Claude a rendez-vous avec son fils. Jean-Luc a 19 ans, timide mais plaît aux filles, toujours en jean et polo Lacoste. Le fils a voulu voir son père pour qu’il lui paye une nouvelle décoration dans son studio. Bref, il lui faut 10 000 francs. Claude esquive en abordant l’histoire du livre vert mais Jean-Luc se montre évidemment compatissant pour obtenir ce qu’il veut. Alors Claude s’énerve et Jean-Luc cède ce qui donne l’impression à Claude d’être un « pas grand-chose » devant son fils. Claude n’en a pas fini avec ses problèmes puisque Claire menace de le quitter. Il se raccroche à son livre, seule motivation qu’il a quand claire lui ordonne de trouver un boulot. Elle crie, son mari est devenu un mystique, un fou qui doit se faire soigner. Il ne reste plus à Claude qu’à se réfugier dans son grenier pour reprendre l’écriture. Il évoque Gainsbourg et ses défauts pour finir par « Et en plus, il est juif ! » Claude se demande de combien de points remonte à l’argus le racisme infernal des anti chaque fois que Gainsbourg passe à la télé. Il dresse un portrait héroïque du chanteur : « Gainsbourg, je vais vous dire ce que c’est : une bombe à neutrons. Une apocalypse à pattes lâchée en permanence en pleine poire de tous les ringards gaulois. (...) c’est un essaim de guêpes dans la culotte de tous les antisémites de la planète. » Et puis Claude évoque Popeck. « Bati tout entier sur son identité et les boutons que donne son accent ». Toutefois, Claude estime que ces deux artistes sont des exceptions à ne pas imiter car certains Juifs, moins talentueux sans doute, n’en fabriquent pas moins de l’antisémitisme. Certains inconscients et d’autres qui le savent et en rajoutent. Ils mélangent l’arrogance agressive à la suffisance béate.

Claude décide de se rendre chez Prisot mais son appartement est vide. Il aperçoit le nom de Prisot sur une boîte à lettres associé à celui d’une chinoise, Luang Fu Pinh, probablement son associée. Grâce au concierge, qui apparemment n’aime pas les immigrés, Claude arrive à savoir où se trouve l’amie de Prisot. Elle travaille au Dragon d’or. Claude s’y présente. L’amie de Prisot lui apprend que l’antiquaire a eu des problèmes avec les douaniers, les impôts et la police. Claude apprend que Prisot a vendu le livre vert car il avait besoin d’argent. L’acheteur travaillerait dans une synagogue vers Montmartre. Rentré chez lui, Claude trouve une note de sa femme, elle ne rentre pas pour manger et il n’a qu’à faire des courses. Il trouve aussi un numéro à appeler pour trouver un boulot dans une agence d’intérim. La nuit, Claude fait un cauchemar, il rêve qu’il est mort et que son aïeul lui extrait le livre vert de sont ventre. Il comate pendant trois jours et malgré l’ambiance tendue, sa femme s’occupe de lui. Le troisième jour, Claude se rend rue des rosiers pour acheter des signes religieux et sa femme a la surprise de le voir avec une kipa, le tefillin sur le front et les épaules couvertes d’un taleth. De plus, il a acheté un ménorah et des mézuzah. Claire est sous le choc et ne réagit pas. Claude lui explique qu’il assume sa judéité. Il sort pour voir la réaction des passants à nouvel accoutrement, cela l’émoustille. Sa mine indispose plus dans les quartiers bourgeois que populaires et moins auprès des étudiants que des loubards. Rentré chez lui, Claude se remet à écrire. Pour lui, l’antisémitisme d’antan n’est plus ce qu’il était. il reste tout de même des sujets symboles derrière lesquels il est loisible de faire passer sa hargne comme Israël considéré comme Etat belliqueux, nation impérialiste ou république fascisante. Claude pense donc que l’antisionisme est le paravent de l’antisémitisme. Ce ne sont pas les Juifs qui sont des salauds mais les Israéliens ce qui arrange bien les antisémites. Il y a aussi le premier gouvernement de Mitterrand qui permettait aux antisémites de se déclarer anti-socialiste en attaquant Badinter, Fabius, Lang, Attali. Et puis il y a Deauville considéré par les anti comme deuxième ville d’Israël. Le Pen aussi redonne l’espoir aux antisémites. Il est une passe-droit à la xénophobie française galopante.

