Humanisme : le Contrat social

Blog de réflexions philosophiques fondées sur de larges lectures. Billets d'humeur sur la littérature, l'histoire et la politique. Influences rousseauistes et maçonniques.

30 novembre 2008

Michel Berger 3

X Mandoline, fille de la zone.

   Michel décide de voyager. Il part en Chine, prend des photos et des notes. Il publie un compte-rendu dans Libération. Il cherche la reconnaissance de ce journal qui n’a d’yeux que pour Bashung et Manset. L’article paraît les 30 août 1982 et le 1er septembre 1982. Puis Michel part pour le Brésil. L’année sabbatique terminée, Berger sort l’album « Voyou » en 1983. C’est un disque coup d’épée dans l’eau qui ne séduit pas les critiques. En mai 1984, il chante au Palais des Sports. La presse salue l’événement. Il a rencontré d’autres musiciens, Serge Perathoner, Jannick Top, Claude Salmieri, Denys Lable (le cousin de France Gall). En novembre 1983, il a créé le label Apache avec son ami Patrick Villaret rencontré en 1972. Michel aime rester maître chez lui et ne veut pas traiter avec les majors.

   1984 voit la parution de l’album de France « Débranche ». « Débranche » est un tube ainsi que « Calypso » et « Hong Kong star ». Les auteurs de cette biographie pensent que les textes de Michel Berger étaient trop simplistes et qu’ils avaient été dénigré par un professeur d’université, Jean-Jacques Roubine, dans un article paru dans « Les Echos ». A partir de l’album « Ca ne tient pas debout » qui sort en 1990, les textes seront tenus sous haute surveillance et les facilités plus souvent évacuées. A l’automne 1985, Michel sort l’album « Différences » qui contient le tube « Y a pas de honte » c’est un disque éploré qui parle de regrets et de remords (Si tu plonges dédié à son fils Raphaël), de déracinement (Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux).

XI France, négresse blonde

   13 juillet 1985, Michel Berger, France Gall, Daniel Balavoine et J.J. Goldman sont à Wembley pour le Live aid. La France est absente, pas de retransmission en direct, pas d’artistes sur scène. Un journaliste de Libération, Lionel Rotcage est présent aussi. Il est le représentant de Band aid en France. Le 13 octobre 1985 les « chanteurs sans frontières » proposent leur concert à La Courneuve. Il y a là tous ceux qui ont participé au disque « Chanson pour l’Ethiopie ». On attendait 150 000 personnes, elles seront 15 000. Rotcage s’est expliqué virilement avec Balavoine et Berger mais au bout du compte ils se sont compris cela donnera l’opération « Action Ecoles ». Gall-Berger-Balavoine-Rotcage se rendent au Mali sans caméra. Michel réalise les clips destinés à populariser l’opération. Il donne interview sur interview et les colis affluent. Mais Daniel Balavoine, le lutin qui a toujours le mot pour rire, l’homme qui croit que la vie est un jardin d’enfant et que le destin de l’homo sapiens est de soulever les montagnes disparaît dans un accident d’hélicoptère le 14 janvier 1986. A l’enterrement de Daniel Balavoine, son amie Marlène Jobert voit Michel Berger s’approcher de la tombe, regarder vers le ciel et laisser retomber ses bras le long de son corps en signe d’impuissance. Cette injustice. Ce vide.

   En 1987, France Gall sort « Babacar ». « Babacar » est le hit absolu de l’album. C’est une histoire simple et triste. Un jour que France Gall est à Dakar, une femme l’accoste et lui présente un enfant desséché par la malnutrition. Elle lui demande de le prendre France hésite mais Michel ne veut pas arracher l’enfant à sa famille et propose de l’argent pour que la mère puisse élever dignement son enfant. Michel rend hommage à Ella Fitzgerald, il lui envoie le disque mais elle n’en accusera jamais réception. Le disque recèle enfin « Evidemment » l’hommage à Daniel Balavoine. Le 18 avril 1985, le père de Michel est admis à l’Académie française. Il est reçu le 16 janvier 1986. Michel accepte de faire des photos avec son père pour la presse. Fin octobre 1984, début février 1985, Michel Berger avait vu le spectacle de Johnny eu Zénith. Johnny veut une chanson et Michel répond un album ou rien. Le soir même de leur rencontre, Michel écrit « Le chanteur abandonné ». L’album sort en 1985 et s’intitule « Roch’n’roll attitude ». Nathalie Baye lit les dernières lignes de « La chatte sur un toit brûlant » en introduction de « Quelque chose de Tennessee ». L’album est un succès et relance la carrière de Johnny. Michel met en scène le spectacle de Johnny à Bercy en septembre 1987. Du 11 au 19 avril 1986, Michel chante au Zénith. Il avait bataillé pour la construction de cette salle. Après le Zénith et la tournée qui suit on ne reverra jamais vraiment Michel Berger sur scène.

   En 1987, France annonce qu’elle arrête la scène. En 1988, on voit Michel et France dans la foule qui soutient Mitterrand lors de la campagne présidentielle tandis que leur ami Johnny soutient Chirac en chantant « on a tous en nous quelque chose de... Jacques Chirac » ce qui pousse Michel Berger à échanger quelques mots aigres-doux avec l’idole. Quand Michel Berger voulait vraiment remuer ciel et terre, il prenait rendez-vous avec Mitterrand et celui-ci le recevait invariablement. En janvier 1993, lors d’une émission hommage, Mitterrand déclarait : « Il présentait cette singularité physique et créatrice de donner un sentiment initial d’une certaine fragilité dont on s’apercevait au bout d’un moment qu’elle représentait une grande force. Berger s’était lié d’amitié avec Jacques Attali en 1976 quand l’écrivain avait publié l’ouvrage « Bruits » consacré à la musique. C’est Attali qui l’avait présenté à Mitterrand.

XII Nanette et Diane, gens de Mogador

   En 1988, Berger et Plamondon décident de remonter Starmania. Tom O’Horgan n’est plus de la partie. La mise en scène est signée directement par les auteurs. Le livret est retravaillé avec un nouveau casting dont la Belge Maurane et Renaud Hantson. Jannick Top et serge Perathoner ont travaillé sur la nouvelle partition. Le spectacle commence le 15 septembre au Théâtre de Paris. C’est un triomphe. Cela durera jusqu’en 1989 avec une tournée d’un an. Pourtant les problèmes étaient là. Maurane avait jeté l’éponge pour des problèmes personnels. Heureusement, sa doublure, Réjane Perry, chantait avec la même tonalité et Berger n’avait pas eu à refaire la partition in-extremis. Le spectacle est même joué en Russie pour dix représentations.

   En 1990, Michel Berger revient avec un nouvel album « Ca ne tient pas debout ». L’album-testament est le dernier de Michel en solo. Il ne fera que peu de promotion et ne le présentera pas sur scène et le CD ne sera pas un grand succès. Le disque est pessimiste, enserré dans un écrin froid de ses arrangements. Michel a vieilli, il a des cheveux blancs, des lunettes, il s’est empâté. Il suit un régime et fait un bilan de santé. A sa mort, France Gall trouvera dans ses affaires une lettre du père de Berger le recommandant à un cardiologue. Il a acheté une maison à Montréal près de celle de Plamondon mais ne l’habitera jamais. il possède depuis dix ans un immeuble cossu rue des Argentiers dans le vieux Bordeaux. Il ne le visite pas non plus. Il a acquis une villa à Ramatuelle qui s’appelle Grand-Base et que sa femme et ses enfants adorent. Il court le monde avec Lionel Rotcage. Ils vont en Afrique. Il envisage de faire un film sur les Indiens intitulé « Totem ». Il s’enferme des heures durant au Prado pour admirer Bosch, Velasquez et Goya. Il se rend à Venise. Puis il monte un nouvel opéra-rock avec Plamondon « La légende de Jimmy » à l’automne 1990. La mise en scène est de Jérome Savary. Le spectacle a lieu au Théâtre de Mogador avec notamment Diane Tell et Renaud Hantson. L’action s’ouvre dans le cimetière de Fairmount (Indian), où repose la dépouille disloquée de James Dean. Là se retrouvent les groupes de teenagers qui pleurent l’acteur. Berger et Plamondon affirment que c’est leur oeuvre la plus aboutie. Victime de la guerre du golfe, le spectacle ne dure que cinq mois avec une fréquentation inégale. L’opéra-rock aurait dû être joué à l’opéra-Bastille mais les choses traînaient en longueur. La légende de Jimmy renaîtra de ses cendres à Montréal peu avant la mort de Michel. La version québécoise était un peu plus douce que sa grande soeur parisienne. Le succès mitigé de « Jimmy » provoque de l’amertume chez Berger. Ce qu’il prenait pour son chef-d’oeuvre avait terminé sa carrière dans une salle vide, alors que les locations étaient prises, à cause de la guerre du Golfe.

   Puis c’est « Tycoon » la version anglaise de Starmania. Berger vole de Londres à Los-Angeles, de New-York à Montréal pour monter le projet qui s’achève en février 1992. Le casting propose Kim Carnes, Céline Dion, Nina Hagen, Tom Jones, Peter Kingsberry, Cindy Lauper et Willy Deville. Le livret est traduit par Tim Rice qui avait travaillé sur « Evita ». « The world is stone » chanté par Cindy Lauper entre dans le top 10 en Angleterre. Mais le spectacle ne dépassera pas le stade du show-case en Angleterre. Michel Berger est mort avant d’avoir monté « Tycoon » à Broadway.

XIII Magalie, anonyme

   Le 1er février 1992, le père de Michel Berger meurt. Il ne lui a rien laissé même pas pour ses enfants. Il aura cherché toute sa vie à comprendre l’abandon de son père. Dans le testament le professeur Hamburger ne mentionne même pas le nom de ses enfants ce qui est illégal. Il ne les déshérite pas, il les occulte. C’est inexplicable. Michel est rejeté une ultime fois. Pourtant il a choisi d’être inhumé à côté de son autre fils Bernard au cimetière Montmartre.

