20 septembre 2008
Rêve de fer 3
XI
Feric visite un camp de sélection, à proximité de la bordure nord de la forêt d’Emeraude sous la conduite de Remler lui-même. Le camp apparaît comme une construction assez modeste. Un rectangle de barrières électrifiées entoure un grand hangar et des rangées de baraquements en bois le tout dominé par quatre miradors. Les détenus sont des civils « sans tare apparente » habillés de tuniques grises numérotées. Aucun visage maussade ne déparait le lot (on pense au film de propagande nazi montrant le camp « modèle » de Therezinstadt avec des Juifs montrés en bonne santé à la Croix rouge qui n’y a vu que du feu). La différence avec l’histoire réelle est que les camps de Feric contiennent des civils dont certains vont être sélectionnés pour entrer dans les SS mais il ne fait aucun doute que les Doms/Juifs découverts seront éliminés. L’Hitler uchronique décrit les femmes sélectionnées comme des « femelles dignes d’être appariées avec les SS » ce qui correspond bien à la misogynie de l’Hitler réel. Comme dans la vraie histoire, le camp abrite une chambre d’extermination. Feric pénètre dans une pièce où se trouvent les humains considérés comme non purs. Un fonctionnaire leur demande s’ils choisissent la stérilisation ou l’exil. Remler souffle à l’oreille de Feric que 23% des refusés préfèrent la stérilisation à l’exil. Waffing annonce à Feric que l’armée a été renforcée par des tanks et des avions et que 500 000 hommes ont rejoint les troupes. Il suggère à Feric d’attendre encore six mois pour déclencher la guerre éclair contre Zind mais Feric veut attaquer avant deux semaines et Waffing obéit. Feric décide de diriger lui-même le premier assaut en Borgravie et de rester à la tête des troupes helders chargées du nettoyage de ce cloaque jusqu’à ce que Gormand soit totalement rasée, cela pour des raisons personnelles. Peut-être que la Borgravie où Feric a passé son enfance est l’Autriche réelle (on se souvient que Hitler a fait raser le village où est né son père juste après l’Anchluss).
La bataille va être retransmise par la télé pour paralyser l’adversaire par la peur. Elle est vite gagnée et l’Hitler uchronique ose écrire « une politique bien menée d’annihilation de l’ennemi se révélerait à longue échéance la pratique la plus miséricordieuse ». Il va de l’honneur personnel de Feric que ses propres troupes assurent elles-mêmes la purification de Gormand, en détruisant jusqu’à la dernière construction fétide, jusqu’au dernier gène malsain. Feric a fait reconstruire les territoires conquis et les a peuplés de Helders. Remler conduit Feric à un camp de sélection car il a un problème à résoudre. Le camp a été érigé soigneusement à l’écart des centres d’habitation humaine. En Borgravie, ils sont plus grands qu’à Heldon. Remler affirme à Feric qu’il détient des millions de mutants et ne sait qu’en faire dans toutes les provinces conquises. Feric pense qu’il faut les exiler et Remler pense qu’ils reviendront alors Feric estime que « l’euthanasie est un service à rendre à ces malheureux ». Remler annonce que les savants helders ont mis au point un gaz mortel pour l’extermination.
Feric décide d’un jour de réjouissance nationale qu’il fixe au septième jour après la chute de Kolchak (probablement la Grande-Bretagne), point d’orgue du svastika sur le dernier Etat bâtard de l’ouest. C’est l’occasion d’offrir des parades militaires, des danses et des feux d’artifices. Les défilés militaires sont décrits avec excès puisque les troupes d’infanterie SS défilent dans leurs cuirs noirs collants, projettent leurs bottes « au-dessus de leurs têtes ».
XII
Feric demande à Remler où en est la situation dans les camps de sélection et celui-ci lui répond que les derniers occupants auront été « traités » dans les deux prochaines semaines. Après quoi les camps seront fermés. Remler a fait inventer des tests génétiques capables de faire naître les surhommes SS futurs qui mesureront 2 mètres 10 avec la peau claire, les cheveux dorés et une intelligence de génie. Dans la vraie histoire la sélection génétique avait bien eu lieu sous le nom de lebensborn. Remler annonce aussi que les savants pensent déjà au clonage. Quant à Waffing, il déclare à Feric que ses savants progressent dans la redécouverte des Arts martiaux des Anciens et que de nouvelles armes ont été fabriquées. Des missiles seraient capables d’atteindre la distance de 6 500 kms. L’armée Helder a même découvert les techniques d’obtention des ingrédients légendaires du Feu des anciens, qui n’est autre que la bombe atomique. (Dans l’histoire réelle les nazis ont bien expérimenté une bombe atomique en mars 1945 mais Hitler n’a pas cru à son efficacité. Le « roman » de l’Hitler uchronique est écrit dans les années 50, il a donc eu connaissance d’Hiroshima.
Feric refuse que la bombe atomique soit fabriquée de peur de souiller la race helder avec les retombées radio-actives. Remler essaye de convaincre Feric en lui annonçant que les Doms ont envoyé leurs esclaves dans les déserts orientaux à la recherche d’armes nucléaires qui y furent stockées au temps des Anciens. Waffing affirme que ces armes doivent être encore opérationnelles et il pense que les Doms pourront s’en servir dans les six mois. Alors Feric décide d’écraser Zind dans les dix jours. Le but est de s’emparer des champs pétrolifères de Zind pour que l’armée helder ne soit pas réduite au bout d’un mois faute de carburant. Feric veut attaquer la capitale de Zind, Bora pour faire croire aux Doms que c’est sa stratégie alors qu’un corps expéditionnaire de chars soutenu par des jets fonce au sud pour conquérir les champs pétrolifères. Feric veut conduire lui-même l’attaque de Bora laissant à Waffing l’autre attaque. La bataille est lancée mais en avançant de plus en plus à l’Est les Helders sont attaqués par d’énormes oiseaux mutants déféquant un acide puissant sur les chars pour les détruire. un Dom était accroché à une de ces créatures pour commander l’attaque et il a réussi à fuir pour faire son rapport sur la progression de l’armée de Feric. Feric fait bifurquer son armée légèrement vers le Nord loin à l’intérieur du territoire de Zind parant une possible attaque ennemie vers le Sud. Des canonniers Zind attaquent alors mais sont rapidement éliminés. Après quoi les 10 000 guerriers de Zind gardent la frontière de Malax sont exterminés. Feric arrive alors à zind qui est décrit comme cauchemardesque. Dès lors, la frontière de Heldon s’élargit à mesure que la proue du char de Feric s’enfonce dans le territoire Zind. Au Nord, les vaques de croiseurs aériens helders ont noté que l’armée de Zind est dix fois plus nombreuse que celle de Feric. La grande bataille a lieu et déjà Zind envoie des obus pour faire exploser les chars helders. Cent monstres volants arrivent mais ils sont balayés par les avions helders. L’armée de Zind s’étire à perte de vue et Best le compagnon de Feric dans son char est pris de panique. Les deux armées se trouvent confrontées, dans un choc fracassant de chair et de métal. Les chars Zind abritent les Doms alors l’armée helder les détruits pour que les guerriers géants de Zind soient hors de contrôle. La confusion est telle que Feric annonce à Best qu’il est difficile de dire s’ils sont cernés ou s’ils coupent la horde en deux. Zind est au courant de la stratégie de Feric car Waffing est arrivé dans les champs pétrolifères alors Feric ordonne le déploiement de ses forces en position défensive car il faut établir une ligne au sud de la horde de Zind? La horde doit être immobilisée pour permettre à Waffing d’accomplir sa mission. Motards SS et fantassins ont subi de lourdes pertes mais l’artillerie et l’aviation sont pratiquement intactes. Une autre horde Zind arrive mais avec un aspect physique différent. L’avance Zind est portée à 100 des tranchées helders. Feric élimine lui-même des centaines de guerriers Zind avec sa massue. Depuis deux jours, les Dominateurs lançaient inlassablement des formations-suicide de leur nouvelle race de guerriers. Chaque vague était anéantie mais au prix de lourdes pertes en vies et munitions du côté helder. Le pire est que les munitions et les réserves d’essence sont quasiment taries. Une ou deux attaques et l’armée helder en serait réduite à combattre avec les seules massues. Waffing devait arriver rapidement. Un nouveau combat à mort a lieu qui se fard d’une beauté mystique pour Féric. Les Helders et les Zind s’affrontent pour la domination de la terre pour la suite des temps. Feric est à nouveau attaqué par une cinquantaine de Zind mais il s’en sort et sait que sa victoire et son héroïsme font bouillonner l’ardeur combattante des soldats helders, largement dominés en nombre. Les chars des Doms contrôlent leurs guerriers et sont rapidement éliminés. L’armée de Waffing a réussi à arriver à temps pour renforcer l’armée de Feric.
XIII
La marche sur Bora est une véritable parade triomphale. Des camps de sélection sont installés à Zind. La bataille finale contre Bora a été filmée et diffusée à Heldon. Feric a rassemblé des motards SS et des chars noirs polis pour former un énorme svastika centré sur la fontaine de feu. Le vaste svastika étincelant évolue en cercle autour de l’immense pilier de flammes. C’est le symbole parfait de la victoire finale, le bûcher funéraire de Zind. Feric et ses hommes découvrent dans les ruines de Bora un vaste cube d’acier. Ce cube ne contient rien de plus qu’une volée de marches de pierre s’enfonçant dans les entrailles de la terre. Ils découvrent un vieux Dom ratatiné et bossu vêtu d’une robe Zind grise armée de galons et de pierres précieuses. Pris sous l’influence du Dom, les généralissimes et les SS se débarrassent de leurs armes, seul Feric résiste et garde sa massue. Le Dominateur actionne une manette sur la console derrière laquelle il est assis. il s’agit d’une commande pour lancer une bombe atomique pour irradier toute la terre. Mais Feric arrive à le tuer avant que le Dom commette l’irréparable. Et pourtant le Dom n’a pas menti, il a eu le temps d’envoyer le feu nucléaire.
XIV
Deux millions d’êtres humains ont péri après l’explosion de la bombe atomique. Les généticiens confirment à Feric qu’il ne reste plus à la surface de la terre un seul humain pur et que Feric lui-même est touché. Feric décide de s’adresser aux Helders. Il leur annonce qu’ils ne pourront plus enfanter que des mutants mais leur redonnent espoir en parlant du clonage. Il affirme que la prochaine génération se composera uniquement de clones dont la dotation génétique sera celle des meilleurs pur-sang SS vivants aujourd’hui. Il annonce que dans les trois mois tous les Helders seront dirigés dans les camps de sélection pour être stérilisés. Feric annonce qu’il sera le premier à se faire stériliser en gage de loyauté. Tous les Helders acceptent sans protestation et au bout de trois mois, tout le monde a été stérilisé. Le clonage a fonctionné mais ce qui parait scientifiquement impossible est tout de même imaginé par l’Hitler uchronique, les clones ne sont pas des bébés mais des hommes. Chaque année, Feric prévoit que les laboratoires pourront fournir un million de clones SS. Toute la terre habitable sera repeuplée par des surhommes génétiques. Les clones sont dotés d’une intelligence supérieure et à peine réveillés font le salut helder. Feric, après avoir conquis la terre, veut conquérir les étoiles et part dans un vaisseau spatial accompagné de clones SS. Il emmène trois cents hommes vers Tau Cetin. Encore trois ans et Feric lancera annuellement cinquante fusées pour conquérir cinquante autres planètes. Feric annonce qu’il a lui-même confié ses cellules aux cuves de clonage. Ses clones commandent toutes les fusées. Chaque planète sera gouvernée par un de ses clones.
Spinrad a imaginé une « postface » à la deuxième édition du « roman » de l’Hitler uchronique. La popularité du livre a provoqué l’adoption du motif et des couleurs du svastika au sein de groupes sociaux comme la Légion chrétienne anticommuniste ou les « gangs » de motards. On apprend que Hitler a écrit son roman dans un état second et en six semaines pour honorer un contrat juste avant sa mort. Hitler avait un comportement fantasque depuis plusieurs années et était sujet à des crises de tremblement (comme l’Hitler réel). Il est mort d’une hémorragie cérébrale mais ces symptômes suggèrent des accidents tertiaires de la syphilis. La postface est dure contre Hitler en le décrivant comme un « écrivaillon » et que ses écrits abondent de lourdeurs issues de la construction et de la syntaxe allemande. « Le seigneur su svastika » est truffé de symboles phalliques (les massues). La massue de Feric est un pénis fantastique. Le salut helder est lui aussi un symbole phallique. En un sens, le roman est une oeuvre de pornographie sublimée, une orgie phallique de bout en bout. Il devient apparemment raisonnable de supposer que Hitler a délibérément mis son roman sous le signe de l’iconographie phallique afin de captiver le lecteur ingénu. « Le seigneur du svastika » constitue schématiquement le type même du roman de cape et d’épée à deux sous. Ce roman témoigne abondamment de l’aberration mentale de son auteur. Ses descriptions répétitives de « cuir luisant », « hautes bottes à talons ferrés » dénotent clairement un fétichisme inconscient et morbide chez Hitler. L’auteur de la postface estime que « De toute évidence, une telle psychose de masse ne pourrait jamais survenir dans le monde réel ». La postface est donc également uchronique puisque le nazisme n’a pas existé dans le monde imaginé par Spinrad. L’auteur de la postface traite Hitler de mythomane et ses fantasmes grotesques. Feric témoigne du narcissisme de Hitler. Dans le roman de Hitler, la violence confine à la psychoses et même Sade lui-même n’est pas allé aussi loin. Il n’y a pas un seul personnage féminin dans le livre qui désigne chez Hitler une homosexualité refoulée. On apprend, qu’arrivé à New-York en 1919, Hitler a adhéré à un petit parti radical, les nationaux-socialistes, groupuscule qui disparut en 1923. Hitler n’en parlait pas sauf quand il avait bu (l’Hitler réel était sobre et végétarien). Il rejetait les nazis, les accusait de n’avoir été qu’un pitoyable club de buveurs. Son anticommunisme lui valut des inimitiés au sein du petit monde de la SF jusqu’à ce que la Grande-Bretagne soit envahie en 1948 par l’URSS ce qui décilla les yeux des communistes les plus naïfs. Le fétichisme et le symbolisme du roman d’Hitler expriment ses obsessions maladives mais les éléments politiques sont des créations conscientes. Heldon représente une Allemagne renaissante et Zind l’URSS. Les Doms, pour l’auteur de la postface ne sont pas les Juifs mais les communistes. et le parti universaliste est le parti communiste. Les obsessions génétiques dépassent l’auteur de la postface et il en conclut qu’il représente un groupe réel ou imaginaire que Hitler craignait ou haïssait (la postface ne semble pas suspecter Hitler d’antisémitisme). Il sait que le petit parti nazi était antisémite et suppose que les Doms sont des Juifs mais comme Zind est l’URSS où l’antisémitisme a atteint des sommets (les Soviétiques dans l’histoire alternative ont tué cinq millions de Juifs). L’idée de Doms juifs s’écroule pour l’auteur de la postface qui est un certain Homer Whipple. Le roman anticommuniste de Hitler fait vibrer une corde dans le coeur de tout Etats-unien à l’époque où les Etats-Unis et le Japon sont le seul obstacle à l’hégémonie de l’URSS. Seuls les Zind utilisent l’arme atomique, ce qui ne leur vaut rien. Le roman d’Hitler est donc une catharsis contre la menace communiste. L’URSS occupe l’Europe et l’Afrique et Hitler offre une histoire perverse mais revigorante pour Whipple. Il voit Feric un psychopathe narcissique à tendances obsessionnels paranoïdes. La postface date de 1959 dans un monde uchronique.
14 septembre 2008
Rêve de fer 2
V
Feric ordonne à Bogel de trouver un local pour le parti. Il s’agit d’une maison située en haut d’une montagne (tout comme Berchtesgaden dans la vraie histoire). Bogel a trouvé un pavillon de chasse dont la rusticité plaît à Feric car il va pouvoir tester l’humilité des membres de son parti. Il a posé la Massue de Held sur une grande table de chêne couverte d’un dessus de velours rouge. Les chefs du parti arrivent mais ils font pâle figure face aux chevaliers du svastika. Feric ressent quelque contrariété à la vue des spécimens qu’il va être appelé à diriger. Stopa et les autres hommes crient tous « A Jaggar » (le nom de Feric). Les chefs du parti sont présentés par Bogel à Feric. Manreed Parmerab, historien est le théoricien en titre (ce serait donc Rosenberg dans la vraie histoire). Feric décide de changer le nom du parti en « Fils du svastika ». Tavus Marker (de son métier concepteur publicitaire) trouve l’idée géniale pour la propagande (on peut donc le comparer à Goebbels). Cependant des vois s’élèvent contre le changement du nom du parti mais Feric les impressionne en parlant du svastika et en touchant le Commandeur d’acier. Au lieu de réduire à sa merci les membres du parti, Feric décide qu’il est plus politique d’obtenir de tous, dès le début, l’assurance d’une loyauté inconditionnelle. Cependant, Bluth rétorque que Feric n’a pas été élu chef et il réclame un vote. Feric décide de laisser à Bogel le poste de secrétaire général mais revendique le titre de commandeur sans aucun vote. Il affirme qu’il détient la Massue et donc est le véritable chef de Heldon par droit génétique. Il défie à quiconque de soulever la massue et ses hommes sont matés.
