Jacques Bergier, Résistant et scribe des miracles (Charles Moreau)

Spécialiste de la Science-fiction et de la littérature fantastique, Charles Moreau a publié de nombreux articles et dirigé plusieurs revues en ces domaines. L’auteur révèle le paradoxe qui colle à Jacques Bergier, il a reçu plusieurs distinctions et pourtant il reste méconnu. Il était également à la fois scientifique et fasciné par les mystères inexpliqués. Sans lui la SF et le fantastique n’auraient pas été les mêmes en France.

Chapitre 1 : les mondes mourants

Bergier est né le 2/08/1912 à Odessa. Son nom a été francisé lors de son arrivée en Pologne mais son véritable nom n’est indiqué nulle part. Certains pensent que c’est en France que la famille Bergier a choisi ce nom. Dans « Les Téméraires » de Cécile Romane, il est précisé que le nom du père de Bergier se transcrivait phonétiquement par Berguère et que Michel Bergier aurait lui-même francisé son nom face à un fonctionnaire. La mère de Bergier s’appelait Estelle Krzemienieckaïa originaire d’un village polonais où les Bergier se réfugièrent après la révolution russe. Son père, Michel, était épicier à Odessa et était relativement aisé. Son grand-père maternel, Jacob, était rabbin et son cousin Anatole participa au meurtre de Nicolas II en 1919. Il avait un oncle nommé Joseph Tételbaum qui prenait 300 dollars pour faire passer quelqu’un de Russie en Pologne. La mère de Bergier considérait son fils de quatre ans comme un véritable génie. Elle était née dans une famille de russo-polonais, d’un père marchand de draps. Restée veuve, elle l’avait élevé ainsi que ses cinq frères en leur donnant le goût des belles choses. Elle jouait aux échecs et était une grande pianiste. Elle s’enfuit à Saint-Petersbourg où elle trouva un amant. Son amant nihiliste, voulut tuer un ministre mais il mourut et Tounia en perdit presque la raison. La grand-mère de Bergier tira sa fille de la police du Tsar et l’emmena à Baden-Baden où elle resta plusieurs mois. C’est le père de Bergier, Michel qui la sortit de sa dépression et l’emmena à Odessa. Il avait quitté l’école à huit ans et était peu cultivé. Le jeune Jacques n’était jamais allé à l’école car il avait eu des professeurs particuliers. Il lisait le russe, le français et l’hébreu dès l’âge de 4 ans. Sa soeur Isa naîtra en octobre 1917 et sa mère se sentira frustrée de n’avoir pas pu participer à la révolution. Trotsky était le héros de Bergier. La Révolution n’étant pas bonne pour les affaires, la famille Bergier fuit vers la Pologne. C’est là que Bergier découvrit le livre de Louis Jacolliot « Les mangeurs de feu » dans lequel il apprit des choses sur le totalitarisme russe, les goulags et l’utilisation directe de la matière en énergie pour la propulsion d’appareil aérien. C’est Jacolliot qui découvrit les anciennes civilisations de l’Inde. Bergier vécut à Krzemienieck de 1920 à 1925. Il étudiait dans les livres et un rabbin lui donnait l’instruction religieuse. Il se sentit juif dès l’âge de 8 ans et déclara plus tard que le massacre de six millions de Juifs constituait la preuve parfaite de la non-existence de dieu. Il pensait que la civilisation juive avait une lien avec les grandes civilisations du passé. Il lisait beaucoup de livres et de journaux. En apprenant la mort du politicien allemand Rathenau, il entrevit l’existence de gouvernements invisibles et de forces secrètes conduisant le monde. Il affirmera plus tard y avoir pénétré. Il découvrit la science-fiction dans une revue russe « Le monde des aventures ». Il fut frappé par les découvertes des Curie sur l’énergie nucléaire et se jura de participer à la conquête de l’énergie atomique.

Chapitre 2 : des mondes à conquérir.

