Humanisme : le Contrat social

Blog de réflexions philosophiques fondées sur de larges lectures. Billets d'humeur sur la littérature, l'histoire et la politique. Influences rousseauistes et maçonniques.

02 novembre 2009

Roadmaster II

Autrefois

Sandy était sûr que Curt avait écrit des notes sur la Buick malgré l’interdiction de Tony. Les éclairs s’espaçaient et les policiers espéraient que la Buick était en train de s’étioler. Il y avait eu une douzaine de séismes lumineux entre 1979 et 1983. Le plus fort eut lieu en 1983. Curt avait continué les expériences. Parfois des animaux ou des plantes disparaissaient dans la Buick et parfois non. Début 1980, les policiers arrêtèrent de surveiller la Buick 24 h/24. Ils avaient décidé qu’il n’y avait plus de raisons de s’en faire. Tony avait acheté une bâche de façon à éviter que les gens qui passaient dans le parking et jetaient un coup d’oeil au hangar se mettent à poser des questions. Un jour la température du hangar baissa de cinq degrés d’un seul coup et la bâche tomba toute seule. Curt devait se rendre au tribunal alors il demanda à Randy Santerre et à Chris Sader de surveiller la Buick. Quand Curt revint la température avait encore baissé de cinq degrés. Curt avait placé sur le siège avant de la Buick un carton à chaussures qui contenait quelques grillons. Une cage à grenouilles était sur la banquette arrière. Il avait mis une jardinière de fleurs dans le coffre. Il avait promené le chien autour de la voiture et Mister Dillon avait senti quelque chose. Curt savait qu’il se passait quelque chose que ce n’était pas comme avant. Il émanait de la Buick une lueur violette qui s’écoulait le long des flancs de la voiture. Tout à coup elle sembla exploser, pas au sens littéral du terme mais c’était le mot qui convenait le mieux. Mister Dillon poussait des hululements de terreur. LA lumière était tellement vive que les policiers ne purent pas regarder le hangar même avec des lunettes de soudeur. Quand les éclairs diminuèrent, Curt et Sandy approchèrent du hangar. La Buick était intacte. Curt voulut entrer dans le hangar mais Sandy lui dit que sa femme était enceinte et qu’il risquait de tout gâcher juste pour cette Buick mais Curt insista et Sandy accepta de l’accompagner. Curt s’enroula une corde autour de la taille et Sandy la tenait. De plus Dicky Duck était prêt à le retenir par la ceinture si les choses tournaient mal. Curt ouvrit la portière côté conducteur et passa le buste à l’intérieur. Il ouvrit le carton à chaussures et aucun grillons ne manquait. Il en allait de même avec la grenouille sauf qu’elle avait perdu la vue. Curt ouvrit le coffre. Les fleurs avaient gelé. Trois jours passèrent et la Buick restait inerte. George Morgan rentra au poste et jeta un coup d’oeil au hangar. Un choc étouffé se fit entendre à l’intérieur. LE coffre de la Buick s’ouvrit. Il alla chercher Sandy. Un poisson jaillit du coffre de la Buick. Ce n’était pas vraiment un poisson mais ça y ressemblait. Ca avait quatre ouïes avec une peau argentée et une queue membraneuse, hérissée de dentelures irrégulières. La bête était aussi grande qu’un canapé et les policiers se demandèrent comment elle avait pu tenir dans le coffre. George et Sandy crièrent et le chien aboya. A la place d’une tête, la bête avait des antennes rosâtres. Sandy ordonna à George d’aller chercher le camescope. Même à l’extérieur du hangar la bête sentait le chou. Un liquide noirâtre en sortit. Son corps se mit à enfler. Sandy voulut filmer mais les piles étaient à plat. Il insista et la caméra redémarra. La créature se fendit sur toute la longueur. Il y eut une éruption de tripes qui expulsèrent de la vapeur. Sandy appela Herb pour qu’il soit témoin de la scène. George revint aussi. Le poisson explosa et se liquéfia. De la vapeur masqua la Buick. LE lendemain, la température baissa de plusieurs degrés. Les policiers lavèrent le hangar. Curt était furieux qu’on ne l’ait pas averti mais il n’en vint pas jusqu’aux mains avec Sandy.

Aujourd’hui : Sandy

Ned appelle sa mère pour lui dire où il est. Pendant ce temps, Huddie demande à Sandy s’il a eu raison de raconter ces trucs-là. Mais Sandy répond qu’il n’y a plus moyen de revenir en arrière. Sandy pense que l’amour du métier a empêché Curt de sombrer dans la folie à cause de la Buick. Mais c’est aussi le métier qui lui a coûté la vie. Ned n’est pas policier et Sandy a peur que l’amour du métier ne l’aide pas à encaisser ce qu’il apprend sur la Buick.

Autrefois : Sandy

en été 1988, la Roadmaster avait été intégrée à la vie de la compagnie D. Les feux d’artifice avaient encore lieu par-ci par-là et Curt et Tony tentèrent toujours de nouvelles expériences. Des animaux succombèrent mais aucun ne se volatilisa. Dans l’ensemble, les choses avaient tendance à s’apaiser. La seule épine était Edith Hyams, la soeur d’Ennis qui soutenait que la disparition de son frère n’était pas normale et que la compagnie D en savait plus qu’elle ne voulait bien le dire. Trois fois la Buick évacua des bêtes : une demi-douzaine de coléoptères de grande taille et verts. En février 1984, une sorte de plante sortit de la Buick. Curt entra dans le hangar pour la photographier et la filmer. Sandy rejoignit Curt. Il examina les fleursratatinées qui gisaient au fond du coffre et frissonna. Les fleurs se décomposèrent. Curt mit la plante dans un sac poubelle. En avril 1985, une sorte de bâton rouge sortit du coffre. C’était une sorte de lézard rouge. C’est Tony qui le recueillit.

Shirley

Shirley se souvient d’un vendredi de 1988 qui a été le plus épouvantable de sa vie. Herb Avery et Justin Ishington lui avaient apporté un bouquet de fleur pour se faire pardonner de lui avoir bousillé une jupe en la bousculant ce lui fit renverser son café sur sa jupe. Les deux hommes lui avaient offert un chèque cadeau égalemeent pour qu’elle se rachète une jupe. C’est à ce moment que Shirley reçut un code d’alerte suite à une catastrophe. Un camion citerne était entré en collision avec un car de ramassage scolaire et était en feu. Le feu menaçait l’école. Le policier George Stonkowski était sur place.

Eddie

Eddie raconte avoir vu un type descendre de son pick-up Ford. Il avait une croix gammée en argent autour du cou. Du sang coulait de sa main droite. C’était Brian Lippy, un ancien camarade de classe d’Eddie. George Morgan était avec Eddie. Brian Lippy était en train de cogner son passager quand les policiers l’arrêtèrent. Lippy était drogué. Le passager de Lippy était une femme. Lippy commença à insulter Eddie comme autrefois mais George le calma. La passagère avait du sang partout sur le visage à cause des coups de Lippy. Elle s’appelait Sandra Mc Cracken. Eddie demanda à Sandra de les suivre pour porter plainte pour coups et blessures contre Lippy mais elle refusa.

Huddie

Le camion citerne qui a pris feu contenait du chlore. George Stankowski s’introduisit dans l’un des deux autocars en faisant sauter la porte vitrée à soufflets avec une grosse pierre. Il entasse 24 gamins et leurs deux enseignants.

Shirley

Shirley raconte l’enfer qu’elle a vécu au moment où George Stankowski sauvait les enfants. Mister Dillon s’est mis à aboyer et de la bave s’échappait d’entre ses babines retroussées. Le chien a foncé tête baissée et est sorti en arrachant la porte du chambranle.

Eddie

Lippy insultait Eddie dans la voiture de police. George évita Miser Dillon qui venait de sortir du poste. Lippy qui n’avait pas mis sa ceinture à l’arrière se cassa le nez contre la grille de sécurité. Le chien fonça sur le hangar B en hurlant. Le hangar dégageait une odeur d’eau de mer et de vieux chou. Le chien entra par la porte du hangar qui était restée entrouverte.

Arky

Arky prétend n’avoir pas oublié de fermer la porte latérale du hangar.

Eddie

Eddie, Shirley, Huddie et George entrèrent dans le hangar. Le coffre de la Buick était ouvert. Une bête jaune de 2 m 20 de haut avec un entortillement de filaments rosâtres en guise de tête était là. Elle avait trois pattes et du centre de sa poitrine pendait une sorte de tuyau de chair grise. Dressé face à elle Mister Dillon aboyait. Il amorça un mouvement de recul quand la bête cria.

Shirley

Shirley pensait que la bête avait un easpect humanoïde. Elle était en colère contre la créature. Elle voulait qu’elle crève. La bête cracha un liquide qui atteignit le chien et son pelage se mit à fumer mais le chien se jeta sur la bête. Un liquide noir sortit de la morsure. La bête continuait de crier. Mister Dillon mordit encore la chose et le liquide noir se déversa sur son museau le faisant hurler. La bête s’abattit sur le chien. Le tuyau gris qui lui sortait du torse s’enroula autour du cou du chien. LE chien hurla.

Eddie

Eddie enfila des gants en caoutchouc avant de décrocher la pioche du mur et l’abattit sur la bête. Elle poussa un cri et fit un grand bond en arrière. Le chien se dégagea. La créature affolée contre la porte leva le tuyau gris qui lui sortit de la poitrine et regarda Eddie qui frappa encore la chose. George aida Eddie à frapper la bête.

Huddie

Huddie enfila une paire de gants lui aussi et il prit un râteau pour aider Eddie et George. Shirley qui elle aussi avait un outil et des gants. Ils réussirent à tuer la bête. Shirley réalisa qu’ils venaient de tuer un être intelligent et pour elle c’était un meurtre. Le chien blessé se remit à gémir. Eddie pensait que la voiture était vivante et respirait. Tous les policiers quittèrent le hangar sauf Huddie qui mit un masque et prit des photos de la bête. La bête était devenue blanche en se décomposant. Une vapeur s’en élevait. Huddie mit la bâche sur le cadavre et sortit le Polaroïd puis il revint vers la Buick pour en fermer le coffre mais il y trouva un objet qui ressemblait à un transistor des années 50 mais qui ne comportait ni cadran ni boutons ni manettes. Le matériau dont il était fait avait la texture du cuir. Huddie pensait comme Shirley que la créature qu’ils avaient tuée n’avait rien d’un animal, c’était un être pensant. Alors il pensa qu’Ennis avait dû subir la même chose dans l’autre monde. Huddie pensa à entrer dans le coffre. Il repensa à cet instant plus tard après le suicide de George Morgan. Il avait compris qu’en entrant dans le coffre il lui arriverait quelque chose d’épouvantable. C’est un cri de Shirley qui l’empêcha de faire cette bêtise.

Eddie

Eddie et George étaient retournés s’occuper de Lippy mais celui-ci avait brisé la vitre de la portière et s’était enfui. George se demanda si Lippy n’avait pas eu la curiosité de regarder ce qui se passait dans le hangar à cause des cris. Shirley cria au secours à ce moment car le chien était en train de mourir des suites de ses blessures.

Shirley

Shirley raconte à Ned les derniers moments de Mister Dillon. Elle l’a vu rentrer au poste. Il s’était mis à trembler et à baver comme s’il était en rage. Des volutes de fumée minuscules s’échappaient des petites traces de brûlures qui lui grêlaient le museau et les paupières. Puis la fumée sortit de la gueule, des narines et des oreilles. Il vomit ses intestins alors Shirley cria au secours.

Eddie

Le chien était sorti et George et Eddie le virent. Shirley leur dit qu’il brûlait de l’intérieur. Alors George l’abattit pour abréger ses souffrances.

Aujourd’hui : Shirley

Shirley explique à Ned qu’ils n’ont pas pu faire autrement pour le chien.

Autrefois : Eddie

Après que George abattit le chien, la fumée avait commencé à se dissiper. Pendant ce temps George Stokowski avait sauvé les enfants. Eddie couvrit le corps du chien avec une bâche et Shirley appela Tony.

Aujourd’hui : Sandy

Ned demande ce qui s’est passé quand son père et Tony sont revenus. Sandy lui répond que Brian Lippy n’ a jamais été retrouvé. Ned s’énerve car les policiers arrêtent de raconter l’histoire de la Buick. Mais Eddie lui répond qu’ils lui ont tout raconté même s’il ne s’en est pas parçu. Arky lui dit qu’ils ont enterré le chien. La petite amie de Lippy n’a jamais signalé sa disparition ni sa famille. Tony et Curtis pensaient que la Buick l’avait avalé. Sandy dit à Ned que Tony et Curt ont encore tenté quelques expériences et à la fin ils ont fait appel à Bibi Roth mais il était bien décidé à effacer la Buick de sa mémoire et il a conseillé à Tony et à Curt de l’imiter. D’autres créatures sont sorties de la Buick. En 1991, le coffre a explusé un oiseau à quatre ailes et en 1993 il a ramené de la terre qui s’est décomposée. Un an et demie après il y a eu un deuxième lézard rouge. Et depuis rien. Ned dit à Sandy qu’il sent la Buick. Sandy réalise que si par moment il était en colère contre Ned quand il posait des questions c’est parce qu’il avait peur pour lui à cause de la Buick. Sandy va manger dans un restaurant. Il pense que Curt a été tué par la Buick et se demande si Ned le sait aussi. Sandy repense au pique-nique du Labor day. Ned allait poser une question sur ce pique-nique mais s’était retenu. Mais Sandy devine qu’il voulait savoir si ce jour-là les policiers n’avaient pas parlé de détruire la Buick. Sandy pense que Ned est revenu au poste pour être seul devant la Buick. De retour au poste, Sandy voit ses craintes confirmées. Ned est revenu seul au hangar.Ned est dans la Buick, derrière le volant. Il a un jerry can d’essence et le pistolet de son père. Il est hypnotisé comme l’était Huddie quand il avait voulu entrer dans le coffre. Sandy se souvient que Curt lui avait demandé si la voiture pensait et Sandy avait ri. La température dans le hangar baisse et Sandy réalise qu’il doit agir vite. Il a la conviction que tout est de sa faute. Ned a versé de l’essence sous la Buick. Sandy entre dans la cabane de surveillance. Il entend la voix de la Buick. Arky est revenu lui aussi car il a deviné ce que Ned allait faire. Sandy attache la corde à sa taille et à un mur. Il va entrer dans le hangar. Sandy essaye de convaincre Ned de sortir de la Buick mais Ned refuse. Ned pense que c’est la Buick qui a tué son père et il veut la détruire. Il dit qu’avant qu’elle le fasse passer de l’autre côté en l’avalant, il mettra le feu à son dispositif de transport. Comme ça, elle n’aura plus jamais accès à ce côté-ci. Et s’il se tire indemne de cette aventure, il tuera ce qui l’attend de l’autre côté. Une lueur violette apparaît au-dessus du volant. La chose arrive. Sandy continue de parler à Ned pour qu’il sorte de la Buick. Sandy sort une bombe aérosol et pulvérise du gaz dans les yeux de Ned qui tire un coup de feu. Sandy essaye d’ouvrir la portière mais le bouton de verrouillage s’abaisse de lui-même. Sandy arrive quand même à ouvrir la portière en insistant et le coffre s’ouvre à cet instant. Sandy arrive à extirper Ned de la voiture qui commençait à l’avaler. Alors Sandy crie à Arky de tirer la corde. La Buick avale le pistolet de Ned. La buick a été entièrement évidée de son intérieur par la lumière violette. Un monstrueux passage, ouvert sur l’inconnu, s’étale devant les yeux de Sandy. Arky est aidée par Stéphanie, une policière et tous deux arrivent à tirer Sandy et Ned. Un tourbillon d’insectes à carapace verte jaillit du coffre. Ils meurent aussitôt. Ned et Sandy sont aspirés par la Buick mais ils résistent. Huddie et Eddie arrivent à la rescousse. Enfin Ned et Sandy sont tirés hors du hangar. Shirley est arrivée et elle fond en larmes quand elle réalise ce qui s’est passé. Ned s’excuse pour ce qu’il a fait. Sandy lui explique qu’il était sous son emprise et que jamais la Buick n’avait exercé autant de pouvoir sur quelqu’un. Sandy se sent fautif.

Autrefois : Curtis

On assiste au dernier jour de Curtis. Il sentait la Buick et sa voix l’appelait. Il demanda à Sandy si la Buick pensait et si elle observait ce qui se passait autour d’elle. Sandy était sûr que non et rit. Mais Curt insista alors Sandy demanda pourquoi ils ne détruiraient pas la voiture. Curt répondit que ça les mettrait en danger. Curtis dit à Sandy que Buck Flanders et Andy Colucci avaient eu envie de détruire la Buick. Il pensait que c’est la Buick qui leur avait donné cette idée. Curt avoua à Sandy qu’il avait été repris d’un amour insensé pour son fils.

Aujourd’hui : Sandy

Sandy finit de raconter le dernier jour de Curt à Ned. Curt lui avait dit qu’il avait de la chance. Dans le hangar B, il fait noir. Il n’y a pas d’éclair. Sandy demande à Ned s’il va leur causer encore des problèmes mais Ned répond qu’il n’en sait rien. Il demande à Sandy si son père n’avait pas une idée de l’endroit d’où venait la buick et qu’il était l’homme en noir mias Sandy répond que personne n’a jamais su. Sandy repense à ce qu’il a vu dans la Buick quand elle a essayé de l’aspirer avec Ned. Il a vu des restes de Brian Lippy, sa croix gammée et une de ses bottes. Il avait donc bien été aspiré par la Buick. Il a vu aussi le chapeau d’Ennis.

Plus tard

Sandy explique qu’en 2006, il est prêt à prendre sa retraite. Il se rappelle qu’un jour Shirley lui avait annoncé un accident de voiture et que le conducteur était en mille morceaux et mort. C’était Eddie. Il avait embouti la face latérale du pont en béton qui traverse le Redfern à moins de cinq minutes de marche de l’endroit où la buick Roadmaster était apparue comme par enchantement et où Curtis avait été tué. Sandy a dû avertir la mère de Ned et il est allé au restaurant avec tous ses collègues pour se saouler. Tous les policiers qui n’étaient pas de service sont allés à l’enterrement. Eddie avait racheté la voiture de Ned après avoir renoncé à l’alcool. Ned avait abandonné l’université pour devenir policier. Eddie avait eu un accident car il avait repris l’alcool. Arpès l’enterrement, Ned veut emmener Sandy voir le hangar. Un minuscule éclair argenté zigzague de haut en bas côté conducteur. C’est une fêlure dans le pare-brise. Ned sait que la voiture va s’auto-détruire.

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27 octobre 2009

Roadmaster I (Stephen King)

Roadmaster (Stephen King)

Aujourd’hui : Sandy

Dans l’année qui a suivi la mort de son père, le fils de Curt Wilcox a beaucoup fréquenté les locaux de la police. Cette année là, Ned Wilcox était en Terminale au lycée de Statler. Vers la fin d’une étouffante journée d’été, en juillet 2001, Curt avait fait ranger sur le bas-côté un 38 tonnes. Curt était garé sur l’aire de stationnement goudronnée de l’ancienne station-service Jenny exactement à l’endroit où cette satanée Buick Roadmaster avait surgi vingt ans auparavant. Le père de Ned s’était lancé aux trousses du camion parce qu’il avait un pneu qui menaçait d’éclater. Curt avait mis ses gyrophares et le camionneur s’était sagement rangé sur le bas-côté. Curt avait appelé le central. Ensuite, il était descendu de voiture et s’était dirigé vers le camion et avait regardé le pneu défectueux et il était mort. Depuis Ned venait chez les policiers pour faire des corvées comme ratisser les feuilles mortes ou déblayer la neige du parking. Ned parlait avec les policiers. Ils lui parlaient de son père même si son nom ne franchissait jamais leurs lèvres. Ned s’était lié avec Shirley Pasternak, l’officier de communication. Elle lui avait appris à se servir des téléphones et lui avait dit que sa hantise c’était de perdre un collègue sans même s’en apercevoir. Shirley lui apprit tout en espérant qu’un jour il serait capable de la remplacer. Et Ned l’avait relayé quand elle allait faire un café ou fumer une cigarette dehors. Les policiers avaient laissé Ned s’occuper d’un signalement de conducteur auprès d’un de leur collègue pour voir s’il en était capable. LE policier avait donné à Ned l’immatriculation de la voiture et Ned avait fait le reste comme un chef. Ned avait des soeurs jumelles Joan et Janet. Un jour Ned était venu voir les policiers pour leur annoncer qu’il avait été admis à l’université et tout le monde avait fêté ça. Ned se trouvait sur un banc et pleurait. Un policier, le narrateur, vint le voir. Ned aurait voulu montrer sa lettre d’admission à l’université à son père. Même si sa mère et ses soeurs avaient été folles de joie. Il faisait tout le temps le même rêve, que la mort de son père n’était qu’un cauchemar, que son père ne s’était pas fait écraser par un pochard pendant qu’il vérifiait le pneu du camion. Ca faisait un an que c’était arrivé et ce rêve ne le lâchait pas. Ned demanda à Sandy, le narrateur, s’il y avait une raison à la mort de son père mais Sandy pensait que ce n’était pas lui qui pouvait répondre. Sandy lui dit qu’il fallait bosser, placer sa confiance dans l’avenir et mettre un joli petit pécule de côté en prévision de sa R.D. Sa retraite dorée. Sandy regarda le hangar B dans lequel se trouvait la Buick Roadmaster mais ne dit rien à Ned. Ned allait passer l’été à bêcher les plates-bandes et à arroser les pelouses pour payer ses études. Il allait travailler pour Tom Mc Cnnaton, un alcoolique qui avait la réputation d’être un petit chef tatillon et mesquin qui ne nourrissait pas d’ambition politique particulière contrairement au reste de sa famille. Sandy le tira de là et s’était arrangé pour faire embaucher Ned comme stagiaire rémunéré au maniement d’un central de communication. Shirley lui enseignerait tout ce qu’elle savait. Georgie, un des policiers, offrit une étoile de shérif en plastique à Ned sur laquelle était écrit « sous-fifre ». Ned s’en sortait bien. Il n’avait failli perdre son sang froid qu’une fois quand un type qui était sur le point de comparaître devant le juge du comté avait été pris d’une crise de violence subite et s’était mis à cavaler à poil en hurlant des insanités sur Jésus le Phallus. Shirley l’avait remplacé sur le champ et l’incident du tribunal n’avait pas fait de victime et M. Jésus le Phallus avait été placé en observation à l’hôpital. Ned s’en était vite remis. Ned n’avait pas l’intention de faire carrière dans la police mais pour Shirley ça ne changeait rien, l’important c’était qu’il se sente bien. Au début de juillet, un an après la mort de son père, Ned avait posé des questions à Sandy sur le hangar B. Tous les policiers y étaient entrés sans en avoir envie parce qu’ils ne pouvaient faire autrement. Ned était ébahi par la Buick qui s’y trouvait. C’était un modèle 1954. Ned avait vécu un truc bizarre. En s’approchant du hangar B, il avait entendu deux bruits. Un bruit d’étoffe qui se froisse et ensuite un choc sourd. La bâche recouvrant la Buick s’était décrochée pendant que Ned lavait les carreaux du hangar comme si la voiture avait voulu que Ned la voie. La Buick était bleu nuit. Sandy expliqua qu’elle était là à cause d’une facture impayée. Ned voulut entrer pour la voir mais Sandy répondit qu’il serait imprudent de s’en approcher. Alors Ned voulut savoir si ça avait un rapport avec son père si la voiture était à lui. La Buick appartenait à toute la compagnie D. de la police mais plus particulièrement à Tony Scoodist et au père de Ned. Mais Sandy dit à Ned qu’elle n’était pas vraiment à son père. Ca devait rester entre eux. Sandy autoriserait Ned à entrer dans le hangar quand la température aurait remonté car elle y était de 13 degrés. Sandy avait cru entendre la voix du père de Ned lui dire « cette bagnole est une zone sismique » et avait sursauté. Il n’en dit rien à Ned.

Autrefois

En 1979, à l’intersection de la 32 et de la route de Humbolt, la station service Jenny était encore ouverte. Elle appartenait à Hugh Bossey qui ce jour-là était parti se faire soigner les dents. Le pompiste s’appelait Bradley Roach, un garçon de vingt ans, c’est lui qui allait tuer le père de Ned 22 ans plus tard. Un matin de juillet Brad Roach était assis dans le bureau de la station-service. La Buick Roadmaster arriva. Brad avait compris que quelque chose n’allait pas avec cette voiture sans savoir quoi. Le conducteur sortit de la Buick. Malgré la chaleur, il était vêtu d’un trench-coat noir et d’un chapeau noir à larges bords. La voix du type n’était pas plaisante quand il demanda le plein. De plus Brad avait eu l’impression qu’une oreille du type avait fondu. Brad réalisa que la voiture n’avait pas de plaque minéralogique. Il n’y avait rien dans la voiture. Le volant était fait d’un bois incrusté d’une matière brillante. Brad se dit qu’il avait été fait sur mesure. Le réservoir était presque vide et Bradley se dit que le type avait dû abattre une sacrée distance ou que le réservoir était presque à sec car les pneus n’étaient pas sales. Brad se dit que l’homme devait être un Amish car il y en avait dans la région. Mais il savait que pour les Amish les voitures étaient l’oeuvre de Satan donc il ne devait pas faire partie de la secte. Brad pensait que le type était dans les toilettes mais ça faisait 35 minutes qu’il n’était pas revenu. Il n’était pas dans les toilettes et Brad se dit qu’en voulant voit la rivière le type avait glissé et s’était noyé.

Aujourd’hui : Sandy

Curt, le père de Ned, était venu à la station-service après l’appel de Brad et Ned devait s’habituer à l’idée que le tueur de son père avait parlé avec sa victime bien avant l’accident. Curt avait arrêté plusieurs fois Brad dans les années 80 pour conduite en état d’ivresse.

Autrefois

Curt Wilcox et son collègue Ennis Rafferty étaient allés voir dans la rivière si le type s’y était noyé. Les flics avaient remarqué que la voiture n’avait pas de plaque ni de macaron de contrôle technique et que le volant était grand. Ce que Brad avait pris pour le manteau du type dans la rivière était en fait une poubelle en plastique noir. On ne retrouva jamais le type en manteau noir. Ennis et Curt ne croyaient plus ni l’un ni l’autre que la voiture était une Buick. Ce que c’était, ils n’en avaient pas la moindre idée. Ennis demanda qu’on lui envoie une dépanneuse pour remorquer la Buick jusqu’au poste de police. Les deux flics interrogèrent Bradley pour savoir s’il n’était pas ivre ou en état de démence puis Curt inspecta la Buick pendant 45 minutes. Il avait remarqué qu’il manquait des pièces au moteur et la voiture n’aurait pas dû rouler. La clé était juste un de métal plat et Curt l’essaya quand même mais n’arriva pas à démarrer le moteur. Toutes les commandes du tableau de bord étaient bidon et le volant ne tournait presque pas. Curt avait ouvert le coffre, il avait une odeur marécageuse mais était vide. Il dit à son collègue que la Buick était une zone sismique. Il expliqua qu’il avait vu une émission de télé où il était expliqué que la température baissait juste avant un tremblement de terre. Quand Curt était dans la Buick, il avait senti un bourdonnement dans sa tête. De plus il faisait froid dans la Buick. Curt pensait que le bourdonnement venait de l’air dans la voiture. Mister Dillon, le chien de la  compagnie montra sa peur de la Buick en hululant en sourdine et en tremblant de tous ses membres. Un après-midi, les experts du service médico-légal vinrent examiner la Buick.

Aujourd’hui : Sandy

Curt et Ennis n’avaient pas relevé de traces de pas jusqu’à la rivière et l’herbe était mouillée donc le type de la Buick n’était pas passé là. Sandy raconte à Ned l’histoire d’un de ses collègues, George Morgan qui a écrasé une vieille dame accidentellement alors qu’il était à la poursuite d’un criminel. Il ne l’a pas supporté et s’est suicidé.

Autrefois

Bibi Roth, l’expert, et ses collègues ne mirent pas plus de trois quarts d’heure pour examiner la Buick. Bibi fit son rapport au chef de la compagnie Tony Schoodist mais ne voulut pas laissé de trace écrite. Bibi et ses collègues n’avaient rien trouvé dans la Buick sinon des empreintes digitales et le fait qu’elle n’aurait pas dû avoir un tableau de bord en bois car ça ne collait pas avec son époque. De plus le compteur était à zéro et le pot d’échappement était en verre. Tony demanda à Johnny Parker, le responsable du service des véhicules du comté, de déplacer le chasse-neige qu’abritait le hangar B afin d’y mettre la Buick. Tous les hommes de la compagnie D vinrent voir la Buick. Tony avait voulu garder la Buick secrètement pour ne pas que l’affaire s’ébruite et attire les curieux. Un jour Ennis disparut. Les policiers l’avaient cherché partout même dans le coffre de la Buick. Il emmenèrent Mister Dillon dans le hangar B et il se mit à hurler à la mort et pissa de trouille. Huddie, un des policiers, pensait que la Buick avait avalé Ennis.

Aujourd’hui

Sandy raconte à Ned que Ennis n’a jamais été retrouvé et que les policiers ont fait une collecte pour sa soeur avec qui il vivait. Elle était persuadée que les policiers étaient responsables de la disparition de son frère. Pendant que Sandy raconte son histoire des éclairs sortent du hangar B. Ned en est éberlué. Sandy lui explique que cela arrive souvent et qu’ils appellent ça des séismes lumineux. Les éclairs émanent de l’intérieur de la Buick. Ned demande pourquoi la Buick fait ça mais les policiers ne savent pas. Ned est surpris qu’ils aient réussi à tenir ça secret depuis plus de vingt ans mais tous les policiers ont obéi à Tony qui leur a ordonné le silence. Bibi Roth a trouvé l’origine des empreintes digitales dans la Buick elle émanent d’Ennis, de Curt et de Bradley Roach. L’homme au manteau noir n’en a laissé aucune. Bibi n’a décelé aucune trace de sang dans la voiture mais des échantillons de tissu prélevés sur le revêtement du coffre contenant des quantités infinitésimales d’une matière organique qu’il n’est pas parvenu à identifier et qui a disparu d’elle même des échantillons. Au bout d’une semaine, on ne distinguait plus les endroits où les experts avaient gratté avec leurs scalpels pour prélever des échantillons dans la Buick. Si on rayait la carrosserie avec une clé, l’éraflure disparaissait au bout de six ou sept heures. La Buick avait rendu Curt marteau. Du coup, il déconnait à pleins tubes. Dès qu’il avait une seconde, il filait dans le hangar pour la prendre en photo et la tripoter. Curt pensait que la Buick avait mangé Ennis. Il pensait que cette bagnole était tombée entre leurs mains quasiment par la volonté de dieu. Tony et Curt ne parvenaient à se résoudre à se séparer de la voiture. C’était leur trésor caché. Ils y tenaient comme à la prunelle de leurs yeux. Curt a laissé des mots sur le cahier mais dans son testament il avait demandé qu’ils soient brûlés et sa femme l’a fait. La voiture n’a pas été confiée aux scientifiques car Tony s’en méfiait. Il pensait qu’ils seraient incapables de tenir leur langue. Tony appelait les éclairs de la Buick des « opérations de délestage ». Il pensait que la Buick se débarrassait de quelque chose, qu’elle s’en déchargeait.

