Humanisme : le Contrat social

09 janvier 2012

Shining II

18 L'album

 

C'était le 1er novembre. Jack découvrit l'album. Il regarda les vieux journaux et les registres qui lui apprirent que Nelson Rockfeller, Henry Ford, Jean Harlow et Clarck Gable avaient fréquenté l'Overlook. L'album était le livre que Danny avait vu en rêve. Il contenait une carte d'invitation à un bal masqué un 29 août. Jack pensa au « Masque de la mort rouge » d'Edgar Poe. Il y avait aussi un article sur l'Overlook daté du 15 mai 1947. Cela parlait du milliardaire Derwent, propriétaire de l'hôtel. C'est pendant la guerre qu'il était devenu riche et il l'était resté. Un article du 1 février 1952 évoquait la vente de l'Overlook par Derwent. Puis Jack lut des articles révélant la suite de l'histoire de l'hôtel. Il vit qu'il était tombé en ruine dans les années 60. Jack pensa écrire un livre sur ce sujet. Il se jura d'entretenir l'hôtel de son mieux. Une nouvelle manchette du 10 avril 1963 annonçait le rachat de l'hôtel par un consortium de Las Vegas. Jack apprit que Charles Grondin se cachait derrière le consortium. Grondin avait travaillé pour Derwent. Une coupure du 27 juillet 1964 révélait l'utilisation de l'Overlook par la pègre. Jack tira un carnet de sa poche et écrivit une note pour se rappeler de faire une enquête à la bibliothèque de Denver sur l'Overlook. Il y avait eu un suicide, la mafia et un assassinat. Un article le relatait. Sous la coupure, quelqu'un avait griffonné d'une écriture épaisse à la pointe bic : « Et ils ont emporté ses couilles avec eux ». Jack se demanda à qui appartenait cet album. Quand Wendy arriva, Jack cacha l'album. Elle se demandait ce qu'il faisait et pensait qu'il s'était caché pour boire. Jack avait frotté sa bouche et saignait. Puis Wendy referma derrière eux la porte du sous-sol qui retourna à ses ténèbres.

 

19 Devant la porte de la chambre 217

 

Wendy demanda à Danny s'il était heureux à l'hôtel. Il répondit oui. Jack avait appelé un avocat pour attaquer la marque d'insecticide mais l'avocat lui expliqua qu'il n'avait aucune chance car il n'avait que son propre témoignage pour prouver qu'il avait bien suivi les instructions accompagnant la bombe. Wendy avait laissé Danny jouer seul et il s'était promené dans l'hôtel. Puis il fut attiré par la chambre 217. Il se rappela l'histoire de Barbe-Bleue que Jack lui avait racontée un soir où il était saoul. La femme de Barbe-Bleue avait eu la curiosité d'ouvrir une chambre qui lui était interdite. Elle y vit les têtes des sept femmes précédentes de Barbe-Bleue. Danny avait pris le passe-partout de son père puis il renonça à entrer. Il observa un extincteur accompagné d'une tâche enfermé dans une vitrine. La lance à incendie tomba par terre et Danny eut peur qu'elle ne le suive. Alors il descendit l'escalier en courant.

 

20 Conversation avec M. Ullman

 

Jack consulta les archives du journal Camera à la bibliothèque de Sidewinder. A partir de 1965, les journaux avaient été remplacés par des microfilms. Pour les microfilms, il n'y avait qu'une seule visionneuse dont la lentille était faussée. Jack commença par les journaux. Il avait réussi à reconstituer entièrement toute la fascinante histoire de l'Overlook depuis l'assassinat du gangster jusqu'à l'arrivée de Stuart Ullman quand Wendy vint le chercher. Il se sentit surveillé par elle et cela l'agaçait. C'était sans cesse l'inquisition. Elle l'avait poussé à bout, ce qui revenait à dire qu'elle l'avait poussé à boire. Il lui demanda de l'aspirine car la visionneuse lui avait fait mal à la tête mais elle n'avait que de l'Anacin et Jack voulait de l'Excedrin. Wendy aurait dû le savoir. Par moment, Jack se disait que c'était une vraie connasse. Jack alla au drugstore pour téléphoner. On était le 7 novembre et depuis le début du mois le temps s'était fait menaçant. Jack s'acheta de l'Excedrin. Il téléphona à Ullman. Il lui demanda pourquoi il ne lui avait pas révélé que Derwent avait vendu l'Overlook à une bande d'escrocs et que c'était devenu un refuge pour la mafia. Si en 1966, on l'avait fermé, c'est parce qu'un gangster s'y était fait assassiner avec ses gardes du corps dans la suite présidentielle. Ullman répondit qu'il ne voyait pas le rapport avec le travail de Jack. Mais Jack parla de l'assassinat de Gianelli et du tour de passe-passe car la nouvelle propriétaire était Sylvia Hunter, l'ex-femme de Derwent. Jack demanda si elle dirigeait un bordel. Ullman fut indigné. Quand un sénateur connu y était mort, Hunter avait dû vendre l'hôtel. Jack dit à Ullman qu'il n'avait pas joué franc jeu. Ullman ne comprenait pas pourquoi Jack s'intéressait à ces vieilles histoires. Il croyait que Jack avait peur des fantômes mais ce n'était pas le cas. Jack avait été humilié du fait qu'Ullman avait enquêté sur lui. Ullman était suffoqué par son insolence et voulut le renvoyer. Jack voulut savoir si Derwent était toujours le propriétaire. Ullman nia. Il dit que c'était Sheckley pour 35 % mais ne parla pas des autres actionnaires. Jack annonça qu'il allait écrire un livre sur l'Overlook. Ullman le lui déconseilla. Mais Jack insista. Ullman ne voulait plus de lui dans l'hôtel alors Jack raccrocha. Jack avait peur et se demanda pourquoi il avait appelé Ullman. Il avait peur de perdre sa place. Il regrettait d'avoir téléphoné à Ullman car s'il perdait son emploi, il n'aurait plus accès aux informations sur l'Overlook. Wendy et Danny vinrent le chercher. Il se sentit minable. Jack n'aimait pas l'Overlook et pensait que cet endroit ne leur ferait pas du bien. C'était peut-être pour ça qu'il avait appelé Ullman. Pour qu'on le renvoie avant qu'il ne soit trop tard.

 

21 Insomnies

 

Al Sheckley avait appelé Jack. Il lui avait demandé ce qu'il manigançait. Ullman lui avait dit que Jack préparait un chantage avec publication d'un article diffamatoire. Jack expliqua qu'Ullman l'avait humilié en enquêtant sur lui et qu'il s'était renseigné sur l'Overlook à cause de ça. Mais il avoua qu'il allait écrire un livre sur l'hôtel. Al en fut malade car il avait bien l'intention de garder l'Overlook. Mais Jack avait voulu l'aider. Al lui rappela qu'il lui avait trouvé cette place pour qu'il achève sa pièce le temps qu'Al convainque le conseil de le reprendre au collège. Il ne comprenait pas pourquoi Jack le trahissait. Jack demanda s'il était renvoyé. Al répondit que non mais à deux conditions. Jack ne devrait plus appeler Ullman et renoncer à écrire sur l'hôtel. Jack était suffoqué. Il avait l'impression qu'Al se prenait pour un prince de Medicis mais il accepta. Il demanda quand même si Derwent était encore lié à l'Overlook. Al répondit que cela ne concernait pas Jack. Jack raccrocha et il eut mal au ventre. Wendy lui fit un lait chaud. Il ne renonça pas au livre sur l'hôtel et tant pis pour Al s'il était lié à Derwent. Wendy pensait que Jack rêvait qu'il était dans un bar eet qu'elle n'était pas là pour l'empêcher de boire. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que l'hôtel exerçait une influence néfaste sur Jack et Danny. Tous les symptômes de l'alcoolisme de Jack étaient revenus sauf l'alcool lui-même. La manie de s'essuyer les lèvres avec ses mains ou son mouchoir, comme si elles étaient trop humides, les longs silences de la machine à écrire, les boules de papier froissé dans la corbeille à papier. Il s'était remis à croquer de l'Excedrin. Il s'interdisait toute manifestation de colère mais elle voyait bien qu'elle et Danny l'exaspéraient. Elle s'inquiétait de l'appel de Al. Danny lui avait dit qu'Al était furax et ne voulait pas que Jack écrive un livre sur l'hôtel. Il l'avait su par télépathie. Wendy en était persuadée. Elle pensa à parler de l'Overlook à Danny puis s'endormit. Danny savait que sa mère se faisait du souci pour lui et que son père songeait à nouveau à l'alcool. Il n'avait pas voulu parler de l'extincteur à sa mère pour qu'elle ne pense pas qu'il perdait la boule. Le père d'un de ses camarades, M. Stenger, avait perdu la boule et avait été enfermé car il avait voulu tuer sa famille. Son père lui avait expliqué que Stenger avait fait une crise de nerfs. Danny avait su que des hommes en blouses blanches étaient venus chercher Stenger. Un mois plus tard la femme de Stenger avait retiré son fils Robin de la maternelle et ils étaient partis sans M. Stenger. Parfois, le souvenir de M. Stenger revenait hanter Danny. Quand il n'allait pas bien, il avait peur qu'on l'amène à l'asile. Les choses se gâtaient à l'hôtel et la neige les emprisonnerait bientôt. Et ensuite ce serait Tromal. Il pensa demander à Tony le moyen de se défendre de Tromal.

 

22 Dans la camionnette

 

Wendy et Danny allèrent à Sidewinter avec la camionnette. La radio annonçait la neige. Elle demanda à Danny s'il serait plus heureux s'ils quittaient l'hôtel. Danny le voulait mais savait que son père avait son travail. Il dit que Jack avait peur que tous les trois souffrent de la solitude mais que ce serait un mauvais moment à passer. Son père avait peur de ne pas pouvoir trouver du travail ailleurs. Wendy croyait en Tony et si Tony et Danny disaient qu'il fallait partir elle partirait avec son fils et ils rejoindraient Jack au printemps. Elle voulait aller chez sa mère mais Danny savait qu'elle s'y sentirait mal. Il ne voulait pas y aller non plus car il ne s'y plaisait pas. Wendy demanda à Danny si Jack s'était remis à boire. Il répondit non. Elle voulut que Tony vienne pour les aider mais Danny l'avait déjà appelé et il n'avait pas répondu. Il pleura car il ne voulait pas aller chez sa grand-mère. Alors Wendy décida de rester à l'hôtel.

 

23 Au terrain de jeux

 

Jack tondit les buis en forme d'animaux. Puis il alla au terrain de jeux. Il alla sur le toboggan et pensa à son père qui l'emmenait au parc de Berlin. Il l'avait aimé bien après que l'affection des autres enfants se fût changée en haine et en crainte. Il entendit un bruit. Il eut soudain des fourmillements au visage et aux mains. Il vit que le lapin buis broutait l'herbe à quatre pattes alors que dix minutes auparavant il faisait le beau sur ses pattes arrière. Le chien aussi avait bougé et les lions avaient avancé. Ils bloquaient l'allée. Il pensait devenir fou car il n'avait pas bu. Il crut qu'un des lions allait sauter sur lui. Il pensait être fatigué et miné par les soucis. Il avait dû tout inventer. Mais c'était fini à présent. Il ne dit rien à Wendy et Danny quand ils rentrèrent.

 

24 La neige

 

Jack, Danny et Wendy regardaient la neige qui les empêchait de partir. Wendy avait complimenté Jack sur son travail pour les buis. Ils éprouvaient le même soulagement ; ils avaient dépassé le point de non-retour. Wendy avait trouvé son mari bien étrange tout l'après-midi mais maintenant il semblait être redevenu lui-même.

 

25 Dans la chambre 217

 

Une semaine et demie plus tard, l'Overlook et sa pelouse étaient ensevelis sous 50 cms d'une neige fine et craquante. Depuis huit jours les lignes téléphoniques étaient coupées et le seul moyen de communication avec le monde extérieur était le poste émetteur dans le bureau d'Ullman. Il y avait des blizzards et il faisait – 15 la nuit. Ils faisaient du traîneau. La route appartenait désormais aux caribous. Jack et Danny aimaient marcher avec des raquettes mais pas Wendy. Jack vérifiait la chaudière et lisait les vieilles archives. Il avait trouvé les récépissés d'expédition de choses bizarres comme un lambeau de drap tâché de sang. Danny était à nouveau attiré par la chambre 217. Même s'il avait promis à Dick de ne pas y aller. Il n'avait plus peur du tuyau d'extincteur et voulait entrer dans la chambre 217 pour ne plus craindre l'hôtel. Il entra. La chambre était sombre car Jack avait fermé les volets. Il y avait un grand lit et un secrétaire, une commode et une table de nuit avec une bible. La salle de bains faisait penser à un wagon-salon de train Pullman. Danny fit glisser le rideau de douche. La femme qui gisait dans la baignoire était morte depuis longtemps. Elle était toute gonflée mais fixait sur Danny des yeux vitreux. Un sourire grimaçant étirait ses lèvres. Danny hurla sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Il se pissa dessus. La femme se leva. Danny s'enfuit mais la porte d'entrée était bloquée. Danny cogna la porte et la femme approchait. Alors il repensa à Dick qui lui avait dit que les visions ne pouvaient lui faire de mal. Il ferma les yeux mais la femme le força à se retourner.

 

4è partie Au pays des rêves

 

Wendy dormait quand Danny était dans la chambre 217. Jack dormait aussi. Il avait cherché un indice sur l'hôtel dans des factures de lait. Il avait estimé que ses hallucinations étaient une révolte de son cerveau contre son renoncement au livre sur l'hôtel. Alors il s'obstina. Le livre s'intitulerait « L'Overlook ou les mystères d'une station de montagne ». Il l'écrirait non pour se venger d'Al, d'Ullman, d'Hatfield ou de son père mais parce que l'hôtel l'avait ensorcelé. Il avait pensé à son père. Il l'avait aimé très fort jusqu'à 7 ans. Ses frères et sa sœur haïssaient leur père car il les frappait. L'amour de Jack pour son père était accompagné par la peur d'être frappé ou engueulé. Son amour avait commencé à tourner à l'aigre à l'âge de 9 ans quand son père avait battu sa mère avec sa canne. Il l'avait cogné à la tête. Les frères de Jack avaient dû l'arrêter. Sa mère se releva sans se plaindre. Elle demanda juste où était le journal peur que son mari lise les bandes dessinées. Puis elle s'était écroulée. Le docteur avait envoyé la mère de Jack à l'hôpital. Son père avait dit que la mère de Jack était tombée dans l'escalier. Quatre jours plus tard, Brett, le frère de Jack s'était engagé dans l'armée. Il avait été écoeuré que sa mère soutienne le mensonge de son père. Brett avait été tué en 1965 pendant la guerre du Vietnam. Son autre frère, Mike, s'était sauvé trois ans plus tard pour l'université du New Hampshire. Le père de Jack mourut quand Jack avait 15 ans. Jack alluma la radio. Il entendit la voix de son père qui lui conseillait de tuer Wendy et Danny. Alors Jack cassa la radio. Il entendit Wendy qui l'appelait. Maintenant il ne leur restait plus d'autre lien avec le monde extérieur que le scooter des neiges.

 

27 En catalepsie.

 

Wendy cherchait Danny. Il était planté sur le palier, le pouce à la bouche. Le col et les épaules de sa chemise étaient trempés et il avait des hématomes au cou et sous le menton. Wendy avait entendu Jack crier. Elle le découvrit blanc comme un linge, se massant les tempes. Wendy fut terrifiée. Il pleurait. Il tomba sur les débris de la radio. Jack lui dit qu'il avait cessé la radio parce qu'il avait entendu son père. Il s'emporta contre Wendy croyant qu'elle lui en voulait toujours pour l'accident de Danny. Puis il lui demanda pardon l'enlaça. Ils le trouvèrent. Wendy le prit dans les bras. Il ne réagit pas. Elle vit les marques sur son cou et crut que c'était Jack le responsable. Elle l'insulta. Elle emmena Danny dans leur chambre et s'enferma avec lui. Danny ne réagissait toujours pas et Wendy paniqua. Elle devait sauver son enfant contre Jack qui avait dû agir en dormant. Elle regrettait d'avoir renoncé au divorce. Tant qu'il ne dormait pas, Jack pouvait encore se conduire comme un être de raison ; elle pourrait donc lui demander d'emmener Danny chez le docteur. Alors elle sortit de la chambre et entendit Jack chanter avec une ironie féroce.

 

28 « C'était elle ! »

 

Jack était en colère contre Wendy car elle le soupçonnait toujours de boire et rien n'avait changé. Il savait qu'elle finirait par sortir de la chambre alors il attendit. Puis il alla au Colorado Bar. Il vit des bouteilles de vin et les robinets de bière à pression qui gouttaient. Alors qu'Ullman n'avait pas laissé d'alcool en partant. C'était une hallucination. Jack s'adressa au barman Lloyd et lui demanda 20 Martini, un par mois d'abstinence et un a la santé de Lloyd. Mais il avait oublié son portefeuille dans sa chambre. Lloyd lui ferait crédit. Jack se crut observé mais quand il se retourna il vit que le bar était vide. Il demanda à Lloyd s'il avait déjà rencontré un homme qui avait renoncé à boire. Lloyd répondit oui. Mais il n'en avait pas vu qui s'était remis à boire. Le bal costumé avait pris fin et les convives étaient revenus à leurs places. Ils regardaient Jack. Jack bu les verres imaginaires. Jack s'arrêta. Lloyd était parti. Pis encore, il n'avait jamais été là et les Martini non plus. Il n'y avait que les fêtards dans leurs boxes. Jack leur cria « Laissez-moi ! ». Ils disparurent et Jack avait la certitude d'avoir perdu la raison. Il vit Danny. Wendy le berçait. Jack dit qu'il ne l'avait jamais touché. Danny hurla. Il s'arracha aux bras de sa mère pour aller dans les bras de son père en disant que « c'était elle » qui lui avait fait du mal. Jack crut que Danny parlait de Wendy. Jack demanda à Wendy ce qu'elle lui avait fait.

 

29 Entretien dans la cuisine.

 

Ils allèrent dans la cuisine. Jack rendit Danny à Wendy. Il savait qu'elle n'avait rien fait à son fils mais ne fût pas mécontent de voir les rôles inversés. Il lui demanda du vin de Xérès. Il y en avait. Jack en remplit une tasse avec du lait pour Danny. Il but. Wendy était jalouse car elle savait que Danny n'aurait pas obéi si c'était elle qui lui avait demandé de boire la mixture. Elle réalisa qu'elle avait toujours cru Jack coupable. Elle pensa que c'était la faute de sa mère. Danny dit qu'il ne se sentait pas capable de révéler tout de suite ce qui était arrivé car il pensait que son père avait besoin de l'hôtel. Au début son père était bien à l'Overlook jusqu'à ce qu'il commence à fouiller les archives. Wendy savait qu'il projetait d'écrire un livre sur l'Overlook. Jack lui dit qu'elle l'espionnait. Mais elle l'avait su par Danny. Alors Danny raconta ce que la morte de la chambre 217 lui avait fait. Il parlait de ses rêves avec le Tromal et du Don. Il répéta ce que Dick lui avait expliqué sur le Don. Danny parla de la tache de sang qu'il avait vue dans la suite présidentielle. Jack expliqua qu'un gangster y avait été assassiné. Danny révéla que la morte l'avait étranglé et qu'elle sentait la mort. Ensuite il s'était évanoui. Jack voulut aller à la chambre 217. Wendy lui interdit mais il la laissa avec Danny. Danny dit à sa mère que Jack ne risquait rien car il n'avait pas le Don mais Wendy ne le crut pas.

 

30 Nouvelle visite à la chambre 217

 

Jack était en colère car Danny avait désobéi. Les chambres lui interdits. Quand Danny serait remis Jack lui ferait la leçon. Jack pensait que la femme vue par Danny était celle qui s'était suicidée après le départ de son gigolo. Tout était normal. Jack pensa que Danny avait rêvé. Pourtant il sentit l'odeur d'un savon de femme. Alors il retourna dans la salle de bains et vit que le rideau de douche avait bougé. Il sortit et en fermant la porte entendit un bruit de clapotis comme si la femme sortait de sa baignoire. Il crut devenir fou et pleurnicha. Il regagna le couloir et vit que le tuyau de l'extincteur avait bougé.

 

31 Le verdict

 

Jack revint voir Wendy et Danny qu'il n'y avait rien dans la chambre 217. Wendy avait pleuré. Au moins Jack n'était pas seul à souffrir. Il se dit que jamais de sa vie il n'avait eu autant envie de boire un verre que maintenant.

 

32 La chambre à coucher

 

Danny s'était endormi près de Wendy. Jack se remit à sa pièce. Il réalisa qu'elle était puérile et ne voyait pas quel dénouement lui donner. La forme traditionnelle de la pièce, une tragédie en cinq actes, faisait son originalité et devait, espérait Jack, assurer son succès à Broadway. Au début il aimait ses personnages mais maintenant il détestait Gary Benson, le héros de sa pièce. Wendy dit à Jack qu'il fallait emmener Danny loin de l'hôtel. Jack répondit qu'il n'était pas Superman. Wendy était même sûre que quelqu'un se cachait dans l'hôtel. Car Danny avait été blessé. Jack se mit en colère et jeta sa pièce. Puis il se calma. C'était lui qui les avait bloqué ici en cassant le poste. Il pensa qu'ils pourraient partir en traîneau et dormir dehors la nuit le temps du voyage. Mais Wendy devait rester à l'hôtel car elle ne savait pas marcher avec des raquettes. Le traîneau ne servirait qu'à porter les sacs de couchage. Alors Wendy parla du scooter. Ils pourraient partir tous les trois. Jack répondit qu'il ne fallait pas y compter si le scooter n'avait pas d'essence. Mais Wendy dit que la coccinelle et la camionnette avaient de l'essence. Alors Jack accepta d'essayer. Il dit que l'hôtel était hanté par le résidu psychique laissé par cœur qui y avaient séjourné et par leurs actes. Il pensait que les marques sur le cour de Danny étaient des stigmates provoqués par l'enfant lui-même ou il s'était fait mal tout seul quand il était en transe. C'était déjà arrivé. Pour Jack, c'était l'inconscient de Danny qui avait fait ressusciter la morte. C'était de la schizophrénie. Wendy voulut être sûre qu'il n'avait rien vu dans la chambre 217 et Jack le lui confirma. Wendy lui dit qu'elle l'aimait il lui répondit que lui aussi mais machinalement. Wendy n'avait pas pensé à ce qu'ils feraient une fois arrivé à Sidewinder. Jack se voyait mal déblayer la neige des habitants pour quelques dollars. Il se voyait mal expliquer à Al qu'ils avaient quitté l'hôtel parce qu'il y avait des fantômes. Il ne pourrait trouver que des sales boulots après ça. Tout à coup il eut envie de tuer Wendy à cause de son manque de respect pour lui. Mais Danny gémit et il alla vers lui. Jack se remit au lit et essaya de trouver le sommeil mais il n'y parvint pas. Il pensait qu'il pourrait finir sa pièce et retravailler à Stovington mais il fallait rester à l'hôtel pour cela.

 

33 Le scooter des neiges.

 

Jack alla dans la remise. Il vit le jeu de roque. Il se dit que ça devait être un jeu formidable. C'était un jeu schizophrène. La finesse et la précision comptaient autant que la force brute. Il vit le scooter jaune. Il le trouva de mauvais goût. Il voulut le détruire mais devait tenir compte de Danny. Il n'y avait pas beaucoup d'essence mais assez pour voir si cette machine infernale était en état de marche. Mais il n'y avait ni bougies ni batterie. Il trouva les dans des boîtes et fut déçu car il n'avait pas envie de partir. Il réalisa que l'Overlook avait une influence maléfique sur lui. Il savait que l'hôtel en voulait à Danny. Si Wendy et lui avaient été seuls ici, ils auraient passé l'hiver sans histoires. S'il partait il recommencerait à boire. Quoiqu'il fasse, il était foutu. Brusquement il se pencha au-dessus du moteur du scooter et arracha la magnéto. Il la jeta dans la neige. Il se sentit l'âme en paix. Il alla jouer avec Danny.

 

34 Le buis

 

C'était le 29 novembre. Ils avaient fêté Thanksgiving. Les marques sur le coup de Danny s'étaient estompées et, avec elles, leurs craintes. Jack avait presque terminé sa pièce. Danny avait toujours peur mais il évitait les endroits où il ne se sentait pas en sécurité. Jack dit à Danny que les forestiers finiraient pas venir les voir car leur radio ne donnait plus signe de vie. Danny savait que son père était à la fois fier et honteux d'avoir fait quelque chose mais il ne savait pas quoi. Danny aimait aller dehors car il se sentait délivré d'un grand poids. Il alla au terrain de jeux. Dick lui avait dit d'éviter les buis. Mais Danny n'avait pas peur car ils étaient presque complètement recouverts de neige. Le terrain de jeux, couvert de neige, lui parut bien plus attrayant qu'il ne l'avait jamais été pendant l'automne. Il se glissa dans un tunnel de ciment qui ressemblait à un igloo. Il joua à l'agent secret. Mais le tunnel fut bouché soudainement par la neige et Danny fut enfermé. Il sentit une présence. Il réussit à creuser un trou et à sortir. Il vit que le chien en buis était à nouveau hors de la neige. Il crut voir la main d'un enfant sortir du tunnel. L'enfant l'appelait mais Danny refusa de l'écouter. Puis un lion émergea de la neige. La bête s'était approché de Danny. L'autre lion se libéra aussi. Danny tomba dans la neige. Un lion se rapprocha de lui. Danny réussit à fuir et à regagner l'hôtel. Il avait le mollet écorché mais les animaux de buis avaient regagné leurs places. Ses parents lui demandèrent ce qui s'était passé et il éclata en sanglots.

 

35 Dans le hallucination

Danny avait raconté ce qu'il avait vu avec les animaux en buis. Jack lui ordonna de regarder dehors. Il n'y avait que ses traces de pas dans la neige et les animaux étaient recouverts de neige alors Jack ne voulut pas le croire. Il le consola en lui disant que tout cela n'était arrivé que dans son imagination. Mais Danny savait que son père connaissait la vérité parce que lui aussi avait vu les animaux bouger. Alors Jack le gifla. Wendy poussa un cri. Elle insulta Jack. Wendy donna de l'aspirine à Danny et Jack le coucha. Wendy demanda pardon à Jack de l'avoir insulté mais rappela qu'il avait promis de ne plus frapper Danny. Jack avait l'air vaincu. Si Wendy lui avait demandé de parler des buis il lui aurait avoué que lui aussi les avait vus bouger mais elle se contenta de lui proposer une tasse de thé.

 

36 L'ascenseur

 

Jack et Wendy furent réveillés par des bruits venant de l'ascenseur. Danny fut réveillé aussi et tous trois allèrent voir l'ascenseur. Wendy pensa à une fête dans laquelle un orchestre jouait du Glenn Miller mais il était mort avant qu'elle naisse comment aurait-elle pu se souvenir de Glenn Miller. L'ascenseur montait et descendait tout seul. Jack voulut s'en occuper mais Wendy le retint alors il la poussa et elle tomba. Danny poussa un cri et se jeta à genoux près de Wendy. Jack utilisa une clé pour arrêter l'ascenseur. Il l'ouvrit. Il était vide. Jack dit que c'était juste un court-circuit qui l'avait fait bouger tout seul. Wendy y entra et en sortit des confettis et un serpentin. Ce n'était pas un court-circuit.

 

37 La pendule

 

On était au 1er décembre. Danny observait la pendule du dancing. Il savait que l'ascenseur, le sous-sol, le terrain de jeux, la chambre 217 et la suite présidentielle étaient dangereux. Mais leur appartement, le hall, le porche et le dancing étaient inoffensifs. Danny retira le globe qui couvrait la pendule puis il la remit en marche. Elle se mit à tintinabuler le Beau Danube bleu. Des petits danseurs sortirent de derrière le cadran. Danny plongea dans un rêve. Il était dans un couloir près de la suite présidentielle et il vit Hallorann. Il lui demanda de l'aide mais il ne répondit pas et l'homme au maillet apparut pour menacer Danny. Alors Danny tomba dans un trou avec Tony qui lui disait qu'on ne le laisserait plus approcher Danny. Danny vit la chambre de ses parents en désordre et du sang sur le miroir de l'armoire à médicaments avec le mot Tromal écrit dessus. Une pendule indiquait « 2 décembre ». Danny put lire, reflétées sur le globe de la pendule, les lettres inversées du mot Tromal : La Mort. Danny bascula dans un gouffre noir et appela Dick.

 

5è partie Une question de vie ou de mort

 

38 La Floride

 

Dick était en Floride. Il reconnut Masterton au parking du supermarché. Ils discutèrent brièvement. Dick sentait une odeur d'orange mais il n'y avait pas prêté une attention particulière, étant donné qu'il se trouvait dans un marché aux légumes. C'était le 1er décembre. Il faisait 26°. Dick avait acheté plein de légumes. Depuis quelques jours Hallorann était très préoccupé par la vieillesse, la mort. Il avait fait ses courses pour voir Mc Iver, le jeune avocat mais qui avait loué le bureau au-dessus du Franck's Bar and Gill. Dick voulait qu'il l'aide à faire son testament. Un 6è sens lui avait dit que le moment était propice et il avait l'habitude d'obéir à ce genre d'impulsion. Tout à coup il fut assailli par une très forte odeur d'orange. Il fut comme foudroyé et ne réagit pas aux insultes de l'automobiliste derrière lui. Dick avait pissé dans son pantalon. Il venait d'entendre l'appel de Danny. Il se demanda comment il avait pu laisser cet enfant à l'hôtel, sachant combien son don le rendait vulnérable. Alors Dick dit à Queens, son patron, qu'il devait s'absenter trois jours. Queens ne voulait pas alors Dick mentit en disant que son fils avait pris un coup de fusil. Alors Queens céda. Un nouvel appel fulgurant de Danny l'atteignit en plein cerveau et le projeta en arrière contre le mur. Son testament tomba de sa poche et il il comprit que la mort l'attendait. Il avait une vie tranquille. Allait-il risquer d'y mettre fin pour sauver trois Blancs qu'il ne connaissait même pas ? Mais ce n'était pas vrai. Il y avait eu d'emblée une complicité profonde entre lui et Danny. Alors Dick irait dans le Colorado et il ferait tout ce qu'il pourrait pour sauver l'enfant, car, sinon, il savait qu'il mourrait et qu'il le sentirait mourir dans sa tête. Il repensa à la morte de la chambre 217. Il pensa au mauvais rêve qu'il faisait souvent : le bal masqué de l'Overlook. Les invités enlevaient leurs masques et dévoilaient des faciès d'insectes pourrissants. Lui aussi avait vu les animaux en buis bouger. Alors il prit son manteau d'hiver, laissa son testament dans le cadre du miroir et partit. Il prit le 1er avion. Il dut prendre une place en 1ère classe car c'était la dernière. Mais il manqua l'avion à cause d'un flic qui lui avait mis une contredense parce qu'il roulait trop vite. Danny l'appela encore.

 

39 Sur l'escalier

 

Danny chantait dans l'escalier et jouait avec une balle. Wendy remarqua que sa lèvre inférieure était tuméfiée et qu'il avait du sang séché sur le menton. Danny raconta qu'il avait appelé Tony et qu'il était tombé du fauteuil. Il lui dit que ce n'était pas son père qui l'avait frappé car il avait lu les pensées de sa mère. Il dit que Tony ne viendrait plus. Quatre gens de l'hôtel l'avaient vaincu. Les gens de l'hôtel voulaient ses parents. Mais ils voulaient Danny aussi. C'étaient eux qui avaient empêché Jack de remettre le scooter en état de marche. Ils allaient pousser son père à lui faire du mal. Alors Danny dit à sa mère qu'il avait appelé Dick. Wendy alla à la cuisine pour prendre un long couteau. Danny savait que son père deviendrait l'un des leurs pour l'éternité.

 

40 Au sous-sol

 

Jack était au sous-sol pour lui journaux. Il avait oublié de vérifier la chaudière. Jack avait beaucoup maigri. La voix de la tentation l'invita à laisser la chaudière exploser. C'était leur seule chance d'en sortir. Mais il baissa la manette de la chaudière et la température de celle-ci baissa. Il avait sauvé l'hôtel et pensa à boire. Il était 5 h 20 du matin.

 

41 L'aube

 

Danny se réveilla en sursaut avec l'impression d'étouffer. Il venait de faire un affreux cauchemar : un incendie avait dévoré l'Overlook. Sa maman et lui l'avaient regardé flamber depuis la pelouse. Les buis étaient morts. Son père était sorti en flammes de l'hôtel. Il avait senti que son père avait évité de justesse l'explosion de la chaudière et avait envie de boire. La voix de son père fut imitée et il l'entendit lui ordonner d'arrêter de lire les pensées de Jack. Il vit un homme à quatre pattes déguisé en chien. Il avait le visage maculé de sang. L'homme voulait manger Danny. Wendy ne fut pas réveillée. L'homme-chien lançait des imprécations à Derwent. L'homme-chien était là pour empêcher Danny d'aller voir son père. Danny se promit de tout faire pour qu'il ne leur arrive rien. Alors il appela Dick. Il vit le monstre au maillet. C'était son père et il hurla. Wendy se réveilla. Le silence revint. L'Overlook ne le laisserait plus appeler Dick.