VI
Feric arrive à Walder avec ses hommes en uniforme de cuir brun, accompagné d’une casquette de même couleur à longue visière, ornée des nouvelles armoiries du parti : un aigle partant du bouclier à croix gammée. Les hommes ont des brassards typiquement nazis. Feric est dans une grande voiture noire ornée du drapeau nazi et ses hommes sont en moto. L’uniforme de Feric est de cuir noir, souligné de dorures chromées et de svastikas blancs et noirs. Il porte à sa taille la Grande massue de Held. Les gens de Walder, avertis de son arrivée, se sont regroupés devant leurs maisons pour voir défiler la voiture de Feric. Il devine la puissance de la ville. Il pense que nul ne peut douter que le génotype racial capable d’édifier de telles cités est supérieur à toutes les autres populations du globe. Pour lui, le monde appartient de droit aux Helders. Feric salue la foule en tendant le bras. Le bon peuple comprendrait assez tôt la signification de ce geste. Feric imagine le jour où les défilés du parti envahiront le grand boulevard de Walder dans toute sa longueur, au rythme d’une musique martiale et de chants patriotiques, sous une forêt écarlate de drapeaux du parti. Dans une partie sale de la ville, Feric croit sentir l’odeur des Dominateurs. Le quartier s’appelle Grisville et c’est un repère d’universalistes. Feric pense déjà à les exterminer. Il va prononcer son premier discours accompagné des membres du parti, d’un décorum grandiose et d’un orchestre militaire. Au moins deux mille curieux sont venus y assister. Un cercle de motards fait office de barrière de sécurité et les hommes de Feric font le salut nazi et crient « Vive Jaggar ! ». Feric observe la foule, reste silencieux et fait le salut nazi. Bogel monte sur la plate-forme pour faire un bref discours de présentation. Il termine son allocution par un claquement de talons et le salut du parti aussitôt imité par tous les chevaliers et les dignitaires aux cris de « Vive Jaggar ! ». Alors Feric s’adresse à la foule et prononce un discours raciste. Il parle des esclaves de Zind soumis aux Dominateurs. Il conspue le gouvernement de Heldon. Mais il parle également de conquête totale du monde. Alors un cri irrésistible monte de la foule. Feric a excité le fanatisme des Helders et tout le monde lève le bras. Feric brandit la massue de Held et des murmures montent de la foule quand l’objet est reconnu. La foule est conquise et crie « Vive Jaggar ! ».
VII
Feric a fait louer un étage d’immeuble pour son parti et a imposé la décoration de la façade entière sans pourtant posséder tout l’immeuble. Les six étages ont été peints aux couleurs nazies. Un escadron de chevaliers en uniforme, armés de pistolets et de massues font la garde. Sur le haut de l’immeuble sont installées des mitrailleuses. De l’autre côté du quartier général se trouve un terrain vague entouré d’une barrière électrifiée pour protéger la garnison du parti installée dans des baraques. A grands frais et sur l’insistance de Bogel, on avait fait l’acquisition d’un circuit fermé de télévision pour assister à toutes les émissions publiques et gagner des informations précieuses. La télé publique est entièrement contrôlée par le gouvernement décadent actuel. Feric se voit à la télé, on parle de lui et de ses rassemblements mais de façon négative. En effet, les chevaliers du svastika ont tué des gens dans le quartier de Grisville. Mais Bogel fait remarquer à Feric que cette couverture médiatique leur sert quand même de propagande. Un général de brigade qui a démissionné pour protester contre la lâcheté politique du régime actuel demande à être reçu par Feric. Waffing entre dans le bureau de Feric en criant « Vive Jaggar ! ». Feric rend le salut. Il veut rejoindre le parti car il a obtenu des rapports du Haut commandement et sait qu’il manque à Feric un véritable chef militaire. Il considère que les chevaliers du svastika ne sont pas une véritable armée. Il propose de servir de lien avec l’armée car il pense que les généraux auront plus confiance en lui qu’en Stopa. Mais le Haut commandement ignore tout de sa démarche. Pour ne pas blesser Stopa et ses hommes, Feric nomme Waffing chef de la Sûreté du parti. Puis il va créer un nouveau corps appelé Soldats du svastika qui sera une véritable élite sélectionnée sur sa pureté génétique (on pense que Spinrad évoque les SS). Ainsi, Waffing sera le supérieur des chevaliers et des soldats. Bogel est nommé, haut commandant de la Volonté publique pour formuler les visées du parti. Stopa est investi du titre ambigu de commandant des chevaliers du svastika ce qui le place sous Waffing tout en lui attribuant une place dans le Cercle du svastika. Bors Remler est nommé commandant des Soldats du svastika (c’est donc Himmler). Feric ouvre la première séance plénière du Cercle du svastika. Stopa veut dix mille hommes pour prendre la capitale Heldhime. Waffing pense que c’est une erreur car l’armée les écrasera et Bogel préconise la méthode électorale. Remler refuse d’attendre cinq ans pour que Feric investisse légalement tout le pouvoir. On apprend qu’il a choisi comme symbole de sa troupe deux éclairs (comme les SS). Feric tranche en déclarant qu’il se présentera lui seul pour un siège au Conseil ce qui lui donnera une heure d’antenne à la télévision par semaine au service de sa propagande. Pendant les élections et il organisera des rassemblements de masse. Il veut mener la vie dure aux traditionalistes (les conservateurs) et aux libertariens (les sociaux-démocrates). Il pense que les élections seront un instrument au service de l’accomplissement des buts ultimes du parti. Tout le monde applaudit même Remler. Feric a réussi à remplir le stade de Heldhime contenant 100 000 places pour son 1er meeting. Les drapeaux nazis sont partout. La tribune a été dressée au milieu du stade pour que Feric soit bien vu de partout. 8 000 chevaliers du svastika et 2 000 soldats du svastikas forment une grande croix gammée humaine centrée sur la tribune. Feric a fait installer en haut du stade un svastika dans un grand cercle de feu. Waffing a introduit Feric dans les cercles de la haute économie et l’a présenté aux membres importants du Haut commandement. De nombreux industriels ont versé des fonds au parti. Le meeting est retransmis par la télé. Feric est accueilli par la foule avec frénésie. Il se sent le parti, la volonté raciale et Heldon à lui seul. Feric fait le salut du parti et le souffle du monde entier semble suspendu dans l’attente de ses paroles. Il annonce sa candidature mais crache sur les membres du Conseil et la démocratie. Il harangue la foule avec un discours raciste. Il brandit sa massue et crie « Vive la victoire finale ».
VIII
Feric veut être élu au Conseil qui est dominé par les libertariens mais cela l’arrange pour passer pour un héros solitaire. Il veut faire un dernier meeting dans un quartier réputé pour abriter des Doms car si les universalistes n’annihilent pas le meeting ils perdront tout crédit face à Feric. Pourtant, son convoi est bloqué par une grossière barricade de poutres derrière laquelle se tient une horde de pauvres hères contrôles par les Doms armés de bâtons, de couteaux. On apprend que les universalistes portent l’étoile jaune cerclé qui est leur symbole (contrairement à la vraie histoire ce n’est pas Feric/Hitler qui leur a imposée). Mais Feric fait ouvrir le feu et fait tuer les opposants. Pourtant des universalistes plongent à travers l’écran des motards pour tenter de tuer Feric mais celui-ci les écrase avec sa massue. Après quoi des Doms sont exterminés et le quartier est incendié. Tout à coup un autre révolté tente de tuer Feric avec un couteau mais Feric l’étrangle d’une seule main. On sent chez l’Hitler uchronique un lourd fantasme d puissance physique que l’Hitler réel devait rêver de posséder. Feric pense à la retransmission télévisée de son courage et se dit que ce doit être un extraordinaire spectacle pour les Helders. Pour Feric, les Doms et les universalistes ne sont que du « bétail humain ». On retrouve le lexique de la bête pour décrire les Juifs chez Hitler. Dans l’histoire réelle, Hitler a attendu d’être élu pour commettre ses massacres (en 1938 avec la nuit de cristal). Si Hitler avait commencé comme Feric avant son élection peut-être n’aurait-il pas été choisi comme chancelier. Le massacre se termine par une allocution de Feric suivie de l’hymne du parti : « Le svastika est éternel » écrit par Feric.
IX
Feric est élu au Conseil d’Etat. Il met en scène son arrivée en prenant exprès du retard pour se faire acclamer plus encore. Arrivé dans la salle du Conseil, il juge les conseillers tels des cafards. Le lexique de l’animal obsède donc l’Hitler uchronique. Feric détecte un Dominateur parmi les conseillers, un certain Gelbart qui rassure tout le monde quand le Conseil exige la sortie des SS de Feric. Gelbart propose un vote et tout le monde se calme c’est comme cela que Feric détecte en lui un Dom. Mais finalement il contrôle Gelbart et annonce ses exigences; le traité de Karmak permettant aux mutants et métis de vivre à Heldon doit être abrogé. Les non-Helders doivent être chassés. Les lois raciales doivent être renforcées (comme celles de Nuremberg dans l’histoire réelle en 1935). Feric annonce la création de camp de sélection pour les Helders douteux. Ceux qui ne seront pas purs auront le choix entre l’exil ou la stérilisation. Il annonce que les Doms seront abattus. Enfin, Feric demande au Conseil les pleins pouvoirs pour lui-même. Seul le Dom Gelbart lui résiste. Il lui demande s’il oserait menacer le Conseil d’Etat de la Grande République en lui rappelant qu’un conseiller peut être arrêté pour trahison mais Feric sait que la force de ses hommes le met à l’abri de cette menace. Depuis son élection au Conseil, Feric a installé le quartier général du parti à Heldime près du Palais d’Etat. Trois semaines après les élections, Feric et ses conseillers réfléchissent à la façon de prendre le pouvoir. Bogel suggère une façade légale pour que le Haut-commandement rejoigne Feric. Il faut donc trouver un prétexte officiel. Pendant ce temps, Gelbart a déposé un projet d’ordonnance en vue du désarmement des SS et du licenciement des chevaliers. Arrive Remler qui annonce la fomentation d’un complot contre Feric par Stopa en connivence avec le Conseil d’Etat. Stopa a prévu d’exterminer le Haut-Commandement la nuit où sera passé le décret qui dissout les troupes d’assaut du parti de Feric. Ce qui jettera l’armée dans une guerre civile. Gelbart a promis le commandement de l’armée à Stopa après la fin des hostilités. Feric sait qu’il doit éliminer Stopa mais cela ne l’enchante pas. Il demande à Waffing si les scrupules du Haut-Commandement à l’égard des chevaliers seraient calmés une fois pour toute et si cela lui permettrait d’avoir le pouvoir suprême sans élection. Waffing confirme. Les SS prennent le contrôle du Palais d’Etat. Feric arrive alors au Conseil où les huit autres conseillers ont été ficelés. Il leur déclare qu’ils sont en état d’arrestation à cause de la trahison de Gelbart avec Stopa. Aucun conseiller ne veut croire qu’un Dom est parmi eux, sauf Gelbart évidemment. Feric leur ordonne de lui attribuer les pleins pouvoirs pour prouver qu’ils ne sont pas sous l’influence psychique d’un Dom, dans le cas contraire, ils seraient exécutés. Evidemment ils refusent et Feric tue Gelbart à l’aide de sa massue. Dès lors, tous les conseillers se rangent derrière Feric. Ils signent tous leur lettre de démission. Le nouveau Conseil d’Etat se compose désormais des membres du Cercle du svastika. Une nouvelle constitution sera rédigée et la République abolie. Feric ordonne à Remler de fusiller les conseillers. Il reçoit le maréchal Heermark Forman (on pense à Hindenburg). Il lui apprend que Gelbart et Stopa avaient prévu d’exterminer le Haut-Commandement. Feric a pris le titre de Commandeur suprême du domaine de Heldon. Forman se range derrière lui et lui assure que le Haut-Commandement le suivra. Toutefois Forman avoue que le Haut-Commandement considère comme inacceptable l’existence des chevaliers du svastika et du traître Stopa. Feric s’accorde avec Forman pour éliminer Stopa et ceux qui le suivent (c’est la nuit des longs couteaux et l’assassinat de Röm). Waffing sera ministre de la sécurité et maréchal pour montrer l’étroitesse des relations entre l’armée et la direction suprême (Waffing fait penser à Goering). Feric est ému car le svastika et l’armée sont enfin réunis et il pense pouvoir balayer la terre. Eliminer Stopa et les chefs de ses troupes est une opération difficile car son quartier général est militairement inexpugnable. Pour prendre la place, Feric doit compter sur la puissance de la volonté. Feric décide donc de se présenter en personne devant les gardes du camp de Stopa et réussit à leur faire comprendre la situation. Les deux gardes laissent donc entrer Feric puis les 300 SS qu’il a amenés avec lui. Il règne chez les officiers de Stopa une certaine décadence puisque leur baraquement contient des chopes de bière traînant partout et de femelles du type de celles que les Dominateurs élevaient pour leur propre compte à Zind. On retrouve la décadence de Röm et de ses chefs décrite dans le film « Les Damnés » de Visconti. C’est Feric en personne qui élimine Stopa d’une rafale de mitraillette. Pendant ce temps, Remler a débusqué un Dom de Zind qui avait donc probablement poussé les hommes de Stopa à la trahison. Il est éliminé. L’Empire de Zind se trouve à l’Est, on peut supposer qu’il s’agit de l’URSS.
X
Feric a organisé une grande parade télévisée pour impressionner le monde entier. Bogel a éliminé quelques Doms du Ministère de la volonté publique. Plus rien ne semble arrêter Feric. Sous sa supervision, Best a rédigé une nouvelle constitution donnant tous les pouvoirs au Commandeur suprême. Des camps de sélection ont été installés partout dans Heldon pour anéantir les Doms et stériliser les métis. Mais Feric n’est pas encore prêt pour envahir Zind, il a besoin de quatre mois pour sélectionner des hommes et trouver des munitions pour toutes les nouvelles armes encore en quantité insuffisante. Cependant, Feric apprend que l’armée de Zind a franchi la frontière de Walack et s’enfonce dans les régions septentrionales du pays (Walack est probablement la Pologne). Alors Feric décide de contre-attaquer malgré tout. Il est lui-même présent dans la bataille (ce que n’a pas osé le vrai Hitler). Feric tue lui-même des Walacks, qui sont des mutants et non des humains, avec son commandeur d’acier. L’Hitler uchronique se voit plus puissant et plus héroïque que le vrai. En avançant en territoire Walack, Feric approche des zones irradiées et voit des animaux mutants. Il veut installer des camps de sélection pour épurer génétiquement le pays. Feric se dirige vers le fleuve Roul où se trouve un pont qui a survécu au Temps du feu. Les Zind ne l’ont pas investi car il est infesté de Trolls. Feric rencontre un monstre visqueux qui agite des centaines de tentacules et l’élimine. Le roman de l’Hitler uchronique abonde de descriptions de paysages apocalyptiques et de monstres à la Lovecraft. Le monstre décrit était un Troll. Après avoir franchi un premier pont, Feric le fait détruire par son armée. A présent, les troupes de Waffing combattent les guerriers de Zind à l’avant de Lumb. Les guerriers de Zind sont de hideuses caricatures des formes humaines : plus de trois mètres de haut avec des membres massifs et une tête minuscule. Les créatures sont comme des robots synchronisés par l’influence des Doms. Feric veut abréger la bataille en s’attaquant directement aux cuirassés de commandement des Doms. La description de la bataille est hyperbolique. L’Hitler uchronique décrit Feric et ses hommes comme des héros invincibles et leurs ennemis comme des monstres gluants. Les forces de Feric éliminent les blindés Doms et c’est la débandade. Feric arrive à Lumb et découvre que tout a été détruit par les forces de Zind. Arrivé au fameux pont de Roul, Feric envoie sa troupe de motards plutôt que les chars pour éviter la destruction du pont. Un fourgon de guerre abritant des Doms est abattu et les guerriers de Zind libèrent le pont. Après quoi, Feric décide de le détruire pour bloquer toute l’arrière-garde de la horde. Feric rejoint Waffing pour l’aider à éliminer les troupes Zind en les prenant sur leurs arrières. LA horde Zind, déjà en plein désarroi, se trouve alors prise entre deux grandes de Helders en mouvement. La horde de Zind est détruite.
13 septembre 2008
Rêve de fer I
Rêve de fer (Norman Spinrad)
Si Norman Spinrad n’est pas un baby-boomer, il est incontestablement l’un des premiers porte-parole de cette génération, et sans doute le premier dans le domaine de la science-fiction, où il introduit le rock en 1969 dans le « Le grand flash ». Il a vécu son adolescence dans les années 60 lors de la « révolution sexuelle » et des drogues psychédéliques. Il est donc bien conscient, en tant qu’écrivain, que les années 60, où la musique en générale et le rock en particulier constituent un vecteur pour des idées politiques ou de critique sociale. Le comble pour un auteur juif comme Spinrad est d’écrire un roman signé Adolf Hitler. Il s’agit d’une parodie noire, et d’une violence qui dépasse tout ce que Spinrad a pu écrire auparavant. Le seigneur du Svastika (censé écrit par Hitler dans le roman de Spinrad) a obtenu dans son uchronie le prix Hugo (prix de SF) en 1954. Le livre de Spinrad est donc un livre dans un livre puisque sur la page première se trouve écrit « Adolf Hitler, Le seigneur su svastika ». Dans cette uchronie, le nazisme ne s’est pas imposé en Allemagne en 1933 et Hitler est un écrivain de SF. On apprend qu’Hitler a émigré à New-York en 1919 après une brève incursion dans les milieux radicaux munichois donc aucun putsch raté en 1923. Il mène une existence précaire d’artiste, apprend l’anglais et devient traducteur occasionnel à Greenwich village. Après cela, il devient illustrateur dans des magazines et des revues de bd. Son premier dessin paraît en 1930 dans Amazing, une revue de SF. Spinrad raconte qu’Hitler édite nombre d’anthologies, écrit de savoureuses critiques et publie pendant dix ans une fanzine intitulé Storm. Il meurt en 1953 et reçoit le prix Hugo à titre posthume en 1954. Des conventions de fans s’organisent et les costumes qu’il a imaginés dans ses romans et nouvelles sont les thèmes favoris des bals masqués. Spinrad imagine même une préface au « roman » d’Hitler dans laquelle il écrit « les amateurs de SF du monde entier considèrent « Le seigneur du svastika » comme le plus percutant et le mieux réussi des romans d’Hitler ».