   Le nouvel album de France et Michel s’appelle « double-jeu ». Il sort en juin 1992. Il a été enregistré au studio Face B, que Michel a fait aménager selon son goût par un architecte décorateur. Double jeu est un projet qui surprend tout le monde. On croyait France définitivement retirée de la vie d’artiste, on savait le couple hostile à toute exploitation d’une image commune. Le contenu de l’album accroît le malaise. Où est passée la voix si brillante, si percutante de France ? Que sont devenus les mélodies solaires de Michel ? Michel n’avait sans doute plus très envie de faire des disques et France voulait affirmer sa personnalité et mettre le poids de son expérience dans la balance. A sa sortie, le disque est accueilli par une vague de scepticisme. Et les ventes ne décolleront qu’avec ce sinistre coup médiatique que sera la disparition de Michel. Le 22 juin le couple chante l’album au New Morning pour un show-case très privé. Le spectacle prévu devait se dérouler à La Cigale du 17 octobre au 1er novembre mais France chantera seule à Bercy en 1993.

   Au printemps 1992, Michel apparaît las, préoccupé. Il multiplie les voyages. Il cède ses éditions. Il boucle ses contrats et range ses papiers. Il fait le vide. Il s’en va. Au nouvel an 1993, il sera un homme nouveau. Son agenda est chargé. Le 30 juin il est à Londres pour trouver une salle pour Starmania. Plamondon le trouve fatigué et lui conseille de se reposer. Johnny lui a demandé un nouvel album. Puisqu’on lui a demandé de se reposer, il va à Ramatuelle. Le 2 août, il donne sa dernière interview à Alain Morel du Parisien pour Radio Service, une radio locale. Il précise qu’il regagnera Paris le lendemain pour préparer le spectacle. Le reporter le trouve détendu, en pleine forme. Alors qu’il fait chaud, il joue au tennis avec France. Après, prendra une légère collation et on ira au théâtre voir Etienne Chicot qui joue Ruy-Blas d’Hugo. Mais Michel a un premier infarctus. On l’aide à regagner la villa. Il récupère mais la douleur persiste. Après un bain, il se sent mieux. Il se dit même prêt à aller au théâtre. Il s’apprête à se sécher et nouvel infarctus. On appelle les pompiers. Troisième infarctus, celui-ci sera fatal. A 21 h 10 tout est fini. La nouvelle n’est communiquée à la presse que le lendemain à 11 h 30. La nouvelle provoque une émotion considérable. Michel est enterré le 6 août aux côtés de son frère Bernard. Au cimetière Montmartre, défile tous ses amis : Luc Plamondon, Françoise Hardy, Johnny Hallyday, Jack Lang, Jannick Top, Renaud Hantson, Coco Balavoine, Jean-Michel Jarre... et Véronique Sanson. Jacques Attali prononce l’éloge funèbre. Peu avant sa mort, Michel avait conçu un scénario pour Totem. Cela devait raconter l’histoire d’un artiste indigène des prisonniers des contradictions entre l’art traditionnel hérité de ses ancêtres et l’expression de la modernité qu’il porte en lui. Il voulait aider à la création d’une fondation consacrée à la recherche sur les maladies génétiques. Il souhaitait voir le Louvre accueillir l’art africain. Il souhaitait retravailler avec Luc Plamondon, un oratorio dont le titre provisoire était Guernica. Il devait se faire à nouveau Pygmalion pour une jeune Allemande, Béatrice Grimm, mannequin qui voulait chanter en anglais. Béatrice n’a pas eu le courage de continuer sans lui. Sur la tombe de Michel, ne fan anonyme, Magali a écrit « Tu brilleras toujours dans leur regard (F.G., P.H., R.H.)


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23 novembre 2008

Michel Berger 2

Au fil des ans, toutes périodes confondues, le dialogue continue. Sur l’album « Que l’amour est bizarre » qui sort en 1975, Michel crée « Seras-tu là » : « Pour nos souvenirs/Et nos amours.inoubliables.inconsolables/seras-tu là ? »
L’année suivante, à l’Olympia, Véronique Sanson répond « Je serai là ! » En 1979, pour son septième album, elle enregistre « Toute une vie sans te voir » « Et j’ai perdu mon âme/quand j’ai perdu mon sourire/un jour/quand j’ai tué mon amour ».

   Michel et Véronique se sont revus quelques rares fois. Chez WEA, Véronique a présenté un jour Christopher à Michel. En 1988, Michel accepte de produire les arrangements de la chanson « Allah » après avoir hésité, troublé.

VI Françoise, message personnel

« Coeur brisé » n’est pas un succès commercial significatif. Marlène Jobert l’a trouvé un peu mou. Chez WEA, Michel continue sa lourde tâche de découvreur de talents. Françoise Hardy n’a plus de maison de disques. Elle appelle Michel de la part de J.M. Périer. Il accepte de l’aider mais le disque doit se faire chez WEA. Il écrit « Message personnel » mais laisse à Françoise Hardy l’écriture de la partie parlée. C’est elle qui trouve le titre de la chanson. Les séances d’enregistrement seront houleuses car Françoise voulait partir à 20 heures pour s’occuper de son bébé et Michel pensait que c’était un caprice de star. De plus il n’appréciera pas le thème astral que Françoise a fait de lui à la radio car il aime la rationalité. De plus, elle a décelé en lui une part de féminité. « Message personnel » est un énorme succès. Michel sort « Ecoute la musique » un extrait de son album à venir. Cette création cicatrise les plaies, il écrit « quelle consolation fantastique ». Le nouveau disque de Michel sort en 1974, il s’appelle « Chanson pour une fan ». C’est un hommage aux fans qui l’ont soutenu. L’album est encore placé sous le signe de l’absence. A cette époque, France Gall est dans l’impasse. Comme elle est chez WEA, Michel et France sont à portée de main l’un de l’autre. Ils sont sortie au même moment d’une grande histoire d’amour. Elle avec Julien Clerc, Michel avec Véronique Sanson. France a aimé « Coeur brisé ». Un titre l’a particulièrement touchée : « Attends-moi ». Elle joint Michel pour le lui dire. Elle lui parle d’elle. Elle a demandé à Bosson de lui rendre sa liberté. Elle veut partir, faire d’autres rencontres. Elle finit par se lancer mais Michel n’est pas très chaud pour lui écrire des chansons. Il n’a plus envie de composer pour les autres et il a un album à finir. Il ne comprend pas très bien le pétrin dans lequel France s’est fourrée mais n’ose pas le lui dire. Il a tort car elle porte le même regard sur elle-même. Elle fait le siège de WEA et Michel cède. Il l’invite à faire une voix sur « Mon fils rire du rock ‘n’ roll » sur l’album « Chansons pour une fan ». Il l’invite chez lui, la fait travailler au piano, il l’écoute parler d’elle, de ses désirs et de sa fulgurante première carrière qu’elle n’a jamais vraiment aimée non plus. Il veut qu’elle change d’apparence et ne veut plus qu’elle évoque son passé dans les médias. Puis France est avec Michel et Michel est avec France. La robustesse de la jeune femme achève de le tirer de l’indolence affective dans laquelle il se complaît et qui finit par devenir malsaine. Elle organise sa vie, elle remplit le frigo et elle pense à un appartement. Elle est la solidité qui lui manque. Il lui propose la chanson qui, selon, est la synthèse de ce qu’ils cherchent depuis des mois c’est « La déclaration ».

VII Emilie, sirène

   « La déclaration » est un succès. Michel et France ne veulent pas vendre leur vie privée à la presse. En 1975, France sort son premier album avec Michel, il s’intitule tout simplement « France Gall ». La même année, Michel sort son album « Que l’amour est bizarre » mais c’est le disque de France qui impose le nom de Michel dans le coeur du public. Michel connaît une fois de plus ce phénomène étrange qui veut qu’on entende mieux ce qu’il dit quand c’est un(e) autre qui le chante. En 1976, Michel sort l’album « Mon piano danse ». L’album rate sa cible : le grand public. Berger exprime sa réserve quand Maritie et Gilbert Carpentier veulent lui consacrer une émission entière mais il accepte de proposer un conte : Emilie ou la petite sirène en 1976. Il y a Rod Stewart, Françoise Hardy, Michel Berger, Christophe, Eddy Mitchell, Nicole Croisille et France Gall. Il n’y aura pas de disque pour des problèmes de droits (trop d’artistes disséminés dans trop de compagnies différentes). Seul un 45 tours sort « Ca balance pas mal à Paris ». Le 22 juin 1978, Michel et France se marient à la mairie du XVIè arrondissement. Ils deviennent le couple emblématique de ces années-là. En 1977, France sort « Dancing disco ». Il comporte le tube « Musique » et « Si maman si ». Le couple s’achète une maison à Rueil-Malmaison et loue une datcha à La Muette, boulevard Beauséjour, maison conçue pour célébrer la gloire du Tsar lors de l’Exposition universelle de 1889. Michel a sa propre édition, Colline où il dépose ses chansons. Il la revendra dans les années 80 pour créer les éditions Apache. L’argent est le nerf de la guerre et Michel veut le contrôler. De temps à autre il accepte une commande : la pub pour la chicorée Sanka, pour Evian ou pour Chanel. Michel vit comme s’il avait la mort à ses trousses. Alors, il court après les aventures professionnelles inédites.

