Vichy et les francs-maçons (Dominique Rossignol)

 

L’ouvrage commence par une chronologie. Le 3 septembre 1939, l’Alsace ayant été en partie évacuée, les loges de Strasbourg ferment leurs portes. Le 14 juin 1940, peu après leur arrivée dans la capitale française, les Allemands prennent possession des locaux du Grand Orient, rue Cadet, et y installent le siège du service de contre espionnage dirigé par le lieutenant Moritz. Le 22 juin 1940, la Feldpolizei a pu saisir un matériel très important appartenant aux loges maçonniques en France. Le 7 août 1940, lettre d’Arthur Groussier, président du Conseil de l’ordre du Grand Orient adressée aux maréchal Pétain pour signaler la cessation d’activité du Grand Orient. Le 13 août 1940 : loi portant interdiction des associations secrètes et obligeant les fonctionnaires et agents de l’Etat à souscrire une déclaration à leur sujet. Le 19 août 1940 : décret constatant la nullité des associations « La Grande loge de France » et « Le Grand Orient de France ». 24 septembre 1940 : Première réunion clandestine de la loge « l’atelier de la Bastille », sous la présidence du Gauthier, ancien vice-président du conseil de l’ordre du GODF et organisée par Albert Kirchmeyer à son domicile à Paris. 4 octobre 1940 : publication dans la Bibliographie de la France, numéro du 28 juin-4 octobre 1940, de la liste Otto ». Ouvrages retirés de la vente par les éditeurs français ou interdits par les autorités allemandes parmi lesquels « Mein Kampf » et « Manuel d’histoire de la franc-maçonnerie » écrit par G. Martin. 28 octobre 1940, l’Orphelinat maçonnique fondé à Paris en 1862 est perquisitionné par les autorités d’occupation puis occupé par l’administration pénitentiaire qui y établit une maison de redressement. Octobre-novembre 1940 : Exposition au Petit Palais, à Paris, « La Franc-maçonnerie dévoilée ». 31 octobre : note allemande : les otages parmi les francs-maçons de haut grade serviront à d’éventuels représailles pour le cas où le baron de Lesdain, organisateur de l’exposition anti-maçonnique serait abattu. 12 novembre, une décision du chef de l’Etat charge M. Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque Nationale, de centraliser et d’inventorier les archives maçonniques. 27 novembre : circulaire du garde des sceaux, relative à la mise sous séquestre des sociétés civiles se rattachant aux associations secrètes et aux loges maçonniques. 28 novembre : Alfred Rosenberg, dans une allocation prononcée à Paris, donne un aperçu historique de la franc-maçonnerie, de son rôle dans la R2volution de 1789 et des « crimes » qui en découlaient, y compris celui de sa culpabilité pour la guerre de 1914-1918. 7 janvier 1941 : six francs-maçons se constituent en « Grand Conseil Provisoire de la Maçonnerie française » à l’effet d’aider à la libération du territoire, de restaurer les institutions républicaines, de reconstruire, sans distinction d’obédience, la franc-maçonnerie française. 31 janvier : l’opposition de la franc-maçonnerie est jugée naturelle par les Allemands tout comme celle des Juifs et de la haute finance. 27 février 1941, décret constatant la nullité de la « Grande Loge Nationale Indépendante », de la Fédération française du Droit Humain et de la la Société Théosophique de France. 11 mars, loi complétant celle du 13 août 1940. Cette loi ordonne la transmissions à la BN des documents et objets de caractère maçonnique. 30 avril, circulaire de la vice-présidence du conseil relative à la vérification des déclarations sur les sociétés secrètes et l’insertion des déclarations ou dossier personnel des intéressés. 1er mai 1941, lettre de Goering stipulant que la lutte conte les Juifs, francs-maçons et leurs alliés constitue l’une des tâches principales pendant la guerre. Il se déclare d’accord avec la nomination de Rosenberg comme chef de l’action anti-juive et antimaçonnique sur le plan culturel. Mai : le cabinet civil de Vichy fait appel au capitaine de frégate Labat pour constituer, avec Bernard Faÿ, un service des sociétés secrètes et un réseau de renseignement en zone sud. A Paris, il existe cinq services antimaçonniques : celui de Bernard Faÿ, 16 rue Cadet, celui de J. Marquès-Rivière, installé rue Greffuhle, le service du commissaire français Moerschel, 4 square Rapp (ancien siège de la société théosophique) responsable de la région parisienne dépendant de la préfecture de police, le centre d’action et de documentation de Henry Coston, 8 rue de Puteaux, ancien siège de la Grande Loge de France. Et enfin le service allemand du docteur Pfannstiel, situé 72 avenue Foch dans les locaux de l’ambassade du Canada.