 

42 En plein vol

 

Dick réussit à prendre un autre avion. Il avait appelé le service-secours des Rocheuses sous un faux nom pour signaler que l'Overlook avait des ennuis. Il avait dit que Jack déraillait et pourrait s'en prendre à sa femme et à son gosse. L'homme au bout du fil ne le crut pas. Il dit qu'il était seul au poste et qu'il ne pouvait envoyer aucun garde-forestier à l'hôtel. Alors Dick raccrocha. Dans l'avion, il entedit à nouveau l'appel de Danny. Mais l'appel s'était arrêté brusquement. Quelque chose était arrivé à l'enfant, Dick en était sûr. Il espérait que ses parents avaient bien pris soin de lui.

 

43 La tournée de l'hôtel.

 

Jack prit conscience des fantômes de l'hôtel. Toutes les chambres de l'Overlook étaient occupées ce matin. Il alla au bar. Il était rempli. Jack commanda un Martini à Lloyd. Les gens étaient déguisés. Lloyd dit que son patron offrait les verres à Jack. Le patron comptait s'occuper du bien-être de Danny. Jack voulut savoir ce que Danny venait faire là-dedans. Le visage de Lloyd devint sanguinolent. Jack remarqua que toutes les conversations s'étaient tues. Jack reconnut Derwent. Il voulut voir le patron et Lloyd lui répondit qu'il rencontrerait le patron le moment venu. Le patron avait décidé de faire de Jack son agent dans cette affaire. Alors Jack but tout en se promettant de ne plus jamais lever la main sur Danny.

 

44 Conversations au bal masqué

 

Jack dansait avec une très belle femme. Le temps ne comptait plus. Il bandait dur comme fer. Il lui proposa d'aller dans sa chambre. L'homme-chien était Roger. Il n'aimait que les hommes et avait passé un week-end avec Derwent autrefois, à Cuba. C'est la femme qui l'apprit à Jack. Derwent humiliait Roger devant tout le monde. Un serveur, Debbet Grady, proposa un verre à Jack. C'était le précédent gardien qui avait tué sa famille. Mais Grady nia. Il dit qu'il ne connaissait pas Ullman et que Jack avait toujours été le gardien. Danny devait le savoir et Grady dit à Jack que l'enfant lui cachait la vérité. Il l'encouragea à le corriger. Grady savait que Danny avait appelé Dick. Le manager voulait employer le don de Danny pour l'hôtel. C'est le manager qui avait laissé l'album pour Jack. Grady dit à Jack que sa carrière dépendait de Danny. Alors Jack hurla qu'il allait s'occuper de son fils et les conversations s'arrêtèrent. Jack regarda la pendule. Deux petits personnages en sortirent. L'un des personnages était un homme dressé sur la pointe des pieds, qui tenait dans ses mains une petite massue. L'autre était un petit garçon, coiffé d'un bonnet d'âne. L'homme abattit sa massue sur l'enfant. La pendule fut maculée de sang. Jack supplia les gens de l'hôtel d'arrêter de le prendre lui et sa famille. Le dancing était vide. La fête était finie. Jack s'effondra et s'endormit.

 

45 L'aéroport Stapleton à Denver.

 

L'avion de Dick traversa une tempête. Une folle cria que l'avion allait s'écraser. La voisine de Dick posa sa main sur celle de Halloran et lui dit que tout irait bien. Elle lui proposa un verre quand ils descendraient de l'avion mais Dick était pressé alors elle lui dit qu'elle espérait que ce qu'il allait faire ferait avancer la cause du bien dans le monde. Dick loua une voiture puissante. Il revit sa voisine qui lui fit le signe de paix. Il comprit qu'elle avait le Don. La route qui menait à Sidewinder était bloquée. Dick dut faire un détour.

 

46 Wendy

 

Wendy descendit préparer à manger pour alla et Danny. Il avaient entendu la musique de la fête et la voix de Grady. Elle vit le dancing vide. Dans la cuisine, elle se sentit réconfortée et protégée par la présence de Dick. Elle pensa qu'il était en route pour les aider. Elle retrouva son calme en faisant une omelette. Elle alla dans la salle à manger et appela Jack. Elle vit le briquet de son mari dans le bar. Elle sentit l'odeur de gin. Elle le vit étendu ivre mort derrière le comptoir. Elle ne lui en voulut pas sachant que ce n'était pas lui qui avait décidé de recommencer. Mais Jack le saisit par la cheville. Il l'insulta. Il l'accusa de vouloir les faire partir parce qu'elle savait que ça le détruirait. Il pensait qu'elle et Danny complotaient contre lui. Wendy comprit pourquoi Jack avait conversé avec Grady dans le dancing. Il la saisit à la gorge. Danny arriva en criant. Il se jeta sur Jack. Jack le repoussa violemment. Danny fut assommé et Jack recommença à étrangler sa femme. Wendy voulut emmener Danny mais il se méfiait alors elle lui dit que Jack était possédé par l'hôtel et qu'elle avait été obligée de le frapper. Elle pensait que c'était Danny qui était à l'origine de tout avec son don et que sans lui l'hôtel redeviendrait inoffensif. Wendy et Danny emmenèrent Jack jusqu'à la réserve et l'y enfermèrent. Jack se réveilla et les insulta. Wendy expliqua à Danny que ce n'était pas son père qui criait mais la voix de l'hôtel.

 

47 Danny

 

Danny était avec sa mère dans leur appartement. Ils entendaient toujours Jack crier. Wendy mit de la musique et berça Danny. Elle lui promit qu'ils iraient à la pêche tous les trois au printemps. Dans l'après-midi, l'ascenseur se remit en marche tout seul et les réveilla.

 

48 Jack

 

Jack mangeait des crackers pour prendre des forces. Jamais de sa vie il ne s'était senti aussi malheureux qu'à cet instant. A force de se précipiter contre la porte, il s'était meurtri les épaules et ses cris lui avaient laissé la gorge en feu. Il se demandait d'où venait l'alcool qu'il avait bu. Il minimisait la violence de son père en pensant que celui-ci s'était enchaîné à une femme qui intellectuellement et spirituellement était un cadavre. Jack voulait sortir de la réserve et châtier Wendy et Danny. Il se disait que son père avait frappé sa mère avec sa canne pour la châtier parce qu'elle lui avait manqué de respect. Il pensa que Wendy avait détruit sa carrière d'écrivain et qu'elle voulait compromettre son avenir dans l'hôtel. Il entendit la fête reprendre. Grady arriva et se moqua de la faiblesse de Jack qui s'était laissé enfermer par sa femme. Grady dit à Jack qu'il faudrait tuer sa femme et Jack accepta. Alors Grady lui ouvrit la porte et disparut. Un maillet avait été déposé dans la cuisine. Une voix lui rappela qu'il avait promis de tuer sa femme. Alors Jack sourit en saisissant le maillet.

 

49 Hallorann en route

 

Dick était sur la route dans un cauchemar de blancheur. Il avait branché la radio pour ne pas se sentir seul. Il évita de justesse un chasse-neige. Mais il sortit de la route et manqua de tomber dans un fossé. Le conducteur du chasse-neige le tira de là. Il lui conseilla d'aller voir Carry Durkin au garage de Sidewinder pour louer un scooter des neiges. Dick réussit à atteindre Sidewinder après quatre heures et demie de route. L'odeur d'orange le frappa une fois encore et il entendit un message le menaçant de mort s'il venait à l'Overlook. Il alla heurter le flanc d'un talus. Il faudrait qu'il se protège des autres messages pour ne pas mourir dans un accident. Il était 6 heures et demie et Dick pensa qu'il était peut-être déjà trop tard.

 

50 Tromal

 

Danny dormait. Wendy n'arrivait pas à prendre une décision. L'ascenseur s'était arrêté. Le silence ne faisait qu'accroître son anxiété. Elle avait entendu la voix de Jack dans la cuisine et celle d'un inconnu. Elle se sentit surveillée. Elle vit un visage hideux plaqué contre la fenêtre. Mais ce n'était qu'un dessin de givre et Wendy poussa un soupir de soulagement. Elle quitta la chambre et prit son couteau. Elle vit une bouteille de champagne vide dans l'ascenseur. La porte du dancing était grande ouverte mais il ne s'en échappait que le noir des ténèbres. Elle entendit la pendule sonner minuit. Elle comprit mais il était trop tard. Toutes les lumières de la salle de danse s'allumèrent et il y eut l'explosion assourdissante d'une fanfare de cuivres et Wendy poussa un cri. Elle vit Jack foncer sur elle. Ce n'était plus tout à fait lui. Dans ses yeux vides brûlait une folie meurtrière. Il tenait le maillet de roque. Wendy trébucha et tomba sur la moquette. Il la frappa au ventre mais Jack perdit le maillet et Wendy s'enfuit. Il la rattrapa et lui cassa deux côtes. Puis Jack la frappa au genou. Wendy se laissa bouler dans l'escalier et Jack tomba. Elle saisit le couteau et le planta dans le dos de Jack. Jack hurla mais c'était comme si tout l'hôtel hurlait. Mais il se releva et prit le maillet.

 

51 L'arrivée d'Hallorann

 

Larry Durkin accepta de louer un scooter à Dick quand celui-ci dit qu'il venait de la part de Howard Cottrel, le conducteur du chasse-neige. Dick expliqua qu'il allait à l'hôtel car Danny était en danger. Durkin lui prêta son manteau car le pardessus de Dick ne le protégeait pas du froid. Il lui donna aussi un passe-montagne et Dick partit. Jamais Dick ne s'était senti aussi seul. Au fur et à mesure qu'il voyait dans le rétroviseur les rares lumières de Sidewinder s'éloigner et disparaître, l'envie de rebrousser chemin devenait de plus en plus irrésistible. Il continua pourtant. Il vit le lion de buis lui barrer la route. Le lion fonça sur Dick. Dick fut éjecté du scooter et alla rouler dans la neige. Une énorme patte de buis le frappa au creux des reins et sur la tête. Dick lui cria qu'il n'existait pas mais le lion continuait à la lacérer de ses griffes.

 

52 Wendy et Jack

 

Wendy s'enfuit le long du couloir avec Jack à ses trousses. La porte d'une des chambres s'ouvrit brusquement et un homme qui portait un masque de vampire passa sa tête et fit éclater un pétard au nez de Wendy. Wendy s'étala parterre et Jack la frappa entre les omoplates. Elle dut ramper car elle ne pouvait plus se lever. Elle put rentrer dans sa chambre. Mais Jack cogna la porte avec son maillet. Wendy se barricada dans la salle de bains. Danny n'était plus dans la chambre. Jack réussit à entrer dans la chambre après avoir démoli la porte. Il cassa tout et cria. Ce que Wendy entendait maintenant n'était pas la voix de Jack mais celle de cet hôtel diabolique. Jack attaqua la porte de la salle de bains. Mais Wendy trouva des lames de rasoir dans l'armoire à médicaments et taillada la main de Jack. Jack la retira. Puis il essaya encore d'ouvrir le verrou et Wendy l'entailla de nouveau. Wendy entendit le bruit de scooter de Dick et Jack sortit de l'appartement. Wendy sortit de la salle de bains et s'évanouit.

 

53 Hallorann hors de combat

 

Hallorann prit le jerrycan et versa de l'essence sur le lion. Puis il alluma son briquet mais sa main prit feu. Il plongea son bras dans le flanc du lion qui brûla. Dick enfonça son bras dans la neige pour étouffer les flammes. La manche de l'anorak de Durkin était charbonneuse mais n'avait pas brûlé et sa main non plus. Dick repartit en scooter. Il ouvrit la grille de l'hôtel avec ses clefs et continua sa progression. Mais tous les animaux de buis barraient l'entrée de l'Overlook. Alors Dick fonça et réussit à échapper aux animaux. Il poussa la porte d'entrée. Il appela Danny mais personne ne répondit. Il vit du sang sur l'escalier et crut qu'il était arrivé trop tard. Jack s'était caché dans l'ascenseur et suivit Dick. Il l'assomma avec son maillet. Alors Jack appela Danny pour lui mettre une raclée.

 

54 Tony

 

Danny vit Tony dans un couloir. Tony lui dit qu'il dormait dans la chambre de ses parents. Il lui annonça que sa mère allait être grièvement blessée et Dick aussi. Danny refusa mais Tony lui expliqua qu'il était dans un monde enfoui au plus profond de lui-même. Rien ne pouvait l'atteindre. Tony avait surgi devant Danny qui le regardait de près pour la première fois. Il vit que Tony était le jeune homme que Danny serait dans 10 ans. Tony conseilla à Danny de fuir son père comme la peste. Puis Tony disparut. Jack arriva et Danny s'enfuit à toutes jambes. Il s'engouffra dans un long couloir puis un autre et grimpa un escalier. Il était près de la suite présidentielle et y vit les cadavres des gangsters. Il se levèrent mais Danny leur cria qu'ils n'existaient pas et ils disparurent. Une femme apparut. Elle était décomposée alors Danny cria qu'elle n'existait pas et elle disparut. Tony lui avait dit qu'il se souviendrait de ce que son père avait oublié. Tout à coup le silence se fit et Danny put réfléchir. Son père sortit de l'ascenseur. Danny pensa au grenier. Il y courut mais la trappe qui y menait était cadenassée.

 

55 Ce qui avait été oublié

 

Wendy se réveilla. Elle sortit de sa chambre et appela Danny et Dick. Elle entendit Jack qui appelait Danny. Elle vit Dick assommé. Il respirait encore. Danny vit le monstre qui ressemblait à son père arriver. Il donna des coups de maillet dans les murs. Danny lui dit qu'il n'était pas son père. Jack s'arrêta et parut hésiter puis avança en disant que Danny mentait. Danny lui répondit que les gens de l'hôtel avaient menti à Jack. Dick se réveilla. Danny dit au monstre qu'il n'était son père et que quand il aurait obtenu ce qu'il voulut il ne donnerait rien à Jack car il était égoïste. Il avait fallu qu'il fasse boire Jack pour arriver à ses fins. Le monstre pouvait frapper Danny mais il n'obtiendrait jamais ce qu'il voulait de l'enfant. Alors une transformation mystérieuse se produisit chez le monstre. Ses traits redevinrent humains. Il lâcha le maillet. Jack avait réintégré son corps et dit à son fils de se sauver et de se souvenir de l'amour qu'il avait pour lui. Dick et Wendy virent le monstre descendre dans l'ascenseur. Il hurlait et gesticulait. Danny avait ordonné au monstre, qui avait repris le corps de Jack, de partir et le monstre se frappa avec le maillet. Danny vit qu'il ne restait plus rien du visage de Jack mais découvrit à la place un visage composite où se mêlaient la femme de la chambre 217, l'homme-chien et l'enfant qu'il avait vu dans le tunnel. Alors Danny se souvint de ce que son père avait oublié, c'était de baisser la pression de la chaudière. Le monstre, surpris, hurla de colère. Danny sentit que sa mère et Dick étaient en bas. Il fallait fuir car l'hôtel allait exploser.

 

56 L'explosion

 

Danny enlaça sa mère. Dick fut frappé de voir combien l'enfant avait changé. Il avait maigri et ses traits exprimaient quelque chose d'incommunicable. Dick vit la pendule marquer minuit dans les yeux de Danny. Alors il souleva Wendy et Danny pour les emmener dehors. Le monstre s'approcha de la chaudière rougeoyante. Il toucha la manette brûlante qui s'enfonça dans les chairs grésillantes. La manette céda. Et l'aiguille du monomètre baissa mais c'était trop tard. La chaudière explosa. Dick, Wendy et Danny furent propulsés par un souffle d'air chaud et ils se retrouvèrent au pied de l'escalier. Le monstre se dissout pendant l'explosion.

 

57 Le département

Wendy, Danny et Dick rejoignirent le scooter. Dick fut le seul à voir une grande forme noire qui s'échappait de la fenêtre de la suite présidentielle. Elle fut déchirée par le vent. Halorann prit des tapis de selle dans la remise. Il commença à être saisi par la haine en regardant les maillets de roque. Il voulut tuer Danny et Wendy puis sortit de sa fascination. Mais une voix lui ordonna de tuer. Alors Dick jeta le maillet. Il put redevenir lui-même et partir avec Danny et Wendy. Les animaux en buis étaient revenus à leur place mais ils avaient brûlé. Des hommes venaient à la rescousse avec des vêtements de rechange. Il y avait le docteur Edmonds.

 

58 Epilogue : l'été

 

Dick travaillait dans un motel du Maine. Wendy était avec lui et Danny. Elle portait un corset orthopédique car elle avait eu une vertèbre cassée. Danny pêchait. Il avait fait des cauchemars chaque nuit qui avaient fini par diminuer. Wendy avait accepté la proposition de Al d'habiter dans le Maryland. Dick alla voir Danny qui pleura. Il pleurait son père. Dick lui promit de l'aider quand il aurait besoin de lui.

 

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Shining I

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Shining (Stephen King)

 

1ère partie En guise d'introduction

 

1 Premier entretien

 

Jack Torrance eut un entretien avec Ullman. Ullman lui proposait un travail et voulait savoir si sa femme n'était pas réticente. Ullman lui montra les plans de l'hôtel Overlook. Le fils de Jack ne devrait pas jouer au grenier. L'Overlook comptait 110 chambres. Il y avait un restaurant et le Colorado Bar, la salle de banquet et le dancing. Albert Shockey, le propriétaire de l'hôtel, désirait que Jack ait le poste. Ullman devait donc s'incliner. Mais si cela avait tenu à lui il n'aurait pas engagé Jack. C'est Robert Townley Watson qui avait entrepris la construction de l'hôtel en 1907. Il avait fallu deux ans pour le terminer. Quatre présidents avaient séjourné dans l'Overlook : Wilson, Harding, Roosevelt et Nixon. Watson avait fait faillite et avait vendu l'Overlook en 1915. Horace Derwent, le millionnaire inventeur l'avait racheté après la Deuxième Guerre et l'avait entièrement rénové. Lorsque le déficit atteignit trois millions, Derwent vendit l'hôtel à un groupe de spéculateurs californiens. En 1970, Shockley avait acheté l'hôtel. La perte d'argent était due en partie à cause des dégâts causés par l'hiver. Jack devrait surveiller la chaudière et chauffer à tour de rôle les différentes parties de l'hôtel. Ullman avait engagé un gardien alcoolique et sa famille. Il y avait eu une tragédie. Ullman savait que Jack avait été alcoolique d'où ses réticences. Jack avait été professeur de littérature dans une école privée et avait eu des ennuis. Ullman prévint Jack qu'il serait coupé du monde en cas d'accident car la ville la plus proche de l'hôtel était à 60 kms. Grady, le précédent gardien, avait bu du whisky et avait eu le mal des blédards (la claustrophobie). Grady avait tué sa femme et ses filles et s'était suicidé. Jack pensait que le fait que Grady était inculte avait provoqué son ennui et sa folie. Jack et sa femme étaient cultivés alors Jack n'avait pas peur de sombrer dans la folie.

 

2 Boulder, Colorado

 

Wendy, la femme de Jack, n'aimait pas l'immeuble où ils habitaient. L'immeuble sentait le vieux et leurs voisins se tapaient dessus. Jack avait essayé de raisonner son voisin mais en vain. Danny, le fils de Jack, n'avait pas le moindre camarade et Wendy s'en inquiétait. Danny voulut savoir pourquoi son père avait été renvoyé de l'école. Wendy lui expliqua qu'il avait frappé un élève qui avait crevé les pneus de sa voiture suite à un différend. Danny demanda à sa mère si elle avait envie d'habiter l'Overlook. Elle répondit que si Jack le voulait, alors elle aussi.

 

3 Watson

 

Watson montra la chaudière à Jack. Elle était équipée d'une veilleuse et d'une sécurité. Jack se souvint du jour où Danny avait renversé une bière sur son manuscrit et mis la pagaille dans ses affaires. Jack s'était mis en colère et lui avait cassé le bras. Il avait été pris de remords et de honte. Wendy avait hurlé en découvrant Danny blessé et l'avait bercé. Elle aurait pu divorcer. Elle avait haï Jack. Deux ans après, Jack avait toujours honte. Le sentiment de son indignité lui donnait envie de boire. Watson expliqua à Jack le fonctionnement de la chaudière. Jack devrait surveiller la pression matin et soir. Ils allèrent dans une pièce remplie de cartons contenant des vieux journaux. C'était le bloc plomberie. Watson savait que Jack avait fait des études et il admirait les gens instruits sauf les homosexuels qu'il accusait d'avoir mis la pagaille dans les universités. Watson expliqua à Jack quoi faire si les tuyaux gelaient. Watson et Jack parlèrent de Grady. Watson pensait que c'était un salaud. Ullman s'était débrouillé pour que les journalistes n'évoquent pas la tragédie. Une femme de 60 ans était morte deux mois plus tôt. C'était une ivrogne avec un gigolo. Là encore Ullman avait étouffé l'affaire. Elle s'était suicidée avec des somnifères quand son gigolo l'avait quittée. Depuis 1910, une cinquantaine de personnes étaient mortes dans cet hôtel. Jack demanda s'il y avait des fantômes. Watson n'en avait jamais vus.

 

4 Le royaume des ténèbres

 

Danny attendait son père dehors. Il avait compris que s'il n'allait pas à la maternelle c'était parce que son père n'avait pas les moyens de l'y envoyer. Danny s'en moquait car il attendait d'aller au cours préparatoire. Il avait le sentiment qu'il valait mieux être seul pour affronter ce que l'avenir lui réservait. Il était capable de comprendre bien des choses au sujet de ses parents. Ceux-ci n'appréciaient guère cette faculté. Il comprenait que sa mère s'inquiétait quand Jack faisait le vilain. Un ami de Danny lui avait expliqué ce que cela voulait dire. Scotty, son ami avait vu ses parents divorcer et Danny redoutait que ses parents divorcent aussi. Quand Jack lui avait cassé le bras, Danny avait senti le danger du divorce arriver. Son père aussi pensait au divorce pour ne plus faire souffrir sa femme et son fils. Quelque fois, quand Danny se concentrait très fort, il se produisait quelque chose d'étrange. Le monde autour de lui s'effaçait et un autre monde paraissait à sa place. Après l'épisode du bras cassé, Danny s'était concentré pour éviter le divorce de ses parents et il s'était évanoui. Ses parents s'étaient inquiétés. Il leur avait parlé de Tony, son ami invisible. Après le départ du docteur, maman lui avait fait promettre de ne plus les effrayer de la sorte et il avait donné sa parole. Danny, avant de s'évanouir, avait capté le mot suicide dans l'esprit de son père. Tony apparaissait quand Danny se concentrait. Une fois, Tony lui avait montré une grande malle où le papa de Danny conservait tous ses papiers importants dont la pièce qu'il écrivait. Trois jours plus tard, Danny indiqua la place de la malle à son père qui la croyait disparue. Danny avait expliqué que c'était Tony qui lui avait montrée. Ses parents n'en revenaient pas.

Danny se concentra et sut que son papa pensait à des bardeaux pour l’hôtel donc il avait eu le poste. Il vit Tony qui lui faisait signe de la main. Ils se retrouvèrent dans une tempête de neige près de l’hôtel dans le futur. Puis Danny se retrouva dans une pièce où était écrit : « Tromal ». Son père le menaçait d’une raclée. Puis ce fut l’obscurité et Danny se retrouva sur le trottoir devant chez lui. Son père rentra avec sa coccinelle. Il y avait un maillet dans la voiture. Danny avait vu quelqu’un avec un maillet dans son rêve. Mais il s’était trompé. LE maillet n’était qu’un sac à provision.

 

5 La cabine téléphonique

 

Jack alla à Table Mesa pour appeler d’une cabine téléphonique. Danny avait compris que si son père n’appelait pas de chez lui c’est que c’était une affaire personnelle. Pendant ce temps, Danny resta dans la voiture pour admirer les cartes routières. Jack avait eu des ais avant de renoncer à l’alcool. Il avait eu des collègues qui admiraient ses dons de pédagogue et sa vocation d’écrivain. Jusqu’à il y a six mois, Jack pouvait mettre de l’argent de côté grâce à l’arrêt de l’alcool. Lui et Wendy avaient commencé à évoquer la possibilité de l’achat d’une maison. Mais il avait frappé son élève George Hatfield. Sans cet incident, il aurait été nommé professeur en titre à la fin de l’année. Après son entretien avec le directeur, il avait voulu se saouler. Il avait renoncé pour aller chez Al Shockley qui avait voté contre son renvoi. Al était aussi alcoolique. Il s buvaient ensemble et Jack se sentait honteux quand il rentrait saoul. Jack n’avait pas voulu admettre qu’il était alcoolique. Pourtant il avait un avenir. Il avait publié 24 nouvelles et travaillait sur une pièce de théâtre. Mais il avait tout gâché. Un soir Al et lui avaient percuté un cycliste. Mais ils ne l’avaient pas trouvé sur la route. Il avait disparu. Al avait crevé deux pneus et avait dû appeler un ami pour qu’il lui en amène des neufs. Jack eut le sentiment que son mariage avait pris fin ce soir-là. En rentrant chez lui, Jack avait songé à se suicider. Le lendemain il n’avait pas pu travailler. Bruckner, le chef du département, avait accepté mais de moins bonne grâce que d’habitude. Wendy voulut lui annoncer quelque chose mais il lui demanda d’attendre une semaine. Danny avait dit à sa mère qu’il avait rêvé que Jack avait eu un accident de voiture. Wendy voulut savoir si c’était le cas et Jack mentit. Puis il était allé chez Al et ils avaient joué au whist sans boire. Jack avait arrêté de boire et allait chez Al tous les soirs. Wendy haïssait Al. Wendy renonça à demander le divorce une semaine plus tard. Jack appela Al pour le remercier pour le poste de gardien d’hôtel. Quand il revint dans la voiture Danny voulut lui parler du rêve qu’il avait fait dans lequel son père lui faisait mal mais il renonça. Jack pensa à sa pièce.

 

6

 

Pensées nocturnes

 

Wendy pensa à sa rencontre avec Jack. C’était en 1970, à l’université. Wendy avait rompu avec sa mère qui le détestait. Jack l’y avait aidée. Ils s’étaient séparés provisoirement pour prendre du recul puis avaient repris la vie commune. Wendy était allée voir son père et Jack le savait. Ils s’étaient mariés. Le père de Wendy était présent au mariage mais pas sa mère. Quand Danny était né, ç’avait été l’année de leurs plus beaux jours. Jack avait trouvé un travail de secrétaire à Wendy. La naissance de Danny avait entrainé une réconciliation avec sa mère. Ais la mère de Wendy continuait à la punir en la faisant passer pour une mauvaise mère. Jack écrivait. L’alcool n’était pas encore un problème. Les copains de fac venaient le samedi soir mais Wendy ne participait pas aux discussions car elle était étudiante en sociologie et n’avait pas fait d’études littéraires. Ses études terminées, Jack avait décroché un poste à Stovington. LA revue Esquire avait acheté une nouvelle de Jack. Jack avait ainsi gagné 900 dollars. Jack avait fêté ça en buvant trop avec ses amis. Il avait voulu conduire pour aller dans les bars. En rentrant il avait pris Danny dans ses bras et l’avait fait tomber. Wendy avait bercé le bébé pour le consoler. Wendy pensa à la réaction qu’aurait sa mère qui détestait Jack. Pendant un instant, Wendy avait haï Jack. C’était la première nuit qu’elle avait passée au salon. Après, ses rapports avec Jack s’étaient progressivement dégradés. Même après « l’accident » de Danny, elle n’avait pas voulu admettre que son mariage était un échec. A cause de l’alcoolisme de Jack, elle souffrit sans arrêt. Ce qui la tourmentait le plus, c’était la pensée qu’elle pût-être, elle aussi, partiellement responsable. Elle pensa au divorce espérant avoir une pension alimentaire tant que Jack aurait un travail. Puis quand Jack lui avait demandé d’attendre une semaine elle avait renoncé au divorce. Comme Jack ne buvait plus, elle se demandait si Danny avait joué un rôle dans la transformation de son père. Elle repensa à son accouchement. Danny avait le visage caché par une membrane que Wendy avait conservée. Il fallait bien admettre que son petit garçon avait été exceptionnel dès le début. Dans sa décision de rester avec Jack, Danny avait compté plus qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Danny était bien le fils de son père. Il pouvait le faire sauter sur ses genoux pendant des heures. Danny aimait sa mère mais il était le fils de son père. Si elle avait renoncé au divorce c’était parce que Danny s’y était opposé avec tant d’énergie. Elle n’avait jamais cessé d’aimer Jack sauf pendant la période sombre qui avait suivi « l’accident » de Danny. Elle espérait de toutes ses forces que le poste de gardien que Jack avait obtenu marquerait un nouveau départ dans leur vie.

 

7 Dans la chambre, Danny se réveilla pensant à Tony qui n’était pourtant pas là. Il repensa au mot terrible : Tromal.

 

2è partie Jour de fermeture

 

8 Premier regard sur l’Overlook

 

Jack et sa famille partirent pour l’Overlook. Danny était impressionné par les montagnes. Ils firent une pause près du sommet des montagnes. Ils virent l’Overlook de loin. Blanc comme un linge, Danny fixait l’hôtel du regard vide de quelqu’un qui est sur le point de s’évanouir. Mais il rassura ses parents. L’Overlook était bien le bâtiment qu’il avait aperçu dans le blizzard de son rêve. Tromal l’y attendait.

 

9 Premier contact

 

Ullman les attendait. Il serra la main de Jack mais pas celle de Wendy. Ullman ne semblait pas éprouver de sympathie que pour Danny. C’était le dernier jour de la saison. Les gens partaient. Ullman alla calmer une virago qui ne voulait payer qu’avec sa carte American Express. Danny regarda le terrain de roque. Jack lui expliqua que c’était un jeu semblable au croquet. Cela se jouait avec un maillet. Alors Dany repensa à son rêve. Des animaux avaient été taillés dans les buis. Il y avait aussi un terrain de jeux. Mais Danny éprouva l’isolement. Il était inquiet.

 

10 Hallorann

 

Halloran était le cuisinier de l’hôtel. C’était un grand Noir dont les cheveux coupés en afro commençaient à blanchir. C’était un géant avec l’accent du Sud. Il sympathisa avec Danny. Il lui proposa de partir avec lui à Miami mais Danny ne pouvait pas. Il leur présenta la cuisine qui était très grande. Il y avait assez de provisions pour un an. Alors Wendy eut conscience de leur isolement. Elle pensa à ce qui arriverait si Danny avait un accident. Halloran leur montra la chambre froide où il y avait beaucoup de viande. Halloran appela Danny « Prof » sans savoir que ses parents l’appelaient aussi comme ça. Il lui montra le poisson mais Danny n’aimait pas ça. Halloran leur montra une dinde de dix kilos. Ils traversèrent le restaurant et le Colorado Bar mais il n’y avait pas d’alcool. Puis Halloran les laissa.

 

11 Le don

 

Danny aida Halloran à porter ses valises jusqu’à la voiture. Halloran dit à Danny qu’il avait le Don. Une sorte de 6è sens. Halloran l’avait aussi que sa grand-mère lui avait transmis. Halloran lui dit qu’il existait d’autres personnes avec le Don. Il en avait rencontrées une cinquantaine. Mais seule une douzaine savait qu’elle avait le Don. Halloran demanda à Danny de penser à une phrase. Danny pensa « Salut Dick ». Dick Halloran fut foudroyé. Sa lèvre inférieure saignait. Dick demanda si Danny lisait les pensées de ses parents. Il le pouvait. Mais il ne le faisait pas souvent car il pensait que c’était sale. Danny demanda pardon à Dick car il sentait qu’il avait mal. Dick lui avoua qu’il faisait aussi des rêves. Alors Danny parla de Tony. Mais il voulut savoir pourquoi Dick s’inquiétait autant pour lui. Dick lui dit qu’il devrait attendre des années pour dominer son don et qu’en attendant il aurait besoin de beaucoup de courage. Danny lui parla de son cauchemar d’Overlook. Mais il ne devait pas en parler à son père pour qu’il ne recommence pas à se saouler. Dick expliqua à Danny que le Don permettait de prévoir l’avenir. Il avait fait un rêve en 1955, quand il faisait son service militaire en Allemagne. C’est une odeur d’oranges qui lui annonçait ses rêves. Ce jour-là il vit une explosion. C’était un train qui avait déraillé et il y avait le frère de Dick dedans. C’était en Georgie et Dick l’avait vu. Mais les rêves pouvaient parfois être trompeurs. Dick avait rêvé que son avion allait s’écraser mais rien ne s’était asse. Dick avait fait une douzaine de cauchemars à Overlook. Il s’était passé quelque chose de moche dans la chambre 217 et Dick interdit à Danny d’y aller. Dick pensait que le mal hantait l’hôtel. Dick dit à Danny qu’il ne devait pas avoir peur de ses visions car elles ne pouvaient pas lui faire du mal. Dick lui demanda de l’appeler par la pensée s’il avait des ennuis. Ce que Dick avait vu dans la salle de bains de la chambre 217 avait été si horrible qu’il avait décidé de ne pas revenir l’an prochain.

