Humanisme : le Contrat social

04 novembre 2017

Chaplin sa vie, son art (David Robinson)

Chaplin sa vie, son art (David Robinson)

 

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Ce livre constitue la biographie de référence sur Chaplin et est complémentaire de son autobiographie. Il a été publié 20 ans après l'autobiographie de Chaplin. Le récit de Chaplin est précis et fidèle, mais pas toujours complet.

Des pans entiers de son autobiographie sont délibérément omis. Donc David Robinson couvre ces manques grâce aux archives de Chaplin auxquelles il a eu accès.

Chapitre 1: une enfance londonienne.

Le nom des Chaplin laisse supposer qu'ils descendaient des huguenots installés dans l'est de l'Angleterre.

Les parents de Charles Chaplin s'appelaient Charles Chaplin senior et Hannah Hill. Hannah donna le jour à un garçon et l'appela Sydney John, le 16 mars 1885. C'était le demi-frère de Charlie. Ses parents se marièrent moins de 14 semaines après la naissance de Sydney. Ses parents étaient chanteurs de music-hall. La carrière d'Hannah fut brève et peu glorieuse. Elle ne se produit jamais que dans des petits music-halls de province. Son nom de scène était de Lily Harley. La carrière du père de Charlie avait commencé plus lentement que celle d'Hannah, mais ses progrès étaient plus prometteurs. Il commença comme mime puis chanteur dramatique de composition. Charlie Chaplin naquit le 16 avril 1889 mais il n'existe pas de documents officiels sur cette naissance, ce qui a plongé les biographes dans les pires tourments.

Les parents de Charlie, artistes de music-hall constamment en tournée avaient dû oublier cette formalité. Au début de sa gloire cinématographique, Chaplin raconta qu'il était né à Fontainebleau, en France-sans doute l'un de ces contes merveilleux que Hannah s'ingéniait à raconter à ses fils pour égayer leur existence. Plus tard, Chaplin affirma être né dans East Lane, à Walworth, à l'angle de Brandon Street, où était né Sydney. Le père de Chaplin était alcoolique. L'alcool constituait le mal endémique des music-halls.

Quand ils n'étaient pas en scène, les artistes avaient obligation de se mêler au public du bar pour les pousser à la consommation en donnant eux-mêmes l'exemple. En 1890, le père de Chaplin allait pourtant de succès en succès. Il se produisit à New York. Le voyage en Amérique amena, semble-t-il, la rupture définitive entre les époux Chaplin. Hannah avait un nouveau compagnon à l'automne 1891.

C'était un chanteur, Leo Dryden, de son vrai nom George Dryden Wheeler.

Le 28 novembre 1891, Hannah mettait au monde George Dryden Wheeler, le fils de Leo Dryden et le demi-frère de Charlie. À cette époque, Hannah et ses fils vivaient encore dans une certaine aisance grâce aux engagements d'Hannah (selon Charlie) mais plus probablement grâce à Leo. Durant un an ou deux Hannah et Leo auraient vécu comme mari et femme mais Charlie et Sydney n'ont conservé le moindre souvenir de Leo.

Au printemps 1893, Dryden entra chez Hannah et emporta le petit George. L'enfant allait disparaître de la vie des Chaplin pendant près de 30 ans. Hannah se mit à boire, subsistant grâce à de vieux vêtements qu'elle vendait.

En février 1893, elle fut envoyée au centre d'accueil de Newington et de là transférée au dispensaire. Elle tenait des discours décousus et contradictoires. On la déclara folle et elle fut internée à l'asile municipal de Banstead. Sa folie était due à l'alcool et aux soucis.

Mary Ann, la grand-mère maternelle de Charlie vécut elle aussi à l'asile de Banstead. Hannah n'avait aucun moyen de subsistance car Leo était sorti de sa vie et Charles ne lui versait aucune pension.

Elle réussit à se faire engager au Canteen à Aldershot pour chanter.

Mais sa voix s'était détériorée et un soir de 1894 Charlie la remplaça et chanta une chanson qui décrivait la consternation des anciens partenaires d'un marchand ambulant qui venait d'hériter et qui les traitait avec des grands airs. Son interprétation lui valut un franc succès et le public jeta des pièces sur la scène. Charlie annonça qu'il reprendrait la chanson quand il aurait ramassé l'argent ce qui lui valut de nouveaux applaudissements et de nouvelles pièces. La situation financière d'Hannah était désespérée mais elle donnait de la gaieté et des menus plaisirs à ses fils : le spectacle de comédie hebdomadaire et les harengs fumés au petit déjeuner. C'est Hannah qui enseigna la pantomime à Charlie. Elle observait les gens et illustrait ce qu'elle voyait avec ses yeux et l'expression de son visage.

En 1895, Hannah tomba malade. Elle souffrait de maux de tête. Elle fut admise, le 29 juin, au dispensaire de Lambeth où elle resta un mois. Le 1er juillet, Sydney entra à l'hôpital puis fut transféré à l'école de Norwood West où l'on s'occupait des enfants pauvres.

Charlie fut installé chez les Hodges (une branche de sa famille). Il fut inscrit à l'école d'Addington road mais n'y resta qu'une semaine ou deux et ne bénéficia jamais d'une période de scolarité prolongée.

Charlie et Sydney furent ensuite admis dans un centre pour enfants pauvres. Charles Chaplin senior dut comparaître devant le comité de secours du district. Il accepta de prendre Charlie mais pas Sydney qui n'était pas son fils. Hannah intervint car elle ne voulait pas que ses fils puissent habiter avec Charles senior alors qu'il vivait avec une autre femme. Charles s'engagea à payer une personne pour les enfants mais ne le fit pas. Les enfants furent placés à l'école de Hanwell. C'est là qu' en 1896, Charlie attrapa la teigne.

Mais la vie l'école était saine. Les garçons se souvenaient surtout avec horreur des châtiments hebdomadaires infligés à la canne par le « capitaine » Hindam, le maître d'exercice de l'école.

Charlie et Sydney avait tissé, à cette époque, des liens très étroits qui ne se rompirent point de toute leur vie. Charlie allait être momentanément privé de la protection de son frère qui, en novembre 1896, fut transféré sur le navire école Exmouth.

Les deux garçons restèrent dans leurs institutions respectives durant toute l'année 1897. L'Assistance Publique recherchait le père de Charlie, qui refusait de payer toute pension, pour l'arrêter. C'est le frère de Charles senior, Spencer, qui assuma les arriérés de paiement. Mais l'Assistance Publique décréta que les deux garçons devaient vivre chez leur père. Un avis de recherche fut lancé et cette fois Charles senior dut payer sa dette mais se déchargea de toute responsabilité future sur Hannah et demanda que les enfants lui soient confiés. En janvier 1898, Charlie rentra chez sa mère et Sydney les rejoignit le même mois. Mais leur mère fut transférée à nouveau au dispensaire.

Une semaine après l'enterrement de leur mère, Sydney et Charlie furent renvoyés à Norwood et confiés à leur père. Charlie avait un autre demi-frère, fils de Charles et de sa nouvelle compagne Louise. Louise était maussade et rancunière. Les garçons durent rester deux mois chez leur père avec cette ambiance lourde. La maladie de Hannah connaissait des périodes de rémission. Elle récupéra ses enfants fin 1898. Charles senior payait la pension. Hannah était retournée à la couture. Le 25 novembre 1898 fut le dernier jour que Charlie passa  à l'école de Kennington. Il était sur le point de devenir un acteur professionnel. Il fut découvert par William Jackson, le fondateur de la troupe des Eight Lancashire Lads.

En réalité, c'est le père de Charlie qui avait incité Jackson à engager Charlie. Charlie continua sa scolarité mais de façon épisodique. Charlie faisait des claquettes. Ses débuts eurent lieu au théâtre royal de Manchester. Il imitait un artiste anglais célèbre, Bransby Williams dans « The Old comedy shop ». Mais sa perruque de vieillard lui allait mal et son murmure inaudible exaspérait le public. Charlie continua de tourner avec les huit gars du Lancashire en 1899 et 1900. Charlie joua les chats et les chiens dans un spectacle intitulé Cinderella joué dans une énorme salle, l'Hippodrome.

Il y rencontra Marcelin, un clown français qui fut l'attraction de l'Hippodrome pendant plusieurs années sous le titre « Continental August ». Charlie ne l'oublia jamais. Charlie quitta les gars du Lancashire parce que William Jackson en avait assez de la présence de sa mère en coulisses et de ses reproches continuels sur les pâleurs de son fils.

À cette époque, Hannah dut recueillir son père malade avant qu'il ne soit admis à l'hospice. Sydney décida de partir en mer en 1900 comme-steward à bord du Norman.

Il envoya de l'argent à sa mère pour qu'elle s'installe avec Charlie dans deux chambres sur Chester street.

Le père de Charlie mourut le 9 mai 1900 à cause d'une cirrhose du foie.

Peu avant, Charlie avait vu son père qu'il embrassa pour la première fois de sa vie. Le 31 mai, Sydney débarqua et donna sa paye qui assura un bon été à sa mère et à Charlie. Charlie abandonna l'école et vendit des fleurs pour gagner un peu d'argent. Il fut assistant chez un banquier, garçon de course chez un droguiste, réceptionniste dans un cabinet de médecins puis groom dans un hôtel particulier. Il fut renvoyé car trouvé par la maîtresse de maison dans la cave en train de jouer du cor avec un tuyau d'écoulement. Il fut chargé de nourrir l'énorme presse Wharfedale chez l'imprimeur Stakers. Il fut fripier.

Charlie fabriqua des jouets à partir de vieilles boîtes de chaussures avec deux Écossais puis se mit à son compte en réalisant des petits bateaux.

En 1903, Hannah devint folle. Charlie du l'amené au dispensaire.

Puis elle fut internée à l'asile de Cane Hill. Charlie se lia avec des garçons qui gagnaient leur vie en coupant du bois. L'un d’eux l'invita au poulailler du South London Music-Hall de Lambeth où l'on jouait Early Birds, un grand succès de Fred Karno. Tel fut le premier contact de Charlie avec la compagnie qui allait le voir accéder à la gloire.

Sydney rentra et décida qu'il ne partirait plus.

Chapitre 2 : le jeune professionnel.

À 14 ans, la chance tourna presque brutalement pour Charlie. Il se présente à l'agence théâtrale Blackmore. Il fut envoyé dans les bureaux de Charles Frohman. Le régisseur de Frohman, C. E. Hamilton engagea Charlie pour jouer le rôle de Billy le groom dans Sherlock Holtmes de William Gilette.

M. Hamilton apprit à Charlie qu'il pourrait décrocher un autre rôle dans « Jim, a romance of Cockaysse ». Son auteur H. H. Saintsbury jouait Sherlock Holtmes et écrivait des pièces. Il se prit de sympathie pour Charlie et lui confia le rôle immédiatement. Mais la pièce ne marcha pas, elle ne fut jouée que du 6 juillet au 18 juillet 1903.

Avec l'argent gagné pour son rôle dans Sherlock Holmes, Charlie s'acheta un appareil photo et en tira profit en devenant photographe de rue à temps partiel. « Sherlock Holmes » rencontra le succès et Charlie voyage dans tout le Royaume-Uni. Pendant ce temps, Sydney était devenu barman. Mais Charlie lui trouva un rôle et ils jouèrent ensemble. Hannah eut une nouvelle période de rémission et sortit de l'asile le 2 janvier 1904. Quand ils s'installèrent avec leur mère pendant l'été 1904, les frères regrettèrent les avantages de leur vie de tournée.

Puis Charlie reprit son rôle de Billy et Sydney s'embarqua à nouveau. Ce fut durant ce voyage que Sydney découvrit ses dons de comédien en solo. En mars 1904, Hannah replongea dans la folie.

Elle retourna dans l'asile de Cane Hill. Elle ne devait jamais recouvrer la raison.

Charlie resta sans travail pendant 15 semaines puis repris la tournée Sherlock Holmes avec une nouvelle troupe. Puis Gilette revint à Londres et proposa le rôle de Billy à Charlie pour une nouvelle pièce «The Painful Predicament of Sherlock Holmes » mais la pièce ne connut pas le succès et s'acheva le 14 octobre 1904.

Charlie reprit son rôle dans la pièce inusable « Sherlock Holmes » et tomba amoureux de Marie Dora, jeune actrice de 23 ans qui jouaient le rôle de Mrs Faulkner.

Deux jours après la première de « Sherlock Holmes », Charlie reçut une place pour assister aux funérailles du grand acteur Sir Henry Irving à l'abbaye de Westminster.

Tous les grands d'Angleterre étaient présents.

Chaplin réussit à faire publier son nom dans la première édition du Green Room Book ou Who's Who on the stage. Cet ouvrage présentait l'aristocratie de la scène Édouardienne. Sans doute, Charlie aurait-il pu continuer une carrière dans le théâtre traditionnel si un mouvement d'orgueil ne l'en avait éloigné. M. et Mrs Kendel cherchaient un jeune acteur pour une tournée mais Charlie répondit qu'il ne pouvait rien accepter hors de Londres. Après quoi il n'obtint pas de rôle. Sydney lui en trouva un pour un sketch « Repairs » écrit par Wal Pink écrivain et dramaturge populaire. C'était l'histoire d'une équipe de peintres, de poseurs de papier et de plombiers aussi maladroits les uns que les autres. Charlie jouait l'assistant du plombier.

Le 9 mai 1906, Charlie quitta la troupe et son rôle fut repris. Il joua dans le «Casey’s cours circus » présenté comme « les idées d'un gamin des rues pour monter un cirque ». Le sketch incluait de nombreuses imitations burlesques de célébrités du music-hall.

Charlie imita le « Dr » Badie, escroc, illusionniste qui prétendit avoir guéri 900 cas de paralysie. À la fin de la tournée du Casey’s cours circus le 20 juillet 1907, Chaplin quitta la troupe. Sydney avait trouvé un emploi régulier chez Fred Karno et aida Charlie qui était sans emploi.

Charlie décida de travailler un numéro en solo de comédien juif. Il joua ce rôle un soir mais il réalisa que son texte était pauvre et antisémite. Son maquillage et son accent étaient mal calculés pour le public majoritairement juif du voisinage. La première et unique représentation fut un désastre. Charlie dut fuir le théâtre sous les huées. Cette expérience cauchemardesque contribua très certainement par le dégoûter définitivement du théâtre et du music-hall. Ce fiasco ne l'avait pas complètement abattue puisqu'il écrivit un sketch comique, « The Twelve Just Men », inspiré d'une adaptation pour la scène de son ami Saintsbury, «The Four Just Men ». Ces 12 hommes composaient un jury délibérant sur une affaire de manquement à une promesse. Les débats étaient compliqués par la présence d'un sourd-muet, d'un ivrogne et d'autres personnages invraisemblables.

Chaplin vendit son sketch et fut engagé pour le mettre en scène mais le commanditaire se retira de l'affaire. C'est Sydney qui annonça la mauvaise nouvelle aux comédiens. Quand il dirigea son propre studio, Chaplin, incapable d'annoncer lui-même une mauvaise nouvelle, renvois ou réprimandes, s'en déchargea toujours sur des intermédiaires.

Chapitre 3 : avec le gouverneur.

Au début du XXe siècle, les sketches comiques constituaient la base des spectacles de music-hall. La troupe des Silent comedians de Karno surclassait toutes les autres. La pantomime, considérée au sens le plus large, avait été stimulée par les lois du XVIIIe siècle qui interdisaient les dialogues sur toute scène à l'exception des deux théâtres royaux, les établissements qui n'avaient pas de patente développèrent un style de spectacle sans parole, avec de la musique et du mime pour expliquer l'intrigue. Les principales stars de la compagnie Karno se nommaient Fred Kitchen ou encore Billy Reeves, créateur du rôle de l'ivrogne dans Mummy Birds, que Chaplin allait reprendre avec un succès incomparable, le premier contrat de Sydney avec Karno date du 6 juillet 1906, il fut engagé comme « pantomime ». Il fut sélectionné pour partir avec l'une des deux troupes envoyées en Amérique pour la seconde saison de Karno outre-Atlantique.

Sydney jouait l'ivrogne dans Mummy Birds. En février 1908, enfin, Karno consenti à ce que Charlie fasse un essai de deux semaines. L'essai eut lieu dans le gigantesque Colisée de Londres. Charlie jouait le rôle du méchant de comédie, qui tente de corrompre le gardien de but pour qu'il perde le match. Charlie entra en tournant le dos au public ; il portait un chapeau de soie, un manteau de soie et tenait une canne avec élégance.

Les premières salves de rires éclatèrent quand, se tournant brusquement vers le public, il dévoila une svelte silhouette affublée d'un monstrueux nez cramoisi.

Il fit un drôle de faux pas, s'empêtra dans sa canne et s'écrasa contre le punching ball. Charlie fut engagé le 21 février 1908.

Pour la première fois de leur vie, les frères Chaplin ne connaissaient plus de problème d'argent. Chaplin avait 19 ans. Karno a reconnu qu'il n'était pas très agréable : « je l'ai vu passer des semaines sans dire un mot à quiconque. Il pouvait se montrer causant à l'occasion, mais il n'était guère sociable ou démonstratif. Il vivait comme un moine, avait la boisson en horreur, et mettait la majeure partie de ses gains à la banque dès qu'il les recevait. »

Stanley Jefferson, le futur Stan Laurel, se souvenait que : « pour certains, il avait l'air inabordable et hautain. Mais il ne l'était pas, pas du tout. Il y a une chose que beaucoup de gens ignorent ou refusent de croire à propos de Charlie : c'est un homme très, très timide, on pourrait presque dire désespérément timide. Il n'arrivait pas à se mêler aux autres, sauf si on venait à lui et qu'on lui offrait son amitié ou s'il se trouvait parmi des gens qui ne le connaissaient pas. Alors, il oubliait sa timidité. »

Vers la fin de l'été 1908, Chaplin tomba amoureux. Elle s'appelait Henriette Florence Kelly, née en octobre 1893, à Bristol. Hetty (Henriette) dansait avec les Yankee doodle Girls au Streatham Empire, où se produisait la troupe Karno. En sortant de scène, elle le pria de lui tenir son miroir.

Il obtint un rendez-vous mais elle avait 15 ans et pensait qu'elle était trop jeune et que Charlie lui demandait trop. Chaplin ne devait jamais oublier Hetty, dans sa vie comme dans son art. À l'automne 1909, Charlie joua à Paris aux Folies bergère avec la troupe Karno. Il joua l'ivrogne de Mummy Birds. À cette époque, Sydney pourvoyait la troupe en idées et en sujets, tout en jouant les grands rôles des sketches.

En avril 1910, Karno offrit à Chaplin la vedette d'un sketch inédit : Jimmy the fearless, or the Bay Ero. Le sketch débutait dans un petit salon d'une famille prolétaire ou le père et la mère attendait leur fils Jimmy ; il arrivait en retard en expliquant effrontément qu'il était resté dehors « avec un p’tit bout d’femme ».

Chaplin refusa le rôle mais après l'avoir vu jouer par un autre il l'accepta. « Jimmy » fut un succès immédiat pour Karno et pour Chaplin. La façon dont Karno traitait ses vedettes était parfois brutale. Pour négocier un nouveau contrat avec Chaplin, il avait monté un coup : un soi-disant directeur d'un théâtre de province devait l'appeler au téléphone pendant la négociation et lui affirmer que Chaplin était mauvais et ne méritait aucune augmentation. Reeves l'assistant de Karno choisit Chaplin pour la tournée de la troupe Karno aux États-Unis. Karno était soulagé car il ne voulait pas que ce soit Sydney qui parte aux États-Unis au risque de le perdre.

Charlie dut jurer devant le « gouverneur » (Karno) qu'il reviendrait. Son contrat fut renouvelé jusqu'en 1914. Pour la tournée aux États-Unis, Karno avait imaginé un nouveau sketch «The Wow-Wows  on a night in London secret society». La première scène se passait dans un camping, l'été. Ses occupants décidaient de se venger d'Archie le grippe-sou en créant une fausse société secrète. La seconde scène se voulait une satire des invraisemblables cérémonies d'initiation de ces mystérieuses sociétés.

Les acteurs trouvèrent ce sketch stupide et faible. Chaplin sauva le spectacle. La troupe présenta alors un autre sketch. A night in a London club avec Chaplin comme acteur principal. En supplément la troupe offrit un curieux divertissement A Harlequinade in black and whithe : an old style christmas pantomime, qui était joué derrière un large écran blanc, comme un spectacle d'ombres chinoises.

Chaplin avait trouvé New York intimidant puis il avait été stimulé par l'énergie de la vie états-Unienne et par l'apparente absence de classes dans ce pays.

La tournée aux États-Unis dura 21 mois.

Au retour, son frère Sydney lui apprit qu'il s'était marié avec une actrice de la troupe Karno et donc quitté leur appartement. Ce fut la première fois de leur vie que les deux frères prirent des distances. Charlie installa sa mère dans une maison de repos.

Puis Charlie rembarqua en 1912 pour les États-Unis. À Winnipeg, au Canada, Charlie croisa le frère de Hetty Kelly qui lui donna des nouvelles du premier grand amour de Charlie et Tommy Bristol qu'il avait côtoyé dans la troupe des huit gars du Lancashire.

En 1913, Charlie reçut une proposition de Keystone, une société de cinéma. Il accepte de travailler pour elle après la fin de sa tournée avec Karno.

Chapitre 4 : à l'écran.

C'est Mack Sennett qui revendiqua la découverte de Chaplin pour le cinéma. Elle date de fin 1912. Il l'avait vu jouer «A Night in an english music-hall » à New York.

Une autre version plus convaincante permet de penser que c'est Harry Aitken, actionnaire de la Keystone qui subtilisa Chaplin à Karno. Au printemps 1913, Kessel et Bauman de Keystone renvoyèrent un télégramme à Reeves pour engager Chaplin. Charlie devait remplacer Fred Mace, une vedette qui venait de partir. Il gagna 150 $ par semaine. Sennett de son vrai nom Michael Sinnott, s'était lancé dans le cinéma en 1908.

Il avait travaillé avec D. W. Griffith comme acteur. Il devint réalisateur en 1910. La Keystone fut montée en 1912 et Sennett la rejoignit aussitôt. Comme Karno, Sennett était coriace, brutal, intelligent, autodidacte. Au début, Chaplin fut intimidé par la méthode de Sennett. Il n'y avait aucun scénario. Charlie était habitué aux mois de polissage des sketches de Karno.

Chaplin doutait de la compétence de metteur en scène de Henru Lerhman, le réalisateur du premier film de Charlie « mais pour gagner sa vie ».

Dans ce film, le costume, le maquillage et le personnage de Chaplin évoquaient l'Archibald Binks des sketches de Karno, Wow-Wows et A Night in a London club. Ce n'était pas encore l'image de Charlot. Son allure lui donnait l'air d'un méchant minable. Chaplin détestait le film.

Il se sentit outragé en découvrant qu'au montage, Lehrman avait supprimé et défiguré les gags qu'il avait introduits. Plus tard, Chaplin adopta son costume de Charlot et prit plus d'influence dans le film. Le point de vue historique traditionnel sur les innovations apportées par Chaplin à la Keystone est qu'il a réussi, malgré la résistance et les doutes de Sennett et de ses comédiens, à ralentir le rythme frénétique et à introduire des gags d'une subtilité nouvelle.

Chaplin créa le costume et le maquillage qui allaient devenir universels dès son deuxième film, « L'Etrange aventure de Mabel ». Le costume du vagabond, créé semble-t-il instantanément et sans aucune modification, n'allait que très légèrement évoluer au cours des 22 ans de sa carrière. Selon la légende, il fut composé par un après-midi pluvieux, dans la loge commune des acteurs de la Keystone : Chaplin emprunta un pantalon énorme de Fatty Arbuckle, la petite veste de Charles Avery, les chaussures taille 46 de Ford Sterling, un chapeau melon trop petit appartenant au beau-père d'Arbukle et une moustache destinée à Mack Swain.

Cette version précise et colorée de la genèse du vagabond paraît être née au studio et Chaplin ne l'a jamais endossée.

Dans son autobiographie, il raconte qu'il composa son costume en allant à la garde-robe. Son idée était de créer un ensemble de contrastes. L'un de ses collègues, chez Karno, Fred Kitchen, se plaignait courtoisement qu'il était l'inventeur du costume et de la démarche. Chaplin raconta à un journaliste qu'il avait conçu ce pas traînant à partir de celui d'un vieil homme appelé «Rummy » Binks, dont l'activité consistait à héler des fiacres à la sortie du Queen’s Head, le pub de son oncle Spencer Chaplin. Un autre acteur, Will Murray, revendiquait la paternité de la façon particulière qu’avait Chaplin de tourner un coin en pivotant sur une jambe l'autre restant tendue horizontalement, puis de se précipiter dans une nouvelle direction. Selon Billy Danvers, un acteur de Karno, cette figure était communément utilisée dans la troupe comme un moyen efficace et drôle de mettre à profit l'espace limité des petites scènes hors des villes… Mabel Normand était née en 1892. Elle avait un père français. Elle avait été modèle et commença le cinéma en 1910. Elle devint la « Chaplin féminine » ou le faire-valoir de Chaplin pendant la période Keystone.

Il n'y eut rien entre elle et Chaplin car elle réservait ses charmes à Sennett. Comme Chaplin et Lehrman ne s'entendaient pas, Sennett assigna à Charlie nouveau metteur en scène, George Nichols. Mais Chaplin ne s'entendit pas mieux avec lui alors Sennett prit le relais. À cette époque, Reggy Pearce était son premier amour à Hollywood. Elle avait 18 ans, et vivait avec ses parents et était invinciblement vertueuse. Chaplin n'était pas prêt pour le mariage et l'aventure ne dura guère.

Sennett eut la mauvaise idée de confier la mise en scène de « Mabel au volant » à Mabel Normand. Charlie ne pouvait que se cabrer, devant les ordres d'une fille plus jeune que lui. Chaplin accepta de finir « Mabel au volant » sous le contrôle de Sennett mais, tirant parti de la situation, il annonça qu'il désirait mettre en scène ses propres films.

À partir de ce moment, et jusqu'à la fin de son contrat avec la Keystone, Chaplin mit en scène tous les films qu'il interpréta sauf le « Roman comique de Charlot et Lolotte » réalisé par Sennett. Sennett était dubitatif quant au succès de Chaplin comme réalisateur et demanda une garantie de 1500 $ à Chaplin pour le cas où son premier film comme metteur en scène fut un échec mais ce fut un succès. Le film s'intitulait « Charlot est encombrant » (Caught in the rain). En six mois, Chaplin ne réalisera pas moins de 16 films, dont quatre d'une durée d'une demi-heure chacun. Ils étaient inégaux, certains étaient tout bonnement ratés, d'autres esquissaient des idées qui seraient reprises et raffinées plus tard.

Le dernier film de Charlie pour la Keystone fut « Charlot roi » sorti en salles le 7 décembre 1914.

Dans « le Roman comique de Charlot et Lolottte », Charlie jouait sous une autre direction que la sienne. C'est aussi la seule et unique fois de sa carrière où il servit de faire-valoir à une autre star.

Entre le moment où Charlie se lança dans la mise en scène et son départ de la Keystone, la vie privée de Chaplin n'avait laissé pratiquement aucune trace : tout simplement parce que sa vie se limitait presque entièrement à son travail. Charlie embrassa Mabel Normand lors d'un gala de bienfaisance mais il ne s'ensuivit rien.

Tous deux se voulaient loyaux envers Sennett. Chaplin et Sennett s'était lié d'affection, et ce dernier avait pratiquement adopté sa star : les deux hommes dînaient ensemble tous les soirs. Sennett comme Chaplin était conscient de la valeur marchande de Charlot. Charlie avait raconté qu'il avait discuté avec Sennett le renouvellement de son contrat à peu près au moment de la déclaration de guerre : il voulait 1000 $ par semaine pour la prochaine année. Sennett répliqua que lui-même n'en gagnait pas autant.

Chapitre 5 : la compagnie Essanay.

Au début du mois de novembre 1914, Sydney arriva en Californie et se mit au travail à la Keystone. Il s'était inventé un personnage nommé «Gussle ». Charlie envisageait de monter sa propre maison de production mais Sydney l'en dissuada. Il reçut la visite d'un émissaire de la Essanay Film Manufacturing Company. Cette compagnie était dirigée par Spoor et Anderson.

Anderson était à la fois producteur et acteur de la série des Broncho Billy.

Anderson conclut un arrangement avec Charlie mais sans en parler à Spoor. Charlie gagnerait 1250 $ par semaine plus une prime de 10 000 $.

Dans son premier film pour Essanay, intitulé opportunément Charlot débute, comme dans Charlot fait du cinéma, plante la scène à l'intérieur d'un studio. Ce choix lui offre l'avantage d'avoir un décor et des accessoires sous la main et par conséquent de moins dépendre de l'équipe Essanay. Chaplin commença d'organiser une petite troupe à sa mesure. De Chicago, il fit venir Ben Turpin, Leo White et Bud Jamison. Il recruta un ancien de Karno, Billy Armstrong. Restait à trouver l'actrice principale. Ce fut Edna Purviance. Chaplin fut tellement séduit qu'il se posa la question de savoir si elle avait ou non un don de comédienne après l'avoir engagée. Les huit années suivantes, elle jouerait avec Chaplin dans 35 de ses films et se révélerait une actrice captivante. Cette association, tant professionnelle que privée, fut l'une des périodes les plus heureuses de la vie de Chaplin. Chaplin ne voulait plus se conformer à la pratique Essanay de montage des négatifs et il exigea de pouvoir travailler les rushes sur des positifs. Mais Charlie ne se fâcha pas avec le monteur et cadreur Totheroh puisqu'il lui demanda d'entrer dans son équipe un an plus tard lorsque Chaplin prit la direction de son propre studio. Charlot ne fut jamais satisfait du studio de Essanay à Niles ; en revanche, la nature alentour allait offrir d'admirables extérieurs.

Dans « Le vagabond » Charlot fait sa sortie classique pour la première fois. La caméra le suit tandis qu'il se dandine tristement sur la route, les épaules voûtées, image de la défaite. À cette époque, et dans ses comédies, Chaplin créa une image magistrale et inoubliable de l'exploitation et de l'humiliation du travailleur de l'envers de la croyance victorienne dans les valeurs salutaires du labeur.

Ce sont ces aspects de la vision chaplinesque qui toucheront au coeur les grandes masses des spectateurs du début du XXe siècle. Ses comédies sans «Happy end » étaient une nouveauté.

Les critiques commencèrent à pressentir que Chaplin était différent de tous ceux qui le précédaient. Une bonne idée ne s'épuise jamais, disait Chaplin : c'est ainsi qu'il décida d'adapter à l'écran le succès de Karno Mumming birds, sous le titre de Charlot au music-hall (A Night in the show).

Durant ces derniers jours à la Essanay, Chaplin s'essaya une section intitulée Life, qui devait marquer une nouvelle étape dans la comédie réaliste. Ce projet fut abandonné. Quelques scènes prévues pour Life, notamment une séquence dans un asile de nuit, seront incorporés à Charlot cambrioleur (Police).

Le dernier film de Chaplin pour la Essanay, Charlot joue Carmen (Charlie Chaplin’s Burlesque on Carmen), et son seul essai dans le genre de la parodie, couramment pratiqué à cette période. En décembre 1915, le film avait deux bobines, mais Chaplin n'était plus sous contrat et la Essanay décida de tenter un coup financier en en faisant un long-métrage.

On appela Leo White pour diriger quelques séquences complémentaires avec un nouveau personnage, Don Remendado (Ben Turpin) ; on récupérera aussi les chutes pour allonger les scènes avec Chaplin. À sa sortie, le 22 avril 1916, le film ne comportait quatre bobines.

L'horreur de ce qu'il vit cloua Chaplin au lit pendant deux jours. Chaplin saisit les tribunaux pour empêcher la distribution de Charlot joue Carmen, arguant du fait qu'il n'avait pas donné son accord pour l'histoire ; que ses droits d'auteur avaient été bafoués ; qu'il s'agissait d'une imposture envers le public ; que son rôle avait été dénaturé. La demande de Chaplin fut rejetée. Essanay argua d'un accord avec Chaplin. Celui-ci devait livrer 10 comédies en deux bobines avant le 1er janvier 1916 mais il n'en livra que cinq. La production et le financement de Charlot joue Carmen eurent lieu dans le cadre de cet arrangement. Essanay réclamait donc 500 000 $ pour les films non livrés par Chaplin.

Trois ans après la fin du contrat de Chaplin, Essanay récupéra de séquences de Life et sortit « Triple trouble » (Les avatars de Charlot).

L'année 1915 et celle de l'explosion Chaplin. Tous les journaux publiaient des dessins et des poèmes de lui, il était un héros de bandes dessinées, de dessins animés, on faisait des poupées Chaplin, des jouets Chaplin, des livres Chaplin, des chansons, des danses…

Durant l'automne 1915, Sydney se trouva libéré de son contrat avec la Keystone et il proposa à son frère de se consacrer à temps complet à la gestion de ses affaires. Dans cet esprit furent créés la Chaplin Music Company et la Chaplin Advertising Service Company.

Mais elles ne durèrent pas.

Dès l'arrivée de Chaplin aux États-Unis s'était manifestée une étrange fascination pour ses origines. On lui chercha des origines juives. En 1915, quand on lui demanda s'il était juif, Chaplin répondit : « je n'ai pas eu cette heureuse fortune ».

Tout au long de sa vie, Chaplin continua de témoigner aux juifs une profonde admiration. Il fut la cible de l'antisémitisme nazi. Il déclara avoir réalisé « Le dictateur » pour les juifs du monde. À cette époque, il refusait énergiquement de contredire toute information le désignant comme juif. Comme il expliqua à Ivor Montagu : « quiconque nie la chose pour se protéger joue le jeu des antisémites ».

Chapitre 6 : Mutual film corporation.

En 1916, Chaplin connaissait sa valeur et avait refusé une offre de 350 000 $ pour 12 films proposés par Spoor avec qui il entretenait des relations encore supportables. Personne ne put dépasser l'offre de Joseph R. Freuler de la Mutual film corporation. Il proposa à Chaplin 10 000 $ par semaine avec un bonus de 150 000 $ à la signature. Personne au monde, sinon en roi ou un empereur, n'avait gagné seulement la moitié de ce salaire. Le mythe de la pingrerie de Chaplin est né à cette époque car il considérait avec philosophie que le public pourrait se lasser de lui et ne voulait pas jeter l'argent par les fenêtres.

Il n'avait pas oublié Hetty Kelly. La croyant à New York, il avait tourné autour de sa maison dans l'espoir de la rencontrer mais elle était en Angleterre où, six mois plus tôt, elle avait épousé le lieutenant Alan Horne. Pour la première fois depuis un an, Chaplin et Edna se trouvèrent séparés. Charlie était allé voir Caruso à l'opéra de New York. Caruso n'était pas intéressé par Chaplin. La tante de Charlie, Kate, mourut d'un cancer et il ne reste plus personne dans la famille pour surveiller Hannah, la mère de Charlie. Le nouveau studio, le Lone Star, où travaillerant Charlie ouvrit le 27 mars 1916. Roland Totheroh, qui travaillait pour Essanay, fut engagé par Charlie comme chef opérateur pour son premier film à la Mutual, Chaplin voulut s'entourer de sa propre troupe d'acteurs. Edna Purviance restait sa vedette féminine. Leo White quitta Essanay pour le rejoindre. Vinrent les rejoindre Albert Austin (un ancien de la troupe Karno) et Eric Stuart Campbell, un Goliath idéal pour le David que Chaplin était. Nous possédons sur les méthodes de travail de Chaplin des traces beaucoup plus précises que pour d'autres metteurs en scène du muet. Sydney, toujours prévoyant, conserva soigneusement dans un coffre les prises non utilisées et les chutes de films et de la Mutual. Lorsqu'en 1952 Chaplin ferma son studio, Totheroh reçut l'ordre de détruire cette masse de pellicule.

Mais plusieurs centaines de bobines furent récupérées par le distributeur à Raymond Rohauer ; elles ont fourni la base de le « Chaplin inconnu » (1982) de Kevin Brownlow et David Gill.

Chez Chaplin, les sentiments sont toujours sauvés de la mièvrerie par la comédie et par la combativité que garde le personnage dans son désespoir. Chaplin a un moyen favori pour désamorcer le pathos, c'est la farce.

Une nouvelle recrue, Henry Bergman, qui tenait le rôle de l'usurier, dans « Charlot et usurier », allait devenir un membre indispensable de l'entourage de Chaplin durant les 30 années à venir. Bergman était un célibataire qui allait vouer à Chaplin une passion adoratrice et obsessionnelle. Il jouait auprès de lui les assistants, les confidents, et Chaplin était trop heureux de pouvoir se reposer sur un secrétaire et faire valoir. Chaplin l'utilisa comme acteur jusqu'aux « Temps modernes ».

L'orgueil de Bergman d'être dans les confidences du patron et de pouvoir jouer n'importe quel rôle lui valait néanmoins les jalousies du reste de l'équipe. L'année 1916 se termina sur quelques sujets d'irritation dont le moindre ne fut pas la publication d'un livre intitulé « Charlie Chaplin’s own story ».

Malgré les efforts incessants de Chaplin pour en interdire la publication, cette biographie apocryphe à continuer jusqu'à aujourd'hui à semer la confusion et erreur sur sa vie. Chaplin reçut un exemplaire fin septembre 1916 et fut scandalisé par les contrevérités manifestes de la page de garde : « la narration fidèle d'une carrière romantique commençant par les souvenirs d'une enfance londonienne et s'achèvant avec la signature de son dernier combat pour le cinéma (…) ».

Le sujet de cette biographie a le grand plaisir d'exprimer sa reconnaissance et ses remerciements à Mrs Rose Lane, pour son « aide éditoriale inestimable ». Le « sujet » était en fait tout sauf reconnaissant. Le livre débutait par le récit de sa naissance dans une petite ville française (à ses débuts, Chaplin avait fait croire à une naissance en France pour complaire aux reporters). La mère de Chaplin avait droit à un traitement aimable mais son père était dépeint comme une brute alcoolique et les premiers employeurs de l'acteur n'étaient pas mieux lotis. Malgré ces non-sens mélodramatiques et fallacieux, ce livre a inspiré ou dérouté pendant des décennies de nombreux historiens de Chaplin.

L'éditeur donna l'engagement que le livre ne serait pas vendu sans le consentement de Chaplin. Ce livre de si peu de valeur par son contenu est devenu la plus grande rareté de la bibliographie de Chaplin. Le stock fut détruit à l'exception de deux exemplaires qui ont répandu leur poison chez les historiens du cinéma.

Stan Laurel en possédait un qu'il annota de ses corrections et offrit à l'un des biographes de Chaplin, John McCabe. Une autre campagne se développait dans la presse visant à discréditer Chaplin pour ne pas s'être engagé dans l'armée britannique. Chaplin répondit par un communiqué à la presse : « je me tiens prêt à répondre à l'appel de mon pays, pour servir dans n'importe quel corps et à n'importe quel poste que les autorités nationales considéreront comme le meilleur (…). J'ai versé entre-temps un quart de millions de dollars pour les activités de guerre de l'Amérique et de l'Angleterre ». Je me suis inscrit sur la liste d'enrôlement et n'ai demandé ni exemption ni faveur ».

L'ambassade britannique confirma.

La campagne ne diminuera d'intensité que lorsque Chaplin se présenta en personne à un bureau de recrutement et fut réformé pour son poids insuffisant. Mais pendant encore plusieurs années il allait recevoir des insultes anonymes.

S'il avait fait ce qu'on attendait de lui, et répondu à l'appel de son pays en 1914, ses chances de survie à la guerre auraient été minces. Il n'aurait représenté qu'une note en bas de page dans l'histoire du cinéma.

Vers la fin de 1916, Chaplin modifia son train de vie en engageant un valet-secrétaire, Tom Harrington, qui allait devenir, selon ses propres mots, « le sine qua non de mon existence ».

À cette époque, Charlie rencontra la comédienne Constance Collier. Elle avait été son héroïne pendant la jeunesse de Charlie à Londres. Ils restèrent amis jusqu'à la mort de Constance en 1955. Elle lui fit changer sa diction et rencontrer Douglas Fairbanks qui fut un grand ami de Charlie. Vers la fin de sa vie, Chaplin avoua que Fairbanks avait sans doute été son seul ami vraiment proche.

Les derniers films de Chaplin à la Mutual restent parmi ses meilleures créations. Lors du tournage de Charlot policeman Chaplin fut blessé au nez lorsque Eric Campbell tordit le réverbère. Les pluies californiennes furent torrentielles et le bébé que Chaplin berçait dans le film lui vola sa moustache. À cette époque, Chaplin avait une vieille ambition : réaliser une comédie dramatique dont l'action se situerait à Paris, au Quartier latin. Chaque jour, dans le studio Lone Star, se déroulait une cérémonie.

L'arrivée de Chaplin au studio était ponctuée par un « le voilà ! ». Chacun s'arrêtait instantanément : acteurs, machinistes, électriciens, tous se mettaient en ligne, attentifs. Alors Chaplin passait les portes du studio. Il arrivait dans une grosse voiture de sport. Deux hommes occupaient le siège avant. Là grand et mince sautait à terre, l'autre était un japonais (Toraichi Kono son chauffeur). Le premier courait ouvrir la porte et Chaplin descendait. Il portait un long manteau noir avec un col d'Astrakhan.

Il traversait lentement la cour du studio. Toute la bande faisait ça pour rire et Chaplin n'était pas dupe.

Après « l'Emigrant », Chaplin tourna « Charlot s'évade ». La presse rapporta que Chaplin avait plongé dans les flots du canyon Topango et sauvé de la noyade petite fille de sept ans. Elle avait été entraînée par une vague alors qu'elle regardait du haut d'un rocher le travail de l'équipe.

« Charlot s'évade » fut le dernier film d'Eric Campbell qui mourut le 20 décembre 1917 d'un accident de voiture.

En 1917, la vogue Chaplin était telle que dans les bals costumés 9 hommes sur 10 se déguisaient en Charlot. En février 1917, un voleur utilisa le costume de Charlot pour faire un hold-up à Cincinnati.

Cela fit naître des imitateurs dont Stan Laurel. Il faisait des circuits de vaudeville avec un numéro intitulé « le trio Keystone » dans lequel il imitait Chaplin. En novembre 1917, Chaplin se vit contraint d'engager contre ses imitateurs des poursuites que l'on a jugées comme « les plus radicales dans le milieu du cinéma ».

À l'automne 1917, le demi-frère dont Charlie avait perdu trace depuis plus de 20 ans refit surface en écrivant à Edna Purviance. Il avait écrit à Charlie et à Sydney mais n'avait reçu aucune réponse. Charlie et Sydney finirent par reconnaître Wheeler Dryden comme leur demi-frère au milieu des années 20.

Il visita Hollywood et Hannah put enfin revoir ce fils qui lui avait été enlevé. En 1939, Wheeler devint membre permanent de l'équipe du studio de Chaplin jusqu'au départ de Charlie des États-Unis.

Edna commença à tromper Charlie, elle était jalouse devant la passion dominante de Chaplin pour le travail.

Charlie s'en était voulu de l'avoir négligée. Il eut de la peine après leur rupture et espéra une réconciliation. La liaison d’Edna avec son amant, l'acteur Thomas Meighan fut brève. Après quoi, elle n'essaya jamais de s'imposer dans la vie privée de Charlie. Elle ne se maria jamais et continua de collecter des articles sur C.

Chapitre 7 : l'indépendance : désagréments et satisfactions.

Charlot s'évade concluait le contrat avec la Mutual.

Compagnie offrit 1 million de dollars pour huit le nouveau film mais il refusa signer avec la compagnie First national. Chaplin devenait son propre producteur et il s'engageait à réaliser dans l'année huit films en deux bobines. Le First national avançait 125 000 $ par négatif, le salaire de Chaplin était inclus. Sydney se battit pour les intérêts de son frère alors qu'il avait ses propres soucis. Sa femme Minnie avait dû subir une dangereuse intervention au deuxième mois de sa grossesse et il avait fallu sacrifier l'enfant. Le couple n'en aurait jamais.

En 1917, Rob Wagner entra dans la vie de Chaplin. Ce professeur de grec et d'art était à ce point fasciné par Chaplin qu'il envisagea de commencer la biographie de Charlie. En fait, il allait plutôt travailler comme attaché de presse et écrire des articles nombreux et perspicaces sur son art. Le nouveau studio de Chaplin était en construction entre Sunset Boulevard et l'avenue La Brea à Hollywood. Totheroh filma la construction du studio (le film le fut monté de manière à donner l'illusion amusante et magique d'un champignon en train de grandir). Il voulut en faire un film à deux bobines mais la First national refusa. Il utilisa donc plus tard ce matériel comme introduction à une compilation de films de la First national : The Chaplin Revue. Le studio achevé fut ouvert au public en janvier 1918 mais deux individus qui s'étaient présentés comme journalistes passèrent trois jours dans le studio avant d'être découverts en train d'espionner une séance de travail de la production. Ils avaient dérobé une série de huit esquisses des décors d'Une vie de chien ainsi que les notes dactylographiées relatant les discussions sur l'intrigue et les descriptions des costumes et des personnages.

En janvier 1918, Chaplin tournait dans le court-métrage « Une vie de chien » qui avait un autre titre provisoire (I should worry). Ce film plonge dans la réalité de la pauvreté encore plus que les précédents de Charlie. Le chien du film s'appelait Mub. C'était un bâtard qui resta toute sa vie dans le studio de Chaplin. Chaplin était lunatique et voulut abandonner « Une vie de chien » au bout de deux semaines de tournage pour faire un autre film qu'il aurait appelé «Wiggle and son ». Le titre final de « Une vie de chien » aurait été suggéré par une remarque de Harry Louder à Chaplin : « quelle vie de chien vous menez en ce moment, Charlie ! ».

Mub s'était tellement attaché à Charlie que quand celui-ci dut partir vendre les bons de la liberté pour achever la première guerre mondiale, le chien refusa de se nourrir et mourut.

Charlie partit avec Mary Pickford et Douglas Fairbanks vendre des bons. Ils furent reçus à Washington par le président Wilson. La tournée de Chaplin dans le sud des États-Unis pour vendre les bons de la liberté l’épuisa. Après quoi il tourna « Charlot soldat » pour encourager les troupes alliées en Europe. Après le tournage de « Charlot soldat », Charlie était déprimé à cause de problèmes personnels et songea à détruire le film. Il y renonça quand Douglas rit aux larmes à la vue du film.

En 1918, Charlie rencontra Mildred Harris, elle avait 16 ans. C'était au cours d'une partie donnée par Samuel Goldwyn. Elle correspondait à l'idéal féminin de Charlie fixé depuis la rencontre avec Hetty Kelly.

Mildred tomba enceinte. Pris au piège, Chaplin fut obligé de l'épouser car il ne pouvait risquer un scandale avec une mineure. La cérémonie eut lieu le 23 septembre 1918. Edna Purviance le félicita. Charlie s'ennuyait avec Mildred qui ne brillait pas intellectuellement. Il traversa une crise. Il travaillait sur « Une idylle aux champs » mais était en panne d'inspiration. Il abandonna le film pour un autre intitulé «Putting it over » projet qui fut abandonné.

Le film fini, Charlie considéra « Une idylle aux champs » comme l'une de ses oeuvres les moins réussies et ses contemporains aussi.

La fin d'une idylle aux champs est une énigme pour les cinéphiles depuis 1919. Le suicide est-il rêvé ou le happy end est-il le rêve du suicidé ?

En 1919, Charlie voulut faire venir sa mère aux États-Unis mais l'administration britannique fit des difficultés quand la situation s'éclaircit c'est Charlie qui était abattu à cause de son mariage raté. Charlie était en pleine crise. « Charlie’s pic-nic » n'avançait pas. Après une fausse couche, Mildred accoucha le 7 juillet 1919 mai le garçon malformé mourut le 10 juillet, il s'appelait Norman Spencer. 10 jours plus tard, Charlie auditionna des bébés au studio. Il rencontra Jackie Coogan. Il fut fasciné par l'enfant de quatre ans mais n'avait pas encore de projet de film avec lui. « Charlie’s pic-nic » fut abandonné et Chaplin se mit au travail sur « The waik » qui deviendrait « Le Kid ».

Il y avait entre Charlie et Jackie Coogan une très réelle et très intime amitié. Chaplin, en compagnie de Jackie, redevenait un enfant. Or, une grande part de ses dons et du personnage du vagabond provenait de sa capacité à regarder la vie avec des ions enfantins : sa relation avec Jackie lui permettait d'exprimer et de développer cet aspect de son comportement. Au studio, tout le monde pensait que Jackie était un substitut à l'enfant que Charlie venait de perdre. La First national réclamait un film et « Le Kid » n'était pas terminé.

Chaplin revisionna les rushes de « Charlie’s pic-nic » et change le titre pour «The Ford Story » puis « une journée de plaisir ». Le père de Jackie joua dans «Le Kid » le rôle du diable dans la scène du rêve. Durant le tournage du Kid, Chaplin avait réussi à oublier Mildred et son mariage mais cela n'était guère du goût de la jeune femme et la brouille devenait inévitable.

Les époux se séparèrent et la presse poussa Mildred à attaquer Charlie. Le 27 avril 1920, Charlie gifla Louis B. Mayer car celui-ci avait écrit un message désobligeant contre lui. Durant ce temps, Edna s'était mise à boire et la production du « Kid » fut arrêtée provisoirement. Quand le film redémarra, Charlie rencontra Lillita Mac Murray qui joua la nymphette dans la scène du rêve. Quatre ans plus tard, sous le nom de Lita Gray, elle deviendrait la deuxième Mme Chaplin.

La First national pris parti pour Mildred et contre Chaplin. Lorsque Mildred renia brusquement un accord antérieur selon lequel elle acceptait de divorcer moyennant 100 000 $, Chaplin compris que la First national était à l'origine de ce revirement. La compagnie utilisait la procédure de divorce pour attaquer ses actifs commerciaux et notamment les négatifs du Kid.

Charlie et son équipe emmenèrent le négatif à Salt Lake City où ils improvisèrent une salle de montage.

Le montage terminé, Charlie organisa une avant-première qui enthousiasma le public. Le montage fut achevé à New York. Chaplin resta caché par crainte des huissiers.

La procédure de divorce débuta en août 1920. L'avocat de Chaplin avait annoncé que son client ne s'y opposait pas, à la condition que les avocats de Mildred retirent une disposition qui l'empêchait de vendre le Kid.

Le divorce fut prononcé le 19 novembre : Mildred obtenait 100 000 $ et le partage des biens du ménage. Le kid fut projeté à New York, le 6 janvier 1921 et obtint un énorme succès dans le monde. Jackie Coogan ne joua plus avec Chaplin mais tourna dans une vingtaine de films pour la First national et la Metro Goldwyn Mayer.

Il rencontra des personnalités comme le pape et même Mussolini. Mais à la mort du père de Jackie, celui-ci avait 21 ans et réalisa que sa mère lui avait volé tout son argent soit 4 millions de dollars.

Il fit un procès contre sa mère en 1938 mais l'argent avait été dilapidé. Finalement, Jackie se réconcilia avec sa mère dont l'influence et la domination se poursuivirent jusqu'à sa mort.

Lorsque Jackie eut des ennuis d'argent, Chaplin lui donna 1000 $ mais il ne garda pas le contact avec lui.

Chaplin voulait en finir avec la First national qui l'avait trahi. Il avait créé United Artist avec Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Briffith en janvier 1919. À présent, les stars devenaient leurs propres employeurs.

Début 1921, Chaplin devait trois films à la First national. Il réalisa « Charlot et le masque de fer » en cinq mois. À cette époque, sa mère arriva aux États-Unis mais elle resta indifférente à la prospérité et la célébrité de son fils. Elle put enfin retrouver son plus jeune fils, Wheeler Dryden qui travaillait avec Charlie. Elle le reconnut malgré les 30 ans qui avaient passé.

Chapitre 8 : la fuite.

Charlie s'attaqua à un nouveau film intitulé provisoirement « Come seven ». Puis, brusquement, Charlie décida de partir pour l'Europe. Carlyle son, son attaché de presse, s'occupa du voyage et Sydney lui dit : « pour l'amour de Dieu, ne le laissez pas se marier ! ».

Cela effraya Chaplin. Chaplin partait car il était dépressif, grippé, épuisé après sept années de travail et 71 films. Il avait la nostalgie de l'Angleterre. Il avait commencé une correspondance avec H.G. Wells. L'Angleterre, c'était Hetty Kelly même s'il l’avait revue et trouvée sotte et que son charme s'était évanoui, il voulait la revoir. Elle lui avait écrit en juillet 1918 et il en avait été vivement troublé. Chaplin n'avait guère de goût pour la correspondance mais il avait répondu à Hetty. Mais elle mourut avant de recevoir la lettre de Charlie. Elle avait eu le temps de donner la vie à une fille puis avait attrapé la grippe qui faisait rage en Europe. Chaplin ne le savait pas, il l'apprit seulement en 1921.

Chaplin arriva à Cherbourg le 9 septembre 1921 et une foule de journalistes l'attendait. Il déclara qu'il voulait retourner à Londres puis à Paris, en Espagne et en Russie. On lui demanda s'il était bolchevik. Il répondit qu'il était un artiste et pas un politicien.

À Southampton, Chaplin découvrit une foule peu importante et en fut déçu. C'était à cause du retard. Le frère de Hetty était là. Il apprit à Chaplin la mauvaise nouvelle. À Londres, les rues étaient noires de monde pour voir Chaplin. Il retourna sur les lieux de son enfance. Il réveilla des dormeurs pour leur donner de l'argent.

Il étudiait en permanence les comportements. Les gens le reconnaissaient et étaient respectueux. Les prostituées l'appelaient « Monsieur ». Il devait rencontrer Bernard Shaw mais il recula. Il rencontra H.G. Wells et Thomas Burke qu'il appréciait. Comme Charlie, Burke avait connu la pauvreté dans le même quartier de Londres et à la même époque. À Paris, Chaplin alla aux Folies bergères et trouva le spectacle douteux. Il emmagasina des impressions qu'il utilisa pour « l'Opinion publique ». Arrivé à Berlin, Chaplin fut tranquille car ses films n'étaient pas encore sortis en Allemagne.

Mais il fut irrité de ne pas être traité comme une célébrité. Il rencontra l'actrice polonaise Pola Negri. Il repartit pour Londres et visita des blessés de guerre. Cela le déprima profondément.

De retour à Paris pour la première du Kid, il fut nommé officier de l'instruction publique. De retour aux États-Unis, il rencontra le poète noir Claude Mc Kay. Il visita la prison de Sing Sing, la chambre à gaz l'épouvanta.

Chaplin écrivit les souvenirs de son périple durant le voyage en train vers la Californie. Ses souvenirs parurent en feuilleton dans Photoplay avant de sortir dans un livre intitulé «My trip abroad » (en français Mes voyages).

Puis avant de reprendre le travail, il rencontra Clare Sheridan, la nièce de Churchill. Elle était écrivaine et avait été contactée par le gouvernement soviétique pour faire les portraits de Lénine, Trotski et autres leaders bolcheviques. Tout ce qu'elle avait à apprendre à Chaplin sur l'Union soviétique le fascinait.

Mrs Sheridan était aussi sculptrice et elle fit le buste de Chaplin. Leur relation était plus spirituelle que physique. L'amitié avec Mrs Sheridan se termina brutalement. Les journaux flairaient une aventure amoureuse et Carlyle Robinson, pour mieux insister sur son démenti, ajouta avec un manque de tact certain que Mrs Sheridan était assez âgée pour être la mère de Chaplin.

En conséquence, Mrs Sheridan rentra immédiatement à New York.

Depuis son divorce avec Mildred, le nom de Chaplin fut associé à plusieurs femmes. Thelma Morgan, Cil Lee et Anna Q. Nilsson, May Collins, Claire Windsor.

Chaplin termina les deux films qu'il devait à la First national : Jour de paye et le Pèlerin. Le Pèlerin est le premier film qui a laissé derrière lui plusieurs scénarios écrits et de nombreuses notes pour les gags. À l'origine, le film devait être un western comique, quelque chose dans le genre de la Ruée vers l'or et on l'intitula « western ». Dans le premier scénario, il y avait déjà là une ébauche de M. Verdoux.

Chaplin proposa deux films pour conclure son contrat avec la First national «The Professor » et « le Pèlerin ». «The professor » est un mystère, le film doit avoir existé puisque Kevin Brownlow et David Gill en ont retrouvé cinq minutes qu'ils ont montrées dans « Chaplin inconnu ».

Personne ne sait en quoi consistait l'histoire mises à part les cinq minutes retrouvées.

Chapitre 9 : l'opinion publique.

Chaplin libre, décida de faire un film dramatique pour United Artists. Work, un film inachevé pour la Essanay avait ouvert la voie dans ce sens. En 1917, Charlie avait fait un pas de plus vers le drame en essayant d'acheter les droits d'une pièce de Hall Caine, The Prodigal son, où il avait trouvé un rôle sérieux pour lui-même. Il voulait monter "les Troyennes » avec Edna Purviance puis il voulut incarner Napoléon et Edna serait Joséphine.

L'idée de l'Opinion publique lui vint après une rencontre avec la célèbre Peggy Hopkins Joyce. C'était une croqueuse de milliardaire. Il la fréquenta quelques semaines et Peggy lui avait fourni l'idée de son nouveau film. Elle parla de Paris où elle avait vécu avec un éditeur. Le premier scénario de son nouveau film s'intitulait «Destiny ». Les héros s'appelaient d'abord Marie Arnette et Poiret puis Marie Saint-Clair et Pierre Revel.

L'Opinion publique n'allait pas faire d'Edna une grande star : ce film a même virtuellement marqué la fin de sa carrière. Son rôle de mondaine sophistiquée allait détruire son aura auprès du public. Lors du tournage du film il y eut peu de gaspillage puisque seules trois scènes mineures ne seront pas utilisées.

Chaplin apparaît dans une seule scène du film où il joua un portier maladroit mais public le trouva si drôle que, selon Menjou l'acteur principal, on dut l'abréger pour ne pas altérer l'esprit de l'histoire. Jusqu'au début du mois de juin 1923, Chaplin hésita sur la manière de terminer l'Opinion publique : un mariage entre Marie et Revel ou, autre solution, le retour de Marie au village pour y soigner sa mère veuve et affaiblie.

Durant le tournage, le titre Destiny avait été abandonné pour «Public Opinion » avant de devenir finalement «A Woman of Paris ». Lors de la première à Hollywood, Chaplin offrit en prologue un numéro spécial de mime intitulé Nocturne.

Dans la presse, on compare à Chaplin à Thomas Hardy, Maupassant, Ibsen.

L'opinion publique fut un échec commercial. C'était la première fois pour Chaplin. Il n'apparaissait presque pas dans le film et le public l'aimait pour sa drôlerie. La déception de Chaplin fut profonde et durable et il retira le film de la circulation aussi vite que possible, pour les mettre sous coffre pendant plus d'un demi-siècle.

Chaplin revit Pola Negri qui arriva à Los Angeles en septembre 1922.

Ils eurent une liaison pendant neuf mois. Un mariage fut même annoncé.

À cette époque, une mexicaine, Marina Varga, harcela Chaplin pour faire du cinéma avec lui. Pola et Marina eurent une altercation. L'incident déplut à Pola et peu après sa liaison avec Charlie s'arrêta. Chaplin suivi les conseils de Douglas Fairbanks et de Mary Pickford. Après huit années de vie à l'hôtel ou dans des maisons louées, il fit construire sa maison sur Summit drive.

Charlie avait lui-même dessiné les plans dans un style qu'il nommait « gothique californien » en plaisantant.

Chapitre 10 : la Ruée vers l'or.

Chaplin allait s'embarquer à la fois dans un film dont il a souvent dit ensuite qu'il lui survivrait et dans un mariage que, pendant le reste de sa vie, il essayerait vainement d'oublier.

C'est chez Douglas Fairbanks et Mary Pickford que l'idée de la Ruée vers l'or lui vint en regardant un stéréogramme montrant une interminable file de prospecteurs dans le Klondike.

Il lut également un livre consacré aux désastres qui avaient accablé un groupe d'émigrants en 1846. Ils avaient dû manger les cadavres de leurs ex-compagnons pour survivre.

Le premier scénario s'intitulait «The Lucky strike ». Edna avait grossi, elle ne pouvait plus être la jeune héroïne du prochain film de Chaplin. De plus, Edna fut impliquée dans un scandale. Elle était présente lors d'une soirée de Courtland Dines, le mania du pétrole qui faillit mourir d'un coup de feu tiré par le chauffeur de Mabel Normand. Alors, Lilita Mc Murray, l'ange du Kid, se présenta pour le rôle féminin de la Ruée vers l'or. Chaplin l'engagea malgré les réticences de Rollie Totheroh. La scène du repas avec la chaussure est devenue une scène d'anthologie. La botte que Charlie et Big Jim mangent était en réglisse et les deux acteurs firent la désagréable expérience de ses effets laxatifs.

Avant la scène du poulet, Chaplin avait imaginé une scène moins crédible avec une oie. Un autre acteur devait jouer le poulet mais cela ne marchait pas. Seul Chaplin était convaincant en poulet et dut jouer la scène lui-même. Une seule scène fut tournée avec Lita Grey.

Charlot dort dans la cabane : il rêve qu'une jolie fille (Lita) le réveil et lui apporte sur un plat de l’oie rôtie. Puis Chaplin remplace l’oie pas un gâteau aux fraises. Lita met le gâteau sur la figure de Charlot. Cette scène un apparaîtra jamais dans le film, mais elle allait se révéler une métaphore saisissante de la triste liaison qu'allaient connaître Charlie et Lita. La scène inaugurale du film qui montre une longue file de prospecteurs gravissant une montagne fut tournée avec des vagabonds. Ils étaient le rebut de la nation occidentale. À cette troupe s'ajoutèrent tous les membres de l'équipe qui n'étaient pas occupés à autre chose.