I
Dès le premier chapitre de son « roman » Hitler montre la dichotomie entre les « Borgraviens » (les non aryens) « approximativement humanoïdes » et Feric, l’aryen blond aux yeux bleus, qui apparaît, de la tête aux pieds, comme l’humain « génétiquement pur ». Hitler décrit un paysage nauséabond que Feric doit traverser dont la description ressemble à celle des ghettos dans les pamphlets d’Edouard Drumont. Les Borgraviens « piaillent » selon Hitler, pour lui il sont donc des animaux. Drumont avait utilisé le même terme dans « La France juive ». Dans la capitale du pays imaginé par Hitler, Gormand, « Les épidermes de la populace composent une palette démente de mutations et de métissage ». Spinrad dénonce dans les premières pages du « roman » d’Hitler la démence raciste de celui-ci. Parmi les Borgraviens, mélanges de toutes races métissées se trouvent les « dominateurs » ce sont les Juifs. Quand Feric en rencontre un, il éprouve « un flottement », une « émanation psychique ». Il s’agit donc bien du rejet inhérent à Hitler pour les Juifs. Hitler parlant des Dominateurs dans la ville utilise le mot « contamination ». Le lexique de la maladie pour décrire les Juifs avait également été utilisé par Drumont et consorts. Le pays des Aryens est dénommé « La Grande République de Heldon » où même les chênes majestueux sont « génétiquement purs ». Heldon est la vision démente de l’Allemagne décrite par Hitler dans Mein Kampf. « Une forêt d’hommes génétiquement purs ». Evidemment les couleurs de la République de Heldon sont celles du drapeau nazi, noir, rouge et blanc. On apprend qu’il existe des lois sur la pureté raciale comme les lois de Nuremberg de 1935. Hitler raconte qu’un Borgravien tente de passer les tests raciaux pour être admis à Heldon mais son apparence humaine ne suffit pas car son « vernis génétique est gâté par l’âcre odeur chimique qu’exhale sa peau ». On en revient aux stéréotypes antisémites d’Hitler et de Drumont sur la prétendue odeur des Juifs. Hitler évoque le traité de Karmak qui a obligé Heldon à ouvrir ses frontières, mais uniquement aux humains certifiables. A la douane, il y a une sélection (comme dans les camps de concentration) entre ceux qui pourront entrer à Heldon et les autres qui seront refoulés. Feric, né en Borgravie, où son père a été banni pour de prétendus crimes de guerre. Hitler prétend que la proximité de la Borgravie a déteint sur la pureté raciale des douaniers helders qui montrent un certain laisser aller, ce qui déçoit Feric. Feric est obligé d’effectuer les démarches pour entrer à Heldon. Il apprend au douanier que son père Heermaak Jaggar occupa le poste de sous-secrétaire d’Etat à l’évolution génétique pendant la grande-guerre. (On pense que Spinrad a créé un Hitler romancier influencé et inspiré par la 1ère guerre mondiale). Feric est obligé de passer les tests et parmi les hommes qui se chargent de son cas il est révulsé en découvrant un secrétaire qu’il prend pour un Dom (Dominateur). Il le croit car l’homme à une « certaine lueur corrosive dans l’oeil, une subtile fortuité dans l’attitude ». La Grande République d’Heldon n’aurait donc pas été entièrement « épurée » dans la fiction d’Hitler ? Feric a donc la capacité de détecter un Dom et peu importait les subtilités de sa méthode. Tout devient clair, pour Feric, les douaniers sont prisonniers du champ du champ de dominance du secrétaire ! Feric doit souffler dans un ballon bleu traité chimiquement pour devenir vert si le candidat est bien un humain. Il doit ensuite expectorer dans une fiole de verre pour que sa salive soit analysée chimiquement. La salive est déclarée positive à 100% Puis Feric prend dans sa paume deux électrodes d’un psychomètre qui doit détecter les Doms. Mais il est impossible de savoir avec certitude si les Doms ne contrôlent pas consciemment leur décharges psychiques pour réussir le test (on pense à la « malignité des Juifs » dénoncée par Drumont au début de « La France Juive ». Feric réussit également ce test. Le secrétaire dominateur lui délivre son certificat de citoyen de la Grande République d’Heldon. Feric est outré par la pauvreté des tests et pense que la canaille pourrait les réussir. Alors il dénoncé aux médecins qui l’ont testé le secrétaire comme un Dom mais il n’est pas cru. Enfin Feric reçoit le certificat des mains d’un ancien militaire de la Grande guerre qui lui dit que sans le certificat il ne pourra se marier et que des commerçants pourront refuser sa clientèle. Malgré cela, Feric ne pourra se marier ou procréer sans la permission écrite du ministère de la Pureté génétique sous peine de mort. Sur son certificat, Feric découvre des svastikas rouge et noir, il s’agit donc bien d’une République nazie pour Hitler.
II
Pour Feric, le spectacle de Heldon était en somme tout ce qui comptait réellement sur terre : la Grande République de Heldon, où se jouait l’avenir de l’humanité pure, en admettant que le pur génotype humain eût un avenir car les pays frontaliers comportent une majorité de métis et de mutants et détiennent le pouvoir politique (c’est le fameux complot judéo-maçonnique international auquel Spinrad doit penser). Si le monde devait un jour redevenir génétiquement pur, il faudrait que ce soit par la force des armes Helder (on pense au concept de guerre totale lancée par Hitler en 1943).
Adolescent en Borgravie, Feric est devenu expert en mécanismes de motivation, science des slogans, technique de design extérieur et intérieur et intérieur et l’art du pamphlet. Feric a une vision d’horreur, il découvre des piétons mutants à Heldon. Les mutants ont des laissez-passer pour effectuer des travaux indignes pour les hommes purs. Feric pense que cette doctrine insidieuse universaliste est le fait des Doms. Les universalistes prônent l’élevage d’esclave abêtis chargés des basses besognes. Feric arrive dans la ville d’Ulmgarn. Il voit une ville bâtie par des hommes purs pour la première fois de sa vie. Il fait la comparaison avec Gormand dans une sorte d’hyperbole : d’un côté une aura de santé génétique et somatique, de l’autre la crasse et la puanteur. Feric se rend dans une grande taverne, « Le Nid d’aigle » (référence de Spinrad à la résidence d’Hitler dans les montagnes dans les années 1930/40). L’attention des hommes est fixée sur un mince et vif personnage vêtu d’une tunique verte, perché sur le bord d’une table en train d’harranguer un petit groupe (là encore Spinrad joue avec l’histoire en décrivant le Hitler de Munich en 1923). Feric commande une salade car il s’abstient de viande aussi souvent que possible (on se souvient qu’Hitler était végétarien). Le petit homme qui s’exclame sur la table s’appelle Bogel. Il est décrit comme un « intellectuel sarcastique ». Bogel parle du Parti de la Renaissance Humaine. Pourtant Hitler (version Spinrad) affirme : « De toute évidence, ce Bogel, pourtant doté d’un esprit vif, n’avait pas l’art d’entraîner les hommes par le seul jeu de son éloquence ». C’est donc un aveu de l’Hitler romancier uchronique de son échec en tant que politicien en Allemagne. Il est question d’extermination dans l’esprit de l’Hitler uchronique puisqu’il fait dire à Bogel : « Des hommes purs tels que nous ne pourront jamais se faire entière confiance tant qu’un seul misérable Dom vivra sur le territoire de Heldon ». Bogel et son Parti de la Renaissance Humaine qui insulte le gouvernement helder ressemble bien à l’Hitler réel et son NSDAP de 1923. Spinrad n’est jamais ambigu. Feric se lève et affirme à Bogel que lui n’est pas un flemmard prêt à laisser les sales besognes aux mutants, il est prêt à éventrer les Doms. Il est plus violent que Bogel. Il est acclamé par les hommes qui l’entourent. Alors Feric dénonce le secrétaire de la douane comme Dom et incite les hommes à le tuer. Alors Feric, Bogel et tous les hommes excités sortent de la taverne. Feric réalise que les hommes l’écoutent et lui obéissent même Bogel est fasciné. Feric serait donc le vrai Hitler et Bogel serait plutôt Dietrich Ecardt le fondateur du NSDAP. Feric et ses hommes se rendent au poste-frontière et il saisit Mork (le secrétaire). Celui-ci avoue sa qualité de Dom en traitant les Helders d’animaux. Alors il est lynché et tué par les hommes de Feric. Les douaniers se sentent libérés de l’emprise de Mork et remercient Feric. Les Doms, selon l’Hitler uchronique ont donc des pouvoirs psychiques sur les Helders. Spinrad s’est sans doute inspiré de la propagande antisémite de Goebbels pour inventer ce pouvoir. Incontestablement, Feric a le discours du vrai Hitler quand il harangue ses hommes : « Noyons tous les Dominateurs et les métis dans un océan de sang ! ».
III
Bogel invite Feric à l’Auberge de la Forêt. Il lui demande de se présenter et ce qu’il souhaite. Feric est habité par la certitude d’avoir été choisi entre tous par le destin afin de réaliser le triomphe final d’Heldom. Bogel lui propose le poste de secrétaire général de son parti. Il avoue que son parti ne contient que trois cents membres. Feric accepte de devenir le chef du parti de Bogel et décide de se rendre à Walder, le deuxième ville du pays.
Dans le paquebus qui les conduits à Walder, Bogel montre à Feric une voiture qui roule sur la route à pleine vitesse. Feric n’en avait jamais vu mais il sait qu’elle roule avec un carburant cher que les Helders doivent acheter aux immondes habitants de Zind. Feric rêve d’envahir Zind pour pouvoir offrir du pétrole et des voitures à tous les Helders (allusion de Spinrad aux fameuses volkswagen promises aux Allemands par Hitler). Les deux hommes parcourent la forêt d’émeraude, la légende dit que le royaume d’Heldom y est né (la nature était exaltée par les nazis et leurs prédécesseurs les volkish et les aryosophistes). On apprend qu’un guerre appelée « Le Feu » a au lieu. En quelques journées d’holocauste, des siècles auparavant, avaient provoqué les principaux maux qui dévastaient toujours le monde : la contamination génétique de la race humaine, les vastes déserts radioactifs, l’existence des Doms fétides. La voiture que Feric et Bogel avaient vue a été attaquée par des voleurs d’essence : les vengeurs noirs qui roulent à moto. Les motos des vengeurs noirs sont couvertes de svastikas. Eux-mêmes portent une cape brodée de svastika et des vêtements de cuir noir et brun (on pense aux SS ou à la gestapo). Alors le paquebus est obligé de s’arrêter. Les vengeurs entrent dans le vapeur et Feric les admire surtout leur chef, Stopa dont il voudrait bien pour meneur d’hommes. Stopa affirme haïr et tuer les mutants et les Doms par patriotisme. Bogel est blanc comme un linge mais Feric défie Stopa, il le domine psychologiquement puis se présente. Stopa lui ordonne pourtant de lui laisser son argent mais Feric le défie au combat. Alors Stopa lui propose d’être initié parmi les vengeurs.
IV
Stoppa et ses hommes emmènent Feric et Bogel avec eux jusqu’à leur camp dans la forêt. Bogel est terrorisé et Feric lui décoche un regard noir. Il pense qu’il a besoin de davantage de plomb dans la cervelle. Les vengeurs préparent un rituel d’initiation. Ils ornent le camp de multiples torches hautes de trois mètres. Ainsi le centre du camp des vengeurs n’est plus qu’un cercle incandescent qui lancent des langues de flammes dans les profondeurs de la forêt. Pour être initiés Feric et Bogel doivent survivre à l’épreuve de l’eau, l’épreuve du feu et l’épreuve du fer. Feric et Bogel doivent d’abord réussir à boire entièrement un récipient énorme empli de bière sans reprendre leur souffle sinon Stopa leur tire une balle dans la tête. Feric défie Stoppa en lui demandant de subir à son tour l’épreuve de la bière et il y arrive. Feric doit ensuite subir l’épreuve du feu. Il doit traverser à moto deux rangées de flammes séparées seulement d’un mètre. Il émerge roussi mais indemne après cette épreuve. Il défie encore Stopa en lui demandant de repasser le parcours de flamme avec lui, ils réussissent tous les deux. Feric subit la dernière épreuve, celle du fer. Il doit se battre jusqu’à la mort contre Stopa avec une massue. La massue de Feric ne peut rivaliser ni en taille ni en poids avec celle de son adversaire donc le combat semble inégal. Des vengeurs apportent la Grande Massue de Held, le sceptre perdu du pouvoir royal, le Commandeur d’acier. Elle comprend l’emblème du svastika, noir sur fond blanc autour d’un cercle cramoisi. Feric comprend que cette arme n’était pas une légende mais le reste des temps anciens. Stal Held avait fait forger cette arme par une communauté de sorciers captifs, selon la légende, avec laquelle il avait assassiné les créatures ennemies de l’homme. L’alliage dans lequel l’arme avait été forgée lui donnait le poids d’un taureau géant : aucun homme ordinaire ne pouvait la remuer, encore moins la porter. Comme la légende de la lance de Longinus (sensée donner le pouvoir absolu à celui qui la possédait) soulever la grande massue signifiait conquérir, au sens premier du terme, le droit historique à régenter tout Heldon. Au cours du combat entre Stopa et Feric, Stopa arrive à briser en deux la massue de Feric. Il parvient à désarmer son adversaire après lui avoir fait perdre l’équilibre. Mais Feric arrive à rouler jusqu’à la massue légendaire, le commandeur d’acier, s’en empare et brise la massue de Stopa. Alors, Stopa tombe à genoux, les yeux baissés, la tête inclinée et les autres vengeurs l’imitent. Feric trouve la légendaire massue aussi légère qu’une badine et en lui revivent les gènes de la maison royale de Heldon. Dès lors, il pense être de plein droit le chef de Heldon. Il pense que son destin est d’éliminer les Doms et d’exiger ensuite jusqu’au dernier pouce de terre habitable pour le vrai génotype humain. Feric voit Stopa lui faire allégeance en baisant le svastika de la massue légendaire et tous les autres l’imitent. Bogel est exempté du rituel d’initiation. Les vengeurs sont comparés par Spinrad aux SA de Hitler. Les SA sont dans « Rêve de fer » baptisés les « Chevaliers su svastika ». Feric lève son bras à l’horizontal reproduisant ainsi le salut de la Maison royale et crie « vive la victoire » (ce qui n’est autre que le Zieg Heil d’Hitler).