11 août 1941 : loi sur les sociétés secrètes, ordonnant la publication au Journal officiel des noms des anciens dignitaires et leurs interdisant l’accès et l’exercice des fonctions  et mandats énumérés à l’article 2 de la loi du 2/6/1941 portant sur le statut des Juifs. 12 août : décret portant dérogation sur la rupture de M. Peyrouton avec la franc-maçonnerie dès 1934 (Peyrouton a été ministre de l’Intérieur du 5 septembre 1940 au 25 février 1941). Discours de Pétain annonçant qu’il « faut détruire le complot maçonnique ». 17 septembre, décret chargeant B. Faÿ de rechercher, réunir, conserver et éditer tous les documents maçonniques en vue de l’application de la loi du 11 août 1941. 27 septembre, circulaire du ministre, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, relative à la création d’un « Service des sociétés secrètes ». 15 octobre, les Documents maçonniques, parution du 1er numéro. Revue mensuelle dirigée par Bernard Faÿ (dernier numéro 15 juin 1944). 29 octobre : numéro 1 du Bulletin d’information antimaçonnique publié par le Centre d’Action et documentation, hebdomadaire dirigé par Coston. 15 décembre : Arrêté du ministre, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, relatif à la création et à l’organisation d’un service de « Police des sociétés secrètes ». 21 juin 1942 : Loi plaçant dans les attributions du chef du gouvernement toutes les questions relatives aux sociétés secrètes. Arrêté portant délégation à un secrétaire d’Etat des pouvoirs du chef du gouvernement en matière de sociétés secrètes. Le délégué nommé est le vice-amrial Platon. 30 août : discours de Pétain à Clermont-Ferrand : « ... une secte bafouant les sentiments les plus nobles poursuit sous le couvert du patriotisme son oeuvre de trahison et de révolte... » 3 octobre, décret constituant le « Service des sociétés secrètes qui remplace tous les organismes existants. Le lieutenant-colonel d’aviation J. de Verchère assume la coordination de ce service. 15 janvier 1943, Pétain déclare à Bernard Faÿ : « Vous ne devez pas hésiter. La franc-maçonnerie est la principale responsable de nos malheurs; c’est elle qui a menti aux Français et qui leur a donné l’habitude du mensonge. Or c’est le mensonge et l’habitude du mensonge qui nous a amenés où nous sommes ». 28 fevrier 1943 : Exposition à Marseille : « Juifs et Maçons ». 9 mars : première projection du film « Forces occultes ». 4 juillet : ordonnance du « Comité français de la Libération nationale » concernant la réintégration des magistrats fonctionnaires et agents civils et militaires révoqués, mis à la retraite d’office, licenciés ou rétrogradés, modifiée par ordonnances du 5 août 1943 et du 27 janvier 1944. 10 août, Laval aurait, de sources allemandes, permis à nouveau l’ouverture des loges maçonniques en zone sud occupée, après le débarquement en Afrique du Nord. Il voudrait ainsi se dédouaner auprès des Américains.