On tourna en extérieur, quelques scènes qui n'ont pas été utilisées dans le film définitif. Durant l'été californien, l'atelier des décors s'ingéniait à recréer l'Alaska en studio. Le tournage repris le 1er juillet. Un gag amusant, qui n'a pas été utilisé dans le film, montrait Charlot et Big Jim jouant aux cartes. Jim s'endort sur le jeu, mais son coude est trop lourdement appuyé sur ses cartes pour permettre à Charlot de tricher. Celui-ci en profite pour construire un moulin-à-vent miniature que le ronflement sonore de son partenaire met en mouvement. En septembre, Lita était enceinte. La nouvelle avait fait pour Chaplin l'effet d'une bombe. Elle était mineure. Dans le cas de mineures, les lois californiennes admettaient quasiment les mariages sous la menace d'une arme. Pour un homme, avoir eu des relations sexuelles avec une mineure constituait de fait, un viol passible de 30 ans de prison. Chaplin se retrouvait à nouveau pris au piège, avec une compagnie désespérément incompatible. À l'époque, la presse suspectait une liaison entre Charlie et la maîtresse du milliardaire William Randolph Hearst, Marion Davies. Selon la légende hollywoodienne, Chaplin se trouvait sur le yacht de Hearst le 18 novembre 1924 quand, Thomas Harper Ince, également invité sur le yacht, fut débarqué inconscient et mourut quelques heures plus tard. Officiellement, il était mort d'une crise cardiaque due à une intoxication alimentaire. La rumeur veut que Hearst aurait tué Ince après l’avoir découvert avec Marion et l'ayant confondu avec Chaplin. Chaplin a constamment raconté à ses intimes qu'il ne se trouvait pas sur le yacht. Mais dans son autobiographie, il raconte que Ince survécut trois semaines et reçut une visite de Hearst, de Marion et de lui-même. Or, il existe une photo de Chaplin à la crémation de la victime qui eut lieu deux jours après la croisière. Le chauffeur de Chaplin, Kono, aurait vu Ince transporté avec une balle dans la tête. D'autres ont avancé que les traces de sang provenaient d'un ulcère perforé. Il n'y eut aucune enquête pour clarifier l'affaire. Charlie se maria discrètement à Guaymas, au Mexique avec Lita Grey. Il fit croire aux journalistes qu'il devait partir là-bas pour tourner une scène de son film. La grossesse de Lita fourni une excuse pour changer d'actrice pour la Ruée vers l'or. Ce fut Georgia Hale. Elle avait 18 ans et avait déjà tourné avec Von Stenberg. Chaplin dut donc retravailler l'histoire pour y insérer le rôle de Georgia.

La scène du film ou Charlot passe le réveillon du nouvel an seul car ses invités ont oublié de venir s'inspire d'un incident survenu durant une tournée du jeune Chaplin : il avait convié les membres d'une autre équipe de jeunes acteurs à venir prendre le thé, l'administrateur n'avait rien voulu entendre, et comme personne ne l'en avait informé, Charlie avait attendu en vain ses invités. La célèbre « danse des petits pas », qui constitue le moment fort de la séquence, fut visiblement filmé en musique et chacune des 11 prises que Chaplin a tournées pour ce passage est d'une longueur identique. Mais Charlie n'était pas l'inventeur de cette danse. Elle apparut dans « Fatty cuisinier » en 1918. Roscoe Arbuckle lui aussi piquait des petits pains avec des fourchettes et faisait accomplir à ces jambes bottées miniature un petit numéro de danse. Il n'est pas impossible qu'Arbuckle ait « emprunté » cette idée à Chaplin du temps où tous deux travaillaient chez Sennett. Le 5 mai 1925, Lita Grey donnait naissance à Charlie junior. Cela rapprocha momentanément le couple. Cette naissance fut gardée secrète.

Le film a recueilli un public déçu dans son attente d'une franche rigolade mais ce fut quand même un succès commercial.

Chapitre 11 : le Cirque.

Le 13 octobre 1925, Chaplin se mit au travail sur « le Cirque », une production qui allait connaître tant d'infortunes que son achèvement tint du miracle.

Le rival de Charlot dans le film, Rex, était joué par Harry Crocker. Il avait été lancé par Hearst et Marion Davies qui lui avaient fait rencontrer Charlie. Charlie hésitait entre deux titres pour son nouveau film : le Cirque ou le Voyageur. Henry Bergman apprit à Chaplin à marcher sur une corde raide. Il ne lui fallut qu'une semaine et Charlie ne tomba jamais.

Le 6 décembre 1925, une première catastrophe atteignit la production, lorsqu'un orage d'une violence exceptionnelle endommagea la tente du cirque. Georgia Hale devait être l'actrice principale du cirque mais son contrat qui s'achève le 31 décembre 1925 ne fut pas renouvelé sans qu'on sache pourquoi. Elle avait fait un 11 films jusqu'à ce que l'arrivée du parlant ruine sa carrière à cause de sa voix et de sa diction qui n'étaient pas à la hauteur de son image. La vedette féminine de Chaplin s'appelait Merna Kennedy, l'amie d'enfance de Lita. Lita suggéra son nom et le regretta car Merna devint une rivale. Henry Bergman devait jouer le méchant beau-père de Merna mais il refusa, préférant le rôle du vieux clown.

Le tournage commença le 11 janvier 1926 avec les scènes de corde raide. Mais survint une deuxième catastrophe, on s'aperçut que les rushes était rayés. L'équipe fut renvoyée st remplacée. Il fallait reprendre un mois entier de tournage. Durant l'automne 1925, Lita apprit qu'elle était de nouveaux enceinte.

Les relations de couple se dégradèrent un peu plus. Chaplin souffrait d'insomnies aiguës et se mit à roder la nuit dans la maison armé d'un pistolet à la recherche de maraudeurs. Il prenait des bains et des douches 20 fois par jour. Les tentatives de réconciliation occasionnaient des drames. Sydney, le deuxième enfant de Charlie et Lita naquit le 30 mars 1926. Même le choix du prénom fut l'objet d'une dispute. Après le divorce, elle appela son fils « Tommy ». Charlie était contre le baptême, il pensait que les enfants devaient choisir leur religion quand ils étaient en âge de le faire.

Le tournage continua avec deux interruptions. L'une pour la visite de Raquel Meller, actrice espagnole que Chaplin voulait pour jouer Joséphine pour son projet de film sur Napoléon. L'autre, pour honorer la mort de Rudolph Valentino. Chaplin l'admirait et porta son cercueil. Charlie prit beaucoup de risques en faisant 200 prises avec les lions. Troisième catastrophe, le 28 septembre, le feu se déclara sur le plateau. Totheroh filma neuf mètres sur la catastrophe et sur l'hébétude de son patron qui servirait de pré-publicité au Cirque.

Chaplin renonça à une scène tournée dans un décor de café alors que c'était un bon numéro comique. Fin novembre, Lita quitta la maison avec ses deux fils.

La vie était devenue impossible entre la femme-enfant et son mari exaspéré.

Lita était terriblement jalouse des femmes plus sophistiquées, plus belles et plus intelligentes, qui lui paraissaient avoir un pouvoir bien plus grand que le sien sur son mari.

Chaplin entreprit de mettre le film en sûreté au cas où… Comme si cela ne suffisait pas le gouvernement choisit ce moment pour en réclamer à Chaplin un arriéré d'impôts de 1 113 000 $.

Le 10 janvier 1927, les avocats de Lita déposé une demande de divorce. La demande faisait cinq pages au lieu des trois ordinaires. Elle était remplie de ragots, des insinuations d'infidélité. Les avocats avaient découvert dans un recoin obscur du code des lois californiennes une interdiction de la fellation. Le but de Lita et de ses avocats était de s'assurer d'une part importante des avoirs de Charlie et de nuire à la réputation de Chaplin aux yeux du public.

Les avocats étaient sûrs que leurs insinuations provoqueraient la chute de Chaplin. La demande de divorce de Lita fut publiée sous le titre « Les plaintes de Lita ». Chaplin le déprima. Le 12 janvier, les administrateurs séquestres plaçaient le studio sous surveillance.

La pension de Lita était de 3000 $ par mois mais le fisc avait un privilège sur les avoirs de Chaplin et la pension n'arrivait pas. Mais Chaplin était très aimé et les avocats ne réussirent pas à entacher sa réputation. En France, Louis Aragon, René Clair et Man Ray signèrent une pétition en sa faveur. Le divorce fut jugé le 22 août 1927. Le juge refusa de prendre connaissance du contenu délirant de la plainte. Lita la retira donc et demanda un jugement sur la seule accusation de cruauté. Chaplin dut payer 600 000 $ mais conservait le droit de voir ses fils.

La popularité de Chaplin resta intacte.

À la fin du procès, le Cirque était presque achevé.

Pendant quatre jours, Chaplin et Crocker tournèrent à nouveau les scènes avec la corde raide mais les gros plans posèrent des problèmes quand il fallut les intercaler car entre-temps les cheveux de Charlie avaient blanchi à cause des angoisses du divorce.

Henry Bergman se rappela son choc lorsqu'il vit arriver Charlie avec les cheveux blanchis en une nuit.

La première mondiale du Cirque eut lieu le 6 janvier 1928 à New York.

L'affaire Lita Grey semblait oubliée. À cette époque, Chaplin produisit la Mouette de von Stenberg avec Edna Purviance. Il s'agissait d'un mélodrame banal opposant les deux filles d'un marin-pêcheur. Le film le fut tourné en 1926. Chaplin prit la décision de brûler le film car il ne le jugeait pas assez bon pour être exploité.

La mouette devait s'appeler finalement « A Woman of the sea ». D'après Georgia Hale, il était beau à voir mais incompréhensible.

Chapitre 12 : les Lumières de la ville.

Avant même la première du cirque à Los Angeles, Chaplin s'était déjà mis au travail sans doute à cause du coût de son procès et de l'insistance du fisc. Durant les deux années de production des Lumières de la ville, le parlant avait fait son apparition.

Or, en 1918, un inventeur, Eugène Augustin Lauste lui avait proposé une révolution, le son enregistré directement sur pellicule. Chaplin était intéressé mais Lauste ne répondit jamais.

En 1931, Chaplin déclarait « je donne trois ans au parlant ». Il savait ce qu'il avait à perdre s'il était entraîné de force dans le parlant. La pantomime du vagabond était universelle et le parlant saperait cette universalité et puis quelle voit donner au vagabond ? Ainsi, l'intrigue des Lumières de la ville était autre que celle connue : un clown a perdu la vue au cours d'un accident mais cache son infirmité à sa frêle et nerveuse petite-fille. L'émotion et la comédie devaient provenir des tentatives du clown pour déguiser ses erreurs et ses faux pas en plaisanteries. Chaplin pensait aussi à l'histoire de deux hommes riches s'amusant à offrir un misérable clochard une nuit de luxe et du plaisir avant de l'abandonner, à l'aube, sur le quai d'embarquement où ils l'ont rencontré. Au mois de mai 1928, Chaplin était assez sûr de son affaire pour mettre son équipe au travail sur les costumes, les décors et les accessoires.

Chaplin s'était entiché d'un artiste peintre australien, Henry Clive, auquel il demanda de faire des croquis des décors et des costumes mais en fin de compte c'est Danny Hall qui allait avoir la responsabilité de l'affaire. Clive fut gardé mais pour jouer le rôle du millionnaire. Hannah Chaplin mourut le 28 août 1928. La dernière semaine de vie d'Hannah fut passée en compagnie de son fils et la veille de la mort d'Hannah, les infirmières l'avaient entendue rire avec son fils. Elle fut enterrée au cimetière d'Hollywood en présence de ses trois fils, Charlie, Sydney et Wheeler Dryden. Plusieurs semaines passèrent avant que Charlie ne surmonte son chagrin.

Le tournage des Lumières de la ville commença le 27 décembre 1928. Il avait trouvé son actrice principale ; Virginia Cherill, on ne sait comment. Elle n'avait aucune expérience d'actrice ce qui était un avantage pour Chaplin. La famille de Virginia faisait partie de la haute société de Chicago et désapprouva d'abord son entrée dans le cinéma. La mère de Virginia vint chaperonner sa fille de 20 ans, déjà divorcée. Dès le commencement, Chaplin éprouva des doutes sur Virginia Cherill. De plus, pour la première fois, Chaplin travaillait avec une actrice envers laquelle il n'éprouvait aucune attirance personnelle, ni affection, ni sympathie. Il ne la rencontrait pas à l'extérieur ni ne l'invitait chez lui. Dans son autobiographie, il reconnaît que c'était en partie de sa faute si elle ne l'aimait pas car il s'était mis dans un état névrotique afin de lui demander la perfection. En mars 1929, Chaplin contracta la grippe espagnole et ne put tourner. Il revint en avril et tourna la scène initiale du film, cela ne prit qu'une semaine. Un nouvel incident intervint quand Clive refusa de se jeter à l'eau pour la scène de suicide du millionnaire. Cela mit Chaplin en rage et Clive fut renvoyé. Harry Myers le remplaça. Des travaux de la municipalité sur l'avenue où se trouvait le studio de Chaplin obligea l'équipe à arrêter le tournage pendant l'été 1929. Puis Chaplin tourna une scène de sept minutes qui ne se trouve pas dans le film, il essaye de faire tomber un bout de bois coincé dans une grille d’égoût. On voit cette scène dans le documentaire « Chaplin inconnu ».

En septembre 1929, Chaplin se brouilla avec son assistant Crocker (avec qui il était pourtant ami depuis le tournage du « Cirque »). Crocker dut démissionner. Bergman et Robinson, l'attaché de presse de Charlie, revinrent dans les confidences de Chaplin.

Le 4 novembre 1929, Chaplin reprit les scènes avec Virginia Cerill mais elle ne partageait pas son enthousiasme et cela le bloquait. La jeune femme eut même le culot de demander à Chaplin si elle pouvait partir plus tôt pour aller chez le coiffeur. Chaplin ordonna à Robinson d'avertir Virginia qu'on aurait plus besoin d'elle à l'avenir.

Le jour même, le studio appela Georgia Hale pour remplacer Cherill. Chaplin fit faire des essais à Georgia avec la scène finale du film. Les essais de Georgia sont visibles dans « Chaplin inconnu ». Tout le monde en studio approuva ses essais saufs Carlyle Robinson. D'après lui, elle ne pouvait pas être plus la fleuriste que Virginia ne pouvait être l'entraîneuse dans la Ruée vers l'or. Charlie se laissa convaincre et fut glacial avec Georgia car il croyait qu'elle voulait l'attaquer en justice s'il ne lui donnait pas le rôle. Puis Charlie essaya le rôle de la fleuriste avec une troisième actrice, Marylin Morgan mais au dernier moment, il changea d'avis et congédia la jeune Marylin.

Virginia reprit son rôle mais sous les conseils de Marion Davies, elle marchanda son retour. Elle demanda à Chaplin 150 $ par semaine au lieu de 75 et Charlie céda. À partir de là, Chaplin n'eut plus de problème avec elle. Charlie tourna alors la scène de la party chez le millionnaire et la scène de boxe.

À la fin de juillet 1930, le tournage était quasiment terminé mais Chaplin continua pendant six semaines à faire d'innombrables reprises. Il restait à tourner des reprises de la scène finale. Le 22 septembre, la scène finale était enfin achevée après 17 prises. Chaplin composa ensuite sa propre partition pour la musique du film. Cela dura six semaines.

L'avant-première à Los Angeles fut un désastre. La salle était à moitié plein et le public se montra apathique.

Mais les critiques furent réconfortantes. La première à Los Angeles eut lieu le 30 janvier 1931 dans une toute nouvelle salle de cinéma avec des invités prestigieux parmi lesquels Albert Einstein.

Ce fut un triomphe pour Chaplin. Les ovations à la fin du spectacle effacèrent des mois de labeur et d'angoisse.

À cette époque, le silence de la presse à scandale nous fait mesurer la tranquillité de la vie mondaine de Chaplin. En 1931, sa compagne la plus présente était Georgia Hale. À la fin des années 30, Georgia avait fait découvrir le tennis à Charlie et ce jeu était devenu sa passion. Il le pratiqua jusqu'à tard dans sa vie (en 1953, quand il s'installa en Suisse, il fait construire un court de tennis).

Il jouait au tennis tous les dimanches. Chaplin rencontra Bunuel et Einstein.

Chapitre 13 : loin de tout.

Après les Lumières de la ville, Chaplin quitta Hollywood pendant un an et quatre mois. Les désillusions de l'amour, de la gloire et de la fortune le laissaient quelque peu apathique. Il était obsédé par le sentiment déprimant d'être passé de mode. Il refusa une offre de 670 000 $ pour 26 émissions hebdomadaires à la radio. Carlyle Robinson avait reçu des informations sur des projets d'enlèvement et Charlie se déplaçait accompagné de deux détectives-gardes du corps. Kono et Robinson qui l'accompagnèrent en Europe. Mais Chaplin avait conçu une aversion croissante envers Robinson qui aboutirait à la démission de son collaborateur. Ce fut donc en partie pour éviter la compagnie de Robinson que Chaplin invita pour le voyage son ami Ralph Barton, un caricaturiste et illustrateur célèbre aux États-Unis. Il prit le Mauretania pour aller en Europe. Le paquebot accosta à Porthsmouth. Il rencontra Bernard Shaw à Londres et H.G. Wells avec lequel il était intime. Winston Churchill, qu'il continuerait d'admirer profondément en dépit de leur opposition politique, l'invita à passer le week-end à Chartwell. Lors d'une soirée devant Lloyd George, un des hommes politiques britanniques les plus brillants, Chaplin fit un discours contre le recours croissant à la machine, c'était une genèse des Temps modernes. Chaplin visita l'école de Hanwell où il avait passé les mois les plus solitaires de son enfance. Ce fut l'expérience la plus éprouvante de sa vie. Il devait y retourner pour manger avec les enfants mais renonça. Cela lui valut pour la première fois des réactions défavorables. Puis Chaplin joua les playboys en se lançant dans une série de flirts et d'aventures. Il laissa les photographes le prendre en compagnie d'une succession de jolies jeunes femmes, laissant la presse du monde entier s'interroger sur ses futurs mariages.

Il y eut Sasi Maritsa tout d'abord. Chaplin devait être anobli mais la reine Mary mis son veto à cette cérémonie sous prétexte que la famille royale se trouverait impliquée dans une vulgaire campagne publicitaire en distinguant un comédien de cinéma. En fait le veto fut lié à la mauvaise presse que reçut Chaplin pour son non-engagement lors de la première guerre mondiale. Barton avait connu une rechute dans la dépression et rentra aux États-Unis. D'autres semaines après son retour, il se tira une balle dans la tête. Chaplin parti pour l'Allemagne où il était devenu, 10 ans après sa première visite, aussi célèbre que partout ailleurs dans le monde. Marlene Dietrich l'accueillit. Il rendit visite aux époux Einstein. Albert Einstein rendit hommage à la culture de Chaplin en lui disant : « vous n'êtes pas un comédien, Charlie, vous êtes un économiste ».

L'atmosphère politique était déjà menaçante. La presse nazie se répandit en insultes contre la populace berlinoise, qui perdait la tête pour un comédien « juif » d'Amérique. À Vienne, Chaplin fut transporté au-dessus de la foule. C'est à cette occasion qu'il prononça ses premiers mots devant une caméra sonore disant «Gutten tag ! ».

Il se découvrit des affinités artistiques avec la pianiste Jennie Rothenstein.

Il se rendit à Venise puis à Paris où il rencontra Aristide Briand et reçut la Légion d'honneur. Il fut reçu par le roi Albert de Belgique, homme imposant, qui occupait en face de lui un siège beaucoup plus élevé.

Il se rendit à Nice où son frère Sydney vivait depuis six mois. Sydney s'était décidé à prendre sa retraite et à mener une vie oisive. Sa rencontre la plus importante resterait May Reeves, alias Mizzi Muller, qui allait être durant 11 mois sa compagne exclusive et inspirer largement le personnage de Natacha dans le script Stowaway, d'où naîtrait finalement la comtesse de Hong Kong. Elle fut engagée par Robinson comme secrétaire car elle parlait six langues.

Chaplin fut frappé par sa beauté. Le soir même, elle dînait avec Chaplin qu'elle ne quitta plus.

Aux États-Unis, on parlait de la nouvelle liaison de Charlie. On annonça qu'il allait s'installer en Algérie pour y faire un nouveau film. C'était faux.

Sydney, qui ne supportait plus son inactivité, décida de s'occuper à nouveau des affaires de son frère et réussit à le convaincre de reconsidérer plus sérieusement les accords de distribution en Amérique et en France. Ceci fournit une excuse à Charlie pour se débarrasser momentanément de Robinson. Au retour de celui-ci, Charlie et Sydney repartirent à Paris pour négocier les droits de distribution des Lumières de la ville.

Charlie se rendit à Alger avec May et Robinson réussit à convaincre le couple de se séparer avant de quitter le navire qui les conduisit à Marseille pour éviter toute photo compromettante.

Alors la rupture entre Chaplin et Robinson allait être définitive et amère. Robinson publia un témoignage teinté d'amertume mais authentique sur ses 15 ans au service de Chaplin qu'il intitula « la vérité sur Charlie Chaplin ».

Chaplin alla voir Churchill à Biarritz. Il rencontra le prince de Galles. Charlie se rendit en Espagne pour y voir une corrida. Lorsqu'on lui demanda s'il avait aimé le spectacle, il ne répondit : « je préfère ne rien dire ». Plus tard, il refusa de mettre les pieds dans l'Espagne franquiste, même lorsque sa fille Géraldine s'y établit. Chaplin parti pour l'Angleterre ou la presse était remontée contre lui car il avait oublié d'assister à la Royal Variety Performance.

Pour les Britanniques, c'était une insulte envers le roi. Il s’épencha auprès d'un journaliste et avoua son dégoût du patriotisme qui allait, selon lui, déclencher une nouvelle guerre.

Son opinion était prophétique mais elle n'était pas à la mode en Angleterre en 1931. En septembre 1931, Chaplin rencontra Gandhi qui ne connaissait ni Charlie ni ses films.

Gandhi l'invita à partager ses prières. Chaplin conserverait l'impression d'un « visionnaire réaliste à l'esprit viril et à la volonté d'acier ».

Douglas Fairbanks invita Charlie à Saint-Moritz. Il avait une aversion pour la Suisse mais y reste deux mois. Puis Charlie décida de retrouver son frère à Naples en passant par Milan et Rome où une audience prévue avec Mussolini ne put avoir lieu. Chaplin quitta May à Naples. May publia ses souvenirs en 1935 dans un livre intitulé « Charlie Chaplin intime ». Son livre était une déclaration touchante mais fastidieuse d'affection.

Sydney et Chaplin se rendirent au Japon où ils furent accueillis par la foule. Mais un groupe d'extrêmes-droite, le Dragon noir, projetait un assassinat politique contre Chaplin. Kono, en tant qu'interprète, eut à subir des menaces plus ou moins vagues, jusqu'au soir ou, alors que les frères Chaplin se trouvaient avec le fils du premier ministre celui-ci fut assassiné par six terroristes. Chaplin rentra aux États-Unis en juin 1932 avec une solution pour les problèmes du monde qu'il comptait soumettre à la SDN.

Mais la crise de 1929 avait poussé la majeure partie des employés du studio au chômage.                

Edna Purviance envoya une lettre à Chaplin lui implorant son secours. Il était tombé gravement malade et son père était mort la nuit même où on le transportait d'urgence à l'hôpital.

Chapitre 14 : les Temps modernes.

De retour à Hollywood, Charlie appela Giorgia Hale mais elle lui reprocha d'être restée 17 mois sans lui donner de nouvelles. Elle refusa ses cadeaux et partit en lui demandant de ne pas la rappeler. Leur brouille dura 10 ans.

Durant son absence, Douglas Fairbanks et Mary Pickford s'étaient séparés. Charlie n'était plus en état de lutter contre le parlant. Dans ses passages à vide, il envisageait de tout vendre, de prendre sa retraite et d'aller vivre en Chine. Il avait bercé l'espoir de rencontrer en Europe quelqu'un qui orienterait sa vie mais sans succès.

En juillet 1932, Joseph Schenck l'invita pour un week-end sur son yacht. C'est là qu'il rencontra Paulette Goddard. Elle était née en 1911. De son vrai nom Paulette Lévy, à 16 ans à elle avait épousé un riche playboy, Edgar James, dont elle s'était séparée l'année même. Elle avait joué de petits rôles. Elle était blonde et Charlie l'avait convaincue de revenir à ses cheveux naturellement noirs.

À présent, les fils de Charlie avait sept et six ans et Lita les avait confiés à leur grand-mère. Ils avaient séjourné en France et avaient tiré parti de la célébrité de leur père pour obtenir l'attention. Lita obtint un contrat pour ses fils pour jouer dans «The Little teacher ». Charlie fit un procès pour s'y opposer et reaganiens. Il écrivit à ses fils pour expliquer que la célébrité à leur âge serait néfaste. Dès lors, Sydney et Charlie juniors se rapprochèrent de leur père. Lita Grey entama une carrière de chanteuse de vaudeville qui fut brève et Charlie voulant protéger ses enfants exigea l'ouverture d'un compte d'épargne hebdomadaire. Le fisc réclamait encore de l'argent à Chaplin, une partie du matériel du studio fut vendue à bas prix. Le studio demanda un redressement sur les pertes intervenues en 1926 avec la production par Chaplin du film de Stenberg Sea Gulls. Le fisc accepta à la condition que le film soit détruit. Willa Roberts, la rédactrice en chef du Woman’s home companion réussi à convaincre Chaplin d'écrire ses souvenirs de voyage. Cela devint «A comedian sees the world » paru sous forme d'articles dans le journal de Roberts puis en livre.

À cette époque, Paulette Goddard illuminait la vie de Charlie et fit le bonheur des fils de Chaplin. Malgré le fisc, Chaplin s'acheta un yacht en 1933, le Panacea. C'est à son bord que Chaplin commença de travailler au scénario de ce qui deviendrait les Temps modernes. Chaplin s'intéressait à l'économie. Après avoir lu «Social credit » de Major H. Douglas qui avait une théorie sur la relation directe entre le chômage et la faillite du profit et du capital. Ce livre l'avait convaincu de convertir ses bons du trésor et ses actions en liquidités et ainsi, il ne fut pas touché par la crise de 1929.

Chaplin pensait que l'humanité devrait profiter de la machine et que celle-ci ne devrait pas signifier la tragédie et la mise au chômage. Il espérait des heures plus courtes pour le travailleur est un salaire minimum pour tout travail qualifié et non qualifié.

Il avait cherché la Solution économique pour sauver le monde et avait écrit pendant son séjour au Japon. Il voulait faciliter la circulation de la monnaie en Europe et maintenir le pouvoir d'achat parallèlement au potentiel de production. Ceci impliquait la création d'une nouvelle monnaie internationale. En termes politiques, la solution économique de Chaplin incarna davantage l'utopie capitaliste que le socialisme dont on l’avait accusé. Dans les temps modernes, le vagabond est un anarchiste qui s'avoue comme tel. Le premier scénario des Temps modernes était intitulé « Commonwealth». En septembre 1933, Carter de Haven devint l'assistant général de Chaplin.

Kono, le chauffeur et majordome japonais de Chaplin s'était senti évincé par Paulette Goddard à Summit drive et avait voulu partir. Charlie lui trouva une place chez United Artists à Tokyo. Le tournage des Temps modernes commença le 11 octobre 1934 par la scène dans le bureau du patron de l'usine. Officiellement, Chaplin était encore contre le parlant mais en privé il avait fait des essais de son fin novembre 1934 avec Paulette.

Leurs voix passaient bien à l'enregistrement et Chaplin en fut satisfait. À cette date, il semblait résolu à faire un film parlant. Un script de dialogues fut préparé pour tenter les scènes. Ce script existe toujours. Aucune scène avec dialogue ne fut tournée dans les Temps modernes.

Chester Conklin, qui avait travaillé si souvent avec Chaplin depuis « Pour gagner sa vie » fut engagé dans le rôle du vieux travailleur à la moustache tombante qui se fait prendre dans les roues dentées d'une machine.

Une fin différente avait été tournée, Paulette Goddard était devenue une nonne. La décision de changer la fin fut prise en juillet/août 1935.

Charlie montra le film à ses deux fils. Paulette découvrit à son tour que le travail de Chaplin ne laissait aucune ouverture pour une vie personnelle mais contrairement à celles qui l'avait précédée, elle accepta cette situation. La musique du film fut enregistrée avec Alfred Newman qui avait déjà travaillé dans « les lumières de la ville » mais Charlie se fâcha avec lui et la musique des Temps modernes fut achevée tristement. Pour ajouter à sa nervosité, Chaplin avait HG Wells pour hôte depuis le 27 novembre 1935. Le film le fut présenté en avant-première à San Francisco, la chanson finale fut glissée.

La presse était partagée entre ceux qui désapprouvaient cette tentative de satire socio-politique et ceux qui regrettaient que le film n'eût pas tenu les promesses du sous-titre : « l'histoire de l'industrie, de l'entreprise individuelle, la croisade de l'humanité à la poursuite du bonheur ».

Charlie avait des soucis personnels. Il y avait des menaces de kidnapping contre ses enfants. Minnie, sa belle-soeur, mourut en 1935. Pendant la maladie de Minnie, Charlie avait écrit à son frère pour lui conseiller d'être « philosophe » et de « reprendre courage ». Après les Temps modernes, Charlie envisageait de travailler sur Napoléon. Ce personnage le fascinait depuis son enfance depuis que sa mère lui avait parlé de la ressemblance frappante entre son père et Napoléon.

Lors d'une fête, Charlie s'était déguisé en Napoléon et Lita Grey en Joséphine.

C'était le Napoléon d‘Abel Gance qui le découragea momentanément de faire quoi que ce soit sur ce sujet. L'idée était revenue durant son tour du monde en 1931. Charlie s'était vu conseiller par Jean de Limur d'acheter les droits du roman de Jean Weber « la vie secrète de Napoléon Ier » mais Weber avait imposé trop de conditions.

En 1933, un jeune Anglais, Alistair Cooke faisait un reportage sur le studio de Chaplin pour le « Manchester guardian ». Il devait aider Charlie à écrire un script sur Napoléon.

Puis Charlie déclara que l'idée était belle mais qu'elle était pour quelqu'un d'autre.

En 1934, les négociations reprirent pour les droits de « La vie secrète de Napoléon » et cette fois Weber céda.

Chaplin acquis les droits pour huit ans. En de Sainte-Hélène ». Il offrait un rôle sur mesure à Paulette. Le scénario relatait la fuite de Napoléon, grâce au sacrifice d'un double qui prenait sa place, à travers Napoléon, Chaplin se proposait de présenter certaines opinions personnelles sur la paix et la politique.

Il écrivit un monologue de l'empereur sur la communauté économique européenne qui anticipait le discours final du « Dictateur ». Le projet Napoléon avait occupé Chaplin pendant près de 14 ans.

En février 1936, Charlie et Paulette partirent en vacances à bord du Coolidge pour Honolulu. La destination finale était Hong Kong. Parmi les passagers se trouvait Jean Cocteau mais la barrière de la langue refroidit le Français et Charlie. Ils arrivèrent cependant à communiquer. Charlie parla de ses projets. Il annonça que son prochain rôle serait celui d'un clown déchiré entre la vie réelle et le théâtre, un présage des Feux de la rampe.

Cocteau évoqua la Ruée vers l'or puis Charlie mima la scène supprimée des Lumières de la ville (celle avec le morceau de bois et la grille). La séparation de Cocteau et Chaplin fut douloureuse à San Francisco. Sur le bateau, Chaplin avait élaboré un script. Un groupe de passagers dont Cocteau, Charlie Paulette, était descendu s'encanailler dans une salle de bal, le Vénus, ou des marins états-uniens dansait avec des « taxis girls ». De cet épisode nocturne et de certains souvenirs de May Reeves allait naître l'idée de « Stowaway » (le passager clandestin). Le script de 10 000 mots d'une histoire située dans un cadre extrême oriental et destiné à Paulette mettait en scène une comtesse russe blanche gagnant sa vie comme taxi girl à Shanghai qui s'introduisait clandestinement dans la cabine un richissime diplomate états-unien.

Ce script sera repris pour « la comtesse d'Hong Kong ». Charlie et Paulette se marièrent à cette époque. Paulette ambitionnait le rôle de Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent mais ne l'obtint pas.

Chapitre 15 : le Dictateur.

Le plus grand clown, la personnalité la plus aimée de son époque, jetait un défi direct à l'homme qui avait provoqué les plus grands crimes et les plus grandes misères humaines de l'histoire moderne. Certains croyaient que Hitler avait adopté la moustache dans l'intention délibérée d'établir une ressemblance avec l'homme que le monde entier adorait.

Konrad Bercovici intenta contre Chaplin un procès en plagiat, affirmant avoir été le premier, au milieu des années 30, à lui proposer de jouer Hitler. Beaucoup plus tard, Chaplin a admis : « si j'avais su l'horreur réelle des camps de concentration allemands, je n'aurais pu réaliser le Dictateur ; je n'aurais pu faire un jeu de la folie homicide des nazis ». La politique mondiale des années 30 effrayait Charlie.

En 1938, Chaplin écrivit une nouvelle intitulée « Rythme » dans laquelle il décrivait l'exécution d'un loyaliste espagnol, un écrivain humaniste populaire. Toujours à propos de l'Espagne franquiste, Chaplin a écrit un poème non destiné à la publication : Pour le soldat loyaliste mort/sur les champs de bataille d'Espagne/forme à terre mutilée/ton silence dit la cause immortelle/la marche intrépide de la liberté/bien que la trahison soit sur toi aujourd'hui/et érige sa barricade de peur et de haine/la mort triomphante a ouvert le chemin/au-delà de la lutte de la vie humaine/au-delà du pal des lances qui emprisonnent/pour te laisser passer.

Chaplin travailla sur le script du Dictateur avec Don James, un jeune marxiste que Chaplin avait rencontré par l'intermédiaire du père de Dan, D. L. James, hôte de la société de Pebble Beach que Chaplin fréquentait.

Charlie se disait anarchiste. Les gens de gauche le fascinaient. Sa compassion vis-à-vis des déshérités était réelle. C'était certainement un libertaire. Le dictateur était le premier film dialogué de Chaplin avec un script complet. Le point de départ du script était la ressemblance physique entre le dictateur et le petit juif. Toutes les premières ébauches commencent avec le retour des soldats juifs au ghetto. En décembre 1938, Chaplin était assuré d'avoir trouvé une grande partie de l'histoire. Le titre «The Dictator » » appartenait à la Paramount et Chaplin du appelé son film « The Great Dictator » ce dont il n'était pas entièrement convaincu. Il déposa alors d'autres titres : « The two dictators », « Dictamania » et « Dictator of Ptomania ».

Sydney revint travailler avec son frère pour la première fois depuis 20 ans car il avait dû quitter la France avec sa nouvelle femme Gypsy. Charlie fit projeter toutes les actualités concernant Hitler. Il disait d'Hitler : « ce type est l'un des plus grands acteurs que je connaisse ». Le script fut achevé le 1er septembre 1939.

Il faisait 300 pages. Charlie nomma Henry Bergman « coordonnateur » et son demi-frère Wheeler Dryden assistant metteur en scène. L'autre assistant, Robert Meltzer, était un communiste convaincu.

Chaplin avait trahi Rollie Totheroh en engageant Karl Struss comme directeur de la photo. Après 25 années de collaboration le coût était cruel. De fait, les raisons de l'insatisfaction de Chaplin n'ont jamais été très claires.

Le rôle de Hannah était destiné à Paulette. Elle négocia un salaire plus important que celui que son mari avait prévu. Chaplin était furieux. Malgré cela, Charlie Paulette continuèrent livre ensemble à Summit Drive durant toute la production du film. Mais lorsqu'ils travaillaient ensemble, la tension était parfois évidente.

Le 9 septembre 1939, le tournage démarrait avec la première séquence dans le ghetto. Le tournage s'arrêta en mars 1940. Chaplin joua ses deux personnages séparément. Il travailla d'abord les scènes du ghetto dans le rôle du barbier. En novembre 1939, Chaplin dut comparaître pour un procès en plagiat contre Michael Kustoff et concernant les Temps modernes mais il gagna. Le 12 décembre 1939, Charlie perdit son meilleur ami, Douglas Fairbanks. Le studio ferma ses portes le jour de l'enterrement.

En décembre 1939, Chaplin commença à tourner les scènes de Hynkel. Chaplin était manifestement plus froid et cassant en dictateur que quand il jouait le rôle du barbier. Le discours d'Hynkel fut improvisé en une langue imitée de l'allemand. En revanche, la scène du globe était élaborée avec précision dans le script. Carter de Haven essaiera plus tard d'entamer un procès en plagiat pour revendiquer la paternité de la « danse du ballon ». En janvier 1940, Jack Oakie entrait dans la distribution pour jouer le dictateur Napaloni. Il fut en bons termes avec Charlie. La fin du Dictateur devait être différente. Le discours du barbier devait être accompagné de scènes se déroulant en Espagne, en Chine et en Allemagne dans un ghetto juif.

À mesure que ce discours touche les personnages, un peloton d'exécution espagnol jette les armes, le pilote d'un bombardier japonais, touché par la grâce, parachute des jouets aux enfants chinois, une parade de soldats allemands marchant au pas de l’oie se transforme en valse, et un membre des sections d'assaut nazies risque sa vie pour empêcher une petite juive d'être écrasée par une voiture.

D'avril à juin 1940, Chaplin travailla sur le texte de son grand discours tout en poursuivant le montage du film. Lorsqu'il tourna la scène du discours, il fit sortir ses assistants communistes car il savait que son idéalisme utopique et son sentimentalisme offenseraient leur orthodoxie marxiste. Le 24 juin 1940, il enregistrait son discours. Il s'agit de l'un des passages les plus controversées de toute son oeuvre mais son jugement nous paraît aujourd'hui fondé. Qu'ils soient de droite ou de gauche, les critiques de Chaplin l'ont accusé de clichés et de vérités d'évidence. Chaplin organisa une série de projections informelles.

Cela lui permit de reprendre le montage pour l'accélérer. Il fit remonter le décor du ghetto pour de nouvelles prises. À la fin septembre seulement, Chaplin s'estima assez satisfait. Il restait très anxieux quant à l'accueil qui serait réservé à son film. 96 % des États-Uniens s'opposaient à l'entrée de leur pays dans la guerre.

Charlie avait reçu des lettres de menace, ce qui l'avait convaincu de l'ampleur des sentiments pro-nazi aux États-Unis.

La première mondiale eut lieu à New York, le 15 octobre 1940. Les critiques états-uniens furent réservés.

En Angleterre, l'accueil en plein Blitz fut plus favorable. Le parti communiste anglais publia le discours final du Dictateur sur une plaquette spéciale.

Chapitre 16 : M. Verdoux.

Au cours de la première du Dictateur, Chaplin fit frémir le public en présentant Paulette comme sa femme. L'aveu tardif de ce mariage excita la presse du monde entier mais le couple savait que l'union touchait à son terme.

Paulette obtiendrait le divorce au Mexique, en 1942, pour incompatibilité d'humeur et du fait d'une séparation qui remontait à un an. Paulette obtenait le Panacea et 300 000 $. Le jugement se fit en l'absence de Chaplin. Il confirma que le mariage avait eu lieu à Canton en 1936.

Chaplin participa à la cérémonie d'investiture de Roosevelt en janvier 1941. Il lut le discours final du Dictateur à la radio pour 60 millions d'auditeurs.

1941 fut une année difficile. Le Dictateur reçut un accueil mitigé aux États-Unis, Charlie était en froid avec le fisc mais la justice lui donna raison.

Il apprécia la compagnie de ses fils qu'il emmena comme chaperons lorsqu'il dînait avec des actrices. Il se montra sédentaire, joua au tennis tous les dimanches. Ces matchs devenaient les rendez-vous de l'élite hollywoodienne. Une des invitées se nommait Joan Barry. Elle avait 22 ans. Elle travaillait comme serveuse lorsque J. Paul Getty, le milliardaire du pétrole, l'avait remarquée et choisie pour faire partie de la cour de jolies femmes qui devaient l'accompagner au Mexique.

À Mexico, elle avait attiré l'attention d'un vétéran du cinéma qui lui avait donné un mot d'introduction pour Tim Durant et ce dernier l'avait invité à dîner avec Chaplin et lui. Elle séduisit Charlie. Il lui fit faire des essais pour l'écran. La pièce «Shadow and Substance » de Paul Vincent Carrol lui sembla un bon sujet pour un film. Il prit Joan sous contrat pour un an et acheta les droits de la pièce.

Il expédia Joan à l'école d'art dramatique de Max Reinhart et lui paya des soins dentaires. Ses amis remarquèrent des signes d'instabilité mentale chez Joan mais Chaplin ne remarqua rien. Au printemps 42 elle rentra ivre et démolit la Cadillac de Charlie. Le contrat fut rompu par consentement mutuel les 22 mai 1942. Il donna de l'argent à Joan en espérant en être débarrassé. Chaplin retourna travailler au studio pour un nouveau montage sonore de la Ruée vers l'or avec une nouvelle musique et avec des commentaires dits par Chaplin lui-même. Le baiser final fut supprimé.

Malgré le départ de Joan Barry, il continua à travailler sur « Shadow and Substance ». La pièce raconte l'histoire de Brigid, une jeune Irlandaise modiste qui a des visions de son homonyme, Sainte Brigid, et travaille dans la maison du révérend chanoine Thomas Skerritt. Les deux assistants du révérend représentaient les deux pôles de la foi : raison et superstition. Une émeute locale, née d'un conflit entre ces deux croyances entraînait la mort de Brigid et conduisait le chanoine à s'interroger sur sa propre foi et sur son orgueil coupable.

Après Pearl Harbor, le personnel japonais de Chaplin fut interné. La guerre affecta d'autant plus Chaplin que ses fils allaient bientôt être appelés sous les drapeaux. Il souhaitait contribuer personnellement à l'effort de guerre.

En mai 1942, il fit un discours pour le comité états-unien pour le secours sur le front russe. Il commença son discours par « camarades » ma affirma être humaniste et non communiste.

En juillet 1942, Chaplin fit un discours par téléphone à un meeting à Madison Square Garden devant 60 000 syndicalistes. À nouveau il réclamait l'ouverture d'un second front pour aider les Russes. Puis il prit la parole à Carnegie Hall, au cours d'un rassemblement organisé par le Front des artistes pour gagner la guerre.

Cet organisme était considéré comme une organisation dangereusement à gauche.

Il obtint son succès habituel. De retour à son hôtel, il apprit que Joan Barry l'avait appelé plusieurs fois. Il la rencontra un mais accompagné par Durant. Après ces discours, il n'était plus le bienvenu chez certains de ses amis. Il accepta encore un discours pour les alliés russes le 25 novembre 1942. Son dernier discours fut enregistré en février 1945 dans les bureaux du consulat soviétique pour être diffusé en URSS.

Le 23 décembre 1942, Joan Barry s'introduit chez Chaplin. Elle sortit un pistolet et menaça de se tuer. Les fils de Chaplin apparurent et il réussit à leur faire regagner leur chambre. Joan affirma plus tard qu'ils eurent des relations intimes.

Elle partit le lendemain après que Charlie lui eut donné de l'argent. Une semaine plus tard, elle revint et Chaplin du appelé la police. Elle fut condamnée à 90 jours avec sursis et reçut l'ordre de quitter la ville. En mai 1943, enceinte, elle revint. Elle fut condamnée à 31 jours de prison. Elle les passa à l'hôpital compte tenu de son état. À cette époque, Chaplin rencontra Ooona O'Neil. Elle était la fille d'Eugène O'Neill. En 1942, à 17 ans, elle fut nommée « débutante numéro un » de l'année.

Elle arriva à Hollywood pour devenir actrice. Elle s'installa chez sa mère. Elle ait des essais pour un rôle dans The girl from Leningrad. Son agent, Mina Wallace, avait entendu dire que Chaplin cherchait quelqu'un pour jouer Brigid mais faire jouer la fille du plus célèbre auteur dramatique états-unien ne l'enchantait guère. Mina Wallace avait inquiété Chaplin en lui annonçant que la Fox s'intéressait à sa cliente et il proposa donc un contrat à Oona.

L'extraordinaire et parfaite aventure amoureuse qui s'ensuivit apporterait à Chaplin un bonheur compenserait tout ce qui lui était déjà arrivé. Ils projetèrent de se marier juste après le tournage de Shadow and Substance. Le projet de film fut abandonné le 29 décembre 1942, deux mois après la rencontre entre Charlie et Oona.

En novembre 1942, Chaplin s'était mis au travail sur ce qui deviendrait M. Verdoux.

L'idée venait d'Orson Wells qui voulait faire un film sur Landru joué par Chaplin. Charlie proposa de lui racheter l'idée pour 5000 $ et Wells accepta à condition que son nom figure sur le générique.

En mars 1943, le projet portait encore le titre Landru.

Puis il deviendrait « production numéro sept Barbe-Bleue » puis Verdoux et enfin « M. Verdoux » en juin 1946.

Début 1943, Oona et sa mère habitaient Summit Drive.

Joan Barry appela pour dire qu'elle était enceinte. Le 4 juin 1943, elle donna l'information à la presse en affirmant que Chaplin était le père. Gertrude Barry la mère de Joan Barry, déposa une requête en paternité contre Chaplin et réclama 10 000 $ à Charlie pour les soins prénataux et 2500 $ par mois pour l'entretien de l'enfant.

Chaplin ne céda pas. Il savait qu'il y aurait procès et que cela lui coûterait cher mais il était d'une intégrité opiniâtre.

Chaplin ne voulut pas reconnaître l'enfant mais accepta de donner 2500 $ en espèces et 400 $ par mois. Oona allait avoir 18 ans et elle pourrait se marier avec Charlie sans l'accord de son père qui était opposé à ce mariage. Harry Crocker se vit confier l'organisation du mariage.

Ils se marièrent le 16 juin 1943. L'armée lui demanda une copie de « Charlot soldat », Chaplin fut flatté que ce film ait encore du succès 25 ans après sa sortie. Il entreprit de restaurer tous ses films. La fille de Joan Barry naquit le 21 octobre 1943. La cour fédérale entreprit un procès contre Chaplin et enregistra les dépositions de dizaines de témoins dont toute l'équipe de Chaplin, ces fils et même Oona. Chaplin fut inculpé le 10 février 1944 de violation du Mann act (destiné à combattre le commerce de la prostitution). Cette joie décrétait qu'il était illégal de faire traverser à une femme les limites de l'État à des fins immorales or Chaplin avait fait venir Joan Barry de Los Angeles à New York. Le jury déclara Chaplin non coupable. Des tests sanguins démontrèrent que l'enfant de Joan Barry n'était pas celui de Chaplin. Cependant un nouveau procès eut lieu en décembre 1944. Oona était enceinte et donna naissance à Géraldine le 1er août 1944.

Édith McKenzie, allait entrer dans la famille Chaplin pour devenir nurse et confidente des enfants de Charlie pendant plus de 40 ans.

Mildred Harris mourut en 1944, Charlie envoya une gerbe d'orchidées de roses et de glaïeuls pour l'enterrement.

Le procès en paternité s'ouvrit le 13 décembre 1943. L'avocat de la partie adverse Joseph Scott était conservateur, avait une foi ardente en Dieu, le pays et le parti républicain ce qui lui rendait Chaplin détestable. Joan Barry affirma que l'enfant avait été conçu le soir où elle était venue armée chez Chaplin. Durant le procès, Scott injuria Chaplin à plusieurs reprises pour le manoeuvrer et l'obliger à se mettre en colère devant le public. Le jury vota par sept voix contre cinq en faveur de l'acquittement. Le juge offrit son arbitrage mais Chaplin refusa et un autre procès eut lieu du 4 au 17 avril 1944. Cette fois le jury était composé de 11 femmes pour un homme.

11 jurés jugèrent Chaplin coupable. Le test sanguin avait donc été totalement négligé. Chaplin dut payer l'éducation de Carol Ann, la fille de Joan Barry, jusqu'à ses 21 ans. Les préparatifs de production de M. Verdoux commencer en 1945.

La censure désapprouva d'entrée de jeu le scénario. La manière de vivre de Verdoux, estime l'Office de censure, exhale un parfum déplaisant de sexe illicite, qui, à notre avis, est condamnable. La séquence d'ouverture initialement prévue ne fut jamais tournée. Elle commençait par un montage de scènes montrant le boum des affaires en Amérique : courtiers affairés, un homme d'affaires dans son bureau prêt à partir pour le golf, un milliardaire sur un yacht luxueux. Une voix devait commenter l'action : « en ces jours glorieux de 1938, tout le monde faisait de l'argent, sauf ceux qui travaillaient pour cela ».

En de voir M. Verdoux qui s'activait comment employer d'une grande banque parisienne. Dans une séquence parallèle, la bourse paniquait, l'homme d'affaires se suicidait, le milliardaire tombait raide mort sur son yacht, M. Verdoux recevait un avis de renvoi avec sa paye. Rollie Totheroh était revenu pour ce film. Wheeler Dryden était là comme metteur en scène associé.

Henry Bergman, la mascotte de Chaplin depuis 1918, était désormais trop malade pour travailler. Il mourut peu après le début du tournage. Sydney devait jouer le rôle du détective Morrow qui arrête Verdoux mais la belle-soeur de Chaplin s'y opposa car elle ne voulait pas voir Sydney tomber malade d'inquiétude comme ça avait été le cas dans le Dictateur. Charlie songea à Edna Purviance pour jouer Mme Grosnay. Elle avait grossi et il ne restait plus de trace de sa beauté. Elle fit des essais et répéta mais cela ne marcha pas et elle ne devait plus revoir Charlie. Elle mourut d'un cancer en 1958. Marylin Nash qui jouait la jeune prostituée était sans grand talent et Charlie finit par l'engager malgré ses doutes. Alfred Reeves qui avait engagé Chaplin chez Karno en 1910 avant de devenir son employé et de protéger la vie privée de Chaplin mourut en 1946.

Le tournage de M. Verdoux s'acheva en septembre 1946. La première mondiale eut lieu le 11 avril 1947 à New York.

La mauvaise publicité du procès Barry et la propagande politique avait joué contre Chaplin. Il y eu des sifflements dans la salle. Les journalistes montrèrent une égale détermination à traquer les opinions politiques de Chaplin plutôt qu'à le faire s'exprimer sur son film.

Chapitre 17 : les Feux de la rampe.

Chaplin se souciait peu de la commission sur les activités antiaméricaines. Il avait toujours pensé qu'il était chez lui aux États-Unis. Il ne cachait point son appui au libéral Henry A. Wallace et au « Doyen rouge » de Canterbury, le révérend Johnson. Il rencontra également Berthold Brecht.

En décembre 1946, Ernie Adamson, le principal avocat de la commission des activités antiaméricaines avait annoncé que Chaplin serait cité à comparaître. Cela fut sans suite.

En mai 1947, cependant, la presse allait encore monter en épingle le refus de Chaplin de prendre la nationalité états-unienne est à nouveau il affirma : « je suis un internationaliste, pas un nationaliste, et je ne changerai pas de nationalité. »

Le 12 juin 1947, Chaplin faisait l'objet d'un débat passionné au Congrès. Le représentant John T. Rankin demanda l'expulsion de Chaplin. Charlie intenta un procès contre Hy Gardner, animateur qui l'avait traité de communiste et de menteur sur la NBC. Chaplin n'attendit pas la convocation de la commission des activités antiaméricaines. Le 21 juillet 1947, les journaux reprenaient le texte d'un message dans lequel Charlie déclarait : « je ne suis pas communiste, je suis un agitateur de la paix ».

Finalement, Chaplin reçut une réponse étonnamment courtoise lui annonçant que sa présence n'était pas jugée nécessaire devant la commission et qu'il devait considérer l'affaire comme close.

En 1948, Chaplin voulut retourner à Londres pour montrer à Oona les lieux de son enfance. Le gouvernement bloqua la demande de visa. Il fut interrogé chez lui par le FBI et par un officier de l'immigration. Cela dura 4 heures. On l'interrogea sur ses origines raciales et sur sa vie sexuelle, ses opinions politiques. On lui accorda son visa. Mais Charlie renonça à partir car le fisc lui avait réclamé 1 million de dollars d'impôt et avait exigé qu'il laisse 1 500 000 de dollars en dépôt.

À cette époque, United Artists, dont Chaplin était propriétaire était endetté et il ne put vendre la compagnie à cause d'une mésentente avec l'autre propriétaire Mary Pickford.

Le 7 mars 1946, Oona donna naissance à Michael, le 28 mars 1948 à Joséphine et le 19 mai 1951 à Victoria.

L'écriture du script de Limelight (encore intitulé Footlights) prit trois ans à Chaplin. L'histoire elle-même était précédée de deux longs flash-back relatant la vie des deux principaux personnages, le clown Calvero et la jeune danseuse Terry. Chaplin a révélé que le sujet lui avait été suggéré par le souvenir d'un célèbre comédien états-unien, Frank Tinney, qu'il avait vu sur scène lors de sa première tournée à New York et qu'il avait revu des années plus tard quand Tinney avait perdu la gloire. Chaplin annonça à ses fils que les Feux de la rampe serait son plus grand et son dernier film. Déçu par les États-Unis et satisfait par sa famille, il voulait prendre sa retraite. Son fils Sydney junior allait jouer le rôle du compositeur et Charles junior héritait quant à lui d'un petit rôle de clown dans le ballet. Géraldine, Michael et Joséphine devaient jouer trois gamins qui regardaient avec curiosité Calvero rentrer chez lui éméché. Wheeler Dryden jouait le rôle du médecin qui soigne Terry après sa tentative de suicide. C'est seulement à cette époque que le lien entre Wheeler et Charlie furent rendus publics. Pour trouver l'actrice principale, Charlie passa cette annonce dans la presse : « cherche jeune fille pour jouer le principal rôle féminin face à comédien considéré de notoriété publique comme le plus grand du monde ».

Claire Bloom fut contactée par un ami de Chaplin pour jouer Terry. Arthur Laurents lui téléphona pour que l'envoi des photos au studio mais elle oublia si bien que c'est Chaplin lui-même qui lui réclama les photos.

Elle fit les essais mais Chaplin mis de temps à se décider pour lui donner le rôle. À cette époque, la vie mondaine de Chaplin était beaucoup plus calme que par le passé à cause des idées politiques de Charlie et du climat imposé par McCarthy.

Cette fois Karl Struss remplaça Roland Totheroh comme directeur de la photographie, Totheroh n'étant plus que consultant. Pour le décor du film, c'est un collaborateur de Jean Renoir, Eugène Lourié qui fut choisi.

L'aspect le plus émouvant des feux de la rampe reste l'apparition de Buster Keaton aux côtés de Chaplin dans un numéro musical farfelu. Keaton travailla sur le film pendant trois semaines. En l'employant, Chaplin faisait un geste généreux car Keaton n'avait plus joué dans une comédie depuis des années et il était complètement oublié. Mais certains des gags et de Keaton devaient être un peu trop étincelants car, au vu des rires qu'ils déclenchaient aux rushes, Chaplin ne jugea pas nécessaire de les introduire dans la version finale du film. Il réussit à caser le numéro de la puce savante, après 30 années de tentatives diverses, qu'il avait interprété pour la première fois sur le plateau du Kid. Après la première du film, Charlie partit pour New York avec le pressentiment qu'il ne reviendrait pas à Los Angeles. À New York, Chaplin assista à un récital d'Édith Piaf. Les critiques furent favorables aux Feux de la rampe.

Le 17 septembre 1952, la famille Chaplin embarqua à bord du Queen Elizabeth. C'est sur le paquebot que Charlie apprit l'annulation de son visa de retour par l'Attorney General des États-Unis. James McGranery. Chaplin n'avait le droit de retourner dans le lieu où il habitait depuis 40 ans.

Chapitre 18 : l'exil.

Arrivé à Southampton, en Angleterre, Chaplin affirma aux journalistes qu'il retournerait aux États-Unis et ferait face aux accusations. Il raconta qu'il avait l'idée d'un film sur un personnage déchu arrivant au nouveau monde. À la suite d'une blessure à la tête, cet homme se voyait infligé d'une maladie nommée chryptosthénie qui le faisait s'exprimer dans une langue ancienne. Comme personne ne pouvait le comprendre aux guichets de l'immigration, on lui permettait de passer tous les tests de langage possibles.

Le parlement britannique pressa le Foreign Office d'agir auprès du gouvernement des États-Unis pour qu'il autorise Chaplin à retourner sans entrave dans ce pays. McGranery fut obligé de reconnaître qu'il avait engagé son action sans consulter aucune autre instance gouvernementale. On savait en fait que le Département d'État et de nombreux officiels de Washington avaient été atterrés par les vives réactions que provoquait cette affaire partout dans le monde. Même Richard Nixon, alors sénateur, trouvait qu'on en faisait trop contre Chaplin. À Londres, les Chaplin dînèrent avec le fils de Douglas Fairbanks et avec Laurence Olivier puis ils rencontrèrent Toscanini.

La première mondiale des Feux de la rampe eue lieu le 23 octobre 1952 et fut retransmise à la télévision. À Paris, le film le fut encore plus généreusement fêté. Le président de la République invita les Chaplin à déjeuner.  Charlie fut fait officier de la Légion d'honneur. Ils dînèrent avec Aragon, Picasso et Sartre. Picasso reçut Chaplin dans son atelier pour lui montrer ses toile et Charlie en échange fit une pantomime et la danse des petits pains.

Aux États-Unis, les chaînes de distribution retirèrent les Feux de la rampe après quelques séances. La piplette numéro un aux États-Unis, Hedda Hopper publia contre Chaplin une diatribe fameuse. Chaplin récupéra sa fortune car il avait donné procuration à Oona juste avant de partir. Elle partit à Hollywood pour liquider les avoirs de Charlie. Elle découvrit que depuis leur départ, le FBI avait interrogé les domestiques pour tenter d'établir des preuves de turpitude morale dans leur maison. On avait passé au crible les circonstances du divorce avec Paulette Goddard.

Évidence, le FBI avait besoin de trouver quelque chose pour étayer les accusations de l'Attorney General. Même Lita Grey fut interrogée mais elle refusa de donner des informations. Wheeler Dryden allait être aussi victimes des agissements du FBI. Il mourut en 1957. Après avoir vécu dans un délire paranoïaque, il se croyait persécuté par le FBI.

Les Chaplin optèrent pour la Suisse pour des raisons financières. Ils s'installèrent à Lausanne et cherchèrent une résidence permanente. En janvier 1953, ils s'installèrent au manoir de Ban, à Corsier-sur-Vevey. L'une des caves avait été réservée aux archives de Charlie : scripts, carnets de bord du studio, livres de montage, films, négatifs. Les Chaplin étaient servis par 12 domestiques. Chaplin engagea Rachel Ford comme secrétaire. Elle avait atteint un grade élevé dans les FFL puis avait travaillé pour le Mouvement européen. Elle travailla pour les Chaplin pendant plus de 30 ans.

Les Chaplin se considérèrent comme partie intégrante de la communauté locale ce qui ne les empêcha pas de se battre pendant des années contre les autorités locales qui leur imposèrent le voisinage avec les militaires qui s'entraînaient au tir.

En 1955, Chaplin déposa une protestation en règle mais les entraînements continuèrent. En mars 1953, le studio et la maison de Beverly Hills furent mis en vente. En avril 1953, Chaplin renonça à son visa de retour aux États-Unis. Oona obtint un passeport britannique car elle avait renoncé à la citoyenneté états-unienne. Le dernier lien avec les États-Unis serait rompu en mars 1955, quand Chaplin vendit ses dernières actions de United Artists. En juillet 1955, Chaplin déjeuna avec Chou En-lai, le premier ministre chinois.

En 1957, il fit la connaissance de Khrouchtchev à Londres. En 1954, Chaplin reçut des attaques des États-Unis car il avait accepté le prix pour la paix mondiale remis par une organisation communiste.

Il remit l'argent du prix à l'Abbé Pierre. En 1954, Chaplin lança son nouveau projet «The Ex-King » qui allait devenir « Un roi à New York ». Il pensait alors que ce serait un genre de comédie musicale. Il travailla sur le script en 1954 et 1955.

Jerry Epstein, le producteur de Chaplin, fonda avec lui une nouvelle compagnie, Attica. Kay Kendall devait jouer le rôle féminin principal mais Chaplin détesta le rôle qu'elle avait dans « Geneviève ». Alors il choisit Dawn Adams qu'il avait rencontrée à Hollywood avant son départ. Michael Chaplin joua le rôle du garçon dont les parents sont victimes de la chasse aux sorcières. Avec « Un roi à New York » Chaplin, après avoir défié la tyrannie des dictateurs européens attaqua la paranoïa destructrice qui s'était emparée de l'Amérique. Le film ne fut pas projeté aux États-Unis avant 1976.

Les parents de Michael auraient souhaité qu'il prenne au générique le nom de John Bolton, pour ne pas exploiter celui de Chaplin, mais l'enfant avait insisté pour conserver son nom.

Le tournage eut lieu du 7 mai au 28 juillet 1956. Ce fut le plus court tournage de Chaplin. Après, il donna une conférence de presse dont furent exclus les journalistes états-uniens.

Le 23 août 1957, Oona donna naissance à Jane. Un roi à New York sortit le 12 septembre 1957. Les presses britanniques et françaises furent favorables au film. La campagne contre Chaplin continua aux États-Unis.

Chaplin n'avait pas son étoile sur Hollywood boulevard parce que les propriétaires du voisinage avaient protesté.

Le fils qui lui réclamait encore 1 100 000 $ d'arriérés. En décembre 1958, la réclamation fut abaissée à 452 000 $ et Chaplin dut s'exécuter.

Lors des interviews Chaplin déclara vouloir faire revenir le vagabond et en couleur.

En 1959, il déclara : « j'ai eu tort de le tuer. Le petit homme avait sa place à l'ère atomique ». Son intérêt pour le vagabond était revenu quand il monta « The Chaplin Revue » avec des scènes de « Comment on fait des films ».

Pour la première fois, le public allait voir des scènes où Chaplin jeune apparaissait sans son costume. La famille Chaplin voyagea en 1961 en Extrême-Orient.

En 1962, ce furent les dernières vacances à réunir toute la famille à Venise, Paris et Londres. En 1962, Chaplin fut nommé honoris causa de l'université d'Oxford puis de l'université de Durham.

Le 8 juillet 1962 Oona donnait le jour à Cristopher. Les enfants devaient apprendre à ne pas déranger les activités de papa ce qui provoqua une incompréhension occasionnelle avec les enfants. Tous les enfants se sont retrouvés isolés de leurs camarades. Leurs amis faisaient l'objet d'un examen rigoureux et se voyait rarement encouragés. Charlie avait des difficultés à faire des réprimandes et Oona aussi.

Ce travail incombait à la nurse ou à Miss Ford. Une certaine forme de réticence, voire de fuite, allait caractériser bientôt les relations entre les parents et les enfants.

Ce fut Géraldine qui fut la première rebelle car elle quitta le domicile familial pour aller étudier à la Royal Ballet School.

Michael la suivit de près. Il allait se droguer (brièvement), entré à l'Académie royale des arts dramatiques, jouer dans des films, enregistrer de la musique pop, se marier et avoir un enfant.

En 1965, Michael réclama l'aide publique. Mais il se réconcilia totalement avec sa famille avant la mort de son père.

Chaplin commença à rédiger ses mémoires après avoir terminé Un Roi à New York.

En 1964, Chaplin assiste à un gala de Maria Callas à l'Opéra de Paris. Il envisageait lui-même de composer un opéra sur Tess d’Urberville.

Il parlait aussi décrire une arlequinade pour son fils Sydney.

« Histoire de ma vie » paru en septembre 1964. Les critiques furent presque unanimement favorables. Il est difficile d'admettre que Chaplin n'ait pas mentionné Totheroh, Bergman, Eric Campbell et Georgia Hale, Wheeler Dryden.

