (s), c (ts), ^s (ch), ^c (tch) et de sonores : z (z), ^j (j), ô (dj).

Accentuation.

L'accent est fixe et tombe sur l'avant-dernière syllabe du mot.

III le mot.

Les espérantologues ont distingué pendant longtemps les racines, unités signifiantes constituant le lexique, les affixes unités non lexicales modifiant le sens de la racine, et les désinences ou terminaisons grammaticales.

Zamenhof concevait sa langue comme une combinaison d'unités de base irréductibles parmi lesquelles il n'introduisait aucune hiérarchie.

Les lexemes de l'espéranto sont-à plus de 75 % des langues latines, à 20 % des langues anglo germaniques, le reste comprenant des emprunts au grec, aux langues slaves, à l'hébreu, à l'arabe.

Comparé aux autres langues construites, le lexique fondamental de l'espéranto se compose d'emprunts en proportions assez équilibrées, bien qu'à dominance latine, aux familles indo-européennes.

Les lexemes de l'espéranto se caractérise par le monomorphisme, l'intégrité des emprunts.

Chapitre IV l'expression.

I tendances de l'évolution en espéranto.

Dès l'origine, Zamenhof s'était déclaré prêt à introduire des réformes assez profondes à l'espéranto, mais après la consultation de 1894 et la décisions du congrès de Boulogne sur l'intangibilité du Fundamento il devenait difficile de revenir en arrière. Pourtant en 1907, devant les intrigues qui se préparaient, il simplifia le mécanisme de la langue en abandonnant les consonnes accentuées, le h au profit du k ; l'accusatif ne serait pas obligatoire pour indiquer l'objet direct ; l'adjectif épithète pourrait rester invariable ; quatre affixes et trois prépositions nouvelles étaient proposées.

Le conservatisme des espérantistes provenait en partie du sentiment que leur langue constituait un tout composé d'éléments solidaires, doué de son propre génie et de sa propre personnalité.

Lorsqu'en 1908 les réformistes quittèrent l'espérantisme en créant l'ido par L. Couturat et L. de Beaufort, on peut dire qu'ils exprimaient une intention spécifique incompatible avec le génie de l'espéranto. Les quelque 40 projets dérivés de l'espéranto et de l'ido reflètent la tendance naturaliste et latinisante encline à abandonner le schématisme et à imiter les langues romanes.

À partir de 1908, l'espéranto entra dans une phase d'évolution interne tenant compte de la critique et de la pratique.

Depuis cette date, l'Académie de l'espéranto a pour tâche de conserver les principes fondamentaux de la langue et de contrôler son développement.

II les ressources expressives.

L'application de l'espéranto aux sciences exactes a enrichi le vocabulaire d'une terminologie scientifique.

En 1924, à Paris, 42 membres de l'Académie des sciences, convaincus que l'adoption de la langue auxiliaire espéranto dans les recherches internationales aurait des conséquences d'une immense portée au point de vue du progrès des sciences et de leurs applications, émirent le voeu que cette langue soit introduite dans les programmes des classes de sciences, retenue comme langue officielle dans les congrès internationaux, utilisée dans l'édition et les échanges scientifiques.

L'usage de l'espéranto comme langue littéraire ou artistique soulève des problèmes. Dès le début, les espérantistes se sont préoccupés de l'esthétique du langage.

La grande souplesse de la composition, la variété des combinaisons permettent de parler avec peu de mots.

Mais il s'est constitué un registre de doublets sur lequel il est permis de moduler des nuances.

Si le schématisme trop poussé paraît quelquefois lourd, il obtient souvent une concision et une densité que bien des langues sont obligées de diluer dans des périphrases.

Les possibilités combinatoires de l'espéranto allègent la phrase et peuvent en améliorer le rythme et la sonorité. La structure de l'espéranto favorise le développement des expressions adjectivales composées et l'usage de l'adverbe dérivé dont la densité déjoue les circonvolutions du français. L'espéranto excelle dans la métaphore radicale.

L'espéranto use avec bonheur du rythme, de la rime, de l'allitération et de l'assonance.

L'espéranto offre l'exemple d'un langage universel qui transcende pas vocation le particularisme intraduisible de chaque idiome tout en affirmant les siens, issus de son génie, et capables de constituer une esthétique moins relative et moins étroite que celles des langues naturelles.