Les Bergier quittèrent la Pologne pour la France en 1925 à cause de la crise économique. Un oncle installé à Paris s’occupa des papiers. Ils habitèrent près de la Sorbonne puis à Boulogne et enfin à Montmartre. Jacques fut inscrit à l’école communale de 1926 à 1927. Il trouvait la France arriérée, raciste, pauvre en bibliothèques. Il réussit le certificat d’études et le brevet élémentaire. En 1927, l’affaire Sacco et Venzetti démontra à Bergier l’injustice du monde. Il manifesta à Paris. Il entra au lycée Saint Louis à Paris où il étudia de 1928 à 1930. Pauvre, il dut financer ses études supérieures en faisant des traductions d’allemand et d’anglais en français pour des éditeurs ou des entreprises. Il profita du rachat par Joseph Gibert d’un fonds de l’American legion pour découvrir les grands noms du fantastique anglo-saxon dans des revues. Il connut la célèbre revue Amazing stories en fréquentant la librairie Brentano’s. Il lut Lovecraft grâce à une anthologie réalisée par Dashiell Hamet en 1931 qu’il se procura à la bibliothèque états-unienne de Paris. Il affirma avoir correspondu avec Lovecraft de 1931 à 1937. Mais aucun spécialiste n’a pu avoir accès à cette correspondance qui reste donc douteuse.

En 1930, Bergier commença des études à l’Institut de chimie et à la Sorbonne. Il travailla pour des industriels sur les zéolithes qui venaient d’être découverts. Les substances naturelles remplacent dans une combinaison un métal par un autre. Il passa sa licence de chimie et de mathématiques en 1933. Il quitta la Sorbonne car il n’avait par les moyens de faire un doctorat. De 1933 à 1937, il fit des petits boulots comme traducteur ou fabricant de colle. Il rencontra un savant, Alfred Abraham Eskenazi avec lequel il réalisa, en 1936, l’installation d’un laboratoire rue Dautencourt. Le laboratoire fonctionna dans une baraque en bois jusqu’en 1940. Ils obtinrent des contrats de quelques industriels notamment à Lyon avec des fabriquants de soie ce qui permit à Bergier de découvrir cette ville. Eskenazi était membre du PCF et Bergier était d’accord avec lui pour lutter contre le nazisme. Bergier aurait monté avec les communistes une opération de propagande anti-nazie. Il s’agissait de distribuer lors de la première du film de Cecile-B. de Mille, le Signe de la Croix, un tract virulent contre Hitler, ce qui fut fait le 28 février 1935. Bergier réalisa que Berlin était l’un des points faibles de la surveillance des nazis. Un autre comparse vint rejoindre Bergier et Eskenazi, il s’appelait Vladimir Garreau et était physicien. Il travaillait pour le comité international consultatif de téléphonie. Ils conçurent les principes essentiels de l’automation en 1935. Bergier s’occupa de télécommunication en 1936. En 1936, il rencontra André Helbronner, son mentor, qui introduisit la physique et la chimie en 1906 à Limoges et mis au point l’air liquide en 1912. En 1922, il reçut la grande médaille d’or de l’Institut Franklin pour ses travaux sur la liquéfaction des gazs. En 1934, Helbronner s’intéressa à la transmutation atomique. Il obtint des résultats dès 1937. Il réussit une synthèse de l’or à partir du bore et du tungstène, selon Bergier. Bergier réalisa, en 1938, la synthèse d’un radioactif naturel pour la première fois au monde. La fréquentation d’Helbronner poussa Bergier à s’intéresser à l’alchimie. Helbronner lui fit rencontrer, en juin 1937, un employé d’usine à gaz qui prétendait être Fulcanelli auteur du Mystère des cathédrales et des Demeures philosophales. Fulcanelli parla des dangers de la recherche atomique. Bergier voulut faire fortune dans la technologie en inventant un générateur nucléaire pas plus gros que les lampes électroniques des TSF mais personne ne voulut le suivre. En 1939, Bergier rencontra Georges Mandel qui voulut le faire protéger par le 5è bureau. Bergier devenant agent du 5è bureau, son nom de code était « sorcier », il était le seul scientifique.

