18 décembre 2009
Nougaro la voix royale II
Scènes
Nougaro chante à « La tête de l’art » dont la première affiche fut Jacques Brel. La scène est petite. LA salle peut contenir cent à cent cinquante personnes et Claude qui chante aoutour de minuit triomphe. Puis il chante à l’Ancienne Belgique et Piaf lui succède, en duo avec théo Sarapo.
Histoire d’os
Le samedi 10 juin 1963, à 2 h 30 du matin, une ID 19 break, conduite par Maichel Barbaul, quitte la route et s’écrase contre un arbre, près de Roanne. Claude Nougaro est à bord. Brisé en trois endroits, l’os de la cuisse gauche du chanteur est cerclé comme un tonneau. Deux fractures en travers et une en longueur. Une barre de fer maintient l’os droit.
Combat
Nougaro chante à l’Olympia en 1964 en première partie de Dalida. Il chante huit chansons dont « Le jazz et la java », clou du récital d’Yves Montenel un an auparavant au même endroit. Dans la salle, Charles Aznavour, Johnny Hallyday et un journaliste de « Combat » : « Avec Claude Nougaro, la vraie chanson reprend ses droits à l’Olympia ».
Quintet
Après le retour sur scène à l’Olympia, en première partie de Dalida, arrive enfin Maurice Vander au piano, Elek Bacsik à la guitare,Eddy Louiss à l’orgue Hammond, Luigi trussardi à la basse et René Nan à la batterie.
Question
Louis Nucera aime Nougaro et le dit : « Son style rejoint le reportage et le constat. Sans omettre l’angoisse universelle et subjective de la vie moderne et de l’homme habitué à de profonds colloques avec lui-même. Il met en scène comme au cinéma. On écoute et on assiste. C’est remarquable ».
Bref
Serge Gainsbourg écrit : « Nougaro est sur la piste des éléphants roses et jaretelles et bas noirs, mais comme ça trompe énormément, il les vide avec une paille, et n’en garde que l’ivoire dont il fait une tour ».
La voix royale
Ce n’est pas par hasard que la cavité buccale se nomme le palais.
Paris mai
Paris mai reste une des chansons les plus fortes de Claude Nougaro. Chanson d’aube, texte natal, révolte et vraie vie, ce texte fut interdit d’antenne par les programmateurs serviles et revendiqué comme « gauchiste » par les gauchistes eux-mêmes. A ce titre Jean-Edern Hallier voulut le reproduire dans un numéro de L’Idiot international. Cette tentative de récupération poussa Nougaro à retirer de son tour de chant « Paris mai » de son Olympia 69.
Olds mobile
Juillet 1965. Claude est assis sur la banquette arrière d’une Oldsmobile qui roule à 200 et fonce sur Antibes, ville natale d’Audiberti; Claude fume un joint, René Nan qui écoute la radio dit : « Audiberti est mort ». Claude Nougaro est orphelin pour la seconde fois.
Portrait du maître
Nougaro a rencontré Audiberti en 1954. Il l’avait invité rue des Ternes où il avait passé « la plus calme nuit de ces dix dernières années ». Il le revit en 1961 et l’invita à nouveau rue des Ternes. Il devait coucher une nuit et il resta un an. Il repartit quand Sylvie, la femme de Nougaro fut enceinte.
Quatrains pour un train fantôme
Nougaro a écrit un poème inédit sur Audiberti en 1986 :
Audiberti pépite d’or Gange gangue
avocat du Divin dandy père prieur
paradoxe crucial crucifié rieur
Maigret métaphysique mystique chef de gang
Palace
La mort d’Audiberti ébranle Nougaro, fissure le socle du monument, le laisse fou. Il descend de l’oldsmobile et, dans la chambre d’un palace de Cannes, sort un stylo-feutre et fait des graffiti sur tous les murs.
Cordon
Juste après la mort d’Audiberti, Nougaro écrit deux chansons « Côte-d’Azur » et « L’amour sorcier ».
Bobino
Après 15 mois de tournée en France, quatre semaines de galas canadiens et le séjour à l’île de Ré consécutif à la mort de Jacques Audiberti, Nougaro chante à Bobino. Le public est debout.
Plage
En écrivant « Victor », « Les billes » ou « Plume d’ange », Nougaro engloutit les 2mn50 consubstancielles aux programmateurs de radio et télévision, à Guy Lux et aux producteurs dont les attachés-cases sont encombrés de calculatrices. Avec ces longs poèmes, le mot plage que l’on emploie pour parler d’un disque reprend son sens original.
Olympia 1969
Bruno Coquatrix a voulu fêter les 15 ans de l’Olympia en invitant Nougaro à se produire dans sa salle. Un double album live en est tiré. Nougaro est habillé par Francesco Smalto.
Armstrong
Nougaro dit : « Au départ je n’ai pas spécialement cherché à faire une chanson contre le ségrégation. J’avais en face de moi une musique qui existait déjà, un negro-spiritual chanté par Armstrong dans un disque nommé The Good book. Le lyrisme des negro-spirituals n’est très proche (...) L’antiracisme est une chose trop évidente. C’est une nature, une intelligence, une santé pour que d’emblée je l’exploite (...) en m’adossant à Armstrong j’ai parlé de moi. Ce que j’ai voulu dire en définitive, c’est : je ne suis pas noir, je suis blanc, mais je suis moins doué que toi pour le bonheur ».
Saetas
Nougaro est à nouveau à Bobino en 1971
Villes
Le 17 décembre 1973, Claude Nougaro se rend à Antibes et devant la maison natale de Jacques Audiberti chante « La chanson pour le maçon ».
Patrouille
Nougaro s’offre une balade dans les greniers de la chanson, une patrouille dans la mémoire de Paris. Onze chansons revisitées, onze artistes salués : Paul Delmet, Prévert, Trénet, Gainsbourg, Michel Legrand, Ferré, Mouloudji, Brassens. Avec « Récréation » sorti chez Philips en 1974 et que Jean-Christophe Averty mettra en images pour la télévision, Nougaro se détourne un instant de sa propre inspiration. Nougaro accompagne chaque chanson d’un poème pour l’émission d’Averty. Christian Laborde les évoque.
Outlaw
En 1973, sort « Locomotive d’or ». A bord de ses wagons suçant les jungles, tous les désirs de Claude, toutes ses encres : le femme, l’Afrique, la danse, le tam-tam, la terre, les vulves, la mémoire la plus minérale, l’enfance assise sur deux milliards de boucliers. La même année, Nougaro chante au théâtre de la Ville à guichets fermés. Le percussionniste ivoirien Youla Fodé l’accompagne.
Bahia
Le 24 décembre 1974, Nougaro débarque à l’Olympia avec son Brésil. Il reste cinq semaines à l’affiche. Sur scène, Téca et Ricardo, Baden Powell accompagné à la basse par Guy Pedersen, Maurice Vander, Eddy Louiss, Luigi Trussardi, Charles Bellanzi, Youla Fodé et le quator de cuivres d’Ivan Jullien.
Tania Maria
A Baden Powell succède Tania Maria, pinaiste élève de Chick Coréa. Elle accompagne Nougaro dans sa tournée de 1976. En 1977, à l’Olympia, les Etoiles accompagnent Claude. Les Etoiles sont composées de Rolando et Luiz Antonio.
L’ambassadeur du salpêtre
« Femmes et famine » sort en 1976. Au coeur de cet album – envol de larmes et de rubis – cet être qui, selon Baudelaire - « projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves : la femme ». Dans « Rue de Douai », il est question de la rue Fontaine où vécut Breton. Dans « Tournesol » Breton nomme une femme sans visage « l’ambassadrice du Salpêtre ».
Plume d’ange
A l’Olympia en 1977, Claude dit « Plume d’ange ». Il est habillé de noir et porte une écharpe blanche. Il tient une plume dans sa main gauche. Dans le décor il y a des toiles du peintre Estrade. Nougaro dit un autre texte, Victor. C’est l’histoire d’un homme à la cervelle d’or. Il mutile sa cervelle pour entretenir sa maîtresse Anna.
Ampoule
Tandis que Claude François change une ampoule et meurt électrocuté, Nougaro, fidèle au Brésil dont il est porteur, met des mots sur des notes de Chico Buarque et c’est « Tu verras », succès discographique de cette année 1978. Les punks, c’est fini, le disco est partout; Nougaro écrit sur des musiques de Thelonious Monk, de Quincy Jones, de Dave Brubeck, et parle de Piaf : « La chanson », c’était elle, « Comme une Piaf », c’est lui.
Eighties
Des Olympias toujours très attendus, « Assez », « Chansons nettes » et « Ami chemins » ! trois albums pour accueillir dans le jazz band de Coco Violette des étoiles neuves, épouser d’autres mélodies, tâter du synthétiseur et travailler avec celui qui fut l’accompagnateur de Marlène Dietrich : Fred Freed.
New Morning
Nougaro chante au New Morning en décembre 1981. Le jazz band demande espace et volume, le club de jazz est la patrie du triangle d’or : piano, basse, batterie.
Palais des sports
Nougaro chante au Palais des sports de Toulouse le 22 février 1983 et du 24 mai au 4 juin de la même année à celui de Paris. Au Palais des Sports de Paris, Claude en scène est vêtu de l’imperméable de l’inspecteur Columbo. Le 4 juin 1983 le Palais des Sports affiche complet pour la dixième fois de suite et la presse peut titrer : Nougaro : pari risqué, Paris gagné ».
Nougaro trio
Enfance, chant nu, source, triangle d’or ! Un son dépouillé succède au son écarlate et baroque du jazz-band, une parole sobre à ses mots badigeonnés de projos, de masques et de fumigènes. Retour aux sources (la latine, la française, la noire américaine), trois instruments (le piano, la contrebasse, la batterie et trois athlètes que Claude salue avant de quitter la scène. Trois ans durant, le trio sillonne la France, la Suisse, le Canada, la Belgique, l’Afrique noire francophone (que Nougaro découvre enfin après avoir été, en France, le précurseur des ryhtmes aficains).
Carnaval
Eddie Barcaly avait un cigare, du talent, et manifestait à l’endroit de Claude une infinie patience : la classe ! Ceux qui lui ont succédé ont un attaché-case, le Financial Times sous le bras, des calculatrices à cristaux liquides, aucune éducation et pas une minute à perdre : la zone ! Claude est jeté ! Jamais, évoquant cette défenestration orchestrée par quelques gérants de l’éphémère, Claude ne parlera d’ »injustice » ou de « menace qui plane sur la chanson française ». Homme d’un double refus, celui de la fossilisation – il invente toujours – et celui de la mode -Claude Nougaro, remecié par la firme Barclay, vend sa maison de l’avenue Junot, quitte Paris pour Toulouse et New-York. Toulouse l’appelle et le sacre roi du carnaval en mars 1987. Juché sur les toits du Capitole, vêtu d’un vitrail de laine conçu par Réné guérin, tenant dans sa main un sceptre imaginé par le Facteur Cheval, et coiffé d’une couronne occitano-inca, Claude s’adresse à 70 000 personnes. Il chante une chanson inédite « Tolosa carnaval » dont les paroles sont rappelées par Christian Laborde. Nougayork est l’enfant légitime d’un homme qui colle son oreille à un transistor new-yorkais, lequel balance un son black qui le nourrit depuis 1940.
Nougayork
Disque d’or dès sa parution Nougayork est l’album de la renaissance. La pochette déjà dit tout. La photo est de Mick Rock. Un bout de trottoir à peine éventrée, un taxi jaune, un Noir en short et, en repetto, Claude Nougaro. Jeunesse des sons. Sons de Philippe Saisse. Tout est jet et bouffée d’air. Nougayork est un album jeune, souple et joyeux, un album boréal, organique et religieux.
Victoria
Le 19 novembre 1988, Claude Nougaro est salué par la profession : un album et deux Victoires de la musique. Pierre Nougaro vient de mourir à Marseille et Claude lui rend hommage à l’occasion de sa remise de Victoires.
Océan
1989. J’écoute les bandes de Pacifique, chez Hélène, la soeur de Claude : le son est californien. Pacifique : plongeon et paix ! Océan et tribu jeunes : Michel Colombier, Bunny Brunel, Claude Gaudette et Daniel Goyane.
Zénith
Le 18 avril 1989, Nougaro chante au Zénith de Paris mot arabe qui signifie « chemin ». Chemin d’étoiles, belvédère pierre et projos, laser, flques, rock et rochers, étpae extrême, feu d’artifice, bouquet natal éclairant ce qui fut fait et vit. Dans les annexes, Christian Laborde a fait appel à une astrologue pour dresser le thème astral de Nougaro. Il est Vierge, ascendant Scorpion. Sa personnalité s’est construite sur deux pôles. Il a d’un côté le désir d’être accepté (et d’accepter), un peu timide, manquant de confiance en lui. D’un autre côté, sa nature profonde est pleine d’énergie, de combativité, d’exigence et de révolte. La coexistence de ces deux tendances antagonistes donne une grande tension interne et deux comportements alternés : tantôt l’emportement, la passion intenses, tantôt l’abattement, le silence et le retrait. Le meilleur moyen de dégager la tension interne est ici sublimation – en l’occurrence artistique – qui évite l’auto-agressivité. Nougaro, semble-t-il, ne peut créer dans la satisfaction, mais dans la difficulté, sous une pression énorme.
Nougaro la voix royale I
Nougaro la voix royale (Christian Laborde)
Cette biographie vient d’un cours de français que le professeur Christian Laborde s’apprêtait à donner à ses élèves avant d’être suspendu suite au livre qu’il venait de publier « L’os de Dyonisos » et dans lequel il fantasmait sur la mort d’une directrice d’école. On était sous l’époque Pasqua.
N° 14
Claude Nougaro est né le 9 septembre 1929, à Toulouse, au n° 14 de l’avenue ArnaudBernard. La biographie de Laborde est agrémentée de textes inédits de Nougaro. « Lait caillé » est le premier de ces textes, il date de 1986 et relate l’enfance de Nougaro quand celui-ci allait chercher du lait caillé avant d’aller à l’école : « Je me souviens du lait caillé/du lait caillé au lait de chèvre/qui me faisait au bord des lèvres/venir l’eau comme l’écailler...
Pendant la grossesse de Mme Nougaro, Toulousaines et Toulousains dansent le one-step, le fox-trot, le Shimmy et le charleston.
Salades
Le père de Nougaro chante et se prénomme Pierre, la mère se prénomme Liette et l’écoute chanter. Très vite, ils sont absents. Alexandre et Cécile, parents de Pierre, élèvent Claude dans un faubourg désert, dont les jardinets sont encombrés de salades basses. Claude entend des mots patois, joue et s’ennuie.
Alexandre
Alexandre est natif de Muret, c’est un colosse qui travaille au Capitole.
Cécile
Cécile est sage-femme et a mis Claude au monde.
Saïgon
Pierre, premier baryton de l’Opéra de Paris, chante Wagner, Massenet, Verdi, Puccini. Liette, premier prix de conservatoire joue Beethoven, Chopin, Debussy, Fauré. Le 26 octobre 1928, ils se produisent à Saïgon.
Note
Maman Cécile et papa Alexandre ! Ainsi Claude nomme-t-il ses grands-parents, en présence de ses propres parents. Règlements de comptes à ok Faubourg ! Pas question que la star du bel canto ignore ce que le gosse encaisse.
TSF
Boulevard des Minimes, chez Maman Cécile, sur le buffet de la cuisine, un poste à galène, Radio Toulouse. Pour indicatif « La Toulousaine ». Le refrain deviendra le refrain « O Toulouse ». Claude écoute Piaf, Trenet, Maurice Chevalier, Glenn Miller et Armstrong. Claude, à dix ans, entend une musique venue d’ailleurs et lui parle de lui.
Ugh !
Sur Radio Toulouse, Hugues Panassié diffuse sa collection de disques de jazz. Nougaro a écrit un texte inédit en 1981 sur une publicité qui passait sur Radio Toulouse « Vermifuge Lune » : Vermifuge vermifuge vermifuge Lune/Est-ce à cause de ce « ver » mi refuge mi lunaire que tu chantes sous ma plume/Vermifuge Lune...
Faubourg
Claude est l’enfant du Faubourg des Minimes. Le Faubourg des Minimes était réellement un faubourg, un de ces lieux hybrides où l’on se trouve exilé de la ville sans être accueilli par la campagne, ce qui explique une mentalité complexe. Claude rencontre son premier amour, Maria, qui dans « Un été » devient Paquita.
Langue
Les occitanistes bornés reprochaient à Nougaro de chanter en français et non en occitan.
Nijinski
« Pour papa, les danseurs étaient tous homosexuels. C’était l’axiome, le postulat. Et quand je lui déclarais, un jour, dans la voiture : « Papa, je serai le nouveau Nijinski ! » il fit immédiatement demi-tour et m’alla boucler sur-le-champ dans l’enfer de Sorèze (école de Nougaro) pour m’éviter, sans doute, l’enfer de Sodome. Seulemnt, Sorèze, c’était Sodome... »
Paletot
De l’école des Minimes, Claude fut renvoyé pour indiscipline. De l’école royale militaire de Sorèze, prison étanche, il s’évade.
Substrat
Occitanismes syntaxiques et lexicaux sont bannis du français parlé. L’accent aussi, avec ces e muets qui, ici, ne le sont pas. Ce e muet que l’école condmane et qui, pour cette raison recule, Claude Nougaro le réinjecte dans sa parole et dans son chant comme charpente sonore, comme matériau purement esthétique.
Zoom
Nougaro répond de la façon suivante à la question d’un journaliste sur la chanson française prétendue « art mineur » : « Mineur, oui, mais mineur de fond ! ». Permettez que je me rende au charbon de mon langage et que je suce le gravier des mots pour en faire des émeraudes ».
Cinoche
Ecran, et formes, et forces. Le faubourg coupe Claude des éléments, de l’herbe grosse, de l’air et de la peur des arbres. Le cinéma lui offre les jungles, les tribus, les rapides, les corps noirs, les baobas, les pagaies, les sagaies, le cri de Tarzan, les lianes, l’haleine de Diane, et les jambes de Dorothy Lamour. Energie fraîche, rire primitif, l’être animale, une oasis est entrevue, qui sera dans le tour de chant.
Le cinéma
« A bout de souffle » renvoie au film noir américain, à des héros auxquels Nougaro, sur scène, peut de nouveau s’identifier.
Rosa Rosae Rosam
Claude Nougaro n’est pas l’élève brillant que fut Raymond Abellio, enfant des Minimes comme lui. Claude – carrière de Pierre et fugues obligent – est trimbalé d’un collège à l’autre. Les mathématiques, dont le « cartable orange » de Fanny, dans « Plume d’ange », est « tout rebondi », lui paraissent de l’hébreu. Mais les dictées, les belles phrases dites et répétées, Edmond Rostand, les rédactions, la poésie, le dictionnaire, la langue française, Victor Hugo, voilà son bonheur dans le cadre étroit et glacé des collèges de province ! Le père d’Astarac, professeur de français, à l’Ecole royale militaire de Sorèze, écrit à l’encre rouge, dans la marge d’une rédaction de Claude : « Faites avec amour oeuvre belle et ciselée ! ».
Baccalauréat
Claude Nougaro échoue au bac. L’écoute quasi systématique des disques de Duke Ellington, d’Ella Fitzgerald et de Louis Armstrong, dans une chambre séparée des bâtiments principaux du collège de Cusset, à Vichy, ne constitue en rien un entraînement efficace à lart toujours périlleux de la dissertation. Pas plus que la lecture, quasi exclusive, des textes d’Antonin Artaud, poète ignoré des correcteurs de l’Education nationale.
Piges
Pas de bachot, mais le goût des mots. Des mots que publie, en 1950 à Vichy, le Journal des curistes, puis en Algérie, l’Echo d’Alger. Poèmes, enquêtes, piges, survie, c’est La Chaisière de Vichy.
Alger
Alger, oui, et Constantine où Claude rejoint son père, Alger où, libéré des obligations militaires, il décrit dans le journal local le défilé du 14 juillet et rend compte des concerts et ballets.
Place des Ternes
Pierre et Liette Nougaro habitent place des Ternes, dans un bel et vaste appartement. Claude loge au-dessus dans une chambre de bonne. Pierre va souvent au Lapin agile et demande au patron s’il voudrait écouter son fils.
Le Lapin agile
Le Lapin agile est avec le Chat noir, un des temples de l’esprit montmartrois. Claude dit « Pégase », Frédé l’embauche et Vivi, le gendre de Frédé devient son ami. Claude dit : « Je n’ai jamais su parler aux femmes, mon copain Vivi me donne des cours ». Le texte « Pégase » lu et écrit par Nougaro au Lapin agile est publié par Christian Laborde, en voici un extrait : « Certes Paris est le cheval Pégase/Si Pégase est une vache enragée pour s’envoler avec lui vers l’extase.Comme une gaze il faut être léger.
Jean-Roger
Nougaro, comme Jean-Roger Caussimon démarre par un récital poétique. Poèmes et récits, humour et lyrisme. Dire à Paris, en 1953, est possible au Lapin agile.
Jésus
Jésus est un texte écrit par Nougaro en 1976 que Michel Galabru a récité au hasard d’une émission de télé. On y trouve beaucoup d’humour sur le fils de dieu.
Audiberti
Au Deux-Magots, Nougaro rencontre Jacques Audiberti. Claude l’écoute et boit. Poète et père. Audiberti lui parle d’une enfance, d’une adolescence semblables aux siennes.
Cloison
Nougaro déserte l’avenue des Ternes pour le 26, rue des Saules. Claude commence à chanter au Lapin agile accompagné au piano par Jean-Michel Arnaud et Marc Berthomieux. Il chante « Bip bip » un clin d’oeil à Gagarine. Laborde évoque les textes de Nougaro écrits en 1956 pour le Lapin agile, il y a « Rauque and drôle n° 1 (au rasoir) », un texte sur les coiffeurs. Nougaro écrit aussi « Méphisto » et « Le sentier de la guerre » pour Edith Piaf.
Jimmy Walter
Jimmy Walter est pianiste. Il accompagne Claude en 1958 quand Nougaro chante « Il y avait une ville » qui se retrouvera sur son premier album.
Bombe
La bombe c’est celle d’Hiroshima dans « Il y avait une ville ». Elle est aussi dans « Le mort » un poème dit au Lapin :
Le Mort
Un mort végétarien
se portait comme un charme
des violettes de Parme
lui poussaient dans les reins
Les troupeaux engraissaient
broutant ce mort fertile
et les enfants des villes
le buvaient dans leur lait...
Jazz
Une musique noire venue des Amériques atterit donc, somptueuse, sur le buffet de Maman Cécile en 1940 ! Introduit dans une revue du Casino de Paris en 1917, le jazz, dans un premier temps, séduit les écrivains et les musiciens. Elle séduit Ravel, Honegger, Cocteau, Bataille. Vian viendra avec Henri Salvador mais Sartre dit : « Le jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place ».
Bouches
Les mots de Nougaro dans la bouche des autres : « Le balayeur du roi », « Le monsieur qui volait », « Le barbier de Séville », celle de Marcel Amont; « La sentinelle », « L’homme de l’équateur », « Les touristes », « Joseph » dans celle de Philippe Clay.
Donc
Il est né en 1929, fait sa communion solennelle pendant que le général de Gaulle, à Londres, lance l’appel du 18 juin. Le jour de ses vingt ans, Edit Piaf chante « L’hymne à l’amour » et en 1955, quand il débute au Lapin agile, André Breton publie chez Grasset « Farouche à quatre feuilles ».
Maurice
Maurice est né en 1929, comme Claude, mais en juin. Son père et son frère sont accordéonistes. Maurice Vander suit, au conservatoire, les cours d’Agnès Félicie de la Trappe. Maurice Vander compose, joue avec Django Reinhardt au club Saint-Germain, en 1948, et fait du métier quand Claude vient l’écouter, en 1958, en compagnie de Vivi.
Encres
Nougaro rencontre Jacques Datin et Michel Legrand. Ils travailleront sur les chansons qu’il écrira pour Clay et Amont.
1959
Un premier album. Neuf titres et l’orchestre de Jimmy Walter. La rencontre est celle d’Henri Salvador qui signe la musique de « Vachement décontracté » et signe un texte sur la pochette. Le succès n’est pas au rendez-vous.
Mike
Michel Legrand est le fils de Raymond Legrand, « arrangeur américain » de l’orchestre Ray Ventura, directeur artistique chez DECCA. Michel dirige Miles Davis et écrit la musique des Parapluies de Cherbourg. En 1962, il s’enferme aux Studios Blanqui avec Claude Nougaro, lequel a fait provision de scotch et de victuailles diverses.
Chorus
Claude travaille avec Michel Legrand contre l’avis des « gens du métier ». Legrand ne serait pas un mélodiste et donc n’aurait aucun sens de la chanson.
Alboum !
Le disque sort chez Philips, on se l’arrache. « Une petite fille en pleurs », que Philippe clay avait refusé d’enregistrer, est le tube de l’été.
Yéyé
Claude nougaro se fait connaître en pleine vague yé-yé, mais n’a aucun point commun avec les artistes qui font comme lui la une de Salut les copains.
Telex
Jacques Audiberti s’était réjoui du succès du 2è album de Nougaro et lui avait écrit : « Enchanté du succès du disque ! Certes, vous avez un grand, grand et fort, et sûr talent. Sauvez le poème. Et croyez à ma grande et affectueuse confiance. Salut à tous ».