VIII Stella, sex-symbol

   En novembre 1975, Michel Berger téléphone à Luc Plamondon pour lui proposer d’écrire un opéra. Mais il ne sait pas qu’à Montréal, il est cinq heures du matin et le Québécois est énervé. C’est un défi pour Michel car on dit, qu’en France, la comédie musicale n’existe pas. A cette époque, le terrorisme fait peur. On craint Septembre noir, les Brigades rouges, la bande à Baader. Michel découvre l’histoire de Patricia Hearst, la fille du magnat états-unien de la presse. Enlevée par une horde de terroristes, elle a fini par épouser la cause de ses ravisseurs. Cette histoire inspire Michel Berger. Il se persuade que la comédie musicale qu’il brûle d’écrire doit traiter de tout ça : la haine, le sang, l’affrontement des bandes rivales. L’histoire romancée de Patricia Hearst, Michel en écrit une première version qu’il baptise Angelina Dumas. Des chansons sont enregistrées mais Michel écoute les épreuves et décide au dernier moment de ne pas les sortir. Le projet ne lui semble pas mûr. Il pense qu’il a besoin d’un partenaire, un librettiste. Plamondon le rappelle et il pense que l’histoire de Patricia Hearst ne lui dit rien qui vaille. Le temps de la monter, elle sera déjà dépassée. Plamondon veut universaliser l’histoire et la déconnecter de références précises. D’abord Michel boude puis il se ravise et accepte. Michel et Luc se rencontrent à Paris. Ils veulent jouer l’opéra à Paris et au Québec et peut-être aux Etats-Unis. A partir du début de 1976, les deux hommes se rencontrent fréquemment et travaillent beaucoup sur Starmania. WEA est d’accord pour sortir le disque, reste le casting. Pas de star, plutôt des inconnus avec des Français et des Québécois. Diane Dufresne s’impose comme une évidence mais France Gall ne va-t-elle pas écraser une distribution très discrète ? Dans un premier temps, on écarte sa candidature et on cherche une chanteuse inconnue mais il ne s’est pas présentée de « Cristal » potentielle. Alors France Gall reporte le casting. Pour Johnny Rockfort, Michel a repéré Daniel Balavoine qui chantait « Lady Marlène » à la télé, France est favorable mais Luc est dubitatif. Il ne le trouve pas assez agressif. Daniel se déclare intéressé et passe une audition sur « Quand on arrive en ville ». Il emporte le morceau haut la main. Pour Ziggy, on pense un moment à Plastic Bertrand mais il n’est pas intéressé. Ce sera donc Eric Estève. La direction d’orchestre est confiée à Bernholc. Parmi les souvenirs il y a l’histoire de la chanson « Les uns contre les autres ». Ce titre revient de loin. Il est né un soir où Michel avait demandé à Luc s’il n’avait rien à lui donner mais celui-ci n’avait plus rien d’avance. Pourtant Michel avait trouvé un texte dans la corbeille à papier « On vit les uns avec les autres » que Luc n’aimait pas et en dix minutes Michel avait composé la musique. S.O.S. d’un terrien en détresse est composée « à vue » par Michel, devant Balavoine qui croit rêver et qui manque de tomber dans les pommes quand il se rend compte qu’il va lui falloir couvrir deux octaves et demie pour assurer l’interprétation de la mélodie. Le disque sort le 16 octobre 1978. C’est un carton, double album d’or en France, numéro un des ventes au Canada pendant vingt semaines. Europe 1 soutient la promotion du disque. Michel rêvait de jouer le spectacle à l’opéra Garnier mais ce sera le Palais des Congrès. Mais le spectacle est programmé pour les vacances de Pâques et les financiers ne suivent pas. Heureusement Michel et Luc avaient mis de l’argent de côté. Il faut encore composer une heure de musique supplémentaire et Luc invente le personnage de l’évangeliste pour lier les chansons. La mise en scène est confiée à Tom o’Horgan qui avait été responsable de Hair et Jésus Christ superstar. Le casting est revu. Etienne Chicot remplace Claude Dubois dans le rôle du dictateur Zéro Janvier. Grégory Ken remplace Eric Estève pour le rôle de Ziggy. L’évangeliste est jouée par René Joly. Daniel Balavoine est devenu célèbre avec « Le Chanteur », un titre tellement dans l’esprit de Starmania que certains font l’amalgame et pensent qu’il s’agit d’un extrait du spectacle. Le spectacle est un succès, 96 000 spectateurs pour 25 représentations. Le spectacle engendrera quelques solides brouilles et quelques amitiés indéfectibles aussi, comme cette complicité Berger-Balavoine que personne n’arrive à expliquer, l’alliance de la carpe et du lapin, de l’introverti par excellence avec le plus déchaîné, le plus expansif, le plus allumé des nouveaux demi-dieux du show-bizz hexagonal (qui s’offrira entre autres, le luxe d’apostropher rudement François Mitterrand par un jour de Mars 80, ce qui fera rire jaune le copain Michel. Le 14 novembre 1978, France Gall met au monde Pauline Isabelle Hamburger à Neuilly-sur-Seine. Le couple l’entoure de tout son amour. Michel lui dédie une chanson en 1981 « Ballade pour une Pauline triste ». Michel et France déménagent rue de Monceau. La Chaumine, la maison de campagne de l’enfance a été remplacée par Feucherolle dont parle Michel dans « Les tramways de Carouge ». De plus, il y a la villa de Honfleur, dessinée par Bernard, le frère de Michel.

IX Nane, réfugiée cambodgienne

   En 1980, l’album Beauséjour est un carton avec « La groupie du pianiste », « Celui qui chante ». Il ne renouvellera jamais le score de Beauséjour en termes de vente et de popularité. A cette époque, Michel souhaitait offrir à Daniel Balavoine un album mais il ne sera jamais écrit. La même année France Gall sort « Paris, France » avec un tube mémorable « Il jouait du piano debout » en hommage à Jerry Lee Lewis. Elton John appelle Michel Berger pour lui dire qu’il connaît toutes ses chansons et qu’il veut travailler avec lui. Cela donnera « Donner pour donner » un duo avec France. Michel chante au théâtre des Champs-Elysées du 30 juin au 5 juillet 1980. Le 2 avril 1981, France met au monde Raphaël. Michel chante en guest-star à l’Olympia avec son ami Balavoine sur la chanson « Bateau toujours ».

   A partir de 1981, Michel et France décident de sortir chacun son tour de sa retraite. Album et concert pour l’un et pouponnage pour l’autre. En 1981, France sort « Tout pour la musique » avec le titre éponyme comme tube. Michel sort l’album « Beaurivage » avec un seul tube « Mademoiselle Chang ». C’est un hommage à Nane, une Cambodgienne qui s’occupe des enfants de Michel et France. Elle a fui la dictature de Pol Pot. Elle veut savoir ce qu’est devenu sa famille et Michel se démène pour la satisfaire. La famille est vivante et Michel et Nane s’envolent pour Phnom Penh pour la retrouver.

   Le 26 janvier 1982, Bernard, le frère de Michel, meurt. La mort de Bernard est une douleur dans précédent dans le coeur de Michel. Michel était au courant de la maladie incurable de son frère, il avait appelé son père et avait gardé le secret pendant cinq ans. Michel évoquera Bernard dans un titre de l’album « Ca ne tient pas debout », la chanson « L’orange bleue ». Il se réfugie dans le travail et aide ses amis. Il écrit à Sclingand pour avouer son dégoût provoqué par le changement du métier : « Mais le « métier » a bien changé et, aujourd’hui, la rentabilité immédiate est la loi ».

   En 1982, Michel rêve tout haut de faire un album écrit par lui, joué par des artistes états-uniens à destination de l’inépuisable et mythique marché U.S. Ce sera l’album « Dream in stone » Le titre original était « A French Man in New-York ». Malgré des bonnes ventes, le projet redescend dans les profondeurs du classement pour finalement y disparaître. Michel a un projet avec Diana Ross mais la maison de disque de la chanteuse refuse qu’un Français écrive pour elle. Du coup, Michel retourne vers la musique de film. C’est « tout feu tout flamme » avec Adjani et Montand. Il remet ça deux ans plus tard avec « Rive droite rive gauche ». Du 13 au 29 avril 1982, Michel Berger chante à l’Olympia, c’est un succès personnel.


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19 novembre 2008

Michel Berger, quelques mots d’amour

Michel Berger, quelques mots d’amour (Jean-François Brieu, Eric Didi).
   

   Ce livre a été écrit par Jean-François Brieu, maître de conférences à l’IUT de journalisme de Bordeaux. Il est aussi l’auteur d nombreux livrets ayant accompagné les intégrales CD de Ferré, Souchon, Sardou, Berger. Eric Didi, diplômé d’HEC, est producteur indépendant, concepteur et réalisateur d’intégrales CD (Vartan, Montand, Berger et Souchon).

I Marie-Jeanne, serveuse automate

   Le livre commence par l’évocation de la première de Starmania, le 10 avril 1978. Michel Berger s’est trouvé en plein soleil et donc critiqué par les journalistes. Ils l’ont trouvé trop froid, trop distant ou trop efféminé. Les auteurs du livre voient dans Starmania des mélodies au lyrisme inépuisable, une intrigue qui sent le désespoir et la mort. Starmania est un résumé peint en fluo de la misère du monde avec l’omniprésence de la télévision, le syndrome de Stockholm de Cristal alias France Gall, le violence des mégalopoles, le danger que fait courir le monde politico-financier quand il se met en tête de faire main-basse sur les rouages du pouvoir. Les critiques sont incisifs et traitent Daniel Balavoine de « gros mou ». Le spectacle a été joué à guichet fermé. Il y a des querelles au sein de la troupe. Diane Dufresne se la joue star et quand elle conclue sa chanson « Les adieux d’un sex-symbol » par une note suraiguë, Balavoine braille « paf ». Un jour qu’ils ont un peu bu, Balavoine t Dufresne règlent le différend manu militari et puis le champagne engourdissant les esprits, ils se réconcilient dans les larmes. En 1979, Michel Berger est jugé paradoxal. Il est connu depuis 16 ans mais trouve la consécration seulement cette année là. On le dit secret et pourtant il est à la une de tous les journaux. On le sait puissant mais il donne de lui l’image d’un adolescent nonchalant et timide.