Chapitre 3 : les mondes de la mort

   En 1940, Bergier ne fut pas incorporé car il avait été réformé en 1933 pour myopie, il avait été affecté en tant qu’ingénieur à l’arsenal de Chatillon et fut donc dispensé de combat. Il entra en résistance dès juin 40. Il se rendit à Toulouse car il y avait des facilités d’hébergement et de travail au 5è bureau. Il renvoya sa naturalisation française à Pétain (il la reprit en 1945 des mains de de Gaulle) tout en demandant à bénéficier du statut d’étranger. Les services d’immigration lui accordèrent un certificat de nationalité polonaise. En tant qu’agent des services secrets, Bergier obtint un poste de conseil à l’usine Dewostine et batailla contre la commission d’armistice allemande. A Toulouse, il rassembla des réfugiés espagnols, des Français donc le « colonel » Fabien et des communistes. Ils distribuèrent des tracts lors de la visite de Pétain à Toulouse. Le 18 juillet 40, il monta une opération de résistance avec Mac Pherson pour faire passer 35 aviateurs en Angleterre. On lui proposa de partir à Londres mais il refusa. En septembre 40, il partit pour Lyon où il retrouva ses parents ainsi que Hellbroner et Eskenazi. Vichy créa une entreprise pour l’exploitation de l’Afrique, Eurafrique. Bergier, devenu M. Renaud de Caluire s’y infiltra comme expert en fibres textiles. Il s’intéressa à l’achat de brevets d’invention pour la fabrication de l’arme X (carburant des V1). Il loua un laboratoire pour fabriquer des bombes incendiaires et entreprit d’entrer dans la Résistance nationale. Il passa à la fabrication de 800 bombes par mois lors de son arrestation en 1943. Il approvisionna l’Orchestre rouge en postes de radio camouflés en appareils médicaux. Il mit aussi en oeuvre un services d’écoutes téléphoniques qui fut fort utile à Lyon et à Alger. Il organisa aussi des procédés de sabotage. En 1941, Bergier, Helbronner et Eskenazi établirent un premier contact avec un représentant anglais de haut rang. Bergier ne put entrer en contact avec la France Libre qu’au début 1943. En 1942, il rédigea un manuel pratique pour les résistants qu’il intitula Manuel du parfait saboteur édité à Londres en 38 langues. En septembre 1942, Pierre Sonneville installa la « mission Marco Polo ». Il quitta Londres pour Lyon en octobre 42. Bergier devint son opérateur radio en janvier 43. Il s’informèrent sur l’arme X pour prévenir les alliés. Les rapports provenaient d’un ingénieur russe travaillant pour les Allemands. Il indiqua que l’arme était construite sur l’île de Peenemunde et qu’elle était appelée arme V (comme Vergettung pour revanche). En mars 43, Montrose partit pour Londres et fut remplacé par Guivante de Saint-Gast et allait donner au réseau de Bergier son plein essor. Les informations sur les rampes de lancement installées par les Allemands sur les côtes de la Manche arrivèrent chez Bergier. Les services secrets de Canaris avaient connaissance du réseau de Bergier. Canaris appelait le réseau de Bergier la Centrale Blindenheim située dans une école d’enfants aveugles. L’institution était un camouflage, elle était dirigée par René et Marguerite Pellet, membres de Marco Polo. Il y avait une section scientifique fabriquant des bombes et des émetteurs radio, la centralisation des documents à l’échelon européen des scientifiques antinazis. Bergier travaillait également pour une société fictive, l’OFPS. Elle délivrait des certificats permettant d’éviter le STO. LE 15 mars 1943, trois membres de la section militaire du réseau de Bergier furent arrêtés : Raymond Aubrac, Serge Ravanel et Valrimont à Lyon par la police française et transférés au fort Montluc. Lucie Aubrac fit pression sur un procureur et Raymond Aubrac fut libéré. Bergier contribua à sa libération