Chapitre 19 : la Comtesse d'Hong Kong et les dernières années.

La comtesse d'Hong Kong est essentiellement une remise à neuf de Stowaway.

Durant la préparation de ce film, Chaplin perdit son dernier lien avec son enfance. Sydney mourut à Nice le 16 avril 1965, le jour même de l'anniversaire de Charlie. Durant l'été 1965, Chaplin fut co-lauréat avec Ingemar Bergman du prix Érasme.

Le tournage de la comtesse d'Hong Kong commença le 25 janvier 1966 et finit le 11 mai 1966.

Beaucoup plus tard, Marlon Brando allait tenir des propos désobligeants sur ce film. Pour sa part, Sophia Loren adorait Chaplin et se révéla merveilleusement sensible à sa direction. Pour le second rôle, Charlie avait engagé Tippi Hedren et son fils Sydney.

Un documentaire sur le tournage de la comtesse d'Hong Kong devait être tourné mais Chaplin refusa.

Une semaine avant la fin du tournage, Chaplin endossa le costume de son dernier rôle au cinéma. Il jouait un vieux steward victime d'un sévère mal de mer. C'était l'un de ses numéros favoris et il fit sa sortie sur le même numéro de mime que dans ses premières prestations à l'écran. Les critiques anglaises furent mauvaises. Sortir une gentille comédie romantique la même année que les 12 salopards et le Lauréat était un anachronisme presque incompréhensible.

Les critiques françaises et italiennes furent meilleures. La chanson du film « This is my song » fut un grand succès international.

Quand Chaplin lut les critiques anglaises, il fut d'abord surpris. Puis il s'en remit, et reprit confiance parce que le public l'aimait.

En 1965, Michael Chaplin écrivit un livre sur sa vie avec deux « nègres » mais le style qu'on lui donna ne lui plaisait pas et il fit un procès pour arrêter la publication du livre.

Pourtant le livre sorti quand même après révision du texte. Il était touchant avec des réflexions intelligentes. Michael exposa les difficultés qu'il avait à être le fils d'un homme de génie.

En octobre 1966, Charlie se cassa la cheville. C'était la première fois de sa vie qu'il se brisait un membre. Dès lors, Charlie allait connaître les assauts du grand âge.

Il se lança dans un nouveau projet, The Freak, une comédie dramatique sur une jeune fille qui se réveille un matin en découvrant que des ailes lui ont poussé.

Le rôle était destiné à Victoria, sa troisième fille.

En 1969, Victoria quitta la famille pour rejoindre son amoureux, l'acteur français Jean-Baptiste Thierrée. Tous deux se consacrèrent au cirque. Ce fut un coup pour Charlie qui voyait son projet de film vaciller. Oona et Jerry Epstein s'étaient rendu à l'évidence : les forces physiques de Chaplin ne pouvaient plus soutenir sa volonté créatrice.

Le 20 mars 1968, Charlie junior mourut d'une thrombose.

Au début des années 70, Chaplin consacra toute son énergie à remettre en exploitation ses vieux films.

En 1970, il composa une nouvelle partition pour le cirque et enregistra lui-même la chanson « Swing, little girl ». En 1971, le 21e festival de Cannes créa une récompense spéciale pour l'ensemble de son oeuvre, il fut également fait commandeur de la Légion d'honneur. Les États-Unis l'invitèrent mais Chaplin hésita à accepter.

S’il accepta, c'est parce qu'il avait l'intention d'examiner une nouvelle caméra qui pouvait faciliter le travail d'impression sur The Freak. Les Chaplin arrivèrent à New York le 2 janvier 1972 et furent accueillis par une centaine de journalistes. Chaplin retrouva Claire Bloom et Paulette Goddard et put leur parler lors d'un gala en son honneur.

Chaplin reçut la médaille Handel, la plus haute récompense de la ville de New York. À Hollywood, il reçut un Oscar spécial.

Là, il revit Georgia Hale et Jackie Coogan. Coogan était devenu gros et chauve mais Charlie le reconnut et éclata en sanglots. Ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.

Lors de la cérémonie des Oscars, Charlie fut trop ému pour dire autre chose que merci mais il s'arrangea pour improviser un petit numéro avec un chapeau melon qu'il fit sauter sur sa tête. En septembre 1972, Chaplin reçut une mention spéciale du Lion d'or du festival de Venise et « les Lumières de la ville » furent projetées sur la place Saint-Marc.

De retour en Suisse, il écrivit un nouveau livre « My life in pictures ».

En mars 1975, il retourna à Londres avec sa famille pour être nommé chevalier par la reine. Puis il composa une musique pour « l'Opinion publique » et effectua quelques coupures dans le film là où l'action lui semblait trop sentimentale. Dans les derniers moments de sa vie, Charlie lut Oliver Twist, bricola sur le script de « The Freak ». Il n'était pas religieux mais ne craignait pas la mort. Le 15 octobre 1977, Chaplin fit sa dernière sortie hors du manoir. Il assista à un spectacle du cirque Knie à Vevey.

Au cours de la nuit de Noël, Charlie Chaplin s'éteignit paisiblement dans son sommeil. L'enterrement eut lieu le 27 décembre 1977 à l'église anglicane de Vevey.

Ce fut selon les voeux de Charlie une cérémonie strictement familiale.

Le 2 mars 1978, le cercueil de Chaplin fut volé. C'était un enlèvement posthume. Un mystérieux M. Cohat (ou Rochat) téléphona pour réclamer 600 000 fr. suisses en échange du corps. Les deux coupables, étaient de pauvres maladroits, Roman Wardas, un mécanicien polonais de 24 ans et Gantcho Ganev, 38 ans, mécanicien de Lausanne exilé de Bulgarie. Ils espéraient monter un garage avec l'argent. Puis ne voyant pas venir l'argent, ils menacèrent de tirer dans les jambes de Christopher Chaplin. Cristopher fut protégé par la police. Les deux hommes furent appréhendés dans une cabine téléphonique tandis qu'ils appelaient Géraldine Chaplin.

En retrouva le cercueil enterré dans un champ de blé, près du village de Noville. Le propriétaire du terrain érigea une simple croix de bois ornée d'une canne en souvenir.

Wardas fut condamné à quatre ans et demi de prison et Ganev à 18 mois avec sursis pour « trouble du repos d'un mort et tentative d'extorsion ».

 

 

 

 

 

 

 

 

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08 octobre 2017

Vade-mecum des ordres de sagesse du rite français (Claude Darche)

vademecum

Vade-mecum des ordres de sagesse du rite français (Claude Darche) 

Les hauts grades du rite français se distinguent par leur appellation. Ce sont des ordres et contrairement aux hauts grades du rite écossais ancien et accepté, le terme de perfection n'est pas évoqué car, ici, nous allons vers la sagesse.

Chacun de ces ordres synthétise une série de grades de divers rites écossais, et par la suite, du rites écossais ancien et accepté avec ses 33 grades qui n'existaient pas en 1786 quand le rite français a été codifié.

Si les Écossais visent la perfection, au moins jusqu'au 14e degré, les Français viseraient naturellement la sagesse. Cette sagesse ne s'obtient que par la progression de la connaissance maçonnique et par l'apprentissage donné par la vie.

Ce que nous promet la maçonnerie, ce n'est pas d'acquérir un savoir, mais d'aller vers une sagesse, tels que fut celle de Salomon.

A l'âge de 12 ans, le roi Salomon est gratifié par Dieu d'une grande sagesse.

Né en 848 avant leur commune, Salomon est mort à 52 ans en -796, après avoir régné pendant 40 ans. Il est connu comme le plus sage de tous les hommes. La Bible raconte que des rois, accourus de partout dans le monde, venaient écouter sa sagesse, qui incluait non seulement celle de la Torah, mais aussi celle dans les connaissances profanes et les sciences. Il composa 3000 paraboles et 1005 poèmes.

Chapitre 1:Un bref historique du rite français et des ordres de sagesse.

Les exilés britanniques apportent en France le rite des modernes qui sera traduit, progressivement, en français. Cela deviendra le rite français. Le Grand Orient de France, pour assurer une franc-maçonnerie nationale, organise l'uniformisation des rites « modernes » hexagonaux dès 1782. En 1785, le modèle est fixé pour les grades d'apprenti, compagnon et maître qui sont d'influence anglaise et se distinguent des rites écossais.

En 1858 s'impose le rite français dit Murat qui revient aux fondements des Constitutions d'Anderson.

Après l'abandon de l'invocation obligatoire du grand architecte de l'univers en 1877, le Grand Orient de France décide de réformer le rite français pour effacer les formules à connotations religieuses.

La commission dirigée par Louis Amiable en 1886 conclura la forme adogmatique du rite en lui donnant une teinte positiviste.

En 1938, le grand maître Groussier réforme le rite français pour un retour aux sources. Le rite français Groussier sera achevé en 1955. Le rite français est sans doute le plus conforme à celui qui était pratiqué en Angleterre dès le premier quart du XVIIIe siècle.

Le grand chapitre général du Grand Orient de France est refondé en 1999.

-Le concept des hauts grades.

Les hauts grades n'ont de sens qu'à partir du moment où on admet que les trois premiers grades constituent un ensemble cohérent désigné comme grades symboliques.

Les autres grades n'ont pas été rajoutés pour donner une suite pertinente et rigoureuse aux trois premiers.

Le rite français est pratiqué au Grand Orient de France où il est majoritaire mais aussi à la Grande Loge Nationale Française, à la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, à la Grande Loge Mixte de France, etc.…

Le rite français a trois grades : apprenti, compagnon, maître et quatre ordres : élu secret, grand élu écossais, chevalier d'Orient, et souverain prince Rose-Croix.

Il existe un cinquième ordre qui se rapproche du 28e degré du rite écossais ancien et accepté, le chevalier du soleil.

Le rituel de référence du quatrième ordre du grand chapitre général du Grand Orient de France présente la libération du souverain prince Rose-Croix comme essentielle à l'épanouissement du parfait maçon. Les hauts grades du rite français et du rite écossais proviennent du foisonnement de grades qu'offrait la franc-maçonnerie d'avant 1780. C'est pourquoi on trouve des thèmes similaires dans les hauts grades de rite français et écossais.

Chapitre 2: premier ordre de sagesse, élu secret, quatrième grade de justice, vengeance, morale.

Ce ne sont pas moins de 15 rituels dont la synthèse aboutira à la rédaction du premier ordre de sagesse, rituels issus de l'écossisme des Anciens. Une première série comprend les degrés de maître parfait, maître secret, maître irlandais, tous grades intermédiaires entre la maîtrise et le grade d’élu, il y a ensuite la famille de l'élu et tous les différents grades dits de l'élu.

Le grade d'élu secret correspond à la version mise au point en 1784 sous l'influence de Rottiers de Montaleau. Elle a écarté tout ce qui pourrait passer pour excessif dans ses effets. Le grade d'élu secret du rite français correspond au neuvième degré, élu des neuf, du rite écossais ancien et accepté.

L'orateur du chapitre prononce un discours historique après l'initiation au premier ordre. Il s'agit de la légende liée à cet ordre. Les trois mauvais compagnons ayant tué Hiram ont été retrouvés par un inconnu qui en avertit Salomon. Salomon a désigné 9 maîtres pour se rendre au lieu désigné par l'inconnu. Le sort a désigné le chef de l'entreprise. C’est Joabem. Les neuf maîtres ont juré de venger Hiram. Ils choisissent un mot de reconnaissance, c'est Abibala, le compagnon ayant tué Hiram.

L'inconnu les a accompagnés vers le lieu où se trouvent les trois mauvais compagnons, près de Joppa, près d'une caverne au bord de la mer. C'est la caverne de Benacar.

Deux des trois mauvais compagnons ont fui et en voyant les neufs élus mais sont tombés dans une fondrière et sont morts.

Joaben suit un chien qui le mène à Abibala. Abibala saisi de frayeur, à la vue de Joaben, se tue en se plongeant un poignard dans le coeur.

Les neufs élus laissent les trois cadavres en proie aux bêtes féroces mais découpent les têtes pour les montrer à Salomon et témoigner de leur expédition. Aux neufs élus Salomon en ajoute six qui n'étaient pas de l'expédition.

Salomon leur donne une grande écharpe noire au bout de laquelle est un poignard à poignée d'or. L'inconnu qui n'était qu'un pâtre est récompensé et entre dans le corps des maçon puis suffisamment instruit devient un des élus.

L'esprit du premier ordre est que le crime ne peut rester impuni, la conscience est un juge inflexible et sans un pouvoir légitime la vengeance est criminelle.

Dans le rite français, la vengeance n'est pas accomplie car le grand architecte a préféré que l'assassin par peur ou par désespoir se tue.

Personne ne peut s'arroger le droit de tuer autrui.

Dans le rituel du premier ordre, aucun des justiciers ne s'est sali les mains.

La conscience et la prise de conscience permettront au maître maçon, à l'élu de transmuter les défauts. L'ignorance pourra devenir connaissance ; la vanité, simplicité ; la jalousie, reconnaissance d'autrui, l'ambition, détachement.

La justice se doit d'être impartiale et de remplacer la vengeance aveugle par des éléments neutres.

Les symboles du premier ordre.

La caverne : un lien évident avec le cabinet de réflexion.

La caverne est le lieu de passage initiatique où passent tous les êtres désireux de chercher la vérité, de revenir aux origines, ce qui les amènera à renaître ou à être vaincus.

La caverne permet à l'élu de régler le problème très humain de la vengeance et de la justice.

La symbolique de la caverne est double : élévation de l'âme ou descente aux enfers.

Dans la caverne, l'élu trouve l'eau (symbole de la vie), un poignard (symbole de la pénétration), le chien (symbole de fidélité) c'est le chien qui guide Joabem vers la caverne.

La symbolique du nombre 9.

Le nombre neuf marque la fin d'un cycle, il est le nombre de l'achèvement, mais aussi de la spiritualité, de la sagesse, les neuf muses représentent, par les sciences et les arts, la somme des connaissances humaines.

La batterie du grade d'élu se fait par 8 coups et un.

La marche du grade est composée des pas de la maîtrise, trois pas d'apprentis, trois pas de compagnon et trois pas de maître, donc neuf pas.

Le récipiendaire grimpe neuf marches pour accéder à la caverne.

Les neufs élus sont représentés par neuf lumières.

Les spécificités du premier ordre.

Les décors.

Les gants sont blancs, le tablier est blanc bordé de noir, portant un poignard dont la lame est d'argent et la garde d'or entouré de neuf flammes rouges. La bavette est noire bordée de rouge.

Le cordon est noir, portant les lettres V.’. A.’. M.’. (Vincere Aut Mori, vaincre ou mourir).

Ce cordon est porté de l'épaule gauche à la hanche droite. Le bijou est le poignard à lame d'argent.

La batterie se fait par neuf coups, huit et un.

L'ordre se fait par le pouce droit levé, poing fermé.

Le mot sacré : demande : vengeance, réponse : justice.

Le mot de passe : Abibalcq (nom du meurtrier d'Hiram, nom qui signifie meurtrier du père).

L'acclamation : liberté, égalité, fraternité.

L'élu demande justice pour tous ceux qui sont ou ont été victimes de l'oppression, du fanatisme, des dogmatismes.

Chapitre trois : deuxième ordre de sagesse, grand élu écossais, cinquième grade.

Le sacrifice, la dette, l'alliance.

Cet ordre est très proche du 14e degré du rite écossais ancien et accepté, grand élu, ancien parfait et sublime maçon.

Ce deuxième ordre est la juxtaposition de deux grades : l'Ecossais ou parfait maître anglais et l'Ecossais de perfection. Le thème essentiel est la purification, le sacrifice et la découverte du delta, du tétragramme.

L'esprit du deuxième ordre est de briser le lien des vices et de toute dépendance, contracter une nouvelle alliance, pratiquer la plus saine morale et être un homme vertueux.

Hiram avait un delta précieux comme le bijou. Avant d'être assassiné, Hiram avait jeté son delta dans un puits qui se trouvait au coin de l'Ouest et du Midi.

Salomon en ordonna la recherche.

Trois maîtres le trouvèrent. Passant près du puits vers l'heure de midi, ils aperçurent dans le fond quelque chose de brillant. L'un d'eux descendit dans le puits et trouva le delta.

Les trois maîtres donnèrent le delta d'Hiram à Salomon. À la vue du delta, Salomon fit un pas en arrière et leva les bras au-dessus de sa tête en signe de joie et dit : « l'enseignement du maître est sauvé ! ».

Aussitôt, les 15 élus descendirent dans la voûte souterraine par un escalier de 24 marches. Salomon fit incruster le delta dans un piédestal triangulaire placé au centre de la voûte. Il le nomma « piédestal de la science ». Puis il fit couvrir le delta d'une pierre d'Agathe quadrangulaire sur laquelle il fit graver sur la face supérieure le mot substitué, à la face inférieure tous les mots connus de la maçonnerie et sur les quatre faces latérales les combinaisons cubiques des nombres, ce qui le fit dénommer « Pierre cubique ».

Au-devant, le roi Salomon fit placer trois lampes portant chacune neuf lumignons qui brûlèrent d'un feu perpétuel. Les 15 élus jurèrent le secret sur cette voûte sacrée. L'entrée de la voûte fut gardée secrète par 27 grands élus et leurs successeurs.

Le grand expert et le grand maître des cérémonies font poser à l'impétrant les mains sur la table des épreuves et posent le tranchant d'une hache sur le cou du récipiendaire alors que l'on pose la pointe d'un poignard sur son coeur.

On fait faire au récipiendaire trois fois le tour de la table des épreuves.

C'est l'ouverture d'esprit et sa générosité qui permettent à l'élu d'être dirigé vers la table d'ablutions.

La table d'ablutions est recouverte d'une vasque remplie d'eau.

Le grand expert fait faire trois fois le tour de la table au récipiendaire. Il lui trempe neuf fois les mains dans l'eau pour le purifier.

La table des obligations se compose d'un glaive, d'un maillet, du livre des constitutions et d'une truelle.

L'impétrant prête serment d'aider ses frères et soeurs de ses conseils et de ses services et de ne pas porter atteinte à leur état ou honneur.

Devant la table des obligations se trouve le piédestal de la science, triangulaire et rouge sur lequel se trouve un soleil rayonnant, l'étoile flamboyante avec la lettre G et d'un compas ouvert entre les nombres 3,5, 7,9.

La voûte sacrée est composée de neuf voûtes. Elle symbolise le monde d'en haut.

Le parfait maître demande à l'impétrant de partir à la recherche du dépôt sacré qu'il doit ramener parmi ses frères élus.

Le parfait maître passe la truelle devant les yeux du candidat et lui dit : « que ta vue soit pure ».

Puis il lui passe la truelle devant les lèvres et dit : « que ta bouche ne s'ouvre que pour préférer des paroles utiles à tes frères ou soeurs ».

Enfin, le parfait maître passe la truelle devant le coeur et dit : « que ta conscience soit à jamais sans reproche et que toutes tes actions se dirigent vers la recherche de la vérité ».

Dans le rituel de 1786, on utilise une truelle pour oindre le récipiendaire sur le front, la bouche et le coeur d'une mixture composée de lait (douceur), d’huile (sagesse), de vin (force) et de farine (beauté).

Sur la table de l'union se trouvent le pain et le vin.

Quand l'homme a mis en culture le blé, il a commencé à gérer la production de l'environnement. Le blé à l'origine du pain est donc l'élan vers la civilisation moderne. Le vin vient de l'arbre de vérité et de connaissances dont Noé, le patriarche, a reçu l'autorisation de Dieu de cultiver la vigne et d'élaborer la boisson divine, le vin.

Le vin, symbole de vérité ésotérique, de puissance initiatique s'identifie au sang, au feu, catalyseur de la terre. La cérémonie du deuxième ordre rappelle donc la Cène où furent partagés le pain et le vin. Car le vin, associé au sang, nous oriente vers le symbolisme du grade, le sacrifice, le renouvellement, la régénération.

Dans la codification de 1786, il était passé, en signe d'alliance, un anneau d'or à l'annulaire gauche du récipiendaire au deuxième ordre.

Le tablier du deuxième ordre comporte une étoile flamboyante sur la bavette, le compas couronné sur un quart de cercle, avec un soleil.

Il est doublé d'un tissu rouge.

Le cordon est rouge avec des franges dorées et se passe de l'épaule droite à la hanche gauche. Le bijou est un compas doré couronné sur un quart de cercle au milieu duquel est une médaille à rayons représentant d'un côté le soleil et de l'autre l'étoile flamboyante.

L'âge est neuf ans.

Les lumières sont 27 (trois groupes de 9). Le signe d'ordre se fait en portant la main droite, la paume en haut, à l'épaule gauche et en la retirant le long du corps vers la hanche droite.

La marche s'effectue par trois pas de côté diagonalement en partant du pied droit puis cinq pas de côté diagonalement en partant du pied gauche puis7 pas de côté diagonalement en partant du pied droit et 3 × 3 pas diagonalement d'abord du pied gauche puis du pied droit et enfin du pied gauche.

Le mot sacré est perfection et le mot de passe est l'enseignement du maître est sauvé.

Chapitre 4.

Troisième ordre de sagesse, chevalier d'Orient, sixième grade.

La liberté retrouvée, le renouveau intérieur permet de vaincre l'ennemi du dehors.

Le troisième ordre fut rédigé par Roettiers de Montaleau en 1785. Il mit l'accent sur un fait historique qui nourrit tout un imaginaire maçonnique : la reconstruction du deuxième temple de Jérusalem. Le devoir du chevalier d'Orient réside dans sa quête inlassable de recherche de la vérité, d'une reconstruction de son propre temple intérieur, d'un désir puissant de rassembler inlassablement ce qui est épars.

Dans le discours historique du troisième ordre il est dit que Nabuchodonosor fit détruire le temple de Jérusalem et en prit les trésors.

Il détruisit Jérusalem et amena le roi et son peuple en captivité. Le prince Cyrus libéra le peuple d'Israël après avoir entendu une voix intérieure lui ordonner de libérer les captifs.

Zorobabel, prince de Juda, ayant obtenu l'entrée du conseil de Cyrus, demanda l'affranchissement de sa nation et la permission de bâtir le temple. Cyrus accepta et lui restitua les biens enlevés par ses prédécesseurs. Cyrus fit Zorobabel chevalier de son ordre. Zorobabel dut lutter contre les Assyriens au passage d'un pont. Zorobabel rendit le passage libre.

Il rencontra des maçons qui comptaient quelques grands élus qui retrouvèrent l'entrée de la voûte sacrée et le piédestal de la science. Ils brisèrent la lame d'or et la fondirent. Ils détruisirent la Pierre d'Agathe et transmirent leur savoir par la seule tradition.

Zorobabel devint le chef de la nation et fit rebâtir le temple de Jérusalem. Les ouvriers se tenaient sur leur défense et portaient l'épée d'une main et la truelle de l'autre.

Les trois chambres.

Chambre de préparation.

Le récipiendaire porte le cordon et le tablier du deuxième ordre, il est enchaîné et a la tête couverte d'un drap de cendres. Il représente Zorobabel. Il a les deux mains sur le visage. Il est présenté au souverain maître en salle d'Orient comme un homme en deuil.

Deuxième chambre : chambre d'Orient ou salle du conseil.

On y voit un fleuve et un pont représentés. Derrière le trône de Cyrus est écrit « Rends la liberté aux captifs ».

Troisième chambre : chambre d'Occident ou salle d'Occident.

Le récipiendaire doit franchir un pont. La chambre est décorée de tentures vertes. Les assistants sont les maçons restés parmi les ruines de Jérusalem. Le vert symbolise l'espérance.

C'est la couleur de Vénus, symbole du renouveau et de la vengeance.

Le rouge est considéré comme un symbole fondamental du principe de vie avec sa force et sa puissance. C'est l'attribut de Mars, dieu de la guerre.

C'est la couleur de la science, de la connaissance ésotérique.

Le passage du vert ou rouge est l'expression de l'espérance, de la spiritualité à la connaissance intuitive.

À la fin de la cérémonie, le récipiendaire reçoit une épée et une truelle en digne représentant de Zorobabel.

Le troisième ordre est un grade initiatique d'amour et de combat.

Dans le rêve de Cyrus, l'aigle apparaît et montre au roi la banderole lui ordonnant de libérer les juifs captifs.

Le passage du pont représente le courage et la force pour obtenir la liberté de passage, c'est faire preuve de maturité, être conscient que la vie est une succession de passages.

Les gants du chevalier d'Orient sont blancs. Le tablier est blanc doublé de vert avec deux épées entrecroisées ou un pont. Sur la bavette se trouve le noeud de Salomon. L'écharpe est verte à franges d'or. Le cordon est vert, de l'épaule gauche à la hanche droite avec les lettres L.D.P. (Liberté de passage).

Le bijou est un compas couronné sur un quart de cercle où sont inscrits les nombres 3,5, 7,9 avec une médaille représentant un soleil avec deux épées croisées et au verso l'étoile flamboyante.

L'âge est 10 semaines d'années.

Le signe d'ordre est de tirer son glaive et de le pointe en l'air, le long du corps, le poing fermé, à la hauteur de la hanche droite. La marche se fait par sept pas (trois pas de maître en avant, trois pas de maître en arrière et un pas en avant les pieds en équerre.

La batterie se fait par sept coups, cinq égaux et 2 précipités.

Les lumières sont disposées par 10 groupes de 7.

La parole est Juda à quoi l'on répond Benjamin.

Le mot de passe est : « ils passeront les eaux ».

Chapitre 5.

Quatrième ordre, souverain prince de Rose-Croix, parfait maçon libre, septième grade.

L'esprit du quatrième ordre est que le maçon ne deviendra réellement chevalier de l'existence et ne cultivera la sagesse qu'en cultivant et en pratiquant les vertus les plus élevés pour concourir à la construction d'une véritable humanité.

Depuis la réédification, les maçons ont négligé leurs devoirs et la désolation a remplacé la solidité des édifices. La corruption a remplacé la sagesse. La maçonnerie a presque été anéantie et les temples démolis.

L'étoile flamboyante a disparu et la parole a été perdue.

Mais quelques maçons libres ont mis un terme à ces événements malheureux cette révolution n'a été connue que par les seuls vrais maçons.

Leurs vertus sont foi en l'homme, espérance en un monde meilleur et humanité envers tous.

Trois buts déterminent la grande connaissance maçonnique : la science, la morale et l'art.

Le grade de souverain prince de Rose-Croix est un grade de passage où tout est symbole.

L'impétrant est un chevalier d'Orient qui erre dans les ténèbres, qui a perdu la parole lors de la seconde destruction du temple et souhaiterait la retrouver.

Au cours de 7 voyages, il découvre les colonnes fois, espérance, humanité sur lesquelles reposent les principes de l'ordre.

La chambre de préparation et de réflexion permet au candidat de se remémorer les différentes étapes de son parcours. Il y a deux tableaux.

L'aigle tenant la banderole sur laquelle est écrit « liberas » et les symboles du quatrième ordre.

La deuxième chambre.

Elle contient trois piliers à hauteur d'homme sur lesquels sont écrits : foi, espérance, humanité.

Sur le plateau du très sage, il y a un chandelier à 7 branches, une épée, l'étoile à cinq branches.

La table des serments est ornée du livre des Constitutions sur lequel se trouvent un maillet, une épée, un globe terrestre et un aigle. À la base du livre se trouvent les volumes de Platon (cube, octaèdre, icosaèdre, tétraèdre, dodécaèdre), qui symbolisent les éléments.

La troisième chambre, le souverain conseil, est tendue de rouge.

Les sept étapes du voyage du candidat représentent les fondements de l'ordre, liberté, égalité, fraternité, justice, union, reconstruire et épanouissement.

Puis on présente aux candidats les volumes de Platon pour symboliser les quatre éléments plus un cinquième, l’éther.

L'échelle fait partie des symboles du quatrième ordre. L'échelle symbolise, pour Platon, l'ascension de l'âme en partant du monde sensible et s'élevant de degré en degré vers l'intelligible.

L'échelle du quatrième ordre a 7 degrés.

Le souverain prince Rose-Croix a pour emblème l'aigle portant la banderole « libertas ».

Dans la tradition occidentale, l'aigle a le pouvoir de renaître.

C'est un oracle, augure et divinateur.

Le quatrième ordre de 1786 du rite français est quasi identique au 18e grade du rite écossais ancien et accepté à part les titres des officiers et l'habillement.

Mais le quatrième ordre contemporain a été laïcisé.

Le prince Rose-Croix choisit seule son étoile et témoigne que ce monde doit et peut s'appuyer sur des valeurs morales basées sur des règles d'harmonie.

Le tablier n'est pas indispensable à cet ordre. Le sautoir est moiré de rouge, brodé de fils d'or figurant un aigle aux ailes déployées tenant dans ses serres une banderole « libertas » et surmontant deux colonnes au centre desquelles se trouve un globe décoré d'un dodécagone.

Le bijou sur fond émaillé est orné des symboles du sautoir.

L'ordre se fait en posant le poing droit fermé sur le plexus solaire.

Le signe à l'ordre en tirant le poing par équerre et perpendiculaire puis le ramenant sur la cuisse droite.

La batterie par 2 + 1 puis 7 coups et l'acclamation : Vivat! Vivat ! Semper Vivat ! Liberté, égalité, fraternité.

Le mot sacré est Juré et le mot de passe Libertas.

 

 

 

 

 

 

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01 octobre 2017

Salem

salem

Salem (Stephen King)

prologue

1

Un homme et un enfant  firent trois haltes dans leur périple avant d'atteindre leur destination finale. La première à Rhodes Island, où l'homme aux cheveux bruns travailla dans une usine textile puis à Youngtown où il travailla comme ouvrier spécialisé sur une chaîne d'assemblage de tracteurs et enfin dans une petite ville de Californie comme pompiste. Partout où ils s'arrêtaient, l'homme achetait un journal du Maine, le Press Herald de Portland pour trouver des nouvelles d'une ville nommée Jérusalem’s lot.

Il avait écrit un roman et l’avait expédié à son agent littéraire, l'homme essayait parfois d'évoquer Jérusalem’s lot, mais l'enfant refusait d'en parler et ne jetait jamais un regard sur les journaux que l'homme laissait traîner à dessein sous ses yeux. Le livre fut écrit au bord de la mer. L'homme avait pris la responsabilité de ce jeune garçon fait, s'il ne s'inquiétait pas pour ses études, il se demandait en revanche s'il était bon pour lui de faire comme si Salem n'existait pas. Le livre fut accepté avec une avance de 12 000 $.

2

L'homme et l'enfant se  réfugièrent au Mexique. Une ou deux fois par mois, pas toujours ensemble, l'homme et l'enfant allaient à la messe dans la petite église du bourg sans en comprendre la cérémonie. L'enfant songeait à se faire baptiser. 15 jours après que le garçon lui avait fait part de son projet de baptême, l'homme trouva dans le Press Herald un article sur Salem et une ville du Vermont appelée Momsom. Le nom de l'homme y était mentionné. Il semblait que tout ne fut pas fini à Salem.

L'enfant vint le trouver le lendemain avec le journal en lui disant qu'il avait peur mais l'homme aussi avait peur.

3

L'article du Press Herald parlait de Salem, à 30 km au nord de Portland, comme d'une ville fantôme. En Nouvelle-Angleterre il y avait eu une autre ville fantôme, Momsom. Pendant l'été 1923, les 312 habitants de Momsom s'étaient volatilisés.

Au recensement de 1970, Salem comptait 1319 habitants. C'était une vie tranquille avec une population vieillissante. À partir de 1974, les habitants de Salem commencèrent à disparaître. En fait, ils avaient quitté Salem mais ils refusaient d'en parler. Mais d'autres avaient vraiment disparu sans laisser de traces. La police soupçonnait certains habitants d'avoir disparu parce qu'il avait laissé des dettes mais Henry Petrie, sa femme et son fils avaient également disparu et n'étaient pas de mauvais payeurs. Pareil pour l'entrepreneur des pompes funèbres, le bibliothécaire et l'esthéticienne. Tout était bouché à Salem, même la mairie. On disait cette ville hantée.

4

Deux mois après la parution de cet article, l'enfant fut baptisé. Il fit alors sa première confession et confessa tout.

5

Le curé de Los Zapatos convoqua l'homme. Comme il ne parlait pas l'anglais, il était accompagné d'un interprète, Jésus de la Reis Munoz. Le père s'appelait Gracon. Gracon savait, grâce à l'enfant, ce qu'ils avaient vécu à Salem. Il dit que c'était grave surtout pour l'enfant. Le père voulut savoir ce que l'homme allait faire mais celui-ci n'en savait rien.

6

L'homme dit à l'enfant qu'il voulait rentrer à Salem et il voulait savoir si l'enfant accompagnerait. L'enfant lui demanda s'il l’aimait et l'homme le serra contre lui.

7

Cette nuit-là l'homme ne put retrouver le sommeil. Tout lui revint.

Première partie : Marsten House.

1-Ben.

Ben Mears roulait vers le nord. Quand il eut passé si Portland, il sentit monter au creux de son ventre une excitation qui était loin d'être désagréable. C'était le 5 septembre 1975, cela faisait 24 ans qu'il n'était pas revenus à Salem, il avait neuf ans. Les souvenirs lui revenaient en foule. Depuis l'accident, il était habitué à chasser ses idées noires, mais, cette fois, elles s'étaient emparées de lui avec une telle violence qu'il avait été pris de court. La magie avait disparu, qu'elle fut noire ou blanche. En fait elle avait disparu le soir où c'était arrivé. La moto qui échappe à tout contrôle, le camion jaune qui grossit, le cri de Miranda, sa femme et puis le silence. S'il s'était jamais senti chez lui quelque part, c'était bien ici. Même si ça n'avait duré que quatre ans. Il arrêta sa Citroën pour regarder le toit de Marsten House.

2

Presque rien n'avait changé. Il apercevait Schoolyard Hill et la ferme des Griffen. Il s'arrêta. La maison était toute pareille. Rien n'avait changé. C'était comme s'il s'était trouvé là à la veille. Une pancarte écaillée, défense d'entrer, était clouée au pilastre de droite. Ben voulut entrer mais il fit demi-tour et s'éloigna de la maison la gorge sèche. Il remit la visite à plus tard. Il chercherait qui s'occupait de Marsten House et peut-être la louerait-il. Il pourrait écrire mais n'irait pas en haut. Ça non. À moins qu'il n'y soit obligé.

2 : Susan.

1

Il était assis sur un banc dans le parc quand il remarqua une jolie jeune fille qui le regardait et avait un livre et un carnet de croquis. C'était le 16 septembre. Ben s'approcha d'elle. La jeune fille le connaissait. Elle lisait le second roman de Ben « Un air de danse ». Ben lui dit que c'était sur de telles coïncidences que des dynasties s'étaient fondées. La jeune fille voulait que Ben lui dédicace le livre. Elle s'appelait Susan Norton. C'était l'exemplaire de la bibliothèque de Salem qu'elle avait Ben lui dit que si elle voulait le garder, elle devrait le volet car il était épuisé. Suzanne avait aussi aimé « La fille de Conway » que la critique avait pourtant éreinté. Ben proposa une glace à Susan. Elle accepta et c'est comme ça que tout avait commencé.

2

Dans le drugstore, ils virent un soldat de l'USAir force qui avait l'air triste. Susan dit qu'un jour elle quitterait Salem et qu'elle aurait probablement l'air sinistre comme le soldat. Elle voulait partir pour New York. Elle voulait travailler pour une maison d'édition ou pour un journal. Elle savait dessiner. La société Cinex avait ouvert un cinéma et avait acheté à Susan 12 tableaux pour décorer le hall d'entrée.

Elle avait gagné 700 $. Elle avait pu s'acheter une voiture. Ben lui recommanda de prendre une chambre d'hôtel à New York pendant une semaine et écumer tous les journaux et toutes les maisons d'édition possible avec son dossier. Elle voulait savoir ce qu'il faisait à Salem. Il répondit qu'il écrivait un roman. Il lui dit qu'il avait vécu quatre ans à Salem quand il était gosse. Avec sa tante Cindy. Son père était mort et sa mère avait eu une dépression nerveuse.

Elle l'avait confié à tante Cyndi le temps de se remettre. Elle l'avait renvoyé à sa mère après le grand incendie et il avait pleuré. Susan était née l'année du feu. La maison de Cindy avait brûlé. La mère de Ben s'était suicidée quand il avait 14 ans. Ils échangèrent des souvenirs sur Salem et Ben proposa à Susan d'aller au cinéma et elle accepta. Ben se souvint que le grand incendie de forêt de 1951 était presque arrivé jusqu'à la maison quand le vent avait tourné. Il pensa qu’elle aurait dû brûler. Peut-être que cela aurait mieux valu.

3

Nolly Gardener sortit du poste de police et s’assit sur les marches à côté de Parkins Gillespie juste à temps pour voir Ben et Susan entrer ensemble chez Spencer. Parkins était le shérif et Nolly son adjoint. Nolly pensait que Flloyd Tibbits, le copain de Susan n'allait pas apprécier qu'un gars sorte avec sa nana. Les policiers étaient étonnés que Ben veuille louer Marsten House.

4

Jérusalem’s lot fut inauguré officiellement en 1765. La ville devait son nom à des circonstances plutôt prosaïques. Le fermier Charles Belknap  Tanner élevait des cochons et il avait baptisé Jérusalem une de ses truies. La truie avait fui et depuis ce temps-là, Tanner dissuadait les gamins de pénétrer sur ses terres en évoquant sa truie Jérusalem. Il disait : « foutez pas les pieds dans les parages de Jérusalem, si vous voulez pas vous faire étriper ». La phrase devint légendaire et le nom resta à la ville. La rue principale avait été baptisée en l'honneur d’Elias Jointner en 1896. Il était membre du congrès et c'était la seule célébrité de Sanem avec Pearl Ann Butts qui était devenue danseuse aux Ziegfield follies en 1907.

Le Dell’s était le grand lieu de rendez-vous, pour boire une bière ou se bagarrer. Il n'y avait aucun service public à Salem. L'alcool était le réel problème chez les jeunes. Plein de gamins traînaient chez Dell depuis l'âge légal de consommation avait été abaissé à 18 ans.

Il y avait eu des accidents mortels mais rien de vraiment horrible ne pouvait arriver dans une petite ville aussi tranquille. Impossible.

5

Susan raconta à sa mère, Ann, sa rencontre avec Ben. Elle lui montra le livre dédicacé. Ann conseilla à sa fille de présenter Ben à Floyd. Ce qui mit Susan en colère. Ann voulait que Susan épouse Floyd. Susan hurla contre sa mère car ses rapports avec Floyd s'étaient refroidis.

La sincérité et la force de l'affection de ses parents empêchaient toute discussion de se poursuivre et pour cela elle voulait partir à New York. Ann appela son ami Mabel Werts pour parler de Ben mais Mabel le détestait car elle estimait qu'il écrivait de la pornographie. Mabel dit à Ann que Ben s'était installé dans la pension de famille de Eva Miller qui ne tolérait pas la moindre entorse à la morale. Ann fut rassurée pensant que Ben n'inviterait pas Susan chez lui.

6

En rentrant du cinéma, Susan demanda à Ben où il logerait et il lui dit. Il écrivait 10 pages par jour. Il voulait louer Marsten House mais elle avait été vendue. Hubert Marsten était propriétaire de la maison dans les années 20. Il avait réalisé des profits avec l'alcool clandestin et avait tout perdu dans le krach de 1929. Marsten et sa femme Birdie étaient restés cloîtrés chez eux jusqu'en 1939. Larry Mc Lead, le facteur de l'époque, découvrit le cadavre de Birdie et heureusement pour lui il était passé par là porte de derrière car Hubert avait pointé un fusil avec un système automatique derrière la porte principale pour tuer tout intrus. Hubert avait laissé d'autres pièges ce qui prouvait qu'il était fous allié. Hubert s'était pendu. Ben raconta qu'enfant il jouait avec Floyd Tibbits ce qui surprit Susan. Les amis de Ben avaient monté une société secrète, les Pirates sanglants. Pour y entrer, il fallait avoir commis trois actions d'éclat. Davie, le chef du club dit à Ben qu'il serait initié s'il entraît à Marsten House et en ressortait avec un objet. Ben prit une boule de verre avec de la neige dedans puis il alla voir l'endroit où Hubert s'était pendu. Il crut voir Hubert pendu, la figure verte mais c'était une hallucination. Il avait crié et fui en courant. Après cela, il avait rêvé de Hubert plusieurs fois et chaque fois qu'il était tendu, le rêve revenait.

Ben proposa à Susan de rester avec lui devant la pension d’Eva Miller pour boire du coca et du rhum.

7

Susan dit à Ben qu'elle l'aimait beaucoup. Ils s'embrassèrent. Puis Susan proposa à Ben de passer chez elle pour lui présenter ses parents. Marsten House était allumée et cela intrigua Susan. Ben la raccompagna chez elle.

8

Susan était une gentille fille qui, la première qu'il rencontrait depuis la mort de Miranda. Il espérait ne pas faire de Susan le double de Miranda qui, ce serait trop douloureux et vraiment injuste envers elle.

Il avait choisi une chambre qui donnait sur Marsten House. Les lumières étaient encore allumées. Il fit de nouveau son vieux cauchemar.

3-Salem.

1

La ville s'éveilla tôt, les tâches quotidiennes n'attendaient pas. Le soleil n'était pas encore levé que déjà l'activité commençait.

2

Hal Griffen et son frère Jack, deux adolescents s'activèrent à la ferme. Hal ne supportait pas l'école et pensait que ça ne lui servait à rien pour son travail à la ferme. Jack, au contraire était toujours fourré dans ses livres.

3

Le père de Charles Griffen ne pouvait plus vendre son lait lui-même. Les laiteries Slewfoot s'occupaient de la mise en carton. L'employé des laiteries Slewfoot charger du quartier ouest de Salem s'appelait Irwin Purinton, il avait 61 ans et pensait à sa retraite. Il avait perdu sa femme en 1973 et en était ravi. Il vit la commande des Norton à laquelle Susan avait ajouté de la crème fraîche.

4

Éva Miller prenait un petit déjeuner copieux mais elle ne serait jamais grosse à cause de tout le travail qu'elle fournissait dans sa pension. Elle alla chercher son journal dehors.

5

Sandy McDougall fut réveillée par son bébé. Randy avait dix mois et il était maladif et piailleur. Randy avait mis de la merde partout jusque dans ses cheveux. Sandy lui donna deux claques. Elle regrettait de s'être mariée et d'avoir eu son fils car elle rêvait d'être mannequin.

6

Mike Ruyerson était un des seuls employés à travailler à Salem même. Il s'occupait des trois cimetières de la ville et aidait Carl Foreman et travailler pour les pompes funèbres. Il était beau garçon, avait 27 ans et n'avait aucun mal à s'acquérir les faveurs des filles esseulées le samedi soir chez Dell. En allant au cimetière, il vit qu'un chien avait été pendu la tête en bas à la grille de fer forgé. C'était Dol, le chien de Win Purinton.

7

Charlie Rohdes conduisait le car scolaire. Il avait maté les gosses en les menaçant de faire les 4 km de trajet à pied jusqu'à l'école s'ils n'étaient pas sages. Il évacua de son car de gosses. Mary Kate Griegson et Brent Tenney qui s'étaient échangé des mots doux.

8

Weasel Craig habitait dans la pension. Il s'était saoulé la veille chez Dell. Il aidait Eva Miller dans son travail. Elle avait perdu son mari en 1959. Il avait été broyé par une machine dans sa scierie. Weasel avait ensuite partagé le lit d’Eva. Mais si elle l'hébergeait en échange de petits travaux, il ne se passait plus rien entre eux depuis neuf ans.

9

C'était l'heure de la récréation à l'école primaire de Stanley street. Richie Baddin était le caïd de l'école. Il avait 11 ans et pesait 65 kg. Les plus grands avaient une peur panique de lui et les plus petits le considéraient comme le totem de la cour de récré. Pétrie était fort en maths et c'était le chouchou. Richie le provoqua. Il le traita de pédé mais Pétrie lui répondit qu'il était un gros tas de merde. Richie et Pétrie luttèrent mais Pétrie bâtit le caïd qui fut obligé de demander pardon.

10

Dud Rogers était le gardien de la décharge municipale de Salem. Il était bossu. Dud aimait sa décharge. Il aimait houspiller les enfants qui venaient chiper des bouteilles, il aimait régler la circulation des voitures et choisir le lieu de dépôt des ordures. Il se faisait de l'argent sur les meubles et les moteurs qu'il récupérait. Il aimait faire du feu pour brûler les ordures. Il aimait tuer les rats avec son fusil.

11

A midi, la sirène de la ville gémit pour annoncer aux élèves des trois écoles de Salem l'heure du déjeuner. Lawrence Crockett était le deuxième représentant de la population au conseil de la ville et propriétaire de l'Immobilière du Maine. Il vit une voiture devant Marsten House. C'est lui qui avait vendu la maison un an plus tôt. Celui qu'il avait achetée s'appelait R. T. Straker. Straker était chauve et avait de longs doigts. Il voulait acheter la vieille laverie de Salem et Marsten House pour un dollar. Il sortit des documents qu'il fit lire à Crockett. Il voulait monter un magasin de meubles avec un département d'antiquités pour les collectionneurs avec un associé. Straker dit à Larry que le terrain sur lequel le centre commercial allait être construit serait à Larry s'il souscrivait à trois conditions. Larry devait vendre la laverie et Marsten House à Straker pour un dollar et Larry devrait verser un complément aux propriétaires correspondants au minimum requis pour ne pas attirer l'attention de l'administration fiscale. Ensuite Larry ne devrait rien dire sur la transaction. Enfin Larry devrait prêter ses services pour que Straker retape Marsten House. Larry accepta le marché à condition que les documents de Straker soient validés et que si Straker faisait quelque chose d'illégal, il ne voulait pas le savoir. Larry avait signé l'affaire mais avait compris qu'il s'était livré pieds et poings liés à Straker et à son associé, l'invisible M. Barlow.

Un an après Straker était à Marsten House et allait ouvrir son magasin.

12

Susan alla se faire couper les cheveux chez Babs. Babs demanda à Susan si elle avait vu qu'une nouvelle boutique avait ouvert ses portes.

13

Bonnie Sawyer habitait une vraie maison, pas une caravane, avec son mari Reg qui gagnait bien sa vie comme mécanicien au garage Pontiac à  Buxton. Elle avait un amant, Corey qui n'avait que 22 ans.

 

14

Ben Mears pouvait aller chez les Norton la conscience tranquille car il avait bien travaillé. Il vit une voiture devant Marsten House. Il eut une crispation de terreur.

15

Matthew Burke était professeur au lycée. Il avait 63 ans. Il préparait une pièce avec des élèves. Malgré son âge, Matt trouvait encore du plaisir à enseigner. Il n'était pas très doué pour mettre de la discipline dans les classes et il n'avait pas pu devenir censeur. Ses élèves n'avaient ni culte ni passion pour lui. Mais nombre d'entre eux le respectaient. Il aimait son travail. Il n'avait jamais été marié et n'avait pas de famille. Sauf un frère qui ne lui écrivait jamais. C'était un solitaire, mais sa solitude n'avait pas fait de lui un dérangé. Il vit qu'on avait remis des volets à Marsten House et qu'une voiture était garée devant.

16

Le père de Susan, Bill Norton, premier représentant au conseil de la ville, était surpris de se rendre compte qu'il avait de la sympathie pour Ben Mears. Il était entré dans la marine à 16 ans. Bill ne partageait pas l'empathie de sa femme pour Floyd Tibbits mais il ne le détestait pas non plus.

Susan présenta Ben à ses parents. Bill s'était hissé à la force du poignet jusqu'à la position qu'il occupait maintenant au syndicat des dockers de Portland et quand il se serrait la main de quelqu'un c'était du solide.

Ben et Bill discutaient en buvant de la bière sur la terrasse. Ils mangèrent tous les quatre et Bill battit Ben au badminton. Bill avait apprécié Ben car ce n'était pas un rêveur et il était travailleur mais Ann restait réticente.

17

Floyd Tibbits alla chez Dell. Il était directeur adjoint à la banque. Il pensait qu'il vivrait avec Susan. Il n'y avait qu'un autre client, c'était le fils de Bryant. Dell dit à Floyd que le chien de l'oncle de ce dernier avait été tué. Dell pensait que c'était des gosses qui avaient fait le coup et que c'était des adorateurs de Satan.

18

Marjorie Glick dit à ses fils Danny et Ralphie de ne pas rentrer trop tard. Les deux frères allèrent voir Mark Petrie. Danny avait commis l'erreur de révéler à son frère que Mark Petrie possédait la collection entière des monstres en plastique Aurora. Danny parla à son frère de Jerry Kingfield, un gosse qui était mort peut-être à cause des sables mouvants ou tué par un obsédé sexuel dans les marais. Ralphie eut peur mais Danny aussi, ils se sentaient suivis.

19

Mabel Werts était une opulente personne de 74 ans. C'était comme un recueil vivant de toutes les histoires de la ville. Sa mémoire s'étalait sur 50 ans de nécrologie, d'adultère, de vols et d'égarements divers. Elle était veuve et passait son temps derrière sa fenêtre avec ses jumelles. Elle épiait Marsten House et les conversations téléphoniques des gens de Salem.

20

Tout le monde dormait à Salem sauf Georges Boyer qui travaillait la nuit et Win Purinton qui ne pouvait trouver le sommeil à cause de la mort de son chien.

Au cimetière d'Harmony Hill, une silhouette sombre se tenait derrière le portail. Elle apportait en sacrifice au diable le cadavre d'un enfant.

 

Danny Glick et les autres.

 

1

Ne voyant pas revenir ses enfants à dix heures, Marjorie Glick prit son téléphone pour appeler les Petrie.Mrs Petrie lui répondit qu'ils n'étaient pas chez elle. Henry, le mari de Marjorie proposa à M. Blick de partir à la recherche des enfants. Mais Danny revint seul.

Une chose les avait suivis. Il se rappelait seulement que d'un coup Ralphie n'était plus là. Parkins Gillespie, Nolly Gardener, Tony Glick et Henry Petrie partirent à la recherche de Ralphie. Mais en vain. Le lendemain à l'aube, la police de l'État et celle du comté entreprirent un quadrillage des bois mais sans succès. Pendant quatre jours on élargit le champ de recherche puis en dragua la Taggart Stream et la Royal River. Cela ne donna rien. Danny tomba malade. Il avait vieilli de 10 ans en moins d'une semaine. Les médecins voulaient le garder à l'hôpital car il avait des problèmes sanguins. Marjorie crut à une leucémie et s'évanouit.

2

Ben Mears s'était associé aux recherches de Ralphie. Au bout du troisième jour, il rentra fourbu chez Eva. Dans la cuisine, il rencontra Susan qui préparait un repas. Susan lui demanda s'il croyait que Ralphie était mort. Ben pensait que oui. Elle lui proposa de venir chez elle car son père le souhaitait. Elle voulut lui dire « je t'aime » mais il regardait Marsten House.

3

Lawrence Crockett était devenu riche grâce à son marché avec Straker mais il ne le montrait pas. Son bureau était miteux et même parmi les habitants les plus bienveillants de Jérusalem’slot on pensait qu'il était un raté fini. À partir de 1957 cela avait changé. Il décida que les caravanes c’était l'avenir. Il avait acheté trois caravanes, il les planta sur des lopins de terre et les mit en vente. En seulement trois mois tout était vendu et Crockett fit 10 000 $ de bénéfices. Le jour où Straker était entré dans son bureau, Crockett pesait près de 2 millions de dollars. Crockett n'avait rien changé à sa vie, même après avoir conclu son pacte avec l'inquiétant M. Straker.

4

Straker appela Crockett pour lui demander un grand camion et deux déménageurs. C'était pour une douzaine de caisses et un buffet de grande valeur.

5

Royal Snow et Hank Peters étaient les deux déménageurs. Ils chargèrent les caisses dans leur camion mais furent dérangés par des rats.

Ils regardèrent la facture et virent qu'elle ne comportait aucun tampon de la douane. Ils emmenèrent les caisses jusqu'aux magasins et y sentirent une odeur de charogne. Les deux hommes regardèrent Marsten House, ils en avaient peur. Mais ils y amenèrent quand même le buffet. Mais pris de terreur, ils avaient oublié de mettre les cadenas sur la caisse. Il dure retourner dans la maison et tirèrent au sort celui qui devrait retourner dans la cave. Cela tomba sur Hank. Il vit dans la cave un jean et un tee-shirt. Effrayé, il regagna le camion en courant.

6

Larry Crockett s'apprêtait à fermer boutique quand il vit revenir Hank Peters, le visage encore marqué par l'angoisse. Il servit à Hank une bonne dose de whisky. Hank dit à Larry qu'il avait vu des vêtements dans la cave. Il avait fait le rapprochement avec Ralphie. Il voulait en parler à la police mais Larry la lui déconseilla car la police pourrait s'intéresser au passé de Hank qui n'était pas glorieux. Pour le faire taire Larry lui donna 50 $. Straker l'appela et Larry lui dit que  c'était fait.

7

La nuit qui suivit, Hank Peters rêva que d’énormes rats surgissaient d'une tombe ouverte qui contenait le corps d’Hubie Marsten une corde au cou.

8

Le magasin d'alimentation de Milt Crossen était l'endroit où les vieux se donnaient rendez-vous quand il pleuvait et que le parc était impraticable. Quand Straker entra, les conversations s'arrêtèrent. Son regard fit le tour du groupe. Il y avait là Milt Crassen, Pat Midler, Joe Crane, Vinnie Upshaw et Clyde Carless. Straker les salua. Straker acheta de la viande et du pain de mie. Le paquet de Straker devait peser 15 kg mais il le tint comme si c'était un paquet de plumes et il partit. Milt remarqua que les billets que Straker lui avait donnés dataient de 50 ans et qu'il pourrait en tirer un bon prix chez un collectionneur.

9

Le mercredi 24 septembre, Ben était en train d'écrire quand Parkins Gillespie vint le voir. Il avait amené « la fille de Carway » que Ben dédicaça à la femme du policier. Mais Ben savait que la fin du policier était morte. Alors il comprit que la dédicace était pour Parkins. Parkins voulait savoir où était Ben la nuit où Ralphie avait disparu. Ben répondit qu'il était chez les Norton et qu'il était rentré pour écrire. Parkins voulu savoir ce que Ben écrivait mais il refusa de le lui dire. Le policier ne faisait que son boulot et Ben ne lui en voulait pas.

10

Parkins alla voir Straker. Il prétendait que c'était pour lui souhaiter la bienvenue mais c'était pour tâter le terrain. Le policier glissa subrepticement une question sur Ralphie. Straker prétendit que la disparition du gosse était triste.

11

Parkins appela le FBI pour avoir des renseignements sur Ben, Straker et son assistant Barlow.

12

Les habitants de Salem communiquèrent de plus en plus par téléphone pour parler de Ben, de Straker et des faits bizarres liés à Straker. 13

A l'hôpital, on diagnostiqua une anémie primaire à Danny et on le laisserait sortir.

14

Une infirmière vit que Danny était mort dans sa chambre.

 

5 -Ben (II)

1

le 25 septembre, Ben dîna de nouveau chez les Norton. Les relations qu'entretenait Ben avec les Norton n'avaient pas changé. Il voyait bien que Bill avait pour lui une sympathie de jour en jour croissante. Seule Ann était toujours aussi froide avec lui. Elle pensait que Floyd était une meilleure solution pour sa fille et elle pensait que Ben, comme les écrivains, était soit pédéraste, soit obsédé sexuel ou encore suicidaire ou maniaque. Ann apprit à Ben que Danny était mort. Bill demanda à Ben s'il pensait que Ralphie réapparaîtrait vivant mais Ben pensait que non. Ben proposa à Susan  une glace chez Spencer mais Ann voulut s'y opposer à cause des événements récents. Bill intervint en faveur de Ben. Ann voulut savoir combien de temps Ben resterait à Salem. Il ne savait pas trop.

2

Susan ne voulut pas aller chez Spencer et proposa à Ben d'aller dans le parc. Elle lui dit que sa mère lui avait raconté que Parkins cherchait des renseignements sur lui. Ann le voyait déjà jugé et condamné. Susan voulut savoir quel était le sujet de son nouveau livre. Elle lui demanda de lui faire l'amour.

3

Ben révéla à Susan que son livre était sur Marsten House. Il avait fait une enquête sur Hubie. C'était un tueur. Sa société de transport n'était qu'une façade. Il l’avait appris par Minelle Corey, la soeur de la Birdie Marsten. Il avait commis de nombreux meurtres dont celui d'un enfant. Quatre enfants avaient disparu et Ben pensait que Hubie en était responsable. Quand sa soeur était morte, Minelle l'avait senti et s'était évanouie. Ben pensait que Marsten House pouvait être le monument au mal d'Hubert Marsten, une sorte de plaque de résonance psychique. Ben vouluait louer Marsten House avec l'espoir d'écrire un livre qui lui rapporterait 1 million de dollars. Il pensait que la disparition de Ralphie était liée à la maison. Il avait peur que la maison ait attirée une autre incarnation du mal.

4

Ann attendait sa fille. Elle avait appelé chez Spencer et savait que Ben et Susan n'y étaient pas allés. Elle souhaitait qu'il s'en aille.

5

Susan demanda à Ben de ne parler à personne de ses hypothèses sur Marsten House. Elle lui conseilla de fermer la porte de sa chambre car on se méfiait de lui.

6

Ben alla chez Dell car il était incapable d'écrire. Il y avait foule. Weasel Craig le vit et l'appela. Ben lui offrit à boire. Weasel reconnut Matt Burke et l'appela. Il le présenta à Ben. Matt avait lu un livre de Ben, « Un air de danse ». Matt était enseignant et Weasel pensait qu'il aurait des choses à dire à Ben. Matt voulut savoir si Ben écrivait sur Salem et il répondit que oui, d'une certaine façon. Matt voulait lui aussi écrire sur Salem mais pensait ne pas avoir le talent. Matt voulut savoir si Ben travaillait sur Marsten House. Le téléphone arabe avait fonctionné. C'est Loretta Starcher qui lui avait dit. C'était la bibliothécaire de Salem. Matt pensait aussi que Marsten House dominait la ville comme une idole maléfique.

Ben avoua qu'il parlerait de Marsten House dans son livre. Matt demanda à Ben de venir dans sa classe et il accepta. Weasel s'était effondré dans les toilettes et Ben et Matt allèrent le chercher. Ben le raccompagna chez Eva.

7

Eva n'était pas couchée et elle prit le relais pour s'occuper de Weasel.

6 : Salem (II)

1

L'automne était en train de revenir sur Salem.

2

Cette année-là, l'automne commença le 28 septembre, le jour où Danny Glick fut enterré au cimetière d'Harmony Hill. Il y eut du monde au cimetière. Le père Donald Callahan procéda à la lecture du missel, au chapitre consacré aux funérailles des enfants.

3

Les porteurs du défunt, deux oncles et deux cousins descendirent le cercueil dans la fosse. Marjorie Glick, son visage livide à demi dissimulé sous un voile épais, s'appuyait au bras protecteur de son père. Tony Glick, l'air égaré, se tenait à distance. Tony Glick explosa, il refusa qu'on mette de la terre sur son fils. Il tomba dans le trou et atterrit sur le cercueil avec un horrible bruit sourd. Il fallut trois hommes dont Parkins Gillespie et Nolly Gardener pour sortir Glick de la tombe, hurlant et se débattant comme un forcené. Marjorie s'était évanouie.

4

Mike Ryerson s'assit au bord de la tombe et mangea un sandwich. Il se sentit épié. Il attendait son collègue Royal qui ne venait pas. Pour une fois son travail le mit mal à l'aise. Il termina son travail et une fois sorti du cimetière, il n'eut plus cette impression pénible d'être surveillé.

Mike s'était senti regarder par Danny Glick au moment où il recouvrait son cercueil de terre. Alors il déterra Danny et ouvrit le cercueil. Les yeux de l'enfant étaient ouverts. Son visage était rose et non pale.

5

Mark Petrie travaillait dans sa chambre sur une maquette du monstre de Frankenstein et écoutait parler ses parents en bas, dans le salon.

Il avait le teint clair, presque laiteux, et ses traits, qu'on allait plus tard trouver aquilins, semblaient pour le moment légèrement efféminés. Cela lui avait déjà causé quelques ennuis, même avant l'histoire qu'il avait eue avec Richie Baddin. Richie avait proclamé dans toute la cour de récré que lui et Mark Petrie étaient copains. Mark, même s'il considérait que Richie était un gros connard, n'avait pas démenti l'information. Mark avait été renvoyé de l'école ce jour-là et son père en avait été fâché mais Mark le fit rire quand il lui dit que Hitler n'était rien d'autre qu'un Richie Baddin qui avait réussi. Ses parents parlaient de lui. Ils regrettaient de n'avoir pas vu d'autres enfants pour que Mark soit moins seul. Ils se demandaient si leur fils n'avait pas été traumatisé par l'enterrement de Danny et ne voulaient plus le laisser sortir après le coucher du soleil. S'il y avait quelque chose qui distinguait Mark des autres, c'était la maîtrise qu'il avait de lui-même et le recul qu'il savait prendre vis-à-vis des choses et des gens. La disparition de Ralphie lui avait fait un coup et la mort de Danny aussi, mais il n'avait pas eu peur.

6

Ray McDougall rentra dans sa caravane. Sa voiture était une épave et sa vie n'était pas mieux. Le gosse beuglait dans la caravane et Sandy lui hurlait dessus. Il s'était saoulé chez Dell. Il ne comprenait pas pourquoi Sandy l'engueulait alors qu'il travaillait toute la semaine pendant qu'elle passait son temps devant la télé à manger des Mon chéri. Elle grossissait. Randy saignait du nez et Ray voulut savoir ce qui s'était passé. Il cria sur sa femme pour qu'elle lui apporte à manger et qu'elle nettoie la caravane. Elle lui obéit. Elle lui proposa même de faire l'amour.

7

Tom Hanrahan du FBI donna à Parkins les renseignements qu'il voulait. Ben avait été entendu par la police, à la suite d'un accident mortel de la circulation dans les années 1970 mais il n'y avait pas eu de poursuite. Sa femme était morte dans un accident de moto. Ben était plutôt gauchiste. Quant à Kurt Barlow, il était britannique par naturalisation mais d'origine allemande. Il s'était réfugié en Angleterre en 1938, sans doute poursuivi par la Gestapo. Son vrai nom était Breichen. Il faisait de l'import-export à Londres depuis 1945 mais personne ne l'avait jamais lu. Straker était anglais lui aussi, il avait 58 ans. Son père ébéniste lui avait légué une fortune. Il n'y avait aucun lien entre Ben Mears et les deux autres.

