Née en Indochine, Marguerite Duras évoque, dans ce roman, l’amant chinois qui la séduisit dans sa première jeunesse (elle avait alors quinze ans et demi). Pour la première fois, elle raconte cette rencontre déterminante dans son existence, hantise sur laquelle l'influence de sa mère faisait planer un tabou. Au tout début du roman, elle vient d’évoquer, à la première personne, la journée où, au retour de vacances passées auprès de sa mère, elle rentre au pensionnat à Saigon...

La jeune fille est troublée par l’incapacité de sa mère à se comporter en femme aimant ses enfants à part le frère ainé à qui elle laisse tout passer. Celui-ci bat son petit frère, joue tout son argent aux jeux (il vendra même tout ce que sa mère lui aura légué). Marguerité éprise de l’amant chinois trouve dans le plaisir physique l’amour qu’elle n’a probablement jamais vraiment connu au sein de sa famille à tel point que personne n’ose entraver ce bonheur puisque la pension où elle suit ses études la laisse libre de rentrer quand elle veut. Mais tout n’est pas rose et le père très riche de l’amant veut obliger son fils à épouser une chinoise de son rang et bien vite Marguerite est obligée de retourner en France. Ce livre est une introspection livrée à la sensualité et à la réflexion sur ce qui fonde les rapports familiaux. La jeune est tellement en manque d’amour qu’elle va même jusq’à fantasmer sur une voisine de chambrée, Hélène Lagonelle, qu’elle croit jalouse à cause de la relation qu’elle entretient avec son riche Chinois.

Le roman de Duras a été adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud mais l’écrivaine n’y a pas reconnu so oeuvre.