08 septembre 2008
Le voyageur imprudent 2
Deuxième partie
Le voyage entomologique
Pierre est parti le 6 juin 1942 pour arriver à la même heure du même jour en l’an 100 000. Il tombe sur une vache pourvue d’un immense sein. Les constructions sont des rangées de cônes gris de 400 mètres. Pierre se retrouve en face d’un homme nu puis d’autres également nus. Ils n’ont pas de sexe ni d’anus. Leur poitrine s’est développée vers le bas, ils n’ont plus de tripes ! Ils mesurent 1 m 60 ou un peu plus. Ils n’ont pas de cheveux. Leur bouche n’est qu’un trou sans dents. Sans sexe et sans estomac, les hommes méritent le paradis car ils n’ont plus d’occasions de pécher. Pierre crie à l’oreille d’un des hommes mais celui-ci ne réagit pas. Il le touche alors mais l’homme ne réagit pas non plus. C’est alors que tous les hommes le voient et partent en hurlant. Des cônes, Pierre voit sortir des individus deux fois plus grands que lui. Ils sont nus eux aussi. Ils n’ont pas de tripes ni de sexe. Leurs mains n’ont que deux doigts et un pouce. Deux trous remplacent leur nez et leurs oreilles se sont résorbées. Les monstres tuent les vaches et les bergers qui n’ont pas eu le temps de fuir. Pierre réalise que les traditions de la guerre se sont conservées et qu’il est à l’origine de ce carnage. Un monstre plus petit que les autres a quatre touffes de poils blancs en forme d’étoiles sur ses avant-bras, il semble être le chef. Pierre suit les hommes dans leurs cônes qui sont éclairés par des champignons phosphorescents. Les bergers conduisent les vaches vers une sorte de visage humain, plat comme une crêpe, sans crâne ni cou qui tête les vaches. De part et d’autre de son ventre pend des jambes et des bras mous. Pierre ne voit pas de fumier, il en conclut que les gros visages n’ont pas d’anus et l’assimilation sans déchets remplace la digestion. Saint-Menoux voit trois hommes sur un genre de kiosque à musique. Une de ces trois créatures a des oreilles larges, la deuxième possède un nez en olifant. Du crâne de la troisième partent trois tentacules terminés par une protubérance blanchâtre, c’est oeil. Malgré les déformations de leurs visages, ils gardent une apparence humaine. Ils doivent être chargés de déceler tout ce qui se passe d’anormal. Dans la salle supérieur, Pierre découvre une lumière ardente à cause de champignons rouges qui courent les murs. Des hommes-ventres sont munis de mains à crocs et d’une gueule de requin qui dévorent des cochons. A l’étage au-dessus se trouvent d’autres hommes-ventres, nourris de fruits. La quatrième salle est éclairée par des champignons couleur d’or. Au centre se trouve une grande cuve de terre. Des cultivateurs y jette une seule grappe de raisin. Le jus fermenté coule dans la bouche d’autres hommes-ventres. Au sommet d’un cône se trouve un autre trio de monstres qui surveille la campagne. Pierre filme ce qu’il voit. Pierre revient chez Essaillon et retrouve Annette qu’il prend dans ses bras. Il poursuit son rapport. Il déclare qu’à partir de 2052 l’électricité a disparu et neuf hommes sur dix meurent. Les survivants disposent d’une force nouvelle issue de leur cerveau. Le premier homme à s’en servir s’appelle Fortuné, il commande aux hommes et aux animaux sans parler, il a asservi tout le village. En l’an 3110, le roi Honoré III, 45è successeur du patriarche François fit comparaître Fortuné et le condamna à être brûlé mais ce dernier survécu aux flammes et s’installa sur le trône. Une fois roi, il voulut le bonheur de tous et chercha quelques cerveaux puissants pour constituer une sorte d’accumulateur d’énergie mentale, le bren-treuste. La multitude des hommes subit sa volonté. Il devint le maître de l’humanité. Les hommes perdent ensuite leur individualité. Ils deviennent malgré eux les serviteurs de la cité qu’ils commandaient. Leur nombre augmente ainsi que leur puissance collective mais leur pouvoir personnel est nul. La force nouvelle a fixé à chaque homme une tâche précise et a modifié son corps. Elle a diminué la puissance de ses sens pour éviter toute douleur et toute sensation inutile au fonctionnement de la cité. L’homme est devenu peu à peu la cellule d’un corps social parfait. Il ne connaît ni la souffrance ni le regret ni l’envie. La population s’est multipliée. Les montagnes ont été rasées, les océans comblés, les fleuves enterrés et les terres nivelées. Les ruisseaux et les fleuves courent à l’intérieur du globe. Des canaux irriguent par-dessous les prés et transportent les chaleurs vers les pôles et l’hémisphère menacé par l’hiver. Il n’y a plus d’oisif. Chacun travaille pour tous. L’homme nouveau ne pratique pas la culture. Il a détruit les végétaux, les oiseaux, les poissons, tous les animaux dont il a renoncé à se servir. Il ne reste plus que des porcs et des vaches. L’énergie collective a permis la construction des cônes sans outil. Les mains des ouvriers sont devenus des bêches fouisseuses. L’érosion humaine a mis 11 000 ans à raser les Alpes, le dernier chiendent a été arraché en l’an 98 000. Les ouvriers du sous-sol n’ont pas des poumons ni de tube digestif ou de sexe. Ils ne craignent pas le feu. L société de l’an 100 000 est régie par une justice inexorable. L’individualisme n’existe plus mais l’inégalité reste entre ceux qui travaillent sans manger et ceux qui mangent sans travailler. Les guerriers n’ont plus grand chose à exterminer, ils passent leur temps à dormir debout dans d’immenses salles souterraines. Les guerriers et les cultivateurs respirent, les hommes-ventres digèrent, les trios d’alerte sentent, voient et écoutent pour tous. Pierre ne sait pas comment se transmet de l’un a l’autre le profit des digestions, respirations ou sensations. Il suppose que ce qui leur reste de cerveau est directement irrigué par le flux collectif. Il ne sait pas comment les hommes nouveaux se reproduisent. Il ne sait pas s’ils sont heureux et connaissent l’amour. A chaque retour, Pierre profite de la beauté d’Annette. Il l’aime pour ce qu’elle est et pour tout ce qu’il ne trouve plus dans la cité future. Il attend d’avoir terminé son étude de la civilisation avancée pour se déclarer officiellement. Barjavel fait preuve de misogynie quand il fait dire à Pierre qui cherche les femmes dans la cité future que pour lui les tâches qui leur son propres sont le ménage, la cuisine, les soins des enfants. Pierre découvre des êtres petits mais qui ressemblent aux humains du XXè siècle même s’ils n’ont pas de sexe. Ils se dirigent vers une montagne artificielle pour regarder des images de femmes et les traverser. Pierre découvre dans une immense coupole de la montagne une masse gigantesque vivante. Un être démesuré, demi-sphérique avec la peau rose et douce. Le monstre étend un court appendice terminé par une bouche molle dans chaque couloir. Lorsqu’un des hommes minuscules arrive en courant, la bouche s’ouvre et l’engloutit. La foule impatiente ne doit pas connaître la mort qui l’attend et le piège affreux vers lequel l’attire le mirage. L’être-montagne c’est la femelle et les petits hommes sont les mâles. Le monstre ne les mange pas mais s’en sert pour fabriquer les ouvriers, les guerriers et les bergers. Barjavel se reprend alors sur la misogynie en faisant dire à Pierre : « Nous ne donnons à la femme que pour nous reprendre aussitôt. Nous sommes pleins de calculs et d’arrière-pensées. Après une seconde d’abandon, nous nous rétractions dans notre cuirasse de suffisance et d’égoïsme ». Alors que les petits hommes se donnent entièrement pour la procréation. Ils se sacrifient. De cette union parfaite naissent des enfants adultes qui servent à ce qu’ils ont à faire. Le mirage à mille visages de femmes qui attire les petits mâles vers la femme unique est peut-être le seul trait commun entre leurs amours et les nôtres. A son retour, Pierre se dit qu’il pourrait se retrouver avec Annette afin de se perdre encore. Annette est troublée par la femme future. Elle l’imagine en train d’absorber une grande quantité de mâles. Essaillon travaille toujours à son essai sur l’évolution de l’espèce humaine. Mais il veut accompagner Pierre pour son prochain voyage. Il veut savoir qui pense dans la cité future. Avant de partir Essaillon a rasé sa longue barbe pour ne pas être gêné dans le scaphandre. Essaillon découvre tout ce dont Pierre lui a parlé, les « femmes », les guerriers, les bergers... Pour trouver des êtres pensants Essaillon a apporté des photos des grandes universités et des grandes écoles. Avec Pierre, il se concentre sur elles. Ils se retrouvent dans une grande salle voûtée où règne une chaleur extrême. Le trio d’alerte garde la salle. Elle contient une cinquantaine de niches demi-cylindriques dans lesquelles se trouvent une pile d’objets en forme de cylindre aplatis légèrement lumineux. Quand un objet s’éteint un homme démolit la colonne pour l’en retirer et sort en l’emportant. Un autre homme arrive avec un objet brillant neuf et rétablit la pile. Essaillon pense que ce sont des cerveaux. Les cerveaux sont emballés dans une méninge transparente percée de deux rangées de trous ronds qui se croisent en forme de X. Essaillon croit que c’est le signe de Polytechnique qui qualifie les purs cerveaux. En se promenant, Essaillon et Pierre voient des hommes nains portant des cadavres. Les croque-morts jettent les corps dans un puits. Essaillon veut voir une femelle et la toucher. Puis il veut la tuer pour voir comment l’humanité nouvelle se débarrasse du corps. Pierre est effrayé, il dit que c’est un assassinat mais pour Essaillon ce n’est qu’une expérience scientifique. Alors le vieux savant coupe lui-même le cou de la femelle. Il n’y a pas de sang. Pierre veut voir la femelle sous toutes les coutures pour savoir ce qui va se passer et laisse Essaillon seul. A son retour, il le trouve inanimé. Il a été assommé par l’énergie collective Pierre arrive à le réveiller avec peine. Il apprend à Essaillon que la femelle continue d’accoucher, elle n’est pas morte. Essaillon n’est pas étonné et lance cette remarque misogyne : « Déjà, de notre temps, la tête était bien la partie de leurs corps dont les femmes avaient le moins besoin pour vivre ! » Les deux hommes repartent en 1942. Mais Essaillon a un accident, il est coupé en deux. Annette en le voyant ainsi s’évanouit. Pierre a enterré son maître dans le jardin. Il a dû nettoyer le laboratoire avec Philomène. Pierre considère que le suppression de la digestion représente un progrès considérable dans l’humanité nouvelle. Essaillon est mort car son scaphandre a craqué quand il s’est penché pour sectionner la tête de la femelle. Pierre regrette de n’avoir rien vu. Il est retourné en l’an 100 000 et a jeté la partie du corps de son maître, qui était restée là, dans le trou à cadavre. Pierre est convaincu qu’il existe une ceinture de cerveaux qui entoure le globe. Ils fabriquent l’énergie nouvelle et la répandent sur la terre entière, reçoivent les sensations et donnent les ordres. Tout cela est automatique. Il ne s’agit point de pensée mais de réflexe. A son retour Pierre s’occupe d’Annette qui est dans le chagrin. Il se rappelle de la résurrection de Philomène et pense faire de même avec Essaillon.. Le savant est donc ressuscité. Philomène ne l’accepte pas et pense qu’eux deux sont condamnés à l’enfer s’il n’accepte pas leur mort. Essaillon tombe malade. Le médecin lui dit qu’il ne passera pas la semaine. Alors Essaillon accepte de mourir car il pense que Dieu le veut ainsi. Il a laissé un testament sur son lit. Il a voulu retourner en l’an 100 000 pour accepter son accident et sa première mort. Il interdit à Pierre de révéler aux humains l’existence de la noëlite que seule Annette sait fabriquer. Il laisse sa barbe en souvenir de son corps périssable. Philomène, elle aussi, a décidé de mourir. Pour se consoler, Annette a pris des pilules pour retourner voir son père dans le passé. Puis habituée à la disposition de son père, elle ne quitte plus le présent car elle aime Pierre.
Troisième partie
L’imprudence
Fin 1942, Pierre arrive à bout de l’argent que le savant avait mis à sa disposition. Il a quitté le lycée sans demander de congés et a été rayé des cadres. Après la première mort du savant, il a regagné sa chambre du boulevard Saint-Jacques. A cause de Michelet qui le harcèle, Pierre veut déménager mais en vain. Alors il pousse sa logeuse à chasser Michelet mais elle refuse car il paye bien. Alors Pierre donne des leçons à domicile pour ne pas être dérangé par Michelet. grâce à une voisine, il bénéficie d’une carte d’alimentation et peut se nourrir pendant quelque temps. Il voit de moins en moins Annette car il est accaparé par ses leçons. Pour sortir de la misère il veut aller dans le passé pour voler de l’argent. Il part en 1890. Il arrive chez la belle Suzanne et son amant le baron du bois de l’orme. Suzanne s’évanouit et Pierre en profite pour lui voler ses bijoux. Il disparaît à l’arrivée de la police. Pierre se réjouit du bonheur affiché par les gens de cette époque. Mais il est vite déçu par la superficialité des bourgeois et la misère des ouvriers. Pierre se rend alors dans une grande banque et vole des pièces d’or devant le caissier qui le braque avec un pistolet mais Saint-Menoux disparaît encore et le caissier se tire une balle dans la tête pour échapper au déshonneur. Le soir même, Pierre se rend à l’opéra pour voir Faust. Il en profite pour voler les bourgeois situés dans les loges et crée la panique. Il est pris pour le diable quand il disparaît. Après quelques expéditions semblables, Pierre a assuré son avenir. En mars 1943, Pierre pense à son mariage avec Annette. Il se dit qu’il serait drôle de l’amener en 1890 en voyage de noces. Chez un bouquiniste, il trouve un vieux livre intitulé « Le mystère du diable vert ». C’est l’histoire de ses apparitions en 1890. Alors il se rend à la Bibliothèque nationale et trouve 600 ouvrages consacrés au diable vert. Des journalistes, des savants et des médecins ont cherché à élucider le mystère de ses apparitions. Les uns parlent de la franc-maçonnerie, de magie noire les autres de bandes organisées. Il s’est taillé dans la tradition populaire une place plus grande que celle du croquemitaine. Mais Pierre est suffoquée quand il lit dans La Revue des mathématiques, un article intitulé : « De la progression géométrique dans l’hallucination collective et la renommée : le cas du diable vert ». Cet article est signé de lui et date de 1938. Il se souvient avoir écrit un article sur « le nombre trois » dans cette revue mais son article a disparu au profit du diable vert. En se rendant chez Annette, il réfléchit à ce qu’il a fait en 1980 pour changer le cours du temps. Il se résout à une nouvelle expérience. Il fait photographier page par page, à la Bibliothèque nationale, un ouvrage du chanoine Chamayou de l’Académie française sur le diable vert. Il en fait tirer deux jeux dont un qu’il cache dans le coffre à Noëlite d’Essaillon et un qu’il garde chez lui. Une rencontre avec Michelet détermine la direction du nouveau voyage que Saint-Menoux entreprend le jour même. Il veut dévaliser un bijoutier de la rue de la paix pour voir si ce nouvel exploit sera consigné dans le livre du chanoine. Mais son inconscient l’emmène au mariage des parents de Michelet puis à la bijouterie, il est victime d’une catastrophe. Un diamantaire Sud-africain lui donne un coup de couteau dans le ventre. Son scaphandre est déchiré et il doit le réparer pour repartir pour ne pas mourir comme Essaillon. Mais dans sa fuite, le diamantaire le poursuit. Il est poursuivi par la foule et s’empare d’un fiacre pour fuir. Pierre ne sait pas conduire et a un accident. Le diamantaire récupère son bien et s’en va car l’affaire ne l’intéresse plus. A son réveil, Pierre se retrouve sur la couche d’une cellule sans son scaphandre et avec une camisole de force. Annette est inquiète, elle attend en vain le retour de Pierre. Elle est avec Catherine, la nièce de Philomène qui est venue pour obéir au dernier voeu de sa tante. Elle passe une nuit terrible puis à son réveil elle pense à réparer la combinaison de son père pour aller chercher Pierre. Mais elle ne sait pas quel jour de 1890 Pierre est parti.
Les agents de la force publique sont stupéfaits par les papiers et le journal daté de 1943 qu’ils ont trouvés sur Pierre. Son livret militaire prouve qu’il est né en 1910 et qu’il s’est battu contre l’Allemagne en 1939 ! Le juge d’instruction, M. Vigne se dit que Pierre est un génie et un fou pour posséder de tels papiers. Quand le juge l’interroge, Pierre accepte de tout expliquer si on lui laisse faire une démonstration avec son scaphandre. Hélas, Vigne refuse et appuie lui-même sur une commande du scaphandre et le fait disparaître dans le temps. Le scaphandre est arrivé en 1943 chez Annette. Cela permet à Annette de savoir à quelle époque précise se trouve son fiancé. Alors elle répare le scaphandre de Pierre, revêt celui de son père et part sauver son amoureux. Pierre se croit prisonnier en 1890 et pleure Annette. Mais heureusement Annette a réussi à le retrouver et à le délivrer. Malgré les restrictions de 1943, Pierre est tout heureux de revenir à son époque. De retour chez lui, il remarque l’absence de Michelet. Sa logeuse lui apprend qu’il n’y a jamais eu de M. Michelet dans l’immeuble. Alors le souvenir même de son ancien voisin disparaît de sa mémoire comme s’il n’avait jamais existé. Dans les copies du livre du chanoine, Pierre découvre deux nouveaux chapitres suite à cette dernière aventure. Le juge Vigne s’est suicidé, le Garde des sceaux a démissionné et il y a eu une crise ministérielle. L’autre chapitre relate le mariage de Michelet à la mairie du IIè. La fiancée est tombée malade et a associé son ancien futur mari avec le diable vert et n’a jamais voulu se marier. Pierre se souvient alors de Michelet et réalise qu’il n’a jamais existé. Mais le bâtiment que l’architecte a dessiné est toujours devant chez Pierre et il trouve cela illogique. C’est un autre nom d’architecte qui est inscrit sur l’immeuble, Alexandre Jaretier. Ainsi le même bâtiment avait trouvé pour le construire un autre architecte. Alors si Eiffel avait succombé en bas âge, Paris n’en posséderait pas moins sa tour Tartempion. Pierre se rend compte qu’il n’a rien changé au visage du monde et se sent humilié. Le destin de chaque individu est peut-être susceptible de modification mais celui de l’humanité reste inexorable. Les catastrophes ne peuvent être évitées alors le dessein d’Essaillon de travailler au bonheur de tous s’avère vain. Annette propose le mariage à Pierre car elle a eu peur de le perdre. Pierre emménage alors chez elle. Pourtant il n’est pas entièrement heureux chez Annette, il veut repartir dans le temps mais la jeune fille a enfermé les scaphandres à clef. une semaine avant le mariage, Pierre avoue à Annette qu’il veut trouver dans le cours des siècles les causes des grands malheurs des hommes. Il veut repartir une dernière fois et Annette accepte. Il part pour Toulon, le 12 juillet 1793. Pierre veut tuer Bonaparte. Pierre se demande ce que deviendra l’Histoire si Bonaparte est tué à Toulon en 1793. Il se pose la question depuis des semaines. Il veut la résoudre avant de se consacrer à Annette. Si un autre empereur des Français surgit de l’armée et livre les mêmes guerres, ce sera la preuve que les hommes ne sont pas libres mais qu’une fatalité effrayante les conduits sur une route de sang tracée de toute l’éternité et qu’il est vain de les détourner. Si c’est le cas, Pierre se construira avec Annette un petit paradis en une époque abritée des révolutions. Pierre tire mais tue un soldat et non Bonaparte. C’est raté et il retourne à l’invisible. Pierre a tué le soldat qui s’appelle Durdat et il se trouve que c’est le nom de sa mère ! Pierre vient de tuer le grand-père de son grand-père ! Pourtant on retrouve Pierre en 1943. Il se marie avec Annette dans le XIIIè arrondissement. Il lui fait visiter son ancienne chambre. Mais en 1793, l’aeuil de Pierre a bien succombé à ses blessures et Saint-Menoux disparaît. Annette n’a jamais connu Pierre et son père n’a pas pu aboutir ses recherches.
