24 février 2009
Vichy et les francs-maçons I (Dominique Rossignol)
Vichy et les francs-maçons (Dominique Rossignol)
L’ouvrage commence par une chronologie. Le 3 septembre 1939, l’Alsace ayant été en partie évacuée, les loges de Strasbourg ferment leurs portes. Le 14 juin 1940, peu après leur arrivée dans la capitale française, les Allemands prennent possession des locaux du Grand Orient, rue Cadet, et y installent le siège du service de contre espionnage dirigé par le lieutenant Moritz. Le 22 juin 1940, la Feldpolizei a pu saisir un matériel très important appartenant aux loges maçonniques en France. Le 7 août 1940, lettre d’Arthur Groussier, président du Conseil de l’ordre du Grand Orient adressée aux maréchal Pétain pour signaler la cessation d’activité du Grand Orient. Le 13 août 1940 : loi portant interdiction des associations secrètes et obligeant les fonctionnaires et agents de l’Etat à souscrire une déclaration à leur sujet. Le 19 août 1940 : décret constatant la nullité des associations « La Grande loge de France » et « Le Grand Orient de France ». 24 septembre 1940 : Première réunion clandestine de la loge « l’atelier de la Bastille », sous la présidence du Gauthier, ancien vice-président du conseil de l’ordre du GODF et organisée par Albert Kirchmeyer à son domicile à Paris. 4 octobre 1940 : publication dans la Bibliographie de la France, numéro du 28 juin-4 octobre 1940, de la liste Otto ». Ouvrages retirés de la vente par les éditeurs français ou interdits par les autorités allemandes parmi lesquels « Mein Kampf » et « Manuel d’histoire de la franc-maçonnerie » écrit par G. Martin. 28 octobre 1940, l’Orphelinat maçonnique fondé à Paris en 1862 est perquisitionné par les autorités d’occupation puis occupé par l’administration pénitentiaire qui y établit une maison de redressement. Octobre-novembre 1940 : Exposition au Petit Palais, à Paris, « La Franc-maçonnerie dévoilée ». 31 octobre : note allemande : les otages parmi les francs-maçons de haut grade serviront à d’éventuels représailles pour le cas où le baron de Lesdain, organisateur de l’exposition anti-maçonnique serait abattu. 12 novembre, une décision du chef de l’Etat charge M. Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque Nationale, de centraliser et d’inventorier les archives maçonniques. 27 novembre : circulaire du garde des sceaux, relative à la mise sous séquestre des sociétés civiles se rattachant aux associations secrètes et aux loges maçonniques. 28 novembre : Alfred Rosenberg, dans une allocation prononcée à Paris, donne un aperçu historique de la franc-maçonnerie, de son rôle dans la R2volution de 1789 et des « crimes » qui en découlaient, y compris celui de sa culpabilité pour la guerre de 1914-1918. 7 janvier 1941 : six francs-maçons se constituent en « Grand Conseil Provisoire de la Maçonnerie française » à l’effet d’aider à la libération du territoire, de restaurer les institutions républicaines, de reconstruire, sans distinction d’obédience, la franc-maçonnerie française. 31 janvier : l’opposition de la franc-maçonnerie est jugée naturelle par les Allemands tout comme celle des Juifs et de la haute finance. 27 février 1941, décret constatant la nullité de la « Grande Loge Nationale Indépendante », de la Fédération française du Droit Humain et de la la Société Théosophique de France. 11 mars, loi complétant celle du 13 août 1940. Cette loi ordonne la transmissions à la BN des documents et objets de caractère maçonnique. 30 avril, circulaire de la vice-présidence du conseil relative à la vérification des déclarations sur les sociétés secrètes et l’insertion des déclarations ou dossier personnel des intéressés. 1er mai 1941, lettre de Goering stipulant que la lutte conte les Juifs, francs-maçons et leurs alliés constitue l’une des tâches principales pendant la guerre. Il se déclare d’accord avec la nomination de Rosenberg comme chef de l’action anti-juive et antimaçonnique sur le plan culturel. Mai : le cabinet civil de Vichy fait appel au capitaine de frégate Labat pour constituer, avec Bernard Faÿ, un service des sociétés secrètes et un réseau de renseignement en zone sud. A Paris, il existe cinq services antimaçonniques : celui de Bernard Faÿ, 16 rue Cadet, celui de J. Marquès-Rivière, installé rue Greffuhle, le service du commissaire français Moerschel, 4 square Rapp (ancien siège de la société théosophique) responsable de la région parisienne dépendant de la préfecture de police, le centre d’action et de documentation de Henry Coston, 8 rue de Puteaux, ancien siège de la Grande Loge de France. Et enfin le service allemand du docteur Pfannstiel, situé 72 avenue Foch dans les locaux de l’ambassade du Canada.
11 août 1941 : loi sur les sociétés secrètes, ordonnant la publication au Journal officiel des noms des anciens dignitaires et leurs interdisant l’accès et l’exercice des fonctions et mandats énumérés à l’article 2 de la loi du 2/6/1941 portant sur le statut des Juifs. 12 août : décret portant dérogation sur la rupture de M. Peyrouton avec la franc-maçonnerie dès 1934 (Peyrouton a été ministre de l’Intérieur du 5 septembre 1940 au 25 février 1941). Discours de Pétain annonçant qu’il « faut détruire le complot maçonnique ». 17 septembre, décret chargeant B. Faÿ de rechercher, réunir, conserver et éditer tous les documents maçonniques en vue de l’application de la loi du 11 août 1941. 27 septembre, circulaire du ministre, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, relative à la création d’un « Service des sociétés secrètes ». 15 octobre, les Documents maçonniques, parution du 1er numéro. Revue mensuelle dirigée par Bernard Faÿ (dernier numéro 15 juin 1944). 29 octobre : numéro 1 du Bulletin d’information antimaçonnique publié par le Centre d’Action et documentation, hebdomadaire dirigé par Coston. 15 décembre : Arrêté du ministre, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, relatif à la création et à l’organisation d’un service de « Police des sociétés secrètes ». 21 juin 1942 : Loi plaçant dans les attributions du chef du gouvernement toutes les questions relatives aux sociétés secrètes. Arrêté portant délégation à un secrétaire d’Etat des pouvoirs du chef du gouvernement en matière de sociétés secrètes. Le délégué nommé est le vice-amrial Platon. 30 août : discours de Pétain à Clermont-Ferrand : « ... une secte bafouant les sentiments les plus nobles poursuit sous le couvert du patriotisme son oeuvre de trahison et de révolte... » 3 octobre, décret constituant le « Service des sociétés secrètes qui remplace tous les organismes existants. Le lieutenant-colonel d’aviation J. de Verchère assume la coordination de ce service. 15 janvier 1943, Pétain déclare à Bernard Faÿ : « Vous ne devez pas hésiter. La franc-maçonnerie est la principale responsable de nos malheurs; c’est elle qui a menti aux Français et qui leur a donné l’habitude du mensonge. Or c’est le mensonge et l’habitude du mensonge qui nous a amenés où nous sommes ». 28 fevrier 1943 : Exposition à Marseille : « Juifs et Maçons ». 9 mars : première projection du film « Forces occultes ». 4 juillet : ordonnance du « Comité français de la Libération nationale » concernant la réintégration des magistrats fonctionnaires et agents civils et militaires révoqués, mis à la retraite d’office, licenciés ou rétrogradés, modifiée par ordonnances du 5 août 1943 et du 27 janvier 1944. 10 août, Laval aurait, de sources allemandes, permis à nouveau l’ouverture des loges maçonniques en zone sud occupée, après le débarquement en Afrique du Nord. Il voudrait ainsi se dédouaner auprès des Américains.
2 septembre : ordonnance du « Comité français de Libération nationale » portant abrogation des actes dits « loi du 15 octobre 1940 » et « loi du 14 septembre 1941 ». Les groupements dissouts... sont réputés n’avoir pas cessé d’exister et sont remis en possession des biens dont ils ont été dessaisis. 22 octobre Ordonnance du « Comité Français de Libération nationale » relative aux conditions de réintégration des agents et employés des services concédés ou subventionnés, évincés en raison de leur qualité de Juif, de leur appartenance aux sociétés secrètes. 15 décembre ordonnance du « Comité français de Libération nationale » portant annulation de la loi du 13 août 1940 et des dispositions subséquentes relatives aux associations dites secrètes. 26 mars 1944 mort de Constant Chevillon, Grand Maître de l’Ordre Hermétique du Rite Memphis-Misraïm entre les mains de la police de Vichy. 9 août 1944 ordonnance rétablissant l’activité de la franc-maçonnerie. 19 août Arrestation de B. Faÿ dans son bureau de la BN. 14 septembre le GODF fait don à la BN de ses archives antérieures au 15 décembre 1851. La BN restitue aux loges le reste des archives que Vichy avait confisqué. 18 octobre adresse envoyée au chef du gouvernement provisoire de la République française, assurant le général de Gaulle de l’attachement de la « Maçonnerie de France » à la République. Signée par le GODF et la Grande Loge, cette adresse est demeurée sans réponse. 3 septembre 1945, B. Faÿ placé sous mandat de Dépôt à la prison de Fresnes. 25 novembre 1946, ouverture au Palais de Justice de Paris du procès du « Service des sociétés secrètes ». 5 décembre 1946 Faÿ est condamné aux travaux forcés à perpétuité, à la confiscation de ses biens et à la dégradation nationale, de même pour Robert Labat. René Coty gracie Faÿ en 1958.
Service des sociétés secrètes : bilan approximatif : 170 000 fiches de « suspects » établis, 60 000 fiches de francs-maçons, 6 000 francs-maçons inquiétés, 989 francs-maçons déportés, 540 fusillés ou morts en déportation.
Mars 1947 procès de Henry Coston. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité, gracié cinq ans plus tard par le président Vincent Auriol. 22 mai 1947, procès de Georges Moerschel, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
L’anti-maçonnerie jusqu’en 1940
1 L’anti-maçonnerie stratification et thèmes
Dès juillet 1940, Vichy regarde la franc-maçonnerie comme l’expression d’un complot permanent. Dès le début du XIXè siècle, la franc-maçonnerie s’est identifiée à une institution qui combattait l’Eglise et l’obscurantisme. De là s’est répandue l’idée du complot. En 1877, avec la suppression de l’obligation de croire en dieu, le GODF a engendré une relative politisation. Pour discréditer la franc-maçonnerie, les anti-maçons la décrivent comme une religion anti-chrétienne qui défend la séparation de l’Eglise et de l’Etat et tend à promouvoir la démocratie et l’école publique. Le moteur de l’anti-maçonnerie reste le « secret ». Le mouvement anti-maçonnique apparaît avec la franc-maçonnerie moderne spéculative et ne sera violemement polémique en France que vers 1865. Les ennemis de la franc-maçonnerie se répartissent trois groupes :
Religieux : correspondant à l’instransigeance des Eglises, et plus particulièrement de l’Eglise catholique.
Politique : ceux qui voient dans la franc-maçonnerie un contre-pouvoir.
Socio-économique : l’exaspération relative à l’autorité exercée par un groupe de personnes.
Les pamphlets antimaçonniques sont écrits soit par d’anciens maçons soit par des théologiens, historiens. Dès 1723, la gazette anglaise, le Flying Post, dévoile les « honteuses » cérémonies des francs-maçons. En 1730 paraît la plus ancienne brochure connue : « The Masonery dissected » de Samuel Prichard. En France le discours anti-maçonnique se façonne dans sa cohérence entre 1880 et 1914. La presse de droite joue un rôle déterminant dans l’anti-maçonnerie avec des hebdomadaires et des quotidiens comme Candide, Je suis partout, l’Action française. L’anti-maçonnerie suit divers courants historiques : la première époque s’étend de la naissance de l’institution au début de la IIIè République. Les francs-maçons évoluent « à côté du pouvoir ». La seconde époque est celle où l’anti-maçonnerie se forge et devient militante, les francs-maçons participant au pouvoir. LA dernière époque affleure vers 1930 : la vogue anti-maçonnique atteint son paroxysme et son aboutissement avec la liquidation des loges en 1940. Au milieu du XIXè siècle la querelle rebondit avec l’orientation politique de l’institution. De nouveaux thèmes s’intègrent à celui de « complot », outre le « mythe politico-criminel », celui du « diable », des « Juifs » et enfin celui de « l’internationalisme » de l’Ordre. Après la première guerre mondiale, la franc-maçonnerie servirait de repaire aux agents du bolchévisme et à ceux de « L’intelligence service ». Responsable de la guerre de 1914, de 1940, elle le sera aussi de la défaite française. L’affirmation du secret constitue la pierre angulaire de l’anti-maçonnerie catholique dès 1738 avec la condamnation du pape Clément XII. Le secret recouvre celui des délibérations (ne pas révéler aux profanes ce qui se dit en loge) et celui d’appartenance, enfin le secret des rites qui consiste à ne pas révéler les symboles maçonniques. Les premières manifestations de l’anti-maçonnerie militante concordent avec la Révolution française. B. Faÿ a publié en 1935 un ouvrage intitulé « la franc-maçonnerie et la Révolution intellectuelle du XVIIIè siècle ». Pour lui la franc-maçonnerie prépare les révolutions et les continue. Les livres de l’abbé Barruel et de John Robison ont, en 1797-1798, un éclat retentissant sur le mythe du complot maçonnique et la Révolution. Ils préludent à la vaste campagne de dénigrement de l’Ordre. La franc-maçonnerie a été accusée d’être un Etat dans l’Etat au cours de la IIIè République. Au milieu du XIXè, un grand nombre de loges ont opté pour une participation active de sociétés de pensée et se sont muées en sociétés de réflexion politique. L’esprit républicain anticlérical se traduit par exemple dans le projet d’enseignement laïque élaboré par Jules Ferry, Maçon des loges « Clémente amitié » et « Alsace-Lorraine ». L’anticléricalisme dont est accusée la franc-maçonnerie atteindra son paroxysme avec la séparation définitive des Eglises et de l’Etat intervenue en 1905. Le scandale de l’affaire des fiches en 1904 offrira en outre des armes indiscutables aux ennemis de l’Ordre. Lorsque en 1940 le gouvernement de Vichy clouera l’institution au pilori, c’est d’abord, derrière elle, la République visera.
En 1884, le pape Léon XIII avec l’encyclique Humanum Genus avait divisé la race humaine en deux groupes. D’un côté, il y a l’Eglise catholique romaine, de l’autre, le royaume de Satan. A la fin du XIXè siècle, les aventures de Léo Taxil marquent une étape de l’anti-maçonnerie, tant ses élucubrations eurent de succès. Taxil avait été initié. D’abord anticlérical, il s’était rétracté en 1885 et l’Eglise l’avait montré en exemple. Dès lors, commence pour Taxil une carrière anti-maçonnique. La maçonnerie luciférienne est inlassablement reprise. Le 19 avril 1897, Taxil tient une ultime conférence publique où il affirme avoir dupé les crédules avec l’imposture de ses écrits. On trouvera l’écho de ses divagations jusqu’en 1940. Dans les dernières décénnies du XIXè siècle ressurgit un racisme latent. L’Eglise amalgame les francs-maçons aux Juifs dans la dénigration à la vindicte populaire. Le mot « judéo-maçonnerie » apparaît. A la notion de profit s’ajoute la notion d’entraide et d’internationalisme. L’internationalisme à base spirituelle auquel se rattache la franc-maçonneire rejoint le principe d’universalisme, partie intégrante de son système de pensée. L’union fraternelle des francs-maçons ne comporte pas de pouvoir central unique, pas d’unité de direction, en un mot, rien qui ressemble à un organisme politique international ou à une corporation religieuse. Mais la maçonnerie prête le flanc à l’idée de vaste « conspiration » ou « conspiration internationale ». Le thème « société secrète » a ainsi étrangement cristallisé les mystères de la synarchie en 1941 au point de susciter de vives discussions parmi les membres du gouvernement de Vichy chaque fois qu’il s’agira de donner une définition de l’ambigu terme « société secrète ». A l’origine, un groupe d’occultistes de la fin du XIXè siècle, Saint Yves d’Alveydre et ses disciples conçoivent, sous une forme encore imprécise, un système politique qu’ils nomment la « Synarchie » basé sur l’existence en Europe d’un ensemble de gouvernements semblablement initiés. A partir de 1934, la campagne anti-maçonnique, très politisée, ne cesse pratiquement plus. Pour les uns, la franc-maçonnerie est le paravent de la puissance anglaise manoeuvrée par l’Intelligence service. Pour d’autres, tout le commonwealth ne formerait que l’armature visible d’une maçonnerie super-occulte, visant à dominer le monde. La franc-maçonnerie représente aussi un danger du point de vue social, car « elle fraye la voie du communisme ». A partir de 1912 et jusqu’en 1939, Mgr Jouin fait paraître la Revue Internationale des sociétés secrètes. Il jette l’idée d’une ligue franc-catholique. Les anti-maçons des années 1940 retrouveront dans cette brochure le vocabulaire, la legislation et les mobiles qui dicteront leur action. B. faÿ dénoncera l’anti-fascisme de l’institution. Vichy, à l’origine, n’invoque pour liquider la franc-maçonnerie, que des raisons jugées fondamentalement anti-nationales.
2 un précédent, la répression anti-maçonnique en Allemagne.
Dans « Mein kampf », Hitler avait ébauché ses conceptions sur « le peuple et la race » et de la lutte contre les puissances supra-étatiques qu’incarnent la « juiverie, le bolchevisme et la franc-maçonnerie ». Anton Drexler avait donné à Hitler, en 1919, une brochure intitulée « Mon éveil politique, carnet d’un ouvrier allemand socialiste » dans laquelle il brocardait les Juifs et la franc-maçonnerie. Drexler pensait que la franc-maçonnerie internationale cherchait à soumettre le monde à environ trois cents banques et à le faire gouverner par des Juifs. Ceux-ci disposaient de 90% de la presse mondiale et de 80 % des biens nationaux, qu’ils mettaient au service de la franc-maçonnerie. Hitler eut assurément connaissance des « Protocoles des Sages de Sion », un faux monstrueux qui révélait un programme secret pour l’accomplissement d’un rêve millénaire des Juifs, qui est de régner sur toutes les nations du monde. Plusieurs chapitres des Protocoles établissent les liens étroits entre les Juifs et les francs-maçons.
En Allemagne, la propagation des « Protocoles des Sages de Sion » devait ouvrir la voie à la propagande hitlérienne dont ils deviennent le crédo. Ainsi se répand progressivement en Allemagne l’obsession de l’alliance souterraine des Juifs et des francs-maçons pour la conquête du monde. Rosenberg, théoricien du nazisme, auteur du « Mythe du XXè siècle », rédige plusieurs articles anti-maçonniques éloquents et le 28 novembre 1940, au Palais Bourbon, à Paris, au cours d’une allocution, il dénonce l’influence de la Maçonnerie en France depuis 1789. Les documents volés aux loges françaises devaient être transférés à l’Ecole supérieure de Francfort où des bâtiments étaient réservés à l’étude exclusive de la franc-maçonnerie. La tâche de cette école : « révéler la nature maléfique de la franc-maçonnerie, équivalente à celle du judaïsme.
En 1930, Rudolph Hess, secrétaire d’Hitler, avertit les chefs nazis que nul ne peut appartenir à l’institution maçonnique. En 1933, les loges cessent d’elles-mêmes leurs activités et le gouvernement réquisitionne leurs immeubles qui sont transformés en musée où l’ordre est ridiculisé.
Enfin, puisque dans l’esprit de Hitler et des leaders allemands les deux groupes des Juifs et des francs-maçons apparaissent inséparables, les lois à leur sujet seront les mêmes, et leurs sorts identiques.
17 février 2009
Visa pour une autre terre (Jacques Bergier)
Visa pour une autre terre (Jacques Bergier)
1 Le pudding magique
Pour Bergier, le connu et l’inconnu sont mélangés. L’image du monde est celle d’un pudding contenant des fruits confits. La science cherche à diminuer les phénomènes inconnus. Le pudding est extrêmement riche en inclusions contenant de l’inconnu et qu’on ne peut déloger. Arthur C. Clarke a écrit : « une science supérieure à la nôtre doit nécessairement nous apparaître comme une magie ». Pour Bergier la science ne doit nullement être séparée du rêve et du fantastique. Il fait référence à Teilhard de Chardin (comme dans le Matin des magiciens) : « A l’échelle du cosmos, le fantastique seul à la chance d’être vrai ». Bergier est plus franc car il défend ses idées saugrenues pace que cela l’amuse et qu’il pense distraire le lecteur et lui donner quelques bonnes occasions de rêver. Il pense que les univers différents du nôtre nous influencent et que nous les influençons mais qu’il ne faut pas être paranoïaque. Nous sommes maîtres de notre destin, et celui-ci n’est régi ni par le « sens de l’histoire » des marxistes ni par les sociétés secrètes. Il est probable que, pour rester indétectables, ces sociétés secrètes ne doivent justement pas intervenir dans nos vie (Bergier ridiculise donc tous les conspirationnistes paranoïaques qui croient aux théories du complot). Néanmoins Bergier pense que des sociétés secrètes existent. Il y aurait une société secrète de télépathes dans un pays de l’Est mais comme la police ne dispose pas de télépathes, ils ne risquent pas d’être découverts. Bergier évoque un livre intitulé « Ahead of time » rédigé par des savants qui mentionnerait la description d’une machine à prédire l’avenir, la descritpion de planètes artificielles, la théorie d’un astronef interstellaire, des méthodes pour communiquer avec les extra-terrestres. Bergier ne faisait partie d’aucune société secrète car il ne voulait pas promettre le secret. Il estime qu’on trouve souvent en enregistrant toutes les communications radio, toutes les émissions de télévision et en les écoutant des portions considérables du pudding magique. Mais elles restent propriétés des gouvernements au niveau des dossiers File et and forget, c’est-à-dire : classez cette information et oubliez-la. Bergier prétend avoir accès à ces dossiers.
La géographie sacrée
Bergier pense qu’il n’est pas farfelu de croire à des régions qui ne sont pas répertoriées sur les cartes. Les vols sans retour en Bretagne, les pays dont on ne revient pas en Cornouailles, la Terre interdite en Amazonie, la ville de Luz, la ville du Roi du monde dans les traditions dont parle Guénon, en sont des exemples. Après avoir lu Guénon, Bergier pense qu’il y a une infinité d’états, de niveaux, de surfaces de Riemann, de plis topologiques ou de plans d’existence liés à la Terre. Sur ces plans, sept nous sont accessibles, ou tout au moins sont accessibles à de heuts initiés. On les appelle les sept dwipas. Une des dwipas est habitée. La réside le Roi du monde, qui garde ce qu’il y a d’essentiel dans l’humanité, les aspirations spirituelles. Dans sa ville, Schamballah, se trouve un centre de la tradition et de la recherche. Des sociétés secrètes ont le devoir de protéger les approches de ces centres et de se sacrifier jusqu’à la mort et à la torture pour que ces approches ne soient pas découvertes. Les Templiers en furent un exemple. L’existence des sept planètes/dwipas est connue des sociétés ésotériques et il existe de nombreux cas de voyageurs venus de pays qu’on n’a pas retrouvés ensuite, qui parlaient une langue inconnue, qui avaient sur eux des cartes d’un monde qui n’était pas le nôtre. La frontière entre notre Terre et d’autres pays paraît être invisible mais plus facile à franchir qu’on ne le croit. Les disparitions d’êtres humains pourraient être expliquées par ce phénomène. Selon Bergier, les astronautes auraient pris des photos de la Terre qui ne la montrent pas telle que nous la connaissons. Pour lui, il est possible que toute l’architecture sacrée consiste à réserver une porte s’ouvrant sur les aspects inconnus de la Terre. Ce serait là le secret de tout temple, quelle que soit la religion à laquelle il appartient.