Le lendemain matin, Claire réveille Claude aux aurores car elle lui a pris un rendez-vous avec une société. Tempo, une boîte d’informatique. Il sort avec son accoutrement d’hassidique pour retrouver le plaisir d’étonner les passants au grand jour puis se rend à la mairie la plus proche de Tempo. Il veut changer de nom. Il souhaite s’appeler Moiché ou Davis Varalovitch ! La préposée lui explique que c’est impossible car on ne peut changer de nom qu’en des cas très précis. Pourtant elle lui explique les démarches à faire : passer une publicité dans le Journal Officiel puis dans un journal d’annonces légales du lieu de résidence ou de naissance. Enfin, il faut faire une demande écrite en deux exemplaires au Garde des Sceaux. devant l’ampleur des démarches, Claude renonce. Il s’en va alors chez Tempo. Il se fait annoncer sous le nom de Moïché Interim. On lui donne un travail mais on lui demande d’enlever ses signes religieux ce que Claude refuse. Après le travail, Claude se rend à la synagogue de Montmartre mais ne trouve pas le rabbin Rollemberg qui doit posséder le livre vert d’après ce que lui a avoué l’amie asiatique de Prisot.

Claude retourne à son cahier pour évoquer les synagogues. Il es juge revêche et curieux. On y va une fois l’an pour faire plaisir à la famille. Elles se dépeuplent et finissent en parking selon Claude. Seuls 8,6 % des Juifs sont de toutes les fêtes et de tous les shabbats. Le judaïsme lui semble la religion la plus ardue qui soit. Le judaïsme croupit dans le dénuement, l’abstrait, le vide, contrairement aux autres religions.

Tempo a appelé et c’est Claire qui a répondu. La société ne veut plus de Claude. Sa femme le traite de pauvre type. On dirait qu’il fait tout pour divorcer. Il retourne à la synagogue et tombe sur une sorte d’apprenti rabbin qui lui apprend que Rollemberg n’est pas là et pas près de revenir. Claude arrive à apitoyer le jeune rabbin qui arrive à lui trouver l’adresse de Rollemberg avec une enveloppe contenant des feuilles arrachées au livre vert. Après cela, Claude est victime de sa première agression antisémite. Il tombe sur le trottoir à cause d’un vieux qui étale ses jambes. Celui-ci lui dit : « Je t’emmerde, toi et ton putain d’accoutrement de juif ! ». Claude lui crache au visage. Et l’autre d’enchérir : « Sale youpin ! » Les badauds accourent pour soutenir le vieux et Claude se fait traiter de nombreux « sale juif ». Claude a tiré le gros lot. De plus les flics arrivent pour l’embarquer alors qu’il est le seul à saigner et à être insulté. Les flics ont interrogé le vieux et n’ont retenu que sa version. Claude est inculpé pour coup et blessure. Claire vient le chercher le lendemain matin. Elle a préparé ses valises et son mari croit qu’elle va le quitter mais elle part juste trois jours en voyage d’affaire.

Seul, Claude retourne à son cahier et il écrit : « Sale juif ! ». Cette fois j’y ai eu droit. Pour moi tout seul ». Claude pense que le juif à qualificatif explosif n’existe qu’à l’instant où il est dans la ligne de mire d’un anti. C’est ce que disait Sartre dans Réflexions sur la question juive. Le philosophe réifiait les Juifs qui pour lui n’existaient en tant que tel que dans l’esprit des antisémites. Pour Claude, le mot « youpin » est prononcé par le beauf genre prolo abêti et odorant des aisselles. Le mot « youtre » est réservé aux initiés, à ceux qui ont des lettres comme Roques et Faurisson. Dans « youtre » il y a « foutre » mais il est rare heureusement. Et il y a « Israélite » pour ceux qui ne veulent pas avoir l’air d’y toucher.