08 décembre 2009
Nougaro à fleur de mots
Claude Nougaro A fleur de mots (Stéphane Deschamps)
Qu’il est loin mon pays qu’il est loin... (1929-1951)
La famille Nougaro habite le faubourg des Minimes, un quartier populaire enclavé entre la voie ferrée et le canal du midi. Ce nom « Minimes » vient d’un ordre religieux du XVIè siècle qui signifie « Minus », les plus humbles. Pierre Nougaro, le père de Claude, fait ses premières vocalises au théâtre théâtre du Capitole de Toulouse. Pierre Nougaro est né le 27 avril 1904 à Toulouse. Il vit dans le quartier Arnaud Bernard, obtient son certificat d’études en 1917 et se passionne rapidement pour le chant. Il rencontre Lilette, sa future femme au cours d’une soirée où la jeune femme accompagne les chanteurs au piano. Lilette était premier prix de conservatoire. Elle était fille unique d’un couple d’Italiens, Thérèse Rabbione et Armand Tellini. Elle doit quitter Toulouse pour les suivre à Saïgon. Son père, électricien, y adécroché un contrat pour s’occuper des installations électriques de la capitale du Sud Viet-Nam. Pierre et Lilette retrouvent la France. Pierre fait ses débuts à l’opéra Garnier dans le rôle de Lohengrin, il a 25 ans. Il obtient son premier grand rôle à 30 ans en interprétant Rigoletto. 9 septembre 1929, Claude Nougaro naît à Toulouse. Claude est élevé par ses grands-parents paternels car Liette et Pierre voyagent beaucoup. Liette est la professeur de chant et la pianiste répétitrice de son mari. Claude se sent abandonné même si ses parents le prennent de temps en temps avec eux et lui font découvrir l’univers de l’opéra. Claude appelle ses grands-parents maman Cécile et papa Alexandre. A la TSF, Claude écoute Edith Piaf, Maurice Chevalier et Charles Trenet. Il découvre aussi le jazz sur les ondes de Radio Toulouse grâce aux émissions de Hugues Panassier. Claude a envie de devenir danseur mais son père s’y oppose radicalement. Les danseurs sont souvent considérés comme homosexuels et Pierre veut éviter que son fils prenne cette orientation. Claude fréquente l’école primaire Fermat. Au début de la Seconde guerre mondiale, Pierre Nougaro est mobilisé. Il se retrouve en Algérie et chante à l’opéra d’Alger. A 11 ans, Claude fait sa communion solennelle. Il a tâché son pantalon en voulant jouer au parachutiste et en tombant sur un poisson à la mayonnaise que sa mère avait cuisiné. Il a été privé de photo à cause de ça et a pleuré. Il avait écrit à son père pour lui raconter cette scène. Il connaît son premier amour en 1943, c’est une petite espagnole dont il parlera dans la chanson « Un été ». Il fréquente les salles de cinéma et admire Tarzan et la « Chevauchée fantastique », « Blanche neige », « Robin des bois ». Il lit énormément. Il est renvoyé de l’école des Minimes et se retrouve parachuté à l’école de Sorèze dirigée par les dominicains. Là aussi, on le renvoie car c’est une tête de mule. Il est inscrit dans un collège à Saint Paul de Vence puis dans un lycée à Cusset près de Vichy. Claude échoue au bac car il ne se présente pas aux épreuves. Adolescent, Nougaro écrit ses premiers poèmes. Il écoute Ravel et Don Byas. Il applaudit son père à l’opéra et l’admire quand celui-ci joue des rôles de salaud ou meurt de mort violente. En 1947, Claude, grâce aux relations de son père, devient journaliste à Vichy. Il a une rubrique originale sur les petits métiers et écrit des poèmes. Ses parents ont acheté une propriété à Crémans près de Nogaro, ça ne s’invente pas ! Hélène, la soeur de Claude naît à Toulouse en 1947. Claude fait son service militaire à Rabat, au Maroc, en 1949. Il est dans la Légion étrangère et passe son temps au trou. Il retourne faire le journaliste à Vichy après 18 mois de service dont dix au cachot puis part faire du journalisme en Algérie où il travaille pour la Dépêche de Constantine. Ca ne marche pas alors il se retrouve rue des Ternes à Paris, chez ses parents.
Tous les marins de l’âme (1952-1961)
Claude se retrouve dans la chambre de bonne de l’appartement de ses parents. Avenue des Ternes vivent également ses deux petites soeurs et sa grand-mère. Il est en rupture avec son père et vole des radis et des tomates pour survivre. Il fréquente Saint-Germain des Prés. Il lit « Vive guitare » car le titre l’attire et rencontre son auteur, Jacques Audiberti. Claude se réconcilie avec son père qui lui donne des tickets pour déjeuner à l’opéra. Il y rencontre Jean-Paul Belmondo. Claude redevient journaliste pour « Paris Presse ». Il y signe des critiques de livres et de films. Il lit ses poèmes sur scène chez Roberta, un cabaret près des Champs-Elysées. Il écrit une chanson inédite « Le soleil de minuit ». il écrit des dizaines de chansons avec Jean-Michel Arnaud interprétées par Lucette Raillat et Odette Laure. Pierre fait embaucher son fils au Lapin Agile, une boîte de Montmartre. Il y lit un poème inédit « Pégase » qui évoque Paris. Il fréquente Jacques Audiberti aux Deux Magots et c’est l’événement de sa vie. Audiberti lui dédicace « Le maître de Milan ». Nougaro affirmera dans le Radioscopie de Jacques Chancel : « Audiberti a eu une influence sur moi. Il m’a fait naître. Je lui dois tout ». Claude rencontre Philippe Clay, chanteur-comédien au physique sidérant. Il lui écrit plusieurs chansons dont « La sentinelle ». Claude décroche l’examen d’entrée à la SACEM et rencontre Michel Legrand. Claude décide d’être chanteur. C’est pour lui un moyen de séduire, d’ailleurs il avoue : « C’est peut-être pour ça que j’ai choisi d’être chanteur, c’est pour posséder la femme ». Au Lapin Agile, Claude s’est lié d’amitié avec Yves Mathieu, meneur de revue aux Folies Bergères. Il aide Claude à vaincre sa timidité envers les femmes. Au Lapin Agile, Claude rencontre Sylvie. Au Lapin Agile, Claude est accompagné au piano par son ami Jean-Michel Arnaud. Il interprète des chansons comico-réalistes « Cupez les moi », « Les pantoufles à papa », « La chanson de Spoutnik ». La collaboration avec Arnaud ne dure pas car celui-ci est attiré par le classique et la variété et pas le jazz. Aussi Claude se dirige vers Jimmy Walter, compositeur de Boris Vian. Fervent admirateur d’Edith Piaf, Claude rêve d’écrire pour celle qu’il surnomme « la Marseillaise noire ». Il lui envoie deux chansons « Méphisto » et « Le sentier de la guerre ». Nougaro rencontre Piaf en 1962. Cécile, la fille de Claude, vient de naître. Jacques Audiberti vient habiter chez Claude pendant un an jusqu’à la naissance de Cécile où il est obligé de laisser la chambre. Claude écrit pour Marcel Amont « Le balayeur du roi », « Le tango des jumeaux », « Le porte-plume », « Le jazz et la java ». Marcel Amont fait engager Nougaro en première partie de ses galas aux côtés de Jean-Jacques Debout. Il sera également en première partie de Dalida. Il écrit pour Lucienne Delyle et Jacques François. Il s’entoure de ses compères Jimmy Walter, Jacques Datin et Michel Legrand pour enregistrer son premier album « Il y avait une ville ». Il est enregistré en 1958 et sort chez Président en 1959. Henri Salvador accepte de signer le texte de présentation de l’oeuvre et la musique de la chanson « Les anges ». Les thèmes abordés dans cet album vont de l’amour au bon dieu en passant par la nature de la vie. Claude va rencontrer Maurice Vander. Mais entre temps ses parents quittent Paris pour Besançon où son père vient d’être nommé directeur du théâtre. Claude s’installe alors avec Sylvie dans l’appartement de l’avenue des Ternes.
Quand le jazz est là (1962-1964)
1962 est marqué par la mort de Marylin Monroe. Nougaro lui rend hommage, car il avait envie de l’avoir près de lui, avec la chanson « Chanson pour Marylin ». Il fréquente les boîtes de jazz et rencontre Mingus, Parker, Gillespie, Holiday. Il prépare son deuxième album avec Michel Legrand. Legrand présente Claude à Canetti, le directeur de Philips. Dans un premier temps Canetti cède refuse puis il cède. Le film de Marcel Pagnol « Manon des sources » inspire à Claude « Une petite fille ». Il s’agit de son premier succès populaire. Il écrit le « Rouge et le noir » après avoir vu une grosse publicité pour un apéritif alors qu’il était avec Gainsbourg. Gainsbourg devait composer la musique mais s’est désisté et c’est Michel Legrand qui l’a remplacé. Audiberti est heureux du succès de son protégé, il aime « Le rouge et le noir ». Les médias s’intéressent de près au nouveau phénomène. Durant toute sa carrière, Claude gardera une certaine distance à l’égard des journalistes. André Salvet le reçoit pour la première fois à la télé dans le cadre de l’émission « Le magazine de la chanson ». Claude chante « Le cinéma » et « Une petite fille ». Au mois de janvier 1963, Nougaro reçoit le Grand prix du disque à l’Hôtel de ville. Sa fille, Cécile, naît le 30 mai 1962. Comme il le déclare à de nombreuses reprises, son ambition est d’être représentatif de son époque, il cherche à exprimer l’air du temps avec ses fièvres, ses problèmes et ses bonheurs. Il chante à Bruxelles en première partie de Piaf. En 1963, l’organiste Eddy Louiss rejoint le groupe de Nougaro. Le 10 juin 1963, Nougaro a un accident de voiture. Il a le fémur cassé en deux parties. Après quelques semaines à l’hôpital de Roanne, Claude est de retour à la maison, à Paris. Evoquant cet accident, Claude écrit la chanson « Pauvre Nougaro ». Il chante à l’Olympia en novembre 1963. Juin 1964, Nougaro signe son troisième album. Il ne rencontre par le succès du deuxième. Nougaro fréquente l’alcool. C’est une manie qu’il a rencontrée dès l’âge de 4 ans en éclusant tous les verres que les amis de son père avaient laissés sur la table après une soirée. La rencontre avec le haschich sera plus tardive, dans les années 60, avec ses musiciens. En octobre 1964, Nougaro retourne à l’Olympia en vedette américaine de Dalida. Il recueille plus de succès que la chanteuse, ce qui provoque chez elle un certain agacement. La même année il découvre le Québec et New-York. Le 10 juillet 1965, Nougaro apprend la mort de son maître, Audiberti. Il est bouleversé. Arrivé à Cannes, il commence à écrire des poèmes sur les murs de sa suite. Claude lui rend hommage avec « La chanson pour le maçon ». La maison natale d’Audiberti est achetée par un antiquaire qui mettra à disposition de Claude la chambre où est né le poète. Nougaro n’a jamais envisagé une carrière d’écrivain. Il n’aurait probablement rien écrit s’il n’avait pas chanté. Nougaro part en vacances à l’île de Ré où son père possède une maison. Il écrit son nouvel album. Il écrit « L’amour sorcier » sa première chanson inspirée par l’Afrique. Il signe sa première mélodie pour « Côte d’Azur ». Il adopte le Blue rondo à la Turk qui devient « A bout de souffle ». Dans ce nouvel album il y a « Armstrong », « Sing sing » et « Bidonville », son premier choc musical avec le Brésil. Nougaro rencontre le guitariste brésilien Baden Powell. Jusqu’en 1968, Nougaro va vivre une période de pénombre, car ses chansons semblent moins bien perçues par le grand public. En novembre 1967, Nougaro publie un nouvel album « Petit taureau ». La perle rose de cet album est « Toulouse », un titre devenu légendaire. Sorte d’hymne à son enfance. Cette chanson n’a pas inspiré Maurice Vander qui n’en voyait pas l’aboutissement et a laissé Christian Chevallier la terminer. La maison de disques de Nougaro, Philips, est prise de dépit. Les gens de Philips disaient : « On s’en fout de Toulouse, cette chanson n’intéresse personne en dehors des gens de la Garonne ».
En 1968, Nougaro enregistre « Paris mai » une ode à la liberté et aux événements qui viennent de secouer la capitale. Elle sera interdite d’antenne. Mais pour Nougaro ce n’était pas une chanson engagée. En mai 68, sa soeur Hélène, qui faisait des études d’anglais à Rennes, débarque chez son grand frère à Paris. Claude vit avec sa nouvelle femme, Odette d’origine arménienne qui lui inspire la chanson homonyme. Elle lui donnera deux filles, Fanny et Théà. Hélène ouvre les lettres de son frère qu’il a laissées telles quelles. Elle y passe des nuits blanches. En 1974, après être parti à Rennes finir ses études, Hélène revient à Paris pour s’occuper des affaires de son frère. Elle fonde les Editions du Chiffre Neuf. En juin 68, Nougaro fait une tournée triomphale en Algérie. A son retour, Claude enregistre « La pluie fait des claquettes ». 27 janvier 1969, Claude retourne à l’Olympia pour un musicorama. Il sort son premier album en public : « Une soirée avec Claude Nougaro ».
Locomotive d’or (1970-1974)
Nougaro remonte sur les planches pour 3 semaines à Bobino en avril 1971. Claude a travaillé durant une partie de sa vie dans de si mauvaises conditions qu’il apprécie de se produire dans des lieux plus accueillants. Il lui est arrivé de donner des tours de chant sur des terrains de football avec, devant ses yeux ébahis, une bande de jeunes gens mâchouillant du chewin-gum et le considérant avec mépris. A Bobino, Nougaro fait appel au quator à cordes de Catherine Lara. Il interprète quelques chansons de son album « Soeur âme ». A l’occasion de l’enregistrement de ce disque, Nougaro rencontre Jean-Claude Vannier. A cette époque, Nougaro rencontre également Richard Bohringer avec qui il s’offre des poivrades sympathiques dans tout Paris. Nougaro fréquente aussi le peintre Raymond Moretti. En septembre 1973, Nougaro sort son nouvel album « Locomotive d’or ». Le titre éponyme est composé avec le percussionniste ivoirien Youla Fodé. Sur cet album il y a aussi « Dansez sur moi » adapté de « Girl talk » du trompettiste Neal Hefti.
Du 30 octobre au 17 novembre 1973, la tribu Nougaro envahit le théâtre de la ville pour trois semaines sous le signe de l’Afrique. En mai 1974, Nougaro sort « Récréation ». Il y rend hommage à Brassens, Brel, Trenet, Prévert, Chevalier, Mouloudji, Legrand, Delmet, Ferré et Gainsbourg. « Récréation » sera mis en image pour la télévision par Jean-Christophe Averty. Chaque chanson est précédée d’un petit poème signé Nougaro concernant les artistes évoqués. En septembre 74, Claude et sa soeur Hélène fondent les Editions du Chiffre 9 pour gagner une plus grande indépendance.
Brésilien la nuit est belle (1975-1979)
Claude Nougaro ajoute des couleurs brésiliennes à son répertoire. Il chante le 11 mars 1974 à l’Olympia avec en première partie le duo brésilien Téca et Ricardo. Nougaro crée un spectacle inspiré du Brésil programmé à l’Olympia à partir du 24 septembre et jusqu’au 3 novembre 1974. Le duo brésilien est toujours en première partie. En deuxième partie, Baden Powel interprète ses compositions à la guitare. La troisième partie est assurée par Claude sur un rythme d’enfer. Claude a rencontré Marcia, une Brésilienne au visage très pur. Il lui dédie « Marcia martienne ». Ils se marient sur un bateau-mouche. Ils ont un fils prénommé Pablo. En 1975, Nougaro quitte Philips pour Barclay. Eddie Barclay aura toujours des rapports très amicaux avec Nougaro. « Femmes et famines » est le premier album de Nougaro qui sort chez Barclay en 1976. Claude y célèbre le couple à travers ses chansons. Il emmène sa femme à l’île de Ré et écrit une chanson sur ce lieu de vacances. Nougaro rencontre l’accordéoniste Richard Galliano qui rejoint son groupe. En 1977, Nougaro sort « Plume d’ange ». L’album contient un poème fantastique conté par Claude. Ce conte est habillé par la sensibilité musicale de Jean-Claude Vannier. A la même époque, Nougaro écrit un autre texte intitulé « Victor », sorte de poème lyrique inspiré par un conte fantastique d’Alphonse Daudet, « L’homme à la cervelle d’or ». Ce texte n’est présent que sur le live de 1977 à l’Olympia où chante Nougaro du 22 février au 21 mars. Nougaro illustre son poème « Victor » en projetant sur les murs de l’Olympia des diapositives réalisées à partir des toiles de Daniel Estrade qu’il a connu à Luchon en 1971. Le public est interloqué et manifeste sa désapprobation. En 1978, Claude sort « Tu verras » l’album est disque d’or et obtient le prix spécial de la chanson française de l’Académie Charles Cros. Nougaro adapte Round midnight de Thelonious Monk et rend hommage au fère de Maurice Vander « Quand Freddy est parti ». En juillet 1978, Nougaro signe la bande originale du film « L’ordre et la sécurité du monde » de Claude d’Anna, avec un poème de Jacques Audiberti : « Nous n’avons pas de passeport ». Du 27 février au 11 mars 1979 Nougaro retourne à l’Olympia.
Un Newgaro very nice (1980-1983)
Claude sort l’album « Assez » sur lequel figure la chanson « Le coq et la pendule ». Quand Maurice Vander a composé la musique cela s’appelait « Mélodie pour Nadine » (Nadine est le deuxième prénom de la femme de Vander). En 1980, Maurice Vander et Claude Nougaro se quittent brutalement. Une histoire de gros sous, un désir d’aborder de nouveaux horizons musicaux, de côtoyer d’autres artistes. Claude reçoit le Grand Prix des arts et lettres au Ministère de la Culture.Nougaro prépare son nouvel album avec Richard Galliano et Bernard Arcadio qui remplace Vander. L’album « chansons nettes » sort en janvier 1981 on y trouve « Rimes ». Claude chante de nouveau à l’Olympia du 3 février 1981 au 1er mars 1981. Il chante également au New-Morning et un disque live en sera tiré. En mars 1982, Claude signe la bande originale du film « T’empêches tout le monde de dormir » de son ami Gérard Lauzier. Lauzier voulait faire tourner Claude mais il le trouvait trop typé. Pourtant Nougaro jouera dans « Shangaî skipper » un téléfilm policier en 1984.
En 1983, Nougaro sort l’album « Ami chemin ». Yves Mathieu, son « vivi » du Lapin agile, ami de longue date de Nougaro, évoque la notion d’amitié chez Claude : « Avec Claude, l’amitié se définit de la manière suivante : pouvoir rester avec quelqu’un sans se parler ». Sur son nouvel album, on trouve « Allée des brouillards. Cette chanson évoquant la vieillesse chez la femme avait été proposée à Diane Dufresne qui l’avait refusée. Nougaro joue au Palais des Sports du 24 mai au 4 juin 1983.
« Bleu blanc blues » l’hymne du Nougaro trio (1984-1986)
Nougaro renoue avec Maurice Vander. Il veut monter un trio de jazz avec Vander, le contre-bassiste Pierre Michelot et le percussionniste Bernad Lubat. Un premier concert est donné au Printemps de Bourges en 1984. Ils jouent à l’Olympia en 1985 puis partent en Afrique à l’invitation de Fred Hidalgo créateur de la revue « Paroles et musique ». C’est lors de cette tournée que Nougaro rencontre Hélène sa dernière femme à la Réunion. Il avait mal au dos, elle était kiné. Il dit d’elle : « Hélène est pour moi le grand amour de ma vie. Jusqu’à présent, j’avais rencontré les femmes de ma vie, avec elle j’ai enfin rencontré la femme de ma mort ». Ils s’uniront dix ans plus tard, le 12 avril 1994 à Toulouse. En 1985, sort l’album « Bleu, blanc, blues ». Nougaro dédie la chanson « Prof de lettres » à son ami Christian Laborde. Les ventes de l’album sont modestes. La direction de Barclay, avec à sa tête Philippe Constantin, décide de voter démocratiquement pour savoir s’ils gardent ou non le chanteur. Le verdict tombe : Nougaro est remercié. Mick Lanaro, ingénieur du son pour Brel, Ferrat, Ferré et devenu producteur s’occupe de Nougaro qui ne va pas bien. Il a l’idée de l’amener à New York. En attendant le trio de Nougaro continue sa tournée en Afrique. De retour en France à la fin de l’année 1986, le trio offre un dernier concert parisien au Petit Journal Montparnasse. Avant de partir pour New York, Nougaro chante à Toulouse sur le toit du Capitole devant 40 000 personnes le 14 mars 1987. Il a chanté une chanson jamais enregistrée « Tolosa carnaval ».
C’est pas du Ronsard c’est de l’amerloc (1987-1990)
Claude vend sa maison de l’avenue Junot et décolle pour l’Amérique avec Hélène. Il a emporté trois numéros de téléphone. Le premier est celui de Sue Mingus, la veuve du célèbre bassiste. Cette charmante dame lui a prêté généreusement son appartement situé au 43è étage d’un hôtel appartenant à la mairie de New-York. Cet immeuble de Manhattan Plazza est uniquement occupé par des musiciens classiques ou de jazz. Le deuxième numéro de téléphone lui a été donné par Bernard Bano Robles. Il s’agit des coordonnées de la photographe française Martine Barrat spécialisée dans les photos de boxe et les prises de vue de Harlem. Nougaro est influencé par Harlem et adopte Fable of Faubus de Mingus pour la chanson « Harlem ». Il rencontre, Philippe Saisse, un Marseillais de 30 ans, un génie des synthétiseurs. Mick Lanaro lui a conseillé ce troisième contact à New-York. Saisse a une formation de percussionniste et de pianiste et a travaillé avec Al Jarreau et Chaka Khan. Nougaro lui présente le projet d’un album qu’il a déjà intitulé « Nougayork ». Le lendemain, Saisse commence à jouer l’intro au synthé et Claude retravaille une dernière fois le texte qu’il vient d’écrire sur la table de la salle à manger de Charles Mingus. La chanson « Nougayork » est composée en une journée. De retour à Paris, Claude fait écouter les maquettes à Mick Lanaro. Cela lui plaît mais il sait que ça ne plaît pas à l’entourage de Nougaro. WEA a signé un contrat à Nougaro sur la présentation de deux titres « Nougayork » et « Ryth’n flouze ». « Il faut tourner la page » est la seule chanson dont les paroles étaient déjà écrites avant que Claude arrive à Manhattan. Marcus Miller était passé dans le studio pour saluer Saisse et il a accepté de jouer sur « un écureuil à Central Park ». Nougaro en est resté ébahi. « Nougayork » a ouvert à Claude un public qu’il n’avait pas. « Nougayork » sort en septembre 1987 et se vend rapidement à 400 000 exemplaires. La maison Barclay lui envoie un télégramme : « Tant pis pour nous, nous nous sommes trompés, bravo ».
En 1988 sort l’album « Pacifique » qu’il a enregistré à Los Angeles. Michel Colombier, le célèbre compositeur français a collaboré à ce disque. Il a travaillé avec Prince et Gainsbourg. Nougaro a perdu son père le 26 octobre 1988 et lui a rendu hommage sur la chanson « Toi là-haut ». Le 19 novembre 1988, il reçoit la Victoire de la musique du meilleur artiste masculin de l’année et du meilleur album pour « Nougayork ». La même année, la SACEM lui décerne le Grand Prix de la chanson française. Du 18 au 30 avril 1989, Nougaro chante au Zénith de Paris. Un disque et une vidéo en sont tirés. Nougaro finit sa tournée avec ses musiciens états-uniens à l’Olympia en février 1990.
La voix de l’enfant phare (1991-1999)
Après avoir vu William sheller seul au pinao, Nougaro a l’idée d’un spectacle épuré, ce sera la tournée « une voix dix doigts » avec Maurice Vander. Il revisite ses anciennes chansons avec son vieil ami. Il y aura 222 concerts. L’Olympia les accueille du 21 janvier au 12 février 1992. Il y a deux nouvelles chansons « Tendre » et « Les mots ». En 1993, Nougaro enregistre l’album « Chansongs » produit par Mick lanaro. On y trouve un tango rock « Vie violence » composé par Richard Galliano. Nougaro écrit avec Didier Lockwood une chanson pour Hélène « L’Irlandaise ». Il travaille avec l’Africain Ray Lema pour un hommage à sa terre natale « C’est une Garonne ».
En 1996, Claude crée le festival Garonne pour déelopper l’expression artistique toulousaine. Nougaro part en tournée avec Maurice Vander et les musiciens de Didier Lockwood. Ils retrouvent l’Olympia en novembre 1994. La tournée est stoppée car Claude subit un pontage coronarien en avril 1995. En 1997, sort l’album « L’enfant phare ». Il a travaillé avec le pianiste Arnaud Dunoyer de Segonzac qui a intégré la troupe habituelle. Nougaro chante ses nouvelles chansons en octobre 1997 au Casino de Paris. En 1998, Nougaro chante au bord de la Garonne un concert qui donne lieu à une vidéo et un live intitulé « Hombre et lumière ». Il reçoit la Légion d’honneur et l’Ordre national du mérite le 23 mars 1998 décerné au Lapin agile.
Embarquement immédiat
En 1997, Nougaro souhaite revendre son catalogue éditorial pour des raisons personnelles. Claude passe par une phase de remise en question professionnelle. « L’enfant phare » ne s’est pas bien vendu. Nougaro rencontre Yvan Cassar, arrangeur de Johnny Hallyday. Claude lui propose d’arranger deux chansons pour une émission avec l’orchestre symphonique de Toulouse. Yvan s’attaque à Vie Violence et à Toulouse. Le résultat est concluant. Claude décide alors de lui confier la réalisation de son nouvel album « Embarquement immédiat ». Cassar compose la moitié de l’album et Nougaro l’autre moitié. Fruit de trois années de travail d’écriture, l’album se dessine en trois axes : le retour au jazz, aux percussions verbales africaines et aux harmonies classiques. Nougaro présente ses nouvelles chansons au Palais des Congrès de Paris.
01 décembre 2009
Histoires d'extraterrestres II
Formule en blanc par Arthur Sellings
Fletcher a heurté quelqu’un avec sa voiture. Il a freiné et surpris, n‘a pas vu de victime sur la route. Il croit voir un python derrière un arbre mais c’est un homme qui sort de cet endroit. L’homme s’appelle Lewis. Fletcher demande à Lewis de l’aider à chercher la victime mais ils ne trouvent rien. Fletcher veut emmener Lewis avec lui pour qu’il soit témoin mais Lewis disparaît. Alors un cerf apparaît puis l’animal redevient homme pour décocher un coup de poing à Fletcher. Fletcher se défend et ne laisse pas à l’autre le temps de prendre une forme différente. Fletcher prend l’homme et l’enferme dans son coffre. Fletcher est psychiatre et a amené l’homme chez lui pour qu’il lui donne des explications de ce qui s’est passé. Lewis dit qu’il ne sait pas ce qui se passe. Il a peur que Fletcher parle de son cas au public mais Fletcher rit car il sait que personne ne le croirait. Lewis ne se souvient pas de son passé. Il se souvient juste d’avoir été trouvé dans les bois par un ouvrier il y a trois ans. Il est devenu ouvrier et a gagne de l’argent après il est venu à Sanderville pour savoir qui il est. Il a lu plein de livres de médecine, de mythologie, de sciences occultes pour comprendre son cas mais en vain. Quand il était ouvrier, Lewis a eu un accident et pour échapper à la mort il s’est transformé en puma puis est redevenu homme pour retourner au boulot. Personne n’a remarqué l’incident. Ce don ne marche pas volontairement mais comme réflexe. Lewis pense qu’il est venu d’une autre monde. Il pense qu’il a subi un accident qui lui a fait perdre la mémoire et sa forme primitive. Il a peur de redevenir ce qu’il était au cas où il avait une mission hostile à accomplir. Il veut que Fletcher l’aide à redevenir ce qu’il était mais a peur que ça finisse mal. Fletcher essaye la narco-analyse avec Lewis mais celui-ci ne fournit aucune réponse. En revanche Lewis obéit aux ondes de Fletcher quand le psychiatre lui demande de se transformer en chien. Alors Fletcher ordonne à Lewis d’autres transformations quand il n’est pas conscient mais la mémoire de son patient ne réagit pas. Au bout de quinze jours d’essais, Fletcher veut abandonner. Le psychiatre décide alors d’aller en Oregon pour trouver des indices. Il tombe sur l’ouvrier qui a rencontré Lewis. Il s’appelle Brannigan et raconte avoir trouvé Lewis nu et l’avoir fait examiner par un médecin. Fletcher veut savoir si Brannigan n’a pas trouvé quelque chose de spécial après la découverte de Lewis. Mais l’ouvrier n’a rien trouvé. Fletcher réfléchit dans l’avion du retour et décide de mettre une fois encore Lewis en lethargie pour le pousser à se transformer. Cela fonctionne. Alors Lewis retrouve sa mémoire. Il s’appelle en réalité Ruvil. Il était déjà amnésique quand les siens l’ont abandonné. Ruvil a été abandonné pour une raison quelconque mais les siens ne l’ont pas tué car ils étaient trop civilisés pour cela. Alors ils ont effacé sa mémoire. Ruvil était membre d’une des familles dynastiques de Varn, sa planète et s’il a été banni c’est à cause d’une conspiration de palais. Ruvil était semble-t-il une femme et Fletcher lui a fait retrouver sa forme.