II Annette, pianiste concertiste

   Michel-Jean Hamburger né le 28/11/1947 à Neuilly-sur-Seine. Son père s’appelle Jean, il est né en 1909 dans un riche milieu d’antiquaires installés en Hollande puis à Paris. Il entame des études de médecine et devient l’élève du professeur Valléry-Radot. Jean Hamburger devient professeur à 32 ans. Il est devenu célèbre grâce à une greffe du rein qu’il a réussi. Jean Hamburger est urologue. C’est un humaniste qui refuse l’image du médecin inabordable. Il a écrit un livre sur Littré c’est donc aussi un homme de lettres. Il est reçu à l’Académie des sciences en 1974 et à l’Académie française en 1985. Il travaille à l’hôpital Necker avec le futur académicien François Chermitte, neurologue, qui sera le parrain de Michel. Le père de Michel est un homme réservé et Michel Berger souffrira de cette réserve excessive. Annette, la mère de Michel, est la fille d’un bijoutier qui exerce à Genève. Son père a le violon pour passion, sa mère joue du piano. Elle encourage Annette à étudier le piano. Annette devient une brillante concertiste. Elle crée dans les années 50 l’association L’Aurore qui a pour objectif de favoriser la découverte de jeunes talents. En 1971, elle fonde le Conservatoire européen de musique de Paris. Les parents de Michel se rencontrent à la fin des années 30 et se marient en 1939. Ils ont un fils, Bernard, qui naît le 31 mars 1940 puis une fille, Françoise qui vient au monde un 14 juillet. Le père est au front puis démobilisé, il regagne Paris dans ce climat d’antisémitisme qu’il n’oubliera jamais. Les enfant sont éveillés à la musique. Bernard joue de la flûte et du violoncelle, Françoise et Michel du piano. Le soir, la vie mondaine prend le dessus chez les Hamburger. On invite les écrivains André Maurois, Georges Bernanos, les plus grands scientifiques, les plus grands avocats. Les enfants sont inscrits au lycée Carnot. Ils sont écrasés par la réputation de leur père qui a fait ses études dans le même lycée et raillés pour leur nom qui a un côté « fast-food ». En plus du piano, Michel joue parfois de la clarinette. Il écrit des poèmes avec son frère et sa soeur illustrés par Bernard qui se découvre des dons de dessinateur et de peintre et qui deviendra architecte. Michel écrit parfois des textes qu’il baptise « chansons ». L’un d’eux s’appelle le Soir : « Le soleil descend/comme un grand oeil qui se dresse sur le firmament/Et les concierges sur le seuil/ De leurs portes, rentrent. Il se fait tard.
Il dédie ses oeuvres à sa mère et les dépose sur son oreiller. Jean veut une éducation protestante pour ses enfants. Michel suit les cours de l’école du dimanche dispensés au temple de l’Etoile, avenue de la Grande Armée. Il faut sa première communion à 9 ans après qui il semble qu’il rompe définitivement avec la pratique religieuse. Françoise May est la marraine de Michel, c’est une amie de sa mère. Elle fréquente le milieu des lettres et du droit. Elle offre des livres de la Pléiade à Michel. Michel n’a pas dix ans quand son père échappe à la mort. Il a la tuberculose. Il refuse l’anesthésie et veut lui-même diriger sa propre opération. Jean ne reconnaît pas sa femme après l’opération. En retrouvant la mémoire, il n’est plus le même, il ne veut plus appartenir à personne et part. Il abandonne femme et enfants sans donner de raison valable. Seule Françoise arrivera à se débarrasser de l’Ombre. Ce coup de tonnerre dans la famille des Hamburger sera une force et une immense faille dans la psychologie de Michel. Le soir, dans son lit, il se libère de son état de fils renié dans de longs sanglots. Michel suit les leçons de piano de M. Gabey mais écoute aussi l’émission d’Europe 1 « Salut les copains ». Michel découvre les Beatles et les artistes de la Tamla-Motown, c’est une révélation. Par ailleurs, il collectionne les Dinky Toys, il écoute Ray Charles. Une nouvelle gouvernante a remplacé Léontine, elle s’appelle Suzanne et est une pète-sec. Pas rancunier, Michel lui consacrera une chanson sur l’album « Mon piano danse ». Le week-end, la famille de Michel part dans la maison de campagne La Chaumine à Epernon. L’été, ils filent en Suisse à Saint-Cergues près de Genève. Ses souvenirs suisses, Michel les évoque dans la chanson « Les tramways de Carouge ». Michel rend parfois visite à la fille du philosophe Bergson. Il lui rend hommage dans la chanson « Maria Carmencita, sourde et muette ». Bernard possède un ascendant sur son frère et sa soeur. Françoise suit les cours de théâtre de la rue Blanche. Michel est inscrit chez les Eclaireurs de France. Il s’y fait bizuter. Il réalise qu’on peut être trahi par ses amis. Il se console avec ses copains de Lycée Carnot. Il écrit des contes souvent cosignés par son frère ou sa soeur.

III Patricia, malheureuse

   Jacques Schlingand, directeur artistique chez Pathé Marconi lance l’opération « les idoles de demain ». Il passe une annonce dans France Soir. Michel y répond. Il a écrit des chansons avec son copain Jean Brousse. Il a monté un groupe avec son ami Jean-Philippe Saint-Geours qui joue de la guitare et un autre ami qui joue de la batterie. Devant Sclingand, Michel et ses trois amis joue quatre titres dont « Tu n’y crois pas, « Amour et soda ». Sclingand est séduit et lui fait signer un contrat. Un premier 45 tours sort mais ne rencontre pas le succès. Il a pris un pseudo comme un défi à son père, ce sera Berger. Bernard est outré par cette décision, pour lui c’est un abandon de poste. « Tu n’y crois pas » est inscrit dans les play-lists de Salut les copains. Jean-Marie Périer se rend à Saint-Cergues pour photographier Michel et faire une interview. « tu n’y crois pas » est choisi comme « chouchou » à Salut les copains et matraqué sur Europe 1. La chanson est 10è au hit-parade. Françoise a rencontré la comédienne Marlène Jobert qui devient comme une deuxième soeur pour Michel.
Sept 45 tours sortent entre l’été 1963 et l’été 1966. En 1966, Michel potasse le bac et réunit un dossier médical pour se faire exempter du service militaire. Il réussit la réforme et le bac. Il chante à l’Olympia pour un musicorama (concert organisé par Europe 1). Le 12 avril 1966, J.M. Périer l’invite pour la célèbre photo de famille des idoles de Salut les copains. Michel s’est séparé de Jean brousse et écrit ses chansons seul. Les 45 tours n’ont pas connu le succès et Michel se reconverti en assistant de Sclingand. Il découvre ainsi Véronique Sanson. A 18 ans, il est étudiant en philosophie et directeur artistique. Il rencontre Claude-Michel Schonberg. Ils travaillent ensemble sur le catalogue jeunesse de Pathé-Marconi. Michel compose une chanson pour une nouvelle chanteuse, Patricia, qu’il intitule « Quand on est malheureux ». C’est un succès ) Puis il signe « Cette vie » pour Vic Upshaw et « Les petites filles de 68 » pour Monty, « On n’apprend pas à parler d’amour » pour Cécile Valéry et pour Isabelle de Funès (nièce du comédien) « La journée d’Isabelle ». Michel se marre en composant « Oh dis Marie » pour le duo Poupougne et Chloé. Avec le succès de Patricia, Michel se paye une Triumph décapotable verte. Il peut même aider sa mère à déménager. Chez Pathé, il n’est pas très aimé mais Sclingand le défend. Sclingand lui fait rencontrer Bourvil pour qui Michel écrit « Les girafes ». A la même époque, son confident de tous les étés, Antoine, se suicide suite à un chagrin d’amour. c’est le premier contact de Michel avec la mort. Il lui rendra hommage sur l’album Beaurivage.

IV Véronique, amoureuse

   Un ami des parents de Véronique Sanson entend les chansons de la jeune fille et de sa soeur Violaine. Il connaît Sclingand et les pousse à chanter devant lui. Le groupe d Sanson s’appelle Roche Martin. La direction artistique est confiée à Claude-Michel Schonberg et Michel Berger. Véronique et sa soeur ont appris le piano dans leur enfance. Annette avait connu René Sanson, le père de Véronique dans sa jeunesse. L’histoire est un perpétuel recommencement. En mars 1967, les Roche Martin enregistrent leur premier 45 tours, c’est un échec et de plus, Véronique rate son bac. Pour le deuxième 45 tours Véronique est auteur-compositeur mais c’est encore un échec. Michel et Véronique sortent ensemble. Michel la présente à sa mère et Véronique fait de même avec ses parents. En mai 68, Michel défile côté gauchiste et Véronique côté gaulliste. Véronique consacre ses jours et ses nuits à la musique et au plaisir de vivre avec Michel. Michel rédige son mémoire de maîtrise de philo qu’il intitule « De la musique pop ». Les professeurs acceptent ce qui peut paraître pour une provocation en ces temps troublés. Le mémoire a été perdu par l’université. A cette époque, Michel dit : « Moi, si je veux, quand je veux, je fais un tube ». Il dégotte un inconnu nommé Yves Roze trouvé dans l’émission Télé-Dimanche. Sous le pseudonyme de Hursel, Michel écrit les arrangements de « Adieu jolie Candy » qu’Yves Roze enregistre sous le nom de Jean-François Michaël. C’est un succès mais une calamité dont Michel n’est pas fier.. En 1971, il recommence l’exploit avec un chanteur trouvé dans les couloirs du métro. Il écrit pour lui « Jesus » en anglais et fait croire que cette chanson est « made in USA ». La presse tombe dans le panneau mais c’est un succès. On lui propose de composer la musique d’un film baptisé « Mektoub ». Il accepte. Puis il compose la musique du film de Pierre Roustang, Paris top secret. Il gagne de l’argent et veut réaliser un rêve, écrire un concerto. Il accepte de composer la musique de la publicité pour orangina et invente le fameux « secouez-moi, secouez-moi ». Il loue un appartement avec Véronique Sanson quai de New-York. Ils visitent Venise. Ils sont en compétition permanente et composent. Chaque jour ils se montrent leur copie. Chez Pathé-Marconi et ailleurs, ceux qui n’ont pas de sympathie pour lui remâchent toujours les mêmes reproches : il se donne des airs, il toujours « élever le débat », il ne parle pas de cul, il refuse de se laisser embarquer dans la tournée des boîtes. Le clan Berger-Sanson se fait de nouveaux amis, Philippe Chatilliez (le frère du réalisateur) et Michel Bernholc qui l’aidera dans ses compositions des années 70. Bernholc collabore à la musique de « Mektoub » d’Ali Ghanem. Berger sort son premier album en 1971, « Puzzle » c’est son concerto joué avec Bernholc. Ce qui a définitivement convaincu Michel de se lancer dans cette aventure, c’est un voyage aux Etats-Unis où il a rencontré Ahmet Ertegun, fondateur de Atlantic Records (Ray Charles, Aretha Franklin ). Ertegun lui fait rencontrer le frère de Gerschwin. Pour « Puzzle », Michel a pris des cours de composition et pratiqué le clavier avec assiduité. Le dialogue entre Berger et Bernholc sur « Puzzle » dure près d’un an car rien ne met Berger plus hors de lui que ce qui lui échappe. Il veut tout comprendre. « Puzzle » sort en 1971 et met un terme à la collaboration de Michel avec Pathé. Le travail fourni par les deux Michel est reconnu par toute la profession. Véronique est bluffée et se met immédiatement en demeure d’écrire un concerto, oeuvre qui ne sera jamais gravée. « Puzzle » sera un échec du point de vue des ventes, trop complexe.