Claude trouve un nouveau travail. L’agence d’interim lui dit que cette fois, il n’y aura pas de problème. Claude apprend que sa nouvelle boîte s’appelle « Lévy frères ». Il comprend donc l’allusion. Claude se rend chez le rabbin Rollemberg mais c’est la femme de celui-ci qui lui ouvre et lui annonce que son mari est absent. Il est à Jérusalem. Claude, à cette nouvelle, s’évanouit. A nouveau sur pied, il n’a plus qu’à courir après autre chose. Il décide alors de pratiquer la micrographie, comme son arrière grand-père. Il s’achète des porte-plumes et une loupe pour bien faire. Sa femme et son fils le tirent du sommeil en lui téléphonant pour prendre de ses nouvelles. Son fils le relance pour l’argent. Après quoi, Claude file chez Lévy frères. Il est accueilli à bras ouverts. Son travail consiste à relire et corriger les futurs tracts publicitaires de la boîte. Après le travail, il dîne avec son fils qui a emmené sa copine Linda, une Allemand. Pour Claude, c’est une félonie que son fils juif sorte avec une Allemande. Il demande même à Linda ce que ça fait d’entrer dans une famille juive. La pauvre fille en reste médusée. Elle est au bord des larmes et dit qu’elle n’est pour rien dans ces histoires. Jean-Luc défend sa copine mais manque de recevoir une claque de son père. Immanquablement, Jean-Luc et Linda quittent le restaurant et Claude se sent merdeux. Rentré chez lui à pieds, il se rend compte qu’il a oublié ses clefs dans la voiture mais alors qu’il s’apprête à coucher sur le paillasson son fils arrive. Il engueule son père, lui reproche son accoutrement et ses manières depuis qu’il est chômeur, trouve cela ridicule alors qu’avant Claude était parfaitement athée. Claude réalise sa bêtise et demande pardon à son fils. Le lendemain, en lisant le journal, Claude apprend que Prisot a été arrêté avec son amie. Il avait dérobé pour des millions de camelotes et il est déféré au Parquet et incarcéré à Fresnes. Son avocat est un certain Kaufman. Claude appelle sa mère pour savoir si ce nom lui dit quelque chose, ce qui est le cas. Il cherche alors à appeler l’avocat mais se fait engueuler par ses patrons qui lui rappellent l’usage du téléphone interdit pour les appels personnels. une fois encore, il arrive à se faire virer sans que cela le gène. Il se rend chez l’avocat Kaufman. Cela n’aboutit à rien sinon que Claude apprend l’acquisition du livre vert par un Etat. Claude a quand même réussi à dérobe des documents à l’insu de l’avocat. C’est Israël qui a acquis le livre vert pour le Jewish Museum of Jerusalem. Claude crache sa rage dans son cahier. Il se rend à l’évidence, la solidarité entre Juifs n’est qu’une fable inventée par les antisémites. Il éprouve le besoin d’aller voir sa mère pour lui dire où en est son enquête. Maude Varal est en compagnie d’une demoiselle Elleinstein, journaliste de l’Arche, du Monde et du Jerusalem Post. Elle est venue aider la mère de Claude pour médiatiser l’affaire du vol du livre vert. Maude ne voit guère d’autre solution que d’envoyer son fils en Israël pour qu’il récupère le livre. Malheureusement, Claude a peur d’être épinglé par la police suite au vol chez l’avocat Kaufman. Et en effet, deux policiers viennent chez lui pour cette affaire. Mais Claude ne se démonte pas. Il a eu le temps de se débarrasser de sa barbe et de son accoutrement de rabbin et laisse croire eux flics que c’est son « frère » David qui était chez Kaufman et pas lui. Les policiers tombent dans le panneau. Après quoi, Claude veut retrouver sa mère mais elle lui fait comprendre qu’elle aussi est surveillée par la police. Elle s’arrange pour lui donner l’argent nécessaire au voyage en lui laissant le tout dans un sac de commission oubliée exprès dans une supérette. Au moment d’acheter son billet pour Israël, Claude subit encore une attaque antisémite de la part d’une guichetière d’agence de voyages : « Faut vraiment avoir à voyager pour aller dans des pays pareils ! A moins que vous ne soyez juif, bien sûr ? » quelques jours plutôt, Claude l’aurait agressée mais là il est aux abois, il est donc obligé de s’écraser. Il prend une chambre dans un hôtel miteux avant son vol et décide de reprendre le cour de ses écrits. Il pense que la judaïcité revient à la mode histoire d’appartenir à un groupe différent. Les jeunes juifs s’affichent et revendiquent leur judaïcité, arborant étoile de David et autres talismans symboliques, renouant avec la culture, les traditions et même l’hébreu.