Ils sont parmi nous
D’après Gustav Meyrinck, il existe une série indéfinie et peut-être infinie d’états de conscience supérieurs à l’éveil. Une personne éveillée peut s’éveiller encore plus et passer dans un état de conscience supérieure. Bergier évoque Appolonius de Tyane. George Robert Stow Mead, secrétaire de Mme Blavatsky a écrit la biographie d’Appolonius de Tyane. Appolonius née en 17. En l’an 66, il est expulsé de Rome. Il voyage aux Indes puis revient en Grèce. Il manifeste alors des pouvoirs super-normaux. En 96, il voit à distance l’assassinant de l’empereur Domitien. Il disparaît finalement sans qu’on puisse trouver des témoins de sa mort ou sa tombe. Il a alors entre quatre-vingts et cent ans. Il aurait visité un monde inconnu, la ville Iarchas. Il aurait vu des extra-terrestres. Durant toute sa vie il manifeste ce que nous appelons des pouvoirs parapsychiques : lévitation, lecture de pensée, clairvoyance, vision de l’avenir. Bergier raconte ensuite l’histoire d’Armand Robin. Dans les années 50, un jeune Breton vient à Paris. Il révèle un don des langues prodigieux, invraisemblable. Il en apprend 26. Il écrit des poèmes qui paraissent chez Gallimard. Mais les livres et les manuscrits ont disparu. Robin est télépathe, clairvoyant et prédit l’avenir. Il meurt en 1961 frappé à mort par les policiers. Puis, il est question de Mallory Hahfield (1880-1958). Il pouvait faire pleuvoir à volonté. En 1902, il est représentant voyageur de commerce en machine à coudre. Il n’a pas fait d’études mais il lit beaucoup. Il devient faiseur de pluie commercial en 1903. Il n’échoue jamais. Bergier évoque ensuite l’Australien Louis Rodgers. Il était médium et on le voyait à plusieurs endroits à la fois. En 1942, il meurt au combat et son secret est mort avec lui.
les portes induites
Si notre Terre est un lieu de passage, il doit y avoir des portes qui, à partir de notre monde, s’ouvrent sur l’inconnu et à partir d’autres aspects de l’univers sur notre Terre. Les lieux où on peut soupçonner l’existence d’une porte induite se distinguent par les caractéristiques suivantes : La gravitation y est perturbée, le magnétisme terrestre y est perturbé, on y observe des visions, des disparitions énigmatiques y ont lieu. Un de ces lieux serait Chimney Rock en Caroline du Nord. On y aurait vu, en 1806, des milliers d’êtres humains flottant dans l’air. Dans le Triangle des Bermudes, les disparitions se comptent par centaines. Il y aurait un cycle de 9,6 ans au cours duquel les portes manifesteraient une activité violente. Damon Knight, le biographe de Charles Fort, pense que ce cycle a une origine cosmique ou extra-terrestre. La technique de fabrication des portes induites peut être trouvée dans le livre « Oahspe » publié en 1880 et écrit par le dentiste John Ballou Newbrough sous l’effet de transes provoquées par le gaz hilarant. On trouve aussi cette théorie dans le rituel de la Golden Dawn. Bergier pense que Sirhan Sirhan, l’assassin de Robert Kennedy a agi sous l’effet de transes. Condamné à mort, il demanda un exemplaire de la Doctrine secrète de Blavatsky pour le lire dans sa cellule. Truman Capote le rencontra et l’assassin prétendit avoir été téléguidé. Le mathématicien allemand Zöllner s’est intéressé aux portes induites. Il trouva un médium appelé Slade qui prétendait avoir une vision intuitive de ce phénomène. Ayant reçu de Zöllner la formation mathématique appropriée, Slade, en présence de Zöllner et de nombreux témoins, plaça des objets dans une boîte ficelée avec des noeuds difficiles à défaire instantanément et en pleine lumière et les retira en laissant les noeuds intacts. Aussitôt une vaste campagne fut lancée contre Söllner et celui-ci renonça à son travail. Il serait intéressant de savoir si les portes induites émettent des ondes de gravitation et Bergier espérait que l’appareillage soviétique permettant de les détacher serait utilisé dans le Triangle des Bermudes. Un endroit qui paraît être particulièrement caractérisé comme étant une porte induite est Bahia Blanca, en Argentine. En mai 1968, le Dr Géraldo Vidal et sa femme se trouvent pris dans un brouillard épais, extrêmement rare dans la banlieue de la ville. Ils perdent connaissance. Lorsqu’ils la reprennent, leurs montres sont arrêtées, la surface de leur voiture a été fortement écorchée et ils sont sur une route inconnue. Lorsqu’ils arrivent au village le plus proche, ils constatent à leur grand ahurissement que 48 heures se sont écoulées et qu’ils sont au Mexique.
Une autre question intéressante, c’est de savoir si des facultés de perception extra-sensorielles ne peuvent pas parfois franchir les portes induites et donner des images des faces cachées du monde. On peut également se demander si des radiations parfaitement connues ne peuvent traverser les portes induites. Il y a des émissions de TSF d’infrarouge et d’ultra-violet dont on n’arrive pas à situer la source.
Einstein a montré que l’espace n’est pas une catégorie métaphysique mais une grandeur physique. On peut imaginer que la courbure spéciale qui sépare les diverses terres ou dwipas les unes des autres peut être à son tour influencée et qu’on peut créer sur cette Terre des portes qui conduisent également sur la Terre mais dans des aspects de la Terre qui ne sont pas normalement perceptibles.
les immortels
Bergier raconte qu’au printemps 1944, il a vu arriver à Mauthausen des Témoins de Jéovah qui ont demandé à être volontairement internés pour rapporter les crimes ici commis et en être directement témoins le jour du Jugement, placés à la droite de Dieu. Les témoins de Jéovah prétendent que 144 000 Immortels sont déjà parmi nous. Dans toutes les civilisations, la tradition d’une petite minorité d’Immortels vivant parmi nous est fondamentale. La légende la plus célèbre dans ce domaine est évidemment celle du Juif errant. La plus ancienne légende d’immortalité est l’épopée sumérienne de Gilgamesh. Le héros trouve au fond de la mer une plante dont le suc restaure la jeunesse et prolonge la vie indéfiniment.
Le sénateur états-unien Roger Sterman Hoar partant de l’idée que la vieillesse est causée par l’accumulation de l’eau lourde dans l’organisme en déduisit que l’élixir de longue vie pourrait être tout simplement une substance qui élimine de l’organisme l’eau lourde dans la sueur et les urines, de préférence l’eau légère. Une telle substance aurait pu être trouvée empiriquement (ou obtenue par contact avec les extra-terrestres) dans un passé lointain et le secret serait conservé par une société d’Immortels recrutant peu. L’idée est assez plausible et une telle société d’Immortels serait très difficile à déceler. Les alchimistes européens, s’ils paraissent avoir réussi le Grand Oeuvre, ne paraissent pas avoir réussi l’élixir de longue vie. Une société secrète possédant une eau très pure qui prolongeait la vie paraît s’être manifestée au XIXè siècle par la guérison de Goethe, qui était condamné. Goethe s’avoua passionné par l’alchimie. Comme Newton, il s’intéressait à la fois aux disciplines paranormales, à l’optique, notamment à la théorie de la couleur, et à la météorologie, notamment la théorie des nuages. La société secrète qui a sauvé Goethe aurait donné des autorisations pour créer la Golden Dawn. C’est également cette société qui aurait participé à l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler.
Bergier pense que la sauvegarde de la société des Immortels doit devenir de plus en plus difficile à mesure que les techniques militaires se perfectionnent. Si on trouve des moyens d’identification encore meilleurs que les empreintes digitales : structure rétinienne, électro-encéphalogramme, et que tous les humains soient fichés par un ordinateur central, celui-ci s’apercevra que certains humains survivent à tous les âges. A moins que la société secrète des Immortels ne trouve moyen de détraquer ce calculateur à distance. Les Supérieurs inconnus, les maîtres qui ont inspiré des mouvements tels que la Théosophie ou la Golden Dawn, seraient immortels. Pythagore et Francis Bacon seraient de nos jours encore parmi eux. Pour Bergier, on devrait reconnaître un Immortel par la sagesse qu’il a acquise, par son détachement, par le développement progressif de son intelligence.
Sociétés secrètes et centrales d’énergie
Pour Bergier, une véritable société secrète n’interfère pas, elle ne fait pas de publicité, elle n’édite pas de revue. Il est persuadé qu’il y en a dans le monde où nous vivons. Les participants à cette société ont des vies plus riches que les nôtres, et cela suffit. Ils ne sont pas détectables, même si leur activité produit des effets physiques. Une société véritablement secrète n’a pas besoin de se réunir. Il suffit pour tenir une réunion que les membres de la société possèdent des moyens de télécommunication qui ne sont pas inventés à l’époque où ils vivent. Ces sociétés secrètes ne sont pas un gouvernement invisible du monde, ni des gens qui ont quoi que ce soit à enseigner ou à prêcher : il s’agit de gens qui ont découvert un domaine qu’ils veulent explorer et garder pour eux dans le secret. Ils sont nécessairement peu nombreux et augmentent nécessairement leur nombre par cooptation. De telles sociétés sont des centrales d’énergie psychiques. L’idée d’une pile psychique se forme lorsqu’on place dans des positions géométriques définies des êtres humains purs est nouvelle mais non pas absurde. Les énergies liées au psychisme, elle doivent en retour pouvoir agir sur le psychisme. Il en résulte que les centrales d’énergie peuvent, sans le vouloir ou en le voulant, agir sur le psychisme des êtres qui sont dans le voisinage de la centrale ou peut-être même sur le Terre entière. L’évolution psychique de l’humanité pourrait être ainsi influencée dans le bon ou le mauvais sens. Bergier va jusqu’à prétendre que les centrales d’énergie qui ont précédé le nazisme ont pu influencer toute la psychologie du peuple allemand dans le plus mauvais sens imaginable. Bergier pense également que les contacts avec d’autres planètes habitées, que l’on cherche en vain par radar sont peut-être depuis longtemps établis entre des sociétés secrètes et des intelligences d’autres planètes. Pour que de telles sociétés ne dirigent pas le monde, les méthodes de recrutement exigent un désintéressement tout à fait absolu, et un détachement du monde. Les super-intelligences ne doivent ressentir aucun besoin de faire profiter l’humanité de leurs travaux qu’elle ne comprendrait d’ailleurs pas. Bergier pense qu’il y a des sociétés secrètes plus anciennes que l’on ne pense et qui ont déjà survécu à pas mal de fins du monde, à bien des déluges, et qui ont conservé des secrets ayany plusieurs dizaines de milliers d’années d’existence.
Les idées d’un non-initié sur l’initiation
Bergier prétend n’avoir rencontré que de faux initiés. Il les a recnontrés au café de Flore et aux Deux Magots. Pourtant, Bergier pense qu’il doit y avaoir une vraie initiation. Dans les civilisations du passé, il a dû y avoir aussi des sociétés secrètes en progrès sur le milieu local et temporel. Ces initiations sont mortes mais des sociétés secrètes ont survécu. Leur savoir, leur pouvoir c’est ce que l’initiation doit révéler. Bergier a voulu être initié deux fois mais il a été refoulé pour moralité insuffisante. Comme dans le Matin des magiciens, Bergier parle des Neuf Inconnus. Cette société est aussi ancienne que l’Inde elle-même mais le contact avec cette société ne paraît pas facile. Bergier évoque une civilisation située dans l’Antarctique qui daterait de moins quarante mille ans à moins vingt mille ans par rapport à nous. Des traces de cette société nous seraient parvenues par l’intermédiaire de l’Egypte. On peut donc imaginer une filiation, une société secrète invisible se formant au sein de la civilisation de l’Antarctique, continuant son oeuvre en Egypte et fonctionnant encore de nos jours. C’est la communication d’une partie ou de la totalité de la réserve d’information de cette société que Bergier appelle l’initiation. Pour lui, l’information traditionnelle, la source de l’initiation, serait en nous tous inscrite dans notre code génétique. Dans ces conditions, initier quelqu’un ne serait pas lui faire suivre des cours mais faire remonter dans son conscient ce qu’il sait déjà, mais sens s’en rendre compte. Cette initiation est rare et concerne, selon Bergier, cent personne par génération. Cette vision de l’humanité n’est pas démocratique et Bergier avoue n’être pas démocrate. Pour lui les humains ne naissent pas égaux. Ce qui corrige l’existence d’une aristocratie héréditaire, c’est le fait que celle-ci ne se manifeste pas, qu’elle n’a aucune prétention à être une race élue ou gouvernée et qu’elle fait tout son possible pour passer inaperçue et y réussit.
Un de ceux qui gardent les clefs des secrets de la magie...
Bergier raconte l’histoire d’un homme qui se faisait appeler le cavalier blanc à Lyon au début de 1944 et qui voulait combattre le nazisme par la magie blanche. La Gestapo le poursuivit mais il disparut de façon inexplicable. Pour Bergier, il existerait donc un mythe de l’apparition du Protecteur et le premier serait apparu à Sumer et s’appelait Gilgamesh. Le Roi du monde de l’Agartha en serait un autre exemple révélé par Saint Yves d’Alveydre au XIXè siècle dans « Mission de l’Inde » en Europe ». C’est l’occasion pour Bergier, d’évoquer Saint-Yves d’Alveydre. Il révèle que « Mission de l’Inde en Europe » fut détruit par l’auteur suite à des menaces puis publié en 1910 et enfin brûlé par les nazis. Il révèle que son dossier de fonctionnaire s’est volatilisé aux Archives.
Bergier pense que les Templiers étaient les représentants du Protecteur. Il existerait des objets qu’Himmler recherchait mais qui furent protégés pendant la guerre. Bergier estime que la Soga-Gokkaï au Japon est une manifestation du Protecteur. Cette société a publié des textes réservés à l’empereur du Japon révélant des contacts avec les extra-terrestres. Pourtant en soixante siècles d’activité le Protecteur n’a jamais fondé une religion.
est resté sur cette terre et rassemble les élus.
Le but du Protecteur en restant sur cette Terre est de rassembler les élus. Un peut partout sur Terre, on construit des refuges permettant à un certain nombre d’élus d’être sauvés en cas de catastrophe. Une arche a été construite en Suisse et Bergier a été pressenti pour s’y réfugier mais il a refusé ne croyant pas à une catastrophe. Pour lui, il suffirait de huit cents personnes de professions différentes, bien choisies, pour pouvoir reconstruire une civilisation d’où l’on aurait laissé tomber tout ce qui n’est pas essentiel. Le livre de Bergier est écrit à l’époque de la guerre froide laissant soupçonner une guerre atomique et l’auteur imagine des possibilités de constructions d’arches pour des élus qui pourraient survivre ainsi pendant un siècle.
10 Dans ces livres poussiéreux...
Bergier explique que ses sources viennent de livres et de magazines scientifiques. Il encourage la lecture de livres de savants où on trouvera les idées les plus extraordinaires et aussi les faits les plus étranges. Bergier est très dur avec les sciences humaines (psychologie et sociologie). Il pense que beaucoup plus que l’astrologie ou la sorcellerie ce sont des fausses sciences.
10 février 2009
La guerre secrète de l'occulte (Jacques Bergier)
La guerre secrète de l’occulte (Jacques Bergier)
Bergier pense qu’il y a un danger analogue à Hiroshima à partir des recherches en parapsychologie et qu’elles auront des applications militaires. La police soviétique arrêtait les parapsychologues avec le même zèle que les dissidents mais au lieu de les envoyer au goulag, le KGB les faisait travailler. La CIA, elle aussi, fait appel aux forces occultes.
Un médium et un sous-marin
Bergier évoque l’Etats-unien Ingo Swann né en 1933. Il fut influencé par la lecture de l’ouvrage de Stapledon « créateur d’étoiles ». Dans ce livre, Stapledon décrit des voyages par clairvoyance jusqu’à l’extrême limite de l’univers. Il fit contrôler ses prouesses par des chercheurs. Il était capable d’émettre un rayonnement ultraviolet et de faire varier à volonté la température d’objets placés à 7 mètres de lui dans une bouteille thermos. Il voyagea jusqu’à Mercure par la pensée et découvrit avant les astrophysiciens que cette planète avait une atmosphère. Swann considéra le parapsychlogue Uri Geller comme un escroc.
Il est également question du millionnaire Hughes qui avait constitué une société composée de mormons, chargée d’étudier les problèmes qui se posent à la limite de la science. Hughes était lié à la CIA et plus spécialement ou groupe chargé de l’étude des phénomènes occultes dont le nom de code était midnight climax. La CIA, Swann et Hughes avaient réussi à découvrir l’épave d’un sous-marin soviétique et tous les secrets militaires qu’il contenait grâce aux pouvoirs de Swann. Bergier pense que la clairvoyance surpasse les satellites car cette dernière traverse l’espace comme le fond des mers ou les cavernes. De plus, il n’existe pas d’écran contre la clairvoyance. Bergier veut démontrer qu’une guerre secrète utilisant l’occulte changerait tout. Il prétend que le mathématicien anglais Adrian Dobbs travaillait pour l’armée britannique à l’application militaire des phénomènes parapsychologiques. Il avait théorisé l’existence des psitrons permettant de voyager, sans problème de distance, par la pensée. D’après Dobbs, rien ne peut arrêter les psitrons, aucune barrière matérielle ou énergétique, si bien que rien ne peut être caché à un clairvoyant. Conséquence : impossibilité absolue de dissimuler la moindre information et, par là même, effondrement de tous les systèmes militaires et politiques. Le psitron voyage plus vite que la lumière, l’observation est immédiate. L’énergie utilisée par l’émission et la réception du psitron est faible et le système nerveux humain suffit à le produire. Un laboratoire parapsychologue ne peut donc être repéré du fait qu’il ne consomme pas d’énergie.
Arrestation de télépathes à Moscou
Bergier révèle l’affaire Toth, journaliste du Los Angeles Times qui fut arrêté par les soviétiques en 1977 après avoir rencontré Petukov, un savant soviétique qui devait lui livrer des secrets sur les détecteurs de psitrons. A défaut de contrôler totalement les phénomènes de télépathie et de clairvoyance, les KGB s’est d’abord efforcé de jeter sur eux le discrédit. Dès 1923, les anthroposophes, les théosophes et occultistes étaient arrêtés. Depuis 1974 une deuxième vague d’arrestations avait commencé. A cette époque, il a été mis fin à toute activité ouverte de parapsychologie en URSS tandis que dans le même temps, s’ouvrait au sein du KGB une branche parapsychologique. LE KGB, voulait connaître, grâce aux télépathes, les opinions réelles du peuple et prévenir les attentas. Bergier affirme que les bibliothèques soviétiques étaient surveillées et qu’emprunter La Doctrine secrète de Blavatsky conduisait au goulag. D’autres personnes avaient le choix de travailler pour le KGB comme le Docteur Stern qui avait réussi à fuir. Stern avait prétendu que Brejnev faisait allusion aux armes parapsychologiques dans un discours de 1975 évoquant « les armes nouvelles terribles ». Le laboratoire où travaillait Stern se trouvait en Sibérie et comprenait soixante chercheurs et disposait de fonds illimités. Il fut fermé en 1969 pour être remplacé par un laboratoire contrôlé uniquement par le KGB à Leningrad. Bergier pense qu’il aurait existé un groupement mystique à l’intérieur du PC de l’URSS. Proche dans ses idées des sectes sataniques modernes et appelé « Fraternité de Vij » du nom d’un personnage de Gogol, sorte de diable modernisé qui encouragerait des pratiques de télépathie et de clairvoyance. Le climat de croyance spontanée à l’occulte et au mystique est favorable à l’éclosion de sociétés secrètes de parapsychologie en URSS dans les années 70. Bergier cite celles répertoriées par le KGB comme « La Fraternité de la ville lumineuse », « Le temple de l’art », « L’ordre du Saint Esprit », « L’ordre de l’Archange Michael ». Il pense que la franc-maçonnerie malgré son interdiction en URSS a poursuivi ses menées de façon souterraine. Il pense qu’il existait une résistance mystique en URSS fait de groupements discutant et se livrant à des expériences extraordinaires sans se soucier de s’opposer au régime mais le KGB les poursuivait uniquement parce qu’il haïssait tout ce qu’il ne comprenait pas.
Prodiges dans l’empire céleste
Bergier évoque le yi-king, méthode pour interroger quelqu’un qui répond. Chaque symbole de ce livre correspond à un conseil. Bergier l’a utilisé et en a déduit qu’interrogé par quelqu’un de sceptique, le yi-king vous conseille de ne pas discuter avec un imbécile et que les conseils relativement faciles à interpréter semblent souvent répondre à des questions que l’on a posées mentalement. Les Chinois l’utilisèrent pour savoir ce que deviendrait leur pays et le yi-king prévoyait la fin de Mao. Bergier pense que le marxisme-léninisme interprété par Mao est devenu une religion et une mystique incompréhensible à quiconque n’est pas chinois. Ce qui lui fait défaut, c’est l’élite dont la religion maoïste croyait pouvoir se passer. La fin de Mao suite aux prédictions du yi-king reste, pour Bergier, l’épisode le plus sensationnel de la guerre secrète de l’occulte.
Guerre des sorciers en Afrique
La Rhodésie était gouvernée par les blancs en 1978 et Bergier évoque une annonce du pouvoir blanc contre le peuple noir? « Les esprits sont avec le gouvernement et ceux qui se rebellent contre lui seront exterminés ». La résistance noire cherchait aussi à se concilier les sorciers en évoquant la civilisation zimbabwé qui selon Bergier serait fille de la civilisation égyptienne. Il pense que trois Africains sur quatre croient fermement que les sorciers détiennent un pouvoir. Dans certains pays, existe même un Parti des sorciers. En Guinée, c’est le président Sekou Touré qui en est le chef. Pour Bergier, la victoire dans les pays africains, sera à ceux qui, grâce à l’autorité des sorciers, provoqueront un soulèvement généralisé. Il pense que les sorciers ont des pouvoirs mais que la rumeur les amplifie. Ils pourraient provoquer la pluie et la foudre, maîtriser des poisons efficaces, guérir le diabète, fabriquer un produit abortif. La CIA, le KGB, la SWAPO, le BOSS (service secret de l’union sud-africaine) auraient enrôlé des sorciers en Afrique. Les sorciers s’occupent de la propagande. Dans le bloc anti-blancs, la propagande marxiste ne semble pas en contradiction avec la sorcellerie et l’animisme. En Afrique du Sud, les blancs tendent à y refouler les Noirs dans des Etats pseudo-indépendants souvent contrôlés par les sorciers, qui prennent de la sorte une considérable importance politique.