Autrefois

Sandy raconte à Ned un événement qui s’est passé quinze jours après que la compagnie D eut pris possession de la Buick. La presse avait relaté la disparition de Ennis. C’est là que le premier séisme lumineux se produisit au crépuscule. La radio du poste de communication avait été parasitée et la télé était également parasitée. Sandy vit le hangar B s’illuminer. LA lumière ruisselait par tous les interstices. Il pensa que la voiture allait exploser mais il ne chercha pas à fuit car il croyait que ce serait inutile. Au contraire il mit ses lunettes de soleil et alla voir la voiture. Les autres policiers firent comme lui. Tony essaya d’écarter ses hommes mais lui aussi alla voir. Il ordonna à Sandy d’aller chercher Curt. Sandy téléphona chez Curt et tomba sur sa femme. Elle consentit à le déranger et il réussit à lui dire ce qui se passait. Curt arriva avec une paire de lunettes de soudeur. Tony volut l’empêcher d’avancer mais n’y parvint pas. Il demanda à Dicky-Duck d’aller chercher un Polaroïd. Tony s’en saisit. Avec mauvaise grâce, Tony céda le polaroïd à Curt qui ouvrit le hangar. Sandy tenait le chien mais avait du mal à l’empêcher d’aller vers le hangar. Alors Tony ferma la porte du hangar et le chien se calma aussitôt. Curt prenait des photos. Tony autorisa les hommes à venir voir. Cela s’arrêta. L’affaire avait duré 50 minutes. Tony ordonna à Herb de surveiller le hangar et les autres hommes rentrèrent au poste. Tony organisa un briefing avec ses hommes. Lui et Curt dirent qu’il n’y avait pas eu d’explosion ni de fuite radioactive. Curt fit circuler ses polaroïd et dit qu’il achèterait un compteur Geiger pour vérifier qu’il n’y avait aucune radiation. Dicky Duck voulait avertir le FBI dans le cas où il y aurait des radiations. Et Tony déclara que dans ce cas il se débarrasserait de la Buick. Buck dit qu’il fallait remettre la voiture entre les mains du gouvernement mais personne n’approuva. Tony demanda à ses hommes de ne rien dire sur la Buick à leur famille et de ne rien écrire là-dessus. Un thermomètre avait été installé dans le hangar B et il affichait une température de plus en plus basse. Après avoir acheté le compteur Geiger Curt et Tony passèrent une heure dans le hangar pour passer le tube du compteur partout sur la Buick. Il n’y avait aucune radiation mais la température du hangar était descendu à neuf degrés. La Buick allait accoucher. Arky Arkanian fut le premier à voir que quelque chose était sorti de la voiture sans savoir ce que c’était.

Aujourd’hui : Arky

Arky raconte à Ned ce qu’il a vu ce jour-là.

Autrefois

A l’époque, Arky possédait un vieux pick-up Ford. Après l’avoir garé, il se dirigea vers le hangar B et colla son visage à l’une des lucarnes. Le coffre de la Buick était ouvert. La température était remonté jusqu’à 16 degrés. Arky paniqué rentra au poste et demanda à Huddie d’aller au hangar avec des jumelles. Mais elle ne lui furent d’aucune utilité car il n’arriva pas à voir ce qu’il y avait au fond du hangar avec. Huddie ouvrit la porte et pénétra dans le hangar, il tenait son pistolet. Arky s’empara d’un râteau accroché à un clou juste à côté de la porte. Le coffre de la Buick était vide. Ils virent une chose morte au fond du hangar qui ne ressemblait à aucune bête connue. La chose avait des ailes et la taille d’une chauve-souris. Elle avait une tête triangulaire, une sorte de nez ou de bec osseux. Elle n’avait pas d’yeux. Au-dessous du cadavre, disposée en éventail autour de sa croupe, une plaque de matière noirâtre et poisseuse était en train de se coaguler. Arky toucha la chose avec le râteau. Une odeur nauséabonde de vieux chou bouilli se dégagea de la bête. Le sommet de la tête de la créature s’était retroussé, découvrant un oeil vitreux, d’une taille démesurée. Ils sortirent en claquant la porte. Ils firent venir Tony et Sandy. Tony interrogea Arky et Huddie et regarda la bête. Tous les hommes de la compagnie vinrent voir la chose. Tony demanda à ses hommes de partir sauf Sandy. Sandy avait amené le Polaroïd, des sacs poubelle et des ustensiles destinés à relever des indices. Ils ouvrirent le coffre le photographièrent, photographièrent aussi le thermomètre qui affichait 21 et prirent des photos du cadavre et le mirent dans un sac poubelle. Il y avait des taches vertes sur la porte du hangar et Sandy les photographia. Tony pensait que la bête était sortie du coffre, avait heurté la porte, d’où la tache, et avait rebondi d’un mur à l’autre. Ils sortirent du hangar et se sentirent mieux. Sandy pensait que la Buick était un canal qui permettait de passer d’un monde à l’autre et si la bête l’avait traversé dans un sens, cela voulait dire qu’Ennis l’avait traversé en sens inverse. Il pensait que c’est l’air qui avait tué la bête. Tony rangea le sac poubelle dans la salle des fournitures. Il déclara que plus personne n’aurait accès à cette salle sauf Curtis, Sandy et lui. A partir de ce moment c’est eux qui enquêteraient sur l’affaire. Quand Curt fut mis au courant de l’affaire, il demanda où était le chien au moment de la découverte du cadavre. Il était chez Orville, un policier. Curt écouta le récit de Sandy et de Arky puis alla voir le cadavre et vomit. Curt demanda si la Buick avait échangé Ennis contre la bête mais il n’y croyait pas. Il décida de disséquer la bête. Tony voulait faire surveiller le hangar 24 h sur 24 mais il n’avait pas assez d’hommes. Dep plus il s’inquiétait des visiteurs. Un représentant de la Chambre vint visiter le poste de la compagnie D pour faire une déclaration officielle au sujet du projet de loi sur la réorganisation de la police qu’il s’apprêtait à présenter. Les journalistes étaient présents. Tony avait peur que des policiers extérieurs aillent mettre leur nez dans leurs affaires. Curt eut l’idée de faire construire un local à poubelles. Ce local permit à l’homme chargé de surveiller le hangar d’être hors de vue. La compagnie plaça un camescope dans la cabane. Curt avait peur que les policiers ratent le prochain événement et demanda à Tony d’établir une feuille de présence que les hommes de garde seraient tenus de signer mais Tony refusa car il ne voulait pas de traces écrites. Il dit à Curt de ralentir car il prenait trop de temps pour la Buick au détriment de sa femme. Et Sandy lui dit la même chose mais Curt n’arrivait pas à relativiser. Il cessa quand même de réclamer qu’on augmente les tours de garde. Curt s’entraîna à disséquer des animaux chez lui et sa femme trouvait ça dégueu. C’est à cette époque que Jimmy et Rosalynn élurent domicile dans la Roadmaster. C’était des gerboises que Tony avait achetées pour les mettre dans une cage sur la banquette avant de la Buick. Tony voulait ainsi savoir s’il était dangereux de rester dans la Buick. Bradley Roach avait parlé à la presse.Homer Oasler, un jeune journaliste l’avait écouté et voulait en tirer un article sensationnel. Il alla voir Tony qui mentit en disant que la Buick n’était plus au poste mais à Philadelphie au bureau des Séquestres de l’Etat de Pennsylvannie. Il avait inventé de toute pièce cette administration. 48 heures après la visite du journaliste, la Buick déclencha un nouvel orage électrique. C’était en plein jour cette fois. Brian Cole était de garde. Il vit que la température avait baissé et entendit un bourdonnement en passant le buste à l’intérieur de la Buick. Brian sortit en vitesse. Il sortit le camescope et filma la Buick. Les hommes vinrent voir ce qui se passait sauf Arkie que Tony éloigna pour surveiller l’extérieur du poste. Curt fut appelé et s’amena en vitesse. Il prit la caméra et filma la scène. Il voulut entrer dans le hangar pour filmer les gerboises mais Tony refusa. Les éclairs sortir de la voiture et les hommes mirent des lunettes de soudeur. Curt alla chercher une corde et Brian voulait entrer dans le hangar après la fin des éclairs pour aller donner à boire aux gerboises. Alors Tony accepta que Curt entre dans le hangar mais attaché à une corde pour qu’on le ramène vite fait en cas de danger. Tony prit la caméra. Curt entra dans le hangar et ouvrit la portière de la Buick. Une des gerboises, Jimmy, avait disparu.

Aujourd’hui : Sandy

Ned demande s’il pourra visionner les cassettes enregistrées par Tony et son père et Sandy accepte à condition qu’il les regarde au poste de police. Eddie a eu la vie sauvée par Curt et il sait des choses sur la Buick alors Sandy veut qu’il parle à Ned. Curt avait sauvé la vie d’Eddie un jour où celui-ci se faisait tirer dessus par des fermiers fous. Et pourtant Eddie voulait se défiler devant Ned en ne parlant pas de la Buick. Ned veut savoir si les policiers discutaient de la Buick entre eux mais Sandy répond que seuls Tony et Curt le faisaient pour les autres c’était un dossier en sommeil. Sandy explique que l’autre gerboise, Rosalynn, a fini ses jours dans la salle commune du premier étage. Il dit à Ned que des trucs surgissaient de la Buick et des animaux disparaissaient, des grenouilles, un papillon. Quand la température baissait cela ne provoquait pas forcément des éclairs mais quand il y en avait la température était basse. Ned parle de l’homme en noir. Il pense qu’avant de disparaître il est remonté dans la Buick et que Bradley Roach ne s’en est pas aperçu prace qu’il lisait. Sandy dit que c’est possible et il lui révèle que lors d’un pique-nique pour le Labord day la compagnie D a parlé de la Buick. Certains pensaient qu’elle était d’origine extra-terrestre. Shirley avoue à Ned qu’elle a failli démissionner mais Curt l’en a dissuadée en lui disant que la Buick n’était jamais qu’un objet perdu. Eddie dit que Curt pensait que la Buick venait d’une autre dimension. Curt lui avait dit aussi qu’il voulait quitter la police pour suivre des cours de biologie mais que sa femme le lui avait interdit.

Aujourd’hui : Phil

Phil raconte à Ned qu’après la deuxième séance d’éclairs il a vu le coffre de la Buick ouvert et des bouts de papier calcinés en sortir. Phil est allé chercher Tony qui a pris la caméra. Les papiers étaient des feuilles et elles changeaient de couleur virant du noir au gris. Phil a voulu en prendre et Tony l’a laissé entrer dans le hangar mais en le tenant. Phil a vu que les feuilles étaient devenues blanches. Il en a ramassé une douzaine. Leur contact était déplaisant. De plus, Phil était persuadé d’entendre la Buick murmurer alors il a crié à Tony de le tirer du hangar. Les feuilles s’étaient liquéfiées dans ses mains en dégageant une mauvaise odeur. Après ça, Phil était allé aux toilettes pour se laver les mains et vomir.

Aujourd’hui : Sandy

Sandy a toujours eu de la pitié pour Ned mais là il réalise que l’adolescent a relevé la tête en leur posant des questions et ça le met en colère car il ne veut pas avoir de dettes envers lui. Ned était persuadé d’avoir des droits sur les policiers et Sandy ne le supporte pas.

Autrefois

Curt disséqua le bête devant Sandy. Une odeur horrible en sortait. Tony était là aussi. Sandy filma la dissection. Il restait des feuilles et Curt en examina au microscope. Il vit des filaments noirs. Tony épingla la bête qui ne ressemblait à rien de connu avec son bec jaune et ses ailes. Elle n’avait qu’un oeil. Quand Tony perça le ventre de la bête, un liquide noire gicla avec une odeur horrible. Une masse spongieuse sortit de la poitrine ouverte et un liquide vert pâle. En coupant le petit arceau osseux de la bête, Curt n’avait pas accéléré la décomposition de la bête c’est seulement en effleurant la masse spongieuse que cela se produisit. Curt sortit l’oeil du corps de la bête. Au bout d’un instant l’oeil se mit à chuinter et à blanchir. Une matière fibreuse de couleur rose pâle, débordant en gonflant de l’orbite vide. Une fois sortie, elle vira au blanc et se liquéfia. Ce qui jaillit des viscères de la bête perturba leur sommeil pendant un bon mois. Un liquide séreux et noirâtre barbouilla les joues de Curt et éclaboussa son masque. Ils crièrent. Se dégonflant à toute allure, le poche de la bête déversa un flot de petites cartouches noires emmaillotées d’une membrane grise. Elles étaient pourvues d’un oeil vitreux. Après cela ils mirent une heure à tout nettoyer. Curt préleva avec un coton-tige des échantillons du liquide noire et visqueux qui avait jailli des viscères et de l’utérus de la bête. Il préleva aussi un peu de la sérosité fluide et claire issue de la cavité pectorale et emballa ses échantillons dans du film plastique et les plaça dans un autre sachet destiné aux pièces à conviction. Les deux foetus restants entourés de leurs ailes minuscules furent placés dans un troisième sachet. Les échantillons et le cadavre de la bête furent mis à l’abri dans un vieux meuble métallique que George Morgan allait appeler « musée des horreurs de la compagnie D ».

Aujourd’hui : Sandy

Sandy raconte une série d’événement qui se sont déroulés depuis 1979 pour montrer qu’il y avait une vie en dehors de la Buick. Sandy se demande si Ned pense que la Buick est responsable de la mort de Curt mais Sandy lui dit que la bagnole n’envoie pas d’ondes.

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19 octobre 2009

La mort et son mystère (Flammarion)

La mort et son mystère (Camille Flammarion)

1ère partie : Avant la mort

1 – le plus grand des problèmes peut-il être actuellement résolu ?

La survivance de l’âme, soit dans l’espace, soit sur les autres mondes, soit par des réincarnations terrestres, pose toujours devant nous le plus formidable des points d’interrogation. Flammarion a reçu des centaines de lettres sur les manifestations de revenants et il s’en est servi pour prouver la survivance de l’âme.

Une mère a perdu son fils de 33 ans d’une tumeur à la vessie. Elle a écrit à Flammarion pour le supplier de lui confirmer l’existence de la vie après la mort. Une autre mère ayant perdu sa fille a écrit à Flammarion mais le savant n’a pu lui apporter de certitude absolue. Pendant vingt ans il a cherché des preuves de la survivances. Les religions et les dissertations théologiques ne prouvent rien. La mort est l’événement suprême de la vie. Ne pas vouloir l’étudier est une puérilité enfantine. La résurrection des corps est un dogme suranné qui ne peut plus être accepté par personne mais si notre pensée, notre entité psychique, survit à la dissolution de l’organisme matériel, nous aurons la joie de continuer à vivre. Les recherches sur la survivance ont été bloquées par l’Inquisition. On a imposé le silence aux chercheurs. C’est ce qui a le plus retardé le progrès des sciences psychiques.

2 – le matérialisme

  • doctrine erronée incomplète et insuffisante

Flammarion évoque les travaux de Comte, Renan et Littré. Littré pensait que dans les sciences positives on ne connaissait aucune propriété sans matière et la pensée sans être vivant. Mais il associait pourtant la psychologie à la physiologie. Flammarion pense qu’il y a dans l’homme autre chose que ce qui se voit, se touche ou se pèse; qu’il y a dans l’être humain un élément indépendant des sens matériels, un principe mental personnel, qui pense, qui veut, qui agit, qui se manifeste à distance, qui voit sans les yeux, entend sans les oreilles, découvre l’avenir encore inexistant, révèle des faits ignorés. L’être humain n’est pas seulement un corps matériel doué de propriétés variées, mais encore un être psychique doué de propriétés différentes de celles de l’organisme animal. On n’a aucune raison de supposer que le corps et l’esprit soient inséparablement liés l’un à l’autre. La totalité du cerveau n’est pas nécessaire à la pensée ni à la vie.

3 qu’est-ce que l’homme ? L’âme existe-t-elle ?

Il peut exister autour de nous, non seulement des choses, mais encore des êtres invisibles, intangibles, avec lesquels nos sens ne nous mettent pas en relation. Les apparences ne nous révèlent pas la réalité. Il n’y a qu’une réalité directement appréciée par nous, c’est notre pensée. Et ce qu’il y a de plus irrécusablement réel dans l’homme, c’est l’esprit. La volonté humaine suffirait, à elle seule, pour prouver l’existence du monde psychique, du monde pensant, différent du monde matériel visible, tangible. Lorsque nous méditons, lorsque nous disons simplement je pense ou je veux, lorsque nous calculons un problème, lorsque nous exerçons nous puissance d’abstraire et de généraliser, nous affirmons l’existence de l’âme. L’âme est une entité intellectuelle.

4 facultés de l’âme supranormales, inconnues ou peu étudiées, prouvant son existence indépendante de l’organisme matériel.

Flammarion évoque le pressentiment. M. Constans, ministre de l’Intérieur lui a raconté un fait qu’il a vécu. Un matin, dans son cabinet, on lui remet un livre dans son courrier. Il le laisse à sa femme qui le regarde et y voit une infamie. Elle fit appeler M. Cassel, directeur de la Sûreté générale, et lui recommanda d’examiner l’objet, pressentant quelque mystère. Le livre contenait de la dynamite.

Il y a en nous autre chose que la conscience normale apparente. Quel que soit le nom qu’on lui donne, « inconscient », « subliminal », « subconscient », cette autre chose existe : vous ne pouvez pas sortir de là. Eh bien, c’est notre être intime, transcendant, permanent, antérieur à notre corps matériel et ne dépendant pas de lui, c’est notre âme, dont les facultés sont inconnues de la science classique. Flammarion évoque également le cas d’un homme qui a le pressentiment avéré de l’assassinat du roi d’Italie, Humbert.

5 – Action de l’esprit sur le corps. La volonté agissant sans la parole, sans aucun signe, et à distance.

Des diverses manifestations de notre psychique, l’une des plus remarquables est, assurément, l’action de la volonté humaine sans l’intermédiaire de la parole ou d’aucun signe, et à distance.

Flammarion évoque le cas du Dr Ochorowicz qui a empêché une de ses patientes de se jeter par la fenêtre rien que par la pensée. Il avait également réussi à lui donner des ordres par la pensée la faisant se lever ou bouger une main. Mesmer pouvait également contrôler les gens à distance d’après Flammarion.

Les magnétiseurs pensent que leur volonté concentre « le fluide » et ensuite le projette au-dehors, dans une direction approximative, comme un paquet d’opium. Flammarion pense que les idées se transmettent par des vibrations dans l’éther. Flammarion estime que l’action de l’esprit sur la matière, depuis longtemps étudié, ne se montre peut-être nulle part aussi évidente que dans les phénomènes produits par l’autosuggestion sur certains troubles dans la circulation du sang, tels que rougeurs, congestion cutanée, vésication, hémorragies, stigmates sanguinolents, etc. Il cite le cas de religieuses qui ont eu les stigmates du christ. Les « miracles » de Lourdes représentent l’une des manifestations les plus curieuses et les plus évidentes de la puissance de l’idée, de l’exaltation mentale, de la foi. Nous devons admettre aussi l’action de nos « forces psychiques inconnues ». Flammarion relate le cas de personnes qui sont apparues à leurs proches rien que parce qu’ils ont pensé à eux très fort.

6 – La télépathie et les transmissions psychiques à distance. Vue et audition télépathiques.

Flammarion relate l’histoire d’un enfant de 7 ans qui était capable de lire la pensée de sa mère. Quand elle ouvrait un livre, il était capable de dire quelle page elle avait sous les yeux. La vision télépathique se produit sans l’aide des yeux. La distance, les obstacles matériels ne l’empêchent pas. Le temps lui est souvent aussi indifférent que l’espace. On voit un événement présent, passé ou futur. Le fait psychologique met en oeuvre une faculté de l’esprit indépendante de notre organisme. Flammarion pense que la télépathie n’est pas rare. Il y a au-moins une personne sur dix qui connaît, soit par elle- même, soit par des proches, un fait de télépathie, de prémonition, d’avertissement de mort, de vue de l’avenir, en un mot d’action psychique. La télépathie a plus de fondement, une base plus universelle et plus sûre que n’en a aucune religion.

7 – La vue sans les yeux, par l’esprit, en dehors des transmissions télépathiques, la lucidité.

On peut voir sans les yeux, entendre sans les oreilles, non point par une hyperesthesie du sens de la vue ou de l’ouïe, car ces observations prouvent le contraire, mais par un sens intérieur, psychique, mental. Si l’on peut voir sans les yeux, on le fait par l’acte de facultés psychiques internes, par une force inconnue indépendante du sens de la vision normale. Flammarion dénomme la vue sans les yeux la cryptoscopie. Il évoque les expériences du marquis de Puységur en 1785. Il avait magnétisé un jeune homme de 14 ans nommé Amé. Amé avait mal à l’estomac et il pouvait voir son mal avec les doigts. Le somnambulisme permettait la vue sans les yeux selon Puységur. Flammarion évoque le cas de la femme d’un colonel de cavalerie, que son mari magnétisait. En état de somnambulisme, elle vit qu’un officier voulait se tuer et sa vision fut confirmée. Flammarion révèle que Victor Hugo lui-même participait à des séances de somnambulisme et croyait à la seconde vue. Le célèbre prestidigitateur Robert Houdin certifiait sur l’honneur que ces phénomènes n’étaient produits par aucune subtilité d’une ingénieuse prestidigitation. Flammarion évoque plusieurs cas de somnambules capables de lire sans les yeux le contenu de lettres cachetées ou de livres fermés. Il pense que c’est notre esprit qui pense, qui veut, qui aime, qui cherche, qui se décide. Ce n’est pas notre chair moléculaire cérébrale. La vue sans les yeux s’exerce par l’esprit, par l’âme.

8 – La vue des événements futurs, l’avenir présent, le déjà-vu.

De même que l’âme voit à travers l’espace, elle voit à travers le temps. Flammarion évoque des scènes de déjà-vu. Une femme rêve être en vacances dans une auberge, dans une chambre avec une armoire derrière laquelle elle voit grandir les flammes. Six mois après elle part en vacances et reconnaît le petit pavillon qu’elle a vu en rêve avec l’armoire au même endroit et l’incendie se déclenche.

9 – La connaissance de l’avenir, le fatalisme, le déterminisme et le libre arbitre, problème du temps et de l’espace.

Le fatalisme paraît en désaccord avec tous les progrès de l’humanité. Mais on est dans l’erreur en pensant que le fatalisme et le déterminisme sont identiques. Dans le premier, l’homme est un être passif qui attend les événements; lesquels sont inévitables. Dans le second, au contraire, l’homme est actif et fait partie des causes agissantes. On ne voit pas ce qui doit arriver, mais ce qui arrivera. Il arrive toujours quelque chose. C’est ce quelque chose que nous voyons, sans que ce soit fatal pour cela. Y a-t-il incompatibilité absolue entre la prévision de l’avenir et le libre arbitre ? C’est ce que l’on affirme en général, et ce que les écrivains anciens ont affirmé comme les modernes. Les événéments et les circonstances nous conduisent beaucoup plus amplement qu’on le pense, en général. Notre libre arbitre ne se joue que dans un cadre d’activité fort étroit. Nos actes les plus importants sont déterminés à la fois par les circonstances et par notre volonté. Voir, par un procédé quelconque, ce qui doit arriver par la succession des effets et des causes peut se concilier avec l’existence de toutes les causes agissantes, y compris la liberté. Néanmoins Flammarion pense que nous sommes les artisans de notre destinée. LE fatalisme est la doctrine des somnolents, les fatalistes attendent les événements, ce qu’ils supposent devoir se produire quand même et malgré tout. Au contraire, nous travaillons, et nous coopérons à la marche des événements. Voir l’avenir est voir simplement ce qui arrivera. Ce n’est pas prévoir, c’est voir. Flammarion évoque le cas du docteur Gallet. Il avait prévu l’élections du président Casimir-Périer alors qu’il ne s’intéressait pas à la politique en devinant le nombre précis de voix. Bien qu’il soit astronome, Flammarion semble accorder de l’importance à l’astrologie. Il cite le cas de l’astronome David Fabricius qui, à partir de l’astrologie, calcula que le septième jour du mois de mai 1617 lui serait fatal. En effet, il mourut ce jour-là assassiné par un paysan. Flammarion explique les prémonitions en estimant que pendant la vie, comme après la mort, l’âme est plongée dans l’atmosphère éthérée d’un monde invisible. Les prémonitions prouvent l’existence de l’esprit, doué de faculté intrinsèques indépendantes des sens physiques. Si l’âme n’est pas une production du cerveau, si elle est distincte du système nerveux cérébrospinal, si elle existe par elle-même, il n’y a pas de raison pour qu’elle se désagrège avec lui.

2è partie : autour de la mort.

1 – Les faits exposés dans la première partie prouvent-ils irréfutablement l’existence de l’âme ?

Flammarion regrette que les savants, les écrivains, les artistes se tiennent dans une réserve discrète car il pense qu’eux aussi sont témoins de phénomènes psychiques. Ils craignent l’ironie ou que leur dignité soit compromise. Flammarion pose une hypothèse : les phénomènes psychiques peuvent-ils être attribués à des facultés, connues ou inconnus, d’un appareil cérébral aussi puissant qu’on l’imagine ? Attribuer à un groupement de molécules matérielles, à une action chimique, mécanique, d’un fourmillement d’atomes quelconques, la faculté de voir ce qui n’existe pas encore, ce qui arrivera dans plusieurs heures, plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années, est une pure hypothèse, et ne s’appuie sur aucune base scientifique. Outre le côté esprit de l’âme, il y a le côté moral, qui est le fonds même de l’âme humaine. Comment voir là une fonction de la maladie cérébrale ? Flammarion pense que les facultés supranormales ne sont pas à nos ordres. Elles s’exercent inconsciemment sinon ceux qui pratiquent la vue par l’esprit seraient les maîtres du monde. Camille Saint-Saëns avait été refusé à l’Académie des Beaux-Arts. Il avait eu une prémonition. Il se dit qu’il serait reçu lorsque les lions qui ornent le devant de l’Académie seraient retournés et c’est ce qui se passa. Pourtant il a écrit à son ami Flammarion qu’il ne croyait pas à l’âme et Flammarion lui a répondu qu’il n’était pas logique.

2 – Les doubles de vivants

Les exemples de doubles, de bilocations, d’apparitions, sont si nombreux qu’il est impossible de les annihiler tous et de supprimer leur réalité. Flammarion cite le cas de Goethe. Le poète se promenait un soir à Weimar. Il vit son ami Frédéric qui était pourtant à Francfort. Goethe était accompagné de son ami K. qui ne vit pas l’apparition. Quand Goethe rentra chez lui, il y trouva son ami Frédéric. Frédéric avait rêvé qu’il allait à la rencontre de Goethe. Flammarion explique ce phénomène par une transmission d’images par ondes psychiques entre deux cerveaux harmonieusement accordés.

Guy de Maupassant, au début de la paralysie générale qui devait l’enlever, voyait avec terreur un double de lui-même assis à sa table, et il s’est inspiré de cette hallucination dans le Horla. Les « doubles » qui viennent de passer devant nos yeux sont des manifestations de vivants, non associés à la mort, et nous prouvent simplement la réalité de ces phénomènes encore inexpliqués. Il n’y a pas seulement des doubles inconsciemment formés; il y a aussi des doubles produits par la volonté. Les être humains sont reliés entre eux par des effluves invisibles. Ce corps fluidique, ce corps astral, peut se dégager de notre corps matériel en certaines circonstances. Flammarion relate l’expérience d’une femme qui était séparée de sa soeur jumelle. Comme son absence lui était très pénible, elle se résolut à voir ce qu’elle faisait en se dédoublant. Elle l’aperçut couchée dans son lit, un livre à la main. Sa soeur ressentit sa présence et l’aperçut. Elle renouvela plusieurs fois cette expérience.

Flammarion pense qu’il existe deux sortes de doubles : 1) ceux qui sont dus à des projections de la pensée agissant sur le cerveau des percipients qui leur sont plus ou moins associés, 2) ceux qui sont extérieurs, réels, objectifs. L’être humain peut se dédoubler en une forme analogue à la nôtre, se séparer de notre corps, prendre une certaine consistance, devenir visible, tangible même, parler, produire des effets mécaniques.

3 – La pensée productrice d’images projetées à distance. Les apparitions de vivants, morts apparaissant vêtus comme de leur vivant. Cinématographe psychique, transmissions télépathiques sensorielles.

Une apparition télépathique, de vivant ou de mort, peut avoir une origine objective et réelle. Elle peut aussi être subjective, dans l’esprit qui le perçoit et dans l’être d’où elle émane, ce qui expliquerait l’existence des vêtements. L’être, tel qu’il est, ou tel qu’il se sent, projette son image à distance, avec ses vêtements. Flammarion évoque le cas du commandant Mennelshisch qui causait, dans sa chambre avec un autre officier, lorsqu’il vit son frère George entrer et s’asseoir avec des habits ruisselants d’eau. Il était en mer, et son bateau faisait naufrage à cette heure-là. Cette apparition est une projection lancée par l’âme du mourant. Ce ne sont pas seulement les images visuelles qui peuvent être transmises télépathiquement; ce sont encore les auditions, les impressions d’odeur, les mouvements moléculaires, les germes de mort, les sensations cinématiques.

4 – Les apparitions de mourants quelque temps avant la mort

Flammarion relate le cas de mourants qui sont apparus à leurs proches pour annoncer leur mort prochaine comme la soeur du Docteur Romanes. Il la vit apparaître au pied de son lit et se dissoudre quand il l’appela. Il apprit sa mort quelques jours plus tard.

5 – Les manifestations de mourants quelque temps avant la mort (autres que les apparitions).