 

12 Le grand tour

 

Wendy voulut savoir ce que Dick avait dit à Danny mais il ne répéta pas. Elle se sentait à l’écart de son fils et de son mari mais pensait que l’isolement dans l’hôtel allait les rapprocher. Wendy avait compris qu'Ullman était un tyran avec ses employés. Ullman fit visiter l'hôtel à Jack et sa famille. Ils virent la chambre 300, la suite présidentielle. Seule Danny fut révulsé par la tapisserie car il y vit du sang puis il pensa à Dick et le sang disparut. Mais la tâche de sang réapparut et il dut retenir un cri. Ils visitèrent d'autres chambres que Marylin Monroe et Arthur Miller avait louées ainsi que Truman Capote. Danny vit un extincteur et le trouva inquiétant. Ullman leur montra leur appartement. Il était simple et chaleureux. Halloran y avait habité avec sa femme. Puis Ullman montra sa chambre à Danny. Watson les salua et s'en alla. Danny se sentit soudain plus seul qu'il ne l'avait jamais été de sa vie.

 

13 Sur le porce

 

Ullmann les laissa sur le porche. Il vouait visiblement une véritable passion à l'hôtel et n'arrivait pas à décrocher. Danny se demanda s'ils seraient encore à l'hôtel au retour d'Ullmann.

 

3è partie : le nid de guêpes

 

14 sur le toit

 

Jack se fit piquer par une guêpe en voulant réparer le toit. Il y avait un nid de guêpe sous le toit. C'était le 20 octobre. Wendy et Danny étaient descendus dans la camionnette de l'hôtel à Sidewinder pour acheter du lait et faire des courses pour Noël. Jack se sentait guérir des blessures des trois dernières années. Il s'était remis à sa pièce de théâtre. Il pensait la finir pour le nouvel an. Il estimait à présent que son besoin de boire provenait d'un désir inconscient de se libérer des contraintes que lui imposait Stovington. Contemplant le nid de guêpes, il semblait à Jack qu'il y voyait l'image de son destin. Car, à bien y réfléchir, les malheurs qui l'avaient frappé lui étaient tombés dessus comme un essaim de guêpes. Jack pensa à son collègue Zack Tunney qui buvait aussi mais seulement le week-end. Jack avait toujours été alcoolique et avait eu des accès de violence depuis son enfance. Il s'était défoulé dans le rugby au lycée. Et pourtant, malgré cette violence, il n'avait pas eu le sentiment d'être un salaud. Il avait fourré sa main dans le Grand Guêpier de la Vie, sans s'en rendre compte. Il avait cessé d'être un homme de raison et il était devenu le jouet de ses nerfs. George Hartfled avait intégré l'équipe de Stovington pour les joutes d'éloquence interscolaires car son père pensait que cela l'aiderait à entrer à l'école de droit mais Jack l'avait éliminé car George bégayait quand le débat s'échauffait. Jack avait espéré que ça finirait pas s'arranger mais George l'avait agressé verbalement croyant que Jack ne lui avait pas laissé les cinq minutes auxquelles il avait droit pour un débat. Jack s'était moqué de son bégaiement et en avait eu honte. Jack avait éliminé George une semaine plus tard. Puis il l'avait surpris en train de crever les pneus de sa coccinelle et lui avait cassé la figure. Ses collègues virent la scène. Il leur dit de rentrer chez eux. Ses deux meilleurs débatteurs et quatre autres membres de l'équipe avaient donné leur démission. Pourtant Jack avait résisté à la tentation de boire, ce qui représentait, après tout, une sorte de victoire.

 

15

 

Jack était assis sur le porche et lisait « Vivre d'amour et d'eau fraîche » d'E.L. Doctorow quand Wendy et Danny revinrent. Il les embrassa. Danny était fier de lui montrer une maquette de voiture que sa mère lui avait achetée. Wendy était heureuse. Il l'embrassa. Wendy lui dit que Danny avait terriblement envie d'apprendre à lire pour faire plaisir à son père. Wendy était inquiète pour Danny et voulait qu'il fasse un check-up. Danny revint avec le nid de guêpes. Wendy s'inquiéta mais Jack la rassura. Les guêpes étaient toutes mortes.

 

16 Danny

 

Wendy était ravie que jack se remette à écrire régulièrement. Il lui semblait qu'en écrivant sa pièce, son mari refermait peu à peu la porte sur un passé plein de monstres. Danny apprenait à lire à une vitesse vertigineuse. On aurait dit qu'apprendre à lire était pour lui une question de vie ou de mort. Wendy trouvait cela inquiétant. Après avoir lu, Danny s'enferma dans la salle de bains. Wendy l'appela mais il ne répondait pas. Jack frappa à la porte et se mit en colère. Il enfonça la porte. Une expression d'horreur se lisait sur le visage de Danny. Il ne répondit pas. Puis il parla du roque. Il vivait un match. Il dit « Tromal ». Jack le secoua mais Danny hurla et éclata en sanglots. Jack lui demanda pardon. Wendy les sépara affolée. Elle emporta Danny dans sa chambre. Elle le consola. Danny demanda pardon à son père. Il lui dit qu'il ne bégayait pas et parla du chronomètre. Alors Jack se rappela de George. Danny dit que Tony l'avait obligé à s'enfermer dans la salle de bains. Tony était dans le miroir. Il voulut que son père reste avec lui. Il demanda à sa mère d'allumer sa lampe de chevet. Il n'avait jamais éprouvé le besoin d'en avoir une avant d'arriver à l'hôtel. Danny voulut savoir si son père ne lui ferait pas de mal ni à sa mère. Jack le rassura. Danny avoua que Tony était venu pour lui parler du jeu de roque. Il demanda ce qu'était Tromal. Jack comprit « trop mal ». Jack eut envie de boire. Il dit à Wendy d'emmener Danny chez sa mère s'il avait quelque chose. Mais Wendy pensait que Danny aurait le cœur brisé s'ils le renvoyaient. Wendy ne voulut pas aller chez sa mère, elle pensa plutôt à travailler à Boulder. Danny rêva qu'il était poursuivi par l'homme au maillet. Il se réveilla. Trois guêpes le piquaient. Il hurla. Jack et Wendy tuèrent les guêpes mais Wendy fut piquée. Jack regarda la main de Danny. Le lendemain, le docteur compta onze piqûres. Wendy vaporisa un produit antidouleur sur la main de Danny qui avait enflé. Jack la photographia dans le but d'attaquer la marque de l'insecticide en justice. Wendy jeta le nid. Puis ils dormirent tous les trois ensemble. Jack avait mis un bol sur le nid et il vit plein de guêpes en sortir. Il jeta le nid dehors dans l'espoir que le froid tuerait les guêpes. Jack se promit de ne plus se laisser emporter.

 

17 Le cabinet du médecin

 

Le docteur Edmonds fit un électro-encéphalogramme à Danny. C'était pour détecter un éventuelle épilepsie. Danny savait ce que c'était car il avait eu un camarade épileptique. Puis l'infirmière posa une cuti pour s'assurer que Danny n'avait pas la tuberculose. Edmonds ne détecta rien avec l'électroencéphalogramme mais voulut l'envoyer à un confrère à Denver par acquit de conscience. Le docteur voulut que Danny lui parle de Tony. Dany répondit que Tony était plus grand que lui mais qu'il ne l'avait vu que de loin. Tony l'emmenait avec lui et lui montrait des choses concernant l'avenir. Danny parla de la malle que Jack croyait disparue et des panneaux qu'il n'arrivait pas à lire. C'est pour ça qu'il apprenait à lire. Il aimait moins Tony depuis que celui-ci montrait des choses désagréables. Danny parla du Tromal. Edmonds voulut que Danny fasse apparaître Tony alors Danny se concentra. Danny sentit que sa maman pensait à sa sœur qui était morte. Elle pensait que c'était pour ça que sa mère était devenue une garce. Elle avait peur que Danny soit malade. Puis Danny s'enfonça dans le noir. Il entendit une cloche d'église et aperçut une baignoire et une pendule. Il voyait son père qui promenait le faisceau lumineux de sa torche sur de vieux cartons pleins de journaux puis sur un grand livre. Danny pensait que son père ne devait pas ouvrir ce livre. Il entendit la chaudière puis des mains l'agrippèrent. Le médecin le réveilla. Danny ne put répéter ce qu'il avait vu et éclata en sanglots. Il dit juste que sa mère pensait à sa sœur morte et se faisait du souci pour lui. Edmonds dit à Jack et à Wendy que leur enfant était imaginatif et très intelligent. Il leur dit ce qui s'était passé. Pour lui Danny faisait de l'autohypnose. Edmonds devina qu'il y avait eu un bouleversement dans leur vie et Jack dut parler de son renvoi. Il leur dit que Danny avait peur qu'ils divorcent à un moment mais plus maintenant. Jack avoua son alcoolisme et l'accident de Danny. Mais l'épisode du bras cassé n'était pas important pour Danny. Edmonds parla de Tony. Wendy avoua que cela l'effrayait. Le docteur parla de la seconde vue de Danny mais n'y croyait pas. Mais il pensait que Danny deviendrait un homme remarquable. Pour le médecin, Tony n'avait plus de raison d'être car jack ne buvait plus et le danger du divorce avait disparu. Danny risquait la schizophrénie mais le risque était passé. Edmonds compara Danny à un drogué qui se désintoxiquait à cause de la fin du phénomène Tony. Edmonds demanda à Wendy si elle avait une sœur. Elle fut surprise car Danny n'était pas au courant. Puis le docteur parla du Tromal. Pour Edmonds ça ressemblait à Trauma. Le docteur voulut savoir ce que Danny appelait le Don. Ses parents ne savaient pas.

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18 octobre 2011

Le diable l'emporte II

 

17

 

et Mme Collignot étaient dans les abris de Paris. Mme Collignot s’inquiétait pour ses filles. Ils remontèrent dans leur maison. La nuit, le sol vibra.

 

18

 

Gé demanda à Hono d’allumer le télécinéma mais le visage de la speakerine était entrecoupé par des parasites.

 

19

 

Paul Jobet et Aline étaient revenus. Mme Collignot en fut heureuse mais pleura en pensant à Irène. Aline pleura et dit que les parents de Paul étaient morts. Ils avaient été massacrés par des gens qui voulaient leur camion. Paul et Aline avaient fui. Paul et Aline se couchèrent. Les Collignot attendaient la mort.

 

20

 

Les femmes visitèrent l’Arche. Elles acceptèrent la situation car elles se savaient en sécurité. Quand « tout ça » serait fini, elles recommenceraient à parcourir les rues de la ville, retrouveraient leur coiffeur, la même marque de rouge à lèvres, la même station de métro, les carrefours. Irène pensait que sa famille était en sécurité. Les femmes pensaient aux hommes de l’Arche. Elles se sentaient déjà rivales. Irène discuta avec sa voisine, Laure Gauthier, 22 ans, divorcée sans enfant, professeur d’anglais. Elles pensèrent du mal l’une de l’autre mais s’embrassèrent. Les femmes se répartirent les tâches. M. Gé avait fait construire des fausses fenêtres sur lesquelles des appareils permanents de cinéma total projetaient des films sans fin. Mais les femmes préféraient écouter de la musique ou ire des romans d’amour.

 

21

 

Jeanne Albertigny, une coiffeuse, s’occupa des corvées. Le lait et le pain venaient des hommes de l’Arche. Les femmes les cherchèrent en vain. Les hommes étaient des paysans mais il y avait parmi les femmes pas mal de Parisiennes un peu cultivées. Elles furent quand même émues par les billets écrits par les hommes. Hono les regardaient sur son écran mais les trouvaient vides. Il trouvait les femmes et les hommes de l’Arche stupides. Il en voulait à dieu d’avoir créé les hommes qu’il considérait comme des brutes. Hono regarda Irène qui caressait un lapin. Il aurait voulu être à la place du lapin car jamais une femme ne l’avait caressé.

 

22

 

Irène se réveilla en pleine nuit et poussa un cri en voyant une porte ouverte sur un fauteuil. Sur le fauteuil était écrit « Asseyez-vous ». Elle obéit. Une voix lui ordonna de mettre ses pantoufles. Elle obtempéra. Le fauteuil monta dans une autre pièce. Hono accueillit Irène. Il voulut qu’elle enlève ses lunettes car il n’aimait pas les gens à lunettes. Elle obéit. Hono voulut tout savoir sur elle mais Irène demanda pourquoi. Il voulait juste savoir si elle était stupide. Il lui parla de Gé. Elle voulut en savoir plus mais il refusa. Alors elle répondit à ses questions. Puis il lui ordonna d’aller se coucher.

 

23

 

C’était Cassel qui avait fait le pain et les croissants. Troisième fils d’une famille de paysans de l’Isère, il était devenu boulanger. Il était doué pour les haltères. Il était devenu champion olympique. Il mesurait 1 M 60. Du discours de la voix, ce qu’il avait retenu de plus réconfortant, c’était qu’il devait faire le pain de la communauté. Il jouait à la belote et buvait du vin avec les autres hommes. Il soulevait son lit et son armoire pour ne pas perdre ses muscles et se levait tôt pour faire le pain. Un matin, il entendit un grand bruit et les cris de ses compagnons. Il voulut forcer la porte mais en vain. Une voix lui annonça que les hommes étaient morts. Il avait l’autorisation d’aller avec les femmes.

 

24

 

Les femmes lui offrirent du café. Elles surent qu’il était le dernier homme. Les femmes lui faisaient des plats. Elles se disputaient pour l’avoir.

 

25

 

Il y eut trois camps pendant la guerre. L’Amérique-Océanie, l’URSS-Asie et l’Angleterre-Afrique-Europe Occidental. Mais l’Angleterre n’avait que Jersey (le reste était asiatique) et le Cap (le reste était états-unien). Le but de la guerre était la Lune. Un pilote états-unien vit une patrouille russe ou anglaise en Alaska. Ce fut le commencement de la guerre. Pourtant la patrouille en question n’était qu’une troupe de pingouins.

 

26

 

Gé voyagea. Les rois et dictateurs avaient besoin de ses conseils et de ses armes. Il avait laissé l’Arche sous la surveillance de Lucien Hono. Il pensait qu’ainsi il ne la détruirait pas. M. Gé revint au bout de dix jours. Les femmes voulaient s’assurer l’affection exclusive de Charles et sa semence. Claire Cralier, la manucure, avait déjà eu douze amants. Elle voulait tuer les autres femmes pour avoir Charles pour elle seule. Elles constituèrent une commission pour rédiger une Déclaration des Droits sur l’Homme. Charles aurait pu les calmer en les giflant ou en leur faisant l’amour. Mais il épousait leurs angoisses car son coeur était tendre. La voix annonça que la guerre touchait à sa fin. La plus jeune des femmes composa une salade de fruits à la morphine pour endormir ses compagnes. Elle s’appelait Suzette et avait 20 ans. Elle se glissa dans le lit de Charles. Hono avait bloqué la porte du fournil et avait menti en faisant croire à Charles et aux femmes que les autres hommes étaient morts. Ils allaient très bien. Il avertit les femmes de ce que faisait Charles. Les femmes avaient tué Charles et Suzette. Hono avait expliqué à Gé ce qui s’était passé. Seule Irène n’avait pas participé au meurtre. Elle avait reconnu la voix d’Hono quand il avait averti les femmes que Suzette était allée chez Charles et n’avait pas voulu intervenir.

 

27

 

Hono dit à Gé que le péché venait de la femme. Il voulait reproduire l’homme sans la femme. Il le pouvait. Gé annonça que la guerre était finie et qu’il allait libérer les hommes et les femmes. La GM3 allait se terminer sans avoir vraiment commencé. Les bombes n’avaient frappé que le Pôle Nord. Au bout de quelques jours la preuve était faite : une telle guerre était impossible. Les Nations s’étaient montré les unes aux autres leur puissance. Toutes les Nations surent gré aux Etats-Unis d’avoir pris l’initiative de tirer dans le vide. La République d’Aquiandorra, qui avait été laissé neutre en prévision des échanges de matières premières toujours nécessaires entre belligérants, fut priée de proposer la paix. Le Traité de Paix universel fut signé à Moontown.

 

28

 

Dès la fin des hostilités, les belligérants unirent leurs efforts en vue de neutraliser et de détruire les nuages atomiques entraînés par les courants. D’innombrables escadrilles d’avions pulvérisèrent dans l’atmosphère et la stratosphère des corps antiradioactifs. Mais des phénomènes qu’on n’avait pas prévus se produisirent. Le plus grave fut la fonte des glaces du Pôle Nord. Une vague en partit, ravagea la moitié de la Norvège et submergea l’Islande. Londres disparut sous les flots de la Tamise. En France, tous les ponts de la Seine furent emportés jusqu’à Melun. Paris fut en partie submergé pendant deux heures. Puis les eaux se retirèrent mais demeurèrent sur les côtes basses du monde entier. La Sibérie fut submergée ainsi que la moitié du Groenland et tout le Nord de l’Alaska et du Canada. Des nuages radioactifs échappèrent à l’action des avions pulvérisateurs. Des pluies radioactives empoisonnèrent de vastes contrées. Des populations périrent de lèpre et d’anémie atomiques. Il y eut 200 millions de morts. Mais on ne pouvait dire que la GM3 était une guerre sérieuse. Malgré tout, la vie reprenait. Grâce aux molémoteurs, chaque appartement immergé continuait à jouir de la lumière et de l’eau potable. Les vivres venaient de l’hémisphère sud qui n’avait pas souffert. Le Sahara, fertilisé par les pluies devint un jardin qu’on cultiva. Une affiche de la paix représentant une colombe tenant en son bec les trois lettres ONU fut diffusée dans le monde entier.

 

29

 

Irène était rentrée chez elle en canot à moteur. M. Gé avait renvoyé chez eux tous ses pensionnaires et leur fit oublier leur aventure grâce à de mystérieux appareils. Mme Collignot fut très heureuse de revoir sa fille. Elle demanda à Irène ce qui lui était arrivé mais Irène ne pouvait rien répondre. Aline était persuadée que sa soeur avait vécu quelque merveilleuse aventure dont elle voulait garder le secret. Paul commençait à oublier son chagrin. Il aidait Mme Collignot.La seine reprenait son lit. Une bonne moitié des Parisiens étaient morts. A Moontown, le Congrès pour la Paix Universelle occupait 10 étages de la ville métallique. M. Collignot, prêté par l’UNESCO, avait été nommé directeur général du bureau des interprètes des langues occidentales. Il gagnait bien sa vie. Il souhaitait donc que la Paix Universelle ne fût pas trop rapide à venir.

 

30

 

Le délégué de la France proposa le désamorçage et la destruction de toutes les bombes atomiques du monde. Sa proposition fut adoptée. Comme cela se passa une nuit, on l’appela la « nuit du dévissage ». On avait pendant quelque temps oublié jusqu’à l’objet de ce conflit raté : la Lune. Mais l’Amérique du Nord reprit les travaux de construction de la fusée géante pour la Lune. Mais l’Angleterre offrit à l’ONU, trois étages de Moontown et le Civilisé Inconnu.

 

2è partie

 

31

 

Un ciel brûlant pesa sur la moitié nord du monde. Les Esquimaux périrent d’insolation. Les couturiers parisiens lancèrent la mode des seins nus et de la jupe à mi-cuisses. Les ours blancs, les phoques, les pingouins émigrèrent vers l’Equateur et périrent en grand nombre au cours de leur voyage. Les animaux d’Afrique envahir l’Europe. Mais l’équilibre habituel des climats se rétablit au cours de l’hiver qui suivit la GM3. La civilisation atomique reprit de plus belle se marche en avant. En quelques mois, les ruines furent rasées. De nouvelles cités furent construites. M. Gé craignait que la Paix durât assez longtemps pour permettre à l’industrie de guerre de faire des progrès qui mettraient en péril même l’Arche enterrée. Il venait de charger Lucien Hono d’une nouvelle tâche.

 

32

 

Collignot acheta un hélicoptère à réaction. Il était guidé automatiquement par un train de radar entre Paris et Moontown. Ainsi il pouvait rentrer chez lui chaque nuit. Aline l’accueillit en l’embrassant. A 15 ans, elle venait de redoubler sa 4è à cause de la guerre et parce que les programmes changeaient plusieurs fois par an notamment la physique et la chimie. Les professeurs n’étaient pas très sûrs non plus de la nouvelle orientation qu’il convenait de donner à l’enseignement de l’histoire. Selon le parti au pouvoir, la Civilisation commençait à la mort du christ, à l’avènement des capétiens, ou à la prise de la Bastille. Seules les mathématiques ne changeaient pas. Il restait aussi la poésie. La dernière école poétique était celle des apocalypsiens. Ils ne reconnaissaient comme moyen d’expression que les bruits. Paul était amoureux d’Aline et lui écrivait des poèmes mais n’osait rien dire. Irène avait quitté le Ministère. Elle avait reçu une offre de travail de l’administration du Té. Un certain M. Hono l’avait prise comme secrétaire particulière. Elle avait eu l’impression de l’avoir déjà vu quelque part.

 

33

 

Aline demanda à son père de l’emmener voir Moontown. Il accepta et l’emmena avec Paul. Dans l’hélicoptère, Paul prit la main d’Aline. Elle fut étonnée et se sentit baignée de chaleur. Ils allèrent voir le Civilisé Inconnu. Il était protégé par un mur transparent. Il gardait l’immobilité d’un dieu. Les savants de l’ONU avaient vidé le Civilisé de tous ses organes fragiles et les avaient remplacés par des appareils en plastec. Il dit « Je suis heureux ». M. Collignot se sentit à la fois humilié et coupable à cause du Civilisé Inconnu. Il tenait à son corps malgré la peur, malgré la mort mais il savait que cela changerait pour les générations futures. Alors il décida d’inscrire Aline et Paul au Collège International de Recherches et d’Enseignement pour l’Avenir. Ce collège formé par l’ONU regroupait les plus grands savants du monde. La sélection se faisait par l’argent. M. Collignot n’avait pas assez d’argent alors il demanda de l’aide au président de l’ONU qu’il connaissait bien car il parlait sa langue presque oubliée, l’anglais non américanisé. Il se nommait Lord J. K. R. Millet. Aline et Paul entrèrent le soir même au CIREA grâce à une dispense. Aline entra dans sa nouvelle chambre suréquipée en pensant à Paul.

 

34

 

Collignot proposa à Irène d’entrer au CIREA. Elle hésita. Elle avait 25 ans et cherchait un mari. Alors elle demanda l’avis d’Hono qui lui interdit de partir.

 

35

 

L’enseignement du CIREA était divisé en de multiples sections. Chacune d’elles concernait l’application de la science atomique à un des domaines de la vie humaine, vie individuelle et vie sociale. Les professeurs de l’école maternelle apprenaient à lire à leurs élèves en une journée, en leur faisant avaler un alphabet en chocolat radioactif, dont l’image se gravait à jamais dans leur gros intestin lequel faisait office de cerveau. Aline choisit la section J-23’. C’était l’agriculture. Paul choisit la même. Les légumes que les élèves cultivaient étaient énormes à cause de l’engrais moléculaire. Aline était émerveillé par les fleurs géantes.

 

36

 

Collignot voulait aller sur la Lune mais Mme Collignot refusa. Mais elle finit par céder. La fusée de l’ONU décolla du Nouveau Mexique. Les économistes prévoyaient le chaos alors il fallait penser à la Lune. Après d’interminables séances à l’ONU, la composition de la mission fut enfin fixée. Il y aurait M. Collignot, trois physiciens (anglais, russe, chinois), trois chimistes (français, états-unien, tchèque), trois astronomes (états-unien, norvégien, grec), trois géologues (hollandais, anglais, yougoslave), trois zoologues (brésilien, polonais, hindou), deux médecins (états-uniens), deux opérateurs de cinéma (états-unien, russe), un journaliste (anglais) et deux cuisiniers (français). Plus les sept membres de l’équipage et 24 généraux.

 

37

 

Le départ de la fusée fut précédé d’une séance solennelle de l’ONU. La famille Collignot y assista. Mme Collignot avait été interviewée à la télé. Elle était fière de son mari. Pendant que le président de l’ONU se réjouissait de la paix, les délégués ne pensaient qu’à exploiter la Lune. Puis une foule de plusieurs milliers de personnes s’installa dans un amphithéâtre pour regarder le président de l’ONU porter un bébé qui devait appuyer sur un bouton d’ivoire. La fusée décolla. Mme Collignot cria et s’évanouit.

 

38

 

Quand M. Collignot revint, sa famille lui demanda ce qu’il avait vu. Il ne se souvenait que des étoiles et d’avoir tapé à la machine.

 

39

 

Les résultats de la mission furent gardés secrets. Mais la curiosité mondiale était si passionnée que les censeurs durent se résigner à lui donner quelque pâture. Un reporter rédigea un article, le vendit au monde entier et devint milliardaire. Il y déclara que la Lune était ronde, qu’il faisait très froid à l’ombre et très chaud au soleil. Dans les « milieux bien informés » on en savait un peu plus. Il n’y avait pas de vie sur la Lune. Pour éviter d’avoir à en dire plus sur ce sujet, l’ONU aiguilla la curiosité publique vers les expériences de biologie atomique poursuivies par les professeurs et les élèves du CIREA. Aline et Paul participaient à ces travaux. Une race de poules blanches qui atteignaient en quelque jours leur âge adulte et la taille d’un veau. Le spécialiste de l’Economie Alimentaire fit une conférence au CIREA pour annoncer la fin du paupérisme alimentaire. Aline alla voir Paul qui surveillait des poussins géants. Ce qui faisait trembler Aline quand il l’embrassait trop longuement ne trouvait rien d’assez mûr chez lui pour y répondre et rapidement, il s’esquivait par un rire. D’un commun accord, ils décidèrent de quitter le collège. M. Collignot vint les chercher en hélicoptère.

 

40

 

Gé apprit qu’un physicien russe de l’équipe internationale était parvenu à transmuer en or un fragment de roche sélénienne. C’était à donner le vertige car tout pourrait être construit en or des maisons aux statues. Mais cela risquait de provoquer un bouleversement dans les systèmes monétaires. A cette époque, trois nations se partageaient à peu près tout l’or terrestre : les Etats-unis, la Russie et la Suisse. Le savant russe disparut et avec lui tous les échantillons de roches sur lesquelles il était parvenu à faire apparaître les traces d’or. L’Amérique accusa la Russie de vouloir garder pour elle le secret de la transmutation. La Russie accusa l’Amérique d’avoir enlevé son expert et de le soumettre à la torture pour le forcer à travailler pour elle. M. Gé avait pris ses précautions et pour la deuxième fois, il venait de garnir l’Arche. Il y introduit deux familles qui se trouvaient armées, devant les temps nouveaux, de leur ancienne cohésion. Il y avait la famille Collignot avec Paul et une famille de paysans ardéchois, les Privas. Il y avait les parents, leurs deux garçons et une jeune servante. M. Gé comptait faire subir aux deux couples de parents un traitement qui prolongerait leur vie d’une centaine d’années et leur permettrait d’avoir encore quelques douzaines d’enfants. C’était à l’appel de l’appareil de M. Gé qu’avaient répondu Aline, Paul et M. Collignot. En Amérique, en Russie, en Suisse, les laboratoires fourbissaient les armes nouvelles. Et l’Angleterre espérait bien profiter de la dispute des trois porteurs d’or ancien pour s’assurer l’or nouveau. Ce que personne ne soupçonnait, ni d’un côté ni de l’autre, ni le savant lui-même, où qu’il se trouvât, c’était que les traces d’or provenaient du frottement des morceaux de roche de Lune contre son alliance, qu’il portait à la main droite au lieu de la gauche car il était divorcé.

 

41

 

Paul avant de quitter le collège, avait laissé s’évader un poussin. Il s’était gavé et avait atteint les dimensions d’un immeuble de six étages. Il ne quittait pas Moontown qu’il survolait. Le Conseil de la ville fit arrêter le directeur du CIREA puis remettre en état les batteries de DCA. Mais les projectiles avaient été dévissés dans l’enthousiasme du désarmement. Le poussin devint une poule qui picora la foule qui assistait à un match de football. Elle avale 600 personnes. La population de Moontown fuit mais le poule étendait sa domination sur toute une partie de l’Afrique. Les avions ne purent réussir à l’approcher pendant qu’elle était en vol. Le Conseil de l’ONU passa commande d’une bombe atomique à l’industrie argentine. Mais la poule affamée fut réduite à manger des forêts. Cela ne suffisait pas alors elle s’affaiblit et mourut près de Moontown. Elle laissa un oeuf tout blanc. Le corps de la poule pourrit et fit apparaître des animaux informes. Les savants les avaient identifiés. C’était la flore microbienne habituelle aux putréfactions. Il fallut empêcher les lions et les hyènes de manger la poule pour qu’ils ne deviennent pas grands eux-mêmes. Restait l’oeuf. Une prime d’un million de dollars fut promise à qui fournirait une solution acceptable.

 

3è partie

 

Collignot marchait vers Montmartre. Trois semaines plus tôt, un soir de juin, les Parisiens s’étaient couchés et ils étaient morts dans leurs lits. La mort des Parisiens a marqué le début de la 4è guerre mondiale. Les corbeaux avaient mangé les cadavres des Parisiens. D’autres français étaient morts et aussi les New-Yorkais, les Londoniens, les Moscovites, les Romains. Mais pas tous de la même mort. Et personne n’avait choisi.

 

43

 

L’attaque sur Paris s’était produite dans la nuit du 3 au 4 juin. Les gouvernements s’étaient rendu compte que les épreuves de la GM3 étaient encore trop proches pour qu’on pût faire accepter aux peuples l’idée d’une nouvelle guerre. Mais les progrès de la technique étaient désormais suffisants pour qu’on pût se passer du consentement des peuples. Ce matin-là, 4 h 31, les appareils avertisseurs éveillèrent Hono, qui à son tour éveilla M. Gé. Quatre explosions s’étaient produites dans le ciel de Paris. Le C. 147 fut répandu dans l’air et neutralisa l’oxygène. Seules les campagnes étaient restées intactes. M. Gé était persuadé que les paysans continueraient à produire pour nourrir les survivants. Les fusées qui avaient attaqué la France venaient de partout. Les pays s’étaient entendus contre la France avant de commencer à s’entretuer.

 

44

 

Mme Collignot sortait de l’Arche tous les jours pour regarder la ville morte et tricoter. Elle regrettait d’avoir survécu car elle ne pouvait plus discuter avec ses voisines. Elle avait refusé le traitement de M. Gé pour vivre plus longtemps et enfanter. Elle ne voulait pas refaire sa vie. Mme Collignot avait accepté de venir dans l’Arche sans ses meubles. Elle avait une grande admiration, un peu effrayée, pour M. Gé. M. Gé s’absenta pour chercher des survivants.

 

45

 

Le père Privas était un petit propriétaire de l’Ardèche. Il ressemblait à sa terre, sèche sous le soleil, pleine d’une force mesurée et inusable. Son fils aîné, César, lui ressemblait. Il avait 26 ans. Le plus jeune, Auguste, ressemblait à sa mère et avait 22 ans. La servante s’appelait Marie-Fructueuse et avait 18 ans. M. Privas se mit en colère contre M. Gé quand il arriva dans l’Arche. Il pensait à ses terres et à ses bêtes. Ils avaient voulu rentrer chez eux mais M. Gé les ramena dans l’Arche.

 

46

 

Le monde entier après avoir attaqué les Pays neutres, déclencha les hostilités. Il n’y eut pas un seul survivant à New York, pas plus que dans les autres villes du monde. Mais à Paris il y avait quelques rescapés, en plus des habitants de l’Arche. D’abord un vieil ouvrier, le père Testat. Il avait été admis à l’hôpital pour soigner sa pneumonie. Les médecins l’avaient guéri. Ils étaient tous morts sauf lui. La Russie et la Chine avaient été arrosées de bombes à virus.