Vampires et répressions aux Philippines
Aux Philippines, de faux médecins prétendent extraire, par la seule force de leur volonté, du corps du patient un tissus qui n’est en fait qu’un tissus animal dissimulé dans leur manche. Dans ce pays, la superstition du vampire aussi bien que la tradition de l’étranger datent de l’arrivée des Espagnols. LA CIA qui cultive le goût du bizarre a eu beau jeu d’exploiter un tel climat et d’affirmer que le sang des résistants mutilés avait été sucé par des vampires.
L’occulte au Pentagone et à la NASA
Pour Bergier, les soucoupes volantes n’existent pas et les prétendus témoins inventent de toutes pièces ces apparitions. Mais les services secrets profitent de ces apparitions inventées pour déduire des renseignements des articles publiés sur ces phénomènes. Les soviétiques ont dissout tous les groupes soucoupistes et envoyé quelques membres au goulag pour l’exemple. L’Académie des sciences soviétique a conclu que les soucoupes volantes sont pure invention. Bergier pense que les présidents Ford et Carter étaient soucoupistes ! La NASA a enquêté sur tous les cas où des astronautes auraient aperçu des soucoupes volantes. Pour Bergier les soucoupes correspondent à des essais militaires de nouveaux avions et de nouvelles fusées. Pourtant Russes et Etats-uniens ont échangé des informations sur les phénomènes de précognition qui permettent souvent aux astronautes de savoir à l’avance qu’une partie de l’appareillage va tomber en panne. Cela prouverait que les scientifiques croient au paranormal. Le Pentagone aurait inventé un détecteur d’hostilité utilisé pendant la guerre du Viet-Nam pour prévoir par transmission télépathique les mauvaises pensées de l’ennemi. Bergier évoque l’effet Krilion qui permet de produire une décharge dans l’air. Cet effet a aussi des connexions avec la télépathie et il serait utilisé pour détecter les terroristes sur le point de détourner un avion ou pour protéger les dépôts de bombes atomiques. Evidemment cela semble inventé par Bergier car un tel effet aurait permis d’éviter les attentats du 11 septembre. Bergier évoque la fabrication de drogues par la CIA pour étudier les effets sur les hommes. Il pense qu’une guerre biochimique peut en résulter. La NASA s’intéresserait à une nouvelle source d’énergie rendant les astronefs mobiles à volonté, remplaçant le pétrole et permettant d’aider facilement le Tiers-monde et serait d’une importance politique et militaire de premier ordre. Il révèle la recherche sur trois nouvelles sources d’énergie : l’ énergie obtenue par l’écoulement du temps. L’astronome russe Kozyrev a proposé de faire des barrages sur le temps comme on en fait sur les rivières, intuition reprise par des marginaux états-uniens travaillant pour le compte du milliardaire Howard Hughes. Ensuite l’existence dans l’espace d’énergies cosmiques, se neutralisant mutuellement, comme deux forces agissant en sens opposé et n’ayant ainsi aucun effet. Enfin l’énergie du sous-espace. Si l’on pouvait étudier l’espace à des distances inférieures à dix puissance moins 23 centimètres, on en extrairait des quantités d’énergie très supérieures à celles libérées par la désintégration totale de la matière.
Biaffra de l’esprit ou paradis du Psi ?
La Tchécoslovaquie est appelé « Biaffra de l’esprit » à Paris. Bergier pense que c’est exagéré car on n’y fusille personne et on n’y a pas installé des camps de concentration. Au contraire, dans le domaine de l’occulte c’est en Tchécoslovaquie qu’un grand nombre de découvertes ont été faites. Pavlita a trouvé que des objets en métal produisent de l’ énergie mais à la condition non seulement que les métaux soient bien définis mais encore que le générateur ait une forme déterminée. Pavlita a en tout présenté près de soixante-dix générateurs qui peuvent attirer et repousser la matière, et donc la faire tourner. Karel Drbal s’est penché sur l’effet pyramide. Tout corps placé dans une pyramide arrêterait de se décomposer. Drbal a ensuite remplacé les pyramides par un faisceau énergétique de lumière verte venant d’un laser et a obtenu les mêmes résultats : arrêt des oxydations.
contrôle Psi des populations
Pour préparer une guerre moderne, il faut conditionner la population de sorte qu’elle l’accepte dans l’enthousiasme. L’idée est née depuis longtemps d’utiliser la télépathie pour connaître un état d’esprit général, le subconscient collectif. En URSS comme aux Etats-unis, des sujets seraient drogués pour sentir l’atmosphère régnant dans une ville. Bergier pense que de nombreux sujets aux Etats-unis sont à même de faire savoir ce se pense dans telle ville, telle usine ou telle base militaire et mieux qu’avec un sondage. Bergier pense que l’URSS et les Etats-unis prépareraient le contrôle total de leur population par des moyens occultes et parapsychologiques. Il est acquis qu’on dispose maintenant des moyens de contrôler les résultats sur l’inconscient collectif d’une action quelconque, résultats qui déterminent l’opinion publique et par voie de conséquence l’action publique. Pourtant, dans notre civilisation, on ne connaît pas de technique permettant à un petit nombre d’hommes de projeter leur pensée sur les masses. Ces techniques ont existé aux Indes et elles ont été gardées secrètement par la société des Neuf Inconnus. Trois techniques d’amplifications sont répertoriées : l’amplification directe du phénomène parapsychologique, l’action électronique et l’action sonique sur le cerveau. Contrôler des populations à distance exigerait un générateur fonctionnant au moins à l’échelle d’un quartier d’une grande ville, soit environ sur un rayon de 10 kilomètres. La perspective d’une société psychologiquement contrôlée, et déterminée par une cryptocratie utilisant des machines qui maîtrisent les cerveaux, est affolante.
9 messages cachés PSI
Pour renforcer l’espionnage, les services secrets tablent sur une solution de nature Psi, l’utilisation de la mémoire. Jusqu’à plus ample informé, il faut admettre que la mémoire n’a pas de support matériel, qu’elle est portée par ce quelque chose que les religions appellent « âme », l’occultisme « corps subtil », et dont la science nie l’existence avec la plus farouche énergie. Ce que visent les services secrets, visiblement avec succès, c’est une méthode d’hypnotisme qui déclenche la mémoire quand le sujet prononce un mot-code convenu. Il peut dès lors enregistrer une dizaine de pages et de dessins, être irréprochable aux frontières, arriver dans son pays et restituer le message en question, sur un autre mot-code prononcé par ses supérieurs. D’après Bergier, pour enregistrer des documents dans sa mémoire volontairement, il faut faire comme si cela nous tenait à coeur. D’après plusieurs savants, pour donner ainsi des ordres à sa mémoire, il faut sciemment opérer une dédoublement de personnalité. En ce cas « je est un autre », plus on s’écarte de sa propre personnalité, plus il est facile d’ordonner à la mémoire ce qu’elle doit exécuter. Le subconscient de chacun garde trace de tout ce qu’il a fait, par le canal des sens ou par le canal psi. Paradoxalement, des enregistrements existent en nous dans un système non matériel, pourtant lié au corps et les services secrets des grandes nations en maîtrisent apparemment le maniement.
10 Télékinèse militaire
Pour Bergier, Uri Geller est un fumiste pour la simple raison que les phénomènes psi agissent sur l’information et non sur une quelconque énergie. Bergier ne croit pas à la télékinèse mais est contraint d’admettre qu’elle peu malgré tout exister. Pourtant il pense que l’affaire Geller serait une machination psychologique des services secrets israéliens. Il estime que même si la télékinèse existe, elle est trop fragile et ne peut servir à détourner des fusées atomiques qui, contrôlées par des robots internes, pourraient s’autodétruire ou viser et provoquer ainsi des représailles terribles.
11 Décryptage psy
Aujourd’hui est apparu un système de chiffres impossible à décrypter, si bien que le dernier espoir pour l’espionnage militaire réside dans l’utilisation des facultés psi. On cherche aujourd’hui à neutraliser par la fonction psi la perfection de la cryptographie et à comprendre comment fonctionnent les cerveaux des génies en ce domaine. Bergier évoque alors le manuscrit Voynich. W.R. Newbold en avait entrepris le décryptage et n’a pas réussi.
Conclusion
Bergier prétend que dès 1925, Lénine avait demandé aux savants de son pays de construire une bombre à hydrogène et qu’Hitler, en 1935, avait essayé de mettre en usage quelques instruments psi de contrôle. Bergier a une étrange théorie politique. Pour lui des armes simples, à la disposition de tous engendrent la démocratie et au contraire, l’utilisation d’armes très compliquées et très coûteuses, auxquelles l’ensemble de la population ne peut avoir accès, et que seul un Etat puissant peut fabriquer, conduit dans les faits à la dictature. Ainsi, les Etats-Unis de 1978 sont pour Bergier une dictature gérée par un complexe militaire-industriel, au même titre que l’était l’Allemagne d’Hitler, et que l’est la Russie soviétique. Dès les lors les pouvoirs psi s’ils appartenaient à tous conduiraient à une renaissance de la démocratie. Une telle société serait peu vulnérable aux bombardements, même nucléaires. Privé de ses monopoles d’énergie, de transport, de radio et de télévision, l’Etat verrait ses pouvoirs considérablement réduits. Si les prisonniers des dictatures envoyaient leurs cris de protestations à l’opinion mondiale par télépathie, bien des gouvernements risqueraient de se trouver confondus et seraient obligés de respecter les droits de l’homme.
Avant l’avènement, que Bergier a prévu, d’une démocratie écologique et autogestionnaire, il faudra traverser une période intermédiaire curieuse qui verra la création et l’expansion des sociétés secrètes contestataires s’occupant du psi.
En guise de conclusion, Bergier dit que, pendant une période de transition, les pouvoirs psi pourraient être utilisés à des fins militaires, mais qu’ensuite leurs applications bienfaisantes triompheraient. La guerre secrète de l’occulte serait finie, laissant la place à une paix gagnée par l’occulte.
03 février 2009
Le métier de bibliothécaire (2007) V
4. La bibliothèque : projet d’équipe, gestion des ressources humaines
Structure des emplois en bibliothèque
De 1991 à 2004, les effectifs totaux salariés des bibliothèques municipales sont passés de 15 752 à 24 200. On note une forte croissance d’agents contractuels. Les effectifs des BU étaient de 5 265 en 2004 mais ne recensaient pas les emplois de vacataires.
Structure démographique des personnels de la fonction publique de l’Etat
La pyramide des âges montre une prédominance féminine (près de 70%). Les corps des catégories A (36%) et C (40%) sont plus importants que celui de la catégorie B (24%). On peut remarquer un déséquilibre important en faveur des conservateurs et un faible nombre de bibliothécaires, phénomène sans doute lié à la création récente de ce corps dans la fonction publique de l’Etat. La structure par âge diffère selon le corps, celui des magasiniers comptent les membres les plus jeunes.
Structure démographique des personnels de la fonction publique territoriale
Le taux de féminisation est encore plus important dans la fonction publique territoriale, atteignent 77%. La structure catégorielle est de forme pyramidale : 10% de catégorie A (avec une part plus importante de bibliothécaires) 33% de catégorie B et 57% de catégorie C. Un tiers des personnels titulaires des bibliothèques est parti à la retraite entre 2001 et 2010. L’arrivée des jeunes générations, mieux formées aux technologies de l’information que leurs prédécesseurs, devra s’accompagner d’un transfert des connaissances des anciens vers les nouveaux notamment sur les contenus des collections et le patrimoine de chaque établissement. Toute la difficulté en matière de gestion des ressources humaines en bibliothèque consiste à trouver un équilibre entre le personnel dont on dispose, son statut et les compétences qu’il a réellement pour effectuer une fonction ou une activité déterminée. Les statuts et le mode de recrutement par concours ont un impact important sur la marge de manoeuvre d’un directeur en matière d’organisation du travail. Dans une bibliothèque, il existe deux grandes catégories de fonctions : des fonctions de direction et des fonctions opérationnelles. Les fonctions opérationnelles permettent de réaliser effectivement le projet et les missions de la bibliothèque. On peut distinguer trois familles de fonctions : les fonctions de production, les fonctions administratives et les fonctions logistiques. La gestion du budget et celle du personnel sont les principales fonctions administratives. Les fonctions logistiques sont traditionnelles, comme l’entretien des locaux, le transport des collections, le réaménagement d’espaces, mais également plus techniques. Les fonctions de production dans une bibliothèque relèvent de la création de services liés à l’information et à la culture, et de la constitution de collections documentaires. La principale difficulté énoncée par les responsables d’établissements est qu’il n’y a pas toujours concordance entre le grade d’un salarié, la description de ses fonctions dans les textes statistiques et les compétences réelles du salarié à assurer ses fonctions. Les emplois des bibliothèques dans les fonctions publiques d’Etat et territoriale ont été profondément bouleversées lors de la réforme statutaire de 1991 et 1992. Cette réforme a rapproché les deux fonctions publiques en terme de déroulement de carrière mais profondément transformé les conditions de recrutement et de formation chaque fonctionnaire apportent à un corps (pour l’Etat) ou à un cadre d’emploi (pour la fonction publique territoriale). Il existe une différence fondamentale entre les deux fonctions publiques. Les concours d’Etat sont des concours de recrutement. La réussite aux concours territoriaux permet d’être inscrit sur une liste d’aptitude. Les collectivités territoriales choisissent leurs candidats parmi cette liste. Une personne non recrutée perd le bénéfice du concours au bout de deux ans. Les emplois de la catégorie A sont ceux des personnels dits ? scientifiques ?. Les personnels occupent généralement des postes de responsabilité et sont chargés d’encadrer des équipes. Les emplois de catégorie B regroupent les personnels ? techniques ?. Ils sont chargés de traiter les collections. Certains d’entre eux peuvent exercer des responsabilité de management, soit dans une annexe ou une section soit au sein d’une équipe de magasiniers. Les emplois de catégorie C sont appelés ? personnels d’exécution ?. Ils équipent et rangent les collections, accomplissent les opérations de prêt. Pour un gestionnaire des ressources humaines, l’architecture statutaire est une contrainte plus qu’une aide car toute politique de ressources humaines souhaite mettre en accord les compétences des personnes avec des postes de travail et non des fonctions. Dans la réalité, il y a souvent distinction entre le grade et la fonction occupée.
L’organigramme fonctionnel
L’organigramme est un moyen pour représenter l’organisation du travail à l’intérieur d’une équipe et les liens qui existent entre les différents services ou fonctions. Le modèle par segmentation fonctionnelle repose sur une division technique des activités : service des acquisitions, du traitement ou du catalogage, de l’accueil du public, de la conservation et de la gestion des collections. Il est présent dans les BU mais tend à disparaître. Le modèle thématique est fondé sur des équipes d’un bloc de disciplines. Chaque service est responsable de l’ensemble de la chaîne documentaire, des acquisitions au traitement, et, pour les bibliothèques les plus importantes, cela peut aller jusqu’à l’accueil spécialisé par thèmes. Ce modèle par segmentation des publics peut combiner une segmentation par âge ou par centre d’intérêt. De nombreuses BM sont organisées sur ce modèle (jeunesse, musique, etc) mais aussi dans les BU segmentées en bibliothèque de 1er cycle, du 2è cycle ou de recherche.
Les moteurs de la motivation et les outils du management
Le responsable d’un service ou d’une bibliothèque dispose de plusieurs leviers pour encadrer, guider ses collaborateurs. Le plus connu est celui de la carrière. Le parcours sera toujours long et difficile, compte tenu du peu de places aouvertes chaque année aux différents concours. Il est difficile d’être motivé sans savoir dans quelle direction l’on va, quel est le résultat de son travail et l’appréciation qu’en a le responsable. Les entretiens réguliers sur le travail permettent de faire un bilan de ce qui a été réalisé, de donner de nouvelles directives et de régler les difficultés rencontrées. Ces entretiens individuels sent complétés par des réunions de services qui auront pour rôle de souder le collectif de travail. Dans la fonction publique, la notation annuelle permet à un responsable de proposer un passaage plus rapide dans un échelon supérieur. Le entretiens individuels ne se traduisent pas par une note mais par un bilan de travail réalisé dans l’année et la fixation d’objectifs de travail quantifiés pour l’année suivante. ils ont été mis en place dans la fonction publique en 2004. La formation continue est un élément fort de l’enrichissement des compétences professionnelles du personnel. elle est un outil important pour la gestion d’une équipe. Généralement, on entre dans le métier en l’ayant choisi. Il est donc important de conserver ce désir d’origine et de garder le sens que chacun peut donner à son travail dans la mission générale de la bibliothèque. Pour conserver cette motivation il faut énoncer clairement les missions et le projet de la bibliothèque, ce qui permettra à chacun de voir où il va. En mettant en place une organisation du travail qui développe les échanges entre les personnes pour permettre un travail en équipe. Le responsable est en permanence confronté à deux risques conflictuels. Les conflits collectifs se déclenchent particulièrement dans les situations d’incertitude et de changements. Ils sont des réponses stratégiques aux relations de pouvoir induits par le management dans une organisation. Les agents et les bibliothécaires expriment de diverses manières leurs inquiétudes et leurs désaccords quant aux évolutions proposées ou imposées dans la bibliothèque. Certains conflits proviennent de l’extérieur de la bibliothèque (appel à la grève) d’autres sont liés à des problèmes statutaires. Il est dangereux de confier à un salarié des responsabilités largement supérieurs à celles de son grade. Les magasiniers seront satisfaits sur le court terme d’effectuer des activités plus valorisantes mais sur le long terme, si les possibilités de changement de grade s’amenuisent, la frustration et le sentiment d’injustice ou d’exploitation seront à gérer au quotidien par le responsable. Les attitudes qui vont favoriser la gestion des conflits interindividuels sont d’avoir des convictions avec mesure. Quelqu’un qui croit avoir raison à 100% est dans l’incapacité de négocier. Il faut accepter que les autres aient des convictions qui soient différentes. Et surtout admettre que les arguments développés par l’autre sont de bonne foi pour lui. Se mettre vite d’accord sur des objectifs communs, quitte à négocier les méthodes. Veiller à ce que personne ne perde la face.
La gestion d’une bibliothèque
Dans tous les domaines, le bibliothécaire n’agit que par délégation. Cependant, il est le plus souvent l’initiateur des décisions administratives nécessaires à la vie de son équipement, et le responsable direct de leur application. La responsabilité administrative du bibliothécaire s’exerce dans les domaines suivants : relations avec les usagers, relations avec les fournisseurs, relations avec l’Etat, les collectivités, les tutelles universitaires, gestion budgétaire, gestion technique.
Relations avec les usagers
Le bibliothécaire est responsable du fichier des usagers inscrits. Le logiciel de gestion de ce fichier doit être déclaré à la CNIL. Le bibliothécaire veille à l’application du règlement, à la sécurité des usagers et organise regulièrement des exercices d’évacuation.
Relations avec les prestataires de services et les fournisseurs
Les relations de la bibliothèque avec les fournisseurs sont établies dans le cadre de bons de commande ou de passation de marchés négociés ou sous appels d’offres.
Les relations avec l’Etat, avec les collectivités territoriales : rapports et statistiques, administration
Dans le cas des bibliothèques territoriales, les relations avec l’Etat sont rares. Elles se limitent en principe à la production d’un rapport annuel de fonctionnement et des justificatifs financiers à partir desquels seront calculés les subventions de construction et d’équipement. La relation du bibliothécaire aux autres agents de la collectivité territoriale est complexe : légalement, tous les actes administratifs sont effectués par le maire ou par le maire adjoint. Si, dans certains cas, le bibliothécaire prendra de lui-même l’initiative de certains actes, dans d’autres cas, il devra faire exécuter par un autre service de la ville l’acte attendu.
Gestion financière
Le bibliothécaire doit connaître certains principes de bases : séparation entre ordonnateur et payeur : la ville budgétise et commande, le trésorier-payeur (l’Etat) paye après vérification de la conformité au budget et de la réalité de la réalisation de la commande. Le budget est voté par année civile et aucun report de crédits non dépensés n’est possible d’une année sur l’autre à part l’investissement. Le budget d’investissement comprend toutes les dépenses de matériel durable, amortissable, les travaux lourds, les oeuvres d’art, les documents patrimoniaux. Le fonctionnement comprend tout le reste. Le code des marchés publics prévoit les conditions de passation d’un marché public, obligatoire.
Gestion technique
Le bibliothécaire a d’abord la responsabilité de l’entretien quotidien : nettoyage des locaux, maintenance électrique, chauffage, ventilation, ascenseurs. Pour la construction d’une bibliothèque, le bibliothécaire doit savoir interpréter une étude sociologique, concevoir un projet culturel inscrit dans une collectivité et un environnement donnés et réinterpréter ce projet sous une forme compréhensible par l’architecte. Il doit être présent sur le chantier et s’y faire entendre des entreprises. La collectivité est maître d’ouvrage. L’utilisateur professionnel, le bibliothécaire, doit souvent s’imposer. Il doit se situer en garant professionnel de l’intérêt public au côté et parfois contre les autres acteurs (élus, architecte, bureau d’études). Le bureau d’études doit établir le lien entre la commande politique, la prospective et les réalités sociologiques, les exigences du professionnel et la faisabilité. L’architecte maître d’oeuvre doit savoir allier l’autorité de la compétence et de l’anticipation à la souplesse, la compréhension des soucis du maître d’ouvrage et de l’utilisateur. LE programme de construction se compose de deux volets : l’un est culturel, l’autre fonctionnel. Le programme s’attachera à décrire le contexte urbain, la composition sociodémographique de la population, le contexte économique, le contexte culturel. L’objectif principal est bien de desservir l’ensemble de la population et de définir des publics cibles qui peuvent être les publics souvent peu actifs des bibliothèques traditionnelles. Le bibliothécaire s’attachera à lister les services qu’il propose de mettre en place en les hiérarchisant et en anticipant sur les demandes et les besoins qui seront exprimés par la suite. Le programme doit aussi apporter une analyse fonctionnelle détaillée qui donnera les caractéristiques recherchées de l’équipement tel qu’il se présentera au public (degré de lisibilité de l’espace, flux de circulations, politiques d’accueil et de contrôle, choix déterminant de prêt centralisé ou non, définition des conditions de l’accès aux collections, description des méthodes de travail du personnel). Le mobilier est un élément important du service aux usagers. La caractéristique essentielle à rechercher est la souplesse, en aucun cas les rayonnages ne doivent faire partie intégrante du gros oeuvre, ou ne pouvoir être modifiés. Le choix des tables et des chaises nécessite un soin très attentif. Elles doivent être confortables. Pour le personnel le mobilier doit être simple et fonctionnel.