Flammarion évoque le cas d’une femme qui avait vu sa soeur l’appeler dans sa chambre la nuit. Mais sa soeur nia avoir fait ça. Sa soeur lui avait dit qu’elle était sur le point de s’en aller. Une semaine après l’apparition la soeur mourut.

6 – Vues de scènes de mourants et de morts à distance. Auditions du même ordre.

Flammarion relate le cas d’une femme dont le mari était parti pour la guerre de 1914. Elle fut heureuse de recevoir une lettre de son mari mais quelques jours plus tard, elle eut une vision : un champ de bataille et son cher mari tomber au milieu de tous. Quelques jours plus tard elle apprit la mort de son mari. Pour Flammarion il s’agit d’un cas de télépathie entre le mari et sa femme. Flammarion explique toutes ces visions de personnes peu avant leur mort par leurs proches par la télépathie. Il pense que la transmissions des ondes psychiques entre deux cerveaux séparés par de grandes distances est comparable à celles des ondes éthérées de la télégraphie sans fil.

7 – Avertissements divers précédant la mort ou l’annonçant.

Flammarion évoque l’histoire de A. Villinger, fondé de pouvoirs d’une grande compagnie d’assurance. Il rêva qu’il entrait dans une brasserie et vit le directeur de sa compagnie. Il était pâle et avait l’air souffrant. Le directeur annonça la date de sa mort. En effet, le directeur mourut à la date prévue. Flammarion évoque un autre cas curieux. Celui d’un homme souffrant d’un rhumatisme articulaire aigu. L’homme vit son père mort depuis quelques années et celui-ci le guérit mais en même temps lui prédit la date de sa mort. Les médecins ne voulurent pas y croire et pourtant l’homme se confessa, se fit administrer l’extrême-onction et mourut sans aucune peur. Flammarion raconte l’histoire surprenant de Lord Dufferin qui, une nuit vit un homme très laid portant un cercueil. Personne ne put lui dire qui était cet homme. Nommé ambassadeur à Paris, Lord Dufferin se trouva au Grand Hôtel et il revit l’homme laid qui était groom d’ascenseur. Effrayé, il ne monta pas et cela lui sauva la vie car l’ascenseur s’écrasa et tous ses passagers périrent. Flammarion conclut ce chapitre en déclarant que des êtres supérieurs à nous, voient l’avenir comme étant présent.

8 – Sensations mentales à distance de morts ou d’accidents (sans phénomènes physiques).

Flammarion évoque le cas du Docteur N. qui avait commandé à son pharmacien quelques médicaments que celui-ci négligea de préparer pendant une semaine. Un soir, le docteur se coucha avec l’intention d’aller réprimander le pharmacien. Dans la nuit, il se réveilla entendant distinctement une voix qui disait : « A 7 heures et demie du matin ». Le docteur regarda sa montre : elle marquait trois heures et demie. Le jour suivant le pharmacien lui dit qu’il avait été sorti de son sommeil par son réveil à trois heures et demie et qu’il avait dit à sa femme : « Je serai de retour à sept heures et demie pour préparer les médicaments du docteur ». Le docteur avait donc entendu la voix du pharmacien à distance et en pleine nuit. Flammarion relate encore des prémonitions de morts comme cet homme qui au cours du dîner reçut la vision de sa soeur jumelle morte et ce décès fut confirmé le lendemain. Mme Galli-Marié, créatrice du rôle de Carmen de Bizet, s’arrêta de chanter car elle avait ressenti au côté une douleur lancinante, comme un coup de marteau dans le coeur. Elle se reprit et acheva l’acte mais elle avait deviné la mort de Bizet qui lui était apparu. On courut aux informations. Bizet venait de mourir.

9 – Morts annoncées par des bruits, des coups frappés. Des vacarmes inexpliqués, des phénomènes physiques.

Flammarion avoue tout de suite qu’il est impossible d’expliquer les révélations de morts par des bruits, des secousses. Il relate le fait suivant qu’il tient de sa mère. Une nuit, elle avait été réveillée par un grand bruit, entendant tomber une glace qui était sur la cheminée. Elle s’était levée et avait constaté que la glace était bien tombée mais ne s’était pas cassée. Le lendemain, elle apprit la mort de la tante Bayet, la soeur du père de Flammarion.

Dans ces bruits, remuements d’objets, mouvements plus ou moins violents, vacarmes d’intensités variées, il importe de distinguer ceux qui sont réels de ceux qui sont imaginaires ou fictifs. Dans ceux-ci même, il y a une cause extérieure aux percipients, ils sont subjectifs, et néanmoins réels à un certain point de vue. Pour les phénomènes subjectifs, nous n’avons pas d’autres explications à chercher que les transmissions psychiques que nous connaissons; mais pour les déplacements réels, les mouvements constatés, il est tout naturel de penser à l’électricité, en ayant soin d’avouer que nous ignorons absolument la nature de cette force.

10 – Entre la vie et la mort

Flammarion évoque un récit de Victor Hugo publié dans « Choses vues ». Le 27 novembre 1846, une vieille femme appelée Mme Guérin était malade d’une maladie qui paraissait peu grave. Le médecin l’avait qualifiée d’indigestion. Il était 5 heures du matin. La fille de madame Guérin, veuve, nommée Mme Guérard, qui logeait avec elle, travaillait, assise au coin du feu, près du lit de sa mère. Mme Guérin se dit que Mme Lanne devait être revenue de la campagne mais sa fille lui dit qu’elle était morte une heure auparavant mais Mme Guérin avait bien vu passer Mme Lanne à 4 heures du matin qui lui disait : « Je m’en vais; venez-vous ? » La fille crut que sa mère avait fait un rêve. Mme Guérin mourut quelques heures après avoir vu le corps de Mme Lanne. Flammarion pense que Mme Lanne n’était pas tout à fait morte morsqu’elle s’est manifestée à Mme Guérin et lui a dit « Je m’en vais; venez-vous ? »

11 – Les manifestations de mourants au moment du décès (autres que les apparitions)

Flammarion évoque le cas du fils du capitaine Marcucci qui, le 24 décembre 1911, rêva de son père marchant à la tête de ses soldats contre les Turcs. Un de ceux-ci, caché derrière un arbre, avait tiré sur lui et l’avait tué. Or une dépêche arrivée de Tobrouk confirma la vision du fils.

Flammarion relate un autre cas. Un jeune homme de 19 ans qui habitait avec sa mère à Constantine entendit sa mère lui raconter qu’elle avait été réveillée par un coup frappé à la porte de sa chambre. Elle demanda qui était là. C’était la voix d’un cousin habitant en France qui lui dit qu’il était mort, qu’elle devait garder tout ce qu’elle avait et de prier pour lui. Quelques jours plus tard la mort de ce cousin fut confirmée.

Flammarion évoque également le souvenir d’Alexandre Dumas, qui, à 4 ans avait entendu un grand coup frappé à la porte de sa chambre et avait voulu ouvrir mais sa cousine effrayée l’en avait empêché. Il avait senti que c’était son père dont il apprit la mort le lendemain. Flammarion conclut à une manifestation coïncidant avec le moment même de la séparation de l’âme du père de Dumas d’avec son corps.

12 – Les apparitions de mourants au moment du décès.

Flammarion évoque l’observation de M. Contamine. Se trouvant un jour assis dans sa chambre devant son armoire à glace. Il aperçut dans cette glace la porte derrière lui s’ouvrir et vit entrer un de ses amis. M. Contamine se retourna pour tendre les mains à son ami mais il ne vit personne dans la chambre. Contamine, très intrigué, s’informa aussitôt et apprit que son ami, ayant commis un homicide par imprudence, et voulant se dérober à la justice, s’était suicidé à l’heure exacte où avait eu lieu l’apparition. Flammarion estime que la science psychique a fait des progrès considérables, et parmi ces progrès, nous devons remarquer l’étude expérimentale des matérialisations qui nous montre que des organes corporels peuvent se former de la substance émanée de l’organisme d’un médium. Flammarion conclut en affirmant que l’être humain ne consiste pas seulement dans le corps matériel visible, tangible, pondérable, connu de tout le monde en général et des médecins en particulier, mais, en même temps, en un élément psychique impondérable doué de facultés intrasèques spéciales, capables d’agir en dehors de l’organisme physique et de se manifester à distance. Les conditions quotidiennes du temps et de l’espace ne lui sont pas imposées.

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30 septembre 2009

Après la Mort (Flammarion)

Après la mort (Camille Flammarion)

1 Investigation générale sur la réalité des manifestations de morts.

Flammarion veut établir la survivance sur des faits d’observation, par la méthode expérimentale, en dehors de toutes croyances religieuses. Il a reçu 4800 lettres et en a détaché quelques centaines d’observations qui lui ont paru inattaquables. Pour lui, les principes de la méthode scientifique nous commandent de ne recevoir les récits de phénomènes extranaturels qu’avec une extrême circonspection. Tous les récits doivent donc être d’abord tenus pour suspects. Mais les déclarer tous inadmissibles est simplement une stupidité. Flammarion admet l’existence en nous d’un principe spirituel différent des attributs physiologiques, physiques, mécaniques, chimiques de l’organisme animal; véritable substance psychique, que la désagrégation du corps laisse intacte. LA communication télépathique d’une âme à une autre pendant la vie n’est pas douteuse. Elle ne l’est pas non plus après la mort. L’une des manifestations de mort les plus démonstratives que Flammarion a connues est celle du docteur Calagirone en décembre 1910. Benjamin Sirchia avait discuté avec Caltagirone de la survivance et lui avait promis de se manifester s’il mourait avant lui. Et il le fit. Il fit bouger un objet qu’il avait désigné avant sa mort. Caltagirone apprit la mort de son ami. Il était mort avant le phénomène dont il avait été témoin.

Pour Flammarion, le fait est là même si nous ignorons sous quelle forme on peut exister après la mort. Il évoque d’autres témoignages d’apparitions de fantômes ou de manifestation d’esprit. Il pense que les exercices de spiritisme sont, au moins la moitié du temps, sans valeur intrasèque, et reflètent naïvement la mentalité des expérimentateurs mais il croit quand même à une partie des témoignages qu’il a reçus. Il ne veut pas croire à des hallucinations de ses correspondants même s’il n’en a pas été témoin. Il affirme qu’il est généralement difficile de dégager les témoignages de survivance des éléments psychologiques de la mentalité des vivants et d’être assurés que le mort en est l’acteur incontestable. Mais cela ne l’empêche pas de croire aux témoignages. Flammarion admet qu’en songeant à l’état de l’âme après la mort, il nous arrive parfois de regretter, quel que soit cet état, d’avoir pour destinée de ne plus posséder les organes qui nous permettent de jouir de la vie. Mais pour lui, cette impression est inexacte. L’âme voit, entend, pense, reste en relation avec ce monde terrestre.

2 Morts qui sont revenus à la suite de serments réciproques, de promesses, d’engagements, de déclarations antérieures.

Flammarion évoque l’histoire de Lord Brougham. Dans son autobiographie, Brougham affirme avoir vu le fantôme d’un ami de collège avec qui il parlait d’immortalité. Ils avaient rédigé un contrat avec leur sang affirmant que, quel que fût celui d’entre eux deux qui mourrait le premier, il reviendrait se manifester à l’autre pour dissiper le doute qu’ils auraient pu garder sur la continuation de la vie après la mort. Un ecclésiastique, le chanoine curé de Dauze a écrit à Flammarion pour lui témoigner une histoire arrivée à un de ses amis prêtre. Celui-ci avait vu un de ses proches mort car il lui avait promis de se manifester après son décès. Ainsi, les faits d’observation prouvent que des morts reviennent à la suite d’engagements, de promesses, de menaces, et que, par conséquent, ils existent toujours. Flammarion avait reçu des promesses de proches pour qu’ils viennent le voir après leur mort mais rien ne s’est passé.

3 Morts qui sont revenus pour affaires personnelles

Une « possibilité » qui se présente spontanément à notre entendement pour expliquer les manifestations, est celle des transmissions de pensées entre vivants, dont le solide faisceau de témoignages sans cesse étayé par des faits nouveaux, constitue une base de la plus haute importance pour nos études psychiques. Ainsi Flammarion croyait à la télépathie. Dans l’ensemble des documents qu’il a reçus, plusieurs communications de morts indiquent qu’ils n’étaient pas tranquilles après leur décès et sont venus réclamer des restitutions dont ils étaient responsables. Ainsi Mgr Pavie, évêque d’Alger vit une ombre ou vapeur. C’était un de ses paroissiens mort depuis quelque temps. Le mort avait laissé une dette impayée et en souffrait alors l’évêque alla à l’adresse indiquée par son paroissien. Les renseignements étaient exacts et la dette correspondait précisément au chiffre déclaré par le défunt, Pavie la solda.

4 Manifestations et apparitions de morts immédiatement après le décès (de quelques minutes à une heure).

Flammarion a reçu des lettres de contradicteurs. Elles viennent de deux antipodes extrêmes : les spiritualistes cléricaux et les matérialistes radicaux. Il se défend en affirmant qu’il n’a jamais écrit une ligne ni fait aucune action par intérêt personnel, et quoique ces recherches indépendantes soient, en général, mal jugées, il a continué, persuadé de servir à l’instruction générale et à l’affranchissement des consciences. Il évoque plusieurs lettres de témoignage de manifestations de morts juste après leur décès. Le 23 novembre 1893, un des correspondants de Flammarion était couché et entendit des coups frappés dans sa bibliothèque où il n’y avait personne. Il n’y avait pas de vent. Le lendemain, il reçut l’avis de décès de son neveu, arrivé la nuit précédente. Pour Flammarion cela prouve que ce que nous appelons « mort » est la suite de la vie sous une autre forme. Les apparitions de morts pourraient être une manifestation de la persistance de l’énergie personnelle, une indication qu’un certain genre de force est exercée après, en connexion avec une personne qui a vécu sur la terre. Il pourrait subsister aussi des images persistantes dont le mort pourrait n’être plus la cause productrice. Une communication entre un mort et un vivant ne peut être qu’une communication entre une pensée dans un certain état d’existence et une pensée dans un état tout différent.

5 – Manifestations et apparitions de morts presque immédiatement après le décès (quelques heures : de 1 heure à 24 heures).

Flammarion évoque une histoire arrivée à un de ses collègues, Charles Tweedale de la Société Royale astronomique de Londres. Le 10 janvier 1879, il vit le visage de sa grand-mère apparaître dans sa chambre. Le lendemain il apprit qu’elle était morte la nuit même où il l’avait vue. Or son père et sa tante l’avait vue aussi. Il en conclut que la trépassée, quoique apparemment morte, étant suffisamment vivante quelques heures plus tard, pour se manifester à différentes personnes séparées les unes des autres par des distances considérables. L’astronome enquête pour savoir si sa vision correspondait à la réalité. Il avait vu sa grand-mère avec un bonnet et ce fait lui fut confirmé. Cette apparition avait eu lieu une heure trois quarts après le décès.

6 Manifestations et apparitions de morts peu de temps après le décès (de un jour à une semaine).

Flammarion évoque l’histoire de l’écrivain Jules Lermina. Le 4 avril 1878, il avait vu l’un de ses parents et lui avait parlé alors qu’il était mort la veille et que Lermina ignorait ce décès. Alors qu’il était dans sa cuisine il entendait appeler son nom. C’était son cousin. Il apprit la mort de celui-ci. Flammarion avoue que les enquêtes sur la véracité des faits rapportés ne sont pas toujours faciles à exercer. Evidemment, on peut rester incrédule sur bien des récits. Qui est-ce qui prouve que l’auteur de cette narration ne me trompe pas ? Flammarion s’interroge sur les prières réclamées par les morts à leurs proches et les bruits causés par les morts qui cessent après les messes dites dans le cas de certaines maisons hantées.

7 – Manifestations et apparitions de morts quelque temps après le décès (d’une semaine à un mois).

Flammarion raconte une histoire arrivée à sa famille en 1784. Son arrière-grand-mère avait vu son beau-frère assis au coin de la cheminée, comme s’il eût été vivant. Stupéfaite, elle se sauva et envoya quelqu’un près de la cheminée pour aller chercher le lard qui cuisait mais sans rien dire de l’apparition. Le garçon aperçut le fantôme et cria. Flammarion tente une explication aux apparitions : si nous admettons que le mort, à l’état d’esprit invisible, d’ombre immatérielle, d’être différent de nous, inaccessible à nos sens physiques, soit là, dans notre voisinage, nous pouvons admettre aussi qu’il agit spirituellement sur notre propre esprit et que cette action se révèle pour nous sous une forme sensible. Le revenant peut être réel et invisible et devenir visible pour nous, prendre une forme pour notre esprit. Flammarion écrit que tout individu porterait en lui son image fluidique qui, après la mort, constituerait le fantôme posthume. L’être éthéré, en se détachant du corps, n’éprouverait qu’un changement de milieu et conserverait souvent ses habitudes, ses idées, ses préjugés. Il tient à sa sépulture, il reste en relation avec les personnes qui lui sont chères, et même avec les choses. Mais cette continuation de nous-mêmes ne dure pas longtemps. Elle est formée de molécules qui se désagrègent quelque jour et rentrent dans le milieu universel. Mais ces théories sont de d’Assier et Flammarion ne les partage pas. Il ne veut pas faire de théorie, il pense que le temps n’est pas venu. Il évoque le cas de revenants qui se manifestent car ils n’ont pas reçu de sépulture. On tient donc à son corps et on n’aime pas le voir abandonné. Peut-être certains croyants y tiennent-ils seuls. Peut-être les indifférents sont-ils les plus nombreux.

8 – Manifestations et apparitions des morts assez longtemps après le décès (de un mois à une année).

Flammarion évoque un fait qui s’est déroulé en 1896. Une religieuse avait été envoyée dans une maison pour aider la soeur cuisinière. La supérieure du couvent, malade d’un cancer, et sentant sa fin approcher, avait fait promettre à la dite religieuse de prier pour elle. Cinq à six semaines après la mort de la mère supérieure, la religieuse vit le fantôme de la mère supérieure dans la cave de la maison. Elle fut pincée par elle car la mère supérieure réclamait ses prières. La religieuse avait des traces de brûlure sur son bras qui prouvait que la mère supérieure l’avait pincée.

9 – Manifestations et apparitions de morts longtemps après le décès (pendant les deuxième, troisième et quatrième années après la mort).

Flammarion affirme qu’à mesure que nous nous éloignons de l’époque du décès, les manifestations et les apparitions deviennent plus rares. Il évoque la vision d’un enfant de cinq ans. L’enfant vivait avec sa grand-mère à la campagne. Un jour, il vit son grand-père, mort depuis un an. Il ne fut pas effrayé. Sa grand-mère ne le crut pas. Ainsi, un grand nombre d’observations conduiraient à penser que les défunts continuent quelque temps leurs habitudes de la vie. Flammarion évoque également l’apparition d’un défunt deux ans après sa mort. Une femme vit sa tante qu’elle affectionnait beaucoup, morte depuis deux ans. Elle était apparue pour que sa nièce se réconcilie avec son cousin mourant.

Flammarion cite le philosophe Schopenhauer qui s’est intéressé aux apparitions. Le philosophe allemand pensait que c’est notre vue intérieure, ce qu’il appelle « l’organe du rêve », qui perçoit les apparitions; que celles des vivants sont assez nombreuses et celles des morts extrêmement rares; et que ce qui subsiste en nous à la destruction du corps ce n’est pas l’âme, « car l’homme n’est pas composé d’un corps et d’une âme », mais la volonté. Le spiritualisme, déclare-t-il, est une erreur. Ce qui est vrai, c’est l’idéalisme. Notre vision du monde extérieur n’est pas simplement sensuelle, mais surtout intellectuelle. Et il en est de même pour la vision des esprits.

10 – Manifestations et apparitions de morts très longtemps après le décès (au-delà de la quatrième année).

Flammarion évoque le cas de Pascal Cocozza, garde champêtre qui vit en rêve son père, mort depuis 10 ans, qui lui reproche, ainsi qu’à ses frères, de l’avoir oublié et d’avoir laissé ses ossements déterrés par les fossoyeurs. Sa soeur avait fait le même rêve. Cocozza se rendit au cimetière et vit des ossements humains en proie aux loups. C’était la faute des fossoyeurs qui furent condamnés.

11 – Les manifestations de morts dans les expériences de spiritisme. Les preuves d’identité.

Flammarion affirme que le spiritisme a mauvaise presse et le mérite. Ses adeptes manquent de méthode, pour la plupart, sont souvent mal pondérés et dupes d’illusions. Pourtant, lors de l’enterrement d’Allan Kardec, Flammarion a lu un discours dans lequel il affirmait que le spiritisme n’est pas une religion mais une science. Il pense qu’il y a des imposteurs parmi les spirites qui se jouent des faibles cerveaux mais que ceux qui rejettent les expériences du spiritisme ont incontestablement tort. Flammarion évoque le cas du juge Edmonds président du Sénat aux Etats-Unis qui avait dû démissionner à cause de sa foi dans le spiritisme. Dans ses séances du spiritisme. Dans ses séances du spiritisme, sa fille qui ne connaissait que l’anglais et le français, se mettait à parler neuf ou dix langues. Elle parla avec un Grec dans sa langue. Laura Edmonds communiqua avec le Grec et une personnalité invisible qui annonça au Grec Evangelidès la mort de son fils et c’est ce qui arriva. Flammarion évoque d’autres séances de spiritisme au cours desquels les esprits se manifestent en donnant leurs noms et prévoient la mort des personnes assistant à la séance. Les identités de ces esprits sont toujours constatées peu après les séances et leurs prévisions exactes.

12 – Conclusion

Flammarion, au bout de cinquante années de recherches, affirme que la mort n’existe pas, qu’elle n’est qu’une évolution, que l’être humain survit à cette heure suprême, laquelle n’est pas du tout l’heure dernière. Il pense que 1) l’être existe comme être réel, indépendant du corps; 2) Elle est douée de facultés encore inconnues à la science; 3) elle peut agir à distance, télépathiquement, sans l’intermédiaire des sens; 4) il existe dans la nature un élément psychique en activité, dont l’essence nous reste encore cachée; 5) l’âme survit à l’organisme physique et peut se manifester après la mort. Il conclut également que 1) les êtres humains décédés, ce que l’on appelle des morts, existent encore après la dissolution de l’organisme matériel; 2) ils existent en substances invisibles, intangibles que nos yeux ne perçoivent pas, que nos mains ne peuvent toucher, que nos sens ne peuvent apprécier dans les conditions normales habituelles; 3) En général, ils ne se manifestent pas. Leur mode d’existence est tout différent du nôtre. Ils agissent parfois sur notre esprit et, en certaines circonstances, peuvent prouver leur survivance; 4) en agissant sur notre esprit et par là sur notre cerveau, ils sont vus et reçus par nous sous des formes sensibles : nous les voyons tels que nous les avons connus, avec leurs vêtement, leurs allures, leurs exercices, leur personnalité. C’est notre oeil intérieur qui les voit. C’est une perception d’âme à âme; 5) ce ne sont pas là des hallucinations, des visions imaginaires. Ce sont des réalités. L’être invisible devient visible; 6) ils peuvent se manifester sous des formes objectives; 7) Dans un grand nombre de cas, les apparitions de défunts ne sont pas intentionnelles. Le mort n’agit pas expressément sur le spectateur. Il semble qu’il continue vaguement certaines habitudes, qu’il erre dans les lieux où il a vécu ou non loin du sépulcre; de l’âme émanent des ondes éthérées qui, en touchant le percipient, se transforment en images pour le cerveau récepteur vibrant syntoniquement; 8) les apparitions et manifestations sont relativement fréquentes dans les heures qui suivent immédiatement le décès; leur nombre diminue à mesure que l’on s’en éloigne, et s’atténue de jour en jour; 9) les âmes séparées des corps conservent longtemps leur mentalité terrestre. Chez les catholiques, des demandes de prières sont souvent exprimées. Toutefois, Flammarion avoue que les esprits supérieurs qui, dans quelque branche que ce soit, philosophes, savants, écrivains, artistes, ont contribué au progrès de l’humanité, ne sont pas revenus nous instruire. Flammarion pense qu’il n’y a pas plus d’égalité entre les morts qu’entre les vivants. La vie d’outre-tombe doit être considérée comme séparée de la nôtre au point de vue physique. Les deux mondes sont dissemblables et nos yeux mortels ne voient pas l’autre. Il pense que c’est l’esprit des morts qui agit sur celui des vivants. Il n’y a pas de vêtement, en réalité il n’y a pas de corps non plus; il n’y a pas de corps non plus; il n’y a qu’une impression cérébrale qui se transforme en image. Flammarion pense qu’en quittant la vie terrestre l’âme humaine ne devient pas angélique. La mort ne peut pas rendre un homme quelconque omniscient. Il pense aussi que si l’âme humaine survit à l’organisme physique, elle préexiste car chacun de nous arrive en ce monde avec des aptitudes spéciales, dont l’origine ne peut être trouvée dans l’hérédité. Dans nos goûts, dans dans nos préférences, dans nos impressions, dans nos intuitions, dans nos rêves, dans les réminiscences, dans les sympathies et les antipathies, c’est notre être antérieur à la naissance terrestre qui, plus ou moins vaguement, se manifeste. Nous avons des connaissances mentales, des pensées mentales dans le subconscient subliminal, remontant à nos existences antérieures, et des pensées cérébrales provenant de notre existence actuelle.

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25 septembre 2009

Le vieux qui lisait des romans d'amour (Sepulveda)

Le vieux qui lisait des romans d’amour (Luis Sepulveda)

1

Quelques habitants d’El Idilio ainsi qu’une poignée d’aventuriers attendaient sur le quai leur tour de s’asseoir dans le fauteuil du dentiste, le docteur Rubincondo Loachamin, qui pratiquait une étrange anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients. Il leur disait que c’était la faute au gouvernement s’ils avaient mal. Le docteur haïssait tous les gouvernements. Fils illégitime d’un émigrant ibérique, il tenait de lui une répulsion profonde pour tout ce qui s’apparentait à l?autorité. Le docteur venait deux fois par an à El Idilio tout comme l?employé des postes. Pour les habitants des rives du Zamora, du Yacuambi et du Nangaritza, le fauteuil mobile du docteur Rubincondo Loachamin était une institution. Il était installé sur une estrade d’un mètre carré que le dentiste appelait la « consultation ». Ceux qui attendaient leur tour faisaient des têtes d’enterrement. Les seuls personnages à garder le sourire, autour de la consultation étaient les Jivaros. C’étaient des indigènes rejetés par leur propre peuple, les Shuars, qui les considéraient comme dégénérés. Une fois sa tâche accomplie, le dentiste était attendu par Antonio José Bolivar Proano, un vieil homme au corps nerveux. Les deux hommes se souvinrent d’un patient du dentiste qui s’était fait enlever toutes les dents pour gagner un pari. Le parieur avait partagé la moitié des gains avec le dentiste.

2

Le maire, unique fonctionnaire, autorité suprême et représentant d’un pouvoir trop lointain pour inspirer la crainte, était un personnage obèse qui transpirait continuellement, ce qui lui avait valu le surnom de limace. Sa grande occupation consistait à gérer son stock de bière. Il vidait les bouteilles à petits coups car il savait bien que, le stock épuisé, la réalité se ferait plus désespérante encore. Il vivait avec une indigène qu’il battait sauvagement en l’accusant de l’avoir ensorcelé. Tout le monde attendait le jour où sa femme l’assassinerait. On prenait même les paris. Il était là depuis sept ans et s’était fait universellement détester. Il faisait payer des taxes et enfermait les ivrognes qui refusaient de payer les amendes pour trouble à l’ordre public. Le précédent maire était aimé. On lui devait le passage du bateau et les visites du facteur et du dentiste. Mais il avait été tué par des chercheurs d’or. El Idilio était resté deux ans sans autorité. Le maire arriva sur le quai. Il donna l’ordre de hisser le cadavre que le bateau avait amené. Les Shuars l’avaient trouvé en aval à deux jours d’El Idilio. Le maire accusa les Shuars d’avoir tué l?homme mais ils nièrent et le maire les frappa. Mais José Antonio Bolivar arriva et montra au maire les traces de griffes qui couvraient le visage du mort. C’était un jaguar qui l’avait tué et non les indigènes. Le maire ne voulut pas y croire mais le dentiste lui demanda pourquoi les Shuars auraient tué l’homme. Le maire répondit qu’ils l’auraient tué pour le voler. Mais l’homme mort avait encore ses affaires et son argent sur lui ainsi qu’un sac avec des peaux de jaguar. Le gringo tué chassait hors saison et des espèces interdites. Une femelle jaguar l’avait tué parce qu’il avait tué ses petits. La maire face à ses explications ne répondit rien et s’en alla rédiger une dépêche pour le poste de police d’El dorado. Le dentiste félicita Bolivar d’avoir mouché le maire. Il lui avait apporté deux livres d’amour car Bolivar adorait ce genre de romans. C’était une prostituée noire, Josefina, qui sélectionnait pour le dentiste deux romans tous les six mois. Bolivar pensait que le maire allait organiser une battue pour trouver la femelle jaguar et la tuer. Malgré ses 70 ans, Bolivar était sûr d’être appelé par le maire pour la battue.