Gé suivait par téléviseur les progrès du mal. Le père Testat ne s’étonna pas outre mesure de voir tout le monde mort dans l’hôpital, puis dans la ville. Il y vit une sorte de revanche et ne pensa pas une seconde à s’attendrir. Il mangea. Il ne s’était jamais senti si bien. L’Italie avait subi le même sort que la France. Le deuxième pape états-unien avait passé la nuit en prières. L’Allemagne attaqua l’Angleterre par haine. Toutes les villes souterraines de la vieille Angleterre germèrent et fleurirent en même temps, vers le ciel, en blanches et rouges fleurs d’Hiroshima. L’Angleterre continua la lutte. Mais elle fut cuite comme une brique. C’était la Suisse qui avait le moins souffert. Elle avait caché sa population profondément sous les Alpes. Aux Etats-Unis, seule la Nouvelle Miami, construite en plastec à 600 mètres au-dessous du sol, avait gardé ses habitants indemnes.

 

47

 

Gé, en trois jours, avait survolé le monde. Il y avait un vaincu, l’Angleterre mais encore de vainqueur. La Russie tenait encore alors elle trouva des sympathisants. Les villes enterrées épargnées furent proclamées République Socialiste Indépendante. La Russie n’existait plus mais les deux tiers du monde lui appartenaient. La guerre s’était déroulée uniquement entre nations blanches. Elles avaient épargné les Noirs, les Jaunes et les Arabes afin de retrouver, une fois le conflit terminé, des clients. Les nations arabes se déclarèrent Républiques Socialistes. Du Maroc, des légions arabes passèrent en Espagne et remontèrent vers les Pyrénées. Dans le même temps, une armée chinoise se dirigeait vers l’Europe par l’Iran et l’Asie mineure. Des avions états-uniens avaient détruit l’oeuf géant. Moontown et l’ONU avaient été submergés par un déluge de blanc et de jaune.

 

48

 

Hono avait construit une fusée sous les instructions de M. Gé. Gé savait que la Suisse avait l’arme suprême qui détruirait la terre. La fusée ne pouvait emporter qu’un couple, quelques animaux et des graines. Les animaux resteraient endormis le long du voyage qui durerait dix ans. Ensuite elle reviendrait sur Terre. M. Gé ne savait pas si la vie y serait encore possible. Le couple serait Irène et César. Emboulestein avait inventé l’arme suisse. C’était un individualiste farouche. M. Gé pensait qu’il était capable de détruire la Terre.

 

49

 

Les Arabes tuèrent les paysans français. Les Chinois occupèrent la Suisse. Mme Collignot se plaignait. M. Collignot la consolait. Irène avait été satisfaite de retrouver Hono. Aline et Paul étaient émerveillés par le laboratoire de Hono. Irène aimait Hono. M. Gé expliqua la situation à M. Collignot. Irène voyagerait en dormant dans la fusée avec César. Le père Privas ne comprenait pas grand chose et M. Collignot était effrayé. Irène et César, hypnotisés, se mirent nus et entrèrent dans la fusée. M. Collignot en avait la respiration coupée. Il n’avait jamais vu sa fille nue depuis qu’elle était femme. Il l’embrassa avant que la fusée se referme. M. Privas se dit qu’Irène et César se débrouilleraient.

 

50

 

Privas voulut retourner chez lui mais M. Gé refusa. M. Collignot regrettait sa carrière interrompue mais n’avait pas peur. Mais son coeur lui monta à la gorge quand il réalisa qu’Aline allait mourir.

 

51

 

Hono dut reconnaître qu’il aimait Irène. Il caressa la fusée en pensant à Irène. Il voulait la sortir de la fusée mais savait qu’il ne pouvait pas.

 

52

 

Emboulestein sut que le moment était venu. Les Chinois commençaient à faire sauter les Alpes. Alors il déclencha l’arme suprême et se suicida. Les animaux devinrent fous. Un nuage grossit dans le ciel et une neige en tomba. M. Gé prévint les habitants de l’Arche. M. Collignot embrassa Aline. Puis ce fut Paul qui l’enlaça. M. Gé leur expliqua que l’arme suisse était l’eau dure. L’eau allait geler à plus de 40 degrés. Plus aucune vie ne serait possible. Hono entra dans la chambre d’Irène. Il prit ses vêtements à pleins bras et y enfouit son visage. M. Gé proposa du poison aux habitants de l’Arche pour mourir sans souffrir. Quand le nuage d’eau dure atteint les guerriers arabes, ceux-ci s’arrêtèrent à Poitiers. M. Gé annonça l’existence de la fusée aux habitants de l’Arche et se tut. Le Conseil Fédéral Suisse lança par radio dans les cavernes l’ordre général de suicide. Hono ouvrit le sac d’Irène. Elle avait oublié ses lunettes. Il découvrit une photo de lui dans un médaillon. Hono courut voir Irène. M. Collignot avertit M. Gé. Mais Gé avait avalé le poison. Il eut juste le temps de dire qu’il avait fait de son mieux. Hono sortit Irène de la fusée et menaça les autres avec un scalpel. Hono fit respirer de l’oxygène à Irène et elle se réveilla. Paul et Aline se déshabillèrent et entrèrent dans la fusée. Hono injecta une drogue à Irène pour qu’elle ait la fièvre et il se l’injecta aussi ce qui leur ferait gagner vingt quand l’eau dure arriverait. M. Privas tua sa femme pour qu’elle ne souffre pas. Hono et Irène burent un remède qu’Hono avait inventé. Mais l’Arche éclata. A Moontown la voix du Civilisé Inconnu disait : « Je suis heureux... »

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07 octobre 2011

Le diable l'emporte I

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Le diable l’emporte (Barjavel)

 

1ère partie

 

Barjavel annonce : les personnages et les événements de ce roman sont imaginaires. Toute ressemblance avec des événements réels serait au-dessous de la vérité.

 

1

 

  1. et Mme Collignot, Aline et Irène entrèrent dans la salle à manger. Irène était la fille des Collignot. Elle avait 22 ans. Elle était riche de chair et d’humeur équilibrée. C’était le mois d’août, ils étaient en vacances. Dans le restaurant, il y avait ce professeur de culture physique qui était trop fatigué pour se préoccuper de garnir son lit. Il y avait un couple de commerçants qui ne pensait qu’à l’argent. Il y avait une femme pauvre qui enviait les autres car ils avaient ce qu’elle n’avait pas : argent, beauté, santé, mari, auto, enfants. Mme Collignot était vieille et grosse. Aline, son autre fille, n’avait pas faim. Elle pleura alors sa mère la berça comme un bébé.

2

 

Après la 2è guerre mondiale, un univers nouveau était né. L’homme était devenu adulte. Il était maître désormais de l’énergie élémentaire, maître de la matière femelle. D’un signe du menton il transformait l’univers. Un savant français, interrogé sur ce qu’il éprouvait devant ces perspectives, répondit : « Ni peur, ni espoir ». C’était l’expression définitive du génie de l’homme, parvenu à une altitude qui le plaçait au niveau des dieux. L’homme allait enfin savourer le plein goût du fruit de l’Arbre. Même si l’enfer devait en être le prix, il ne pouvait regretter d’y avoir mordu. Mais les paysans, les ouvriers et les employés pensaient tout bêtement à vivre. Ils étaient partagés, eux, déchirés, justement, entre la peur et l’espoir. La paix ne se décidait pas à remplacer la guerre. Les nations capitalistes regardaient avec effroi l’ours russe se ramasser en boule et gonfler ses muscles. Comme des enfants battus, les nations plastronnaient, ricanaient pour cacher leur peur, et chacune espérait avoir le temps de frapper la première avant de recevoir. Mme Malosse avait connu la GM2 (2è Guerre Mondiale) et ne pensait qu’à une chose : « Ils vont me casser ma vaisselle à cause de la bombe atomique). Les peuples commençaient à se désintéresser de tout et à se résigner à tout. M. Dublé était marié et ouvrier pendant la GM2. Il avait trois enfants. Pendant la guerre, il ne pensa qu’à ce qu’allait devenir sa famille s’il était tué. Maintenant, il n’avait plus peur car en cas de guerre, la bombe atomique tuerait tout le monde. Aussitôt révélées les possibilités atomiques, les économistes s’étaient effrayés des perspectives de la production. Une abondance catastrophique bouchait l’horizon. Les nations blanches se cadenassèrent. Chacune craignait plus que la mort de voir sa propre faim rassasiée par les produits des autres. Se défendre contre la concurrence, et l’attaquer partout. Conquérir les marchés, même au prix de la misère, pour l’abondance de demain. Las de mal travailler, mal se reposer, mal espérer, mal craindre, hommes et femmes ne retrouvaient leur équilibre qu’au temps des vacances. Les Collignot allaient toujours en vacances en Bretagne. M. Collignot espérait que tout finirait par s’arranger. Irène était grande avec des gros seins. Elle regardait les hommes avec une belle sympathie physique mais sans trouble. Elle n’était pas très intelligente, elle le savait, cela lui était égal. M. Collignot regardait sa fille Aline sur la plage. Il était ému. Ils allèrent jouer sur les rochers. Aline voulut toucher une anémone de mer qui la blessa. Elle cria.

 

3

 

Une longue voiture noire fabriquée sur commande avec plein d’accessoires s’arrêta près de la plage. A bord, il y avait le secrétaire de M. Gé, Emmanuel Gordon et le chauffeur. Les intérêts de M. Gé le maintenaient présent dans toutes les parties du monde, il était partout et nulle part. Emmanuel Gordon avait été envoyé en mission par M. Gé. Il regardait Irène. En huit semaines, l’auto noire fit le tour des principales plages de France. Gordon cherchait des filles pour Gé. M. Gé ferait, parmi ces filles de choix, une sélection sévère. Il était maintenant bien décidé. M. Gé était un de ces hommes ignorés qui exercent un pouvoir sans limites sur les multitudes, au moyen du propre argent et de la sueur desdites multitudes. Il était né le 2 janvier 1900, d’un père hollandais et d’une mère états-unienne, à bord d’un paquebot allemand qui se rendait d’Angleterre en Russie. Un de ses ancêtres avait financé l’expédition de Charlemagne en Espagne. M. Gé avait fourni du ciment aux Allemands pour le mur de l’Atlantique, de l’aluminium pour les avions de la RAF, du pétrole pour les chars russes, de l’acier aux Japonais et du minerai d’uranium aux usines atomiques des Etats-Unis. Mais Hiroshima avait fissuré cet intérêt indifférent qu’il portait à ses multiples affaires. Il avait voulu profiter de la guerre et de la paix mais elles avaient profité de lui. Il comprit que sa fortune était vaine. Il ne voulut pas s’en remettre à dieu car ç’aurait été encore une réponse fabriquée, une attitude. Il décida de construire l’Arche. Il était en procès avec son fils, qu’il n’avait pas vu depuis douze ans. Il n’avait pas d’ami. Il n’avait pas le plaisir de la réussite car il ne connaissait pas l’échec. Il ne tenait pas énormément à continuer à vivre. Pourtant il avait commencé l’Arche depuis trois ans.

 

4

 

  1. Collignot parlait plusieurs langues. Il avait travaillé pour l’UNESCO.

5

 

L’Agence chinoise d’Information annonça qu’une fusée à propulsion atomique s’envolerait d’un point X, en Mongolie, vers la Lune. Les Russes et les Etats-Uniens en avaient déjà envoyées sur la Lune, Vénus et Mars. Mais la fusée chinoise était la première avec un moteur atomique léger. Les nations blanches et les Russes étaient consternés. Alors les Blancs mobilisèrent leurs énergies pour rattraper le temps perdu. Ils inventèrent le moteur moléculaire, le molémoteur. Le charbon et le pétrole n’eurent plus de valeur. Le molémoteur ne coûtait presque rien et fournissait force, chaleur et lumière. En France, le sou remplaça le franc car le franc diminuait de valeur. Pour 20 sous, les piétons purent acquérir des patins à roulettes à molémoteur qui les propulsèrent sans fatigue sur les trottoirs. Le ciel des villes commença d’être emcombré par des hommes qui volaient avec deux ailes aux bras, un gouvernail aux pieds et un atome fusant au derrière. La Lune devint la reine de toutes les modes. Un chanteur obtint un succès international à la télé parce qu’il avait un visage rond, criblé de trous de la petite vérole. On construisit des gratte-ciel en forme de cirque, des autos en demi-globe, des meubles pivotants. Les femmes se fardèrent en blanc. Le gouvernement de SA Majesté britannique décida de faire construire en pleine forêt vierge africaine une ville atomique modèle, Moontown. Les hommes croyaient aux temps nouveaux et n’avaient plus peur de la guerre. Pendant ce temps, M. Gé venait d’engager 10 000 ouvriers supplémentaires pour hâter la construction de l’Arche.

 

6

 

Moontown était un cylindre creux, de 6 000 mètres de diamètres et 1 200 mètres de haut, posé sur sa base. Elle avait été construite en huit mois. Les habitations étaient des alvéoles. Les véhicules étaient transparents avec des molémoteurs. Il n’y avait pas de canalisations. Les molémoteurs faisaient tout. Il y avait des parcs, des jardins, des lacs et une piste permanente de sports d’hiver. Au dernier étage de Moontown, dans un appartement spécial, sous l’oeil des savants, des sociologues, des militaires et des délégués des syndicats, vivait le Civilisé Inconnu. C’était un citoyen anglais qui avait renoncé à son nom et à son passé. Tout ce que le progrès pouvait inventer était mis aussitôt à son service. Il était le banc d’essai et le modèle. Son vêtement était en tissu fait de courant d’air, de fumée de bois et de vapeur d’eau. Léger, infroissable, chaud dans les moments frais, frais quand le temps s’échauffait, il n’avait pas de couleur propre mais changeait de teinte selon le décor. Il buvait un liquide sans goût et des pilules parfumées au café, chocolat, frites. Il s’informait avec sa télécinéma. Il pouvait voyager sans bouger grâce à des techniques de simulation. Son examen médical était fait par des appareils. Son sang était changé régulièrement. On le débarrasserait de son appareil digestif considéré comme un nid à microbes et de ses poumons en oxygénant son sang par piqures biquotidiennes. Quand il travaillait, c’était en musique avec pour slogan « le travail c’est la liberté ».

 

7

 

Irène approchait de ses 24 ans. Elle avait failli trois fois se marier. Mais ses amants l’avaient quittée. C’était Gé qui opérait secrètement pour qu’elle garde sa virginité. Il envoyait des espions la surveiller en permanence. Irène se croyait libre. Elle ne se voyait pas différente des autres filles qui attendaient l’homme qui deviendrait leur maître (Barjavel se montre encore une fois profondément misogyne). Gé voulait trois vierges pour son Arche. Les deux autres étaient aussi surveillées qu’Irène. Il avait décidé de ne peupler l’Arche que de Français. Pour lui, ils n’avaient aucun caractère physique particulier, ni défauts ni qualités agressifs. L’Arche était presque terminée quand la fusée anglaise à molémoteur partit de Moontown vers la Lune.

 

8

 

La fusée anglaise devint satellite de la Terre. Elle envoya ses analyses de la Lune aux laboratoires terrestres. Les savants découvrirent que la Lune était ronde. Les foules regardaient sur leur télécinéma les images de la Lune envoyées par la fusée. Des gens croyaient voir des hommes ou des femmes alors qu’il n’y avait aucune vie sur la Lune.

 

9

 

Aline lisait un roman d’amour. Elle voulait trois enfants. Des garçons jugeant les filles trop bêtes (encore la misogynie de Barjavel). Elle avait 14 ans et se renseignait sur le sexe auprès de ses copines. Paul Jobet, le fils des concierges entra chez Aline pour regarder les images de la Lune sur la télécinéma. Il bricolait son écran et avait besoin d’aller chez Aline en attendant. Ils virent un morceau d’étoffe sur la Lune. Comme des milliers de téléspectateurs. Le général Hampton en déduisit que c’était un drapeau. Les journaux défendirent deux hypothèses, les hommes de la Lune avaient sorti leur drapeau en signe de fraternité ou de défense. Pourtant les savants ne trouvèrent aucun signe de vie sur les clichés. Les savants de Moontown ne retrouvaient pas le drapeau. Le professeur Tarcoloni de Milan résolut l’énigme par intuition. Pour lui le drapeau était un drapeau nazi ! En Allemagne, certains prétendirent qu’ Hitler avait fui avec un véhicule astronomique avec ses meilleurs savants vers la Lune. Ils reviendraient pour guider l’Allemagne vers la revanche. La presse et la radio allemandes se mirent à rappeler les droits imprescriptibles du Reich sur l’Autriche, la Bohême, l’Ukraine, la Pologne, le Danemark, la Flandre, l’Alsace, la Bretagne, Constantinople, Dakar et Narvik. L’ONU décida de mobiliser immédiatement les observatoires astronomiques, de créer sur tous les territoires immergés des postes de veille chargés de déceler les obus, fusées, soucoupes volantes ou autres engins pouvant provenir de la Lune, de faire patrouiller les océans, les mers et les lacs. Devant la gravité de la situation, le directeur du Laboratoire Astronomique de Moontown se décida à parler.

 

10

 

L’Arche était prête. Le pire pouvait maintenant advenir, et sans doute il ne tarderait point. M. Gé était dans l’Arche.

 

11

 

Sir Percival Perbrook, directeur du Laboratoire Astronautique de Moontown convoqua la presse. Il démentit les conclusions de Tarcoloni. Pour Perbrook, le drapeau sur la Lune était l’union Jack. C’était lui qui l’avait mis dans la fusée. Le drapeau était tombé de la fusée sur la Lune. Perbrook démissionna. La presse états-unienne fulminait contre l’impérialisme de Moontown. Les Etats-Unis ne pouvaient se permettre de laisser conquérir la Lune par un autre pays car ils étaient menacés par la surproduction atomique. L’URSS déclara que Perbrook était un imposteur aux ordres des trusts internationaux. Elle prétendit que le drapeau sur la Lune était son drapeau.

 

12

 

Les employés de l’UNESCO avaient abandonné l’Institution mais M. Collignot ne voulait pas partir. Paris s’était vidé comme en 1940. Comme toutes les villes du monde. Même les petits pays fabriquaient la nouvelle bombe. La course à l’uranium n’avait pas duré. Avec la nouvelle méthode, découverte en même temps par les principaux physiciens du monde, n’importe quoi devenait désintégrable. Les gens allèrent se réfugier dans les campagnes. Les fermes et les villages furent rasés par des millions de pieds. Les vaches avaient été mangées. L’exil se fit du Nord au Sud alors qu’on ne savait pas d’où viendrait la guerre. Les Etats-Unis voulèrent envoyer des hommes sur la Lune. Le président de l’ONU organisa une réunion à bord d’un transport autogyre à 12 000 mètres au-dessus du Pôle Nord. L’Angleterre, l’URSS et les Etats-Unis signèrent un traité d’amitié mais le lendemain la République du Libéria déclara la guerre à l’Albanie. Mme Collignot voulait partir mais attendait Irène qui n’était pas rentrée depuis qu’elle avait été convoquée au Ministère. Irène était partie à pied, tous les moyens de transport en commun ayant disparu. M. Collignot avait appelé le Ministère mais il n’y avait personne au standard. Aline n’avait pas peur, elle ne pensait qu’à l’aventure. M. Collignot était allé au Ministère mais il était désert. Les Jobet devaient partir alors les Collignot leur confièrent Aline. Elle finit par pleurer dans le camion des Jolibet. Mme Collignot, réalisant la perte de ses filles, s’évanouit.

 

13

 

Irène se trouvait nue dans une salle de bains. Elle ne se rappelait plus comment elle y était entrée. Mais elle n’était pas inquiète. M. Gé la regardait. Il n’y avait pas de curiosité malsaine car il avait eu toutes les femmes qu’il avait voulues. Il voulait seulement s’assurer qu’il avait vraiment rassemblé des êtres dignes de continuer l’espèce humaine. Contrairement aux autres gens que Gé avait capturés Irène n’avait pas paniqué. Gé pensait que c’était parce qu’elle n’était pas intelligente. Gé n’aimait pas l’intelligence et ne se croyait pas plus intelligent que la moyenne. Irène s’habilla et pensa à ses parents. Elle ouvrit les rideaux et s’étonna d’être loin de Paris. Elle sortit explorer l’Arche. Il y avait six autres appartements. Elle frappa à une porte. Une femme répondit.

 

14

 

Gé avait fait construire le Tube Electrique. Les gens ne disaient plus qu’ils prenaient le métro mais le Té. Des voitures en acier en forme de cylindre pointu aux deux extrémités, se déplaçaient à 500 kms dans un tube souterrain cerclé d’électro-aimants. Il y avait des affiches animés sur les murs du Tube. C’était au-dessous de l’usine atomique fournissant l’énergie au Tube que Gé avait construit l’Arche. Pour provoquer la fuite des ouvriers, Gé inspira quelques articles de journaux et de radio qui laissaient sous-entendre que la protection de l’usine souterraine n’était pas suffisante. Gé savait que la guerre atomique laisserait quelques survivants mais il craignait autre chose.

 

15

 

Gé parla aux femmes de l’Arche le soir de l’arrivée d’Irène. Elles étaient douze, réunies dans la grande salle du rez-de-chaussée. La raison commune de leur choix était leur beauté. Et cette raison même éclairait, croyaient-elles, lesdites intentions. Elles avaient toutes moins de trente ans. Elles étaient toutes assez larges de hanches. Elles avaient trouvé dans la salle du bas de quoi s’occuper (Barjavel pense que les femmes ne sont bonnes qu’à repasser, repriser, coudre ou tricoter) mais elles n’avaient rien fait. Elles avait pleuré pour en arriver inévitablement au bavardage, qui est l’occupation première des femmes (encore de la misogynie). A force de parler de ce qui leur arrivait, elles commençaient à l’oublier. Elles entendirent M. Gé mais sans le voir. Il leur expliqua que la guerre allait tout détruire et qu’il avait construit cette Arche pour douze hommes et douze femmes et des animaux. Il n’avait pas voulu sauver le chat, le rat, le lion et l’éléphant ou le porc. Il ne s’était pas occupé des poissons car il pensait qu’ils s’en tireraient. Il avait penser à sauver les arbres fruitiers et les céréales et les fleurs. Parmi les hommes, il y avait six cultivateurs, un maçon, un menuisier, un arracheur de dents et un musicien. Il n’y avait pas de médecin mais une sage-femme. M. Gé ne voulait pas de prêtre car il n’aimait pas le fanatisme. Les femmes ne pourraient rencontrer les hommes qu’à la sortie de l’Arche. Gé affirma qu’il n’était ni un philanthrope ni un mystique. M. Gé n’était pas sûr de survivre mais l’Arche continuerait de fonctionner automatiquement.

 

16

 

Lucien Hono entra sans prévenir dans le bureau de M. Gé. Il connaissait bien l’Arche car il était l’ingénieur qui avait dirigé les travaux. Il méprisait les hommes et ne voulut pas leur faire connaître ses travaux, c’est pourquoi il n’était pas devenu le nouvel Einstein. Il traita Gé de fou. Il était en colère car il voulait que les hommes crèvent. Gé lui avoua qu’il avait pensé à lui comme habitant de l’Arche. Hono était outré car il ne voulait pas être un reproducteur. Mais Gé avoua qu’il avait renoncé car il le trouvait trop laid. Hono se vanta de son intelligence qui pouvait sauver l’homme mais croyait que dieu avait voulu le fin de l’humanité. Hono voulait faire sauter l’Arche. Gé ne s’y opposait pas. Mais il lui dit qu’il agirait à la place de dieu en détruisant l’Arche. Hono pensait que Gé était le diable. Pour Gé, le diable était partout.

 

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03 octobre 2011

Chien de printemps

chien

Chien de printemps (Modiano)

 

Le narrateur avait connu Francis Jansen quand il avait 19 ans. C’était au printemps 1964 dans un café à Denfert-Rochereau. Le narrateur était avec une amie et Jansen avait sorti un Rolleiflex d’un sac. Il les photographia dans le café et dans la rue. Une revue états-unienne l’avait chargé d’illustrer un reportage sur la jeunesse à Paris. A la sortie du café, il dit : chien de printemps. Le narrateur et son amie raccompagnèrent Jansen dans son atelier près de la rue Froideveaux. Jansen avait de l’appréhension à se retrouver seul. L’atelier n’était meublé que d’un canapé gris et de deux fauteuils. Sur les murs il y avait la photo d’une certaine Colette Laurent et la photo de Jansen avec un autre homme assis dans une baignoire éventrée parmi des ruines. Jansen expliqua que c’était lui avec son ami Robert Capa, à Berlin, en août 1945. Il y avait trois valises dans la pièce, ce qui suggérait un départ imminent. Il faut croire que parfois notre mémoire connaît un processus analogue à celui des photos Polaroïd. Pendant près de trente ans, le narrateur n’avait guère pensé à Jansen. Puis il avait retrouvé la photo que Jansen avait prise de lui avec son amie. Il ne savait pas ce qu’il était devenu. Jansen ne figurait dans aucune collection sur les photographes célèbres. Jansen était né en 1920 à Anvers. Il avait à peine connu son père. Sa mère et lui avaient la nationalité italienne. Après quelques années d’études à Bruxelles, il quitta la Belgique pour Paris en 1938. Il travailla comme assistant de plusieurs photographes. Il suivit l’exode des réfugiés espagnols vers la frontière française avec Capa en 1939. Il suivit le Tour de France 1939 avec Capa. Il passa les deux premières années de l’Occupation à Paris. Il travailla pour le service photographique du magazine italien Tempo. Il fut interné comme Juif au camp de Drancy. Mais il fut libéré par le consulat italien. Puis il se réfugia en Haute-Savoie et il y attendit la fin de la guerre. De retour à Paris, il y retrouva Capa et l’accompagna à Berlin. Il travailla pour l’agence Magnum. Après la mort de Capa et de Colette Laurent, il se replia sur lui-même. Il partit pour le Mexique en juin 1964 et ne donna plus signe de vie. Il savait garder le silence dans on art et dans sas vie. Jansen avait demandé au narrateur ce qu’il voulait faire dans la vie, celui-ci répondit : écrire. Jansen comptait sur le narrateur pour créer le silence avec des mots. De tous les caractères d’imprimerie, Jansen préférait les points de suspension. Les trois valises contenaient les 25 ans de photographie de Jansen. Jansen avait publié un livre de photos, « Neige et soleil » en 1946 pour les Editions de la Colombière. Le narrateur voulut classer les photos. Jansen ne comprit pas pourquoi mais accepta. Jansen ne supportait plus de voir ses photos. Chacune d’elles était un remords. Derrière chacune des photos, il avait écrit une légende très détaillée qui indiquait la date à laquelle cette photo avait été prise, le lieu, le nom de celui ou celle qui y figurait et certains commentaires. Une certaine Nicole appela plusieurs fois. Le narrateur devait répondre que Jansen n’était pas là. Quelquefois, on sonnait à la porte. Jansen avait prié au narrateur de ne jamais ouvrir, car les « gens » risquaient d’entrer et de l’attendre dans l’atelier. Le « dernier carré » - comme il le disait lui-même – venait le relancer. Il y avait Nicole et aussi les Meyendorff, Jacques Besse et Eugène Deckers. La mort de Robert Capa et celle de Colette Laurent à quelque temps d’intervalle avaient produit une cassure dans la vie de Jansen. Le narrateur avait rencontré Colette Laurent dans son enfance. Elle lui avait demandé s’il travaillait bien en classe. Colette était morte dans des circonstances troubles au cours d’un voyage à l’étranger. Les parents du narrateur louaient, l’été, un minuscule bungallow à Deauville. Colette y était venue. Elle avait emmené le narrateur à la plage. Puis elle l’avait emmené à l’hôtel Royal pour qu’il demande s’il y avait une lettre pour elle. Il y en avait bien une. Le narrateur avait acheté deux cahiers rouges pour lui et pour Jansen afin de répertorier les photos. Le narrateur se demandait si les trois valises n’avaient pas disparu avec Jansen. Jansen lui suggéra de faire une répertoire général où seraient mentionnés par ordre alphabétique les noms et les lieux qui figuraient sur les photos. Le narrateur s’exécuta. Un grand nombre des photos étaient des photos de Paris ou des portraits. Il n’y avait aucun goût pour le pittoresque mais tout simplement le regard de Jansen avec l’expression triste et attentive. Jansen avait servi de conseiller technique bénévole à certains jeunes metteurs en scène du début des années 60. Il avait laissé quelques notes sur la lumière naturelle. Quand Jansen n’avait plus un sou, Capa lui avait trouvé un travail très facile et très bien rémunéré. Il s’agissait d’aller chez une Etats-unienne, quai de Passy, avec tout le matériel nécessaire aux photos de studio. L’Etats-unienne voulait plusieurs portraits d’un certain « Michel L. », dans le style des photographes de Hollywood. Le narrateur avait cru revoir cet homme jouer aux boules 40 ans plus tard. Le narrateur regrettait aujourd’hui de n’avoir pas pris quelques photos dans les valises. Il regrettait aussi de ne pas lui avoir parlé de Colette Laurent. Le narrateur n’avait gardé qu’une photo de Jansen, celle de Colette Laurent. Jansen appelait le narrateur, le scribe. Il lui téléphonait pour être sûr que personne ne l’attendait chez lui pour pouvoir rentrer tranquille. Au début, à cause de ce que que lui en disant Jansen, le narrateur considérait Nicole comme un danger. Un jour, le narrateur ouvrit à Nicole et lui dit qu’il était un ami de Francis Jansen. Il lui expliqua ce qu’il faisait avec les photos. Elle lui demanda d’intervenir pour elle et demander à Jansen de lui accorder une dernière entrevue. Elle le connaissait depuis six mois. Elle devait avoir 25 ans. Elle voulut savoir comment il avait connu Jansen. Il l’encouragea à l’attendre. Jansen avait photographié Nicole. La veille Jansen avait invité le narrateur dans un restaurant et lui avait offert son Rolleiflex car il arrêtait la photo. Nicole lui avoua qu’elle vivait avec un homme jaloux. Elle ne voulait pas qu’il la découvre chez Jansen. Il l’avait vue avec Jansen dans un restaurant et l’avait giflée. C’était un mime. Le narrateur l’avait croisé une fois et il cherchait sa femme. Il ressemblait vaguement à Gérard Philippe. Son nom de scène était le mime Gil et il exécutait un numéro sur des poèmes de Jules Laforgue lue par Nicole sur une bande. Nicole n’avait plus d’estime pour lui. Le narrateur la raccompagna chez elle. Elle lui donna son numéro pour qu’il l’appelle en cachette quand Jansen serait revenu. Ils se baladèrent dans Paris pour retarder ce que Nicole appelait « la rentrée en prison ». Quand elle rentra chez elle, elle savait que son mari la tabasserait. Puis après s’être fait frapper et violer par son mari, Nicole sortit avec lui et passa devant le narrateur comme si elle ne le connaissait pas. Mais au bout de la rue elle se retourna et lui adressa un léger signe de la main. Un après-midi de mai, le narrateur parla de Nicole avec Jansen. Jansen la trouvait très gentille mais il avait l’âge d’être son père. Quand ils sortirent, le mime Gil les attendait. Il gifla le narrateur. Alors Jansen entraîna le narrateur. Mais Gil les suivit ce qui rappela à Jansen le policier qui l’avait filé avant la rafle. Il les rattrapa puis haussa les épaules et s’éloigna. Jansen prit la décision de quitter Paris.

 

Jansen avait réuni quelques amis chez lui avant son départ. Ils étaient quatre, assis à une distance très grande les uns des autres. Jansen avait dressé un buffet qui contribuait au caractère insolite de cette soirée. Il y avait les Meyendorff. L’homme avait demandé au narrateur ce qu’il comptait faire dans la vie. Il avait été médecin mais n’exerçait plus. La femme avait un léger accent états-unien. Il y avait Jacques Besse et Eugène Deckers. Jacques Besse avait été un musicien talentueux dans sa jeunesse. Eugène Deckers consacrait ses loisirs à la peinture et avait aménagé un immense grenier dans l’île Saint-Louis. Il jouait pour gagner sa vie les seconds rôles dans des films anglais de série B car il était bilingue. Les convives burent un verre dehors, devant l’atelier. Le malaise du début de la soirée se dissipait. Jansen demanda au narrateur s’il était content. Il lui dit que la vie commençait pour lui. Jansen raconta au narrateur que Mme de Meyendorff était une adepte des sciences occultes et du spiritisme. Le docteur de Meyendorff occupait ses loisirs à l’étude de la Grèce ancienne et avait écrit un petit ouvrage consacré au mythe d’Orphée. Jansen avait participé à des séances de spiritisme avec Mme de Meyendorff. Jansen avait connu les Meyendorff avant la guerre. Mais ils avaient dû partir en 1940 car Mme de Meyendorff était états-unienne. Ils avaient laissé leur appartement à Jansen ainsi que leur maison de campagne où il avait passé les deux premières années de l’Occupation. Le narrateur aurait pu interroger les Meyendorff s’il avait voulu écrire un livre sur Jansen.