La signalétique
Signaliser est à la fois décrire et communiquer
La signalétique de la bibliothèque se déclinera en deux grandes fonctions : extérieure et intérieure.
La signalétique extérieure
Elle jalonne l’itinéraire entre les principaux points de départ urbains et la bibliothèque (arrêts de bus, centres commerciaux, établissements scolaires, mairie, lieux culturels). Elle se termine par la signalisation du lieu, de ses accès. Elle comprend l’indication, visible de l’extérieur, des horaires d’ouverture. La communication extérieure peut aussi utiliser des affiches apposées sur les panneaux municipaux, les abribus, les établissements culturels et sociaux, la gare.
La signalétique intérieure
Elle se distingue sous quatre formes principales :
signalétique d’orientation générale : espaces
signalétique des service
signalétique temporaire : animations
signalétique documentaire
Signaliser, c’est d’abord choisir ce qui doit être communiqué et se poser la question du point de vue de l’usager. La cote figure sur tous les lives elle donc sa propre signalétique alors pourquoi la répéter sur les tablettes ? Choisir, c’est donc éliminer de la signalétique toute information redondante. C’est ensuite hiérarchiser et homogénéiser selon l’information à transmettre. Chacun des quatre niveaux doit bénéficier d’une signalétique différenciée par son support, sa police de caractère, sa couleur, sous peine de confusion. On veillera à la souplesse et à l’interchangeabilité.
Signalétique d’orientation générale
Un plan clair, à l’entrée, est beaucoup plus utile qu’une abondante signalisation des espaces. On n’oubliera pas les aveugles et les mal-voyants (plan en braille). Il peut être accompagné d’un distributeur de plans imprimés. Comme dans les supermarchés, on n’oubliera pas que le fait de lancer l’usager à la recherche de ce qu’il veut à tout prix trouver est un moyen efficace de lui faire traverser des espaces de propositions.
Signalétique de sécurité
La signalétique de sécurité est imposée dans ses dispositions, ses couleurs, ses moyens. En ce qui concerne les services, une homogénéité s’impose pour signaler les banques d’inscription, de renseignement, de prêt. La réglementation impose maintenant des formes très précises de signalétique de sécurité pour les personnes handicapées.
Signalétique des animations
C’est la plus riche et la plus variée mais elle doit disparaître dès la manifestation terminée pour ne pas tuer la communication.
Signalétique documentaire
Il existe trois niveaux de langue
Niveau 1 : les grandes zones documentaires. Le langage commun sera utilisé. Sa place est en général au plafond des différentes zones, séparées des rayonnages.
Niveau 2 : c’est l’adresse de l’unité matérielle, qui permet d’aller du catalogue au rayon puis au document. L’usager n’a pas forcément besoin d’en comprendre la signification mais il a besoin de percevoir immédiatement où sont les 700, où commencent les 740, etc. Il associera vite la signalétique de niveau 1 avec celle-ci. Sa place est au niveau du mobilier.
Niveau 3 : indication du domaine principal de chacune des tablettes. Il n’est pas inutile ici de faire un peu de pédagogie en utilisant le langage du thésaurus matière utilisé (RAMEAU), un lien est ainsi établi de facto entre le catalogue matières et l’ensemble de documents. Une police de caractère unique devra être utilisée pour ces trois niveaux dans des corps différents.
En conclusion on rappellera qu’il faut se mettre à la place de l’usager, éviter de croire à des automatismes. Eviter l’abondance des consignes, mises en garde et modes d’emploi. Il faut veiller à la cohérence de la conception de la signalétique avec la conception des espaces. On évitera la surabondance de signes à interpréter, de niveaux de langue, de graphisme différents. Enfin, il faut éviter le jargon car il faut signaler et non nommer.
Rappel des catégories de la fonction publique territoriale
Catégorie C : adjoint du patrimoine (recrutement sans concours), adjoint du patrimoine principal
Catégorie B : assistant de conservation (niveau bac), assistant qualifié de conservation (DUT, DEUST) catégorie A : bibliothécaire, conservateur.
Bibliothèques et technologies de l’information
L’informatique a trois fonctions principales. Pour la gestion administrative et financière. La fonction bibliothéconomique renvoie à l’amélioration des services aux usagers. La fonction d’information et de communication via un site web fait sortir la bibliothèque de ses murs et permet de donner accès à ses services à distance. L’informatique ne doit pas faire oublier la tâche essentielle du bibliothécaire qui est d’établir une médiation entre le public et le document. Processus de traitement et d’échanges de données, l’informatisation suppose un effort constant de normalisation. Le codage et l’automatisation des processus de travail quotidiens des bibliothécaires, l’informatisation de la gestion des fonctions bibliothéconomiques font aujourd’hui l’objet de logiciels spécifiques, les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque.
La normalisation
Il faut tout expliquer à une machine : que cette expression correspond à un titre et non à une maison d’édition, que ce paragraphe affiché à l’écran est en retrait à gauche et en caractères italiques. On peut évoquer les formats MARC pour les notices bibliographiques, les normes de codage des caractères (unicode), la norme html (hypertext markup language) utilisé pour structurer les textes sur le web. La norme XML (extensible markup language) permet au document électronique d’échapper aux contraintes du support et des logiciels de création, de recherche et d’édition de texte.
L’informatique de production (SIGB)
Un logiciel gère et met en relation deux ensembles de données : le fichier des lecteurs et la base bibliographique. Le logiciel programme aussi les relations entre ces deux ensembles. Chaque unité physique (un lecteur, un document) est identifiée par un code à barres ou une puce RFID. Le fichier des lecteurs est constitué d’enregistrements dont les données sont structurées en champs. Ce fichier doit être déclaré à la CNIL. Le catalogue décrit les documents disponibles à la bibliothèque et y donne accès. Il associe des notices bibliographiques codées dans un format (unimarc).
La circulation du document
La gestion du prêt s’effectue par simple lecture des codes à barres. Le nombre et la durée des prêts consentis à un usager donné sont programmés. C’est le paramétrage. Le bulletinage permet la réception des abonnements à des périodiques et le suivi des abonnements. La gestion des acquisitions fonctionne avec un module qui associe un fichier bibliographique et un fichier fournisseur. Le module permet l’édition de bons de commande, le suivi budgétaire et la gestion des réclamations.
Statistiques
Un SIGB doit également donner des indications statistiques variées sur les collections, les prêts, le public.
La recherche documentaire et l’accès public en ligne. C’est un accès pour les professionnels via un ensemble de possibilité d’interrogation du catalogue et surtout un accès public en ligne avec l’OPAC. (on line public access catalog). Il s’agit d’une interface permettant à l’usager de formuler sa requête et d’obtenir une réponse.
Faciliter l’accès à l’information numérique
Internet offre la messagerie électronique, les listes de discussion et les forums. De plus en plus l’accès aux services en ligne tend à supplanter la consultation des bases de données sur supports fixes.
Les espaces multimédias
Apparus il y a quelques années, labellisés ou non sous l’appellation ECM (espace culture multimédia) ou cyber-base, de nouveaux services sont mis à disposition dans les bibliothèques pour initier les usagers à la documentation numérique, à l’usage de logiciels.
6- Evaluation et prévisions
Le fonctionnement d’une bibliothèque, d’un service de lecture ou de documentation suppose la mise en oeuvre conjointe de moyens humains, matériels et budgétaires en vue d’un certain nombre de finalités. L’évaluation rapproche a posteriori les objectifs prévus et les résultats obtenus et propose une interprétation. L’ensemble de ces données, synthétisé et mis en forme, constitue la base du rapport d’activité annuel. La formalisation concerne les obligations administratives courantes mais aussi la gestion du personnel.
La mesure, les statistiques
Le suivi statistique est le premier moyen de connaître l’activité d’une bibliothèque. Les statistiques des lecteurs facilitent la connaissance du public en déterminant les catégories d’âge, socioprofessionnelles et géographiques. Elles permettent de comparer les usagers de la bibliothèque et la population à desservir. Les statistiques de prêt de documents par support, par catégorie de classification, permettent de déterminer le taux de rotation et le poids des fonds morts. Avec les statistiques sur les acquisitions, les éliminations et les pertes de documents, elles informent sur l’utilisation des collections. Ces données sont comparées les unes aux autres : ainsi, le rapport entre les acquisitions de l’année et le total des collections indique le taux de renouvellement et d’actualisation. Les statistiques permettent la prévision l’appréciation de l’utilisation réelle des ressources et services proposés. Chaque année la DLL adresse un formulaire statistique aux BM et aux BDP. La sous-direction des bibliothèques fait de même pour les SCD des universités. Outre les statistiques précitées, il y est demandé des données sur la surface, le personnel, les moyens informatiques et budgétaires. Ces données sont obligatoires et accessibles en ligne sur les sites des ministères concernés. Certaines activités sont plus difficilement mesurables. La fréquentation des non-inscrits, la consultation des documents sur place. La satisfaction des usagers, la qualité de l’accueil, l’efficacité d’une organisation, d’un processus de travail sont difficiles à traduire dans des indicateurs simples et non équivoques. Le service public se trouve confronté à une triple exigence d’équité, d’efficacité et de qualité. L’évaluation est un processus qui met en relation des objectifs et des résultats et permet de porter un jugement sur l’adéquation entre les objectifs, les moyens et les effets de l’action publique; c’est une action, et une action approximative. Elle doit être conduite avec prudence et en accord avec la tutelle. L’évaluation d’une bibliothèque devrait porter sur quatre domaines : l’organisation, les ressources, l’activité et les résultats. Le premier porte sur les ressources humaines et le budget. Les ressources sont constituées par les collections et leurs conditions d’accessibilité (bâtiments, heures d’ouverture). L’évaluation quantitative et qualitative des collections relève de leur acquisition, celle de leur accessibilité est moins souvent pratiquée. Elle comprend trois aspects : les locaux, l’accessibilité (heures d’ouverture, tarif, règlement) et enfin la médiation (qualité de l’accueil et du conseil, orientation bibliographique classification et signalétique). L’évaluation des activités repose sur des mesures précises (inscriptions, prêts, réservations, PEB) mais aussi sur des activités plus complexes (recherche documentaire ou activités culturelles). L’évaluation des résultats pose la question difficile de l’interprétation. La fréquentation, le nombre et la structure de population inscrite sont-elles plus significatives que le nombre de prêts ?
Tableaux de bord et gestion prévisionnelle.
L’évaluation repose sur la construction de tableaux de bord. Un tableau de bord est un ensemble de données chiffrées, nécessaires et suffisantes, mises sous forme de graphiques ou de tableaux synthétiques, en vue de procurer les informations permettant aux différents responsables de prendre leurs décisions. Construit à partir d’indicateurs, il permet de piloter, de prévoir et d’anticiper des actions ou des processus. Il est particulièrement important de visualiser dans un tableau les prévisions de dépenses budgétaires et leurs échéances et d’y noter la réalisation effective des opérations. Un tableau de bord des entrées et du rythme de traitement intellectuel et matériel des documents facilité la mise à disposition rapide des documents et la bonne gestion des ressources humaines. Les bibliothèques, aujourd’hui, ne peuvent plus échapper à la mesure de la performance. La performance réunit trois notions : celle d’efficacité du service fourni par la bibliothèque (adéquation plus ou moins grande des résultats aux objectifs), celle d’efficience dans l’utilisation des ressources employées (adéquation plus ou moins grande des ressources aux résultats) et celle de pertinence des choix opérés (adéquation plus ou moins grande des ressources aux objectifs). La mesure de la performance des bibliothèques fait l’objet d’une norme internationale ISO 11620 à côté de la norme ISO 2789 ォ statistiques internationales des bilbiothèques サ.
Le métier de bibliothécaire (2007) IV
Le service aux usagers : médiation et formation
Le service de référence s’inspire des References services des bibliothèques anglo-saxonnes. Il ne peut se confondre avec la salle de bibliographie ni avec l’accueil car il ne s’agit plus de présenter globalement les ressources de la bibliothèque et les moyens d’y accéder, mais bien d’apporter une réponse documentaire adaptée à une demande particulière. Le double objectif de ce service est de mettre à la disposition des usagers les instruments nécessaires et leur fournir une aide dans leurs recherches. pour cela il faut un fonds spécifique d’instruments de recherche proposés en usuels, des postes de consultation des ressources électroniques locales et d’internet et un personnel spécialisé dans les méthodes de la recherche documentaire. Sur internet des bibliothèques proposent des services de références. Il s’agit de BiblioSés@me, réseau national de réponses à distance de la BPI et de 7 BM et le guichet du savoir de la BM de Lyon.
La formation des usagers a pour objectif de rendre les personnes autonomes dans leur usage de la bibliothèque et plus globalement de leur donner des outils pour tirer parti des différentes sources d’information dans le contexte technologique actuel. Une telle formation vise à donner aux usagers les moyens de repérer les divers aspects de l’offre documentaire, maîtriser les différents moyens d’appréhender et d’extraire l’information d’un outil de recherche, comparer plusieurs outils ou plusieurs démarches de recherche en fonction de critères comme l’efficacité, l’accessibilité ou le coût, savoir constituer une documentaire sur un sujet. Pour trouver des ressources en matière de formation et d’autoformation il y a FORMIST, serveur francophone pour la formation à l’usage de l’information pour l’enseignement supérieur, portail spécialisé donnant accès à de l’information, des échanges d’expériences et des ressources de formation en maîtrise de l’information. Parmi les outils permettant de se former soi-même ou de consolider une formation reçue on trouve CERISE (conseil aux étudiants pour une recherche d’information spécialisée efficace) ou le Guide de recherche en bibliothèque (GREBIB) mis en ligne par la BNF.
VI Attentes des publics réponses professionnelles
La bibliothèque dans son environnement urbain ou rural
La bibliothèque doit se définir localement en fonction des caractéristiques de son territoire et des composantes de la population qui la façonne. La bibliothèque est un des acteurs sociaux présents sur un territoire, elle est déterminée par lui mais elle le détermine en retour. La bibliothèque est un établissement politique, un des lieux de la cité, de la polis. Cette corrélation aux besoins des citoyens va lui permettre de ne pas être qu’un service commercial gratuit et de se distinguer fondamentalement de la banalisation des lieux commerciaux identiques d’un endroit à l’autre. Quelque soit la nature légale de sa collectivité, la bibliothèque est soumise aux choix de cette dernière en matière de politique culturelle, sociale, économique qui induisent des interprétations diverses de ses missions. Un département entend exercer un rôle accru dans la prévention de l’exode rural par le maintien d’équipements de proximité. Une ville de banlieue donne à la prévention de la délinquance et au développement des quartiers une priorité absolue. Une ville décide de faire de ses équipements cultures, et particulièrement de sa médiathèque, un élément décisif de l’image de modernité et de qualité de vie de la collectivité auprès des cercles de décision économiques. La bibliothèque est aussi soumise aux rythmes démocratiques de son territoire (électoral, administratif avec l’annualité budgétaire) rythmes de la vie sociale comme les fêtes et coutumes locales qui pourront donner lieu à des animations. Le bibliothécaire doit être particulièrement attentif à la géographie économique humaine et sociologique du territoire (proportion des emplois tertiaires, nombre de lycées et d’étudiants, communauté étrangère, tissus associatif, quelles sont les personnalités moteurs d’opinion). Il faut analyser les éléments démographiques caractéristiques de l’environnement (âge moyen des habitants, principales composantes socio-économiques). La bibliothèque est un lieu de tensions entre offre publique et pratiques privées. Les publics manifestent une grande obstination à demeurer fidèles à ce qu’ils sont (entre lecture utilitaire et lecture gratuite, entre lecture gratuite de distraction pure et lecture de haute culture) entre temps du patrimoine et temps de l’information, entre l’homogénéité patrimoniale recherchée et la diversité de la demande de l’environnement, entre les nécessités du fonctionnement de l’institution patrimoniale (régularité des acquisitions) et l’instabilité, les limites budgétaires ou les incohérences de l’environnement politico-administratif.
2. Approche du public : sociologie appliquée à l’action et au marketing de la bibliothèque
Dans la relation complexe qui se tisse entre bibliothécaires et publics, il existe une sorte de tension entre l’offre et la demande. La demande s’établit sur les attentes, formulées ou non par les usagers, auxquelles le bibliothécaire va tenter de répondre. L’offre s’appuie sur une démarche volontariste qui consiste à proposer des choix établis auxquels le public va plus ou moins adhérer. On désigne aussi par ? prescritpion ? ce qui relève de l’offre. La stratégie qui consiste à s’appuyer sur la demande est issue d’un volonté de démocratiser la culture, de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à la culture sous toutes ses formes. Répondre à la demande du public peut être perçu comme une sorte de passivité de la part du bibliothécaire susceptible d’influer sur l’équilibre des collections. S’appuyer sur l’offre peut conduire à une coupure entre le bibliothécaire et son public et créer une collection élitaire dans laquelle le public ne se reconnaîtrait pas. Bien des bibliothécaires sont dans l’incapacité de décrire les fondements de la demande. Connaître une partie du public ne peut conduire à en connaître toutes les composantes. La demande des nouveautés provient pour une part des médias. Des expériences de constitution de fonds prennent comme référence le volant de rotation des ouvrages ont conduit à construire des fonds souvent pauvres, sans diversité, sans représentativité des différents courants de pensée et de création. Il est donc préférable de parler des attentes et des besoins des usagers. Les attentes sont d’une part une demande de documentation pour s’informer, se cultiver, se former et d’autre part une demande de loisir, de distraction.
Le marketing pour la bibliothèque
L’adoption d’une démarche de marketing permet à la fois d’agir dans la connaissance des publics, mais aussi d’engager une démarche stratégique qui prend en compte les différentes composantes des attentes et des besoins. Le marketing est une technique utilisée par les entreprises depuis plusieurs dizaines d’années. Elle consiste à créer ou adapter un produit pour répondre aux besoins des consommateurs et à concevoir des stratégies pour commercialiser ce produit dans le cadre d’un marché souvent fortement concurrentiel. Cette technique a été introduite en bibliothéconomie dans les années 80. Résau Savard, de l’université de Montréal, en a été un des promoteurs. Dans un premier temps, cela a consisté à prendre en compte le principe de la demande, en opposition avec celui de l’offre imposée sans interraction avec le public. On a critiqué cette démarche. Une bibliothèque n’a pas pour focntion de faire du commerce, et donc un outil de ce type, au but purement mercantile, ne saurait fonctionner dans un domaine exclusivement tourné vers le service public. Pourtant, le marketing s’est adapté au service public. Il ne s’agit plus de vendre, dans le sens commercial du terme, mais d’adopter le service aux besoins des usagers. Deux principes ont vu le jour : l’adaptation du service aux usagers et la création de services spécifiques en fonction de cibles précises, en opposition avec l’aspect égalitaire du service public. La démarche marketing doit permettre de mieux connaître les publics, leurs attentes et leurs besoins. L’analyse comporte plusieurs démarches. Il s’agit d’étudier l’environnement de la bibliothèque, les différents publics et enfin les moyens dont dispose le bibliothécaire pour répondre aux attentes et aux besoins identifiés. Pour connaître son environnement, la bibliothèque doit obtenir des données chiffrées, des résultats d’observation menées souvent par d’autres institutions sur les aspects sociaux, démographiques, économiques, culturels de l’environnement. Cette connaissance permet d’analyser la place de la bibliothèque dans la ville et d’identifier les services qu’elle pourrait mettre en place pour répondre aux besoins que l’on a pu percevoir. Pour connaître le public, il faut constituer des segments (âge, origine socioculturelle, professionnel) des publics qui se trouvent dans la zone d’influence de la bibliothèque. pour améliorer la connaissance des publics, on utilise les groupes représentatifs des usagers et les enquêtes. Il faut vendre la bibliothèque à ces groupes, créer le besoin, montrer les avantages que les personnes rencontrées peuvent tirer de ce service public. On distingue trois types d’enquêtes : sociologiques, qualitatives, quantitatives. L’enquête sociologique donne une photographie de la situation et elle est complétée par une analyse des résultats. L’enquête qualitative permet de distinguer ce qui relève d’une étude de l’existant de ce qui correspond aux services qui pourraient être mis en place. L’enquête quantitative s’appuie sur un questionnaire rempli par un nombre représentatif de personnes. Le public a tendance à se mettre en valeur dans les réponses, pouvant ainsi fausser les résultats. Cette tendance peut être minimisée par des questions croisées qui modèrent les réponses. Le diagnostic consiste à trouver les causes qui sont à l’origine des constats que l’on a posés. Un bon diagnostic, avant d’agir, suppose la définition d’une stratégie qui renvoie aux missions fondamentales, aux priorités de la collectivité, aux moyens disponibles et aux contraintes de l’environnement. Le plan d’action consiste à faire l’inventaire des actions, assorties des moyens nécessaires à leurs réalisations. La bibliothèque doit adopter un plan de communication pour mieux se faire connaître ou fidéliser son public. La communication s’adresse aussi aux décideurs.