3

Antonio José Bolivar Proano savait lire, mais pas écrire. Il lisait lentement en murmurant les syllabes. Il lisait en s’aidant d’une loupe. Il habitait une cabane en bambou d’environ 10m 2 meublée sommairement. Il avait connu sa femme quand ils étaient enfants à San Luis, un village de la Cordillère. Ils avaient 13 ans quand on les avait fiancés et 15 ans quand ils se marièrent. Ils avaient vécu leurs trois premières années chez le père de l’épousée. Quand le vieux mourut, ils héritèrent de quelques mètres de terre et de quelques animaux domestiques qui ne survécurent pas aux frais de l’enterrement. Sa femme était stérile et ils recevaient des commentaires médisants. Antonio emmenait sa femme chez des guérisseurs mais c’était inutile. Ils avaient décidé de partir quand on demanda à Antonio de laisser sa femme à la fête de San Luis pour qu’elle soit prise par un autre. Antonio refusa la perspective d’être le père d’un enfant de carnaval. Il avait entendu parler d’un plan de colonisation de l’Amazonie. Le gouvernement promettait de grandes superficies et une aide technique en échange du peuplement de territoires disputés au Pérou. Ils arrivèrent à El Idilio. On leur délivra un papier qui officialisait leur qualité de colons. On leur assigna deux hectares de forêt, deux machettes, des bêches, quelques mesures de semences et la promesse d’une aide technique qui ne vint jamais. Le couple commença par se construire une cabane puis se lança dans le débroussaillement. Quand survint la première saison des pluies, ils avaient épuisé leurs provisions et ne savaient plus que faire. Les premiers colons commencèrent à mourir. Antonio et sa femme se sentaient perdus quand le salut leur apparut sous la forme d’hommes à demi nus, le visage peint de pulpe de roucou, la tête et les bras armées de parures multicolores. C’étaient les Shuars. Ils leur apprirent à chasser, à pêcher, à construire des cabanes qui résistent aux tempêtes, à distinguer les fruits comestibles des vénéneux et surtout, ils apprirent l’art de vivre avec la forêt. Quand la saison des pluies fut passée, les Shuars les aidèrent à défricher les pentes de la montagne tout en les prévenant que c’était un travail sans espoir. Dolorès, la femme d’Antonio, ne résista pas à la deuxième année et s’en fut, emportée par une fièvre ardente et la malaria. Antonio ne put retourner à son village de la cordillère. Les pauvres pardonnent tout, sauf l’échec. Il apprit la langue des Shuars en participant à leurs chasses. Le soir, s’il désirait être seul, il s’abritait sous une pirogue, et si au contraire il avait besoin de compagnie, il cherchait les Shuars. Il était là depuis cinq ans, quand il sut qu’il ne quitterait plus jamais ce pays. Un jour, il se fit mordre par un crotale. Il bondit en brandissant sa machette et coupa l’animal en morceau jusqu’à ce que le voile du venin vienne lui obscurcir les yeux. Sentant que la vie l’abandonnait, il partit à la recherche d’un foyer Shuar. Les soins d’un sorcier Shuar lui firent retrouver lentement la santé. Quand ils le virent complètement rétabli, les Shuars l’entourèrent en le couvrant de cadeaux : une sarabacane neuve, un faisceau de dards, un collier de perles de rivière, un cordon en plumes de toucan. Ils peignirent son corps aux couleurs du boa et lui demandèrent de danser avec eux. Il était l’un des rares survivants d’une morsure de crotale et il convenait de célébrer l’événement par la Fête du Serpent. Il but pour la première fois de la natema, une douce liqueur hallucinogène. Il se vit lui-même comme une partie inséparable de ces espaces. C ‘était un signe indéchiffrable qui lui ordonnait de rester, et il resta. Beaucoup plus tard il eut un ami, Nushino, un Shar. Ils parcouraient ensemble la forêt. Ils récoltèrent du venin de serpent. Deux fois par an, un agent du laboratoire où l’on préparait le sérum antivenimeux venait acheter les flacons mortels. Antonio apprit les rites et les secrets des Shuars. Tant qu’il vécut chez eux, il n’eut pas besoin de romans pour connaître l’amour. Il n’était pas des leurs et, pour cette raison, il ne pouvait prendre d’épouse. Mais le Shuar qui l’hébergeait le priait d’accepter l’une de ses femmes. D’énormes machines arrivaient des routes et les Shuars durent se faire plus mobiles. Les colons se faisaient plus nombreux. Et, surtout, se développaient la peste des chercheurs d’or, individus sans scrupules. Les Shuars se déplaçaient vers l’Ouest en cherchant l’intimité des forêts impénétrables. Un matin, Antonio rata un tir de sarbacane et s’aperçut qu’il vieillissait. Il prit la décision de s’installer à El Idilio. Un jour, il entendit une explosion qui venait d’un bras du fleuve, et ce fut le signal qui accéléra son départ. C’était un groupe de cinq aventuriers qui avaient fait sauter le barrage de retenue d’une frayère pour pratiquer un passage dans le courant. Les Blancs tirèrent et touchèrent deux indigènes. Les Shuars les tuèrent tous sauf un qui réussit à fuir. Parmi les blessés se trouvait Nushino. Nushino demanda à Antonio de le venger en tuant le cinquième Blanc. Il le trouva, le tua et le ramena aux Shuars. Mais il avait tué le Blanc en utilisant le fusil de l’aventurier et l’homme était figé dans une grimace d’épouvante. Ainsi les Shuars ne pourraient réduire sa tête et par la faute d’Anotnio, Nushino ne partirait pas. Antonio s’était déshonoré et, ce faisant, il était responsable du malheur de son ami. Il ne serait plus le bienvenu parmi les Shuars.

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Quand Antonio revint à El Idilio, le lieu avait changé. La mairie avait été construite ainsi qu’un quai en bois. Les habitants le considérèrent comme un sauvage et l’évitèrent puis ils découvrirent la chance que sa présence représentait pour eux. Antonio essayait de mettre des limites à l’action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette oeuvre maîtresse de l’homme civilisé : le désert. Comme les Shuars, les animaux s’enfonçaient vers l’orient. Antonio découvrait qu’il serait libre au moment où ses dents se mirent à se gâter. Alors il se fit soigner par le dentiste. Un jour, le « sucre », le bâteau qui venait à El Idilio, avait amené deux fonctionnaires de l’Etat pour recuillir les suffrages pour les élections présidentielles. Comme Antonio savait lire, il avait le droit de voter. Il vota pour le vainqueur et reçut une bouteille de Frontera en contrepartie de l’exercice de son droit. Antonio savait lire mais il n’avait rien à lire. A contrecoeur, le maire accepta de lui prêter quelques journaux mais Antonio les trouva sans intérêt. Un beau jour, le « Sucre » amena un curé expédié pour baptiser les enfants et mettre fin aux concubinages. Il n’y réussit pas mais il avait un livre qui intéressa Antonio. C’était une biographie de Saint François. Le prêtre s’endormit et Antonio commença à lire à haute voix. Le curé se réveilla et s’amusa de la conduite d’Antonio. Ils discutèrent de lecture. Antonio voulut savoir comment étaient les livres d’amour. Le prêtre lui expliqua et Antonio eut un désir de lecture plus fort qu’avant. Il chercha le moyen de trouver des livres. Il captura des singes et des perroquets pour payer son voyage sur le « Sucre ». Pendant le voyage, il bavarda avec le dentiste. Il lui dit qu’il cherchait des livres. A El Dorado, le dentiste le présenta à l’institutrice. Celle-ci lui montra sa bibliothèque. Cinq mois durant, il put ainsi former et polir ses goûts de lecteur. Il habita dans l’école et fit des travaux domestiques. Il n’apprécia pas la géométrie ni l’histoire qui lui sembla un chapelet de mensonges. Edmond de Amicis et son coeur occupèrent pratiquement la moitié de son séjour à El Dorado. Après avoir cherché dans toute la bibliothèque, il trouva ce qu’il lui fallait vraiment, le Rosaire de Florence Barclay contenait de l’amour.

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Antonio dormait peu. Le reste de son temps, il le consacrait à lire les romans, à divaguer sur les mystères de l’amour et à imaginer les lieux où se passaient les histoires. Il aimait par-dessus tout imaginer la neige. Un jour qu’il allait chercher des crabes au fleuve, il vit une pirogue arriver alors qu’il pleuvait énormément. Seul un fou pouvait se risquer à naviguer sous ce déluge. Le maire et d’autres hommes vinrent voir ce qui se passait. La pirogue contenait le corps d’un homme, gorge ouverte et bras lacérés. Il n’avait pas d’yeux. Le maire donna l’ordre de hisser le corps. On l’identifia à sa bouche. C ‘était Napoléon Salinas, un chercheur d’or qui s’était fait soigner la veille par le dentiste. Salinas était l’un des rares à se faire consolider les dents avec de l’or. Le maire demanda à Antonio si c’était encore un coup du jaguar femelle et Antonio en regardant les plaies confirma. Le maire trouva des pépites sur le cadavre et il les répartit entre les hommes présents puis il mit le cadavre dans le fleuve. Antonio pensait que le jaguar s’approchait d’El Idilio et le maire en fut énervé.

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De retour chez lui,Antonio mangea les crabes et lut un roman. Il se demanda ce qu’était un baiser ardent car il avait peu embrasse sa femme qui considérait que c’était un péché et les Shuars ne connaissaient pas le baiser. Il interrompit sa lecture après avoir entendu des cris. Une mule affolée galopait sur le sentier en poussant des braiments et en envoyant des ruades à ceux qui essayaient de l’arrêter. Finalement, l’animal fut immobilisé. La mule portait des plaies profondes. Le maire l’acheva. C’était la mule d’Alkaseltzer Miranda, un colon qui tenait un comptoir de vente d’agardiente, sel, tabac et Alkaseltzer, de là son surnom. Le maire ordonna une expédition pour le lendemain pour aller voir Miranda. Pour Antonio, il n’était plus question de se concentrer sur la lecture. Tout le monde savait que le maire le tenait à l’oeil. Antonio se souvint d’un jour où une barque à moteur avait emmené à El Idilio quatre Etats-uniens équipés d’appareils photo, de vivres et d’instruments à l’usage inconnu. Ils passèrent plusieurs jours à faire la cour au maire en l’abreuvant de whisky. Le maire avait désigné Antonio comme le meilleur connaisseur de l’Amazonie et avait conduit les quatre hommes chez le vieux. Les gringos photographièrent Antonio. Ils entrèrent dans la cabane sans demander la permission. Ils voulurent prendre le portrait d’Antonio et sa femme mais le vieux prit son fusil et fit déguerpir les gringos. Le maire en colère voulut le chasser car la cabane d’Antonio se trouvait sur des terres appartenant à l’Etat.

Onecén Salmundo, un octogénaire qui témoignait à Antonio de l’amitié à cause de leurs origines montagnardes communes vint le voir. Il lui dit que le maire l’avait pris en grippe et de faire attention. Une semaine plus tard, trois gringos arrivèrent. Le maire vint voir Antonio pour faire la paix. Il lui expliqua que les gringos prétendaient que les singes avaient tué un des leurs mais pour le maire c’était les Jivaros. Antonio lui dit que les Shuars évitaient les histoires mais que des singes étaient capables de dépecer un cheval. Le maire était dans la merde jusqu’au cou car les gringos avaient une lettre de recommandation du gouverneur. Le maire avait besoin d’Antonio. Il voulait qu’Antonio aide les gringos à chercher les restes de leur compagnon. Antonio accepta à condition que le maire le laisse tranquille.

Antonio trouva sans peine le squelette du gringo. Les fourmis avaient déjà tout nettoyé et un ouistiti avait pris l’appareil photo du gringo ce qui fit rire Antonio. Il rentra à El Idilio livrer les restes et le maire le laissa tranquille.

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Antonio suivit le maire et ses hommes le lendemain. Il pleuvait. Le maire obèse ralentissait les hommes. Ils trouvèrent un endroit pour passer la nuit. Ils distribuèrent les tours de garde. Antonio prit le premier. Il y eut du bruit et le maire se réveilla et alla voir avec sa lanterne. Antonio lui ordonna de l’éteindre car  c’était dangereux mais le maire refusa alors d’un coup de poing, le vieux envoya valser la lanterne. Ils durent quitter l’endroit car les chauves-souris qui leur servaient d’alarme avaient fui à cause de la peur. Le maire crut trouver le jaguar et tira mais c’était un ours à miel et les autres hommes lui firent des reproches car tuer cet animal portait malheur. Ils arrivèrent chez Miranda. Il était mort, le dos ouvert par deux coups de griffe. Ils découvrirent un autre cadavre. Il était étendu, pantalon baissé. Ses épaules avaient été labourées par les griffes, c’était Placencio Punan. C’était un prospecteur d’émeraudes.

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Ils trainèrent les deux corps jusqu’à un marécage et les lancèrent dans les joncs. Ils retournèrent au comptoir pour passer la nuit. Pendant son quart, Antonio en profita pour lire. Un des hommes du maire s’approcha et lui demanda que racontait le livre. D’autres hommes attirés par la lecture écoutèrent Antonio lire. Le livre parlait de Venise et le maire, qui avait de l’instruction, essaya d’expliquer pourquoi cette ville reposait sur une lagune mais les hommes ne comprenaient pas. Le jaguar approcha et le maire tira à l’aveuglette. Le jaguar partit et Antonio réprimanda le maire. Alors le maire comprit qu’il s’était suffisamment discrédité auprès de ces hommes et il proposa 5000 sucres à Antonio pour qu’il trouve le jaguar et le tue. Pendant que lui et ses hommes retournèrent protéger le village. Antonio ne s’intéressait pas beaucoup à la récompense et pensait que le jaguar cherchait la mort. La femelle cherchait une occasion de mourir dans un combat à découvert, dans un duel que ni le maire ni aucun de ses hommes ne pouvaient comprendre. Alors Antonio accepta le marché du maire. Il resta seul et reprit sa lecture. Il était mécontent de ne pas arriver à comprendre l’intrigue. Il pensait que le jaguar ne l’attaquerait pas mais s’en prendrait au maire et ses hommes. Antonio repensa à ses précédentes chasses. Il ne se considérait pas comme un chasseur.
Les chasseurs tuent pour vaincre la peur qui les rend fous et les pourrit de l’intérieur et tel n’était pas le cas d’Antonio. Il sortit dans la forêt pour repérer une piste. Il marcha en ligne droite vers l’ouest, vers le Yacuambi qui coulait à peu de distance. La pluie s’arrêta et cela l’alarma car l’évaporation commencerait et la forêt disparaîtrait dans un brouillard épais qui l’empêcherait de respirer et d’y voir à plus d’un pas. Il vit la femelle jaguar à une cinquantaine de mètres. Elle se déplaçait avec lenteur, la gueule ouverte et la queue fouettant ses flancs. Il la regarda se déplacer et fut plusieurs fois sur le point de tirer. Mais il ne le fit pas. Il savait que son tir devait être sûr et définitif. S’il la blessait seulement, la femelle ne lui laisserait pas le temps de recharger son arme. Le jaguar attendit la nuit pour l’attaquer. Le vieux gagna la berge de la rivière. Mais la femelle l’attaqua. Au-dessus de lui, la femelle agitait frénétiquement la queue mais elle n’attaquait plus. Antonio put récupérer son fusil. Le mâle était là blessé et Antonio comprit que la femelle voulait qu’il tue le mâle pour abréger ses souffrances. Alors Antonio le tua et la femelle partit. Antonio trouva une pirogue où il put manger et dormir. Mais la femelle le retrouva et monta sur la pirogue. Le vieux comprit que l’animal était devenu fou car il lui urinait dessus. Il le marquait comme sa proie, il le considérait comme mort avant même de l’avoir affronté. Alors Antonio tira, il blessa l’animal mais fut blessé au pied. Ils étaient à égalité. Alors il rechargea son arme et, d’un coup renversa la pirogue. Quand il se redressa, la blessure lui causa une douleur atroce, et l’animal surpris, s’allongea sur les rochers en calculant son assaut. Le jaguar bondit sur lui, griffes et crocs sortis. Alors il appuya sur la détente et abattit la femelle. Antonio pleura du honte, se sentait avili et en aucun cas vainqueur dans cette bataille. Alors il prit la direction d’El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d’amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes.

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15 septembre 2009

La théosophie II

Les théosophes prennent la tête du mouvement d’émancipation de la femme.

La Société Théosophique a lancé son offensive principale en faveur de l’émancipation des femmes en France avec la constitution d’une franc-maçonnerie féministe d’inspiration théosophique, le Droit Humain. Annie Besant qui en était l’instigatrice y reçut le grade de 33è. A cette époque, la duchesse de Pomar, originaire d’Espagne et grande mystique, prit de l’influence dans la ST en France. Elle se convertit au bouddhisme ésotérique qu’elle vulgarisa dans divers écrits. Elle prévoyait le règne du « cerveau  féminin » qui devait être le symbole d’une évolution capitale de l’humanité. Elle mourut le 2 novembre 1895. Le combat féministe atteint la franc-maçonnerie puisque le 16 février 1866 Maria Deraismes fit une conférence au Grand Orient. Elle défendit la franc-maçonnerie contre le clergé. Elle fut initiée à la franc-maçonnerie dans la loge des Libres-penseurs du Pecq le 14 janvier 1882 ce qui entraîna le rejet de cette loge par son obédience la Grande Loge Symbolique Ecossaise. Maria Deraismes était en bon rapport avec Annie Besant. Maria Deraismes fonda avec le docteur Georges Martin, franc-maçon du 33è degré, l’obédience mixte le Droit Humain le 4 avril 1893. Maria Deraismes mourut en 1894. 15 000 personnes assistèrent à ses obsèques. Annie Besant fut désignée grand-maître adjoint du Droit Humain donnant à cette obédience maçonnique une orientation théosophique. Une autre femme compta beaucoup pour la ST et le féminisme, Alexandra David-Neel. Née à Saint Mandé le 24 octobre 1868, son père, ami de Hugo, était franc-maçon et anticlérical. Sa mère étiait pieuse. Alexandra apprit le sanskrit, suivit les cours d’orientalisme au collège de France. Elle était fascinée par le Tibet. En 1891, elle hérita ce qui lui permit de partir à Ceylan et en Inde. A Bénarès, elle rencontra les membres de la Société Théosophique. Elle critiqua l’hindouisme et s’en prit à Gandhi qu’elle accusait de tiédeur. Bouddhiste, elle se lança dans des diatribes contre les superstitions populaires. Elle voyagea beaucoup et rencontra Philippe Neel à Tunis. Elle se maria avec lui. Déçue par ce mariage elle voyagea encore. Elle visita l’Inde et le Tibet. Elle fut reçue par le Dalaï-Lama réfugié en Inde. Elle se fit initier au lamaisme ce qui lui permit de traverser le Tibet avec le costume des lamas. Elle s’attacha un enfant tibétain, Yongden avec lequel elle partit en Birmanie, au Japon, en chine et en Corée. Elle arriva à entrer dans la ville interdite de Chassa au Tibet. Son livre « voyage d’une parisienne à Lhassa » obtint un immense succès dans le monde entier. Elle cèda ses droits d’auteur à la Société Théosophique française. Elle mourut à 100 ans.

Sous le signe d’Isis et du pouvoir secret féminin

L’idée première des héroïnes de la ST était la création d’un véritable pouvoir féminin. HPB estimait que l’émancipation de la femme et l’institution d’un pouvoir féminin ne pourraient s’accomplir que si elles découlaient naturellement d’une évolution de l’opinion publique occidentale en matière religieuse. HPB estimait que la femme ne pouvait s’émanciper que si l’on parvenait à saper la toute-puissance du « dieu-mâle » d’Israël et les dieux chrétien et musulman. Cette idée fut reprise par Annie Besant. Pour cela il fallait mettre à la mode en Occident la religion hindoue dans laquelle existe le culte de la déesse-mère. Pour cela la Société Théosophique devait s’allier à la puissance de la franc-maçonnerie. Le bouddhisme devait également entrer en Occident. HPB écrivit Isis dévoilée et la Doctrine secrète dans le cadre de cette action féministe. HPB déclara que son ouvrage était un plaidoyer en faveur de la reconnaissance de la philosophie hermétique, la religion de la sagesse, comme la seule clé de l’absolu, en matière de science et de théologie. Elle se réfère au plus antique livre hébreu sur la science occulte : le Siphra Dzenouita. HPB pensait que l’humanité était composée de sept races et que nous étions la cinquième. HPB veut prouver qu’avant la race humaine à laquelle nous appartenons il en existait une autre qui connut un degré de science plus avancé que le nôtre et qui disparut. Pour Blavatsky, la vraie métaphysique est celle qui, par le moyen de la magie, met le philosophe au contact direct avec l’âme universelle. La proposition essentielle d’Isis dévoilée est celle-ci : « Le brahmanisme prévédique et le bouddhisme sont la double source de laquelle ont jailli toutes les religions ; le nirvanâ est l’océan vers lequel elle tendent toutes ». HPB affirme que le monothéisme judéo-chrétien est un schisme barbare du bouddhisme. Elle prétend que les flèches des cathédrales sont des symboles phalliques. Elle voit dans la Vierge la survivance grossière d’Isis.

L’imitation suprême identifie le nirvanâ à la paix universelle

Dans la « Doctrine secrète » HPB conclut que dieu, tel que l’entendent actuellement les chrétiens, les Juifs et les musulmans, n’est rien d’autre que le « Seigneur Adam » ancêtre fondateur de la race et de la tribu dont est sorti l’humanité. L’homme est véritablement la divinité manifestée sous ses deux aspects : bon et mauvais. Selon elle, dieu et Satan ne forment qu’une seule et même personne, ainsi qu’on le voit dans toutes les religions archaïques. Le but manifeste de « La Doctrine secrète » est de démontrer que toutes les religions sont issues de croyances identiques qui, au cours des âges, se sont transformées dans chaque région, dans chaque tribu, à la faveur des conditions locales. Les buts de la Société Théosophique sont de trois ordres : constituer le noyau d’une fraternité universelle de l’humanité, sans distinctions de race, de couleur ou de croyance. Encourager l’étude des Ecritures aryennes, démontrer l’importance de l’ancienne littérature asiatique, notamment des oeuvres brahmaniques, bouddhistes et zoroastriennes. Approfondit sous tous leurs aspects les mystères cachés de la nature et, tout spécialement, les pouvoirs psychiques et spirituels latent chez l’homme. HPB a prophétisé que de 1975 à l’an 2000, la théosophie secrète bouleverserait les données du monde moderne et sauverait l’humanité de la pente vers laquelle elle court. Le vrai théosophe, d’après HPB, ne croit pas au dieu des chrétiens, des Juifs et des musulmans. Ce dieu-là n’est que l’ombre démesurée de l’homme lui-même. Le dieu des théosophes est la nature, l’essence en tant qu’essence. Pour HPB, il ne doit y avoir aucune discrimination pour fait de sexe, de race, de religion, de position sociale. L’idéal profond de la théosophie « consiste à donner plus à autrui qu’à soi-même ». Beaucoup de théosophes sont végétariens ou naturistes mais cela n’a rien à voir avec des exigences théosophiques. L’alcool et la drogue doivent être prohibés par le théosophe parce qu’il doit toujours rester maître de soi. Les théosophes initiés doivent mener une vie chaste afin de consacrer toute leur énergie à leur tâche. Quelques adeptes secrets demeurent proches de la terre; ils forment une fraternité occulte, dite la la Grande Fraternité blanche. HPB séparait le bouddhisme exotérique, destiné aux masses, du bouddhisme ésotérique, accessible seulement aux esprits supérieurs.

La libération des Indes (Gandhi)

Le succès essentiel de la ST reste la contribution à la prise de conscience d’un bouddhisme à vocation universelle ainsi qu’au réveil et à la libération de l’Inde. Aux côtés d’Annie Besant se trouvait Gandhi. La vocation du futur Mahatma s’était révélée grâce à Madame Blavatsky et à Annie Besant. Gandhi naquit le 2 octobre 1869 dans une famille de caste élevée, celle des « vaisyas ». Son père était un négociant aisé et sa mère appartenait à la secte Jaïn, adepte extremiste de la non-violence. Il reçut, selon la tradition, une épouse du même âge que lui quand il avait 13 ans et ne la connaissait pas. Ils éprouvèrent une vive attirance l’un pour l’autre. Il se rendit à Londres à 18 ans pour suivre des études d’avocat. Il devint végétarien et adepte de la doctrine Jaïn. Il rencontra un écrivain anglais réputé, sir Edwin Arnold qui lui conseilla de se présenter à HPB et Besant. Blavatsky lui demanda ce qu’il pensait de la religion de ses pères et Gandhi l’assura qu’il ne s’était jamais abaissé à l’étude des vieilles superstitions. HPB le réprimanda vivement. Elle chargea les théosophes qui lui avaient présenté Gandhi de l’instruire sur la spiritualité hindoue. Gandhi reconnut que c’est au contact de HPB et des théosophes de Londres qu’il se forgea une « conscience nationale » et qu’il se jura d’oeuvrer à l’émancipation de l’Inde. Il fut envoûté par HPB et lut ses ouvrages avec passion. Il assista à des réunions de la loge Blavatsky. Il s’intéressa à l’histoire des religions. Il lut « comment je suis devenu théosophe » d’Annie Besant et se convertit à la théosophie mais ne se lia pas à la Société Théosophique se réservant une liberté d’action. Il fut admis avocat en 1891 et retourna en Inde. Il eut une mission en Afrique du Sud et laissa son épouse et ses deux enfants. Il fit venir sa femme et ses enfants au Natal. Annie Besant l’avait converti au contrôle des naissances et il ne voulait plus d’enfant. Il pratiqua l’abstinence avec l’accord de son épouse. Il s’occupa de la défense des droits des colons indiens du Transval. Il entretint des relations quotidiennes avec les théosophes de Johannesburg. Ses activités lui valurent la prison mais grâce à la non-violence il obtint l’octroi aux Asiatiques d’Afrique du Sud le statut de travailleurs libres. En 1914, il parti pour Londres et y contracta une pleurésie alors il rentra en Inde. Il trouva une Inde nouvelle. Sous la pression des théosophes, l’Inde s’était réveillée. Il se rangea sous la bannière de Gokhale, leader des nationalistes hindous. Il voulut fraterniser avec les intouchables ce qui lui fut reproché. Annie Besant l’invita à une cérémonie en présence du vice-roi pour célébrer l’inauguration de l’université de Bénarès. Gandhi se lança dans une diatribe contre les maharajahs égoïstes pendant que le peuple mourait de faim. Cherchant le scandale, il s’en prit au vice-roi. Annie Besant l’interrompit puis le laissa reprendre la parole. Gandhi atteignit la notoriété. Les Anglais avaient besoin des Indiens pour gagner la première guerre mondiale alors le vice-roi réunit une table ronde avec les principaux chefs politiques indigènes. Gandhi demanda aux Anglais de s’engager, après la guerre, à transformer le territoire indien en dominion et obtint gain de cause. Il accepta alors qu’on recrute des Hindous pour la guerre et oeuvra en ce sens. Cette campagne de recrutement ébranla un temps son prestige personnel. Mais l’Angleterre ne respecta pas la parole donnée à Gandhi par le vice-roi et les nationalistes organisèrent un meeting à Amritsar et l’armée ouvrit le feu contre les Hindous tuant femmes et enfants. Désormais, les patriotes allaient opposer un front uni à l’occupant. Mais Gandhi refusa de rompra avec l’Angleterre et engagea les Indiens à accepter le « Government of India Act » qui octroyait un système dit de « biarchie » permettant aux Indiens de prendre en main une partie de leur gestion intérieure. En 1921, le voyage officiel du Prince de Galles fut boycotté sur ordre de Gandhi et en représailles il fut mis en prison pendant six mois. Dès lors, il opta dans le cadre de la non-violence pour la libération totale de son pays. c’était la rupture avec Annie Besant et la Société Théosophique. L’indépendance prévue par HPB se réalisa enfin le 15 août 1947. La guerre civile et religieuse entre le Hindous et les musulmans ensanglanta cette renaissance. Gandhi fut assassiné le 30 janvier 1948 par un fanatique hindou.

Les dissidences allemandes bouleversent le cours de l’histoire.

La Société Théosophique connut deux dissidences : celle de l’anthroposophie de Steiner et celle de l’Aryanisme germanique d’où allait sortir le nazisme.

Rudolf Steiner naquit en Autriche le 27 février 1861 dans une famille modeste. Ecolier doué mais susceptible, Steiner fut retiré de son école religieuse par son père pour s’occuper lui-même de l’éducation de son fils. Steiner s’intéressa aux sciences naturelles et à la géométrie. Adolescent, Steiner continua à s’instruire seul. Il se mit à lire les ouvrages métaphysiques de Kant. Il fut admis à l’Ecole supérieure technique de Vienne. Il fréquenta l’université. C’est le professeur Brentano qui lui donna l’idée de se consacrer désormais à l’étude de la philosophie. Il acquit le grade de docteur en philosophie et divers diplômes scientifiques. Précepteur, il réussit à instruire un attardé mental grâce à ses méthodes et à lui faire réussir ses études. Il tomba amoureux et fut subjugué par le pouvoir féminin malgré sa timidité. Son premier choc spirituel lui fut causé par une jeune poétesse autrichienne, Marie Eugnéie Della Grazie qui croyait en la validité de l’expérience de Sacher-Masoch et en la puissance de la violence.S teiner fut blessé par cette attitude qu’il croyait contraire à la nature des femmes. Il étudia Goethe et se convertit à son enseignement. A Vienne, Steiner était en rapport avec une théosophe, Marie Lang, et trouva auprès d’elle l’apaisement qu’il souhaitait. Il rencontra Rose Mayreder, un peintre de talent qui avait publié un ouvrage volumineux intitulé « critique de la féminité ». Il quitta Vienne pour Weimar où il devint archiviste pendant sept ans et surveilla l’édition des oeuvres scientifiques de Goethe. Grâce aux ouvrages clefs des roses-croix, il parvint à la connaissance des textes ésotériques de Goethe. A Weimar, il rencontra Elisabeth Forster, la soeur de Nietzsche. C’est en contemplant auprès d’elle le génial philosophe qu’il eut sa première « illumination ». Il vit l’âme de Nietzsche. En 1897, il quitta Weimar pour Berlin et y dirigea un magazine littéraire. Il fut recueilli par une aimable veuve, Anne Eunik, mère de cinq enfants, avec qui il se maria en 1899. Ils vécurent peu de temps ensemble. La même année il publia un conte fantastique « Le serpent vert et le beau lys » qui constituait une explication rudimentaire de l’hermétisme de Goethe. Il fut invité par la Société Théosophique de Berlin à prononcer des conférences. Il y rencontra une aristocrate d’origine russe, Marie de Rivers. Il voulut être théosophe comme elle. Il l’épousa 15 ans plus tard en 1914, trois après la mort de sa première femme. Steiner rencontre Annie Besant qui lui demanda de seconder Marie dans la direction de la loge de Berlin. Il fut nommé, en 1905, secrétaire générale de la section allemande. Il dirigea un journal qui eut une carrière brillante « Lucifer et gnosis ». Steiner prétendit que l’homme, en tant qu’être spirituel, était bien plus ancien que les autres êtres vivants sur la terre qui n’étaient pour lui que des déchets du développement humain. Dans son livre « La science occulte », Steiner livra une morale en cinq principes : la maîtrise des pensées, le pouvoir sur les volitions, l’égalité d’âme devant  le plaisir et la douleur, la positivité dans les jugements, l’absence de préventions dans les concepts d’existence. Steiner acceptait ainsi de rénover le christianisme aux sources bouddhiques mais refusait de suivre Besant dans ses critiques de Jésus. Après des discussions véhémentes, la rupture fut consommée. En 1913, la section allemande envoya un télégramme comminatoire à Adyar pour demander la déposition d’Annie Besant. Il fonda une nouvelle Société Théosophique à Dornach qui tint son premier congrès à Stockholm. Les théosophes allemands ne restèrent pas fidèle à la ST mère. Ils basèrent leurs doctrines sur des interprétations fantaisistes de l’oeuvre de HPB. Ils donnèrent à ses arguments un sens antisémite qu’ils n’eurent jamais. Si elle entendait se dresser contre le « Dieu des Juifs », ce n’était pas pour condamner les Juifs mais pour lutter contre les forces attribuées au « dieu-mâle ». Jacques Lantier considère Karl Haushofer comme l’initiateur de Hitler à l’occultisme. Haushofer né à Munich en 1869 se consacra à l’exploration en Chine, aux Indes et au Tibet. Il avait rencontré Gurdjieff qui l’aurait initié à l’ésotérisme tibétain. Entré dans l’armée, général en 1918, il fut attaché militaire allemand au Japon. Après la première guerre mondiale, il créa la « geopolitik » dont on lui confia la chaire à Munich. Parmi ses étudiants se trouvait Rudolf Hess. Il constitua une Société de Géopolitique, organisation pseudo-scientifique d’inspiration mi-spirite mi-théosophique qui se révéla bientôt l’instrument du nazisme. La thèse allemande sur les religions archaïques et les mouvements de populations connue sous le nom d’ »Indo-germanisierung griechenland » fut publiée en 1933. La théorie avançait qu’une race élue s’appelait la race aryenne. Sa patrie était Thulé que d’aucuns voudraient confondre avec l’Atlantide. Après un cataclysme, les Aryens se seraient dispersés en Allemagne, aux Indes et en Grèce. Rosenberg affirma que leur signe distinctif était le svastika. En 1912, des savants allemands avaient créée le groupe Thulé. Après la première guerre mondiale, ce groupe se transforma en  société secrète qui rassemblait des amateurs de sciences occultes. Parmi les dirigeants se trouvaient un journaliste munichois Dietrich Eckart antisémite notoire qui introduisit Hitler dans le groupe. Il avait connu Hitler dans le Deutsche Arbeiter Partei. Initié à l’aryanisme germanique, Hitler devait placer son combat sous le signe sacré du svastika.