 

8

Dud Rogers était dans sa décharge. Il tuait des rats. Un homme arriva. Il voulait juste voir le feu et avait un accent. Il demanda s'il y avait des loups et des fantômes dans la région. Il demanda à Dud si sa bosse ne le gênait pas dans son travail. Dud répondit non. L’homme l’hypnotisait. L'étranger s'approcha et Dud compris tout, l'accepta et, quand vint la douleur, elle fut douce comme l'argent et verte comme l'eau qui dort dans les profondeurs.

9

Le père Callaghan voulut boire du whisky mais il renversa la bouteille. Il nettoya pour que Rhoda Curless, sa gouvernante, ne voit pas la tâche. Il avait quand même eu le temps de s'enivrer. Depuis sept ans il écrivait un livre sur l'Eglise catholique en Nouvelle-Angleterre. Sandy McDougall lui avait confessé qu'elle battait son fils. La vérité de sa condition lui était apparue de plus en plus clairement depuis un certain temps, depuis trois ans peut-être. Il voulait prendre la tête d'une division, mais dans quelle armée ? Il voulait voir le Mal dépouillé de ses voiles trompeurs.

7 Matt

1

Ben vint faire une conférence le mardi matin dans la classe de Matt. Il s'était bien habillé ce qui surprit Matt qui s'attendait à le voir vêtu de façon décontractée.

2

Matt invita Ben à dîner chez lui. Ben avait bien aimé les élèves de Matt. Ils avaient posé de bonnes questions. Matt posa des questions sur le nouveau livre de Ben. C'était une histoire romancée et ben l'écrivait avec l'idée de se faire de l'argent. Cela parlait de Salem. Il y aurait une série de crimes sanglants et sexuels. Matt lui dit que la dernière fois que Marsten House avait été habité quatre gosses avaient disparu. Et maintenant, c'était Ralph Glick. Matt voulut savoir ce que Ben pensait de Straker. Mais Ben ne voulait pas le rencontrer car s'il découvrait que Straker était un homme d'affaires comme les autres, son élan en serait peut-être brisé. Matt parla de la limite de Danny Glick qui avait provoqué sa mort. Matt conseilla à Ben de ne parler de son livre personne et il devina que Susan le lui avait déjà conseillé. Matt proposa à Ben aller avec lui chez Susan à  Marsten House.

3

Matt se rendit chez Dell. Il alla parler à Mike Ryerson qui avait été un de ses élèves favoris. Il savait que plusieurs de ses anciens élèves s'étaient détruits avec la drogue et demanda à Mike s'il en prenait. Mais Mike répondit que non. Mais il était malade depuis l'enterrement de Danny Glick. Il ne se souvenait plus de ce qui s'était passé après l'enterrement. Il avait beaucoup dormi. Quand il s'était levé, la fenêtre de sa chambre était ouverte et il avait rêvé que quelqu'un était à la fenêtre et qu'il s'était levé pour le faire entrer. Il était malade et fatigué alors Matt le ramena avec lui.

4

Matt vit que Mike était d'une pâleur effroyable car il était en slip. Il avait des marques sur la gorge.

5

Matt n'arrive pas à trouver le sommeil et la seule chose qui l'empêcha d'appeler Ben Mears fut la certitude que tout le monde dormait chez Eva. Matt pensa au vampire mais il se dit que des oeuvres comme le Christabel de Coloridge ou les contes diaboliques de Bram Stoker devaient tout à l'imagination de leurs auteurs. Mais Mike avait été pratiquement saigné à blanc. Matt avait peur. Il entendit deux mots prononcés par Mike Ryerson d'une voix atone : « oui, entre ». Matt se sentit défaillir d'angoisse. Il entendit, assourdi par la distance, le bruit d'un verrou qu’on tourne, puis le grincement d'une fenêtre qu'on ouvre. Il entendit un rire d'enfant, un rire cristallin et diabolique… Suivi par des bruits de succion.

Deuxième partie : l'empereur des crèmes glacées.

8 Ben (III)

1 Matt appela à Ben à 4:00 du matin. Il voulut qu'il vienne chez lui avec un crucifix. Éva lui en donna un.

2

Matt sortit de sa maison pour accueillir un Ben. Il amena dans sa cuisine. Sur la table se trouvaient une vieille bible et un revolver. Matt lui dit qu'il serait le seul à comprendre ce qui se passait et il lui parla de Mike et de Danny Glick.

3

Ben et Matt allèrent voir Mike dans sa chambre. La fenêtre était ouverte alors que Matt l'avait fermée au verrou. Sur le drap de Mike il y avait une petite tache de sang. Il n'y avait pas de marques sur le cou de Mike Ryerson mais il ne respirait plus.

4

Matt dit à Ben et si l'on en croyait la légende, les marques disparaissaient quand la victime mourrait. Matt proposa à Bend d'enfoncer un pieux en frêne dans le coeur de Mike mais Ben ne voulait pas qu'on l'enferme chez les fous. Il conseilla à Matt de ne parler à personne de ce qu'il pensait à propos de Mike et Danny Glick pour qu'on ne se moque pas de lui. Matt appela le docteur Cody sur les conseils de Ben. Il appela ensuite Parkins.

5

Matt guida Parkins jusqu'à la chambre. Le policier passa d'un côté du lit à l'autre afin d'examiner le corps sous tous ses angles. Cody arriva. Il ausculta Mike et affirma qu'il était mort.

6

Matt présenta Ben à Jimmy Cody. Benton Norbert, le médecin légiste en second, arriva. Il était accompagné d'un homme qui portait un énorme appareil photographique. Parkins demanda des explications à Matt et à Ben. Ils ne dirent pas ce qu'ils pensaient vraiment.

7

A 9:30, tout était réglé. Le corbillard de Carl Forman avait emporté le corps de Ryerson, officialisant ainsi sa mort. Parkins avoua à Ben qu'il s'était renseigné si sur lui auprès du FBI qui lui avait confirmé que la réputation de Ben était sans tâche. Il savait que Ben fréquentait Susan. Il déclara que c'était cette foutue Marsten House qui leur jetait un mauvais sort. Ben demanda à Matt s'il était toujours d'accord pour aller voir Straker. Il confirma. Matt dit à Ben qu'il avait entendu un rire d'enfant dans la nuit et qu'il pensait que c'était Danny.

8

Ben revint chez Eva. Elle voulut savoir pourquoi Matt voulait un crucifix. Ben répondit juste que Matt devait croire que Mike était catholique. Ben dormit.

9

Ben se réveilla dans l'après-midi avec l'idée d'essayer de sortir de la tête de Matt ses élucubrations.

10

Ben voulut appeler Susan et sortit prendre sa voiture mais Floyd Tibbits l'attendait. Il lui rentra dedans.

9 Susan (II)

1

Susan avait vendu deux de ses peintures et s'était offert deux jupes et un cardigan. Ann attendait pour lui annoncer la mort de Mike et que Ben était avec lui. Ann répéta les commérages sur Ben prétendant qu'il était ivre quand il avait eu son accident de moto. Les ragots venaient de Mabel qui les tenait d'un torchon à sensation.

Exaspérée, Susan lui dit qu'elle allait s'en aller et prendre un appartement. Sa mère la secoua et l'insulta. Alors Susan lui balança une claque. Ann fut stupéfaite mais elle dit à sa fille que Floyd était venu. Susan déclara que tout était fini avec lui. Malgré tout Ann avait réussi à semer le doute dans le coeur de Susan. Elle en venait à haïr sa mère.

Eva appela Susan pour lui dire que Floyd avait tabassé Ben. Quand Carl Foreman l’avait emmené à l'hôpital, il était inconscient. Susan dite à sa mère ce qu'avait fait le « gentil » Floyd.

2

Susan alla voir Ben à l'hôpital. Elle était la seule à venir le voir. Un médecin arriva et lui dit que Ben avait le crâne fêlé et un oeil poché. Elle alla le voir mais il dormait. Il se réveilla et lui dit qu'il avait eu le temps de faire sauter deux ou trois dents de Floyd avant qu'il ne l'envoie dans le décor. Il lui dit d’aller voir Matt et lui parla de Callahan.

3

Eva Miller et Weasel Craig étaient dans la salle d'attente ce qui rassura Susan. Évalué appris que Parkins avait enfermé Floyd.

4

Susan alla voir Matt. Il portait un lourd crucifix. Elle trouva ça grotesque. Ele lui dit ce qui était arrivé à Ben. Matt savait que Susan avait vu Straker et voulut savoir ce qu’elle en avait pensé. Elle l'avait trouvé charmant. Elle avait éprouvé une vague attirance d'ordre sexuel tel qu'on peut en éprouver pour un homme nettement plus âgé que soit, très courtois. Mais elle avait senti un certain mépris sous cette amabilité de surface. Et un certain cynisme. Elle avait senti en lui quelque chose de cruel.

5

Matt raconta l'histoire à propos de Mike. Susan convint qu'il se passait quelque chose mais ça ne pouvait être ce que Matt pensait. Elle raconta à Matt ce que Ben avait vu à Marsten House quand il était enfant. Elle lui dit qu'il était revenu à Salem pour essayer de s'en délivrer en le projetant dans son livre. Matt révéla à Susan qu'on suspectait Hubert Marsten d'avoir kidnappé de jeunes enfants pour les sacrifier au démon mais seuls quelques initiés étaient au courant de cette rumeur. Il savait que Ben pensait que le Mal venait de Marsten House mais Susan n'y croyait pas. Elle voulut que Ben et Matt quittent Salem pour leur santé. Elle se souvint que Ben lui avait demandé de parler de Callahan à Matt mais elle voulut pas pour ne pas attiser le feu. Matt entendit un bruit à l'étage et il voulut aller voir mais sans Susan.

6

Matt découvrit que Mike était assis sur le lit de la chambre d'amis. Mike sourit, il avait les dents pointues. Il dit à Matt : « regardez-moi ». Alors Matt montra son crucifix et Mike recula et tomba de la fenêtre. Mike avait disparu dans un nuage de poussière. Matt eut une crise cardiaque.

7

Susan appela Cody. Il lui dit d'appeler une ambulance.

8

Susan monte à voir Matt, elle eut peur. Elle avait entendu la voix de Mike qui ne lui avait pas paru humaine. Elle alla chercher une couverture et trouva par terre une bague avec les initiales de Mike, MCR. Alors elle crut tout ce que lui avait dit Matt.

10 Salem (III)

1

 

Les habitants de Salem étaient en majorité d'origine anglo-saxonne ou française. Être fermier ici, c'était s'épuiser au travail pour n'obtenir que des résultats misérables. Chaque habitant était tenu par Salem. Il n'y avait pas d'autre vie ici que la mort lente des jours, si bien que, lorsque le mal descend sur la ville, c'est un peu comme un sommeil doux et délicieux. La ville a ses secrets et elle les garde bien. Les habitants ne savent pas que Larry McLead avait trouvé dans Marsten House la correspondance brûlée entre Hubert et Breichen qui dura 12 ans. Cet échange avait débuté grâce aux bons offices d'un mystérieux libraire de Boston mort dans des circonstances sinistres en 1933.

Personne ne savait que l'incendie de 1951 était d'origine criminelle. Personne ne sait que Carl Forman a voulu crier, mais que son cri lui est resté dans la gorge quand il a vu, sur la table de préparation de la maison funéraire, Mike Ryerson trembler de tous ses membres, puis ouvrir les yeux et s'asseoir. Ni que le bébé McDougall ne s’est même pas débattu quand Danny Glick est entré par la fenêtre de sa chambre, l'a enlevé de son berceau et enfoncé ses dents dans sa gorge fragile bleuie par les coups que lui avait donnés sa mère.

2

Sandy découvrit son bébé inanimé et froid. Elle voulut lui donner à manger mais en vain alors elle hurla.

3

Tony Glick se réveilla le samedi matin en entendant sa femme tombée dans le salon mais elle n'avait rien. Il avait pris un congé et, depuis une semaine, il dormait énormément, d'un sommeil sans rêve, qui balayait tout. Margie avait pris les habits et les jouets de ces fils et en avait fait des paquets bien ficelés pour l'Armée du Salut. Sa femme tomba encore. Il vit qu'elle était pale. Il remarqua la forme curieusement proéminente de ses dents, mais n'y prit pas garde. Cela aurait pourtant dû l’éclairer.

4

Susan revint voir Ben. Elle lui dit que Matt avait eu une crise cardiaque. Ben voulut convaincre Susan que Matt n'était pas fou. Ben ne croyait pas que Matt avait rêvé à propos de Mike. Alors Susan avoua qu'elle avait entendu une voix avant la crise cardiaque de Matt et lui montra la bague qu'elle avait trouvée. Susan préférait croire que Matt était responsable de toute l'histoire. Ben dit à Susan qu'il ne porterait pas plainte contre Floyd. Susan voulut savoir pourquoi Floyd était allé chez elle avec un grand manteau, un chapeau, des lunettes de soleil et des gants de caoutchouc. Ben devina que Floyd ne supportait plus le soleil.

5

Floyd restait endormi dans sa cellule alors Nolly s'inquiéta.

Il ne savait pas quoi faire. Heureusement Parkins arriva. Mais Floyd ne bougeait toujours pas.

6

Franklin Badden et Virgil Rathlum allèrent à la décharge mais elle était fermée. Franklin défonça la porte avec sa voiture. Ils ne trouvèrent pas Dud et s'en allèrent.

7

Ben alla voir Matt dans sa chambre. Il dormait toujours mais son crucifix avait été enlevé alors il lui remit autour du cou.

8

Corey Bryant alla chez Bennie Sawyer. Elle était presque nue quand elle lui ouvrit. Il s'apprêta à lui faire l'amour quand le mari trompé, Reggie Sawyer arriva. Reggie mit son fusil dans la bouche de Corey et tira mais l'arme n'était pas chargée.

9

Reggie ordonna à Corey de fuir Salem et il s'exécute. Il rencontra un inconnu qui lui offrit une cigarette. Il prétendait s'appeler Barlow. Barlow l'hypnotisa. Barlow s'approcha de lui et en inclinant la tête.

10

Susan appela Ben pour lui dire que Floyd Tibbits était mort d'une anémie et le bébé McDougall aussi. Carl Foreman avait disparu et le corps de Mike Ryerson aussi. Ben demanda à Susan si elle avait un crucifix et elle répondit que non. Alors il lui ordonna d'en fabriquer un.

11

Buddy Bascomb et Bob Greenbey travaillaient à la morgue de Portland. Ils virent que le corps de Tibbits avait disparu et le bébé McDougall aussi.

12

Mark Petrie vit Danny Glick derrière sa fenêtre. Quand Danny vit le regard de Mark fixé sur lui, il découvrit ses dents longues et pointues en un sourire hideux. Mark savait que Danny ne pourrait entrer s'il ne l'invitait pas. Il l'avait lu dans ses BD. Il fut attiré par le regard de Danny mais réussit à s'en détacher. Il prit un crucifix en plastique. Il demanda à Danny d'entrer.

Danny allait le mordre mais Mark, d'un geste circulaire du bras, réussit à appliquer par surprise la croix sur la joue de Danny. Son cri fut horrible et son sourire se transforma en une affreuse grimace d'agonie. La créature hideuse tomba dans la nuit et se transforma en fumée.

13

Le père de Mark arriva pour savoir ce qui s'était passé. Marc lui dit seulement qu'il avait fait un cauchemar. Après, Mark dormit paisiblement, la croix en plastique dans sa main.

11 Ben (IV)

1

Susan appela Ben pour lui dire qu'elle était dans la chambre de Matt et qu'il voulait lui parler.

2

Matt dit à Ben qu'il était rassuré par le crucifix. Il était stabilisé et sa crise cardiaque était sans gravité. Ben et Susan voulaient voir Cody pour lui cracher le morceau. Matt raconta à Ben ce qui s'était passé avec Mike Ben le croyait mais Susan ne voulait pas croire aux vampires. Ben demanda à Matt d'être le maître de recherche sur ce qui se passait à Salem.

Matt se ferait apporter des livres de la bibliothèque. Ben voulait convaincre le Dr Cody d'exhumer Danny Glick. Ben ne voulait plus aller chez Straker même s'il pensait que ce n'était pas un vampire car il se promenait de jour. Matt conseilla à Ben et Susan d'aller voir Callahan au cas où ils déterreraient eux-mêmes Danny Glick.

5

Cody ausculta Ben et le déclara guéri. Cody apprit à Ben et Susan que les corps de Tibbits et de Randy avaient disparu.

Ben et Susan racontèrent tout ce qu'ils savaient à Cody. Il ne voulut pas en rire car il savait que cela venait de Matt. Le docteur accepta d'exhumer Danny.

Il parlerait d'une encéphalite pour obtenir l'autorisation. Cody se demanda pourquoi seul le corps de Danny n'avait pas disparu.

5

Ben et Jimmy Cody arrivèrent chez les Glick. Ils n'était pas chez eux. Ben et Cody allèrent se renseigner à l'Excellent. Pauline leur apprit que Marjorie était morte et que Tony était à l'hôpital. Le corps de Marjorie avait été emmené par Parkins à la maison funéraire de Cumberland.

6

Ils allèrent à la maison funéraire tenue par Maury Green.

7

Jimmy pensait à la relative facilité avec laquelle une colonie de vampires arrivait à se constituer car personne ne s'en rendait compte à Salem.

8

Susan avait déjà rangé presque toutes ses affaires pour partir de chez ses parents. Elle voulait aller chez Straker et s'empara d'un piquet pour s'en servir comme pieu. Puis elle acheta le Times et une croix dorée. Arrivée à Marsten House, elle vit Straker qui partait en voiture.

9

Jimmy présenta Ben à Maury Green. Il demande à Maury si Norbert était déjà venu chercher Marjorie. Maury répondit que non. Jimmy avoua que lui et Ben voulaient veiller Marjorie et Maury fut étonné.

10

Jimmy examina le corps de Marjorie. Elle n'était pas livide et elle n'était pas raide. Jimmy n'avait pas de croix alors il s'en fit une avec deux abaisse-langue. Ben et Jimmy psalmodièrent.

Le drap qui recouvrait le corps de Marjorie se mit à trembler. Une main glissa en dehors du drap et ses doigts se tordirent en une sarabande convulsive.

Marjorie se leva et en voyant Ben et Jimmy elle ouvrit la bouche toute grande en un affreux rictus de rage. Ben s'aperçut que ses yeux sombres l'hypnotisaient et il en arracha son regard. Jimmy tendit sa croix et Mrs Glick, visiblement démontée, émit un sifflement et leva les mains pour cacher son visage. Elle recula d'un pas en chancelant.

Ben posa sa croix sur elle. Jimmy passa derrière la table et, quand elle eut reculé jusque-là, il lança ses deux bras en avant et la saisit par le cou en hurlant comme un dément.

Contre toute attente, elle réussit à saisir Jimmy et à le lancer à travers la pièce. Marjorie fonça sur lui et le mordit au cou. Jimmy se mit à hurler, de ces hurlements perçants de ceux qui se savent condamnés. Ben la saisit par le col de sa robe de chambre et la releva d'un coup. Il brandit la croix au moment même où elle l'étreignait avec une force qui le fit défaillir. Elle se rejeta en arrière mais se releva aussitôt. Elle lui découvrit ses crocs. Ben brandit la croix et réussit ainsi à la faire reculer jusqu'au fond de la pièce. Quand il l’aurait acculée au mur, il lui enfoncerait la croix dans le front. Mais, au moment précis où il était parvenu à coincer Marjorie contre le mur d'angle, elle lâcha un rire aigu qui le fit tressaillir puis elle disparut. Et Jimmy hurlait.

11

Ben voulut toucher Jimmy mais il refusa car Marjorie l’avait souillé. Jimmy lui demanda sa sacoche. Jimmy tira de sa sacoche une bouteille de désinfectant et en versa le contenu sur sa blessure.

Il prépara une seringue d'antitétanique et demande à Ben de le piquer. Puis il demanda à Ben de passer la croix sur lui. Mais quand il appliqua la croix sur Jimmy, il ne se produisit rien. Jimmy révéla à Ben que quand Marjorie l’avait mordu, ça lui avait fait plaisir et qu'il avait bandé. Alors Jimmy frappa Ben et il s'assit à côté de lui. Il lui expliqua qu'il l'avait frappé pour que Maury croit que quelqu'un s'était introduit dans la salle mortuaire pendant que Jimmy examinait Mrs Glick et qu'il avait assommé Ben, s'était jeté sur Jimmy et l’avait mordu. Le type en question portait une vareuse sombre, bleue ou noire et un bonnet en tricot, vert ou gris. C'est ce que devrait dire Ben.

Jimmy appela Maury puis le shérif du comté.

12

Ben retourna chez Eva et fit le bilan de tout ce qu'il avait vécu. Le shérif avait interrogé Ben et Jimmy, pendant que deux de ses adjoints prenaient des photos et saupoudraient les meubles afin de relever d'éventuelles empreintes digitales. Jimmy avait expliqué qu'ils s'étaient rendus à la maison funéraire à cause de la prétendue encéphalite de Mrs Glick. Le shérif voulut savoir pourquoi Ben était présent alors qu'il n'était pas médium. Ben répondit qu'il était écrivain et qu’il avait besoin de voir une chambre funéraire pour son livre. Le shérif restait perplexe car il ne comprenait pas pourquoi Jimmy avait emmené Ben si l'encéphalite de Mrs Glick était contagieuse. Mais Jimmy répondit que la malade n'était pas si contagieuse.

Mc Caslin, le shérif savait que Jimmy et Ben mentaient. Mais il ne voulait pas les arrêter car il pensait qu'ils n'avaient commis aucun délit. Néanmoins il les convoqua dans son bureau pour le lendemain.

13

Ben dormit toute la nuit avec la lampe de bureau allumé. Il avait une croix près de lui. Avant de sombrer dans le sommeil, sa dernière pensée fut pour Susan. Était-elle en danger ?

12 Mark

1

Mark savait que les vampires ne sortaient pas en plein jour mais qu'ils avaient leurs âmes damnées ; des gens qu'ils avaient achetés ou dont ils s'étaient concilié les services par d'autres moyens. Il avait pris le pistolet de son père pour tuer Straker.

Mark avait pris une bûche en frêne que son père avait coupée et il en fit un pieu.

Il vit Susan qui elle aussi se rendait chez Straker. Mais Straker partit avec sa voiture. Mark rejoignit Susan. Il savait ce qu'elle voulait faire mais elle ne reconnut pas ses intentions alors Mark lui avoua que Danny avait essayé de l'attaquer. Alors elle eut honte d'avoir douté de l'histoire de Matt. Susan dit à Mark qu'elle voulait aller chez Straker pour se rendre compte des choses par elle-même. Elle attribua à Mark la direction des opérations. Mark lui conseilla de ne pas regarder le vampire dans les yeux et de réciter une prière quand ils l'approcheraient. Mark voyait que le courage allait manquer à Susan et il lui serra la main. Mark entra dans Marsten House en brisant la fenêtre mais Susan avait peur et il lui dit qu'elle pouvait partir mais elle tint le coût. La maison puait les larmes, le vomi, les ténèbres.

Mark et Susan savaient qu'ils n'étaient pas seuls malgré le silence.

2

Mark vit un livre mais il était écrit en latin et lui et Susan ne comprenaient pas et ce livre avait l'air diabolique à cause des illustrations. Mais Straker était là. Il frappa Mark qui s'évanouit. Quand Mark revint à lui, on le portait en haut d'un escalier, qui n'était pas celui de la cave. Le soleil n'était pas tout à fait couché. Il restait donc une lueur d'espoir. Straker avait pris le pistolet de Mark. Straker avait mis Susan à la cave. Il frappa à nouveau Mark. La peur de Mark paralysa son intelligence quand Straker l'emmena dans la chambre où Marsten s'était pendu. Mark avait lu un livre sur Houdini et il avait appris que le magicien pouvait se libérer quand il était ligoté en bandant les muscles avant qu'on l'attache et en se décontractant une fois ligoté. Mark se laissa ligoter par Straker bandant les muscles. Il se concentra sur lui-même et ne pensa à rien d'autre. En se décontractant il réussit à libérer ses mains. Il se libéra complètement juste avant le coucher du soleil. Straker revenait. Mais Mark avait réussi à arracher un pied du lit.

4

Au moment où la porte s'ouvrit, Mark se tenait derrière, prêt à bondir. Il brandissait son pied de lit comme un indien son tomahawk. Il frappa Straker à la tempe. Plié en deux, titubant, Straker s'avança. Son visage était convulsé de haine. Il étendit le bras pour attraper Mark qui lui assèna un deuxième coup. Straker s'écroula. Mais la main de Straker lui saisit la cheville, alors Mark lui brisa la main et Straker lâcha prise. Mark savait que l'heure des vampires approchait. Aller à la cave pour tenter de sauver Susan, c'était s'enrôler dans les rangs des morts-vivants. Et pourtant il y alla. Il appela Susan puis il y eut alors comme une détonation sèche, suivie d'un rire qui n'avait rien d'humain. Susan poussa un cri, qui se transforma en gémissement, puis s'éteignit. Une voix lui demanda de descendre, c'était Barlow. Mark rentra chez lui en courant. Ses parents étaient inquiets mais il ne leur dit pas ce qui lui était arrivé.

5

Lundi, au petit matin, on grattait à la vitre de Mark. C'était Susan transformée en vampire. Marque brandit sa croix et la pressa contre la vitre. Susan siffla comme si on l'avait ébouillantée. Elle disparut.

13 le père Callahan

1

Le père Callahan vint voir Matt à l'hôpital. Loretta Starcher avait excepté de lui amener des livres mais était repartie mécontente parce que Matt avait refusé de répondre à ses questions sur ses lectures insolites. Callahan regarda les livres de Matt. Ils concernaient tous les vampires. Le prêtre s'était lui aussi intéressé à ce genre de choses, pendant ses études de théologie. Matt lui dit qu'il était inquiet pour Ben, Susan et Cody car il n'avait pas réussi à les joindre. Callahan comprit que Matt pensait qu'il y avait des vampires à Salem. Mais il pensa que c'était une psychose. Mais Matt avait lu dans ses pensées et lui dit que ce serait encore plus difficile de parler de ce qu'il savait si Callahan le croyait en proie à des fantasmes. Matt lui demanda s'il avait remarqué des choses étranges à Salem. Callahan lui répondit que Dud avait disparu et que la décharge était fermée et puis il y avait eu la mort de Mrs Glick. Matt n'était pas au courant. Puis il raconta toute son histoire à Callahan.

2

Callaghan raconta à Matt une histoire qu'un prêtre lui avait révélée. C'était une histoire d'incube qui s'était passée en Cornouailles. Callahan était fasciné par les sciences occultes et le paranormal. Matt voulut que le prêtre fasse une petite enquête pour lui et qu'il prenne avec lui de l'eau bénite et quelques hosties. Callaghan accepta avec réticence et à condition que Ben, Cody et Susan aillent faire part de leurs soupçons à Straker.

3

Callahan n'avait pas peur, il se sentait revivre. Pour la première fois depuis des années, il n'avait pas bu et n'avait pas envie de boire. Il appela Ben mais il n'était pas là.

Troisième partie la ville déserte.

14 Salem (IV)

1

Dimanche 5 octobre 1975, coucher du soleil, 19:02. Lundi 6 octobre 1975, lever du soleil, 6:49. Jérusalem’slot sera donc dans l'obscurité pendant 11:47.

Du rapport journalier de la police du comté de Cumberland : rien à signaler.

2

Il n’y eut personne pour déclarer la ville morte en ce matin du 6 octobre ; personne ne savait qu'elle l’était.

La famille Crockett avait été contaminée et la fille des Crockett dormait aux côtés de Dud Rogers au plus profond d'un congélateur abandonné et dans les ténèbres de sa nouvelle existence, au milieu des ordures de la décharge, elle trouvait les avances de son compagnon fort acceptables. Loretta Starcher, Virgil Rothlum, Franklin Baddin avaient été mordus. Weasel aussi et Eva Miller fut surprise par son absence.

Les Norton étaient inquiets de la disparition de Susan. Le shérif Mc Caslin la chercha et la trouva accompagnée d'un homme jeune et vigoureux. Ils s'étaient jetés sur lui.

3

Mark alla voir Ben. Quand Ben le vit, cet enfant lui rappelait étrangement le petit garçon qu'il avait été, mais il y avait plus que cela. Il avait le coeur serré, comme si leur rencontre avait été prévue de longue date par quelque puissance mystérieuse. Marc lui dit que Susan était devenue un vampire et qu'il pensait avoir tué Straker. Ben revécut la mort de Miranda une deuxième fois et vomit.

Eva sentit qu'il y avait eu une catastrophe car son ami Loretta ne répondait pas au téléphone.

4

Mark raconta son histoire à Ben. Il lui dit que Susan avait frappé à sa fenêtre.

5

Ben et Mark découvrirent la voiture de Susan. Ben heurta le revolver du shérif et le ramassa. Il ouvrit le coffre de la voiture de Susan mais il n'y avait qu'une roue de secours. Ben et Mark allèrent voir Matt.

6

Jimmy Cody était dans la chambre de Matt. Ben dit à Matt que Susan était devenue un vampire. Mark raconta son histoire à Matt et Jimmy. Jimmy savait que Mc Cailin avait disparu et Ben lui montra le revolver du shérif. Jimmy devina ce qui s'était passé. Matt annonça à Ben que Callahan était prêt à les aider. Matt avait compris que Straker était l'âme damnée des vampires et le dit et Jimmy. C'est Straker qui avait saigné le chien à blanc ainsi que Danny pour son maître Barlow. Il avait tué le chien à cause de ses yeux blancs qui effrayaient les vampires. Matt conseilla à ses amis de planter un pieu dans le coeur de Barlow et de lui couper la tête pour le mettre dans le cercueil en lui remplissant la bouche d'ail. Pour être purifiés, ils devaient se confesser à Callahan et faire acte de contrition. Comme Ben avait fait l'amour avec Susan, il devrait enfoncer le pieu d'abord dans le coeur de Barlow, ensuite dans celui de Susan. Ils ne devraient pas regarder Barlow dans les yeux. Matt leur conseilla de se munir d'ail et de roses blanches. Matt regarda le cou de Jimmy. La morsure avait cicatrisé.

7

A 10:15, et Eva Miller descendit dans sa cave pour y prendre deux bocaux de maïs à l'intention de Ms. Norton qui était alitée. La cave puait. Eva pensait qu'un rat était entré et était mort. Elle n'en trouva pas et décida de remonter.

8

Ben, Jimmy et Marc allèrent voir Callahan et lui racontèrent leur histoire. Il n'avait pas envie d'y croire mais il leur apprit que la boutique de Straker était fermée. Callahan accepta quand même de les aider et entendit leur confession.

9

Ben se confessa. Il réalisa comment ce rituel pouvait devenir un besoin compulsif il y avait quelque chose de primal dans ce cérémonial, quelque chose de bestial. Une sorte de régurgitation.

10

Il était près d'une heure de l'après-midi quand ils se retrouvèrent tous dans la grande Buick de Jimmy et se mirent en route. Ils se rendirent d'abord au cabinet de Jimmy qui prit un marteau. Ils s'arrêtèrent ensuite au supermarché de Cumberland pour y acheter de l'ail. Ils allèrent chez le fleuriste pour acheter des roses blanches. Mais un homme était venu et les avait toutes achetées. C'était Straker. Ben se rendit compte que Straker les menait par le bout du nez. Ils ne devaient pas perdre de temps et se rendre quand même à Marsten House.

11

Quand ils arrivèrent à Marsten House, Callahan sortit un crucifix de sa poche et le mit à son coût en plus du sien. Un cadenas Yale flambant neuf avait été installé sur la porte d'entrée. Le père Callahan prit la tête du groupe et bénit la maison. Il frappa la porte avec son crucifix. Il y eut un éclair éblouissant, une odeur âcre et un gémissement, comme si les planches s'étaient mises à crier. La baie vitrée explosa. Le cadenas avait fondu. Callahan n'en revenait pas. Ben poussa la porte qui s'ouvrit sans difficulté. Ils décidèrent de monter d'abord. Ils entrèrent dans la chambre où s'était pendu Marsten. Quand Callahan poussa la porte, il leva les yeux et cria. Straker avait été pendu la tête en bas et il avait la gorge ouverte. Il avait été saigné à blanc.

12

Jimmy posa la face intérieure de son poignet sur le front de Straker, puis il prit une de ses mains dans la sienne. Il dit qu'il devait être mort depuis 18 heures environ. Mark dit que c'était Barlow qui avait fait ça. Ben dit que Barlow cherchait à leur faire perdre du temps. Il fallait y aller tout de suite.

 

13

Ils allèrent à la cuisine. Il y avait une lettre posée sur la table. Ils la lurent ensemble. Barlow leur annonçait qu'il leur avait laissé Susan et qu'il s'occuperait spécialement de Mark pour se venger de la mort de Straker. Il s'occuperait d'abord de ses parents. Il annonçait à Callahan qu'il était plus vieux que l'Eglise catholique et que les rites de son Eglise avaient de loin précédé ceux de l'Eglise de Callahan. Barlow ridiculisait le prêtre en lui écrivant qu'il ne faisait autorité qu'en matière de bouteille. Ben tremblait, Mark avait les poings serrés, le visage de Jimmy était devenu livide, le père Callahan avait un regard éteint. Ils allèrent à la cave.

14

Parkins et Nolly observèrent Marsten House avec des jumelles. Ils virent la voiture de Jimmy. La ville était déserte. Parkins avait les jetons.

15

Ben devait s'occuper de Susan mais il ne pouvait pas. Au centre de la pièce, sur une estrade qu'éclairait la torche de Jimmy, Suzanne Norton était étendue. Callahan s'avança et posa son index sur le sein gauche de la jeune fille. Ici, précisa-t-il. Dans le coeur. Ils encouragèrent tous Ben. Ben leva le pieu et le pressa contre le sein gauche de Susan. Il dit qu'elle n'était pas morte mais Jimmy lui répondit qu'elle était une morte vivante. Quelqu'un lui donna le marteau. Ben leva le marteau et en frappa le pieu. Les yeux bleus de Susan s'ouvrirent tout grands, comme sous l'effet du choc. Le sang jaillit de la blessure avec une force incroyable, éclaboussant les mains de Ben, sa chemise, son visage.

Susan fut saisie de mouvements convulsifs. Ses mains s'agitèrent. Ses pieds se mirent à battre frénétiquement l’estrade. Ses lèvres se retroussèrent sur ses crocs de loup et elle hurla. Le marteau se leva et retomba encore et encore. Le coeur était touché, un geyser de sang jaillit de la blessure. Quelque chose d'autre s'échappa d'elle en même temps. Ce ne fut qu'une ombre qui s'enfuit honteusement et disparut dans l'obscurité ambiante. Ben cria et s'en alla. Dehors, il respira à longs traits.

16

Les parents de Marc avaient reçu un appel de Callahan. Il leur dit que Makc était avec lui et qu'il le leur ramènerait bientôt. Rhoda Curless, la gouvernante de Callahan était inquiète pour lui. Bonnie avait été encore frappée par son mari Reggie Sawyer. Ray McDougall s'était rendu chez Dell et avait laissé sa femme. Joe Crane mourut d'une crise cardiaque. Sa mort fut la seule mort naturelle de Salem ce 6 octobre. L'heure des vampires avait sonné.

17

Ben et Jimmy allèrent voir Matt pour raconter ce qui s'était passé. Ils avaient mis le corps de Susan dans une caisse et l'avaient jeté dans la Royal river. Callahan et Mark étaient partis chez les Petrie. Matt réconforta Ben à propos de Susan. Elle était en paix désormais. Jimmy donna la lettre de Barlow à Matt. Matt mesura l'orgueil de Barlow. Il leur dit qu'ils avaient réussi quelque chose de considérable en liquidant Straker et en chassant Barlow de la maison qu'il s'était choisie. Le père Callaghan avait purifié la cave et scellé les portes avec des hosties. Si Barlow revenait, il mourrait. Ben voulait tuer Barlow le soir même mais Matt le lui déconseilla. Matt dit qu'il fallait se servir de l'ego démesuré de Barlow contre lui. Il était possible que Barlow les attaques pendant la nuit. Matt était inquiet pour Mark et Callahan et demanda à de Jimmy de les appeler. Mais la ligne de Petrie était hors service.

18

Henry Petrie était un homme instruit. Il était diplômé du Massachusetts Institute of Technology et titulaire d'un doctorat de sciences économiques. Il voulait changer de métier et devenir avocat. Son objectif était d'obtenir de hautes responsabilités d'ordre économique dans les instances fédérales. Il n'y avait aucune place dans son esprit pour le surnaturel et le fantastique. Il écouta le récit que lui firent son fils et le curé. Il leur dit que leur histoire était impossible. Il dit à Callahan et qu'il avait impliqué son fils dans une action criminelle suite à ce qu'ils avaient fait à Susan. Petrie voulut quand même appeler Matt pour avoir son point de vue mais le téléphone était hors service. Les lumières s'éteignirent.

19

Jimmy dit à Matt et à Ben que le téléphone des Petrie ne fonctionnait pas. Ben et Jimmy voulurent aller chez les Petrie mais Matt leur ordonna de rester. Ils attendirent donc en portant leur espérance sur Mark.

20

Callaghan brandissait sa croix très haut. Elle répandait sur toute la pièce une lueur spectrale. Barlow était à l'autre bout de la cuisine et tenait Mark. Quand Barlow était entré, le noir régnait mais la croix de Callahan avait inondé la pièce d'une lumière surnaturelle. Barlow avait assommé les parents de Mark et les avait tués. Mark s'était jeté sur lui mais Barlow s'était saisi de l'enfant. Callahan s'avança en brandissant sa croix. Le sourire de triomphe de Barlow se transforma en un rictus d'agonie. Il bascula en arrière. Mais il menaça de mordre Mark. Alors Callahan cessa d'avancer. En regardant Barlow, Callahan lui trouva une ressemblance avec M. Flip, le croque-mitaine qui effrayait dans son enfance. Barlow proposa au prêtre de lutter à armes égales, sans la croix de Callahan. Barlow laissa Mark et leva les mains en l'air.

Mark courut vers ses parents mais le prêtre lui cria de fuir. Marc alla vers Barlow et lui cracha au visage. Barlow ennuie le souffle coupé. Il voulut se jeter sur l'enfant mais Callahan brandit sa croix. Mark s'enfuit. Le crucifix du prêtre ne brillait presque plus. Puis il s'éteignit. Barlow jaillit de l'ombre et lui arracha la croix. Il la brisa. Callahan venait de perdre la foi et son crucifix n'avait plus de pouvoir. Barlow le lui dit. Callahan, presque asphyxié par l'odeur de chair fétide, se retrouva la bouche pressée contre la gorge froide du vampire où battait une veine ouverte et il but le sens de Barlow.

13

Ann Norton était devenue un vampire et Barlow était venue la voir. Il lui avait tout raconté et dit ce qu'elle devait faire. Il avait promis qu'elle retrouverait sa fille quand elle aurait fini.Elle alla à l'hôpital avec une arme. Ann braqua la femme à l'accueil de l'hôpital. Elle assomma l'infirmière. À cet instant précis, quelque chose heurta ses jambes par derrière et ses pieds quittèrent le sol.

22

L’arme vola dans les airs. Ann gémit et essaya de récupérer l'arme. L'homme derrière elle projeta l'arme d'un coup de pied et cria à l'aide. Il ramassa l'arme mais Ann se jeta sur lui. Un aide-soignant arriva et neutralisa Ann par derrière.

23

Ben et Jimmy entendirent les cris et Ben se cacha derrière la porte de la chambre de Matt prêt à intervenir. Quelqu'un entra et se jeta sur lui avec sa croix. C'était Mark. L'enfant raconta ce que Barlow avait fait. Mark se jeta dans les bras de Ben pour pleurer.

24

Le père Callahan à partir au hasard des rues. Les habitants de Salem avaient peur et s'étaient barricadés. Callahan ne pouvait avoir peur car le maître l'avait marqué de son sceau. Il voulut prier à l'église mais quand il toucha la porte, un éclair bleu jaillit et le projeta en arrière. Sa main était brûlée. Les portes de l'église ne s'ouvriraient plus pour lui.

25

Matt dit à Mark que Salem était dans une situation désespérée. Il dit aux autres qu'ils devaient aller chez Mark et préparer des pieux. Il savait que le père Callahan était perdu. Leur groupe devrait défaire tout ce que Barlow avait fait peut-être avec l'aide des survivants. Surtout ils devraient mentir pour ne pas se retrouver devant un tribunal s'ils triomphaient. Matt demanda à Mark s'il avait vu un détail lui permettant de retrouver Barlow. Mark avait vu des traces de craie bleue sur Barlow. Ils devinèrent que Barlow s'était caché dans l'école de Brock street. Matt était fatigué et Jimmy lui donna des somnifères. Il fallait qu'il dorme car ils avaient besoin de lui et qu'il soit en forme pour les aider.

26

Miss Coogan attendait des clients dans une boutique. Callahan arriva. L'auteur à cause de son maire. Il demanda un billet d'autocar. Il voulait prendre le premier où qu'il aille. Il avait la main droite bandée. Callahan lui conseilla de rentrer chez elle et de se barricader.

27

La nuit pesait sur Salem. À 23:50, un coup de klaxon tira brutalement Charlie Rodhes de son sommeil. Cela venait de son bus. Les vitres étaient cassées. Richie Baddin klaxonna et lui jeta un sourire démoniaque. Il y avait d'autres enfants dont Danny Glick. Ils fondèrent sur lui.

28

Ann Norton mourut à l'hôpital. Elle fut parcourue d'un frisson et un filet de sang coula au coin de sa bouche.

29

Eva Miller rêva de l'incendie de 1951. Weasel était derrière elle et lui mordait le cou. Elle se réveilla car Weasel l'appelait. Il était pâle. Il la mordit.

30

A 3:00 du matin, le sommeil est profond. Ceux qui dorment à cette heure-là sont bénis des dieux, mais malheur à ceux qui veillent. Parkins était dans son bureau. Il portait une croix autour du cou, et une médaille de saint Christophe et un emblème de la paix. Il ne savait pas au juste pourquoi il les avait mis, mais ça le réconfortait. Il se disait que, s'il arrivait à tenir jusqu'au jour, il ferait ses valises au matin et laisserait son insigne de policiers sur l'étagère. Mabel Werts était assise dans sa cuisine. Pour la première fois depuis 60 ans, elle souhaitait ne rien voir, ne rien entendre. La nuit allait offrir son lot de morts et de récits terrifiants, et cette fois elle ne voulait rien savoir.

Bill Norton alla à l'hôpital en espérant que sa femme n'était pas morte. Aucun des habitants de Salem qui ne dormaient pas à ne connaissaient la vérité. Ils s'étaient pourtant tous munis d'objets de piété.

31

Reggie Sawyer fut réveillé par des coups frappés à sa porte. Il prit une arme. La porte s'ouvrit. C'était Cary Bryant. Reggie fit feu mais Bryant ne fut même pas blessé. Bryant lui arracha l'arme des mains, souleva Reggie et le projeta contre le mur. Bryant se dirigea vers Bonnie.

32

Callahan demanda au chauffeur de bus de lui acheter une bouteille. Il lui laissa un pourboire. Le prêtre vit un gosse, la tête cachée entre ses mains. Le gosse ne bougeait pas.

33

Ben, Mark et Jimmy quittèrent l'hôpital. Ils allèrent chez Mark chercher des pieux.

34

Ils s'arrêtèrent devant la boutique de Barlow au cas où le vampire y aurait trouvé refuge. Ils découvrirent Mike Ryerson dans une caisse. Arrivé chez lui Petrie, Mark ne voulut pas entrer car il souffrait de l'absence de ses parents.

35

Ben et Jimmy ne voyant pas Callaghan comprirent que Barlow l'avait eu. Ils couvrirent le corps de Petrie.

36

Jimmy réalisa qu'ils ne pourraient éliminer tous les vampires à eux seuls. Leur pouvoir était dérisoire face à la tâche et il le dit à Ben. Jimmy ordonna à Ben de fabriquer des pieux pendant que lui et Mark marqueraient au crayon gras les portes des maisons où se trouveraient les vampires.

37

Jimmy et Mark allèrent chez Roy McDougall. Ils sonnèrent, il ne répondit pas. Il força la porte. Il régnait une odeur de mort et de putréfaction. Les McDougall étaient sous la caravane. Jimmy fit une croix au crayon gras sur la trappe.

Ils sortirent. Roy McDougall pour voir si la lumière du jour allait le tuer. Mais Roy réussit malgré tout à ramper jusqu'à son abri. L'image de Roy s'agitant convulsivement sous la lumière heurta de Jimmy.

38

Mark et Jimmy allèrent chez les voisins de McDougall. Ils étaient devenus eux aussi des vampires. C'étaient les Evans. Jim il fit une croix sur la partie de la caravane et sur celle du garage.

Jimmy repensa à la croix bleue. Elle ne venait pas d'une école mais d'un billard. Il appela Mark.

39

Un ancien élève de Matt vint le voir à l'hôpital. Il s'appelait Herbert ou Harold. Matt ne savait plus. Il lui raconta l'histoire de Mamson, petite ville du Vermont. Comme à Salem les gens y avaient disparu.

Mais Matt eut une nouvelle crise cardiaque.

40

Mark dit à Jimmy qu'il n'y avait pas de salle de billard à Salem. Jimmy se souvint qu’ Eva Miller possédait un billard dans sa cave. Jimmy appela Eva mais elle ne répondit pas. Ils y allèrent.

41

Jimmy et Mark allèrent dans la cave d’Eva. L'odeur était asphyxiante. Jimmy appuya sur l'interrupteur, mais Barlow s'était arrangé pour que l'électricité ne marche pas. Mark trouva une lampe torche dans une armoire. Il entendit quelqu'un trébucher sur des marches, puis un bruit sourd de chute. La porte de la cave était grande ouverte. Les hurlements commencèrent.

42

Jimmy avait payé le prix de son audace. Mark prit la voiture de Jimmy. Il réussit à conduire.

43

Mark dit à Ben que Jimmy était mort. Barlow et ses vampires avaient enlevé une partie des marches de l'escalier et Jimmy était tombé.

Barlow avait mis des couteaux la pointe en l'air, en fixant les lames sur des panneaux de contreplaqué. Jimmy s'y était empalé.

Mark voulut abandonner mais Ben fut dur avec lui et lui rappela ce que Barlow avait fait à ses parents pour l'encourager à continuer.

44

Ben et Mark allèrent dans la station-service de Sonny James. Ben voulut appeler Matt. Il apprit qu'il était mort.

45

Ben et Mark allèrent voir Parkins. Il leur dit que Nolly n'était pas venu travailler et pensait qu'il ne le reverrait plus. Ben dit à Parkins que Barlow était dans la cave d'Eva. Parkins avait compris que c'était un vampire. Il allait partir chez sa soeur. Ben le traita de lâche mais Parkins dit que la ville était morte. Il les encouragea à partir. Mais ils voulaient se battre. Ben dit à Mark que Parkins était fini.

46

Ben et Mark allèrent à l'église pour remplir des bouteilles d'eau bénite. Ils virent que la poignée de la porte était noircie et légèrement tordue mais ne comprirent pas ce qui s'était passé. Ils plongèrent leurs mains dans les vasques s'aspergèrent le visage comme on s'asperge d'eau froide au réveil pour se mettre en train. Une femme âgée les interpella. C'était Miss Curless, la gouvernante du père Callahan. Ben lui dit que Callaghan n'était plus parmi eux car il avait combattu le mal. Elle voulut savoir s'il continuait le combat. Ils confirmèrent alors les encouragea à se dépêcher.

47

Ben et Mark allèrent chez Eva. Mark ne voulut plus se battre alors Ben l'encouragea. Finalement ils se rendirent à la cave ensemble.

48

Les mains de Jimmy luirent dans l'obscurité grâce à l'eau bénite.

Ben voulut prendre le pistolet de Jimmy et si le soleil se couchait avant qu'il puisse en finir avec Barlow il tuerait Mark et il se tuerait ensuite. Ce n'était pas la panacée, mais c'était mieux que d'être la créature de Barlow. Ben recouvrit le corps de Jimmy avec des rideaux et récupéra son pistolet et son marteau. Il prit aussi la torche et l'alluma mais ne vit pas Barlow. Alors Mark désigna un vaisselier. Ils le firent basculer et trouvèrent derrière une porte fermée par un cadenas. Il trouva une hache et la mouilla avec de l'eau bénite. La lame s'illumina. Ben démolit la porte. Puis il étreignit les mains de Mark.

49

Dans le cellier, ils virent le cercueil de Barlow. Devant se trouvaient les dépouilles d'Eva, Weasel, Mabe Mulican, John Snow, Vinnie Upshaw et Grover Verril qui étaient des pensionnaires d'Eva.

Ils sortirent le cercueil et le déposèrent près du corps de Jimmy. Ils l'ouvrirent. Barlow était là, devant eux, ses yeux brûlants fixés sur le plafond. Il était redevenu jeune. Mark commit l'erreur de regarder Barlow. L'enfant émit un gémissement et, subitement, s'attaqua à Ben et qui, pris par surprise, tomba à la renverse. Mark avait un pistolet et il tira sur Ben mais sans l'atteindre. Alors Ben le poussa et le frappa. L'enfant s'évanouit. Ben voulut s'emparer de l'un des pieux glissés dans sa ceinture, mais il lui échappa des mains. Il ramassa le pieu et le marteau. Mark se réveilla et appela sa mère en criant. Barlow se redressa dans son cercueil. Ben le regarda. Pourtant, d'un geste violent, en hurlant de rage, il leva le pieu au-dessus de sa tête et l’abattit comme un éclair. La pointe acérée déchira la chemise de Barlow et pénétra dans la chair. Barlow cria. La force du coup le fit retomber en arrière.

Ben frappa de nouveau. Un geyser de sang jaillit, l'aveuglant pendant un instant. Le marteau s'abattit encore et encore. Barlow griffa Ben. Ben asséna un dernier coup de marteau sur le pieu et, de la poitrine de Barlow, jaillit cette fois du sang noir. En l'espace de deux secondes, le corps se désagrégea. Puis les vitres de la pension explosèrent. Mark cria à Ben de faire attention car les autres vampires sortirent du cellier. Mais ils ne pouvaient toucher Mark et Ben à cause de l'eau bénite.

Mark remonta dans la cuisine. Eva lui dit qu'il avait tué le maître. Ben rejoignit Mark.

50

Mark était évanoui alors Ben le porta jusqu'à sa Citroën. Les morts vivants étaient partout alors Ben quitta Salem.

15 Ben et Mark.

1

Ben et Mark étaient à 30 km de Salem mais Mark avait encore peur. L'enfant plongea dans le néant.

2

Quand ils eurent passé la frontière du New Hampshire, Ben décida de s'arrêter dans un motel il inscrivit sur le registre « Ben Cody, père et fils ». Mark tenait sa croix serrée dans sa main. Ben regarda la télé.

3

Salem était dans les ténèbres et les vampires continuaient de hanter la ville et ses alentours.

Les derniers survivants furent transformés en vampires. La ville gardait son secret et Marsten House veillait sur elle comme un roi déchu continue de suivre les affaires de son peuple.

4

Le lendemain à l'aube, Ben retourna à Salem. Il acheta une pioche et une pelle. Le spectacle des rues désertes lui fit froid dans le dos.

Il alla chez Eva pour récupérer son manuscrit et le brûler. Il prit le presse-papiers d’Hubert Marsten et le brisa.

5

Il descendit à la cave afin de récupérer le corps de Jimmy et ce fut le périple le plus pénible de tous. Il vit que dans le cercueil de Barlow il restait des dents.

Il les ramassa et elles se réunirent pour mordre alors il les jeta.

6

Ben enterrera les corps de Jimmy et des parents de Mark. La ville était morte. Il le savait maintenant et il se mit à pleurer.

Épilogue.

1

Du carnet de Ben Mears (coupures de presse, provenant du Press Herald de Portland).

19 novembre 1975 : Jérusalem’s lot. Charles et Amanda Pritchett ont quitté Portland pour s'établir comme fermiers à Jérusalem’s lot. Mais des bruits bizarres les réveillent chaque nuit et ils ont décidé de déménager. Un mois seulement après leur arrivée.

4 janvier 1976 : un curieux accident de voiture est survenu la nuit dernière dans la petite ville de Jérusalem’s lot. La voiture est en miettes, mais, malgré la présence de taches de sang sur le siège avant, les passagers n'ont pas encore été retrouvés.

29 mai 1976 : on craint qu'une vilaine histoire ne se cache derrière la disparition d'une famille, la famille Halloway, récemment installée dans la petite ville de Jérusalem’s lot. Les Halloway et leurs deux enfants avaient emménagé en avril et s'était plaint à plusieurs reprises auprès de parents et amis d'être gênés dans leur sommeil par des « bruits étranges ».

2

Ben et Mark arrivèrent à Portland à la mi-septembre et s'installèrent pendant trois semaines dans un motel de la région. Il cherchait des nouvelles de Salem dans le Press Herald. Le 6 octobre Ben annonça à Mark qu'il fallait partir.

3

Ben et Mark étaient à Salem. Marx tenait une bouteille d'eau bénite que le père Gracon lui avait donnée. La ville était en ruine mais Ben se demandait si les vampires se retrouvaient à Marsten House. Ben dit à Mark qu'ils pouvaient détruire des vampires mais pas tous. Alors Ben déclencha un incendie en jetant une cigarette par terre.

Dans les scènes coupées on apprend que Stephen King prévoyait le suicide de Callahan pour échapper à Barlow. Mark et Jimmy avaient enfoncé un pieu dans le coeur du bébé McDougall et ses parents. Jimmy est tué par les rats dans la cave d’Eva.

 

 

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31 août 2017

Pourquoi les coiffeurs

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Pourquoi les coiffeurs (Charles Nemes)

I

Ainsi, il était juif. Foutue révélation quand on a 10 ans et qu’on s’appelle Christian. L’information avait été assénée à Christian sous forme d’insulte par Yvon, son meilleur camarade de classe, avec lequel il venait de rompre. Christian avait interrogé sa mère qui lui avait confirmé sa judéité.  Elle luttait contre le vertige. Voilà que ça recommençait.

Les fantômes de cuir noir l’avaient retrouvée. Et pourtant, ils étaient en France, en 1961. Christian et son frère servaient la messe tous les dimanches devant les paroissiens peu soupçonneux et  ils ne parlaient même pas hongrois. Leurs parents avaient fait l’impossible pour les protéger.

Christian annonça la nouvelle à son frère Gabriel qui se faisait appeler Gabor car il revendiquait son ascendance hongroise avec l’enthousiasme de ses 12 ans.

Gabriel refusa cette judéité. Le partage identitaire venait de s’accomplir entre les frères.

Gabor avait un sens du négoce dont il ferait un jour un métier. Christian admirait son frère parce qu’il était grand.

Le soir, au dîner, leur père leur fit un discours.

Mais les deux frères eurent un fou rire, peut-être à cause de l’accent hongrois de leur père. Alors leur père renonça après deux tentatives.

Le père été inquiet. Il pensait qu’il y avait des gens qui les cherchaient et il attendrait la prochaine alerte pour aborder le sujet avec les enfants.

Christian et Gabor jouaient à incarner les héros de leurs journaux. Christian devait se contenter des figures secondaires (Aramis, Richard Cœur de Lion, Bernardo). Christian, chauvin, s’était créé un personnage sur mesure, inspiré de la pochette du disque  préféré de son père. C’était super Gypsy. Pour ne pas être en reste, Christian inventa super hébreu. Pendant des semaines, les deux petits Français jouèrent au tsigane et au juif luttant contre les Russes pour déchirer le rideau de fer. Les parents les avaient dotés d’un vigoureux anticommunisme primaire.

Yvon fut retiré du lycée par des parents qui trouvaient soudain l’établissement trop mal fréquenté. Christian se fit des nombres copains. Il voyait que son frère jouait avec des garçons presque moustachu et s’écartait petit à petit de dieu.

Le père de Christian était administrateur de sociétés appartenant à une banque d’affaires juive.

Christian regrettait que Gabor se soit détourné de lui. Avant, ils vivaient dans un monde féerique peuplé de personnages des contes de Grimm que leur disait leur mère.

Gabor passait beaucoup de temps aux toilettes pour lire et cachait des revues mystérieuses sous son matelas et menaçait Christian de représailles s’il le dénonçait.

Christian se sentait trahi par Gabor qui abandonna la messe, par ses parents qui s’émerveillaient de la transformation de Gabor et par dieu qui s’en foutait.

Les frères devinrent alors ce qu’ils seraient toujours, un jouisseur et un douloureux.

Christian découvrit les revues mystérieuses de Gabor sous le matelas de son frère. C’était des Paris Hollywood, revues érotiques avec des photos de femmes nues retouchées pour en faire disparaître les poils pubiens. Gabor le surprit et il le frappa. Les parents comprirent qu’il fallait séparer les garçons.

Gabor s’installa dans la chambre que les parents gardaient pour les jeunes filles au pair qui avaient été chargées de surveiller les enfants.

Gabor recouvrait ses murs de photos de Françoise Hardy et apprenait ses attitudes d’homme avec la méthode d’un acteur qui prépare un rôle.

Il se masturbait sans retenue dans ses draps, désormais libéré de l’obligation de se caresser aux toilettes. Christian pensait que dieu se trompait souvent de copains et un jour il le regretterait. Il voulut renouer avec son frère  mais il le surprit en pleine érection et se fit insulter.

Gabor décréta que Super Gypsy était mort.

II

La réussite matérielle avait été pour M. Kiràlyi une revanche sur ses origines et la nécessité de s’exiler.

Il portait sur lui en permanence une grosse somme pour corrompre tout éventuel officier chargé de sa déportation. Quant à sa famille, il pensait que la double sauvegarde de la catholicité et de la fortune la préserverait du pire.

Il croyait même qu’une dose de patriotisme magyar aurait des vertus déjudaïsantes. Qui n’était pas rescapé des camps nazis n’était pas juif. C’était mathématique.

Il savait distinguer les Allemands des nazis et reconnaissait la richesse de la culture et de la langue germaniques. Mme Kiràlyi, était la fille d’un baron catholique et d’une aristocratie juive convertie. Elle avait reçu le hongrois et l’allemand comme langues maternelles.

M. Kiràlyi haïssait les Russes. Il était rescapé des camps de Sibérie et avait fui la Hongrie communiste. Les contributions d’Hitler et de Staline à l’antisémitisme avait laissé les Kiràlyi sans parent, ni frères, ni cousins.

Ils vivaient à Neuilly et avaient espéré oublier. Ils n’oublièrent jamais. Christian avait attrapé phimosis et avait dû être circoncis.

Ce qui distinguait les fils Kiràlyi des autres petits Français du quartier était leur absence de grands-parents. Leur père leur expliqua l’origine de cette absence de grands-parents. Mais il voulut les rassurer en leur disant qu’ils n’avaient plus rien à craindre puisque leur catholicité était avérée.

Gabor et Christian n’avaient réellement souffert du manque de grands-parents qu’à Noël et aux anniversaires, où leur compte de cadeaux était inférieur à celui de leurs camarades.

A la puberté, leur regret s’était estompé. Quelle-mamie leur aurait offert ce qu’ils souhaitaient.

Gabor s’était passionné pour Mick Jagger et Christian pour Mccartney. Ils se laissèrent pousser les cheveux mais leur père et le censeur du lycée mirent fin à ce premier signe de révolte. Gabor et Christian s’étaient rapprochés par la musique et l’impertinence. Ils mentirent à leurs parents pour pouvoir sortir dans les cafés. Christian imitait la signature de ses parents. Il fut ébloui par Citizen Kane et Nuit et brouillard le terrassa.

Il fréquenta assidûment le ciné-club du lycée. et comprit pourquoi on lui avait épargné toute un épisode de son histoire personnelle et décida de ne rien dire de ce qu’il avait vu dans le film d’Alain Resnais.

Gabor se rapprocha de Christian et lui offrit des Paris Hollywood. Les parents savaient qu’ils cachaient ces revues mais considéraient la possession d’images de femmes nues comme la preuve d’une sexualité normale.

Gabor buvait de la bière et Christian fumait. Alors ils mâchaient du chewing-gum à la menthe avant de se présenter devant leur mère.

Christian se mit à dessiner et faisait l’admiration des grandes de la bande. Gabor était fier de son petit frère. C’est en ayant  l’idée de réaliser et de vendre des nus imaginaires de filles du lycée que les frères s’orientèrent vers les métiers qu’ils exercèrent plus tard, financier et artiste-peintre. Le ciné-club programma Bergman et Renoir, Christian crut avoir chassé les images des camps.

« Sale juif ! » le cri d’Yvon lui revenait parfois à l’esprit, comme une décharge douloureuse, avec une violence accrue depuis la projection du film de Resnais.

Christian se demandait pourquoi Yvon avait cette haine.

Pourtant Yvon et Christian s’étaient choisis comme le font les élèves sage entre eux.

Ils échangeaient leurs jouets, se montraient leurs devoirs, allaient l’un chez l’autre les jeudis. Mais Christian prit un ascendant scolaire sur Yvon. Christian sut s’adapter à la brutalité du lycée et Yvon sombra, jaloux de la capacité d’adaptation de son ami.

Christian pensait que l’insulte d’Yvon lui venait d’un adulte. Une personne informée, qui devait bien connaître la famille Kiràlyi.

Des dizaines d’années plus tard, Christian chercherait à comprendre ce qu’il s’était passé et tenterait sans succès de retrouver la trace d’Yvon pour lui poser la question en face.

III

Christian avait 49 ans. Il conduisait vers le Oise pour aller voir sa mère. Elle vivait seule depuis la mort de son mari dans leur maison de campagne. Gabor avait eu trois enfants. Miklos, Zoltàn et Tibor.

Puissance s’en voulait de n’avoir jamais osé interrogé son père sur l’autre pan de leur ascendance. Il avait décidé d’interroger sa mère parce qu’il la trouvait fatiguée et avais peur de la perdre.

Elle avait accepté. Christian avait emmené un magnétophone pour recueillir les précieux souvenirs. Sa mère l’accueillit. Il se moqua gentiment de son accent. En fait,  il n’en riait plus. Il y avait pris goût. Elle lui offrit un café. Elle demanda –s’il n’aura jamais d’enfants. Elle aurait voulu une petite fille. Christian avait aimé une femme, Sarah, avec laquelle il aurait pu avoir des enfants. Mais elle était dogmatique et peu romantique. Elle n’aimait pas faire l’amour.

Christian avait eu plusieurs amours ratées. Gabor s’était marié à l’église pour divorcer un an après. Mais il avait ensuite épousé une gentille Françoise.

Christian démarra le magnétophone et commença à poser des questions à sa maman. Son français se dégrada d’un coup, comme si elle avait le trac. Christian se demanda si son père avait fréquenté la synagogue. Il avait été circoncis.

IV

En 1965, M. Kiràlyi emmena ses enfants en Hongrie et en Tchécoslovaquie. Il voulait leur faire connaître la terre de leurs ancêtres. Le gouvernement de Prague avait autorisé les expatriés à revenir sans risques de représailles.

Les parents de Christian venait de la minorité hongroise de Slovaquie

A cette époque, les Kiràlyi venaient d’acheter leur maison de campagne. La propriété matérialisait l’accomplissement de leur destin français.