V Marine, enfant au piano rouge

   En 1971, Sclingand informe Michel de sa décision de quitter le métier. Ils continuent de correspondre. A l’heure de sa mort, dans l’été 1996, Jacques Sclingand sera enterré avec les lettres de Michel dans la poche de son ultime costume.

   Michel a quitté Pathé. A cette époque, Daniel Filipachi qui a réussi dans la presse (L’Express, Salut les copains) se lance dans la musique avec WEA. Il demande à son associé, Bernard de Bosson, de rencontrer Michel Berger. Bosson a déjà signer un contrat avec France Gall. Il va signer avec Berger. Berger produit le premier album de Véronique Sanson pour WEA, il s’intitule « Amoureuse ». Peut-on mieux traduire la passion qui les unit ? Bien sûr, Bernholc est de la partie ainsi que Gérard Kawczynski du groupe Le système Crapoutchik. A WEA, Michel reçoit le surnom de « l’implacable » qui le suivait déjà chez Pathé. « Amoureuse » sort le 20 mars 1972 et provoque un véritable choc dans le petit monde de l’édition musicale et discographique. La presse s’extasie et le public se précipite pour acheter le disque. Véronique a dédié l’un des titres de son album à Berger et Bernholc « les deux Michel ». Puis vient le deuxième album mais Bernholc est demandé par Julien Clerc, Claude François, Michel Delpech. Berger et Sanson apprécient moyennement. En même temps, Berger sort un 45 tours sous son vrai nom « Michel Hamburger » pour la seule fois de sa vie. Le disque s’appelle « Words » mais passe inaperçu. Le deuxième album de Véronique s’appelle « De l’autre côté de mon rêve ». Mais un soir d’octobre 1972, Véronique disparaît et Michel Berger la cherche partout. Elle ne donne pas signe de vie. ses parents alertent la police. Véronique est partie avec Stephen Stills qu’elle avait rencontré dans le bureau de Bernard de Bosson. C’est un caprice de gamine qu’elle regrettera toute sa vie. « C’était une monstrueuse erreur, dit-elle aujourd’hui. Je l’ai payée, vous savez. Au prix fort. Et, d’une certaine manière, je la paie encore. » Véronique épouse Stephen Stills à Londres le 14 mars 1973, un an après l’avoir rencontré. Leur fils Christopher naît à Denver le 19 avril 1974. Le mariage sera rompu au bout de six ans et se soldera par un divorce douloureux.

   Berger et Bernholc arrivent tout de même à achever le deuxième album de Véronique qui sort fin 1972. alors que tout lui réussit Michel est en piteux état. il a quitté l’appartement du quai de New-York qui lui rappelle son infortune. Il a trouvé refuge chez sa soeur qui a connu des chagrins de même nature. Mais il ne néglige pas son travail car il n’est pas du genre à donner à ceux qui ne l’aiment pas le plaisir de le voir au tapis. Il travaille. Il loue un appartement rue de Prony. Sa douleur va prendre la forme d’un disque désespéré. Il sort en 1973. Le disque montre un coeur déchiré. On l’appellera communément « coeur brisé », résumé de ce qui vient de se passer et cruelle prémonition de ce qui suivra. La photo intérieure, signée Jean-Marie Périer montre Michel prostré dans l’appartement de la rue de Prony. Au premier plan, passe dans le flou une petite fille, c’est Marine, la fille de sa soeur. sur « Coeur brisé », Michel évoque son amour perdu dans « Donne-moi du courage », « si tu t’en vas » et « Pour me comprendre ». Le troisième album de Véronique sort en 1974, il s’appelle « Le Maudit », c’est celui de la mortification et des remords. Dans Bouddha, elle écrit : « Là où je suis/c’est bien différent/je ne joue plus pour personne. Dans « Ma musique s’en va » elle avoue : « C’est ma faute/j’ai tout gâché/quand je t’ai laissé là ».


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09 novembre 2008

Le trésor maudit de Rennes-le-Château 2

3 Les barbiers de Midas

   de Sede a obtenu une copie des deux parchemins trouvés par Saunière. Il y a lu deux passages des Evangiles écrits en latin. Le premier, extrait de Jean (XII, 1-12) est celui qui relate la visite du christ à Béthanie chez Lazare, Marthe et Marie de Magdala. Le second contient la parabole des épis froissés le jour du Sabbat. Les deux documents semblaient chiffrés et contenaient des sortes de hiéroglyphes. de Sede les a soumis à une double expertise paléographique et cryptographique. M. Debout, un chartiste a conclu que ces documents n’étaient pas très anciens, qu’ils étaient de la même main et que leur auteur était instruit en paléographie et épigraphie médiévales. L’auteur avait voulu attirer l’attention du lecteur au moyen d’anomalies voulues. de Sede a mis ensuite à contribution des spécialistes des chiffres. Ils ont conclu que les textes ont bien été chiffrés par une substitution à double clefs puis paru une transposition effectuée au moyen d’un échiquier. L’auteur a ajouté des rébus et des erreurs ont été introduites pour déjouer les tentatives de déchiffrement. Selon le colonel Arnaud, éminent cryptologue, l’auteur des parchemins était un ecclésiastique nourri d’écriture sainte et aimant le mystère. de Sede pense que l’auteur est l’abbé Antoine Bigou. Il est question aussi de Henri Boudet né en 1837. D’une intelligence exceptionnelle, il se fit financer ses études par l’abbé de Cayron. Il entra dans les ordres et, en 1872, devint curé de Rennes-Les-Bains. En 1886, il publia « La vraie langue celtique et le cromlek de Rennes-Les-Bains » dans lequel il affirmait que la langue-mère de l’humanité est celle des celtes. Pour de Sede, l’ouvrage de Boudet est codé avec des calembours et des jeux de mots. Les passages codés sont signalés par l’introduction du mot « clef ». L’abbé Boudet voulait confier aux Happy Few le secret d’un lieu, les précautions à prendre pour y accéder et le silence à garder après sa découverte. Mais l’abbé Boudet ne dit pas où se trouve le dangereux et fascinant endroit qu’il décrit. Il y a bien une carte dans le livre mais elle est illisible. L’église de Boudet contenait un tableau insolite, offert au début du XIXè par e marquis Paul-François-Vincent de Fleury de Blanchefort. Le fils de l’Homme est mort et gît, pantelant, dans une grotte dont l’orifice laisse apparaître un rocher. Sur son genou gauche se trouve une tête de lièvre. Le bras gauche du christ désigne un plateau sur lequel repose une boule. Au-dessus du plateau figure une énorme araignée. Le rébus que contient ce tableau signifie : « A Règnes (araigne) près du bras de l’Homme Mort qui se dirige vers le plateau, gît le lièvre ». En entrant dans l’église, on voit une croix de fer forgé armée de rosaces et une vierge à l’enfant. Les roses portées par la croix désignent les armes de celui qui érige celle-ci. Sur le socle de la croix est inscrit un message codé qui conduit aux deux tombes de Paul-Urbain Fleury. Sur l’une il est né en 1776 et meurt en 1836 sur une autre il est mort en 1856. D’après de Sede cette étrangeté signifie que Fleury était mort à la vie pour renaître et donc qu’il aurait été initié. de Sede signale que le livre de Boudet est devenu introuvable y compris à la Bibliothèque Nationale mais aujourd’hui on peut trouver plusieurs rééditions datant des années 80 et 90. Fidèle disciple de Boudet, Saunière a décoré bizarrement son église pour laisser une piste pour découvrir son secret. Les statues qu’il a fait sculpter sont des sortes de cartographie. une vierge de Lourdes a, gravé sur son socle, ce message : « Pénitence ! Pénitence ! » des mots qui ne viennent pas de la Vierge que Bernadette Soubirous a vu à Lourdes mais de la Vierge aperçue par des bergers de la Salette en 1846. La vierge de la Salette annonça une guerre générale et la restauration de la monarchie française. Cette vierge est donc ésotérique. Au tympan de l’église, des roses altèrent avec des croix. Le rébus signifie « Rose-Croix ». Sitôt franchie la porte de l’église, on trouve un diable hideux, sculpté et peint qui soutient le bénitier qui est surmonté d’un cartouche portant les initiales B.S. surmontant le tout, quatre anges font chacun l’un des gestes du signe de croix accompagnés de l’inscription : par ce signe tu le vaincras. La boiterie du diable indique à la fois son nom et ce qu’il vient faire ici. Le diable boiteux est Asmodée, c’est à lui que Salomon avait confié la garde de son trésor. Le roi étant un jour dépourvu de son sceau, le démon lui barra l’accès de la grotte; c’est seulement quand Salomon eut retrouvé sa bague qu’il put chasser Asmodée dans le désert. En faisant boiter son diable, Saunière évoque le trésor de la légende locale. Chaque détail du monument désigne un lieu des environs. Le diable semble assis : il existe un rocher nommé Fauteuil du Diable. Deux de ses doigts forment un cercle : il existe une source nommé Source du Cercle. Une de ses côtes est plate : il existe, près de la cote 530 de la carte d’état-major, un lieu dit Le Pla de la Coste. Le mamelon n’est pas à sa place : il existe un lieu-dit Sein du Diable. Le diable soutient le bénitier que surmontent les initiales B : il existe un endroit nommé le Bénitier et il se trouve entre les rivières de la Blanque (B) et de la Sals (S). Enfin, le diable appuie ses cinq doigts sur son genou : sur le rocher appelé pierre du Pain, sont creusées cinq cupules imitant l’empreinte de cinq doigts et qu’on appelle la Main du Diable. Le rébus est à tiroirs et indique une date : cinq + genou donne en effet Saint Genou, Saint qui se fête le 17 janvier. « Par ce signe tu vaincras » signifie que c’est le diable qu’il faut vaincre. Si nous suivons le regard du diable, nous remarquons qu’il fixe le dallage noir et blanc disposé en échiquier. En face du diable, aux fonts baptismaux, se trouve un Jésus de stuc qui fixe lui aussi l’échiquier. Les deux personnages, le bouc et le bouc émissaire, le diable vert au socle rouge et le christ rouge au socle vert, méditent une invisible partie à laquelle chacun d’eux propose une solution différente. Sur le confessionnal figure une autre allusion à la tradition de l’or de Rennes. Jouxtant l’échiquier, ce confessionnal s’arme d’une sculpture sur bois représentant le bon pasteur ramenant la brebis perdue. Elle rappelle le jeune berger Paris qui, en 1646, trouva, paraît-il, le trésor en cherchant une de ses brebis égarée au fond d’une grotte. Juste au-dessus du confessionnal se trouve un tableau peint et sculpté en demi-bosse. Nous y voyons Jésus soulageant les souffrants. Il est au sommet d’un terrain fleuri escarpé, couvert d’épais buissons. Sur ce terrain bien en évidence, figure une très grosse poche en forme de bourse, crevée d’un trou. Deux paysages représentent les rochers du Pla de la Coste et le rocher taillé en forme de dé du Serbaïrou. un terrain fleuri signifie ayant appartenu à la famille Fleury. La bourse renferme un dépôt précieux. sur l’autel se trouve un tableau peint par Saunière figurant Marie-Madeleine agenouillée dans une grotte dont l’orifice laisse voir le roc de Blanchefort faisant face au pic du Cardou et un roc évoquant un profil humain avec un grand nez. Marie-Madeleine porte un petit tablier rouge en forme de coeur qu’elle entoure de ses mains jointes. A ses pieds, un crâne humain, à côté d’elle, un livre ouvert marqué de deux croix et d’inscriptions illisibles. Devant elle, une croix grossière faite de branches. Sous le tableau se trouve une inscription dont le texte est emprunté à l’un des manuscrits trouvés par Saunière. Il s’agit d’un rébus qu’on doit lire Jais, De, Nez, Nid. jais : une mine de jais dont l’entrée se trouve sous un dolmen marqué d’une croix par Boudet existe près de Sougraignes. Dé : une pierre levée en forme de dé existe près de Serbaïrou. Nez : le rocher en forme de nez figuré sur le tableau existe aussi sur le terrain, près de Peyrolles. Nid : le point culminant de la région est le nid d’aigle du Cardou, riche en Kaolin. Le personnage du tableau est dans une grotte dont l’entrée découvre un paysage précis. Avant que des inconnus ne le mutilent, la grotte de rocaille édifiée par Saunière dans le jardin de l’église constituait sans doute une maquette fidèle de cette grotte dont l’existence nous est si obstinément indiquée. La situation du tableau sous l’autel semble indiquer que l’entrée de cette grotte se trouve bien sous la table de Pierre d’un dolmen. Devant l’autel, un troisième signe de croix mène vers la statue de Saint Antoine Ermite et indique un autre lieu des environs : la grotte de l’Ermite qui s’ouvre à l’Homme mort. Par le vitrail ouvert sur le mur opposé, les rayons de soleil se posent exactement sur la statue le jour même où est fêté Saint Antoine Ermite, le 17 janvier. Le dernier mouvement du signe de croix conduit à la sacristie. Là, le placard mural est truqué : il est à double fond et caché, une porte menant elle-même à une pièce secrète. C’est dans cette sacristie que Saunière s’enfermait le soir après ses longues randonnées dans la montagne, une hotte sur le dos. Il y aurait manipulé son or selon de Sede.