La Société Anthroposophique universelle de constitution laïque et la communauté des chrétiens à direction confessionnelle eurent beaucoup d’adhérents en Allemagne, en Angleterre, en Autriche, en Suisse et en Hollande. Steiner croyait à l’existence d’un univers invisible et des mondes suprasensibles, à la réincarnation, à des rythmes cosmiques auxquels la nature humaine est directement lié. Steiner assura que le corps astral devient sensible au clairvoyant. Plus l’âme humaine progresse dans son évolution et plus le corps astral s’organise. L’existence de ce corps astral oblige l’étudiant en occultisme à observer huit commandements : toute son activité conceptuelle doit tendre à refléter fidèlement le monde extérieur et à bannir de son être les représentations inexactes; le disciple ne doit se déterminer, même dans les petites choses, qu’après une délibération fondée sur des raisons sérieuses; jamais il ne dit quelque chose en l’air, il s’applique à ne parler ni trop ni trop peu; l’étudiant doit renoncer en principe à ce qui peut troubler les autres ou heurter visiblement l’ambiance; il fuit également la précipitation et l’indolence et garde un juste milieu dans son activité; il ne cherche pas à exécuter ce qui dépasserait ses forces mais il ne néglige non plus rien de ce qu’elles lui permettent d’accomplir; tout ce qui se passe devant l’étudiant doit lui être une occasion d’acquérir une expérience qui lui sera précieuse; il doit se plonger en lui-même, délibérer en silence, définir et examiner les principes qui dominent son existence faire la revue de ses connaissances, peser ses devoirs, en un mot méditer sur le sens et le but de la vie. Steiner a refusé l’essentiel de la théosophie orientaliste pour s’affirmer chrétien occidentaliste. Il a inventé l’eurythmie. Il s’agit d’extirper de la conscience toute intellectualité, toute influence d’une matière condmanée, mais de sentir, d’éprouver, de saisir les rythmes de la nature.

En 1913, Steiner fit construire le siège de l’Anthroposophie à Dornach, en Suisse. Il l’appela le Goetheanum en hommage à son maître. En 1919, aidé financièrement par la société industrielle Waldorf, il créa la première école dans laquelle ses méthodes pédagogiques furent appliquées. Poussé par d’éminents praticiens, il fonda au Goetheanum une section de médecine et créa, à Arlesheim, une clinique anthroposophe. Sur les données de Steiner, le docteur Scmiedel fonda, avec l’appui d’industriels, la célèbre usine de produits pharmaceutiques Weleda. Il fonda le « Mouvement de culture bio-dynamique » qui s’interdit l’usage d’engrais chimiques. Steiner mourut le 30 mars 1925.

La théosophie réformée conduit à la sagesse orientale.

Annie Besant avait un compagnon et conseiller, C.W. Leadbeater né en 1847, ancien d’Oxford qui avait été pasteur. Après avoir eu des visions, il se convertit au bouddhisme et à la théosophie. Il écrivit « une esquisse de la Théosophie » dans laquelle il estimait que le théosophe devait étudier les religions d’un point de vue scientifique et critique et ne pas considérer leurs enseignements comme infaillibles. Pour lui, la théosophie ne saurait être ni une religion ni une doctrine imposée mais une quête philosophique et scientifique fondée sur une hypothèse cosmogonique. Pour Leadbeater, chaque pensée, chaque parole, chaque action engage le présent et l’avenir en vertu de la loi de causalité. Autrement dit, tout ce que nous faisons a des conséquences multiples qu’il faut essayer de prévoir. Pour lui, la théosophie ne promet pas le bonheur ni dans ce monde ni dans l’autre, mais elle protège du malheur. Il pense que dieu s’identifie à l’homme au sommet de sa plénitude. Leadbeater remit en question l’histoire du christ avec Annie Besant ce qui choqua le vatican et les chrétiens. A propos du christ, Leadbeater s’indigna de « la stupéfiante transformation d’une allégorie parfaitement raisonnable en une biographie absolument impossible ». En 1908, Annie Besant et Leedbeater découvrirent une jeune hindou dont l’intelligence leur parut si prodigieuse qu’ils crurent que c’était un personnage divin. Son père était de la caste supérieure des brahmanes et dignitaire de la ST et il accepta de confier son enfant à Annie Besant. Le jeune prodige s’appelait Krishnamurti et était né en 1896 près de Madras. Besant et Leadbeater pensaiant que Krishnamurti était une réincarnation de Jésus. Annie Besant présenta son protégé comme une réincarnation du Christ sous le nom d’Alcyone. En 1910, elle fonda un ordre ésotérique destiné à faciliter la tâche du nouveau messie, l’Ordre de l’Etoile d’Orient dont Alcyone fut désigné comme le chef suprême. Selon Besant, dieu lui-même avait préparé l’avènement d’Alcyone pour montrer que la race blanche n’était pas la race élue. En 1911, la moralité de Leadbeater fut mise en doute et le père de Krishnamurti et de Nikya, son frère, réclama ses enfants mais ce droit lui fut refusé. Krishnamurti rompit avec la ST avec fermeté et partit avec son frère en Californie. Après la mort de ce dernier il revint en Inde où il propagea un enseignement philosophique inspiré par les doctrines humanitaires de la théosophie mais libéré de toutes croyances surnaturelles. La théosophie de Krishnamurti n’avait plus rien de commun avec celle de Madame Blavatsky mais en exprimait les aspirations les plus profondes : la libération de l’homme, la fraternité, la paix universelle. Il s’était fait connaître dans le monde entier à partir de la rupture avec la Société Théosophique en 1922. Il ne condamna pas la ST mais demanda aux théosophes de libérer leur pensée pour dégager leur propre spiritualité. Il leur reprocha d’accorder trop d’importance à l’enseignement des Maîtres et des dirigeants de la Société. Il proclama qu’il n’y a pas d’orthodoxie seule compte la liberté qui permet de se réaliser. « Soyez votre propre guide, dit-il, votre propre flambeau ». Il condamna l’ésotérisme et l’occultisme. Pour lui l’homme authentique est celui qui se met à penser par lui-même et construit sa propre philosophie. Les religions sont des erreurs. Aucun rituel n’est nécessaire à la connaissance spirituelle. Krishnamurti se défend d’avoir un enseignement et refuse de se poser en maître. Il ne veut pas de disciple.

La théosophie moderne en France et dans le monde.

Les Français qui, les premiers, avaient accueilli avec sympathie les idées de HPB étaient pour la plupart des spirites convaincus. Ils n’accordèrent pas grande faveur aux théories d’inspiration bouddhiste mettant en cause leurs convictions sur l’existence du périsprit. Ils contestèrent l’influence et le pouvoir accordés aux femmes au sein de la Société théosophique. Dans les années 1880 l’anticléricalisme était fort en France et par réaction l’antisémitisme et l’antimaçonnisme également. L’occultisme intéressa les foules. Un ouvrage obscur, « Dogmes et rituels de haute magie », d’Eliphas Lévi, devint le grand événement littéraire de cette époque troublée. Jamais on n’avait vu à Paris tant de médiums. L’un des maîtres du spiritisme français était le docteur Fauvety. Il adhéra à la ST et essaya de concilier spiritisme et théosophie. Aussi avait-il créé à Paris la Société Théosophique des spirites de France. La Société Théosophique connaissait une autre tendance, la Société Théosophique des occultistes de France dirigée par le docteur Fortin, disciple d’Eliphas Lévi. La tendance Blavatsky portait le nom de Société Théosophique d’Orient et d’Occident présidée par la duchesse de Pomar. Elle était vouée à la défense de l’éternel féminin. HPB officialisa les trois groupes théosophiques. Elle accorda cependant son soutien officiel au groupe de la duchesse de Pomar pour conserver la discipline et l’orthodoxie. On y trouvait l’écrivain Schuré, l’astronome Flammarion. Une revue fut créée « Le lotus ». Papus entra dans la Société Théosophique dans la branche Isis mais il en provoqua la dissolution à cause de sa personnalité. Des socialistes comme Dramard entrèrent dans la ST. A la fin de sa vie HPB essaya de concilier les opinions aristocrates avec celles des progressistes. Elle même se proclama « socialiste » en déclarant que cela était tout à fait naturel en raison de ses convictions bouddhistes. Blavatsky enrageait de voir « Le Lotus », connu comme l’organe officiel de la ST exposer des thèses proprement spirites et elle le confia à la comtesse d’Adhemar. A la mort de celle-ci la revue devint « Le Lotus bleu ». En 1897 débutèrent les conférences publiques mensuelles. Au début du Xxème siècle la ST connut une crise interne à cause de ses trois courants : le mouvement « Back to Blavatsky », la néo-théosophie, la Nouvelle théosophie. Le premier était orthodoxe et fidèle à « La Doctrine secrète », le deuxième était dirigé par Besant et Leadbeater de tendance spirite, le troisième entendait faire débuter la théosophie à l’enseignement de Krishnamurti. En 1924, le conseil général de la ST déicda que la Société serait ouverte à tous ceux qui reconnaîtraient ses buts fondateurs sans distinctions d’opinions politiques ou religieuses. Aucune théorie, pas même celle de HPB ne pouvait à l’avenir être présentée comme reflétant la doctrine officielle. En 1950, le conseil général d’Adyar libéra la ST de toute attache extérieure à elle et la transforma pratiquement en oeuvre philanthropique et en foyer intellectuel. En 1900, le congrès international de la Société Théosophique se tint à Paris sous la présidence du colonel Olcott. Ce congrès eut un immense succès en France et à l’étranger.

Pour le théosophe, c’est à chacun de découvrir, par sa propre recherche métaphysique, le vrai visage de dieu. C’est ce que proclame la devise de la Société Théosophique : « Il n’y a pas de religion plus élevée que la vérité ».

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07 septembre 2009

La théosophie I

La théosophie ou l’invasion de la spiritualité orientale (Jacques Lantier)

Les théosophes réconcilient les sciences et les religions pour aboutir à la paix universelle.

La théosophie groupe l’ensemble des théories qui prétendent mener les hommes à la sagesse, en recherchant dieu dans la vie intérieure, et la vérité éternelle dans l’enseignement commun à toutes les religions. La théosophie se présente, en définitive, comme une démarche intellectuelle, psychique, mentale, dépouillant les religions de ce qu’elles ont de vulgaire, pour en saisir les parties les plus secrètes, fondées sur l’expérience mystique et l’action magique. Les théosophes travaillent au rétablissement des valeurs que, par simplification symbolique, on attribue à la féminité. LA religion d’Isis leur paraît contenir, dans sa partie ésotérique, les secrets du pouvoir féminin. Le premier philosophe qui ait tenté d’établir une « sagesse divine » complexe par le syncrétisme des croyances archaïques fut Ammonius Saccas, créateur au IIIè siècle, de l’école néo-platonique dit théosophique. Les écoles théosophiques, en particulier celle d’Alexandrie, eurent une influence considérable. Elles contribuèrent à développer les idées de fraternité et de respect des vieillards. Elles firent naître un sentiment de compassion pour les malheureux, pour les faibles, et même pour les animaux. Ces écoles établirent, dans une religion-sagesse-ésotérique, les principes de la divinité en l’homme. L’enseignement de Jésus fut présenté comme une réaction formelle à l’Alliance conclue par Moïse avec le « Tout-Puissant », le dieu-mâle, seigneur de la guerre. Le christ, se dressant contre les valeurs mâles, les aurait condamnées pour permettre le retour des valeurs féminines et l’établissement de la fraternité et de la paix universelles.

En 1874, un dignitaire de la franc-maçonnerie des Etats-Unis, le colonel Olcott, qui enquêtait pour un journal états-unien sur une histoire de fantômes, fit la connaissance d’une spirite russe, réputée « magicienne », nommée Helena Petrovna Blavatsky. De cette rencontre devait sortir l’étrange aventure de la théosophie moderne. La théosophie moderne est issue du spiritisme mais s’en sépare sur des plans essentiels. Elle ne veut pas être confondue avec une secte occultiste. Elle prétend, au contraire, que pour être un occultiste valable il faut être théosophe.

Helena Petrovna Blavatsky : prophète de la théosophie

En son temps, par ses attitudes, ses écrits, ses activités, HPB déchaîna des controverses et fit s’affronter les passions. Elle est considérée par ses admirateurs comme la plus grande magicienne que le monde ait connue; certains lui attribuèrent même des pouvoirs surnaturels. Ses nombreux détracteurs estiment qu’elle est le plus bel exemple de charlatanisme et de mystification du XIXè siècle. Elle était issue d’une famille de la noblesse russe. Petite-fille de la princesse Dolgorouky. Par sa bisaïeule, elle avait du sang français : la comtesse du Plessis, d’une famille huguenote émigrée en Russie. Par son père, le colonel von Rottenstern Hahn, elle était de souche allemande mais fixée en Russie. Sa mère, Helena Fadeef, fille d’un conseiller du tsar, fut la première romancière à écrire en russe. Helena Petrovna naquit le 30 juillet 1831 alors que la Russie était alors victime d’une épidémie de choléra. Une partie de sa famille disparut dans la tourmente. Lors de son baptême, quelqu’un mit le feu par inadvertance, avec un cierge, à la chasuble du pope qui fut grièvement brûlé et dans la bousculade plusieurs personnes furent blessées. On vit en cet accident le présage qu’Helena aurait sa vie marquée par des influences « diaboliques ». Un petit garçon avec qui elle jouait se noya et au lieu de pleurer, elle se vanta d’avoir fait intervenir un démon, la  Roussalka. Après le décès de sa mère, Helena fut envoyée chez son grand-père, gouverneur de Saratov. Helena restait dans les souterrains du château pour converser dans le noir avec le fantôme d’une jeune fille étranglée par le vieux seigneur qui n’avait pas réussi à la soumettre. Il fallait sortir Helena de force. Elle s’était installée dans une cave éclairée, un coin qu’elle appelait « Le Palais de la liberté » où elle lisait des livres consacrés au surnaturel. Helena possédait un tel pouvoir d’évocation, une imagination si communicative, qu’il lui arriva, à maintes reprises, en décrivant des choses épouvantables, de mettre en transes ses camarades et de les faire tomber dans des états convulsionnaires. Avec le temps, elle affirma ses dons de médium. Ses dons de voyance permirent à la police de retrouver un meurtrier mais celle-ci n’accepta pas la thèse de la voyance et HPB dut à sa famille de na pas être conduite en prison. Elle arrêta ses études à 17 ans mais parlait couramment le russe, l’anglais, le français et l’allemand. Jeune, elle avait un manque total de charme et de féminité. Ses proches la jugeaient incapable de séduire un homme mais elle était dégoutée par les choses de l’amour. Elle se maria par défi avec un vieux général qui s’appelait Blavatsky. Elle se refusa à son mari qui la retenait prisonnière dans sa datcha. Il tenta de la violer mais s’aperçut qu’elle présentait une anomalie sexuelle. Helena pravint à fuir à Constantinople puis en Egypte. C’est au pied du Sphinx qu’elle devait trouver son inspiration. Elle vécut plusieurs mois avec un lettré musulman d’origine copte qui avait la réputation d’être un grand occultiste. Elle ne coucha jamais avec lui. Elle fut initiée aux mystères d’Isis. Elle ne put divorcer mais son mari lui coupa tout subside. Son père lui servit une pension toute sa vie.

A Paris, elle se lia d’amitié avec les hypnotiseurs. Ils lui enseignèrent le magnétisme et la suggestion. Elle partit exercer ses dons à Londres. Elle rencontra des Indiens au Québec qui la dépouillèrent de tout ce qu’elle possédait. Elle séjourna au pays des Mormons puis à la Nouvelle Orléans où elle assista à des cérémonies vaudou. Elle alla ensuite au Mexique et au Texas où elle se mêla à une bande d’aventuriers ivrognes et violents pour les étudier. Elle retrouva son père à Londres. Elle rencontra un mystérieux Hindou qui lui prédit qu’elle fonderait une société théosophique mais qu’elle devrait se rendre avant au Tibet pour y passer trois ans et s’y faire initier. L’Hindou, s’il exista, s’appelait Kout Houmi Lal Sing. Il fut reconnu par les théosophes comme le Maître et l’Initiateur de leur doctrine. Il envoya ses instructions par lettre qui pouvaient tomber du ciel accompagnées d’une pluie de pétales de rose d’après ses adeptes. HPB fit des progrès stupéfiants dans ses connaissances cultuelles et scientifiques au contact de cet Hindou. Ce personnage aurait utilisé Madame Blavatsky en raison de ses « pouvoirs magnétiques » pour favoriser l’émancipation et la libération des Indes.

L’influence occulte de Mme Blavatsky pèse sur l’histoire universelle

Sur les conseils de l’Hindou, HPB quitta Londres et repartit au Mexique où elle se lia avec un Anglais et un (autre ?) Hindou. En 1852, HPB et ses deux compagnons se retrouvèrent aux Indes puis à Ceylan et à Singapour. En 1853 elle partit à New York puis dans l’Ouest des Etats-Unis. Après San Francisco, elle partit au Japon où elle passa plusieurs mois dans des temples. En 1855 elle vécut à Calcutta. En 1856, elle voyagea avec un Allemand au Cachemire. Puis, HPB partit au Tibet mais fut refoulée par des gardes tartares à la frontière. Un chaman lui apprit alors le secret du « troisième oeil » et lui ordonna de quitter l’Inde car les temps n’étaient pas venus. Elle obéit et se rendit à Java. La suite de son existence jusqu’à son installation aux Etats-Unis demeure très obscur. Elle se rendit à Paris, en Chine, en Perse, en Russie. Elle aurait eu l’autorisation de franchir la frontière tibétaine et de séjourner dans une lamasserie où elle aurait été initiée au tantrisme. En 1858, HPB était en Russie et se signala par des manifestations dites « mediumniques » comme l’apparition et la disparition d’objets sans que l’on puisse donner d’explication plausible au prodige. Selon ses détracteurs, Mme Blavatsky aurait plus simplement utilisé des procédés classiques de prestidigitation. En 1861, HPB et sa soeur partirent vivre dans le Caucase chez leurs grands-parents. Elle acheta une maison à Ozougety, petite ville perdue au milieu d’une immense forêt. Elle y passa plusieurs années et se rendit chez des personnages réputés sorciers. Elle tomba malade, le médecin la jugea perdue mais elle guérit par miracle. En 1863, elle partit pour l’Inde. Elle demeura trois ans en Europe, allant d’une capitale à une autre comme si elle fuyait quelque chose.

En 1967, elle partit en Chine et retourna au Tibet puis en Perse. En 1870, elle était sur un bateau qui transportait de la poudre et explosa, elle échappa à cette catastrophe et alla s’installer au Caire. C’est là qu’elle décida de créer en Europe une société spirite selon les enseignements d’Allan Kardec. Une fois à Londres, elle dut renoncer car un fou qui assistait à la première séance de spiritisme avait été pris d’une crise et avait tiré sur elle sans l’atteindre. Elle retourna alors en Egypte pour y pratiquer la magie. Elle partit en Palestine et essaya de s’initier à l’occultisme juif. Elle voulut revivre le martyr de Jésus. En 1873, HPB reçut de ses maîtres l’ordre de quitter l’Orient. Elle resta six ans aux Etats-Unis. Elle rencontra le colonel Olcott et fonda la Société Théosophique en 1875. Ils partirent évangéliser les Indes. En 1884, HPB revint en Europe où de nombreuses loges théosophiques avaient été créées. Durant son séjour en France, elle présenta sa doctrine avec précision et prétendit parler au nom des initiés de la secte bouddhiste des Arahls. Elle prôna un syncrétisme qui planait au-dessus des religions. Elle fonda à Londres la « Blavatsky lodge » dont le journal portait le titre évocateur de Lucifer. Elle se lia d’amitié avec Annie Besant. Avec elle, elle constitua au sein de la Société Théosophique une sorte de loge maçonnique supérieure qu’elles appelèrent « Section ésotérique de la Société Théosophique ». C’était une société secrète d’initiés élevés ayant le pas sur la grande fraternité théosophique. HPB écrivit la « Doctrine secrète ». Ses derniers jours furent pénibles. Depuis longtemps elle était impotente. Son aspect extérieur témoignait de sa déchéance physique. Elle s’éteignit le 8 mai 1891, elle n’avait que soixante ans. HPB avait, dans ses livres, attaqué l’exotérisme chrétien en vue de libérer le monde du fanatisme et de l’obscurantisme. Pour « La Doctrine secrète », elle aurait reçu l’ordre de ses « Maîtres » d’avoir à présenter au monde un ouvrage ésotérique destiné à réformer l’humanité.

La création de la Société théosophique événement oublié

Le colonel Olcott était né en 1832 dans le New Jersey. Il s’était destiné à l’agriculture scientifique avant que la guerre de Sécession ne l’amène sous les drapeaux. Pacifiste, il ne porta jamais un fusil et dut son titre de colonel à ses dons pour l’intendance. Après la guerre de Sécession, il ouvrit une étude d’avoué spécialisé dans les affaires financières. Il acquit une fortune considérable. Franc-maçon, Olcott se passionnait pour l’occultisme. Socialiste mais farouche ennemi des « idées nouvelles », il se sentait attiré vers l’étude scientifique des phénomènes surnaturels. En 1874 il se rendit dans une ferme de Chittender dans le Vermont où les paysans William et Horatio Eddy pratiquaient le spiritisme. Il écrivit un article sur les phénomènes vus dans le New York Sun dont le retentissement fut considérable. Le New York Graphic lui proposa de passer trois mois à la ferme des Eddy pour écrire des articles. C’est là qu’il rencontra HPB. Il fut le visiteur assidu du 16 Irving Place à New York où HPB tenait les réunions les plus insolites de la ville. Olcott fonda avec la collaboration de HPB un « club des miracles » dont le but était de faire des recherches avec des méthodes scientifiques sur toutes les manifestations spirites. HPB vivait dans l’attente des subsides de son père. Elle vivait misérablement quand un télégramme de sa soeur lui apprit la mort de son père et l’envoi d’une forte somme. Elle acheta une ferme à Long Island. Elle acquit la notoriété en écrivant un article sur les apparitions de la fermme Eddy dans le « Daily Graphic ». Sans motif apparent, HPB quitta New York pour aller à Philadelphie. Olcott quitta son étude pour la rejoindre, il y resta plusieurs semaines. Il reçut des billets envoyés par des maîtres occultes. C’est à Philadelphie que HPB donna au colonel la mesure de son talent. C’est à ce moment qu’un personnage romantique, MB, qui avait été introduit auprès de Mme Blavatsky par Olcott, était tombé amoureux de HPB. Il la pria de l’épouser mais elle refusa. Il menaça de se suicider alle elle accepta à condition que le mariage soit blanc et qu’elle garde son nom. Il se montra si passionné que HPB dégoutée, regretta son mariage. Elle s’enfuit de chez son mari. Au bout de quelques mois, celui-ci porta plainte pour abandon de domicile. Le divorce fut prononcé le 25 mais 1878. HPB entra en relation avec les savants intéressés par les phénomènes métapsychiques. HPB et Olcott voulurent transformer le « Spiritual scientist » en journal spirite aussi important que la « Revue spirite » de Kardec. Cela leur attira un certain succès. A cette époque, Akasakof qui travaillait pour le Tsar voulut que Olcott et HPB lui amènent des médiums pour qu’ils soient étudiés à l’université de Saint Petersbourg. Seul un certain docteur Slade accepta mais il faillit achever sa carrière à Londres où on le mit en prison pour « tromperie du public ». A la suite d’une réunion tenue le 7 septembre 1875 l’égyptologue Felt fit une conférence sur le « canon égyptien des proportions, maintenant perdu ». Impressionné le colonel Olcott voulut monter une société dès le lendemain. Le choix du nom de la société fit l’objet de discussion. Olcott avança celui de « Société égyptologique », quelqu’un proposa « Société des mystères d’Orient », un autre « Société hermétique ». Après avoir fouillé dans des dictionnaires, on convint que le nom de « Société théosophique » serait le mieux approprié. HPB avait le rôle de secrétaire mais elle eut une place importante dans la société. Alors que l’égyptologie fut à l’origine de la Société théosophique, les fondateurs tournèrent vers les Indes. Les expériences de Felt provoquèrent la dérision des savants. Il quitta la ST et les égyptologues le suivirent. A l’origine, le nouveau groupe se comporta comme une quelconque secte de spirites ou d’occultistes. Le colonel Olcott envisagea un instant avec d’autres francs-maçons influents de la ST de se constituer en loge affiliée qui serait placée sous le signe d’Isi. HPB refusa car les femmes n’étaient pas admises dans la Maçonnerie. On décida pourtant que les rapports avec celle-ci demeureraient étroits. La ST s’organiserait à la manière d’une loge maçonnique et deviendrait si possible une « fraternité ». Ce fut HPB qui demanda elle-même, au conseil du 8 mars 1876, de prévoir des degrés d’initiation, une doctrine secrète et un signe de reconnaissance. Elle déclara que la ST devait constituer un mouvement ésotérique chargé de donner au monde une morale « féminine » contre la guerre, la violence et la haine. Le premier insigne choisi figurait un serpent enroulé sur un tau égyptien, ce qui montrait bien l’intention maçonnique des fondateurs. Alors que le colonel Olcott avait fait preuve jusqu’alors d’une certaine indépendance, il fut peu à peu envoûté par HPB au point de devenir son secrétaire et son élève. Ils s’installèrent dans la même maison. 1875 fut l’année où HPB, inspirée par les « Mahatmas » écrivit « Isis dévoilée ». La ST périclitait en Occident mais progressait aux Indes et à Ceylan. HPB obtint la citoyenneté états-unienne. La franc-maçonnerie états-unienne tenta encore un rapprochement avec la ST avec pour but la création d’une métaphysique future fondée sur l’équilibre entre l’Occident et l’Orient. Il fut convenu que HPB et Olcott se rendraient aux Indes pour établir le grand contact qui permettrait aux occultistes et initiés d’Orient et d’Occident de parvenir à la fusion. Un groupe de francs-maçons anglais fut autorisé à constituer, sous l’égide du docteur Cobb, une loge théosophique, la « British Thosophical Society » en 1878. Le président des Etats-Unis aida la mission de HPB et Olcott en demandant l’appui et le soutien de tous les diplomates pour leur mission aux Indes. L’intention des Etats-uniens était de saper la puissance anglaise aux Indes et de cacher un service d’espionnage économique états-unien chargé de jeter les bases de futurs marchés en Asie.

La théosophie provoque le réveil du bouddhisme et de l’Orient

L’expédition arriva à Londres le 1 janvier 1879. HPB et Olcott rencontrèrent de mystérieux Hindous qui les mirent en contact avec des compatriotes. A Londres, HPB fit pleuvoir des feleurs et se dédoubla en Hindoue. Les théosophes arrivèrent à Bombay le 16 février 1879. Ils organisèrent de grandes réunions philosophiques qui attirèrent l’attention des autorités anglaises ce qui priva HPB et Olcott du concours de personnalités éminentes mais leur valut la sympathie d’éléments progressistes et de lettrés indigènes. Les Anglo-Indiens reprochaient à HPB et à Olcott, qu’ils appelaient tantôt « les toqués », tantôt « les espions », de vivre en quartier indigène et de se conduire comme des malotrus à l’égard des autorités. Il y eut une affluence considérable, le 8 mai 1879, jour de l’an selon le Sak Salivan, quand Olcott donna aux Indes sa première conférence sur la 3société théosophique et son but ». Dès ce moment les théosophes ne purent rien faire sans être surveillés car ils glorifiaient l’honneur des Hindous. Le succès obtenu fut si grand que le journal de la Société, The Theosophist, se classa bientôt parmi les plus importants du pays. Patout, ils rassemblaient des foules indigènes, enthousiasmées par la conversion d’Européens à leurs propres croyances. Toujours persécuté, Olcott envoya une lettre de protestation au vice-roi des Indes. Il obtint gain de cause. Lui et HPB pouvaient désormais aller en paix mais la surveillance continua par l’intermédiaire des services secrets. Olcott put donner une conférence à Benarès (la Mecque des Hindous) chez le Maharajah devant des aristocrates et des lettrés. Olcott parvint à se rallier la plupart des plus notables pandits de la région de Bénarès. Le maharajah donna beaucoup d’argent à la ST et le succès de celle-ci prenait un essor international. Grâce aux subsides de princes, les fondateurs de la ST purent, en 1882, acquérir à Adyar une agréable demeure qui devint le siège de la société. Pour s’être baignés avec les Hindous, les fondateurs de la ST furent mis au ban de la bonne société anglaise. Olcott et HPB furent invités chez le gouverneur anglais de Madras qui fut ébloui par les dons de Blavatsky. La ST fut reconnue officiellement. Olcott s’attira la bienveillance du !maharajah du Cachemire en le guérissant de ses migraines. HPB et Olcott quittèrent cependant les Indes le 20 février 1884. A Londres la London lodge ST était menacée de scission. Une tendance était « christo-égyptienne » et l’autre penchait pour l’ésotérisme hindou et bouddhique. HPB et Olcott rétablirent la tranquillité en créant deux loges. L’une restait la London lodge l’autre devenait la Loge hermétique ST. Plus tatrd il fallut prononcer une nouvelle fusion, la London lodge devint la Société hermétique de Londres.