2 septembre : ordonnance du « Comité français de Libération nationale » portant abrogation des actes dits « loi du 15 octobre 1940 » et « loi du 14 septembre 1941 ». Les groupements dissouts... sont réputés n’avoir pas cessé d’exister et sont remis en possession des biens dont ils ont été dessaisis. 22 octobre Ordonnance du « Comité Français de Libération nationale » relative aux conditions de réintégration des agents et employés des services concédés ou subventionnés, évincés en raison de leur qualité de Juif, de leur appartenance aux sociétés secrètes. 15 décembre ordonnance du « Comité français de Libération nationale » portant annulation de la loi du 13 août 1940 et des dispositions subséquentes relatives aux associations dites secrètes. 26 mars 1944 mort de Constant Chevillon, Grand Maître de l’Ordre Hermétique du Rite Memphis-Misraïm entre les mains de la police de Vichy. 9 août 1944 ordonnance rétablissant l’activité de la franc-maçonnerie. 19 août Arrestation de B. Faÿ dans son bureau de la BN. 14 septembre le GODF fait don à la BN de ses archives antérieures au 15 décembre 1851. La BN restitue aux loges le reste des archives que Vichy avait confisqué. 18 octobre adresse envoyée au chef du gouvernement provisoire de la République française, assurant le général de Gaulle de l’attachement de la « Maçonnerie de France » à la République. Signée par le GODF et la Grande Loge, cette adresse est demeurée sans réponse. 3 septembre 1945, B. Faÿ placé sous mandat de Dépôt à la prison de Fresnes. 25 novembre 1946, ouverture au Palais de Justice de Paris du procès du « Service des sociétés secrètes ». 5 décembre 1946 Faÿ est condamné aux travaux forcés à perpétuité, à la confiscation de ses biens et à la dégradation nationale, de même pour Robert Labat. René Coty gracie Faÿ en 1958.

Service des sociétés secrètes : bilan approximatif : 170 000 fiches de « suspects » établis, 60 000 fiches de francs-maçons, 6 000 francs-maçons inquiétés, 989 francs-maçons déportés, 540 fusillés ou morts en déportation.

 

Mars 1947 procès de Henry Coston. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité, gracié cinq ans plus tard par le président Vincent Auriol. 22 mai 1947, procès de Georges Moerschel, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité.

 

L’anti-maçonnerie jusqu’en 1940

 

1 L’anti-maçonnerie stratification et thèmes

 

Dès juillet 1940, Vichy regarde la franc-maçonnerie comme l’expression d’un complot permanent. Dès le début du XIXè siècle, la franc-maçonnerie s’est identifiée à une institution qui combattait l’Eglise et l’obscurantisme. De là s’est répandue l’idée du complot. En 1877, avec la suppression de l’obligation de croire en dieu, le GODF a engendré une relative politisation. Pour discréditer la franc-maçonnerie, les anti-maçons la décrivent comme une religion anti-chrétienne qui défend la séparation de l’Eglise et de l’Etat et tend à promouvoir la démocratie et l’école publique. Le moteur de l’anti-maçonnerie reste le « secret ». Le mouvement anti-maçonnique apparaît avec la franc-maçonnerie moderne spéculative et ne sera violemement polémique en France que vers 1865. Les ennemis de la franc-maçonnerie se répartissent trois groupes :

Religieux : correspondant à l’instransigeance des Eglises, et plus particulièrement de l’Eglise catholique.

Politique : ceux qui voient dans la franc-maçonnerie un contre-pouvoir.

Socio-économique : l’exaspération relative à l’autorité exercée par un groupe de personnes.