3. Publics et services
La question essentielle pour la définition des services est : quelle est la place des usagers dans ce que propose la bibliothèque ? La bibliothèque est un lieu, des collections, des compétences. Aujourd’hui, la bibliothèque est l’ensemble des moyens mis en place pour satisfaire les besoins et les attentes des utilisateurs de lieux culturels, hors du système marchand. Selon l’UNESCO, il s’agit de contribuer à répondre aux besoins des populations dans les domaines de la formation, de l’information, de la culture personnelle et des loisirs. La bibliothèque a une mission fondamentale qui est une mission médiatrice, c’est-à-dire de mise en rapport des biens culturels avec les publics. Sans cette médiation, la mission principale, constituer et faire circuler une collection de documents, est vouée à l’incomplétude. Dans le service public de la lecture, l’usager a droit au service parce qu’il en a besoin, et à proportions de ses besoins, dont il est le seul arbitre : ils peuvent être en théorie illimités. A côté des missions générales existent des missions particulières en direction de certains publics (salariés des entreprises, demandeurs d’emploi, immigrés, peute enfance, écoles). La légitimité de la bibliothèque ne réside plus seulement dans l’offre qu’elle propose mais aussi dans l’usage qui en est fait. La définition et la mise en place des services exigent une bonne connaissance et une observation permanente des publics potentiels présents sur le territoire desservi par la bibliothèque, ainsi qu’une réponse sans discrimination à leurs besoins. Le bibliothécaire doit apprécier la diversité des populations, leur hétérogénéité par la sociologie, la profession l’âge, le sexe grâce au recensement INSSE, aux données concernant la population scolaire, les associations, les services sociaux. Cette connaissance de la population nourrira aussi bien les politiques d’acquisition que l’offre de service, mais aussi, en amont, l’aménagement des espaces. Le bibliothécaire devra observer les compétences des usagers dans l’espace de la bibliothèque : se repérer, consulter le catalogue, interpréter la classification. Des services temporaires d’assistance aux usagers pourront être associés à des phases particulières de la vie de la bibliothèque. Le bibliothécaire devra veiller à ce que la demande exprimée par les usagers présents soit écoutée, communiquée, traitée. La définition de ? publics cibles ? de l’action de la bibliothèque permettra d’orienter l’offre des services propres à attirer particulièrement ces publics en pratiquant une analyse proche du marketing. L’accueil est le premier des services rendus par la bibliothèque aux usagers. Il permet d’assurer à l’usager une écoute de ses besoins, une assistance discrète et efficace, assurer à l’usager un traitement rapide et fiable des diverses opérations liées aux transactions et le retenir par la qualité de l’offre. Les horaires déterminent très largement les modes de fréquentation et les publics. Il est vain de vouloir cibler tel ou tel public si la bibliothèque n’est pas ouverte au moment de sa disponibilité. Le règlement indispensable du fonctionnement de la bibliothèque doit être aussi complet que possible. Il fait l’objet d’une délibération en conseil municipal, ce qui lui permet d’être officiellement opposable au tiers. Il est toujours affiché dans la bibliothèque. Il doit être positif et afficher les droits du lecteur avant ses devoirs. Les conditions de prêt sont définies par le bibliothécaire avec l’approbation de la tutelle. Elles sont un reflet indirect mais sensible d’une vision d’ensemble du service offert. Trop restrictives, les conditions du prêt reflètent souvent la faiblesse des budgets d’acquisition. Trop larges, elles peuvent montrer un certain laxisme dans la gestion des collections. La durée de prêt la plus rencontrée est de trois semaines avec possibilité de prolonger par téléphone ou par internet. La réservation de document est un service très apprécié. Le règlement prévoit les pénalités appliquées aux retards et le détail des pénalités appliquées en cas de détérioration ou de perte de document. Le règlement énumère les conditions et les interventions disciplinaires nécessaires comme le droit du bibliothécaire d’exclure un usager du lieu public ou de faire appel à la force publique. La bibliothèque ne peut devenir une zone de non-droit.
L’ABF s’est prononcée pour une gratuité totale des bibliothèques et de leurs services mais seuls 20% des bibliothèques pratiquent une inscription gratuite. Le bibliothécaire doit préconiser un tarif qui préserve le plus large accès possible (gratuité pour les moins de 18 ans, droits minorés pour les chômeurs, les personnes âgées et les handicapés).
Quels services au-delà de l’accueil ?
Le service de bibliographie et d’information regroupe l’ensemble des moyens de renseignement bibliographique, de recherche documentaire approfondie à la demande : nombre et disposition des ordinateurs dédiés à l’OPAC, recherche possible sur les catalogues d’autres bibliothèques, offre du prêt entre bibliothèques, utilisation d’internet. Le service de reprographie ou de photocopie peut se faire par carte (convient aux usagers réguliers) ou par pièces (usagers aux besoins occasionnels). La réservation est indispensable. Elle peut se faire sur place à partir des écrans de consultation ou par internet depuis le domicile de l’usager. La consultation sur place est d’abord celles des imprimés, livres et presse. L’espace de consultation de la presse est un service ? d’appel ? très visible. Il existe également le service d’écoute de disques et la consultation vidéo. La bibliothèque peut offrir un laboratoire de langues. L’accès à internet ouvre un champ très vaste de possibles mais aussi des contraintes et des difficultés. Le bibliothécaire peut ne pas souhaiter offrir la totalité du web à un public peu préparé à la sélection et à la valorisation des sites. Il peut estimer qu’une telle offre s’oppose au fondement même de sa profession, qui est de sélectionner et de proposer une offre documentaire structurée. Cependant, l’usager sait très rapidement franchir les barrages que l’on peut lui opposer. On peut estimer qu’un accès sélectif d’internet s’oppose au principe d’autonomie de l’usager et va à contresens de l’esprit d’internet. Il vaut mieux mettre en avant l’existence de portails très complets comme ceux de la BNF et de la BPI.
Les douze propositions de l’UNESCO : créer et renforcer l’habitude de la lecture chez l’enfant dès son plus jeune âge, faciliter l’étude individuelle ainsi que l’enseignement formel à tous les niveaux, favoriser l’épanouissement créatif de la personnalité, stimuler l’imagination et la créativité des enfants et des jeunes, contribuer à faire connaître le patrimoine culturel et apprécier les arts, le progrès scientifique et l’innovation donner accès aux expressions culturelles de tous les arts du spectacle, encourager le dialogue interculturel et favoriser la diversité culturelle, soutenir la tradition orale, assurer l’accès de la population à toutes sortes d’informations communautaires, fournir des services d’information appropriés aux entreprises, associations et groupes d’intérêts locaux, faciliter l’acquisition de compétences dans le domaine de l’information et de l’informatique, soutenir les activités et programmes d’alphabétisation destinés à tous les groupes d’âge, y participer et, au besoin, prendre des initiatives dans ce domaine.
Le premier rôle de l’animation en bibliothèque est de mettre en oeuvre, compléter, prolonger les actions de médiation culturelle entreprises par la bibliothèque entre les publics et les documents ou les oeuvres. La bibliothèque peut étendre son action à la médiation entre leurs créateurs, les poètes et leurs publics. L’animation est liée à la place particulière de la bibliothèque dans sa collectivité : son intégration à la vie culturelle, sociale et économique de la cité.
Le métier de bibliothécaire (2007) III
Typologie des documents
Livres et périodiques
Le livre est à la fois objet matériel et un moyen d’échanges intellectuels. Pour l’UNESCO, un livre est une publication non périodique résultant de l’assemblage de 49 pages au moins, couverture exclue. On produit de plus en plus de livres, dans tous les pays. Pour la France, les statistiques du Syndicat national de l’édition mentionnait 12 600 titres édités en 1962 et 57 728 en 2006. L’ISBN a pour but d’aider à distinguer chaque ouvrage publié et de faciliter toutes les tâches de gestion du livre. L’ISBN est attribué en France par l’Agence francophone pour la numérotation internationale du livre (AFNIL). Une telle augmentation du nombre de titres cache une forte disparité dans la production. D’un côté, il existe une très grande concentration éditoriale qui se focalise sur les secteurs porteurs et rencontrent les faveurs du public (livres scolaires, professionnels, encyclopédies, best-sellers et prix littéraires). A l’autre extrémité, il existe une multitude d’éditeurs indépendants qui publient dans des secteurs plus étroits ou moins rentables. Cela oblige les bibliothécaires à un travail important de repérage des titres et des éditeurs et à définir une politique d’acquisition qui tienne également compte de cette économie.
Le périodique est une publication collective sous un titre unique et légal qui paraît pendant un temps non limité à l’avance et dont les fascicules s’enchaînent chronologiquement et numériquement les uns aux autres. Le numéro ISSN est donné pour la France par le centre ISSN de la BNF. La périodicité des parutions permet de suivre l’actualité politique, économique, littéraire ou scientifique et de coller à l’événement. Il est impossible de connaître le nombre de titres publiés aujourd’hui dans le monde ou en France. En France, le dépôt légal de la BNF a enregistré 4289 nouveaux titres en 2006. Alors que, en France, on note une désaffection du lectorat pour la presse quotidienne, le nombre de magazines continue de croître et son lectorat se maintient. Le bulletinage consiste à suivre et à enregistrer l’arrivée des divers numéros de manière à pouvoir réclamer auprès du fournisseur s’il y a interruption de l’abonnement. Il faut inventorier régulièrement les collections de périodiques. Constituer une collection complète d’un périodique peut conduire à écarter celui-ci du prêt, à le relier, ou à envisager sa duplication (microfilmage ou numérisation). L’achat des tables et index et surtout l’abonnement à des cédéroms et des bases de données de dépouillement d’articles permettent d’avoir plus finement et plus rapidement accès aux contenus de ces derniers.
Livres et périodiques électroniques
Il existe une offre de livres numériques ou électroniques disponibles dans divers formats. Gallica, les nombreuses bibliothèques numériques et les projets européens comme l’European Digital Project propose des livres numérisés. Il existe des livres électroniques à lire su un ordinateur. Des éditeurs spécialisés proposent de numériser des ouvrages anciens en bibliothèques et d’opérer des impressions à la demande des lecteurs. Revues électroniques et archives de presse ont un accès payant. En ce domaine, les éditeurs obligent même les bibliothèques à se grouper en consortiumes pour négocier collectivement ces accès et à acheter des catalogues entiers d’éditeurs et non un choix de titres. La fin de l’abonnement signifie la fin de tout accès. La bibliothèque n’a acheté aucun objet matériel mais a seulement payé un droit d’usage. L’imprimé, objet définitivement acquis mais dont l’accessibilité dépend de la présence matérielle, garde don quelques atouts face au numérique si ce dernier, potentiellement virtuellement accessible de partout, voit son accès limité à un droit d’usage éternellement payant.
Les documents audiovisuels
Les premières vidéothèques sont issues de l’expérience de la BPI en 1977. En 1978, la DLL équipe 8 BM de cassettes vidéo. L’association Images en bibliothèques, créée en 1989, deviendra un lieu de rencontre, de réflexion et de coopération entre vidéothèques. A la fin des années 80 sont créés dans les médiathèques des fonds de vidéocassettes empruntables. L’association Ateliers de diffusion audiovisuelle (Adau) créée en 1984, va négocier des droits pour ces supports. A la fin des années 90 apparaît le support DVD, les médiathèques suivent. Fin 2004, 1100 BM possédaient des vidéothèques et 66 BDP possédaient des vidéos. La vidéothèque n’est ni un cinéma ni un vidéo-club. Le rôle des médiathèques est de proposer en support vidéo, des domaines du cinéma souvent inaccessibles au grand public : classiques du cinéma de fiction, cinématographie de pays peu représentés sur les écrans, films documentaires, courts-métrages. En vidéothèque, il faut se référer au code de la propriété intellectuelle (loi dadvsi du 1er août 2006). Seuls les vidéogrammes dont les droits spécifiques ont été négociés peuvent être prêtés. Le droit de prêt : les vidéogrammes sont destinés au prêt gratuit à des particuliers pour une utilisation privée dans le cadre du cercle de famille. Le droit pour la consultation sur place : c’est la possibilité de visionner ces vidéogrammes à titre gratuit sur place dans l’emprise de l’organisme acquéreur. Il est illicite de rediffuser des programmes télédiffusés. Il convient d’acquitter un forfait (relatif au nombre d’écrans, de casques, de places dans la salle de projection) à la SACEM pour les oeuvres musicales incorporées aux films projetés. La BPI propose le catalogue nationale de films documentaires pour les bibliothèques publiques comprenenant 1 500 films dont les droits ont été acquis pour 10 ans. Il existe le catalogue CNC, Images de la culture proposant 2000 oeuvres documentaires. Pour la fiction des catalogues existent ceux de l’Adav et de Colaco. La tarification à l’acte de prêt est illégale, la notion de prêt gratuit est indispensable.
Les documents musicaux
La musique est présente dans les bibliothèques sous deux formes : les documents qui traitent de musique et ceux qui en contiennent. Les documents sonores font leur apparition en bibliothèque publique dans les années 60. L’offre de CD doit être proportionnelle à la population desservie, mais il est difficile de présenter une offre correcte avec une collection de moins de 3 000 à 5 000 CD. Un taux de renouvellement de 10% est souhaitable. La musique imrimée devrait être présente dans toutes les bibliothèques. Il n’est pas nécessaire d’être un érudit spécialiste de musicologie pour acheter, cataloguer et prêter des partitions ou des song books. Une collection de base ne devrait pas être inférieure à cinq cents titres de ? variétés ? et autant de musique ? sérieuse ?. L’écoute sur place des CD est possible mais même pour une écoute individuelle avec casque, elle donne lieu à une rémunération au titre du droit de représentation : pour connaître les tarifs et établir les contrats, il faut s’adresser à la délégation régionale de la SACEM dont on dépend. LA loi sur le droit de prêt en bibliothèque assure ? la création d’une licence légale afin d’assurer une sécurité juridique tant pour les auteurs et éditeurs, ayant droit de l’auteur, que pour les bibliothèques ? mais ? seules les oeuvres imprimées sur papier et publiées sont ici visées. Le prêt d’oeuvres sur d’autres supports demeure sous le régime du droit exclusif de l’auteur ?. Les bibliothèques françaises sont tenues d’acquérir les documents audiovisuels et multimédias auprès de sociétés qui ont négocié une autorisation de consultation ou de prêt. Pour les documents sonores le droit de prêt n’est pas encore mis en oeuvre actuellement.
Les documents numériques
On parle presque indifféremment de document numérique ou de document électronique. Toutefois on peut dire que ? numérique ? est davantage lié à la technique du document ou de la bibliothèque et ? électronique ? davantage au service. La première offre de documents numériques à laquelle les bibliothèques ont été confrontées, à la fin des années 80, fut celle du CD audio et cédérom. Maintenant ce sont les DVD. Ils nécessitent un catalogage comme tout objet documentaire physique. Dans certains cas de bases de données bibliographiques ou de corpus de textes, la bibliothèque a pu choisir de charger les CD sur un serveur pour diffuser leur contenu par le réseau télématique local. La bibliothèque doit, par des ordinateurs installés dans les salles de lecture, donner accès à internet. Il faut insister sur le fait que l’information (particulièrement l’information scientifique) récupérée par internet n’est pas exhaustive et demande en outre un examen de sa source et de sa qualité, mais ni plus ni moins que l’information présentée dans les documents imprimés. Les grands éditeurs de sciences, technologie et médecine ont commencé, à partir de la fin des années 90, à modifier leur chaîne de production pour créer une édition électronique dont procède la production papier traditionnelle. Dans la plupart des cas, l’offre électronique est complémentaire de l’abonnement à la revue papier. Pourtant, il ne faut pas oublier que, depuis les années 90, ont aussi été créées des revues qui sont publiées exclusivement sous forme numérique. Depuis 2001, des éditeurs proposent l’abonnement à la seule forme électronique. Dans quelques années, la publication papier des revues scientifiques aura cessé. Les journaux de la presse quotidienne ou hebdomadaire ont une version électronique accessible sur le web. De nombreuses bibliothèques sont abonnées à ce type de services qui permet d’interroger en texte intégral la totalité des numéros qui ont été créés en format numérique. Les thèses sont toutes créées en format électronique. Aussi, le ministère de l’Education nationale a-t-il recommandé en septembre 2000 le dépôt électronique des thèses en vue de leur diffusion sur internet. Dans de nombreux pays, les bibliothèques se sont rassemblées en groupe de pression (consortium) pour obtenir des contrats d’accès à l’information électronique dans des conditions avantageuses. Couperin a été créé en 2005 par les universités. Le document numérique est disponible en tout lieu d’une institution en permanence sans tenir compte des horaires d’ouverture de la bibliothèque. Les métadonnées permettent un accès au document numérique même s’il est en mode image et en mode texte, il peut en plus être interrogé sur l’ensemble des mots du texte. Le document numérique, mis en accès publique sur internet, obtient immédiatement une visibilité mondiale et donc une publicité sans commune mesure avec le document sur support. Les bibliothèques peuvent ainsi valoriser des fonds méconnus du public. Contrairement au document papier au microforme, le document numérique permet l’intégration de tous les médias : le texte, l’image fixe, le son, l’image animée. Les documents portés sur des supports physiques doivent, pour leur conservation, être recopiés périodiquement sur de nouveaux supports car le support lui-même se dégrade et rend l’information illisible. La préservation à long terme des documents numériques fait appel à des procédés complexes et à une infrastructure lourde dont le modèle conceptuel est l’OAIS(open archival information system). Le document numérique est régi par une règlementation différente de celle qui concerne le document papier. Les autorisations doivent être données explicitement à la bibliothèque par celui qui détient les droits d’exploitation. En général, un contrat est signé entre le producteur de l’information et la bibliothèque. La bibliothèque numérique est un concept de système d’information complet, à la fois système et contenu. La bibliothèque numérique est un véritable système documentaire. Avec leurs métadonnées
associées, elle sait gérer les aspects descriptifs, administratifs, juridiques et de conservation des documents. D’un point de vue intellectuel, la bibliothèque numérique est une collection de documents sélectionnés et gérés par le système. Gallica est la plus ancienne bibliothèque numérique en France avec plus de 15 millions de pages numérisées et plus de vingt heures de son. Des fonctionnalités nouvelles du web 2.0 ainsi qu’une nouvelle architecture avec un accès en texte intégral sont mises en oeuvre fin 2007 oar la BNF pour Gallica 2. Une bibliothèque numérique est également un portail documentaire. Le web 2.0 a été lancé aux Etats-Unis en 2004. Il intègre les fils RSS qui permettent d’agréger dans un site des données issues d’autres sites. Les blogs, les wikis, système publication coopérative sur le web, l’indexation coopéraive par des mots clés et l’attribution de notes exprimant la valeur d’une ressource.
3. Acquisitions et gestion des collections
Acquérier est un acte majeur du bibliothécaire. Les bibliothèques de lecture publique ont à choisir, chaque année, parmi six cent mille titres disponibles. Le manifeste de l’UNESCO comme a charte de l’ABF délimitent le champ théorique et déontologique des acquisitions : les collections doivent être encyclopédiques, c’est-à-dire couvir tous les domaines de la connaissance, refléter les tendances contemporaines, l ’évolution et la mémoire de l’humanité, être exemptes de de toute forme de censure, idéologique, politique ou religieuse, comme des pressions commerciales. Elles doivent permettre l’information et la culture des publics de tous aâges et de toutes catégories socio-professionnelles. Les bibliothèques doivent aujourd’hui tenir compte des nouveaux supports et des produits en ligne sans oublier les droits d’auteur et la réglementation en matière de marchés publics. Les livres restent rarement plus de trois mois en librairie. En clair, un nombre croissant de titres n’a plus qu’une durée de vie très limitée ce qui rend les acquisitions difficiles. Face à la pression médiatique, au poids des nouveautés, aux demandes du public tournées vers l’actualité, le soutien à la production éditoriale à risque devient un enjeu majeur de la politique d’acquisition. Les bibliothèques ont donc tout intérêt à définir par écrit leur politique d’acquisition pour porter ce document à la connaissance de leur tutelle comme des usagers. Pourtant l’opacité est grande en matière de politique d’acquisition. Le groupe de travail POLDOC, hébergé sur le site de l’ENSSIB, contribue à la réflexion sur les acquisitions et les politiques documentaires. Un budget annuel d’acquisition est indispensable. La recommandation est une dépense de deux euros par habitant à desservir pour les collections imprimées. Les seuils budgétaires permettent parallèlement aux bibliothèques de bénéficier d’aides du Centre National du Livre pour des démarches d’acquisitions thématiques. Le nouveau code des marchés publics oblige l’appel à concurrence dans un cadre de marchés publics pour toutes dépenses annuelles de plus de 135 000 euros (Etat) ou 210 000 euros (collectivités), des procédures adaptées étant mises en place en-dessous de ce seuil. La mise en oeuvr, depuis 2004, de la loi sur le droit de prêt, plafonnant les remises pour les achats de livres à 9% et obligeant les bibliothèques à déclarer la nature et le montant de leurs achats égalise les conditions d’accès aux marhcés publics des petites et moyennes librairies face à la puissance des grossistes. Il est souhaitable de diviser le budget en quatre parts d’importance inégales :
- le suivi de l’actualité éditoriale des acquisitions courantes.
- le renforcement d’un secteur de fonds ainsi que le remplacement des ouvrages perdus ou détériorés.
- l’aide aux ouvrages de faible diffusion en matière de création littéraire.
- Des outils professionnels pour mener à bien ces différentes démarches.
Une bonne connaissance de l’édition française est à la base du métier de bibliothécaire. Le supplément annuel de Livres hebdo ? Editeurs et diffuseurs de langue française ? recense pour l’année 2006, 1291 éditeurs. La lecture de la presse est également indispensable pour les choix d’acquisitions. Ainsi que la visite au Salon du livre de Paris, ou le Salon pour le livre de jeunesse à Montreuil. Un livre n’est jamais acquis de manière isolée mais doit s’intégrer dans un fonds et dans sa cohérence. Les instruments spécifiques du choix sont Livres hebdo, livres de France, Page des libraires, bulletin critique du livre français (dont les rédacteurs sont surtout des bibliothécaires), Lire, le Magazine littéraire et pour la littérature jeunesse : Griffon Lecture jeune, La Revue des livres pour enfants. Enfin on consultera la base Electre.com qui fournit des résumés de notices.
Les acquisitions courantes ou le suivi de l’actualité éditoriale
La part des documentaires devrait atteindre 50% des achats. Les achats doivent être répartis tout au long de l’année pour honorer l’offre de la rentrée en matière romanesque ou l’offre de fin d’année en beaux livres.
Les acquisitions rétrospectives ou l’enrichissement du fonds
Il s’agit d’une démarche pluriannuelle. On privilégiera chaque année une discipline anfin de rendre visible le renforcement de l’offre. Il s’agit d’acquérir les auteurs principaux par exemple en sociologie. Indispensable dans les bibliothèques importantes, l’intégralité de l’oeuvre est inaccessible aux structures plus modestes. Le problème est aussi dans l’obsolescence très rapide des documents en particulie en droit et en économie.
Les ouvrages de rotation lente et de création.
Il s’agit essentiellement des productions de petits éditeurs ou de collections spécialisées dans des domaines peu connus. Dans ces domaines achquérir ne suffit pas, il faut aussi présenter le fonds.
Les fonds patrimoniaux
Les acquisitions patrimoniales sont importantes pour les bibliothèques conservant déjà des collections de livres anciens (jusqu’en 1810) ou suivant une politique de constitution d’un fonds patrimonial à partir des fonds courants (XIXè-XXIè siècles). Il s’agira de compléter des collections ou de suivre une politique d’acquisition de livres récents destinés dès l’achat à la conservation.
Les dons
Ils entrent rarement dans le cadre d’une politique réfléchie et coordonnée
La conservation et le désherbage d’une collection
Avant de désherber, il faut récoler. Il s’agit de vérifier la présence réelle des documents dans les différents fonds. Cette liste vérifiée doit donner lieu ensuite à l’épuration des catalogues et éventuellement au rachat de certains titres. La décennie 1990 a vu s’instaurer dans toutes les bibliothèques de lecture publique la fièvre du désherbage car l’accès libre aux rayons et le classement par discipline sont dévoreurs de place. La multiplication des emprunts entraîne une usure beaucoup plus rapide du document. Offrir une collection pertinente, faire la chasse aux informations obsolètes sont devenus des soucis majeurs des professionnels. Il faut également retirer du libre accès les livres peu lus. Une bonne politique d’acquisition en amont devrait entraîner peu de désherbage hormis celui exigé par le mauvais état matériel du document. Selon l’ABF, la politique d’acquisition se décline en 12 points : disposer d’un responsable de la politique documentaire, mettre en commun les réflexions, réfléchir aux publics, associer des partenaires à la réflexion, évaluer les collections existantes, établir des indicateurs de gestion des acquisitions (par exemple lecture facile, public universitaire), formaliser les procédures de désherbage, penser ? réseaux ?, utiliser les répartitions budgétaires (le maintien d’une réserve budgétaire affectée à des rééquilibrages négociés en cours d’année sont indispensables), choisir sans subir, développer les compétences en acquisition, produire un document de politique générale (charte des collections).