A cette époque les missions chrétiennes des Indes en l’accord avec le vice-roi attaquèrent HPB. Par ailleurs, la Société de Recherches psychique dressa un rapport accablant sur les dons supposés de HPB. Les lettres des Mahatmas furent reconnues écrites par HPB et on trouva chez elle divers instruments de prestidigitation. Le scandale orchestré par le gouvernement anglais retentit dans le monde entier. La ST accusa un coup terrible et de nombreuses personnalités donnèrent leur démission. HPB et Olcott repartirent pour Bombay le 10 novembre 1884. La mauvaise santé de HPB poussa le conseil d’Adyar à demander sa démission. HPB s’inclina et quitta définitivement les Indes en avril 1885. Les deux cofondateurs allaient se séparer. Olcott versa à fond dans le bouddhisme. Il parcourut l’Asie. Il voulait opposer le spiritualisme au marxisme dont il prévoyait les inévitables victoires. Il rédigea un catéchisme bouddhiste et créa un Comité général des Affaires bouddhiques. Il fit une conférence à Hiroshima et affirma que cette ville deviendrait l’un des symboles de la paix et de la fraternité qui règneraient un jour sur le monde. Le colonel Olcott mena sa mission avec acharnement jusqu’à la fin de sa vie. Il fut incinéré à Adyar le 17 février 1907.

Une meneuse d’hommes : Annie Besant

Annie Besant naquit le 1 octobre 1847 dans une famille aisée. Son père mourut alors qu’elle était en bas âge. Sa mère, diminuée financièrement, dut quitter la capitale pour s’installer à la campagne. Annie connut une enfance heureuse, revint à Londres de 12 à 16 ans puis chez sa mère où elle vécut des jours tranquilles jusqu’à son mariage avec un révérend. Les époux se plaignirent bientôt amèrement l’un de l’autre. Annie connut ses premières révoltes dans le lit de son mari. Pourtant, de cette union sans joie naquirent deux enfants, un garçon et une fille. En 1870, Annie faillit mourir d’une fièvre cérébrale, et guérit miraculeusement mais on craignit pour sa raison. Sa sensibilité devint extrême. Une nuit d’été 1871, après une dispute avec son mari, elle envisagea de se suicider mais elle entendit la voix d’un homme invisible qui l’encouragea à vivre. Elle résolut à se consacrer à ses enfants. Mue par une révolte intérieure contre le destin, elle rompit avec l’Eglise. Elle se sépara de son mari lui laissant son fils et gardant sa fille. Elle dut travailler. Elle écrivit des contes qu’un journal lui acheta. Engagée par le journal, elle put aller vivre à Londres avec sa fille et sa mère. Elle se mit à publier des pamphlets qui lui attirèrent l’attention du public. Elle acquit la sympathie des libres-penseurs et des francs-maçons. Bradlaugh, homme politique et journaliste athée lui donna son amitié. Les deux amis s’unir pour « réformer l’humanité ». Elle s’intéressa au contrôle des naissances. Elle le prôna comme susceptible de sauver l’espère humaine. Sous la pression de ses amis elle dut renier ses opinions et arrêter la vente de la brochure qu’elle avait publiée sur ce sujet. Elle devint socialiste matérialiste et féministe. Elle défendit son éditeur qui avait publié des dessins osés pour illustrer la limitation des naissances et lui fit gagner son procès. Cela entraîna la création de la Ligue Malthusienne. Elle fit des discours sur l’émancipation des femmes. La justice lui retira sa fille car elle décida qu’il convenait d’enlever à une athée « la charge d’une âme immortelle ». Annie se réfugia dans les études. Elle acquit des certificats de première classe de l’enseignement supérieur en biologie, botanique, acoustique, électricité, magnétisme et mécanique. Pendant huit ans, elle enseigna ensuite en qualité de professeur au « Hall des sciences » de Londres. Elle devint secrétaire permanente d’un syndicat de travailleuses. Elle tomba dans la dépression mais entendit la voix d’un homme lui annoncer de grands changements.

Un jour la Pall Mall Gazette la chargea de rédiger une analyse de la doctrine secrète de Mme Blavatsky. Ce fut pour elle une révélation. Elle entendit à nouveau la voix et en fut bouleversée. Elle rencontra HPB et devint théosophe. Elle rompit avec Bradlaugh pour se consacrer à la théosophie. Elle se considérait comme la fille de Blavatsky. Ses articles et ouvrages la firent connaître dans le monde entier. HPB manoeuvra pour que Besant prenne sa succession car elle était eprsuadée que celle-ci pourrait mener à bien la tâche d’émancipation et de fraternité dont elle avait rêvé. La plus dure épreuve consista à introduire Besant, « militante rouge », dans les cercles embourgeoisés de la théosophie. A partir de 1891 Besant, devenue membre de la section suprême, dite section ésotérique multiplia les conférences. On parlait de la Société Théosophique dans les journaux comme on parle aujourd’hui de grands partis politiques. Le 30 août 1891, Annie annonça qu’elle quittait la voie socialiste pour la voie théosophique. Elle fut critiquée par des francs-maçons qui ne la croyait pas quand elle prétendait avoir reçu des lettres des mahatmas de l’Inde par des moyens surnaturels. De 1895 à 1907, elle publia plus de 60 livres. En 1891, elle partit pour les Indes. Elle se réfugia à Bénarès. Elle y fonda un collège Hindou. Elle se fit la championne de la mystique hindoue. Elle voulait libérer les Indes de l’exploitation coloniale. Elle s’attaqua aux anglicans des Indes mais accepta pourtant le syncrétisme de la théosophie. En 1893, elle défendit la théosophie au Parlement des religions qui s’ouvrit à Chicago. A la mort d’Olcott, la ST dut lui trouver un successeur. Le colonel, inspiré par les « Maîtres » avait désigné Annie Besant. Contestée dans les milieux brahmaniques qui lui reprochaient son hostilité farouche au système des castes, elle fut élue avec difficulté et la ST perdit un tiers de ses membres. Mais sa vigueur permet de nouvelles adhésions. Avec l’appui de la franc-maçonnerie anglaise, elle voulut réveiller l’ême hindoue. A Bénarès, Besant créa l’Ecole centrale des filles hindoues. Elle estimait que les idées de la Société Théosophiques ne triompheraient que par l’éducation populaire, aussi institua-t-elle le « Theosophical Educational Trust » qui ouvrit de nombreux établissements scolaires réservés aux indigènes. Avant la première guerre mondiale, elle créa la Ligue des Fils de l’Inde dont elle devint présidente pour rapprocher les Hindous quelques soient leurs castes. Elle créa aussi le Home Rule League destiné à hâter le mouvement d’émancipation hindou. Mais en 1914, elle demanda aux Hindous leur loyauté envers l’Angleterre. Elle reprit le combat de l’émancipation en 1918. Elle fut même emprisonnée par le gouverneur de Madras mais libérée sous la pression populaire. En 1919, le Congrès national indien la désigna comme présidente. Elle avait Gandhi auprès d’elle converti naguère à la théosophie. A 80 ans, elle fit le tour d’Europe pour y tenir des meetings puis revint à Adyar. Elle mourut le 20 septebre 1933. On l’escorta jusqu’au temple maçonnique d’Adyar puis elle fut incinérée.

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20 juillet 2009

Claire Lenoir (Villiers de l'Isle Adam)

Claire Lenoir et autres contes insolites (Villiers de l’Isle Adam)

Claire Lenoir

Chapitre 1er Précautions et confidences.

Le narrateur est Tribulat Bonhomet, un des personnages récurrent de Villiers. Le personnage est narcissique et il se définit comme « saturnien de la seconde époque » (Villiers était passionné d’astrologie). En astrologie Saturne symbolise la tristesse, la fatalité sombre. Dans son récit, Bonhomet se décrit physiquement au lecteur. Villiers s’intéressait à la physiognomonie, l’art de reconnaître les hommes d’après les traits de leur physionomie et Bonhomet se flatte d’avoir des qualités. Il pense être l’archétype de la physionomie de son siècle. Il est docteur, philanthrope et homme du monde. Il est positiviste. Malgré sa philanthropie, il voudrait que d’un mot de lui les fanatiques soient exterminés. Il croit aux vertus du progrès. Il a une manie en société c’est de faire des mariages. Il admire Voltaire. Sous les dehors d’un dévouement humble il foule aux pieds tout respect de son semblable. Il appelle l’intention du lecteur sur un couple qu’il a créé.

Chapitre II Sir Henry Clifton

En juillet 1866, Bonhomet rencontre le lieutenant Henry Clifton dans un dîner de gala donné sur le Wonderful faisant route vers la Bretagne. Bonhomet évoque ses convictions politiques. Pour lui tout bon gouvernement doit susciter le plus souvent possible des guerres, des épidémies, des craintes, des espérances pour occuper l’esprit du citoyen et l’empêcher de se révolter et de lui permettre d’alimenter ses trois heures de loisirs quotidiens.

Comme lui, Clifton n’avait rien dit pendant les conversations politiques du dîner et cela avait attiré Bonhomet. Il lui ante les vertus d’une veuve pour la marier à elle selon sa manie. Clifton refuse car il connaît une femme ont il n’oublier jamais les traits. Cette femme est mariée et aveugle. Alors Bonhomet pense à son amie Claire Lenoir et se retire.

Chapitre III Explications surérogatoires

Bonhomet va voir les Lenoir qu’il a fait se rencontrer il y a trois ans. Bonhomet est misogyne et il affirme en parlant de Claire Lenoir : « L’os frontal était malheureusement assez large et décelait une capacité cérébrale inutile et nuisible chez une femme ».

Claire est une métaphysicienne, une savante. Bonhomet pense que Clifton parlait d’elle sur le bateau mais il ne peut se résoudre à la savoir épouse adultère.

Chapitre IV L’entrefilet mystérieux.

En arrivant en Bretagne, Bonhomet va boire une absinthe dans un café et lit un article scientifique dans un journal qui stipule que la rétine des animaux enregistre la dernière image qu’ils voient avant leur mort. C’est l’Académie des sciences qui l’affirme. Bonhomet prétend déjà connaître cette information. Clifton est dans le même café que Bonhomet mais les deux hommes s’évitent sans réelle raison.

Chapitre V Les bésicles couleur d’azur

Bonhomet se rend chez les Lenoir. C’est Claire qui l’accueille et sa prochaine cessité l’oblige à porter d’énormes lunettes bleues. Quand Césaire Lenoir arrive, le couple et Bonhomet pasent au salon.

Chapitre VI Je tue le temps avant le dîner

Bonhomet raconte ses voyages dans un récit confus et bouffon. C’est l’occasion pour lui de sortir des théories racistes sur les Noirs qu’il compare aux singes.

Chapitre VII On cause musique et littérature

Claire parle de Wagner que Bonhomet ne connaît pas ce qui ne l’empêche pas d’être étonné de la science de cette femme. Mais un fou rire monte en lui car pour Bonhomet toute femme est frivole. Bonhomet se flatte d’être lettré alors que pour lui un grand écrivain est celui qui a gagné son pesant d’or avec ses livres. Bonhomet fait l’éloge d’un écrivain dont il a oublié le nom, il s’agit de Ponson du Terrail, l’auteur de Rocambole, de la littérature populaire. L’écrivain est pour lui trop « métaphysique » alors que sa prose est faite pour attirer les masses ce qui augmente le caractère bouffon de Bonhomet. Bonhomet rêve d’une « plume publique » donc d’un écrivain encore plus facile à comprendre que Ponson du Terrail c’est dire si Bonhomet est simplet. Il est tellement idiot qu’il dénigre Hugo sans se souvenir de son nom parlant de ses poèmes comme d’un « capharnaüm chaotique » ! Hugo donne à Bonhommet une piteuse idée de notre belle langue française. Bohomet dénigre l’idole de Villiers, Edgar Poe en qui il ne voit rien d’extraordinaire. Les contes de Poe sont pour Bonhomet destinés à piquer la curiosité du vulgaire. Claire Lenoir entend parler de Ponson du Terrail pour la première fois et pour Bonhomet c’est la preuve de son ignorance. Quand Claire comprend que Bonhomet parle de Poe et d’Hugo qalors qu’il a oublié leurs noms son esprit s’éveille et elle rit en réalisant à quel point Bonhomet est stupide. Elle parle à voix basse et pense que même entouré de lumière il existe des êtres qui ne peuvent cesser d’être obscur. Bonhomet, le narcissique, croit que Claire se moque de Césaire et pas de lui.

Chapitre VIII Spiritisme

Après le dîner, au moment du café, Césaire veut parler philosophie. Il veut parler de l’immortalité de l’âme. Il croit au spiritisme et au magnétisme ce que Bonhomet trouve ridicule. Lenoir ne jure que par Raymond Lulle, Mesmer et Eli^phas Lévi. Villiers s’est servi des écrits d’Eliphas Levi pour tout ce qui touche à l’occultisme dans son oeuvre. Pourtant occultiste Césaire Lenoir est aussi hégélien.Cela étonne Bonhomet. Lenoir possède un pentacle doré et croit au corps astral des spirites.

Chapitre IX Balourdises, indiscrétions et stupidités (incroyables !...) de mon pauvre ami.

Bonhomet croit que Lenoir est flatté qu’un « érudit » comme le docteur lui demande ses lumières. Ils parlent d’abord de réalité. Bonhomet parle de ce qu’on peut sentir alors que Lenoir sait que nos sens nous trompent. Puis Lenoir affirme qu’il n’est jamais sûr de savoir s’il s’adresse à dieu ou à l’image qu’il s’en fait en priant. Bonhomet croit que dieu nous a créés et espère que son ami ne le nie pas. Les pensées métaphysiques de Lenoir reposent toujours sur Hegel. Bonhomet outré par les théories de Lenoir veut l’humilier en citant le médecin idéologue Cabanis qui parlait des hommes mordus par des animaux enragés et qui eux-mêmes s’étaient comportés comme des animaux après avoir contracté la rage. Cela pour relativiser la pensée de l’homme pour Bonhomet. Pour lui Kant, Fichte et Schopenhauer ne sont que des enragés ce qui en dit long sur la bêtise de Bonhomet. Pour lui l’âme n’est qu’une sécrétion du cerveau, il ne fait que citer Cabanis. Lenoir conclut que l’Esprit fait le fond et la fin de l’univers.

Chapitre X fatras philosophique

Bonhomet pense que Lenoir se trompe quand il affirme que l’Idée et la Matière sont une même chose car les théologiens le contredisent. Mais Lenoir ne se démonte pas et prouve que les théologiens lui donnent raison. Les deux amis s’emportent sur l’exemple d’une bûche que Bonhomet désigne pour prouver l’existence de la réalité matérielle mais Lenoir affirme que ce n’est qu’apparence. Pour Lenoir l’Idée est la plus haute forme de la R2alité car elle npénètre les éléments des choses. Lenoir évoque le dieu des théologiens auquel il s’oppose. Lui, a peur de cet absolu Justicier. Bonhomet est mouché et il en déteste encore plus son ami.

Chapitre XI Le docteur, Madame Lenoir et moi nous sommes pris d’un accès de jovialité.

Bonhomet n’avoue pas sa défaite et pire pense que son ami a prouvé son impéritie. Il pense que la philosophie de Lenoir ne sert à rien. Pour Lenoir cela sert à combattre glorieusement pour la Justice. Bonhomet fait une tirade sur le peuple en affirmant qu’il l’aime alors qu’il le méprise car pour lui le Progrès des Lumières ne fait que développer chez des créatures naguère inoffensives les instincts de jalousie, de basse haine et de trahison. Ses amis rient croyant que Bonhomet plaisante et pour donner le change il rit avec eux. En fait, seul Bonhomet a ri et ses amis n’ont esquissé qu’un rictus ou une quinte de toux. Il se plait à le croire en tout cas.

Chapitre XII Une discuteuse sentimentale

Claire évoque l’Esprit de l’Homme qu’elle croit sans limites s’il est éclairé par la divine Révélation chrétienne. Bonhomet veut brouiller la conversation en se faisant passer pour athée. Mais Claire ne tombe pas dans le panneau et affirme que Bonhomet a perdu ce qui le pousse à haïr ses amis. Claire continue à glorifier le dieu chrétien écartant les réprobations de Bonhomet. Elle pense que dieu est la plus sublime pensée dont nous puissions concevoir l’intime notion et que nous somes infiniment insensés si nous nous efforçons de le détruire en nous. Pour elle le septicisme le plus profond débute par un acte de foi. Elle ne veut pas hésiter entre dieu et la science, entre le siècle des Lumières et la Lumière des siècles.

Chapitre XIII les remarques singulières du docteur Lenoir

Bonhomet veut avoir le dernier mot et il envisage d’opposer philosophiquement les Lenoir pour être l’arbitre. Pour cela il choisit de prendre le parti de Césaire car les pensées de Claire l’énervent. Mais il échoue, Césaire aime trop sa femme pour la contrarier et il fait l’éloge de son intelligence. Lenoir parle de la vie et de la mort. Il pense que la mort est le domaine des ombres. Il croit à l’immortalité de l’âme et se demande de quelle nature peut elle être et si nous pouvons, ici bas, influer sur elle.

Chapitre XIV Le corps sidéral

Lenoir et Bonhomet cherchent à savoir s’ils ont un autre être intérieur. Pour Lenoir cet être intérieur est le seul réel. Villiers a pu trouver l’exposé de la théorie du corps sidéral dans le « Dogme et rituel de la haute magie » d’Eliphas Levi. Pour lui, il s’agit d’opposer apparence (corps physique) et vérité (corps sidéral). Tout ceci et spécieux pour Bonhomet. Pour Lenoir il y a de l’animal en l’homme. Il reprend l’idée du physiognomoniste Lavater selon lequel chaque type de physionomie humaine à son correspondant dans le règne animal. Lenoir a peur de son corps astral car il sent en lui des haines de sauvage et il redoute ce vestiaire qu’on appelle la mort. Puis Lenoir parle de la bible et cite un passage consacré à l’adultère. Il ne pardonne pas l’adultère et s’il en était victime il se vengerait.

Chapitre XV Le hasard permet à mon ami de vérifier incontinent ses théories humiliantes

Bonhomet passe dix jours avec ses amis jusqu’à la mort précipité de Césaire emporté par une attaque d’apoplexie. Sa mort a été provoquée par les prises de tabac dont il ne pouvait se défaire mais surtout parce que le stupide Bonhomet voulant le guérir de cette mauvaise habitude avait cru bon de remplacer la poudre de tabac de Lenoir par des produits mortels.

Chapitre XVI ce qui s’appelle une chaude alarme.

Bonhomet, toujours aussi prétentieux se flatte d’être poète mais ne veut pas s’abaisser à imprimer ses poésies. Devant le mort, Bonhomet et Claire se recueillent. Claire pousse un cri. Epouvanté, Bonhomet se met lui aussi à hurler. Ils s’effondrent tous les deux. Une fois remis, Bonhomet décide de fuir la maison des Lenoir. Il a repris ses voyages et est persuadé d’avoir fait avancer la science.

Chapitre XVII l’Ottysor

Un an après la mort de Lenoir, Bonhomet est dans le sud de la France. Il reçoit une lettre. Un ami anglais lui annonce le gain d’un procès. Il apprend que Clifton a été décapité par un pirate lors d’une expédition en Océanie. Claire Lenoir se trouve dans le même hôtel que Bonhomet. Elle l’a cherché. Elle a vieilli prématurément.

Chapitre XVIII l’anniversaire

Claire avoue avoir trompé son mari avec Clifton et Bonhomet en est écoeuré. Claire sait qu’elle va mourir et elle veut faire un dernier aveu à Bonhomet. Césaire n’a jamais su que Claire l’avait trompé mais elle pense qu’il l’a appris après sa mort et comme il avait juré de se venger en cas d’adultère elle pense qu’il va venir la prendre aujourd’hui car voilà un an qu’il est mort. Elle croit l’avoir vu se relever de son lit de mort et l’avoir vu la maudire. Claire avait crié car elle avait entendu son mari mort rire.

Chapitre XIX Teterrima facies daemonum 

Claire dit que son mari lui est apparu en rêve trois mois et demie après sa mort. Il ressemble à un Océanien comme celui qui avait tué Clifton. Claire brise les verres de ses lunettes car elle pense qu’elle n’a plus besoin d’y voir sachant sa mort proche. Elle voit son mari devenu noir venir la tuer avec un couteau et meurt. Bonhomet n’a rien vu et pense que Claire et morte folle. Une idée vient à Bonhomet. Il repense à l’article scientifique lu dans le journal et observe à la loupe les prunelles de Claire. Cela ne suffit pas alors il utilise un ophtalmoscope. Pour voir à l’endroit l’intérieur de l’oeil qui a fait chambre noir, Bonhomet veut renverser le corps de Claire. Il hésite un peu tout de même car il l’a connue riche mais si elle avait été une pauvresse le morgue de Bonhomet ne l’aurait pas arrêté. Finalement il place le corps de Claire en travers sur le lit. Ce qu’il y a dans les prunelles de Claire lui apparaît donc à l’endroit. Il est épouvanté parce qu’il voit.

Chapitre XX le roi des épouvantements

Bonhomet a vu un homme noir avec une tête sanglante dans les mains dans les prunelles de Claire. C’est l’homme qui a tué Clifton mais c’est aussi Césaire transformé.

Le secret de l’échafaud (ce conte est dédié à Edmond de Goncourt qui n’estimait pourtant pas Villiers).

Villiers évoque le docteur Edmond-Désiré Couty de la Pommerais, condamné à mort pour avoir tué sa maîtresse et sa belle-mère. On ne lit dans son regard ni peur ni espoir. Le directeur de la prison, M. Beauquesne paraît sur le seul de la cellule du condamné avec un visiteur. Il s’agit de l’illustre chirurgien Armand Velpeau. Velpeau pense qu’entre médecins ils doivent s’épargner d’inutiles condoléances car Velpeau est lui-même condamné par une maladie de la prostate. Velpeau dit à la Pommerais que son recours n’a pas encore été rejeté. Il lui propose un marché. Velpeau veut savoir si quelque lueur de mémoire persiste dans le cerveau après la décapitation. LA question passionne les deux médecins. Velpeau décrit froidement l’action de la guillotine sur la nuque du condamné. Velpeau pense que l’ablation  instantanée de la tête provoque l’évanouissement anesthésique absolu. La Pommerais l’espère plus que Velpeau évidemment. Mais il pense que la mémoire subsiste. C’est pourquoi Velpeau vient lui demander de participer à une expérience pour éclaircir la physiologie moderne. La Pommerais effacera ainsi sa faute en entrant dans l’histoire de la médecine. Velpeau veut recueillir la tête de La Pommerais aussitôt après la décapitation. S’il vit encore, La Pommerais devra cligner de l’oeil droit trois fois. Cela illuminera la science et révolutionnera les convictions. Ainsi La Pommerais sera devenu un héros et plus un criminel. La Pommerais demande réflexion avant de répondre à la proposition cr l’expérience lui semble effroyable et révoltante. Quatre jours après vient l’exécution. La Pommerais pleure à la lecture d’une lettre d’adieu de sa femme. Il refuse le verre d’eau de vie. Il a accepté la proposition de Velpeau. La tête du condamné arrive dans les bras de Velpeau et l’oeil droit cligne.

Catalina

Le narrateur décide de quitter son confort pour un voyage. Ce voyage sera utile à sa santé car il s’étiole sur ses livres. Pour éviter de réfléchir il choisit un endroit dépourvu de métaphysiciens, l’Espagne. Il se munit d’un guide du voyageur pour se préserver de toute émotion inattendue. Il part en bateau pour Santander depuis Arcachon. Sur le bateau il reconnaît un ancien ami, le lieutenant Gérard de Villebreuse. Celui-ci lui raconte sa vie. Il a fait plusieurs tours du monde. A ce moment, Catalina arrive. C’est une jeune fille de couleur qui connaît Villebreuse. Celui-ci propose à son ami de loger et dîner dans l’auberge où il s’est installé. Le narrateur veut savoir si Catalina est l’amie de Villebreuse mais celui-ci dit que non et encourage son ami à lui faire la cour. D’un coup, Villebreuse devient grave car il a oublié que c’est jour de deuil pour lui car il a perdu sa mère voilà trois ans. Il regagne sa chambre qu’il va devoir partager plus tard avec son ami car l’auberge est complète. Le narrateur dine avec Catalina. Tous deux décident d’aller se coucher. Ils dorment ensemble dans le même lit tout habillés. Le narrateur se réveille en pleine nuit, il est inquiet à cause des coups de minuit qui viennent du clocher. Catalina a peur elle aussi car elle claque des dents. Alors le narrateur allume un flambeau pour savoir ce qui le perturbe dans le noir. Il découvre un formidable python de dix mètres. La bête est menaçante. Le narrateur et Catalina ont le temps de fuir de la chambre. Catalina s’enfuit de l’auberge vers la ville et le narrateur part pour la rade. Trois jours après, le narrateur est rentré chez lui pour retourner à son confort et à ses livres de métaphysique allemande. Il ne veut plus voyager désormais.

Le tueur de cygnes

Bonhomet a découvert que le cygne chante bien avant de mourir. Il a entendu ce chant et cela l’a aidé à supporter les déceptions de la vie. Il a surveillé un groupe de cygnes en l’attente de leur chant. Le groupe est dirigé par un cygne noir. Bonhomet se lève même à minuit dans l’espoir d’entendre le chant des cygnes. Il met deux heures et demie pour approcher les cygnes de peur d’alerter le cygne noir. Il gratte la surface de l’eau devant le veilleur pour pénétrer le coeur du cygne noir de l’idée du danger. Et les cygnes angoissés,Bonhomet s’extasie. Bonhomet est démasqué par la lueur d’une étoile et les cygnes sont alertés mais trop tard car l’immonde Bonhomet les étrangle pour les entendre chanter.

Le jeu des grâces

Trois fillettes blondes jouent au Jeu des Grâces. Elles se renvoient de courts cerceaux de velours rouge festonnés de liserons d’or. Elles sont retirées avec leur mère depuis que leur père est mort voilà dix mois et demie. Mme Rousselin trouve que son mari ne lui a jamais semblé aussi sérieux depuis qu’il est mort. Elle porte des couronnes sur la tombe du défunt mais pour faire des économies elle a acheté une douzaine de couronnes inoxydables obtenues par le procédé galvanoplastique. La veuve interrompt le jeu des fillettes pour leur signaler qu’elles doivent se recueillir mais les filles utilisent les couronnes mortuaires pour jouer comme avec des cerceaux !

Les phantasmes de M. Redoux

Un soir d’avril, Antoine Redoux se trouve à Londres.

Ce cinquantenaire est sujet à phantasmes. Alors il s’astreind au régime le plus sobre pour éviter les émotions. Il boit peu pour ne pas réaliser ses phantasmes. Pourtant en dinant chez le négociant avec qui il a conclu une affaire, Redoux a beaucoup bu. Il se réfugie au Musée Tussaud pour éviter l’ondée. Parcourant la chambre des horreurs, Redoux trésaille à la vue de la guillotine qui a servi à exécuter Louis XVI. Il croit parler à un passant et réalise qu’il parle à une statue de cire. Le musée ferme mais Redoux veut se jouer à lui-même les sensations terribles de Louis XVI. Alors il s’immobilise au passage du gardien pour se faire passer pour une statue et réaliser tranquillement son phantasme. Il avance vers la guillotine et pleure en pensant au supplice de Louis XVI. Alors il se couche sur la planche de la guillotine pour éprouver les meêms sensations que le roi. Le malheureux se voit la tête emprisonnée dans la machine. Cet incident le dégrise curieusement. Mais il réalise le danger et prend peur. Il s’évanouit. A son réveil, il est assis demi-nu sur un fauteuil du musée entouré d’ouvriers qui le frottent de linges chauds. Il s’est alarmé sans motif car le couteau de la guillotine avait été enlevé. Mais Redoux a vieilli de dix ans en une nuit à cause de l’angoisse. Il est devenu député et quatre ans plus tard un membre de l’extrême-droite se moque de son aventure à l’Assemblée.

L’héroïsme du docteur Hallidonhill

Le docteur Hallidonhill reçoit les malades de la poitrine à la chaîne et leur dictent une médication en quelques secondes. Le 20 mai le docteur reçoit la visite d’un malade décharné. Il refuse de le soigner dans un premier temps puis se ravise quand il apprend que le malade est riche. Il lui préconise une cure à Nice avec pour seule nourriture du cresson. Six mois après, le 3 novembre le malade revient, il est devenu un colosse. Le docteur le tue avec un revolver. Il veut voir les poumons du colosse pour réaliser le pouvoir du cresson. Le docteur est relaxé, sa liberté étant plus utile que sa détention. Villiers conclut son conte en affirmant que « l’amour exclusif de l’humanité future, au parfait mépris de l’individu présent, est, de nos jours, l’unique mobile qui doive innocenter, quand même, les magnanimes outranciers de la Science ».

Les amants de Tolède

Villiers décrit le siège de l’Inquisition à Tolède et évoque Torquemada. Torquemada a réuni deux adolescents amoureux pour les marier. L’inquisiteur prétend connaître l’amour lui aussi. Il veut faire entrer les jeunes époux dans la Chambre du bonheur pour qu’ils y passent leurs premières heures conjugales. Ils sont enveloppés de rubans de cuir qui les enlacent puis sont étendus sur la couche nuptiale. Leur douce étreinte ne dure que 48 heures. Après quoi les deux époux, apparemment dégoutés par le sexe, vivront presque séparés et mourront sans postérité.

Ce Mahoin !