Chapitre V la littérature.

L'espéranto ne s'est affirmé comme langue parlée qu'à mesure qu'il se développe comme langue écrite.

Plutôt que d'élaborer une grammaire détaillée, Zamenhof a préféré traduire, sur la base grammaticale du Fundamento, autant de chefs-d'oeuvre qu'il le pouvait. Pour lui, la traduction doit servir à élaborer la langue en la confrontant aux difficultés et aux finesses des langues naturelles.

I les traductions.

On évalue à au moins 10 000 les ouvrages traduits en espéranto. L'espérantiste a donc à sa disposition une sélection tout à fait représentative de la production littéraire de l'humanité. Pour faciliter l'accès au patrimoine littéraire des diverses nations, l'édition espérantiste offre à son public de nombreuses anthologies qui concentrent une foule de renseignements.

L'espéranto peut jouer le rôle de langue pont entre différentes cultures, le texte espéranto de Kon-Tiki a été le point de départ de plusieurs traductions.

II la littérature originale.

Depuis 1945 les floraisons d'écoles suscitant des émules sur les cinq continents attestent que la littérature en espéranto est entrée définitivement dans sa phase créatrice et a cessé d'être un terrain expérimental.

La première période de l'espéranto est constituée de nombreuses traductions de Zamenhof, Grabowski, Kofman. Zamenhof publie la Fundamento krestomatio qui sert de modèle stylistique en espéranto.

Deux tendances se font jour, la tendance slave s'efforce de donner à la langue une large liberté de style et de lui communiquer une grande souplesse. C'est la tendance représentée par le frère de Zamenhof Félix, Grabowski, chimiste polonais, Léo Belmont, journalistes polonais, Deujatnin, professeur de latin et de littérature russe.

L'instituteur russe Shirjaev fut l'initiateur de l'Encyclopédie d'espéranto pour laquelle il compila 2000 articles.

Cette période a vu une floraison de manuels, de dictionnaires et les premiers essais scientifiques sur la langue.

La deuxième période se traduit par une propagande qui insiste moins sur le ressort idéologique du mouvement que sur la possibilité pratique de la langue.

La préoccupation scientifique se généralise chez les théoriciens de l'espéranto. L'espérantologie naîtra avec Grosjean-Maupin et Eugen Wüster.

Sur le plan de la création littéraire l'école de Budapest, groupée autour de la revue Literatura mondo, a rassemblé une dizaine d'artistes qui définissent une province importante de la littérature originale en espéranto.

En France, le chansonnier montmartrois Raymond Schwartz dirige « le Chat vert » puis « les Trois lutins » cabarets espérantistes. Il écrivit un roman en espéranto « Annie et Montmartre ».

Après la seconde guerre mondiale, la continuité est assurée par les écrivains hongrois Ferenc Szlagyi, rédacteur de une à 155 à 1967 d'une revue littéraire Norda prismo ; Sandor Szathmari a écrit un recueil de nouvelles futuristes « le Monde des machines » en 1964.

Quatre poètes écossais occupent une place privilégiée dans la littérature espérantiste : Dinwoodie, Rossetti, J. Islay Francis et William Auld.

Cependant, plongée dans son propre esthétisme, l'Europe n'est plus seule à lancer les initiatives créatrices. Le chinois Xu Shengyue et le Coréen Dan Tirinaro ont marqué ce tournant dans l'histoire des lettres en espéranto qui représente aussi une avancée de l'espérantisme sur la voie de la mondialisation et la fin de la dominance occidentale sur le plan culturel.

Il existe trois types de motivation dans la littérature en espéranto. Pendant la phase militante, axée sur la propagande, l'intention des auteurs paraît de montrer en public que l'espéranto est une langue comme les autres. La deuxième motivation est liée à la phase expérimentale caractérisée par la recherche et le travail sur la langue. Enfin, l'outil élaboré est utilisé au service d'une expression originale et personnelle.

Chapitre VI le mouvement espérantiste.

La Movado (le mouvement) est le nom de la communauté espérantiste. En 1966, une proposition en faveur de l'espéranto déposée par l'Association Universelle d'Espéranto sur le bureau de l'ONU recueillit 920 954 signatures.

En 1988, 1300 scientifiques chinois et une centaine d'étrangers venus de 22 pays ont pris part à la deuxième conférence académique internationale sur les sciences et techniques en espéranto.