Les pamphlets antimaçonniques sont écrits soit par d’anciens maçons soit par des théologiens, historiens. Dès 1723, la gazette anglaise, le Flying Post, dévoile les « honteuses » cérémonies des francs-maçons. En 1730 paraît la plus ancienne brochure connue : « The Masonery dissected » de Samuel Prichard. En France le discours anti-maçonnique se façonne dans sa cohérence entre 1880 et 1914. La presse de droite joue un rôle déterminant dans l’anti-maçonnerie avec des hebdomadaires et des quotidiens comme Candide, Je suis partout, l’Action française. L’anti-maçonnerie suit divers courants historiques : la première époque s’étend de la naissance de l’institution au début de la IIIè République. Les francs-maçons évoluent « à côté du pouvoir ». La seconde époque est celle où l’anti-maçonnerie se forge et devient militante, les francs-maçons participant au pouvoir. LA dernière époque affleure vers 1930 : la vogue anti-maçonnique atteint son paroxysme et son aboutissement avec la liquidation des loges en 1940. Au milieu du XIXè siècle la querelle rebondit avec l’orientation politique de l’institution. De nouveaux thèmes s’intègrent à celui de « complot », outre le « mythe politico-criminel », celui du « diable », des « Juifs » et enfin celui de « l’internationalisme » de l’Ordre. Après la première guerre mondiale, la franc-maçonnerie servirait de repaire aux agents du bolchévisme et à ceux de « L’intelligence service ». Responsable de la guerre de 1914, de 1940, elle le sera aussi de la défaite française. L’affirmation du secret constitue la pierre angulaire de l’anti-maçonnerie catholique dès 1738 avec la condamnation du pape Clément XII. Le secret recouvre celui des délibérations (ne pas révéler aux profanes ce qui se dit en loge) et celui d’appartenance, enfin le secret des rites qui consiste à ne pas révéler les symboles maçonniques. Les premières manifestations de l’anti-maçonnerie militante concordent avec la Révolution française. B. Faÿ a publié en 1935 un ouvrage intitulé « la franc-maçonnerie et la Révolution intellectuelle du XVIIIè siècle ». Pour lui la franc-maçonnerie prépare les révolutions et les continue. Les livres de l’abbé Barruel et de John Robison ont, en 1797-1798, un éclat retentissant sur le mythe du complot maçonnique et la Révolution. Ils préludent à la vaste campagne de dénigrement de l’Ordre. La franc-maçonnerie a été accusée d’être un Etat dans l’Etat au cours de la IIIè République. Au milieu du XIXè, un grand nombre de loges ont opté pour une participation active de sociétés de pensée et se sont muées en sociétés de réflexion politique. L’esprit républicain anticlérical se traduit par exemple dans le projet d’enseignement laïque élaboré par Jules Ferry, Maçon des loges « Clémente amitié » et « Alsace-Lorraine ». L’anticléricalisme dont est accusée la franc-maçonnerie atteindra son paroxysme avec la séparation définitive des Eglises et de l’Etat intervenue en 1905. Le scandale de l’affaire des fiches en 1904 offrira en outre des armes indiscutables aux ennemis de l’Ordre. Lorsque en 1940 le gouvernement de Vichy clouera l’institution au pilori, c’est d’abord, derrière elle, la République visera.

En 1884, le pape Léon XIII avec l’encyclique Humanum Genus avait divisé la race humaine en deux groupes. D’un côté, il y a l’Eglise catholique romaine, de l’autre, le royaume de Satan. A la fin du XIXè siècle, les aventures de Léo Taxil marquent une étape de l’anti-maçonnerie, tant ses élucubrations eurent de succès. Taxil avait été initié. D’abord anticlérical, il s’était rétracté en 1885 et l’Eglise l’avait montré en exemple. Dès lors, commence pour Taxil une carrière anti-maçonnique. La maçonnerie luciférienne est inlassablement reprise. Le 19 avril 1897, Taxil tient une ultime conférence publique où il affirme avoir dupé les crédules avec l’imposture de ses écrits. On trouvera l’écho de ses divagations jusqu’en 1940. Dans les dernières décénnies du XIXè siècle ressurgit un racisme latent. L’Eglise amalgame les francs-maçons aux Juifs dans la dénigration à la vindicte populaire. Le mot « judéo-maçonnerie » apparaît. A la notion de profit s’ajoute la notion d’entraide et d’internationalisme. L’internationalisme à base spirituelle auquel se rattache la franc-maçonneire rejoint le principe d’universalisme, partie intégrante de son système de pensée. L’union fraternelle des francs-maçons ne comporte pas de pouvoir central unique, pas d’unité de direction, en un mot, rien qui ressemble à un organisme politique international ou à une corporation religieuse. Mais la maçonnerie prête le flanc à l’idée de vaste « conspiration » ou « conspiration internationale ». Le thème « société secrète » a ainsi étrangement cristallisé les mystères de la synarchie en 1941 au point de susciter de vives discussions parmi les membres du gouvernement de Vichy chaque fois qu’il s’agira de donner une définition de l’ambigu terme « société secrète ». A l’origine, un groupe d’occultistes de la fin du XIXè siècle, Saint Yves d’Alveydre et ses disciples conçoivent, sous une forme encore imprécise, un système politique qu’ils nomment la « Synarchie » basé sur l’existence en Europe d’un ensemble de gouvernements semblablement initiés. A partir de 1934, la campagne anti-maçonnique, très politisée, ne cesse pratiquement plus. Pour les uns, la franc-maçonnerie est le paravent de la puissance anglaise manoeuvrée par l’Intelligence service. Pour d’autres, tout le commonwealth ne formerait que l’armature visible d’une maçonnerie super-occulte, visant à dominer le monde. La franc-maçonnerie représente aussi un danger du point de vue social, car « elle fraye la voie du communisme ». A partir de 1912 et jusqu’en 1939, Mgr Jouin fait paraître la Revue Internationale des sociétés secrètes. Il jette l’idée d’une ligue franc-catholique. Les anti-maçons des années 1940 retrouveront dans cette brochure le vocabulaire, la legislation et les mobiles qui dicteront leur action. B. faÿ dénoncera l’anti-fascisme de l’institution. Vichy, à l’origine, n’invoque pour liquider la franc-maçonnerie, que des raisons jugées fondamentalement anti-nationales.