   Le chemin de croix se prête, sous forme allégorique, à des indications relatives à un itinéraire concret. Sur la carte aussi bien que sur le terrain, c’est au moyen de croix que l’abbé Boudet marqua, autour de Rennes, les étapes et les repères d’un énigmatique itinéraire. Le chemin de croix de Saunière comportait quatorze stations. Saint Antoine-Ermite est mis en exergue. Evocateur de grottes, il rappelle que le parcours a lieu sous terre; placé entre la première et la dernière station. Le parcours est circulaire, on sort par où on est entré. La première station est le jugement de Pilate. Le procurateur de Judée ne se lave pas les mains dans un bassin mais dans un plateau blanc tenu par un noir. Blanchefort et Roco Negro, encore un rébus topographique. Au cours de la série des quatorze stations, le sol y est figuré tantôt en blanc, tantôt noir, tantôt bigarré, tantôt aplani, tantôt sinueux. Ici, on peut se tenir debout mais ailleurs il faut se courber, s’agenouiller ou ramper dans la boue; ici l’on peut rester vêtu, mais ailleurs il faudra se dénuder. D’après de Sede, les inspirateurs de Saunière étaient membres d’une secte rosicrucienne comme en témoignent les roses et les croix gravées sur son porche. Un auteur rosicrucien Jacques Duchaussoy (Bacon, Shakespeare, Saint-Germain) affirme que les rose-croix se manifestent publiquement tous les 108 ans et procèdent à l’ouverture d’une tombe contenant des documents. Et, en effet, en 1783, l’abbé Bigou rédige l’épitaphe de la tombe Blanchefort et dissimule des documents dans l’église. Or c’est 108 ans plus tard, en 1891, que Saunière trouve ces documents et procède à l’ouverture de la tombe.

4 Un certain danger

   Tous ceux qui se sont intéressés à l’or de Rennes ont couru un danger. Guillaume Servin, l’agent du pouvoir royal a été assassiné en 1340 par les nobles faux-monnayeurs du Bézu. le 27 mai 1732, le curé de Niort-de-Saux, Bernard Mongé avait été trouvé le crâne défoncé dans son jardin. Son assassin était François de Montroux qui était le tuteur de Marie de Negri d’Ables, future époux de François d’Hautpoul, marquis de Blanchefort. A la Toussaint de 1897, l’abbé Antoine Gélis, curé de Coustaussa, en face de Rennes, était trouvé mort dans son presbytère. A son enterrement se trouvèrent les abbés Boudet et Saunière. Boudet mourut lui aussi dans d’atroces souffrances. La mort de Saunière en janvier 1917 n’éteignit nullement l’intérêt porté à l’affaire de Rennes-Le-Château. L’évêché de Carcassonne a suivi de près tout ce qui pouvait s’y passer. Il a tenté d’acquérir les propriétés de Saunière. Marie Denarnaud, la servante de Saunière, refusa. Elle céda ses propriétés en viager à un hôtelier, Noël Corbu. Corbu apprit qu’il y avait un trésor après l’achat. Marie Denarnaud lui confia les papiers de Saunière et promit de lui livrer un secret qui ferait de Corbu un homme puissant. Le 29 janvier 1953, Marie Denarnaud fut frappée de congestion cérébrale. Elle fut enterrée près de Béranger Saunière. Elle ne put parler à Corbu et emporta son secret. de Sede a rencontré René Descadeillas, conservateur de la bibliothèque de Carcassonne. Descadeillas pense que Saunière était un escroc inculte et que sa fortune venait de dons par des gens riches en plus du trafic de messes. Il pense que Saunière n’a pas trouvé les manuscrits mais les a confectionnés pour impressionner ses dupes. Et la décoration de son église, il l’acheta toute faire, à Paris, près de Saint-Sulpice. Pourtant le conservateur avait lui-même entrepris des fouilles à Rennes-Le-Château. Le 31 mars 1956, accompagné de M. Malacan, médecin de grande érudition, M. Brunon, opticien et radiesthésiste, il fouilla l’église et trouva dans le maître autel un crâne humain portant à son sommet une entaille. L’entaille semble être une blessure rituelle, analogue à celles qu’on relève dans les cimetières mérovingiens de Lorraine. Dans le jardin de Saunière, les chercheurs trouvèrent trois cadavres qui ne furent jamais identifiés. En 1960, un fonctionnaire parisien fouille à son tour. Il évite de justesse un madrier qui avait été placé sur la porte de l’église pour l’assommer. Le fonctionnaire quitta la région et n’y revint plus. Le 20 mai 1968, Noël Corbu mourut dans un accident de voiture. de Sede a rencontré Maurice-René Mazières, curé de Villesèquelande, passionné de l’affaire de Rennes. L’abbé l’a prévenu : cela présente un certain danger. Ainsi s’achève le livre de de Sède qui fait référence sur l’affaire de Rennes-Le-Château. Cette histoire a engendré un véritable commerce puisque 400 livres ont été écrits sur ce thème dont trois best-sellers internationaux : L’Enigme Sacrée et sa suite Le Message de Lincoln, Baigent et Leigh et le fameux Da Vinci Code de Dan Brown.


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06 novembre 2008

Le trésor maudit de Rennes-Le-Château

Le trésor maudit de Rennes-Le-Château.

   Gérard de Sede est un brillant conteur et ses livres doivent être pris au second degré. Il commence celui-ci en précisant : « Il existe une ressemblance entre les faits rapportés dans ce livre et une construction imaginaire, mais elle est le fruit du pur hasard. Ce n’est pas là le moins étrange, car la ressemblance est frappante ». De Sede a donc du recul sur son oeuvre et la présente avec humour.

Le diable dans le bénitier

   L’auteur évoque le Razès près de Carcassonne où se trouvent les ruines d’un castel. Les eaux du Razès ont le mystérieux pouvoir de guérir. A Rennes-les-bains se trouve une station thermale et trois sources chaudes : le Bain de la Reine, le Bain fort et le Bain Doux et deux sources froides, le Cercle et la Madeleine en un lieu appelé le Bénitier. A Rennes-les-Bains, on trouve les vestiges d’une vaste enceinte mégalithique et un menhir qui a gardé le nom de Cap de l’Hom - la tête de l’Homme car il s’ornait d’un relief à l’image d’un visage humain. Il se trouve aujourd’hui dans le jardin du presbytère et figurerait la face du Sauveur ou la tête de Saint Dagobert. Vers l’Est, on trouve le dais d’un dolmen près d’une mine de jais et un curieux amas rocheux porte le nom de Pierre du Pain car un gros bloc rond y repose sur une dalle, telle un pain sur une table, cinq profondes cupules semblables à l’empreinte de cinq doigts ont été baptisées la Main du Diable. Rennes-les-bains était autrefois les bains de Rennes, le simple faubourg d’une autre Rennes, l’ancienne Aerede devenue Rhedae. Les derniers rois wisigoths, au VIe siècle en firent l’une de leurs capitales l’autre étant Tolède. Il n’en reste aujourd’hui qu’un village perdu : Rennes-le-Château. Près du village, dans les bourgs de campagne, Laval-Dieu et le Bézu, les Templiers tinrent trois commanderies. Le château de Rennes a une salle basse d’époque wisigothique et une façade Renaissance. Tout près se trouve la vieille église du village datant de 1059 et consacrée à Sainte Madeleine On y voit un diable difforme supportant le bénitier.