L’étrange cas de John Kingman par Murray Leinster
Tout commence lorsque le docteur Braden s’avise d’éplucher la fiche signalétique de John Kingman. La fiche est incomplète, il manque la date d’admission à l’hôpital et les événements qui ont conduit à son internement. Braden veut essayer sur Kingsman le traitement par choc eurphorisant de Jantzen. Kingman est d’un âge indéterminé (entre 40 et 60 ans). Il a six doigts à chaque main. Il ignore délibérément tout de l’humanité et de ses activités. Un assistant de Braden a fouillé les registres des trente dernières années et il n’a pas trouvé la date d’entrée de Kingsman. Il est là depuis au moins 1850 ! Kingman dessine un croquis pour Braden.Le psy pense que cela ressemble à un schéma de physique. Braden va vérifier les registres et constate que le nom de Kingman appraît dès 1850. Il en conclut que ce nom est un passe-partout pour désigner les patients anonymes. Mais il n’y croit pas lui-même puisque dès 1853, il a été constaté que Kingman avait six doigts par main. Alors Braden va dans le musée de l’hôpital et découvre que Kingman était déjà signalé en 1786. Il a été admis cette année-là. On lui a donné le nom de Kingman à cause de la ridicule dignité qu’il affecte. Il a été interné et déclaré comme fou. Alors Kingman est mené dans le laboratoire de l’hôpital pour être examiné. Kingman dessine alors un schéma d’appareil à rayons X mais en beaucoup plus perfectionné que celui de l’époque où il vit et le technicien qui regarde le croquis en est soufflé. Braden découvre que la température corporelle de Kingman est de 42 degrés, son pouls est de 150 pulsations par minute, il a deux coeurs, trois paires de côte supplémentaires et quatre vertèbres en surnombre. Kingman dessine encore des croquis qui représentent la strucuture atomique des corps fissiles. Le rapport de l’hôpital signale que Kingman a été vu pour la première fois le 10 avril 1786. Il était habillé de très étrange façon avec des vêtements soyeux. LA nuit précédente, il y a eu une pluie d’étoiles filantes géantes. Kingman avait montré un mépris pour toute la populace qui l’entourait et encore plus après avoir essayé de communiquer à l’aide d’un croquis que personne ne comprit. Comme il était hostile à la foule il fut interné. Braden comprend que Kingman est un être supérieur mais paranoïaque car il s’enferme dans on silence dans une contemplation de sa propre grandeur. Un envoyé de Washington vient prendre des informations auprès de Braden qui confirme que Kingman n’est pas un être humain. Braden pense que c’est un extra-terrestre à cause du rapport relatant la pluie d’étoiles filantes. L’homme de Washington pense que Kingman était déjà déséquilibré en 1786 et qu’il a fui les siens à l’époque. Alors, Braden veut guérir Kingman avec la thérapie Jantzen qui associe des drogues hallucinogènes aux euphorisants. L’homme de Washington fait surveiller l’hôpital de peur que les connaissances de Kingman tombent en de mauvaises mains. Les Terriens viennent enfin de se rendre compte des connaissances de Kingman et celui-ci jubile. Mais méprisant, il ne livre qu’une formule meurtrière. Il a donné une formule meurtrière pour être adoré comme un dieu. Mais Braden prévient les savants que Kingman est un paranoïaque et qu’il faut se méfier de ce qu’il donne car un parano est susceptible de faire n’importe quoi pour prouver son importance. Les savants essayent quand même la formule de Kingman mais avec des doses microscopiques de corps fissiles. Cela détruit tout sur une zone de cinquante mètres et cela amène une décision radicale sur le sort de Kingman. Il est fou. Braden renonce à le guérir ne sachant ce qui peut en résulter. Mais le président des Etats-Unis impose un traitement à Kingman. Braden obéit. Après le traitement, Kingman reste pratiquement inconscient pendant trois semaines et sa crise convulsive se poursuit deux jours durant. Son coma reste profond. On le croit mort. Mais après trois semaines il se réveille et quelques jours plus tard il parle. Il a perdu sa superbe et apprend l’anglais. Il n’est plus paranoïque. Il n’est pas particulièrement brillant mais d’intelligence moyenne. Il est devenu amnésique. Il s’est réfugié dans son enfance c’est pourquoi son QI plafonne à 90 alors qu’il devait être astronomique. Alors les savants le laissent en paix. Il travaille au département des archives de l’hôpital. Il est méticuleux et heureux. Toutefois il est surveillé.
Une date à retenir.
Bell lit son journal quand Mick l’appelle au téléphone. Il ne veut pas sortir et sa femme lui conseille de ne pas se défiler alors il cède. Bell est ami avec Michael Grahame depuis vingt ans. Mick est psychiatre. La santé morale et la force de Mick résident dans le fait qu’il semble ne jamais rien désirer et qu’il n’a jamais peur de donner. Comme il n’attend rien du monde, le monde est devenu son ami et lui prodigue richesse et honneurs. Belle a eu une carrière différente. Pour s’élever dans le milieu de l’édition, il a dû faire face à une vive opposition. Mich a appelé son ami pour lui parler de son dernier livre qu’il écrit depuis quinze ans. Il l’a intitulé « L’homme entier ». Mais Bell, après avoir regardé le manuscrit, avoue à son ami que ce livre coûterait cher à fabriquer et ne se vendrait pas. Il pense que sa maison d’édition n’est pas en mesure d’assumer ces frais. Mais Mick veut le convaincre que son livre sera un best-seller et donnera à Belle l’occasion de faire fortune. Mick est sûr que son livre lui donnera une réputation mondiale. Mick pense pouvoir rendre l’homme optimiste et le sauver de la guerre froide mais Bell n’est pas convaincu. Mick lance le journal à Bell pour lui faire lire un article sur un Russe qui prétend que les extraterrestres sont venus sur Terre en 1908 à Tungus en Sibérie. Le vaisseau aurait éclaté et provoqué l’énorme explosion. Mick pense qu’il y a de la vie sur Mars. Quand Bell veut s’en aller, Mich lui donne un gros chèque pour financer l’édition du livre. Bell accepte et veut bien rester encore. Alors Mich parle de la visite des extraterrestre. Pour lui les humains évoluent tout en fonction de la puissance. Lorsque deux races différentes coexistent, l’une doit forcément dominer l’autre. C’est la maladie mentale qu’analyse son livre, le complexe de puissance. Chacun veut que les autres acceptent ses croyances et soient inoffensifs pour lui. Mich pense que si les Martiens venaient sur Terre et y restaient pendant un certain temps, il se créeraient inévitablement entre eux et l’homme, un état de tension et probablement de conflit. Bell pense que si les Martiens étaient plus civilisés que nous, ils enverraient certainement d’abord des missionnaires pour nous tirer de notre ignorance. Mich pense que les extraterrestres sont arrivés ici furtivement, qu’il se sont installés pour nous observer furtivement et qu’ils ont laissé des missionnaires pour nous éduquer sans que nous nous en apercevions. Les extraterrestres s’incarneraient dans les grands écrivains et les grands savants tout au long des siècles. Belle commence à douter du bon sens de son ami et se demande s’il n’aurait pas besoin d’un psy. La femme de Bell téléphone. Elle annonce à son mari que les douleurs ont commencé. Il faut qu’il rentre tout de suite. La femme de Bell a accouché sans problèmes d’un garçon. Mais en lisant le journal Bell apprend que son ami Mich a eu un accident et est mort. Il est abattu. Le fils de Bell est né au même moment où Mich mourait. C’est donc que Mich s’est réincarné dans le fils de Belle et qu’il était un extraterrestre. « L’homme entier » est un best-seller et fait la fortune de Bell. La femme de Bell remarque que leur enfant ressemble à Mich.
Cher démon par Eric Franck Russell
Les Martiens arrivent sur Terre. Ils ont la peau bleue et une apparence cauchemardesque. Le capitaine martien Skhiva se tourne vers son équipage et communique à l’aide de son tentacule à signaux. Il l’autorise à sortir du vaisseau. Le poète Fander remarque que la Terre est une planète blessée. Fander veut visiter la Terre mais Skhiva ne comprend pas ce qu’il cherche car la planète semble détruite. Les Martiens ne comprennent pas ce qui a détruit la Terre. Ils veulent aller visiter Vénus. Mais Fander veut rester car il a relevé un peu de beauté. Il dessine ce qu’il a vu et le montre à Skhiva qui accepte de laisser le poète sur Terre. Les Martiens soupçonnent les Terriens d’avoir détruit eux-mêmes leur planète. Skhiva en est effrayé. Fander reste seul sur Terre alors il s’installe sur une colline. Fander visite des ruines qui ne lui donnent qu’une indication : la rigueur des conteurs prouve que les habitants avaient été ordonnés et méthodiques. Alors il rentre dans sa colline et cherche la consolation dans la contemplation de la chose qui possède de la beauté. Il lui arrive de voir de nombreux animaux isolés ou en troupes mais aucun ne ressemble à une des formes de vie de Mars. Le 70è jour, il en capture un qui s’évanouit. Le Terrien surnomme Sander, le « démon » mais Fander est patient, il veut apprivoiser le Terrien en lui apportant à manger. Fander joue de la harpe pour amadouer le Terrien. Puis Fander propose sa harpe au Terrien qui accepte d’en jouer. Puis un jour, le Terrien accepte le tentacule que Fander lui tend et le Terrien le serre. Fander communique ses pensées au Terrien à travers son tentacule. Mais le garçon lâche prise et se met à pousser des gémissements à demi étouffés. Puis, avec le temps, Fander arrive à communiquer avec le garçon. Le garçon s’appelle Agile. Il a été abandonné par ses parents. Il accepte d’amener Fander vers les autres enfants. Fander amène Agile sur son traîneau volant. Agile montre des animaux à Fander en lui disant qu’ils sont bons à manger et le Artien est écoeuré d’apprendre que les Terriens soient des mangeurs de chair. Fander capture d’autres enfants mais un homme lui tire dessus. Agile explique au Martien que c’est un adulte mais pas un parent à lui. Les adultes vivent éloignés des enfants de peur de leur transmettre une maladie liée à la catastrophe qui a eu lieu. Fander demande à Agile de préparer les petites filles capturées à voir un Martien. Fander fabrique des poupées pour amadouer les fillettes. Il voit des chiens sauvages essayer de l’attaquer mais il s’envole rapidement sur son traîneau. Les chiens sont abattus par Grison, l’homme qui avait tiré sur Fander. Grison accepte de communiquer avec le Martien. Fander explique à Grison qu’il veut aider les Terriens pour qu’ils aident à leur tour les Martien car ils ont besoin d’êtres intelligents car leurs ressources sont réduites. Grison apprend à Fander que la Terre a été détruite par la guerre déclenchée il y a deux générations à cause de la surpopulation. Une maladie a été inventée pendant la guerre pour tuer des hommes. Elle tue en 48 heures. Fander a de la compassion pour Grison et il lui dit qu’il est seul comme lui. Grison ne sait pas que Fander est seul par choix. Il explique à Fander que les gens se refusent à se réunir en nombre importants. Ils restent en groupements familiaux jusqu’à ce que la peste les disperse. Alors ils abandonnent les enfants. Quand une personne attrape la maladie, elle s’éloigne en rampant et c’est seule qu’elle rend le dernier soupir. Fander veut vire parmi les hommes en prenant le risque d’attraper le peste. Grison le prévient qu’il l’abattra et l’éloignera des enfants si cela arrive. Fander a été admis par les humains. Il leur joue de la harpe et les emmène sur son traîneau. Il se concentre sur les sept aînés. Il les instruits, leur enseigne que la peur de la maladie et de la mort peut devenir un dogme de ségrégation des gens s’ils ne parviennent pas à la surmonter dans leurs âmes. Il leur enseigne que la mort est la mort, un événement à accepter avec philosophie. Il leur apprend aussi à chanter en groupe. L’aîné des garçons appelé Rouquin va trouver Fander pour lui demander de faire marcher sa machine à nourriture. Il sait comment elle marche mais veut l’autorisation de s’en servir. Fander accepte. Rouquin devient le premier homme à faire fonctionner et à entretenir le prémasticateur martien. Il répare la machine sept ans plus tard. Cinq ans après, il la rend plus rapide. En vingt ans, il en fabrique une deuxième puis d’autres encore. Agile et deux autres garçons, Noiraud et Esgourde apprennent à utiliser le traîneau. Fander espère qu’ils sauront en construire d’autres. Grison apprend le maniement du fusil aux garçons. Il leur explique également comment on fait les bébés. Fander a appris la même chose aux filles en leur expliquant que c’est la poésie entre deux personnes. 12 ans après l’arrivée de Fander sur Terre, les événements se bousculent. Les ainés rechargent le traîneau en se fondant sur les améliorations apportées par Rouquin au prémasticateur. Ils s’ne servent pour visiter les ruines lointaines à la recherche de débris métalliques en vue de construire d’autres traîneaux volants. Ils trouvent des gens qui acceptent de se joindre à eux et adoptent Fander. Ils construisent une maison en pierre offerte à Noiraud et sa fiancée Douce. Le couple se marie selon les anciens rites conservés par un adulte. Vers la fin de l’été, Agile ramène des Asiatiques. Comme ils parlent une autre langue c’est Fander qui sert d’interprète par télépathie. Il y a un vieil homme, un garçon et quatre filles calmes, timides et très belles. Agile en épouse une qui s’appelle Bijou Précieux Ling. Fander a noté la différence ethnique entre les Blancs et les Asiatiques et demande à Grison si c’est la source de la guerre mais Grison ne sait pas. Fander espère que tous les gens qui restent sur la Terre puissent se ressembler, se reproduire et avoir des enfants moins différents pour se ressembler et n’être que des terriens. Ils parleraient tous la même langue et auraient la même culture. Fander se sent dépassé car les hommes reconstruisent une société rapidement. Alors Fander réalise une oeuvre à partir d’une chose de beauté qu’il a trouvée sur Terre et fait graver un de ses poèmes dessus. Les Terriens se recueillent devant cette oeuvre ce qui provoque un raidissement de leur résolution et de leur sérieux. Au bout de la 14è année qui suit l’arrivée de Fander, les Terriens sont malades et couverts de taches. Cela provoque des troubles car certains veulent fuir alors que Grison et les siens veulent rester. Ce n’était qu’une épidémie de rougeole et tout le monde guérit. Le moral remonte et la nouvelle société progresse. Au cours de la vingtième année Rouquin a réussi à fabriquer une réplique du masticateur et huit mille maisons se dressent sur la colline. Certaines espèces comme les chèvres, les buffles et les chiens ont survécu et d’autres ont disparu comme les chevaux et les félins. Un hôpital a été construit. Fander est maintenant un être du passé. Il ne lui reste d’autres raisons de vivre que ses chansons et l’affection de son entourage. A la fin de l’année on enterre Grison. L’année suivante, Fander convoque ses amis pour leur annoncer son Amafa, son hibernation et ne sait combien de temps elle va durer. Alors il se réfugie dans la colline où il est arrivé. Personne ne doit venir le déranger. D’autres Martiens arrivent sous le commandement du capitaine Ridna. Ils sont surpris de voir un de leurs traineaux volants sur Terre. Pourtant des humains se trouvent dans ce traineau et les Martiens ne s’attendaient pas à ça croyant la Terre détruite. Les Martiens réalisent que les Terriens n’ont pas peur d’eux. Ridna est acccueilli par Agile qui saisit le tentacule du Martien. Les Martiens admirent la chose de beauté. C’est une grande statue de pierre représentant une femelle de la Terre avec le poème de Fander. Ridna veut savoir qui a écrit le poème et Agile parle de Fander qui est mort depuis deux ans. Mais Fander est soigné par les Martiens et sort vivant de son Amafa.
L’étranger par Ward Moore
Nan est la troisième fille Maxill. On l’appelle la « coureuse » à Henryton. Elle a été vue flirtant dans des autos avec différents garçons et elle est mineure. Personne n’ose avertir son père qui fait déguerpir les gens avec son fusil. L’étranger a été trouvé par Josey dans le pâturage sud. Josey est une timide gamine de onze ans, qui a fui les humains à sept ans à cause d’une tache de naissance sur la joue gauche aggravée par presque toutes les affections possibles de l’épiderme. Elle est devenue une sauvageonne. Josey n’a pas fui en voyant l’étranger. Il n’avait pas l’air différent. Il était juste étrangement vêtu. Josey est aussi une Maxill. Elle dit à l’étranger que son père a un fusil et qu’il ferait mieux de s’ena ller. Pourtant Josey amène l’étranger chez elle et le prséente à sa soeur Nan. Il n’arrête pas de fredonner mais ne parle pas. Nan propose à l’Etranger un chausson aux pommes mais il reste impassible. Josey a perdu sa tache car l’étranger lui a touché la joue. Nan propose du lait à l’étranger mais après avoir bu il se met à étouffer et à cracher. Nan remarque que l’étranger a huit doigts au lieu de dix. Nan essaye alors de reproduire le fredonnement de l’étranger. L’étranger est enthousiaste mais les notes qu’il émet s’élèvent à des hauteurs que Nan est incapable d’atteindre. Alors Nan arrête de fredonner et l’étranger, intrigué, en fait autant. Quand Maxill arrive, ses filles prient leur père de laisser l’étranger à la maison et il cède. Maxill veut que l’étranger fasse des travaux alors il l’emmène traire la vache et celle-ci a un meilleur rendement grâce à lui. L’étranger ne mange que du pain et des légumes et ne boit que de l’eau. Les Maxill chantent et jouent de la musique devant l’étranger et le père propose à l’étranger son violon mais il refuse et a peur. Pourtant il arrive à faire sortir de la musique du violon sans le toucher. Maxill amène l’étranger dans son verger pour lui faire couper un arbre. Mais l’étranger se contente de toucher les arbres. Grâce à l’étranger la tache de Josey a disparu, la vache produit plus de lait et les poules plus d’oeufs. Nan réalise que le fredonnement de l’étranger est sa façon de parler. Maxill ramène une radio et tous passent de bons moments à l’écoute de toutes sortes de stations lointaines. Quand le poste est éteint et que l’étranger s’en approche, le haut-parleur diffuse la même sorte de musique que le violon la première nuit. Nan commence à comprendre l’étranger. Elle sent qu’il s’appelle Ash, il est humble et souffre d’un complexe d’infériorité. Il est incapable de faire les choses pour lesquelles sa race est si habile. Il est né fermier alors que les siens sont des philosophes ou des scientifiques. Ses pouvoirs sont ceux dont son espèce avaient eu besoin jadis, faire pousser les choses, combattre la souffrance. Nan peut communiquer avec lui car il a appris son langage. Le maïs de Maxill a poussé grâce à Ash de telle façon qu’un représentant du Ministère de l’Agriculture vient voir ce qui se passe. Maxill vend sa récolte pour un prix qu’il a du mal à croire. Depuis l’arrivée de Ash, les arbres renouvellent leur bois avec rapidité. Ash a fait pousser des pommes, des poires et des pêches. Nan pense que révéler la présence de Ash serait une irréparable erreur car on le ferait souffrir. Maxill achète deux vieilles vaches destinées à la boucherie et Ash les fait rajeunir. Maxill voudrait que Ash fasse la même chose pour les porcs mais Nan explique à son père que Ash ne fera rien qui aboutirait à la mort des animaux comme ce serait le cas s’il faisait grossir les porcs. La récolte de fruits n’est pas suffisante pour Maxill et nan sait que son père lui apparaît maintenant comme un enfant irritable, piquant une colère car quelque chose qu’il désire lui est refusé. Nan a changé depuis l’arrivée de Ash. Elle trouve les gens puérils. Nan veut être aimée de Ash. Elle se marie avec lui deux ans après son arrivée. Ash a apporté la prospérité a Maxill et celui-ci est devenu prétentieux et de plus il n’accepte pas Ash, il se méfie toujours de lui. Il a cédé pour le mariage parce que Nan a menacé de partir avec Ash. Nan a un fils, Ash Maxill fil. Il a huit doigts comme son père. Nan sait que son père sera encore plus hostile à Ash et elle voudrait être indépendante. Maxill a acheté la ferme voisine et engagé des valets de ferme. Il est irrité d’être redevable à Ash. Mais un malheur advient. Maxil est tué dans un accident de voiture et il n’a pas fait de testament. Les soeurs de Nan renoncent à leur part à condition que Nan veuille bien se charger de finir d’élever ses trois jeunes soeurs. Ash doit se faire recenser auprès des autorités militaires mais étant père de famille en exerçant une activité essentielle, il y a peu de chances qu’il soit appelé sous les drapeaux. Avec quatre doigts, il ne peut être reconnu apte à porter une arme. Pendant la guerre, Josey épouse un marin en permission. Ash fils n’est pas handicapé par ses huit doigts et il parle de bonne heure. Il apprend le langage de son père. Après la victoire sur le Japon, les prix redevenus libres, les Maxill gagnent de plus en plus d’argent. Nan veut un autre enfant mais Ash refuse. Pour la première fois elle le sent vraiment étranger. Mais même si elle avait été sûre de ne pas avoir d’enfants, elle aurait choisi d’épouser Ash. Ce qui l’ennuie, c’est l’impossibilité pour Ash de communiquer son art à son fils. Le secret d’Ash le rend vulnérable mais le jeune Ash, dont il n’y a pas de secret à tirer, pourrait sans crainte acomplir des miracles pour le bien de l’humanité. Ash pense que son fils est plus proche de ceux de sa race que de son père et qu’il n’a pas hérité de ses capacités. Mais il a d’autres pouvoirs, il peut guérir des tissus vivants mieux que son père. Mais Ash fils ne veut pas être médecin, il s’intéresse à la mécanique. Nan a 40 ans, elle commence à vieillir et pas son mari et cela l’inquiète. Ash ne vieillit pas et n’est jamais malade mais il n’est pas immortel. Nan imagine les regards et les ricanements qu’auront les gens quand elle aura 50, 60, 70 ans et que son mari en paraîtra toujours 30. Dans sa détresse et son chagrin, Nan fuit la compagnie. Un jour elle entend une musique qui ressemble au fredonnement d’Ash et comprend que les extraterrestres cherchent son mari. Ash pense que sa vit sur Terre a été un échec mais Nan lui rappelle tout ce qu’il a fait de bien. Nan n’est pas heureuse car elle désire un monde où elle n’aurait pas à se cacher et où Ash son fils et ses petits-enfants pourraient améliorer les choses sans provoquer la suspicion et la jalousie. Ash sait que les siens le réclament mais il ne partira pas sur sa planète à moins que Nan ne lui demande. Et pourtant il part et Nan pense que ses récoltes vont péricliter que des rides vont se creuser sur son visage, ses cheveux blanchiront mais elle se dit que la vie continuera et que Ash n’est pas venu pour rien.
Aimables vautours par Isaac Asimov
Il y a quinze ans que les Hurriens stationnent dans la base qu’ils ont installée sur la face cachée de la lune. Pendant ce temps il n’y a pas eu de guerre sur Terre même si les Terriens ont fait exploser des projectiles nucléaires en des points variés de la planète et la stratosphère en a été réchauffée. Devi-en espère être remplacé car il est le quatrième des capitaines qui se sont succédé à la tête de cette expédition colonisatrice. Maintenant que la planète natale a décidé d’envoyer un Archi-administrateur chargé d’étudier personnellement la situation, son remplacement ne tardera sans doute plus. Les Huriens sont petits et ont une queue. Ils sont végétariens. Ils sont les seuls de la galaxie à avoir pu éviter une guerre nucléaire qui a anéanti toutes les espèces intelligentes. Une ville a été bâtie par les Huriens sur la lune. Tout cela pour surveiller les Terriens et se demander pourquoi ils n’ont pas déclenché une guerre nucléaire. Les Huriens ont des valets, les Mauvs qui sont des grands primates intelligents. L’Archi-administrateur arrive. Il veut savoir combien de temps il faudra attendre avant que les Terriens déclenchent la guerre nucléaire. Devi-en ne sait pas mais il a eu le temps d’étudier intensément les Terriens et d’apprendre leurs principaux langages grâce à des messages radio. Devi-er a découvert que les Terriens possèdent l’esprit de compétition. Mais en conclusion de la plus récente guerre à grande échelle, les armes nucléaires se sont développées et la guerre a cessé immédiatement. Après, les Terriens ont continué à développer l’arme nucléaire à un taux inhabituel. Le potentiel de mort s’est élevé avant qu’un conflit nucléaire ait eu une chance de commencer de sorte que les Terriens n’osent pas se risquer à une guerre. Devi-en a compris ce qu’est la guerre froide. L’Archi-administrateur ne veut pas que ça dure sinon plus grandes seront les possibilités de découverte des méthodes de voyages interstéllaires pour les Terriens. Alors, ils se répanderont dans la galaxie avec une énergie hautement compétitive. Alors l’Archi-administrateur veut pousser les Terriens à déclencher leur guerre nucléaire. Il faut pour cela enlever un Terrien et lui extirper des informations. Les Huriens ont colonisé chaque planète où la radio activité a commencé à s’élever et c’est le cas de la Terre. Devi-en a fait capturer un terrien. Il veut qu’aucun mal ne lui soit fait. Les Hurriens ont expliqué au Terrieu ce qu’ils attendent de la Terre et le Terrien est est révulsé. Devi-en observe les changements du Terrien. Sa barbe pousse mais il maigrit et Devi-en ne veut pas en être jugé responsable. Le Terrien veut savoir s’il y a d’autres races dans l’espace et si elles ont toutes eu des guerres nucléaires. Devi-en le confirme. Les Hurriens qui manquent de compétitivité n’ont pas pu provoquer de guerre nucléaire mais ils sont les seuls. Les Huriens se tiennent prêts à agir dès qu’une planète connaît une guerre nucléaire. Ils ont un équipement de décontamination. Ils utilisent la sélection directe et la stérilisation pour rétablir l’élément compétitif parmi les survivants. Ils veulent rendre possible, pour les survivants, une vie heureuse dans une société pacifique, incapable d’expansion et non agressive, placée sous leur contrôle. Les Hurriens font payer leurs services. Le Terrien n’en est pas surpris quand il l’apprend. Les Hurriens espèrent taxer les Terriens en leur prenant leur acier. Ils ont taxé plus d’un million d’espèces comme cela. Alors le Terrien traite les Hurriens de vautours. Ils ne veulent aider personne selon lui sinon les Hurriens préviendraient la guerre. Devi-en a été choqué par les accusations du Terrien et depuis il ne dort et ne mange pas correctement. Une dernière discussion a lieu entre Devi-en et le Terrien. Le Terrien veut savoir depuis combien de temps les Hurriens surveillent la Terre. Cela cadre avec les premières apparitions de soucoupes volantes. Il dit à Devi-en qu’il n’a qu’à provoquer la guerre nucléaire et le compare encore à un vautour. C’en est trop pour le Hurrien qui s’en va. Devi-en demande à l’Archi-administrateur d’être relevé de sa tâche envers le Terrien. L’Archi-administrateur annonce à Devi-en que les Hurriens vont envoyer une bombe atomique sur la Terre pour provoquer la guerre entre les Terriens. Devi-en demande qui lâchera la bomber et l’Archi-administrateur pense que l’ordre sera donné à un Mauv. Au début de la seizième année d’occupation, les Hurriens démantèlent leur base lunaire car la guerre n’ a pas eu lieu et les hurriens n’ont pas eu le courage de lâcher une bombe. C’est l’image que le Terrien a donnée du vautour qui a tout fait échouer.