 

2 un précédent, la répression anti-maçonnique en Allemagne.

 

Dans « Mein kampf », Hitler avait ébauché ses conceptions sur « le peuple et la race » et de la lutte contre les puissances supra-étatiques qu’incarnent la « juiverie, le bolchevisme et la franc-maçonnerie ». Anton Drexler avait donné à Hitler, en 1919, une brochure intitulée « Mon éveil politique, carnet d’un ouvrier allemand socialiste » dans laquelle il brocardait les Juifs et la franc-maçonnerie. Drexler pensait que la franc-maçonnerie internationale cherchait à soumettre le monde à environ trois cents banques et à  le faire gouverner par des Juifs. Ceux-ci disposaient de 90% de la presse mondiale et de 80 % des biens nationaux, qu’ils mettaient au service de la franc-maçonnerie. Hitler eut assurément connaissance des « Protocoles des Sages de Sion », un faux monstrueux qui révélait un programme secret pour l’accomplissement d’un rêve millénaire des Juifs, qui est de régner sur toutes les nations du monde. Plusieurs chapitres des Protocoles établissent les liens étroits entre les Juifs et les francs-maçons.

En Allemagne, la propagation des « Protocoles des Sages de Sion » devait ouvrir la voie à la propagande hitlérienne dont ils deviennent le crédo. Ainsi se répand progressivement en Allemagne l’obsession de l’alliance souterraine des Juifs et des francs-maçons pour la conquête du monde. Rosenberg, théoricien du nazisme, auteur du « Mythe du XXè siècle », rédige plusieurs articles anti-maçonniques éloquents et le 28 novembre 1940, au Palais Bourbon, à Paris, au cours d’une allocution, il dénonce l’influence de la Maçonnerie en France depuis 1789. Les documents volés aux loges françaises devaient être transférés à l’Ecole supérieure de Francfort où des bâtiments étaient réservés à l’étude exclusive de la franc-maçonnerie. La tâche de cette école : « révéler la nature maléfique de la franc-maçonnerie, équivalente à celle du judaïsme.

En 1930, Rudolph Hess, secrétaire d’Hitler, avertit les chefs nazis que nul ne peut appartenir à l’institution maçonnique. En 1933, les loges cessent d’elles-mêmes leurs activités et le gouvernement réquisitionne leurs immeubles qui sont transformés en musée où l’ordre est ridiculisé.

Enfin, puisque dans l’esprit de Hitler et des leaders allemands les deux groupes des Juifs et des francs-maçons apparaissent inséparables, les lois à leur sujet seront les mêmes, et leurs sorts identiques.