en juin 43, Helbronner fut arrêté, torturé mais ne parla pas. Il fut déporté à Buchenwald où il mourut en 1944. Eskenazi fut emprisonné au fort Montluc d’où il tenta de s’évader mais il fut tué. Seul restait Jacques Bergier qui fut caché à Pont-de-Beauvoisin d’où il dut réorganiser la section scientifique. Le 21 juin 43, Jean Moulin et Raymond Aubrac furent arrêtés à Caluire. Moulin torturé, mourut le 8 juillet. Bergier attaquera le 21 octobre 43 la voiture de la Gestapo qui transportait Aubrac au peloton d’exécution. Saint Gast fut arrêté le 18 juillet 43 et sa libération calquée sur celle d’Aubrac échoua. René Pelet lui succéda. Grâce à Bergier, les Anglais prirent conscience du potentiel de destruction que représentait la base de Peenemünde. Dans la nuit du 17 au 18 août, elle fut détruite par des bombardiers. Malheureusement, les alliés ignoraient qu’une autre base similaire existait à Volkenrode. La base de Peenemünde fut reconstruite et abritée dans une caverne rocheuse. 10 000 déportés y laissèrent la vie. Le créateur des V2, Von Braun, ne fut jamais jugé. En octobre, Bergier se rendit à Paris pour s’informer auprès du Russe blanc qui avait travaillé à Peenemünde. Il devait aussi prévenir les FTP qui avaient abattu par erreur un commissaire de police résistant qui avait la photo de Bergier dans son portefeuille car il devait lui faire des faux papiers. Bergier se rendit au Palais de la découverte sous le pseudonyme de Jacques Cardan pour y rencontrer un adjoint de l’ingénieur russe blanc. Il allait reprendre ce pseudo après la guerre pour écrire des articles. Puis il obtint de nouveaux renseignements du russe qu’il transmit à Londres puis il parvint à joindre les FTP pour prévenir de l’erreur commise et la corriger. Saint Gast avait monté un maquis dont plusieurs membres connaissaient la centrale de Bergier. L’existence de la centrale fut divulguée à un agent de Canaris. La centrale fut prévenue et réussit à évacuer son matériel mais le 23 novembre, la police allemande envahit la centrale. Marguerite Pellet, Jacques Sevillano et Jacques Bergier furent arrêtés. Bergier fut reconnu et battu. Bergier s’était préparé à la torture en pratiquant le yoga. Emprisonné au Fort Montluc, Bergier fut emmené à l’école de santé militaire, siège de la Gestapo, pour y être interrogé. Le 8 décembre, il n’avait toujours pas avoué. La Gestapo lui avait pourtant laissé croire que s’il parlait, sa peine de mort serait commuée et qu’il serait remis au Kaiser Wilhelm Institut pour y travailler sur la détection électromagnétique. Le 10 décembre, Bergier put rencontrer Jacqueline Sevillano. Il lui transmit ses dernières volontés à l’intention d’Octave car il savait qu’elle pourrait être libérée. le 15 décembre, il apprit qu’il était condamné à mort. Le 25, Jacqueline Sévillano fut libérée. Le 28, Bergier reçut une visite, une huile venue d’Allemagne qui lui demanda s’il voulait collaborer en travaillant à Berlin sur la détection électromagnétique des avions. Le 3 janvier 1944, deux membres du service de contre-espionnage de l’Abwehr lui demandèrent de faire des révélations sur un faux réseau anglais dont il aurait fait partie et qu’il voulait entrer en contact avec Octave pour préparer une alliance avec les anglo-saxons. Bergier livra de fausses informations sur un prétendu réseau communiste. Le 4 janvier, Octave entamait la destruction systématique des rampes de lancement des V1 après avoir averti Londres. Canaris ordonna le transfert de Bergier à Compiègne, centre de triage des déportés. Il ordonna également de faire des recherches sur le réseau Marco Polo sans savoir que celui-ci s’appelait « Promontoire ». Le 15 février, Bergier était à Compiegne. Le 18 février, deux SS le firent sortir