Des personnes déplacées par Jack Finney
Le narrateur est à New-York. C’est Charley Ewell et il travaille dans une banque. Il se rend à l’agence Acmé. C’est une agence de voyage. L’employé lui demande où Charley veut aller mais le jeune homme reste muet alors l’agent lui propose un dépliant pour l’Argentine puis un pour le Maine, les Bermudes. Charley dit qu’il cherche une résidence fixe pour le restant de ses jours. Il veut fuir New-York, les soucis, la solitude. Alors l’agent demande à Charley s’il aime les gens. Charley dit qu’il ne lui est pas facile de se faire des amis. L’agent veut savoir si Charley est honnête. Il pense l’être alors l’agent lui propose une nouveau dépliant qu’il cache au grand public. C’est un voyage pour la planète Verna et les photos sont en relief ce qui impressionne Charley. Charley comprend ce que vivent les gens à Verna rien qu’en regardant les photos. Ils sent qu’ils sont heureux. L’agent explique à Charley que les gens de Verna vivent simplement leur vie en faisant ce qui leur plait. Tous font le travail qu’ils ont vraiment envie de faire. A Verna, il y a l’électricité et une médecine moderne mais pas de radio, pas de télé, pas de téléphone, pas de voitures. Les distances sont faibles et les gens vivent et travaillent en petites communauté. Chaque homme construit sa propre maison avec l’aide de ses voisins. Il n’y a rien qui puisse s’acheter avec de l’argent. Il y a des bals, des baptêmes, des mariages, des anniversaires. Charley demande à l’agent qui il est. C’est un habitant de Verna. Il explique que Verna et comme la Terre et ses habitants n’ont que quelques petites différences insignifiantes avec les Terriens. Ils apprécient les oeuvres terriennes. Cependant, leurs pensées, leurs objectifs, ainsi que les grands courants de leur histoire et de leur évolution diffèrent radicalement de ceux des Terriens. Charley veut savoir où se trouve Verna et réalise que ce doit être difficile d’y aller mais l’agent lui dit que non car les Verniens ne traversent pas l’espace, ils « l’évitent ». L’agent explique à Charley qu’ils accueillent quelques Terriens mais pas tous car ils ne le peuvent pas. Ils en choisissent quelques uns. Ils ont ouvert leur première agence en 1913 à Mexico. Maintenant ils ont des filiales dans toutes les grandes villes. Charley veut partir pour Verna. Il doit se décider tout de suite car il n’y a pas de deuxième chance. Charley est sûr de lui. Cela ne lui coûte que les quelques dollars qui lui restent dans sa poche. Pour partir, il doit se rendre dans la garde d’Acmé. Elle se trouve à Broadway. Un homme accueille Charley, regarde son billet et lui désigne un endroit où attendre. Il y a là une belle jeune femme, un couple de Noirs avec leur petite fille et un homme d’une cinquantaine d’années. Ils partent dans un vieux bus. Charley regarde les gens dehors et voit que pas un seul ne sourit. Le bus s’arrête devant une grande baraque qui ressemble à une étable. Le conducteur entraîne Charley et les autres dans l’étable et poinçonne leurs billets. Charley attend dans l’étable et au bout d’un moment il croit qu’il a été escroqué et veut partir et il ouvre la porte de l’étable, il voit un splendide paysage l’espace de quelques secondes mais quand il referme la porte tout a disparu. Il est seul, les autres sont partis pour Verna mais pas lui. Charley est retourné à l’agence de voyage d’Acmé et l’agent lui a rendu son argent en lui disant qu’il ne sait pas pourquoi Charley a fait ça.
17 novembre 2009
Histoires d'extraterrestres I
Histoires d’extra-terrestres (la grande anthologie de la science-fiction)
La soucoupe de solitude par Theodore Sturgeon
Le narrateur évoque une femme qu’il a sauvée du suicide par noyade. Il s’est jeté dans la mer pour la repêcher. Elle veut s’éloigner de la mer et le narrateur la conduit sur une dune. Alors elle lui raconte son histoire. Elle avait 17 ans lorsque c’était arrivé. Elle regarda le ciel et vit une soucoupe. Tout le monde s’arrêta pour regarder la soucoupe. La soucoupe était toute petite et elle survolait la tête de la jeune fille lui faisant une auréole et tout le monde la regarda comme si elle était une sainte. La fille et la soucoupe tombèrent. Un agent du FBI arriva. Trente policiers entourèrent la jeune fille. Elle fut emportée sur un brancard. Elle fut conduite dans une chambre et on lui posa des tas de questions. Puis les policiers l’assirent sur une chaise avec une lampe dans les yeux mais la lumière ne la gênait pas du tout car elle avait été habituée petite à dormir avec la lumière. Elle fut sortie de l’hôpital et conduite en prison. On lui amena la soucoupe dans une boîte. Elle ne pesait guère plus d’un kilo. On lui fit jouer la scène telle qu’elle avait eu lieu, avec des soldats tenant la soucoupe au-dessus de sa tête. La soucoupe avait changé. Elle n’était plus dorée, mais grise et terne. On lui avait ôté un tiers de morceaux. Puis un petit homme vint faire parler la fille. Il ne voulait pas qu’elle parle de la soucoupe mais voulait savoir pourquoi elle en faisait un secret alors la jeune fille parla de son enfance et elle dit qu’elle ne parlait pas de la soucoupe parce que c’était à elle qu’elle s’adressait et à personne d’autre. Le petit homme avertit la jeune fille qu’elle serait jugée. Un autre homme vint et lui parla longuement de la possibilité d’une attaque venue de l’espace et de la clef d’une défense qu’elle possédait peut-être. Cet homme était l’avocat qui devait la défendre le jour du procès. Le jury la déclara coupable d’outrage à la cour mais elle ne prit qu’une peine avec sursis et fut libérée. On avait tellement parlé d’elle dans les journaux que sa mère ne voulait plus d’elle à la maison. Sa mère ne trouvait pas convenable que sa fille fut accusée d’espionnage. Elle dit à sa fille d’habiter ailleurs. Au restaurant, où elle travaillait, la jeune fille fit la connaissance d’un homme qui lui demanda un rendez-vous. Il n’essaya pas de l’embrasser mais voulut savoir ce que la soucoupe lui avait dit. Elle rentra chez elle et pleura toute la nuit. Elle fut mise à la porte du restaurant car elle faisait peur aux clients. Elle découvrit qu’une chanson fut écrite sur son histoire. Elle était souvent invitée par des hommes mais ceux-ci ne s’intéressaient qu’à la soucoupe. Elle alla travailler sur la côte, faire le ménage dans des bureaux et des magasins. Tous les dix-huit mois, un journaliste ressortait l’histoire de la soucoupe et la jeune fille évitait de sortir le jour pendant deux à trois semaines. Comme les gens ne voulaient pas d’elle, elle se réfugia dans les livres mais on n’y parlait que de gens ayant réussi. Elle eut l’idée de ramasser des bouteilles pour y introduire un texte écrit sur un bout de papier. Elle jetait les bouteilles à la mer. Elle tint le coup pendant trois ans grâce aux bouteilles. Le FBI avait tout fait pour repêcher les bouteilles pourtant elles contenaient toutes le même texte. Ce texte parlait de solitude et c’est ce que la soucoupe lui avait dit. L’homme qui a empêché la jeune fille de se suicider avait trouvé une bouteille et lu le texte. Les gens croyaient que la soucoupe volante était dangereuse mais ce n’était qu’une bouteille contenant un message. Elle avait traversé un océan bien plus grand que le nôtre. La jeune fille avait voulu se suicider car elle pensait que personne, nulle part, ne voulait son aide. Le narrateur a cherché la jeune fille après avoir trouvé une de ses bouteilles. Il la trouve belle alors que lui est laid mais il l’aime. Une lumière émanait de la jeune fille. Cette lumière disait bien des choses, et surtout que même la solitude connaît une fin, pour ceux qui sont suffisamment seuls, pendant suffisamment longtemps.
La sangsue par Robert Sheckley
La sangsue attendait d’être nourrie. Depuis des millénaires, elle dérivait dans l’espace. Elle arriva sur la terre. Elle se nourrit et grossit. Franck Connors a découvert la sangsue et en avertit le professeur Micheals. Micheals est anthropologue et touche à la physique et à la chimie. Il découvre lui aussi la sangsue. Elle est ronde, de la dimension d’un pneu de camion. Elle est épaisse de deux à trois centimètres. Micheals donne un coup de bêche sur la sangsue mais un morceau de bêche disparaît dans la chose. La sangsue grandit. Elle a maintenant 2 m 50 de diamètre puis six mètres de diamètre. Le shérif arrive suivi par la moitié de la ville. LE shérif Flynn s’attaque à la sangsue avec une barre à mine et une lampe à souder mais en vain. L’armée intervient. Une jeep essaye d’écraser la sangsue mais celle-ci mange les roues de la voiture puis tout le reste. Les militaires sont médusés mais ne désarment pas. Micheals regarde la sangsue dévorer sa maison. Elle a maintenant plusieurs centaines de mètres de diamètre. Le général O’Donnell convoque Micheals pour lui dire qu’il est engagé par l’armée comme conseiller. Micheals explique à O’Donnell que la sangsue est un convertisseur organique masse-énergie. Elle convertit la masse en énergie, puis reconvertit cette dernière en masse pour accroître son corps. Elle peut grandir tant qu’il y a quelque chose à manger. La sangsue avale les riches substances radio-actives que lui envoie l’armée et sans le moindre effort, elle se soulève dans les airs. La sangsue a maintenant trois kilomètres de diamètre. D’autres scientifiques ont été appelés, Moriarty, un physicien atomiste et Allensen, un biologiste. Pour eux, la sangsue est d’origine extraterrestre. Le gouvernement met beaucoup de temps avant d’évacuer les populations et à autoriser l’utilisation de la bombe atomique. La sangsue se délecte de la bombe atomique comme d’une riche nourriture. O’Donnell bat en retraite, suivi par ses troupes démoralisées. La sangsue a désormais cent kms de diamètre et elle continue de grandir. O’Donnell attend qu’on lui donne des bombes H mais Micheals est persuadé qu’il n’est pas toujours possible de combattre le feu par le feu. Allensen pense que l’utilisation de bombes H risque de faire craquer la terre. La sangsue avait perdu beaucoup de masse et d’énergie pour arriver jusqu’à la terre. Elle n’était plus qu’un spore et dorénavant elle est énorme. Les hommes envoient une nouvelle source d’énergie mais au-dessus de la sangsue. Alors elle s’envole à sa rencontre mais la nourriture s’élève, s’éloignant de plus en plus de la surface de la planète. Alors la sangsue s’enfuit dans l’espace à la poursuite de la nourriture que les hommes ont envoyée. LA sangsue s’en va vers le soleil. O’Donnell offre le champagne aux savants. Micheals avait pensé à Antée, le dieu grec qui tenait sa force de la terre et qui avait été vaincu quand Hercule avait compris qu’il fallait que les pieds d’Antée ne touchent plus le sol. Alors Micheals pense à envoyer un vaisseau spatial, téléguidé et empli de matériaux radio-actifs purs. Le vaisseau va droit vers le soleil. Moriarty comprend que la sangsue va dévorer le soleil et veut qu’on fasse faire volte-face au vaisseau et ainsi la sangsue est détournée du soleil car elle a préféré la source d’énergie la plus proche (le vaisseau) à la source d’énergie la plus grande (le soleil). O’Donnell fait exploser les bombes à hydrogène dans le vaisseau et la sangsue se divise en milliers de particules en quête de nourriture.
Impulsion par Erik Frank Russel
Le docteur Blain reçoit un visiteur au teint cadavéreux avec des yeux de poisson mort. L’individu a lu les pensées de Blain et les répète. L’individu jette à Blain un journal dans lequel est écrit qu’un cadavre a disparu. Blain croit avoir devant lui un ressuscité mais il s’agit d’extraterrestres qui ont réquisitionné un corps. Les extraterrestres viennent de Glantok et sont microscopiques. Ils sont des myriades et rassemblés, ils forment un virus intelligent. Ils sont parasitiques. Ils ont besoin de corps vivant, avec peu ou pas d’incapacité organique. Quand ils prolifèrent, ils ont besoin de davantage de corps. Malheureusement, la susceptibilité des systèmes nerveux est en proportion directe de l’intelligence de leurs propriétaires. Ils ont donc besoin d’un médecin pour occuper les corps des êtres intelligents pendant qu’ils sont trop profondément inconscients pour être affectés par la pénétration des extraterrestres et ils doivent être en pleine possession d’eux lorsqu’ils reprennent conscience. Une jeune fille entre dans le cabinet de Blain. Elle crie et s’affaisse mais Blain la rattrape. Les extraterrestres profitent de la situation pour demander à Blain d’anesthéiser la jeune fille afin qu’ils occupent son corps. Mais la jeune fille se réveiller et Blain est obligé de l’attacher pour obéir aux extraterrestres. Il pense très fort au mot « Ether » tout en saisissant un flacon d’acide pour tuer les extraterrestres mais ceux-ci ont entendu sa pensée et l’empêche d’exécuter son plan. Mercer, l’homme à tout faire de Blain arrive. C’est un idiot. Mais les extraterrestres n’arrivent pas à lire la pensée de Mercer car il est trop bête et pourtant il a compris que son patron était en danger et assomme le cadavre occupé par les extraterrestres. Il écrase le poignet du cadavre qui tenait le pistolet et arrache l’automatique de la main cadavérique puis Mercer, obéissant à son patron, détache la jeune fille et donne le pistolet à Blain. Blain débouche alors un flacon d’éther et le jette sur le cadavre puis le brûle. La police arrive à la recherche d’un homme nommé Wilson. Blain parle de Clegg, le mort-vivant utilisé par les extraterrestres et les policiers sont au courant que le cadavre a quitté la morgue mais Blain dit juste qu’il sait que Clegg est mort. Mercer avoue à Blain qu’il a agit « sans réfléchir » et c’est ça qui les a sauvés.
L’autre côté par Walter Kubilius
Jim Carrington pataugeait dans l’unique rivière de Hillsbore et provoquait ses camarades de jeu qui ne savaient pas nager. Il toucha le Mur qui le séparait de l’Extérieur interdit. Saker lui dit qu’on ne devait pas s’approcher du Mur car les radiations pouvaient tuer. Le vieux docteur Barnes vint examiner Jim et déclara que sa santé était parfaite. Il faisait cela tous les mois car c’était la loi. Mais Hillsboro, la ville où habitait Jim, comptait 10 000 habitants et Barnes était le seul médecin. Jim sentit quelque chose de louche. Il espionna Barnes et ses parents car le docteur lui avait dit qu’il les examinait aussi mais c’était faux, il allait juste leur parler. Jim lit le journal du 15 janvier 1993. Le président Robinson communiquait des rapports sur le programme de restauration économique mais ce furent les nouvelles locales qui frappèrent Jim. Jack Baker était mort en tombant d’un arbre. Il oublia l’incident, fit ses corvées et alla jouer à proximité du Mur. Jim en avait assez de Baker et il était mort. Il en avait assez de l’école et il reçut une lettre lui apprenant que l’école fermait et qu’il pourrait étudier à la bibliothèque, c’est ce qu’il avait souhaité également. Jim alla à la bibliothèque et n’écouta pas les suggestions de la bibliothécaire Miss Wilson. Il voulait chercher par lui-même. Il vit qu’un grand nombre de livres d’histoire avaient été enlevés. Une quantité de fiches avaient été arrachées du catalogue. Jim cherchait des livres sur le Mur ou sur l’Extérieur interdit. Miss Wilson lui demanda s’il avait trouvé ce qu’il voulait et Jim répondit qu’il n’avait rien trouvé sur le Mur. D’un coup Miss Wilson avait cessé de sourire. Elle lui promit de chercher avec lui la semaine suivante. Jim demanda à son père ce qu’était le Mur et son père lui répondit qu’il était la bien avant la naissance de son fils. C’était une sorte de défense contre l’Extérieur constitué de gaz empoisonnés, de rayons gamma. Jim ne trouva rien dans les livres d’histoire sur le Mur. Comme les livres dataient de 1970 il en conclut que le Mur avait été construit entre 1970 et 1975, date de sa naissance. Il étudia un livre intitulé « l’histoire des Nations unies » publié en 1992. Il vit qu’il était écrit en toutes petites lettres « Revue et corrigée par l’auteur, janvier 2039 ». Mais pour Jim ce devait être une faute puisque nous étions en 1993. Et pourtant il y trouva relatés des événements à venir. Le docteur Barnes vint faire une visite à Jim et vit qu’il lisait de l’histoire laquelle pour lui était dépourvue de signification. Jim demanda à Barnes ce qu’était le Mur. De la matière dégénérée répondit Barnes. Il avait été construit en 1975 pendant la guerre mondiale qui avait rendu une si grande partie de la terre radio-active. Jim pensait que Barnes faisait partie d’une conspiration. Il lui tandit le livre de 2039. Il lui semblait que Barnes ne vivait que pour s’occuper de lui et qu’une conspiration visait à laisser Jim dans l’ignorance de certaines choses. Le livre prouvait qu’il n’y avait pas eu de guerre atomique et donc pas besoin d’un mur et nous n’étions pas en 1993. Barnes nia les faits mais proposa à Jim d’entrer à l’université. Jim voulut savoir pourquoi aucun livre ne faisait mention du Mur. Alors le médecin lui injecta un calmant et Jim sombra dans les ténèbres. Le lendemain Jim parla à ses parents de Barnes et alla à la bibliothèque. Il lui manquait un livre et Miss Wilson avait été remplacée par un homme. Elle avait été transférée dans une autre bibliothèque pour incompétence. Le bibliothécaire ne lui réclama aucun livre. Le livre de 2039 avait disparu mais il n’était plus sur la carte de Jim et le bibliothécaire crut à une plaisanterie quand Jim lui parla du livre sur Nations unies de 2039. Barnes avait probablement volé le livre. Jim pensa que Miss Wilson et le nouveau bibliothécaire faisait partie de la conspiration et qu’il ne fallait faire confiance à personne. Là où les rayons étaient vides en histoire, Jim vit des livres flambant neuf parlant du Mur et de la prétendue guerre atomique de 1970 à laquelle Jim ne croyait pas. Quand Barnes vint revoir Jim, Jim lui demanda s’il était différent des autres. Le docteur lui demanda s’il n’était pas heureux mais Jim voulait aller à l’Extérieur. Barnes refusa cette faveur. La nuit même, Jim décida de fuir. Il passa sous le Mur et réalisa que l’Extérieur n’était pas du tout empoisonné. C’est à ce moment que Jim réalisa qu’il était le dernier humain ayant survécu à une invasion extra-terrestre et que son entourage n’était que des robots. Malheureusement, comme il s’était échappé du « 200 » il allait être envoyé par les extra-terrestres en salle de dissection.
Un coup à la porte par Fredric Brown
Le dernier homme sur la Terre était assis tout seul dans une pièce. Walter Phelan, était professeur d’anthropologie à l’université de Nathan. Petit de taille, doux de caractère, il avait assez piètre apparence et ne l’ignorait pas. Deux jours plus tôt, en l’espace d’une heure, la race humaine avait été détruite, à l’exception de lui-même et d’une femme qui se trouvait quelque part. L’existence de cette femme était bien égal pour Walter. Les femmes n’avaient tenu aucune place dans son existence depuis la mort de Marthe, dix huit mois auparavant. Marthe avait été autoritaire mais il n’avait jamais songé à remplacer son épouse. Les extra-terrestres s’appelaient les Zans et ils donnèrent à Walter tout ce qu’il voulait. Il voulait des livres. Mais ils lui avaient dit qu’il resterait à tout jamais enfermé dans une pièce. Un Zan vient le voir. Walter l’appelait Toto car les Zans n’avaient pas de nom. Walter apprit qu’il était dans un zoo et qu’il devait faire face aux visiteurs en se tournant vers un mur spécial fait d’une substance permettant de voir à travers. Toto n’avait pas conscience du temps qui apportait la mort et Walter était obligé de lui expliquer que si des animaux étaient morts, dans le zoo, c’était à cause du temps. Le lendemain on déménagea Walter dans une pièce plus grande et on lui amena la femme survivante. Elle s’appelait Grace Evans. Grace ressemblait à Marthe. Ils parlèrent des Zans qui étaient peu nombreux sur Terre mais qui avaient réussi à tuer presque tout le monde avec une onde. Mais les Zans avaient surestimé les espèces animales terriennes en les croyant immortelles. Ils ignoraient ce qu’est la mort naturelle. Alors ils avaient décidé de réorganiser leur zoo par couples en estimant que les animaux dureraient davantage collectivement. Grace rougit quand elle comprit ce que les Zans attendaient d’elle et de Walter mais Walter la rassura à ce sujet. Grace et Walter pensaient que les Zans ne connaissaient pas la douleur même s’ils saignaient comme nous. Ils devaient pouvoir se régénérer car Toto avait avoué avoir 7 000 ans ce qui était jeune pour eux. Grace en avait blessé un mais il ne s’était pas mis en colère car ils n’avaient aucune émotion. Toto entra à nouveau pour dire qu’une belette était morte ainsi qu’un Zan. Walter lui donna un mystérieux conseil. Grace voulut en savoir plus mais Walter lui dit d’attendre le lendemain. Le lendemain, un Zan annonça à Walter qu’ils partaient définitivement car un autre Zan était mort. Walter révéla à Grace que c’était un serpent qui avait tué les Zans. Walter avait fait croire aux Zans que les animaux avaient besoin de caresses et d’affection pour survivre et des Zans étaient morts en caressant le serpent. Alors il resta à Walter et à Grace à réorganiser les animaux et l’humanité. Grace rougit encore mais elle finit pas accepter.
Couvée astrale par Bill Brown
Ward Rafferty est un reporter du Times. Il visite la vieille ferme des Alsop. Rafferty a entendu dire qu’un avion s’est écrasé le mois m. Alsop ne semble pas avoir un esprit vif et n’est pas au courant. Mme Alsop, elle, dit qu’il y a bien quelque chose qui s’est écrasé mais que ça n’a pas d’ailes. M. Alsop l’amène devant l’engin. Il dit que les gens dans l’engin sont des amis à lui qu’ils déjà venus il y a six ans. Rafferty voit les extra-terrestres et n’arrive pas à y croire. Ils ont des antennes et des pinces. Ils communiquent par télépathie. Rafferty veut savoir d’où ils viennent et Mme Alsop le leur demande. Alors Rafferty reçoit les réponses en pensée et voit les astres d’où viennent les extra-terrestres. Rafferty s’affole, il veut téléphoner, il veut un photographe mais M. Alsop, placide, lui explique que les extra-terrstres doivent repartir à une certaine heure à cause de la lune. Les extra-terrestres sont venus sur Terre pour chercher des oeufs de poule simplement. Rafferty veut que Alsop lui prête son appareil photo mais trop tard, les extra-terrestres sont partis. Rafferty apprend que les extra-terrestres avaient laissé des oeufs de chez eux en forme d’étoile aux Alsop mais les paysans les ont mangés une fois transformés en animal. Les bêtes extra-terrestres ressemblent à une hirondelle à six pattes. Rafferty n’aura aucune preuve pour écrire un article.
Courrier interplanétaire par Richard Matheson
Loolie, une vénusienne, cherche à rencontrer des Terriens et a laissé une petite annonce. Todd Baker lui répond. Il est étudiant en astronomie au collège de Fort dans l’Indiana. Il ne croit pas que Loolie soit vénusienne mais il se présente quand même et veut une réponse. Loolie répond. Elle n’a reçu qu’une réponse à son annonce, celle de Todd. Elle s’exprime avec un anglais approximatif. Elle prétend vouloir le mariage avec Todd et des enfants. Elle a 207 soeurs. Elle affirme qu’elle va envoyer des cailloux de Vénus pour prouver qu’elle en vient. Todd a bien reçu des échantillons de plantes et de pierres inconnues sur la Terre alors il écrit au journal qui a fait passer l’annonce de Loolie pour savoir comment le journal a reçu son annonce. Le journal répond qu’aucune annonce semblable à celle qu’il décrit n’a paru dans ses colonnes. Le professeur de Todd veut le voir à cause des échantillons mais déjà Loolie annonce à Todd qu’elle vient le chercher. Alors Todd la supplie de rester sur Vénus et la menace si elle insiste. Le journal local de chez Todd a publié un article relatif à un ovni qui a été vu par des étudiants de Fort College. Loolie a bien été chez Todd mais il est tombé dans les pommes quand il l’a vue et Loolie a été très déçue que les Terreins soient si fragiles alors elle a regagné Vénus. Depuis Todd regrette et en est malade. Bien sûr il a voulu passer une annonce pour la retrouver mais le journal a refusé croyant à une plaisanterie.
L’hypnoglyphe
Jaris tient un objet qu’il appelle l’hypnoglyphe. Son ami rétorque que ce n’est qu’un bout de bois. Jaris explique à son ami Maddick que l’objet est fait pour être caressé. Cet objet est réellement hypnotique. Un sculpteur nommé Gainsdale a fondé à la fin du 20è siècle une école de sculpture connue sous le nom de Tropisme. Son argument était que la surface de tout organisme possède des réactions tactiles natives. Il commença à sculpter des objets qui rendaient les surfaces corporelles automatiquement heureuses. Il sculpta des sièges auxquels le séant ne pouvait résister ensuite il se mit à expérimenter des accessoires destinés à préserver la puissance sexuelle. Une ligue de quelque chose lui fit interdire cette pratique. Après cela, Gainsdale se mit à sculpter des oreillers en bois de façon à procurer du plaisir à la tête. L’hypnoglyphe est extra-terrestre. Alors Jaris raconte comment il s’est procuré l’objet. Alors qu’il était en train de prospecter l’espace du côté de Deneb Kaïtos, à la recherche de cristaux spatiaux, Jaris découvrit une planète éclatée. Il se posa sur DK8 à la recherche de vie extra-terrestre et c’est là qu’il trouva l’hypnoglyphe. Sur DK8, c’était un accessoire de chasse. C’était un piège. Sur DK8 vivaient des simili-humains. Mais Jaris n’avait fait aucun rapport sur cette découverte à la Fédération de l’Espace. Cela choqua Maddick. La similitude entre les DK8 et les terriens était telle qu’ils pourraient s’accoupler. Selon Jaris. Mais il y avait des différences. Au lieu de cheveux les formes de vie sur DK8 avaient développé une structure de peau extrêmement sensible à tous les rayons diffus du soleil qu’elle parvenait à capter. Cette peau était souple et pâle comme celle d’une limace. La peau des DK8 était devenue le siège d’un sens tactile extrêmement développé. Les DK8 avaient une société matriarcale. Ils possédaient quelques outils de base dont seules les femmes avaient le droit de servir et seulement une caste particulière de femmes. Les femmes de la caste appropriée ouvrageaient les hypnoglyphes et les mâles allaient les placer dans les forêts. Les animaux ayant une suggestibilité tactile très élevée traversaient la forêt et trouvaient les hypnoglyphes sur leur chemin. Ils les caressaient et ne pouvaient plus s’arrêter. Les mâles ne les tuaient même pas, c’était la prérogative de la caste dirigeante des femmes. Les mâles ramenaient simplement les animaux en état d’hypnose. A certaines époques les mâles devenaient ingouvernables. Il en résulta une tradition qui était de les hypnotiser pratiquement dès leur naissance mais cela avait nui à leur développement. Quand Jaris arriva sur DK8 il restait peu de mâles. L’équipage de Jaris avait été considéré comme un trésor quand les cheftaines avaient découvert que les Terriens pouvaient les féconder. Mais Jaris n’était pas un Terrient c’était un DK8 qui cherchait des proies pour sa femme DK8 aussi et Maddickétait l’animal qui s’était fait piéger.