Gabor et Christian furent terrorisés par les douaniers du bloc de l’est qui inspectèrent  la voiture de leurs parents avec méfiance à et de s’approprièrent un lot de lames de rasoir et de stylos que la famille apportait en cadeau à ses  lointains cousins et ses anciens amis.

La route menant à Prague leur sembla grise et triste. Prague était vide. Les garçons furent impressionnés par l’horloge astronomique et par le château où leur guide leur raconta les suicides des représentants de l’empereur. Ils visitèrent le cimetière juif. Le foisonnement tortueux des innombrables stèles funéraires frappa Christian au cœur.

Le parcours jusqu’à Bratislava fut morose. Ils n’avaient pas eu le temps d’acheter des pellicules et le réseau routier était dégradé. M. Kiràlyi les attendait à l’hôtel à Bratislava. Il leur recommanda d’être vigilants à cause des micros cachés partout.

M. Kiràlyi se fit photographier devant un bâtiment où il avait été prisonnier, devant son ancienne caserne et sur le quai d’où il était parti pour l’Ukraine, avant la Sibérie. M. Kiràlyi venait de régler un vieux compte. Il était revenu vivant et libre, là où il était né, où il avait été juif, où il s’était converti, d’où on avait déporté et exterminé sa famille. Il était d’une humeur radieuse à la surprise de ses fils, la soirée fut consacrée à des retrouvailles avec les survivants dont Odön, l’unique rescapé des amis d’enfance de M. Kiràlyi.

Il lui offrit des monceaux de dollars. Les Kiràlyi prirent la seule cuite collective de leur histoire familiale.

Le lendemain, ils se rendirent sur les terres du père de Mme Kiràlyi. La maison était devenue un institut pour enfants débiles. Mais Mme Kiràlyi n’eut pas le courage d’entrer. Elle ne voulait pas voir la maison de son enfance heureuse occupée par des inconnus. Ils redescendirent la rue avec un sentiment d’inaccompli. L’ancien cordonnier du village reconnut Mme Kiràlyi et la salua avec déférence. Il invita les Kiràlyi chez lui.

Mme Kiràlyi alla ensuite voir la tombe vide de ses parents où elle avait fait poser une plaque. Elle embrassa le cordonnier et sa femme pour leur dire au revoir et ils n’en  revinrent pas.

Puis ils allèrent en Hongrie. Les parents n’avaient presque pas souffert dans ce pays qu’ils avaient peu visité.

Pour Gabor et Christian, le hongrois était le dialecte de leurs parents et l’entendre partout dans les rues les déconcerta. Ils visitèrent Budapest. De nombreux impacts de balles sur les façades gardaient vive la mémoire de la répression de 1956.

Au restaurant, M. Kiràlyi retrouva l’un de ses violonistes préférés d’avant-guerre. Il était devenu un artiste-fonctionnaire. Le père était euphorique.

Avant de rentrer en France, et Ils n’eurent pas l’autorisation de changer ce qu’il le restait d’argent hongrois alors ils achetèrent des souvenirs et durent payer une taxe pour l’exportation. De primaire, l’anticommunisme de Gabor et Christian était devenu fondamental.

V

Chez les Kiràlyi, il n’était pas question de discuter de son avenir avec ses parents.

Comme Christian voulait devenir peintre et avait été inscrit en section scientifique, il ne lui restait qu’à devenir nul en mathématiques. Gabor ne travaillait pas et parachevait le désespoir de M. Kiràlyi. Une aide pédagogique fut engagée. Elle s’appelait Odile et avait 35 ans. Elle donnerait ses cours chez elle. Odile dépucela Gabor et Christian.

M. Kiràlyi considéra ses rejetons comme des dégénérés. Gabor fut privée de sortie et Christian de ciné-club : Gabor se plongea dans les romans de Gérard de Villiers et Christian peignit des aquarelles tourmentées que ses parents firent analyser par un psychologue qui n’y décela que de la frustration sexuelle.

Un soir ou Christian tardé à venir à table M. Kiràlyi le tira de sa chambre avec brutalité puis le gifla. Une guerre venait de se déclarer. Gabor décrocha le bac. M. Kiràlyi-y vit un miracle et récompensa son fils en l’envoyant aux Etats-unis. Gabor tomba amoureux de Maggie, la fille de la famille qui l’avait accueilli.  Il  envoya des lettres à Christian pour lui parler de Maggie mas Christian s’en fichait. Il voulait que Gabor lui parle de l’Amérique. Les parents puritains surprirent Gabor et Maggie en train de coucher et Gabor fut renvoyé dare-dare en France.

Il offrit un Zippo géant à Christian et l’album US Revolver des Beatles. Gabor accompagna son père à la chasse au chevreuil. Christian était  dégoûté par les cadavres que Gabor et son père ramenaient pour en faire des trophées.

A la rentrée, Gabor partit faire ses études à Nanterre et Christian regagna son lycée et son ciné-club pour lequel il dessinait des affiches. Il peignait toujours beaucoup et ses œuvres étaient encore analysées par le psychologue de la famille. Pressé d’en finir avec la rébellion, M. Kiràlyi se mit en quête d’une femme compréhensive et experte qui accepterait de déniaiser son fils, sans savoir qu’Odile continuait l’éducation érotique de Christian.

Les frères Kiràlyi n’allaient plus à la messe. Gabor et Christian se trouvèrent une amie. Gabor avait rencontré Marie à l’université et Christian une cinéphile avertie du nom de Claudine. Elle était protestante et raconta sa religion à Christian. Alerté par les règles en retard de Claudine, Christian prit ses distances avec elle.

Gabor rata sa première année, Christian passa en terminale littéraire.

Un jour, M. Kiràlyi rentra de l’Oise à l’improviste et découvrit Marie. Il lui demanda seulement ce qu’elle faisait dans la vie. Gabor visita le bidonville de Nanterre. Mais 68 provoqua surprise et dévastation chez les Kiràlyi. Le père bâtit Christian car il était gréviste avec les lycéens. Gabor participait aux manifestations du quartier latin. M. Kiràlyi voyait resurgir la menace communiste et voulait casser la gueule à Cohn-Bendit, pensait qu’il était dangereux pour les Juifs de se faire remarquer en période de troubles.

VI

Christian poursuivit l’interview de sa mère. Elle lui dit qu’on l’avait chassée du lycée et du gymnasium parce qu’elle était juive mais elle était restée, par force. Quelqu’un avait écrit sur sa chaise de classe « à moitié juive, à moitié chrétienne, seul dieu sait qui tu es. »

Elle avait continué ses études et personne ne l’avait interrogée. A 11 ans, son père lui avait expliqué qu’elle était moitié juive et moitié chrétienne. Et qu’elle ne devait pas en avoir honte.

Elle expliqua à Christian que son père s’était converti au catholicisme pour s’adapter au milieu qu’il fréquentait et pas pour échapper à quoi que ce soit, parce qu’il savait très bien qu’il n’y échapperait pas.

VII

Les Rouges ne prirent pas le pouvoir en France en 1968, on ne déporta aucun juif, et Christian fut reçu au millésime le plus dévalorisé du bac depuis la guerre. Christian était inscrit à Nanterre car ses parents avaient refusé qu’il présentât le concours des Beaux-Arts. Il n’avait pas l’intention de poursuivre des études de lettres et voulut devenir peintre autodidacte. Odile n’assurait plus son instruction particulière. Il fréquentait les copains de Kerbors avec lesquels il y aller au cinéma et au restaurant chinois. Gabor remplaça sa Marie par une Françoise. Christian conquit une jeune Dominique.

Il lui offrit une de ses toiles. Elle l’avait choisi pour son dandysme et parce qu’il incarnait la transgression dont elle se sentait incapable. Il retrouva un ancien camarade Pierre Thibert qui avait été reçu en candidat libre au concours des Beaux-Arts. Parallèlement, il travaillait pour le cinéma d’animation et il promit d’aider Christian à trouver des petits boulots. A ce moment-là Dominique arriva en pleurs. Son beau-père ne voulait pas qu’elle fréquente un juif. Dominique demanda à Christian ce qu’était exactement un juif. A cause de ça, la nuit qu’ils avaient réservée à l’hôtel pour la première fois se passa sans désir.

Le lendemain, il alla parler au beau-père de Dominique. Le beau-père parla de nation française, de la guerre, du christ, de l’éducation bourgeoise et de la tradition républicaine. Il cherchait à esquiver le débat. Christian en ressortit hébété et avec l’impression d’avoir été roulé. Dominique le quitta quelques semaines plus tard. Ils ne firent jamais l’amour. Christian voulut savoir ce qu’on reprochait aux juifs. Il interrogea Gabor mais son frère s’en fichait.

Pierre Thibert trouve un emploi à Christian dans le cinéma d’animation. Christian fut généreux avec l’argent gagné. Il peignit moins. Gabor reprit les cours pour conserver les subsides de ses parents.

L’absentéisme de Christian en cours fut d’autant plus reproché par ses parents. Après une altercation avec son père, il calma sa rage en dessinant à l’encre de Chine. Sa mère vint le voir pour lui annoncer que son père ne voulait pas être pris pour un salaud et autorisait Christian à habiter dans un studio près de ses parents avec de quoi payer le loyer.

Christian venait d’obtenir sa liberté surveillée. Alors, le studio acheté st aménagé, Christian put partir. Une fois par mois, Christian était invité chez ses parents. C’était pour l’interrogatoire mensuel. L’emprise paternelle avait conditionné Gabor et Christian à jamais. Ainsi, Christian se faisait rappeler à l’ordre quand il ne payait pas le loyer du studio que son père lui avait acheté.

Christian prêtait son studio à Gabor et Françoise mais finit par imposer un règlement pour que cela n’empiète pas sur sa vie personnelle.

Christian rencontra un producteur états-unien Newman qui produisait un dessin animé sur lequel Christian travaillait. Ils devinrent amis. Il l’invita à la Coupole, au Select, au Rosebud:

Christian s’éloigna de Gabor et de ses amis. La conversation éclairée de John Newman était un mode d’évasion plus valorisant. Gabor trouva Christian hautain. Christian refusait de voir la morgue de son mentor et n’était pas solidaire de ses collègues usés par les heures supplémentaires impayées. Début avril, Norman lui demanda : « qu’est-ce que tu fais pour Pessah ? »

VIII

Christian ne comprit pas l’allusion. Mais en rentrant, il repensa à ce qu’avait dit Newman. C’était la première fois que quelqu’un faisait allusion à sa judéité avec bienveillance mais les jours suivants, il fit comme si de rien, à chaque fois qu’il croisait Newman. Puis, il finit par lui demander comment il avait su qu’il était juif. Newman l’avait senti. Mais il ne savait pas vraiment ce que signifiait être juif et Newman regretta qu’au pays des lumières, certains juifs portent en eux la honte de soi.

Alors Christian évoqua ses années de catéchisme pour expliquer son ignorance judaïque. Alors Newman l’emmena au Select pour lui apprendre le judaïsme. Il lui conseilla de ne laisser à personne le soin de dire s’il était juif ou pas. Newman lui proposa de passer le prochain Seder avec lui. Puis Newman lui raconta pas une histoire se terminant par : « si demain, tu apprenais qu’on va supprimer le droit de vote aux juifs et aux coiffeurs, qu’est-ce que tu dirais ? ». Et Christian répondit spontanément : « pourquoi les coiffeurs ? ». Newman lui expliqua que normalement c’étaient les goys qui répondaient ça.

Gabor entraîna ses copains dans un grand restaurant pour aller boire un Chambolle-Musigny.

Ils prétextèrent  que le vin était bouchonné et furent invités à quitter l’établissement sans faire de scandale. Ils avaient pu économiser leur argent avec cette stratégie. Pendant ce temps, Newman emmena Christian rue des rosiers. Ils allèrent chez Goldenberg. Christian se sentit en terre étrangère. Ils mangèrent à une carpe farcie mais Christian en fut malade. La judaïté commençait mal.

IX

Gabor obtint sa licence en droit après six années d’études nonchalantes. Il fut inquiet pour son avenir et demanda audience à son père. Il lui dit qu’il était désemparé ne sachant quoi faire comme métier. Il se donna à son père qui en fut très ému. M. Kiràlyi le fit admettre dans son cercle et lui apprit la finance, la bourse et le backgamon. Il fit engager Gabor dans une banque d’affaires. Il progressa très vite.

Gabor se Maria. Son père était atteint d’un cancer et fut obligé de payer la moitié des noces alors que c’était les parents de la mariée qui avaient invité le plus de monde. Gabor furent obligés de dormir avec Christian car les parents de Coralie étant très catholiques ne voulaient pas que leur fille couche avec Gabor avant la bénédiction du prêtre. M. Kiràlyi ne put assister au mariage car il était mourant. Mme Kiràlyi pleura pendant la cérémonie.

Revenu à Paris, Gabor voulut reporter son voyage de noces pour rester auprès de son père mais et Coralie lui fit une scène. M. Kiràlyi lui conseilla de se comporter en bon époux et de partir avec sa femme. Aux Seychelles, Coralie refusa d’entendre l’angoisse de Gabor. Christian alla voir son père sans être capable de l’interroger sur cette de judaïté dont il savait si peu. Il ne saurait rien de la guerre de son père, de sa déportation. Christian avait simplement fait la paix avec son père. Mais Christian avait assuré l’intérim au chevet du père jusqu’au retour de Gabor pour protéger son frère et non pas pour constituer une harmonie familiale fictive de dernière minute.

Il fut soulagé de laisser sa place à Gabor. M. Kiràlyi passa noël chez lui. Le réveillon fut lugubre. Christian partit dès minuit. Coralie, allergique à la maladie avait refusé de venir et réveillonna avec sa sœur. M. Kiràlyi mourut en janvier. C’est Christian qui lui tenait la main. Gabor prévenu, arriva dans les 10 minutes et embrassa son frère, ce qui était exceptionnel. Il s’effondra dans les bras de sa mère. Christian envia leur tristesse. Lui se sentait seulement fatigué et libéré du devoir d’assistance au mourant. Il allait se sentir délivré du jugement de son père.

Lors de l’enterrement, les amis de M. Kiràlyi dirent à Christian que son père l’aimait. Christian aurait voulu que son père le lui dise. Coralie fut déçue car Gabor passa beaucoup de temps avec sa mère, son frère et le cercle de son père.

Gabor trouva dans les archives de son père les faux certificats de baptême que des prêtres slovaques avaient rempli moyennant des dollars pour que M. Kiràlyi et sa femme soient sauvés. Mme Kiràlyi vendit l’appartement et se retira à la campagne. Gabor quitta Coralie à la joie de Christian.

Christian passa son permis et se rapprocha encore plus de son frère ce qui mit Coralie en rage. Elle lança une procédure de divorce revancharde Gabor fut défendu par un de ses amis qui était avocat. Il le fit gratuitement alors que l’avocat de Coralie réclamait ses honoraires comme une poule de luxe.

Alors le père de Coralie proposa une transaction. Coralie s’écroula sans lutter.

X

Johnny Newman était retourné vivre aux Etats-Unis pour travailler pour Disney. Il invita Christian à Los Angeles pour devenir assistant réalisateur sur un film qu’il préparait sur le Montparnasse des années 30. Christian trouva qu’Hollywood était un mélange d’architectures factices. Newman avait tout prévu pour lui faire plaisir. Il l’emmena à Disneyland en compagnie de Ruth, une poétesse juive de 25 ans.

Christian coucha avec Ruth le soir même.

Le film de Newman n’était pas encore financé. Christian étudia le story-board.

Pessah approchait et Newman tint sa promesse. Il invita Christian à passer le Seder à Beverly Hills chez un ami scénariste succès. Christian fut accueilli par le scénariste et sa famille. Il porta  une kippa brodée. Le scénariste lui expliqua tous les symboles du Seder. Quand on lui expliqua qu’on ouvrait la fenêtre afin de signifier que tout pauvre était le bienvenu  et invité à partager le repas, Christian imagina un noir jeune et sympathique apparaissant à la fenêtre après une escalade lançant un salut amical et se faisant mitrailler par les vigiles. Cela déclencha chez Christian un fou rire il demanda si  les kippas venaient de chez Gucci.

Newman était mortifié. Christian fut laissé seul dans le salon et il appela son frère en pcv. Il  lui raconta tout. Gabor lui dit qu’il devrait n’en avoir rien à foutre d’être juif. Christian n’était pas libéré de son père et en parlait à Ruth. Newman en voulait à Christian de son débordement. Christian se demanda si Newman n’avait pas incarné une figure paternelle de substitution.

Christian n’avait plus de père à combattre et donc besoin de personne pour le supplanter.

Le Seder raté avait entamé le prestige de Newman et la docilité de Christian. Ruth emmena Christian dans un restaurant français. Il choisit un vin cher. Le projet de film  s’éloignait, Ruth savait que Christian retournerait en France alors elle voulut établir un lien fort avec lui. Elle le présenta à son père, M. Bloom, gagman pour une star mondiale de cinéma. Bloom était sinistre. Chez lui les photos de la star et lui en retrait suintaient l’amertume.

De plus, Bloom était dur avec Ruth qui se retenait d’exploser. Christian eut droit à sa deuxième carpe farcie qu’il vomit comme la première. Bloom questionna Christian. Il voulait savoir si Ruth lui plaisait, ce qu’il faisait dans la vie  et s’il était religieux. Christian fut franc et avua ne pas avoir fait sa bar-mitsvah.

Alors Bloom le traita de faux juif. Mais Christian se défendit en accusant Bloom de ne pas avoir eu à souffrir comme ses parents et grands-parents. Il lui dit que les antisémites étaient moins regardants que Bloom quand il s’agissait de savoir qui était juif.

 

XI

Christian poursuivit l’interview de sa mère. Elle lui dit que son père avait changé quatre fois de nationalité. Il était né hongrois en 1911, il devint Tchécoslovaque en 1920, était redevenu Hongrois en 1938 puis Tchécoslovaque en 1947. Enfin, il avait été naturalisé français.

Il aurait donné sa vie pour ne pas être juif. Il était le juif affolé. Il avait été déporté en Sibérie par les Russes en tant qu’auxiliaire juif de l’armée hongroise qui combattait avec les Allemands.

Il avait creusé des tranchées pour les Allemands et les Hongrois comme un vrai prisonnier. Il avait décidé de déserter et on l’avait pris pour un fugitif pro allemand. Les Russes l’avaient pris avec ses autres camarades fugitifs. Les Russes raflaient des gens pour maintenir le même compte de prisonniers. M. Kiràlyi avait été déporté avec son frère et ils avaient été envoyés dans les mines d’amiante.

Le père de Christian avait été déporté avec 90 camarades. Il ne restait plus que lui, son frère et un troisième survivant pour faire le chemin de retour.

Il avait pu s’en sortir en couchant avec des femmes officiers du camp. Il avait pu aller à Budapest et avait appris que son autre frère et sa belle-sœur étaient morts à Auschwitz.

XII

Ruth avait voulu rattraper Christian mais il refusa de retourner avec elle alors elle pleura. Il alla dormir dans un hôtel et décida que désormais il serait seul à assumer ou non sa judéité. Du moins face aux juifs. Ce qu’il avait entrevu de la religion juive lui semblait plus astreignante encore que la pesante liturgie catholique.

L’hôtelier hongrois le réveilla le lendemain en lui téléphonant en hongrois. Déçu que Christian ne comprenne pas, l’hôtelier lui dit que c’était dommage car il allait lui faire une réduction. Christian revit Ruth quelques nuits et regagna la France. Il rapporta des dizaines de tee-shirts ornés de dessins humoristiques introuvables en France qu’il partagea avec Gabor.

Gabor prit soin de Christian plus sonné par son voyage qu’il ne l’admettait.

Il combla son découvert à la banque, l’invita souvent à dîner et l’engagea à reprendre la peinture. Christian était gêné mais Gabor le rappela ses largesses du quartier latin quelques années plus tôt. Pierre Thibert lui trouva un emploi pour une série de films sur la maintenance des avions de chasse.

Christian musela son antimilitariste et signa un contrat confidentiel-défense.

Bien sûr, Christian trahit ses engagements dès le premier soir lors d’un dîner avec Gabor et ses amis en leur décrivant les consignes de sécurité du siège éjectable du mirage F 1.

Gabor compensa le manque qu’il avait de son père en prenant sa suite. Il s’occupa de sa succession, de la maison de campagne, fréquenta le cercle de son père. Il interrogea sa mère sur les origines aristocratiques de M. Kiràlyi.

Mme Kiràlyi et ses fils se partagèrent les biens de M. Kiràlyi avant la vente de l’appartement.

Avec l’argent de la vente, Gabor décida de se loger. Christian voulut créer une galerie d’art. Il devint galeriste dans le 13e arrondissement avec ses toiles comme seule source d’exposition. Christian passa des semaines de désoeuvrement à guetter les amateurs en vain. Au bistro de la rue Bobillot, Christian apercevait le mythique Paul-Grimault mais il n’osa jamais s’approcher de sa table.

Gabor il s’était acheté une maison à Marne–la-coquette. Il y invita ses amis tous les week-ends pour des fêtes interminables. Gabor organisa un anniversaire géant pour ses 30 ans. Les femmes avaient enfin trouvé le chemin de l’eldorado des garçons. Christian ait l’amour avec Françoise, une ex copine de son frère tandis que Gabor avait jeté son dévolu sur Anne qui allait devenir sa femme.

Une semaine plus tard, Gabor emmena Anne sur l’île de Santorin et ils choisirent une date pour leur mariage.

XIII

Gabor avait fini par accepter le schéma familial ordinaire avec Anne et ses trois enfants tandis que Christian n’était intéressé que par les conquêtes et pas par les liaisons. Pourtant Gabor songea au divorce mais voulut avoir l’avis de sa mère.

Gabor trouvait Anne trop sage et sans aspérités. Puis Gabor avait rencontré Zoé et en était tombé amoureux. Zoé était plus jeune que lui. Mme Kiràlyi était proche d’Anne depuis qu’elle l’avait rendue grand-mère. Gabor aspirait inconsciemment à être découvert pour être poussé au divorce sans avoir à le décider. Il cèderait sur tout à Anne sauf sur le droit de visite aux enfants.

Il avait délaissé ses amis pour fréquenter ceux de Zoé. Gabor trouva Christian chez sa mère. Surpris, il ne savait pas que Christian interviewait Mme Kiràlyi. Christian lui avoua tour. Ils parlèrent de la judéité. Gabor ne s’était pas senti  juif et personne dans sa jeunesse ne l’avait traité de sale juif. La judéité n’avait été qu’un poids et une sourde malheur pour ses parents. Gabor acceptait les avantages de la judéité dans les affaires mais jamais il n’avait assisté à une bar-mitsvah. Il trouvait que Christian en faisait trop.

Gabor dit à Christian qu’il n’était pas plus juif que lui. Il trouvait que Christian courait après cette identité. Christian lui répondit qu’il n’était pas plus  hongrois que lui. Selon Christian, le goût de Gabor pour la Hongrie était un snobisme sans profits.

Christian pensait que son père ne l’aimait pas car Christian lui rappelait la part pénible de ses origines. Gabor lui dit que  leur père les avait aimés autant-l’un que l’autre. Gabor cachait à son frère que  sa condition de juif potentiel lui faisait peur et qu’il fuyait les occasions de se faire désigner comme tel. Alors que pour Christian il était plutôt chic d’en être.

Christian avait vendu sa galerie à Franck Benchetrit. En visitant sa galerie, Benchetrit avait vu un tableau que Christian avait peint d’après une toile remarquée chez Goldenberg.

Benchetrit avait demandé si l’auteur de la toile était juif Karel trouvé ça très beau. Alors Christian avait avoué qu’il en était l’auteur. Ils sympathisèrent. Frank était né en France, de parents rapatriés d’Algérie. Il affichait un judaïsme confiant mais restait vigilant.

Franck monta un vidéo-club  et laissa une place pour Christian et ses toiles. Franck lui présenta ses amis et il leur raconta son histoire et expliqua l’ignorance de la religion dans laquelle on l’avait tenu.

Franck et ses amis  plaignirent Christian et jugèrent son père. Dès lors, les conversations entre Christian et Franck furent plus tendues mais plus sincères. Franck voyait des antisémites en tout contradicteur.

Christian trouva que le vidéo-club n’avait plus sa place dans sa galerie et la remit en vente.

En trois ans, Christian n’avait vendu que cinq toiles dont une  à Pierre Thibert et une à Gabor. Malgré tout, Christian et Franck restèrent amis. Avec l’argent de la vente de la galerie, Christian acheta l’appartement qu’il louait.

Gabor se leva tôt et tua un vieux brocard. C’était décidé, il divorçait.

XIV

Le 10 mai 1981, Mitterrand fut élu président. Gabor et Christian ne parvinrent pas à s’en réjouir surtout avec l’entrée de quatre communistes au gouvernement.

Anne était enceinte et  trouvait  l’avenir radieux. Gabor et Christian voulurent partager avec elle les leçons antisoviétiques de leur père. Elle leur dit que Georges Marchais n’était pas Brejnev. Mme Kiràlyi se préparait au pire, soulagée que son mari n’ait pas vécu pour voir le désastre. Il avait voulu partir aux Etats-unis ou l’Afrique du nord pour interposer au moins une mer entre lui et Staline.

Miklos naquit à l’automne. Christian était loin de vouloir imiter son frère et bondissait de bluettes en historiettes avec un goût prononcé pour les belles étrangères.

Christian fut emmené contre son gré à l’église pour devenir parrain de Miklos  alors qu’il avait refusé car il était devenu sincèrement athée. Gabor faisait une déclaration d’amour à son frère en le nommant parrain mais Christian ne l’entendait pas.

Ruth envoya ses amis en France pour voir Christian. Il les conquit toutes. Mais à l’approche des déclarations définitives, il devenait distant et ombrageux. Elles repartaient malheureuses et déçues. Il n’en retint aucune car elles étaient incapables de retirer leurs lunettes à voir les Français en rose. Après la naissance de Miklos, les copains de Gabor ne pouvaient plus faire la fête chez lui.

Ils allèrent chez Christian pour des parties de poker. Christian avait trouvé un travail grâce à Pierre Thibert et il était ravi d’accueillir les copains de Gabor.

Le parti communiste faiblit et l’anxiété de Gabor et Christian s’atténua. La France resta démocratique. Gabor photographiait Miklos. Mme Kiràlyi vantait la beauté de son petit-fils. Elle allait à Marne-la-Coquette pour le voir. Christian se sentait délaissé par sa mère et lui reprocha des années plus tard.

Christian voulut reprendre la peinture mais l’inspiration ne vint pas. Philippe, un ami d’enfance lui téléphona pour lui acheter une reproduction que Christian avait dessinée de l’affiche du Chien andalou. Mais en voyant le dessin, Philippe fut déçu. La franchise de Philippe fut le catalyseur d’une amitié indestructible.

Philippe était juif d’origine polonaise. Il était aussi peu juif que Christian en réalité. La  femme de Philippe accueillit Christian avec gentillesse. Elle s’appelait Catherine et dirigeait un institut de pédopsychiatrie. Gabor décida d’investir dans la société de conseil patrimonial que constituait son ami Gégé. Pour les démarches, il dut refaire sa carte d’identité périmée. La police lui demanda de prouver sa nationalité française car il était né de parents étrangers. Il s’énerva contre l’agent antillais qui lui avait demandé de prouver sa nationalité. Gabor fut obligé de trouver les documents prouvant la naturalisation de ses parents et la sienne.

Ainsi, Gabor put rester français.

Le père de Philippe mourut sans prévenir.

Christian fut invité à l’enterrement. C’était un enterrement juif. Christian ne put s’empêcher de comparer cet enterrement avec celui de son père qui était catholique. Christian put assister au kaddish, prière qui ne peut être récitée qu’en présence d’un Minyan, assemblée d’au -10 hommes ayant atteint leur majorité religieuse. Christian fut donc convié à la prière. Philippe l’étreignit et le remercia. Christian avait accompli sa première action assumée en tant que juif.

XV

Christian récupéra, chez une secrétaire de la production où il travaillait, les transcriptions de l’interview de sa mère. Il y avait 86 feuillets. Cela lui coûta 6500 FRF mais il ne le regretta pas. La secrétaire lui dit que c’était très émouvant ce que sa maman lui avait raconté. Elle lut un passage qui l’avait marquée. Christian était décontenancé. L’histoire de sa mère devenait l’Histoire.

La secrétaire approcha doucement son visage de celui de Christian et lui dit qu’elle n’avait jamais fait l’amour avec un juif. Christian fut ravi de lui rendre ce service. Gabor avait donné rendez-vous à Zoé chez Christian. Il allait lui annoncer qu’il divorcerait pour être tout à fait avec elle mais elle avait peur.

Elle l’aimait mais elle ne se voyait pas à 40 ans avec un homme de 70 ans et voulait donner un père à ses futurs enfants, pas un papy. Elle voulut faire l’amour une dernière fois avec lui et se donna entièrement. Après, elle demanda si lui et Christian étaient juifs. Gabor répondit que son frère l’était peut-être mais pas lui. Puis elle partit et il pleura.

XVI

Christian fut parrain pour la troisième fois. Il se sentait complice d’une seule Mani de son frère. Il était venu avec Sarah, sa compagne depuis un an. Mme Kiràlyi l’adorait car elle était gentille et cultivée. Christian l’avait rencontrée lors de l’enregistrement des dialogues d’un dessin animé. Un an plus tard, ils avaient conservé leur appartement respectif et s’autorisait des périodes d’éloignement qui tempéraient les craintes du vieux célibataire et ranimaient le désir de Sarah. Elle n’était pas juive, malgré son prénom, ce qui lui attira la sympathie de Gabor. Gabor espérait qu’elle aurait raison des lubies sémitisantes de son petit frère. Christian était allé voir Shoah seul.

Il avait été gêné par la trop grande présence de Claude Lanzmann à l’image et que l’engagement de réserve esthétique devant la mémoire des faits n’était pas tenu.

Il fut choqué par l’assistance de Lanzmann auprès de Abraham Bomba, un des rares survivants à avoir connu les chambres à gaz où il coupait les cheveux des femmes avant qu’elles soient gazées.

Au nom de quelle cause pouvait-on infliger un tel supplice à un être déjà ravagé ?

Gabor et Christian voulurent éditer un livre. Gabor publierait et Christian écrirait et dessinerait. Le titre serait les Aventures édifiantes de super Gypsy et super Hébreu au pays des gens.

Les deux héros parcouraient le monde à la recherche de Dame Justice. Ils n’arrivèrent pas à s’entendre sur l’histoire et les dessins. Sarah voulait un enfant et Christian sentant le piège la quitta.

Il s’amouracha d’une russe, Macha. Il la présenta à sa mère.

XVII

La chute de l’URSS et du mur de Berlin furent un délice politique pour Gabor et Christian. Christian avait rompu avec Macha mais ils étaient restés amis.

Le livre de Christian et Gabor moisissait par milliers d’exemplaires dans  la cave de Gabor.

Il n’avait pas été distribué. Gabor croyait pourtant au talent de Christian. Il épongeait secrètement les découverts de son frère et diffusait ses toiles auprès de ses accointances professionnelles dans l’espoir de lui créer un réseau de collectionneurs.

Christian réalisa des séries d’animations. Gabor en profita pour procurer dessins et autographes de son frère à ses connaissances. Christian ne détestait pas répondre à l’admiration des enfants et la curiosité des adultes. Il travailla pour Arte sur un film à partir de photos en mouvement sur la Shoah.

Christian ne supportait pas les mots holocauste et Shoah. Holocauste ne convenait pas car les juifs n’avais pas été sacrifiés pour honorer une quelconque puissance divine. Et Shoah c’était la dénomination en hébreu donc l’appropriation du crime par ses survivants et pour Christian c’était une malsaine légitimation. Pour lui, le seul intitulé incontestable était celui des nazis « solution finale de la question juive ».

Gabor démissionna de la banque pour rejoindre Bernard et sa société naissante de communication financière.

Anne et Mme Kiràlyi, étaient inquiètes mais son enthousiasme lui procurait du plaisir et elles ne voulurent pas entraver sa course à la liberté.

Gabor appela sa société Finanpub. Ils attendirent un an avant de rendre leurs locaux présentables. Ils organisèrent une soirée promotionnelle. Gabor perdit toutes ses économies et Finanpub déposa le bilan. Il il était  ruiné et sa famille ne le savais pas.

Il ne se confia qu’à Christian.

Christian accepta de l’aider.

XVIII

Christian conseilla Gabor après le départ de Zoé. Il avait réussi à rebondir après Finanpub mais l’échec avec  Zoé l’avait assommé.

Anne se doutait qu’elle avait une rivale. Elle était soulagée que ce soit fini. Elle reprendrait Gabor sans rien dire car elle l’aimait follement. Christian relut la transcription de l’interview de sa mère. Elle évoquait une lettre qu’elle avait reçue d’une rescapée des camps qui avait été proche de sa mère jusqu’au dernier jour de sa vie.

Cette rescapée habitait à Komarom en Hongrie située Mme Kiràlyi dialogue. Elle apprit que ses parents avaient été séparés avant d’arriver aux camps et qu’ils ne s’étaient jamais revus. Mme Kiràlyi n’avait jamais supporté la moindre image des camps. Mais elle était allée voir la Liste de Schindler. Juste après, elle avait appelé Christian pour qu’il l’aide à savoir comment avait fini ses parents.

Sa mère était à Ravensbrück. Son père à Flossebürg. Elle avait tenté de survivre pour revoir son mari.

XIX

Gabor s’était refait. Il avait le revanche partageuse. Il invita ses amis au restaurant et alla voir Eric Clapton, Mark Knopfler et d’autres guitaristes avec Christian.

Un soir, après un concert de Santana, ils revirent Brigitte, une copine de ciné-club de Christian.

Ils se revirent. Il découvrit qu’elle était juive et écrivait un livre sur sa famille pendant la déportation. Elle voulut rentrer avec lui mais il la prévint qu’il avait un film à regarder. Il préparait un film sur la déportation. Il regarda Génocide commenté par Elizabeth Taylor et Orson Welles avec Brigitte. Ensuite, ils firent l’amour.

Elle lui dit que ça lui faisait toujours ça compte le voyais des images sur les camps. Christian eut peur et il évita de la revoir. Gabor voulait que Christian se marie et ait des enfants mais Christian n’aimait pas les enfants en général. En le poussant à se ranger, Gabor espérait dissiper ses propres doutes sur son métier, son couple et l’éducation de ses fils.

Christian se rappela la promesse qu’il avait faite lors du baptême de Miklos. Alors il le dévoya car ils le trouvait trop exemplaire. Il lui raconta la jeunesse de Gabor avec nanas, bitures et déconnages. Miklos répéta tout à ses frères. Gabor devint un héros pour ses fils.

Gabor décida d’emmener sa famille en Hongrie. Il proposa à Christian de les accompagner mais Christian partait en Israël avec Philippe.

XX

Christian, Philippe Catherine furent longtemps interrogés avant de partir par un agent de la compagnie aérienne. C’était pour démasquer les terroristes. L’avion décolla avec 2h00 de retard pour raisons de sécurité.

Christian et Philippe parlérent de leurs pères partis de leur pays d’origine pour rejoindre la France, des hommes de la diaspora.

A Tel-Aviv, le guide leur fit une allocution patriotique. Christian et ses amis furent méfiants. Christian et Philippe se promenèrent. Ils étaient intimidés. Israël leur filait entre les doigts.

Pendant ce temps, Gabor et sa famille étaient en Tchéquie puis en Slovaquie. Gabor voulait montrer à sa femme et à ses enfants le palais dont ils avaient été dépossédés et qu’en secret il imaginait réclamer bientôt au nouveau gouvernement.

Mais la grande demeure avait perdu de son attrait. Gabor insista pour aller au cimetière. La plaque de marbre avait disparu de la sépulture vide de ses grands-parents. Le nationalisme slovaque rejetait les Hongrois.

Christian et ses amis visitèrent Jérusalem. Leur guide s’appelait Chava. A Jérusalem, des touristes avaient été tués par des terroristes. On n’était à l’abri nulle part. Chaque visage arabisant croisé dans la foule suggérait le danger, la peur et la méfiance.

Ils visitèrent le saint-sépulcre, le quartier juif, le mur des lamentations. Si dieu voulait se manifester, c’était le moment mais il resta coi, comme toujours.

Philippe et Christian laissèrent un message dans le mur. Le vœu de Christian était que Brigitte trouve un éditeur. Ils faillirent se perdre en retour et Christian s’énerva contre Philippe. Christian sen voulut d’avoir cédé à cette méfiance anti-arabe. Le soir, les pédopsychiatres qui avaient fait le voyage avec Catherine vitupérèrent la paresse et la jalousie palestiniennes.

Mais Christian pensait qu’en 1947 le partage des terres avait été inégal. Il s’opposa à eux en disant qu’Israël aurait pu être créé en Bavière. Il aurait été préférable d’expulser les tortionnaires allemands plutôt que des Arabes qui n’étaient pas responsables du génocide.

Philippe défendit Christian en disant qu’il ne se sentait pas sioniste. Christian admonesta les pédopsychiatres sionistes en disant que ce que sa famille avait subi ne leur donnait aucun droit et il s’en alla.

Gabor était enthousiaste en voyant que les symboles soviétiques avaient été éliminés à Budapest. Il regrettait l’absence de son frère. Il se demanda s’il avait rencontré Super- Hébreu à Jérusalem. Après être allés au restaurant, ils couchèrent les enfants et finirent la nuit dans une boîte recommandée par le concierge. Ils y virent une strip-teaseuse qui s’amusait avec un godemichet. Anne et Gabor se demandèrent se qu’était devenue la Hongrie. Gabor pensait qu’elle n’avait pas résisté au communisme qui l’avait laissée inculte et matérialiste à la merci de l’occident puis ils rentrèrent à l’hôtel et  firent l’amour pour la première fois depuis des mois. Anne tomba enceinte  mais elle ne dit rien à Gabor. Elle avorta ne se voyant pas à élever un tardillon condamné à se prénommer Attila.

Les collègues de Catherine se méfièrent de Christian. Ils n’appréciaient pas son attitude. Ils visitèrent le Yad vashem. Christian comprit que son malaise venait de l’hostilité qu’il avait à l’endroit du sionisme qui garantissait la citoyenneté à n’importe quel immigrant juif.

Les critères de judéité établis par Israël étaient les critères antisémites inversés et faisaient d’Israël un Etat raciale ou raciste.

XXI

Christian revit Pauline puis Saïda qui travaillaient dans la traduction de dialogue de film. En couchant avec une Arabe, il cherchait sans se l’avouer à se défaire d’une diffuse culpabilité rapportée de Jérusalem.

Elle s’en rendit compte et leur relation s’arrêta. Gabor eut un malaise cardiaque. Christian eut peur de le perdre. Il pensait que c’était suite au départ de Zoé et il s’en voulait de n’avoir pas empêché cette relation vouée à l’échec.

Gabor survécu. Christian alla le voir à l’hôpital. Ils n’osèrent pas parler de la peur qu’ils avaient eue. Christian demanda à Gabor s’il savait pourquoi ses parents l’avaient prénommé Christian. Gabor répondit que M. Kiralyi avait pensé que c’était une précaution de plus.

Christian appela Pauline pour la rassurer. Puis il  raconta la fameuse blague « pourquoi les coiffeurs » qu’il n’avait jamais réussi à raconter à son frère et Gabor rit.

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23 août 2017

Nuit noire, étoiles mortes (Stephen King)

 

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Nuit noire, étoiles mortes (Stephen King)

1922

A Omaha, dans le Nebraska, Wilfred Leland James écrivait sa confession, en juin 1922. Il avait assassiné sa femme Arlette Christine Winters James et avait jeté son corps dans un vieux puits. Son fils Henry l’avait aidé alors qu’il n’avait que 14 ans. Wilfred l’y avait amené par la persuasion. Le mobile du crime était 100 arpents de terre à Hemingford Home au Nebraska. Arlette avait hérité de ces terres par son père.

Wilfred voulait ajouter ces terres à sa propriété agricole mais sa femme voulait les vendre.

De plus, Arlette voulait vendre la ferme pour déménager à Omaha  ou Saint-Louis pour ouvrir une boutique. Wilfred refusa.

Il pensait que les villes étaient faites pour les imbéciles.

Henry aimait la terre et n’avait pas envie d’aller à Omaha  mais accepterait de partir si ses parents tombaient d’accord. Wilfred avait pensé à aller en justice mais il en était venu à haïr sa femme et a souhaité sa mort. Il avait proposé à Arlette de retourner chez sa mère mais elle ne voulait pas laisser les terres de son père à son mari.

Il avait pourtant proposé de les lui acheter. Elle refusa d’être payée par traites. Elle voulait vendre ses terres à Farrington qui paierait en une seule fois. De plus, elle voulait partir avec Henry. Alors Wilfred commença à « travailler » son fils en lui racontant le projet d’Arlette.

Il lui expliqua que s’il partait pour la ville avec sa mère, il perdrait ses amis et ses nouveaux camarades le traiteraient de bouseux. Henry décida de rester avec son père et pleura. Il ne comprenait pas que sa mère soit aussi « chienne ».

Wilfred demanda à sa femme de lui laisser du temps pour réfléchir et elle accepta. Puis il passa deux mois à travailler Henry pour l’habituer à ce que pourrait être sa vie en ville.

Il lui raconta que sa mère pourrait l’obliger à aller à Chicago où il serait au lycée avec des « négros ». Henri devint dur avec sa mère et elle le lui rendit.

En juin 1922, Wilfred annonça à sa femme qu’il avait décidé de garder les terres. Elle prit conseil auprès d’un avocat. Elle se fit avancer l’argent par Farrington. Alors Wilfred dit à son fils que la vie n’était jamais juste et qu’il y avait des fois ou la seule chose à faire était de prendre ce qui nous revenait même si quelqu’un devait mourir.

Henry en fut effrayé. Il aimait sa mère et pleura. Il implora son père de ne pas la tuer. Mais quand il demanda à sa mère d’abandonner son projet, elle le gifla.

Elle lui dit qu’il avait été contaminé par son père avec sa timidité et sa cupidité. De plus, elle lui dit qu’elle laisserait avec son père à renifler du cochon grillé (Farrington élevait des cochons) et à se débrouiller pour la cuisine.

La gifle avait signé l’arrêt de mort d’Arlette. Mais deux jours plus tard, Henry avait fléchi. Il avait pensé à ce qu’il entendait aux jeunesses méthodistes. Si sa mère mourait dans l’erreur, elle irait en enfer. Wilfred le convainquit du contraire. Puis il le ramena à la peur de la vie citadine en lui expliquant qu’une fois en ville, il commencerait à creuser sa propre fosse. Alors Henry voulut savoir s’il pourrait rester dans la ferme et si sa mère ne souffrirait pas. Wilfred le rassura.

Ils se décidèrent à tuer Arlette un samedi soir. Wilfred lui servit un verre de vin et lui fit croire qu’il acceptait de vendre les terres et la ferme. Elle avait vu qu’il complotait avec Henry et Wilfred lui fit croire qu’ils parlaient d’Omaha. Il lui versa un deuxième verre. Il lui dit qu’ Henry  l’avait convaincu qu’il valait mieux essayer d’être heureux en ville plutôt que de rester tout seuls à la ferme et misérables à tous les coups. Elle but un troisième verre et lui proposa une chose dégoûtante pour cette nuit. Arlette termina la bouteille. Il alla chercher Henry qui lui dit qu’il ne voulait plus aller au bout de leur projet car c’était sa maman mais en entendant sa mère chanter une chanson paillarde, son âme méthodiste en fut choquée.

Wilfred lui dit qu’Arlette voulait lui offrir un verre de vin. Henry avait promis au Seigneur de ne jamais boire. Arlette buvait encore et rotait. Elle chambrait Henry qui avait le béguin pour une fille, Shannon. Elle leva un verre à la santé de Shannon et de ses nénés tout neufs. Elle dit que si son fils n’avait pas vu la couleur des tétons de Shannon, c’était un empoté. Elle conseilla de frotter son goupillon partout sur Shannon mais de rester en dehors du berceau des familles. Dégoûté, Henry partit. Arlette dit que les sentiments et la décence étaient les derniers recours des faibles. Elle but deux bouteilles et demie et s’endormit. Alors Wilfred la coucha. Henry sortit de sa chambre. Il en voulait à sa mère d’avoir sali Shannon. Alors Wilfred  lui demanda de l’aider. Il accepta en pleurant à condition de ne pas regarder. Wilfrid lui fit chercher un sac en toile de jute. Ils allèrent dans la chambre d’Arlette. Henry dit au revoir à sa mère et lui enfila sur la tête.

Il maintint sa mère qui cherchait à se dégager. Wilfred lui trancha la gorge. Arlette hurla et se débattit. Henri s’éloigna du lit en poussant cri. Wilfred la poignarda cinq fois mais elle bougeait encore alors Henry le supplia de la faire taire. Wilfred trancha encore la gorge d’Arlette et Henry s’évanouit. Elle finit par mourir et alors Wilfred demanda de l’aide à son fils. Ils l’enroulèrent dans la courtepointe. Puis Wilfred voyant le sang empourprer la courtepointe enroula sa femme dans une couverture matelassée. Ils la portèrent jusqu’au puits. Henry dit que ce n’était pas une tombe pour sa maman et il s’évanouit.

Wilfred jeta sa femme dans le puits. Il vomit et pensa à ces mots : « faites entrer les clowns du rodéo ». Ces mots l’accompagneraient chaque nuit pendant huit ans. Henry se réveilla et courut en riant. Alors Wilfred le rattrapa et le gifla. Henry avait ri car il se croyait soulagé. Henry demanda s’il pourrait continuer à voir Shannon. Wilfred lui répondit oui à condition de ne rien lui confesser.

Il répondit que personne ne devrait jamais savoir ce qu’ils avaient fait. Il eut eu peur qu’elle vienne les hanter. Wilfred voulut le rassurer sur ce sujet mais il se trompait.

Wilfred  rabattit le couvercle du puits et  lessiva le plancher avec son fils jusqu’à l’aube.

Henry ne voulait pas aller à l’école car il était fatigué et ne souhaitait pas que Shannon le voie ainsi. Wilfred accepta. Il n’aura qu’à dire à la maîtresse qu’il avait la grippe. Wilfred jeta les draps ensanglantés au puits. Il vit qu’Arlette avait atterri en position assise. Alors il jeta le matelas pour la recouvrir.

Ensuite, il fit à manger pour lui et pour Henry. L’après-midi, Henry dormit et Wilfred marcha dans le champ de maïs en élaborant un plan.

Il songea à la société Farrington qui réclamerait les terres. Ca sentait le danger.

Henry dormit beaucoup les semaines suivantes. Wilfred comprit qu’il avait gâché le passe-temps de son fils. Il n’irait plus voir Shannon  pour se promener avec elle aussi souvent.

Wilfred remplit une valise avec les vêtements de sa femme et jeta le tout au puits. Il eut une vision d’horreur, des rats étaient en train de manger  Arlette. Il s’assit pour se ressaisir.

Il croyait qu’Arlette vivait encore et avait senti les rats la dévorer. Puis Henry arriva ett dit qu’il aurait aimé qu’ils n’aient rien fait. Il avait peur d’aller en prison ou d’être pendu. Son père voulut le rassurer en disant qu’il avait un plan. Mais il avait déjà un plan pour que Arlette ne souffre pas qui avait échoué alors Henry ne le croyait plus.

Henry s’excusa et reconnut qu’ils étaient ensemble dans cette histoire. Il demanda quand qu’ils allaient combler le puits. Wilfred voulait attendre.

Deux jours plus tard, Lars Olson qui était le forgeron, le laitier et occasionnellement le chauffeur d’Hemingford Home arriva chez Wilfred avec un certain Andrew Lester. Lester était un avoué mandaté par Farrington. Wilfred refusa de lui serrer la main. Il refusa aussi de l’inviter chez lui pour boire un verre alors Lester se contenta de boire l’eau que Lars alla tirer de la pompe. Lester était venu chercher Arlette. Wilfred dit qu’elle avait décampé.

Lester dit que Arlette n’avait encore rien signé mais que quand elle ferait, il serait inutile que Wilfred engage des frais de procédure car il serait assuré de perdre. Lester ne croyait pas à la disparition d’Arlette et voulut inspecter la maison mais Wilfred refusa. Puis Wilfred appela son fils pour lui demander où était Arlette et Henry dit qu’il ne savait pas.

Il ajouta qu’elle était partie avec sa valise.

Lester s’en alla  en disant que les choses n’en resteraient pas là. Si Wilfred avait le malheur de cultiver les terres de sa femme, il se retrouverait au tribunal. Henry demanda quand ils combleraient le puits et Wilfred voulut encore attendre. Le shérif n’était pas idiot et s’il venait et voyait le puits fraîchement comblé, il aurait des soupçons. Le lendemain, Shannon vint chercher  Henry et l’emmena manger chez elle.

Quand il revint, il avait appliqué la stratégie de son père. Il avait raconté un mensonge à Shannon pour qu’elle le répète à ses parents et que ses parents le répètent au shérif. Henri regrettait ce que lui et son père avaient fait.

Alors il demanda un verre de bière. Wilfred fut surpris mais accepta. Il surprit son fils en pleine nuit à l’étable parlant à la vache et pleurant.

Deux jours après la visite de Lester, Wilfred décida de tuer Elphie, sa plus vieille vache qu’il n’avait pas les moyens de faire abattre. Il la fit monter sur le couvercle du puits avec un harnais et le couvercle céda.

La vache tomba dans le puits. Puis Wilfred prit sa 22 long rifle ET ACHEVA ELPHIE. Il vit qu’Arlette était encore attaquée par les rats. Il pensa que rien ne pourrait jamais être pire. Il croyait avoir atteint le summum de l’horreur.

Puis il combla le puits. Henry le rejoignit alors Wilfred lui demanda de prendre la camionnette pour aller chercher de la terre et des pierres. Le shérif arriva quand ils venaient de finir de combler le puits. Wilfred lui expliqua qu’une de ses vaches était tombée dans le puits. LESTER AVAIT envoyé le shérif  chez Wilfred. Il voulait l’envoyer avec un mandat de perquisition mais le shérif avait refusé parce qu’il pensait ne pas en avoir besoin. Wilfred accepta que le shérif fouille la maison. Wilfred dit qu’Arlette avait emporté quelques vêtements dans une valise et Henry précisa qu’elle avait aussi emmené des bijoux et une photo de ses parents. Il dit que sa mère voulait ouvrir une boutique en ville. Le shérif rétorqua qu’il fallait de l’argent pour ça.

Mais Wilfred évoqua les arpents de terre dont elle avait hérité. Le shérif demanda à Henry s’il était content que sa mère soit partie mais Henry pleura et le shérif le conforta.

Le shérif était allé chez les Cotterie. Il avait interrogé Shannon. Shannon avait répété ce que Henry lui avait confié. Il lui avait dit que ses parents s’étaient disputés au sujet des terres et qu’Henry s’était rangé du côté de son père alors sa mère l’avait giflé.

Wilfred ajouta qu’Arlette avait bu mais pas au point d’être complètement saoul sinon elle aurait dormi et n’aurait pas fui avec sa valise pendant la nuit.

Wilfred mentit en disant que sa femme avait emmené 180  dollars qu’il gardait dans une boîte pour payer les moissonneurs. Wilfred proposa au shérif de regarder le puits mais celui -ci refusa car il était pressé.

Il devait voir le juge. Il proposa à Wilfred de signaler Arlette pour qu’on la recherche mais Wilfred hésita. Le shérif insista alors Wilfrd promit d’y réfléchir.

Le puits n’était pas tout à fait comblé et un rat en sortit avec un lambeau de toile de de jute taché de sang. Henry tua le rat avec  sa pelle.

Ils finirent de combler le puits et mangèrent comme quatre ouvriers agricoles le soir.

La nuit, alors que Wilfred lisait Silas Marner de George Eliott, Henry vint voir son père pour lui dire que sa mère l’obligeait à faire sa prière. Désormais, il ne pourrait plus prier, de peur d’être foudroyé par dieu. Il ferait tout ce qu’il pourrait pour ne pas être découvert et condamné.

Sallie Cotterie avait laissé une marmite et un mot pour rassurer Wilfred au sujet du prêt de la moissonneuse. Le shérif les avait mis au courant. Puis, ce fut un bon été. Harlan Cotterie vint aider Wilfrid à moissonner. La société Farrington ne s’était pas manifestée. Wilfred avait pu rembourser son prêt à la banque grâce à ses bonnes récoltes.

Lester était revenu deux fois. Il voulait savoir si Arlette avait eu un accident ou avait été victime d’un bandit de grand chemin. Lester croyait qu’Arlette avait eu un accident à la ferme. Il dit à Wilfred dit qu’il savait ce qu’il avait fait et qu’il pourrait le prouver.

Alors Henry arriva avec sa faucille et menaça Lester qui s’en alla.

Shannon venait chaque mardi et chaque jeudi après-midi. Elle leur faisait la cuisine. Elle trouvait qu’Henry avait changé. Elle le trouvait sombre. Elle avait peur qu’il la trompe avec une autre.

Wilfred la rassurera. Il lui dit qu’Henry était triste car sa mère lui manquait et que le travail l’épuisait.

Elle trouvait qu’Henry était souvent pensif même quand il l’embrassait. Elle fit promettre à Wilfred de ne pas répéter ce qu’elle avait dit sur Henry. Wilfred promit.

Un soir d’août, Wilfred fut réveillé par le meuglement d’une vache. Il prit sa 22 long rifle et il alla voir. C’était un rat qui avait arraché l’un des pies de la pauvre Achéloïs. Wilfred le chassa mais ne réussit pas à le tuer.

Le rat avait laissé derrière lui une odeur de décomposition et Wilfred vomit. Après quoi, il  passa du baume antiseptique sur les pies d’Achéloïs.

Puis il boucha la canalisation menant au puits par laquelle le rat était sorti.

Le lendemain, Wilfred envoya Henry faire les courses.

Henry était ravi. Il demanda l’autorisation d’emmener Shannon avec lui mais Wilfred lui dit que c’était aux parents de Shannon qu’il devait le demander. Wilfred avait éloigné Henry de la ferme car il voulait lui épargner la vision de ce qu’ il allait faire.

Wilfred boucha la canalisation des rats avec du ciment. Shannon elle était enceinte. Sa mère le découvrit en septembre quand sa fille se prélassait dans la salle de bains.

Deux jours plus tard, Henry fut refoulé de chez les Cotterie. Henry avait compris que Shannon était enceinte et il voulait se marier avec elle mais Wilfred refusa.

Il n’avait pas d’argent pour les aider à démarrer dans la vie.

Alors Henry lui reprocha d’avoir tué sa mère car elle aurait pu lui donner de l’argent. Mais Wilfred lui rappela ce qu’Arlette avait dit de Shannon et les derniers conseils qu’elle avait prodigués à son fils. Alors Wilfred dit à son fils qu’il ferait de son mieux pour l’aider.

Harlan Cotterie arriva. Wilfried il l’avait toujours considéré comme un ami mais à ce moment-là il le détestait avec son argent ; sa femme docile et sa réussite.

Harlan était en colère et voulut s’expliquer avec Wilfred. Pourtant il ne pouvait en vouloir à Shannon et à Henry  car ça n’étaient que des gosses et ne pouvait pas en vouloir à Wilfrid car Arlette n’était plus là et il se doutait que Wilfried avait relâché son attention depuis.

Alors Wilfred dit qu’Henry voulait épouser Shannon et donner un nom au bébé.

Mais Harlan trouva ça ridicule car Wilfred et ne pouvait les aider.

Shannon était une élève brillante et sa mère voulait l’envoyer à l’école normale d’Omaha.

Tout était arrangé. Mais serait Shannon d’abord envoyée au foyer catholique de jeunes filles Saint-Eusèbe à Omaha. Ensuite, son enfant serait donné à l’adoption.

Ensuite, Shannon pourrait aller à l’école normale et devenir professeur. Harlan voulait que Wilfred paye au moins la préceptrice de Shannon. Ça lui coûterait 75 $.

Wilfrid lui demanda ce qui se passerait au cas où il ne pourrait pas payer. Alors Harlan répondit que ce serait fini entre eux. Wilfried proposa d’aller chercher son fils mais Harlan refusa car il estimait qu’Henry avait sali sa fille il serait capable de l’ assommer.

Henry attendit que Harlan s’en aille pour revenir. Il avait tout entendu. Wilfred lui dit que s’il tentait de fuir avec Shannon, Henry perdrait le respect de son père.

Henry lui  rétorqua qu’il ne connaissait rien au respect car il n’avait pas été capable de trancher une gorge sans tout cochonner.

Wilfred en resta sans voix.

Wilfred pensait qu’Arlette avait caché de l’argent et il fouilla partout.

Il trouva 40 $ glissés sous la bande intérieure d’un chapeau de sa femme.

Ces deux billets de 20 $ scellèrent  sa damnation.

Il avait déjà perdu son fils à ce moment-là. Il en voulait à Arlette.

Il pensait qu’elle avait laissé les 40 $ pour qu’il les trouve. C’étaient les 35 $ qui manquaient pour payer Harlan qui causèrent la perte de Wilfred. Il demanda les 35 $ à la banque et expliqua  à Henry pourquoi il demandait ce prêt. Il demanda à Henry de l’aider à rembourser le prêt avec son argent de poche. Henry n’eut qu’un petit grognement bourru.

Alors Wilfrid lui réclama une petite bise. Henry  lui donna. Ce fut sa dernière.

Stoppenhauser, le banquier, proposa un Wilfrid 750 $ au lieu des 35 qu’il était venu demander. Wilfried était tenté mais il voulut d’abord en parler à Henry. En sortant de la banque, Wilfred remarqua qu’Henry avait pris sa camionnette il  avait laissé la Ford T en échange.

A l’intérieur, il avait laissé un mot. Henry lui annonçait qu’il partait avec Shannon et qu’il raconterait tout si Wilfred le faisait rechercher.

Mais Wilfred savait que sans argent, son fils se ferait prendre. Sœur Camille, la directrice du foyer catholique avait sûrement reçu par Harlan le signalement d’Henry.

Alors Wilfred sentit que la chaise électrique devenait une éventualité réelle car Henri penserait que son père l’avait fait rechercher s’ il était arrêté..

Trois jours plus tard, Mme Mc Ready, l’institutrice vint voir Wilfred pour prendre des nouvelles d’ Henry car ne le voyant pas à l’école elle croyait malade.

Alors Wilfred lui dit Henry avait fui et pleura. L’institutrice connaissait les ennuis d’Henry et elle pleura aussi. Elle lui conseilla de se méfier d’ Harlan car elle trouvait dur et intransigeant.

Wilfred lui demanda de ne rien dire sur la fuite d’ Henry. Elle lui dit que dieu prendrait soin de Henry est et de Shannon qui faisaient un bien joli couple.

Elle en avait parlé au passé. Le lendemain, le shérif vint ramener la camionnette avec Lars Olsen. Le shérif ordonna à Olsen de l’attendre dans sa voiture.

Le shérif voulait avoir une conversation privée avec Wilfred. La camionnette avait été retrouvée à l’Est de Lyme Biska mais sans Henry.

Heureusement Henry avait arraché l’herbe sous la camionnette avant de fuir pour éviter que le pot d’échappement mette le feu à la prairie sinon il n’aurait pas pu échapper à la prison.

Le shérif était venu avec Olsen car ce dernier était ami avec Harlan et tous les deux en avaient après Wilfred.

Le shérif ne comprenait pas pourquoi Wilfred n’avait pas prévenu Harlan que son fils ferait tout pour voir Shannon et d’ouvrir l’oeil.

Cela donne une idée à Wilfred. Il prétendit qu’Henry était parti chercher sa mère et qu’Arlette avait peut-être contacté son fils. Le shérif conseilla à Wilfred de dire à Henry de ne pas chercher à approcher Shannon s’il se manifestait car elle refuserait de le voir.

Mais l’épicerie et pompe à éthyle de Lyne Biska avait été cambriolée. C’était un jeune type armé d’un pied-de-biche qui avait fait le coup.

Le shérif soupçonnait Henry. Wilfred voulut le disculper en disant que le signalement du cambrioleur ne correspondait pas avec les vêtements que portait Henry le jour où il était parti.

Wilfred lui conseilla d’arrêter là car il savait qu’il était ami avec Harlan et il savait que le shérif comprendrait le message.

Le shérif en resta donc là mais dit que la police d’ Omaha surveillait le foyer de Shannon au cas où. Si Henry revenait en disant avoir vu sa mère, Wilfred devrait en avertir le shérif car Alette était inscrite au fichier des personnes disparues.

Une fois le shérif parti, Wilfred chercha à se persuader que son Henry n’aurait jamais pu cambrioler un magasin mais il savait que son fils était différent maintenant.

Il savait qu’Henry recommencerait et se ferait attraper et alors toute l’affaire risquerait de s’ébruiter.

Les jours suivants, Wilfred resta chez lui à se morfondre à cause de la pluie. Il imaginait qu’Arlette était encore consciente d’une certaine manière et prenait plaisir à la tournure qu’avaient pris les événements.

Une semaine après la venue du shérif, Wilfried crut voir Arlette et hurla. Il sentait les doigts d’Arlette lui tapoter la tête mais c’était la pluie qui tombait du plafond.

Alors, Wilfred but du whisky pour se requinquer. Le lendemain, il contracta une hypothèque pour 750 $.

Henry acheta un revolver à Omaha avec l’argent qu’il avait volé à la vieille dame qui tenait une pompe à éthyle. Le lendemain, il cambriola la Banque agricole d’Amérique d’Omaha. Il ne récolta que 200 $. Wilfred prit 200 $ à la banque de Stoppenhauser et acheta ce qu’il lui fallait à la quincaillerie, à la scierie et à l’épicerie.

Il lui restait 160 $ qu’il cacha dans un chapeau d’Arlette.

Mais un rat s’était caché derrière la boîte et mordit Wilfred.

Il l’écrasa avec son pied. C’était le rat qui avait agressé Achéloïs. Ensuite, il se rendit à l’étable pour s’enduire la main blessée de baume. Puis il retourna dans sa chambre pour cacher l’argent sous la commode. Après quoi, il alla dans la cuisine et versa de l’eau bouillante sur un chiffon pour nettoyer l’endroit où il avait écrasé le rat.

Puis il retourna à l’étable pour remettre du baume sur sa blessure. Il trouva des médicaments anti-douleur et les avala avec du whisky. Alors, il s’endormit.

Le lendemain, il se réveilla avec une main qui avait doublé de volume. Alors il la banda.

Il aurait dû voir un médecin mais il n’aurait pas pu démarrer la voiture avec une seule main et la neige rendait la route impraticable.

Il reprit de la morphine mais avec de l’eau cette fois. Il espérait que Henry reviendrait mais c’est Alette qui vint. Elle apparut dans la galerie avec des rats. Elle entra dans la cuisine. Elle dégageait une odeur suffocante. Puis elle se pencha sur lui chuchota des secrets. Wilfred hurla.