   De Sede évoque le mystérieux abbé Saunière. François Béranger Saunière était un fils du pays né à Montazels le 11 avril 1852. Il était l’aîné de sept enfants. Ordonné en 1879, vicaire à Alet puis curé du Clat, il est promu après trois ans, professeur au séminaire de Narbonne mais n’y reste qu’un mois car il est jugé désinvolte par ses supérieurs. Il est nommé curé de Rennes-Le-Château le 1 juin 1885. A 33 ans, il devient le héros d’une fabuleuse aventure. Le village n’a que deux cents habitants, il est pauvre et loin de tout. L’église tombe en ruine. Le presbytère est inhabitable et le curé doit habiter chez une de ses ouailles, Alexandrine Marro, une rapace qui lui fait payer un fort loyer. Saunière est privé de son traitement par l’Etat car jugé »réactionnaire militant ». Il entre alors dans une misère noire. Il doit s’installer dans une masure délabrée. Athlétique, le curé pêche et chasse. Il lit beaucoup, parfait son latin, apprend le grec, s’essaie à l’hébreu, s’intéresse à l’histoire du Razès. Il rend visite à l’abbé Boudet, curé de Rennes-les-Bains auteur de curieux ouvrages. Saunière a une servante de 18 ans, Marie Denarnaud. Par chance, un de ses prédécesseurs, l’abbé Pons, a légué à la paroisse 600 francs. Grâce à cet argent, Saunière fait accomplir les réparations les plus urgentes et la municipalité lui prête 1 400 francs. Fin 1891, il poursuit les travaux. La table du maître-autel est remplacée par deux maçons, Rousset et Babou. Lors de cette opération, le curé découvre, sous la lourde dalle, trois tubes de bois contenant des parchemins. La découverte est vite ébruitée. Saunière tente de les vendre à condition, par le maire, de laisser des reproductions à la mairie. Début 1893, le curé montre sa trouvaille à l’évêque de Carcassonne, Félix-Arsène Billard. L’évêque lui donne un mot de recommandation pour aller faire déchiffrer les quatre parchemins à Paris. C’est l’évêché qui lui paye le voyage. De plus, l’évêché remboursera les 1 400 francs de dette de Saunière pour qu’il garde les parchemins. Arrivé à Paris, le curé se rend chez l’abbé Bieil, directeur de Saint-Sulpice qui fait expertiser les parchemins. Bieil présente Saunière à son neveu l’éditeur religieux Ané qui lui offre le vivre et couvert. Il est également présenté au petit-neveu de Bieil, Emile Hoffet, un paléographe, spécialiste de l’occultisme et des sociétés secrètes. Saunière est séduit par l’église Saint-Sulpice et son décor. Il se rend au Louvre et achète trois reproductions de ces tableaux : Les bergers d’Arcadie de Poussin, le Saint Antoine Ermite de David Téniers et un portrait déniché on ne sait où du pape Saint Célestin V. Saunière rencontre Emma Calvé la Callas de l’époque mais on ne sait comment le curé fut admis chez cette diva. Il a une relation avec elle au vu et au su de tous pendant plusieurs années. Saunière se rend chez l’abbé Bieil mais il semble qu’il n’ait pas récupéré ses manuscrits ou qu’une partie. Après trois semaines à Paris, le curé regagne sa terre natale. Il fait un rapport à son évêque à Carcassonne. Il se fait remettre 2 000 francs. Il va voir le maire, le rembourse et lui annonce qu’il a vendu les manuscrits. Il fait poursuivre les travaux dans l’église et renvoie les ouvriers pendant une pause déjeuner pour voir ce qui se trouve sous la « dalle du chevalier » qui a été déplacée. Les ouvriers ont découvert deux squelettes dans la fosse qu’ils ont creusée et une marmite remplie d’objets brillants que le curé a prétendu sans valeur. Chaque jour, accompagné de Marie, il quitte le village, une hotte sur le dos. Il prétend chercher des pierres pour construire une grotte. Il passe ses nuits enfermé dans le cimetière. Là, se dressent deux pierres tombales marquant la sépulture de Marie de Negri d’Ables, épouse de François d’Hautpoul, marquis de Blanchefort, seigneur de Rennes. Saunière polit une des deux pierres pour en effacer les inscriptions et fait disparaître l’autre. Les murmures sur sa conduite commencent. En 1895, la municipalité intime donc au curé de laisser les morts tranquille. Interrogé par l’ingénieur Ernest Cros, Saunière prétend avoir voulu faire de la place pour les nouveaux morts. Saunière ne sait pas que les pierres tombales qu’ils a déplacées ont été recensées par des archéologues. Il en a effacé une pour rien. Le curé voyage et s’absente pendant des jours pour des voyages secrets. Il fait envoyer des lettres par Marie pour faire croire qu’il n’a pas quitté la région. Il reçoit des mandats émis de l’étranger. Leur montant atteint 100 à 150 francs par jour. Alors Saunière se lance dans des dépenses folles. En 1896, il fait réparer son église à ses frais. Il fait poser 64 dalles carrées alternativement noires et blanches. Il est autoritaire et veille au moindre détail. Il a peint lui-même la Madeleine. La restauration de l’église est achevée en 1897. L’évêque Billard a été invité pour l’inauguration mais n’a guère goûté la nouvelle décoration. En 1900, Saunière achète des terres et fait construire la tour qu’il nomme Magdala avec sa chambre et sa bibliothèque. Puis il se fait construire une villa qu’il appelle Béthanie et une orangerie. Le domaine a coûté un million de francs. L’abbé fait venir un photographe pour prendre les vues de tous les sites du pays. Il collectionne les cartes postales et les timbres, les meubles anciens et les faïences. Il crée un jardin zoologique. Dans la villa Béthanie, Saunière invite les notables de la région et de Paris comme le secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts Dujardin-Baumetz. Il invite également incognito l’archiduc Jean de Habsbourg cousin de l’empereur d’Autriche-Hongrie. Saunière est généreux, il a consenti une rente annuelle de 5 000 francs à la municipalité et donné aux familles les plus pauvres des sommes de dix à quinze mille francs. Il a offert au village un pilier wisigoth avec une vierge qu’il a fait inaugurer sur la place de l’église avec un feu d’artifice. Les autorités ecclésiastiques ne sont curieusement pas émues de l’origine des ressources de Saunière et l’ont laissé tranquille. Mais en 1902, Mgr de Beauséjour succède à Mgr Billard et Pie X succède à Léon XIII. Le nouvel évêque veut envoyer Saunière dans un couvent puis à la cure de Soustauge et l’abbé refuse. Il se fait porter pâle et évite l’évêque pendant un an puis est obligé de lui rendre visite. Beauséjour veut connaître l’origine de sa fortune et Saunière dit que ce sont des pénitents qui lui ont donné beaucoup d’argent mais que le secret de la confession lui interdit de livrer les noms. Mais l’évêque veut une comptabilité exacte des dépenses de l’abbé et celui-ci triche sur les chiffres. Beauséjour sait que la fortune de Saunière vient du trafic de messes et le traduit devant l’Officialité. Le 5 décembre 1910, les juges ecclésiastiques le déclarent suspens a divinis. Il n’a plus le droit de dire la messe ni d’administrer les sacrements. Saunière interjette en 1911 appel à Rome. En 1913, Saunière a gagné la partie. Mais Rome encourage l’évêque de Carcassonne à former un contre-recours et le 11 avril 1915 Saunière est définitivement interdit. Il doit remettre l’église à son successeur, l’abbé Henri Mary. Mais Saunière a loué le presbytère à la municipalité et le nouveau curé est obligé d’habiter dans la plaine, à des kilomètres. Marty officie devant des chaises vides car la vraie messe se tient dans la chapelle que Saunière a fait ériger près de sa villa. A cause de la guerre, Saunière cesse ses activités financières et n’a plus d’argent. De plus on l’accuse d’être un agent secret du Kaïser. Pourtant, Saunière se relève et envisage de nouveaux travaux (une tour de 70 mètres tapissée de livres, une route, le tout pour huit millions de francs mais il n’en a pas le temps de voir ce projet aboutir car il meurt le 22 janvier 1917 à 65 ans. Il est enterré à Rennes-le-Château. quand l’abbé Rivière quitte son ami Saunière, il est bouleversé et blême. On ne sait pas ce qu’il a appris car il n’a rien voulu dire de son entretien. Après la mort de Saunière, ses livres, ses tableaux, une bonne partie de ses papiers disparaissent. Don son testament, il a tout légué à sa bonne, Marie Denarnaud.