Mahoin signifie mutilation, c’est le nom du personnage de ce conte. C’est un scélérat qui terrorise riches et pauvres. De très jeunes filles le désirent entre autres envies morbides. C’est un violeur et un tueur en série. De plus il est profanateur d’église et étrangleur de bedeaux. Il est arrêté au moment où il allait violer une fillette de trois ans et demie. Il faut six gendarmes pour le maîtriser et le jeter au cachot. Il se passe une bizarrerie le jour de son exécution. Il doit être guillotiné sur la place d’Ixelles. La foule est nombreuse pour assister à l’exécution du malfrat. Mahoin en voyant la foule éclate d’un rire inquiétant. Le malfrat voit, éberlué, une foule de têtes qu’ils croient coupées, ce sont les têtes des curieux qui ont passé la nuit dans les mansardes et qui toutes d’un commun accord ont fait sauter les ardoises pour voir le supplicié. Mahoin ébahi par cette assemblée incorporelle de faces sinistres est décapité bouche béante.

L’agrément inattendu.

Le narrateur marche sous la canicule dans une contrée déserte. Alors qu’il s’imagine mourir de soif avant la fin de son trajet il découvre une auberge. Il commande de l’eau fraîche et du vin à l’hôtelier. L’hôtelier invite le narrateur à découvrir une curiosité locale. Il l’emmène dans la cave de l’hôtel. Le narrateur admire alors des voutes souterraines aux stalactites scintillantes et un lac immense. Il prend un bain délicieux dans le lac. L’agrément imprévu de ce bain l’a pénétré de nouvelles forces et il reprend la marche.

Conte de fin d’été

Deux hommes dans la cinquantaine devisent sous les arbres solitaires. Ils évoquent la Pompadour, la marquise du Deffand, Sévigné et d’autres dames de temps plus anciens. Les deux céladons sont seuls, l’un est veuf l’autre est célibataire. Effrayés par le monde, ils vivent reclus de leurs rentes. C’est le spiritisme qui les a tirés de l’ennui. Tous les soirs, ils fréquentent les femmes du passé. Il ont ainsi annuler leur voisinage et leur saison s’écoule ainsi.

Les délices d’une bonne oeuvre.

Le narrateur évoque l’aumône et ce que ressent celui qui donne aux pauvres. A Ville-d’Avray, en hiver, un mendiant se tient près d’une maison de plaisance dont il semble l’inconscient factionnaire. Une jeune femme passe, elle est le sosie d’une cantatrice. Elle tend une pièce de deux francs au mendiant qui la remercie et la bénit pour sa générosité. Il va pouvoir nourrir sa femme et ses enfants. La femme verse une larme en se disant qu’avec peu de chose on fait du bien. Alors elle lui donne encore dix francs. Elle lui promet d’envoyer quelque chose chez lui de temps en temps. Ce mendiant n’en peut plus de gratitude et embrasse la jeune femme. Choquée, elle se promet de couper court aux premiers remerciements de ses chers besogneux.

L’inquiéteur

Au printemps de 1887, une épidémie de sensibilité s’abat sur Paris. De violentes scènes de désespoir marquent les veufs prêts à se laisser choir dans la tombe de leurs époux défunts. Pour obvier ces inconvénients étranges, on s’adresse à l’Académie libre des Innovateurs à outrance. Dès lors, les défunts sont enterrés mécaniquement par des funiculaires rapides. Mais divers accidents en a rendu l’usage inopportun. Juste Romain, le président de l’Académie est devenu subitement veuf. Il refuse les secours affectueux et on a peur qu’il craque pendant l’enterrement. Alors un adolescent arrive en pleurant et insère un bouquet sur le cercueil de la défunte. Juste est surpris par ce jeune inconnu et par la douleur de celui-ci. Il veut savoir s’il est parent de sa femme. L’adolescent se prétend plus qu’un frère pour celle-ci. Puis voyant le veuf agacé, le jeune homme fuit. Juste, grâce à l’agacement provoqué par l’inconnu, reste ferme pendant l’enterrement. De retour chez lui, Juste trouve une lettre où il est écrit « communication urgente ». Il apprend que l’adolescent était un employé des popes funèbres qui tenait le rôle « d’inquiéteur » chargé de faire diversion auprès du veuf pour éviter les excès d’émotion. Dès lors, Juste Romain se sentant inutile démissionne de son poste.

La torture par l’espérance

Pedro Arbuez d’Espile, 3è grand inquisiteur d’Espagne descend vers un cachot perdu. S’y trouve le rabbi Aser Abarbanel, juif aragonais prévenu d’usure et soumis à la torture depuis plus d’un mois qui s’est refusé à l’abjuration. L’inquisiteur lui annonce son exécution par le feu et espère que le dieu chrétien l’accueillera en son royaume. Le rabbi s’aperçoit que la porte du cachot n’a pas été bien fermée. Il sort et longe un corridor en rampant. Il voit passer des geoliers et des inquisiteurs et frémit de peur de se faire arrêter. Au bout du corridor, le rabbin trouve une porte et l’ouvre. Il est dehors mais se retrouve dans les bras du Grand Inquisiteur. Il comprend que sa possible évasion n’était qu’un supplice prévu, celui de l’Espérance.

L’étonnant couple Moutonnet

En mars 1793, Fouquier-Tinville vient de signer la liste d’une fournée de ci-devants à supprimer. Thermidor Moutonnet, son ami, entre. Il veut que sa femme soit guillotinée. Mais Tinville croit à une plaisanterie et refuse alors Moutonnet le supplie mais en vain. Moutonnet attend son ami chez lui pour le lendemain. En 1823, les Moutonnet vivent encore ensemble expatriés en Belgique. Le lendemain la fameuse démarche de Thermidor, le couple s’est révélé comme le plus parfait. Ce qui transporte Thermidor c’est de savoir que sa femme aurait pu être guillotinée et qu’elle l’ignore. Cela le rend amoureux jusqu’au délire car il imagine sa femme sans tête. Seulement sa femme aussi est au courant et se délecte d’avoir ce secret pour elle.

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07 juillet 2009

le pull-over rouge (suite)

Chapitre VIII : les aveux de Christian Ranucci

Ranucci a avoué quatre heures avant la fin de la garde à vue. Il a révélé être allé à Marseille pour voir Benvenuti, un camarade de l’armée. Ranucci a avoué que la portière gauche était bloquée et qu’il est sorti côté passager. Les aveux sont précis et détaillés et  ne peuvent mettre en doute la culpabilité de Ranucci à ce moment des faits. Mais il n’y a pas de malice. Ranucci ne sait pas pourquoi il a enlevé la fillette sinon pour l’emmener se promener. Bouladou nie le fait que ces aveux aient pu être suggérés par les policiers à cause des nombreux détails donnés par Ranucci. Le croquis du quartier Sainte-Agnès a été utilisé par Gilles Perrault. Ce croquis dessiné par Ranucci n’aurait pas aidé Perrault à se faire comprendre par les riverains mais Bouladou a fait la même expérience et elle a été concluante, le croquis était assez précis pour se repérer. Les partisans de l’innocence de Ranucci affirmait qu’il a subi 18 heures d’interrogatoire mais Bouladou ramène cet interrogatoire à 3h30. Les défenseurs de Ranucci affirment que c’est l’inspecteur Porte qui a suggéré à Ranucci le croquis du quartier Sainte-Agnès. Mais Ranucci dans son « récapitulatif » n’a jamais fait allusion au croquis. De plus, en décembre 74, Ranucci a reconnu avoir dessiné le croquis par lui-même devant la juge d’instruction soit six mois après les aveux.

La découverte du couteau a été mentionnée dans un PV daté du 5 juin 1974 titré « découverte du cadavre Rambla M. Dolorès » et Gilles Perrault a cru que ce PV avait été antidaté car le couteau a été découvert le 6 juin. Mais le couteau est bien décrit dans le PV du 5 juin ce qui est troublant. Perrault en déduit que les gendarmes auraient fait semblant de le découvrir le 6 juin. Perrault a affirmé que le couteau avait été cherché loin de la champignonnière et a livré plusieurs versions au cours des années : à 417 mètres, 1km200, 2km500, ce qui permet à Bouladou de le discréditer. Pourtant, le 27 décembre 1974, devant la juge d’instruction, si Ranucci ne reconnaissait plus le meurtre, il affirmait encore avoir indiqué l’endroit précis où se trouvait le couteau. On ne sait qu’en conclure et Bouladou ne nous aide pas. Et Perrault ne nous aide pas non plus puisque sa théorie donnerait à penser que le couteau n’appartenait pas à Ranucci. Perrault et Me Le Forsonney ont affirmé qu’il n’y avait eu aucune analyse de sang sur le couteau mais Bouladou cite un rapport médical qui prouve le contraire. En plus du couteau, la police a retrouvé le pantalon que Ranucci portait lors de l’accident car il ne l’avait pas caché et il était couvert de sang. Ranucci a prétendu que c’était de la boue avant d’avouer que c’était le sang de la fillette. Dans son « Récapitulatif » Ranucci se pose la question de pourquoi garder un pantalon taché de sang accusateur dans son coffre et jeter le reste de ses vêtements s’il était coupable. Et en effet, personne ne peut le comprendre. D’autant plus qu’il a avoué que ce pantalon lui appartenait.

Chapitre IX : les aveux de Christian Ranucci devant les psychiatres.

Bouladou précise que Gilles Perrault est furieux contre les psy car il  les a comparés à des policiers. Pour Bouladou, les psy n’ont pas forcé Ranucci à avouer. Il a avoué avoir cogné la tête de Marie-Dolorès par terre puis l’avoir poignardée. Il s’est souvenu de tout ce qui s’est passé devant les psy mais a eu du mal à accepter son crime. Il a avoué avoir un caractère impulsif. Plus tard et devant d’autres psy, Ranucci a déclaré ne plus se souvenir du meurtre. Il a même déclaré ne pas se souvenir de ses aveux. Pour les psy, il aurait simulé l’amnésie comme le prouvent les tests qu’il a subis. Ranucci a donné deux précisions aux psy qu’il n’avait pas révélées aux policiers : il avait le couteau depuis un an et a donné un bonbon à la petite fille. Un des mystères de l’affaire Ranucci est qu’il a passé le week-end hors de chez lui mais on ne sait pas ce qu’il a fait avant le meurtre.

Chapitre X : la reconstitution

Elle eut lieu le 24 juin 1974. Ranucci a bien avoué avoir enlevé la fillette. La reconstitution a permis de conclure que Ranucci a menti quand il a déclaré avoir voulu ramener la fillette chez elle car il se dirigeait vers Aix et non Marseille. Mais Ranucci n’a pas voulu reconstituer le meurtre en prétendant ne pas s’en souvenir. La thèse de Gilles Perrault est démontée par Bouladou qui révèle que Ranucci a donné avec précision les éléments permettant de reconstituer le parcours qu’il a fait depuis Sainte-Agnès jusqu’au lieu du meurtre. D’après Bouladou c’est Maître Chiappe qui aurait fait « non » de la tête à Ranucci pour que celui-ci refuse de reconstituer le meurtre. Ranucci a indiqué l’endroit précis où il avait caché le couteau au moment de la reconstitution.

Chapitre XI : les témoignages de Mamde Mattéi

Mme Mattéi a rencontré la mère de Ranucci aux Baumettes et a affirmé avoir vu un homme en Simca 1100 grise essayer d’enlever des enfants en mai 1974 dont sa fille. Il y avait deux autres témoins mais Mme Mathon ne les a pas retrouvés. Mme Mattéi prétendait avoir été à la police pour une déposition mais il n’y en a aucune trace et les policiers ne se souviennent pas de l’avoir entendue. Après l’exécution de Ranucci, une voisine de Mme Mattéi, Mme R. Suzanne fit une déposition à la police pour parler d’un homme qui cherchait à enlever de enfants mais surtout pour affirmer que Mme Mattéi lui avait dit que la mère de Ranucci était prête à donner 2000 francs pour que Mme R. Suzanne fasse un faux témoignage. Il aurait fallu que cette dernière déclare avoir vu l’homme mais que ce n’était pas Ranucci. Mme R. Suzanne a refusé. Mme Mme Mattéi, selon Gilles Perrault, situe « l’aventure » arrivée à sa fille le 31 mai 1974, soit avant l’enlèvement de Marie-Dolorès or Mme Barraco (signalée par Mme Mattéi comme la mère d’une petite fille également importunée) que sa fille l’a avisée d’un incident après l’enlèvement de Marie-Dolorès. Bouladou pense que les filles de Mme Mattéi et Mme Barraco ont inventé cette histoire. Les hommes vus par Mme Mattéi, M. Martet et M. Spinelli sont tous de physique différent mais Gilles Perrault va les rassembler en un seul homme.

Chapitre XII L’affaire C. (Albertini)

Le 1er juin 1974, dans une cité de Marseille, un satyre portant un pull-over rouge, s’était livré à des attouchements sexuels sur deux fillettes. Gilles Perrault leur avait donné un faux nom, Albertini, pour préserver leur anonymat. Bouladou les appelle C. de l’initiale de leur nom. La mère de Ranucci a connu l’affaire C. par une lettre envoyée par une amie de Nice ou selon une autre théorie par Mme Mattéi aux Baumettes. Le 1er juin 1974, dans la cité des cerisiers, un jeune homme s’était livré sur deux soeurs âgées de 8 et 9 ans à des gestes impudiques. M. Martel avait vu le satyre qui devait avoir de 32 à 35 ans et mesurer 1m72 à 1m74. Il avait un polo rouge vif. Un adolescent, Jean-Claude J, avit vu le satyre le 25 mai avec deux fillettes. Il avait vu l’homme repartir en Dyane bleu ciel. Mais le signalement de l’homme est différent, il est âgé de 25 ans et mesure 1m70 et de corpulence robuste. Il avait un pull-over vert.

Chapitre XIII : L’affaire Spineck et l’affaire Pappalardo

Melle Di Marino voulut vérifier si Ranucci n’avait pas attiré l’attention d’habitants de Nice par son comportement envers les enfants. Un appel à témoins fut lancé dans la presse. Le 18 juin 1974, l’inspecteur Moschetti reçut une lettre anonyme signalant que l’auteure de la lettre avait une fille et qu’elle avait été importunée par Ranucci. Moschetti retrouva la femme grâce aux détails de la lettre. Elle s’appelait Spineck et sa fille Sandra. Meme Spineck fut convoquée au commissariat et confirma ce qu’elle avait écrit. Elle indiqua que Ranucci portait à l’époque des faits (fin 1973) un imperméable vert ou gris et des lunettes. Pourtant Mme Spineck ne fut pas en mesure de reconnaître Ranucci au milieu des inspecteurs. Mais les détails qu’elle fournit correspondaient à Ranucci et surtout l’imperméable que Ranucci avait eu à l’armée et il avait nié ce fait. Le 15 avril 1974, M. Pappalardo demeurant à Nice signala que son fils Patrice âgé de 5 ans avait disparu. Il appela la police mais il retrouva son enfant peu après. Il dut rapporter les faits à la police. Patrice avait  été enlevé par un homme ressemblant à Ranucci. L’homme aurait entraîné l’enfant en lui achetant des bonbons. L’homme avait donné rendez-vous à Patrice pour le lendemain et M. Pappalardo l’aurait donc attendu et en le voyant le jeune homme se serait enfui. A la confrontation, Ranucci fut reconnu formellement par M. Pappalardo et son fils aîné Eric qui avait également vu l’homme avec Patrice. Selon Bouladou, Gilles Perrault occulte des faits importants pour empêcher d’avoir une opinion objective sur l’affaire. Pour Bouladou, Ranucci était un homme attiré, pour une raison mal définie, par les enfants.

Chapitre XIV : une voiture pas si baladeuse que cela.

La 304 est rendue à Mme Mathon le 6 juin 1974. Puis la police a récupéré la voiture le 10 juin. Mais la voiture avait été enlevée par les policiers de Marseille sans que les policiers de Nice soient avertis et ceux-ci avaient été chez Mme Mathon pour découvrir que la 304 avait disparu. Mais Bouladou démonte cette histoire. La voiture aurait été empruntée par le journaliste Christian Chardon avec l’accord de Mme Mathon. Bouladou veut démonter ainsi les théories de Gilles Perrault qui estime que la voiture a été enlevée plusieurs fois par la police pour nuir à Ranucci.

Chapitre XV : le chien

Les recherches de la fillette commencent avec un chien à partir de la champignonnière et il dépasse de trente mètres l’endroit où se trouve le corps. Gilles Perrault a affirmé que le chien avait suivi la piste à partir de l’odeur du pull-over rouge mais Bouladou dément.

Chapitre XVI : le pull-over rouge

Un pédophile portant un pull-over rouge s’était livré à des gestes indécents le 1 juin 1974 dans la résidence des Cerisiers et cela laissait penser que Ranucci pouvait en être l’auteur et que le pull-over rouge trouvé dans la champignonnière lui appartenait. Mais les témoins des Cerisiers ne reconnurent pas Ranucci. Il n’était pas l’homme au pull-over rouge. Les policiers ont reconnu que le pull n’était pas du tout de la taille de Ranucci. Un gendarme a reconnu que le pull trouvé dans la champignonnière était sale et déposé là depuis longtemps, il n’avait pas pu être porté par Ranucci. Mais le juge d’instruction a signalé qu’on lui avait remis un pull-over rouge propre. De plus le pull comportait des gros boutons ce que les témoins des Cerisiers n’ont pas remarqué. Mais l’homme vu aux Cerisiers mesurait 1m68, selon la théorie de Bouladou, il n’aurait pas été assez grand pour porter le pull-over rouge. Mais Martel avait dit que l’homme était corpulant seulement il n’avait pas remarqué les boutons dorés sur le pull dont ce n’était pas celui de la champignonnière. Bouladou imagine que le pull avait été oublié là par un spéléologue ou de façon moins plausible Ranucci aurait rencontré l’homme au pull-over rouge à Marseille parce qu’il le connaissait. Ils avaient tous eux une attirance pour les enfants. Et l’homme aurait oublié son pull dans la 304 de Ranucci. Ranucci aurait gardé le pull pour le rendre à l’homme une prochaine fois. Il se serait débarrassé du pull dans la champignonnière pour que les gendarmes ne le soupçonnent pas d’être l’homme des  Cerisiers. Persuadé qu’il n’a pas été suivi, il pense qu’on ne trouvera pas le pull.

Chapitre XVII : les ombres du journalisme

Les journalistes sont sous la pression de leur rédaction et doivent absolument sortir un article avec un scoop même quand ils n’ont rien de nouveau. Bouladou explique ainsi leurs erreurs. Parmi les erreurs se trouve la grâce présidentielle annoncée par l’AFP en faveur de Ranucci.

Chapitre XVIII : les mensonges de Ranucci

Ranucci a affirmé dans son « Récapitulatif » avoir été emmené par les policiers de Marseille dans une Mercédès alors que c’était dans une Renault 12.Ranucci prétend également que des policiers armés sont venus le voir en prison pour essayer de vérifier s’il continuait de ne pas se souvenir de ce qui s’était passé or Bouladou explique que nul n’a droit d’entrer armé en prison. De plus, les policiers ne devaient plus avoir de contact avec Ranucci après son inculpation en l’absence de commission rogatoire et hors de la présence du juge et de l’avocat de Ranucci. Ranucci a menti en disant que sa voiture a glissé dans la champignonnière alors qu’il s’est enfoncé volontairement. Il a menti à sa mère en cachant l’accident. Il a menti aux policiers en affirmant que les tâches de sang de son pantalon étaient des tâches de boue. Il a menti en déclarant qu’il n’était jamais allé à Marseille. Il a menti à la juge en disant ne se souvenir de rien alors qu’il a avoué. Il prétend avoir été torturé alors que les journalistes présents lors de la garde à vue ont démontré le contraire.

Chapitre XIX : un témoin un peu tardif

Le 2 juin 74, la veille du meurtre de la fillette, Ranucci aurait renversé un chien à Marseille alors qu’il prétendait ne pas y être. Mais l’audition du propriétaire du chien était arrivé trop tard pour être enregistré dans l’instruction. Gilles Perrault a trouvé un témoin de cet incident, Daniel Moussy. Moussy aurait été entendu par les policiers et aurait reconnu Ranucci d’après une photo. Mais aucune trace de témoignage n’a été enregistrée concernant Moussy. Bouladou a voulu interroger Moussy mais celui-ci a refusé.

Chapitre XX : une portière pas trop coincée

Lors de ses aveux, Ranucci avait déclaré que la portière gauche de sa 304 était coincée après l’accident et qu’il avait été obligé de sortir par la portière droite. Mais les Aubert l’avaient vu sortir par la portière gauche. Pour la défense de Ranucci, ce détail signifiait que les Aubert avaient vu une autre voiture mais ils avaient bien noté le numéro d’immatriculation de la 304 de Ranucci. Bouladou cite des témoignages prouvant que la portière gauche n’a pas été bloquée et que ce détail a été inventé par Gilles Perrault pour défendre Ranucci.

Chapitre XXI : le président de la République Valéry Giscard d’Estaing et l’affaire Ranuci.

Dans son livre « Le pouvoir et la vie » sorti en 1988, Giscard a parlé de l’affaire Ranucci. Il a eu accès au dossier de l’affaire préparé par la magistrature et a reçu l’avocat du condamné. Giscard a été surpris que l’avocat plaide l’innocence de Ranucci alors que pour lui il ne fallait pas revenir sur le procès.

Bouladou révèle que Ranucci voulait partir pour le Vénézuela s’il avait été acquitté et qu’il aurait demndé de l’argent à Giscard. Giscard s’est senti glacé de crainte quand l’avocat lui a fait cette demande et il s’est interdit d’en tenir compte dans sa décision sur la grâce. Giscard a reçu une lettre de la mère de Marie-Dolorès. Elle demandait à Giscard de ne pas gracier Ranucci sinon elle ne croirait plus à la justice. Cela semble l’avoir convaincu de ne pas gracier Ranucci.

Chapitre XXII le livre de Mathieu Fratacci

Le livre de ce policier est sorti en 1994. Frattacci a été enquêteur sur l’affaire Ranucci. Le livre était intitulé « Qui a tué Christian Ranucci ? » Bouladou révèle que ce livre a été écrit par Jean-Marc Tixier en réalité et qu’il est plein d’erreurs. Le père de Marie-Dolorès a tenté de faire interdire la publication du livre mais sans succès. Le livre montrait une photo de la fillette et de son frère et cela avait choqué M. Rambla. Pour Bouladou, ce livre sert la cause des défenseurs de Ranucci en raison des erreurs commises par Tixier.

Chapitre XXIII : le film de Michel Drach, le pull-over rouge.

Le maire d’Aix-En-Provence, Alain Joissains, avait fait interdire le film dans sa ville par écoeurement considérant le film comme une « entreprise de pourrissement ». Bouladou estime que les personnages du film sont caricaturaux et que ce film est conforme à la thèse de Perrault et manichéen. Bouladou estime que Drach, avec son film, va au-delà du livre de Gilles Perrault en caricaturant tous les éléments favorables à la thèse de l’innocence de Ranucci.

Chapitre XXIV

Dans l’inconscient collectif, Ranucci est considéré comme le dernier guillotiné alors qu’il y a eu deux autres exécutions après la sienne. Celle de Jérôme Carrein et celle de Hamida Djandoubi. C’est dire si le livre de Gilles Perrault a occulté les dernières condamnations à mort. Il y a eu douze condamnés à mort  après la condamnation de Ranucci dont deux exécutés. Ranucci aurait dit à Paul Lombard juste avant d’être guillotiné, « réhabilitez-moi ». C’est Lombard lui-même qui le dit mais Bouladou conteste sur base de témoignages contraires de personnes présentes le jour de l’exécution. Ranucci serait resté muet. Le bourreau, André Obrecht, certifie que Ranucci n’a rien dit.

Chapitre XXV Mon entrevue avec M. Martinez

Martinez a fait le récit de l’accident à Bouladou. Il estime avoir vu une masse à l’arrière de la voiture de Ranucci, il en a conclu que c’était Marie-Dolorès après avoir entendu le témoignage des Aubert. M. Martinez relate ensuite son témoignage à la police. Il affirme avoir reconnu Ranucci tout de suite même si l’accusé n’avait pas ses lunettes. Devant la juge d’instruction, Ranucci a nié avoir eu l’accident avec les Martinez. Au bout d’une demi-heure Ranucci a avoué l’accident. Martinez a été choqué par le livre de Perrault et a voulu le faire interdire. Il en a lu vingt pas et l’a jeté à la poubelle. Il a été surpris par l’attitude de Ranucci lors du procès et qu’il ne dise presque rien lors de sa condamnation. Il se souvient avoir vu Maître Lombard pleurer dans les bras de sa fille après le verdict. M. Martinez est persuadé que Ranucci était coupable. Mais il est de gauche et contre la peine de mort. Il a eu l’occasion de parler de l’affaire à Badinter et de le féliciter pour l’abolition de la peine de mort. Martinez affirme que Perrault a pu éviter la censure de son livre parce qu’il était au PC et bénéficiait de protection politique. Il pense que Perrault a voulu gagner de l’argent sur cette affaire. Bouladou rappelle que Perrault a voulu reverser une partie des droits d’auteur à la famille Rambla qui a refusé croyant que Perrault voulait acheter son silence. Martinez affirme que Ranucci n’a pas été torturé par la poice car il l’a vu sans blessure le lendemain de l’interrogatoire.

Chapitre XXVI mon entrevue avec M. Guazzone

Guazzone relate sa rencontre avec Ranucci dans la champignonnière. Il a été surpris de l’y trouver seul car c’était un lieu de passage pour les couples qui y passaient la journée pour s’ébattre. Guazzone pense que Ranucci s’est caché dans la champignonnière parce qu’il avait quelque chose à se reprocher. En parlant de l’accident à Guazzone, Ranucci aurait dit : « le con qui m’a fait ça, il va me le payer. » Guazzone a rencontré Perrault mais a refusé de lui parler et de lire son livre. Il est persuadé que Ranucci est coupable.

Chapitre XXVII : mon entrevue avec M. Grivel

Grivel confirme à Bouladou que Jean Rambla n’a jamais parlé de Simca 1100. Bouladou et Grivel parlent de l’émission « Faites entrer l’accusée qui occulte le fait que le pantalon de Ranucci était couvert de taches de sang à l’extérieur, il n’avait donc pas pu se blesser, c’était du sang d’ailleurs. Bouladou rappelle que Perrault a occulté la reconstitution. Ranucci a avoué être allé à vingt mètre de l’accident dans le maquis avec la petite fille justement à l’endroit où la police l’a retrouvée morte. Grivel était là quand Ranucci a avoué le meurtre pendant la reconstitution. Grivel pense que le cadavre de la fillette n’aurait jamais été retrouvé si Ranucci n’avait pas été vu par les Aubert. Grivel pense que Ranucci n’était pas un truand et que s’il n’avait pas eu d’accident il aurait laissé la petite sur le bord de la route. Grivel pense que Lombard n’a rien pu faire car si Ranucci avait plaidé coupable, il aurait pris perpétuité et serait sorti au bout de vingt ans alors que là il était absent, comme s’il était en touriste au cours du procès.

Chapitre XXVIII Mon entretien avec M. Chardon

Chardon est un journaliste de Minute. C’est lui qui a ramené Mme Mathon avec la voiture de Ranucci et lui avait demandé de la garder pour la nuit détruisant donc l’accusation de vol de la voiture par la police de Marseille. Chardon est choqué que Ranucci ait été condmané à mort et il pense qu’il avait des circonstances atténuantes et qu’il n’a pas tué avec préméditation. Il affirme qu’il était dans le commissariat lors de l’interrogatoire et qu’il n’a pas entendu Ranucci crier, donc il n’a pas été torturé. Chardon pense que Lombard ne voulait pas défendre Ranucci tant qu’il était considéré comme l’assassin d’une petite fille mais qu’il a fini par accepter quand Ranucci a commencé à nier comme si l’erreur judiciaire l’intéressait. Chardon voulait choisir l’avocat de Ranucci. Il avait pensé à Maître Pollak et Maître Arnoux mais Pollak était absent quand il a voulu lui en parler et il pense que cela aurait peut-être tout changé. C’est ensuite que Chardon est allé trouver Lombard. Finalement Pollak a été l’avocat des Rambla avant Collard.

Chapitre XXIX Mon entrevue avec M. Vuillet

Le docteur Vuillet confirme que les taches de sang sur le pantalon de Ranucci ont bien été analysées contrairement à ce que dit Perrault. Il révèle que Marie-Dolorès a été tuée de quinze coups de couteau. Ranucci a avoué le meurtre devant le docteur Vuillet. Il ne croyait pas que Ranucci serait condamné à mort pourtant il ne trouve aucune circonstance atténuante à l’accusé.

Chapitre XXX Mon entrevue avec M. Rosano

Bouladou avoue avoir consulté internet pour son enquête. Il y a rencontré des passionnés de l’affaire. Parmi ceux-ci M. Rosano qui vendait des pizzas en 1974 dans le quartier de Sainte Agnès. Mais le jour de l’enlèvement de Marie-Dolorès, il n’a rien vu à cause de son camion qui lui bouchait la vue. En fait il a quand même vu Ranucci en train de regarder les enfants. Bouladou a reait l’enquête avec les témoins qu’il a présentés à certains passionnés. Il a rencontré Rosano qui lui a confirmé avoir vu Ranucci près des enfants.

Chapitre XXXI : mon entrevue avec M. Spinelli

Spinelli confirma à Bouladou avoir vu la fillette entre dans une voiture. Il la connaissait. C’est le soir, en regardant les infos qu’ils a compris qu’il avait assisté à l’enlèvement. Spinelli ne connaissait pas Jean Rambla. Il dit qu’il a cru voir une Simca 1100 à cause du soleil qui l’éblouissait. Il dit que Gilles Perrault a voulu lui parler mais qu’il l’a mis dehors. Pourtant Perrault a prétendu qu’il avait parlé à Spinelli. Spinelli est pourtant sûr de ne pas s’être trompé sur la Simca 1100 mais que l’arrière de cette voiture ressemble à celle d’un coupé 304. Il dit que la mère de Ranucci lui a écrit pour qu’il insiste sur la Simca mais il n’a pas répondu. D’après Bouladou, Perrault aurait donc menti, il n’a pas parlé à Spinelli et à Guazzone. Pour Bouladou, l’enlèvement a bien eu lieu à 11h 15 et là encore Gilles perrault aurait menti. C’est Spinelli qui le confirme.