Le voyageur imprudent 1
Le voyageur imprudent (Barjavel)
1ère partie
L’apprentissage
C’est la guerre. Le sergent Masté a découvert un soldat mort tué par le froid. Le caporal d’échelon Pierre Saint-Menoux est responsable des dix-sept conducteurs de la compagnie de mitrailleuses. Dans la vie, il enseigne les mathématiques au lycée Philippe Auguste. Il discute avec le caporal Crédent qui le dégoûte avec son café mélangé avec su vin. Crédent est le cuistot. Crédent a dû charger une petite carriole de victuailles et d’archives du sergent-comptable. L’équipage doit gagner la gare Tremplin-Le-Haut pour s’y embarquer. Mais Pilastre arrive avec ses deux chevaux et renverse la carriole de victuailles. Ainsi les chasseurs pyrénéens s’embarquent sans soupe ni café. Depuis des semaines, Saint-Menoux vit dehors. Il a oublié comment se comportent les hommes dans les maisons. Il est accueilli par Noël Essaillon et sa fille Annette qui a juste quinze ans. Essaillon a répondu à Saint-Menoux dans la Revue des mathématiques en 1939. C’est l’homme que Saint-Menoux désirait le plus rencontrer. Essaillon est physicien et chimiste. Il a fabriqué une substance qui lui permet de disposer du temps à sa guise et les travaux de Saint-Menoux lui ont permis d’avancer. Pour Essaillon, l’univers n’est pas limité par le temps et l’espace et dispose de toutes les dimensions.. Il a travaille sur le temps pendant vingt ans. Il tend à Saint-Menoux une boîte plate comportant des petites sphères de couleurs variées couchées sur un lit de coton. Les sphères sont des pilules qui peuvent rajeunir quelqu’un d’une heure, d’un jour, d’une semaine ou d’un an. Essaillon sort une deuxième boîte de sa poche. Elle contient d’autres pilules. Elles produisent l’effet contraire. Elles accélèrent l’avance vers l’avenir. Saint-Menoux est invité à tente l’expérience et il s’y prête. Il se retrouve dans le passé, dans le froid avec Pilastre. Puis exalté, Saint-Menoux revient chez Essaillon avec les autres pilules. Essaillon dit à son invité qu’avec les pilules on peut recommencer sa vie, éviter les malheurs, se lancer avec un corps tout neuf dans une nouvelle existence. Saint-Menoux ne comprend pas pourquoi Essaillon qui est infirme n’a pas voulu changer sa vie mais celui-ci n’a pas eu le courage. Pour cela, il aurait dû éviter l’accident qui lui a fait perdre ses pieds et qui lui a permis de rencontrer la mère d’Annette. Il aurait dû renoncer à sa femme et à sa fille. Elle était infirmière et est morte en donnant naissance à Annette. Essaillon pense qu’un homme en possession de ses pilules, si égoïste soit il ne pourrait s’en servir librement car il trouverait toujours un amour ou une haine pour l’enchaîner. Essaillon a donné son prénom à son invention, la noëlite. Mais il a eu peur d’aller trop loin dans l’avenir car il aurait pu mourir en allant plus loin que sa limite de vie. Il doit encore trouver une substance qui lui rende perméable les murs de notre temps de vie. Il veut que Saint-Menoux soit son assistant. Essaillon dit à Pierre Saint-Menoux qu’il ne doit pas se soustraire au devoir envers la patrie. Il va continuer à se battre mais il sortira indemne de la guerre et la noëlite lui permettra de la traverser si vite qu’il ne la connaîtra que par le souvenir. Essaillon donne à Pierre deux pilules pour que le soldat se retrouve à Paris deux ans plus tard. C’est là que le professeur le retrouvera. Pierre se trouve maintenant le 21 février 1942. Il a connu la débâcle. Il a été nommé dans un collège de province puis est arrivé à Paris. Il reçoit un télégramme d’Essaillon qui l’invite à déjeuner. Saint-Menoux a pour voisin M. Michelet, architecte malheureux de cinquante ans qui a perdu ses clients et sa fortune. Pour se venger de la méchanceté du sort, M. Michelet raconte à chacun l’histoire de ses infortunes. Saint-Menoux se rend dans la maison d’Essaillon. Annette a changé mais même s’il est frappé par sa beauté, il ne sait guère apprécier la beauté féminine car il vit surtout par l’esprit. Pierre a été accueilli par Philomène, la nourrice d’Annette qui était morte lors de la première rencontre entre Saint-Menoux et Essaillon mais ce dernier l’a ressuscitée en la cherchant dans le passé. Elle ne lui en est pas reconnaissante. Elle dit que le diable tient Essaillon. Le vieux professeur sert à Pierre un repas copieux avec des fruits en plein hiver. Il lui montre son coffre-fort d’où il tire ses aliments. Il a réussi cette performance en éternisant le présent. Le coffre est enduit de noëlite. La peinture soustrait à l’action du temps ce qui se trouve à l’intérieur du coffre. Quand Essaillon a mis au point la noëlite 3, il est revenu en 1938. Il a acheté l’hôtel, a fait construire des coffres, leur a appliqué sa peinture puis les a garnis de denrées diverses. Quand l’un d’eux se trouve vide, Annette retourne faire un petit tour avant la guerre et le remplit. Essaillon a voulu s’assurer de la nocivité de la noëlite 3. Il en a fait parvenir à un état-major lointain, a indiqué les précautions à prendre pour en garnir des bombes légères, fusantes et a demandé qu’on lui fasse part des résultats par une émission radiophonique en sanscrit car peu d’hommes comprennent cette langue. Il attend les résultats avec Pierre. La bombé a été essayée sur une petite ville en Asie. La noëlite est tombée en pluie noire qui ne mouille pas mais l’homme qui la reçoit ne peut plus bouger. Tout ce qui vit, tout ce qui d’ordinaire se meut, est cloué par des flèches au présent immobile. Hommes et bêtes meurent parce que les coeurs et les cerveaux s’arrêtent. Essaillon connaissant les résultats ne donnera plus de noëlite aux militaires et ils ne pourront pas l’analyser pour en fabriquer car ils ne réussiraient qu’à rendre inutilisables leurs instruments et leurs chimistes. Puis le vieux professeur montre à Saint-Menoux une combinaison verte avec des gants, des bottes, des lunettes et une ceinture avec un appareil carré en métal. C’est une combinaison enduite de noëlite 1, 2 et 3 qui sert à voyager dans le temps. C’est la noëlite 3 qui permet au corps de garder son état présent et donc de ne pas mourir. Essaillon l’a appelée le scaphandre du temps. Annette l’a déjà essayé. Les essais ont permis de voir que le voyage dans le temps s’accompagne d’un voyage dans l’espace. Essaillon propose à Pierre d’essayer le scaphandre mais celui-ci a pris peur en écoutant le récit des essais de bombes. Il a l’impression que sa vie ne compte pas pour le vieux professeur. Alors il refuse et rentre chez lui. Puis il regrette son refus et se trouve lâche car Annette a déjà fait l’expérience. Pour se consoler, il discute avec Michelet. L’architecte lui montre un immeuble dont il est l’auteur. Plus tard, Pierre se sent prêt à voyager dans le temps et revient chez Essaillon. Il se trouve léger et poreux, envahi par une subtilité dévorante, une fois dans le scaphandre. Mais Pierre n’est pas parti, le voyage a échoué car le jeune homme n’a pas appuyé à fond sur le bouton. Il est resté coincé entre le présent et le futur. Alors il recommence pour un voyage d’une demi-journée dans l’avenir. Il ne ressent rien. Il est arrivé dans son hôtel la nuit. Il entend du bruit dans l’escalier alors il appuie sur le vibreur du scaphandre qui lui permet d’être invisible. L’homme qui arrive dans l’escalier c’est lui-même ! Alors il se rend à nouveau visible pour discuter avec son double. A son retour, Essaillon lui explique que c’est son corps qui a décidé de l’endroit du voyage. Son corps s’est mis en marche par un mouvement familier. En rentrant chez lui, il retrouve son double dans le scaphandre. Il se plaît à rêver qu’il pourrait ainsi se multiplier à l’infini. Plus tard, il décide, avec Essaillon, de partir un mois et une demi-journée dans le futur. Pour ne pas arriver n’importe où, il doit fixer sa pensée sur quelque chose. Il pense à la Place de la Concorde puis se retrouve dans un lit avec Annette nue couchée près de lui. Il réalise qu’il aime Annette mais ne veut pas la réveiller alors il s’enivre de la sensation du voyage. Il réalise qu’il ne peut pas se voir dans le miroir car il ne fait pas partie de ce temps et doit se mouvoir différemment à cause de la noëlite. Il peut mouvoir son corps à travers les gens et les choses. Il est devenu invisible et solide au milieu d’un univers visible et mou. Il voit des yeux sans visage. Il pense que c’est un revenant et qu’il a pénétré dans le grand mystère du royaume qui n’est pas de ce monde. Mais il réalise que c’est lui-même qu’il voit dans un miroir parce que son image traverse les lunettes dans les deux sens ! Il visite des maisons de riches et des maisons de pauvres. Les corps et les visages sont enlaidis par le vibreur, seuls les enfants restent beaux. Tant qu’il est protégé par le vibreur, il ne peut être vu mais il ne peut utiliser son odorat et toucher les objets. Il doit le couper pour redevenir solide. A son retour, il avoue à Essaillon que tous deux se lancent dans une aventure impossible. Il n’y a certainement rien à faire pour arracher les hommes à leur misère. Pierre voudrait avouer son amour à Annette mais n’ose pas car il se trouve laid. Pourtant Annette l’aime aussi et il ne le sait pas. Saint-Menoux a été emporté par ses jambes pour son premier voyage et par son coeur pour le deuxième alors il veut que le troisième soit dirigé par sa tête. Alors il se retrouve dans sa salle de classe avec ses élèves. Il n’a pas activé le vibreur et les élèves le voient dans son costume vert et crient joyeux après le fantôme. Les adultes, eux, ont peur alors Pierre se rend invisible. Mais il veut jouer un tour de potache pour faire rire les élèves et il se rend à nouveau visible, cueille la perruque du censeur, efface avec elle les figures tracées sur le tableau et écrit en grande lettres : « Vive la liberté! ». Après quoi il s’en va. Essaillon le sermonne car le scaphandre n’est pas un jouet mais un instrument de recherche. Il effectue d’autres voyages mais n’arrive pas à contrôler sa pensée. C’est toujours son coeur ou son corps qui le guident. Il veut alors s’en affranchir en partant en 2042 mais Essaillon veut l’envoyer en 2052 à cause des prédictions de Nostradamus. Il pense que 2052 sera l’année de la paix universelle. Pierre se rend donc en 2052 au pied du Sacré coeur. Paris a disparu. A sa place, se trouve un champ de ciment plat, et une grande quantité d’objets ovoïdes de la taille d’une maison bâtis en une matière transparente et colorée. Il ne voit aucun être vivant. Le soleil dégage une chaleur de tropique. Les objets ovoïdes sont des nouveaux avions. Certains sont détruits. Après dix minutes de marche, Pierre retrouve le vrai Paris qui n’a guère changé en un siècle sauf des gratte-ciel plus hauts que ceux de New-York. Il est lui-même sur le toit d’un bâtiment semblable sur la butte Montmartre. Les architectes ont conservé le Sacré coeur en le juchant tout en haut de l’immense bâtiment. Pierre voit des hommes et des femmes vêtus de façon identique. Leurs vêtement ressemblent au scaphandre de Pierre. Des quartiers entiers sont enflammés. A son retour, Pierre raconte à Essaillon ce qu’il a vu. Pour ses voyages suivants, Pierre regarde des cartes postales des villes du monde entier. En France, le français écrit reste inchangé mais Pierre ne comprend pas le français parlé. Avec l’aide d’Essaillon, il comprend que des déportations massives ont dû se produire en un siècle et les langues nationales se sont interpénétrées et fondues en un langage commun. Le français a donné les termes de cuisine et d’amour, l’allemand la philosophie, la technique et la stratégie, l’anglais le commerce et l’italien les superlatifs, les langues slaves les jurons. LA nouvelle langue européenne ne pouvant s’écrire à cause des différences de prononciations l’ancien français est restée la langue écrite. Les langues asiatiques semblent s’être tenues à l’écart de ce brassage. Il découvre la raison de la catastrophe, l’électricité a disparu d’un seul coup ! Heureusement Essaillon a eu un pressentiment en fabriquant le scaphandre pour qu’il fonctionne sans électricité sinon Pierre serait resté bloqué en 2052. En 2052, les sols sont jonchés de cadavres et le ciel est rempli de mouches. Essaillon a équipé le scaphandre de caméras et de lunettes à prisme pour que Pierre puisse se voir. A cause de son rhume chronique, Pierre ne peut supporter le vibreur plus d’une heure. Avant de le faire fonctionner il doit s’assurer qu’aucun objet ne le traverse au risque de le tuer une fois redevenu solide et cette fois ce sont des mouches qui passent à travers son corps. Il ne peut fuir les mouches qu’en volant très haut dans le ciel mais s’il arrête le vibreur il s’écrasera. Pour fuir les mouches il se dirige vers un incendie et retourne dans le présent de justesse mais il a dû respirer de la fumée. Essaillon doit changer le sang de Pierre mais le jeune homme met du temps à guérir. Pendant sa convalescence, Pierre brûle d’avouer son amour à Annette mais Essaillon a d’autres projets pour lui, il veut l’envoyer en l’an 3000. Ce qu’il voit et rapporte à Essaillon parait tellement effarant qu’ils décident de faire un bond en avant en l’an 100 000.
05 septembre 2008
Histoires à rebours 3
La créature parfaite (John Wyndham).
Un inspecteur de la SPA entend parler de l’affaire Dixon dans le village de Membury. Il enquête avec son collègue Alfred Weston. Pour Alfred, la SPA est une vocation alors que pour son collègue ce n’est qu’un métier. L’affaire Dixon se présente ainsi : un certain Tim Darrell a rencontré un phénomène dans la rue d’un village. Il a vu deux créatures ressemblant à des tortues dressées sur leurs pattes postérieures. Elles mesurent 1m70. Leur tête a une dimension humaine mais sans cheveux et avec un bec ou un nez. Elles ont des bras et des mains humains. Le vieux Holiday, le sellier, leur a tiré dessus mais sans succès. Les créatures ont couru vers le marais et sont tombées sur des sables mouvants où elles ont disparu. Les villageois pensent que les créatures venaient de Membury Grange où habite le docteur Dixon. Bill Parson s’est rendu chez Dixon trois mois avant les événements et a vu une rangée de cages avec des barreaux. Il a vu un traversin mais qui bougeait sur une table avec des mains humaines. Le collègue d’Alfred pense que ce n’est qu’une farce ou juste des animaux rares que l’imagination des villageois a déformé. Alfred pense, au contraire, que Dixon est un super-vivisectionniste, qu’il déforme les animaux. Son collègue pense qu’il a trop lu « L’île du docteur Moreau » de Wells. Le lendemain, les deux enquêteurs de la SPA se rendent à Membury Grange. Le narrateur connaît Dixon qui fut son répétiteur. Il sait qu’il est devenu milliardaire après un héritage. Alors le narrateur informe Dixon de toute l’affaire. Dixon ne nie pas et demande que la police ne soit pas prévenue car il a encore besoin de deux mois pour faire une communication scientifique. Dixon affirme pouvoir animer la matière inerte en lui insufflant une force vitale. Pour que les inspecteurs comprennent mieux, Dixon leur montre son laboratoire dans lequel se trouve un bras qu’il a fabriqué mais sans pores et sans ongles. Les os sont remplacés par du métal. Il veut fabriquer la créature parfaite plus intelligente qu’un humain. Dixon leur montre ensuite ce que Bill a pris pour un traversin. Cette créature lui sert de moteur qui lui permet de tester les nouveaux appendices qu’il fabrique. La forme prend vie avec de l’électricité et des produits chimiques. Dixon avoue qu’il a essayé sa technique sur des cadavres mais que ça ne marche pas. Il pense avoir inventé une nouvelle forme de vie. Il a baptisé sa créature parfaite « Una » parce qu’elle est unique en son genre. Pour le narrateur, la créature parfaite de Dixon est la créature la plus grotesque qu’il ait jamais vue dans la vie. Elle a une carapace conique et luisante de deux mètres de haut pour 1 mètre 50 de diamètre avec trois courtes jambes cylindriques et quatre bras humains à mi-corps. Les yeux fixent les hommes de la SPA sans ciller. Alfred est surpris que la créature consternante puisse parler. Mais Dixon ne se démonte pas et affirme qu’elle est le produit de ses décisions. Una semble vouloir Alfred comme « matériau » pour améliorer son corps. Elle a trois yeux dont l’un est dans le dos. Sa forme générale la garantit de tout objet projeté sur elle. Son cerveau est aussi protégé puisqu’il est à la place de l’estomac ! Elle pèse une tonne et a des pieds d’éléphant pour supporter son poids. Alfred pense qu’Una a les mêmes droits que toute autre créature et s’oppose aux projets de Dixon. En fait Una veut Alfred mais pas pour recevoir des parties de son corps, elle le veut comme amant ! Dixon avoue avoir forcé sur les hormones. Una a réussi à quitter sa cage en cassant tout pour trouver Alfred qui a fui avec son collègue et Dixon. Malheureusement pour Alfred, Una a réussi à l’attraper et le caresse avec ses multiples bras. Dixon a appelé les pompiers et la police. Ils tentent d’attraper Una mais celle-ci arrive à fuir avec Alfred dans ses bras. Finalement Una est tombée d’un pont qui a craqué sous son poids et s’est noyée dans la rivière. Alfred est sain et sauf mais cette expérience a altéré pour toujours sa bonhomie confiante envers les animaux et il veut changer de métier.