Elle lui raconta à ce qu’avait fait Henry. Après s’être enfui de la Banque agricole, Henry se planqua. Arlette montra àcabane où s’était terré Henry. Il s’était acheté un vélo. C’était dans les faubourgs d’Omaha. Une semaine après le cambriolage de la banque, il alla à Omaha. Il localisa le foyer catholique sans s’en approcher. Il chercha une confiserie présumant que les filles du foyer s’y rendraient dès qu'elles en auraient l’occasion.

Il la trouva et se posta à  l’extérieur. Il attendit la venue d’une fille de ce foyer qui serait plus aventureuse, une fumeuse. Le troisième après-midi d’attente, Henry la trouva. Elle s’appelait Victoria. Wilfred la retrouva des années après. Henry lui proposa une cigarette.

Elle devina qu’il était le petit ami de Shannon. Elle lui dit que les flics avaient son signalement. Henry le proposa 2 dollars si elle acceptait de donner un message à Shannon. Elle accepta alors Henry lui en donne à 2 de de plus pour qu’elle ne dise pas un mot de tout ça. Arlette dit à Wilfred ce que contenait le mot. Henry annonçait à Shannon qu’il l’attendrait pendant deux semaines de minuit à l’aube derrière son foyer. Si elle ne venait pas, il en conclurait que c’était fini et rentrerait chez lui.

Shannon confia sa réponse à Victoria.

Victoria donna la réponse trois jours plus tard à Henry. Shannon lui donnait rendez-vous.

Henry cambriola la première banque nationale d’Omaha. Son butin était de 800 $. Il tira sur le gardien et le blessa. Puis Henry vola une Ford :

Shannon  y monta et ils s’enfuirent vers l’ouest.

La presse les surnomma les amoureux hors la loi. Wilfred lut les articles bien après. La Ford creva dans la région des Sand Hills du Nebraska.

Deux hommes attaquèrent Henry quand il changeait la roue. Alors Henry fut obligé de voler un fermier. Il y prit son argent et sa voiture.  Henry laissa la voiture près du dépôt ferroviaire de Mc Cook avec un mot laissé sur le siège. Il disait au fermier qu’il lui rendait sa voiture et qu’il le rembourserait dès que possible. Il avait signé « les amants hors la loi ».

Henry braqua une banque à Arapahor dans le Colorado. Il récolta 100 $. Il avait aussi volé une autre voiture. Le lendemain, Henry récolta 400 $ dans une autre banque. Une semaine plus tard, Henry et Shannon prirent le train pour San Francisco à Colorado Springs.

Il s’arrêtèrent à Grand Junction qui cambriolèrent une banque puis une autre à Ogden.

Là, Henri tua un homme en lui tirant dans la poitrine. A Deeth, dans le Nevada, homme les reconnut dans un restaurant. Il pointa un pistolet sur eux mais Henry se leva pour lui demander de les laisser partir. Mais l’homme tira. Seulement le pistolet était si vieux que le coup ne partit pas.

Henry paya le repas qu’il avait pris avec Shannon et il s’en allèrent. Mais l’homme reprit son pistolet et appuya à nouveau et il blessa  Shannon. Alors Henry la porta dans sa voiture et roula vers Elko. Il eut un accident et cala la dans le fossé.

Henry pensa à ce qu’il avait fait avec son père et où cela l’avait conduit. Shannon voulut que Henry la pose par terre. Il la posa dans un refuge de cow-boys et. Shannon et son bébé moururent.

Quand Arlette raconta tout cela à Wilfred, il voulut qu’elle le tue mais elle refusa. C’était sa vengeance.

Deux jours plus tard, le shérif arriva. Il emmena Wilfred dans sa voiture. Wilfrid ne put parler normalement. Il  réussit à dire qu’Arlette était morte et que son fils avait fui avec Shannon. Il se réveilla le 2 décembre. Les journaux titraient : « les amoureux hors la loi échappent à la police d’Elko ».

Personne ne savait encore, A part Arlette et Wilfred. Le médecin amputa  la main gauche de Wilfred. Le shérif Jones vint le voir à l’hôpital pour lui dire qu’il compatissait de sa perte. Sans Arlette, il ne serait jamais venu. Wilfred lui posa  une question rhétorique : « je l’ai tuée, dites-moi ? ». Car c’est sa mère qui lui avait transmis l’habitude de transformer des affirmations en questions rhétoriques et c’est ce qui le sauva de la chaise électrique.

Wilfrid termina de rédiger sa confession. Le shérif était venu lui dire que le corps d’Arlette avait été retrouvé par un fermier près de Lyme Biska. Des coyotes se la disputaient et le fermier les chassa. Le shérif en avait conclu qu’Arlette avait été attaquée sur la route pour ses bijoux et ses dollars. On avait laissé son corps loin de la route. Après le départ du shérif, Wilfred se mit à rire.

Le shérif s’était trompé. Le corps qui avait été trouvé était celui d’une vagabonde qui portait des souliers vernis alors que Wilfred avez dit au shérif qu’Arlette portait des chaussures de toile.

Cet imbécile l’avait oublié. Wilfried rit à cause de cela. Quand il rentra, Wilfred vit que son bétail était mort de faim, sauf Achéloïs. La semaine suivante, Jones vint chez Wilfred pour lui dire que Henry et Shannon étaient morts. Henry s’était tiré une balle dans la tête. Il alla chercher le corps de son fils. Les journalistes titrèrent : « L’affliction d’un père ».

Les rats lui avaient dévoré le visage. Pour l’enterrement de Shannon il y avait du monde mais pour celui d’Henry, il n’y avait que Wilfred et le fantôme d’Arlette que seul son mari pouvait voir.

Une partie de sa ferme s’effondra. Wilfrid voulut vendre les terres de sa femme à Harlan. Mais Harlan refusa car sa femme l’avait quitté en lui reprochant la mort de Shannon.

Harlan  pensait que les terres d’Arlette  étaient maudites et il ne voulait pas les acheter.

Wilfrid alla proposer ses terres à M. Stoppenhauser qui les refusa aussi. Wilfred pensa que le banquier avait un arrangement avec Farrington. Puis le banquier exaspéré fit sortir Wilfred.

En rentrant, il dut abattre Achéloïs car elle avait été effrayée par des rats et s’était brisé les pattes avant en fuyant.

Wilfred dut vendre ses terres et sa ferme à Farrington à un prix très bas.

Harlan dut vendre sa ferme en 1925. Les agriculteurs du Nebraska avaient été ruinés par les terribles tempêtes et par la sécheresse de 1923. Wilfred partit à Omaha. Il visita les endroits traversés par Henry au cours de la fin de sa vie.

Wilfred dépensa tout son argent en buvant pendant deux ans. Il s’acheta un pistolet. Puis il travailla à l’usine textile Bilt-Rite. Il alla voir Victoria. Elle s’était mariée et avait eu trois enfants. Il parla d’Henry et de Shannon. Pour Victoria c’était une tragédie shakespearienne.

Wilfred essaya de gagner contre Arlette et les rats en menant une vie normale. Il démissionna de l’usine car il se sentait toujours poursuivis par les rats. Il trouva un emploi de bibliothécaire en se fabricant de fausses références. Il travailla à la bibliothèque d’Omaha pendant quatre ans. Il se sentit encore poursuivi par les rats et par Arlette alors il les laissa le tuer.

La presse conclut à un suicide bien que des traces de morsures avaient été trouvées sur tout son corps. Sa confession avait été réduite en miettes.

Grand chauffeur.

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Tess était écrivain. Elle  avait écrit 12 volumes du Club des indémaillables. Elle acceptait 12 interventions publiques par an qui lui rapportaient 14 400 $. Elle avait économisé pas mal d’argent. Elle détestait la foule  alors elle évitait les aéroports et s’aventurait rarement plus  à l’ouest que Cleveland : Et puis, elle aimait conduire. Certaines de ses meilleures idées lui étaient venues en roulant. Patsy Mc Clain lui avait dit un jour qu’elle avait dû être chauffeur routier dans une autre vie.

2

Tess fut invitée par le club des Books and Brown Baggers de Chicopee. L’invitation avait été envoyée par Ramona Norville, documentaliste en chef de la bibliothèque municipale Chicopee et présidente du club.

Tess accepta de venir à condition que la séance d’autographes ne dure pas plus d’une heure car elle avait  un chat qui exerçait des représailles si elle n’était pas là pour lui servir son repas du soir.

3

Ramona Norville accueillit Tess- en lui demandant par quelle route elle était venue. Tess avait pris la 84. Ramona répondit que la 84 était la pire nationale d’Amérique et elle lui trouverait une meilleure route pour le retour.

Le destin de Tess fut scellé aussi simplement que ça.

Elle n’avait jamais su résister à un raccourci.

4

Ramona présenta Tess de façon concise. 400 personnes étaient venues assister à la prestation de Tess. Puis il y eut  une réception. Des lectrices demandèrent à Tess un autographe ou une photo. Six personnes demandèrent à Tess comment on faisait pour trouver un agent. Puis il y eut la causerie de Tess. Elle parla 45 minutes. Elle livra des anecdotes et décrivit sa façon de travailler. Ensuite, il y eut une séance de questions.

Enfin, Tess dut se livrer à une séance d’autographes. Après quoi, Romana invita Tess à prendre un café dans son bureau.

Tess vit une photo de Richard Widmark dédicacée. Romana en était fan. Romana lui donna les 1500 $,  prix de la prestation de Tess. Romana donna à Tess un moyen de rentrer chez elle par une voie plus rapide. Tess entra le raccourci dans son gps.

5

Romana souhaita à Tess un bon retour. Tess se laissa guider par le gps. Un péquenaud avait laissé tomber son chargement sur la route et il y avait des planches brisées avec des clous rouillés. Tess voulut les éviter mais un pneu creva. Tess tenta d’utiliser son téléphone portable mais il n’y avait pas de réseau. Un vieux fourgon passa et Tess leva le bras mais le conducteur ne s’arrêta pas. Tess enleva les planches de la route pour éviter au prochain conducteur de subir la même mésaventure qu’elle. Tess alla se réfugier dans une station Esso désaffectée. Une vieille camionnette Ford s’arrêta. Le conducteur demanda à Tess si c’était elle qui avait enlevé les planches et elle répondit oui. Elle se retint de dire que son téléphone ne captait pas de réseau. Le type mesurait 1 m95.

Il proposa de changer son pneu crevé. Elle proposa de lui donner 50 $ mais il refusa car elle avait enlevé les planches cloutées. Elle remarqua que le géant n’avait pas fermé la portière de sa camionnette alors elle voulut   la fermer et vit avec horreur que la camionnette était remplie des mêmes planche cloutées que celles qui étaient sur la route.

Au lieu de changer la roue, le géant proposa de niquer Tess. Tess pensa qu’elle risquait de ne plus jamais revoir son chat. Elle le supplia de ne pas la tuer. Il la traita de salope Puis il la frappa.

6

Quand revint à elle, elle était nue. Il la violait. Elle le supplia d’arrêter  mais il répondit que ça ne faisait que commencer. Il la frappa encore et elle s’évanouit

7

Quand elle reprit connaissance, le géant chantait Brown sugar des Rolling Stones.

Tess avait mal à la figure, à la poitrine et entre les jambes. Elle essaya de crier mais le géant lui serra la gorge. Elle s’évanouit.

8

Tess émergea pour la troisième fois. Le géant la porta puis il la gifla car elle ne répondait pas. Il lui dit qu’elle était un bon coup même s’il les aimait plus vieilles. Il l’embrassa sur la bouche. Puis il la posa dans une canalisation. Tess était horrifiée par le froid de l’eau et les odeurs de matières végétales en décomposition. Elle s’appliqua à faire la morte. Elle entendit le géant partir. Elle voulait quitter la conduite d’eau et hurla en découvrant le cadavre d’une femme que le géant avait laissé. Le géant était parti car il croyait avoir tué Tess.

9

Tess récupéra ses affaires et son téléphone(en miettes) dans le vieux magasin.

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Tess était en état de choc. Elle cherchait sa voiture. Elle se rappela de quelle marque était le slogan affiché dans le vieux magasin « vous l’aimez, il vous aime ». C’était Seven up. Elle se mit à chanter la chanson de la publicité et se rendit compte qu’elle avait la voix éraillée à cause du géant qui l’avait étranglée.

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Tess avait dû vomir mais elle ne s’en souvenait pas. Elle pleura. Elle eut une absence.

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Elle marcha sur la route en chantant « It’s a heartache ». Maintenant, elle avait la voix de Bonnie Tyler.

Il fallait qu’elle réfléchisse. Il était près de minuit et elle ne pouvait pas rester là. Elle vit que le géant avez volé ses boucles d’oreilles en diamant et se remit à pleurer. Elle marcha en se cachant quand une voiture arriva de peur que ce soit le géant qui revienne.

Elle pensa à son chat Fritzy pour s’empêcher d’avoir des absences.

Elle se mit à penser à ce qui arriverait si elle portait plainte. Le viol qu’elle avait subi serait révélé par la presse. Elle ne voulait pas que la presse à scandale affirme qu’elle avait cherché à se faire violer. Elle ne voulait pas que son viol obtienne la couverture nationale. Elle savait que si c’était le cas on lui demanderait et si elle allait écrire un livre pour raconter son viol. Elle pourrait plus faire de  conférence de peur que le géant se pointe.

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Tess arriva au Taur Inn, une grange aménagée en boîte de nuit. En ne s’y arrêta pas car elle voulait pouvoir téléphoner sans être dérangée. Tess aperçut une station essence et y entra. Elle faillit crier tellement elle avait mal en urinant. Elle se regarda dans le miroir des toilettes. Elle était contusionnée et hagarde.

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Tess voulut téléphoner mais l’opératrice ne pouvait la mettre en communication directement avec le numéro qu’elle voulait. Alors Tess inscrivit le numéro dans la poussière du mur où était fixé le téléphone. Tess appela et obtint une voiture avec chauffeur. Comme l’agence avait son numéro d’American express, elle pourrait payer sans problème malgré le fait qu’elle avait perdu son sac dans la station-service désaffectée ou parce que le géant le lui avait volé.

Tess avait faim mais n’avait pas d’argent et même si elle en avait eu, elle n’aurait pas voulu que l’employé du comptoir la voie avec son nez cassé. Une femme battue, ça pouvait amuser les gens.

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La limousine arriva. Le chauffeur était petit et ne ressemblait pas à un violeur. Elle devrait se fier à lui si elle voulait revoir son chat. Le chauffeur lui ouvrit la portière et lui souhaita la bienvenue chez Royal limousine.

Il ne dit rien sur l’état de Tess et Tess se dit qu’il avait dû voire pire. Elle se détendit  quand elle s’assura que c’était bien Manuel le chauffeur qui conduisait et pas le géant.

Manuel lui demanda si elle voulait rentrer directement chez elle ou s’arrêter ailleurs auparavant. Allusion directe à l’état de Tess mais elle voulait rentrer directement chez elle.

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Tess donna un pourboire au chauffeur et rentra chez elles grâce à la clé de secours  qu’elle cachait dans la boîte aux lettres.

Fritzy réclama des caresses et d’être nourri. Tess verrouilla sa porte et brancha l’alarme anti-effractions pour la première fois depuis des mois. Elle découvrit avec surprise qu’il n’était pas 23h15. Puis elle ouvrit le placard de l’entrée et en retira une boîte contenant le revolver qu’elle avait acheté cinq ans plus tôt lors de la vague de cambriolages qui avait sévi au Connecticut et au Massachussets. Elle avait suivi des cours de tir.  Elle chargea le revolver et se sentit rassurée. Sa voisine avait laissé un message sur le répondeur pour l’avertir qu’elle avait nourri le chat et prit son courrier.

Tess mangea du fromage blanc. Elle n’aurait pas pu mastiquer de la viande. Elle savait qu’elle avait besoin de voir un médecin mais cela rendrait public son viol. Même si le médecin ne disait rien, les patients à l’hôpital l’auraient reconnu et auraient deviné qu’elle avait été tabassée et peut-être violée. Son nez était enflé mais pas cassé. Elle avait deux cocards et des bleus partout. Elle les cacherait avec un col roulé et des collants. Elle dirait à Patsy sa voisine que son chat l’avait fait tomber sur le pilastre en bas de l’escalier. Elle sentait une braise de fureur rougeoyer contre le géant. Elle l’aurait tué s’il avait été devant elle. Cela la fit se sentir plus forte.

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Le géant avait son sac à main donc son adresse. S’il était entré (elle avait oublié d’enclencher l’alarme et effraction avant de partir pour sa conférence) elle l’abattrait. Elle voulait qu’il soit là. Elle était devenue une nouvelle femme. Abattre le violeur stimulerait probablement les ventes de ses livres.

Elle prit une douche. Elle voulut redresser son nez mais cela la fit crier.   Elle enfila un pyjama et se coucha. Fritzy se lova à côté d’elle.

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Tess se réveilla et prit une douche en pensant au film Psychose.

Elle décida d’attendre 15 jours, quand son visage serait redevenu normal, pour faire des examens pour les mst. Elle avait décidé de ne pas porter plainte mais elle pensait aux autres victimes du géant et à ses futures victimes. Elle ne pouvait pas se défiler. Elle pensa donner un appel anonyme à la police pour dénoncer le géant mais se ravisa, c’était trop facile.

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Tess appela Patsy pour l’avertir qu’elle s’était blessée en tombant de l’escalier. Patsy voulait  l’amener chez le médecin mais Tess refusa en disant qu’elle n’avait pas de commotion. Elle lui dit de ne pas sans faire pour elle. Après ça, elle se mit à pleurer car elle devrait vivre dans le mensonge désormais. Jusqu’à ce qu’il ressemble à la vérité. Elle vomit et retourna se doucher une troisième fois.

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Tess décida d’appeler la police d’une cabine et d’écrire ce qu’elle allait lui dire.

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Tess se maquilla pour cacher ses ecchymoses et mit des lunettes de soleil pour cacher ses cocards. Sur son répondeur, une certaine Betsy Neel avait laissé un message.

Elle lui disait que sa voiture avait été laissée sur le parking du Taur Inn.Tess devait aller la récupérer avant 17h00. De plus, la réception avait autre chose pour Tess. Betsy Neel demanda à Tess d’apporter sa carte d’identité.

Tess commanda un taxi pour aller au Taur Inn. Elle décida d’appeler la police depuis la station d’essence d’où elle avait commandé une limousine.

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Tess proposa au chauffeur de taxi d’attendre qu’elle ressorte du Taur Inn moyennant 10 $ de plus. Tess vit que le géant avait changé le pneu crevé. Elle vit que le Taur In  était fermé mais elle put entrer malgré tout et fit signe au chauffeur de taxi de partir.

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Tess Nevis personnes dans le Taur Inn alors elle appela  et quelqu’un répondit.

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Une fille lui demanda si elle venait pour l’Expédition ou pour la Honda. Tess voulait récupérer son Expédition. La fille et demanda à Tess une pièce d’identité. Camp Betsy vit la carte de Tess de la guilde des écrivains elle fut stupéfaite car elle connaissait les Indémaillables. Betsy vie les marques de Tess et lui demanda si elle s’était fait ça au Taur Inn et Tess lui répondit non. Betsy  lui dit qu’elle n’avait pas grand-chose à faire dans ce lieu de perdition et si les journaux s’emparaient de son histoire, la grand-mère de Betsy qui lisait les romans de Tess en serait très déçue. Betsy donna à Tess son gps qu’elle n’avait pas voulu laisser dans la voiture puis elle lui demanda un autographe pour sa grand-mère. Tess accepta et mentit en disant que son petit ami l’avait frappée sur le parking du Taur Inn mais qu’un homme l’avait défendue. Elle décrivit cet homme sous les traits du géant et donna le signalement de sa camionnette.

Betsy lui dit qu’elle le connaissait. Son surnom était grand chauffeur. Lui et son frère avaient une entreprise de transport. Tess lui demanda de ne rien dire à grand-chauffeur si elle le voyait. Tess mentit en disant qu’elle voulait lui faire une surprise, un cadeau pour le remercier.

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Elle s’assura que sa voiture démarrait puis donna 20 $ au lieu de 10 au taxi.

Elle retourna à la station Gas and Dash et appela à la police. Mais elle raccrocha avant d’avoir parlé car elle pensait à ce qu’elle deviendrait si tout le monde savait qu’elle avait été violée.

Elle commença à réfléchir à ce qu’elle allait faire.

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Elle cherche sur  internet l’adresse de l’entreprise du géant. Elle savait qu’il avait un nom polonais et que son entreprise avait un nom d’oiseau grâce à Betsy. Elle se renseigna aussi sur Ramona Norville.

Elle pensait qu’elle était lesbienne et que ce genre de femme n’avait pas beaucoup d’affection pour les hommes qui n’étaient pas des violeurs.

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Tess alla sur Youtube pour voir des vidéos de Richard Widmark. Elle voulait savoir si ce type méritait d’avoir des fans. Elle regarda un extrait du Carrefour de la mort où Widmark jouait le rôle d’un psychotique. Puis elle googla Ramona Norville de Chicopee. Elle tomba sur une photo de Ramona en blazer et pantalon devant sa bibliothèque. Elle lui trouva une ressemblance avec le géant. Elle se dit que Romana  était peut-être la mère du violeur.

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Tess but de la tequila pour se donner du courage. Qu’une femme fournisse des victimes à son propre fils était choquant et peu probable mais pas impossible.

Elle trouva l’entreprise du géant. Ca s'appelait Gerfaut rouge. Elle regarda le site de l’entreprise et tomba sur une photo du géant au volant d’un semi-remorque. Tess trouva qu’il ressemblait vraiment à Ramona.

Le géant s’appelait Al Strehlke. Ramona devait souvent prendre le raccourci qu’elle lui avait conseillé pour aller voir son fils, pensa Tess.

Tess se dit que Ramona avait dû appeler Al pour le prévenir qu’elle lui envoyait une femme bien bandante. Ainsi, il avait eu le temps de placer des planches cloutées sur le chemin. Mais Al pouvait aussi googliser les femmes que Ramona invitait dans son club. Elle chercha le site des Books and Brown Baggers et le trouva. Elle réussit ensuite à trouver l’adresse de Ramona.

Elle allait éteindre son ordinateur mais pensa à faire une autre vérification. Elle alla sur le site du Weekly Reminder et chercha le nom du violeur dans les avis de décès. Elle tomba sur Roscoe Strehlke mort en 1999 et mari de Romana,  père de Alvin et de Lester. Roscoe était mort subitement à 48 ans. Tess avait donc vu juste, Ramona était la mère du géant.

Elle chercha comment Roscoe était mort. Le Republican de Springfield lui révéla que Roscoe s’était suicidé. Il s’était pendu car il avait été très affecté par des ennuis concernant son fils aîné. L’ancienne Tess aurait appelé la police mais la nouvelle voulait se venger.

Elle dormit puis alla dans un club vidéo pour louer la Femme courage avec Jodie Foster.

L’employé lui dit que le film s’appelait l’Epreuve du courage. Elle rentra chez elle pour regarder le film.

Tess pensa avoir raté la catharsis que ce genre de films procurait, toutes ces années.

30

Quand elle se coucha, Tess se dit que si elle se réveillait avec le même état d’esprit le lendemain, elle irait trouver Ramona et peut-être Alvin.

Le lendemain, elle avait toujours envie de se venger. Elle commença à prendre des notes. Elle écrivit NE PAS SE FAIRE PRENDRE.

31

Elle alla rendre le film puis en loua un autre La dernière maison sur la gauche. C’était l’histoire d’une fille violée et laissée pour morte que ses parents vengeaient en éliminant les violeurs.

Elle chercha ensuite ce qui était arrivé à Alvin provoquant le suicide de son père mais ne trouva rien.

32

Tess se réveilla dans l’après-midi, prit une douche et revêtit un col roulé noir et un pantalon noir. Elle cacha ses cheveux longs sous une casquette noire. Elle prit une corde qu’elle glissa dans une des grandes poches de son pantalon.

Elle prit aussi un couteau Suisse et son revolver. Elle servit une double ration à Fritzy,  le serra dans ses bras et l’embrassa.

Tess lista les imprévus possibles de son plan et s’encouragea à improviser pour éviter les mauvaises surprises. Elle devait avoir des capacités d’improvisation si elle voulait rentrer chez elle. Elle brûla son aide-mémoire. Elle enfila un blouson de cuir et des gants de cuir.

Elle glissa un couteau à viande à l’intérieur de son blouson.

Elle branche le système d’alarme et s’en alla. Elle programme 75 passage de la Dentellière dans son tom-tom, l’adresse de Ramona.

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Tess écouta à la porte et entendit une chanson tirée de la Mélodie du bonheur. Elle sonna. Ramona ouvrit et son visage manifesta le choc. Tess apprit tout ce qu’elle avait besoin de savoir rien qu’en le regardant.

Tess sortit son revolver et ordonna à Ramona de reculer. Elle dut insister mais Ramona finit par obéir. Tess vit qu’il n’y avait pas un livre en vue chez Ramona, la bibliothécaire.

Sur la télé, il y avait une photo de Ramona avec une autre femme, joue contre joue et enlacées. Tess lui demanda depuis combien de temps elle faisait la rabatteuse pour son fils assassin-violeur.

Ramona nia. Elle la traita d’écrivaine de merde. Puis elle avoua l’avoir envoyée à son fils. Alors Tess appuya sur la détente du revolver. Elle laissait toujours la première chambre du revolver vide pour éviter les accidents. Ramona fut surprise alors Tess  lui planta  son couteau dans le ventre. Tess n’éprouva aucun regret. Elle dit à Ramona qu’elle se sentait une parenté avec Richard Widmark. Ramona lui dit qu’elle avait fait une erreur et l’implora de la conduire à l’hôpital. Tess sortit un gant de cuisine de sa poche de pantalon pour s’en servir de silencieux et acheva Ramona d’une balle en pleine tête.

35

Tess monta à l’étage et fouilla dans l’ordinateur de Ramona. Elle trouve à l’adresse du Gerfaut rouge. Elle trouva aussi l’adresse d’Alvin et de son frère Lester qui habitait la même rue. Au rez-de-chaussée, Tess retrouva ses boucles d’oreilles en diamants dans une bonbonnière et les rangea dans son blouson. Puis elle  reprit sa voiture et programma l’adresse d’Alvin dans son tom-tom.

36

Tess vit la camionnette d’Alvin devant la pompe à essence près de chez lui. Mais elle ne voulait pas qu’il la voie alors elle l’attendit chez lui.

37

Tess arriva devant la maison d’Alvin. Une lumière s’alluma automatiquement  alors elle se gara derrière un conteneur. Chez Alvin, un chien aboya.

La lumière s’éteignit au bout d’une minute et le chien arrêta d’aboyer.

38

Tess s’était cachée derrière le semi-remorque d’Alvin et l’attendait.

Tess se rendit compte qu’elle n’avait aucun plan quant Alvin arriva. Il était aveuglé par la lumière qui se déclenchait automatiquement.

Tess quitta son abri. Elle ouvrit la portière de la camionnette de Lester et tira deux fois. Mais elle vit avec horreur qu’elle s’était trompée. Elle venait de tuer Alvin, le frère de Lester. Elle s’était trompée parce que Lester portait la casquette  et la bague en faux rubis de son frère et qu’il conduisait sa camionnette.

39

Tess pensa qu’en se lançant après son violeur comme un justicier dans un film est, elle s’était expédiée elle-même en enfer.

40

Tess alla chez Lester en conduisant sa camionnette. Elle avait également mis sa casquette. Tess entra chez Lester et le surprit. Il se murmura « T’es morte ». Mais elle répondit c’est toi qui est mort et le tua.

41

Tess fouilla la chambre du violeur. Elle trouva la culotte qu’il lui avait volée avec d’autres culottes des femmes victimes du violeur. Elle trouva un bloc-notes et écrivit sa confession pour les autorités compétentes. Elle écrivit qu’elle n’avait pas de regrets. Elle avait tué parce qu’elle était furieuse. Elle savait que la police remonterait la piste jusqu’à elle. Elle avait négligé un détail. Betsy Neel savait que Tess s’était renseignée sur Alvin.

Dans sa confession, Tess demandait à ce que tous ses biens aillent à son frère pour qu’il fasse don de sa succession à une organisation dévouée aux femmes victimes d’abus sexuels. Elle signa sa confession et s’en alla.

42

Tess laissa sa confession sur les genoux de Lester puis prit la camionnette de Lester. Elle allait se suicider. quand elle entendit la voix du tom-tom pourtant un kilomètre de là dans son Expédition. Le tom-tom lui disait que Doree (le personnage créé par Tess) n’avait jamais été une très bonne détective. Le tom-tam l’invita à penser plutôt que de se suicider. Il lui ordonna d’emporter sa confession avec elle alors Tess alla récupérer sa confession chez Lester. Elle en profita pour prendre de la viande dans le frigo pour amadouer le cher d’Alvin. Et elle s’en alla.

43

Tom lui dit qu’elle était folle si elle ne croyait pas qu’Alvin était complice. La lumière automatique s’alluma et le chien aboya. Tess attendit que la lumière s’éteigne. Tom lui dit d’aller voir chez Alvin la preuve qu’il était complice de son frère.

44

Tess avait les clés d’Alvin et elle ouvrit la porte. Le chien était un Jack Russel. Tess le carressa. Elle lui donna la viande qu’elle avait apportée. Alvin était plus soigneux que son frère, il avait même des livres. Tom lui dit qu’elle trouverait son sac chez Alvin.

45

Sous le matelas, Tess trouva trois  sacs à main dont le sien. Lester était le violeur et Al le fétichiste. Tom conseilla à Tess de chercher tout objet où figurerait son nom pour que la police ne remonte pas la piste jusqu’à elle. Tess trouva une peluche. Lester avait donc violé aussi des fillettes. Tom lui conseilla de chercher si Al avait un ordinateur mais il n’en avait pas. Tess était soulagée de ne pas avoir tué un innocent et le suicide ne l’a tentait plus.

46

A 7h30, le lendemain matin, elle chercha des informations sur Betsy Neel sur Internet. Elle trouva son numéro de téléphone et appela. C’était le répondeur. Tess lui avoua avoir menti. Elle lui dit qu’elle avait été violée et qu’elle avait voulu se faire justice elle-même.

Betsy décrocha. Elle venait de se réveiller alors elle demanda à Tess de répéter.

47

Elles se retrouvèrent au jardin public et de Colewitch et Tess raconta à Besty toute son histoire.

Betsy fut surprise quand Tess lui raconta qu’une voix fantôme l’avait empêchée de se suicider et de retourner chez Alvin. Betsy n’avait pas peur que Tess la tue car le chauffeur de taxi qui avait amené Tess au Taur Inn pourrait témoigner. Tess avait donc pu lui montrer son revolver sans lui faire peur. Betsy lui conseilla de ne pas se montrer tant qu’elle aurait des ecchymoses.

Betsy lui dit qu’elle comptait sur elle pour que l’enquête ne remonte pas jusqu’à sa personne. Elle ne voulait plus revoir Tess. Elle lui demanda quelle histoire elle allait raconter aux flics.

Alors Tess dit qu’elle allait raconter avoir suivi le conseil du raccourci de Ramona et s’être arrêté au Taur Inn où elle aurait rencontré des gens et trop bu, qu’elle aurait décidé de prendre le volant.

Tess voulut savoir pourquoi Betsy accepté d’être sa complice et Betsy ressortit l’histoire de sa grand-mère qui était fan des indémaillables. Mais Tess ne la croyait pas alors Betsy dit qu’elle avait été violée à 12 ans par son beau-père. Il  l’avait menacée avec un couteau et l’avait blessée quand il avait joui. Il lui avait crevé un œil. Sa mère lui avait demandé de ne rien dire au médecin. Le beau-père la viola encore quatre fois. Betsy lui conseilla de jeter son revolver et voulut savoir si elle avait brûlé sa confession et c’était le cas. Betsy effacerait le message de Tess sur son répondeur.

48

Tess effaça ses derniers trajets sur son gps. Elle pensait pouvoir trouver son chemin toute seule.

Extension Claire

Streeter vomissait beaucoup maintenant. Il conduisait aussi beaucoup parce qu’il ne pourrait plus le faire d’ici la fin de l’automne et parce que c’était au volant qu’il pensait le mieux.

Streeter se rangea sur la bande cyclable et vomit encore.

Le docteur Henderson l’avait prévenu qu’il aurait des douleurs en vomissements et cela commençait.

Il vit un écriteau sur la route Extension Claire, Prix Clair. Streeter avait vécu toute sa vie dans la petite ville de Derry. Il avait vu des gens vendre des légumes et des homards  toute l’année sur cette route.

A la saison du dégel, un vieux fou que les gens surnommaient le bonhomme de neige y vendait des trucs récupérés. Il alla voir l’endroit où se tenaient les vendeurs et discuta avec un bonhomme rondouillard. Il s’appelait George Dabiel. C’était lui qui tenait le stand appelé Extension claire. Streeter dit qu’il avait d’abord cru que son écriteau affichait « extension capillaire ».

Dabiel vit que Streeter perdait ses cheveux et Streeter révéla qu’il était en chimio. Dabiel lui proposa un marché. Il vendait des extensions de tout selon les besoins des gens. Si Streeter avait une petite bite, Dabiel lui proposerait une extension de pénis. Streeter fut amusé. Dabiel prétendit avoir vendu une extension de réalité à un peintre qui s’abîmait dans la schizophrénie paranoïaque. Un peintre de la Renaissance italienne. Streeter eut un geste de recul. Dabiel prétendait être immortel. Streeter qui jouait au scrabble se rendit compte que Dabiel était l’anagramme de diable.

Il demanda à Dabiel s’il voulait son âme contre une extension de vie. Mais Dabiel voulait seulement 15 % des revenus de Streeter. Pour ce prix, Streeter aurait 15 ans de vie en plus. Streeter  crut qu’il plaisantait mais Dabiel lui ordonna de se taire et parut plus grand et plus maigre subitement. Dabiel lui expliqua que pour obtenir une extension, Streeter devrait transférer sa maladie à quelqu’un qu’il haïssait. aimait Streeter évoqua Tom Goodhugh, son meilleur ami depuis l’école primaire et Dabiel s’esclaffa. Il voulut savoir pourquoi Streeter détestait son meilleur ami alors Streeter se disant que cet homme était fou se crut libre de parler. Tom était plus beau que lui et se distinguait dans trois sports alors que Streeter n’était bon qu’au mini-golf. Tom avait toujours besoin de Streeter quand ses notes chutaient à l’université. Tom lui avait volé sa petite amie Norma Witten, une fille superbe. Tom l’avait mise enceinte. Ils s’étaient mariés et avaient eu trois enfants. Ils s’aimaient toujours.

Streeter aimait sa femme mais désirait toujours Norma. De plus, Tom était millionnaire. Il s’était enrichi à la fin des années quatre-vingt en montant une affaire de décharge publique. Streeter lui avait avancé une partie de l’argent espérant que Tom se planterait et serait ruiné.

Streeter avait toujours voulu une promotion et jalousait Tom. Enfin, Tom pétait la forme à 51 ans alors que Streeter avait le cancer.

Dabiel lui annonça qu’il venait de le guérir provisoirement afin que Streeter essaye son nouvel état de santé avant de l’acheter. Dabiel lui dit que cette guérison ne durerait que 10 jours. Streeter vit que les dents de Dabiel étaient grandes et effilées.

Streeter rentra chez lui. Janet lui dit qu’il avait eu raison de ne pas annoncer sa maladie à leur fils Justin. Janet pleura et Streeter l’enlaça pour la rassurer. Il lui dit qu’il ne voulait pas annuler leur traditionnel repas du jeudi avec Tom et Norma.

Quand il dit à Janet qu’il n’avait pas envie de vomir mais au contraire avait faim, elle répond dit que c’était un miracle.

Deux jours après, Streeter alla voir son médecin, le docteur Henderson. Streeter avait insisté pour avoir une IRM et le docteur n’avait rien vu de tel. Les tumeurs avaient régressé. Le technicien de l’IRM pensait que l’ordinateur avait un dysfonctionnement.

Streeter voulait arrêter la chimio. Le jeudi, Tom avait invité Streeter et Janet chez lui. Streeter était écoeuré par la santé insolente de Tom, la beauté  éblouissante de Norma et la gentillesse de Jake, le fils de Tom. Tom faisait du sport et paraissait jeune. Il offrit une bière à Streeter et lui dit qu’il lui devait son bonheur car c’était lui qui lui avait présenté Norma.

Streeter aurait voulu briser la bouteille de bière et lui enfoncer le goulot dans les yeux.

Streeter alla aux toilettes et vit que l’armoire à pharmacie contenait des comprimés pour la tension artérielle alors il en prit un et le fourra dans sa poche. Il eut la sensation d’avoir passé clandestinement la frontière d’un pays inconnu.

Le soir suivant, Streeter retourna voir Dabiel. Il lui montra le cachet volé dans la pharmacie de Tom. Dabiel l’avala.

Alors Streeter lui demanda si l’extension de vie lui apporterait le bonheur et Dabiel répondit que ça ne dépendait que de lui et de sa famille. Streeter ne se souvenait pas d’avoir dit les noms de sa femme et de ses enfants à Dabiel. Dabiel dit que la plupart de ses clients étaient heureux. Streeter lui demanda si Tom allait avoir le cancer.

Dabiel  lui laissa comprendre que ce serait un proche de Tom qui souffrirait et tendit une carte avec l’adresse de sa banque aux îles Caïmans pour que Streeter lui verse 15 % de son salaire annuel. Streeter ne fut pas surpris de voir que la pluie tombait sur Dabiel en s’évaporant et grésillant.

C’était en août 2001, moins d’un mois avant la chute des tours.

En décembre, le docteur Henderson déclara Dave Streeter guéri.

Au même moment, Norma apprit qu’elle avait un cancer du sein.

En juin, Streeter obtint enfin sa promotion et sa fille fut admise à l’université de Columbia.

Dave et Janet partirent en vacances à Hawaii. C’est là qu’ils apprirent la mort de Norma. Tom les appela pour les en avertir.

En décembre, Streeter versa 15 000 $ au fonds non sectaire pour les enfants (couverture de Dabiel) et porta la somme en déduction sur sa déclaration d’impôts.

En 2003, Justin, le fils de Streeter fit fortune en créant un jeu vidéo. Il offrit une voiture à son père et une à sa mère.

Carl, fils de Tom eut un infarctus en octobre. Il en réchappa grâce à son colocataire mais fut handicapé lourdement après cela il dut retourner vivre chez son père.

Janet ne supportait plus devoir Carl dans cet état et elle cessa d’aller dîner chez Tom.

Streeter aimait voir Tom nourrir son fils handicapé. Il trouvait que c’était une bonne blague tout bien considéré.

En 2004, Mary Streeter décrocha un poste au Boston Globe et Justin fit fortune avec un nouveau jeu vidéo et un programme informatique de composition musicale.

Dave Streeter fut nommé directeur de sa succursale.

Il emmena Janet à Cancun. Le comptable de Tom détourna de millions de dollars. Tom faisait 60 ans maintenant.

En 2005, Jacob l’autre fils de Tom épousa Cammy Dorrington. Il abandonna ses études pour relancer l’entreprise de son père. Cammy trébucha sur l’ourletde sa robe de mariée en sortant de l’église et se cassa une jambe.

Tom souffrait de la goutte et marchait avec une béquille.

Streeter fit un chèque plus conséquent pour Dabiel mais le remplit sans chipoter.

En 2006, Grace fut atteinte de pyorrhée alvéolaire et perdit toutes ses dents et son odorat.

Lors de l’un des dîners hebdomadaires qu’il avait avec Streeter, Tom fondit en larmes.

Streeter le réconforta.

David et Janet fêterent leur 30e anniversaire de mariage.

En 2007, Gracie perdit son mari dans un accident de voiture. Grace se retrouva sur la paille et dut retourner enceinte de quatre mois chez son père.

Streeter versa 30 000 $ à Dabiel sans sourciller.

Le bébé de Grace était mort né en 2008. Elle tomba en dépression.

Lors d’un de leurs dîners hebdomadaires, Tom dit à des Dave qu’il croyait avoir offensé dieu.

Il ne voyait pas d’autre raison à son malheur. Tom attendait ces soirées avec impatience, elles lui rappelaient le bon vieux temps.

En 2008, l’entreprise de Tom fut fermée par l’Agence de protection de l’environnement. Tom risquait un procès pour pollution. Dave aurait voulu revoir Dabiel mais il ne le revit jamais sur la route de l’aéroport. Il continua de lui verser 15 % de ses revenus.

En 2 009, Jacob tua sa femme après un shoot de cocaïne et après s’être disputé avec elle.

Dave paya les frais de justice. En juin, Carl mourut en s’étouffant avec un quartier de pomme.

En septembre, Dave et Janet empruntèrent l’extension contournant l’aéroport de Derry. Dabiel n’y était pas. Janet pleura en pensant à la malédiction qui planait sur Tom.

Il lui dit que la vie était juste et qu’il suffisait qu’elle constate l’étendue de leur bonheur.

Il demanda à Jannet de faire un vœu mais elle avait tout ce qu’elle désirait mais Streeter ferma les yeux et fit  le vœu d’en avoir encore plus.

Bon ménage.

1

Darcy Madsen était né en 1960. Elle avait été secrétaire d’une filiale de Chevrolet. Elle était tombée amoureuse de Bob Anderson en 1982. Il travaillait pour le patron de Darcy.

Il était numismate comme le père de Darcy.

Il lui proposa de venir à une braderie à Castle Rock le samedi. Bob avait un physique aussi ordinaire que celui de Darcy.

Il allait devenir son mari.

En 1986, il eut une promotion et démarra avec l’aide de Darcy une petite affaire de vente par correspondance de pièces de collection états-uniennes.

En 1990, il y rajouta des cartes de base-ball et des souvenirs de vieux films.

Ce commerce ne prit jamais d’envergure au point de devenir une activité à plein temps mais Darcy et Bob ne le souhaitaient pas.

Ils achetèrent une maison à Pownal. Darcy avait quitté son emploi pour s’occuper de son fils Donnie né en 1986. Sa fille Petra naquit en 1988. Bob avait commencé à perdre ses cheveux. Il avait essayé un remède miracle. Cela avait irrrité Darcy. Elle avait découvert que ces produits étaient chers. Elle n’avait rien dit et de même quand Bob avait acheté un 4x4  Chevrolet d’occasion. Bob avait été irrité quand Darcy avait insisté pour que les enfants partent dans de très bons camps d’été, que Donnie ait une guitare électrique et que Petra monte à cheval mais lui aussi ne l’avait pas montré.

En 2004, Donnie était parti à l’université en Pennsylvanie et en 2006, Petra avait intégré Colby collège à Waterville.

Bob encadrait toujours les louveteaux à 49 ans et Darcy le trouvait croquignol avec sa calvitie et son short kaki mais se gardant bien de le dire.

Il avait pris 20 kilos et il portait des lunettes à double foyer. Il avait été promu dans son cabinet de comptables. Ils avaient acheté une maison plus coûteuse à Yarmouth. A l’approche des 50 ans, leur couple tenait le cap. Ils faisaient encore l’amour.

En 2009, pour les 25 ans de mariage de leurs parents Donnie et Petra avaient organisé une fête surprise au restaurant des bouleaux à Castle view. Il y avait 50 invités.

Leur vie de couple était cimentée de petits mystères ordinaires et de marques d’attention.

Ils avaient passé la plupart du temps ensemble et même s’ils ne savaient pas tous là de l’autre Darcy pensait que leur ménage était un bon ménage jusqu’à ce soir dans le garage.

2

La télécommande avait cessé de fonctionner et Darcy était allée chercher des piles au garage.

Bob était à Montpelier pour évaluer une collection de pièces de la seconde guerre mondiale.

En voulant ouvrir le placard des piles, Darcy butta sur un carton et se rattrapa à l’établi. Elle aperçut un catalogue sur le dessus du carton, elle s’agenouilla pour le récupérer  mais quand elle le souleva, elle vit tous les catalogues de vente par correspondance que Bob avait cachés car il trouvait que sa femme avait une addiction pour ces catalogues.

Elle se préparait à sermonner Bob quand il téléphonerait de Montpelier mais elle tomba sur une revue sadomasochiste.

Darcy se souvint avoir lu un article sur la curiosité des hommes sur les pratiques sexuelles, la psychiatre rassurait une lectrice qui avait trouvé des magazines gays dans la salle miettes de son mari. De l’investigation masculine, voilà ce que c’était et Darcy compta laisser courir. Elle entendit le téléphone sonner.

3

Darcy laissa le répondeur s’enclencher. Elle ne voulait pas parler à Bob tout de suite après ce qu’elle avait vu. Il lui faudrait une heure pour que la chose se passe. Mais c’était Donnie alors elle décrocha. Donnie avait monté une agence de publicité avec un ami contre l’avis de son père. Il avait déjà reçu des commandes de gros clients. Il prenait des nouvelles de la famille. Après avoir fini sa conversation avec Donnie, Darcy repensa au « clonk » qu’elle avait entendu dans le garage quand elle avait repoussé le carton de catalogues.

4

Darcy découvrit une cache. A l’intérieur, elle découvrit le petit coffret en chêne qu’elle avait offert à Bob pour un noël. Le coffre contenait la carte de donneur de sang d’une certaine Marjorie Duvall, ainsi que sa carte de bibliothèque et son permis de conduire. Elle semblait avoir 35 ans sur la photo et ne paraissait pas jolie. Darcy avait vu le visage de Marjorie Duvall dans le journal et aux infos de 6h00. Elle eut peur. Elle remonta pour rechercher un élastique et vit que le téléphone avait sonné.

Elle entoura les cartes avec l’élastique qu’elle avait trouvé dans la cuisine. Puis elle retourna dans le garage pour remettre les cartes où elle les avait trouvées. Elle voulut se convaincre que son mari n’était pas sournois et retourna à la maison.

5

Bob appela et Darcy fit semblant d’aller bien et d’être heureuse de l’entendre. Mais elle laissa un silence s’installer et Bob voulut savoir ce qu’elle avait. Elle menti en disant qu’elle avait pensé à sa sœur décédée. Lui aussi y pensait car c’était la compréhension qu’il avait témoignée à Darcy face à la douleur qui avait resserré leurs liens.

Brandolyne avait été renversée par un conducteur de scooter des neiges ivre. Le chauffeur avait fui. C’était le père de Brandolyne qui l’avait retrouvée. Bob voulut rentrer pour la consoler mais elle le  lui défendit. Elle fut surprise de rire à une de ses blagues. Son amour de 27 ans ne pouvait s’effacer d’un coup. Après l’appel, elle pleura.

6

Darcy fit des recherches sur Internet à propos de Marjorie Duvall. Elle lut des articles de presse. Marjorie était la 11e victime d’un tueur en série, Beadie. La photo de l’article montrait une Marjorie beaucoup plus jolie que celle son permis de conduire.

Marjorie avait été découverte dans une ravine à 10 kilomètres de son domicile. Elle avait été mordue, étranglée et agressée sexuellement. Le premier meurtre de Beadie remontait à 1977, les autres ne se déroulèrent jusqu’en 1981.

Puis Beadie s’arrêta de tuer durant 16 ans. Darcy pensa que Bob était Beadie et qu’il avait arrêté de tuer pendant 16 ans parce qu’il était amoureux d’elle.

En 1997, Beadie avait tué Stacey Moore et envoyé sa carte de la croix-bleue et son permis de conduire entourés d’un élastique au Bureau d’enquête criminelle avec un mot « C’est re-moi ! Beadie ! ». C’était la marque de Beadie pour narguer la police.

Beadie avait aussi tué l’enfant d’une de ses victimes en 2007.

Le gosse avait surpris Beadie sur le fait et Beadie l’avait tué. Après avoir lu toutes ces horreurs, Darcy vomit. Si elle appelait la police, elle et ses enfants subiraient le battage médiatique. Donnie serait ruiné et Petra avait toujours idolâtré son père.

Darcy songea au suicide.

Mais si elle se tuait, elle laisserait les mains libres à Bob puisqu’il ne serait plus obligé de mener une double vie.

Pour la première fois depuis des années, Darcy se mit à prier.

7

Bob, en bon comptable spécialiste des impôts, était particulièrement méticuleux en matière de conservation des archives. Darcy prit les dossiers de Bob et les empila avec ses propres agendas à côté de son ordinateur.

Elle effectua des recherches sur google. Les agendas de Bob et les dates des meurtres ne faisait qu’apporter des preuves aggravantes.

Il avait chaque fois effectué des déplacements dans les régions correspondantes aux dates correspondantes.

Après ça, elle eut du mal à dormir. Elle dormait quand Bob arriva.

8

Bob était rentré plus tôt que prévu. Il voulait parler à Darcy. Il avait vu qu’elle avait trouvé sa cachette dans le garage. Il avait laissé un morceau de scotch au-dessus de la cheville et ce scotch était déchiré. il avait toujours su que ce jour arriverait et  il voulut se confesser à Darcy.

Il embrassa Darcy et cela  la révulsa. Il lui vint à l’esprit qu’elle serait morte avant le lever du soleil.

En rentrant, la première chose qu’il avait faite était d’allumer l’ordinateur et de regarder l’historique. Il avait vu qu’elle avait cherché toutes les victimes de Beadie. Puis il dit à Darcy qu’il avait un ami très vilain, Brian Delahanty. Darcy ne comprit pas car elle savait que le copain de lycée de Bob était mort. Bob lui dit qui n’était pas vraiment mort. Il avait pris l’habitude de l’appeler par ses initiales B.D. Beadie.

9

Il parla longtemps et Darcy était horrifiée. Toutes ces années, elle avait vécu avec un fou. Darcy savait que d’accuser Brian Delahanty rendait simplement plus facile à Bob la séparation entre ses deux vies.

Bob lui raconta que M Brian avait voulu emmener des armes au lycée quand lui et Bob étaient en seconde. Ils voulaient tuer des profs et prendre en otage les filles  qui les snobaient pour les obliger à baiser avec eux sinon ils les tueraient.

Mais ils n’avaient pas mis ce plan à exécution car Brian  s’était fait renverser par un camion. Après l’enterrement, la mère de Brian avait dit à bob qu’il pouvait prendre ce qui voulait dans la chambre de son fils en souvenir et Bob  prit le cahier de géographie qui contenait les plans du carnage qu’ils avaient prévu.

Darcy lui demanda si son destin était de tuer et de torturerdes femmes. Mais il nia en prétextant que c’était Brian qui tuait est pas lui. Il lui expliqua que Brian lui avait mis ses idées de meurtre dans la tête et qu’il ne pouvait plus s’en débarrasser depuis 40 ans.

Bob dit qu’il avait essayé de se sortir Brian de la tête et qu’il avait tué sa première victime pour voir si Brian ne l’obséderait plus.

Il paraissait incapable d’éprouver de la culpabilité.

Il sentit le reproche de Darcy mais pour lui ses victimes n’étaient que des bêcheuses.

Il se croyait toujours bon parce qu’il était trésorier municipal bénévole et organisait chaque année la campagne de don du sang. Il disait ainsi restituer sa part à la société mais Darcy lui répondit qu’il fallait restituer la vie de ses victimes.

Il refusait de les endosser disant que c’était Beadie  et pas lui.

Il tuait les femmes habillées trop court ou aguicheuses. Il laissait des messages à la police après chaque meurtre avec des fautes d’orthographe pour faire croire que Beadie était illettré. Une fois, il avait été interrogé mais en qualité de témoin.

Il prétendait sombrer dans l’inconscience à chaque meurtre et ne pas se souvenir des faits.

Bot dit à Darcy qu’il ne tuerait pas car c’était grâce à elle qu’il avait arrêté de tuer pendant 20 ans. En fait, c’était 16 ans et Darcy rectifiant mentalement. Il promit d’arrêter si elle lui pardonnait. Mais il lui dit qu’elle risquait de tout perdre si elle le dénonçait à la police.

Personne ne voudrait croire qu’ils avaient été mariés toutes ces années sans qu’elle sache jamais qui était vraiment Bob. Darcy ne pouvait que mentir pour sauver sa vie alors à lui demanda de promettre d’arrêter solennellement et ils n’en parleraient plus jamais. Elle lui demanda aussi de ne pas envoyer les pièces identité de Marjorie Duvall à la police.

Il devait se fait sentir puni et de cette façon, il croirait l’avoir convaincue.

Elle se força à lui demander de se déshabiller et de se coucher avec elle.

10

Darcy fit un cauchemar. Elle rêva qu’une une femme nue et cagoulée était dans sa salle à manger et enchaînée. Et cette femme était sa fille Petra.

11

Darcy se réveilla seule. Elle se regarda dans le miroir qui pour elle était plus qu’un reflet de la réalité mais une autre réalité, celle  où Darcy  était l’épouse de Brian Delahanty.

Bob avait laissé un mot. Il promettait d’enterrer les papiers de Marjorie Duvall.

12

Darcy se souvint du discours qu’avait tenu Bob devant l’équipe de base-ball de Donnie. Ils avaient perdu le dernier match du tournoi du district. Bob les avait consolés. Il avait été gentil. Bob rentra et voulut parler de la nuit dernière mais Darcy l’en empêcha en lui disant que le dossier était clos. Il l’embrassa. Elle l’envoya acheter une pizza.

13

Les mois passèrent et ils reprirent leurs habitudes. Mais Darcy évitait de rester nue devant Bob. Darcy surveilla le journal pour voir si les pièces d’identité de Marjorie Duvall réapparaissaient mais non.

Donnie avait décroché un contrat important. Petra préparait son mariage. Plus le temps passait, plus Darcy pensait qu’elle ne ferait rien contre Bob.

14

Deux semaines avant noël, Bob rentra à l’improviste. Il était excité parce qu’il avait trouvé une pièce rare. C’était un commerçant qui lui avait rendu la monnaie sans savoir qu’elle contenait un trésor. Il mettrait la pièce dans un coffre-fort. Il invita Darcy  au restaurant pour fêter sa trouvaille.

15

Bob s’était bourrée au champagne alors Darcy conduisit. Darcy savait ce qu’elle allait faire. Elle l’avait su dès qu’il avait commencé sa deuxième bouteille au restaurant.

16

Darcy ne voulait plus faire l’amour avec Bob depuis la découverte de sa double vie. Après le restaurant, elle lui fit croire qu’elle se donnerait à lui. Mais elle savait que sa gentillesse, ses sourires et ses caresses avaient été faux depuis le début rien qu’en le regardant et elle le  poussa du haut de l’escalier. Il fut blessé mais pas paralysé.

Il lui demanda pourquoi elle l’avait poussé mais elle répondit qu’elle ne savait pas et fit semblant d’appeler les secours. Mais elle redescendit l’escalier pour étouffer Bob. Bob réussit à la repousser. Mais il tomba à la renverse et se tua. Elle retire le sac en plastique de sa bouche. Il était déchiré en deux endroits.  Elle repéra un lambeau de plastique sur la langue de Bob et l’enleva. Elle en enleva un autre qui était collé à la gencive droite. Il ne lui restait plus qu’à espérer que Bob ne soit pas autopsié. Elle fourra le sac et le torchon qu’elle avait utilisés pour tuer Bob dans la cachette du garage.

Elle appela les secours pour faire croire à un accident. Elle pensa à ses enfants et à leur réaction après avoir appris que leur père était mort pour qu’on l’entende pleurer. Puis  elle attendit l’ambulance.

17

La police arriva avec l’ambulance. Harold Shrewbury prit sa déposition. Les urgentistes examinèrent le corps de Bob et l’emmenèrent. Elle connaissait la femme du policier avec laquelle elle assistait aux séances d’un club de tricot. Le policier se montra compatissant alors elle pleura. Elle raconta ce qui s’était passé depuis la découverte par Bob du penny à date doublée.

Le policier l’emmena chez lui pour qu’elle reste auprès de sa femme Arlène. Elle voulut appeler ses enfants alors le policier lui conseilla d’attendre d’être avec Arlène qui lui donnerait du valium avant. Le policier lui demanda depuis combien de temps elle était mariée et répondit 27 ans. Il lui donna un torchon pour étancher ses larmes.

18

Bob fut enterré deux jours plus tard. Donnie et Petra soutenaient leur mère. Darcy pleurait mais ne pouvait s’empêcher de voir que parmi les collègues de Bob il n’y avait aucune femme. Elle se demanda si Donnie hériterait de la perversion de son père.

Donnie pouvait rester deux jours et Petra une semaine mais Darcy espérait se retrouver seule avant pour reprendre pied du bon côté du miroir. Elle espérait secrètement que cette histoire finirait bientôt.

19

Sept semaines plus tard, un vieux monsieur vint voir Darcy.Holt Ramsey représentait le procureur. Darcy lui demanda s’il était à la retraite mais il répondit qu’il était un peu la mascotte du procureur.

Darcy devina qu’il était plus que ça. Il demanda un café. Dans la cuisine, il trouva que chaque chose était à sa place ce qui aurait plu à sa femme morte quatre ans plus tôt. Il en profita pour demander à Darcy si son mari lui manquait. A ce moment-là, elle comprit « qu’il savait ».

Il se vanta pas d’avoir tourné autour d’un suspect pendant trois ans jusqu’à trouver de quoi l’arrêter. Le type avait voulu fuir mais Ramsey l’avait poursuivi. Le type était mort dans un accident.

Ramsey avait déjà parlé à Bob il y avait fort longtemps. Après la mort de Stacey Moore en 1997. Ramsey cherchait Beadie. Il dit à Darcy que Bob allait souvent café où  travaillait Stacey. Darcy lui demanda si bob avait flirté avec Stacey. Les collègues de Stacey avaient dit à Ramsey que Bob donnait la chair de poule a de Stacey. La voiture de Bob avait été repérée près de chez Stacey plusieurs jours avant le meurtre de la serveuse. Après, Bob avait  changé de voiture. Bob  avait nettoyé soigneusement sa dernière  voiture avant de la vendre.

C’était Ramsey qui avait interrogé Bob comme simple témoin. Darcy lui demanda d’abréger le suspense alors il dit que plusieurs voitures correspondant à celles de bob avaient été vues près des endroits où les corps des victimes de Beadie avaient été retrouvés.

Ramsey voulait consulter des documents manuscrits de Bob pour les comparer avec les messages de Beadie envoyés à la police. Alors il lui demanda si son mari était Beadie. Elle ne dit rien.

Alors il lui dit que ses enfants seraient dévastés en découvrant que leur père était un tueur en série et le seraient encore en apprenant que leur mère serait considérée par l’opinion publique comme complice de ses agissements. Puis Ramsey lui apprit que Bob avait sectionné le pénis de l’enfant qu’il avait tué. Il l’avait coupé avec les dents. Darcy aurait voulu le tuer une deuxième fois en découvrant cela. Elle avoua qu’elle avait découvert le vrai Bob et que cela l’avait perturbée mais croyait le contraire. Il la remercia pour le café et dit qu’elle était courageuse et voulait qu’elle reste libre.

En le raccompagnant à la porte, Darcy se sentit revenue du bon côté du miroir pour la première fois depuis qu’elle avait trébuché sur le carton dans le garage. Elle trouva ça bien que Bob n’avait pas été loin d’être pris et qu’il n’était pas si malin. Elle demanda à Ramsey si elle le reverrait mais il allait prendre sa retraite dans une semaine. Il la prit dans ses bras et  lui murmura qu’elle avait bien fait. Et il l’embrassa sur la joue.

20

Elle le raccompagna jusqu’à sa voiture et lui parla de Brian Delahanty, Beadie. Holt chercherait peut-être des informations sur lui. Darcy rentra et se regarda dans le miroir. Elle ne vit rien d’autre que son reflet, et c’était bien.

A la dure

Brad avait fait un cauchemar. Il se réveilla et mit du temps à s’habituer à la réalité. Sa chienne Lady était sous le lit. Sa femme Ellen dormait à côté de lui.

Il avait fait le même cauchemar cinq nuits d’affilée. Il savait que quelque chose d’horrible allait arriver s’il le laissait arriver. C’est ce que son cauchemar lui laissait croire. Il rêvait qu’il  était en avion, classe affaire, côté couloir avec une vodka orange (qu’il ne commandait jamais dans la vraie vie) et son voisin lui ferait perdre la raison s’il le regardait.

Il but un café en regardant CNN. Puis il promena Lady et discuta avec Carlo le portier en rentrant. Carlo parlait des rats qui devaient se trouver chez Mrs W           arshawski.

Avant d’aller travailler, il laissa un mot à Ellen. Comme elle était malade, il lui demanda de ne pas en faire trop.

Au travail, un collègue sortit sa maquette pour la campagne vodka Petrov. Brad comprit d'où provenait un élément de son cauchemar. Brad  travaillait sur le nouveau produit des laboratoires Vomell mais il était en retard.

George le lui reprocha.

Billy vint trouver Brad dans son bureau pour lui proposer une maquette pour le produit Vomell qui était une pilule de virilité plus puissante que le viagra  mais Brad ne la trouva pas convaincante. Brad  lui expliqua que le client ne voulait jamais voir le flacon d’un médicament car cela signifiait maladie.

Brad montra à Billy le slogan qu’il avait trouvé pour le produit : « Puy100’s… pour se la faire à la dure ».

Brad sut tout à coup d’où venait son rêve. Il repensa à son entrée chez Andrews-Slattery et à ce qui était arrivé quatre ans après.

Il devait faire la publicité de l’antalgiques Fasprin. Ellen l’avait aidé. Ca lui avait permis de se changer les idées car elle venait d’apprendre qu’elle était stérile à cause d’un médicament qu’elle avait pris enfant.

Cette publicité avait beaucoup plu et fait gagner de l’argent à l’agence.

Grâce à la prime qu’il avait touchée, Brad emmena Ellen à Nassau. Ils avaient pris l’avion. Elle était près du  hublot. Brad crut qu’elle était morte car elle dormait la tête penchée sur une épaule, la bouche ouverte. Le médecin lui avait dit que sa stérilité était une bénédiction car son cœur était trop fragile pour supporter une grossesse. Elle s’était réveillée et Brad en fut soulagé. Il lui expliqua sa peur et elle lui demanda ce qu’il aurait fait si elle était morte. Brad l’aurait ramenée chez lui. Mais Ellen lui dit qu’au bout de quelques jours son corps sentirait mauvais et il serait obligé d’accepter sa mort. Mais il s’obstina à dire qu’il la garderait en vie.

Brad reçut un appel du concierge de son immeuble. Le rat crevé n’était pas chez Mrs Warshawski mais à côté de chez lui. Carlo avait dit au concierge qu’Ellen n’avait pas été vue depuis une semaine. Le concierge pensait qu’Ellen était morte et que Brad voulait la cacher.

Alors Brad quitta le travail précipitamment pour aller voir le concierge. Il avait la clé de la porte de service de son immeuble et il l’utilisa. Il prit l’ascenseur de service. Il se dit qu’il avait gardé Ellen en vie pendant une semaine parce qu’il ne pouvait pas supporter qu’elle soit morte. Lady avait mangé une main d’Ellen et  les mouches étaient près de sa femme.