4. constituer, conserver, accéder au patrimoine
Fonds anciens, fonds de recherche et d’étude, fonds locaux : plus de 300 bibliothèques en France possèdent et conservent des collections patrimonailes
Patrimoine et conservation
La dimension patrimoniale ne tient pas seulement au caractère ? ancien, rare ou précieux ? des fonds, mais bien à l’intérêt intellectuel de la collection identifiée, dans son aspect prospectif aussi bien que rétrospectif, et à la qualité culturelle du projet développé. Différents types de documents constituent le patrimoine des bibliothèques. Afin de déterminer une politique de conservation pertinente, on tiendra compte des matériaux entrant dans leur composition, de leur format, deurs dimensions, de leur caractère plus ou moins précieux. Des conditions environnementales (lumière, température et humidité) non maîtrisées constituent autant de facteurs de dégradation des collections. Les matériaux organiques qui constituent majoritairement les collections des bibliothèques sont très sensibles aux conditions climatiques, et particulièrement aux fluctuations de l’humidité relative. Dans les régions tempérées, les recommandations en la matière se situent autour de 18% et de 50% plus ou moins 5% d’humidité relative.
Le regroupement des collections en fonction de leurs caractéristiques physiques, en particulier de leur format, grâce à un système de cotation approprié, permet d’adopter un classement homogène et un mobilier approprié. Le conditionnement doit être déterminé en fonction du type de document concerné et de son usage et peut prendre des formes diverses : la reliure, la mise sous pochette, la mise en boîte, le banderolage. Quelque soit la technique retenue, elle doit utiliser des matériaux neutres et des techniques réversibles et viser à protéger le document contre la poussière, la lumière, les chocs, le feu et l’eau. L’usure des documents, l’absence ou la défaillance des traitements préventifs, les sinistres enfin nécessitent également des traitements curatifs. La restauration ne vise plus aujourd’hui une ? remise à neuf ? du document mais s’attache à arrêter sa dégradation et à mieux le comprendre en respectant sa pérennité et son intégrité. Le code des collectivités territoriales prévoit que celles-ci doivent, avant intervention, informer le ministre de la Culture de tout proet de restauration d’une document ancien, rare ou précieux. Dans la seconde moitié du Xxè sicèle, les bibliothèques, confrontées à la dégradation accélérée de certains documents, ont élaboré des traitements de masse. L’édition de masse, à partir du XIXè siècle, a largement utilisé des papiers produits en milieu acide, qui résistent mal au vieillissement, jaunissent et deviennetn cassants. Pour tenter d’y faire face, les grandes bibliothèques européennes et nord-américaines ont mis en oeuvre des plans de sauvegarde intégrant des programmes de reproduction et de transfert de l’information, et le développement de procédés de désacidification et de renforcement. La numérisation des collections patrimoniales fait partie aujourd’hui des missions de base. L’attaque des collections par des insectes ou des moisissures et bactéries est due à de mauvaise conditions climatiques récurrentes, une intégration de fonds contaminés ou un soudain dégat des eaux. En cas d’infestation avérée, les collections doivent être déménagées pour être traitées et les locaux seront désinfectés par pulvérisation. En cas d’inondation, les documents mouillés doivent être séchés manuellement. A cette technique coûteuse, on préférera la congélation puis la lyophilisation pour les documents très mouillés et nombreux. Les collections patrimoniales peuvent s’enrichir en transférant les ouvrages désherbés devenus rares dans les fonds patrimoniaux ou par l’acquisition de livres neufs qui correspondent à un ? pôle d’excellence ? de la bibliothèque. On achètera un exemplaire pour le prêt et un autre pour la conservation. Les dons et legs doivent toujours être acceptés officiellement par le donataire, en général la collectivité publique dont dépend la bibliothèque. La dation, employée en paiement des droits de succession, ne peut bénéficier qu’aux collections appartenant à l’Etat. Une bibliothèque peut accepter en dépôt des documents dont elle n’acquiert par la propriété. La conversion rétrospective des fichiers et catalogues, menée dans les années 90 a permis la création du catalogue collectif des bibliothèques de France (Ccfr) qui donne accès en ligne et rassemble les catalogues de la BNF, des BU et ceux des fonds anciens et des fonds locaux les plus importants des BM (livres imprimés jusqu’en 1810). Il signale près de 20 millions de documents conservés dans plus de 160 établissements. Le Ccfr centralise aussi un service de PEB. Pour que le patrimoine des bibliothèques soit connu du grand public un catalogue en dix volumes a été publié ? Patrimoine des bibliothèques de France ?.
Il est trop rarement souligné que les fonds patrimoniaux sont généralement beaucoup plus ? multimédias ? que ceux de lecture publique. Aux monographies imprimées, audiovisuelles ou numériques s’ajoutent les périodiques, plaquettes, photos et estampes, affiches, étiquettes, cartes postales, dossiers de presse.
Le dépôt légal
Par l’ordonnance de Montpellier du 28/12/1537, François 1er enjoint aux imprimeurs et libraires de déposer à la librairie château de Blois tout livre imprimé mis en vente dans le royaume, le dépôt légal est né. Le dépôt poursuit deux buts : le contrôle de l’imprimerie et l’enrichissement des collections. L’histoire du dépôt légal en France est étroitement liée à celle de la BNF. De la librairie du Roi (Charles V) à la BNF, l’accroissement et la diversité des collections sont l’héritage de l’histoire. En 1790, la Révolution supprime le dépôt. Elle le rétablit, de façon facultative, par la loi du 19/7/1793. Le dépôt effectué par l’auteur, en garantie de sa propriété littéraire, se substitue à celui du libraire ou de l’imprimeur. Le dépôt légaal redevient obligatoire par le décret du 5/2/1810 mais sa formalité est négligée. A l’instigation d’Eugène Morel, est créé par la loi du 19 mai 1925 le double dépôt (éditeur et imprimeur) qui permet un contrôle croisé. Avec cette loi cesse la confusion entre la protection du droit d’auteur et le dépôt légal. La loi du 21/6/1943 maitient le double dépôt et prescrit le dépôt d’un exemplaire au ministère de l’Intérieur. BN et ministère de l’Intérieur constituent le Régie du dépôt légal. Sont soumis au dépôt légal les imprimés, les oeuvres musicales, photographiques, cinématographiques mises publiquement en vente. La loi du 20/6/1992, complétée par le décret d’application du 31/12/93 relatif au dépôt légal, entrent dans le champ d’application de la loi les nouveaux supports et modes de création : documents sonores et audiovisuels et selon un mode sélectif, les documents informatiques. Cette loi est remplacée par le Code du patrimoine entré en vigueur le 20/02/2004. Le décret d’application du 31/12/93 est modifié par le décret du 13/06/06 ramenant à deux exemplaires le dépôt légal de l’éditeur. Enfin la loi du 1/08/06 relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information intégré dans la loi sur le dépôt légal permet l’élargissement du champ d’application du dépôt légal à internet. Le dépôt légal permet la constitution et la conservation du patrimoine culturel et documentaire, la production de la Bibliographie nationale française, la consultation de ces documents par le public. Sont soumis au dépôt légal les documents imprimés, graphiques, photographiques, audiovisuels, multimédias dès lors qu’ils sont soumis à la disposition d’un public ainsi que les logiciels et les bases de données. Les travaux d’impression dits de villes, de commerce ou administratifs, les documents électoraux, les documents importés à moins de cent exemplaires ne sont pas soumis au dépôt légal. L’éditeur doit déposer au plus tard le jour de la mise en circulation du document et l’imprimeur dès l’achèvement de la fabrication. Le dépôt se fait par courrier avec une déclaration en trois exemplaires ou par coursier. Les noms des éditeurs et imprimeurs et leur adresse ainsi que la date du tirage et l’ISBN doivent être indiqués ainsi que la mention ? dépôt légal ? pour les livres et l’ISSN pour les périodiques. Sont responsables du dépôt légal, qu’ils gèrent pour le compte de l’Etat, la BNF, le Centre national de la cinématographie, l’INA et le service chargé du dépôt légal du ministère de l’Intérieur. L’éditeur doit déposer deux exemplaires à la BNF et l’imprimeur un exemplaire. Pour l’imprimeur hors Paris et Ile de France, le dépôt est effectué aurpès de la bibliothèque de la région habilitée à recevoir le dépôt. L’importateur doit déposer un exemplaire. En 2005, 208 635 livres et 1 255 686 périodiques ont été déposés. Le CNC recueille et conserve l’ensemble des vidéogrammes. Le dépôt est effectué à un exemplaire par le producteur ou le distributeur. L’INA recueille et conserve les documents sonores et audiovisuels radiodifusés ou télédiffusés. Il doit être déposé un exemplaire des périodiques pour les éditeurs et importateurs ayant leur siège à Paris au Ministère de l’Intérieur sinon auprès de la préfecture du département.
Techniques de base relatives à l’organisation d’une collection et à son accès par les usagers.
L’entrée d’un document dans la collection s’accompagne de deux opération qui symbolisent son appropriation : l’inscription à l’inventaire (le catalogue informatisé tient le rôle de registre) et l’estampillage. Le catalogage se compose de la description et des accès à celle-ci. La description bibliographique consiste à reproduire les informations figurant sur le document (auteur, titre, éditeur, description matérielle, etc). Les accès à la description bibliographique sont non contrôlés (sur des termes ou expressions qu’il n’est pas nécessaire de formuler) ou contrôlés (dont l’expression doit être maîtrisée (l’expression normalisée d’une information figurant sur le document, comme les auteurs ou la représentation du contenu du document). L’indexation matière est cette représentation du contenu. On distingue l’indexation systématique qui repose sur une classification et l’indexation alphabétique qui est composée de mots ou d’expression. On appelle vedette le mot ou l’expression servant à l’accès à la description bibliographique. On parle également d’autorités pour représenter les mots ou expressions devant être obligatoirement utilisés pour représenter une personne, une collectivité, une entité géographique ou une notion. Viennent ensuite la cotation et le traitement matériel (apposition de la cote). L’exemplarisation : quand la gestion de la bibliothèque est informatisée, il est nécessaire que chaque exemplaire physique soit décrit séparément dans le système de gestion. Enfin vient l’équipement antivol et pour le prêt.
Une classification est un langage documentaire permettant l’organisation d’un ou plusieurs domaines de la connaissance en un système ordonné de classes et sous-classes. Le classement est l’ordre dans lequel les documents sont rangés physiquement.
La classification décimale Dewey est en usage dans la plus grande partie des bibliothèques publiques françaises et dans un nombre croissant de BU. Elle a été mise au point par le bibliothécaire états-unien Melvil Dewey. Elle est régulièrement mise à jour par OCLC qui en est propriétaire. La CDU s’est répandue en France dans les BU. Issue de la classification décimale Dewey, elle est battue en brèche par cette dernière. La cotation n’est pas un exercice intellectuel consistant à exprimer le plus finement possible le contenu d’un document, mais une opération pratique destinée à faciliter son classement et donc son repérage par les utlisateurs.
L’indexation matière alphabétique
En bibliothèque, on utilise des listes ou répertoires de vedettes matières ou d’autorités matière, hiérarchisés ou non. Les plus utilisés dans le domaine encyclopédique sont la ? Liste Blanc-Montmayeu/Danset ? et RAMEAU. Le choix de vedettes matière à l’intention des bibliothèques de Blanc-Montamayeur et Danset a été publié en 1984. Conforme à la norme AFNOR Z 44070, cette liste comprend plus de douze mille mots. On distingue la vedette simple, la vedette composée comprenant une ou plusieurs sous-vedettes, les renvois. Le Répertoire d’autorité matières encyclopédique et alphabétique unifié (RAMEAU) est issu de la liste Laval du Québec. Les noms communs sont exprimés au pluriel. Les noms propres ne sont pas gérés par RAMEAU à l’exception des noms géographiques, des noms de peuples et des événements historiques. RAMEAU s’est répandu en France au cours des années 90, au point de prendre une place hégémonique dans les bibliothèques informatisées. Son utilisation est obligatoire pour les BU dans le cadre du SUDOC. Adopté par la BNF et par la base bibliographique Electre, il s’est également répandu dans les bibliothèques publiques. LA liste RAMEAU est maintenue par la BNF.
Les catalogues
Dans une bibliothèque informatisée avec un système intégré de gestion de bibliothèque, le catalogue sert à identifier et à localiser les documents détenus par la bibliothèque mais sert aussi à la gestion, notamment des prêts : le catalogage est le préalable à la gestion du document. Un système intégré de gestion de bibliothèque repose sur une base de données, catégorie de logiciel forte pour créer, mettre à jour et rechercher des informations structurées. Comme une grande partie des données gérées dans un tel système sont des données bibliographiques qui constituent le catalogue, on parle volontiers de base de données bibliographiques. Une notice bibliographique peut être liée à une ou plusieurs notices d’exemplaires. Sur le plan international, la structure d’une notice bibliographique est définie par les ? descriptions bibliographiques internationales normalisés ?, en anglais International Standard Bibliographic Description (ISBD). C’est conformément aux ISBD qu’ont été rédigées les normes française de catalogage, dont la norme Z 44-050. La notice comporte 8 zones, titre et mention de responsabilité, édition, adresse bibliographique, collation, collection, note, ISBN et prix.
La notice d’exemplaire
Dans une base bibliographique, on crée une ou plusieurs notices d’exemplaires rattachées à la même notice bibliographique.
Les formats bibliographiques
C’est en 1964 qu’a été mis au point par la Bibliothèque du Congrès de Washington le premier format MARC (Machine Redeable Cataloguing). En France on utilise Intermarc (essentiellement à la BNF) et Unimarc. Un format est la structuration de données dans un ordinateur en vue de leur traitement par un logiciel d’application. Un format MARC est une structuration des données selon la norme ISO 2709 sur les échanges de données bibliographiques. Un format MARC est d’abord un format d’échange. Il permet d’échanger des notices bibliographiques entre bibliothèques, quel que soit leur logiciel. L’échange permet à une bibliothèque de récupérer des notices bibliographiques pour les besoins de son propre catalogue auprès d’un réseau bibliographique (comme le SUDOC) ou d’un fournisseur public (comme la BNF) ou privé (comme Electre). Un format MARC peut être aussi un format de catalogage. En France, c’est le format bibliographique Unimarc qui a été désigné par l’arrêté du 3//11/93 comme foramt d’échange national. Ce format bibliographique, dont le nom signifie Universal Machine Readable Cataloguing, a été mis au point et est maintenu par l’IFLA. Il est géré par le Permanent Unimarc Commitee (PUC). Les formats MARC, conçus dans les années 60, datent d’une époque où le monde des bibliothèques pouvait, de façon autonome, structurer l’information dont il vait besoin. C’est pourquoi l’évaluation des techniques documentaires utilisées par les bibliothéaires est extrêment probable. Elle ne peut être que progressive et de nature à remettre en cause la façon de coder l’information, plutôt que les notions fondamentales présidant à son découpage. La famille de format qui se développe dans tous les secteurs traitant de l’information électronique s’appelle Xml (extensible markup langage). Plusieurs traductions en XML des données gérées par les formats MARC ont été effectuées.
6. Les recherches documentaires
La bibliothèque est offre de médiation et de formation, alors même que l’évolution technologique a pour effet de multiplier les moyens d’informations et de documentation mis directement à la disposition du public. La bibliothèque est un des nombreux lieux où l’on s’informe; elle est aussi le lieu où l’on peut se former au choix et au maniement des instruments de recherche documentaire, où l’on vient acquérir des compétences en matière de maîtrise de l’information. En matière de recherche documentaire, les demandes du public auxquelles les bibliothèques apportent une réponse sont de deux natures : une demande de contenus (réponses à des questions ponctuelles, documentation relative à un sujet), une demande de savoir-faire (techniques de recherche, choix des outils, tri des résultats). Les demandes de renseignements bibliographiques découlent tout naturellement de la perception des bibliothèques comme de lieux d’abord faits pour emprunter ou consulter des documents. Les recherches bibliographiques visent à identifier un document, c’est-à-dire à vérifier, compléter ou corriger les éléments connus de son signalement, ou à dresser une liste de documents pertinents sur un sujet donné. Les bibliothèques ont introduit les supports numériques et l’accès aux réseaux d’information en ligne parmi les ressources offertes à leurs usagers, avec un double objectif. Les points d’accès public à internet : favorisent la démocratisation des nouvelles technologies de l’information, complètent les ressources documentaires de la bibliothèque. A l’élargissement naturel des collections s’ajoute le souci de rééquilibrer les chances face aux développements des technologies de l’information. L’UNESCO donne à la bibliothèque publique, entre autres missions fondamentales, celle de faciliter l’acquisition de compétences dans le domaine de l’information et de l’informatique. Les instruments utilisés en recherche documentaire se répartissent en deux grandes catégories : les instruments de référence immédiate (dictionnaires de langue par exemple) dans lesquels on accède directement à l’information recherchée, les instruments bibliographiques, qui donnent la référence du (ou des) document(s) susceptible (s) de contenir l’information recherchée. L’accès aux ressources d’internet fait maintenant partie des moyens de trouver de l’information dans une bibliothèque. La comparaison assez fréquente qui assimile le web a une vaste bibliothèque n’est pas juste. Deux principes sur lesquels se fondent l’offre documentaire des bibliothèques, la sélection des sources documentaires et leur organisation logique, ne se retrouvent pas sur la toile. D’autre part, les outils de recherche qui aident à retrouver l’information ne maîtrisent qu’une partie seulement de cet ensemble. L’offre d’information sur internet n’est pas hiérarchisée, les ressources ne portent pas forcément de façon explicite les indices qui permettraient d’identifier les auteurs, les sources, et plus généralement les conditions de production du document. On a accès sur internet à des documents qui n’ont pas forcément subi d’évaluation avant diffusion, contrairement aux documents trouvés à la bibliothèque qui sont passés par le filtre de deux sélections (édition, puis acquisition). Google et Altavista sont les robots de recherche les plus connus sur internet. Ils renvoient, en réponse, l’adresse des pages contenant les mots ou les expressions posés dans la recherche. il s’agit donc d’une recherche en texte intégral avec des inconvénients, abondance de réponses non pertinentes et ? silence ? difficle à évaluer. Les annuaires généraux de sites comme yahoo ! ou Open Directory sont le produit d’un recensement humain et les sites sont succintement analysés. Les bibliothèques créent leurs propres sélection de sites comme la BNF avec les signets de la BNF. Les portails thématiques ont pour objectif de proposer une plate-forme d’orientation vers des ressources internes et externes dans une thématique définie. La Documentation française, le ministère de la Culture et l’ENSSIB (avec Sibel : sciences de l’information et des bibliothèques en ligne) en proposent.
Le métier de bibliothécaire (2007) II
Les bibliothèques des collectivités territoriales
La bibliothèque publique est un établissement géré par des fonctionnaires et placé sous la tutelle administrative et financière de la puissance publique d’Etat ou territoriale.
En 1945, naît la Direction des bibliothèques et de la lecture publique auprès du ministère de l’Education nationale. On compte 17 BCP en 1946 et 42 en 1966. Il faut attendre les années 80 pour que l’ensemble du territoire soit couvert. Entre 1967 et 1980 34 BCP voient le jour tandis que la surface des BM passe de 300 000 à 650 000 m2. 200 bibliothèques sont créées entre 1969 et 1975. En 1975, est créé au ministère de la Culture une Direction du livre à laquelle sont rattachées les BM. En 1977, la BPI ouvre sur 12 000 m2 et accueille 10 000 visiteurs par jour avec 400 000 volumes et 2 400 périodiques, 11 000 documents sonores. Au cours des années 80, 17 BCP termine la couverture du territoire. En 1981, la Direction du livre devient la Direction du livre et de la lecture. Son budget est doublé en 1982. La bibliothèque auparavant axée sur l’activité éducative l’est désormais sur la politique culturelle. La loi de juillet 1983, effective en 1986, sur les compétences des collectivités territoriales, confirme l’attribution aux communes des BM. En 2004, la surface des bibliothèques est de 2 millions trois cents milles m2. Les missions des bibliothèques publiques sont indiquées par le manifeste publié par l’UNESCO et l’IFLA en 1994 : encourager à l’effort d’éducation et à un accès libre et illimité à la connaissance, la pensée, la culture et l’information. La France ne dispose pas de loi dur les bibliothèques mais la charte publiée en 1991 par le Conseil supérieur des bibliothèques exprime bien ses missions. La mission d’information et de documentation pour tous suppose la capacité à fournir sur tous les sujets, scientifiques et techniques, de société ou d’actualité politique. Elle exige une attention à la pluralité des courants de pensée et de sensibilité. La mission de formation consiste à aider à la préparation de concours, d’examens, d’entretiens, de recrutements et faciliter l’accès à l’information technique et professionnelle. La mission d’accès à la culture et aux loisirs consiste à susciter les curiosités par la diversité et la permanence de son offre. Les bibliothèques doivent proposer aux populations qu’elles desservent des ressources pluralistes et encyclopédiques en respectant un principe de neutralité.
Bibliothèque municipale et départementale : statut juridique.
La loi du 22/7/1983 stipule que les BM sont organisées et financées par les communes. C’est le conseil municipal qui décide de la construction d’une BM, fixe son budget, recrute le personnel et édite le règlement. Il existe 104 bibliothèques municipales classées qui conservent des collections patrimoniales appartenant à l’Etat. Des conservateurs d’Etat y sont affectés. L’autonomie de la collectivité locale en matière de gestion des BM est tempérée par le décret du 9/11/1988 relatif au contrôle technique de l’Etat sur les bibliothèques des collectivités territoriales.
Les BDP
L’ordonnance du 2/11/1945 institue les BCP. Avec leurs bibliobus, elles doivent faire des dépôts temporaires et renouvelables dans toutes les communes qui ne peuvent entretenir une bibliothèque. Le plafond de population concernée est de 10 000 habitants par commune. Depuis 1986, les BDP ont été transférées en gestion directe aux conseils généraux. Les BDP sont des entrepôts de livres et de documents sonores et vidéo. Elles prêtent directement à la population dans la moitié des BDP. Elles prêtent également aux prisons. Les principaux bénéficiaires des BDP demeurent les bibliothèques publiques. Elles organisent des formations pour les bibliothécaires bénévoles et salariés. Certaines hébergent des centres de formation de l’ABF. Beaucoup ont développé des services en ligne pour les bibliothèques de leur réseau et constituent un véritable portail des bibliothèques du département. Les 96 BDP disposent de 23 millions de livre, 2 millions de documents sonores et 410 000 vidéogrammes, 2450 personnes y travaillent.
