Boris Cyrulnik est connu pour avoir développé le concept de résilience en psychiatrie. Pour lui la résilience " définit La capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants."

Dans son enfance Boris Cyrulnik a manqué de peu la déportation par les nazis ce qui a marqué sa vie et l'a renforcé. Dans Ce Merveilleux malheur, Cyrulnik combat les idées reçues sur les enfances difficiles. Il nie le poncif consistant à dire que chaque enfant battu devenu adulte reproduira sur sa progéniture ce qu'il a subi. Cela arrive certes mais cela touche une minorité d'adultes victimes de leurs parents. Le psychiatre s'intéresse aux relations humaines et tente de définir ce qui forge notre vie comme les rencontres. Il parle de "pouvoir façonnant du regard des autres. Pour beaucoup, la rencontre évoque le hasard, mais on sait aujourd'hui que le hasard est fortement déterminé par l'élan du sujet vers son milieu. Le conjoint vient nettement en tête des rencontres heureuses. L'ettayage affectif, le sentiment de stabilité autorise enfin des projets de construction de soi (la femme belle, intelligente et solide sans laquelle je n'aurais jamais pu devenir ce queje suis). Les conjoints sont surinvestis à cause de la boulimie affective des blessés de l'âme. Une personne non blessée n'accepterait probablement jamais les efforts relationnels qu'ont fait ces jeunes gens, tant ils avaient besoin de l'affection de l'autre.

Cyrulnik évoque également l'agression : "Après une agression, la métamorphose est biologique. Le blessé a acquis désormais une manière de sentir le monde et d'y répondre. Meurtri lors de son enfance, il acquiert, comme un champion, un mode de réaction. Mais comme il s'agit d'une empreinte, d'une trace dans la mémoire biologique, il devient hypersensible à un type d'événement. S'il le rencontre quarante ans plus tard, le surhomme s'effondre devant une toute petite épreuve qui, pour lui, rappelle l'agression majeure. Quant au proche du traumatisé, il s'attache à un champion vulnérable dont émane une fièvre émotionnelle qui imprègne ceux qui l'aiment. Le proche du blessé reçoit un stress sans visage, une agression sans forme qui vient de la personne d'attachement. Sans savoir pourquoi, il se sent épuisé, toujours un peu anxieux, comme en alerte, sans raison. Il ne sait pas contre quoi se défendre, puisqu'il a l'impression que le mal vient de lui-même et sûrement pas de ceux qui l'aiment. Cette transmission de la souffrance ne peut se faire qu'entre deux personnes attachées et capables d'empathie."