Guerre froide (Henry Kuttner)
Le narrateur raconte l’histoire de Junior Pugh et de son père. On découvre la famille Hogden qui a l’air bizarre. Le père est alcoolique mais ses frasques sont ignorées par les voisins. La famille Hogden a des pouvoirs. Elle peut envoyer des objets dans le futur et les récupérer dans le passé. Elle connaît l’avenir. Les Hogden sont télépathes et peuvent voler. C’est une famille de mutants. Ils vivent très longtemps puisqu’ils ont connu la peste de Londres en 1665 et la guerre de Sécession de 1861 à 1865. Le narrateur est à la poursuite de son oncle. Il parle d’un bonimenteur qui vend un « anti mal de tête Pugh » puis d’une fille, Lily Lou Mutz, tellement moche qu’il n’arrive pas à comprendre comment elle a pu trouver un Jules. Elle habite toute seule en pleine montagne et avait 40 ans quand un mec l’a demandé en mariage. Le mec s’appelle Pugh. L’oncle s’adresse à Pugh (le bonimenteur) et à son fils Junior. Le môme a sept ans et est méchant comme la gale. Pour le narrateur, les humains sont comme des gorilles. Quelqu’un essaye de l’assommer mais un mutant récupère en deux secondes. Apparemment toute la foule a eu mal a la tête en même temps et se précipite sur le produit miracle de Pugh. Saunk (le narrateur) s’adresse à Ed Pugh, il parle de son épouse Lily Lou qui est morte après lui avoir fait son enfant. Il semble que Junior ait des pouvoirs de sa mère qui était une mutante. Ed Pugh raconte à Saunk que c’est l’oncle Lem qui a jeté un sort sur Lily pour qu’elle épouse Pugh. Saunk voudrait que son oncle élimine Junior parce qu’il connaît les pouvoirs du môme et a peur pour les humains mais l’oncle Lem refuse. Pourtant Lem sait que Junior risque de transmettre ses pouvoirs à ses descendants. Saunk pense que Junior sera encore plus moche que ses parents et qu’il ne trouvera jamais une femme donc il rassure son oncle. Alors Pugh en colère demande à Junior de tuer quelqu’un avec ses pouvoirs pour obliger Lem à améliorer les dons de son fils mais Lem refuse et Junior s’en prend à lui mais Lem développe des anticorps contre le sort jeté par Junior. Un médecin qui a assisté à la scène pense que Lem est mourant et veut l’emmener à l’hôpital et Saunk prend peur car les humains ne doivent pas découvrir les pouvoirs des mutants. Alors Pugh emmène Saunk à part et lui dit qu’il a peur que son môme ne trouve jamais de femme. Il veut que Saunk empêche ça pour que Junior arrête son sort sur Lem. Pugh veut même remplacer le genre humain par sa descendance mais Saunk refuse de l’aider. L’ambulance arrive et Saunk a peur que les médecins découvrent tout sur Lem alors il appelle son pépé par la pensée pour qu’il l’aide. Le pépé demande à son petit-fils d’obéir à Pugh pour sauver la situation. Saunk obéit et emmène alors les Pugh dans son territoire car le marché est accepté et Lem échappe de justesse aux docteurs. Le plan de pépé est d’utiliser la machine à remonter le temps (une simple luge) de Saunk pour envoyer les Pugh dans le passé. Alors Saunk arrive à convaincre les Pugh de monter dans la luge puis trafique leurs gènes en leur envoyant des ultraviolets. Les Pugh arrivent en l’an 1 et se reproduisent mais les Pughs s’ils ont gardé leurs pouvoirs ont rapetissés au point d’être aussi minuscules que des globules blancs ! Au cours des générations ils sont devenus des virus.
Les joueurs d’échecs (Charles D. Harness)
Le narrateur évoque le club d’échecs de la rue K dont il a été le trésorier. Il y avait un sénateur, un dirigeant syndicaliste et quelques autres grosses légumes. Mais plus leur situation est importante plus ils sont mauvais joueurs d’échecs. Le champion du club est Bobby Baker, un adolescent. Le second est Pete Summers, employé de la compagnie des chemins de fer qui a écrit deux traités sur les échecs. L’homme le plus en vue au club est Jim Bradley, un fainéant chronique. Le cerveau dirigeant du club est Nottingham Jones, un statisticien. C’est lui qui a mis sur pied le fameux tournoi par télégramme entre les Etats-Unis et l’URSS (les Etats-Unis ont perdu). Il a lancé des maîtres et a arbitré des matchs. Pour les joueurs d’échecs ordinaires le fou vaut plus que le cavalier mais pas pour Nottingham. Il organise des tournois fou contre cavalier pour prouver sa théorie. James lance un défi à Staline en personne, le club d’échecs de la rue K contre tous les Russes, douze parties fou-cavalier. Staline accepte. Le narrateur annonce à Jones qu’un de ses mais, le docteur Schmidt possède un rat savant et qu’il désire le faire jouer. Le docteur est un spécialiste de psychologie comparée. Le rat s’appelle Zeno. Le docteur lui a appris le jeu dans un camp de concentration. Jones accepte alors une partie entre Zeno et Jim Bradley. Zeno gagne par un mat en treize coups ! Jones accepte alors une partie simultanée où Zeno fera une exhibition. Hélas ! le service d’immigration arrête le Docteur Schmidt. Le narrateur demande alors au fonctionnaire d’attendre un peu car il sait que Zeno va rendre riche son maître et qu’il pourra empêcher son expulsion. Zeno a gagné presque toutes les parties simultanées mais s’endort après voir mangé le fromage qu’il a reçu en récompense alors qu’il lui restait encore trois parties. Alors Jones refuse de l’engager dans le club. pour le narrateur, ce qui compte c’est que Zeno soit un rat mais les autres joueurs s’en moquent ce qui fait bien de cette nouvelle une histoire à rebours. Schmidt va donc être emmené en prison. In-extremis, Jones apprend que Schmidt écrit un livre sur la théorie fou/cavalier grâce aux parties de Zeno. Alors Jones accepte de payer la caution de Schmidt et le fonctionnaire recommande un permis de séjour pour le docteur. Le fonctionnaire a cru voir le rat jouer et demande au narrateur s’il y en avait un et le narrateur répond que non et d’ailleurs pas d’êtres humains non plus, juste des « joueurs d’échecs »...
Manuscrit trouvé dans un sablé chinois (C.M. Kornbluth)
Corwin est un écrivain que tout le monde croit fou. Son agent littéraire est Kornbluth (l’auteur de la nouvelle). La première note de Corwin a été trouvée à l’intérieur d’un sablé commandé au restaurant de la Grande République chinoise, à San Francisco et donnée à Kornbluth par un certain L. Wilmot Shaw. Corwin a une idée de texte, « La Réponse ». Il évoque Mme Clonford qui aime les animaux et terrorise malgré elle son mari et ses enfants. M. Clonford est un retraité des chemins de fer que son épouse oblige à jouer les fermiers par tous les temps. Il attrape une pneumonie chaque hiver et rêve de vendre sa ferme pour acheter un appartement en ville. Sa femme veut juste s’occuper de sa ferme et de ses animaux. Cette histoire va être accompagnée de commentaires inspirés de « La Réponse ». Là le récit de Corwin est censuré par Kornbluth car celui-ci estime qu’il insulte les auteurs de science-fiction et que ce genre littéraire attire les esprits instables et mine le sens de la réalité. Le récit se poursuit. Corwin se sent surveillé. Il semble paranoïaque dès qu’il évoque « La Réponse » (le système de Corwin fait penser à la dianétique du scientologue et écrivain de SF Ron Hubbard tout aussi paranoïaque). Il annonce que les Clonford vont vendre leur ferme. Il semble que les prédictions de son récit se soient avérées et Kornbluth a pu le vérifier. On apprend que « La Réponse » tient seulement sur 200 mots et Corwin est persuadé qu’elle pourrait bouleverser le monde. Corwin fait des conférences dans le Rotary club sur les droits d’auteur et les frais des écrivains. Kornbluth intervient pour signaler que les notes suivantes écrites par Corwin sur du papier à cigarette sont tombées dans les mains d’un agent littéraire qui les a vendues à des magazines mais Kornbluth a pu les racheter avant leur publication. On apprend dans les notes de Corwin que l’écrivain a parlé de ses collègues moins connus que lui qui sont arrivés avec leur voiture juste devant sa maison et ont voulu y entrer pour lui parler. L’un des deux hommes a parle de la « Relation diagonale » et Corwin a tout de suite pensé à « La Réponse ». La Relation diagonale a été découverte par 1724 écrivains. Ceux qui ont le plus gros revenu. Corwin leur a parlé de « La Réponse ». Seul un écrivain peut accéder à la Relation diagonale grâce à des pouvoirs d’associations supérieurs (les pouvoirs supposés des écrivains de SF font vraiment penser à Hubbard et sa scientologie, cette nouvelle semble en être la dénonciation). Les deux hommes sont venus chez Corwin pour l’empêcher de diffuser « La Réponse » qui est la Relation diagonale car elle uniformiserait les revenus des écrivains. Ils font surveiller les écrivains par la police pour les empêcher de diffuser la Relation diagonale. Si Corwin accepte de ne pas diffuser La Réponse les deux hommes s’engagent à lui faire de la promotion pour qu’il vende plus de livres. Corwin refuse et se fait embarquer par les deux hommes qui veulent le faire interner et la femme de Corwin se laisse convaincre que son mari est devenu fou mais elle aussi de fait interner. Corwin continue d’écrire à l’hôpital psychiatrique et s’est procuré du papier à cigarette qu’il griffonne et fourre dans des sablés chinois. Kornbluth conclut. Il est possible que des lecteurs tombent sur des notes de Corwin en mangeant des sablés chinois et même s’ils trouvent son histoire insensée, elle est cohérente puisqu’elle explique la présence de certains livres sur la liste des best-sellers. Contrairement à la dianétique, « La Réponse » doit rester secrète. Kornbluth se moque sans doute de la scientologie tout de même en la rangeant au registre de la paranoïa.
Narapoïa (Alan Nelson)
Un jeune homme va voir le médecin. Il pense avoir l’inverse d’un complexe de persécution. Le docteur Departure lui demande de s’expliquer et M. Mac Farlane a l’impression d’avoir sans arrêt l’impression de suivre quelqu’un. Il a le sentiment que les gens cherchent à lui faire du bien. Mac Farlane est pourtant en pleine santé et sans problèmes d’enfance ou de couple. Quelques jours plus tard, il revient voir le docteur pour lui dire qu’il a cru suivre quelqu’un pendant 10 kilomètres. Le docteur lui demande de pratiquer l’association libre de pensées mais c’est Mac Farlane qui arrive à détourner le procédé sur Departure et c’est le médecin qui se confie à lui !
Quelques jours passent et Mac Farlane parle au médecin d’hallucinations après avoir rêvé d’un oiseau avec des oreilles il croit l’avoir vu en se réveillant. Le docteur pense que ce sont vraiment des hallucinations mais le jeune homme a rapporté l’oiseau dans une boîte ! Le médecin a rédigé un dossier sur son patient et a appelé sa maladie la « narapoïa », l’inverse de la paranoïa. Il espère ainsi atteindre la renommée de Freud. Departure annule pourtant ses rendez-vous pour travailler sur le cas Mac Farlane et sa femme s’en inquiète. A la consultation suivante, Ma Farlane pense que Departure dépérit. Cette fois Mac Farlane se sent mieux car il a l’impression que quelqu’un le suit et pour cause puisque c’est Departure qui le surveille ! Il s’est épuisé dans ses poursuites. Quand Mac Farlane revoit le docteur, celui-ci est en congé dans une maison de repos. Apprenant cela, Mac Farlane se sent complètement guéri. Departure, lui, est devenu narapoïaque et intéresse les psys qui le soignent. Les psys, comme Departure avec Mac Farlane, décident de le libérer et de le faire suivre à distance pour le surveiller, c’est un cercle vicieux !
Le haut lieu (Richard Matheson)
Talbert discute avec son oncle Lyman sur les histoires drôles. Ils parlent des histoires cochonnes qui circulent dans tout le pays. Talbert trouve ça fascinant. Il se demande qui les fabrique. Il explique à son oncle qu’il veut chercher les auteurs de ces blagues. Alors il demande à Lyman qui lui a raconté la dernière histoire cochonne d’où il la tien. C’est son collègue Kulpritt alors Talbert demande à son oncle d’appeler Kulpritt pour remonter la filière. Tout ça aboutit à un cercle vicieux car le dernier collègue au bout des recherches prétend que c’est Lyman lui-même qui lui a raconté l’histoire. Lyman demande à son neveu qu’est devenu la société qu’il a fondée, la société protectrice de la société protectrice des animaux. Mais pour Talbert c’est du passé ainsi que toutes ses ambitions sociologiques et politiques et littéraires. L’oncle veut lui faire comprendre qu’il laisse toujours tomber ses projets mais Talbert continue ses recherches. Après quoi, Harrison, son chauffeur amène Talbert dans les endroits où il pêché ses histoires drôles. Talbert part pour San Francisco car un ami de Harrison lui a dit qu’il y avait entendu beaucoup d’histoires dans l’hôtel Millard Filmore. En arrivant dans sa chambre d’hôtel, Talbert demande au garçon de lui raconter une histoire puis s’il connaît un endroit où on peut en entendre d’autres. Le garçon lui recommande le bar chez Davy Jones. Il recueille des histoires qu’il a déjà entendues mais avec des variantes. Le barman connaît plein de grivoiseries et cite ses sources, c’est un voyager nommé Franck Bruin à Oacland. Talbert n’hésite pas à s’y rendre. Le bonhomme raconte des histoires que Talbert connaît mais avec des variantes. Talbert découvre que le mot de la fin est donc interchangeable. Le détective privé que Talbert a engagé lui envoie une autre source d’histoires qui se situe à Chicago et Talbert continue ses voyages de recherches. Vingt minutes après son départ, un homme est venu dans sa chambre d’hôtel mais ne l’a pas trouvé. Il a pris un air dur et a téléphoné à quelqu’un. Talbert a trouvé la source à Chicago, un certain George Bullock. Il l’interroge sur ses histoires et le bonhomme pâlit comme s’il venait d’être découvert. En rentrant à l’hôtel, un homme attend Talbert dans sa chambre. C’est un certain Bishop, colonel en retraite qui le menace avec une arme et lui demande de le suivre. Talbert s’en moque bien car il sait que son enquête va enfin aboutir et il suit l’homme. Talbert est conduit dans une maison inconnue dans un endroit qu’il n’a pu voir car on lui a bandé les yeux. Il était attendu par le « doyen » qui lui confirme : « Vous nous avez découverts ». La maison est bien la source de toutes les blagues du monde et le doyen affirme qu’à part Talbert personne ne s’en est soucié. Talbert apprend rencontre même Hemingway. Le doyen apprend à Talbert que Mark Twain, Balzac, Dickens et Rabelais ont travaillé pour cette maison. La société secrète est une Fraternité qui a commencé dès l’Antiquité avec Aristophane. Tous travaillaient pour la « Cause de l’Amour » et bénévolement. Ils luttent contre la pudibonderie et la bigoterie. Talbert découvre une salle remplie de monde tapant à la machine ou téléphonant, c’est la salle d’apprentissage. Le doyen avoue qu’il connaissait les travaux de Talbert et son altruisme et lui propose de rejoindre la Fraternité.
La grande anthologir de la SF (Histoires à rebours) 1
La grande anthologie de la science-fiction
Histoires à rebours
Le Gregory de Gladys (John Anthony West)
Un club de femmes s’évertue à transformer des hommes minces ou athlétiques en obèses. Le ton est sarcastique. Toute la nouvelle repose sur les difficultés de Gladys à transformer l’homme avec qui elle vit, Gregory mais le bougre mesure deux mètre et est très sportif. Gregory refuse de toucher à tout ce qui fait grossir au désespoir de Gladys. Le stratagème le plus vicieux du club est de transformer les femmes en succubes pour fatiguer sexuellement leurs maris et qu’ils se laissent aller à manger pour être plus performant. Il y a un moment où son obésité fait écho à sa virilité et c’est là que la femme commence à demander moins. Alors le mari n’a plus la possibilité de brûler ses calories. Alors le club essaie cette stratégie sur Gregory mais elle échoue. Le club en trouve un autre : faire inviter Gregory et Gladys dans tous les dîners et pique-niques tous les jours. Il grossit. Gladys va voir une cartomancienne qui lui conseille d’offrir à son mari des noix du Brésil. Il s’en gave et grossit encore. Gladys va même jusqu’à enfermer son mari et les membres du club commencent à devenir jalouses car elles veulent barrer la route à la victoire de Gladys. Elles se mettent d’accord pour que Gladys présente son Gregory dans les deux ans et de ne pas présenter leur mari au prochain concours pour que la victoire de Gladys n’est ait aucun sens. Les femmes cachent leur haine et leur complicité sous le couvert d’une franche camaraderie envers Gladys.
Le jour de la compétition arrive. Gladys est là, rayonnant ce qui déclenche la haine des membres du club. Gregory est présenté au club. Il est parfait. C’est un pilier, un bloc, une montagne. Finalement les autres maris ont été présentés. Gregory pèse maintenant 337 kilos. La jalousie et la haine cèdent le pas à un concurrent présenté comme un chef-d’oeuvre. La chute de la nouvelle est terrible. L’homme obèse a le droit de choisir comment il va être servi ! C’est-à-dire que les femmes l’ont engraissé pour le manger ! Et Gregory a choisi d’être servi cru. Cette nouvelle montre les femmes comme des monstres et des castratrices. L’humour noir de l’auteur confine à la misogynie.