Brad refusa encore encore la réalité et dit à sa femme qu’elle pouvait encore dormir et qu’il resterait près d’elle.

 

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09 août 2017

Histoires de rebelles

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Histoires de rebelles.

 

Le promeneur (Ray Bradbury)

Léonard Mead vivait en 2052. Il aimait marcher pendant des heures et revenir chez lui vers minuit. En cette soirée de début novembre, il n’y avait que lui dehors. Depuis 10 ans qu’il se promenait ainsi de jour et de nuit, il n’avait jamais rencontré un autre promeneur. Une voiture de police s’arrêta devant lui. C’était la dernière qui restait. La criminalité avait baissé. Le policier lui demanda son nom et sa profession. Mead était écrivain mais le policier considéra qu’il était sans profession. Les revues et les livres ne se vendaient plus. La télévision avait remplacé tous les autres loisirs. Le policier avait du mal à croire que Mead voulait se promener. Il lui demanda s’il avait la télé. Mead répondit non. Il avoua aussi n’être pas marié. Mead fut arrêté et emmené par la voiture vide (la voix du policier était une voix électronique) au centre psychiatrique de recherche sur les tendances régressives. 

 

Avènement sur la chaîne 12 (C. M. Kornbluth).

 

En ce temps-là, le ministère des finances ayant élevé  le taux de l’escompte, il arriva que l’argent se fît rare. Ben Graffis fut contraint par les banquiers de New York d’exploiter  au maximum  sa création, le personnage de dessin animé Bébé panda.

Il avait créé le parc national de Pandaland, Bébé panda se produisait chaque soir à la télé.  Ben Graffis dut obéir car il était endetté. Dorénavant, Bébé panda devrait commander comme un dieu. Après un lancement publicitaire de 15 jours, fut projeté un film à la télé combinant la prise de vue réelle et le dessin animé comme s’ils ne faisaient qu’un. Bébé panda apparu nimbé d’une auréole. Le personnage Jackie Whipple exhorta les petits téléspectateurs à adorer Bébé panda et 37 000 000 d’âmes obéirent. Alors Bébé panda apparut derrière le bureau de Ben Graffis et il fit disparaître ses créateurs. Le règne de Bébé panda arriva.

 

Le sommet (George Sumner Albee).

Jonathan Gerber reçut de C. Lester Leath un passe d’ascenseur qui était son premier passe-partout officiel. C’était  une pyramide dorée avec sa photo lui donnant accès à la firme Allied.  Il avait accès au 13e étage. Il n’était qu’un petit journaliste dans une agence de publicité de New York. Allied l’avait engagé. Leath l’avait reçu et lui avait demandé de trouver des slogans pour Allied 14 ans plus tôt. L’article qu’il avait écrit en faisant d’Allied l’héritier de George Washington lui avait valu la médaille de platine et rubis du Conseil national de la publicité. Leath lui avait  témoigné son admiration. Gerber visita les bureaux d’Allied et rencontra les chefs de service. Il vit un hôpital à trois lits. Il savait que la compagnie contournait la mort de ses employés. Il était inévitable que l’un des milliers d’employés meure chaque jour et on  ne pouvait interrompre le travail. La tour d’Allied avait 15 étages. Le 15e étage était l’appartement du directeur. Le 14e était  le bureau de Leath. Le secrétaire de Leath invita Gerber à se rendre au 14e étage. La tour était une pyramide, le 14e étage était plus petit que le 13e. Il y avait là les bureaux de huit directeurs. Gerber fut impressionné par un bureau reproduisant l’arrière pont d’un yacht. Hanscomb Ludlow Satherwaite était  le président d’Allied. On le voyait en photo mais jamais en personne. Gerber lut «  Chers amis » le journal d’Allied puis Leath le reçut. Leath lui annonça qu’il allait mourir et il le désignait comme son successeur. Gerber travaillait pour Allied depuis 21 ans et ne s’en était  pas rendu compte. Il lui restait un dernier rituel à accomplir, rencontrer le président d’Allied.

Leath mourut. Gerber monta au 15e étage. Il ne vit que des pots de peinture, des mouches et quatre petites fenêtres. Gerber fit attention de ne pas tomber en redescendant. Ce n’était pas le moment de glisser.

Pauvre Superman !  (Fritz Leiber)

 

A la fin du 20e siècle, la troisième guerre mondiale avait eu lieu. La bombe atomique avait été utilisée. Il y avait des hôpitaux anti-radiations, la vogue des masques pour femmes du christianisme mystique. La planète était ravagée par les bombes.

Jorj Helmuth travaillait à la fondation des Penseurs. Il avait des pouvoirs hypnotiques. Il profitait de ses nuits de sommeil pour s’auto-hypnotiser et ainsi construire des réflexions  tout en dormant. Il reçut un appel. Il apprit que le président était prêt à voir  Maizie. Helmuth alla à la Fondation des Penseurs  Un grand cerveau électronique remplissait une pièce de deux étages. Les penseurs l’avaient construit. Ils l’avaient surnommé Maizie.

Le président des Etats-unis se sentait en présence du Dieu vivant devant Maizie. Devant l’ordinateur,  seul Helmuth semblait à l’aise. Il s’affairait  à coder sur bande les  questions à l’ordre du jour. Après quoi, Maizie se mit à penser. Le ministre des affaires spatiales vit sur l’écran   de télé une fusée décollé pour Mars. Elle avait été préparée par les penseurs et Maizie sans qu’il soit dans le coup. Il  aurait pu en être offusqué mais les penseurs l’avaient sauvé  de la dépression  par leur connaissance du psychisme. Helmuth dit au président que les facultés télépathiques des Martiens les rendaient extrêmement sensibles.  Les conflits des esprits terrestres causeraient chez les Martiens un traumatisme nuisible à leur équilibre mental. Seuls les Penseurs avaient pu prendre contact avec les Martiens grâce à leurs facultés psychiques qu’ils avaient acquises. Un gros homme lus les questions qui sortaient de l’ordinateur et tapa les réponses. Une des questions était «  est-ce que Maizie signifie Maelzel ? ». Maizie venait de la particule nucléaire méson.

Le pilote de la fusée s’amusa avec la chatte Sappho qui lui tenait compagnie. Il était chargé de recueillir la sagesse des Martiens qui serait un baume pour l’humanité meurtrie par la guerre.

Le secrétaire d’Etat lut les questions de l’ordinateur et il se souvint que Maelzel était un personnage d’Edgar Poe. 

Morton Opperly était de l’Institut. C’est lui qui avait envoyé la question sur Maelzel à l’ordinateur chez lui, il y avait des livres au lieu de bandes de lecture et au lieu de rebureau, des plumes et de l’encre. Il avait un Picasso à la place d’un écran de télé. Il discutait avec Willard. Opperly pensais qu’il ne fallait pas avoir l’obséquiosité de poser des questions à Maizie. De plus, certains posaient des questions à Maizie pour exprimer des insultes voilées à son encontre comme celle sur Maelzel. Le ministre des affaires spatiales avait été ennuyé par cette question et était allé voir Opperly après la réunion. Willard pensait que les penseurs étaient des charlatans qu’il fallait démasquer. Il avait révélé que les fusées programmées pour aller sur Mars n’allaient nulle part. La science psychique martienne était un bobard. Opperly évoqua les trois physiciens qui avaient été martyrisés. Willard Farquard voulais saper le prestige des penseurs mais Opperly voulait se garder de la contagion de la violence.

Les penseurs avaient arraché pour le président une élection contestée et avaient fait croire que les soviétiques s’étaient retirés d’Iran et d’Irak par crainte de la bombe mentale des penseurs. Helmuth avait envoyé un radiogramme. Il invitait Farquar. Opperly était inquiet. Il savait que Farquar avait connu une jeune fille Arcady qui l’avait quitté pour un penseur.

Helmuth pensait à son astronef à propulsion nucléaire. Il pensait construire aussi la vraie Maizie. Ainsi les penseurs seraient sur un pied d’égalité avec les savants. Plus de supercherie !

Tregarron était un des courtiers des penseurs. Il discutait avec Arcady. Il lui demanda si elle avait connu Farquar et elle lui répondit oui. Il voulait qu’elle vienne au rendez-vous donné à Farquar par Helmuth.

Le président discutait avec son secrétaire de l’aversion qui se réveillait entre les physiciens et les penseurs. Le président avait compris l’allusion à Edgar Poe. Maelzel était un joueur d’échecs caché dans un prétendu automate jouant aux échecs. Maizie pouvait donc être un faux ordinateur.

Le président conclut que seul un savant pouvait se dresser contre les penseurs. Farquar arriva à la Fondation des Penseurs. Il passa devant une série de dioramas célébrant les réalisations des penseurs. Il pensa que les penseurs avaient besoin de lui à cause de la question sur Maelzel. Il était déterminé à les détruire. Il fut accueilli par Tregarron et Arcady.

Helmuth avait invité 12 scientifiques mais aucun n’était venu. Il se renseigna et apprit que les scientifiques avaient reçu un message annonçant l’annulation de la réunion. C’était Tregarron qui avait envoyé le message. Helmuth était furieux. Il avait convoqué les scientifiques pour savoir si sa faculté de manipuler les gens porterait sur eux. Alors il appela Arkadia et psalmodia le mot cadum. Elle répondit : « oui, maître « .

Farquar était revenu de sa rencontre avec Tregarron. Il avait décidé de devenir penseur pour surpasser toutes les supercheries des penseurs et les frapper. Helmuth alla parler à Tregarron. Tregarron  lui dit qu’il avait annulé la convocation des savants car il jugeait que ce n’était pas le bon moment pour les réunir. Tregarron avait aidé Helmuth à organiser les penseurs pour aider l’homme du commun et le spécialiste à progresser dans l’imagination humaine. Maizie, la fusée pour Mars, la bombe mentale avaient été construits pour que les humains aient foi en la science. Alors Tregarron ordonna à Helmuth de changer d’orientation pour ne pas se faire écraser par les scientifiques. Il voulait l’envoyer sur Mars et le remplacer par Farquar. Helmuth avait servi d’agent publicitaire pour la science et maintenant il n’était plus utile. Alors Helmuth murmura « cadum » croyant hypnotiser Arkadia mais Arkadia tendit à Tregarron un pistolet et dit Helmuth « pauvre Superman ! ».

La longue marche des cornichons (C. M. Kornbluth)

Efim Hawkins était potier. Un acheteur lui prit deux douzaines de carafes d’un litre. L’acheteur était accompagné de son secrétaire Gomez-Laplace. Une fois seul, Hawkins partit prospecter vers un terrain de tertres. Il balança sa pioche au hasard et déterra une pierre et il vit qu’elle comportait une inscription et une plaque en inox avec une autre inscription. Il put y lire « Honest John Barlow ». Barlow avait été électrocuté par son dentiste en 1988 mais il ne fut pas tué. Il était en état de transe. Il fut exposé au musée de l’université. En 2003, les bizuts reçurent l’ordre d’enlever Honest John de son cercueil de verre et de l’introduire dans les douches de l’Académie féminine de gymnastique Rachel  Swanson. Alors le conseil d’administration de l’université décida de placer Honest John au laboratoire universitaire de biologie pour y être scellé dans un caveau.

Hawkins comprenait ce qui s’était passé. Honest John avait été anesthésié accidentellement par la méthode Levantman. On aurait pu le sortir de sa transe par une injection de sérum physiologique dans le nerf trijumeau. Hawkins découvrit une grosse brique de bronze. C’était le cercueil d’Honest John. Hawkins retourna dans son atelier pour chercher une seringue et du sérum. Il put libérer Honest John et lui injecta du sérum. Honest John se réveilla et découvrit qu’il n’avait plus de vêtements ni de cheveux. Il voulut faire un procès à Hawkins qu’il prenait pour le dentiste. Alors Hawkins lui expliqua où il était. Honest John réalisa qu’il était dans un futur lointain et il rêvait d’en profiter pour faire fortune. Ensuite il appela le central de Chicago. Il donna de l’argent à Honest John qui eut du mal à croire que c’était du vrai argent donné pour rien.

Honest John fut pris en charge par Tinny-Peete, psychiste au Propop (problèmes de population). Tinny-Peete emmena Honest John dans sa voiture. Honest John fut impressionné par la vitesse. Le psychiste lui tendit un casque sans fil pour écouter la radio. Honest John écouta une émission de jeux. Puis les informations. C’était une série d’accidents mortels et le présentateur avait l’air désinvolte. Honest John retira son casque médusé. Ils arrivèrent à Chicago. Honest John profita de l’arrêt de la voiture pour s’enfuir. Il alla au cinéma. Le film était en relief et olfactif. Il vit aussi des plaidoyers contre la maternité. Le public ne manifestait  aucune répulsion. Il avait acheté le journal des courses. Tout était comme d’habitude et pourtant… Les chevaux semblaient plus lents qu’à son époque. Le psychiste retrouva Honest John. Il l’emmena  dans un bureau, et lui présenta  un homme. L’homme lui expliqua que le choc provoqué par les accidents, les maladies et les guerres avait été éteint  l’intelligence humaine. La majorité des médiocres avait pris le pas sur la population. Le quotient intellectuel moyen était de 45. Des généticiens formèrent une corporation fermée pour maintenir et améliorer l’espèce humaine. Il y avait 3 000 000 de généticiens pour 5 000 000 000 d’humains. Ils avaient  essayé de laisser les humains médiocres se débrouiller seul mais en deux semaines, c’était la famine et les épidémies et en trois semaines la guerre et l’anarchie.  Les films contre la maternité étaient faits  par les généticiens mais cela n’avait pas d’effet. Honest John avait  une idée mais voulait l’argent et la célébrité en échange.  Ryan-Ngana et le psychiste acceptèrent. Honest John comprit que Ryan-Ngana était d’origine africaine et ne voulait plus travailler avec lui. Tinny-Peete ne supportait pas le racisme de Honest John. Tinny-Peete envoya Honest John au pôle. Honest John  eut le mal de l’air car Tinny-Peete lui avait implanté une suggestion post-hypnottique pour qu’il éprouve la plus grande répugnance à l’idée d’un voyage de retour. Il fut autorisé à devenir dictateur mondial. Une semaine plus tard, le programme démarra. L’Amérique  du nord serait la première cible. Mme Garvy regardait la télé avec son mari. Une publicité vantait  les mérites d’un parfum qui permettait de séduire les hommes aussi facilement qu’un voyage sur Vénus. Mme Garvy pensait  qu’on ne pouvait pas aller sur Vénus. Le lendemain, elle alla chez son Freud lui demander de lui pardonner parce qu’elle avait des névroses et le Freud lui recommanda un peu de repos sur Vénus.

 Mme Garvy s’enleva de la tête qu’il n’y avait qu’une seule fusée et que le voyage sur Vénus avait été un échec. Elle obtint une croisière de deux semaines sur Vénus. Vénus ressemblait à une île tropicale de la Terre. Les vacances de Mme Garvy furent  pleines d’une magie nébuleuse. A la chambre du sénat, le sénateur Hull-Mendoza voulu savoir quelles mesures seraient prises pour coloniser Vénus. Il voulait qu’une ville entière soit tirée au sort pour être envoyée sur Vénus. Son projet devint une loi. C’est Los Angeles qui serait envoyée sur Vénus. Trois psycho-kinéticiens truquèrent le tirage au sort pour que Los Angeles soit désignée. Barlow imagina un procédé machiavélique pour que les terriens croient que le voyage sur Vénus se passait très bien. Des lettres seraient envoyées de Vénus vers la terre pour empêcher le moindre soupçon. Le monde entier envia les premiers colons de Vénus. Le président du Mexique lança son propre programme de colonisation de Vénus.

Les pays rivaux envoyèrent chacun des colonies sur Vénus. Lorsque l’émigration eut dépassé la moitié de la population mondiale, Propop toucha un dividende dans toutes les nations. Hull-Mendoza frappé de panique en découvrant qu’il présidait un pays en train de se vider, rejoignit ses électeurs. L’Indépendance, le vaisseau des membres du gouvernement national américain finit au même endroit que les autres. Black-Kupperman se tua, laissant une note disant qu’il ne pouvait pas vivre avec sa conscience. Le lendemain du jour où le président américain eût quitté ce monde, Borlow était furieux. Il n’avait pas reçu le document PropopFin alors que ce projet était entré en action. Il sonna Robbe-Smith, son statisticien.

Ils allèrent près d’un vaisseau. On montra un vaisseau à Borlow et on lui demanda d’y entrer. Il s’offusqua car il était le dictateur mondial. La dernière chose qu’il devait apprendre, c’est que la mort est la fin de la douleur.

A balancer ! (John Christopher).

Newsam faisait partie du club des officiers supérieurs de Mars. Il demanda à Steve de lui trouver le capitaine Gains quand il alla s’inscrire à son débarquement sur Mars. Au club, Matthews l’aborda il lui parla de la Terre et de la météo, ce qui était mal vu. Les mal adaptés au voyage étaient balancés sur la Terre.

Newsam alla chez Gains. Il n’y avait personne. Il l’avait connu à l’université de Tycho. Ils avaient passé ensemble leurs quatre premières années dans l’espace sur le Graylance. Larry Gains avait été blessé après que le Graylance avait été éventré par une masse rocheuse. Il avait eu droit à un an de congé sur Mars. La porte s’ouvrit et deux médecins entrèrent. Ils endormirent Newsam avec de la poudre. Newsam se réveilla dans le bâtiment du corps médical de Forbeston. Newsam était sous le vérificateur. Il fut interrogé. Le vérificateur resta sur sa couleur rose. L’interrogatoire ne révéla rien contre Newsam.

Plus tard, un des deux médecins, le capitaine Pinski,, lui offrit un verre et lui apprit qu’il n’était pas autorisé à le renseigner sur les causes de son passage sous le vérificateur. Newsam alla au quartier Est pour boire un verre. Il cherchait toujours Larry. Il parla à une amie, Cynthia. Elle savait pas où était Larry et en lui avait dit qu’il ne fallait pas poser de question. Newsam alla au bureau du Terminus. Il fut rejoint par Matthews qui l’invita chez lui. Matthews voulut savoir ce qu’on lui avait demandé. Newsam répéta les questions qu’on lui avait posées. Matthews lui révéla que Gains avait été classé et mal adapté et balancé sur Terre une semaine plus tôt. Matthews demanda à Newsam ce qu’il savait sur la Terre. Il savait que la Lune et Mars étaient restées neutres pendant la troisième guerre atomique. La Terre était empoisonnée de gaz radioactifs et peuplée de sauvages atteints par les radiations. Le Protocole stipulait que l’ancien et l’usé devaient être rejetés, que l’homme devait aller vers de plus vastes concepts sans se retourner.

Matthews faisait partie d’un groupe opposé au Protocole. Gains en avait fait partie. Il voulait retourner sur Terre pour la recoloniser. Newsam accepta d’aider Matthews. Il voulut partir sur Terre pour récupérer Larry. Matthews lui conseilla d’aller au bureau du Terminus pour s’y faire arrêter comme suspect. Une semaine plus tard, Newsam était jugé mal adapté et balancé sur Terre. Pinsky plaça Newsam sous le vérificateur pour un rappel de mémoire totale. Les révélations que Matthews avait faites à Newsam furent enregistrées. Newsam fut balancé sur Terre. Sa chute fut brutale et il s’évanouit.

Larry réveilla Newsam. Newsam lui avoua qu’il avait été interrogé et que le plan de Matthews avait échoué. Mais Larry lui dit que Matthews savait ce qu’il se passerait et avait prévu de piéger le Directoire en racontant une fausse histoire à Newsam.

La Terre n’était plus empoisonnée. Le directoire le savait mais il devait diriger des villes artificielles et soumises. Si des hommes revenaient sur Terre pour cultiver les champs, le Directoire n’aurait plus aucun pouvoir. Les rebelles avaient des agents sur les planètes colonisées et recrutaient des colons.

Aucun danger pour le chasseur (Brian Aldiss).

Keith Yale marchait seul sur une des plages préhistoriques de l’île. Sur Amelegle, le vrai silence n’existait pas. Yale prit des photos de grandes constructions métalliques. C’était le relais de navigation Omega. Ces Tours avaient été construites dans les années 70. Les hommes qui les avaient construites avaient exterminé les tortues géantes qui avaient rendu l’île célèbre. L’île avait servi de base pour bombarder « chirurgicalement » le tiers-monde. Un créole courut vers lui et le frappa à la tête. Yale reprit connaissance. Archipelago Zadar se tenait à ses côtés. Zadar lui apprit que c’était John Hakabele qui l’avait frappé.

Zadar l’attraperait et l’enverrait à Dar el Salaam en prison. Yale aimait Amelegle et ses habitants. Ils n’auraient pas dû le frapper. La vie n’avait été qu’une longue suite de déceptions depuis que sa femme avait été tuée dans un bombardement. Yale avait perdu sa micradio. Il soupçonnait Archipelago de lui avoir volée pour se mettre à l’écoute du Réseau Mondial d’Information.

Van Viner avait mis en garde Yale du danger. Une télé était allumée et Yale regarda les informations. Le tiers-monde avait attaqué l’URSS. L’Indo-Malaysie avait attaqué l’Australie.

Lim Kuai That, le leader du tiers-monde allait lancer un appel…

Yale pensa à sa fille qui vivait sur Mars. Van Viner arriva sur son VCA. Il voulait qu’Archipelago livre Hakabele sinon Van Viner lui causerait des ennuis. Mais Yale voulait qu’Archipelago punisse lui-même le coupable. Yale voulait que les habitants acceptent le progrès et que l’île soit transformée en base mais les autochtones ne voulaient pas de bombardiers.

Van Viner remarqua que Yale avait perdu sa micradio. Il ordonna à Archipelago de la retrouver où cela irait très mal. Van Viner voulait envoyer les créoles de l’île à Dar es Salaam mais Yale n’était pas d’accord. Yale appela sa fille qui lui demanda de revenir sur Mars.

Mais Yale n’était pas génétiquement auto-manipulé et adapté comme sa fille et son gendre. Il fallait être gama pour être apte à la vie coloniale sur Mars. De plus, Yale ne pourrait s’adapter au puritanisme de Mars et il avait les faveurs de Seyili sur l’île.

Van Viner voulait exterminer les habitants de l’île mais Yale voulait laisser Archipelago livrer les coupables.

Yale regarda les informations. Il pensait que les progrès de l’industrialisation, la généralisation de l’automatisation ne suffiraient pas à faire cesser la guerre. Yale vit Van Viner à repartir en hélico. Il savait qu’il allait attaquer l’île. Les frères Hakabele attaquèrent Yale. Ils lui  annoncèrent qu’ils voulaient l’expulser lui et Van Viner. Mais Yale les menaça avec son arme et ils l’écoutèrent. Il chercha à les convaincre d’accepter le progrès. L’automatisation de la Civox avait libéré l’homme du travail mais la guerre était devenue la seule raison de vivre. Les pays riches voulaient forcer les pays pauvres à accélérer le processus d’industrialisation. Puis Yale posa son arme. Il réclama sa micradio mais les frères Hakabele l’avaient jetée dans la mer.

Van Viner survola le bungalow et l’aspergea de gaz paralysant. Yale s’évanouit. Quand il se réveilla, Van Viner lui demanda de monter dans le VCA. Ils allèrent à l’enterrement d’Archipelago que Yale avait tué accidentellement quand celui–ci avait fait irruption dans le bungalow. Van Viner dit aux créoles qu’Archipelago avait été tué par les frères Hakabele. Mais Van Viner avait tué les frères.

Pourquoi ils ont envahi la Maison blanche (Doris Pitkin Buck).

Hubert avait fait la guerre en Extrême-Orient. Sa femme Lila était malade. Le 7 avril, elle demanda à Hubert de finir la déclaration d’impôts car elle ne voyait plus. La déclaration devait être envoyée le 15 avril au plus tard. Hubert prit une semaine de congés et travailla 19h/24 pour remplir la déclaration. Hubert devint sourd. Il fit une enquête dans le quartier. Il réalisa que les symptômes dont lui et Lila soufraient atteignaient aussi les gens du quartier au mois d’avril. Les gens étaient allergiques à l’impôt ! Hubert soumit son étude à des savants. Il eut le droit à une attention respectueuse. L’armée était inquiète, craignant de ne pouvoir rassembler suffisamment d’hommes en bonne santé pour former des unités de combat. Il voulut lancer un mouvement pour l’abolition de la déclaration d’impôts. Il fit le tour du pays avec un slogan : plus jamais d’ADR (allergies à la déclaration de revenus). Hubert fut placé à la tête de l’Etat dès le 10 novembre. Il s’attela à la grande révocation. Les ordinateurs furent utilisés pour enregistrer les déclarations de revenus. Mais cela engendra des erreurs. Les ordinateurs furent atteints par la rouille. Hubert réunit les deux Chambres pour leur annoncer que si les ordinateurs étaient allergiques aux impôts, les déclarations devraient être à nouveau remplies par les hommes avec l’aide de leurs femmes et de leurs enfants. Un test fut effectué sur un ordinateur devant les caméras. L’ordinateur fut alimenté en données. Les centaines de millions de téléspectateurs virent le métal immaculé de l’ordinateur se couvrir de taches. L’ordinateur gémit qu’il avait mal. Ce fut la fin du président et de la Maison blanche.

La loi anti-chiens de Cohen (Steven Schrader)

 

Seymour Cohen était un rebelle qui avait été interné en clinique pour être calmé. Il avait sacrifié sa liberté à une noble cause. Son seul motif de consolation est la loi anti-chiens Cohen votée par le conseil municipal. Il avait écrit à l’administration de la ville pour protester contre les excréments laissés par les chiens. Puis il décida de chier dans la rue. Les gens crièrent et le traitèrent de pervers. La police l’arrêta. Au tribunal, il distribua une déclaration qu’il avait rédigée : si les chiens ont le droit, pourquoi pas les hommes ? Il reçut une amende mais des gens le soutinrent. Ils l’élurent président. Ses soutiens se mirent à chier dans les rues. Alors Seymour Cohen fut interné à l’hôpital. Le nord York times publia un article sur la merde de chien et sa corrélation avec le cancer, l’asthme et le crime. A Central park, un shit-in attira 4000 participants. Deux camps adverses portaient des insignes pour se distinguer. Le maire vint voir Seymour Cohen à l’hôpital. Sa carrière était en jeu. Il demanda à Seymour Cohen d’admettre ses erreurs. Le maire lui proposa un poste à l’O. N. U. Seymour Cohen lui a aboya au visage et chia. Le maire démissionna et la loi anti-chien fut votée.

Seymour Cohen attendait sa sortie de l’hôpital pour voir la ville débarrassée des merdes de chiens.

« Repends-toi, Arlequin », dit M. Tic-tac (Harlem Ellison)

La nouvelle débute par une citation du livre « La Désobéissance civile » de Thoreau.

Le rebelle n’avait pas été repéré par Ceux-Qui-Faisaient-Fonctionner-La-Machine-En Douceur pendant des mois.

Puis était devenu une célébrité, « une fraction de la populace souffrant de troubles émotifs » aux yeux de l’Administration. L’affaire fut confiée à Monsieur Tic-Tac. Tout en bas de la société, il était considéré comme un Robin des bois et tout en haut, il était perçu comme une menace.

Monsieur Tic-Tac reçut le dossier du rebelle avec sa carte de temps et sa cardioplaque. Monsieur Tic-Tac pouvait abroger les années de vie de n’importe qui. Devant son masque, on l’appelait le Maître-Gardien du temps. Monsieur Tic-Tac réunit son état-major pour savoir qui était cet Arlequin. Arlequin s’empara d’un vaisseau et survola un trottoir, il fit une grimace aux femmes élégantes qui passaient et elles eurent peur. Les gardiens arrêtèrent le trottoir. Arlequin survola le bâtiment des Etudes de la Marche du Temps et largua 150 000 $ de bonbons sur les ouvriers qui sortaient de l’usine. Les ouvriers rirent mais le trottoir fut arrêté et ils furent précipités les uns sur les autres. L’équipe eut 7 minutes de retard. Le grand horaire prit 7 minutes de retard. Les quotas prirent 7 minutes de retard. Pour le système, c’était un désastre. Arlequin reçu l’ordre de comparaître devant M. Tic-tac. Arlequin se montra avec 3h00 de retard, chanta une chanson et disparut. On ne fabriquait et plus de bonbons depuis un siècle. Où Arlequin se les était était procurés ?

Etre en retard était devenu un péché puis un crime. Le cercle du temps et le cardioplaque avaient été imposés.

Si on était en retard de 10 minutes, on nous retirait 10 minutes de vie. Gardien-du-Temps pouvait envoyer un communiqué à un homme constamment en retard l’informant que son temps était passé et qu’il allait être désactivé. Everett était devenu Arlequin. Alice lui avait lu l’avis de recherche le concernant.

Arlequin avait lancé les fusées pétards qui annoncèrent sa présence à la 115e Invocation annuelle de l’Association médicale internationale. Il arriva avec 5 minutes d’avance et effraya les hommes qui lui avaenit tendu un piège à tel point qu’ils se prirent dans leurs propres filets.

Les médecins s’esclaffèrent et acceptèrent les excuses d’Arlequin. Un certain Marshall Delahanty fut informé par les services de M. Tic-tac qu’il allait être désactivé. Ce fut sa femme qui reçut la notification. Elle en fut à la fois horrifiée pour son mari et soulagée que ce ne soit pas pour elle. Marshall tenta de fuir les services de M. Tic-tac neutralisèrent sa cardioplaque et le cœur de Marshall s’arrêta.

Arlequin apparut au sommet du nouveau centre commercial et apostropha la foule. Il leur conseilla de profiter du soleil et de laisser la vie les porter à leur propre rythme.

Il dit : « A bas M. Tic-tac ! ».

M. Tic-tac ordonna aux ouvriers de cesser le travail et d’arrêter Arlequin. Il réussit à fuir mais l’événement avait retardé de plusieurs heures le cycle des ventes. Ce fut la pagaille. Tic-tac utilisa tous les moyens à sa disposition pour arrêter Arlequin.

Il fut capturé. Il avait accumulé un retard de 63 ans. C’est à Alice  qu’il avait dénoncé. Tic-tac voulait que Arlequin se repente mais comme il refusa, Tic-tac l’expédia à Coventry.

On s’occupa de lui de sorte qu’un jour il apparut sur les écrans pour se repentir.

 

Au pays du sourire avec Franz (Norman Kagan)

 

I

Zirkle travaillait comme opérateur de la MNY. Il se força à partir travailler car il avait envie de rester avec sa femme Barbara. Zirkle demanda à Kernan quel était le programme. Il devait programmer un truc social alors Zirkle se rendit à la bibliothèque des programmes. Le docteur Progoff était le patron du centre. Il avait fait un doctorat de théorie pure puis s’était engagé dans les maths appliquées et l’informatique.

Un sociologue, le pr Lerner, demanda à Zirkle s’il comptait voter. A Zirkle répondit oui. Il voulait voter pour Kafka et Lerner le lui déconseilla. Lerner pensait que le vote Kafka court-circuitait la pensée. Lerner se demandait ce qui arriverait avec une majorité pour Franz.

Zirkle n’avait pas confiance en ces salles politiciens et pensait qu’il faudrait élire un robot.

Zirkle fit une pause avec Randall. Les haut-parleurs du salon se mirent à gronder.

II

Les nouvelles annonçaient des émeutes contre les expositions organisées par ICM. Les rebelles réclamaient du travail et refusaient de programmer des machines. La sécurité avait ouvert le feu sur eux.

Un président automatiser était envisagé pour ICM. Randall et Zirkle reprirent le travail puis Zirkle voulut appeler Barbara. Elle n’était pas là.

Il ne la trouve pas chez lui. Alors il se précipita dans la rue et pensa à Kafka.

III

Il avait lu le Château et le Procès et il se rappelait K qui essayait désespérément d’atteindre les fonctionnaires du château et venait à douter de leur existence. Le malheureux héros du Procès ignorait pour quelle raisons on l’avait arrêté.

Michael Zirkle comprenait que cet auteur fut important pour bien des gens. Les gens avaient l’impression d’être coupés de tout, de ne pas avoir leur place dans l’espace. L’automation ne donnait plus de raison de travailler. Les gens se sentaient vulnérables.

Zirkle entra dans un bar. Sur l’écran, un jeune homme appelait à voter pour la liste Homo. Quelqu’un mit une pièce dans le juke-box et la salle vibra aux ACCENTS de « les filles sont comme des pianos » du Beatle X. Zirkle vida son verre et sortit. Il pensa aux objectifs de l’homme moderne : l’exploration spatiale qui éveillait peu d’enthousiasme, les pays sous-développés, la recherche scientifique, améliorer notre monde.

Tout cela n’avait pas d’intérêt. Il appela chez lui et Barbara n’était pas là. Il appela son amie Sandra, pas de réponse. Il  réalisa que Barbara l’avait libéré de son aveuglement devant la réalité. Par ordre du Château la recherche scientifique consistait à devenir programmeur afin de pouvoir postuler au poste de greffier dans le Procès.

ICM était là pour longtemps. Il s’engouffra dans le métro.

IV

Zirkle alla chez Randall. Randall avait invité son ami Bennet, l’étudiant en lettres. Ils regardèrent l’émission « Passez cet examen » offerte par ICM. Les candidats étaient Steiner Steinstein qui avait gagné une bourse pour un doctorat accéléré et Beatle X, vagabond qui avait quitté l’école à 12 ans mais célèbre depuis trois mois avec son tube « les filles comme des pianos ».

Il y avait aussi deux membres de la Multiversité de New York, Progoff (le patron de Zirkle) et Lerner, spécialiste des zones émotionnellement troublées du pays.

Un ordinateur donna les résultats de l’analyse des deux candidats. Steinstein était promis un avenir brillant et Beatle X au désastre. Steinstein était le gagnant.

La mère de Beatle X apparut sur l’écran. Elle implorait son fils d’aller à l’université, de travailler et d’obéir aux grandes corporations. Le médecin de Beatle X lui demanda d’obéir à ICM puis Harold, le copain du frère de Beatle X prit le relais. Bennet changea de chaîne. Puis Bennet sortit et Zirkle le suivit. Bennet avait parlé de l’humour de Kafka et Zirkle voulut comprendre alors Bennet lui parla du livre « l’Amérique ». Kafka avait dit bien des choses sur l’aliénation. ICM avait trouvé quelques petites réponses à certaines questions importantes et avait organisé le monde autour de ces réponses.

Ceux qui avaient choisi une vie dénuée de plaisir et de satisfactions étaient socialement aliénés. Kafka obtenait des résultats humoristiques par l’exagération fantastique.

Ils retournèrent chez Randall. Il  leur dit que sur 5 % des résultats connus, l’ordinateur prévoyait la victoire des aliénés. Zirkle rentra chez lui en pensant aux élections. Démocrates ou républicains, ICM ou Multiversités de Californie, la différence n’était que de surface.

Le vote Kafka était peut-être le premier pas vers une nouvelle approche. Le vote aliéné permettrait aux gens de dire ce qu’ils ressentaient. Barbara était là. Elle lui dit que les machines n’avaient pas enregistré son inscription à l’université de sorte qu’il y était devenu un inconnu qui lui avaient envoyé un bulletin de conscription. Barbara avait couru toute la journée pour lui. Ils firent l’amour. Le lendemain, il ne fut pas surpris d’apprendre que Franz  Kafka avait été élu président.

Prendre son pied avec Amaryllis (Richard Hill)

Mode et sa femme Amaryllis allèrent dans un night-club. Ce night-club était tenu par Fuzzy Lipshits qui se vantait d’avoir Andy Warhol pour client. Les serveuses avaient les seins nus.

Mode Harley et Amaryllis espéraient voir Andy Warhol. Amaryllis but plusieurs Margarita. Elle était devenue vindicative. Elle dit à Harley qu’il était un tocard. Elle lui reprocha d’avoir voté pour Reagan comme gouverneur de Californie. Harley avait toujours accepté ce que voulait Amaryllis. Ils avaient fait de l’échangisme, il lui avait trouvé des petites minettes.

Leur voisin de table, un Noir nommé Lamont Cranston leur conseilla de se tirer à San Francisco pour se libérer de leurs blocages bourgeois. Harley démissionna du service d’entretien des terre-pleins centraux du département d’équipement des autoroutes et Amaryllis quitta son boulot de masseuse. Ils vendirent leurs duplex et partirent pour San Francisco.

Ils n’eurent pas besoin de s’abonner à un réseau rose car c’était inutile à San Francisco. Mais ils attrapèrent des maladies. Harley dut recourir à la pénicilline. Ils achetèrent une traction avant Citroën qui avait appartenu au gouvernement de Vichy. Fuzzy Lipschits avait acheté le garage sentant le vent tourner mais il l’avait vite revendu. Les relations entre Harley et sa femme se dégradèrent. Ils étaient perçus comme des bourgeois. Amaryllis découvrit un exemplaire du livre de propagande de Max Rafferty dans l’armoire de Harley. Elle dit à Harley que leur relation n’allait plus. Ils mangeaient dans le nouveau restaurant de Fuzzy. Lamont Cranston était là. Il reprocha à Harley d’être toujours un tocard. Il leur conseilla de divorcer. Ils allèrent à las Vegas pour divorcer. Ça se passa encore chez Lipschits. Ils retrouvèrent la passion. Ils vendirent la Citroën pour acheter une libidomobile. C’était une moto réglée pour obtenir des extases sexuelles grâce aux vibrations. Harley était malheureux car il rêvait d’une vie bourgeoise et conservatrice. Ils roulèrent sans voir que la limousine noire qui les dépassait les était celle de Fuzzy et que celui –ci était accompagné de Andy Warhol.

Lieuvert (Tom Purdom)

 

Aux abords de Lieuvert, Nicholson s’assit dans un fauteuil roulant et s’injecta un produit dans le biceps. Il était accompagné d’un sec (employé non spécialisé) qui transportait son matériel de dictée. Il avait un brouillard au médius de la main gauche pour bouleverser le système nerveux de ses ennemis et deux bombes de gaz de psycho-actif dans la poche de sa chemise.

Sur son fauteuil, il avait un générateur d’odeurs et un générateur de bruit.

Lieuvert avait été construit peu avant 1980. Chaque pâté de maisons avait moins de 15 habitations qui avaient toutes leur pelouse et leur cour de derrière. Le député Martin Boyd était probablement l’homme le plus puissant des Etats-unis. Il était le patron incontesté du huitième district électoral depuis 1982. Maintenant que la science médicale avait assuré à la plupart des gens une durée de vie indéfinie, son organisation était en passe de dominer le district pour toujours. Boyd était riche. Il était entouré de psychologues. Il contrôlait la commission du règlement de l’Assemblée ainsi que la sous-commission à la culture et aux loisirs.

Nicholson était sous l’emprise de la drogue alors le sec le poussa sur son fauteuil. Le MST était le plus puissant excitant psychologique sur le marché. Il multipliait les facultés d’observation et la qualité de la pensée. Grâce à ce produit la psychothérapie avait fait un bon en avant de plusieurs dizaines d’années.

L’art sinistre de la manipulation des sociétés avait également progressé. Les habitants de Lieuvert observaient Nicholson. La crainte des sondeurs de cerveau semblait faire partie du conditionnement et qu’imposait au district l’organisation de Boyd. Les psychologues de Boyd contrôlaient les électeurs de manière plus subtile avec des inspecteurs déguisés en représentants de commerce ou des fêtes foraines de quartier où les attractions constituaient autant de tests psychologiques camouflés.

L’organisation de Nicholson se composait de cinq hommes et il était le seul psychologue exercé du groupe. Une inspection aux MST, c’était pour une petite organisation le seul moyen d’en apprendre assez sur l’état d’esprit des électeurs pour mener une campagne vigoureuse. Deux policiers arrivèrent pour interroger Nicholson. Les habitants de Lieuvert crièrent aux flics de faire PARTIR les deux intrus. Une fillette courut vers Nicholson et le traita de méchant. La fillette tomba et sa mère vint la chercher en lançant un regard noir à Nicholson. Les flics ordonnèrent à Nicholson et à son employé d’avancer des et ils le suivirent. Une jeune fille bondit devant Nicholson. Elle croyait qu’il espionnait pour la société laitière et que Nicholson voulait leur vendre du mauvais lait.

Elle s’appelait Betty Delange et poursuivait Nicholson. Des gens furent attirés par les cris de la fille. C’étaient des jeunes qui semblaient séduits par la fille. Un jeune homme arriva tenant un appareil qui diffusait des sons. C’était un appareil psychique. Un garçon jeta de la crème glacée sur les genoux de Nicholson. Betty excita la foule contre Nicholson. Il y avait des fumeurs et Nicholson savait qu’ils étaient pourtant assez jeunes pour n’avoir atteint leur 12e année qu’après les campagnes antitabac des années 70. Un homme le frappa. Les habitants de Lieuvert n’appartenaient qu’à un seul type psychologique : les oraux. Nicholson fut arraché le son fauteuil. Nicholson se défendit en tirant avec son brouilleur. Nicholson et le sec étaient roués de coups mais le sec se battait. Nicholson envoya une odeur suffocante et la foule s’enfuit.

Les oraux trouvaint leur plaisir dans la nourriture, lisaient certains livres et suivaient certains programmes télévisés. On pouvait les manipuler avec des symboles mettant en jeu la bouche ainsi que les émotions associées à un ventre bien plein.

Boyd avait amené toute une communauté au type oral. Nicholson et téléphona le soir même à Bob Dazella à Washington pour révéler sa découverte. Boyd pouvait manipuler les électeurs en appliquant une technique unique. Nicholson avait gagné la première bataille mais cela signifiait seulement qu’il lui faudrait continuer la guerre. Pour un peu, il aurait aimé avoir perdu.

Le boomerang (Gene Wolfe)

Miss Bushnan bénissait la générosité de la république souveraine de Suisse. Elle allait participer à la conférence des Nations unies sur les valeurs humaines et avait été logée gratuitement alors qu’elle était simple observatrice sans droit de vote. Dans sa chambre, il y avait une Fontaine avec un triton en pierre qui pouvait se métamorphoser. Miss Bushnan désirait Brad (son vrai nom était Aaron comme l’avait révélé le procès). Le triton se changea en Brad.

Sal, le secrétaire Louis XIV, sur roulettes lui annonça l’arrivée d’un Monsieur. C’était le Pape Honorius V. Il était à ses côtés aux sessions du conseil.

Le Pape demanda à lui parler en privé et Sal, le meuble parlant, roula vers la cuisine.

Il allumera un cigare. Miss Bushnan se rappela que c’était le délégué de la France qui lui avait dit que l’homme à côté d’elle était le Pape. Miss Bushnan pensait que la papauté avait disparu avec Jean XXIII. C’était ce qu’elle avait retenu des machines à enseigner à Radcliffe. Il ne restait que 100 000 croyants dans le monde. Miss Bushnan aurait voulu que l’on jugule tout ça depuis belle lurette. Natacha Nikolayeva, déléguée de l’URSS appela Miss Bushnan au vidéophone. La soviétique voulait connaître l’avis de Miss Bushnan sur son discours à l’ONU.

Dans ce discours à elle avait évoqué les chambres à gaz d’Hitler et avait parlé de la nécessité de restituer à la vie humaine une valeur économique. Miss Bushnan avait été consternée mais ne le dit pas. La soviétique invita Miss Bushnan à l’ambassade russe de Genève. Elle la placerait à côté du délégué français qui avait été charmé par Miss Bushnan.

Le Pape lui révéla que les délégués avaient décidé de faire voter les observateurs pour la séance de clôture pour avoir  l’unanimité sans restriction. Voilà pourquoi le Pape et Miss Bushnan étaient courtisés.

Le Pape lui expliqua que si lui elle refusaient de voter, ils s’opposeraient à l’ONU et des millions d’hommes se rallieraient à leur étendard. Miss Bushnan dit au Pape que son ex-mari était en prison et elle ne voulait pas qu’il y reste. Elle avait donc peur de s’opposer à l’ONU.

Le délégué des Etats-unis appela. Il voulait que les Etats-unis retrouvent leur prééminence internationale et pour ce faire, il fallait emprunter au modèle soviétique. Le souhait du délégué était de louer les prisonniers états-uniens à des fermiers pour 5000 $ annuels, cela permettrait aux Etats-unis de se libérer des frais de prison.

Il fallait donc mettre en œuvre un marché supranational et restaurer l’esclavage. Cela serait un nouveau marché pour les Etats-unis.

Le délégué des Etats-unis fit pression sur Miss Bushnan. Si elle refusait de voter, l’organisation qu’elle représentait perdrait son exemption d’impôts. Le délégué états-unien expliqua à Miss Bushnan qu’elle pourrait récupérer Brad en tant qu’esclave. Miss Bushnan allait voter la motion pour sauver son organisation. C’est ce qu’elle avait dit au délégué états-unien. Le Pape subirait lui aussi la pression d’un gouvernement, celui de l’Italie.

Est lui conseilla de mentir en disant qu’il voterait favorablement au retour de l’esclavage.

Le Pape trouva l’idée astucieuse et promis de publier une encyclique pour soutenir Miss Bushnan si elle refusait de voter pour l’esclavage. Le Pape s’absenterait lors du vote pour les obsèques de la dernière nonne à Saint-Pierre de Rome.

Le pugiliste (Poul Anderson)

 

Le colonel Dowling était interné dans un hôpital. Il reçut une lettre de sa femme. L’enveloppe portait le tampon « censure ». Elle parlait des enfants. Elle espérait que tout finisse bientôt et qu’il rentre la maison.

Mannix entra dans la chambre de Jim Dowling. Il lui annonça qu’il pourrait sortir quand il le voudrait. Jim avait été opéré. Mannix lui expliqua que l’opération était obligatoire car le diagnostic avait décelé un cancer. La régénération était possible mais si Jim acceptait de se faire soigner à Moscou.

Jim avait été accusé de complot contre la République populaire des Etats-unis. Les Etats-unis avait imposé le collectivisme. Les écoles recevaient des cours d’histoire et d’idéologie sur bandes.

Après le traité de Berlin, les Etats-unis reçurent le droit d’entretenir des forces armées et furent accueillis dans la coalition des pays partisans de la paix contre les révisionnistes sino-japonais.

Dit me faisait partie de la société Stephen Decatur. Mannix promit l’amnistie à Jim s’il révélait tout ce qu’il savait.

Mannix emmena Jim dans son bureau où figuraient une photo de Lénine et une du président.

Sotomayor avait organisé la société Stephen Decatur en en prenant la direction.

Après la guerre sacrée, la convention constitutionnelle avait proclamé la République populaire. Les Etats-unis étaient sous la tutelle russe. Jim avait fréquenté des rebelles à Westpoint. Ils voulaient libérer les Etats-unis de la tutelle russe.

Jim les aida et entra à la société Stephen Decatur.

Il fut initié et un psycho- technicien lui expliqua que la drogue, la privation de sommeil, les chocs physiques le garantiraient s’il était soumis au sérum de vérité.

L’URSS contrôlait toute l’Europe occidentale. Il y avait une guerre civile en URSS. Vassiliev s’opposait à Kounine. C’était le parti communiste contre les partisans d’une dictature militaire.

La société Decatur était pour le camp de la dictature militaire.

Mannix voulut savoir si Jim complotait pour la dictature militaire et Jim répondit qu’il voulait seulement maintenir l’équilibre des Etats-unis.

Mannix lui répondit que les Asiatiques jouaient un rôle et soutenaient la société Decatur.

Les Japonais voulaient manipuler les Decaturistes pour dominer les Russes. Mannix confia Jim à des spécialistes en interrogatoire. Il fut drogué. Il avoua que les Decaturistes avaient un équipement pour établir le contact avec des camarades situés n’importe où. La police n’avait qu’à percer à jour ce système.

On équipa Jim d’une arme atomique miniature. Comme on lui avait retiré le pénis, lors de son opération, l’arme avait été cachée dans un faux pénis. On lui  apprit à se servir de l’arme. Jim contacta les Decaturistes comme Mannix le lui avait ordonné. Il leur donna rendez-vous pour leur livrer des informations comme il put le leur faire croire.

Ils l’attendirent dans un bar situé dans un village de lieux de plaisir. Un homme l’aborda et lui demanda de le suivre dans une voiture portant les initiales du service de sécurité. Wagner, l’homme qui l’avait abordé, l’interrogea. Jim dut inventer un mensonge pour justifier son absence d’un mois.

Il dit qu’il avait été appelé à des conférences ultra-secrètes jusqu’en Europe. Il dit aussi que les autorités avaient compris qu’un complot visait à s’emparer des bases lance-missiles. Jim dit que le personnel américain des lance-missiles serait remplacé par du personnel étranger. Wagner fit interroger Jim et le soumit à des épreuves mais il le fut pas percé à jour.

Wagner allait envoyer Jim voir Sotomayor, personnage légendaire qui coiffait la société Decatur. Wagner l’amena par les transports publics. Ils arrivèrent à Oakland. Ils allèrent dans un grand édifice d’aspect vétuste. C’était la demeure de Lorenzo Berg, directeur de l’Energie électrique pour la Californie du nord. C’était un Decaturien depuis qu’il avait accompli son service militaire. Jim vit Sotomayor parmi d’autres Decaturiens. Après la fin de la discussion, Sotomayor proposa un verre à Jim. Sotomayor voulait mieux connaître Jim Carrey le croyait capable d’être amené à un idéal plus élevé. Sotomayor  évoqua la Constitution des Etats-unis rédigée en 1786. Il était encore possible de la trouver dans des ouvrages érudits. Sotomayor voulait reprendre l’idée première de Jefferson, rédiger une loi fondamentale qui ne transige pas avec l’Etat. Il  dit à Jim  qu’il avait des projets pour lui et qu’il ne laisserait pas retourner à la base. Jim eut un malaise. Il alla dans les toilettes, baissa son pantalon et ressortit pour attaquer Sotomayor. Il le rata. Sotomayor réalisa que Jim s’était fait retirer le pénis. Il lui dit qu’on faisait la même chose aux pugilistes dans la Rome antique pour que leur rancœur les pousse à lutter sans peur et sans pitié. Alors Jim le tua. Les Decaturistes voulurent intervenir Jim en tua deux et ils battirent en retraite. La police arriva. Jim dit être un agent politique et on lui laissa la chambre de Sotomayor. Jim lut la Constitution des Etats-unis et il pleura. Mannix arriva et pensa que Jim était épuisé. Nîmes fut envoyé à Moscou et redevint un homme complet mais avec Bonnie, sa femme, il ne valait plus rien du tout.

La révolte masculiniste (William Tenn)

1 –l’avènement du suspensoir.

Edward Pollyglow confectionnait des vêtements pour hommes. Il fabriquait un seul article. Une blouse tous usages. Puis était apparu le style interchangeable. Il n’y eut plus de débouchés pour des vêtements purement masculins.

Pollyglow médita sur l’arrivisme des femmes qui leur avait permis de supplanter les hommes tout au long du 20e siècle. Il conclut qu’on pouvait faire remonter les ennuis des hommes peu avant la première guerre mondiale. Quand le tailleur pour homme fut créé, cela entraîna la création de vêtements pour femmes imités à partir de ceux pour hommes. Les modes « pour lui et pour elle » suivirent. Elles devinrent universelles en 1991.

Le pouvoir politique des femmes ne cessa de croître. Les offres d’emploi basées sur une discrimination des sexes furent sanctionnées.

La Cour suprême décida que le sexe que était une question personnelle limitée à la peau de l’individu. Deux mois plus tard, le style interchangeable apparut.

Pollyglow regarda de vieilles gravures. Il remarqua un portrait du 15e siècle. Un homme portait haut-de-chausse. Pollyglow remarqua le suspensoir dans l’entrejambes et cela lui donna une idée. Il dessina une blouse avec suspensoir. Mais les grossistes refusèrent le nouveau vêtement. Alors Pollyglow emprunta beaucoup d’argent pour lancer une campagne publicitaire. Un spécialiste en études de marché lui fit remarquer que le vocable « masculin » était devenu péjoratif alors Pollyglow accepta la proposition du spécialiste et il trouva un slogan : « habillez-vous masculiste ! ». Il créa un club masculiste et reçut des demandes d’inscription du monde entier. Les blouses masculistes eurent du succès. Pollyglow ne donna aucune suite au club masculiste qui n’était qu’un côté amusant de la campagne publicitaire.

Mais la concurrence s’empara de l’idée de Pollyglow alors il rencontra Stephen Leonidas Mibs, chef d’un mouvement philosophique. Mibs lui conseilla de reprendre l’idée du club masculiste. La seule condition d’admission serait la virilité. Mais il fallait voir plus grand et Mibs lui conseilla de créer un mouvement. Les annales masculistes devaient désigner plus tard ce déjeuner sous le nom d’entente de Long champ.

L’avoué de Pollyglow établit un contrat nommant Mibs directeur des relations publiques des entreprises Pollyglow. Les demandes d’adhésion affluèrent et Pollyglow fit des affaires d’or.

Il créa un hebdomadaire les Nouvelles masculistes puis à mensuel le Torse velu. Mibs avait trouvé deux slogans pour ces revues « les hommes sont différents des femmes » et « les hommes valent les femmes ». Pollyglow écrivait l’éditorial.

Il appelait les hommes à l’action. Des loges de la Société masculiste furent créées. La déclaration des principes de la loge du Montana devint le préambule de la charte nationale masculiste : « tous les hommes en naissant sont les égaux des femmes… parmi ces droits figurent la vie, la liberté et la recherche du sexe opposé ». Mibs créa son mouvement la ligue Stephen L. Mibs. Mibs gagna une fortune avec son livre « l’Homme, le premier sexe ». Pollyglow avait abandonné la confection pour hommes. Il ne fabriquait plus que le suspensoir.

Pollyglow était devenu le percepteur attitré des contributions rmasculiste à l’échelle mondiale. Un conflit éclata entre Pollyglow et Mibs. Mibs voulait que les hommes cherchent querelle. Chaque loge masculiste donnait des leçons d’escrime et avait un stand de tir. Le code du duel fut remis en vigueur.

Il y eut un tollé dans l’opinion publique mais les lois n’empêchèrent pas les duels. Pollyglow exigea la fin de ce désordre mais Mibs se voulait le chef spirituel du masculisme. Il voulait être obéi alors Pollyglow devint un personnage représentatif même muet.

2 – Dorseblad.

Les masculistes firent une émeute en Californie et libérèrent une prison.

Henry Dorseblad avait passé 18 ans dans cette prison dans la section « pensions alimentaires ». A 22 ans, il avait été victime de sa logeuse qui l’avait embringué dans le mariage. A cause de ses besoins, elle ruina.

Sa femme le poursuivit en justice pour défaut d’entretien. Il alla en prison. Elle obtint le divorce et une pension alimentaire. Dorseblad reste en prison car elle ne pouvait pas payer. Sa femme se remaria et enterra deux époux. Le troisième fut emprisonné pour défaut d’entretien.

Dorseblad passa 18 ans à étudier les problèmes sociaux et la lire les classiques des relations entre les sexes. Un Henry Dorseblad nouveau fut relâché dans le monde par la cohue des masculistes. Il fut arrêté dans un autre Etat. Il refusa d’accorder une entrevue au gouverneur parce que c’était une femme. Les masculistes en firent leur héros et dévastèrent la prison où il était enfermé pour le libérer.

Dorseblad passa à la télévision. Il devint une vedette. Mibs fut éclipsé. Dorseblad avait refondu les éditoriaux de Mibs pour ses discours avec le fanatisme d’un prophète. Les femmes étaient aussi frappées par son éloquence. Elles accoururent en foule pour l’écouter.

Il ajouta une longue plume d’aigle au chapeau melon du masculiste. Dans le monde entier, on massacra les aigles. Il ajouta une clause belliqueuse rmasculisme : « pas d’incapacités légales sans avantage légaux correspondants ».

Les hommes refusèrent d’être soutien de famille ou soldats s’ils n’étaient pas reconnus monarques dans leur foyer. Les cas de femmes battues augmentèrent. La société masculiste engagea ses ressources pour défendre les hommes lors des procès. Arriva le Privilège du Phallus.

Mibs céda la place de chef du masculisme à Dorseblad. Dorseblad créa un modèle de suspensoir à pois du grand chef pour lui seul. Dorseblad voulut l’abrogation du 19e amendement.

Dorseblad conclu des pactes avec les républicains et les démocrates.

Des femmes créèrent un groupe : les compagnes du suspensoir pour défendre le masculisme.

Une semaine avant les élections, Dorseblad lâcha les équipes d’action directe dans tous les Etats-unis. Il s’enchaînèrent près des bâtiments officiels. ¼ du congrès fut élu sur un programme masculiste et les trois-quarts du corps législatif. La presse fut divisée sur l’abrogation du suffrage universel féminin. Seul le New York Times garda son sang-froid en demandant que la décision soit juste en tout état de cause.

Il manquait une voix pour la majorité des deux-tiers requise pour vote de l’abrogation. Alors Elvis P. Borax qui avait laissé passer son tour déclara qu’il s’était décidé et vota non. Borax leva l’étendard de la contre-révolution.

3 – la contre-révolution.

37 Etats avaient libéralisé leurs lois sur le divorce au profit de l’époux.

Borax fut candidat à la présidentielle. C’était la première fois qu’un homme était candidat depuis des décennies. Il établit son programme sur l’idée de la mère pure et immaculée.

Il était célibataire parce que sa mère avait besoin de lui. Il enregistra un chant à la gloire de la mère qui fut un succès.

Les masculistes choisirent une femme comme candidate, Miss Strunt, déléguée permanente des Etats-unis à la conférence de la paix et du désarmement à Paris.

Dorseblad l’accompagna dans ses meetings. Elle parlait du plaisir d’être femme dans un monde authentiquement mâle. Les intellectuels soutenaient Borax mais les masculistes étaient favoris dans les sondages. Borax devint survolté.

Mibs en avait assez d’être dans l’ombre et créa les Masculistes anonymes.

Ses membres devaient se vouer au célibat et n’avoir aucune relation avec les femmes. Il fut sacré grand maître. Il voulait organiser des attentats contre les bureaux des licences de mariage et les organisations mixtes. Un des hommes de confiance de Mibs vendit la mèche à Dorseblad. Les masculistes anonymes furent dissous.

Lors de l’avant dernier combat contradictoire télévisé entre Borax et Strunt, Borax accusa Strunt d’être l’amie d’un ex-failli, d’un ex-repris de justice et d’un ex-homosexuel. Mibs provoqua alors Borax en duel.

Borax voulut présenter des excuses mais ne put refuser le duel. Borax eut le choix des armes. Il choisit le pistolet avec l’aide de ses conseillers. Il reçut un entraînement durant deux jours avec le champion de tir des Etats-unis. Il trouva une idée dans la biographie d’Andrew Jackson. Jackson avait laissé son adversaire tirer le premier. Son adversaire le manqua et Jackson pris son temps pour ajuster son tir et tua l’homme. Même Mibs ne le manqua pas.

Il atteignit Borax à la joue droite et la balle sortit par la joue gauche.

Strunt voulut annuler le dernier débat télévisé mais Borax, bien que blessé, refusa.

Borax ne dit pas un mot et fixa tristement l’auditoire en montrant sa blessure. Il leva une grande photo de sa mère et pleura. Il gagna l’élection.

Mibs s’enfuit en Angleterre. Pollyglow se tint dans l’ombre jusqu’à sa mort. Dorseblad fut lynché par des femmes. Le suspensoir avait survécu comme partie du costume masculin mais comme drapeau d’une trêve.

Paul et son arbre (Gene Wolfe).

Le gouverneur de l’Etat avait fait appel à la garde nationale. Morris en parla avec son voisin Russel. Paul, le fils de Morris, avait construit une cabane dans un arbre. La cabane était à 15 mètres. Russel dit que c’était dangereux mais Sheila, la mère de Paul ne voulait pas contrarier les inclinations naturelles de son fils. Paul avait une corde pour monter dans sa cabane. Sheila se leva et vint discuter avec Russel et Morris. Elle parla aussi des émeutes. Elle parla de Paul qui n’avait pas quitté sa cabane depuis jeudi.

Quand Morris se retrouve seul, il décida de prendre une échelle et de monter chercher Paul. Il faillit tomber et l’échelle se renversa. Alors Russel arriva est redressa l’échelle. Morris redescendit. Russel  lui parla des émeutiers qui prenaient les uniformes des policiers tués pour les endosser et foutre la pagaille.

Morris ordonna à son fils de descendre mais en vain.

Russel proposa d’abattre l’arbre mais Morris avait peur pour Paul. La radio annonça que les citoyens de la paix avaient été dispersés par les sections d’assaut du parti nazi américain. Morris promit à son fils de lui installer une piscine s’il redescendait. Pas de réponse. Russel revint avec une hâche et fit une entaille à l’arbre.

Morris lui demanda s’il avait une échelle plus grande que la sienne et il en avait une. Ils la posèrent contre l’arbre.

Morris en montant vit un incendie au loin. Il redescendit. Des sirènes retentirent et un camion arriva. C’étaient les nazis qui attaquèrent Morris. Paul lança des pierres pour défendre son père. Morris reçut un grand coup de chaîne sur le dos.

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26 juin 2017

Hommes et civilisations fantastiques.

Serge_Hutin_Hommes_et_civilisations_fantastiques

 

Hommes et civilisations fantastiques (Serge Hutin)

 

1 Mystères dans le ciel et sur la terre.

 

Serge Hutin prétend que le tableau d'ensemble de l'évolution de l'humanité est plus complexe que ce que les anthropologues affirment. Il donne l'exemple d'une petite boîte métallique trouvée dans les environs de Bagdad, âgée de 4500 ans et qui serait une pile électrique. Il pense que la lointaine antiquité aurait pu voir se dérouler un terrifiant  conflit nucléaire. Il évoque des remparts de granit  vitrifiés en Irlande et en Ecosse. Il en conclut que ces remparts auraient été attaqués par des assaillants employant des armes atomiques.

Serge Hutin évoque le savant allemand Deissman qui, en 1929, découvrit dans l'une des salles fermées au public du palais Topkapi, à Istanbul, des cartes qui avaient appartenu à l'amiral turc Piri Reis.

En 1950, paraissait aux Etats-Unis un ouvrage d'Immanuel Velikovsky intitulé " Mondes en collision". Velikovsky   voulait prouver que les cataclysmes relatés par les traditions et mythologies du monde entier correspondaient à des catastrophes terrestres réelles.

 

Cela provoqua  la colère des astronomes. Serge Hutin croit que l'histoire de l'humanité remonte bien plus loin que celle communément admise. Il s'appuie sur l'occultiste Helena Petrovna Blavatsky pour l'affirmer.

Serge Hutin croit en l'existence des soucoupes volantes et se demande quelles sont les vraies raisons du black-out officiel.

Serge Hutin se demande si la météorite géante qui s'est écrasée en Sibérie dans le territoire des Toungouses le 30 juin 1908 n'était pas un gigantesque vaisseau spatial.

 

Pour Serge Hutin, la destruction des cités de Sodome et Gomorrhe relatée dans la Genèse serait peut-être d'origine extraterrestre.