I l'organisation.

En 1988, il existait des associations espérantistes dans 169 pays. La plus importante des organisations internationales Universala Espéranto Asocio, dont le siège est à Rotterdam, contre 46 186 adhérents en 1987. Son but est de faciliter les échanges entre les peuples et de créer un lien de solidarité entre ses membres.

La Sennacieca Asocio Tutmonda fondée en 1921 par le Français Eugène Canti est une association à caractère anational qui s'est donné pour tâche de mettre l'espéranto au service des masses laborieuses en vue de leur émancipation.

Il existe des associations internationales spécialisées comme l'Universala artista, Ligo de espérantistoj pour les arts ; Tutmonda espéranta bibliotekista pour les bibliothèques ; Musika espéranto ligo pour la musique ; Filozofia asocio tutmonda pour la philosophie…

II les activités.

Les activités espérantistes sont essentiellement de contact et d'échange.

Les congrès de S.A.T. et de U.E.A. s'accompagnent d'une importante activité culturelle et artistique.

En 1987, la presse espérantiste comptait 200 titres. Sur les ondes, 13 stations dans 12 pays diffusent environ 2000 heures d'émission.

III l'enseignement de l'espéranto.

L'étude de l'espéranto restant facultative, elle se trouve généralement motivée, chez ses adeptes, par une commodité ou un idéal sensiblement au-dessus de la moyenne.

Il existe environ 2200 manuels publiés dans une cinquantaine de langues. La pédagogie de l'espéranto a souvent précédé de quelques décennies celles des autres langues.

Il est prouvé que l'espéranto est la seule langue ou compétence et performance peuvent s'acquérir rapidement. Un français apprend autant d'espéranto en 150 heures que d'anglais en 1500.

IV l'espérantisme et le public.

La finalité de l'espérantisme, répandre l'usage de l'espéranto dans les échanges internationaux, inspire des comportements variables dans un milieu fortement marqué par l'individualisme. Fait paradoxal, ce mouvement en faveur d'une langue universelle n'ambitionne pas réellement de devenir un mouvement de masse.

L'espérantisme a conscience de former une communauté originale, dotée d'une histoire et d'une culture, qui exprime sa solidarité autour d'un drapeau, d'un hymne, de symboles, de rassemblements et de manifestations traditionnelles.

C'est aussi une communauté d'élite, ne serait-ce que par son bilinguisme, mais aussi par sa volonté de compréhension et son habitude du dialogue et de l'échange avec l'étranger.

En 1985, l'Unesco enregistra une résolution invitant les Etats membres à promouvoir l'introduction d'un programme d'études sur les problèmes des langues et sur l'espéranto dans leurs écoles et leurs établissements d'enseignement supérieur.

À l'échelon politique, les grandes puissances actuelles s'obstinent à pratiquer une hégémonie linguistique que le temps déjoue. À l'échelon social, la classe dirigeante prenne plus de langue commune puisse jamais unir la classe dirigée. Mais l'obstacle le plus profond est d'ordre psychologique. Celui qui étudie une langue vivante identifie plus ou moins consciemment au peuple qui le parle. Or cette identification est pratiquement impossible avec les langues construites. Mais l'espéranto est indissolublement lié à incertain idéal de communication. Il symbolise la négation de toutes les divisions et de toutes les incompréhensions ; il matérialise l'aspiration à l'universalité et à la réconciliation. L'espéranto subsistera aussi longtemps que l'humanité rêvera de fraternité et de paix.

Conclusion.

L'espéranto est sorti du milieu intellectuel et social où il est né pour s'implanter dans les couches modestes de la société, et c'est le soutien des classes populaires qui lui a assuré sa survie.

À cause de son nom, l'espéranto s'associe aux espoirs conscients et inconscients de l'humanité.

Mais il ne suffit pas que l'espéranto fonctionne pour qu'il se répand : développement est lié à trop de facteurs psychologiques, sociaux, politiques pour ne pas être perpétuellement freiné et pour pouvoir progresser régulièrement dans tous les pays.

En définissant l'espéranto comme « le latin de la démocratie des temps modernes », les pionniers de l'espérantisme avaient la conviction que, tôt ou tard, les hommes libres auraient besoin d'un langage commun.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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