Les BM
En 2004, il existait 2913 BM desservant 63,97 % de la population française. 17,6% de la population y sont inscrits. Toutes les villes de plus de 50 000 habitants en sont pourvues. Quelques centaines de BM disposent de collections patrimoniales, héritage des dépôts révolutionnaires. Le nombre moyen d’heures, d’ouverture est de 20h36 en 2004. Le personnel relève depuis 1991 de la filière culturelle de la fonction publique territoriale. Le budget est voté chaque année par le conseil municipal en deux parties, l’une pour le fonctionnement et l’autre pour l’investissement. Les BM et BDP ont commencé à s’informatiser au début des années 1980. En 2000 64,8 % des BM et 88,5% des BDP étaient informatisées. De plus en plus de BM se dotent de sites web. Les collections des bibliothèques publiques sont composées de fonds patrimoniaux d’une grande valeur (12 millions de volumes) répartis dans 703 établissements dont les 104 BM classées. Des bibliothèques publiques possèdent 90 millions de volumes et 8 millions 400 mille phonogrammes. Les collections sont renouvelées régulièrement par acquisitions et dons et pour certaines par le dépôt légal. Le PEB rend possible la consultation de livres peu accessibles. On compte cinq millions six cents mille inscrits dans les bibliothèques publiques en 2004. Les deux composantes principales de la population d’inscrits sont l’enfance et la jeunesse et les femmes. On note une surreprésentation de la fraction la plus éduquée de la population et des cadres. Epousant la révolution numérique, les bibliothèques contribuent à accompagner l’accès de la population aux nouveaux outils et aux nouvelles pratiques de recherche d’informations. Face à la concurrence des industries culturelles et de la documentation numérique, les bibliothèques doivent améliorer leur offre de service, leur accessibilité, la diversité de leurs ressources en ciblant mieux les publics qu’elles souhaitent accompagner. Elles doivent trouver le moyen de s’insérer dans la révolution numérique en cours.
Les bibliothèques centres documentaires sont nées d’une expérimentation menée par l’Association pour le développement des activités culturelles dans les établissements scolaires. Elles sont soutenues par l’INRP et la Joie par les livres, les ministères de l’Education nationale et de la Culture. Elles dépendent des enseignants puisqu’il n’ y a pas de personnel permanent. Les Cdi ont été institués en 1974. Tous les établissements sont obligatoirement pourvus d’un CDI animé par un personnel qualifié. Le Capes de documentation a été créé en 1989. Les BU sont officiellement créées en 1885. Elles se sont développées après 1945. On compte aujourd’hui plus de 2 millions d’étudiants. La loi d’orientation de 1968 constitue les universités en établissements publics autonomes et crée des services communs dont les BU. Un décret de 1985 précise le statut des SCD placés sous l’autorité du président de l’université. Strucutres non obligatoires il favorisent la coordination et le regroupement des BU avec les bibliothèques d’UFR, d’instituts. Les BU dépendent de la sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique au ministère de l’Enseignement supérieur. L’objectif commun aux BU est de servir les besoins de l’enseignement et de la recherche. Les BU ont vocation à participer à la formation des étudiants à la recherche documentaire et à la bonne utilisation de toues les nouvelles technologies de diffusion du savoir et de l’information. Les BU se développent du début des années 60 au début des années 70. Puis on note une phase de régression jusqu’en 1988. Après quoi le rapport Miquel incite l’Etat à entreprendre un plan de redressement. Depuis 1991, une politique d’équipement volontariste a accéléré la construction et la rénovation des BU. Il existait en 2004, un million de m2 de BU et 110 000 places assises. Le mouvement de construction s’est poursuivi dans le cadre du plan U3M.
En 2000, on comptait 96 SCD. Les personnels se répartissent en trois catégories. Les fonctionnaires d’Etat (conservateurs, bibliothécaires, assistant qualifiés de conservation et magasiniets. Les conservateurs assurant les fonctions de directeurs et de chef de projet, les bibliothécaires assurent le suivi de la gestion des collections et de la politique documentaire, les assistants qualifiés assurent l’accueil du public et les magasiniers assurent les tâches techniques et le rangement). Viennent ensuite des personnels administratifs et techniques, des contractuels et des vacataires. Il y a 44 000 agents. Le budget est assuré par les inscriptions des étudiants, des financements variables associés aux contrats quadriennaux. Enfin les collectivités locales et les régions participent au financement par le biais de subventions. A l’exception de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg qui est un établissement public, les BU n’ont aucune autonomie juridique. Elles sont placées sous l’autorité du conseil d’administration de l’université et de son président. Il existe dans les BU une documentation spécialisée pour la recherche mais aussi des collections généralistes proches de l’offre de lecture publique. Les BU ont depuis le milieu des années 90 très largement développé la documentation numérique et l’infrastructure technique nécessaire. En 2004, on comptait 1 million 200 000 lecteurs. L’amplitude horaire moyenne d’ouverture des BU est de 57 heures en 2004. Une collaboration renforcée entre enseignants et personnels documentaires est désormais indispensable. Elle se met en place dans le réseau des URFIST (unité de recherche et de formation à l’information scientifique et technique). FORMIST est destiné aux étudiants et enseignants de l’enseignement supérieur. Il propose des documents : cours de méthodologie de la recherche, bibliographie spécialisée par discipline, recherche sur le web, recherche d’informations.
Les bibliothèques spécialisées
Bibliothèques administratives, bibliothèques d’art, de médecine, de géographie, de sciences et techniques, bibliothèques de sciences humaines, religieuses, les bibliothèques spécialisées privées et publiques sont plus de mille et rassemblent 31 millions de volumes. Elles sont associées à l’université, aux organismes de recherche, à des entreprises ou des administrations, à des sociétés savantes (bibliothèques de l’ENS à Paris 350 000 volumes, 1400 périodiques).
Bibliothèques jeunesse
L’heure joyeuse a été créée à Paris en 1924. La joie par les livres a été créée par Anne Gruner à Clamart en 1963. Les recettes proposées par la bibliothèque des enfants sont fondées, à l’instar de l’heure joyeuse, sur le modèle des bibliothèques publiques états-uniennes. La joie par les livres publie dès 1965 ? le bulletin d’analyse des livres pour enfants. En 1967, elle commence à organiser des activités de formation. En décembre 1971, l’association est dissoute et ses activités sont reprises par l’Etat. Les locaux de la bibliothèque deviennent propriété de la ville de Clamart. Elle est sous la tutelle de la Direction du livre et de la lecture. Elle est rattachée à la BNF depuis 2008. Elle propose 250 000 documents, elle dispose des services de presse et d’un exemplaire du dépôt légal. Elle publie ? la revue des livres pour enfants ?.
Les bibliothèques dans l’entreprise
Dans la seconde moitié du XIXè siècle, les bibliothèques populaires sont animées par des philanthropes. La loi du 21/3/1884 sur les syndicats favorise ce mouvement de pratique de lecture. En 1919, la CGT crée la Librairie du travail. LA CGT publie en 1937 un ? rapport sur l’organisation de la lecture publique, du commerce du livre et de la propagande collective pour la lecture et le livre ?. L’ordonnance du 22/2/1945 instituant les comités d’entreprises, va donner un cadre au développement de la lecture en entreprise. A partir de 50 salariés, les entreprises sont tenues de créer un comité d’entreprise. C’est au sein des comités d’entreprise que naissent des bibliothèques. Les BCE sont reconnues en 1986 par le ministère de la Culture. Elles proposent le libre accès, la composition encyclopédique et la gratuité fu prêt. En 1992, l’ABF et les cinq confédérations syndicales représentatives signent la Charte pour le développement de la lecture en entreprise. Ces bibliothèques sont gérées par des bibliothécaires professionnels.
Les bibliothèques d’hôpitaux
Les fonctions culturelle, sociale et thérapeutique de ces bibliothèques sont de plus en plus reconnues. Les bibliothèques d’hôpitaux n’ont pas toujours les moyens de les mettre en oeuvre efficacement. La lecture à l’hôpital est mentionnée dès 1634 sous le terme de ? distraction des malades ? mais il faut attendre la seconde moitié du XIXè siècle pour que des mesures soient prises en faveur de son développement et l’après-guerre pour que des circulaires du ministère de la Santé préconisent de créer une bibliothèque et d’y consacrer des crédits. En mai 1999 a été signée une convention entre le ministère de la Culture et le secrétariat d’Etat à la santé et à l’Action sociale. L’objectif est d’inciter acteurs culturels et responsables d’établissements de santé à construire ensemble une politique culturelle inscrite dans le projet d’établissement. Les DRAC et les Agences régionales d’hospitalisation signent des conventions. Début 2006, la signature d’un protocole entre les deux ministères renforce l’accès à la culture au sein des établissements de santé. Dans 90% des cas il s’agit de bibliothèques d’association comme la Croix rouge ou Bibliothèque pour tous. La bibliothèque peut être un service de l’hôpital. 8% des hôpitaux ayant répondu à l’enquête 2006 disposent de salariés, le reste est constitué de bénévoles. Fin 2003, la fonction publique hospitalière a créé un statut de bibliothécaire/documentaliste.
Les bibliothèques en milieu pénitentiaire
L’action conjointe du ministère de la Culture et du ministère de la Justice a permis, depuis 20 ans, la mise en place progressive en milieu pénitentiaire de bibliothèques et d’une action concentrée en faveur de la lecture. En décembre 1992 une circulaire interministérielle définit le fonctionnement des bibliothèques et le développement des pratiques de lecture dans les établissements pénitentiaires. Dès le XIXè siècle, on relève l’existence de bibliothèques en prison. Un poste de bibliothécaire chargé des achats existe depuis 1963 au sein de l’administration pénitentiaire. En 1985, un décret du code de procédure pénale garantit un cadre règlementaire au fonctionnement des bibliothèques. Un protocole d’accord est signé entre le ministère de la Justice et le ministère de la Culture. Il sera mis en oeuvre par la DLL et l’administration pénitentiaire. Ce protocole aboutit en régions à la signature de conventions entre les administrations décentralisées et les DRAC. 69 BM et 30 BDP étaient associées aux prisons en 2001. La surface moyenne de bibliothèque en prison est de 40m2. 76% des bibliothèques pratiquent le libre accès. Les bibliothèques sont placées sous la responsabilité d’un travailleur social des services pénitentiaires d’insertion et de probation. Selon l’IFLA, il faudrait disposer d’un minimum de 20 livres par détenu. Seules les bibliothèques des petits et moyens établissements atteignent ce quota. 15 ans après la circulaire interministérielle de 1992, la volonté politique mise en pratique dans les régions avec les partenaires locaux a permis le développement des bibliothèques en prison.
bibliothèques en réseau
La coopération entre bibliothèques est un mode d’existence normal qui doit être intégré à la conception d’une bibliothèque et prévu dans ses règles de fonctionnement. En 1981, le rapport Barreau/Pingaud recommandait une coopération accrue entre bibliothèques, et proposait la création de services communs régionaux, au sein des bibliothèques régionales, et d’un service commun national à la Direction du livre. Il y a deux niveaux de coopération : les sources documentaires (identification, catalogues collectifs et gestion coopérative des collections) et les savoir-faire professionnels et les relations interprofessionnelles.
- Gestion partagée des sources documentaires
Les CADIST, réservoirs documentaires thématiques universitaires sont 21 et couvrent une grrande partie des champs thématiques. Mais l’ensemble des champs n’est pas couvert, des CADIST restent à créer. L’ensemble du territoire n’est pas couvert harmonieusement car un bon nombre de BU parisiennes sont CADIST.
LA BNF possède 65 pôles associés spécialisés qio sont des BM, des instituts et des BU. Ces pôles ont une mission documentaire de constitution de collections. Le premier créé est celui de Poitiers avec la BM, le SCD de l’université et le centre d’études supérieures de civilisation médiévale autour du thème de l’histoire médiévale. Les autres pôles ne sont plus seulement documentaires. Ils ont pour mission la localisation et le versement dans le CCFr de notices des fonds des bilbiothèques patrimoniales, la rétroconversion, la numérisation. Ils reçoivent une aide technique et financière au signalement et à la conversion rétrospective et rejoignent Gallica. Ils coorganisent des expos avec la BNF. Le CCFr regroupe les catalogues de la BNF, des BU (Sudoc), des fonds rétroconvertis de BM auxquels s’ajoutent le catalogue général des manuscrits et le répertoire des manuscrits contemporains.
La BPI a impulsé la constitution d’un consortium pour l’acquisition des ressources électroniques en ligne (CAREL) à l’image de Couperin pour les BU. Les BMVR ont été créées en 1992. Elles sont douze mais la dimension extra-communale est restée; la plupart du temps, au niveau du principe. Les BDP sont un aspect réussi de la décentralisation. Elles ont permis la mise en place de plans départementaux de lecture publique. L’intercommunalité de la lecture publique a é(é rendu possible grâce à la loi Chevènement de 19999 créant les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale). Ainsi quelques communautés d’agglomérations ont choisi d’intégrer la lecture publique dans leurs attributions. Avec les lois de décentralisation de 1982, des agences de coopération ont été créées. Elles ont pour objet le lien entre les divers professionnels du livre et pour les bibliothécaires l’organisation de la coopération documentaire. Les agences sont regroupées au sein de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture. Les premières agenes régionales de coopération entre bibliothèques ont été mises en place en 1984 dans six régions soutenues par la DLL et les DRAC.
Il existe deux associations de coopération : Images en bibliothèques, créée dans le but de mettre en valeur les collections audiovisuelles des bibliothèques. Elle anime 300 établissements, organise des formations, propose documentation et infos et coordonne les Mois du film documentaire. L’association pour la diffusion des documents numériques en bibliothèques (ADDNB) a été créée pour suivre et accompagner les évolutions liées à l’utilisation du multimédia en bibliothèque. Les listes de diffusion par courrier électronique se développent en totale liberté. Elles permettent la coopération et l’entraide entre professionnels. La plus connue est bibio.fr elle date de 1993.
Les associations professionnelles ont un rôle de lobbying auprès des pouvoirs publics et interviennent pour donner le point de vue des professionnels lorsque telle mesure ou tel texte peut avoir un impact sur les missions des bibliothèques ou sur les moyens de les exercer. La Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques, IFLA, regroupe la majorité des associations et des institutions de la plupart des pays adhérents à l’UNESCO. Elle a été créée en 1927 et se trouve à La Haye. Elle défend le développement des bibliothèques dans le monde sur la base des principes contenus dans le manifeste de l’UNESCO pour les bibliothèques publiques. Elle a publié le manifeste de Glasgow en 2002 dans lequel sont rappelés les principes du droit à l’information et les règles déontologiques des bibliothèques ou le manifeste pour internet. Elle a mis en place un comité pour la liberté d’expression dit FAIFE. Enfin il existe l’Association des Directeurs de bibliothèques universitaires (ADBU) et l’Association des directeurs de bibliiothèques départementales (ADBDP) et l’ABF, association des bibliothécaires de France créée en 1906 qui est un porte-parole de la profession auprès des pouvoirs publics. Les associations travaillent ensemble au sein de l’Interassociation archives bibliothèques documentation (IABD) qui regroupe 13 associations. En 2006 l’IABD a été un acteur important du débat sur la loi DADVSI. Les associations sont nombreuses aussi à être regroupées au sein de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (FILL).
Réseau et organisation territoriale
La commune
Dans un certain nombre de villes, on parle du ? réseau des BM ? avec une centrale située en centre-ville et des annexes qui ne proposent qu’une partie des services ou proposent des services spécialisés (jeunesse).
L’intercommunalité
Soit toutes les bibliothèques appartiennent à l’organisme intercommunal et s’organisent en réseau soit l’organisme intercommnal gère lui-même une ou plusieurs bibliothèques.
L’organisation interuniversitaire des bibliothèques
Les BU ou SCD sont souvent coordonnés par une bibliothécaire interuniversitaire ou un service interuniversitaire commun de documentation. Le lancement depuis 2006 des pôles de recherches et d’enseignement supérieur est susceptible de renforcer les coopérations interunivesitaires.
Les BDP
Elles desservent uniquement ou principalement les bibliothèques publiques, municipales ou associatives des communes de moins de 10 000 habitants. Le ? réseau départemental ? ne concerne donc souvent qu’une partie des communes d’un département.
Le prêt entre bibliothèques
Le PEB est très organisé entre les BU et moins dans les bibliothèques publiques. Il s’appuie sur le SUDOC. LE service comprend la fourniture des documents et de photocopies d’articles. Il est régi par un tarif publié par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur. L’équipe du CCFr a mis en place depuis 2001 le PIB (prêt interbibliothèque) pour les bibliothèques publiques ou spécialisées. Les réseaux PEB et PIB sont interconnectés. Les réseaux communaux ou intercommunaux et les BDP font aussi du prêt entre établissements.
Les catalogues collectifs
Le plus grand catalogue collectif du monde est OCLC (online computer library center) qui sert de réservoir de plus de 48 millions de notices dans le cadre d’un catalogue partagé mais aussi d’instrument de localisation pour des bilbiothèques de 45 pays. Le SUDOC géré par l’ABES joue le rôle de réservoir bibliographique pour les BU. Le SUDOC sert également de catalogue collectif des bibliothèques universitaires. Il comprend également un catalogue collectif national des publicatiions en série et le catalogue général des manuscrits des BU.
Le catalogue collectif de France
Il permet d’interroger simultanément trois bases bibliographiques BN Opale plus, catalogue de la BNF, le SUDOC, la Base patrimoine (bibliothèques municipales rétroconverties) qui réunit les notices bibliographiques de fonds anciens et d’intérêt régional d’une cinquantaine de grandes bibliothèques municipales et spécialisées. Il accueille le catalogue énéral des manuscrits des bibliothèques publiques et le Répertoire des manuscrits contemporains.
Apports et limites des catalogues collectifs
Pour les bibliothèques, la participation à un catalogue collectif peut impliquer un certain nombre de contraintes si le système est partagé par plusieurs bibliothèques, chacune subit une perte d’autonomie car il faut se plier à des règles communes. Si le catalogue est partagé, cela signifie également l’obligation de se plier à des règles garantissant la cohérence de la base bibliographique.
V Documents, collections et accès à l’information
Documents, collections et accès à l’information
La chaîne du livre est l’ensemble des opérations qui sont effectuées entre le moment où l’auteur produit son texte et le moment où le lecteur accès à ce texte au moyen du support matériel qu’on appelle le livre. Aujourd’hui, les principaux intervenants de cette chaîne sont l’éditeur, le circuit de fabrication, le diffuseur, le distributeur, le détaillant (le libraire), le bibliothécaire. L’édition génère un chiffre d’affaires de 2 milliards 2628 millions d’euros (2005) et est dominé par un grand groupe, Hachette placé sous le contrôle d’Arnaud Lagardère. Ce groupe assure, à lui seul, les deux tiers de la production éditorial française. Viennent derrière Gallimard, La Martinière, Flammarion. En 2002, Hachette rachète en partie Vivendi Universal Publishing. Ce qui reste de cet ancien groupe et n’a pas été repris par Hachette se retrouve dans Editis. Gallimard a été fondé en 1911 par Gaston Gallimard avec André Gide et Jean Schlumberger sous le nom des éditions de la Nouvelle Revue Française. En 1919, le nom change pour Librairie Gallimard. Il rachète Denoël et le Mercure de France dans les années 50 et crée la collection de poche Folio en 1972. Le Seuil fondé en 1935 a été racheté par La Martinière en 2004. Albin Michel est fondé en 1901 et dépasse désormais les 150 millions d’euros de chiffres d’affaires. Flammarion fondé en 1874 par Ernest Flammarion est resté entre les mains de la famille fondatrice. Il a été racheté par le groupe italien Rizzoli. En 2006, 57 728 titres ont été produits et 460 500 000 exemplaires.
Diffuseur et distributeur
Le diffuseur est celui qui est chargé de faire connaître aux libraires la production de l ’éditeur qu’il diffuse. Le distributeur est chargé, quant à lui, de servir les commandes du libraire. En effet, quand un libraire commande un livre, il ne le commande pas à son éditeur mais à son distributeur. LE diffuseur est un représentant de commerce. C’est lui qui fait remonter auprès de l’éditeur toutes les informations mais aussi les impressions qu’il recueille lors de ses visites aux libraires. En recueillant les ? notés ? c’est-à-dire les intentions d’achat des libraires pour les nouveautés de l’éditeur, le diffuseur permet à celui-ci d’ajuster au mieux les chiffres du tirage. LE diffuseur négocie les conditions de vente avec le libraire. Il négocie les contrats d’office, qui permettent au libraire de recevoir ? d’office ?, sans avoir à passer une commande, les nouveautés de l’éditeur, dans les domaines et selon les volumes qu’il a négociés avec le diffuseur (c’est ce qu’on appelle la ? grille d’office ?). Le diffuseur négocie également avec le libraire le montant de la remise, qui permet à ce dernier de dégager sa marge bénéficiaire. La loi du prix du livre de 1981 prévoit que c’est l’éditeur qui fixe le prix de vente au public. Dans les pratiques habituelles, le diffuseur donne une remise de départ de l’ordre de 20 à 25% à laquelle s’ajoutent des points supplémentaires de remise déterminés en fonction de critères quantitatifs et qualitatifs. Le distributeur est chargé de servir les commandes des libraires et d’acheminer les volumes. Il gère à la fois les lux des livres et les flux financiers. C’est le distributeur qui gère le stock de l’éditeur. Le distributeur doit également traiter les retours d’invendus dans le cas des offices. Il doit enfin gérer les opérations financières, liées à ce travail : facturation aux libraires, versements aux éditeurs. Le travail des libraires et des distributeurs a été grandement facilité grâce à la généralisation d’Electre, la base de données du Cercle de la librairie qui permet d’identifier beaucoup plus sûrement une référence bibliographique et de transmettre au distributeur un bon de commande plus facile à traiter.
Le libraire
Il y a en France quinze mille à vingt mille points de vente du livre du petit détaillant aux rayons de livres des hypermarchés. Les librairies représentant 800 à 1000 établissements et vendent exclusivement des livres. Les maisons de la presse et les librairies/papeteries sont 1200 à 1500. Plusieurs milliers d’établissement vendent des livres à côté de beaucoup d’autres produits. Il y a 1000 points de ventes de livres dans les hypermarchés mais avec un choix de titres limités. La loi sur le prix du livre de 1981 a été votée dans le sens de la création éditoriale en s’appuyant sur le réseau des libraires vendant exclusivement des livres.
Les bibliothèques ont tout intérêt, dans leurs acquisitions documentaires, à s’appuyer sur le réseau des libraires pour renforcer son rôle dans la création éditoriale.
Les mutations de la chaîne du livre
La concentration du monde de l’édition est la principale caractéristique de son fonctionnement. Le rachat en 2002 de Vivendi par Hachette a conduit à la constitution d’un énorme groupe d’ampleur mondiale. La mutation technique touche d’abord le secteur de la fabrication et de la distribution. Elles proviennent de la généralisation de l’informatique dans la production des livres. La conséquence la plus immédiate est la diminution du seuil à partir duquel un tirage atteint son point d’équilibre économique d’où la possibilité de prendre des risques éditoriaux sur des ouvrages à faible tirage et d’augmenter le nombre de titres produits. La loi du prix du livre a été révisée en juin 2003 pour plafonner les remises consenties par les libraires aux bibliothèques dans le cadre des marchés publics.