Serge Hutin imagine que sur notre globe existeraient des noeuds  qui permettraient à deux régions du continuum spatio-temporel de s'interpénétrer malgré leur fabuleux éloignement objectif.

Serge Hutin remet en question l'astronomie en affirmant que Pluton ne semble pas du tout être la dernière planète de notre système. Il cite un savant chinois Liou-Tse-Houa qui, en 1940, publia un livre sur la planète Proserpine qui existerait par-delà Pluton.

 

Serge Hutin affirme même qu'un astronaute croyait avoir vu sur la lune les ruines d'une sorte d'édifice de sept étages.

 

 

2 Hyperborée.

 

Selon des vieilles traditions sanskrites, c'est près du pôle nord que serait apparu le tout premier continent habité. La zone arctique avait alors un climat tropical. L'axe terrestre se serait depuis inversé. Serge Hutin considère que la Sibérie, l'Alaska, le Groenland, le Spitzberg, l'île Jan Mayen et l'Islande sont des vestiges de l'hyperborrée.

Selon l'astronome Bailly guillotiné sous la Terreur, les Atlantes peuplèrent jadis le Spitzberg.

Plutarque aurait évoqué l'existence de trois îles situées à l'ouest de l'Europe où résidaient des hommes civilisés. Serge Hutin pense qu'on ne peut nier l'existence des échanges commerciaux entre les Grecs puis les Romains et des peuples mystérieux, Cimmériens, Hyperboréens qui occupaient encore de lointaines régions septentrionales, voisines du cercle polaire.

 

René Guénon dans "Le roi du monde" évoquait Thulé, terre septentrional, qui fut l'un des principaux centres spirituels, sinon même  le centre suprême d'une certaine période. Dans la mythologie hindoue, il est parlé de l'île blanche située dans les régions boréales et considéré comme le séjour des bienheureux. Le nom "Tula" signifiant l'île blanche se trouvait connu également des anciens Mexicains.

Serge Hutin pense que l’île de Thulé était l’Islande. Serge Hutin évoque 2 livres « La porte sous les eaux » de John Flanders (pseudonyme de Jean Ray et Michel Jansen) et « Dwellers in the mirage » (les habitants du mirage) d’Abraham Merritt. Ces livres relataient l’existence de l’Hyperborée. Serge Hutin mentionne le livre de Raymond Bernard « La terre creuse » dans lequel il était question de l’expédition de l’amiral Byrd dans le grand nord-américain. Il aurait découvert une ouverture dans la croûte terrestre qui donnait accès à une vaste région souterraine jouissant d’un climat tropical. Le département d’Etat américain aurait interdit la divulgation de cette découverte.

 

3 Gondwana, la Lémurie, Mu.

 

W. Scott Elliott, ami de Mme Blavatsky, avait écrit un livre « la Lémurie perdue » dans lequel il décrivait les mœurs d’êtres pas tout à fait humains qui auraient vécu quelques millions d’années avant les premiers mammifères et auraient réussi à dresser les reptiles gigantesques de l’Atlantide.

Serge Hutin évoque trois continents disparus : le Gondwana qui aurait occupé l’antarctique, l’océan Pacifique, l’océan indien, l’Amérique du sud, l’Afrique centrale et méridionale, l’Inde du sud qui aurait été la première masse continentale du globe terrestre. La Lémurie aurait été le continent situé dans l’océan indien. Madagascar, une partie de l’Afrique et le Dekkan en seraient des témoins géologiques.

Le continent de Mu aurait occupé l’océan Pacifique. L’île de Pâques et la Californie en seraient les vestiges. Mu aurait disparu à cause d’un cataclysme vers 12 000 avant j-c.

Serge Hutin affirme qu’on aurait retrouvé en Antarctique des fossiles attestant l’existence d’une végétation tropicale. L’une des stations américaines situées en Antarctique aurait gardé le secret de la découverte de vestiges d’un très ancien dallage. Serge Hutin évoque un musée de Djeddah près de la Mecque. Personne n’est admis à le visiter. Il contiendrait des stèles païennes pré-islamiques. Serge Hutin prétend que ces stèles pourraient être des vestiges Lémuriens.

Le nom de Lémurie vient des romains pour qui les lémures étaient des larves, âmes venues du tréfonds des enfers pour tourmenter les vivants. Serge Hutin pense que les lémuriens étaient de deux types de races. L’art lémurien pourrait ressembler à à la cité de Zimbabwe découverte en Rhodésie par Adam Ramday en 1868 ou à Machu Pichu selon Hutin.

Dans les Andes péruviennes se trouvaient des rochers sculptés à Marcahuasi dont les contours n’apparaissaient que sous un éclairage solaire bien déterminé. Hutin se demande si les Lémuriens les auraient sculptés.

Même dans la forêt de fontainebleau se trouverait une caverne, la « grotte du sarrasin » dont les parois recouvertes de signes linéaires que l’archéologue Robert Ganzo aurait reconnu comme une forme plus primitive de l’écriture cunéiforme des Sumériens.

 

Le colonel James Churchward prétendit avoir pris connaissance de documents sur lesquels veillait  un prêtre bouddhiste de Birmanie. Ces documents révélaient l’existence du continent de Mu qui avait occupé l’océan Pacifique plus de 10 000 ans avant j-c. Les statues colossales de l’île de pâques en seraient un vestige. Un cataclysme astronomique aurait arraché le continent de Mu et la masse circulaire se serait rassemblée dans l’espace pour former la lune La lune aurait donc moins de 10 000 ans !

En Californie, on trouverait toutes sortes d’inscriptions ne correspondant à aucune inscription connue. Dans le Mont Shasta vivrait une population très évoluée fuyant tout contact avec les voyageurs. Ils vivraient dans une cité inconnue cachée à l’intérieur du cratère du Mont Shasta.

 

4 L’Atlantide.

L’atlantide c’est Platon  qui l’a évoquée le premier dans le Timée et le Critias. L’ancêtre de Critias, Solon, aurait rencontré un prêtre en Egypte qui lui aurait raconté l’histoire de l’Atlantide. D’après l’historien Diogène Laërce, les prêtres égyptiens possédaient des manuscrits de 48 863 années antérieures au règne d’Alexandre le Grand.  C’est en  9564 avant j-c que l’Atlantide aurait été engloutie. L’Atlantide formait une très grande île avec une plaine fertile  et une haute montagne.

C’est Poséidon qui aurait fait jaillir une source d’eau chaude et l’autre froide sur l’Atlantide. Les Atlantes creusèrent un canal et construisirent un pont. Il y avait des résidences pour les rois, une acropole entourée d’une enceinte revêtue d’orichalque, un alliage savamment composé.

Atlantis était la capitale de l’Atlantide. Poséidon et Clito étaient les ancêtres des Atlantes. Dans leur religion, il y avait un rite de communion sanglante au dieu, dont le fidèle était censé s’incorporer la force en s’abreuvant du sang d’une victime animale.

Platon raconte la décadence du peuple Atlante dans Critias. Cette décadence serait venue des métissages croissants. Les Atlantes auraient  été en guerre avec les habitants de la cité qui avait précédé Athènes et cela aurait entraîné un cataclysme. L’Atlantide disparut dans la mer en un jour et nuit.

D’après Serge Hutin, il existe au musée de l’Ermitage un papyrus de la 12e dynastie égyptienne décrivant l’engloutissement de l’île du Serpent après la chute d’une étoile. Hutin pense que cette île était l’Atlantide.

L’étoile aurait été une météorite. Les indiens Parias qui vivaient dans le Vénézuela dans un village appelé Atlan. Ils perpétuaient la tradition d’un désastre qui avait détruit leur pays, une vaste île de l’océan.

Les Atlanta auraient inventé des engins volants, des sous-marins, des voitures à suspension. Le cataclysme qui détruisit l’Atlantide pouvait être une explosion nucléaire. Pour Serge Hutin, l’Atlantide aurait été peuplée par trois races :  Une aryenne dont le foyer primitif fut peut-être   l’Hyperborée, la deuxième race  rouge brun et la troisième de complexion olivâtre ou brune, analogue à l’une des races de la Lémurie.

Serge Hutin estime que l’Égypte aurait connu la civilisation il y a plus de 20 000 ans.

Il pense que les pyramides et le Sphinx sont plus anciens qu’on ne le croit.

Serge Hutin relate la découverte, d’un des premiers califes du Caire Il fit faire  un passage jusqu’au couloir d’entrée de la grande pyramide. Les ouvriers débouchèrent dans la chambre de la reine et dans celle du roi. Ils virent deux statues. L’une d’un homme en pierre noire, tenait une lance et l’autre d’une femme en pierre blanche, brandissant un arc. Sur une table, se trouvait un vase hermétiquement clos, taillé dans du cristal rouge. On l’emplit d’eau. Il pesait aussi lourd plein que vide.

Il y avait aussi un astronaute ayant la forme d’un coq en or rouge écaillé de pierres précieuses. Le coq poussa un cri quand les ouvriers s’en approchèrent. Pour Serge Hutin, tous ces objets provenaient de l’Atlantide et il croit  que des chambres souterraines secrètes existent sous les pyramides.

Elles auraient servi à des initiations. Les pyramides auraient été laissées aux prêtres égyptiens initiés par les Atlantes. Serge Hutin pense même qu’elles avaient été agencées pour servir d’abris anti-atomiques !

Le géographe Berlioux avait écrit en 1883 « les Atlantes, histoire de l’Atlantis et de l’Atlas primitif ». Il estimait que l’Atlantide avait constitué une civilisation dans tout l’Atlas marocain. Serge Hutin relate la découverte par les Espagnols d’une population blanche aux îles Canaries, les Guanches. C’était peut-être les descendants des Atlantes. La montagne sacrée des Atlantes, le mont Pico, correspondait à l’une des actuelles Comores.

Serge Hutin pense que les Basques sont d’origine Atlante. Leur langue ne ressemble à aucune langue européenne mais a des affinités avec certains dialectes d’Amérique latine.

Joseph Smith, le fondateur des mormons pensait que les Hébreux avaient découvert l’Amérique. Cela expliquerait la croyance des Indiens d’Amérique qui pensaient avoir été civilisés autrefois par des hommes divins à la peau blanche.

La civilisation celte elle-même pourrait avoir des origines Atlantes. Serge Hutin fait pour cela un rapprochement entre les menhirs et les monuments en pierre de l’ancienne Egypte, entre Carnac et Karnac.

Serge Hutin évoque l’ensemble mégalithique de Stonehenge qui révèlerait des connaissances astronomiques extrêmement profondes.

D’après les professeurs Colton et Martin, de l’université de Melbourne, Stonehenge aurait permis de calculer les éclipses avec précision.

Les menhirs de Carnac permettraient de retrouver la disposition précise de toute une partie de la voûte céleste visible dans l’hémicycle boréal. A l’époque celtique, il y eut plusieurs submersions.

La légende de la ville submergée d’Ys un bien de cette époque.

Serge Hutin prétend qu’en Espagne, il existe de nombreux mégalithes issus de la prodigieuse colonisation atlante. A Rio-Tinto, sur le site de la cité antique de Niella, on trouverait les vestiges d’un vaste port atlante.

5 L’Eldorado et les amazones.

Les premiers conquistadors entendirent des Indiens leur parler d’un royaume extraordinaire, difficile d’accès. Le souverain de ce royaume se montrait nu et couvert d’or lors d’une cérémonie dont le nom d’El dorado. On recherche l’Eldorado en vain. Serge Hutin affirme que dans les régions les moins connues des Andes, des Indiens se targuent de rapports occasionnels avec un peuple inconnu de race blanche qui habite une ou deux cités cachées au cœur de la forêt vierge.

On aurait retrouvé au Brésil des inscriptions phéniciennes qui donnaient les noms et les dates du règne des souverains de Sidon et de Tyr.

Dans certaines tribus indiennes d’Amazonie, on découvre la présence d’une divinité carthaginoise :  Keri.

En 1925, le colonel P. H. Fawcett prétendit avoir découvert la mystérieuse  cité perdue atlante du Mato grosso.

Serge Hutin évoque le mystérieux Philippe auteur d’un ouvrage intitulé le Secret des Andes, membre des sociétés secrètes  l’Ordre ancien de l’Améthyste et de l’Ordre de la Main rouge.

Frère Philippe prétendait que l’Amérique précolombienne gardait la survivance de l’héritage scientifique et spirituel de la Lémurie et de l’Atlantide.

En 1957, frère Philippe aurait dirigé une expédition archéologique sous l’Ordre de la Main rouge. Il aurait découvert des ruines fantastiques avec des monuments et des inscriptions en langue inconnue dans les cités de Paititi. Les peuples de cette région auraient affirmé que leurs ancêtres avaient eu des contacts avec les « peuples du ciel ».

Serge Hutin prétend que les fondateurs de l’empire des incas étaient des étrangers à la peau blanche et aux yeux bleus.

Hutin explique le peu d’usure des dallages du réseau routier de l’empire inca par l’existence de véhicules sur coussin d’air construits par les descendants des Atlantes. Les Aymaras seraient les héritiers des Atlantes et auraient dominé le futur territoire des incas. Ils auraient construit le réseau routier et les cités gigantesques avant que l’Atlantide soit engloutie.

Les Aymaras auraient émigré vers l’ouest après la disparition de l’Atlantide. Hutin prétend que les Incas n’avaient fait que s’installer dans l’œuvre énigmatique qu’est Machu Pichu. La cité aurait été construite du bien avant l’arrivée des Incas.

D’après Hutin, les Mayas se considéraient comme les descendants d’une population divine venue « du côté du levant » et rescapée d’une terre mystérieuse et effondrée dans l’océan oriental.

Hutin eux pense que la civilisation maya révèle des ressemblances avec celle de l’Egypte et elles auraient l’Atlantide comme source commune.

Hutin prétend qu’une société secrète mexicaine détient des manuscrits qui proviendraient de l’Atlantide. Hutin évoque le mythe des Amazones qui auraient existé en Grèce et en Amérique du sud.

Diodore de Sicile relate comment Myrina reine des amazones rassembla une armée de guerrières pour conquérir l’Atlantide.

6 Dans les entrailles du globe.

Hutin évoque les grottes d’Ussat-Les-Bains qui auraient été utilisées par les cathares pour leurs cérémonies secrètes. La pyramide de Falicon près de Nice est un temple souterrain utilisé par Aleister Crowley pour ses cérémonies. Helena Blavatsky aurait exploré les cavernes de Bagh en Inde. Hutin affirme qu’Edgar Poe aurait reçu une initiation magique dans les monts Apalache.

Hutin évoque la théorie de la terre creuse. Jules-vernes avait appuyé son roman Voyage au centre de la terre sur une vieille tradition islandaise : l’alchimiste Arne Sakhnussen serait, au 16e siècle, parvenu au centre de la terre et en serait revenu. L’astronome Edmond Halley développa l’idée que la terre sera constituée de cercles concentriques habitables.

Le capitaine Jonathan Cleves Symnes envoya une lettre aux savants du monde en 1818 dans laquelle il déclarait que la terre était creuse et habitée intérieurement. Edgard Poe a  utilisé ce thème dans Manuscrit trouvé dans une bouteille.

Un aviateur allemand, Peter Bender fonda la doctrine de la terre creuse et il fit des adeptes dans les années 30 parmi lesquels des nazis. Il mourut dans un camp de concentration.

Tous les sites dits « porte des enfers » doivent être considérés comme ayant été le théâtre de rites initiatiques souterrains. Pour ressusciter et pour s’élever aux cieux il faut avoir préalablement traversé les ténèbres, avoir triomphé des terreurs infernales, être passé par la mort initiatique.

Le mont Saint-Michel aurait été bâti sur l’emplacement d’un temple druidique souterrain. Une tradition affirme l’existence d’un gouvernement secret de notre pays, contrôlé, depuis la christianisation de la Gaule, par une société secrète extrêmement fermée et placée sous le patronage de l’archange saint-Michel. Dans la forêt de Brocéliande, un dolmen  est considéré comme le tombeau de Merlin l’enchanteur. C’est là que se trouverait l’accès menant à de mystérieuses cavités souterraines.

Les peuples souterrains sont décrits dans diverses traditions : la main qui forgea l’épée du héros germanique Siegfried, le dieu Vulcain qui façonna le bouclier d’Achille.

Ossendowski, Saint Yves d’Alveydre, René Guénon et Frida Wion ont évoqué  l’Agartha. Le souverain de l’Agartha serait le roi du monde. Il serait apparu à Delhi en 1937, lors des fêtes du couronnement du roi George VI comme empereur des Indes.

Agarttha signifie en sanskrit « insaisissable, inaccessible ». Shamballah désigne la métropole et le centre suprême de l’Agartha. L’Agartha serait protégé par des barrières magnétiques. Selon une tradition mongole, il viendra un temps où les peuples d’Agartha sortiront de leurs cavernes et apparaîtront sur la surface de la terre. Ce sera la fin du présent cycle terrestre. Le roi du monde serait non seulement le souverain de l’Agartha mais aussi le symbole vivant de l’alliance suprême réalisée entre le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle.

Paul Grégor dans un livre intitulé «  Journal d’un sorcier » relate son aventure au Brésil. Il aurait visité des grottes contenant des galeries et colonnades pleines de vestiges d’une vieille civilisation.

7 L’héritage des géants.

Au début du 16e siècle, on découvrit un squelette d’homme de taille gigantesque. C’était le roi des Cimbres, l’une des tribus qui avaient envahi la Gaule.

Mais Cuvier s’aperçut qu’il s’agissait d’une mystification. A Tihuanaco, on a découvert toute une cité bâtie à l’échelle d’hommes dont la stature était de 3 ou 4 mètres. A Tihuanaco, se trouve un édifice étrange, les Portes du soleil, couvert de hiéroglyphes représentant un calendrier correspondant aux cycles de la planète Vénus.

L’île de pâques a été étudiée par Francis Mazière. Il pensait qu’elle avait été peuplée par des précolombiens venus du Levant. Leurs ancêtres auraient disposé d’une force, le « Mana »Que les initiés savaient manier. Cela leur aurait permis d’élever les célèbres statues. 

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08 juin 2017

franc-maçonnerie sous l'Occupation

botrel

 

Histoire de la franc-maçonnerie française sous l’occupation (Lucien Botrel)

 

Chapitre 1 des proscrits.

 

L’auteur révèle, durant la guerre, il était employé dans un bureau administratif d’une ville du nord-ouest. Un de ses chefs avait été révoqué car il avait été franc-maçon. Botrel se souvient que le directeur de l’école primaire de garçons du quartier où il habitait fut pareillement révoqué. C’était un socialiste et il avait été vénérable d’une loge locale.

 Ces révoqués reçurent des manifestations de sympathie de leurs collègues et voisins.

Si bien que les adeptes de la collaboration ne  manifestèrent pas leur satisfaction. Les deux révoqués purent obtenir une situation dans des entreprises de travaux publics travaillant pour l’armée allemande.

Chapitre 2 les groupements humains dans la France occupée.

 

Botrel évoque le drame vécu par les juifs. Il pense que les statistiques sont incomplètes s’agissant des juifs étrangers qui avaient cherché refuge en France. Il estime que les Eglises ont peu souffert même s’ils pensent la neutralité des pasteurs a été parfois ambiguë. Les partis politiques et syndicats ont été interdits après la signature de l’armistice.

Le parti communiste a été particulièrement éprouvé. Des dizaines de milliers de communistes ont été déportés et fusillés. Le parti socialiste a également compté un nombre élevé de morts et de déportés.

Botrel n’oublie pas le sort réservé aux tziganes. Il rappelle que les francs-maçons étaient 60 000 en 1939. En 1945, ils n’étaient plus que 20 000. Les temples avaient souvent été détruits. La reconstruction fut lente.

Botrel cite les notes rédigées par Pierre Laval, à la prison de Fresnes, en 1945 : « il était de notoriété publique que je n’approuvais pas les mesures prises contre les sociétés secrètes…

J’avais toujours considéré l’action antimaçonnique comme une manifestation de l’esprit réactionnaire et clérical, Et mes différends avec le maréchal ou avec son cabinet sont souvent venus de leurs dissentiments à ce sujet… »

Botrel ne le croit pas. Botrel veut démontrer que la franc-maçonnerie a bien été victime de Vichy. Il cite le Vichyssois Henri du Moulin de la Barthète, directeur du cabinet civil de Pétain qui s’était vanté de s’être opposé à la persécution des francs-maçons.

En réalité Petain avait écrit : « un juif n’est pas responsable ses origines ; un franc-maçon l’a toujours été de son choix ».

A la veille de la guerre, Francis Viaud s’était inquiété du totalitarisme grandissant. Il avait dit au convent du Grand Orient de 1938 : « le camp de concentration, la délation, la basse police, la confiscation des biens, l’assassinat. Voilà les armes employées pour assujettir inflexiblement l’individu à l’Etat. Premières victimes : les francs-maçons, symboles même de la pensée libre, dès lors, dangereux comme côtoyant l’esprit critique… »

Albert Lantoine, de la Grande Loge de France, avait affirmé : si demain la république s’écroulait, la franc-maçonnerie se trouverait parmi les ruines ».

Chapitre 3 débuts de l’occupation.

 

En juin 1940, l’occupant veut interdire les « sociétés secrètes » et poursuivre leurs adeptes.

En 1871, lors de l’invasion et de l’occupation prussienne, la franc-maçonnerie avait déjà été accusée de cosmopolitisme. Les loges d’Alsace-Lorraine avaient été dissoutes.

En 1939, la puissance de l’Allemagne nazie avait été sous-estimée, presque ignorée par les Français, y compris les francs-maçons. En juin et juillet 1940, les dirigeants des obédiences maçonniques improvisèrent des mesures de sauvegarde. Mais elles étaient trop tardives et insuffisantes.

En juin 1940, les anti-républicains accédaient miraculeusement au pouvoir. La devise « liberté, égalité, fraternité » chère aux francs-maçons était remplacée par celles très bien pensante « travail, famille, patrie ».

Les dignitaires du Grand Orient transférèrent les fichiers  de leur obédience de Paris à Bordeaux et ceux  de la Grande Loge de Paris à Niort. Les fichiers furent brûlés avant l’arrivée des Allemands. Mais tout ne fut pas détruit. Il restait des listes d’abonnés aux revues maçonniques, des listes d’affiliés chez les responsables des loges.

Ainsi des perquisitions aux domiciles des francs-maçons furent fructueuses. Et les services de police allemand et français purent reconstituer les fichiers brûlés.

Le 7 août 1940, le grand maître Arthur Groussier crut opportun d’adresser à Pétain une lettre qui lui fut reprochée à la Libération. Il avisait le maréchal que le Grand Orient cessait ses activités. Il rappelait la pérennité des principes fondamentaux de la franc-maçonnerie et les services rendus à la patrie. Groussier espérait obtenir la sécurité pour les francs-maçons.

Le 13 août 1940 fut publiée la loi portant interdiction des sociétés secrètes.

Les allemands occupèrent les temples maçonnique et en confisquèrent le matériel. Rosenberg pilota la lutte antimaçonnique. Son représentant français était Ebert et son adjoint Utikal. Au procès de Nuremberg seront mentionnés les transferts en Allemagne des mobiliers des documents des loges du Grand Orient de Bordeaux et Caen. Les Allemands s’emparèrent des locaux parisiens du Grand Orient et de la Grande Loge dès leur entrée dans la capitale. Les grands maîtres Arthur Groussier et Michel Dumesnil de Gramont furent interrogés par la police allemande en leurs domiciles. Les Allemands cherchaient le trésor des francs-maçons et furent vite déçus. La lutte contre les francs-maçons faisait partie des préoccupations des nazis. Ainsi le manuel ultra-secret « Informations shaft » dont devaient être munis les conquérants en cas de succès de l’opération otarie (invasion des îles britanniques) comportait une liste des recherches prescrites. En priorité, se trouvaient les loges maçonniques considérées comme institutions dangereuses.

Dès 1927, apparut en Allemagne l’annonce d’une future persécution des francs-maçons. Ludendorff publia « Anéantissement de la franc-maçonnerie par la révélation de ses secrets ». Rosenberg dénonça le « complot judéo-maçonnique » dans son pamphlet « Mythe du 20e siècle ».

Les S.A. détruisirent des loges allemandes dès 1931. En 1933, Hitler révoca les fonctionnaires francs-maçons et déporta les dignitaires maçons. Les biens des maçons furent collectés par Himmler et Heydrich. Le 4 janvier 1934, une ordonnance de Goering contraignit les loges allemandes de l’auto-dissolution.

Le 8 août 1935, la franc-maçonnerie allemande cessa officiellement d’exister. Une obédience s’exila en Amérique du sud et une autre en Palestine.

La franc-maçonnerie ne put renaître en Allemagne qu’en 1949.

 

Chapitre 4 lois d’interdiction.

 

Seuls 11 députés francs-maçons sur 51 et neuf sénateurs sur 34 refusèrent de voter les pleins pouvoirs à Pétain.

Le 13 août 1940, la loi portant interdiction des sociétés secrètes fut promulguée. Elle fut signée par Adrien Marquet et Raphaël Alibert (garde des sceaux).

Le Grand Orient et la Grande Loge furent déclarés nuls par décret du 19 août 1940. Le 20 août 1940, tous les fonctionnaires furent obligés de rédiger une déclaration de non appartenance aux sociétés secrètes.

Le Droit humain et la Société théosophique furent constatés nuls par décret le 27 février 1941.

La loi du 11 août 1941 permit la publication au Journal officiel des noms des officiers et dignitaires des loges et la révocation des fonctionnaires francs-maçons.

Le 15 décembre 1941, un arrêté du ministre de l’intérieur porta création du service des sociétés.

Le 7 août 1940, Bernard Faÿ remplaça Julien Caïn à la direction de la Bibliothèque nationale. Il fut chargé de centraliser les archives maçonniques.

Faÿ avait été enseignant. Il était monarchiste. Avec l’accord des Allemands, il s’installa rue Cadet, au Grand Orient et  fut rejoint par Jean Marquès-Rivière, ancien membre de la Grande Loge de France dont il avait démissionné en 1931.

Marquès-Rivière fut désigné comme responsable du service des recherches. La rapidité des nominations de tous ces responsables laisse présager qu’une conspiration antimaçonnique avait démarré bien avant le début de l’occupation.

Henry Coston s’empara des locaux de la Grande Loge de France. Il publia le Bulletin d’informations antimaçonniques.

En 1941, deux services de police antimaçonnique furent créés à Paris. Un service allemand dirigé par Pfannstiel et Moritz dans les locaux de l’ambassade du Canada. Un service dépendant de l’antenne parisienne du gouvernement de Vichy fonctionna dans l’ancien siège de la société théosophique dissoute comme formation par paramaçonnique.

Ce service fut dirigé par les commissaires Dejean et Moerschel. A Vichy, en avril 1941 fut créé le service de police des sociétés secrètes dirigé par Robert Labat, ancien membre des services secrets.

Tous ces services ne purent prouver l’existence d’un complot maçonnique international ou une sédition à caractère cosmopolite.

Les lois antimaçonniques furent rapidement appliquées. Ainsi l’orphelinat maçonnique fut dissous et ses locaux mis à sac par la gestapo dès octobre 1940.

 

Chapitre 5 la propagande antimaçonnique.

 

La propagande antimaçonnique servit à tenir en éveil l’opinion sur le « péril maçonnique » et justifier les mesures d’exception prises sur les francs-maçons.

Vichy publia une brochure « Pourquoi a-t-on condamné la franc-maçonnerie ? » pamphlet qui reprenait toutes les accusations traditionnelles.

La presse était sous le contrôle de l’occupant et Radio Paris était le moyen de propagande privilégié. Des nouveaux journaux apparurent : « la France au travail » dirigée par Henry Coston, « les Nouveaux temps » dirigé par Luchaire et « le Cri du peuple » de Doriot. « Au pilori » de Pierre Costantini s’était spécialisé dans la dénonciation du « péril judéo-maçonnique ».

« Je suis partout » était contrôlé par Lucien Rebatet, Brasillach et Drieu la Rochelle.

« L’Illustration » de Jacques de Lesdain avait consacré plusieurs pages à l’exposition antimaçonnique d’octobre 1940 au Petit palais.

Avant la guerre, Ferdonnet et Pemjean avaient créé le Grand Occident par opposition au Grand Orient. L’entrée se faisait par une initiation. Pemjean était l’inventeur de la devise « travail, famille, patrie ».

En octobre 1941, fut créée la revue « les Documents maçonniques ». Elle était richement illustrée. Elle était dirigée par Bernard Faÿ avec l’aide de Jean Marquès-Rivière et Robert Valéry-Radot.

En 1943, Marquès-Rivière et Jean Mamy (sous le pseudonyme de Paul Riche) réalisèrent le film « Forces occultes » pour stigmatiser la franc-maçonnerie. On y voyait l’initiation du député nationaliste Avenel dans un temple maçonnique.

Bernard Faÿ parcourut la France pour présenter des conférences contre la franc-maçonnerie. Il les présentait dans d’anciens temples maçonniques. D’autres conférenciers comme Valéry Radot parcoururent la France pour dénoncer la franc-maçonnerie. Ces conférences attirèrent 70 000 personnes en zone nord et 40 000 en zone sud en 1942. Mais les temples maçonniques n’auraient pu accueillir tant de personnes en si peu de temps.

Eugène Deloncle, créateur de la Cagoule, fonda en 1940 le Mouvement social révolutionnaire dirigé contre les juifs, les francs-maçons et les communistes. Il fut abattu par les Allemands le 3 janvier 1944 alors que son domicile était perquisitionné.

Chapitre 6 difficultés d’une contre-propagande.

L’ordre maçonnique avait été dissous deux fois officiellement. D’abord par ses propres dirigeants puis de fait par les autorités. Ceci rendait impossible une action organisée. A titre individuel, beaucoup d’entre eux ne furent pas sans réagir. Mais leur isolement et à cause de la surveillance et des poursuites qu’ils subissaient, leur réaction fut sans résultat tangible. Les francs-maçons pris ès qualités ne trouvèrent pas beaucoup d’aide et de défenseurs dans l’opinion. Même de l’étranger, il n’y aucune voix pour s’élever contre les répressions antimaçonniques. Il y eut tout de même quelques rares interviews faite à la bbc par des francs-maçons invités par l’équipe française de la radio de Londres. Mais certaines études sont menées pour tenter d’expliquer la réelle passivité des opinions anglo-saxonnes qui ne dénoncèrent que très peu les exactions hitlériennes. Les soviétiques étaient opposés à la franc-maçonnerie et il ne fallait pas s’attendre de leur part à une quelconque défense des maçons.

En France, l’opinion enregistrait avec indifférence les épreuves qui s’abattaient sur des catégories entières de citoyens. Chacun était si peu sûr du lendemain qu’il ne pouvait guère porter attention à ce qui ne le touchait pas directement.

Chapitre 7 attaques officielles.

 

La campagne antimaçonnique fut ardemment est constamment soutenue par ses promoteurs, les dirigeants de l’Etat français.

Le premier numéro des Documents maçonniques fut présenté par le maréchal Pétain : « j’approuve (donc) entièrement l’entreprise de cette revue qui doit porter la lumière dans un domaine longtemps ignoré des Français ». Les éditoriaux suivants étaient signés des dignitaires de Vichy. Cette revue s’abstenait totalement de fait référence à des textes origine allemande.

Le but de cette revue était de désigner le bouc émissaire. On écrase un adversaire avec d’autant plus de facilité qu’il est à terre.

Vichy voulait ainsi détourner l’attention des Français sur des malheurs pourtant perçus directement : occupation, disette et pénurie, guerre.

Xavier Vallat, Philippe Henriot, Charles Maurras avaient profité de la défaite de 1940 et de l’instauration de la dictature de Vichy pour proclamer « la justesse de leurs vues prophétiques ».

Chapitre 8 mobiles et thèmes de la « croisade antimaçonnique ».

Les causes de la répression dont la franc-maçonnerie fut l’objet sont à rechercher dans le fanatisme du nazisme et de ses alliés mais aussi dans l’ancestrale opposition « franc-maçonnerie/totalitarisme ».

Il n’est pas surprenant que tous les apôtres traditionnels de la « croisade antimaçonnique » aient saisi l’occasion qui leur était offerte de déverser leurs sarcasmes habituels. On peut regretter que des personnes moins engagées aient mêlé leurs voix à ce concert d’imprécations. C’est ainsi que le « Journal de Rouen », naguère connu comme quotidiens de province des plus sereins, rapporta les propos tenus en novembre 1940 par Pierre Étienne Flandin qui disait toute sa haine de la « domination du judéo-maçonnique ».

Les francs-maçons furent donc souvent rangés parmi les fauteurs de guerre et les responsables de la défaite par les zélateurs de Vichy.

L’antimaçonnisme de Vichy tirait sa source de la bulle papale du 27 avril 1738 de Clément XII et qui frappait la franc-maçonnerie d’excommunication. Les motifs de cette bulle étaient que la franc-maçonnerie était une société secrète, ses serments étaient anti-religieux, elle soutenait le mal, elle combattait la religion, elle méprisait les lois et admettait leur violation, elle servait de prétexte à la constitution de groupes d’intérêts financiers.

Sous l’Espagne franquiste, être franc-maçon était un crime. Les ennemis de la franc-maçonnerie pouvaient être recrutés dans trois groupes : les naïfs, mystiques, inconditionnels de la religion, catholique particulièrement. Les adversaires belliqueux de mauvaise foi. Les adversaires de bonne foi, soucieux de l’orthodoxie des croyances.

La défaite de 1940 fut souvent présentée par le clergé comme châtiment infligé à la France impie.

L’affaire Stavisky provoqua un scandale en 1934 et des francs-maçons y furent impliqués. Cela avait joué dans l’antimaçonnisme de Vichy.

Même si la franc-maçonnerie avait poussé 3000 de ses membres à démissionner suite à ce scandale.

La violence et la fréquence des attaques subies par la franc-maçonnerie en 1934. Dans l’affaire Stavisky présageait de ce qui devait arriver sous l’occupation. La haine et le fanatisme qui accompagnaient naguère les affrontements entre les religieux catholiques et les francs-maçons a perdu de son intensité après Vichy. Mais d’autres fanatiques se sont révélés habiles à utiliser la propagande antimaçonnique. Les ayatollahs d’Iran avaient affirmé en 1983 que les francs-maçons et les sionistes avaient joué un rôle très important dans l’élection de Mitterrand. Un ancien ministre du chah d’Iran qui avait rompu avec son régime avait été condamné à mort par les ayatollah sous prétexte qu’il était franc-maçon.

Chapitre 9 effets de la répression.

En conséquence de la voie du 15 août 1940, les fonctionnaires et membres des services publics étaient astreint à signer une déclaration sur l’honneur de n’avoir jamais appartenu à une société secrète. Ceux qui avaient fait une fausse déclaration furent révoqués dès que leurs noms furent révélés au Journal officiel dans la liste des franc-maçons.

Fin 1943, le total des listes de franc-maçons comportait 17 000 noms. Les services des sociétés secrètes n’avaient pu établir le tableau intégral des affiliés. Les francs-maçons proscrits purent à peu près tous retrouver une situation professionnelle et circuler dans la cité sans être la cible de sarcasmes.

Il fallait tout de même du courage et de la détermination aux franc-maçons pour avoir encore la volonté de participer à la résistance. Les séquelles de cette proscription se firent sentir à la Libération. Un nombre assez important de ces victimes des lois d’exception ne sollicita pas une reprise d’activité dans les ateliers maçonniques reconstitués : les tracas auxquels ils avaient été soumis les avaient conduits à demeurer dorénavant réservés à propos d’un quelconque engagement.

Pendant la guerre, les services de répression étaient particulièrement fiers de leur œuvre.

Bernard Faÿ avait écrit un article en 1942 sur la liquidation de la franc-maçonnerie dans lequel il affirmait : « le gouvernement du maréchal permet à chaque français d’avoir confiance en son voisin et d’être sûr qu’une concurrence loyale est désormais instaurée dans la vie administrative ! ».

La revue « les Documents maçonniques » avait servi à ses auteurs à poursuivre l’entreprise de délation en livrant aux autorités d’autres listes de républicains et des personnes qui avaient été invitées par des loges pour des conférences.

Botrel évoque les lettres de délation dont furent victimes les franc-maçons. Ces lettres étaient soigneusement classées et suivies d’enquête. Les différents organismes français et allemands se communiquaient les renseignements recueillis. Le bilan de la répression fut désastreux. Il y eut plus de 500 membres de la Grande Loge déportés, 180  morts en déportation des pour le Grant Orient, 220 déportés et 120 morts en déportation ; pour le Droit humain, 60 et 31.

Chapitre 10 la campagne antimaçonnique et l’opinion.

La plus grande partie de l’opinion restait indifférente, voire choquée des méthodes et des procédés employés par les maîtres de l’heure. Un petit nombre de citoyens réfléchirent à ce qui leur était présenté dans les expositions et conférences antimaçonniques. Enclins à se défier de tout ce qui était montré sous le couvert de la protection hitlérienne, ils se piquaient de curiosité envers cette franc-maçonnerie tant décriée et cherchèrent à comprendre quels étaient ses buts véritables. Ultérieurement, cette curiosité aboutit parfois un engagement…

Botrel cite plusieurs articles de la presse vichyste dans lesquels des pamphlétaires et des lecteurs s’offusquaient que la franc-maçonnerie n’était pas encore assez combattue. Après la Libération, Francis Viaud, grand maître du Grand Orient, déplora que pas une seule voix ne se soit élevée dans la hiérarchie catholique pour se désolidariser le chef des mesures prises contre les francs-maçons.

Dans « Le Franciste » du 14 juin 1941, le journal de Marcel Bucard, Maurice Moures déplorait le réveil de la franc-maçonnerie et l’accusait d’être à l’origine du marché noir. Alors que le marché noir profitait avant tout à l’occupant.

En 1943, le débarquement allié en Afrique du nord et la défection de l’Empire sous contrôle vichyssois avaient fait perdre à Bernard Faÿ son triomphalisme. Dans les Documents maçonniques il prétendit éprouver un sentiment douloureux en s’opposant aux francs-maçons car il affirmait qu’il se voyait obligé d’être un Français opposé à d’autres Français. Il prétendait qu’il lui était pénible de paraître dans un rôle de justicier. Le 15 octobre 1943, de Gaulle publia un décret à Alger annulant toutes les lois d’interdiction de la franc-maçonnerie sur l’ensemble des territoires placés sous contrôle du Comité national de la France libre.

Chapitre 11 évolution, luttes et réactions.

Fin 1942, le poids de la puissance industrielle et militaire américaine commençait à se faire sentir mais Vichy ne semblait pas tirer la leçon des faits. L’espoir changeait de camp, seuls les plus fanatiques collaborationnistes restaient fidèles à Vichy et à sa propagande.

Les francs-maçons reprirent espoir. Dès 1940, des francs-maçons entrèrent en résistance. Tous les frères de la loge la Bonne foi de saint-germain-en-laye furent résistants dès 1940. Les frères reprirent contact dans plusieurs villes dans des petites réunions de trois ou quatre affiliés de toutes obédiences. Une partie des dirigeants Francs-tireurs se réclamaient de la franc-maçonnerie. D’autres mouvements de résistance comptèrent des francs-maçons : Combat, Défense de France, Libé nord, O. C. M.

Les francs-maçons résistants aidèrent à la rédaction des multiples rapports qui aboutirent à l’établissement de la généreuse charte de la Résistance. L’assemblée consultative d’Alger compta 25 % de francs-maçons de diverses obédiences.

Daniel Ligou signale qu’un Comité maçonnique de résistance fut créé à Lyon et que la loge clandestine de Pontoise et les Amis du peuple eut une activité à peu près continue pendant toute l’occupation. Comme la loge Ordre et progrès de Bordeaux. Au printemps 1944, il y avait des réunions de francs-maçons dans plus de 60 départements représentant de 111 loges embryonnaires. Un essai de coordination furt entrepris par le réseau de résistance maçonnique Patriam recuperare.

Patriam recuperare fut créée en décembre 1940, à Paris. Des loges clandestines furent créées dans des camps d’internement ou des camps de déportation. Comme la loge les Frères captifs d’Allach ou la Nation à l’Orient du monde à Berlin.

A Buchenwald ou à Auschwitz il existait des groupes de liaison maçonniques.

Dans les stalags, les groupements maçonniques furent nombreux.

A Londres, Le Grand Orient possédait une loge créée en 1899, la loge Hiram. Elle continua ses activités en dépit de l’ignorance de la Grande Loge Unie d’Angleterre. La loge Hiram  accueillit de nombreux frères en exil. Le résistant Pierre Brossolette la fréquenta.

Le Grand Orient avait une loge à Genève la Fraternité mais elle dut fonctionner dans la clandestinité car la Suisse subissait la pression de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste. En 1943, les loges reprirent leurs travaux en Afrique du nord. Dès en 1942, un Groupe d’action maçonnique  avait été créé à Alger. Les maçons d’Algérie s’opposèrent au maintien des mesures inspirées de Vichy par autorités militaires américaines interposées. C’est à Alger  que fut promulgué, par le général de Gaulle, le décret du 15 décembre 1943 qui supprimait la législation de Vichy sur les sociétés secrètes dans les territoires libérés.

 

Chapitre 12 Les ravages.

 

Les estimations les plus complètes, Toutes obédiences confondues, font état de plus de 60 000 francs-maçons fichés, de 60 000 inculpations, de 2500 arrestations, 1000 déportations, près de 600 morts dans les camps ou fusillés. 3000 fonctionnaires maçons furent révoqués.

Tous les biens mobiliers des francs-maçons avaient été placés sous séquestre. Les décors et les bibliothèques furent pillés. Les archives furent dirigées vers le Service des sociétés secrètes pour établir des listes de maçons.

 

Chapitre 13 L’action de la milice.

La milice a été formée en zone sud. Ses effectifs furent recrutés parmi les éléments du Service d’Ordre  Légionnaire, les plus acquis au régime de Vichy.

C’était une police supplétive. Elle a été créée par la loi du 30 janvier 1943. Pierre Laval était de droit chef de la milice. Elle a été dirigée par Joseph Darnand. Il y eut 15 000 miliciens en zone sud. Le 19 décembre 1943, les autorités allemandes autorisèrent la milice à s’étendre en zone nord. 3500 miliciens supplémentaires furent recrutés.

Victor Basch, Ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme  fut assassiné par Lécusson, Chef de la milice à Lyon. Jean Zay, franc-maçon et ancien ministre  fut tué par la milice le 20 juin 1944.

Le 25 mars 1944, Constant Chevillon, de l’obédience Memphis-Misraïm fut tué par la milice.

Chapitre 14 reconstitution – libération.

Des francs-maçons comme Kischmeyer, Eychêne, Bonnard, Thil et le docteur Favreau créèrent le groupe Patriam recuperare.

Ils entrèrent en relation avec d’autres groupes socialistes et syndicalistes. Ils créèrent ensuite un conseil provisoire de la maçonnerie française. Ce conseil devint le Comité d’Action Maçonnique. Six membres le dirigeaient : le professeur Lapicque, maître Louis Bonnard, le médecin général Lhortolary, le général Pélaquin, Soubret et Zaborowsky.S’y ajoutèrent Marc Rucart, Vumaud, Bassot, Jean Baylot et Marsaudon.

Fin 1943, 211 triangles (cellules maçonniques constituées de trois frères) couvraient 60 départements. Le comité d’action publia un texte début 1944 prescrivant l’unité de la franc-maçonnerie française. Le 9 août 1944, le Journal officiel publia à Alger une ordonnance rétablissant l’activité de la franc-maçonnerie. Le 19 août 1944, Bernard Faÿ était arrêté. Le 22 août 1944, des frères reprirent possession des locaux du Grand Orient rue Cadet et de ceux de la Grande Loge rue Puteaux.

Le 14 septembre 1944, un protocole d’accord réglait la question des relations entre la Bibliothèque nationale et les obédiences pour la gestion de tous les biens culturels maçonniques recensés ou devant être récupérés.

Des pourparlers furent engagés par Françis Viaud grand maître du Grand Orient et Dumesnil de Gramont  de la Grande Loge pour réaliser l’unité organique décidée dans la clandestinité. La grande loge désirant une reconnaissance internationale fit échouer cette unité.

Bernard Faÿ fut condamné en 1946 aux travaux forcés à perpétuité mais il s’évada le 30 septembre 1951 de l’hôpital d’Angers où il était soigné.

Grâcié en 1959, il  rédigea des articles pour le journal d’extrême-droite Rivarol.

Henry Coston fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. 

Jean-Marquès Rivière fut condamné à la peine de mort par contumace. Otto Abetz fut condamné en 1942 à 20 ans de prison mais fut libéré en 1954. Costonfut grâcié en 1952 par le président Auriol. Les francs-maçons qui avaient collaboré avec les Allemands ne furent pas réadmis dans la franc-maçonnerie. 172 frères ne furent pas réadmis à la Grande Loge soit 1 % des effectifs de 1939.

Paul Riche ( alias Jean Mamy) paya sa trahison de sa vie.

 

Chapitre 15  fin de la proscription.

 

De Gaulle signa l'ordonnance définitive de rétablissement de la franc-maçonnerie le 9 août 1944. Il ne restait plus que 7950 frères au Grand Orient en 1945 et 3600 à la Grande Loge.

Une circulaire du 28 septembre 1944 signé par Arthur Groussier du Grand Orient et de Marcel Cauwel de la Grande Loge précisait les conditions de réintégration des frères.

Les collaborateurs avaient été frappés d'indignité maçonnique. L'allemagne versa des indemnités pour dommages de guerre au Grand Orient ce qui permit la rénovation de l'hôtel de la rue Cadet. Les difficultés financières des frères furent un obstacle pour la reprise des travaux. Des loges furent obligées de fusionner pour pouvoir reprendre les travaux avec des effectifs suffisants. Il faudra attendre 1975 pour que la franc-maçonnerie française retrouve ses effectifs de 1939.

 

Les loges de province avaient des difficultés à retrouver un local décent. Ce n'est que dans les années 1950 qu'elles purent le faire dans des villes détruites par la guerre comme à Lorient, Lisieux ou Caen.

Arthur Groussier fut critiqué pour l'envoi de la lettre du 7 août 1940 au maréchal Pétain. Il ne fut pas réintégré à son poste de grand maître.

 

Chapitre 16 les "protecteurs".

 

La fameuse théorie du double jeu du maréchal Pétain négociant avec les alliés en prévision d'un retour au combat contre les Allemands est une pure légende. Pétain et son régime ont devancé et ont été au-delà des revendications allemandes en livrant les réfugiés étrangers, en persécutant les juifs et les francs-maçons. On cite Pierre Laval et Otto Abetz comme défenseurs des francs-maçons. Otto Abetz aurait été initié à la loge Goethe de la Grande Loge avant 1939.

 

Laval avait souhaité la victoire allemande jusqu'au bout. Mais il ne resta pas insensible aux appels de détresse du frère Gaston Guillaux de  la loge Thélème qui présenta diverses requêtes en faveur des francs-maçons pourchassés. Il protégea quelques maires et préfets  francs-maçons pour se ménager des appuis en cas de défaite de l'Allemagne. Lors de son procès il ne manqua d'ailleurs pas de faire état de ses interventions.

 

Le meurtre de Jean Zay commis par les miliciens sur lesquels Laval avec tout pouvoir suffit à condamner cette version d'un Pierre Laval protecteur des francs-maçons.

 

Chapitre 17 la leçon des faits.

 

Vichy n'a pas réussi à détruire la franc-maçonnerie. Francis Viaud écrivit dans son autobiographie : " la tourmente de 1940 rejeta dans les ténèbres la pure lumière maçonnique. Ce furent les lois d'exception. Le voeu tant de fois proclamé de tous les ennemis de la République était enfin réalisé et chacun d'eux avait satisfaction. En vain d'ailleurs, car la franc-maçonnerie bafouée, spoliée, piétinée, n'est pas morte . Obligée de devenir la société secrète qu'elle n'avait jamais été et que ses ennemis l'accusaient d'être, elle mena inlassable son action, souterraine cette fois, mais terriblement efficace".

 

Lucien Botrel estime que les francs-maçons proscrits dans leur propre patrie qui devinrent des combattants obscurs mériteraient bien un mémorial commémoratif de leurs sacrifices.

 

 

 

 

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07 janvier 2017

Dino Buzzati Un cas intéressant.

 

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Albert Camus a traduit cette pièce de Buzzati dans laquelle il voyait aussi bien un drame de la destinée qu'une satire sociale.

Premier temps. Premier tableau. On se trouve dans l'antichambre et le bureau du directeur de la société immobilière Corte et Dell.

Menti, ancien commis attend Corte. Sa secrétaire, Gloria, lui dit qu'elle ne sait même pas si Corte est revenu de Rome. Menti a travaillé pour Corte pendant 16 ans. Il a de l'arthrite dans les jambes et veut demander son congé à Corte.

Gloria a débuté il y a deux jours car l'ancienne secrétaire a été licenciée.

Plusieurs employés entrent l'un après l'autre pour avoir des nouvelles de Corte. D'abord Spanna puis Gobbi.

Une inconnue entre sans se présenter. Elle aussi cherche Corte. Puis elle s'en va en riant.

Corte arrive. Il demande à Gloria si elle est la nouvelle secrétaire et qui a appelé en son absence. Ensuite il lui demande d'appeler Lavitta et sa femme. Gobbi donne à Corte des nouvelles d'une affaire en cours.

Corte a une stratégie et la révèle à Spanna. Il donne son congé à Menti et lui souhaite de bonnes vacances. La stratégie de Corte consiste à faire croire qu'il a trouvé d'autres pétroles pour que ses concurrents se jettent sur les actions de son entreprise.

Corte entend une femme crier mais Spanna n'entend pas.

Corte a l'impression d'entendre des institutrices qui prêcheraient. Spanna n'entend toujours pas la voix de femme crier.

Deuxième tableau. On se trouve dans la maison de Corte. La mère de Corte discute avec le docteur Malvezzi.

Le docteur parle de sa fille qui revient d'Amérique après y avoir vécu quatre ans.

Elle va lui présenter ses deux enfants.

La mère de Corte est inquiète pour son fils. Elle dit au docteur que son fils entend des voix. Une voix de femme qui l'appelle.

Le docteur pense qu'il s'agit simplement de surmenage. Mais la mère pense que quelqu'un est dans la maison de son fils depuis hier. Elle a vu une femme brièvement puis la femme a disparu.

Le docteur lui répond que l'homme est tissé dans l'étoffe de la peur. Corte arrive. Il apprend que sa mère a parlé de son problème au docteur. Il en est contrarié. Mais il parle quand même de son problème au docteur, la voix de femme qui l'appelle.

Anita, la femme de Corte arrive avec Bianca, la fille de Corte. Anita veut que Corte l'accompagne le samedi chez les Sergio-Marinelli.

Le téléphone sonne. C'est Spanna qui donne des nouvelles des affaires en cours.

Le docteur conseille à Corte de se reposer et s'en va.

Bianca conseille à son père d'aller voir le professeur Claretta, chef de la clinique où elle travaille.

Mais Corte refuse prétextant ne plus entendre de voix. Ce qui est faux.

Troisième tableau. Mais toujours chez Corte. Il appelle Spanna et s'inquiète car sa stratégie n'a donné aucun résultat.

Le professeur Claretta. Corte accepte de lui parler sur l'insistance de Bianca. Le médecin lui bande les yeux et demande à Corte de se mettre à quatre pattes. Il le fait avancer ainsi jusqu'à la porte au moment où la mère de Corte arrive. Claretta est présenté à Anita par Bianca. Le téléphone sonne alors Corte se relève et va répondre.

La mère dit à Claretta qu'elle a vu une femme apparaître et disparaître. Elle est persuadée qu'elle est encore dans le noir mais Claretta cherche avec elle sans succès. Pendant ce temps, Spanna apprend à Corte que les actions se vendent. Sa stratégie a fonctionné. Claretta demande à Corte de passer à la clinique dès demain. Il y aura le directeur Schroeder.

Quatrième tableau. Hall de la clinique.

Mascherini, un ouvrier discute avec une femme malade. Mascherini veut être hospitalisé pour ne plus travailler. Il veut rouler le docteur en se faisant passer pour malade grâce à un sifflement qu'il a de naissance. La femme malade s'est faite opérer quatre fois et elle sait que si les docteurs font hospitaliser Mascherini, c'est qu'il est vraiment malade. La femme malade raconte ses opérations et son angoisse de l'éther qu'elle voit comme quelque chose de diabolique.

Corte arrive à la clinique avec Gloria. On appelle la femme malade et Mascherini.

Corte entend une voix de femme qui chante au loin.

Un homme gros demande à Corte s'il attend une consultation. Corte lui répond non et veut savoir s'il entend la voix de la femme qui chante. L'homme gros ne l'entend pas.

Un médecin a vu la scène et se présente à Corte. C'est Filari.

Cinquième tableau cabinet du professeur Schroeder.

Un gros monsieur est dans le bureau de Schroeder. Schröder examine des radios et dit au gros monsieur que tout est en ordre et qu'il n'a plus besoin de lui.

Mais il explique que ça ne veut pas dire que le gros monsieur n'a rien. Ça veut dire que tout ce qui devait être fait a été fait.

Alors le gros monsieur veut savoir ce qu'il a et le professeur Schröder lui répond qu'il se mettra en contact avec son médecin traitant.

Corte rentre dans le bureau de Shroeder avec Bianca, Gloria et Claretta.

Corte demande à téléphoner. Il appelle Spanna qui lui annonce que tout a été liquidé. Corte espère pouvoir le rejoindre dans une demi-heure.

Schroeder a pris les radios de Corte. Il annonce qu'il a trouvé chez lui une très légère altération dans la région hypothalamique. Corte devra être opéré demain. Corte refuse car il doit être à Turin. Mais Schröder lui aussi a un voyage prévu. Il refuse de reporter l'opération.

Claretta a apporté la valise de Corte à tout hasard. Corte ne croit pas au hasard. Corte ordonne à Gloria d'obtenir un délai de 10 jours avec la Ost preussiche.

Corte ordonne ensuite à Gloria d'appeler Malcredi pour lui annoncer que la date des livraisons ne peut pas être avancée.

Enfin, Corte demande à Gloria de taper une lettre en recopiant un document manuscrit pour transmission à Perticari.

Corte a peur d'avoir oublié quelque chose d'important et veut partir. Mais Claretta le retient. Corte entend à nouveau la femme chanter. Alors Claretta lui promet que demain il sera guéri.

Sixième tableau. Chambre de clinique de Corte.

Corte a été opéré. Gloria est venue le voir. Elle lui a apporté les pièces urgentes. Corte se met en colère en découvrant que Spanna a pris des initiatives sans le consulter. Corte se sent mal. Gloria lui demande s'il est vrai que les malades de sa clinique sont répartis dans les étages selon que leur état est grave ou non. Corte est au sixième étage. Corte répond qu'au sixième on met ceux qui ne sont pas à proprement parler des malades. Plus on descend, plus c'est grave.

Ceux du premier étage ne concernent plus les médecins mais les curés.

Une infirmière rentre pour ordonner à Corte de prendre sa température. Gloria demande à Corte s'il entend les plaintes de ceux qui sont en bas. Corte répond qu'on ne peut pas passer sa journée à réfléchir sur les malheurs d'autrui. Claretta entre et dit à Corte qu'il est guéri. Il lui conseille de ne pas travailler en voyant Gloria. Claretta prétend qu'il a besoin de la chambre de Corte pour une dame qui doit entrer la clinique avec ses deux enfants. Il voudrait que Corte laisse sa chambre et descendent au cinquième étage. C'est une question de deux jours maximum jusqu'à ce qu'une chambre soit libre. Corte est contrarié. Gloria trouve que Claretta est trop sympathique.

Septième tableau. La chambre de Corte au cinquième étage.

La sortie de Corte a été retardée. Il appelle Gloria pour lui donner une directive. Puis Corte entend à nouveau la voix mystérieuse. Alors Corte appelle l'infirmière. Trois malades accourent. Une malade entend la voix et dit que c'est la bonne soeur du vestiaire qui chante. Un autre malade prétend entendre cette voix quand il est chez lui. Il dit à Corte que la moitié des malades du cinquième vont devoir descendre au quatrième étage.

La femme malade a vu le nom de Corte sur la liste de ceux qui doivent descendre. Corte veut vérifier et hurle en voyant que c'est vrai. Une infirmière intervient pour le calmer. Claretta arrive. Il sermonne l'infirmière qui a laissé sortir Corte. Claretta parle de choc opératoire pour justifier la descente de Corte au quatrième étage.

Il parle d'extension de son altération. Par précaution il veut descendre Corte au quatrième. On dirait que Claretta essaye de noyer Corte dans un flot de galimatias pour justifier son déménagement au quatrième étage. Le résultat est que Corte s'endort.

Huitième tableau. Chambre de Corte au quatrième. Bianca et Anita sont près de Corte. Corte a du prurit derrière les genoux. Il souffre. Anita propose à Corte d'aller à Cap-Ferrat cet été. Elle est allée se renseigner pour louer une maison.

Corte ne veut pas en parler. Il demande qu'elles le laissent se reposer. Corte une fois seul veut téléphoner mais personne ne répond. Il appelle l'infirmière. Elle essaie le téléphone et appelle le service pharmaceutique. Elle tend l'écouteur à Corte. Il entend une femme chanter. Il croit que c'est la bonne soeur.

Claretta a suivi la scène. Il dit qu'il n'y a pas de bonne soeur au vestiaire. Corte veut qu'on soigne son prurit mais une fois encore Claretta minimise sa souffrance. Claretta veut bien lui proposer un remède mais pense que Corte refusera. Il s'agit de rayons Inverness mais il faut aller au troisième étage. Corte refuse alors Claretta lui dit qu'il n'a pas la volonté de guérir. Alors Corte cède.

Cinquième tableau. Chambre d'un malade au troisième étage.

Corte entre dans une chambre et s'aperçoit que ce n'est pas la sienne. Il réalise que les fenêtres sont barricadées. Le malade ne veut pas que Corte ouvre la fenêtre car il exècre les arbres et les fleurs. Le malade se moque de Corte quand il lui dit qu'il n'est au troisième étage que provisoirement.

Le malade pense que les gens en bonne santé sont une mafia et croit que Corte en fait partie. Le malade hait tous les hommes en bonne santé car ils se plaignent de ne pas avoir assez d'argent et blasphèment.

Une infirmière entre. Elle est joyeuse parce qu'elle va être en vacances comme tout le personnel de la clinique à tour de rôle par étage.

Ainsi les malades du troisième étage vont descendre au deuxième.

10e tableau. Chambre de Corte au deuxième étage.

Corte entend la voix de femme chanter. Une infirmière est près de lui. Corte veut téléphoner mais s'aperçoit que le téléphone est factice. Méthode Schroeder pour éviter la fatigue aux malades.

L'infirmière révèle qu'une grosse tuile était au sixième et que Schroeder a inventé une supercherie pour le faire descendre jusqu'au deuxième étage. À chaque étage, un mensonge nouveau. Le malade se croit guéri à temps sa sortie. Corte veut savoir s'il ne s'agirait pas de lui une infirmière comprenant sa gaffe ment en disant que ce n'est pas lui.

Des infirmiers arrivent pour déménager Corte au premier. Corte entend à nouveau la voix chanter.

Claretta arrive pour sermonner les infirmiers. Mais l'infirmier chef montre un ordre signé Schroeder. Claretta prétend qu'il ne peut désobéir à Schroeder et implore à Corte de le comprendre.

11e tableau. Chambre de Corte au premier étage Corte d'or.

La mère de Corte et Malvezzi sont près de lui. Elle avait Corte. Elle est venue le chercher pour le libérer en secret. La mère de Corte et Malvezzi parviennent péniblement à habiller Corte.

Corte entend la voix de la femme mystérieuse au loin. La femme inconnue apparaît à la fenêtre et pousse les volets.

L'obscurité envahit la chambre. Corte implore sa mère de partir avant que l'obscurité ne la surprenne sur le chemin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 décembre 2016

La société a-t-elle besoin d'un fondement ?

La société et les échanges.

 

 

Le fondement c'est ce sur quoi se repose quelque chose. C'est la base, le socle. Se reposer sur quelque chose signifie avoir quelque chose comme origine ou avoir confiance en quelque chose. Le fondement c'est l'origine de quelque chose, c'est le principe. Un principe c'est ce qui vient en premier, ce qui est le plus ancien. Le principe a un rôle contraignant, il donne des règles. Le fondement fait autorité. Fonder c'est instituer de façon active.

La société a-t-elle besoin de principe plus ancien qu’elle sur lequel elle se repose ? En lequel elle a confiance. Il y a une ambiguïté sur le fondement car il permet à la société de tenir debout mais il peut la détruire si on le touche.

La société est une association d'individus qui repose sur une organisation, des règles, des traditions et de multiples formes d'échanges. Les règles fondent la société.

Aristote dit : « il est manifeste que la cité fait partie des choses naturelles et que l'homme est par nature un animal politique et que celui qui est hors de la société, naturellement bien sûr et non par hasard est soit un être dégradé soit un surhumain ».

Vivre dans la société est dans la nature même de l'homme. L'homme est sociable par nature.

Le fondement de la société est l'homme et la société est inscrite dans l'homme donc la société fonde la société. La société n'a pas besoin d'un fondement autre qu'elle-même. La société n'a pas besoin d'être instituée car elle est inscrite dans l'homme. Mais l'homme est-il naturellement sociable ? L'égoïsme est-il naturel ou culturel ? On ne dispose pas de représentation de l'homme avant l'instauration de la société.

Rousseau, Locke, et Hobbes ont essayé d'imaginer l'homme avant l'instauration d'une société et ils ont appelé ça à l'état de nature. Ce n'est pas un état sans loi mais avec des lois naturelles. Chacun a ses propres lois et elles ne sont pas celles des autres.

Hobbes dit : « l'état de nature est un État qui peut tout le temps dégénérer en état de guerre ». C'est la guerre de tous contre tous. Les hommes sont aperçus que l'homme se détruirait en continuant comme ça alors elles ont créé la société.

Pour Rousseau et Locke l'état de nature n'est pas nécessairement conflictuel. L'homme est naturellement solitaire et pacifique. Il faudra qu'arrive un événement extraordinaire pour que la société soit constituée. Rousseau pense que la nature est devenue hostile et qu'il a fallu se regrouper.

Pour Locke il fallait une justice pour régler les conflits et c'est ce qui a fondé la société. Le contrat social est ce qui a poussé les hommes à se rassembler. Il est lié à l'état de nature, de loi naturelle, le droit naturel (un droit à tout qui peut devenir un droit à rien si personne ne respecte un droit commun), du souverain.

Pour Aristote, la société n'a pas besoin d'un fondement extérieur. Pour Rousseau, Hobbes et Locke le fondement est le pacte social et avant l'état de nature (qui est absolu alors que le pacte social est relatif).

Le pacte social permet à la société de tenir debout mais il permet aussi sa destruction.

 

 

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