Qu’est-ce qu’il fabrique donc là-dedans (Fritz Leiber)
Un martien qui a appris l’anglais par la radio et la télévision décide de rencontrer un anthropologue terrien plutôt qu’un gouvernement. Le martien pose la question : « Où est-ce » et l’anthropologue comprend qu’il demande les toilettes et les lui indique. L’anthropologue est ébahi par de tels tabous similaires entre terriens et martiens. Le martien est turquoise et a une trompe. L’anthropologue s’imagine que le martien doit trouver le nez des Terriens atrophié. Les deux enfants de l’anthropologue ont remarqué que le martien restait longtemps dans la salle de bain. La femme de l’anthropologue se demande ce que le martien fabrique donc là-dedans. Le professeur tente de frapper timidement à la porte mais le martien ne répond pas alors le fils suggère d’aller voir par la fenêtre de la salle de bain en longeant la gouttière. L’anthropologue accepte. Le martien est bien dans la baignoire et seule sa trompe dépasse de l’eau. Ce n’est qu’au matin suivant que le martien sort de la salle de bain. Il révèle qu’il a dormi dans l’eau. Pour lui la baignoire était un lit ! Et il ne comprend pas pourquoi ses hôtes ont tous dormi au sec. L’anthropologue n’avoue pas les pratiques humaines et dit simplement au martien que lui et sa famille ont juste monté la garde.
Une leçon d’écriture (Arthur Porges)
Depuis un an, un martien est naufragé sur la Terre. Il a atterri avec son père qui est mort à ce moment. Contrairement à son père, le martien n’est pas un technicien mais un poète. En découvrant une revue terrienne de science-fiction, il pense avoir trouvé la solution. Il y a trouvé une nouvelle intitulée : « Le naufrage de Mars ». Pendant des semaines, il avait acheté et dévoré une bonne douzaine de publications de science-fiction. Il pense pouvoir surpasser tous les écrivains de SF par ses connaissances et gagner beaucoup d’argent. Il a envoyé un récit et est convoqué pour un entretien par le directeur d’une revue. Le martien doit avoir l’air parfaitement humain car le directeur ne semble nullement épouvanté. Il s’adresse à M. Smith (pseudo du martien) vante son écriture et ses combinaisons inédites presque comme si elle était due à un étranger. Cependant le directeur refuse de publier le récit du martien car sa revue « Science-fiction positive » s’adresse à un public d’élite, intraitable sur la question de la science et accuse M. Smith de ne rien connaître à l’astronomie et à la physique ! Le directeur trouve ridicule la présence de l’eau dans le récit de M. Smith car il pense qu’il n’y a pas d’eau sur Mars (on sait aujourd’hui qu’il y en a). Le martien est obligé d’approuver les critiques du directeur même s’il sait que celui-ci a tort. Il laisse le bonhomme croire qu’une créature martienne avec trois yeux et un tentacule vert est impossible. Alors le martien explique que le troisième oeil est sensible aux infrarouges mais le directeur trouve cela stupide. Le martien explique que le tentacule a été supprimé depuis peu par l’évolution volontaire de ses congénères (sans avouer qu’il est lui même martien). Le martien n’a fait que transcrire la vie sur Mars en évoquant l’existence de deux organes sexuels pour le mâle, l’un pour procréer des mâles et l’autre des femelles. Ce qui agace le directeur estimant que c’est impossible biologiquement. Alors le martien s’énerve en protestant quand le directeur le fait passer pour un idiot et alors il montre son troisième oeil et son tentacule vert. Il lui avoue qu’il est né sur Mars, qu’il a éclos dans un oeuf. Le directeur n’est même pas effrayé et reste obtus. Tout ce qui compte pour lui c’est de convaincre le lecteur. Cette nouvelle est très féroce à l’égard du pseudo-scientifisme de certains écrivains. C’est courageux de la part d’ un auteur de SF.
Le misogyne (James Gunn)
Harry est un pince-sans-rire. Il raconte des blagues sans même sourire. Mais personne ne sait en raconter comme lui et ceux qui les répètent ne font rire personne. Harry est misogyne, il pense qu’un mois après son mariage sa femme a cessé de tenir compte de ce qu’il aime et ne rit plus à ses plaisanteries. Il croit que les femmes pensent différemment et qu’elle sont incompréhensibles. Il pense qu’elles devraient exceller grâce à leurs différences mais que leur plus commune carrière est le mariage. Pour elles, un homme n’est que le mal nécessaire qu’elles doivent tolérer avant de pouvoir obtenir tout ce qu’elle désirent. Harry pense que les femmes dont des extra-terrestres. Pour lui, c’est la meilleure façon de conquérir une race jusqu’à complète absorption. Il croit qu’une race de femmes extra-terrestres a atterri sur la Terre quand l’homme vivait encore dans les cavernes et qu’elles ont été jetées par leurs propres hommes pour s’en débarrasser. Il pense que les extra-terrestres ont trouvé un autre moyen de procréation ou ont préféré le suicide racial plutôt que de supporter leurs femmes. Harry estime que si les femmes n’ont pas accès aux armes, elles obtiennent ce qu’elles veulent par la ruse et la subtilité. C’est pourquoi elles ont pris des maris parmi les humains. A cause d’elle, Harry pense qu’un homme ne retrouve jamais ses affaires en raison de « l’ordre » qu’elles imposent. Il croit qu’il doit rester des femmes humaines, celles qui ne sont pas des maniaques et comprennent les idées abstraites. Il se pourrait que celles-ci sentent mieux que les hommes la présence des extra-terrestres. Harry part donc dans un délire en affirmant que le plan des extra-terrestres a fait des progrès décisifs avec le droit de vote, l’égalité civique et qu’elles possèdent 90% des richesses. Il pense que ce qu’elles veulent c’est éliminer les hommes et se reproduire toutes seules. Il croit que des hommes comme Homère, Ovide, Swift avaient connaissance du complot. Et de citer des proverbes de plusieurs pays pour confirmer ses théories comme celui-ci venant d’Espagne : « quiconque a une femme a aussi un ennemi ». Il croit qu’elles n’ont aucun respect pour la logique. Harry pense que d’autres hommes avant lui ont découvert ses théories mais que les femmes les ont fait enfermer dans des hôpitaux psychiatriques. Alors l’ami d’Harry répète tout cela quand leurs épouses reviennent à table mais ça ne les fait pas rire du tout. Lucile, la femme d’Harry a fait venir une doctoresse pour le « soigner » et il tombe malade. Son collègue entreprend alors ses propres recherches et se demande de quelle planète viennent les femmes. Il semble que lui aussi devienne misogyne.
Un problème de chasse (Robert Sheclkley)
Un Jamboree de scouts extra-terrestres a lieu. C’est l’occasion de les décrire. Ils ont des tentacules et sont orange. Nous sommes sur la planète Elbonai. Les scouts ont les mêmes traditions que leurs homologues terriens. Les extra-terrestres se nourrissent de radiations cosmiques et peuvent voler. Ils ne redescendent sur le sol que pour des raisons religieuses ou sentimentales. Ils ont eu des pionniers (tout cela ressemble à une critique des Etats-Unis). Les scouts font donc comme les pionnier, ils mangent des nourritures solides et se servent d’outils anciens. Drog, un scout a honte car il n’a pas progressé dans la hiérarchie et son chef le lui reproche. Il veut lui faire passer un test pour qu’il change de grade et Drog accepte. Il doit chasser un animal, le Mirash (car c’est le nom de la tribu scout). Le pauvre Drog n’a pourtant aucune connaissance des forêts et de la chasse.
Des terriens arrivent, Paxton, Herrera et Stillman. Paxton veut rentrer mais pas les autres car la planète est pleine de trésors et ils veulent les amasser. Paxton a peur car il a vu un arbre bouger alors Herrera abat l’arbre d’un coup d’atomiseur. Drog était dans l’arbre et le Mirash qu’il cherche n’est autre que les terriens ! Il a pu se sauver à temps. Pour lui les Mirash ne sont pas doués d’intelligence. Aucune créature dépourvues de tentacules n’avais jamais accédé à l’intelligence. C’était la loi d’Ehib. Drog veut utiliser une arme de l’époque coloniale (Aux Etats-Unis, l’époque coloniale est celle qui précède la Déclaration d’indépendance). Il pense à une bombe atomique mais a peur d’abîmer la « toison des Mirash ». Il va alors leur tendre un piège. Les terriens pensent à ce qu’ils vont faire de leur fortune et dînent dans une grotte. Alors apparaissent subitement une bouteille de whisky, des diamants et un rosbif (c’est probablement le piège de Drog). Les hommes ont peur. Herrera se fait prendre par Drog. Il arrive à être sauvé in-extremis par ses camarades. Drog reconnaît son erreur, il a mis trop d’appâts. Les diamants auraient suffi. Drog se souvient maintenant de tout ce qu’il a appris sur l’art de la chasse. Rapidement, il confectionne une trompe à mirash.
Les trois terriens entendent une voix de femme criant au secours. Paxton se laisse prendre au piège et veut courir vers la voix mais Herrera l’assomme. Drog voit les Mirash sortir de leur grotte formant un groupe serré leurs armes à la main. Il se demande pourquoi la trompe n’a pas marché alors que le manuel de scout affirme que c’est un moyen infaillible d’attirer les Mirash mâles. Il se dit que ce n’est pas la saison du rut ! Il les voit rejoindre leur véhicule spatial qu’il juge primitif et grossier.
Les trois terriens se trouvent dans le brouillard et ont peur de ne pas retrouver leur vaisseau. Ils sont gazés par Drog et tombent sans connaissance.
Plus tard, sans que l’on sache comment, les trois hommes sont en route pour la Terre. Drog est pourtant revenu glorieux de sa chasse et a été promu croyant avoir ramené une peau de Mirash qui n’était qu’une combinaison spatiale d’un des trois hommes !
L’exilé de Mars (Evelly E. Smith)
Une famille terrienne est sur Mars. Le père et ses quinze enfants (un par année de mariage), la mère est morte. Le père a tué sa femme car il pensait que la plupart des enfants n’était pas de lui alors il a dû s’exiler sur Mars car lui et ses enfants ne pouvaient plus se servir de l’eau du puits où avait été poussée la mère. La narratrice est la fille aînée du père. Elle a 16 ans et elle n’a pas le droit de fréquenter des Martiens. On apprend que les Martiens sont plus évolués que les Terriens techniquement mais ce sont des oiseaux. Quand les Martiens ont besoin de main-d’oeuvre pour leurs mines, ils vont la chercher sur Terre car il n’y a pas de Martien qui veut faire ce boulot. Seuls les Terriens considérés comme déchets acceptent d’aller sur Mars pour être mineur. Le père a 35 ans ce qui est considéré comme vieux. La loi martienne veut qu’un enfant aille à l’école jusqu’à 30 ans. Les Martiens vivent plus longtemps que les Terriens. La jeune fille va à l’école avec les Martiens mais elle ne s’y sent pas chez elle alors elle finit par abandonner. Les Martiens lui ont trouvé une déficience mentale. Elle doit s’occuper de ses frères et soeurs et du ménage. Les Martiens ont construit des bars pour les loisirs des Terriens mais ils les méprisent quand même. Un soir, la jeune fille assomme son père au bar car il la tripote. Elle a peur de l’avoir tué à tort. En rentrant chez elle, un Martien l’aborde c’est un ancien camarade de classe. Elle se donne à lui car il l’aime. Le Martien prend la décision de parler à son père pour réparer l’honneur de la jeune fille, il veut l’épouser. Mais le Martien ne revient pas et la jeune fille a pondu un oeuf. Elle n’a plus qu’à rester abandonnée en train de couver le doux souvenir de sa passion d’un instant.
Mimétisme défensif (Algis Budrys)
Un procédé de fabrication de billets infalsifiables est décrit. Pourtant le narrateur explique qu’il a réussi 14 billets identiques ce qui énerve un certain Saxegaard, inspecteur en chef à la section monnaie du Ministère du Trésor des Fédérations Galactiques Unies. Le narrateur s’appelle Baumholtzer. Il a trouvé les billets à la caisse des compensations de New-York. Saxegaard envoie Baumholtzer sur Deneb XI pour savoir si quelqu’un dans ce secteur à un duplicateur de matière pour fabriquer des faux billets. Deneb XI est une jungle et le narrateur a chaud. Il doit aller à la capitale, Glou. Les indigènes de Deneb sont trop primitifs pour exploiter quoi que ce soit. Aussi, tous ceux qui font quelque chose d’important à Glou sont des terriens. Le narrateur doit faire du porte-à-porte pour savoir si un type a acheté plus qu’une quantité normales de composants électroniques. Dans un bar, il voit un curieux spécimen d’individu planté devant sa table. C’est un Terrien vivant sur Deneb. Le curieux personnage connaît Baumholtzer et sait pourquoi il est là. Le type s’appelle Duodecimus Munger. Et c’est lui le faussaire car il braque son arme contre le fonctionnaire. Munger et l’inspecteur se battent et c’est Baumholtzer qui se retrouve assommé. Une fois réveillé, il fait son rapport à la police. Baumholtzer apprend que Munger est un homme très riche mais le policier ne pense pas qu’il soit un faussaire car il a un commerce dans un village indigène. Baumholtzer apprend au flic que Munger doit posséder un duplicateur de matière et le flic corrompu s’empresse de vérifier les billets qu’a dû lui donner Munger. Baumholtzer et le flic partent dans le village de Munger mais celui-ci les attrape dans la jungle. Il est armé et accompagné d’indigènes. Le flic arrive à s’enfuir pour chercher de l’aide. Baumholtzer est gardé en otage. L’indigène qui accompagne Munger a un pagne composé de faux billets ce qui prouve bien la culpabilité de Munger. Pendant la nuit Munger et ses hommes effectuent une danse rituelle. Le lendemain, Munger montre à Baumholtzer comment il fabrique ses billets. Munger amène Baumholtzer devant un arbre, lance un faux billet qu’il a transformé en avion et tire en l’air. L’avion pénètre dans le feuillage et en ressort accompagné de dizaines d’autres. Le procédé est simple. L’arbre réagit par « mimétisme défensif » dès qu’il se sent attaqué. Munger l’a découvert en donnant un coup de hache et l’arbre a fabriqué cinquante haches. Il suffit donc d’effrayer l’arbre avec un grand tapage et il réagit en reproduisant ce qu’il croit être une menace. Munger veut à présent tuer l’inspecteur mais les secours arrivent à temps alors que Munger et Baumholtzer se battent. Ce dernier trébuche contre l’arbre à l’instant précis ou Munger tire. Baumholtzer rentre donc chez lui accompagné de 168 copies de lui-même !
Technique de survie (Poul Anderson)
Le narrateur écrit à M. Maury pour lui parler de la machine à explorer le temps. Il lui propose une expérience financée par l’UNESCO. Il s’agit d’aller à Rome en l’an 1 sous le règne d’Auguste. Trois chercheurs doivent partir mais les lois de conservation de la machine exigent qu’une masse donnée déplacée dans le passé soit compensée dans le présent donc trois Romains arriveront dans le présent. Le narrateur, le Pr Barr a enregistré l’événement. Les scientifiques partent et les Romains arrivent. Il y a deux hommes et une femme. Ils sont en loques et les deux hommes ont une barbe d’une semaine. Les chercheurs découvrent que les Romains ne prononcent pas le latin comme ils le pensaient et n’arrivent donc pas à communiquer. Pourtant, un chercheur, M. Morelli qui connaît l’Italien et le latin d’Eglise arrive à les comprendre. Les trois Romains sont satisfaits du traitement qu’ils reçoivent. Publius est un marin sans emploi, il parle de façon grivoise. Julius est un escroc. Quant à la jeune Quintila c’est une fille de joie. Les chercheurs leur ont fourni des magazines mais seules les images semblent les intéresser. Plus tard a eu lieu un fâcheux événement. Les trois Romains doivent subir des mesures anthropométriques. Publius s’offre à être mesuré le premier. Julius et lui se dévêtissent. Le Dr Langdon demande à Quintilia de quitter la pièce mais elle répond par des insultes. Publius assomme les Pr Labot et Simmons. Publius et Julius prennent les vêtements des professeurs et s’enfuient. Ils ont agi sous l’effet de la curiosité. La police a été prévenue et est sûr de pouvoir retrouver des fugitifs ne sachant rien de la langue et du monde contemporain. Le FBI s’est révélé incapable de retrouver les Romains. Alors une autre machine est fabriquée capable de retrouver Maury, Mc Intyre et Harbeld dans la Rome antique. La difficulté est de trouver trois cadavres pour remplacer les trois Romains. Les trois chercheurs ont fini par être retrouvés et un rapport sur leur voyage a été effectué. Ils ont été attaqués par des voleurs dès leur arrivée puis matraqués par une patrouille. Seul Mc Intyre a réussi à fuir. Maury et Harbold ont passé des heures pitoyables dans des cellules remplies de vermine.