Il y avait une quinzaine d’années, le narrateur feuilleta le cahier rouge et découvrit la carte de visite du docteur de Meyendorff. Il composa le numéro mais celui-ci n’était plus attribué. Il alla à son adresse mais la concierge ne connaissait personne de ce nom-là. Il y avait une autre adresse à Fossombrone. Il y alla mais la maison avait l’air abandonnée. Alors il se renseigna auprès de la voisine qui lui dit que la maison n’était plus habitée depuis longtemps. Les propriétaires étaient en Amérique. La femme lui indiqua un trou dans la grille pour entrer dans la maison des Meyendorff. C’était bien là que la photo de Colette Laurent et des Meyendorff avait été prise par Jansen. Le narrateur ne revint jamais à Fossombrone. En 1974, il avait croisé Jacques Besse à Paris. Mais celui-ci ne l’avait pas reconnu et l’avait évité. Il avait vu Eugène Deckers dans la série « Le Saint ». Perdu dans ses souvenirs, un soir où le narrateur se promenait, il se prit pour Jansen. La veille du jour où Jansen avait quitté Paris, le narrateur était venu à l’atelier pour ranger les photos dans les valises. Jansen le félicita pour son travail. Ils déjeunèrent au restaurant et Jansen photographia l’hôtel de la rue Boissonade. c’était là qu’il avait vécu à son arrivée à Paris. Puis ils allèrent au café de la Paix, boulevard des Italiens. Le narrateur y allait avec son père quand il était enfant et se pesait sur la balance alors il recommença ce rituel. Il eut un malaise alors Jansen lui offrit un verre de lait. Ils allèrent dans les jardin des Champs-Elysées. Jansen prit des photos. Ils allèrent avenue Matignon, Faubourg Saint Antoine et burent un verre dans le café voisin de l’agence Magnum. Jansen y allait autrefois avec Capa. C’était dans ce café qu’il avait connu Colette. Jansen prit une photo du narrateur. Le narrateur raccompagna Jansen qui lui posa des questions sur son avenir. Ils s’assirent sur un banc avenue du Maine et un chien vint les renifler. Il les suivit jusqu’à la rue Froidevaux. Le chien entra dans l’atelier. Jansen serra la main du narrateur et lui dit : merci pour tout. Le lendemain, Jansen avait disparu. Il avait laissé une pellicule. Le narrateur fit développer les photos. C’étaient les photos que Jansen avait faites lors de leur dernière promenade. Jansen n’avait rien laissé chez lui. Le chien était peut-être le sien. Le narrateur ne lui en voulait pas et le comprenait. Il ne pouvait présager de l’avenir, mais d’ici une trentaine d’années, quand il aurait atteint l’âge de Jansen, il ne répondrait plus au téléphone et disparaîtrait, comme lui, un soir de juin, en compagnie d’un chien fantôme.

 

Trois ans plus tard, le narrateur pensa beaucoup à Jansen. Un éditeur venait d’accepter de publier son premier livre. Il était sorti d’une période d’incertitude et aurait voulu que Jansen soit à côté de lui pour partager son soulagement. Il n’avait pas réussi à créer le silence avec des mots et Jansen aurait sans doute trouvé son premier livre trop bavard. Il feuilleta « Neige et soleil ». Jansen y communiquait le silence. Jansen avait photographié Paris. Il était à la recherche d’une innocence perdue et de décors faits pour le bonheur et l’insouciance, mais où, désormais, on ne pouvait plus être heureux. Il pensait qu’un photographe n’est rien, qu’il doit se fondre dans le décor et devenir invisible pour mieux travailler et capter -comme il disait – la lumière naturelle. Le narrateur se promenait rue Royer-Collard. Il y avait une librairie où Jansen avait rencontré le peintre Wols. C’était Wols qui lui avait appris à photographier ses chaussures. Le narrateur s’assit au jardin du Luxembourg et écouta deux femmes discuter. Sa tension se relâchait. Il n’était plus rien. A la fermeture des grilles, il ne resterait de lui que l’imperméable qu’il portait, roulé en boule, sur un banc. Les derniers jours avant sa disparition Jansen semblait à la fois plus absent et plus préoccupé que d’habitude. L’hôtel où il dormait était à une centaine de mètres de celui où il habitait à son arrivée à Paris et que, pour franchir cette courte distance, il lui avait fallu près de trente ans. Jansen avait dit au narrateur qu’il s’était rendu aux consulats de Belgique et d’Italie pour obtenir un extrait d’acte de naissance pour son départ. On lui avait transmis l’état civil d’un autre Francis Jansen qui était mort en déportation en juin 1944. Il pensait qu’un frère, un double était mort à sa place à une date et dans un lieu inconnus et son ombre finissait par se confondre avec lui.

 

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26 septembre 2011

Chantier II

 

 

7/12/1973

 

Georgie refit le cauchemar avec le chien et Charlie. Cela le réveilla. Il alla voir Olivia. Elle ne dormait pas et ils firent l’amour. Elle eut un orgasme ce qui lui arrivait rarement. Le lendemain, ils mangèrent ensemble. Elle redemanda ce qu’il allait faire de sa vie. Il n’y avait pas réfléchi mais maintenant tout lui semblait réel comme d’avoir fait l’amour avec Olivia. Elle en fut heureuse. Ils retournèrent au chantier. De loin, Olivia trouvait qu’on aurait dit des gosses s’amusant avec des Dinky-Toys sur un tas de sable. Olivia avait pris les 200 dollars sans hésitation ni embarras. Ils reprirent la route Olivia lui raconta sa vie. Elle était en troisième année à l’université du New Hampsire. Elle vivait en dehors du campus avec un type avec qui elle se droguait. Elle parla des romans de Ride Haggard. Georgie connaissait. Elle raconta ses trips sous acide. Elle avait débouché l’évier une fois et avait cru y trouver une main de mec. Jeff, son copain, lui manquait toutes les nuits. c’était une idéaliste et pourtant elle voulait aller à Las Vegas. Elle voulait y travailler. Elle offrit de la mescaline à Georgie. Il voulut qu’elle l’appelle à Noël mais elle refusa. Elle l’aimait bien mais elle pensait qu’on lui avait jeté un sort. Elle avait l’impression qu’il allait faire quelque chose de complètement cinglé. Il l’insulta alors elle descendit de la voiture. Elle lui dit au revoir et le félicita pour ses performances sexuelles. Georgie roula et rentra chez lui. Il voulait voir la démolition de la blanchisserie. Il comptait même emmener un pique-nique. Il se saoula et se masturba devant la télé.

 

8/12/1973

 

Georgie appela ses beaux-parents, Lester et Jean Calloway. c’est Mary qui décrocha. Elle voulut savoir où en était sa réserve d’alcool. Il répondit qu’il avait arrêté de boire. Ils parlèrent de divorce mais Mary ne savait pas ce qu’elle voulait. Elle n’y comprenait plus rien et lui non plus. Elle pensait que c’était à cause de Charlie. Elle aussi le pleurait tous les jours. Il proposa un déjeuner à Mary et elle accepta. Mais elle lui ordonna de ne pas boire avant. Il promit. Elle lui conseilla de voir un psy. Elle ne reviendrait pas s’il refusait. Il avait besoin d’une aide qu’elle ne pouvait pas lui donner. Il n’avait pas besoin d’elle pour lui apprendre alors il lui dit au revoir.

 

9/12/1973

 

Georgie roula 500 kms. Freddy revint le torturer. Il écouta la radio. Une annonce déconseillait de stocker de l’essence qui pouvait se révéler aussi dangereuse que de la dynamite. George sourit.

 

10/12/1973

 

Georgie alla à son rendez-vous chez Andy’s. Il commanda un scotch puis d’autres. Mary arriva. Il commanda à manger et un autre scotch. Mary ne broncha pas. Elle voulut savoir ce que George voulait. Elle semblait devenue sophistiquée et dangereuse. Il accepta d’aller voir un psy. Elle lui conseilla de prendre rendez-vous cet après-midi même. Mais il était au chômage et pensait ne pas avoir l’argent pour un psy. Mary répondit qu’elle vivait de la charité de ses parents. Mais Georgie savait qu’ils étaient riches. Mary lui demanda s’il voulait divorcer. Il répondit non. Elle lui demanda s’il voulait qu’elle revienne mais elle-même ne savait pas. Elle lui dit qu’elle avait failli ne pas l’épouser. Une partie d’elle-même s’y était refusée. Elle avait hésité pendant trois jours en vomissant. Mais elle avait été heurese avec lui. Georgie en doutait et voulut partir. Elle s’était sentie indépendante pour la première fois pendant ses trois jours de doute. Mais elle n’aurait eu personne sur qui compter si elle avait quitté Georgie alors elle avait fait ce qui était raisonnable. Elle pensait que Georgie avait été bon avec elle mais elle ne pensait plus par elle-même. Maintenant qu’elle pouvait penser, elle avait mal alors elle voulait que Georgie pensa à sa place. Georgie mentit en disant qu’il allait chercher du travail, consulter un psy et se reprendre. Il accepta qu’elle revienne mais voulait attendre deux ou trois semaines. Puis Mary savait que la maison serait détruite et qu’elle disait n’importe quoi. Elle s’en alla et Georgie l’insulta. Il paya l’addition et s’en alla.

 

12/12/1973

 

Georgie avait fait une liste de noël. Il avait supprimé la plupart des noms. Il vivait sur l’argent de son assurance-vie. Il pourrait tenir jusqu’à la mi-mars. Il s’en moquait. Il acheta une broche en argent pour Mary. Il se dit qu’il aurait pu se payer trois séances de psy à la place. Il acheta des poupées pour ses nièces. Il acheta un GI Joe pour Bill et un jeu d’échecs pour Andy. Georgie rencontra Vinnie. Il était devenu directeur de cinéma. Il gagnait plus qu’à la blanchisserie. Georgie lui conseilla de se tirer de là car Amroco qui possédait le cinéma, ne le considérait que comme un garçon de bureau de luxe. Vinnie lui répondit que tout le monde le croyait fou. Georgie lui affirma qu’il n’aurait jamais de promotion. Il lui conseilla de chercher un autre boulot. Alors Vinnie le frappa. Georgie s’étala au sol.

 

17/12/1973

 

Tom appela Georgie. Il lui annonça que le Ruban Bleu serait rasé le lendemain. Georgie s’excusa de l’avoir mis dans la merde mais Tom avait trouvé un travail. Ordner avait appelé Tom pour savoir si Georgie détournait du matériel et du liquide du Ruban Bleu. Tom apprit à Georgie, que Arnie, le frère de Johnny Walker, s’était suicidé. Georgie comprit pourquoi.

 

18/12/1973

 

Georgie alla voir la démolition du Ruban Bleu. Ses collègues étaient là mais l’évitèrent. Steve Ordner le regardait imperturbablement de sa voiture. Après la démolition, George le plein et rentra chez lui. Il alla à la cave pour prendre des bouteilles vides et siphonna son réservoir pour remplir les bouteilles d’essence. Il introduisit une grosse mèche en chiffon dans chaque bouteille. Il rongea les cocktails Molotov dans un carton qu’il laissa dans sa voiture. Puis il regarda la télé. Il pensa à Ordner qui voulait le traîner devant les tribunaux. Il se sentit submergé d’amour pour sa maison et d’un fort besoin de protection. Il ne permettrait pas qu’elle soit démolie. Charlie y avait fait ses premiers pas. Après la mort de Charlie près de cent personnes étaient venues les voir. Il monta dans sa voiture et pensa à Arnie Walker qui s’était suicidé avec le gaz d’échappement de sa voiture. Il alla chercher des allumettes et regagna la voiture. En roulant il pensa à Mary qui venait d’une famille catholique et avait fréquenté une école confessionnelle. Elle avait renoncé aux concepts religieux mais avait conservé certaines attitudes viscérales. Un jour, à sa demande, Mary lui récité toute la liste des péchés véniels et mortels. Il y avait la volonté consciente de faire le mal et le suicide. Il arriva au chantier. Il aspergea la cabine de la grue d’essence et y mit le feu. Georgie était en extase. Il glissa et tomba ce qui lui sauva la vie car le réservoir de la grue explosa projetant des débris sur quinze mètres. Sa voiture fut touchée sur la vitre arrière. George remonta dans sa voiture et lança des cocktails Molotov sur les engins du chantier. Il dut passer par Heron Place pour éviter la police et les pompiers. Il rentra chez lui. Il eut peur d’avoir laissé ses gants sur le chantier mais les retrouva. Il pensa à ce qui arriverait si la police l’arrêtait. Mary demanderait le divorce et tout le monde le traiterait de fou. Il s’endormit et rêva qu’il se suicidait.

 

19/12/1973

 

Il se réveilla avec une affreuse gueule de bois. Il prit de l’Excedrin. Il alluma la radio qui annonçait l’incendie du chantier. Le bureau du chantier avait été entièrement ravagé. Georgie exalta. Mais la grue ne serait hors service que deux semaines. La destruction du bureau retarderait le chantier d’un mois. La police cherchait des témoins. Georgie jeta le seau de Mary et ouvrit le garage pour que l’odeur d’essence se dissipe. Comme il était le dernier habitant de Crestallen street west, il serait logique que la police vienne le voir mais Georgie n’avait pas peur de la prison, il avait peur du suicide.

Il appela Mary qui lui souhaita joyeux noël. Il parla des cadeaux qu’il avait achetés. Elle lui demanda s’il avait vu un psy. Il mentit en prétextant qu’ils n’étaient pas disponibles. Georgie donna rendez-vous à Mary.

 

21/12/1975

 

Mary s’était éclairci les cheveux. Les tempes de Georgie grisonnaient. Mary trouvait que cela lui donnait un air distingué. Il partit après avoir donné les cadeaux à Mary en prétextant un rendez-vous pour un travail. Elle lui demanda ce qu’il faisait pour Noël. Elle l’invita. Ils ne seraient que tous les deux. Il refusa. Ils échangèrent un baiser triste et froid. Wally les avait invités pour le nouvel an. Aucun employé de la blanchisserie n’y serait. Il ne savait pas s’il y irait. Il embrassa Mary avec plus de coeur.

 

24/12/1973

 

Georgie alla à Norton pour remplacer la vitre arrière de sa voiture. Il alla dans une blanchisserie. Il trouva un journal qui parlait du chantier. Un politicien disait que le vandalisme ne serait pas toléré. En sortant de la laverie, il vit un père-noël de l’armée du Salut. Il lui donna de l’argent.

 

25/12/1973

 

A dix heures du matin, Olivia appela Georgie. Elle était à Las Vegas. Elle s’était faite violer dans une soirée de drogués. Il lui proposa de l’argent mais elle refusa. Elle était serveuse dans un fast-food. Georgie lui dit qu’il voulait se suicider. Il voulait qu’Olivia arrête la drogue. Il lui enverrait 500 dollars. Il lui conseilla de trouver un travail intéressant mais elle ne voulait pas alors il raccrocha. Olivia rappela mais il refusa l’appel en PCV. Mary l’appela et il mentit en disant qu’il allait bien et qu’il irait manger une dinde dans un restaurant. Mais il irait chez Walker pour le nouvel an. Cela fit plaisir à Mary. Magliore l’appela. Il le félicita pour le chantier. Mais ils avaient tout le matériel en double et les travaux allaient reprendre. Magliore lui dit que 1974 ne serait pas une bonne année pour Georgie.

 

26/12/1973

 

Georgie reçut une lettre de la municipalité qui ne pourrait lui verser de compensation tant qu’il n’aurait pas renvoyé un formulaire. Georgie devrait être relogé avant le 20 janvier 1974 et avoir quitté son domicile avant le 19 janvier. Georgie jeta la lettre.

Il repensa au docteur Younger qui lui avait annoncé que Charlie avait une tumeur au cerveau. Georgie avait été voir Charlie à l’hôpital. La maladie lui faisait dire des obscénités. La tumeur était irréparable. Sa première pensée, très claire et nette, à jamais impardonnable, avait été : dieu merci, ce n’est pas à moi que cela arrive. Puis il avait commencé à pleurer son fils. Charlie mourut en octobre après trois semaines de coma. Georgie ne cessait de tomber sur des affaires de Mary. C’était mauvais de trébucher tout le temps sur son passé. Après la mort de Charlie, il n’avait plus jamais versé une larme sur lui, même pas à son enterrement. Mary, elle, avait beaucoup pleuré. Mais en fin de compte, ce fut elle qui guérit le mieux. Mais elle avait changé. Elle pleurait pour des vétilles. Elle n’aimait plus la musique folk. Elle n’allait plus chez le coiffeur. Georgie portait Charlie en lui mais ne s’était réellement pas rendu compte que ces pensées le changeaient de façon aussi profonde et irrévocable.

 

31/12/1973

 

Georgie alla chez Walker. En retrouvant la mescaline qu’Olivia lui avait donnée, il repensa à elle. Georgie vit que la voiture d’Ordner n’était pas là. Georgie avala le cachet de mescaline. Une femme vint l’embrasser sur la bouche. C’était Tina Howard. C’était son premier amour. Wally l’accueillit. Georgie écouta les conversations. Un type racontait une histoire drôle. Il vit Mary danser avec un homme. Elle portait une robe qu’il ne lui avait jamais vue. Il n’en ressentit aucune émotion. Mary vint lui présenter Dick Jackson. C’était un camionneur. Mary était partie. Georgie alluma une cigarette. Il ne fumait plus qu’en des occasion comme celle-ci. La mescaline commença à le faire triper. Mary revint. Elle lui donna un sandwich. Il se dit que Mary serait horrifiée si elle avait su qu’il avait pris de la drogue. Elle aurait appelé le SAMU ou la police. Il vit tous les pores de la peau de Mary. Il rit puis alla aux toilettes. Mais il fut incapable d’uriner. Le mur sembla se tordre. L’eau des toilettes était rose. Mary le regarda inquiète. Il dit qu’il avait des hallucinations. Elle voulut savoir ce qu’il avait pris et il dit que c’était de la mescaline. Elle voulait l’emmener chez un médecin mai sil rit. Le visage de Mary prit un aspect écailleux, rappelant vaguement une anguille. Il lui demanda d’arrêter de l’emmerder. Alors elle le laissa en lui demandant de ne pas lui faire honte. Georgie croyait que les gens savaient qu’il s’était drogué et qu’ils parlaient de lui. Alors il s’enferma dans le cabinet de travail de Walker. l’effet de la mescaline devenait de plus en plus fort. La chaîne de l’existence normale s’était rompue, répandant au hasard des perles de réalité. Sa conscience du temps était détruite. Ce n’était pas du tout comme l’ivresse de l’alcool. Cette folie-là le pénétrait de part en part. Un homme était dans le cabinet de travail. Il se présenta, Phil Drake. Georgie lui dit qu’il avait pris de la mescaline. Drake lui demanda si c’était un bon trip. Georgie répondit que c’était bon et mauvais. Il voulut savoir combien de temps cela allait durer. Drake lui répondit jusqu’à une heure et demie du matin. Drake lui expliqua qu’il était curé et travaillait pour S.O.S. Amitié. Il aidait les clochards dans les rues. Georgie voulait parler de son âme. Il voulut savoir ce qui se passerait s’il se suicidait. Drake ne savait pas ce qu’il adviendrait de l’âme de George. Drake lui demanda ce que faisait son corps et George sentit son corps occupé. Il voulut savoir si l’âme était immortelle. Drake croyait en une forme de survie. Le suicide était mal mais Drake ne voulut pas répondre à George sur la question du péché mortel. Drake raccompagna George chez lui. Il rentra en taxi et conseilla à George de ne plus penser au suicide, que c’était bon pour les filles. George regarda la télé. La boule de Times Square s’apprêtait à entamer sa descente vers 1974. Alors George démolit sa télé avec un marteau. George s’endormit et ne fit aucun rêve.

 

3

Janvier

 

5/1/1974

 

Après son trip à la mescaline, George sentit son esprit tout propre. Mary l’avait appelé le 1er janvier. Il lui avait répondu calmement. Elle avait mentionné la possibilité d’un divorce. Il ne comprenait pas pourquoi il avait cassé sa télé et cela lui rappela ce que l’on allait faire à sa maison. Il était au supermarché. Devant lui une jolie femme tomba. Ses yeux s’étaient révulsés comme ceux de Charlie quand il avait ses crises. Un employé arriva en courant. Georgie dit qu’elle devait avoir une crise d’épilepsie. Un docteur, venu faire les courses avec sa femme, la déclara morte. George vit cela comme un présage. Il rentra chez lui et repensa aux affaires de Charlie. Il ne savait plus ce qu’ils en avaient fait après sa mort. Il monta dans le grenier. Il regarda ses agendas d’école et de lycée. Il trouva les vêtements de Charlie.

 

7/1/1974

 

A dix heures un quart du matin, un homme sonna à la porte. C’était un avocat, Philip T. Fenner, et son client était la municipalité. Il lui apportait un formulaire de relogement. Georgie lui offrit un café. Il appela Mary mais tomba sur sa belle-mère qui le traita de fou. Il lui demanda si Fenner était venu la voir. C’était le cas. Georgie pensait que l’avocat voulait le faire déclarer irresponsable. Mary avait dit à Fenner que Georgie avait l’intention de voir un psy. George la rassura et raccrocha. Il demanda à Fenner s’il devait appeler Ordner mais l’avocat répondit que personne ne cherchait à lui nuire. Pourtant Fenner rappela à Georgie que celui-ci avait écrit au journal contre le chantier. Il avait, de plus, ignoré toutes les communications concernant sa maison. Fenner avait peur que Georgie convoque la presse le 20 janvier. Fenner ne comprenait pas pourquoi Georgie refusait l’argent proposé par la municipalité. Lui-même aurait extorqué la ville si on l’avait délogé. Georgie voulut savoir si Fenner le trouvait cinglé. L’avocat s’était posé la question. Georgie affirma qu’il pourrait trouver un avocat qui pourrait faire traîner la situation jusqu’en septembre. Alors Fenner proposa 5000 dollars de plus et ne dirait pas un mot d’Olivia. Georgie se retint de lui casser la gueule. Il lui demanda son numéro pour l’appeler dans l’après-midi et lui donner sa décision. Georgie fit un point sur la situation. La municipalité savait tout sur Olivia et en parlerait à Mary s’il refusait le relogement. Mais Georgie savait que son mariage était compromis. Sa maison devait être truffée de micros. A 15 heures, il téléphona à Fenner pour lui dire d’envoyer le formulaire. Il viendrait au bureau de Fenner le rapporter en échange du chèque. De plus il ne voulait plus être importuné avant le 20 janvier. Fenner était ravi mais Georgie lui dit d’aller se faire foutre.

 

8/1/1974

 

Georgie alla voir Magliore. Il lui parla des micros cachés dans sa maison. Magliore lui dit qu’il avait eu du pot car si Georgie avait été filé, il serait en prison. Magliore dit à Georgie : « Vous me demandez de commettre un péché mortel ». Georgie voulait qu’il tue quelqu’un et lui proposa de l’argent. Mais ce n’était pas une question d’argent. Magliore voulut réfléchir. Il envoya ses hommes enlever les micros chez Georgie.

 

9/1/1974

 

Georgie alla à la banque pour porter le chèque de la municipalité de 34 290 dollars et pour retirer la même somme en liquide. Après consultation de son chef, l’employée lui remit l’argent. Arrivé chez lui, il mit l’argent dans une chope à bière poussiéreuse, posée sur le haut du buffet de la cuisine. Il s’assit, fit quelques calculs, et vit qu’il restait 35 053 dollars et 49 cents sur le compte qu’il possédait en commun avec Mary. Il glissa un chèquier dans l’enveloppe et y marqua le nom de Mary et l’adresse de ses parents.

 

10/1/1974

 

Georgie attendait l’appel de Magliore. Il avait pris de l’argent dans la choppe et s’était acheté quatre disques de rock. Il repensa à tout ce qu’il avait fait depuis que Mary était partie et se sentit vivant. Il s’imaginait voyager avec Olivia. Il s’endormit et rêve de Charlie.

 

11/1/1974

 

Magliore l’appela. Il acceptait de travailler pour lui pour 9000 dollars. Il lui donna rendez-vous demain soir dans un bowling. Georgie voulait placer son argent chez Magliore. Il acceptait d’en parler.

 

12/1/1974

 

Roy et Allen, deux hommes de Magliore, attendaient Georgie au bowling. Il joua avec eux. Roy expliqua à Georgie qu’il avait de la dynamité pour lui et lui expliqua comment s’en servir. Ils allèrent au parking. Georgie leur donna les 9000 dollars contre la dynamite. Georgie rentra chez lui avec la caisse de dynamite.

 

13/1/1974

 

Il se rendit en voiture dans les bas quartiers et erra au hasard dans les rues, cherchant l’établissement tenu par Drake. Il n’y avait que deux clients dans le bar. Drake leva les yeux du magazine qu’il lisait. Georgie le remercia pour son aide. Il lui donna de l’argent pour ses oeuvres. Il y avait 5 000 dollars. Il lui expliqua que cela venait de la vente de sa maison et que sa femme n’était pas au courant de ce don car ils allaient divorcer. Drake refusa l’argent en disant qu’un homme pour qui l’argent ne compte pas n’accorde pas davantage de prix à la vie. Drake était financé par des richards. Il faisait des tournées de conférences. Il parlait aux dames de la haute société à l’heure du thé. Cela ne lui plaisait pas mais c’était son boulot et ça faisait partie de sa pénitence. Mais il ne faisait pas dans la nécrophilie et refusait donc l’argent de Georgie. Il lui conseilla de bien réfléchir avant de commettre l’irréparable. Alors Georgie donna l’argent à un des clients paumés et partit.

 

14/1/1974

 

Il alla dans le centre et acheta chez Sears Roebuck une batterie pour automobile et une paire de câbles de démarrage. Il les rangea chez lui. Il n’avait plus peur de la police car il était déjà allé trop loin pour cela.

 

15/1/1974

 

Georgie retourna chez Magliore. Il lui proposa 3 000 dollars pour retrouver Olivia et 15 000 pour les donner à la fille. Magliore comprit que Georgie le prenait pour son exécuteur testamentaire. Georgie lui faisait peur car il avait l’impression que rien ne pouvait le faire dévier du cap qu’il s’était fixé. Mais Magliore accepta à condition que Georgie ne l’appelle plus.

 

16/1/1974

 

Il mit l’enveloppe contenant le carnet de chèques dans sa poche et sortit la mettre dans la boîte aux lettres du coin de la rue. Il alla voir « L’exorciste ». Quand la petite fille vomit sur un prêtre catholique, il y eut des applaudissements au fond de la salle.

 

17/1/1974

 

Mary l’appela. Il lui dit qu’il avait vendu la maison et avait loué une ferme à la campagne. Mary était contente. Elle voulut savoir pourquoi il avait partagé l’argent en deux. Il parla du divorce. Elle acceptait tout en affirmant qu’elle n’était pas son ennemie. Elle allait reprendre ses études. Elle voulait l’aider. Mais il refusa. Elle voulut savoir si il avait couché avec une autre femme. Il répondit non et lui retourna la question. Elle l’assura que non. Il parla du premier jour de garderie de Charlie. Charlie avait pleuré alors Georgie avait voulu le ramener à la maison mais pas Mary. Il se dit que Charlie avait commencé à mourir bien longtemps avant de tomber malade. Mary ne voulait pas que Georgie pense trop à Charlie car il en devenait prisonnier. Elle allait voir l’avocat la semaine suivante. Elle avait peur que Georgie change d’avis pour le divorce mais il la rassura.

 

18/1/1974

 

Georgie appela Ordner pour lui demander si Amroco avait pris une décision pour trouver un nouveau local pour la blanchisserie. Amroco avait décidé de se retirer du blanchissage industriel. Seules les laveries automatiques seraient gardées sous le nom de Prati-Lave. Georgie voulait que Ordner laisse Vinnie tranquille. Ordner répondit que cela ne le regardait pas. Georgie lui dit qu’il savait qu’Ordner avait enquêté sur lui. Ordner voulut savoir où il avait eu cette information. Mais Georgie mentit en disant que c’était quelqu’un d’Amroco et raccrocha.

 

19/1/1974

 

Georgie essaya son magnum. Il tira sur son garage. La balle avait fait un trou dans le mur de la taille du diamètre d’une canette de bière. La balle avait traversé le garage et la voiture. Il rentra chez lui, se fit un café et pleura. Puis il dormit.

 

20/1/1974

 

Georgie verrouilla les portes. Ensuite, il alla prendre la batterie et les câbles dans le placard du living ; il les déposa derrière le fauteuil de son living. Il monta la caisse d’explosif à l’étage. Il sortit deux bâtons d’explosif de la caisse et les monta au grenier. Il colla deux autres bâtons sur la trappe. Il en mit dans toutes les pièces et dans sa voiture. Il mit un disque des Rolling Stones et but. Fenner arriva avec la police.

 

  • Temps suspendu, 20/1/1974

 

Georgie dialogua intérieurement avec Freddy. Il avait peur.

 

20/1/1974

 

George tira sur la voiture de patrouille. Un policier tira à trois reprises. Georgie tira sur un attaché-case laissé au sol et l’explosa. Il tira sur l’autre voiture. Les policiers ripostèrent. Fenner fit cesser le feu pour parler avec Georgie. Mais Georgie s’en moquait. D’autres voitures de police arrivèrent et Georgie leur tira dessus. Deux flics essayaient d’escalader la clôture du jardin des voisins alors il leur tira dessus pour les contraindre à regagner leur abri. Deux policiers essayaient de nouveau de le prendre de revers. Il leur tira dessus. D’autres policiers arrivèrent. Georgie continuait de tirer. Il fut touché à la cuisse. La télé arriva. Georgie promit d’arrêter de tirer si on le laissait parler aux journalistes. Fenner refusa. Mais un journaliste approcha. Les policiers détruisirent sa caméra. La police annonça qu’elle allait attaquer alors Georgie prévint qu’il avait des explosifs. Dave Albert, un journaliste entra chez George. George lui demanda d’annoncer à la police qu’il serait tué si la télé n’installait pas ses caméras. La police accepta. Georgie dit à Albert qu’il voulait avoir à nouveau 20 ans pour tout recommencer. Albert compris que Georgie était bourré. Le journaliste voulut savoir où Georgie avait eu les explosifs et il répondit dans ses sabots de Noël. George fut interviewé. Il expliqua qu’il était contre l’autoroute et voulait détruire sa maison lui-même. Le journaliste voulait lui sauver la vie mais Georgie lui demanda d’éloigner tout le monde. La police envoya des grenades lacrymogènes. Georgie remit le disque des Stones et lança ses armes dehors. Georgie ferma les yeux. Sa dernière pensée fut que le monde explosait, non pas autour de lui, mais à l’intérieur de lui.

 

Epilogue

 

L’équipe de télé obtint le prix Pulitzer pour sa couverture de ce qu’elle avait baptisé « Le Dernier combat de George Dawes » et pour un documentaire sur le chantier. On apprenait que la ville avait construit l’autoroute pour ne pas perdre de subventions. La ville avait fait un procès à Mary pour récupérer l’argent de l’expropriation. Cette révélation souleva un tel tollé que la ville abandonna les poursuites. Olivia vit les photos du reportage et s’évanouit. Elle était toujours à Las Vegas et étudiait dans une école de commerce. Mary fut bouleversée et en larmes quand on l’interviewa.

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Chantier (Stephen King)

chantier

Chantier (Stephen King)

 

Par une chaude après-midi d’août 1972 la chaîne de télé WHLM fit un reportage sur l’arrivée du gouverneur à Westgate. Dave Albert, un jeune journaliste, demanda l’avis d’un homme à la chemise blanche, M. Dawes. Celui-ci dit qu’il pensait que c’était une belle merde. Dix-sept mois plus tard, Albert revit l’homme à la chemise blanche, mais comme aucun d’eux ne se souvenait qu’il s’étaient déjà rencontrés, c’aurait tout aussi bien pu être la première fois.