Seul en son genre ? Par Chad Oliver
Un extra-terrestre se pose sur la Terre en catastrophe. Il est à Los Angeles et tombe sur Frank Evans qui lui pose beaucoup de questions. L’Extra-terrestre se fait appeler Keith. Frank a appelé la police qui veut emmener Keith après avoir vu son vaisseau. L’extra-terrestre se laisse faire. Les journaux relatent l’affaire. Keith ne fournit pas d’informations de lui-même. Il se donne beaucoup de mal pour être agréable et il prend des notes de tout ce qu’on lui dit. Les journaux ne parlent plus de lui au bout de trois jours. Keith est emmené au FBI, à la CIA et au comité des activités anti-américaines puis au Département d’Etat. Là, il est reçu par John William Wells. John déclare à Keith qu’il est venu sur Terre sans autorisation et espère que c’est avec des intentions pacifiques. Moins d’une semaine après, tous les journaux du monde publient la photo de Keith serrant la main du président des Etats-Unis. Un article dubitatif sur les intentions de Keith est publié dans le New-York Times. Keith prononce un discours aux Nations Unies. Il déclare être venu dans un esprit de paix et d’amitié. Il appelle à la paix sur la Terre. Puis Keith s’enferme dans ses appartements et refuse de voir qui que ce soit arguant d’un rapport urgent pour son gouvernement. Il disparaît quelques jours puis revient pour visiter le pavillon des sciences sociales de la western university à Los Angeles. Il vient voir le Docteur George Alan Coles, professeur de linguistique. Keith dit à Coles qu’il est son dernier espoir. Coles remarque que Keith s’est teint les cheveux en noir. Keith révèle qu’il n’existe pas de civilisation galactique et qu’il n’est le représentant de rien. Il a atterri à Los Angeles par accident et a suivi les instructions qu’on lui a données. La vérité c’est que il n’y a pas de gouvernement unifié dans le monde de Keith et que les siens se moquent pas mal de la Terre. Keith a alors tenté d’être ce qu’on attendait de lui pour être tranquille. Il a compris qu’il devait passer pour l’émissaire d’une super civilisation bienveillante peuplée de génies paternels. Keith est un étudiant en linguistique. Il étudie les flexions vocaliques depuis le vieil anglais jusqu’à l’époque contemporaine. Il prépare un doctorat en philologie. Les notes qu’il a prises sont incomplètes et il a peur de voir sa bourse non renouvelée. Alors Coles va aider Keith a finir ses études. Il lui donne des livres et Keith rejoint les siens à bord d’un vaisseau qui est venu le chercher.
02 novembre 2009
Roadmaster II
Autrefois
Sandy était sûr que Curt avait écrit des notes sur la Buick malgré l’interdiction de Tony. Les éclairs s’espaçaient et les policiers espéraient que la Buick était en train de s’étioler. Il y avait eu une douzaine de séismes lumineux entre 1979 et 1983. Le plus fort eut lieu en 1983. Curt avait continué les expériences. Parfois des animaux ou des plantes disparaissaient dans la Buick et parfois non. Début 1980, les policiers arrêtèrent de surveiller la Buick 24 h/24. Ils avaient décidé qu’il n’y avait plus de raisons de s’en faire. Tony avait acheté une bâche de façon à éviter que les gens qui passaient dans le parking et jetaient un coup d’oeil au hangar se mettent à poser des questions. Un jour la température du hangar baissa de cinq degrés d’un seul coup et la bâche tomba toute seule. Curt devait se rendre au tribunal alors il demanda à Randy Santerre et à Chris Sader de surveiller la Buick. Quand Curt revint la température avait encore baissé de cinq degrés. Curt avait placé sur le siège avant de la Buick un carton à chaussures qui contenait quelques grillons. Une cage à grenouilles était sur la banquette arrière. Il avait mis une jardinière de fleurs dans le coffre. Il avait promené le chien autour de la voiture et Mister Dillon avait senti quelque chose. Curt savait qu’il se passait quelque chose que ce n’était pas comme avant. Il émanait de la Buick une lueur violette qui s’écoulait le long des flancs de la voiture. Tout à coup elle sembla exploser, pas au sens littéral du terme mais c’était le mot qui convenait le mieux. Mister Dillon poussait des hululements de terreur. LA lumière était tellement vive que les policiers ne purent pas regarder le hangar même avec des lunettes de soudeur. Quand les éclairs diminuèrent, Curt et Sandy approchèrent du hangar. La Buick était intacte. Curt voulut entrer dans le hangar mais Sandy lui dit que sa femme était enceinte et qu’il risquait de tout gâcher juste pour cette Buick mais Curt insista et Sandy accepta de l’accompagner. Curt s’enroula une corde autour de la taille et Sandy la tenait. De plus Dicky Duck était prêt à le retenir par la ceinture si les choses tournaient mal. Curt ouvrit la portière côté conducteur et passa le buste à l’intérieur. Il ouvrit le carton à chaussures et aucun grillons ne manquait. Il en allait de même avec la grenouille sauf qu’elle avait perdu la vue. Curt ouvrit le coffre. Les fleurs avaient gelé. Trois jours passèrent et la Buick restait inerte. George Morgan rentra au poste et jeta un coup d’oeil au hangar. Un choc étouffé se fit entendre à l’intérieur. LE coffre de la Buick s’ouvrit. Il alla chercher Sandy. Un poisson jaillit du coffre de la Buick. Ce n’était pas vraiment un poisson mais ça y ressemblait. Ca avait quatre ouïes avec une peau argentée et une queue membraneuse, hérissée de dentelures irrégulières. La bête était aussi grande qu’un canapé et les policiers se demandèrent comment elle avait pu tenir dans le coffre. George et Sandy crièrent et le chien aboya. A la place d’une tête, la bête avait des antennes rosâtres. Sandy ordonna à George d’aller chercher le camescope. Même à l’extérieur du hangar la bête sentait le chou. Un liquide noirâtre en sortit. Son corps se mit à enfler. Sandy voulut filmer mais les piles étaient à plat. Il insista et la caméra redémarra. La créature se fendit sur toute la longueur. Il y eut une éruption de tripes qui expulsèrent de la vapeur. Sandy appela Herb pour qu’il soit témoin de la scène. George revint aussi. Le poisson explosa et se liquéfia. De la vapeur masqua la Buick. LE lendemain, la température baissa de plusieurs degrés. Les policiers lavèrent le hangar. Curt était furieux qu’on ne l’ait pas averti mais il n’en vint pas jusqu’aux mains avec Sandy.
Aujourd’hui : Sandy
Ned appelle sa mère pour lui dire où il est. Pendant ce temps, Huddie demande à Sandy s’il a eu raison de raconter ces trucs-là. Mais Sandy répond qu’il n’y a plus moyen de revenir en arrière. Sandy pense que l’amour du métier a empêché Curt de sombrer dans la folie à cause de la Buick. Mais c’est aussi le métier qui lui a coûté la vie. Ned n’est pas policier et Sandy a peur que l’amour du métier ne l’aide pas à encaisser ce qu’il apprend sur la Buick.
Autrefois : Sandy
en été 1988, la Roadmaster avait été intégrée à la vie de la compagnie D. Les feux d’artifice avaient encore lieu par-ci par-là et Curt et Tony tentèrent toujours de nouvelles expériences. Des animaux succombèrent mais aucun ne se volatilisa. Dans l’ensemble, les choses avaient tendance à s’apaiser. La seule épine était Edith Hyams, la soeur d’Ennis qui soutenait que la disparition de son frère n’était pas normale et que la compagnie D en savait plus qu’elle ne voulait bien le dire. Trois fois la Buick évacua des bêtes : une demi-douzaine de coléoptères de grande taille et verts. En février 1984, une sorte de plante sortit de la Buick. Curt entra dans le hangar pour la photographier et la filmer. Sandy rejoignit Curt. Il examina les fleursratatinées qui gisaient au fond du coffre et frissonna. Les fleurs se décomposèrent. Curt mit la plante dans un sac poubelle. En avril 1985, une sorte de bâton rouge sortit du coffre. C’était une sorte de lézard rouge. C’est Tony qui le recueillit.
Shirley
Shirley se souvient d’un vendredi de 1988 qui a été le plus épouvantable de sa vie. Herb Avery et Justin Ishington lui avaient apporté un bouquet de fleur pour se faire pardonner de lui avoir bousillé une jupe en la bousculant ce lui fit renverser son café sur sa jupe. Les deux hommes lui avaient offert un chèque cadeau égalemeent pour qu’elle se rachète une jupe. C’est à ce moment que Shirley reçut un code d’alerte suite à une catastrophe. Un camion citerne était entré en collision avec un car de ramassage scolaire et était en feu. Le feu menaçait l’école. Le policier George Stonkowski était sur place.
Eddie
Eddie raconte avoir vu un type descendre de son pick-up Ford. Il avait une croix gammée en argent autour du cou. Du sang coulait de sa main droite. C’était Brian Lippy, un ancien camarade de classe d’Eddie. George Morgan était avec Eddie. Brian Lippy était en train de cogner son passager quand les policiers l’arrêtèrent. Lippy était drogué. Le passager de Lippy était une femme. Lippy commença à insulter Eddie comme autrefois mais George le calma. La passagère avait du sang partout sur le visage à cause des coups de Lippy. Elle s’appelait Sandra Mc Cracken. Eddie demanda à Sandra de les suivre pour porter plainte pour coups et blessures contre Lippy mais elle refusa.
Huddie
Le camion citerne qui a pris feu contenait du chlore. George Stankowski s’introduisit dans l’un des deux autocars en faisant sauter la porte vitrée à soufflets avec une grosse pierre. Il entasse 24 gamins et leurs deux enseignants.
Shirley
Shirley raconte l’enfer qu’elle a vécu au moment où George Stankowski sauvait les enfants. Mister Dillon s’est mis à aboyer et de la bave s’échappait d’entre ses babines retroussées. Le chien a foncé tête baissée et est sorti en arrachant la porte du chambranle.
Eddie
Lippy insultait Eddie dans la voiture de police. George évita Miser Dillon qui venait de sortir du poste. Lippy qui n’avait pas mis sa ceinture à l’arrière se cassa le nez contre la grille de sécurité. Le chien fonça sur le hangar B en hurlant. Le hangar dégageait une odeur d’eau de mer et de vieux chou. Le chien entra par la porte du hangar qui était restée entrouverte.
Arky
Arky prétend n’avoir pas oublié de fermer la porte latérale du hangar.
Eddie
Eddie, Shirley, Huddie et George entrèrent dans le hangar. Le coffre de la Buick était ouvert. Une bête jaune de 2 m 20 de haut avec un entortillement de filaments rosâtres en guise de tête était là. Elle avait trois pattes et du centre de sa poitrine pendait une sorte de tuyau de chair grise. Dressé face à elle Mister Dillon aboyait. Il amorça un mouvement de recul quand la bête cria.
Shirley
Shirley pensait que la bête avait un easpect humanoïde. Elle était en colère contre la créature. Elle voulait qu’elle crève. La bête cracha un liquide qui atteignit le chien et son pelage se mit à fumer mais le chien se jeta sur la bête. Un liquide noir sortit de la morsure. La bête continuait de crier. Mister Dillon mordit encore la chose et le liquide noir se déversa sur son museau le faisant hurler. La bête s’abattit sur le chien. Le tuyau gris qui lui sortait du torse s’enroula autour du cou du chien. LE chien hurla.
Eddie
Eddie enfila des gants en caoutchouc avant de décrocher la pioche du mur et l’abattit sur la bête. Elle poussa un cri et fit un grand bond en arrière. Le chien se dégagea. La créature affolée contre la porte leva le tuyau gris qui lui sortit de la poitrine et regarda Eddie qui frappa encore la chose. George aida Eddie à frapper la bête.
Huddie
Huddie enfila une paire de gants lui aussi et il prit un râteau pour aider Eddie et George. Shirley qui elle aussi avait un outil et des gants. Ils réussirent à tuer la bête. Shirley réalisa qu’ils venaient de tuer un être intelligent et pour elle c’était un meurtre. Le chien blessé se remit à gémir. Eddie pensait que la voiture était vivante et respirait. Tous les policiers quittèrent le hangar sauf Huddie qui mit un masque et prit des photos de la bête. La bête était devenue blanche en se décomposant. Une vapeur s’en élevait. Huddie mit la bâche sur le cadavre et sortit le Polaroïd puis il revint vers la Buick pour en fermer le coffre mais il y trouva un objet qui ressemblait à un transistor des années 50 mais qui ne comportait ni cadran ni boutons ni manettes. Le matériau dont il était fait avait la texture du cuir. Huddie pensait comme Shirley que la créature qu’ils avaient tuée n’avait rien d’un animal, c’était un être pensant. Alors il pensa qu’Ennis avait dû subir la même chose dans l’autre monde. Huddie pensa à entrer dans le coffre. Il repensa à cet instant plus tard après le suicide de George Morgan. Il avait compris qu’en entrant dans le coffre il lui arriverait quelque chose d’épouvantable. C’est un cri de Shirley qui l’empêcha de faire cette bêtise.
Eddie
Eddie et George étaient retournés s’occuper de Lippy mais celui-ci avait brisé la vitre de la portière et s’était enfui. George se demanda si Lippy n’avait pas eu la curiosité de regarder ce qui se passait dans le hangar à cause des cris. Shirley cria au secours à ce moment car le chien était en train de mourir des suites de ses blessures.
Shirley
Shirley raconte à Ned les derniers moments de Mister Dillon. Elle l’a vu rentrer au poste. Il s’était mis à trembler et à baver comme s’il était en rage. Des volutes de fumée minuscules s’échappaient des petites traces de brûlures qui lui grêlaient le museau et les paupières. Puis la fumée sortit de la gueule, des narines et des oreilles. Il vomit ses intestins alors Shirley cria au secours.
Eddie
Le chien était sorti et George et Eddie le virent. Shirley leur dit qu’il brûlait de l’intérieur. Alors George l’abattit pour abréger ses souffrances.
Aujourd’hui : Shirley
Shirley explique à Ned qu’ils n’ont pas pu faire autrement pour le chien.
Autrefois : Eddie
Après que George abattit le chien, la fumée avait commencé à se dissiper. Pendant ce temps George Stokowski avait sauvé les enfants. Eddie couvrit le corps du chien avec une bâche et Shirley appela Tony.
Aujourd’hui : Sandy
Ned demande ce qui s’est passé quand son père et Tony sont revenus. Sandy lui répond que Brian Lippy n’ a jamais été retrouvé. Ned s’énerve car les policiers arrêtent de raconter l’histoire de la Buick. Mais Eddie lui répond qu’ils lui ont tout raconté même s’il ne s’en est pas parçu. Arky lui dit qu’ils ont enterré le chien. La petite amie de Lippy n’a jamais signalé sa disparition ni sa famille. Tony et Curtis pensaient que la Buick l’avait avalé. Sandy dit à Ned que Tony et Curt ont encore tenté quelques expériences et à la fin ils ont fait appel à Bibi Roth mais il était bien décidé à effacer la Buick de sa mémoire et il a conseillé à Tony et à Curt de l’imiter. D’autres créatures sont sorties de la Buick. En 1991, le coffre a explusé un oiseau à quatre ailes et en 1993 il a ramené de la terre qui s’est décomposée. Un an et demie après il y a eu un deuxième lézard rouge. Et depuis rien. Ned dit à Sandy qu’il sent la Buick. Sandy réalise que si par moment il était en colère contre Ned quand il posait des questions c’est parce qu’il avait peur pour lui à cause de la Buick. Sandy va manger dans un restaurant. Il pense que Curt a été tué par la Buick et se demande si Ned le sait aussi. Sandy repense au pique-nique du Labor day. Ned allait poser une question sur ce pique-nique mais s’était retenu. Mais Sandy devine qu’il voulait savoir si ce jour-là les policiers n’avaient pas parlé de détruire la Buick. Sandy pense que Ned est revenu au poste pour être seul devant la Buick. De retour au poste, Sandy voit ses craintes confirmées. Ned est revenu seul au hangar.Ned est dans la Buick, derrière le volant. Il a un jerry can d’essence et le pistolet de son père. Il est hypnotisé comme l’était Huddie quand il avait voulu entrer dans le coffre. Sandy se souvient que Curt lui avait demandé si la voiture pensait et Sandy avait ri. La température dans le hangar baisse et Sandy réalise qu’il doit agir vite. Il a la conviction que tout est de sa faute. Ned a versé de l’essence sous la Buick. Sandy entre dans la cabane de surveillance. Il entend la voix de la Buick. Arky est revenu lui aussi car il a deviné ce que Ned allait faire. Sandy attache la corde à sa taille et à un mur. Il va entrer dans le hangar. Sandy essaye de convaincre Ned de sortir de la Buick mais Ned refuse. Ned pense que c’est la Buick qui a tué son père et il veut la détruire. Il dit qu’avant qu’elle le fasse passer de l’autre côté en l’avalant, il mettra le feu à son dispositif de transport. Comme ça, elle n’aura plus jamais accès à ce côté-ci. Et s’il se tire indemne de cette aventure, il tuera ce qui l’attend de l’autre côté. Une lueur violette apparaît au-dessus du volant. La chose arrive. Sandy continue de parler à Ned pour qu’il sorte de la Buick. Sandy sort une bombe aérosol et pulvérise du gaz dans les yeux de Ned qui tire un coup de feu. Sandy essaye d’ouvrir la portière mais le bouton de verrouillage s’abaisse de lui-même. Sandy arrive quand même à ouvrir la portière en insistant et le coffre s’ouvre à cet instant. Sandy arrive à extirper Ned de la voiture qui commençait à l’avaler. Alors Sandy crie à Arky de tirer la corde. La Buick avale le pistolet de Ned. La buick a été entièrement évidée de son intérieur par la lumière violette. Un monstrueux passage, ouvert sur l’inconnu, s’étale devant les yeux de Sandy. Arky est aidée par Stéphanie, une policière et tous deux arrivent à tirer Sandy et Ned. Un tourbillon d’insectes à carapace verte jaillit du coffre. Ils meurent aussitôt. Ned et Sandy sont aspirés par la Buick mais ils résistent. Huddie et Eddie arrivent à la rescousse. Enfin Ned et Sandy sont tirés hors du hangar. Shirley est arrivée et elle fond en larmes quand elle réalise ce qui s’est passé. Ned s’excuse pour ce qu’il a fait. Sandy lui explique qu’il était sous son emprise et que jamais la Buick n’avait exercé autant de pouvoir sur quelqu’un. Sandy se sent fautif.
Autrefois : Curtis
On assiste au dernier jour de Curtis. Il sentait la Buick et sa voix l’appelait. Il demanda à Sandy si la Buick pensait et si elle observait ce qui se passait autour d’elle. Sandy était sûr que non et rit. Mais Curt insista alors Sandy demanda pourquoi ils ne détruiraient pas la voiture. Curt répondit que ça les mettrait en danger. Curtis dit à Sandy que Buck Flanders et Andy Colucci avaient eu envie de détruire la Buick. Il pensait que c’est la Buick qui leur avait donné cette idée. Curt avoua à Sandy qu’il avait été repris d’un amour insensé pour son fils.
Aujourd’hui : Sandy
Sandy finit de raconter le dernier jour de Curt à Ned. Curt lui avait dit qu’il avait de la chance. Dans le hangar B, il fait noir. Il n’y a pas d’éclair. Sandy demande à Ned s’il va leur causer encore des problèmes mais Ned répond qu’il n’en sait rien. Il demande à Sandy si son père n’avait pas une idée de l’endroit d’où venait la buick et qu’il était l’homme en noir mias Sandy répond que personne n’a jamais su. Sandy repense à ce qu’il a vu dans la Buick quand elle a essayé de l’aspirer avec Ned. Il a vu des restes de Brian Lippy, sa croix gammée et une de ses bottes. Il avait donc bien été aspiré par la Buick. Il a vu aussi le chapeau d’Ennis.
Plus tard
Sandy explique qu’en 2006, il est prêt à prendre sa retraite. Il se rappelle qu’un jour Shirley lui avait annoncé un accident de voiture et que le conducteur était en mille morceaux et mort. C’était Eddie. Il avait embouti la face latérale du pont en béton qui traverse le Redfern à moins de cinq minutes de marche de l’endroit où la buick Roadmaster était apparue comme par enchantement et où Curtis avait été tué. Sandy a dû avertir la mère de Ned et il est allé au restaurant avec tous ses collègues pour se saouler. Tous les policiers qui n’étaient pas de service sont allés à l’enterrement. Eddie avait racheté la voiture de Ned après avoir renoncé à l’alcool. Ned avait abandonné l’université pour devenir policier. Eddie avait eu un accident car il avait repris l’alcool. Arpès l’enterrement, Ned veut emmener Sandy voir le hangar. Un minuscule éclair argenté zigzague de haut en bas côté conducteur. C’est une fêlure dans le pare-brise. Ned sait que la voiture va s’auto-détruire.
27 octobre 2009
Roadmaster I (Stephen King)
Roadmaster (Stephen King)
Aujourd’hui : Sandy
Dans l’année qui a suivi la mort de son père, le fils de Curt Wilcox a beaucoup fréquenté les locaux de la police. Cette année là, Ned Wilcox était en Terminale au lycée de Statler. Vers la fin d’une étouffante journée d’été, en juillet 2001, Curt avait fait ranger sur le bas-côté un 38 tonnes. Curt était garé sur l’aire de stationnement goudronnée de l’ancienne station-service Jenny exactement à l’endroit où cette satanée Buick Roadmaster avait surgi vingt ans auparavant. Le père de Ned s’était lancé aux trousses du camion parce qu’il avait un pneu qui menaçait d’éclater. Curt avait mis ses gyrophares et le camionneur s’était sagement rangé sur le bas-côté. Curt avait appelé le central. Ensuite, il était descendu de voiture et s’était dirigé vers le camion et avait regardé le pneu défectueux et il était mort. Depuis Ned venait chez les policiers pour faire des corvées comme ratisser les feuilles mortes ou déblayer la neige du parking. Ned parlait avec les policiers. Ils lui parlaient de son père même si son nom ne franchissait jamais leurs lèvres. Ned s’était lié avec Shirley Pasternak, l’officier de communication. Elle lui avait appris à se servir des téléphones et lui avait dit que sa hantise c’était de perdre un collègue sans même s’en apercevoir. Shirley lui apprit tout en espérant qu’un jour il serait capable de la remplacer. Et Ned l’avait relayé quand elle allait faire un café ou fumer une cigarette dehors. Les policiers avaient laissé Ned s’occuper d’un signalement de conducteur auprès d’un de leur collègue pour voir s’il en était capable. LE policier avait donné à Ned l’immatriculation de la voiture et Ned avait fait le reste comme un chef. Ned avait des soeurs jumelles Joan et Janet. Un jour Ned était venu voir les policiers pour leur annoncer qu’il avait été admis à l’université et tout le monde avait fêté ça. Ned se trouvait sur un banc et pleurait. Un policier, le narrateur, vint le voir. Ned aurait voulu montrer sa lettre d’admission à l’université à son père. Même si sa mère et ses soeurs avaient été folles de joie. Il faisait tout le temps le même rêve, que la mort de son père n’était qu’un cauchemar, que son père ne s’était pas fait écraser par un pochard pendant qu’il vérifiait le pneu du camion. Ca faisait un an que c’était arrivé et ce rêve ne le lâchait pas. Ned demanda à Sandy, le narrateur, s’il y avait une raison à la mort de son père mais Sandy pensait que ce n’était pas lui qui pouvait répondre. Sandy lui dit qu’il fallait bosser, placer sa confiance dans l’avenir et mettre un joli petit pécule de côté en prévision de sa R.D. Sa retraite dorée. Sandy regarda le hangar B dans lequel se trouvait la Buick Roadmaster mais ne dit rien à Ned. Ned allait passer l’été à bêcher les plates-bandes et à arroser les pelouses pour payer ses études. Il allait travailler pour Tom Mc Cnnaton, un alcoolique qui avait la réputation d’être un petit chef tatillon et mesquin qui ne nourrissait pas d’ambition politique particulière contrairement au reste de sa famille. Sandy le tira de là et s’était arrangé pour faire embaucher Ned comme stagiaire rémunéré au maniement d’un central de communication. Shirley lui enseignerait tout ce qu’elle savait. Georgie, un des policiers, offrit une étoile de shérif en plastique à Ned sur laquelle était écrit « sous-fifre ». Ned s’en sortait bien. Il n’avait failli perdre son sang froid qu’une fois quand un type qui était sur le point de comparaître devant le juge du comté avait été pris d’une crise de violence subite et s’était mis à cavaler à poil en hurlant des insanités sur Jésus le Phallus. Shirley l’avait remplacé sur le champ et l’incident du tribunal n’avait pas fait de victime et M. Jésus le Phallus avait été placé en observation à l’hôpital. Ned s’en était vite remis. Ned n’avait pas l’intention de faire carrière dans la police mais pour Shirley ça ne changeait rien, l’important c’était qu’il se sente bien. Au début de juillet, un an après la mort de son père, Ned avait posé des questions à Sandy sur le hangar B. Tous les policiers y étaient entrés sans en avoir envie parce qu’ils ne pouvaient faire autrement. Ned était ébahi par la Buick qui s’y trouvait. C’était un modèle 1954. Ned avait vécu un truc bizarre. En s’approchant du hangar B, il avait entendu deux bruits. Un bruit d’étoffe qui se froisse et ensuite un choc sourd. La bâche recouvrant la Buick s’était décrochée pendant que Ned lavait les carreaux du hangar comme si la voiture avait voulu que Ned la voie. La Buick était bleu nuit. Sandy expliqua qu’elle était là à cause d’une facture impayée. Ned voulut entrer pour la voir mais Sandy répondit qu’il serait imprudent de s’en approcher. Alors Ned voulut savoir si ça avait un rapport avec son père si la voiture était à lui. La Buick appartenait à toute la compagnie D. de la police mais plus particulièrement à Tony Scoodist et au père de Ned. Mais Sandy dit à Ned qu’elle n’était pas vraiment à son père. Ca devait rester entre eux. Sandy autoriserait Ned à entrer dans le hangar quand la température aurait remonté car elle y était de 13 degrés. Sandy avait cru entendre la voix du père de Ned lui dire « cette bagnole est une zone sismique » et avait sursauté. Il n’en dit rien à Ned.