Deux jours se sont écoulés avant que Maury soit reçu par un magistrat pendant qu’Harbold contracte la peste. Maury a été dépouillé de son matériel et ne peut prouver qui il est alors on le croit pris d’hallucination, pris pour un germanique non immatriculé. Maury a été condamné à l’esclavage et vendu au capitaine d’une galère faisant le commerce avec l’Egypte. Il passe sept mois à tirer sur une rame. Harbold a pu se faire restituer sa trousse de médecine et grâce à la pénicilline il a pu guérir. Le questeur a été surpris par ce rétablissement et a demandé des explications sur le reste du matériel du chercheur. Harbold est alors accusé de sorcellerie et condamné à être jeté aux lions. Le deuxième machine a pu être construire juste à temps pour le tirer de là. Pendant ce temps, Mc Intyre s’est fait voler sa bourse et a dû vendre tout son équipement. Il a dû se transformer en mendiant. Il était sur le point de mourir de faim quand il a été secouru. Les trois Romains n’ont jamais été retrouvé. En 1993, Publius (devenu Big John) écrit à son ami Julius devenu Julio Arminelli. Il se remémore leurs aventures. Ils ont vite trouvé un quartier mal famé, un quartier italien où ils ont pu se faire comprendre et trouver un hôtel. Quintilia a continué de se prostituer. Ils sont devenus diseurs de bonne aventure et ont plumé plein de pigeons. Pour être en règle, ils ont appelé ça la religion antique. Ils ont aussi gagné au crap et se sont ainsi enrichi. Quintilia est devenu la maîtresse d’un riche de Park avenue et cela leur a permis à tous les trois d’avoir des papiers. C’est leur expérience à Rome qui leur a permis de se débrouiller à Brooklyn. Publius fait maintenant partie du Comité national et peut se payer le luxe de choisir les prochains candidats pour le poste de gouverneur de trois Etats. Il ne doit donc plus voir Julius qui est devenu chef de tous les rackets de New-York. Quintilia s’est fait construire une maison à Beverly Hills et a plaqué son mari n° 6 et se prépare à tourner un nouveau film. Tout est donc inversé. Ce sont les « non-civilisés » qui se sont bien débrouillé et les scientifiques du XXè siècle qui ont failli mourir !
Histoires à rebours 2
Cesse donc de faire l’avion avec les mains (Jack Finney)
Un grand-père raconte ses souvenirs à son petit-fils. Il a connu la Guerre de Sécession et le Général Grant. Il a chevauché avec un commandant jusqu’à la maison blanche. Ce dernier lui avoue avoir été Pr à Harvard et lui a montré une boîte noire contenant un objet capable de faire gagner la Guerre au Nordistes. Il s’agit d’une machine à explorer le temps. Ils se rendent dans les années 1960. Ils vont dans la Smithsonian Institution pour trouver tout ce que le futur a pu inventer. Ils découvrent des chars, des canons bien plus grands que les leurs, des avions que le commandant appelle « aéronefs ». Mais il ne sait pas comment s’en servir et les emporter. Ils voient ensuite « Kitty Hawk » le premier avion des frères Wright. Ils reviennent alors en 1864 pour chercher du pétrole conservé par les Nordistes pour nettoyer les munitions. Devant la maison blanche, le jeune homme rencontre Lincoln. Pendant ce temps, le commandant a réussi à s’emparer de la machine volante en se mettant devant la grande porte qui la gardait. Il a fait un saut dans le temps en avançant de quelques pas à une époque où la Smithonian n’existait pas puis est revenu en avant dans le temps et s’est retrouvé à côté de l’aéronef. Pour sortir la machine, il a utilisé la même méthode. Ils se rendent en 1940 pour essayer l’avion et découvre Washington dans les lumières de la nuit. Ils reviennent alors en 1864. Ils vont voir le général Grant pour lui proposer l’avion. Le général ne pose pas de problème et leur confie une mission, survoler le QG du général Lee et noter les positions juste avant la bataille de Cold Harbour. Après la mission réussi, le commandant et son subalterne doivent ramener l’avion au XXè siècle pour ne pas briser le continuum espace-temps. Hélas, les Nordistes ont quand même perdu la bataille des années plus tard, Grant est devenu président des Etats-Unis et le jeune homme est venu le voir à une époque où le président recevait le public chaque jour de l’an. Il le reconnaît et lui demande ce qui a échoué. Le jeune homme avoue qu’il a bu du whisky dans l’avion et l’avait mis à la place du pétrole par erreur ce qui avait rendu l’avion fou et faussé les notes du commandant sur les positions ennemies. Grant et Lee après la paix ont parlé de l’avion mais ont gardé cette histoire secrète pour que l’aviation ne provoque pas des carnages en temps de guerre. Le grand-père qui a dépassé cent ans a fini de raconter son histoire à son petit-fils.
L’homme qui tua Mahomet (Alfred Bester)
Voici l’histoire d’un homme qui a saboté l’histoire. C’est un savant fou, Henry Hassel. Le narrateur évoque des anecdotes sur des savants un peu excentriques comme Ampère, Boltzman et Jacques Charles. Un génie, c’est quelqu’un qui atteint à la vérité par des voies inattendues. Hélas, celles-ci mènent au désastre dans la vie quotidienne. Et c’est ce qui arrive à Henry Hassel, professeur de compulsion appliquée à l’Université Inconnue en 1980. Personne ne sait où est l’Université Inconnue ni ce qu’on y enseigne. Elle comprend deux cents enseignants et deux mille étudiants niais du genre à rester anonymes jusqu’à ce qu’ils gagnent le Prix Nobel. Un soir après son travail, Hassel rentre chez lui et découvre sa femme dans les bras d’un autre homme. Hassel est musclé, il aurait pu réduire sa femme et l’amant en charpie mais comme il est un génie, son cerveau ne fonctionne pas comme ça. Non, il se rend dans son laboratoire pour construire en sept minutes une machine à voyager dans le temps ! Il se rend en 1902 à Philadelphie chez un certain M. Jessup. Celui-ci est le grand-père de sa femme et il le tue. Mais en revenant à son époque sa femme est toujours là dans les bras d’un type. Sa grand-mère était donc également infidèle. Alors il part en 1901 pour tuer Amma Hotckiss, la grand-mère de sa femme. Pourtant de retour chez lui, sa femme est toujours là ! Alors il demande conseil à un ordinateur, Sem, qui lui parle de la notion du temps. Il apprend que pour briser le continuum, l’action doit faire effet sur les masses. La grand-mère de sa femme étant donc trop insignifiante pour perturber le futur. Hassel se rend donc en 1775 pour tuer un jeune colonel, Georges Washington mais en rentrant chez lui sa femme est toujours là ! Alors il repart pour tuer Christophe Colomb, Napoléon, Mahomet et six autres célébrités. De retour chez lui, sa femme est toujours dans les bras d’un autre. Alors il se rend à Paris en 1900 pour voir Marie Curie. Il la renseigne sur la fission nucléaire. Et en rentrant chez lui rien n’a changé. Hassel découvre que le temps est une affaire privée. tout ce qu’il a fait n’a rien changé. Washington est les autres n’ont pas été assassinés. La seule chose qui a changé c’est que Marie curie n’a pas découvert la fission nucléaire, c’est un certain enrico Fermi. Alors Hassel retourne voir Washington et découvre l’autre Hassel qui s’apprête à tuer le grand homme. Mais son double ne l’a même pas remarqué et a tué Washington. Hassel ne se démonte pas et va voir Enrico Fermi à Chicago en 1940 et le tue. Mais ses balles n’ont aucun effet et il s’en rend compte sans comprendre. Alors il retourne voir Sem pour savoir qui est le spécialiste du temps. Il s’agit d’Israël Lennox à Yale mais il est mort en 1975. Il reste un certain Wiley Murphy. Murphy est un de ses collègues. En rentrant chez lui il découvre que l’homme qui embrasse sa femme c’est Murphy ! Hassel parle à Murphy qui ne lui répond pas et essaye de séparer le couple mais sans succès. C’est alors qu’intervient un fantôme, Israël Lennox. Hassel lui apprend sa découverte : le temps n’est pas un continuum mais une série d’infimes particules. Lennox a disparu car il a inventé une machine à voyager dans le temps et Hassel réalise que lui aussi est devenu un fantôme. Lennox a fait comme Hassel, il a tué des célébrités pour changer le présent mais sans succès. La conclusion c’est qu’il n’existe par de continuum objectif et universel mais des milliards d’individus avec leur propre continuum et qu’aucun de ceux-ci ne peut en affecter un autre. Si Hassel et Lennox n’existent plus c’est parce qu’ils ont modifié leur propre passé et qu’ils ont effacé également leur propre souvenir.
La clef laxienne (Robert Sheckley)
Richard Greyon travaille au Service de Décontamination Interplanétaire. Son collègue a fait amené une machine qu’il montre à Richard. C’est un générateur spontané. Il l’a trouvé dans un dépôt de ferrailles interstellaires. La machine vient de la planète Meldge qui avait possédé autrefois une civilisation extrêmement avancée. La machine se contente de capter l’énergie qui se trouve dans l’air mais Arnold, le collègue de Richard, ne sait pas ce qu’elle peut fabriquer. La machine a produit une poudre qu’Arnold veut faire analyser. La poudre est du Tangresse, la nourriture du peuple de Meldge. Mais après avoir téléphoné à une entreprise, il apprend qu’il ne peut tirer de la poudre que cinq cents par tonne. Arnold découvre alors que le Tangreene se solidifie avec l’air et peut servir aux entreprises de construction. Mais là encore, on ne lui propose que peu d’argent. Arnold veut alors arrêter la machine qui ne cesse de produire de la poudre mais il faut une clef laxienne pour ça et il n’en a pas. Les problèmes arrivent car personne ne possède de clef laxienne et le gérant de l’immeuble où travaillent richard et Arnold a prévenu la police pour être débarrassé de la poudre. Un certain Carstairs arrive dans leur bureau avec un dérivomètre. Il travaille pour la compagnie métropolitaine d’énergie. Les jours suivants, les deux associés ont dû engager des hommes pour se débarrasser de la poudre. Ils ont ensuite installé la machine dans leur astronef. Ils se rendent vers Meldge. Arrivés sur Meldge, un douanier leur demande ce qu’ils sont venus faire alors les deux associés parlent de monter une fabrique de Tangreese. Mais le douanier leur ordonne alors de quitter la planète car elle est déjà couverte de montagne de tangreese ! Le douanier dit enfin aux deux associés que s’ils trouvent une clef laxienne alors il leur élèvera des statues !
- La meilleure amie de l’homme (Evelyn E. Smith)
Gervase Schnee est réveillé par un représentant de commerce de haut-grade. Le représentant lui annonce qu’une machine l’a désigné comme nouveau souverain. Il est désigné pour supprimer l’ancien souverain. Le représentant s’appelle Bedric Florea et est vice-président de la Société de munitions et de conteneurs Florea. Il offre à Gervase une arme. Florea lui offre également sept milliards pour accepter d’être souverain mais Gervase trouve ça absurde. Il pense qu’une machine ne peut prédire l’avenir. Un autre intrus sonne à la porte, il appartient aux dissiminateur quotidien et veut interviewer Gervase. puis c’est Kipp, lui-même, l’ancien souverain qui se présente sachant que Gervase est destiné à le supprimer. Il l’invite au palais pour décider de la date de son exécution !
Florea annonce à Gervase que s’il refuse son destin, c’est le peuple qui le tuera. Une foule enthousiaste s’est rassemblée devant l’appartement de Gervase. Gervase déjeune le lendemain avec le suzerain Kipp. La liquidation est fixée pour le mardi suivant et annoncée au public. Le matin de l’exécution, Gervase enfile un uniforme d’assassin noir et argent. Il est accompagné de deux auxiliaires à gages, des croque-morts. La foule attend l’exécution et des rafraîchissements sont proposés dont du hachisch ! Gervase tue Kipp et ordonne à tout le monde de se retirer. En réalité, Gervase a tiré à blanc et Kipp n’est pas mort. Les croque-morts sont des amis de Kipp. Il s’agit de deux anciens souverains, Moorhouse et Shinnick. Tout avait été arrangé antre anciens souverains qui forment un club soudé. Gervase veut voir la machine, la Pronostiqueuse. Il entre dans la machine dans laquelle se trouve une pièce privée. Une vieille femme pratiquant la voyance avec le tarot et une boule de cristal est dedans. Gervase avait bien deviné que la machine n’avait aucun don pour deviner l’avenir. La vieille femme est la mère de Gervase ! C’est pour cela qu’il était au courant de la supercherie. Elle voulait ainsi désigner un gouvernement qui lui serait favorable.
L’éducation de Tigress Macardle (C.M. Kornbluth)
Un nouveau président des Etats-Unis est élu. Quatre ans plus tard le 28è amendement est ratifié et la République devient monarchie et Sa Majesté Purvis 1er règne sur toutes les Amériques. Tout se serait peut-être bien passé sans Fu Manchu, savant fou chinois, incarnation du péril jaune. Gerald Wang se jure lui aussi d’incarner le Péril jaune. Il frappe un grand coup en 1978 après des années d’intrigues. Son idée perfide est retenue par Purvis 1er, un édit royal sous forme de « programme des qualités requises pour la procréation. Il est question de George Maccardle professeur chargé de cours spécial d’histoire par chronoscope de l’université de Columbia. Son amie est Tigress Maone. Il a réalisé un cours réussissant à conjuguer l’irresponsabilité du célibat et les joies du mariage. George est devenu un jeune rédacteur plein d’avenir au club du livre hebdomadaire de la Guerre de Sécession. Puis il dirige l’activité des auteurs maison. Un nain dénommé Blount est sa bête noire. Tigress veut un enfant et George se retient de la griffer. Pour elle, c’est une obligation vis-à-vis de la postérité. George se dit « Adieu liberté » mais il semble trop faible pour résister. Depuis l’entrée en vigueur du programme des qualités requises pour la procréation aucun des collègues de George n’ eu d’enfants. Certains même se sont fait stériliser. C’est Blount qui vindicativement lui conseille de demander par téléphone au PQRP comment obtenir l’autorisation d’avoir un enfant. On lui répond qu’il doit se présenter à l’Empire State Building avec sa femme. Ils s’y rendent. On leur indique le bureau n° 100. On leur offre un bambino (un bébé robot) qu’ils doivent rapporter au bout de trois mois pour vérifier son état de santé après quoi on leur délivrera ou non une autorisation de procréer. Le couple s’arrête à une station d’essence pour « nourrir » le bambino avec un biberon de carburant. George s’isole avec le gars de la station-service pour savoir ce qui arriverait si le bambino manquait d’essence mais le bébé robot fonctionne avec une pile atomique, l’essence c’est juste pour les trucs sans importance et le bambino ne cesserait de hurler. Le bambino est un monstre car dès son arrivée chez le couple il commence à tout casser. George rencontre son voisin Jack Truro dans un bar et lui parle du bambino. Ils se plaignent tous les deux et maudissent leurs femmes. George ramène un porte-documents contenant le travail de Blount qu’il attendait depuis longtemps et le bambino s’empresse de le noyer sous de la lessive liquide. Tous les écrits sont effacés et Blount ne conserve pas de double. George se résigne à la stérilisation et sa femme s’en trouve finalement bien contente. Le bambino les félicite de cette décision patriotique qui combat le spectre de la surpopulation. C’est alors que le génie de Wang apparaît car les premières vagues chinoises débarquent en Amérique trois générations plus tard et ne rencontrent aucune résistance de la part d’une population âgée et de faible densité.
Le farceur (William Tenn)
Vers l’an 2208, un jeune homme intelligent se réveille avec une idée prodigieuse. Il pense aux évolutions technologiques depuis le début du XXè siècle jusqu’à l’arrivée des robots. Lester, le jeune homme, après ses réflexions récupère son robot valet après l’avoir fait réparer. Lester est un comédien célèbre. Il est furieux car on lui a ramené un robot trop petit avec un gros tronc et des petites jambes. Le robot s’appelle Rupert et est chargé d’inventer des blagues pour Lester. Le robot après avoir raconté une blague émet des cliquetis et des grincements ce qui est sa manière de rire à ses propres blagues. Lester donne l’ordre à son robot de lire un scénario pour son spectacle du soir afin d’en faire un second pour donner aux gags de Lester un effet d’improvisation. Une des collègues de Lester appelle. Josephine Linsy lui apprend que Green et Anderson sont allés raconter des choses à Haskell. Ils écrivent les gags pour Lester et veulent convaincre Haskell que Lester ne vaut rien sans eux. Josephine voit Ruppert et le trouve enlaidi et elle pense que ce robot semble avoir des sentiments. Ruppert annonce à Lester que Jo n’est pas une dame mais son futur. Après quoi le mécanicien des Réorganisateurs de Robots Rholg’s entre pendant que Ruppert tombe face contre terre. Il fait la courbette à chaque fois que quelqu’un arrive. Le mécanicien est juste venu récupérer une clef qu’il avait laissée dans le robot. Haskelle arrive. Il veut que le spectacle de Lester fasse rire les spectateurs pour que ceux-ci réagissent positivement à la publicité (on pense au fameux temps de cerveau disponible pour coca-cola de Le Lay, l’ex-patron de TF1). Haskell veut savoir si Lester peut amuser sans Green et Anderson. Alors Lester montre le scénario que Ruppert lui a préparé. Haskell s’effondre de rire. Mais Ruppert s’est vengé d’Haskell qui avait critiqué un cocktail qu’il venait de composer. Ruppert lui a préparé une boisson infecte qui pousse illico Haskell aux toilettes. Ruppert se met à rire à sa façon. Il a donc bien des sentiments. Haskell est alors conduit à l’hôpital. Jo arrive et Ruppert la touche et joue lui colle une gifle. Elle se casse la main tellement le choc est violent. Joe veut que Lester se débarrasse du robot sous peine de ne plus vouloir se marier avec le comédien s’il refuse. Lester, goujat, préfère l’argent à l’amour et annonce à sa fiancée qu’il espère rester ami avec elle. Pendant son spectacle, il se trouve que Lester a besoin d’improviser et Ruppert l’aide en lui fournissant spontanément des blagues. Lester veut alors remettre Ruppert à sa place mais le robot est vexé et s’empare de la régie et met la pagaille en se moquant des pubs. Lester finit par épouser Joe mais il ne vivra jamais heureux. Il est devenu persona non grata à vie dans tous les studios. L’émission qui l’a ruiné fait la gloire de Ruppert. Lester est devenu son impresario et il vit avec lui comme le veut la loi des robots. Il ne peut voir sa femme et ses enfants qu’une fois par semaine et tout le monde l’a surnommé Lester l’empesté alors qu’avant il était appelé Lester le farceur.