 

1 novembre

20 novembre 1973

 

Il ne cessait de faire des choses en s’interdisant d’y penser. C’était plus sûr. Il vit la pancarte d’un armurier. Georgie avait eu un 22 long rifle et avait tué un oiseau avec puis avait vendu le fusil à un gosse du quartier pour 9 dollars. Il entra chez l’armurier. Il put identifier les fusils de chasse à canons jumeaux, mais tout le reste lui était inconnu. Mais c’était facile : il suffisait d’apprendre, exactement comme il avait appris la comptabilité au collège. Un client nommé Mac bouscula Georgy en sortant du magasin. Harry, le vendeur, demanda à Georgy ce qu’il voulait. Georgy répondit qu’il ne connaissait rien aux armes. Il voulait acheter une arme pour son cousin Nick. Goergy dit qu’il travaillait à la blanchisserie Ruban Bleu. Il parla de sa femme et de son travail mélangeant mensonges et vérités. Il prétendit vouloir offir un Magnum 44 à son cousin alors Harry en sortit un. Georgie affirma que son cousin lui avait offert un moteur de bateau et que pour le remercier il lui offrirait un pistolet et un fusil. Alors Harry lui proposa un Weatherdee 4.60 pour 700 dollars. Georgie voulut téléphoner pour en parler à sa femme. En fait, il appela la météo. Ensuite il dit à Harry que sa femme était d’accord et paya avec une carte American express sur laquelle le nom imprimé était : Barton George Dawes. Goergie dut signer un registre pour la police. Il commença à se lâcher en parlant d’expropriation pour cause d’utilité publique. Il voulut laisser les armes dans le magasin en attendant que les cartouches commandées arrivent. Il rentra chez lui. Sa femme, Mary, regardait la télé. Il regarda son courrier. Il lui restait 954,47 dollars. La bibliothèque lui réclamait « Face aux liens » de Tom Wicker que Georgie avait vu au Rotary. Mary était grande et avait 38 ans. Elle lui demanda s’il était allé à l’usine de Waterford mais il n’y était pas allé depuis octobre. Le site de la future blanchisserie était une fabrique de textiles désaffectée. L’agent immobilier ne cessait de l’appeler pour lui faire conclure l’affaire. Mary lui parla de la maison de Crescent. Il répondit qu’elle était inabordable. Mais ils devaient prendre une décision avant le 20 janvier sinon il se retrouveraient à la rue. Mary savait qu’il voulait rester dans leur maison mais il lui répondit qu’elle ne savait pas ce qu’il ressentait.

 

21 novembre 1973

 

Il avait neigé. Georgy salua Johnny Walker qui était dans sa camionnette pour sa tournée de la matinée. A la blanchisserie, le travail commençait à 7 heures. Les hommes et les femmes qui y travaillaient l’aimaient bien. Ron Stone, le contremaître, le salua. Ils parlèrent du travail en cours. Dave Radner, responsable de la laverie et son assistant Steve Pollack chargeaient des draps de motels dans les machines à laver. Georgie demanda comment se débrouillait Steve. Stone répondit que ça allait. Quand George pensait il dialoguait avec un certain Freddy. Il pensa à Charlie qui avait pour la première fois fait de la balançoire au parc de Hebner avenue il y avait 14 ans. Le quartier Garson et son Grand theater avaient été démolis. Georgie y allait voir des films. Cela le fit pleurer. Il descendit voir Peter, le responsable des livraisons. Il lui demanda si le linge du Holliday Inn était parti. Phyllis lui dit que Ordner avait téléphoné. Il lut son courrier qui contenait des réclamations et des prospectus. L’agent immobilier lui annonça qu’un fabricant de chaussures était intéressé par l’usine de Waterford. L’option d’achat de George expirait le 26 novembre. Vinnie vint le voir. C’était un grand gars de 25 ans. Il revenait d’un restaurant allemand où le patron était content de travailler avec eux. Goergie repensa à son achat de la veille et se demanda s’il avait vraiment acheté des armes. Ils parlèrent de l’usine de Waterford. Vinnie avoua être allé dîner chez Ordner. George lui reprocha d’avoir trop parlé à Ordner. Il menaça de le virer s’il lui faisait encore une crasse de ce genre. Georgie lui dit qu’il était entré à la blanchisserie en 1953, quand il avait 20 ans et venait de se marier. Il avait fait un enfant à Mary par accident et avait dû se marier avec elle. Il avait pris le premier boulot qui s’était présenté. C’était comme assistant à la blanchisserie. Mary perdit son bébé au 7è mois. Le patron veillait sur ses employés et mettait la main à la pâte. Ray Tarkington, son supérieur, lui avait prêté 2 000 dollars pour qu’il reprenne ses études. Georgie avait eu son diplôme et en revenant à la blanchisserie, Ray lui avait offert le poste de chef des livraisons. Ray n’avait demandé que 1% d’intérêt sur les 2 000 dollars qu’il avait prêté à George et lui avait offert une montre. En 1963, Ray l’avait nommé superviseur du nettoyage à sec et directeur des laveries automatiques. En 1967, Ray lui avait offert le poste que Georgie occupait toujours. Ray avait dû vendre la boutique en 1969. La blanchisserie appartenait à une société qui possédait plusieurs magasins. Georgie dit que si Ray était encore en vie il aurait fait un procès contre le prolongement de l’autoroute et le chantier aurait été bloqué. Vinnie répondit que Ray était mort. Alors ils devaient suivre les instructions des investisseurs. Alors Georgie dit qu’il allait signer mardi pour l’achat de l’usine de Waterford. Puis il appela Ordner. Il lui dit qu’il viendrait chez lui vendredi mais sans Mary.

 

22 novembre 1973

 

Georgie se réveilla en pleine nuit. Il allait uriner. Depuis quelque temps, chaque fois qu’il urinait, son coeur se mettait à battre. Il se recoucha et rêva de Charlie sur une plage. Il entendait une radio déverser du rock. Ce qui était bizarre c’était que la marée montait alors qu’à Pierce Beach, il n’y avait pas de marée. Charlie et lui construisaient un château de sable. Une vague l’emporta. Des gens commençaient à crier pour une raison inconnue. D’autres coururent. Le maître-nageur siffla. Il vit le maître-nageur faire du bouche à bouche à Charlie. Charlie mourut. Le maître-nageur dit à George de s’en aller. George se réveilla. Il descendit à la cuisine se rappelant que c’était Thanksgiving en voyant la dinde. Il savait que Charlie ne s’était pas noyé.

 

23/11/1973

 

George alla chez Ordner. Son appartement était somptueux. Ordner mesurait 1m90. Les Ordner n’avaient pas d’enfant. Ils étaient démocrates mais avaient voté pour Nixon. Ordner parla du marché qui s’effondrait mais glorifiait Nixon. Carla, la femme de Ordner était à une présentation de mode pour une oeuvre de charité. C’était organisé par un prêtre des rues. Georgie dit qu’il allait signer vendredi l’achat de l’usine. George se mit à discuter avec Freddy par la pensée. Seul l’agent immobilier était au courant du refus de George pour l’achat de l’usine. Pourtant Steve Ordner savait que George avait refusé une offre à 450 000 dollars. George se défendit en disant que l’usine était à cinq kilomètres de ses clients et que les frais de livraison allaient augmenter. Mais Ordner lui répondit que la nouvelle autoroute leur ferait gagner du temps. Georgie dit que les nouveaux motels près de l’autoroute ne seraient pas construits avant deux ans et que la crise pétrolière pourrait s’aggraver. Ordner lui expliqua que lui et George devaient exécuter les ordres. George répliqua que l’usine demanderait 250 000 dollars de travaux. De plus l’eau et l’électricité seraient 20% plus chères. Ordner lui répondit que si George refusait l’usine, il serait mis à la porte par la société propriétaire de la blanchisserie. George mentit en disant que Thom Mc An avait lui aussi refusé l’usine. Il fallait donc laisser l’option expirer pour acheter l’usine à 200 000 dollars. La voix de Freddy sermonna George. Pourtant Ordner lui fit confiance. Il lui parla de sa maison. George prétendit qu’il acceptait de la laisser pour en acheter une autre. En rentrant George discuta avec Freddy. Freddy voulait le convaincre d’enterrer ses souvenirs dans sa maison avec ses voisins. Mais George refusait de vieillir dans un lieu anonyme. Il pleura. Freddy savait que George ne voulait pas enterrer Charlie une deuxième fois. George croyait vivre dans un cimetière. Il repensa soudain à une remarque que Tom Granger avait faite une quinzaine de jours auparavant. Il faudrait qu’il en parle à Tom. Dès lundi.

 

25/11/1973

 

Georgie regardait un match à la télé en dialoguant intérieurement avec Freddy. Il se moqua de lapub pour Exxon dont le nom lui faisait penser à celui d’un seigneur de guerre. Il pensa aux livres de Kurt Vonnegut qui le faisaient rire. Il avait entendu aux informations que la commission scolaire de Drake, dans le Dakota du Nord avait fait brûler tous les exemplaires du roman de Vonnegut Abattoir cinq, qui parlait du bombardement de Dresde. Il suggéra à Fred que les ponts et chaussées fassent passer la nouvelle autoroute par Drake mais Fred se moqua de lui. Fred lui dit que l’usine serait vendue à Thom Mc An et que Ordner l’achèverait. Il devrait expliquer à Mary comment il avait perdu son travail et pourquoi il avait refusé les 600 000 dollars que la ville payait pour l’ancienne usine. Fred le sermonna. Il fallait qu’il pense à Mary. Fred lui demanda pourquoi il avait acheté des armes.

 

26/11/1973

 

Georgie déjeunait avec Tom Granger. Une serveuse leur apporta leur commande. Georgie la jugeait vieille et grosse. Tom parla du match de la veille. Puis il lui demanda comment s’était passée son entrevue avec Ordner et où en était l’achat de l’usine de Waterford. George mentit en disant que Mc An n’achèterait pas. Il connaissait Tom depuis 17 ans. Tom n’était pas malin, c’était trop facile de l’ambobiner. Ils parlèrent d’une pizzeria où ils étaient allés. Il y avait vu un gangster nommé Salavatore Magliore. Le soir, George alla chez Duncan’s, un petit bar du quartier. Il but des bières et empêcha Fred de le déranger. Georgie appela Magliore. Il voulut acheter deux Eldorado. Magliore n’était pas là. Ce fut Pete Mansey qui lui répondit. Georgie rentra. Sa femme était malade. Elle voulait qu’il fasse des courses le lendemain. Georgie prétendit qu’il irait voir une maison à vendre. Mary fut rassurée qu’il cherche une maison. Il pensa au moment où il avait acheté sa première télé. C’était Mary qui lui avait demandée. Elle était à moitié nue ça l’avait fait bander. En y repensant il bandait encore. Ils avaient dû travailler au noir à l’époque pour s’offrir la télé. Chacun avait caché à l’autre ce qu’il avait trouvé comme travail. George avait repeint la cheminée de la blanchisserie pour 300 dollars. Mary avait gagné 416 dollars en faisant des robes et des mouchoirs. Elle avait vu George peindre la cheminée et connaissait donc son secret. George repensa à tout ça avec Freddy. Mary et George avaient dû ramasser des bouteilles vides pour les revendre et compléter ce qui leur manquait pour acheter une télé luxueuse. Freddy lui fit remarquer que les bouteilles consignées n’existaient plus. Seul Freddy appelait George par son deuxième prénom. Mary appelait son mari Bart. Mary avait vu George sourire devant la télé et voulut savoir pourquoi et George lui rappela le week-end qu’ils avaient passé à ramasser des bouteilles vides.

 

George rencontra Jack Hobart au supermarché. Sa femme, Ellen, venait de perdre sa mère. Jack avait déménagé et sa femme ne retrouvait plus la solidarité de son ancien quartier. De plus la maison était toute électrique et c’était plus cher. Mais Jack avait l’air heureux. George l’invita chez lui. Mary fut d’accord. Elle l’appela Georgie au téléphone. Mary l’appelait George les rares fois où elle était particulièrement contente de lui. C’était Charlie qui avait inventé ce jeu : l’appeler Fred ou George selon les occasions. A la maison, Jack et lui regardèrent un match et burent beaucoup de bière mais elle n’était pas fameuse et le coeur n’y était pas. En rentrant Jack dit que c’était l’autoroute qui avait tout foutu en l’air. Jack parut soudain très vieux à George alors qu’ils avaient le même âge.

 

27/11/1973

 

Georgie avait une légère gueule de bois et était fatigué parce qu’il s’était couché tard. Freddy lui rapella que l’option expirait aujourd’hui. Mais il était comme hypnotisé par l’explosion imminente. Il en venait presque à la désirer et se complaisait dans cette état. Après le travail, il alla à Norton. Il y avait des Noirs partout dont un gigantesque qui descendit d’une Cadillac Eldorado rose. Il vit des magasins fermés pour la saison. Il se sentait incapable de déplorer cette crise de science-fiction. Seuls les petits, qui étaient comme toujours les premières victimes d’événements qui les dépassaient, méritaient la sympathie. Il arriva à Magliore occasion. On lui demanda de se garer derrière l’atelier. Il y avait une gigantesque casse. Il dit à une femme qu’il avait rendez-vous avec Magliore. Il entra dans le bureau où se trouvaient Magliore et Mansey. Il voulait leur parler mais Magliore lui dit qu’il ne parlait pas à des merdeux comme lui. Mais George lui répondit qu’il savait que Magliore vendait autre chose que des voitures. Magliore le prit pour un flic et Georgie voulut se défendre mais Mansey lui dit : « Ta gueule ». Magliore avait l’habitude que la police lui envoie des petits merdeux. Georgie répondit qu’il n’était pas un petit merdeux et il le traita de pauvre saucisse. Mansey voulut lui casser la gueule mais Magliore fut intrigué. Alors Georgie lui dit qu’il avait de quoi payer ce qu’il voulait. Mansey le fouilla. Magliore lui ordonna de vider ses poches. Georgie s’exécuta. En voyant le passeport de George, Magliore lui demanda que signifiait le G de ses initiales. George le lui dit. Magliore regarda la photo de Mary et demanda à George si c’était sa femme. Puis il vit la photo de Charlie. George lui dit qu’il était mort d’une tumeur au cerveau. Magliore demanda à Mansey de photocopier les cartes de crédit de Georgie. Mansey traita encore Georgie de merdeux et Magliore lui ordonna d’arrêter. Magliore pourrait savoir si Georgie faisait partie de la police en consultant les banques de mémoire des sociétés de crédit grâce aux cartes de Georgie. Magliore lui demanda de repasser le lendemain tout en précisant qu’il ne lui vendrait peut-être rien car Georgie était complètement givré. Georgie lui rappelait la chienne de M. Piazzi qu’il refusait de caresser car elle était méchante. Ses copains s’étaient moqués de lui mais l’un deux fut mordu au cou par la chienne et devint muet. Magliore pensait que Georgie finirait pas mordre un jour. Mais la chienne avait été gazée. Quand Georgie rentra, Mary lui demanda comment il avait trouvé la maison. Pleine de termites répondit Georgie. Alors Freddy lui demanda pourquoi il était gentil avec sa femme. Georgie lui ordonna de la fermer à haute voix. Mary fut stupéfaite. Alors Georgie s’excusa en prétextant qu’il parlait à Chancell à la télé. Mary voulut savoir si Jack se plaisait dans son nouveau quartier et Georgie mentit en répondant oui. La nuit Georgie rêva qu’il se trouvait à Norton. La Cadillac rose s’arrêta devant une confiserie. Des enfants coururent vers la voiture. Il y avait un chien noir enchaîné. Un petit garçon voulut le caresser. C’était le seul enfant blanc. Georgie voulut crier de ne pas caresser le chien mais aucun son ne sortit de sa bouche. L’enfant fut mordu. C’était Charlie. Il y avait trois ans que son fils était mort.

 

28/11/1973

 

Tom Granger annonça à Georgie que Johnny Walker avait eu un accident. Georgie alla le voir à la clinique. Il le connaissait depuis 20 ans. Son vrai nom était Corey Everett Walker mais tout le monde l’appelait Johnny. Sa femme était morte en 1956 et depuis il vivait avec son frère. Si Johnny mourait, Georgie serait le plus ancien employé de Ruban Bleu. Arnie, le frère de Johnny, était dans la salle d’attente. Georgie passa un bras autour des épaules d’Arnie pour le calmer. Mais Arnie se leva et alla voir son frère. Georgie l’entendit hurler. Alors il comprit et s’en alla. Il dit à ses collègues qu’il ne savait rien en retournant à la blanchisserie. Phyllis lui annonça qu’Ordner demandait qu’il la rappelle sans tarder. Harry, l’armurier, avait appelé pour annoncer que les cartouches étaient arrivées. Il alla dans son bureau et jeta tous ses papiers personnels sans oublier son livre de comptabilité. Il écrivit une courte lettre de démission. Il jeta ses deux diplômes. Ron l’appela pour lui dire que Johnny était mort. Georgie lui annonça sa démission. Il lui demanda de fermer la blanchisserie pour la journée. Il appela Harry pour dire qu’il passerait chercher les cartouches. Ordner l’appela pour lui dire qu’il était fou. Mc An avait signé l’acte de vente. Georgie lui annonça sa démission. Ordner lui donna rendez-vous. Georgie se rendit dans le bureau d’Ordner. Sa secrétaire lui sourit. Ordner voulait gifler Georgie. Il pensait que Mc An l’avait acheté. Ordner voulait nommer Georgie vice-président de la société s’il n’avait pas tout gâché. Mais Georgie affirma qu’il n’avait pas touché un sou de Mc an. Mais il ne voulut pas s’expliquer. Il dit qu’il respectait Roy mais que pour Ordner la blanchisserie n’était qu’un joujou. Il pensait qu’Ordner se fichait complètement de lui. Mais Ordner lui parla des employés de la blanchisserie qui allaient perdre leur travail à cause de lui. Georgie le traita de minable. Il prétendit que tous les employés étaient assurés contre le chômage. Pour Ordner, ce n’était que de la charité alors George le traita encore de minable. Selon lui s’il avait commis une erreur, elle ne concernait que lui et Mary. Et Mary ne saurait pas ce qui s’était passé. Ordner voulut savoir s’il avait pensé à son avenir et à celui de Mary. Georgie savait qu’Ordner s’en fichait et voulut savoir si la fermeture de la blanchisserie lui nuirait. Ordner dit que Georgie était perturbé et lui demanda de rentrer chez lui. Il avoua que cette affaire ne lui faisait rien. Georgie affirma qu’il ne voulait pas nuire à Ordner ni à la société Amroco. Mais il ne pouvait pas expliquer pourquoi il avait agi ainsi. Il voulut savoir ce qui passionnait Ordner. Ordner lui répondit qu’il voulait ce que tout le monde voulait. Georgie partit et ne revint jamais. Il alla chez Magliore. La rencontre avec Ordner l’avait davantage affecté qu’il ne l’aurait cru. Magliore lisait le Wall Street Journal. Il en avait plein le cul de la crise. Il demanda à Georgie ce qu’il voulait. Georgie se souvint d’une anecdote de son enfance et sourit. Magliore lui demanda pourquoi. Georgie lui dit que quand il était petit, il avait mis un yoyo dans sa bouche. Le docteur avait dû lui pincer les fesses pour qu’il le relâche. Georgie voulait des explosifs. Magliore savait que Georgie était cinglé. Il voulait des explosifs pour faire sauter une route. Une route qui n’était pas encore construite. Magliore était sûr que Georgie était givré. Alors Georgie parla de la future autoroute qui allait réduire à néant 20 années de sa vie. Magliore devina que la blanchisserie et la maison de Georgie seraient détruites. Il s’était renseigné sur lui. Georgie agirait les dimanches et jours fériés quand le chantier serait fermé. Magliore rit. Il voulut savoir où Georgie trouverait l’argent pour financer son entreprise. Georgie avait touché 3000 dollars de son assurance vie. Mais Magliore lui dit non. Georgie affirma que s’il se faisait prendre, il ne parlerait pas de Magliore mais Magliore ne le croyait pas. Il avait fait de la prison et à la prochaine condamnation, il prendrait 20 ans. Il pensait que c’était un jeu pour Georgie mais pas pour lui. Un Noir était venu le voir deux ans auparavant pour lui demander des explosifs pour faire sauter le tribunal fédéral d’un bled. Magliore lui avait vendu la marchandise. Le Noir s’était fait pincer avant d’agir mais il n’avait pas donné Magliore parce qu’il était avec une bande de cinglés noirs. Quand une bande de trente types voyaient trois d’entre eux se faire coffrer, ils fermaient leur gueule. Alors que Georgie, seul, se foutait de tout. De plus 3 000 dollars n’auraient pas suffi. Magliore lui dit que s’il se mettait au travers de la route les autorités le réduiraient en bouillie avec sa maison et son boulot. Georgie voulut partir. Magliore lui proposa une vieille pute qu’il pourrait tabasser pour débarrasser son organisme de ce poison. Il le trouvait sympa. Georgie partit en courant. Quand il rentra chez lui, Mary pleurait. Elle dit que c’était la fin de tout. Il voulait savoir qui l’avait mise au courant. C’était Tom Granger, la femme de Ron Stone, Vincent Mason. Ils voulaient savoir ce qui clochait chez Georgie. Elle refusa de prendre sa main. Elle pensait qu’il vouait lui faire du mal. Elle croyait qu’il lui en voulait de lui avoir donné un enfant mort-né et un autre dont la mort était programmée. Il dit que c’était leur fils mais elle répondit que c’était celui de Georgie. Il dit qu’il n’avait pas pu s’empêcher d’agir ainsi. Cela avait peut-être un rapport avec Charlie. Mary se demandait ce qu’elle allait devenir. c’était comme si Georgie l’avait violée. Elle se demandait s’il avait pensé à elle en faisant tout ça. Elle monta se coucher et il alluma la télé pour ne plus l’entendre pleurer.

 

2 Décembre

 

5/12/1973

 

Georgie regardait la télé. Il était soûl. Mary était partie. Il avait laissé le thermostat sur 25°. Il se foutait des économies d’énergie. Il voulait acheter un radiateur électrique pour le brancher jour et nuit jusqu’à ce qu’il grille et lui avec pour ne plus s’apitoyer sur lui-même. Il repensait aux programmes qu’il regardait avec Mary. Il lança son verre qui se brisa et éclata en sanglots. La nuit dernière, ivre et en pleurs, il avait appelé Mary et l’avait suppliée de revenir. Elle avait pleuré et lui avait raccroché au nez. Il alla se coucher et rêva.

 

6/12/1973

 

Georgie rentrait chez lui par l’autoroute. Il roulait à 120. Depuis que Mary était partie, il allait tous les jours faire un long tour sur l’autoroute. Il ne pensait plus à rien et trouvait la paix. Il passait toujours par Stanton Street et s’arrêtait pour voir où en était le chantier de la 784. Il y avait des badauds. Il les aurait avec joie abattus jusqu’au dernier. Il attendait le soir pour être seul devant le chantier. Durant ces moments, il sentait son moi palpiter chaudement dans la froide indifférence du soir hivernal. Un jour il prit une auto-stoppeuse. Elle attendait depuis une heure. Elle fuma dans la voiture. Il la laisserait à la fin de l’autoroute. Elle pensait que l’autoroute allait jusqu’à Chicago et ne savait pas qu’elle était en construction. Il lui conseilla de s’arrêter à un motel car personne ne la prendrait la nuit. Elle n’avait pas d’argent alors il lui proposa de dormir chez lui mais elle refusa. Elle pensait que la femme de Georgie ne serait pas contente mais il répondit qu’ils étaient séparés. Elle pensait qu’il voulait la baiser mais il lui dit qu’il ne pensait plus pouvoir bander. Elle le sermonna car le cendrier était plein de saletés. Il plaisanta. Elle s’endormit. Puis elle se réveilla pour lui dire qu’il roulait trop vite mais s’en foutait. Il voulut savoir si elle était étudiante. Elle avait suivi six mois de sociologie. Georgie lui parla de l’Ethique du Chien Dressé qu’il venait d’inventer. Elle éclairait des mystères tels que la crise monétaire, l’inflation, la guerre du Vietnam et la crise de l’énergie. Les citoyens des Etats-Unis étaient des chiens dressés à aimer des joujoux consommant d’énormes quantités de pétrole. Au cours de la période s’étendant de 1975 à 1980, un nouveau dressage leur apprendrait à détester les jouets consommateurs d’énergie. La fille le traita de dingo. Pour Georgie, c’étaient les dresseurs qui étaient des crétins. Il dit à la fille qu’il avait perdu sa femme et son travail parce que le monde était devenu fou et c’était la fille qui le traitait de fou. Alors la fille reconnut qu’elle n’avait pas été chic et lui demanda s’il avait vraiment perdu sa femme. Elle voulut qu’il l’emmène chez lui. Elle avait déjà couché avec ivrogne qui l’avait prise en stop. C’était un représentant de commerce marié depuis 14 ans. Et il avait éjaculé au bout de 14 secondes. Georgie s’arrêta pour regarder le chantier. La fille trouvait ça laid. Quand elle était enfant à Portland elle avait joué dans un chantier avec sa soeur et sa mère leur avait mis une fessée. Elle s’occupa du dîner en demandant à Georgie si sa femme lui manquait. Il répondit qu’elle lui manquait terriblement. La fille fit du rôti avec des pommes de terre. Elle n’avait pas mangé autant depuis un an. d’habitude elle mangeait des biscuits pour chiens. Alors Georgie lui donna 200 dollars pour qu’elle s’achète à manger. Ils regardèrent « Vrai ou faux » à la télé. Georgie raconta comment il avait perdu son travail. Elle ne comprit pas pourquoi il avait refusé l’usine. Georgie lui répondit que l’idée lui était intolérable. La fille voulut savoir pourquoi Mary était partie. Georgie lui dit que c’étit parce qu’il n’avait pas acheté de nouvelle maison. La fille voulut savoir ce qu’il allait faire. Il n’en savait rien. Et comment il occupait ses journées. En roulant sur l’autoroute et en buvant devant la télé. La fille voulut savoir pourquoi il avait tout fichu en l’air. Il ne savait pas trop alors elle pensa qu’il était fou ou un homme vraiment remarquable. Elle voulut essayer le mélange de Georgie Southern Confort et Seven Up. Puis elle bailla alors George lui dit d’aller au lit. Elle détourna les yeux. Il lui fit comprendre qu’il ne voulait pas la sauter. Cela la fit sourire. Mais elle lui dit qu’elle était d’accord pour faire l’amour. Georgie refusa car il ne voulait pas qu’elle vende son corps. Elle l’embrassa sur la bouche. Georgie eut une érection. Elle lui dit qu’elle s’appelait Olivia. Elle monta se coucher et Georgie s’endormit devant la télé.

 

 

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02 septembre 2011

La Petite Bijou (Modiano)

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La petite Bijou (Patrick Modianio)

 

Une douzaine d’année avait passé depuis qu’on n’appelait plus la jeune femme la « Petite Bijou ». Elle était au métro Châtelet et avait vu une femme en manteau jaune qui ressemblait à sa mère. La jeune femme fit le rapprochement à cause d’une photo de sa mère. Elle avait la certitude que c’était sa mère assise sur le banc de métro. Alors elle s’assit à côté d’elle. La femme monta dans le train et la petite Bijou la suivit. La femme devait avoir 50 ans alors que la femme de la photo en avait 25. On avait dit à la Petite Bijou que sa mère était morte, il avait longtemps, au Maroc et elle n’avait jamais essayé d’en savoir plus. Sur l’acte de naissance de la petite Bijou était mentionnée la date de naissance de sa mère : 1917. Sa mère avait pris un faux nom et même un faux prénom, Sonia. Le manteau de la dame était presque gris car il était vieux. La dame portait ces chaussons en tricot en forme de socquettes que l’on appelait panchos, et cela accentuait sa démarche d’ancienne danseuse. La dame entra dans une cabine téléphonique. Le numéro ne répondait pas alors elle raccrocha et composa un autre numéro. Cette fois on lui répondit. La Petite Bijou possédait un agenda de sa mère mais n’avait pas envie de s’en servir. La dame sortit de la cabine et jeta un regard indifférent à la Petite Bijou. Alors la jeune femme fit semblant de téléphoner. Puis elle suivit la dame dans un café. La dame but un kir. La Petite Bijou vérifierait si la dame venait dans ce café, le Calciat, chaque jour. La jeune femme possédait un tableau représentant sa mère peint par Tola Soungouroff. Le vrai prénom de sa mère était Suzanne. Elle laissait croire qu’elle était noble, qu’elle était née dans une famille de l’aristocratie irlandaise. La Petite Bijou n’éprouvait à son égard aucun sentiment particulier. La seule chose qu’elle voulait savoir, c’était où elle avait fini par échouer, douze ans après sa mort au Maroc. La Petite Bijou suivit la dame dans la rue du Quartier de Cavalerie. La dame s’arrêta dans une épicerie pour acheter à manger. Puis elle entra dans un immeuble à l’Escalier A. La Petite Bijou parcourut le même chemin les soirs suivants. Elle avait demandé au garçon du café Calciat si la dame au manteau jaune viendrait. Il n’avait pas compris. Peut-être que la dame n’habitait pas ce quartier et était venue voir la personne à qui elle avait téléphoné. Au bout de cinq semaines la dame réapparut. Elle était dans la cabine téléphonique. La jeune femme voulait lui parler, lui dire ; « Vous m’avez appelée la Petite Bijou ». Mais elle n’osa pas et la suivit jusqu’à son immeuble. Elle demanda à la concierge si elle connaissait la dame. Elle répondit que la dame s’appelait Mme Boré. Cela ressemblait au nom de l’homme dont la jeune femme avait cru comprendre autrefois qu’il était le frère de sa mère, un certain Jean Bori. Le nom de jeune fille de sa mère était pourtant Cardères et O’Dauyé le nom qu’elle avait pris. La jeune femme consulta l’agenda de sa mère. Y était écrit avec une minuscule écriture qui n’était pas celle de sa mère : Sonia Cardères. Avec une note qui semblait être le résumé d’une consultation de voyante. La jeune femme se souvint qu’enfant, elle avait reçu une carte postale venant de Casablanca avec la même écriture. La note disait que sa mère allait tomber amoureuse d’un étranger. Le jour où elle était allée consulter la voyante, elle savait sans doute qu’elle devait partir pour le Maroc. La petite Bijou ne savait pas ce qu’était devenue le tableau représentant sa mère. Dans son agenda, sa mère avait écrit l’adresse de celui qui l’avait peinte. La jeune femme regrettait d’avoir perdu un livre de son enfance : « Le vieux cheval de cirque ».

 

Le soir où la jeune femme avait cru reconnaître sa mère dans le métro, elle avait rencontré depuis quelque temps celui qui s’appelait Moreau au Badmaev. c’était à la librairie Mattei, Boulevard de Clichy. Il lui avait conseillé un livre de la Série Noire. Ce nom, Badmaev, lui venait d’un père qu’il avait à peine connu. Un Russe. Il habitait porte d’Orléans. Elle l’avait laissé au métro Pigalle. Elle l’avait revue Porte d’Orléans au café Corentin. Il lui dit qu’il captait des émissions de radio en langues étrangères et il en rédigeait la traduction et le résumé. Et cela pour un organisme qui dépendait d’une agence de presse ou d’un ministère. La jeune femme n’avait pas très bien compris. Il connaissait une vingtaine de langues. Elle lui dit qu’elle vivait de petits travaux à mi-temps mais qu’elle espérait trouver un travail fixe pour son moral. Il voulut savoir si elle n’avait pas le moral et ce qu’elle recherchait dans la vie. Elle cherchait des contacts humains. Il lui dit qu’il fallait trouver un point fixe pour que la vie cesse d’être ce flottement perpétuel. Il lui demanda son prénom. Elle voulut répondre qu’on l’appelait la Petite Bijou mais dit que c’était Thérèse. Il ne voulut pas révéler son prénom, ce serait donc Badmaev ou Moreau. Il l’invita chez lui 11, rue Monticelli. Il lui prêta un livre intitulé « Sur les confins de la vie ». Badmaev avait un gros poste de radio. Il lui montra comment il travaillait. Il prenait tout en sténo. Il lui donna le papier où il avait écrit. Thérèse le garda. Il avait écrit : « Il n’y a pas longtemps de ça, des matelots réussirent à attraper des sirènes, à quelques milles au sud des Açores » en néerlandais. Il avait voyagé en Iran pour apprendre le « Persan des prairies ». Il proposa à Thérèse de lui apprendre. Cela ressemblait au finlandais. On y retrouvait la caresse du vent dans les herbes et le bruissement des cascades.