Autrefois
En 1979, à l’intersection de la 32 et de la route de Humbolt, la station service Jenny était encore ouverte. Elle appartenait à Hugh Bossey qui ce jour-là était parti se faire soigner les dents. Le pompiste s’appelait Bradley Roach, un garçon de vingt ans, c’est lui qui allait tuer le père de Ned 22 ans plus tard. Un matin de juillet Brad Roach était assis dans le bureau de la station-service. La Buick Roadmaster arriva. Brad avait compris que quelque chose n’allait pas avec cette voiture sans savoir quoi. Le conducteur sortit de la Buick. Malgré la chaleur, il était vêtu d’un trench-coat noir et d’un chapeau noir à larges bords. La voix du type n’était pas plaisante quand il demanda le plein. De plus Brad avait eu l’impression qu’une oreille du type avait fondu. Brad réalisa que la voiture n’avait pas de plaque minéralogique. Il n’y avait rien dans la voiture. Le volant était fait d’un bois incrusté d’une matière brillante. Brad se dit qu’il avait été fait sur mesure. Le réservoir était presque vide et Bradley se dit que le type avait dû abattre une sacrée distance ou que le réservoir était presque à sec car les pneus n’étaient pas sales. Brad se dit que l’homme devait être un Amish car il y en avait dans la région. Mais il savait que pour les Amish les voitures étaient l’oeuvre de Satan donc il ne devait pas faire partie de la secte. Brad pensait que le type était dans les toilettes mais ça faisait 35 minutes qu’il n’était pas revenu. Il n’était pas dans les toilettes et Brad se dit qu’en voulant voit la rivière le type avait glissé et s’était noyé.
Aujourd’hui : Sandy
Curt, le père de Ned, était venu à la station-service après l’appel de Brad et Ned devait s’habituer à l’idée que le tueur de son père avait parlé avec sa victime bien avant l’accident. Curt avait arrêté plusieurs fois Brad dans les années 80 pour conduite en état d’ivresse.
Autrefois
Curt Wilcox et son collègue Ennis Rafferty étaient allés voir dans la rivière si le type s’y était noyé. Les flics avaient remarqué que la voiture n’avait pas de plaque ni de macaron de contrôle technique et que le volant était grand. Ce que Brad avait pris pour le manteau du type dans la rivière était en fait une poubelle en plastique noir. On ne retrouva jamais le type en manteau noir. Ennis et Curt ne croyaient plus ni l’un ni l’autre que la voiture était une Buick. Ce que c’était, ils n’en avaient pas la moindre idée. Ennis demanda qu’on lui envoie une dépanneuse pour remorquer la Buick jusqu’au poste de police. Les deux flics interrogèrent Bradley pour savoir s’il n’était pas ivre ou en état de démence puis Curt inspecta la Buick pendant 45 minutes. Il avait remarqué qu’il manquait des pièces au moteur et la voiture n’aurait pas dû rouler. La clé était juste un de métal plat et Curt l’essaya quand même mais n’arriva pas à démarrer le moteur. Toutes les commandes du tableau de bord étaient bidon et le volant ne tournait presque pas. Curt avait ouvert le coffre, il avait une odeur marécageuse mais était vide. Il dit à son collègue que la Buick était une zone sismique. Il expliqua qu’il avait vu une émission de télé où il était expliqué que la température baissait juste avant un tremblement de terre. Quand Curt était dans la Buick, il avait senti un bourdonnement dans sa tête. De plus il faisait froid dans la Buick. Curt pensait que le bourdonnement venait de l’air dans la voiture. Mister Dillon, le chien de la compagnie montra sa peur de la Buick en hululant en sourdine et en tremblant de tous ses membres. Un après-midi, les experts du service médico-légal vinrent examiner la Buick.
Aujourd’hui : Sandy
Curt et Ennis n’avaient pas relevé de traces de pas jusqu’à la rivière et l’herbe était mouillée donc le type de la Buick n’était pas passé là. Sandy raconte à Ned l’histoire d’un de ses collègues, George Morgan qui a écrasé une vieille dame accidentellement alors qu’il était à la poursuite d’un criminel. Il ne l’a pas supporté et s’est suicidé.
Autrefois
Bibi Roth, l’expert, et ses collègues ne mirent pas plus de trois quarts d’heure pour examiner la Buick. Bibi fit son rapport au chef de la compagnie Tony Schoodist mais ne voulut pas laissé de trace écrite. Bibi et ses collègues n’avaient rien trouvé dans la Buick sinon des empreintes digitales et le fait qu’elle n’aurait pas dû avoir un tableau de bord en bois car ça ne collait pas avec son époque. De plus le compteur était à zéro et le pot d’échappement était en verre. Tony demanda à Johnny Parker, le responsable du service des véhicules du comté, de déplacer le chasse-neige qu’abritait le hangar B afin d’y mettre la Buick. Tous les hommes de la compagnie D vinrent voir la Buick. Tony avait voulu garder la Buick secrètement pour ne pas que l’affaire s’ébruite et attire les curieux. Un jour Ennis disparut. Les policiers l’avaient cherché partout même dans le coffre de la Buick. Il emmenèrent Mister Dillon dans le hangar B et il se mit à hurler à la mort et pissa de trouille. Huddie, un des policiers, pensait que la Buick avait avalé Ennis.
Aujourd’hui
Sandy raconte à Ned que Ennis n’a jamais été retrouvé et que les policiers ont fait une collecte pour sa soeur avec qui il vivait. Elle était persuadée que les policiers étaient responsables de la disparition de son frère. Pendant que Sandy raconte son histoire des éclairs sortent du hangar B. Ned en est éberlué. Sandy lui explique que cela arrive souvent et qu’ils appellent ça des séismes lumineux. Les éclairs émanent de l’intérieur de la Buick. Ned demande pourquoi la Buick fait ça mais les policiers ne savent pas. Ned est surpris qu’ils aient réussi à tenir ça secret depuis plus de vingt ans mais tous les policiers ont obéi à Tony qui leur a ordonné le silence. Bibi Roth a trouvé l’origine des empreintes digitales dans la Buick elle émanent d’Ennis, de Curt et de Bradley Roach. L’homme au manteau noir n’en a laissé aucune. Bibi n’a décelé aucune trace de sang dans la voiture mais des échantillons de tissu prélevés sur le revêtement du coffre contenant des quantités infinitésimales d’une matière organique qu’il n’est pas parvenu à identifier et qui a disparu d’elle même des échantillons. Au bout d’une semaine, on ne distinguait plus les endroits où les experts avaient gratté avec leurs scalpels pour prélever des échantillons dans la Buick. Si on rayait la carrosserie avec une clé, l’éraflure disparaissait au bout de six ou sept heures. La Buick avait rendu Curt marteau. Du coup, il déconnait à pleins tubes. Dès qu’il avait une seconde, il filait dans le hangar pour la prendre en photo et la tripoter. Curt pensait que la Buick avait mangé Ennis. Il pensait que cette bagnole était tombée entre leurs mains quasiment par la volonté de dieu. Tony et Curt ne parvenaient à se résoudre à se séparer de la voiture. C’était leur trésor caché. Ils y tenaient comme à la prunelle de leurs yeux. Curt a laissé des mots sur le cahier mais dans son testament il avait demandé qu’ils soient brûlés et sa femme l’a fait. La voiture n’a pas été confiée aux scientifiques car Tony s’en méfiait. Il pensait qu’ils seraient incapables de tenir leur langue. Tony appelait les éclairs de la Buick des « opérations de délestage ». Il pensait que la Buick se débarrassait de quelque chose, qu’elle s’en déchargeait.
Autrefois
Sandy raconte à Ned un événement qui s’est passé quinze jours après que la compagnie D eut pris possession de la Buick. La presse avait relaté la disparition de Ennis. C’est là que le premier séisme lumineux se produisit au crépuscule. La radio du poste de communication avait été parasitée et la télé était également parasitée. Sandy vit le hangar B s’illuminer. LA lumière ruisselait par tous les interstices. Il pensa que la voiture allait exploser mais il ne chercha pas à fuit car il croyait que ce serait inutile. Au contraire il mit ses lunettes de soleil et alla voir la voiture. Les autres policiers firent comme lui. Tony essaya d’écarter ses hommes mais lui aussi alla voir. Il ordonna à Sandy d’aller chercher Curt. Sandy téléphona chez Curt et tomba sur sa femme. Elle consentit à le déranger et il réussit à lui dire ce qui se passait. Curt arriva avec une paire de lunettes de soudeur. Tony volut l’empêcher d’avancer mais n’y parvint pas. Il demanda à Dicky-Duck d’aller chercher un Polaroïd. Tony s’en saisit. Avec mauvaise grâce, Tony céda le polaroïd à Curt qui ouvrit le hangar. Sandy tenait le chien mais avait du mal à l’empêcher d’aller vers le hangar. Alors Tony ferma la porte du hangar et le chien se calma aussitôt. Curt prenait des photos. Tony autorisa les hommes à venir voir. Cela s’arrêta. L’affaire avait duré 50 minutes. Tony ordonna à Herb de surveiller le hangar et les autres hommes rentrèrent au poste. Tony organisa un briefing avec ses hommes. Lui et Curt dirent qu’il n’y avait pas eu d’explosion ni de fuite radioactive. Curt fit circuler ses polaroïd et dit qu’il achèterait un compteur Geiger pour vérifier qu’il n’y avait aucune radiation. Dicky Duck voulait avertir le FBI dans le cas où il y aurait des radiations. Et Tony déclara que dans ce cas il se débarrasserait de la Buick. Buck dit qu’il fallait remettre la voiture entre les mains du gouvernement mais personne n’approuva. Tony demanda à ses hommes de ne rien dire sur la Buick à leur famille et de ne rien écrire là-dessus. Un thermomètre avait été installé dans le hangar B et il affichait une température de plus en plus basse. Après avoir acheté le compteur Geiger Curt et Tony passèrent une heure dans le hangar pour passer le tube du compteur partout sur la Buick. Il n’y avait aucune radiation mais la température du hangar était descendu à neuf degrés. La Buick allait accoucher. Arky Arkanian fut le premier à voir que quelque chose était sorti de la voiture sans savoir ce que c’était.
Aujourd’hui : Arky
Arky raconte à Ned ce qu’il a vu ce jour-là.
Autrefois
A l’époque, Arky possédait un vieux pick-up Ford. Après l’avoir garé, il se dirigea vers le hangar B et colla son visage à l’une des lucarnes. Le coffre de la Buick était ouvert. La température était remonté jusqu’à 16 degrés. Arky paniqué rentra au poste et demanda à Huddie d’aller au hangar avec des jumelles. Mais elle ne lui furent d’aucune utilité car il n’arriva pas à voir ce qu’il y avait au fond du hangar avec. Huddie ouvrit la porte et pénétra dans le hangar, il tenait son pistolet. Arky s’empara d’un râteau accroché à un clou juste à côté de la porte. Le coffre de la Buick était vide. Ils virent une chose morte au fond du hangar qui ne ressemblait à aucune bête connue. La chose avait des ailes et la taille d’une chauve-souris. Elle avait une tête triangulaire, une sorte de nez ou de bec osseux. Elle n’avait pas d’yeux. Au-dessous du cadavre, disposée en éventail autour de sa croupe, une plaque de matière noirâtre et poisseuse était en train de se coaguler. Arky toucha la chose avec le râteau. Une odeur nauséabonde de vieux chou bouilli se dégagea de la bête. Le sommet de la tête de la créature s’était retroussé, découvrant un oeil vitreux, d’une taille démesurée. Ils sortirent en claquant la porte. Ils firent venir Tony et Sandy. Tony interrogea Arky et Huddie et regarda la bête. Tous les hommes de la compagnie vinrent voir la chose. Tony demanda à ses hommes de partir sauf Sandy. Sandy avait amené le Polaroïd, des sacs poubelle et des ustensiles destinés à relever des indices. Ils ouvrirent le coffre le photographièrent, photographièrent aussi le thermomètre qui affichait 21 et prirent des photos du cadavre et le mirent dans un sac poubelle. Il y avait des taches vertes sur la porte du hangar et Sandy les photographia. Tony pensait que la bête était sortie du coffre, avait heurté la porte, d’où la tache, et avait rebondi d’un mur à l’autre. Ils sortirent du hangar et se sentirent mieux. Sandy pensait que la Buick était un canal qui permettait de passer d’un monde à l’autre et si la bête l’avait traversé dans un sens, cela voulait dire qu’Ennis l’avait traversé en sens inverse. Il pensait que c’est l’air qui avait tué la bête. Tony rangea le sac poubelle dans la salle des fournitures. Il déclara que plus personne n’aurait accès à cette salle sauf Curtis, Sandy et lui. A partir de ce moment c’est eux qui enquêteraient sur l’affaire. Quand Curt fut mis au courant de l’affaire, il demanda où était le chien au moment de la découverte du cadavre. Il était chez Orville, un policier. Curt écouta le récit de Sandy et de Arky puis alla voir le cadavre et vomit. Curt demanda si la Buick avait échangé Ennis contre la bête mais il n’y croyait pas. Il décida de disséquer la bête. Tony voulait faire surveiller le hangar 24 h sur 24 mais il n’avait pas assez d’hommes. Dep plus il s’inquiétait des visiteurs. Un représentant de la Chambre vint visiter le poste de la compagnie D pour faire une déclaration officielle au sujet du projet de loi sur la réorganisation de la police qu’il s’apprêtait à présenter. Les journalistes étaient présents. Tony avait peur que des policiers extérieurs aillent mettre leur nez dans leurs affaires. Curt eut l’idée de faire construire un local à poubelles. Ce local permit à l’homme chargé de surveiller le hangar d’être hors de vue. La compagnie plaça un camescope dans la cabane. Curt avait peur que les policiers ratent le prochain événement et demanda à Tony d’établir une feuille de présence que les hommes de garde seraient tenus de signer mais Tony refusa car il ne voulait pas de traces écrites. Il dit à Curt de ralentir car il prenait trop de temps pour la Buick au détriment de sa femme. Et Sandy lui dit la même chose mais Curt n’arrivait pas à relativiser. Il cessa quand même de réclamer qu’on augmente les tours de garde. Curt s’entraîna à disséquer des animaux chez lui et sa femme trouvait ça dégueu. C’est à cette époque que Jimmy et Rosalynn élurent domicile dans la Roadmaster. C’était des gerboises que Tony avait achetées pour les mettre dans une cage sur la banquette avant de la Buick. Tony voulait ainsi savoir s’il était dangereux de rester dans la Buick. Bradley Roach avait parlé à la presse.Homer Oasler, un jeune journaliste l’avait écouté et voulait en tirer un article sensationnel. Il alla voir Tony qui mentit en disant que la Buick n’était plus au poste mais à Philadelphie au bureau des Séquestres de l’Etat de Pennsylvannie. Il avait inventé de toute pièce cette administration. 48 heures après la visite du journaliste, la Buick déclencha un nouvel orage électrique. C’était en plein jour cette fois. Brian Cole était de garde. Il vit que la température avait baissé et entendit un bourdonnement en passant le buste à l’intérieur de la Buick. Brian sortit en vitesse. Il sortit le camescope et filma la Buick. Les hommes vinrent voir ce qui se passait sauf Arkie que Tony éloigna pour surveiller l’extérieur du poste. Curt fut appelé et s’amena en vitesse. Il prit la caméra et filma la scène. Il voulut entrer dans le hangar pour filmer les gerboises mais Tony refusa. Les éclairs sortir de la voiture et les hommes mirent des lunettes de soudeur. Curt alla chercher une corde et Brian voulait entrer dans le hangar après la fin des éclairs pour aller donner à boire aux gerboises. Alors Tony accepta que Curt entre dans le hangar mais attaché à une corde pour qu’on le ramène vite fait en cas de danger. Tony prit la caméra. Curt entra dans le hangar et ouvrit la portière de la Buick. Une des gerboises, Jimmy, avait disparu.
Aujourd’hui : Sandy
Ned demande s’il pourra visionner les cassettes enregistrées par Tony et son père et Sandy accepte à condition qu’il les regarde au poste de police. Eddie a eu la vie sauvée par Curt et il sait des choses sur la Buick alors Sandy veut qu’il parle à Ned. Curt avait sauvé la vie d’Eddie un jour où celui-ci se faisait tirer dessus par des fermiers fous. Et pourtant Eddie voulait se défiler devant Ned en ne parlant pas de la Buick. Ned veut savoir si les policiers discutaient de la Buick entre eux mais Sandy répond que seuls Tony et Curt le faisaient pour les autres c’était un dossier en sommeil. Sandy explique que l’autre gerboise, Rosalynn, a fini ses jours dans la salle commune du premier étage. Il dit à Ned que des trucs surgissaient de la Buick et des animaux disparaissaient, des grenouilles, un papillon. Quand la température baissait cela ne provoquait pas forcément des éclairs mais quand il y en avait la température était basse. Ned parle de l’homme en noir. Il pense qu’avant de disparaître il est remonté dans la Buick et que Bradley Roach ne s’en est pas aperçu prace qu’il lisait. Sandy dit que c’est possible et il lui révèle que lors d’un pique-nique pour le Labord day la compagnie D a parlé de la Buick. Certains pensaient qu’elle était d’origine extra-terrestre. Shirley avoue à Ned qu’elle a failli démissionner mais Curt l’en a dissuadée en lui disant que la Buick n’était jamais qu’un objet perdu. Eddie dit que Curt pensait que la Buick venait d’une autre dimension. Curt lui avait dit aussi qu’il voulait quitter la police pour suivre des cours de biologie mais que sa femme le lui avait interdit.
Aujourd’hui : Phil
Phil raconte à Ned qu’après la deuxième séance d’éclairs il a vu le coffre de la Buick ouvert et des bouts de papier calcinés en sortir. Phil est allé chercher Tony qui a pris la caméra. Les papiers étaient des feuilles et elles changeaient de couleur virant du noir au gris. Phil a voulu en prendre et Tony l’a laissé entrer dans le hangar mais en le tenant. Phil a vu que les feuilles étaient devenues blanches. Il en a ramassé une douzaine. Leur contact était déplaisant. De plus, Phil était persuadé d’entendre la Buick murmurer alors il a crié à Tony de le tirer du hangar. Les feuilles s’étaient liquéfiées dans ses mains en dégageant une mauvaise odeur. Après ça, Phil était allé aux toilettes pour se laver les mains et vomir.
Aujourd’hui : Sandy
Sandy a toujours eu de la pitié pour Ned mais là il réalise que l’adolescent a relevé la tête en leur posant des questions et ça le met en colère car il ne veut pas avoir de dettes envers lui. Ned était persuadé d’avoir des droits sur les policiers et Sandy ne le supporte pas.
Autrefois
Curt disséqua le bête devant Sandy. Une odeur horrible en sortait. Tony était là aussi. Sandy filma la dissection. Il restait des feuilles et Curt en examina au microscope. Il vit des filaments noirs. Tony épingla la bête qui ne ressemblait à rien de connu avec son bec jaune et ses ailes. Elle n’avait qu’un oeil. Quand Tony perça le ventre de la bête, un liquide noire gicla avec une odeur horrible. Une masse spongieuse sortit de la poitrine ouverte et un liquide vert pâle. En coupant le petit arceau osseux de la bête, Curt n’avait pas accéléré la décomposition de la bête c’est seulement en effleurant la masse spongieuse que cela se produisit. Curt sortit l’oeil du corps de la bête. Au bout d’un instant l’oeil se mit à chuinter et à blanchir. Une matière fibreuse de couleur rose pâle, débordant en gonflant de l’orbite vide. Une fois sortie, elle vira au blanc et se liquéfia. Ce qui jaillit des viscères de la bête perturba leur sommeil pendant un bon mois. Un liquide séreux et noirâtre barbouilla les joues de Curt et éclaboussa son masque. Ils crièrent. Se dégonflant à toute allure, le poche de la bête déversa un flot de petites cartouches noires emmaillotées d’une membrane grise. Elles étaient pourvues d’un oeil vitreux. Après cela ils mirent une heure à tout nettoyer. Curt préleva avec un coton-tige des échantillons du liquide noire et visqueux qui avait jailli des viscères et de l’utérus de la bête. Il préleva aussi un peu de la sérosité fluide et claire issue de la cavité pectorale et emballa ses échantillons dans du film plastique et les plaça dans un autre sachet destiné aux pièces à conviction. Les deux foetus restants entourés de leurs ailes minuscules furent placés dans un troisième sachet. Les échantillons et le cadavre de la bête furent mis à l’abri dans un vieux meuble métallique que George Morgan allait appeler « musée des horreurs de la compagnie D ».
Aujourd’hui : Sandy
Sandy raconte une série d’événement qui se sont déroulés depuis 1979 pour montrer qu’il y avait une vie en dehors de la Buick. Sandy se demande si Ned pense que la Buick est responsable de la mort de Curt mais Sandy lui dit que la bagnole n’envoie pas d’ondes.
19 octobre 2009
La mort et son mystère (Flammarion)
La mort et son mystère (Camille Flammarion)
1ère partie : Avant la mort
1 – le plus grand des problèmes peut-il être actuellement résolu ?
La survivance de l’âme, soit dans l’espace, soit sur les autres mondes, soit par des réincarnations terrestres, pose toujours devant nous le plus formidable des points d’interrogation. Flammarion a reçu des centaines de lettres sur les manifestations de revenants et il s’en est servi pour prouver la survivance de l’âme.
Une mère a perdu son fils de 33 ans d’une tumeur à la vessie. Elle a écrit à Flammarion pour le supplier de lui confirmer l’existence de la vie après la mort. Une autre mère ayant perdu sa fille a écrit à Flammarion mais le savant n’a pu lui apporter de certitude absolue. Pendant vingt ans il a cherché des preuves de la survivances. Les religions et les dissertations théologiques ne prouvent rien. La mort est l’événement suprême de la vie. Ne pas vouloir l’étudier est une puérilité enfantine. La résurrection des corps est un dogme suranné qui ne peut plus être accepté par personne mais si notre pensée, notre entité psychique, survit à la dissolution de l’organisme matériel, nous aurons la joie de continuer à vivre. Les recherches sur la survivance ont été bloquées par l’Inquisition. On a imposé le silence aux chercheurs. C’est ce qui a le plus retardé le progrès des sciences psychiques.
2 – le matérialisme
doctrine erronée incomplète et insuffisante
Flammarion évoque les travaux de Comte, Renan et Littré. Littré pensait que dans les sciences positives on ne connaissait aucune propriété sans matière et la pensée sans être vivant. Mais il associait pourtant la psychologie à la physiologie. Flammarion pense qu’il y a dans l’homme autre chose que ce qui se voit, se touche ou se pèse; qu’il y a dans l’être humain un élément indépendant des sens matériels, un principe mental personnel, qui pense, qui veut, qui agit, qui se manifeste à distance, qui voit sans les yeux, entend sans les oreilles, découvre l’avenir encore inexistant, révèle des faits ignorés. L’être humain n’est pas seulement un corps matériel doué de propriétés variées, mais encore un être psychique doué de propriétés différentes de celles de l’organisme animal. On n’a aucune raison de supposer que le corps et l’esprit soient inséparablement liés l’un à l’autre. La totalité du cerveau n’est pas nécessaire à la pensée ni à la vie.
3 qu’est-ce que l’homme ? L’âme existe-t-elle ?
Il peut exister autour de nous, non seulement des choses, mais encore des êtres invisibles, intangibles, avec lesquels nos sens ne nous mettent pas en relation. Les apparences ne nous révèlent pas la réalité. Il n’y a qu’une réalité directement appréciée par nous, c’est notre pensée. Et ce qu’il y a de plus irrécusablement réel dans l’homme, c’est l’esprit. La volonté humaine suffirait, à elle seule, pour prouver l’existence du monde psychique, du monde pensant, différent du monde matériel visible, tangible. Lorsque nous méditons, lorsque nous disons simplement je pense ou je veux, lorsque nous calculons un problème, lorsque nous exerçons nous puissance d’abstraire et de généraliser, nous affirmons l’existence de l’âme. L’âme est une entité intellectuelle.
4 facultés de l’âme supranormales, inconnues ou peu étudiées, prouvant son existence indépendante de l’organisme matériel.
Flammarion évoque le pressentiment. M. Constans, ministre de l’Intérieur lui a raconté un fait qu’il a vécu. Un matin, dans son cabinet, on lui remet un livre dans son courrier. Il le laisse à sa femme qui le regarde et y voit une infamie. Elle fit appeler M. Cassel, directeur de la Sûreté générale, et lui recommanda d’examiner l’objet, pressentant quelque mystère. Le livre contenait de la dynamite.
Il y a en nous autre chose que la conscience normale apparente. Quel que soit le nom qu’on lui donne, « inconscient », « subliminal », « subconscient », cette autre chose existe : vous ne pouvez pas sortir de là. Eh bien, c’est notre être intime, transcendant, permanent, antérieur à notre corps matériel et ne dépendant pas de lui, c’est notre âme, dont les facultés sont inconnues de la science classique. Flammarion évoque également le cas d’un homme qui a le pressentiment avéré de l’assassinat du roi d’Italie, Humbert.
5 – Action de l’esprit sur le corps. La volonté agissant sans la parole, sans aucun signe, et à distance.
Des diverses manifestations de notre psychique, l’une des plus remarquables est, assurément, l’action de la volonté humaine sans l’intermédiaire de la parole ou d’aucun signe, et à distance.
Flammarion évoque le cas du Dr Ochorowicz qui a empêché une de ses patientes de se jeter par la fenêtre rien que par la pensée. Il avait également réussi à lui donner des ordres par la pensée la faisant se lever ou bouger une main. Mesmer pouvait également contrôler les gens à distance d’après Flammarion.
Les magnétiseurs pensent que leur volonté concentre « le fluide » et ensuite le projette au-dehors, dans une direction approximative, comme un paquet d’opium. Flammarion pense que les idées se transmettent par des vibrations dans l’éther. Flammarion estime que l’action de l’esprit sur la matière, depuis longtemps étudié, ne se montre peut-être nulle part aussi évidente que dans les phénomènes produits par l’autosuggestion sur certains troubles dans la circulation du sang, tels que rougeurs, congestion cutanée, vésication, hémorragies, stigmates sanguinolents, etc. Il cite le cas de religieuses qui ont eu les stigmates du christ. Les « miracles » de Lourdes représentent l’une des manifestations les plus curieuses et les plus évidentes de la puissance de l’idée, de l’exaltation mentale, de la foi. Nous devons admettre aussi l’action de nos « forces psychiques inconnues ». Flammarion relate le cas de personnes qui sont apparues à leurs proches rien que parce qu’ils ont pensé à eux très fort.
6 – La télépathie et les transmissions psychiques à distance. Vue et audition télépathiques.
Flammarion relate l’histoire d’un enfant de 7 ans qui était capable de lire la pensée de sa mère. Quand elle ouvrait un livre, il était capable de dire quelle page elle avait sous les yeux. La vision télépathique se produit sans l’aide des yeux. La distance, les obstacles matériels ne l’empêchent pas. Le temps lui est souvent aussi indifférent que l’espace. On voit un événement présent, passé ou futur. Le fait psychologique met en oeuvre une faculté de l’esprit indépendante de notre organisme. Flammarion pense que la télépathie n’est pas rare. Il y a au-moins une personne sur dix qui connaît, soit par elle- même, soit par des proches, un fait de télépathie, de prémonition, d’avertissement de mort, de vue de l’avenir, en un mot d’action psychique. La télépathie a plus de fondement, une base plus universelle et plus sûre que n’en a aucune religion.
7 – La vue sans les yeux, par l’esprit, en dehors des transmissions télépathiques, la lucidité.