du camp et on l’emmène dans un appartement de la ville où trois hommes le reçurent en lui expliquant qu’ils étaient physiciens, qu’ils avaient lu son mémoire déposé au ministère de l’armement en 1940 et qu’ils lui proposaient de travailler à la détection électromagnétique des avions. Bergier répondit qu’il voulait travailler au Kaiser Wilhelm Institut. Il leur promit la vie sauve et leur passage au Canada après la victoire alliée et ils acceptèrent. Bergier revint pourtant au camp pour ne pas paraître suspect à la Résistance. Quelques semaines plus tard, en mars, il se retrouvait dans le camp de Neue Bremme destiné à éliminer les déportés dont le retour était indésirable. Les déportés lui dirent qu’on ne tenait pas plus de quinze jours mais il tint. A deux reprises, les médecins le déclarèrent mort car il avait cessé de respirer mais il reprenait connaissance juste avant qu’on l’enterre. Bergier était le déporté n° 63573. Il arriva à Mauthausen, en Autriche, le 2 avril 1944 et fut envoyé au bloc n° 5 dont le chef, Hans, était un ancien boxeur et un droit commun. Il l’accueillit en lui offrant à manger et savait que Bergier avait opposé une résistance à Neue Bremme. Le lendemain, il entra en contact avec Franz Dalhem, dirigeant du PC clandestin qui avait résisté à la torture depuis 1938. Après guerre il allait jouer un rôle important en RDA. Il rencontra Octave Rabaté qui devait devenir directeur du journal L’humanité et favoriser l’entrée des communistes dans le gouvernement de de Gaulle. Bergier fut contacté par un membre des services secrets soviétiques qui lui proposa de faire partie du comité de résistance du camp. Il devait sélectionner en pleine nuit une cinquantaine de noms de résistants à sauver parmi les listes de centaines de déportés. Tous les autres devaient passer au four crématoire. Bergier fit la connaissance de Guillaume Hoorickx. Faux médecin qui lui sauva la vie à de nombreuses reprises. Quand Bergier apprit, à la Libération du camp, qu’il était en fait éditeur d’art, il s’évanouit. Avec Dahlem et Fédorov, un général russe, Bergier dirigea la résistance du camp. Il parvint à établir une liaison avec Londres avec des pièces volées aux SS. Il put divulguer des documents importants qui condamnèrent Goering car celui-ci avait condamné à mort 40 aviateurs états-uniens qui avaient bombardé Dresde en janvier 1945. Dans la nuit du 2 au 3 février 1945, Bergier donna l’ordre d’insurrection. Sans armes, ils tuèrent les droits communs chargés de les surveiller puis ils se jetèrent sur les barbelés électrifiés pour provoquer un court-circuit. Sur les 1 500 insurgés, seuls 45 parvinrent à s’enfuir. Ils emmenèrent des renseignements militaires précieux. Les SS partirent et avaient laissé une partie de leurs armes, elles servirent à neutraliser ceux qui étaient restés. Le 5 mai 1945; Bergier entrait en contact avec l’état-major allié à Versailles puis les Etats-uniens arrivèrent. Bergier retrouva le chef du camp, Ziereis dans un hôtel proche du camp et le tua. Un hôpital fut créé dans le camp pour soigner les déportés. L’aumônier voyant l’état de faiblesse de Bergier lui proposa des soins mais Bergier ne voulut pour toute aide que des livres ! L’aumônier lui en donna. Ainsi, Bergier découvrit des textes de Lovecraft. Avant de quitter le camp, il écrivit un mémoire de ses activités de résistant de 1940 à 1945 sur les marges d’une bible que l’aumônier lui avait prêtée. Rentré en France, il fit taper son rapport à l’exception de notes à caractère scientifique et personnel. Le 19 mai 45, Bergier rentra en France avec ses vêtements de déportés qu’il avait désinfecté dans la chambre à gaz. Il apprit ainsi l’existence du DDT. A peine rentré, il appela l’OSS (ancêtre de la CIA).