 

Thérèse visita un immeuble qui avait été un hôtel où sa mère avait habité. Elle y loua une chambre avec salle de bains. Sa mère avait peut-être vécu dans cette chambre. Elle lut une adresse dans le journal, 11 rue Coustou. Le déclic se produisit. Cette adresse était mentionnée sur son acte de naissance comme étant le domicile de sa mère. Thérèse en parla à Badmaev qui lui répondit qu’elle avait retrouvé sa vieille maison de famille. Cela les fit rire. Thérèse devait se rendre tous les jours de la semaine du côté de Boulogne chez des gens riches dont elle gardait la petite fille. C’était à Neuilly et elle avait commencé à y aller en novembre. Les parents s’appelaient Valadier. Avant, Thérèse avait été vendeuse dans le magasin des Trois-Quartiers et dans une parfumerie des Grands Boulevards. Mais elle ne se faisait pas d’illusions sur ses possibilités. Elle n’était pas une artiste comme l’avait été sa mère. Jusqu’à 16 ans elle avait travaillé à l’Auberge Verte à Fossombronne-La Forêt. Elle avait rêvé de cette première rencontre avec les Valadier et avait une impression de déjà-vu. Une nuit elle avait rêvé qu’elle était condamnée à mort en Angleterre. Les Valadier avaient dans les 35 ans. Ils étaient gênés autant que Thérèse. Ils avaient l’air de camper dans l’immense salon du premier étage où, à part le divan et un fauteuil, il n’y avait aucun meuble. Thérèse s’était promenée avec la petite qui garda le silence mais paraissait confiante. Au retour elle lui avait montré sa chambre. Son lit était celui d’un adulte. Il y avait des pièces d’échecs dans une vitrine. Thérèse devait aller chercher la petite à l’école tous les jours à quatre heures et demie. Mme Valadier voulut que Thérèse l’appelle Vera. Vera lui demanda où elle habitait. L’hôtel de Thérèse était près de la place Blanche. C’était le quartier de l’enfance de Vera. Elle avait connu son mari à Londres. M. Valadier parlait une langue étrangère au téléphone. Vera raccompagna Thérèse et la fixa d’un air triste comme si elle l’enviait de retourner dans ce quartier. Vera voulut que sa fille accompagne Thérèse. Alors Thérèse lui conseilla de mettre un manteau. La petite voulut savoir si Thérèse habitait loin. Thérèse avait bien senti qu’elle n’avait qu’un mot à dire pour que l’enfant la suive et ne revienne plus chez ses parents. Mais Thérèse ramena la petite chez elle. M. Valadier mit du temps à ouvrir et l’enfant fut déçue qu’il soit là. La petite dit « à demain » à Thérèse d’une voix inquiète comme si elle n’était pas sûre qu’elle reviendrait. Un dimanche, Thérèse retourna à Vincennes. Elle alla parler à la concierge. La concierge voulut savoir si Thérèse était de la famille de Mme Boré. Elle répondit non. Elle prétendit qu’elle connaissait la famille de Mme Boré qui cherchait des nouvelles de la dame en manteau jaune. Mais Mme Boré ne parlait plus à la concierge et ne payait plus son loyer. La concierge lui révéla que dans le quartier Mme Boré était surnommée « Trompe-la-mort » parce qu’elle donnait l’impression de se laisser mourir alors que le lendemain elle était fringante. Mais pour Thérèse cela signifiait qu’elle avait ressuscité après sa mort au Maroc. La concierge lui dit que Mme Boré vivait là depuis plus de 6 ans. Thérèse se souvint qu’une amie de la dame avait appris qu’on appelait sa mère la Boche. Frédérique, la dame qui s’occupait de Thérèse, ne lui avait donné aucune explication. Frédérique Chatillon avait été l’amie de sa mère. Elles avaient dû se connaître à l’époque où sa mère était « danseuse ». La concierge lui révéla qu’un Nord-Africain venait voir Mme Boré. Il travaillait dans les chevaux mais ne venait plus. La concierge lui dit que Mme Boré lui devait 200 francs alors Thérèse lui donna tout ce qu’elle avait. On avait coupé l’électricité chez Mme Boré parce qu’elle ne payait pas. Thérèse se dit que c’était le Nord Africain que Mme Boré appelait au téléphone. Mais il avait fini par se décourager. Déjà quand Thérèse était enfant, sa mère restait des journées entières dans sa chambre sans voir personne même pas sa fille. Thérèse demanda comment était l’appartement de Mme Boré. C’était un deux pièces cuisine. La concierge lui proposa de monter mais Thérèse se dit qu’elle avait dû oublier la Petite Bijou et tous les espoirs qu’elle avait mis en sa fille à l’époque où elle lui avait donné ce nom. La concierge lui remit un rappel de loyer pour que Thérèse le donne à Mme Boré. Alors Thérèse posa l’enveloppe sur le paillasson mais ne sonna pas. Elle ne voulait pas glisser dans le marécage. En prenant le métro, Thérèse ressentit une extrême fatigue à cause de Mme Boré. Elle sortit du métro à gare de Lyon. Elle voulait quitter Paris. Mais elle n’avait plus d’argent. Elle avait payé le loyer de Mme Boré se souvenant que sa mère l’appelait dans le grand appartement du bois de Boulogne quand elle quand elle se sentait mal. Elle regrettait de ne pas avoir loué une une chambre près d’une gare pour se sentir libre de partir quand elle aurait voulu. Elle se souvint avoir appris à lire l’heure sur le cadran de la gare de Lyon. Pendant les absences de sa mère, c’était l’oncle de Thérèse qui s’occupait d’elle. Il l’attendait à la gare de Lyon. Il l’emmenait à l’école. Son oncle s’appelait Jean Bori bien qu’il soit le frère de sa mère, il n’avait pas le même nom. Il l’avait emmenée au cinéma voir « Le carrefour des archers » dans lequel Thérèse jouait un rôle avec sa mère. Thérèse continuait de marcher. Elle pensait appeler Badmaev pour l’inviter à dîner et tout lui raconter. Elle entra dans une pharmacie. La pharmacienne lui demanda si elle se sentait mal. Elle l’assit sur un fauteuil. Thérèse ne voulut pas s’expliquer et fondit en larmes. La pharmacienne lui demanda si elle avait eu un choc alors Thérèse répondit qu’elle avait revu quelqu’un qu’elle croyait mort. La pharmacienne lui donna un verre d’eau avec un comprimé. Thérèse se sentit mieux. Elle comprit que son malaise venait du souvenir des photos que sa mère l’avait forcée à prendre dans un studio près des Champs-Elysées. Sa mère avait une robe de tulle serrée à la taille qui lui donnait un air de fausse fée et Thérèse, dans sa robe, n’était rien d’autre qu’un faux enfant prodige, une pauvre petite bête de cirque. Sa mère voulait qu’elle devienne une étoile pour recommencer de zéro. La pharmacienne lui dit qu’elle avait de l’anémie et lui recommanda des piqures de vitamines B12. Thérèse ne voulait pas prendre le métro de peur de tomber sur le manteau jaune mais la pharmacienne la raccompagna. La pharmacienne lui demanda où habitait sa mère. Thérèse lui répondit que sa mère habitait en banlieue et qu’elle était née de père inconnu. Heureusement elle avait été élevée par un oncle qui l’aimait bien. La pharmacienne l’accompagna jusqu’à un taxi. Elle lui demanda si elle avait des amis. Elle avait fréquenté la bande de sa collègue Muriel et s’était même laissée emmener par un type dans un hôtel. Elle ne se souvenait que de son nom Wurlitzer. Alors elle avoua à la pharmacienne qu’elle n’avait pas beaucoup d’amis. La pharmacienne lui conseilla de ne pas rester seule pour pouvoir lutter contre les idées noires. Thérèse repensa à ce que Frédérique lui avait dit. Sa mère n’était pas méchante, elle n’avait pas eu de chance. Elle était venue à Paris, très petite pour faire de la danse classique, à l’école de l’Opéra. Puis, elle avait eu un accident aux chevilles et avait dû arrêter la danse. A 20 ans, elle avait été danseuse mais dans des revues obscures. Thérèse repensa à Wurlitzer. Il avait voulu l’emmener à l’hôtel mais elle pensait maintenant qu’elle s’était enfuie pour ne pas imiter sa mère qui devait fréquenter les mêmes hôtels au même âge. La pharmacienne accompagna Thérèse jusqu’à chez elle. Elles passèrent devant le cabaret Le Néant. La pharmacienne pensait que ça ne devait pas être très gai. Thérèse avait rêvé qu’elle y était accompagnée de gens morts. La pharmacienne entre chez Thérèse et lui demanda si ce n’était pas trop bruyant dehors. Thérèse répondit non. Une fois, elle était allée au bar Le Canter pour acheter des cigarettes et on l’avait forcée à boire un whisky. On lui avait demandé si elle habitait chez ses parents. La pharmacienne lui demanda de parler de son travail. Elle mentit en disant qu’elle travaillait pour Badmaev. Elle avait peur de parler des Valadier. Elle prétendit qu’elle étudiait à l’Ecole des langues orientales. Alors qu’elle avait quitté l’école à 14 ans. Elle dit que c’était son oncle qui était professeur de philosophie. Thérèse demanda à la pharmacienne de rester avec elle. Elles entendirent de la musique dehors. La pharmacienne croyait que cela venait du Néant. Thérèse imaginait Mme Boré sur la scène du Néant devant une salle vide. Thérèse s’allongea près de la pharmacienne qui l’embrassa sur le front. Le lendemain, la pharmacienne s’en alla et Thérèse alla chez les Valadier. Vera lui dit que la petite était à l’école alors qu’il n’y avait pas école le jeudi. Vera lui expliqua que l’enfant jouait avec les pensionnaires. Elle ne désignait jamais sa fille par son prénom et son mari non plus. Des années plus tard, Thérèse elle-même ne pourrait dire quel était ce prénom. Vera laissa Thérèse seule un moment. Thérèse en profita pour fouiller les tiroirs de bureau de M. Valadier. Elle y trouva des cartes de visite mais l’adresse indiquée n’était pas celle de Neuilly. Thérèse entendit Vera se disputer avec un inconnu. Elle lui demanda de l’aider à ranger sa chambre. Le lit était défait et il y avait une bouteille de champagne. Elles firent le lit. Juste après, M. Valadier revint de voyage. Il dit à Thérèse que la petite pourrait rentrer toute seule. L’enfant voulait un chien. Vera souhaitait que Thérèse lui explique que ce n’était pas possible. Thérèse alla chercher la petite à l’école. L’enfant ne voulait pas rentrer tout de suite. Thérèse était comme la petite quand elle était enfant. Elle ne voulait pas rentrer chez elle car elle trouvait que c’était trop grand et elle pensait qu’elle et sa mère n’avaient pas le droit d’occuper ce lieu. Thérèse sut par Frédérique que cet appartement n’était pas celui de sa mère. Elles y vivaient en l’absence de son propriétaire. Thérèse parla du chien à l’enfant qui avait déjà compris que ses parents n’en voulaient pas. Thérèse lui dit qu’elle allait essayer de leur parler. Mais elle ne se faisait pas d’illusion, les Valadier étaient coriaces. Quand elles rentrèrent, les Valadier se disputaient. L’enfant avait peur mais était habituée à cette peur. M. Valadier sortit, il avait des traces d’ongles sur les joues. Les parents dirent à l’enfant qu’elle pourrait avoir un chien quand elle serait grande. Michel Valadier prétendit que les chiens avaient des maladies et mordaient. Thérèse ne voulait pas que la conversation s’envenime alors elle ne prit pas la défense de l’enfant. Mais elle demanda si Michel avait mal à la joue. Il bredouilla non mais Thérèse lui dit que ses griffures pouvaient lui faire attraper la rage et qu’il devait désinfecter. C’était comme la morsure des chiens. Les Valadier perdirent pied. Ils dirent à leur fille qu’elle devait manger et se coucher seule. Thérèse fut obligée de partir. Ils étaient un mystère pour elle. Elle n’eut pas la force d’aller voir la petite. Elle se sentait trop mal pour aider quelqu’un. Elle pensa à son enfance au pensionnait. Une brune tatouée au bras volait du chocolat pour elle. Les autres avaient peur de cette fille mais elle avait toujours été gentille avec Thérèse. Un jour sa mère était venue la chercher en voiture avec un chien à l’arrière. Elle lui annonça qu’elle n’irait plus au pensionnat. Le chien était un caniche noir. Sa mère ne s’occupait jamais de lui. Elle ne lui avait même pas donné de nom. C’était Thérèse qui lui donnait ses repas. A cette époque sa mère l’avait inscrite au cours Saint André. Elle y allait toute seule. Un jour sa mère lui dit qu’elle avait perdu le chien dans le bois de Boulogne. Thérèse ne pourrait plus dormir avec le chien et ce serait encore pire qu’au pensionnat. Elle dut dormir avec la lumière. Elle pensait qu’après le chien viendrait son tour. Un matin, avant de rencontrer Mme Boré, Thérèse pensait qu’il fallait tuer la Boche (sa mère) pour venger le chien. Thérèse n’avait pas le courage d’attendre le retour de la pharmacienne qui était partie en province. Alors elle appela Badmaev. Elle alla chez lui. Il écoutait un récital de poèmes à la radio. Elle n’avait pas l’ai bien. Badmaev lui demanda pourquoi alors elle parla des Valadier et de son chien perdu il y avait 12 ans. Elle avoua qu’elle n’avait pas vu sa mère depuis cette époque. Elle lui révéla que quand elle avait sept ans on l’appelait la Petite Bijou. C’était son nom d’artiste. Il n’avait pas suffis à sa mère d’avoir perdu un chien, il lui en fallait un autre qu’elle puisse exhiber comme un bijou et voilà pourquoi sans doute elle avait donné ce surnom à sa fille. Thérèse lui parla du Carrefour des archers. Elle jouait la fille du personnage joué par sa mère. Sa mère avait dû être tendre envers elle dans le film alors qu’elle ne l’avait jamais été dans la vie courante Badmaev voulait voir le film avec Thérèse. Mais Thérèse n’en avait pas envie. Alors il l’emmena dîner au café le Babel en face de la cité universitaire. Elle but un whisky. Elle demanda à Badmaev quelles études il avait faites. Il avait le bac et avait étudié à l’école des langues orientales. Thérèse lui demanda si elle pourrait s’y inscrire. Il lui demanda si elle avait son bac. Elle dit non. Pour la consoler il lui affirma qu’il y avait des tas de gens formidables qui n’avaient pas leur bac. Elle n’avait pas faim mais avoua qu’elle avait pris un whisky pour se donner le courage de parler. Elle lui montrerait la photo du film Le Carrefour des archers qu’elle avait gardée. Badmaev voulut savoir pourquoi sa mère l’avait laissée pour partir au Maroc. Thérèse ne savait pas. Elle pensait qu’un homme l’avait emmenée. Frédérique lui parla d’un homme qui avait installé sa mère dans le grand appartement. Badmaev invita Thérèse chez lui devinant qu’elle ne voulait pas rester seule cette nuit. Elle s’allongea sur le lit et il lui apporta du thé. Il l’aida à enlever ses chaussures et son manteau. Il lui dit qu’il avait l’impression que ses souvenirs d’enfance la préoccupaient beaucoup. Elle se souvenait du trésor de sa mère. Une fois elle avait donné une liasse de billets à Jean Bori. Quand elle l’abandonna, elle lui laissa plusieurs liasses pour que Frédérique s’occupe d’elle. Thérèse n’avait jamais su d’où venait l’argent de sa mère. Elle pensait qu’il venait peut-être de son père. C’était peut-être le même type qui avait payé sa mère pour jouer dans le film. Badmaev alluma la radio pour transcrire une émission. Il voulut savoir où se situait le grand appartement de la mère de Thérèse. c’était au 129, avenue de Malakoff à Paris. Un jour Frédérique avait voulu y aller pour récupérer les affaires de Thérèse mais il y avait les scellés sur la porte. Thérèse se souvenait du numéro de téléphone du grand appartement. Badmaev le composa mais personne ne répondit. Alors Thérèse se dit que l’appartement était habité par des fantômes. Thérèse se souvint de Madeleine-Louis et Simone Bouquerau qui venaient voir sa mère. Elle les avait revues chez Frédérique mais elles l’évitaient. Peut-être s’étaient-elles reprochées quelque chose. Frédérique lui expliqua que sa mère prenait de la morphine depuis son accident et c’était Simone qui lui en fournissait. Le numéro de téléphone du 129 avenue Malakoff n’était plus attribué mais Thérèse entendit quand même des voix. Les gens se servaient du numéro pour faire connaissance et prendre rendez-vous. Ca s’appelait le Réseau. Alors Thérèse raccrocha. Elle finit par s’endormir près de Badmaev qui écoutait toujours la radio. Le mercredi Thérèse invita la pharmacienne dans le café de la place Blanche. Elle se souvint d’un jour où sa mère lui avait donné un gros billet pour qu’elle aille s’amuser toute seule à Luna Park. Elle y vit des garçons pauvres à qui elle donna son argent et s’enfuit en courant. Thérèse n’avait pas envie d’aller chez les Valadier alors elle les prévint qu’elle était souffrante par pneumatique. En attendant la pharmacienne, elle livre que Badamaev lui avait prêté. Elle arriva au café avec une demi-heure d’avance. Le pharmacienne était à l’heure et l’embrassa sur le front. Elle lui donna du sirop pour la toux et des cachets pour dormir. Le silence s’installa. La pharmacienne avait l’air timide. Alors Thérèse lui demanda si elle avait été danseuse. Cela fit rire la pharmacienne. Mais elle avait pris des cours de danse jusqu’à 12 ans. Thérèse n’avait pas faim alors elle ne commanda rien. La pharmacienne la força à manger la moitié de son plat. La pharmacienne avait travaillé dans ce quartier quand elle commencé son métier mais elle n’aimait pas trop l’endroit. Thérèse lui dit qu’il y avait beaucoup de danseuses en ce temps-là dans le quartier. La pharmacienne fronça les sourcils. Elle n’aimait pas parler du passé. Elle conseilla à Thérèse de déménager près de l’Ecole des langues orientales. Thérèse continua de mentir en disant qu’elle y allait en métro mais la pharmacienne avait un sourire ironique comme si elle n’était pas dupe de ce mensonge. Alors Thérèse dit qu’elle resterait encore quelque temps dans le quartier et après ce serait fini. Et c’était vrai. Elle avait voulu remonter une dernière fois le cours des années pour essayer de comprendre. Mais elle n’en parla pas à la pharmacienne. La pharmacienne lui demanda si elle n’avait pas quitté Paris. Depuis l’âge de 16 ans elle était partie de Paris deux ou trois fois avec Wurlitzer au bord de la mer du Nord. La pharmacienne l’invita à Bar-Sur-Aube où elle avait une maison. Thérèse accepta. La pharmacienne la raccompagna chez elle. Thérèse alla chez les Valadier mais ils n’étaient plus là. Alors Thérèse alla acheter une bouteille d’eau et du chocolat au lait au Monoprix. Elle rentra chez elle et avala les cachets pour dormir. Ca passait mieux avec le chocolat. Elle se réveilla à l’hôpital. Comme il n’y avait plus de place on l’avait mise dans la salle des bébés prématurés. Thérèse comprit qu’à partir de ce jour-là c’était le début de la vie.

 

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25 juillet 2011

La planète du crépuscule II

 

10

 

Liegeus vint voir Leia. Il lui dit qu’il était un bon concepteur de systèmes à intelligence artificielle pour les vaisseaux spatiaux et un excellent faussaire holographique. Il lui proposa des hologrammes de Yan et de ses enfants. Mais Leia refusa car cela lui aurait fait trop mal. Puis Leia se retrouva seule. Elle en profita pour écouter Ashgad et Liegeus qui étaient à l’étage en dessous. Ils préparaient un coup. Ashgad allait s’absenter trois jours. Il ordonna à Liegeus de ne pas laisser Beldorion approcher Leia.

 

Umolly Darm demanda à Luke s’il avait trouvé son amie. Il répondit pas encore. Luke s’était habillé comme le reste de la population. Il travaillait dans un garage. Darm lui apprit qu’elle travaillait pour Loronar corporation. Darm voulut utiliser un chargeur énergétique mais Luke eut la nausée car une perturbation stridente venait de se créer dans la Force. Prudent il n’en dit rien. Grâce au chargeur, Darm avait modifié l’apparence d’un cristal qu’elle vendait à Loronar. Entre autres propriétés, les cristaux Froussards avaient, d’une manière ou d’une autre, la possibilité de focaliser ou de perturber la Force. Luke comprenait aisément, à présent, que toute la planète puisse réverbérer les ondes de la Force. Darm proposa à Luke de l’emmener à une réunion chez Ashgad. Il accepta. Luke savait maintenant que Taselda avait un ennemi Hutt. Un Jedi maléfique. Grupp, l’un des deux policiers qui avait sauvé Luke était chez Ashgad. Luke visita la maison d’Ashgad. Il trouva une pièce où régnait une impression d’horreur et de mal à l’état pur. Il chercha Callista mais en vain. Un synthédroïd l’aborda. Luke se laissa escorter jusqu’à une ancienne salle de banquet. Il y avait ses compagnons et des Nouveaux Arrivants humains qui se tenaient à l’écart. Gernay Caslo proposa un boulot. Une cargaison arrivait le lendemain aux Dix Cousins. Luke en serait. Ashgad fit son entrée. C’était la première fois que Luke le voyait. Il parla de l’entretien qu’il avait eu avec Leia. Il fit projeter un hologramme de Leia qui refusait d’intervenir en faveur d’Ashgad. Luke cria que c’étaient des mensonges mais sa voix fut engloutie dans les protestations de la foule. Alors Luke se tut pour ne pas trahir son identité. Luke sortit et se demanda ce que Ashgad avait à gagner dans tout cela.

 

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Yan et ses amis arrivèrent sur Nim Drovis. Des médecins s’occupèrent des blessés que Yan avait sauvés. Yan fut désarmé et fouillé. L’ambiance était tendue sur Nim Drovis à cause des Droviens qui dominaient les Gopso’o. Yan apprit qu’il y avait eu quarante morts sur cette planète à cause de la peste. Toute la base était en quarantaine. Le Faucon fut fouillé par des soldats. Le Centre Médical Galactique essayait de contenir la peste, dit le docteur Oolos à Yan. Yan voulait savoir ce qui se passait ici et Oolos lui expliquerait.

 

C3PO possédait 30 000 chansons en mémoire et il voulait vendre ses talents dans un bar pour acheter un billet pour lui et D2 à bord du premier transport pour Cybloc XII. Un Chadra-Fan lui commanda un morceau de musique classique et C3PO s’exécuta. La houle des accords de la Fugue de Mondegrane eut pour effet de vider le bar de ses clients encore assez alertes pour marcher. Le propriétaire du bar essaya de voler C3PO et D2 mais le Chadra-Fan les emmena avec lui. Il s’appelait Yarbolk Yamm. C3Po allait dire à qui il appartenait mais D2 l’arrêta. Yarbolk leur dit qu’on n’avait pas eu de nouvelles en provenance de Cybloc XII depuis 30 heures. Il leur dit qu’on pourrait s’emparer d’eux et qu’ils devaient faire attention. Il jeta un rouleau de pièces de 20 crédits dans le panier de D2. Il leur conseilla d’acheter un billet comme s’ils l’achetaient pour un humain.

 

Solo arriva avec le sergent Hral Piksoar. Piksoar pestait contre la Nouvelle République qui n’avait pas envoyé de renforts. Solo prévint Lando qu’il allait revenir au vaisseau. Yan, le docteur Oolos et Piksoar réussirent à fuir la bataille en cours.

 

C3PO et D2R2 réussirent à éviter la bataille entre les Droviens et les Gopso’o et à retrouver le Faucon Millenium. Mais Solo ne les vit pas et décolla en les abandonnant.

 

12

 

Luke était furieux. Il avait été tenté d’aller trouver Gerney Caslo pour lui dire qu’il pouvait toujours aller lui-même récupérer sa contrebande et se la mettre quelque part. Mais Arvid lui avait dit quelque chose qui l’avait fait changer d’avis. Luke apprit que Caslo était employé par Ashgad à Hweg Shul avec pour mission d’y gérer ses affaires. Ashgad disposait d’une armée privée, prête à chasser les Thérans des stations de tir afin d’ouvrir la planète au commerce. Luke pensait que Ashgad avait été élevé par un homme qui avait rêvé de prendre la tête du Sénat. Si Palpatine n’était pas devenu Empereur, Seti Ashgad père n’aurait certainement pas manqué de s’emparer du trône. Darm, Caslo et Arvid arrivèrent. Ils emmenèrent Luke chez Ashgad. Luke vit qu’Ashgad avait les moyens d’acheter les armes dernier cri. Ashgad semblait vraiment déterminé à armer chaque homme et chaque femme du Parti Rationaliste. Luke vit que dans une cellule destinée à Ashgad se trouvait une arme qui provenait du Boréalis et d’autres de l’Inflexible. Leia voulait fuir. Elle se dit qu’Ashgad devait avoir une bonne raison de la garder en vie. Pour la première fois depuis longtemps, Leia s’était réveillée ce matin-là avec l’esprit clair. L’eau que Liegeus lui avait apportée la veille n’avait pas été droguée. Elle devait profiter de cet avantage sans délai. Elle implora Luke. Elle pensait qu’il ne l’entendait pas. Elle pensait qu’Ashgad pouvait contrôler la Semence de Mort avec Dzym et qu’il n’était pas très difficile de deviner quelle tournure allaient prendre les négociations avec le Moff Getelles et l’amiral Larm. Elle se demanda pourquoi Pedducis Charios, ce nid de contrebandiers et de Seigneurs de Guerre, ne semblait pas l’endroit le plus contrôlable qui soit. Elle se demandait ce qu’Ashgad pouvait bien transporter dans son cargo et ce qui pouvait ainsi accélérer le processus d’élimination des stations de tir. Liegeus vint la voir. Il avoua qu’il avait arrêté de droguer l’eau. Il lui avait apporté quelques holovidéos. Il lui donna un cylindre noir qu’il devait récupérer avant le retour d’Ashgad. C’était un communicateur. Il avait changé le code d’entrée de la porte pour protéger Leia contre Dzym. Avec une barrette, Leia réussit à crocheter le digicode. Puis elle s’engagea dans le couloir.

 

13

 

Elle projeta son esprit pour savoir qui était là. Il y avait Beldorion et le chef cuisinier. Elle ne capta pas Dzym. Elle entra dans la chambre d’Ashgad et utilisa son ordinateur pour voir le plan de la maison. Elle découvrit l’aire d’envol d’Ashgad et un imposant système informatique qui avait servi à fabriquer de faux messages holographiques de Leia. Elle comprit pourquoi personne ne la cherchait. Elle apprit qu’Ashgad possédait 24 synthédroïds. Elle imprima 200 pages d’informations sur Ashgad. Elle s’engagea dans l’escalier de service qui était dans le noir et se servit de son sabrolaser pour y voir un peu. Leia vit un petit animal. Puis quelque chose se décrocha du plafond et atterrit sur son épaule en émettant un bruit mouillé. La douleur la foudroya. Une autre chose agrippa sa jambe. Elle tua les créatures avec son sabre. Une autre bête tomba sur son cou et Leia la tua avec son sabre. Elle passa par la trappe d’accès et s’écroula, pantelante, sur le sol. Elle pensa à la mort et à ce qui se passerait pour la Nouvelle République. Elle sentit Beldorion arriver alors elle grimpa l’escalier à quatre pattes. Une fois dans sa chambre, elle s’écroula sur le sol. Elle se releva et cacha ce qu’elle avait imprimé et son sabrolaser. Puis elle perdit connaissance et sombra dans le puits sans fond d’un rêve dénué de couleur qui évoquait la mort.

 

C3PO embarqua pour Cybloc XII avec D2 à bord d’un vaisseau gamorréen sous le nom de Igpek Droon.

 

14

 

Leia lut ce qu’elle avait imprimé. C’était la preuve qu’Ashgad avait utilisé la Semence de Mort contre la Nouvelle République. La preuve aussi de ses trafics avec Moff Getelles et Loronar Corporation. Elle vit un plan de Loronar pour construire une nouvelle usine sur Ante-Meridian. Une installation destiné à la fabrication de synthédroïds et une chaîne d’assemblage pour une arme appelée « Aiguille ». La technologie RICC serait employée à l’aide des cristaux de Nam Chorios. C’était Liegeus qui avait fabriqué les faux hologrammes. Leia se sentit trahie. Elle avait dormi plus qu’elle ne le pensait et quelqu’un était venu mettre une couverture sur elle. La combinaison de verrou avait été changée pendant son sommeil. Elle le détruisit avec un sabrolaser. Elle retourna sur l’ordinateur d’Ashgad pour trouver des informations sur la Substance de Mort et une carte des environs. Elle voulut détruire les synthédroïds mais quelqu’un arriva. C’était Ashgad et Dzym. Ashgad disait à Dzym qu’il avait encore besoin de Liegeus et parla d’une femme dont il voulait se débarrasser. Leia vit Ashgad appliquer sa bouche contre le poitrail sombre de Dzym. Puis Ashgad le remercia. C’était comme ça qu’Ashgad rajeunissait. Ils partirent alors Leia détruisit l’unité centrale avec son sabrolaser. Ainsi elle détruisit les synthédroïds. Leia s’enfuit en se jetant dans le vide. Luke l’entendit appeler. Il réalisa qu’Ashgad l’avait enlevée. Il l’appela pour la prévenir qu’il venait à son secours. Il ne savait pas si elle pourrait entendre son appel.

 

Le vaisseau gamorréen où se trouvaient C3PO et D2R2 fut touché par une explosion. Yarbolk entra dans le vaisseau. Il réussit à semer des Droviens qui le poursuivaient. La gamoréenne qui pilotait le vaisseau était en colère car Yarbolk était recherché dans sept systèmes.

 

15

 

Luke se sentit observé par des gens invisibles qu’il croyait natifs de la planète.

Yarbolk expliqua les trafics de Loronar à D2 et C3PO. Le Zicreex se retrouva près de l’Empyrée, vaisseau républicain, qui livrait bataille. Il était attaqué par de petits appareils. Yarbolk avait deviné qu’ils étaient en rapport avec la technologie RICC. Les gamorréens récupérèrent des débris métalliques de la bataille. Yarbolk expliqua à C3PO que Loronar s’était enrichi en vendant ses armes aux deux camps, les Républicains et les Impériaux. Deux gotals qui commandaient le vaisseau de quarantaine reconnurent en C3PO un droïd. C3PO parla de l’enlèvement de Leia mais une des gotals lui répondit que Leia l’avait envoyée dans cette mission de sauvetage. C3PO révéla que Leia avait autorisé des doubles holographiques avant de partir en mission secrète. Les gotals ne voulurent pas le croire. Yarbolk fut arrêté par les gotals quand C3PO révéla son nom.

 

Leia était libre. Elle était près d’un canyon. Elle se demanda si Beldorion réussirait à l’entendre si elle appelait Luke. Elle atteint une station de tir. Elle y entra. Le sol était constellé de petits insectes ronds et plats. La salle où reposait le canon lui-même était gigantesque. Elle perçut le martèlement sourd de bottes au niveau supérieur, dans la salle du canon qu’elle venait de quitter. Elle se glissa entre deux containers noirs et anonymes. Elle entendit un sabrolaser s’activer et une voix de femme lui donner l’ordre de sortir. C’était Callista.

 

16

 

Callista était avec les Thérans. Callista et Leia parlèrent de la Force. Elles savaient que Luke ne cherchait pas le pouvoir et Leia était obligée d’apprendre à ses enfants à distinguer la vérité du mensonge. Elle devait protéger les générations futures du pouvoir de ses enfants. Callista parla de Taselda à Leia. Callista lui dit qu’elle avait été esclave de Taselda. Elle marchait entre l’ombre et la lumière et ne voulait pas revenir vers Luke tant qu’elle ne serait pas sûre d’elle-même.

 

Solo et Lando avaient trouvé l’épave d’un croiseur d’exploration. Les membres de l’équipage étaient morts empoisonnés par les radiations. Ils virent une flotte tout entière jaillir de l’hyperespace.

 

C3PO et D2 libérèrent Yarbolk de la salle où il était enfermé. Il enleva le boulon d’entrave qui bloquait les deux droïds. Yarbolk savait que des sénateurs avaient été corrompus par Loronar quand C3PO lui dit qu’il y avait un traître au sein du Grand Conseil Galactique. Yarbolk et les droïds entrèrent dans un vaisseau aqualisien qui se trouvait dans la soute du vaisseau de quarantaine et s’enfuirent.

 

Luke était près de chez Ashgad. Il entra. Il fut attaqué par des bêtes. Il sentit l’essence de sa vie abandonner son coeur et sa chair. Alors il invoqua la Force. Elle arracha les drochs de son corps.

 

17

 

Quelqu’un avait utilisé la Force contre Leia et Callista. Callista dit à Leia que les drochs étaient des parasites suceurs de vie. C’étaient eux les Vecteurs de la Semence de Mort. C’étaient les Griss Math qui en avaient infecté la planète en espérant que leurs ennemis politiques en exil périraient sous leurs morsures. Le prophète Théras savait que la planète devait être en quarantaine à cause des drochs. Et Ashgad avait emporté des drochs en les faisant passer en douce dans la chair des synthédroïds. Callista pensait que les drochs étaient doués de raison et pouvaient tout imiter jusqu’au niveau cellulaire. Leia et Callista furent encore attaquées. Leia fut blessée au visage. Elle entendit Luke.

Luke vit que la maison d’Ashgad était remplie de drochs. Ils attaquaient un homme au sol. Dzym entra dans la pièce et ordonna aux drochs de s’écarter du corps. Dzym mangea le plus gros droch. L’homme à terre était Liegeus. Dzym le frappa. Luke attaqua Dzym. Mais Dzym réussit à fuir. Liegeus eut la force de dire à Luke que Leia était partie et que Dzym commandait les drochs.

Luke emmena Liegeus avec lui et partit avec un speeder.

Callista dit à Leia que c’était Dzym qui maintenait Ashgad en vie. Dzym était l’élément essentiel dans les rapports d’Ashgad avec Loronar. Il avait ordonné l’enlèvement de Leia et la diffusion de la Semence de Mort par les drochs. Dzym voulait Leia pour absorber la Force. Callista dit à Leia que Dzym n’était ni plus ni moins qu’un droch surdimensionné.