On peut voir sans les yeux, entendre sans les oreilles, non point par une hyperesthesie du sens de la vue ou de l’ouïe, car ces observations prouvent le contraire, mais par un sens intérieur, psychique, mental. Si l’on peut voir sans les yeux, on le fait par l’acte de facultés psychiques internes, par une force inconnue indépendante du sens de la vision normale. Flammarion dénomme la vue sans les yeux la cryptoscopie. Il évoque les expériences du marquis de Puységur en 1785. Il avait magnétisé un jeune homme de 14 ans nommé Amé. Amé avait mal à l’estomac et il pouvait voir son mal avec les doigts. Le somnambulisme permettait la vue sans les yeux selon Puységur. Flammarion évoque le cas de la femme d’un colonel de cavalerie, que son mari magnétisait. En état de somnambulisme, elle vit qu’un officier voulait se tuer et sa vision fut confirmée. Flammarion révèle que Victor Hugo lui-même participait à des séances de somnambulisme et croyait à la seconde vue. Le célèbre prestidigitateur Robert Houdin certifiait sur l’honneur que ces phénomènes n’étaient produits par aucune subtilité d’une ingénieuse prestidigitation. Flammarion évoque plusieurs cas de somnambules capables de lire sans les yeux le contenu de lettres cachetées ou de livres fermés. Il pense que c’est notre esprit qui pense, qui veut, qui aime, qui cherche, qui se décide. Ce n’est pas notre chair moléculaire cérébrale. La vue sans les yeux s’exerce par l’esprit, par l’âme.
8 – La vue des événements futurs, l’avenir présent, le déjà-vu.
De même que l’âme voit à travers l’espace, elle voit à travers le temps. Flammarion évoque des scènes de déjà-vu. Une femme rêve être en vacances dans une auberge, dans une chambre avec une armoire derrière laquelle elle voit grandir les flammes. Six mois après elle part en vacances et reconnaît le petit pavillon qu’elle a vu en rêve avec l’armoire au même endroit et l’incendie se déclenche.
9 – La connaissance de l’avenir, le fatalisme, le déterminisme et le libre arbitre, problème du temps et de l’espace.
Le fatalisme paraît en désaccord avec tous les progrès de l’humanité. Mais on est dans l’erreur en pensant que le fatalisme et le déterminisme sont identiques. Dans le premier, l’homme est un être passif qui attend les événements; lesquels sont inévitables. Dans le second, au contraire, l’homme est actif et fait partie des causes agissantes. On ne voit pas ce qui doit arriver, mais ce qui arrivera. Il arrive toujours quelque chose. C’est ce quelque chose que nous voyons, sans que ce soit fatal pour cela. Y a-t-il incompatibilité absolue entre la prévision de l’avenir et le libre arbitre ? C’est ce que l’on affirme en général, et ce que les écrivains anciens ont affirmé comme les modernes. Les événéments et les circonstances nous conduisent beaucoup plus amplement qu’on le pense, en général. Notre libre arbitre ne se joue que dans un cadre d’activité fort étroit. Nos actes les plus importants sont déterminés à la fois par les circonstances et par notre volonté. Voir, par un procédé quelconque, ce qui doit arriver par la succession des effets et des causes peut se concilier avec l’existence de toutes les causes agissantes, y compris la liberté. Néanmoins Flammarion pense que nous sommes les artisans de notre destinée. LE fatalisme est la doctrine des somnolents, les fatalistes attendent les événements, ce qu’ils supposent devoir se produire quand même et malgré tout. Au contraire, nous travaillons, et nous coopérons à la marche des événements. Voir l’avenir est voir simplement ce qui arrivera. Ce n’est pas prévoir, c’est voir. Flammarion évoque le cas du docteur Gallet. Il avait prévu l’élections du président Casimir-Périer alors qu’il ne s’intéressait pas à la politique en devinant le nombre précis de voix. Bien qu’il soit astronome, Flammarion semble accorder de l’importance à l’astrologie. Il cite le cas de l’astronome David Fabricius qui, à partir de l’astrologie, calcula que le septième jour du mois de mai 1617 lui serait fatal. En effet, il mourut ce jour-là assassiné par un paysan. Flammarion explique les prémonitions en estimant que pendant la vie, comme après la mort, l’âme est plongée dans l’atmosphère éthérée d’un monde invisible. Les prémonitions prouvent l’existence de l’esprit, doué de faculté intrinsèques indépendantes des sens physiques. Si l’âme n’est pas une production du cerveau, si elle est distincte du système nerveux cérébrospinal, si elle existe par elle-même, il n’y a pas de raison pour qu’elle se désagrège avec lui.
2è partie : autour de la mort.
1 – Les faits exposés dans la première partie prouvent-ils irréfutablement l’existence de l’âme ?
Flammarion regrette que les savants, les écrivains, les artistes se tiennent dans une réserve discrète car il pense qu’eux aussi sont témoins de phénomènes psychiques. Ils craignent l’ironie ou que leur dignité soit compromise. Flammarion pose une hypothèse : les phénomènes psychiques peuvent-ils être attribués à des facultés, connues ou inconnus, d’un appareil cérébral aussi puissant qu’on l’imagine ? Attribuer à un groupement de molécules matérielles, à une action chimique, mécanique, d’un fourmillement d’atomes quelconques, la faculté de voir ce qui n’existe pas encore, ce qui arrivera dans plusieurs heures, plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années, est une pure hypothèse, et ne s’appuie sur aucune base scientifique. Outre le côté esprit de l’âme, il y a le côté moral, qui est le fonds même de l’âme humaine. Comment voir là une fonction de la maladie cérébrale ? Flammarion pense que les facultés supranormales ne sont pas à nos ordres. Elles s’exercent inconsciemment sinon ceux qui pratiquent la vue par l’esprit seraient les maîtres du monde. Camille Saint-Saëns avait été refusé à l’Académie des Beaux-Arts. Il avait eu une prémonition. Il se dit qu’il serait reçu lorsque les lions qui ornent le devant de l’Académie seraient retournés et c’est ce qui se passa. Pourtant il a écrit à son ami Flammarion qu’il ne croyait pas à l’âme et Flammarion lui a répondu qu’il n’était pas logique.
2 – Les doubles de vivants
Les exemples de doubles, de bilocations, d’apparitions, sont si nombreux qu’il est impossible de les annihiler tous et de supprimer leur réalité. Flammarion cite le cas de Goethe. Le poète se promenait un soir à Weimar. Il vit son ami Frédéric qui était pourtant à Francfort. Goethe était accompagné de son ami K. qui ne vit pas l’apparition. Quand Goethe rentra chez lui, il y trouva son ami Frédéric. Frédéric avait rêvé qu’il allait à la rencontre de Goethe. Flammarion explique ce phénomène par une transmission d’images par ondes psychiques entre deux cerveaux harmonieusement accordés.
Guy de Maupassant, au début de la paralysie générale qui devait l’enlever, voyait avec terreur un double de lui-même assis à sa table, et il s’est inspiré de cette hallucination dans le Horla. Les « doubles » qui viennent de passer devant nos yeux sont des manifestations de vivants, non associés à la mort, et nous prouvent simplement la réalité de ces phénomènes encore inexpliqués. Il n’y a pas seulement des doubles inconsciemment formés; il y a aussi des doubles produits par la volonté. Les être humains sont reliés entre eux par des effluves invisibles. Ce corps fluidique, ce corps astral, peut se dégager de notre corps matériel en certaines circonstances. Flammarion relate l’expérience d’une femme qui était séparée de sa soeur jumelle. Comme son absence lui était très pénible, elle se résolut à voir ce qu’elle faisait en se dédoublant. Elle l’aperçut couchée dans son lit, un livre à la main. Sa soeur ressentit sa présence et l’aperçut. Elle renouvela plusieurs fois cette expérience.
Flammarion pense qu’il existe deux sortes de doubles : 1) ceux qui sont dus à des projections de la pensée agissant sur le cerveau des percipients qui leur sont plus ou moins associés, 2) ceux qui sont extérieurs, réels, objectifs. L’être humain peut se dédoubler en une forme analogue à la nôtre, se séparer de notre corps, prendre une certaine consistance, devenir visible, tangible même, parler, produire des effets mécaniques.
3 – La pensée productrice d’images projetées à distance. Les apparitions de vivants, morts apparaissant vêtus comme de leur vivant. Cinématographe psychique, transmissions télépathiques sensorielles.
Une apparition télépathique, de vivant ou de mort, peut avoir une origine objective et réelle. Elle peut aussi être subjective, dans l’esprit qui le perçoit et dans l’être d’où elle émane, ce qui expliquerait l’existence des vêtements. L’être, tel qu’il est, ou tel qu’il se sent, projette son image à distance, avec ses vêtements. Flammarion évoque le cas du commandant Mennelshisch qui causait, dans sa chambre avec un autre officier, lorsqu’il vit son frère George entrer et s’asseoir avec des habits ruisselants d’eau. Il était en mer, et son bateau faisait naufrage à cette heure-là. Cette apparition est une projection lancée par l’âme du mourant. Ce ne sont pas seulement les images visuelles qui peuvent être transmises télépathiquement; ce sont encore les auditions, les impressions d’odeur, les mouvements moléculaires, les germes de mort, les sensations cinématiques.
4 – Les apparitions de mourants quelque temps avant la mort
Flammarion relate le cas de mourants qui sont apparus à leurs proches pour annoncer leur mort prochaine comme la soeur du Docteur Romanes. Il la vit apparaître au pied de son lit et se dissoudre quand il l’appela. Il apprit sa mort quelques jours plus tard.
5 – Les manifestations de mourants quelque temps avant la mort (autres que les apparitions).
Flammarion évoque le cas d’une femme qui avait vu sa soeur l’appeler dans sa chambre la nuit. Mais sa soeur nia avoir fait ça. Sa soeur lui avait dit qu’elle était sur le point de s’en aller. Une semaine après l’apparition la soeur mourut.
6 – Vues de scènes de mourants et de morts à distance. Auditions du même ordre.
Flammarion relate le cas d’une femme dont le mari était parti pour la guerre de 1914. Elle fut heureuse de recevoir une lettre de son mari mais quelques jours plus tard, elle eut une vision : un champ de bataille et son cher mari tomber au milieu de tous. Quelques jours plus tard elle apprit la mort de son mari. Pour Flammarion il s’agit d’un cas de télépathie entre le mari et sa femme. Flammarion explique toutes ces visions de personnes peu avant leur mort par leurs proches par la télépathie. Il pense que la transmissions des ondes psychiques entre deux cerveaux séparés par de grandes distances est comparable à celles des ondes éthérées de la télégraphie sans fil.
7 – Avertissements divers précédant la mort ou l’annonçant.
Flammarion évoque l’histoire de A. Villinger, fondé de pouvoirs d’une grande compagnie d’assurance. Il rêva qu’il entrait dans une brasserie et vit le directeur de sa compagnie. Il était pâle et avait l’air souffrant. Le directeur annonça la date de sa mort. En effet, le directeur mourut à la date prévue. Flammarion évoque un autre cas curieux. Celui d’un homme souffrant d’un rhumatisme articulaire aigu. L’homme vit son père mort depuis quelques années et celui-ci le guérit mais en même temps lui prédit la date de sa mort. Les médecins ne voulurent pas y croire et pourtant l’homme se confessa, se fit administrer l’extrême-onction et mourut sans aucune peur. Flammarion raconte l’histoire surprenant de Lord Dufferin qui, une nuit vit un homme très laid portant un cercueil. Personne ne put lui dire qui était cet homme. Nommé ambassadeur à Paris, Lord Dufferin se trouva au Grand Hôtel et il revit l’homme laid qui était groom d’ascenseur. Effrayé, il ne monta pas et cela lui sauva la vie car l’ascenseur s’écrasa et tous ses passagers périrent. Flammarion conclut ce chapitre en déclarant que des êtres supérieurs à nous, voient l’avenir comme étant présent.
8 – Sensations mentales à distance de morts ou d’accidents (sans phénomènes physiques).
Flammarion évoque le cas du Docteur N. qui avait commandé à son pharmacien quelques médicaments que celui-ci négligea de préparer pendant une semaine. Un soir, le docteur se coucha avec l’intention d’aller réprimander le pharmacien. Dans la nuit, il se réveilla entendant distinctement une voix qui disait : « A 7 heures et demie du matin ». Le docteur regarda sa montre : elle marquait trois heures et demie. Le jour suivant le pharmacien lui dit qu’il avait été sorti de son sommeil par son réveil à trois heures et demie et qu’il avait dit à sa femme : « Je serai de retour à sept heures et demie pour préparer les médicaments du docteur ». Le docteur avait donc entendu la voix du pharmacien à distance et en pleine nuit. Flammarion relate encore des prémonitions de morts comme cet homme qui au cours du dîner reçut la vision de sa soeur jumelle morte et ce décès fut confirmé le lendemain. Mme Galli-Marié, créatrice du rôle de Carmen de Bizet, s’arrêta de chanter car elle avait ressenti au côté une douleur lancinante, comme un coup de marteau dans le coeur. Elle se reprit et acheva l’acte mais elle avait deviné la mort de Bizet qui lui était apparu. On courut aux informations. Bizet venait de mourir.
9 – Morts annoncées par des bruits, des coups frappés. Des vacarmes inexpliqués, des phénomènes physiques.
Flammarion avoue tout de suite qu’il est impossible d’expliquer les révélations de morts par des bruits, des secousses. Il relate le fait suivant qu’il tient de sa mère. Une nuit, elle avait été réveillée par un grand bruit, entendant tomber une glace qui était sur la cheminée. Elle s’était levée et avait constaté que la glace était bien tombée mais ne s’était pas cassée. Le lendemain, elle apprit la mort de la tante Bayet, la soeur du père de Flammarion.
Dans ces bruits, remuements d’objets, mouvements plus ou moins violents, vacarmes d’intensités variées, il importe de distinguer ceux qui sont réels de ceux qui sont imaginaires ou fictifs. Dans ceux-ci même, il y a une cause extérieure aux percipients, ils sont subjectifs, et néanmoins réels à un certain point de vue. Pour les phénomènes subjectifs, nous n’avons pas d’autres explications à chercher que les transmissions psychiques que nous connaissons; mais pour les déplacements réels, les mouvements constatés, il est tout naturel de penser à l’électricité, en ayant soin d’avouer que nous ignorons absolument la nature de cette force.
10 – Entre la vie et la mort
Flammarion évoque un récit de Victor Hugo publié dans « Choses vues ». Le 27 novembre 1846, une vieille femme appelée Mme Guérin était malade d’une maladie qui paraissait peu grave. Le médecin l’avait qualifiée d’indigestion. Il était 5 heures du matin. La fille de madame Guérin, veuve, nommée Mme Guérard, qui logeait avec elle, travaillait, assise au coin du feu, près du lit de sa mère. Mme Guérin se dit que Mme Lanne devait être revenue de la campagne mais sa fille lui dit qu’elle était morte une heure auparavant mais Mme Guérin avait bien vu passer Mme Lanne à 4 heures du matin qui lui disait : « Je m’en vais; venez-vous ? » La fille crut que sa mère avait fait un rêve. Mme Guérin mourut quelques heures après avoir vu le corps de Mme Lanne. Flammarion pense que Mme Lanne n’était pas tout à fait morte morsqu’elle s’est manifestée à Mme Guérin et lui a dit « Je m’en vais; venez-vous ? »
11 – Les manifestations de mourants au moment du décès (autres que les apparitions)
Flammarion évoque le cas du fils du capitaine Marcucci qui, le 24 décembre 1911, rêva de son père marchant à la tête de ses soldats contre les Turcs. Un de ceux-ci, caché derrière un arbre, avait tiré sur lui et l’avait tué. Or une dépêche arrivée de Tobrouk confirma la vision du fils.
Flammarion relate un autre cas. Un jeune homme de 19 ans qui habitait avec sa mère à Constantine entendit sa mère lui raconter qu’elle avait été réveillée par un coup frappé à la porte de sa chambre. Elle demanda qui était là. C’était la voix d’un cousin habitant en France qui lui dit qu’il était mort, qu’elle devait garder tout ce qu’elle avait et de prier pour lui. Quelques jours plus tard la mort de ce cousin fut confirmée.
Flammarion évoque également le souvenir d’Alexandre Dumas, qui, à 4 ans avait entendu un grand coup frappé à la porte de sa chambre et avait voulu ouvrir mais sa cousine effrayée l’en avait empêché. Il avait senti que c’était son père dont il apprit la mort le lendemain. Flammarion conclut à une manifestation coïncidant avec le moment même de la séparation de l’âme du père de Dumas d’avec son corps.
12 – Les apparitions de mourants au moment du décès.
Flammarion évoque l’observation de M. Contamine. Se trouvant un jour assis dans sa chambre devant son armoire à glace. Il aperçut dans cette glace la porte derrière lui s’ouvrir et vit entrer un de ses amis. M. Contamine se retourna pour tendre les mains à son ami mais il ne vit personne dans la chambre. Contamine, très intrigué, s’informa aussitôt et apprit que son ami, ayant commis un homicide par imprudence, et voulant se dérober à la justice, s’était suicidé à l’heure exacte où avait eu lieu l’apparition. Flammarion estime que la science psychique a fait des progrès considérables, et parmi ces progrès, nous devons remarquer l’étude expérimentale des matérialisations qui nous montre que des organes corporels peuvent se former de la substance émanée de l’organisme d’un médium. Flammarion conclut en affirmant que l’être humain ne consiste pas seulement dans le corps matériel visible, tangible, pondérable, connu de tout le monde en général et des médecins en particulier, mais, en même temps, en un élément psychique impondérable doué de facultés intrasèques spéciales, capables d’agir en dehors de l’organisme physique et de se manifester à distance. Les conditions quotidiennes du temps et de l’espace ne lui sont pas imposées.
30 septembre 2009
Après la Mort (Flammarion)
Après la mort (Camille Flammarion)
1 Investigation générale sur la réalité des manifestations de morts.
Flammarion veut établir la survivance sur des faits d’observation, par la méthode expérimentale, en dehors de toutes croyances religieuses. Il a reçu 4800 lettres et en a détaché quelques centaines d’observations qui lui ont paru inattaquables. Pour lui, les principes de la méthode scientifique nous commandent de ne recevoir les récits de phénomènes extranaturels qu’avec une extrême circonspection. Tous les récits doivent donc être d’abord tenus pour suspects. Mais les déclarer tous inadmissibles est simplement une stupidité. Flammarion admet l’existence en nous d’un principe spirituel différent des attributs physiologiques, physiques, mécaniques, chimiques de l’organisme animal; véritable substance psychique, que la désagrégation du corps laisse intacte. LA communication télépathique d’une âme à une autre pendant la vie n’est pas douteuse. Elle ne l’est pas non plus après la mort. L’une des manifestations de mort les plus démonstratives que Flammarion a connues est celle du docteur Calagirone en décembre 1910. Benjamin Sirchia avait discuté avec Caltagirone de la survivance et lui avait promis de se manifester s’il mourait avant lui. Et il le fit. Il fit bouger un objet qu’il avait désigné avant sa mort. Caltagirone apprit la mort de son ami. Il était mort avant le phénomène dont il avait été témoin.
Pour Flammarion, le fait est là même si nous ignorons sous quelle forme on peut exister après la mort. Il évoque d’autres témoignages d’apparitions de fantômes ou de manifestation d’esprit. Il pense que les exercices de spiritisme sont, au moins la moitié du temps, sans valeur intrasèque, et reflètent naïvement la mentalité des expérimentateurs mais il croit quand même à une partie des témoignages qu’il a reçus. Il ne veut pas croire à des hallucinations de ses correspondants même s’il n’en a pas été témoin. Il affirme qu’il est généralement difficile de dégager les témoignages de survivance des éléments psychologiques de la mentalité des vivants et d’être assurés que le mort en est l’acteur incontestable. Mais cela ne l’empêche pas de croire aux témoignages. Flammarion admet qu’en songeant à l’état de l’âme après la mort, il nous arrive parfois de regretter, quel que soit cet état, d’avoir pour destinée de ne plus posséder les organes qui nous permettent de jouir de la vie. Mais pour lui, cette impression est inexacte. L’âme voit, entend, pense, reste en relation avec ce monde terrestre.
2 Morts qui sont revenus à la suite de serments réciproques, de promesses, d’engagements, de déclarations antérieures.
Flammarion évoque l’histoire de Lord Brougham. Dans son autobiographie, Brougham affirme avoir vu le fantôme d’un ami de collège avec qui il parlait d’immortalité. Ils avaient rédigé un contrat avec leur sang affirmant que, quel que fût celui d’entre eux deux qui mourrait le premier, il reviendrait se manifester à l’autre pour dissiper le doute qu’ils auraient pu garder sur la continuation de la vie après la mort. Un ecclésiastique, le chanoine curé de Dauze a écrit à Flammarion pour lui témoigner une histoire arrivée à un de ses amis prêtre. Celui-ci avait vu un de ses proches mort car il lui avait promis de se manifester après son décès. Ainsi, les faits d’observation prouvent que des morts reviennent à la suite d’engagements, de promesses, de menaces, et que, par conséquent, ils existent toujours. Flammarion avait reçu des promesses de proches pour qu’ils viennent le voir après leur mort mais rien ne s’est passé.
3 Morts qui sont revenus pour affaires personnelles
Une « possibilité » qui se présente spontanément à notre entendement pour expliquer les manifestations, est celle des transmissions de pensées entre vivants, dont le solide faisceau de témoignages sans cesse étayé par des faits nouveaux, constitue une base de la plus haute importance pour nos études psychiques. Ainsi Flammarion croyait à la télépathie. Dans l’ensemble des documents qu’il a reçus, plusieurs communications de morts indiquent qu’ils n’étaient pas tranquilles après leur décès et sont venus réclamer des restitutions dont ils étaient responsables. Ainsi Mgr Pavie, évêque d’Alger vit une ombre ou vapeur. C’était un de ses paroissiens mort depuis quelque temps. Le mort avait laissé une dette impayée et en souffrait alors l’évêque alla à l’adresse indiquée par son paroissien. Les renseignements étaient exacts et la dette correspondait précisément au chiffre déclaré par le défunt, Pavie la solda.
4 Manifestations et apparitions de morts immédiatement après le décès (de quelques minutes à une heure).
Flammarion a reçu des lettres de contradicteurs. Elles viennent de deux antipodes extrêmes : les spiritualistes cléricaux et les matérialistes radicaux. Il se défend en affirmant qu’il n’a jamais écrit une ligne ni fait aucune action par intérêt personnel, et quoique ces recherches indépendantes soient, en général, mal jugées, il a continué, persuadé de servir à l’instruction générale et à l’affranchissement des consciences. Il évoque plusieurs lettres de témoignage de manifestations de morts juste après leur décès. Le 23 novembre 1893, un des correspondants de Flammarion était couché et entendit des coups frappés dans sa bibliothèque où il n’y avait personne. Il n’y avait pas de vent. Le lendemain, il reçut l’avis de décès de son neveu, arrivé la nuit précédente. Pour Flammarion cela prouve que ce que nous appelons « mort » est la suite de la vie sous une autre forme. Les apparitions de morts pourraient être une manifestation de la persistance de l’énergie personnelle, une indication qu’un certain genre de force est exercée après, en connexion avec une personne qui a vécu sur la terre. Il pourrait subsister aussi des images persistantes dont le mort pourrait n’être plus la cause productrice. Une communication entre un mort et un vivant ne peut être qu’une communication entre une pensée dans un certain état d’existence et une pensée dans un état tout différent.
5 – Manifestations et apparitions de morts presque immédiatement après le décès (quelques heures : de 1 heure à 24 heures).
Flammarion évoque une histoire arrivée à un de ses collègues, Charles Tweedale de la Société Royale astronomique de Londres. Le 10 janvier 1879, il vit le visage de sa grand-mère apparaître dans sa chambre. Le lendemain il apprit qu’elle était morte la nuit même où il l’avait vue. Or son père et sa tante l’avait vue aussi. Il en conclut que la trépassée, quoique apparemment morte, étant suffisamment vivante quelques heures plus tard, pour se manifester à différentes personnes séparées les unes des autres par des distances considérables. L’astronome enquête pour savoir si sa vision correspondait à la réalité. Il avait vu sa grand-mère avec un bonnet et ce fait lui fut confirmé. Cette apparition avait eu lieu une heure trois quarts après le décès.
6 Manifestations et apparitions de morts peu de temps après le décès (de un jour à une semaine).
Flammarion évoque l’histoire de l’écrivain Jules Lermina. Le 4 avril 1878, il avait vu l’un de ses parents et lui avait parlé alors qu’il était mort la veille et que Lermina ignorait ce décès. Alors qu’il était dans sa cuisine il entendait appeler son nom. C’était son cousin. Il apprit la mort de celui-ci. Flammarion avoue que les enquêtes sur la véracité des faits rapportés ne sont pas toujours faciles à exercer. Evidemment, on peut rester incrédule sur bien des récits. Qui est-ce qui prouve que l’auteur de cette narration ne me trompe pas ? Flammarion s’interroge sur les prières réclamées par les morts à leurs proches et les bruits causés par les morts qui cessent après les messes dites dans le cas de certaines maisons hantées.
7 – Manifestations et apparitions de morts quelque temps après le décès (d’une semaine à un mois).
Flammarion raconte une histoire arrivée à sa famille en 1784. Son arrière-grand-mère avait vu son beau-frère assis au coin de la cheminée, comme s’il eût été vivant. Stupéfaite, elle se sauva et envoya quelqu’un près de la cheminée pour aller chercher le lard qui cuisait mais sans rien dire de l’apparition. Le garçon aperçut le fantôme et cria. Flammarion tente une explication aux apparitions : si nous admettons que le mort, à l’état d’esprit invisible, d’ombre immatérielle, d’être différent de nous, inaccessible à nos sens physiques, soit là, dans notre voisinage, nous pouvons admettre aussi qu’il agit spirituellement sur notre propre esprit et que cette action se révèle pour nous sous une forme sensible. Le revenant peut être réel et invisible et devenir visible pour nous, prendre une forme pour notre esprit. Flammarion écrit que tout individu porterait en lui son image fluidique qui, après la mort, constituerait le fantôme posthume. L’être éthéré, en se détachant du corps, n’éprouverait qu’un changement de milieu et conserverait souvent ses habitudes, ses idées, ses préjugés. Il tient à sa sépulture, il reste en relation avec les personnes qui lui sont chères, et même avec les choses. Mais cette continuation de nous-mêmes ne dure pas longtemps. Elle est formée de molécules qui se désagrègent quelque jour et rentrent dans le milieu universel. Mais ces théories sont de d’Assier et Flammarion ne les partage pas. Il ne veut pas faire de théorie, il pense que le temps n’est pas venu. Il évoque le cas de revenants qui se manifestent car ils n’ont pas reçu de sépulture. On tient donc à son corps et on n’aime pas le voir abandonné. Peut-être certains croyants y tiennent-ils seuls. Peut-être les indifférents sont-ils les plus nombreux.
8 – Manifestations et apparitions des morts assez longtemps après le décès (de un mois à une année).
Flammarion évoque un fait qui s’est déroulé en 1896. Une religieuse avait été envoyée dans une maison pour aider la soeur cuisinière. La supérieure du couvent, malade d’un cancer, et sentant sa fin approcher, avait fait promettre à la dite religieuse de prier pour elle. Cinq à six semaines après la mort de la mère supérieure, la religieuse vit le fantôme de la mère supérieure dans la cave de la maison. Elle fut pincée par elle car la mère supérieure réclamait ses prières. La religieuse avait des traces de brûlure sur son bras qui prouvait que la mère supérieure l’avait pincée.
9 – Manifestations et apparitions de morts longtemps après le décès (pendant les deuxième, troisième et quatrième années après la mort).