Chapitre XXXII mon entrevue avec M. Aubert

Bouladou a fréquenté un forum sur l’affaire et s’est fait insulter par les partisans de Perrault. C’est grâce à une de ses relations sur Internet (Bouladou semble s’y être fait des amis) que Bouladou a pu trouver le numéro de téléphone de M. Aubert. M.Aubert insiste, il a toujours dit avoir vu Ranucci avec un enfant après l’accident. Ranucci est bien descendu à gauche. Il a vu Ranucci partir sur le talus avec la fillette près de l’endroit où son cadavre a été retrouvé. Aubert a bien vu Ranucci avec des lunettes, des grosses lunettes. Ce détail semble important pour Bouladou. Il est allé chez les gendarmes qui l’ont envoyé promener, il est alors allé à la police et a fait sa déposition. M. Aubert a reçu des menaces de mort après cette affaire. Il a bien reconnu Ranucci du premier coup. Il ne comprend pas d’où vient l’histoire du « paquet » qu’il aurait vu à la place de la fillete, il ne se souvient pas en avoir parlé. Ce qui est curieux c’est que Ranucci pensait ne pas avoir été suivi et pourtant Aubert prétend lui avoir parlé et Ranucci lui aurait répondu. Aubert n’a jamais répondu aux journalistes excepté Colombani. Les autres journalistes ont inventé des propos de M. Aubert. Si la femme de M. Aubert s’est trompée sur la portière de Ranucci c’est, selon son mari, parce qu’elle a été pressée par les journalistes. Perrault avait prétendu que les Aubert avaient vu une Simca 1100 mais M. Aubert est persuadé d’avoir vu une 304. On a prétendu que Ranucci était endormi à l’arrière de sa 304 mais M. Aubert est sûr de l’avoir vu partir avec la fillette. Il en a parlé aux Martinez avant de le signaler à la police. M. Aubert regrette de n’avoir pas parlé à la presse pour confirmer tout ce qu’il a vu et il est énervé qu’on ait prétendu qu’il n’ait pas reconnu Ranucci du premier coup. Mme Mathon l’a contacté mais cela ne l’a pas ébranlé. M. Aubert pense que si Ranucci n’avait pas été condamné à mort il n’y aurait pas d’affaire Ranucci car il est persuadé que c’était le dernier condamné à mort. Aubert dit que Ranucci est tombé dans les bras de Mme Aubert en pleurant et en demandant pardon. M. Aubert est persuadé que si Ranucci avait plaidé coupable, il s’en serait sorti. M. Martinez a confirmé que M. Aubert lui avait parlé de Ranucci avec un enfant après l’accident. Bouladou pense que la fillette a crié quand elle a perdu un sabot et qu’elle a marché avec un pied nu sur le sol mais que les Aubert ne l’ont pas entendue. De plus ses jambes ont été griffées par les plantes, de là ses cris.

Chapitre XXXIII mon entrevue avec Monsieur Meyssonnier

Le boureau Meyssonnier connaît bien l’affaire Ranucci et le livre de Gilles Perrault. Il est gêné qu’on puisse croire à l’innocence de Ranucci. Il n’a pas guillotiné Ranucci mais il n’aurait pas voulu que ses confrères exécutent un innocent. Meyssonnier semble obsédé par son métier d’exécuteur puisqu’il en a fait un musée avec une vraie tête de guillotiné. Bouladou veut connaître un détail macabre. Il veut savoir si Perrault a raison quand il écrit que la tête de Ranucci a rebondi deux fois après l’exécution. Meyssonnier lui explique avec des détails techniques que la tête de Ranucci n’a pas pu rebondir car elle a été retenue par l’assistant du bourreau. Perrault aurait encore menti.

Annexe « Les contes de Perrault »

Bouladou répertorie toutes les erreurs de Gilles Perrault dans son livre « le pull-over rouge ». Il l’avait déjà fait tout au long de son livre. Il synthétise les erreurs pour renforcer sa propre thèse contre celle de Perrault. Bouladou relève ainsi 201 erreurs.

Epilogue

Bouladou parle d’un témoin qui a vu Ranucci fumer au bord de la route pendant que Marie-Dolorès était dans la 304 mais Bouladou ne donne pas plus de détails car il n’a pas rencontré ce témoin.

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30 juin 2009

le pull-over rouge

L’affaire du pull-over rouge, Ranucci coupable ! (Gérard Bouladou)

1ère partie : l’affaire Ranucci

Le meurtre (en 1974) dans la région de Marseille, d’une fillette de 8 ans, Marie-Dolorès, avait conduit à l’arrestation de son meurtrier présumé, Christian Ranucci, âgé de 20 ans au moments des faits. Les charges accumulées contre lui, ses aveux réitérés, puis ses dénégations et son attitude arrogante lors du procès tenu à Aix-en-Provence l’avaient conduit à la guillotine le 28 juillet 1976. Sous l’impulsion de la mère du condamné, Héloise Mathon, Gilles Perrault, publia un livre engagé, le pull-over rouge. Le livre fut adapté au cinéma en 1979 par Michel Drach. Gérard Bouladou, affecté au commissariat d’Aix-en-Provence en 1995, s’est lancé dans une nouvelle enquête sur l’affaire Ranucci.

Chapitre 1 : l’affaire Ranucci

le 3 juin 1974, à la cité Sainte-Agnès dans le quartier des Chartreux de Marseille, Marie-Dolorès Rambla, 8 ans est enlevée par un homme qui possède une voiture grise et a attiré la fillette et son frère Jean en leur demandant de rechercher son chien noir. L’homme emmène Marie-Dolorès et laisse Jean faire des « recherches » de son côté. Quand Monsieur Rambla, 50 ans, le père de la fillette arrive dans la cité, il comprend que Marie-Dolorès a été enlevée. Il se rend à l’Evêché (l’hôtel de police de Marseille) afin de signaler la disparition de sa fille. L’inspecteur Grandmougin recueille sa déclaration. Les éléments sont minces : un homme de grande taille, plutôt jeune, bien vêtu, une voiture grise. Rien sur la marque de la voiture et son immatriculation.

Le 3 juin, vers 12h15, soit une heure après l’enlèvement, un coupé Peugeot gris se présente au carrefour de la Pomme à 29 kms de Marseille, il ne respecte pas le stop. Vincent Martinez et sa fiancée ne peuvent éviter l’accident au volant de leur Renault 16. Mais le conducteur du coupé ne s’arrête pas et repart à vive allure vers Marseille. Monsieur Martinez est bloqué mais un autre couple, les Aubert arrive et après avoir parlé avec Martinez prend en chasse le coupé. Les Aubert retrouve le coupé 304 immobilisé sur la route au bout d’un km. Ils voient un jeune homme tirer par le bras un enfant et disparaît dans les broussailles. Il s’agit d’un enfant âgé de 7 à 10 ans vêtu d’un short blanc. M. Aubert interpelle l’individu qui répond : « D’accord, partez et je reviendrai ! ». M. Aubert relève alors le numéro d’immatriculation du coupé 304. M. Aubert revient voir M. Martinez , lui donne le numéro de la 304 et repart. Vincent Martinez_se rend plus tard à la gendramerie de Gréasque et dépose une plainte contre inconnu pour délit de fuite après un accident.

Mardi 4 juin. Le commissaire Allessandra, chef de la Brigade criminelle prend connaissance du dossier. Les policiers de la brigade criminelle se rendent dans la cité Sainte-Agnès pour l’enquête de voisinage. Une rumeur circule. Quelqu’un aurait vu in inconnu faire monter la fillette dans une Simca 1100 mais ce témoin ne se manifeste pas. La presse relate les faits et annonce que c’est le petit Jean qui a reconnu une Simca 1100 ce qui n’était pas le cas. Le 4 juin, l’inspecteur Porte identifie le témoin en la personne de Eugène Spinelli, carrossier. Celui-ci a vu un homme de 30 ans, grand et mince fisant monter une fillette dans une simca 1100 de couleur gris clair. A 11 heures, l’inspecteur Porte procède à l’audition de madame Rambla. Elle ne sait rien de plus que son mari. A 14h30, l’enquêteur Pierre Grivel procède à l’audition du petit Jean. L’enfant dit que l’inconnu qui a enlevé sa soeur était jeune, grand avec les cheveux noirs et courts. Rien sur la marque de la voiture. Le même jour, Allessandra convoque les journalistes et leur demande de lancer un appel à témoins. Le 5 juin, les témoignages arrivent mais n’apportent rien jusqu’à l’appel de M. Aubert. Il relate les faits qui se sont produits au carrefour de la Pomme. Le couple Aubert a lu la presse et a fait le rapprochement avec l’inconnu qu’ils ont vu. Mais la voiture recherchée est une Simca 1100 et non une 304. Pour le gendarme qui répond à Aubert, cela ne correspond pas.

Le 5 juin, Vincent Martinez a lu la presse et a fait le rapprochement avec l’accident dont il a été victime. Il a appelé la gendarmerie où il avait déposé plainte. M. Aubert est invité par les gendarmes à donner ses renseignements à l’Evêché et il appelle Alessandra. Celui-ci rend compte au substitut du procureur, Monsieur Marnet. Marnet prend contact avec la juge d’instruction, Melle di Marino. Le capitaine Gras met en place un dispositif de recherches pour retrouver Ranucci. Dans l’après-midi, un gendarme aperçoit du sang dans les broussailles où Ranucci avait été vu. Le gendarme découvre le cadavre de l’enfant à cet endroit, inerte depuis longtemps. La fillette a été frappée de nombreux coups de couteau. La mort remonte à 48 heures. La juge d’instruction, le procureur adjoint Berge Lefranc, Marnet et le médecin légiste se rendent sur les lieux. LE père de l’enfant est accompagné par les policiers pour reconnaître le corps de sa fille vers 17h30. Il pousse un cri déchirant et perd connaissance. Dans les minutes qui suivent la découverte du corps, les gendarmes identifient le propriétaire de la 304n Chritian Ranucci. Les gendarmes se rendent à son domicile, à Nice. C’est sa mère qui les reçoit. Surprise, elle leur indique que son fils est à son travail. A 18 h, Ranucci rentre et est aussitôt interpelé par les gendarmes. Il apprend qu’il est recherché pour délit de fuite. Il est conduit au commissariat de Nice. Alessandra se rend à Nice muni d’une commission rogatoire pour ramener Ranucci à l’Evêché. Le 5 juin, vers 16 h, Henri Guazzone, contremaître d’une champignonnière indique aux gendarmes que le 3 juin il avait vu Ranucci dégager sa 304 embourbée dans la champignonnière aidé par l’employé du contremaître. Ranucci avait prétendu s’être rendu là pour pique-niquer malgré les odeurs nauséabondes. Dans la champignonnière, les gendarmes découvrent un pull-over rouge. Vers 20 h 30, Ranucci est gardé à vue à Nice. Alessandra lui demande où se trouve sa 304 accidentée. Ranucci répond qu’il l’a laissée dans le garage de l’immeuble où il habite. Les gendarmes se rendent avec Ranucci à Nice pour saisir la voiture. Les gendarmes y découvrent deux cheveux.

Le 6 juin, Ranucci est conduit à l’Evêché. Il est entendu aussitôt. Il aurait quitté Nice, le 2 juin vers 14 h pour aller à Salernes. Il aurait passé la nuit du 2 au 3 juin dans sa voiture. Le 3 juin, vers 9 h, après s’être dirigé vers Aix-en-Provence, il aurait décidé de rejoindre Nice et il serait arrivé à 12 h au carrefour de la Pomme. Il reconnaît avoir causé l’accident et pris la fuite. Il se serait rendu vers une galerie souterraine pour changer son pneu abimé dans l’accident. Mais après enlisé sa voiture, il avait dû faire appel à deux hommes pour se dégager. Après cela, il est rentré chez lui. Il nie catégoriquement avoir enlevé la fillette à Marseille. IL indique qu’il ne s’est jamais rendu à Marseille. Il conteste le témoignage des Aubert et veut être confronté avec eux. Concernant les tâches de sang trouvées sur le pantalon que les policiers ont découvert dans le coffre de la 304, Ranucci prétend qu’il s’agit de tâche de boue. Ranucci est présenté à des enfants victimes d’attoucehements avec des policiers de même âge et de même corpulence que lui avec un numéro sur la poitrine. Le tapissage est vain car les enfants ne reconnaissent pas Ranucci. Les Aubert arrivent à midi à l’Evêché. Ranucci leur est présenté lors d’un tapissage derrière une glace sans tain, ils le reconnaissent immédiatement. Lors de la confrontation Mme Aubert prend Ranucci par les épaules et s’adresse à lui de façon péremptoire et vindicative. Dès lors les dénégations de Ranucci sur l’enlèvement de la fillette s’effondrent. Il est sonné. Il fond en larmes et avoue « Oui, c’est moi. Je ne voulais pas la tuer. Je ne suis pas un salaud ! ». Les Aubert sont alors entendus séparément par la police. Ils relatent l’accident et la rencontre avec Ranucci accompagné d’un enfant, ils ne savent si c’était un garçon ou une fille. Pour Mme Aubert, l’enfant était âgé de 6 à 8 ans. Elle l’a entendue dire : « Qu’est-ce qu’on fait ». A la lecture de ce livre on s’interroge. En effet, si la fillette était vivante au moment où Ranucci a été vu avec elle par les Aubert pourquoi l’aurait-il tuée à ce même endroit précis ? C’aurait-été stupide de sa part de laisser une preuve si flagrante de sa culpabilité. Bouladou pense que Ranucci ne se souvient pas avoir vu les Aubert avant d’avoir tué la fillette mais pourtant d’après M. Aubert, Ranucci lui a répondu quand il l’a appelé juste après l’accident. L’enquête de Bouladou reste floue sur ce point et n’apporte aucune réponse.

A 14 heures, l’inspecteur Porte recueille les aveux de Ranucci. Pendant trois heures, il révèle tous les détails de l’enlèvement et du meurtre. Ranucci se serait rendu à Marseille pour voir un camarade de régiment. Il aurait caché le couteau du meurtre dans un tas de tourbe près de la champignonnière. Le couteau sera retrouvé exactement à l’endroit décrit, encore ensanglanté. Ensuite Ranucci dessine un croquis parfait du lieu de l’enlèvement. Il prouve donc qu’il était à Sainte Agnès. A 17 heures, la mère de Ranucci vient voir son fils. Celui-ci lui avoue le crime sans savoir pourquoi il l’a commis. Les policiers veulent emmener Ranucci à l’endroit où se trouve le couteau mais ils ont besoin de prolonger la garde à vue de 24 h. La juge d’instruction refuse car Ranucci ayant avoué il a droit à un avocat et il faut qu’il soit inculpé pour une nouvelle garde à vue. La juge a peur de voir sa procédure attaquée. Ranucci est examiné par un médecin qui prouve qu’il n’a pas été torturé par les policiers. Les gendarmes partent donc seuls à la recherche du couteau et le retrouvent au bout d’une heure et demie. Les policiers réinterrogent le garagiste Spinelli qui reconnaît qu’à 40 m de distance, il a pu confondre un Simca 1100 avec une 304. Les policiers découvrent que le 1er juin un homme vêtu d’un pull-over rouge s’est livré à des attouchements sur deux soeurs, âgées de 8 et 9 ans. Un adolescent avait vu un homme le 25 mai au même endroit discutant avec deux autres fillettes avec le signalement donné quelques jours plus tard. Cette fois l’homme était parti dans une Diane bleue. Mais les témoins de ces scènes ne reconnaissent pas Ranucci. Le pull-over rouge trouvé dans la champignonnière est trop grand pour Ranucci. L’homme vu par les deux soeurs ne serait donc pas Ranucci mais aucune enquête ne sera faite sur cet individu. Le 6 juin, Ranucci est présenté à la juge d’instruction. Il consent à s’expliquer sans avocat. Il confirme en tous points ses aveux. Ranucci est incarcéré à la prison des Baumettes. Le 7 juin, la juge d’instruction interroge de nouveau Ranucci sur son CV. En prison, il est visité par des psychologues. Il reconnaît encore les faits. Il leur avoue qu’il possédait le couteau depuis un an et qu’il avait offert des bonbons à la fillette. Le 10 juin, Di Marino entend tous les témoins de l’affaire et Ranucci dément s’être rendu dans la champignonnière pour se cacher. Il ne se souvient pas avoir été pris en chasse après l’accident mais il reconnaît encore le meurtre devant ses avocats. Le 17 juin, Di Marinon reçoit Mme Mathon et procède à son audition. La mère de Ranucci indique que son fils est parti le 2 juin avec l’intention de passer le week-end à Aix pour voir un camarade dont elle ignore le nom. Ranucci n’aurait pas parlé de Marseille à sa mère pour allez y voir son père qu’il n’avait pas vu depuis l’âge de 7 ans ou revoir Monique son ex-fiancée, liaison que Mme Mathon désapprouvait.

La reconstitution a lieu le 24 juin. Jean Rambla et Eugène Spinelli ne sont pas présents. Le père de la petite n’est pas en était de suivre la reconstitution. La scène de l’enlèvement n’est pas reconstituée de peur des risques de vengeance ou de trouble à l’ordre public. Dans la déposition de Ranucci au moment de la reconstitution tout correspond avec les charges retenues contre lui. L’accident est reconstitué. On apprend que la fillette a crié en haut du talus selon les dires de Ranucci. Il montre l’endroit où il s’est caché et aurait tué la fillette. Au moment de reconstituer le meurtre, Ranucci éclate en sanglot et dit ne pas se rappeler. Puis on se rend à la champignonnière et Ranucci montre l’endroit où il a déposé le couteau, endroit qui correspond à celui ou l’arme a été retrouvée.

Ranucci est à nouveau entendu par la juge d’instruction le 26 juin. Il reconnaît toujours le meurtre. Il ne peut pas expliquer le motif de ses actes. Il pense qu’il a eu peur qu’on pense à mal quand il a été vu avec l’enfant. Un appel à témoin lancé dans Nice Matin amène la découverte de deux affaires dans lesquelles des enfants ont été importunés. Une des jeunes victimes a reconnu Ranucci comme l’auteur des faits. Bouladou relate des affaires datant d’avant le crime où Ranucci aurait été impliqué s’agissant de contacts douteux avec des enfants. Des témoins l’ont reconnu.

Le 27 décembre 1974, Di Marino interroge Ranucci pour la dernière fois. Ses avocats sont absents. C’est à ce moment que Ranucci revient sur ses aveux. Il ne se souvient plus avoir enlevé une fillette et l’avoir tuée. Di Marino quitte l’affaire, elle est remplacée par Pierre Michel.

Le 12 mars 1975, le dossier d’instruction est clos. La mère de Ranucci rend visite à son fils. C’est au cours de ces visites qu’elle apprend par Mme Mattéi qui a également un fils incarcéré, que sa fille aurait été accostée par un homme avec une voiture grise qui aurait demandé de l’aide pour retrouver son chien noir. Mme Mattei a assisté elle-même le 1er juin 1974 à une tentative d’enlèvement d’un enfant par un homme portant un pull-over rouge et utilisant une Simca 1100. Bouladou démonte complètement ce témoignage en affirmant qu’il est faux et imaginé à partir des articles lus par Mattéi dans la presse. En 1975, Ranucci crie son innocence. Il veut vire au Vénézuela et espère que le président de la République lui versera une forte somme d’argent. Le procès est prévu pour les 9 et 10 mars 1976 à Aix en Provence. Un mois avant Patrick Henry a été arrêté pour l’enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand. L’ombre de Patrick Henry est dans le prétoire et les spectateurs du procès de Ranucci réclament la mort pour lui. Lors du procès, Ranucci porte une croix trop voyante. Cette croix choque car Ranucci ne demande pas le pardon et adopte une attitude arrogante. Ses avocats ont voulu le dissuader de plaider l’innocence craignant qu’il indispose les jurés. Me Lombard, défendant Ranucci, voulut contrer le témoignage des Aubert. Il affirma que ceux-ci avaient d’abord dit avoir vu Ranucci avec un paquet et non un enfant et les documents des gendarmes avaient bien enregistré le problème du « paquet » à la place de l’enfant. Mais le commissaire Alessandra confirme que Monsieur Aubert lui avait parlé tout de suite d’un enfant lorsqu’il l’avait appelé le 5 juin 1974. Me Lombard reproche aux Aubert de n’avoir reconnu Ranucci qu’au 2è tapissage mais ceux-ci affirment n’avoir assisté qu’à une seule présentation de Ranucci. Quant au sang retrouvé dans la 304, Ranucci affirme qu’il s’était blessé dans l’accident et qu’il s’agissait de son sang et pas celui de la fillette. Mais il y avait des tâches sur la poche droite de son pantalon là où il avait reconnu avoir glissé le couteau. Quant à Spinelli, il déclara au procès, que l’arrière d’une Simca 1100 ressemble à celui d’un coupé 304 et le signalement de l’homme qu’il avait décrit correspondait à celui de Ranucci. Mme Mattei se démonta lors du procès et elle était à la limite de l’inculpation pour faux témoignage. Bouladou reconnaît quand même qu’un homme au pull-over rouge a bien sévi avant Ranucci. Un des deux cheveux trouvés dans la 304 de Ranucci appartenait à Maria-Dolorès. Trop de charges pesaient contre Ranucci. Me Lombard émit un doute sur la ressemblance des cheveux de Marie-Dolorès et ceux trouvés dans la 304. Au cours du procès, une altercation eut lieu entre Alessandra et Ranucci. L’accusé parla de torture envers sa personne et le commissaire traita Ranucci de monstre. Des journalistes étaient présents derrière la porte des policiers au cours de la garde à vue et n’avaient pas entendu de preuves de torture, ils furent offusqués. Ranucci prenait des notes pendant le procès. Il calculait combien d’indemnités, il allait demander au Président de la République une fois innocenté ce dont il ne doutait pas . Gilbert Collard, avocat des Rambla, tenta de pousser Ranucci à avouer le crime pour qu’il émeuve les jurés et sauve sa tête mais sans succès. Apparemment il ne réclamait pas la mort alors que c’était le voeux des parents de la fillette. L’avocat général, M. Viala réclama la peine de mort de peur d’être lynché par l’opinion publique mais aussi parce qu’il avait été écoeuré par les photos du cadavre de la fillette. Parmi les trois avocats de Ranucci seul Me Fraticelli voulait plaider coupable avec les circonstances atténuantes pour son client. Pendant tout le procès les cris de « A mort Ranucci ! » n’avaient cessé de retentir à l’extérieur et de fait la peine de mort fut prononcé »e et Ranucci murmura : « Ils sont fous, ils sont fous ! ». Pour rajouter à l’horreur, la mère de Ranucci fut insultée et bousculée à la sortie du procès. Les avocats de Ranucci se pourvoyèrent en cassation pour plusieurs vides de forme mais en vain. Ranucci écrivit un livre qu’il appela le « document » sa mère le fera paraître après la mort de son fils. Il y racontait sa version des faits. Giscard avait affirmé publiquement son aversion pour la peine de mort mais refusa de sauver la vie de Ranucci en le graciant. Le pire c’est qu’une fausse dépêche laissa croire à Ranucci qu’il était gracié. Ranucci fut tué le 28 juillet 1976.

Deuxième partie : le livre de Gilles Perrault mon enquête.

Chapitre II le docteur Vuillet

Le docteur Vuillet avait pratiqué l’autopsie de Marie-Dolorès et établit un rapport psychologique de Ranucci. Bouladou l’a rencontré en 1984 et le médecin l’a convaincu de la culpabilité de Ranucci. Depuis ce jour, Boudalou s’est juré de mener l’enquête. Il évoque alors le livre de Gilles Perrault « Le pull-over rouge » sorti en 1978 qui déclencha sa passion pour l’affaire. Après avoir lu et relu le livre, Bouladou croyait à l’éventualité d’une erreur judiciaire. Dans sa jeunesse il était hostile à l’abolition de la peine de mort mais il changea d’avis.

Chapitre III : le témoignage de Jean Rambla.

Bouladou relate la déposition du père de la fillette qui reprend les faits déjà relatés. M. Rambla ne parle pas de Simca 1100 ce qui prouverait que son fils ne lui en avait pas parlé non plus. Jean précisa aux policiers qu’il pouvait reconnaître l’homme qui avait enlevé sa soeur. Les policiers ont présenté différents types de voiture à Jean et l’enfant a désigné une Simaca Chrysler mais pas une 1100. Et la presse s’est trompée en parlant d’une Simca 1100 à propos du témoignage de Jean. Les journalistes ont confondu avec les rumeurs circulant dans le quartier Sainte Agnès. Bouladou pense que ce sont les journalistes qui auraient faire dire à Jean que la voiture du coupable était une Simca 1100. Bouladou démonte la théorie de Gilles Perrault selon laquelle Jean était un spécialiste des voitures car son père n’en avait pas et l’enfant n’aurait pas eu de miniatures (ce qui paraît difficile à croire concernant un petit garçon). En 1992, Jean raconta à J.P. Foucault qu’en 1974 il ne savait pas identifier les voitures. Bouladou a rencontré Jean Rambla en 2003 et celui-ci lui a confirmé que jamais, quand il était enfant, il n’aurait su distinguer une marque de voiture. Dans le livre du policier Fratacci, le père de Jean raconte qu’il était trop pauvre pour offrir des voitures miniatures à son fils ce qui renforce les théories de Bouladou.

Dans le film de Michel Drach, on voit l’enfant reconnaître la Simca 1100 à partir de photos ce qui n’est jamais arrivé. Jean a parlé de l’auteur de l’enlèvement comme d’un homme qui paralait « comme les gens d’ici ». Pour Bouladou cela voulait dire en Français puisque les parents Rambla parlaient espagnol alors que pour Gilles Perrault cela signifie que le criminel parlait avec l’accent du midi or Ranucci n’avait pas l’accent du midi. Bouladou estime que si Jean n’a pas reconnu Ranucci lors du tapissage c’est qu’il n’était pas habillé de la même façon que le jour de l’enlèvement ce qui paraît douteux pour le lecteur. Pourtant Bouladou renforce sa thèse en évoquant une victime de Guy Georges qui n’a pas reconnu son agresseur alors qu’elle avait passé une heure avec lui.

Chapitre IV : le témoignage de Eugène Spinelli

Spinelli, lors de sa déposition, affirma avoir vu une homme de trente ans enlever une fillette à bord d’une Simca 1100 gris clair or Spinelli n’a pas reconnu Ranucci quand il lui a été présenté. Mais Bouladou se repose sur la déposition pour affirmer que Spinelli n’aurait pas pu reconnaître Ranucci car il l’avait vu à 40 mètres de distance. Bouladou dénigre Gilles Perrault en précisant que celui-ci accorde une importance au témoignage de Spinelli que bouladou lui-même refuse d’accorder. A partir d’un raisonnement tiré par les cheveux, Bouladou s’évertue à affirmer que Ranucci correspond au signalement de Spinelli ce qui rend ses théories polémiques et affaiblit les convictions qu’il veut faire accepter par le lecteur.

Chapitre V : le témoignage de Vincent Martinez

Martinez, lors de sa déposition, a affirmé que Ranucci était seul à bord de sa 304. Mais Bouladou dit que le témoignage de Martinez qu’il a recueilli révèle que celui-ci a vu une masse basculer à l’arrière de la 304. Bouladou veut encore faire passer Gilles Perault pour un menteur. Il pense que le gendarme qui a pris la déposition de Martinez n’a pas voulu enregistrer la possibilité de la présence d’un enfant pour ne pas embrouiller le dépôt de plainte ne concernant qu’un délit de fuite après un accident. Après sa deuxième déposition, Martinez a formellement reconnu Ranucci alors qu’il donnait moins de détail sur lui lors de sa première déposition. Là encore et pour la deuxième fois, Martinez n’a pas signalé d’enfant avec ranucci. Devant le juge d’instruction, Martinez a estimé que la crainte et le sang froid (ce qui est contradictoire) affiché par Ranucci prouverait qu’il avait des raisons de prendre la fuite après l’accident. M. Martinez et M. Aubert affirmeront toujours qu’ils ont parlé tout le temps d’un enfant et non pas d’un paquet pourtant Bouladou sait que tel n’est pas le cas dans leur déposition.

Chapitre VI : l’interpellation

Bouladou s’appuie sur le rapport des gendarmes pour expliquer que le corps de la fillette était bien caché dans un buisson mais près de l’accident de Ranucci ce qui a conduit à son interpellation. Dans la 304, les policiers ont trouvé deux cheveux, un opinel et une carabine. Tout d’abord Ranucci nia farouchement l’enlèvement et le meurtre de l’enfant.

Chapitre VII : le témoignage des époux Aubert

Bouladou révèle que si Ranucci nia le meurtre c’est parce que sa vie prenait un essor nouveau, il avait trouvé un travail, une voiture et il allait connaître une grande indépendance par rapport à sa mère. Sans le témoignage des Aubert, on n‘aurait pas retrouvé la petite fille à l’endroit précis où ils ont vu Ranucci s’enfuir mais Bouladou n’explique pas pourquoi Ranucci aurait tué la fillette à l’endroit précis où il a été vu par les Aubert. L’explication douteuse serait que Ranucci n’avait pas remarqué qu’il était poursuivi alors qu’il avait été pris en chasse par les Aubert. L’explication de Bouladou ne tient pas la route. C’est devant les Aubert que Ranucci a craqué et a avoué au commissariat. Il a expliqué qu’il n’était pas un salaud et avait agi par affolement. Dans la déposition des Aubert, on voit bien que M. Aubert a demandé à Ranucci de revenir quand il l’a vu fuir après l’accident donc Ranucci se savait suivi contrairement à ce que Bouladou affirme. Pourquoi aurait-il donc tué l’enfant juste à l’endroit où M. Aubert l’avait vu ? Bouladou est obligé de reconnaître que cela vient du fait que Martinez n’aurait pas parlé d’enfant devant le gendarme qui prenait son dépôt de plainte et M. Aubert non plus. Il y a une deuxième polémique dans le témoignage des Aubert. M. Aubert prétend avoir vu Ranucci sortir par la portière avant gauche de la 304 alors que celle-ci était bloquée après l’accident. Bouladou en conclut qu’il est sorti par la portière droite et a fait le tour et c’est à ce moment que M. Aubert l’a vu. Il pense également que Ranucci a pu forcer la portière gauche et que celle-ci s’est définitivement bloquée après l’ouverture. Bouladou se contredit souvent. Il affirme que Ranucci ne s’est pas vu poursuivi par les Aubert alors que M. Aubert a entedu Ranucci lui répondre : « Partez et je reviendrai ». Bouladou prétend que c’est grâce aux Aubert que « l’assassin » a été arrêté. Il pense donc que Ranucci a tué la fillette avec préméditation. Bouladou démonte encore le livre de Perrault en signalant que celui-ci s’appuie sur une erreur journalistique. Trois journalistes sur trente avaient affirmé que les Aubert n’avaient pas reconnu Ranucci lors d’un premier tapissage.

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