 

Liegeus dit à Luke que l’électricité pouvait affaiblir les drochs alors Luke se servit de l’énergie du speeder pour repousser les drochs. Luke demanda comment allait Leia. Liegeus le rassura. Dzym obéissait à Ashgad et ne ferait pas de mal à Leia et qu’elle s’était échappée. Liegeus lui expliqua qu’il fabriquait des hologrammes et qu’Ashgad l’avait embauché pour ça. Il expliqua que c’était l’avidité de Beldorion et sa gourmandise qui avait causé sa déchéance. Il avait demandé à Zubindi, son chef cuisinier de créer de nouvelles races. Zubindi avait élevé un droch et il créa Dzym. A la fin, Dzym parvint à assujettir Beldorion. Quand Dzym eut fini de drainer toute l’énergie du Hutt, Beldorion perdit tous ses pouvoirs à Hweg Shul et Ashgad prit sa place. Le programme qui permettrait à l’Infaillible d’échapper aux postes de tir était terminé depuis longtemps. L’Infaillible devait pouvoir servir de quartier général à Dzym. Là, il ne serait pas affecté par la lumière du jour et les radiations de la planète.

 

D2 était au fin fond de l’entrepôt de la Compagnie Galactique de Transit, sur Cybloc XII. Tout autour de lui se trouvaient des caisses dont une était destinée à Calrissian. Elle avait été envoyée par Yarbolk Yemm. D2 et C3PO se cachèrent quand des Rodiens arrivèrent. Ils éventrèrent les paquets. Des droïds ouvrirent le feu sur les pillards. Puis les droïds chargèrent tout ce qu’ils purent récupérer de la cargaison destinée à l’Impardiac et s’en allèrent. C3PO vit qu’il y avait des cadavres partout. D2 réalisa que la peste avait infesté cette planète. D2 assembla des circuits imprimés et des câbles reliés à l’ordinateur du centre médical. Puis il envoya un appel au secours.

 

18

 

Solo et Calrissian s’étaient extraits de l’atmosphère tourmentée d’Exodo II et avaient semé leurs poursuivants. Ils étaient arrivés jusqu’à la base orbitale de Durren. La responsable de la base ne voulait pas aider Solo. Yan eut la chair de poule à l’idée de se trouver dans une installation où rôdait encore la Semence de Mort. Yan demanda à Calrissian si Theel Bout d’Aile trafiquait toujours du côté d’Algar. Lando répondit oui. Bout d’Aile était un pirate informatique. Yan ordonna à son ami d’embarquer sur le premier vaisseau et de prendre la réserve d’argent planquée dans le Faucon. Lando devrait demander à Bout d’Aile le meilleur faux holographique de Leia.

 

Liegeus demanda à Luke s’il était le frère de Leia. Il se doutait que sa planète attirait les Jedi. Liegeus parla de Taselda à Luke. Elle avait envoyé une fille pour qu’elle lui ramène le sabrolaser de Beldorion. C’était Callista. Beldorion l’avait emprisonnée puis l’avait donnée à Dzym. Mais elle s’était enfuie. Liegeus évoqua un grand amour qu’il avait perdu pour expliquer à Luke qu’on finissait toujours par s’en remettre. Luke eut une vision. Des Jawas étaient dans la maison de sa tante Beru et les impériaux enlevaient leurs cerveaux pour les remplacer et les transformer en soldats de l’Empire.

Leia elle aussi eut une vision. Elle se retrouva prisonnière de Jabba sans espoir de salut. Puis elle se vit en impératrice laissant échapper des éclairs de Force de ses doigts. Le corps congelé de Luke était derrière elle. Son double esclave portait un sabrolaser et la Leia impératrice lui ordonnait de le lui donner.

 

19

 

Callista parla de Vador à Leia. Leia n’accepterait jamais qu’il ait pu être son père. Callista lui conseilla pourtant d’accepter comme Luke l’avait fait. Leia et Callista s’entraînèrent au sabrolaser. Elles arrêtèrent quand Bé annonça que les ennemis approchaient. Bé était un oracle et pouvait prévenir de ce qui allait se passer. La Force était avec lui. Leia dit à Callista que Luke était parti à sa recherche. Alors Callista pleura. Elle quitterait la planète. Elle voulait savoir si Leia dirait à Luke qu’elle l’avait vue. Leia voulait lui dire et Callista accepta. Une tempête de Force se leva. Quelqu’un la contrôlait.

 

C3PO envoyait un message de détresse. L’ordinateur central de la base avait été complètement vidé de ses organes vitaux. Même si quelqu’un essayait de se poser, D2 et C3Po n’auraient aucun moyen de le savoir. Un vaisseau arriva. C’était un vaisseau de patrouille de la Flotte impériale. Une femelle Twi’Lek les interrogea. Puis ils furent décontaminés. L’amiral Daala les reçut.

 

Avec le faux message holographique Solo et Calrissian avaient rassemblé deux croiseurs, le Couranc et le Cracheur de Feu et des chasseurs. Le convoi semblait aller vers Nam Chorios. Alors Yan décida d’aller lui aussi sur Nam Chorios.

 

20

 

Luke ressentit la violence de la tempête de Force qui s’était abattue sur la station de tir du Point Sombre à des kms. Liegeus pensait qu’elle était contrôlée par Beldorion. Des hommes se battaient pour défendre la station de tir. Luke rejoignit la station de tir pour prévenir les combattants qu’on les trompait. Il leur dit que Ashgad voulait vendre ce monde à Loronar Corporation et le transformer en exploitation minière. Leia intervint pour dire que Luke avait raison. Elle leur montra une copie de la correspondance d’Ashgad avec le patron de Loronar. Leia révéla que Ashgad fils et Ashgad père étaient le même homme qui s’était maintenu en vie grâce à Dzym. Gerney Caslo devint fou et lança des grenades. Il détruisit le canon du poste de tir. Callista rejoignit Liegeus qui lui dit que Luke la cherchait.

 

C3Po ne divulgua pas tout ce qu’il savait à Daala. Elle n’était plus rien et cherchait un endroit paisible pour y passer le restant de ses jours. Elle croyait l’avoir trouvé sur Pedducis Chorios et s’était trompée. Les seigneurs de guerre pedduciens lui proposaient de prendre position. Daala brancha un câble coaxial sur D2 pour qu’il révèle ce qu’il savait sur le secteur de Méridian.

 

Yan, Lando et Chewie étaient attaqués par les petits vaisseaux. Ils essayaient de protéger le Faucon. La Couronne, le Cracheur de Feu et la Danse du soleil exécutaient les mêmes manoeuvres. Le Cracheur de Feu fut mis en pièces par les petits vaisseaux.

 

D2 avait tout révélé à Daala, la disparition de Leia, ses doutes concernant l’intégrité du Conseil et les informations de Yarbolk. Daala était outrée que les restes de l’Empire soient revendus par des goules. Daala ne commandait plus l’Empire mais était la présidente de la Compagnie Indépendante des Colons et elle ne voulait pas que Getelles l’empêche de trouver un coin tranquille. Pour le faire dégager du secteur, elle était prête à aider Leia.

 

21

 

Leia réalisa que Beldorion était à leur poursuite. Elle savait que Q-Varx avait organisé une rencontre avec les responsables Rationalistes. Il l’avait trahie. Luke lui dit que Q-Varx ne savait rien à propos de Dzym. Luke et Leia allèrent chez Ashgad. Ils passèrent sa maison au lance-flamme mais l’Infaillible décolla. Ils trouvèrent une navette d’assaut dans le hangar d’Ashgad. Luke savait que l’Infaillible était en route pour rejoindre la flotte dépêchée par Loronar. Beldorion et Taselda arrivèrent. Leia se battit contre Beldorion. Elle le tua. Puis elle monta dans la navette avec Luke et ils partirent.

On se battait au-dessus de la surface de la planète. Un vaisseau de la République était attaqué par des aiguillons RICC. Luke vit des Impériaux et le Faucon Millenium. Luke tira sur l’Infaillible mais il fut attaqué par les aiguillons. Les Impériaux le poursuivaient. Luke dut se poser en catastrophe. Il comprit que les êtres invisibles qu’il sentait sur cette planète avait été emprisonnés dans les aiguillons et les synthédroïds. Luke vit Ahsgad et dzym dans l’Infaillible et legrand amiral Larm du secteur d’Anteméridian qui les appelait. Alors Luke appela les Tsils, les esprits invisibles de la planète. Leurs consciences convergèrent vers lui. Luke vit Ashgad tituber et s’écrouler au beau milieu des synthédroïds morts. Il vit Dzym, en extase, inspirer une longue goulée d’air, prêt à dévorer l’univers tout entier. Puis Luke perdit connaissance.

 

22

 

Solo était avec C3PO et Daala. C3PO lui expliqua tout ce qui s’était passé mais ne put expliquer pourquoi les aiguillons avaient cessé d’attaquer la Flotte Républicaine pour se retourner contre l’Infaillible. L’Infaillible avait été détruit. Puis l’esprit des Tsils engagea les aiguillons vers la surface de la planète. Daala avait détruit les vaisseaux impériaux. Solo affirma à Daala que Leia la laisserait en paix sur Pedducis. Solo et Daala se posèrent sur la planète. Luke et Leia se dirigèrent vers eux. Leia embrassa Yan. Luke dit que les gardiens Tsils avaient accepté de quitter temporairement la planète pour rejoindre le centre médical afin d’y être installés au coeur d’appareils destinés à détruire les drochs. Tout ce qu’ils demandaient en échange c’étaient els Froussards qui avaient été collectés pour la technologie RICC. Luke savait qu’il reviendrait sur cette planète pour apprendre le plus de choses possible sur la Force. Pour essayer de comprendre comment les Tsils, eux, le comprenaient, pour apprendre à connaître cette civilisation d’esprits éternels. Luke vit Callista de loin et leva la main pour la saluer. Daala retrouva Liegeus qui avait été son amant. Ils s’embrassèrent. Luke pensa à Callista. Elle lui avait rendu sa liberté. Il devait maintenant s’engager sur sa propre route.

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La planète du crépuscule I

 

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La planète du crépuscule

Barbara Hambly

 

1

 

Le sergent Gallie Wover découvrit un aspirant, nommé Koth Barak, mort. Wover avait servi 15 ans à bord de vaisseaux marchands. Elle alerta le commandant. Les droïds médicaux ne détectèrent pas de virus, pas de bactérie, pas de poison.

 

Seti Ashgad déclara à Leia qu’il faisait face à une situation très compliquée sur Nam Chorios. Cela concernait tous les Nouveaux Arrivants autant que les Thérans. Nam Chorios était un monde hostile sans un apport technologique massif, il était presque impossible d’y vivre. Mais Leia savait que les Grissmath y avaient déporté leurs prisonniers politiques dans l’espoir que ceux-ci mourraient de faim. Mais ils ne s’étaient pas laissés mourir et leurs descendants cultivaient des lopins de terre alors que Méridian, la planète d’origine des Grissmath, n’était plus qu’un vaste champ carbonisé de déchets radioactifs. Le but de Ashgad était d’obtenir une audience auprès de Leia afin d’exposer ses craintes concernant les querelles qui allaient s’envenimant sur sa planète. Dans l’ombre de la vigne, Dzym, le secrétaire d’Ashgad, se mit à sourire. Leia le détestait. Seti déclara que ce n’étaient pas les Nouveaux Arrivants que le Parti Rationaliste essayait d’aider mais les fermiers eux-mêmes. Les adeptes du culte Théran empêchaient toute forme de commerce interplanétaire et empêchaient les fermiers d’avoir accès à la technologie nécessaire à une exploitation convenable des ressources de la planète. Les adeptes du culte de Théran étaient armés, mobiles et la seule référence médicale vers laquelle les natifs pouvaient se tourner. A bord d’un des vaisseaux républicains qui avait accompagné Leia, l’équipage était en train de mourir d’une maladie mystérieuse.

 

Seti expliqua à Leia que les Nouveaux Arrivants s’étaient rendus sur Nam Chorios dans l’espoir d’ouvrir de nouvelles frontières. Leia ne voulut pas intervenir pour aider les Nouveaux Arrivants car les actions des Thérans étaient soutenues par la majorité des habitants du monde de Ashgad. Leia rappela que Nam Chorios ne faisait pas partie de la République et que légalement, Leia n’avait aucun droit de s’immiscer dans les affaires de la population. Elle décida d’autoriser la formation d’une équipe d’investigation chargée d’aller voir ce qui se passait réellement sur la planète d’Ashgad et de formuler ainsi toutes les options possibles.

 

2

 

Sur le pont d’accostage des navettes du Borealis, Luke Skywalker fit tourner la feuille de filmoplast entre ses doigts. Callista lui avait écrit un message le mettant en garde contre le secteur de Méridian. Luke savait que le vaisseau de Seti Ashgad était petit et vieux. Si Seti, qui selon Leia était l’un des hommes les plus riches de Nam Chorios, ne pouvait s’offir mieux, on comprenait qu’il ait des velléités à rejoindre les rangs du Parti Rationaliste afin d’améliorer les conditions de vie sur sa planète. La boîte à musique que Callista avait envoyée à Luke venait de Nam Chorios. Luke en déduisit qu’elle s’y trouvait. Callista ne voulait pas que Luke rencontre Ashgad. Leia parla de Ashgad à Luke. Luke voulait que Callista revienne vers lui pour retrouver la Force. Leia conseilla à Luke de faire attention quand il irait sur la planète de Ashgad à cause des adeptes du culte de Théran qui contrôlaient les postes de tir et avaient recours à la coercition et à la superstition pour dominer la population des vétérans. Leia dit à Luke que le Moff Getelles était toujours « au nom de l’Empereur » à la tête du secteur d’Anteméridian. Luke promit d’ouvrir l’oeil. Il irait sur Nam Chorios incognito. Leia lui dit qu’il y avait des fuites au niveau du Conseil. Des renseignements étaient parvenus à l’amiral Pellaeon et à Getelles. Cela venait de quelqu’un appartenant au Parti Rationaliste. Luke lui conseilla de s’entraîner au sabrolaser avec Kyp et Tionne. Leia savait qu’elle en avait besoin. Elle essaya d’entrer en contact avec son vaisseau mais en vain. Elle envoya Marcopius, un de ses gardes, s’assurer que tout allait bien. Soudain, Leia eut du mal à respirer et eut mal à la poitrine. Elle fut prise de vertiges. Elle s’écroula. Dzym arriva. Ashgad également. Dzym saisit Leia mais Ashgad lui ordonna de la relâcher. Le pilote personnel d’Ashgad annonça que la mission était accomplie. Tout le monde à bord des deux vaisseaux de la Nouvelle République semblait être mort ou en totale incapacité. Les gardes de Leia, eux aussi, s’étaient effondrés. Ashgad enleva Leia. Marcopius vivait encore alors C3PO lui expliqua la situation. Il savait que tout le monde à bord des deux vaisseaux républicains était mort. Il avait surpris le pilote d’Ashgad en train de mettre son nez dans les rapports de communication. Marcopius monta dans une navette avec C3Po et D2. Il devina que les vaisseaux républicains allait être emmenés pour dissiper les soupçons de trahison. Ashgad avait fabriqué un faux message avec Leia expliquant que tout s’était bien passé. Marcopius voulait aller rejoindre la Flotte républicaine de la base orbitale de Durren. Il programma le voyage et alla se coucher car il commençait à être malade. Puis il mourut.

 

3

 

Leia rêvait. Elle était chez son père, au palais d’Aldera. Elle lui présentait ses enfants devenus adolescents. Anakin trancha son grand-père en deux avec son sabrolaser. Leia entendit la voix de Luke qui lui disait d’utiliser la Force. Puis Leia rêva de Greglik, un pilote qui se droguait. Elle entendit un porte qui s’ouvrait mais elle ne put bouger. Elle avait été droguée. Dzym arriva. Il posa ses mains sur le cou de Leia. Elle se sentit avalée par les ténèbres. Grâce à la Force, Luke sentait que des gens étaient morts. Il sentit Leia parmi eux, seule et terrorisée. Il regarda les images du Boréalis qui rentrait sur Corruscant. Il entendit le message rassurant de Leia. Luke envoya un message à l’Inflexible et au Boréalis. Il ne reçut aucune réponse. Il arriva sur la planète de Seti Ashgad. Il fut attaqué par un tir ennemi. Callista avait conseillé à Luke de se méfier d’Ashgad mais Seti ne savait pas que Luke irait sur sa planète. Seuls Yan et Chewie étaient au courant. Luke réussit à se poser dans une crevasse mais son aile fit des tonneaux.

 

Leia était saine et sauve. Elle était près du pilote de Ashgad. Le pilote, Liegeus Sarpaetius Vorn ne pouvait dire à Leia où elle était. Leia pensa à Yan et à ses enfants qui devaient s’inquiéter. Elle entendit la voix de Seti qui parlait de Larm. Leia connaissait un Larm qui était amiral de Getelles. Leia entendit également Dzym. Il parlait de la Semence de Mort, la maladie qui avait tué les soldats de Leia. Elle se leva pour regarder Ashgad et ses complices qui étaient en dessous d’elle. Elle vit un Hutt. Il s’appelait Beldorion. Leia sentit que Beldorion avait bénéficié de l’entraînement d’un chevalier Jedi. Elle comprit que le Boréalis serait à jamais perdu dans l’espace. Cela valait mieux car y régnait la Semence de Mort. Leia découvrit dans sa robe, son sabrolaser.

 

4

 

Leia activa son sabre. Elle voulait tuer Ashgad, Dzym et le Hutt. Elle inspecta la salle où elle était pour voir si elle pouvait fuir. Quand les effets de la drogue se seraient dissipés, elle enverrait un message à Luke. Dzym voulait tuer Leia mais Ashgad lui ordonna de la laisser tranquille car c’était la soeur de Luke.

 

Luke sentit des gens approcher de son vaisseau. C’étaient des fanatiques du culte de Théran. Il récupéra sa gourde juste avant d’être attaqué. Une vingtaine de personnes encerclèrent son vaisseau. Alors Luke projeta de la poussière sur ses ennemis. Il se dirigea sur un appareil ennemi. Il s’enfuit. Il vit un bâtiment qui devait être une prison.

 

C3P0 installa le corps de Marcopius dans la chambre froide du vaisseau. C3PO et D2R2 arrivèrent à Durren. Ils heurtèrent un croiseur qui explosa. Durren était en pleine bataille. C’était une rébellion, une révolte de factions contre le Conseil planétaire central de Durren. C3PO essaya de prévenir Durren de l’enlèvement de Leia mais en vain.

 

5

 

Des éclairs se dirigeaient vers Luke. Luke utilisa la Force pour manoeuvrer son speeder. Les éclairs passèrent sous la coque. La tempête engloutit quelques instants les murs de la prison puis elle disparut. Même dans le calme revenue, Luke sentit que la Force était partout. Il comprit que Callista était venue jusqu’ici dans l’espoir de s’en imprégner. Luke ramassa sa gourde, vérifia son sabrolaser accroché à sa ceinture, s’empara du blaster et de la paire de jumelles qu’il avait trouvée et se mit à marcher vers la sortie du Canyon. Il sentit une présence humaine alors il forma une aura autour de lui pour ne pas se faire remarquer. Il vit un homme qui le salua. Il s’appelait Arvid Scraf. Luke se présenta sous le nom de Owen Lars. Arvid lui proposa son aide pour récupérer les restes de son vaisseau et les revendre. Le speeder de Arvid était en piteux état. Luke demanda qui étaient les Thérans. Arvid lui répondit que c’étaient d’anciens fermiers. Leurs oracles leur disaient que tout ce qui était importé était mauvais et qu’il ne fallait surtout pas essayer d’exporter quoi que ce soit. Luke et Arvid récupérèrent le XP-38 A de Luke et le chargèrent sur le speeder. Luke s’était blessé et vit qu’un insecte s’était fixé sur sa jambe. Luke l’enleva. Arvid lui dit que c’était un droch et qu’il y en avait partout sur la planète. Luke et Arvid arrivèrent devant l’aile B. Il n’en restait presque plus rien. Les restes avaient été emportés. Arvid prenait Luke pour un contrebandier et lui demanda s’il avait pu récupérer tout ce qu’il avait à vendre sur son vaisseau. Luke répondit qu’il aimait mieux que certains individus croient qu’il n’avait pas survécu au crash. Arvid lui proposa de l’accompagner chez sa tante à Ruby Gulch. Luke accepta. Il raconta à Arvid des histoires de contrebandiers. Arvid était enchanté. Des rayons de lumière mortelle fusaient vers eux alors ils prirent des armes pour se défendre. Arvid prit ses jumelles et vit Gerney Caslo et Umolly Darm, des contrebandiers. Ils ripostaient à une attaque. Luke demanda si Umolly pouvait lui dire si elle aurait eu vent de quelqu’un ayant débarqué dernièrement sur cette planète. Arvid répondit oui. Luke fit appel à la Force pour comprendre ce qui se passait. Les Thérans se battaient avec les Nouveaux Arrivants. Luke comprit que le vaisseau de Ashgad avait dû être récupéré et que l’attaque du poste de tir avait été organisée pour permettre au dirigeant populiste de réintégrer l’atmosphère de la planète sans encombre. A une distance raisonnable de la station de tir, Luke aperçut une rangée de speeders à l’arrêt. Des Nouveaux Arrivants s’affairaient tout autour. Gin, la tante de Arvid lui parla. Elle demanda à Luke ce qu’il faisait dans la vie. Il répondit qu’il était mécano de speeders. Elle lui demanda s’il avait vu des Thérans. Gerney Caslo le lui demanda aussi. Luke répondit que les Thérans l’avaient attaqué. Gin proposa à Luke de l’embaucher mais il voulait que Darm l’aide à retrouver quelqu’un de ses amis à Hweg Shul. Les Nouveaux Arrivants n’étaient qu’en minorité sur cette planète. La majorité de la population, elle, ne souhaitait pas que ce monde soit rallié à la République. Même si Ashgad avait pu prétendre le contraire devant les représentants du Conseil. Mais au beau milieu de ces speeders bricolés au petit bonheur la chance et de ces vêtements rapiécés n’importe comment, Luke remarqua que quelqu’un s’était cependant débrouillé pour que chaque Nouvel Arrivant soit équipé du dernier cri en matière de blaster, fusil et canon à ions.

 

6

 

Yan recevait des messages incompréhensibles et s’inquiétait du non-retour de Leia. Chewie demanda des nouvelles de Leia à Yan en baissant la voix pour que les enfants de Yan ne l’entendent pas. Yan se dit que Leia aurait dû écouter les conseils de Callista. Un droïd annonça à Yan que deux visiteurs l’attendaient.

 

C3PO parlait avec Bortrek, capitaine du Pur Sabac. C3PO annonça que Marcopius était mort et que son corps était bien enfermé pour éviter la contagion. Bortrek emmena le corps de Marcopius. Il avait accosté la navette de C3PO. Si Bortrek n’avait pas intercepté le message de détresse de C3PO, la navette aurait été perdue à tout jamais. D2 annonça qu’une révolte s’était déclenchée sur Ampliquen et King Galquek et que la peste s’était déclarée sur la base de Durren. C3PO demanda à Bortrek de les emmener sur Cybloc XII contre une récompense. C3PO et D2 allèrent sur le vaisseau de Brotrek. Ils découvrirent des caisses remplies de pièces d’or, d’objets de culte de Durren et d’instruments en platine. Bortrek prétendit les garder pour leurs propriétaires absents. Bortrek avait besoin de D2 pour remplacer son ordinateur de navigation qui avait grillé suite à un différend que Bortrek avait eu à Durren. C3PO téléchargea les informations de l’ordinateur central de Bortrek et réalisa que celui-ci voulait enlever D2 et C3PO.

 

Mon Mothma annonça que toute l’expédition de Leia avait disparu. Elle parla de la peste qui s’était déclarée sur Durren. Elle avait enquêté sur Ashgad et n’avait rien trouvé contre lui. Mon Mothma pensait que le vaisseau de Leia n’avait pu être détourné. Yan savait pourtant que des rumeurs couraient comme quoi tel ou tel contrebandier avait trouvé un moyen de modifier les ordinateurs à distance. Il s’était forcé à apprendre par coeur des centaines de cartes et il conservait des guides interplanétaires à bord du Faucon. Yan trouvait idiote la décision de dissoudre le Conseil en cas d’absence du chef de l’Etat. Quand la nouvelle de la disparition de Leia se répandrait, ce serait le bazar. Yan voulait faire appel à Lando et à Mara Jade pour rechercher Leia et Luke. Mon Mothma accepta. Yan pensa aussi à Kyp Durron et à Wedge Antilles.

 

7

 

C3PO protesta contre son enlèvement. Bortrek s’en moquait. Bortrek se dirigeait vers Cezanon. Il était paranoïaque. Il croyait que l’univers était contre lui. Il rêvait de posséder un synthédroïd. Il but beaucoup d’alcool et s’effondra. C3PO en profita pour mesurer l’air du vaisseau. Il n’y avait quasiment plus d’oxygène. D2 demanda à C3PO de rebrancher son motivateur que Bortrek avait débranché. D2 avait programmé le vaisseau pour qu’il se dirige sur Nim Drovis. C3PO aida D2 à se débrancher de l’ordinateur central. Bortrek se réveilla quand l’oxygène alimenta à nouveau le vaisseau. Il fut en colère quand il vit que D2 avait quitté la console de pilotage. C3Po lui dit que D2 ordonnait que le cap soit mis sur Nim Drovis et de les laisser débarquer. Si Bortrek refusait D2 couperait à nouveau l’oxygène. Alors Bortrek obéit. Les deux droïds débarquèrent sur la planète tandis que Bortrek redécolla.

 

Umolly Darm parla de Callista à Luke. Elle avait passé l’immigration sous le nom de Cray Mingla. Une tempête de Force s’était déclenchée. Des gens étaient morts à cause d’elle. Luke se sentit coupable. Darm pensait que les tempêtes de Force venaient des taches solaires. Mais Luke pensait que cela venait d’un Jedi. Il comprit qu’il ne pourrait pas utiliser la Force pour retrouver Callista. Cela faisait huit mois qu’il l’avait perdue. Il y avait des matins où il n’arrivait pas à trouver de raisons valables de sortir du lit. Luke était sûr qu’il y avait un Jedi dans cette ville.

 

8

 

Leia était en colère quand elle comprit qu’Ashgad avait lâché la peste sur ses soldats. Liegeus lui ordonna de rester quinze minutes en plein soleil chaque jour, à midi. Leia découvrit que la chair des synthedroïds se putréfiait. C’était à cause de la peste. Leia s’efforçait de boire le moins possible pour avoir la conscience claire car on mettait de la drogue dans son eau. Leia comprit que Liegeus était autant prisonnier qu’elle. Elle le lui dit. Il fut surpris mais le reconnut. Elle lui proposa son aide mais Liegeus répondit qu’elle ne pouvait rien pour lui.

 

Luke trouva la maison où se réfugiait le Jedi. La porte s’ouvrit avant même qu’il se soit donné la peine de frapper. Une femme l’accueillit. Elle s’appelait Taselda. Elle était sale. Luke se présenta sous le nom d’Owen car il savait que son vrai nom était associé à celui de son père. Luke dit qu’il cherchait quelqu’un. Taselda savait que c’était Callista. Elle lui dit qu’elle enseignait la Force à Callista. Elle lui servit du vin. Luke se détendit. Taselda parla d’une caverne d’où provenaient les tempêtes de Force. C’est là qu’était Callista. Luke voulait y aller mais Taselda ne le trouva pas assez armé. Il devait attendre. Taselda avait mis ses dons au service de la population. Son vaisseau fut détruit une nuit alors qu’elle dirigeait une mission destinée à tirer des otages des griffes de ses ennemis. Elle devint le chef des fermiers. Mais un Jedi tyrannique arriva. Il savait que cette planète était habitée par la Force et y était venu pour cela. Il s’appelait Beldorion. Les amis de Taselda suivirent Beldorion et se retournèrent contre elle. Beldorion lui vola son sabrolaser. Elle fut réduite à la pauvreté. Beldorion en vint à gouverner Hweg Shul comme un roi et Taselda fut oubliée. Puis Beldorion fut usurpé et bouté par Ashgad. Ashgad était un politicien, banni par l’Empereur, envoyé sur cette planète en punition. Beldorion avait sombré dans la débauche et avait perdu ses pouvoirs. Ashgad possédait le sabrolaser de Taselda. Taselda dit à Luke que le danger venait des synthédroïds d’Ashgad. Taselda dit à Luke que Callista lui avait parlé de lui mais Luke s’était présenté sous le nom d’Owen. Grâce à la Force il élimina l’alcool de son corps mais sentit également la présence d’une drogue. Ses effets vous obligeaient à baisser votre garde. Il trouva ça malin de la part de Taselda d’avoir utilisé cette méthode pour chasser ses préjugés mais le froid et l’anxiété l’envahirent. Il ne pouvait pas se permettre de perdre Taselda. Il pensa qu’elle l’avait manipulé pour qu’il l’aide à récupérer son sabrolaser. Il se dit qu’elle n’était pas le professeur de Callista. Il retourna à la maison de Taselda mais par l’arrière. Elle lui fit face de l’autre côté de la cour. Ses grands yeux bleus étaient emplis de rage, ses longs cheveux sales coulaient en une cascade répugnante jusque sur sa poitrine. Il sentit son esprit faire pression sur le sien. Il fit un bond pour éviter une lance acérée qui se ficha en terre à l’endroit précis où il se trouvait la seconde auparavant. Puis il esquiva un trait de laser. Des hommes et des femmes à l’aspect pitoyable se précipitèrent vers lui. Des enfants lui lancèrent des cailloux. Luke s’enfuit. Deux hommes finirent par l’attraper. Ils voulaient le ramener chez Taselda. Il les repoussa. Mais les hommes continuèrent à l’attaquer. Un grand Ithorien et un humain firent irruption dans la ruelle. C’étaient des policiers. Les gens leur dirent que Luke était le Maléfique. Mais les policiers leur ordonnèrent de s’en aller. L’Ithorien dit à Luke que ces gens avaient enlevé une jeune femme. C’était Callista. L’Ithorien dit à Luke que Callista avait quitté Hweg Shul une semaine après son arrivée. Puis les policiers partirent. Luke comprit que Taselda avait essayé d’assouvir Callista en lui promettant de la conduire vers ce qu’elle cherchait. Callista était venue chercher un enseignement. Et elle s’était enfuie.

 

9

 

Un synthédroïd dit à Leia que Beldorion voulait la voir. Leia demanda si Ashgad serait là. Le synthédroïd ne savait pas. Il y en avait cinq et deux étaient en état de putréfaction. Leia pensa que c’était Dzym qui contrôlait la Semence de Mort. Cela expliquait pourquoi elle n’était pas morte. Leia avait repéré la configuration de la maison d’Ashgad et avait vu un vaisseau cargo en construction devant la maison. Elle vit que Beldorion portait un sabrolaser. Elle sentit que l’esprit de Beldorion cherchait à toucher le sien. Il voulait la soumettre à sa volonté. Leia eut beaucoup de mal à résister au regard du Hutt. Il parla de son combat avec Taselda et de son passé de gouverneur. Leia demanda qui était Taselda. Beldorion lui parla d’elle. Leia demanda au Hutt ce qui l’avait poussé à venir sur cette planète. Il répondit qu’elle-même l’avait senti. C’était la présence de la Force. Liegeus entra et reprocha au Hutt d’avoir vendu l’un de ses esclaves à Dzym. Il demanda à Leia ce que Beldorion lui avait proposé. Il emmena Leia avec lui mais Beldorion le frappa à distance avec la Force. Leia l’aida à se relever. Il lui dit de ne pas faire confiance au Hutt. Beldorion ne pouvait la protéger contre Dzym ou Ashgad. Il la ramena à sa chambre. Elle comprit que Liegeus s’était trahi en lui faisant savoir que l’homme qui s’était présenté comme le fils de Seti Ashgad, le vieux rival de Palpatine au Sénat, n’était autre que Seti Ashgad lui-même.

 

Yan et Lando retrouvèrent l’Inflexible. En s’approchant de l’épave, ils virent que ce n’était pas l’Inflexible mais le Corbantis en provenance de la base de Durren. Yan et Chewie allèrent voir ce qui restait du vaisseau. Ils comprirent que le Corbantis avait été détruit par des destroyers. Tout l’équipage était mort à cause du froid. Certains avaient quand même réussi à survivre en se réfugiant près des réacteurs. Yan et Chewie les amenèrent sur le Faucon. On tira sur le Faucon mais Lando et Yan ne virent rien dans l’espace. Puis ils virent des minuscules appareils peints en noir et dépourvus de lumière. Yan tira sur eux et réussit à passer en hyperespace.

 

 

 

Posté par Humanisme à 13:38 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]