Flammarion affirme qu’à mesure que nous nous éloignons de l’époque du décès, les manifestations et les apparitions deviennent plus rares. Il évoque la vision d’un enfant de cinq ans. L’enfant vivait avec sa grand-mère à la campagne. Un jour, il vit son grand-père, mort depuis un an. Il ne fut pas effrayé. Sa grand-mère ne le crut pas. Ainsi, un grand nombre d’observations conduiraient à penser que les défunts continuent quelque temps leurs habitudes de la vie. Flammarion évoque également l’apparition d’un défunt deux ans après sa mort. Une femme vit sa tante qu’elle affectionnait beaucoup, morte depuis deux ans. Elle était apparue pour que sa nièce se réconcilie avec son cousin mourant.
Flammarion cite le philosophe Schopenhauer qui s’est intéressé aux apparitions. Le philosophe allemand pensait que c’est notre vue intérieure, ce qu’il appelle « l’organe du rêve », qui perçoit les apparitions; que celles des vivants sont assez nombreuses et celles des morts extrêmement rares; et que ce qui subsiste en nous à la destruction du corps ce n’est pas l’âme, « car l’homme n’est pas composé d’un corps et d’une âme », mais la volonté. Le spiritualisme, déclare-t-il, est une erreur. Ce qui est vrai, c’est l’idéalisme. Notre vision du monde extérieur n’est pas simplement sensuelle, mais surtout intellectuelle. Et il en est de même pour la vision des esprits.
10 – Manifestations et apparitions de morts très longtemps après le décès (au-delà de la quatrième année).
Flammarion évoque le cas de Pascal Cocozza, garde champêtre qui vit en rêve son père, mort depuis 10 ans, qui lui reproche, ainsi qu’à ses frères, de l’avoir oublié et d’avoir laissé ses ossements déterrés par les fossoyeurs. Sa soeur avait fait le même rêve. Cocozza se rendit au cimetière et vit des ossements humains en proie aux loups. C’était la faute des fossoyeurs qui furent condamnés.
11 – Les manifestations de morts dans les expériences de spiritisme. Les preuves d’identité.
Flammarion affirme que le spiritisme a mauvaise presse et le mérite. Ses adeptes manquent de méthode, pour la plupart, sont souvent mal pondérés et dupes d’illusions. Pourtant, lors de l’enterrement d’Allan Kardec, Flammarion a lu un discours dans lequel il affirmait que le spiritisme n’est pas une religion mais une science. Il pense qu’il y a des imposteurs parmi les spirites qui se jouent des faibles cerveaux mais que ceux qui rejettent les expériences du spiritisme ont incontestablement tort. Flammarion évoque le cas du juge Edmonds président du Sénat aux Etats-Unis qui avait dû démissionner à cause de sa foi dans le spiritisme. Dans ses séances du spiritisme. Dans ses séances du spiritisme, sa fille qui ne connaissait que l’anglais et le français, se mettait à parler neuf ou dix langues. Elle parla avec un Grec dans sa langue. Laura Edmonds communiqua avec le Grec et une personnalité invisible qui annonça au Grec Evangelidès la mort de son fils et c’est ce qui arriva. Flammarion évoque d’autres séances de spiritisme au cours desquels les esprits se manifestent en donnant leurs noms et prévoient la mort des personnes assistant à la séance. Les identités de ces esprits sont toujours constatées peu après les séances et leurs prévisions exactes.
12 – Conclusion
Flammarion, au bout de cinquante années de recherches, affirme que la mort n’existe pas, qu’elle n’est qu’une évolution, que l’être humain survit à cette heure suprême, laquelle n’est pas du tout l’heure dernière. Il pense que 1) l’être existe comme être réel, indépendant du corps; 2) Elle est douée de facultés encore inconnues à la science; 3) elle peut agir à distance, télépathiquement, sans l’intermédiaire des sens; 4) il existe dans la nature un élément psychique en activité, dont l’essence nous reste encore cachée; 5) l’âme survit à l’organisme physique et peut se manifester après la mort. Il conclut également que 1) les êtres humains décédés, ce que l’on appelle des morts, existent encore après la dissolution de l’organisme matériel; 2) ils existent en substances invisibles, intangibles que nos yeux ne perçoivent pas, que nos mains ne peuvent toucher, que nos sens ne peuvent apprécier dans les conditions normales habituelles; 3) En général, ils ne se manifestent pas. Leur mode d’existence est tout différent du nôtre. Ils agissent parfois sur notre esprit et, en certaines circonstances, peuvent prouver leur survivance; 4) en agissant sur notre esprit et par là sur notre cerveau, ils sont vus et reçus par nous sous des formes sensibles : nous les voyons tels que nous les avons connus, avec leurs vêtement, leurs allures, leurs exercices, leur personnalité. C’est notre oeil intérieur qui les voit. C’est une perception d’âme à âme; 5) ce ne sont pas là des hallucinations, des visions imaginaires. Ce sont des réalités. L’être invisible devient visible; 6) ils peuvent se manifester sous des formes objectives; 7) Dans un grand nombre de cas, les apparitions de défunts ne sont pas intentionnelles. Le mort n’agit pas expressément sur le spectateur. Il semble qu’il continue vaguement certaines habitudes, qu’il erre dans les lieux où il a vécu ou non loin du sépulcre; de l’âme émanent des ondes éthérées qui, en touchant le percipient, se transforment en images pour le cerveau récepteur vibrant syntoniquement; 8) les apparitions et manifestations sont relativement fréquentes dans les heures qui suivent immédiatement le décès; leur nombre diminue à mesure que l’on s’en éloigne, et s’atténue de jour en jour; 9) les âmes séparées des corps conservent longtemps leur mentalité terrestre. Chez les catholiques, des demandes de prières sont souvent exprimées. Toutefois, Flammarion avoue que les esprits supérieurs qui, dans quelque branche que ce soit, philosophes, savants, écrivains, artistes, ont contribué au progrès de l’humanité, ne sont pas revenus nous instruire. Flammarion pense qu’il n’y a pas plus d’égalité entre les morts qu’entre les vivants. La vie d’outre-tombe doit être considérée comme séparée de la nôtre au point de vue physique. Les deux mondes sont dissemblables et nos yeux mortels ne voient pas l’autre. Il pense que c’est l’esprit des morts qui agit sur celui des vivants. Il n’y a pas de vêtement, en réalité il n’y a pas de corps non plus; il n’y a pas de corps non plus; il n’y a qu’une impression cérébrale qui se transforme en image. Flammarion pense qu’en quittant la vie terrestre l’âme humaine ne devient pas angélique. La mort ne peut pas rendre un homme quelconque omniscient. Il pense aussi que si l’âme humaine survit à l’organisme physique, elle préexiste car chacun de nous arrive en ce monde avec des aptitudes spéciales, dont l’origine ne peut être trouvée dans l’hérédité. Dans nos goûts, dans dans nos préférences, dans nos impressions, dans nos intuitions, dans nos rêves, dans les réminiscences, dans les sympathies et les antipathies, c’est notre être antérieur à la naissance terrestre qui, plus ou moins vaguement, se manifeste. Nous avons des connaissances mentales, des pensées mentales dans le subconscient subliminal, remontant à nos existences antérieures, et des pensées cérébrales provenant de notre existence actuelle.
25 septembre 2009
Le vieux qui lisait des romans d'amour (Sepulveda)
Le vieux qui
lisait des romans d’amour (Luis Sepulveda)
1
Quelques
habitants d’El Idilio ainsi qu’une poignée d’aventuriers
attendaient sur le quai leur tour de s’asseoir dans le fauteuil du
dentiste, le docteur Rubincondo Loachamin, qui pratiquait une étrange
anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients. Il
leur disait que c’était la faute au gouvernement s’ils avaient
mal. Le docteur haïssait tous les gouvernements. Fils illégitime
d’un émigrant ibérique, il tenait de lui une répulsion profonde
pour tout ce qui s’apparentait à l?autorité. Le docteur venait
deux fois par an à El Idilio tout comme l?employé des postes. Pour
les habitants des rives du Zamora, du Yacuambi et du Nangaritza, le
fauteuil mobile du docteur Rubincondo Loachamin était une
institution. Il était installé sur une estrade d’un mètre carré
que le dentiste appelait la « consultation ». Ceux qui
attendaient leur tour faisaient des têtes d’enterrement. Les seuls
personnages à garder le sourire, autour de la consultation étaient
les Jivaros. C’étaient des indigènes rejetés par leur propre
peuple, les Shuars, qui les considéraient comme dégénérés. Une
fois sa tâche accomplie, le dentiste était attendu par Antonio José
Bolivar Proano, un vieil homme au corps nerveux. Les deux hommes se
souvinrent d’un patient du dentiste qui s’était fait enlever
toutes les dents pour gagner un pari. Le parieur avait partagé la
moitié des gains avec le dentiste.
2
Le maire, unique
fonctionnaire, autorité suprême et représentant d’un pouvoir
trop lointain pour inspirer la crainte, était un personnage obèse
qui transpirait continuellement, ce qui lui avait valu le surnom de
limace. Sa grande occupation consistait à gérer son stock de bière.
Il vidait les bouteilles à petits coups car il savait bien que, le
stock épuisé, la réalité se ferait plus désespérante encore. Il
vivait avec une indigène qu’il battait sauvagement en l’accusant
de l’avoir ensorcelé. Tout le monde attendait le jour où sa femme
l’assassinerait. On prenait même les paris. Il était là depuis
sept ans et s’était fait universellement détester. Il faisait
payer des taxes et enfermait les ivrognes qui refusaient de payer les
amendes pour trouble à l’ordre public. Le précédent maire était
aimé. On lui devait le passage du bateau et les visites du facteur
et du dentiste. Mais il avait été tué par des chercheurs d’or.
El Idilio était resté deux ans sans autorité. Le maire arriva sur
le quai. Il donna l’ordre de hisser le cadavre que le bateau avait
amené. Les Shuars l’avaient trouvé en aval à deux jours d’El
Idilio. Le maire accusa les Shuars d’avoir tué l?homme mais ils
nièrent et le maire les frappa. Mais José Antonio Bolivar arriva et
montra au maire les traces de griffes qui couvraient le visage du
mort. C’était un jaguar qui l’avait tué et non les indigènes.
Le maire ne voulut pas y croire mais le dentiste lui demanda pourquoi
les Shuars auraient tué l’homme. Le maire répondit qu’ils
l’auraient tué pour le voler. Mais l’homme mort avait encore ses
affaires et son argent sur lui ainsi qu’un sac avec des peaux de
jaguar. Le gringo tué chassait hors saison et des espèces
interdites. Une femelle jaguar l’avait tué parce qu’il avait tué
ses petits. La maire face à ses explications ne répondit rien et
s’en alla rédiger une dépêche pour le poste de police d’El
dorado. Le dentiste félicita Bolivar d’avoir mouché le maire. Il
lui avait apporté deux livres d’amour car Bolivar adorait ce genre
de romans. C’était une prostituée noire, Josefina, qui
sélectionnait pour le dentiste deux romans tous les six mois.
Bolivar pensait que le maire allait organiser une battue pour trouver
la femelle jaguar et la tuer. Malgré ses 70 ans, Bolivar était sûr
d’être appelé par le maire pour la battue.
3
Antonio
José Bolivar Proano savait lire, mais pas écrire. Il lisait
lentement en murmurant les syllabes. Il lisait en s’aidant d’une
loupe. Il habitait une cabane en bambou d’environ 10m 2 meublée
sommairement. Il avait connu sa femme quand ils étaient enfants à
San Luis, un village de la Cordillère. Ils avaient 13 ans quand on
les avait fiancés et 15 ans quand ils se marièrent. Ils avaient
vécu leurs trois premières années chez le père de l’épousée.
Quand le vieux mourut, ils héritèrent de quelques mètres de terre
et de quelques animaux domestiques qui ne survécurent pas aux frais
de l’enterrement. Sa femme était stérile et ils recevaient des
commentaires médisants. Antonio emmenait sa femme chez des
guérisseurs mais c’était inutile. Ils avaient décidé de partir
quand on demanda à Antonio de laisser sa femme à la fête de San
Luis pour qu’elle soit prise par un autre. Antonio refusa la
perspective d’être le père d’un enfant de carnaval. Il avait
entendu parler d’un plan de colonisation de l’Amazonie. Le
gouvernement promettait de grandes superficies et une aide technique
en échange du peuplement de territoires disputés au Pérou. Ils
arrivèrent à El Idilio. On leur délivra un papier qui
officialisait leur qualité de colons. On leur assigna deux hectares
de forêt, deux machettes, des bêches, quelques mesures de semences
et la promesse d’une aide technique qui ne vint jamais. Le couple
commença par se construire une cabane puis se lança dans le
débroussaillement. Quand survint la première saison des pluies, ils
avaient épuisé leurs provisions et ne savaient plus que faire. Les
premiers colons commencèrent à mourir. Antonio et sa femme se
sentaient perdus quand le salut leur apparut sous la forme d’hommes
à demi nus, le visage peint de pulpe de roucou, la tête et les bras
armées de parures multicolores. C’étaient les Shuars. Ils leur
apprirent à chasser, à pêcher, à construire des cabanes qui
résistent aux tempêtes, à distinguer les fruits comestibles des
vénéneux et surtout, ils apprirent l’art de vivre avec la forêt.
Quand la saison des pluies fut passée, les Shuars les aidèrent à
défricher les pentes de la montagne tout en les prévenant que
c’était un travail sans espoir. Dolorès, la femme d’Antonio, ne
résista pas à la deuxième année et s’en fut, emportée par une
fièvre ardente et la malaria. Antonio ne put retourner à son
village de la cordillère. Les pauvres pardonnent tout, sauf l’échec.
Il apprit la langue des Shuars en participant à leurs chasses. Le
soir, s’il désirait être seul, il s’abritait sous une pirogue,
et si au contraire il avait besoin de compagnie, il cherchait les
Shuars. Il était là depuis cinq ans, quand il sut qu’il ne
quitterait plus jamais ce pays. Un jour, il se fit mordre par un
crotale. Il bondit en brandissant sa machette et coupa l’animal en
morceau jusqu’à ce que le voile du venin vienne lui obscurcir les
yeux. Sentant que la vie l’abandonnait, il partit à la recherche
d’un foyer Shuar. Les soins d’un sorcier Shuar lui firent
retrouver lentement la santé. Quand ils le virent complètement
rétabli, les Shuars l’entourèrent en le couvrant de cadeaux : une
sarabacane neuve, un faisceau de dards, un collier de perles de
rivière, un cordon en plumes de toucan. Ils peignirent son corps aux
couleurs du boa et lui demandèrent de danser avec eux. Il était
l’un des rares survivants d’une morsure de crotale et il
convenait de célébrer l’événement par la Fête du Serpent. Il
but pour la première fois de la natema, une douce liqueur
hallucinogène. Il se vit lui-même comme une partie inséparable de
ces espaces. C ‘était un signe indéchiffrable qui lui ordonnait
de rester, et il resta. Beaucoup plus tard il eut un ami, Nushino, un
Shar. Ils parcouraient ensemble la forêt. Ils récoltèrent du venin
de serpent. Deux fois par an, un agent du laboratoire où l’on
préparait le sérum antivenimeux venait acheter les flacons mortels.
Antonio apprit les rites et les secrets des Shuars. Tant qu’il
vécut chez eux, il n’eut pas besoin de romans pour connaître
l’amour. Il n’était pas des leurs et, pour cette raison, il ne
pouvait prendre d’épouse. Mais le Shuar qui l’hébergeait le
priait d’accepter l’une de ses femmes. D’énormes machines
arrivaient des routes et les Shuars durent se faire plus mobiles. Les
colons se faisaient plus nombreux. Et, surtout, se développaient la
peste des chercheurs d’or, individus sans scrupules. Les Shuars se
déplaçaient vers l’Ouest en cherchant l’intimité des forêts
impénétrables. Un matin, Antonio rata un tir de sarbacane et
s’aperçut qu’il vieillissait. Il prit la décision de
s’installer à El Idilio. Un jour, il entendit une explosion qui
venait d’un bras du fleuve, et ce fut le signal qui accéléra son
départ. C’était un groupe de cinq aventuriers qui avaient fait
sauter le barrage de retenue d’une frayère pour pratiquer un
passage dans le courant. Les Blancs tirèrent et touchèrent deux
indigènes. Les Shuars les tuèrent tous sauf un qui réussit à
fuir. Parmi les blessés se trouvait Nushino. Nushino demanda à
Antonio de le venger en tuant le cinquième Blanc. Il le trouva, le
tua et le ramena aux Shuars. Mais il avait tué le Blanc en utilisant
le fusil de l’aventurier et l’homme était figé dans une grimace
d’épouvante. Ainsi les Shuars ne pourraient réduire sa tête et
par la faute d’Anotnio, Nushino ne partirait pas. Antonio s’était
déshonoré et, ce faisant, il était responsable du malheur de son
ami. Il ne serait plus le bienvenu parmi les Shuars.
4
Quand Antonio revint à El Idilio, le lieu avait changé. La mairie avait été construite ainsi qu’un quai en bois. Les habitants le considérèrent comme un sauvage et l’évitèrent puis ils découvrirent la chance que sa présence représentait pour eux. Antonio essayait de mettre des limites à l’action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette oeuvre maîtresse de l’homme civilisé : le désert. Comme les Shuars, les animaux s’enfonçaient vers l’orient. Antonio découvrait qu’il serait libre au moment où ses dents se mirent à se gâter. Alors il se fit soigner par le dentiste. Un jour, le « sucre », le bâteau qui venait à El Idilio, avait amené deux fonctionnaires de l’Etat pour recuillir les suffrages pour les élections présidentielles. Comme Antonio savait lire, il avait le droit de voter. Il vota pour le vainqueur et reçut une bouteille de Frontera en contrepartie de l’exercice de son droit. Antonio savait lire mais il n’avait rien à lire. A contrecoeur, le maire accepta de lui prêter quelques journaux mais Antonio les trouva sans intérêt. Un beau jour, le « Sucre » amena un curé expédié pour baptiser les enfants et mettre fin aux concubinages. Il n’y réussit pas mais il avait un livre qui intéressa Antonio. C’était une biographie de Saint François. Le prêtre s’endormit et Antonio commença à lire à haute voix. Le curé se réveilla et s’amusa de la conduite d’Antonio. Ils discutèrent de lecture. Antonio voulut savoir comment étaient les livres d’amour. Le prêtre lui expliqua et Antonio eut un désir de lecture plus fort qu’avant. Il chercha le moyen de trouver des livres. Il captura des singes et des perroquets pour payer son voyage sur le « Sucre ». Pendant le voyage, il bavarda avec le dentiste. Il lui dit qu’il cherchait des livres. A El Dorado, le dentiste le présenta à l’institutrice. Celle-ci lui montra sa bibliothèque. Cinq mois durant, il put ainsi former et polir ses goûts de lecteur. Il habita dans l’école et fit des travaux domestiques. Il n’apprécia pas la géométrie ni l’histoire qui lui sembla un chapelet de mensonges. Edmond de Amicis et son coeur occupèrent pratiquement la moitié de son séjour à El Dorado. Après avoir cherché dans toute la bibliothèque, il trouva ce qu’il lui fallait vraiment, le Rosaire de Florence Barclay contenait de l’amour.
5
Antonio dormait peu. Le reste de son temps, il le consacrait à lire les romans, à divaguer sur les mystères de l’amour et à imaginer les lieux où se passaient les histoires. Il aimait par-dessus tout imaginer la neige. Un jour qu’il allait chercher des crabes au fleuve, il vit une pirogue arriver alors qu’il pleuvait énormément. Seul un fou pouvait se risquer à naviguer sous ce déluge. Le maire et d’autres hommes vinrent voir ce qui se passait. La pirogue contenait le corps d’un homme, gorge ouverte et bras lacérés. Il n’avait pas d’yeux. Le maire donna l’ordre de hisser le corps. On l’identifia à sa bouche. C ‘était Napoléon Salinas, un chercheur d’or qui s’était fait soigner la veille par le dentiste. Salinas était l’un des rares à se faire consolider les dents avec de l’or. Le maire demanda à Antonio si c’était encore un coup du jaguar femelle et Antonio en regardant les plaies confirma. Le maire trouva des pépites sur le cadavre et il les répartit entre les hommes présents puis il mit le cadavre dans le fleuve. Antonio pensait que le jaguar s’approchait d’El Idilio et le maire en fut énervé.
6
De retour chez lui,Antonio mangea les crabes et lut un roman. Il se demanda ce qu’était un baiser ardent car il avait peu embrasse sa femme qui considérait que c’était un péché et les Shuars ne connaissaient pas le baiser. Il interrompit sa lecture après avoir entendu des cris. Une mule affolée galopait sur le sentier en poussant des braiments et en envoyant des ruades à ceux qui essayaient de l’arrêter. Finalement, l’animal fut immobilisé. La mule portait des plaies profondes. Le maire l’acheva. C’était la mule d’Alkaseltzer Miranda, un colon qui tenait un comptoir de vente d’agardiente, sel, tabac et Alkaseltzer, de là son surnom. Le maire ordonna une expédition pour le lendemain pour aller voir Miranda. Pour Antonio, il n’était plus question de se concentrer sur la lecture. Tout le monde savait que le maire le tenait à l’oeil. Antonio se souvint d’un jour où une barque à moteur avait emmené à El Idilio quatre Etats-uniens équipés d’appareils photo, de vivres et d’instruments à l’usage inconnu. Ils passèrent plusieurs jours à faire la cour au maire en l’abreuvant de whisky. Le maire avait désigné Antonio comme le meilleur connaisseur de l’Amazonie et avait conduit les quatre hommes chez le vieux. Les gringos photographièrent Antonio. Ils entrèrent dans la cabane sans demander la permission. Ils voulurent prendre le portrait d’Antonio et sa femme mais le vieux prit son fusil et fit déguerpir les gringos. Le maire en colère voulut le chasser car la cabane d’Antonio se trouvait sur des terres appartenant à l’Etat.
Onecén Salmundo, un octogénaire qui témoignait à Antonio de l’amitié à cause de leurs origines montagnardes communes vint le voir. Il lui dit que le maire l’avait pris en grippe et de faire attention. Une semaine plus tard, trois gringos arrivèrent. Le maire vint voir Antonio pour faire la paix. Il lui expliqua que les gringos prétendaient que les singes avaient tué un des leurs mais pour le maire c’était les Jivaros. Antonio lui dit que les Shuars évitaient les histoires mais que des singes étaient capables de dépecer un cheval. Le maire était dans la merde jusqu’au cou car les gringos avaient une lettre de recommandation du gouverneur. Le maire avait besoin d’Antonio. Il voulait qu’Antonio aide les gringos à chercher les restes de leur compagnon. Antonio accepta à condition que le maire le laisse tranquille.
Antonio trouva sans peine le squelette du gringo. Les fourmis avaient déjà tout nettoyé et un ouistiti avait pris l’appareil photo du gringo ce qui fit rire Antonio. Il rentra à El Idilio livrer les restes et le maire le laissa tranquille.
7
Antonio suivit le maire et ses hommes le lendemain. Il pleuvait. Le maire obèse ralentissait les hommes. Ils trouvèrent un endroit pour passer la nuit. Ils distribuèrent les tours de garde. Antonio prit le premier. Il y eut du bruit et le maire se réveilla et alla voir avec sa lanterne. Antonio lui ordonna de l’éteindre car c’était dangereux mais le maire refusa alors d’un coup de poing, le vieux envoya valser la lanterne. Ils durent quitter l’endroit car les chauves-souris qui leur servaient d’alarme avaient fui à cause de la peur. Le maire crut trouver le jaguar et tira mais c’était un ours à miel et les autres hommes lui firent des reproches car tuer cet animal portait malheur. Ils arrivèrent chez Miranda. Il était mort, le dos ouvert par deux coups de griffe. Ils découvrirent un autre cadavre. Il était étendu, pantalon baissé. Ses épaules avaient été labourées par les griffes, c’était Placencio Punan. C’était un prospecteur d’émeraudes.
8
Ils
trainèrent les deux corps jusqu’à un marécage et les lancèrent
dans les joncs. Ils retournèrent au comptoir pour passer la nuit.
Pendant son quart, Antonio en profita pour lire. Un des hommes du
maire s’approcha et lui demanda que racontait le livre. D’autres
hommes attirés par la lecture écoutèrent Antonio lire. Le livre
parlait de Venise et le maire, qui avait de l’instruction, essaya
d’expliquer pourquoi cette ville reposait sur une lagune mais les
hommes ne comprenaient pas. Le jaguar approcha et le maire tira à
l’aveuglette. Le jaguar partit et Antonio réprimanda le maire.
Alors le maire comprit qu’il s’était suffisamment discrédité
auprès de ces hommes et il proposa 5000 sucres à Antonio pour qu’il
trouve le jaguar et le tue. Pendant que lui et ses hommes
retournèrent protéger le village. Antonio ne s’intéressait pas
beaucoup à la récompense et pensait que le jaguar cherchait la
mort. La femelle cherchait une occasion de mourir dans un combat à
découvert, dans un duel que ni le maire ni aucun de ses hommes ne
pouvaient comprendre. Alors Antonio accepta le marché du maire. Il
resta seul et reprit sa lecture. Il était mécontent de ne pas
arriver à comprendre l’intrigue. Il pensait que le jaguar ne
l’attaquerait pas mais s’en prendrait au maire et ses hommes.
Antonio repensa à ses précédentes chasses. Il ne se considérait
pas comme un chasseur.
Les chasseurs tuent pour vaincre la peur
qui les rend fous et les pourrit de l’intérieur et tel n’était
pas le cas d’Antonio. Il sortit dans la forêt pour repérer une
piste. Il marcha en ligne droite vers l’ouest, vers le Yacuambi qui
coulait à peu de distance. La pluie s’arrêta et cela l’alarma
car l’évaporation commencerait et la forêt disparaîtrait dans un
brouillard épais qui l’empêcherait de respirer et d’y voir à
plus d’un pas. Il vit la femelle jaguar à une cinquantaine de
mètres. Elle se déplaçait avec lenteur, la gueule ouverte et la
queue fouettant ses flancs. Il la regarda se déplacer et fut
plusieurs fois sur le point de tirer. Mais il ne le fit pas. Il
savait que son tir devait être sûr et définitif. S’il la
blessait seulement, la femelle ne lui laisserait pas le temps de
recharger son arme. Le jaguar attendit la nuit pour l’attaquer. Le
vieux gagna la berge de la rivière. Mais la femelle l’attaqua.
Au-dessus de lui, la femelle agitait frénétiquement la queue mais
elle n’attaquait plus. Antonio put récupérer son fusil. Le mâle
était là blessé et Antonio comprit que la femelle voulait qu’il
tue le mâle pour abréger ses souffrances. Alors Antonio le tua et
la femelle partit. Antonio trouva une pirogue où il put manger et
dormir. Mais la femelle le retrouva et monta sur la pirogue. Le vieux
comprit que l’animal était devenu fou car il lui urinait dessus.
Il le marquait comme sa proie, il le considérait comme mort avant
même de l’avoir affronté. Alors Antonio tira, il blessa l’animal
mais fut blessé au pied. Ils étaient à égalité. Alors il
rechargea son arme et, d’un coup renversa la pirogue. Quand il se
redressa, la blessure lui causa une douleur atroce, et l’animal
surpris, s’allongea sur les rochers en calculant son assaut. Le
jaguar bondit sur lui, griffes et crocs sortis. Alors il appuya sur
la détente et abattit la femelle. Antonio pleura du honte, se
sentait avili et en aucun cas vainqueur dans cette bataille. Alors il
prit la direction d’El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui
parlaient d’amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui
faisaient oublier la barbarie des hommes.