Avant de prendre l’avion, Claude appelle sa mère pour qu’elle rassure Claire de son absence. L’avion d’El-al n’est rempli que de Juifs de toutes sortes. Sa voisine, une Israélienne dénommée Sabine Izmanark lui apprend que le Monde parle de lui. C’est Melle Ellenstein qui a raconté toute son histoire. L’article se termine par un morceau de bravoure où Claude est décrit comme l’héritier de son arrière grand-père et possédant les mêmes dons. Claude est effrayé, il a l’impression d’être dans la merde et avec un faux nez en plus. Pour penser à autre chose, Claude se plonge dans son cahier et est tout excité de se rendre en Israël car il va se plaire, se déplaire, se complaire, se distraire entre Juifs. En sortant de l’aéroport, Claude est pris en charge par Mme Izmanark qui lui présente sa fille Sarah, une très belle jeune femme. Claude décide de loger au Hilton de Tel Aviv mais en fait c’est ce qu’il annonce à Mme Ismarnak pour être pris au sérieux mais il choisit en vérité un hôtel modeste. avant de partir pour Jérusalem, Claude se dit qu’Israël va faire de lui un véritable juif à part entière. Dans le bus qui le conduit à Jérusalem, Claude découvre le paysage et notamment la Forêt des Martyrs, six millions d’arbres plantés en mémoire des victimes de la Shoah. Alors qu’il n’en a pas les moyens, Claude s’installe à l’hôtel King David. Il réserve carrément une suite. Il se croit déjà poursuivi par la police israélienne et pour prendre les devants, s’en va trouver deux policiers pour leur demander où se trouve le musée de Jérusalem. L’un des deux lui répond en français mais nullement pour réclamer ses papiers alors Claude réalise que sa paranoïa commence à peser sérieusement sur son comportement. Alors Claude se rend au Mur des lamentations et est pris d’émotion malgré son athéisme. En retournant à l’hôtel, Claude est attendu par une armoire à glace, il tente de fuir mais sa paranoïa lui a encore joué un tour puisque l’homme n’est autre que le frère de Sarah Izmanark. Il lui annonce que Sarah veut dîner avec lui et Claude transmet comme message son amour pour la jeune femme. Hélas Sarah n’est pas venue au rendez-vous et Claude se sent cocu par contumace. Le lendemain, Claude se rend au musée. Il ne trouve pas le livre vert et demande à un gardien qui lui indique une salle. Il y trouve bien quelques pages arrachées au livre. Dans la librairie du musée, il achète le Jerusalem Post et trouve la traduction en anglais de l’article du Monde sur son affaire. Avant la fermeture du musée, Claude achète plein de souvenirs volumineux puis s’effondre intentionnellement pour qu’on s’occupe de lui. Il demande aux derniers guides qu’on prévienne une soi-disante Amélie Schwartz pour les éloigner et s’emparer d’un uniforme de gardien. Il se rend dans un magasin du quartier musulman pour acheter une djellaba, des lunettes noires et du henné. Il veut changer d’apparence pour retourner dans le musée incognito. Sarah frappe à la porte de sa chambre pour se jeter dans ses bras et lui avouer son amour. Ils dînent dans le quartier du Moulin de Montéfiou puis font l’amour dans la chambre d’hôtel de Claude qui ne réalise pas encore ce qui lui arrive. Au matin, Sarah est partie en laissant un mot. Claude s’habille en gardien de musée puis s’y rend pour tenter de récupérer le livre vert. Il le retrouve dans une salle dans laquelle il entre par effraction. Le livre est parmi d’autres micrographies. Pour sortir du musée, Claude se couvre d’une djellaba. Au moment de quitter l’hôtel, Claude est arrêté par deux hommes et une femme qui le conduisent vers une voiture noire portant un fanion avec des inscriptions en hébreu. Claude est amené auprès d Jacob Sterin, le conservateur du musée. A sa grande surprise, Claude est accompagné jusqu’à un amphithéâtre où photographes et caméras de télévision l’attendent pour une conférence de presse ! Ainsi Claude apprend que le conservateur veut simplement lui emprunter le livre vert le temps d’une exposition pour lui rendre ensuite. Mais Claude se fait piéger, le conservateur lui demande d’exécuter une micrographie alors qu’il n’a pas le talent de son arrière-grand-père. Il trace le portrait d’une jeune fille blonde, celui de Sarah en petites lettres de déclaration d’amour. Durant huit jours et huit nuits, Claude fait des conférences et devient le héros de Jérusalem. On l’emmène ensuite visiter le pays. Hélas ! Il ne revoit pas Sarah. A son retour en France, sa mère l’attend en fils prodigue mais il apprend que Claire l’a quitté pour de Grandvallet et que son fils est parti en Allemagne.