2 L’or de Rennes

   Saunière aurait dépensé 425 000 francs (en francs constants de 1970) selon ses dires auprès de Beauséjour et en réalité un million trente mille francs lourds. En plus de la restauration de l’église, de Sede estime les dépenses de l’abbé à 1 500 000 francs. Il faut aussi considérer le train fastueux de l’abbé entre l’année de sa trouvaille et ses ennuis d’argent soit 360 000 francs en dix ans. De plus, Saunière aurait remis un million de francs à Mg billard pour la restauration du monastère dominicain de Prouilles. Enfin, à la veille de sa mort, Beranger avait signé un devis de huit millions de francs or. Entre 1891 et 1917, l’abbé aurait disposé entre 15 et 24 millions de francs or. De plus Mgr Cabrières n’avait jamais cru à ce trafic et Rome ne retint pas l’accusation. Emma Calvé n’avait qu’une relation intermittente avec l’abbé et était aux Etats-Unis à l’époque où Saunière menait grand train. L’explication du trésor est la seule valable pour de Sede. L’abbé aurait donné monnaies et bijoux anciens à plusieurs familles de sa région. Il aurait avoué sa découverte à un ami, Antoine Beaux, curé de Campagne-sur-Aude. de Sede évoque l’histoire de Rennes-le-Château, on y aurait retrouvé des objets précieux avant l’arrivée de Saunière et les Romains s’y seraient installés à cause des minéraux qui y étaient en quantité de diverses espèces. Une légende rapportée par Louis Fédié, affirme que, dans des cavernes qui communiqueraient avec les souterrains du château de Rennes, vit depuis toujours un peuple troglodyte, ignorent la course du temps et la lumière du jour. Avant Saunière, c’est un berger qui avait eu le dangereux privilège de toucher de ses mains le mystérieux trésor. En 1645, Ignace Paris cherchait une brebis perdue. L’animal était tombé au fond d’une gouffre. En y descendant, Paris découvrit une grotte où gisaient des squelettes et où étaient entassées des monceaux d’or. Quand il raconta sa trouvaille, on le prit pour un menteur et un voleur et on le tua à coups de pierre. On dit que la Reine Blanche de Castille serait venue se réfugier dans le Razès, y aurait fait bâtir le château de Blanchefort et y aurait caché son or. Elle aurait confié le secret de sa cachette à son fils Saint-Louis qui l’aurait à son tour transmis à son fils Philippe le Hardi, saisi par la mort celui-ci n’aurait pu informer Philippe le Bel et le secret se serait perdu. Probablement fondé par les Wisigoths, le château de Blanchefort fut, au XIIè siècle, l’enjeu d’une lutte très âpre. L’abbaye bénédictine d’Alet voulut l’arracher à son seigneur Bernard de Blanchefort mais celui-ci prit les armes pour le garder. En 1210, lors de la croisade contre les Albigeois, Blanchefort fut pris et détruit par les barons français et ne fut jamais relevé. Les populations du Moyen Age croyaient que les métaux précieux extraits de la mine de Blanchefort provenaient non d’un gisement incrusté dans le sol, mais d’un dépôt d’or et d’argent en lingots enfoui dans les caves de la forteresse par ses premiers maîtres, les rois wisigoths. Pour de Sede, l’or de Rennes n’est pas un mythe. L’existence de mines d’or et d’argent près de Rennes-Les-Bains est mentionné dès 1633 par Catel, conseiller au Parlement de Toulouse, dans ses Mémoires de l’histoire du Languedoc. D’autres écrivains ont signalé la présence de mines mais Catel pensait que toutes les mines étaient épuisées dès le début du XVIIè siècle. Le 24 août 410, e roi wisigoth Alaric l’Ancien rend Rome, la pille pendant six jours et s’empare d’un énorme butin où figurent les dépouilles du temple de Jérusalem. Au Vè siècle, les wisigoths se rendent maîtres de ce qui deviendra le Languedoc sous Alaric II, le trésor était déposé à Carcassonne. La part du trésor sacré des Wisigoths que ni Francs ni Arabes ne semblent avoir découverte aurait été confiée à la terre ravinée du Razès. Aussitôt après la fondation de leur ordre, les Templiers se sont installés dans le Razès. Mais le 13 octobre 1307, tous les Templiers du royaume de France sont arrêtés sauf ceux du Bézu. La famille Voisins aurait récupéré le trésor des Templiers et l’aurait mis à l’abri. Ils auraient frappé de la monnaie illégalement avec un métal dont la source ne pouvait être divulguée. Donc il existe depuis le Moyen Age une tradition selon laquelle un trésor aurait été caché aux environ de Rennes. Cette tradition est recoupée par la probable présence du trésor des Wisigoths à Carcassonne, l’existence d’une mine d’or à Blanchefort mais aucun document ancien n’existe pour prouver ces hypothèses.

   En 1692, Colbert fournit une compagnie pour la faire travailler aux mines du Razès mais n’y trouve que du cuivre. En 1782, un certain Dubosc fit rouvrir les mines de Rennes avec un ordre du roi qui lui donna privilège d’exploitation. Gérard de Sède évoque les familles Voisins, Hautpoul et Fleury qui, à partir du XVè siècle, se seraient déchirées pour le trésor de Rennes.


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01 novembre 2008

Les aventures du roi Pausole 3

Chapitre IV : Comment Taxis apprit enfin la vérité sur toute l’affaire.

   Les deux petits paysans sont mis en liberté et le cortège du roi repart pour Tryphême. Giglio abuse Taxis en lui faisant croire que c’est un protestant qui a enlevé Aline. Taxis le croit et a peur de trahir la morale en enlevant Aline des mains de son nouveau sauveur protestant mais il sait qu’en laissant Aline il trahit le roi. Giglio a bien joué.

Chapitre V : Comment le roi Pausole fut reçu par le peuple de Tryphême

   Tryphême a préparé à son bon monarque une réception triomphale. Pausole prend place sur son trône et dit à ses sujets qu’il est comblé d’honneur. Le roi fait don d’une pièce d’or à tous les pauvres pour fêter son retour. Les pauvres et les commerçants remercient le roi car ils sont heureux et libres grâce à ses lois. Le roi parle ensuite au chef de la Sûreté pour le signalement de l’inconnu soupçonné d’avoir enlevé la princesse. Le chef de la Sûreté a pour mission de savoir où Aline et Mirabelle se trouvent mais pas des les arrêter. Philis est toujours amoureux de Giglio et lui fait comprendre mais elle veut rester fidèle au roi.

Chapitre VI : De la promenade que fit Pausole à travers sa capitale.

   Pausole accepte le festin que lui ont préparé des conseillers municipaux. Comme il ne se rend jamais dans sa capitale, il décide de faire le tour des bas quartiers. Il est simplement accompagné de Taxis et Giglio. Le page est émerveillé par la beauté des jeunes femmes et à ce moment Taxis avoue qu’il en a aimée une ce qui surprend Giglio. C’était l’unique locataire de son père. Il allait jouer avec ses enfants. Comme elle était grosse son ventre couvrait son sexe, même nue elle avait des voiles et ainsi l’Eunuque ne fut pas choqué de la voir dans le plus simple appareil. Pausole veut voir la lauréate du concours organisé par Lebirbe. La belle était convoitée par quatre hommes et elle s’est mariée avec eux pour ne pas le faire de peine car ils menaçaient de se suicider si elle ne leur donnait pas sa main. Même si elle plaît tout les hommes ne lui plaisent pas forcément, elle se donne à eux pour leur faire plaisir. C’est sa petite vertu à elle. Le roi la félicite. Rentré à la préfecture, le roi subit un second festin. A ce moment, le chef de la sûreté vient lui dire qu’il a retrouvé Aline saine et sauve.

Chapitre VII : Où le lecteur retrouve heureusement les héroïnes de cette histoire.

   Sortant de l’hôtel du Coq, Aline et Mirabelle arrivent à la ville vers 10 heures du soir. Mirabelle ne supporte pas la nudité et s’empresse de trouver des vêtements. Aline veut s’habiller comme elle. Au lieu de se rendre à l’endroit que le page leur avait conseillé, les deux filles vont à l’hôtel du sein blanc et de Westphalie. Pour faire plaisir à son amie, Mirabelle fait couvrir la chambre de fleurs. Elle se réveille ainsi avec le parfum des fleurs. Aline est fatiguée par ses trois jours d’exil, elle prend son repas au bord du lit. Mirabelle réalise qu’elle n’a presque plus d’argent et quitte sa compagne sans lui dire pourquoi elle sort.

Chapitre VIII : Où les événements se précipitent

   Pausole ne veut pas aller déranger sa fille même s’il sait où elle est car il pense qu’il est tard et qu’Aline se couche à 9 heures. Alors le chef de la Sûreté apprend à Giglio tout ce qu’il sait. Il a peur de la fatigue d’Aline et veut aller la chercher au plus vite. Il sait que Mirabelle a récupéré 200 francs de son escapade plus une bague qu’elle veut revendre. Giglio remercie le policier et lui ordonne de faire cesser la surveillance le lendemain et de ne rien dire à Taxis et à Pausole. Après quoi, Pausole va se coucher avec Diane à la houppe. Diane apprend à Giglio que Pausole veut lâcher les pages dans le harem ainsi elle ne sera plus séparée de Giglio. Mais Diane demande à son amoureux de se donner à elle et à aucune autre. Le page jure avec le ton qui convient. Cela ne l’empêche pas d’aller trouve Philis pour lui donner des nouvelles leçons d’amour. Philis veut savoir ce qu’est devenue sa soeur et le page promet de la renseigner sur ce point. En sortant, Giglio tombe sur Thierrette. Elle se lamente de ne pouvoir donner assez de sa personne aux hommes car désormais les soldats lui amènent leurs amis. Elle supplie Giglio de lui trouver une maison où les hommes ne seraient pas plus de 50. Alors Giglio la nomme à la suite du corps des pages qui sont quinze à peine. La paysanne se confond en remerciements. Le page se rend ensuite dans la maison de rencontres où se trouve Galatée. La belle n’y est pas plus heureuse que dans sa famille. Elle avoue qu’elle est tombée amoureuse de Mirabelle. Giglio lui conseille de lui écrire car elle ne lui a pas dit qu’elle l’aimait le soir où Mirabelle est venue la trouver quand elle avait besoin d’argent. Le page lui conseille également de donner rendez-vous à Mirabelle sous le monument de Félicien Rops.

Chapitre IX : Où Guiguelillot, lui aussi, devient amoureux.

   Giglio se rend à l’hôtel du Sein blanc et de Westphalie mais Mirabelle vient de sortir. Aline le reçoit et le page tombe amoureux. Il lui dit qu’il l’aime depuis trois ans mais n’osait pas lui dire. Il lui lit des vers en acrostiche qui forment le prénom de la princesse. Elle en est éblouie. Giglio embrasse Aline et elle se donne à lui. Elle réalise qu’elle l’aime plus qu’elle n’aime Mirabelle. Elle voudrait partir loin de Tryphême avec Giglio mais celui-ci ne veut pas décevoir Pausole et conseille à la princesse d’aller à l’asile des enfant maltraités. Il se chargera de l’en libérer pour toujours.

Chapitre X : Où l’on pressent la fin.

   Pausole se rend à l’asile des enfants maltraités sur les conseils du page. Le directeur le reçoit et lui explique la philosophie de sa maison qui lutte contre l’emprise des adultes sur les enfants. Les garçons et les filles ne sont pas séparés et leurs sens ne sont pas enfermés dans une contrainte artificielle. On leur apprend les amours multiples et on leur déconseille l’amour exclusif car il rend fou. Le roi est tellement séduit qu’il offre au directeur 60 000 francs sur le budget de l’Intérieur. Le directeur avoue enfin qu’Aline est dans ses murs et le roi devient furieux car il ne veut pas qu’elle reste dans ce lieu de débauche. Aline se présente à son père et accepte de revenir au Palais si Pausole veut bien la laisser libre.

Epilogue

   Pausole passe trois jours en silencieuses méditations. Mirabelle, déchirée par le désespoir, s’est rendue la nuit sous le monument de Félicien Rops pour voir Galatée. Elle s’étreignent et s’aiment. Après ses réflexions, le roi va prononcer un discours sous son cerisier. Il décide de rendre à Taxis sa liberté pour que ses femmes et sa fille se règlent selon leurs inclinations.


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