La propriété intellectuelle
L’ensemble des dispositions relatives à la protection des ? oeuvres de l’esprit ? et des auxiliaires de la création est contenu dans le cadre de la propriété intellectuelle adopté en 1992. La propriété littéraire et artistique est composée du droit d’auteur et des droits voisins des interprètes et des producteurs. Le code a intégré deux textes antérieurs, la loi de mars 1957 et celle de 1985 sur les droits voisins. Sur le plan européen, le travail d’harmonisation prévu par les traités fondant l’Union se traduit par des directives, dont chaque Etat doit assurer la transposition nationale. Six directives relatives à la propriété intellectuelle et artistique ont été adoptées depuis 1991 : protection des logiciels (1991, transposée en France en 1994), droit de location et de prêt (1992, partiellement transposée en 2003), télédiffusion par câble et par satellite (1993, transposée en 1997), durée de protection des oeuvres (1993, transposée en 1997), protection des bases de données (1996, transposée en 1998), droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information (2001, transposée en 2006).
Le droit reconnu aux auteurs est un droit exclusif qui comprend deux volets : le droit moral et les droits patrimoniaux. Le droit moral, perpétuel et transmissible aux héritiers, confère à l’auteur seul le droit de divulguer son oeuvre et le protège contre toutes sortes de mutilations. Les droits patrimoniaux permettent à l’auteur de jouir du produit de l’exploitation de son oeuvre sa vie durant. Contrairement au droit moral, ils peuvent être cédés à un tiers par contrat; à la mort de l’auteur, ils subsistent au profit de ses ayant droits pendant 70 ans. Au-delà, l’oeuvre tombe dans le domaine public. Les droits patrimoniaux se divisent en deux volets principaux, couvrant l’essentiel des utilisations possibles des oeuvres de toute nature : le droit de représentation et le droit de reproduction. Les droits voisins ont été institués en 1985 au bénéfice des artistes-interprètes, des producteurs de phonogramme, des producteurs de vidéogrammes et des entreprise de communication audiovisuelle. Ces droits durent 50 ans à compter de la fixation ou de la première communication au public. La loi sur la reprographie (1995) rend obligatoire la gestion collective de la photocopie. Deux sociétés de perception et de répartition des droits ont reçu l’agrément pour signer des conventions avec les utilisateurs réalisant des copies papier excédant le cadre de l’exception pour copie privée, le Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC) et la Société des éditeurs et auteurs de musique (SEAM). La loi du 1/08/06 relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information a introduit quatre nouvelles exceptions au droit exclusif des auteurs et des titulaires des droits voisins : reproduction et représentation dans l’enseignement et la recherche, à des fins exclusives d’illustration, reproduction par voie de presse écrite, audiovisuelle ou en ligne, des oeuvres d’art graphique dans un but d’information immédiate, reproduction par les bibliothèques archives et musées ? à des fins de conservation ? ou pour ? préserver les conditions de la consultation sur place ?. En bibliothèque, la consultation des imprimés ne fait pas l’objet d’autorisation sauf dans le cas des manuscrits inédits qui ne peuvent être consultés qu’avec l’autorisation des ayant droits. Pour les supports audio la SACEM délivre aux bibliothèques l’autorisation des auteurs assortis d’une redevance forfaitaire. Pour les supports vidéo, il n’y a pas de licence légale, les droits de consultation sur place doivent être négocié au cas par cas. Pour la copie, dans un établissement recevant du public, l’exception pour copie privée ne s’appplique jamais quelque soit le support. Pour la reprographie, les bibliothèques relèvent du CFC, pour les BU, ce sont les sociétés concessionnaires qui doivent s’acquitter des redevances. Pour les livres, le droit de prêt insituté par la directive du 19/11/92 est mis en oeuvre par la loi du 18/06/03 sous la forme d’une licence légale (prêt licite sans autorisation) assorie d’une rémunération perçue et répartie obligatoirement par une SPRD, en l’occurrence la SOFIA. Alimenté par un versement forfaitaire de l’Etat un pourcentage du prix de vente des livres (assorti d’une limitation des remises) le produit du droit de prêt est partagé en deux parts, une pour la caisse de retraite complémentaire des auteurs, l’autre répartie entre auteurs et éditeurs.
Le métier de bibliothécaire (2007) I
Le métier de bibliothécaire
I histoire du livre et des bibliothèques
L’épopée de Gilgamesh est la plus ancienne oeuvre littéraire connue. Elle a été composée au milieu du IIIè millénaire avant JC en Babylonie. Livre, liber en latin, c’est la pellicule comprise entre l’écorce et le tronc d’un arbre. Biblion en grec, c’est le papyrus.
Les supports et l’écriture de l’Antiquité à l’invention de l’imprimerie
La Mésopotamie
A la fin du IIIè millénaire avant JC, en Mésopotamie, on grave des ércits d’événements dont on veut garder le souvenir. On utilise la pierre ainsi que la terre cuite sous diverses formes : cylindre, tablette.
L’Extrême-Orient
Plus tard, en Inde et en Extrême-Orient, les feuilles de palmier, diverses parties de l’arbre, le cuivre ont été utilisés pour conserver des textes. La Chine utilise des rouleaux de soie puis le papier. Les caractères mobiles, base de l’imprimerie, sont inventés par les Chinois au XIè siècle mais ne se répandent pas. Ces caractères sont en terre cuite ou en bois (fin du XIIIè siècle), en métal (début du XIVè siècle).
L’Egypte
A partir du IIIè millénaire avant JC et jusqu’au XIIè siècle de notre ère, les livres sont écrits sur des branches de papyrus, aplaties et collées les unes aux autres sous forme de rouleaux.
La Grèce et Rome
En Grèce la littérature, longtemps orale, est fixée à partir du VIè siècle. En Grèce puis à Rome trois sortes de supports sont utilisés jusqu’au IIIè siècle : les supports pour écrits éphémères comme les tablettes de cire sur lesquelles on peut écrire et effacer, les supports en dur : des écrits légaux sur de la pierre ou du marbre, les supports du livre destinés à être conservés (papyrus).
Du rouleau au codex, du papyrus au parchemin.
En Chine, le rouleau de papier est remplacé par des feuillets collés par leur petit côté, le livre s’ouvrant en accordéon. A partir du IIIè siècle avant JC, on utilise le parchemin en Occident venu de Pergame. Le rouleau de papyrus reste le support naturel du livre jusqu’au Iiè siècle. Le parchemin, d’abord utilisé en rouleau, est très vite assemblée sous forme de codex. En Occident, le passage du rouleau, volumen, au livre en cahiers, codex est très long. Le codex, dont le christianisme favorise l’essor, devient l’unique support des livres grâce à ses avantages : il est économique car on peut écrire des deux côtés du support, il modifie le rapport au texte (il devient facile de vérifier une citation).
Le papier
La technique de fabrication du papier, connue en Chine depuis le Ier siècle de notre ère est enseignée aux Arabes au VIIIè siècle. Le papier est introduit dans l’Empire byzantin au Xiè siècle et en Europe à la fin de ce siècle. Il se généralise au XIVè siècle pour les manuscrits. Jusqu’au milieu du XIXè siècle, le papier est fabriqué à partir de chiffons transformés en une pâte que l’on fait sécher. Dans les années 1850, la pulpe de bois remplace le chiffon.
Les supports et l’écriture de l’invention de l’imprimerie à la fin du XVIIIè siècle.
La xylographie et les caractères mobiles étaient connus en Chine dès avant le Xè siècle. La xylographie est employée en Occident à la fin du XIVè siècle. On grave des images pieuses, des scènes de la bible. L’invention de l’imprimerie est attribuée à Gutenberg qui crée un atelier à Mayence en 1450. Le papier et les techniques de l’imprimerie découverts au XVè siècle ne se modifient pas avant la fin du XVIIIè siècle. Le texte est composé ligne à ligne. Les écritures du livre imprimé évoluent. D’abord le gothique puis le romain et l’italique. Les premiers livres imprimés le sont à l’aide de caractères latins, dans cette langue ou en vernaculaire. Le livre imprimé reproduit d’abord le livre manuscrit, mais très vite il a acquiert les caractères supplémentaires qui facilitent son identification et son utilisation.
Histoire du livre, des bibliothèques et de la lecture jusqu’à la Révolution française.
A toute époque, les bibliothèques ont conservé des documents autres que des livres, cela a toujours été une de leurs missions et de leurs richesse.
Les bibliothèques dans l’Antiquité
Au Ivè siècle avant JC, le lycée d’Aristote, l’Académie de Platon possédaient des bibliothèques. La plus grande fut imaginée par le roi d’Egypte Ptolémée Ier, à Alexandrie, vers 295 avant JC. Cette bibliothèque conservait entre 200 000 et 500 000 volumina. Elle joue un grand rôle comme centre d’études jusqu’à sa destruction partielle en 48-47 avant JC pendant la campagne d’Egypte de César. La première bibliothèque publique ouvrit à Rome en l’an 39 avant JC
Les bibliothèques au Moyen Age
L’Eglise, seule institution à rester suffisamment structurée à la fin de l’Empire romain, conserve les textes païens comme chrétiens. Les premières bibliothèques chrétiennes datent du Iiè siècle et sont installées dans les sièges épiscopaux ou à Constantinople, capitale de l’Empire sous Constantin. Avec l’effondrement de l’Empire romain d’Occident, des vestiges des grandes bibliothèques survivent dans les monastères et les grands centres religieux. En Gaule, au Vè siècle, les communautés religieuses possèdent des bibliothèques. Les bénédictins, au VIè siècle étudient les textes sacrés. Sous les Mérovingiens puis sous Charlemagne et les Carolingiens, les grands monastères en Europe sont des lieux de copie et d’étude dans le scriptorium. Le monde musulman dispose très vite de bibliothèques. Dès le VIIIè siècle, à Cordoue, capitale des omeyyades, la bibliothèque des califes est riche. En France, pendant tout le Moyen Age, les bibliothèques les plus importantes sont ecclésiastiques. La bibliothèque du collège de Sorbonne est fondée en 1257 et riche de mille volumes. En 1437, à Florence est ouverte la première bibliothèque publique grâce à Niccolo Niccoli. En France, depuis Charlemagne, les rois possèdent des livres. Saint Louis crée une bibliothèque centrée sur les textes sacrés. Charles V (1364-1380) est considéré comme le créateur de la bibliothèque du roi. A partir de Louis XI se crée à nouveau une bibliothèque réunie à Blois par Louis XII. Les collections de l’Empire romain d’Orient sont en partie ramenées en Europe à partir du Xvè siècle.
La Renaissance et l’époque moderne.
Les bibliothèques se développent autour de l’humanisme : c’est le cas de la bibliothèque pontificale, enrichie par le pape Nicolas V au milieu du Xvè siècle. En France, la bibliothèque du roi prend une ampleur beaucoup plus grande, et des grands collectionneurs créent des bibliothèques : Mazarin, Richelieu, Colbert. La bibliothèque du roi est ouverte au public. Gabriel Naudé constitue pour le cardinal Mazarin une riche bibliothèque et rassemble les premiers principes de bibliothéconomie dans son célèbre Advis pour dresser une bibliothèque en 1627. Les cabinets de lecture apparaissent au XVIIè siècle.
Le commerce du livre jusqu’à la Révolution
Dès le début du XVIè siècle, à Venise, Alde Manuce édite des petits livres, aisément transportables et d’un coût beaucoup moins élevé que les grands in-folio. A Francfort, se vendent les incunables (les livres publiés avant 1501). Libraires et colporteurs vendent des livres. A partir du XVIIè siècle, en France, la librairie est fortement encadrée par le pouvoir royal et par l’administration qui a été créée pour la réguler. A contrario, la Réforme en particulier, désirant offrir à chacun la possibilité de lire lui-même les textes sacrés, pousse à une alphabétisation généralisée et invente la ? médiatisation de masse ?. Le public pouvant acheter des livres à bas prix est recherché. La Bibliothèque bleue est créée à Troyes au début du XVIIè siècle pour toucher un public économiquement faible. Ces livres sont distribués en France par le colportage.
Naissance des publications périodiques
En France, la Gazette de Théophraste Renaudot commence à paraître en 1631, elle est suivie par le Mercure galant. Le Mercure de France se fait l’écho des Lumières.
Naissance de l’éditeur et de l’auteur
A partir de 1760, Panckoucke réédite des ouvrages à succès dont l’Encyclopédie, Buffon, Voltaire. Editeur de presse, il lance le Moniteur universel qui fera office de Journal officiel jusqu’à la fin du Second Empire. Avec Beaumarchais, commence à émerger les notions de droit d’auteur et de propriété littéraire que le XIXè siècle commencera à formaliser.
La Révolution française et les bibliothèques
Les bibliothèques de l’Ancien Régime sont essentiellement privées. Elles appartiennent à des institutions religieuses. La Révolution voit la réalisation d’une idée de bien culturel commun avec la confiscation des biens nationaux. Les livres sont réunis dans des dépôts révolutionnaires (bibliothèque du couvent Sainte-Geneviève, bibliothèque de l’Arsenal et dans les chefs-lieux des nouveaux départements). Les révolutionnaires veulent en faire établir le catalogue et les utiliser comme base à un réseau de bibliothèques destinées à éduquer le peuple mais cet objectif n’est pas atteint.
Le XIXè siècle : progrès technique et évolution culturelle et sociale
L’analphabétisme recule, l’université est réorganisée dans le dernier tiers du siècle. Les nouvelles inventions (photo, cinéma, phonogramme) ainsi que la mutation industrielle de la production des livres et des journaux annoncent l’entrée dans l’ère de l’information, des industries culturelles et des médias de masse.
Mutations de l’imprimé : industrialisation et diffusion de masse
La stéréotypie facilite et accélère la composition des textes d’imprimerie. La lithographie apparaît en 1830 puis la photogravure est mise au point vers 1839. La rotative apparaît dans la seconde moitié du XIXè siècle. Au XIXè siècle, les périodiques connaissent une progression rapide. Le Petit Journal (1863), à vocation populaire, est vendu cinq centimes et atteint le million d’exemplaires à la fin du siècle. Avant la guerre, plusieurs quotidiens ont des tirages de masse. C’est dans cette presse, grâce au feuilleton, que naissent le roman populaire (Dumas, Sue, Dickens). Le XIXè voit apparaître des éditeurs qui ne sont plus libraires ni imprimeurs : Hachette, Calmann Lévy, Fayard. Ces derniers mènent une politique d’élargissement du public. Le livre à bas prix se développe avec Gervais Charpentier qui crée la Bibliothèque Charpentier. En 1852, Louis Hachette invente le concept de la bibliothèque de gare. La fin du siècle voit paraître les premiers best-sellers tel, Le Tour de France par deux enfants. LA loi du 29/07/1881 donne sa liberté au monde du livre et de la presse.
La lecture, la diffusion du livre et les bibliothèques
L’impossibilité de constituer, à partir des ? dépôts littéraires ?, des bibliothèques capables de mettre les livres au service de l’instruction publique conduit à transférer les collections aux municipalité. Les cabinets de lecture sont très importants sous la Restauration. On peut y louer des livres et des journaux et ce sont des lieux de sociabilité très surveillés par le pouvoir. Dès les années 1830, avec Guizot et sa volonté de développer l’instruction publique, l’Etat recommence à s’intéresser aux bibliothèques en les y associant. L’influence de la Ligue de l’enseignement de Jean Macé conduit à l’essor des bibliothèques populaires. L’Etat s’intéresse aux bibliothèques scolaires. En 1862, un arrêté prévoit une bibliothèque par école. L’église catholique crée le réseau des ? Bibliothèques pour tous ?. La IIIè République, à partir de 1871, s’intéresse davantage aux bibliothèques universitaires pour lesquelles est créé en 1879 un certificat d’aptitude à la fonction de bibliothécaire. LA fin du XIXè siècle voit l’émergence de la profession de bibliothécaire avec l’introduction de la classification de Melvil Dewey (publiée en 1876), la création de l’American Library Association (1876), celle de l’Association des bibliothécaires français (1906). En 1887, Dewey fonde la première école de bibliothécaires. Paul Otlet et Henri Lafontaine fondent l’Institut international de bibliographie et créent la Classification Décimale Universelle.
Le XXè siècle : le livre concurrencé et l’essor des bibliothèques
Avec la fin du siècle, nos sociétés entrent dans une nouvelle ère baptisée ? ère de l’information ?. L’édition de presse est concurrencée par la radio et la télévision. La presse généraliste en déclin laisse la place à l’essor de la presse magazine. La presse scientifique se développe et abandonne le papier pour l’édition électronique. Le livre, malgré le marché constitué par l’éducation de masse et la massification de l’enseignement supérieur dans le dernier tiers du siècle, a du mal à résister. L’édition est soumise à un mouvement continu de concentration économique. Dans les années 60 Hachette et les Presses de la cité dominent le marché. Ils seront intégrés dans les décennies suivantes à Matra pour Hachette et Havas puis Vivendi pour les Presses de la cité. L’effondrement de Vivendi en 2002 donne au groupe Lagardère, qui contrôle Hachette, une position plus importante dans l’édition et la distribution du livre. La vente subit aussi la concentration avec la FNAC et Virgin. La loi Lang sur le prix unique du livre (1981) endigue en partie la concurrence faite à la librairie indépendante. La France découvre le concept du ? livre de poche ? dans les années 50 avec la collection du même nom lancée par Hachette.
Les bibliothèques au XXè siècle
La France ne parviendra à se doter d’un réseau de bibliothèques comparables à celui de ses grands voisins européens que dans le dernier tiers du XXè siècle. Dans les années 30 sont créées des bibliothèques d’entreprise. En 1924 est créée L’Heure joyeuse qui fournit un modèle novateur de bibliothèques pour enfant. Une Commission de la lecture publique est créée par arrêté du ministère de l’Instruction publique en 1929, l’Association pour le développement de la lecture publique en 1936 et les premiers bibliobus en même temps. La loi de 1931 définit les responsabilités de l’Etat envers les bibliothèques publiques en créant les Bibliothèques municipales classées, les bibliothèques soumises à un contrôle technique régulier et permanent, les bibliothèques pouvant être soumises à des inspections prescrites par le ministre. En 1945 naît la direction des bibliothèques et de la lecture publique auprès du ministère de l’Education nationale. L’Etat décide de créer, dans chaque département une bibliothèque centrale de prêt. Il faudra attendre le début des années 80 pour que l’ensemble du territoire soit couvert. Est mis place, dans les années 60, un programme de construction de BU. La Direction des bibliothèques dépend de l’Education nationale et est dominée par des conservateurs d’Etat préoccupés par les bibliothèques municipales classées et les BU. En 1967, un rapport rédigé sous l’impulsion de Pompidou fait état de la situation catastrophique des bibliothèques en France. Est alors mis en oeuvre un plan de développement concerté de la lecture publique. Près de 200 bibliothèques sont inaugurées entre 1969 et 1975. En 1975, la Direction des bibliothèques et de la lecture publique est éclatée et répartie entre deux ministères, l’Education pour les bibliothèques scolaires et les BU et le ministère de la culture pour les bibliothèques publiques et certains grands établissements. La Direction du livre devient Direction du livre et de la lecture et son budget double en 1982. A la suite du rapport Miquel, au cours des années 1990, l’Etat met en oeuvre un important programme de création de BU et accélère leur informatisation. La politique documentaire des universités se réorganise avec la mise en place des SCD. La BN s’installe dans un nouveau bâtiment en 1995 et propose des services à distance.
II La bibliothèque dans la société contemporaine
Les bibliothèques ont un rôle à jouer en matière de socialisation du savoir et des différentes formes de création. On sait que le recours à la collection ne constitue pas le seul motif de fréquentation. On vient y travailler ou s’y donner rendez-vous. Les bibliothèques jouent un rôle d’abri du monde extérieur ou au contraire comme moyens d’accès vers la société. La bibliothèque est un espace public qui lutte, à sa manière, contre la domination du marché. Le passage vers le modèle de la médiathèque a, de fait, exercé une très forte influence sur les opinions et les usages : augmentation importante de la fréquentation non inscrite. La place qu’occupe l’institution bibliothèque en France aujourd’hui se trouve à la fois confortée et fragilisée par les évolutions sociales récentes. Augmentation générale du niveau de diplôme, accroissement des pratiques culturelles mais recul du nombre moyen de livres lus par personne et prise de distance à l’égard du livre en tant que référent culturel. Hormis les consommations audiovisuelles domestiques, on peut dire qu’il n’y a pas eu en France, de démocratisation culturelle au sens fort du terme. 24% des Français ne pratiquent jamais de sorties culturelles et 27% à titre exceptionnel. Le nombre moyen de livres lus par personne en France était de 17 par an en 1997. La lecture des livres est concurrencée par la télé, par la lecture des magazines. L’achat demeure, en France, le mode d’accès privilégié aux livres. C’est une pratique généralisée qui concerne 63% de la population française. Seuls 21% des Français empruntent dans une bibliothèque. Mais les gros acheteurs de livres sont également des gros emprunteurs en bibliothèque. Les femmes lisent plus de livres que les hommes et plus de romans qu’eux (29% contre 9%). Pour avoir une idée du sort qui sera réservé à la lecture des imprimés en France dans les années à venir, on peut se tourner vers les jeunes générations actuelles. Les 15/24 ans lisent moins de livres y compris les filles alors qu’elles étaient épargnées par la laisse de la lecture. Désormais, on peut réussir à l’école sans être un gros lecteur. La banalisation du livre va se poursuivre à cause de la dématérialisation des textes via internet ou les autres supports électroniques. La bibliothèque a un rôle à jouer en matière de familiarisation, sinon d’initiation, aux différents supports numériques. Les usages des abonnés aux bibliothèques, en France, restent encore majoritairement tournés vers le livre et les imprimés. En 2002, 80% des prêts en BM reviennent aux imprimés. Le livre demeure prépondérant dans l’idée que se font les individus des bibliothèques/médiathèques. 57% des Français déclarent ne pas avoir fréquenté une bibliothèque au cours de l’année alors que les pays du Nord de l’Europe comptent 50% de leur population inscrits en bibliothèque. Les bibliothèques sont sélectives puisqu’elles sont surtout fréquentées par les cadres supérieurs, les professions intermédiaires et les employés au contraire des ouvriers. Les jeunes s’inscrivent plus que les personnes âgées, les femmes plus que les hommes, les diplômés plus que les non-diplômés. La part des usagers non-inscrits a augmenté selon le CREDOC, il est passé à 14%. Dans certaines zones urbaines, la bibliothèque est le seul lieu public ouvert à tous, gratuit et accueillant. Un mode de fréquentation amical ou groupal tend à se développer dans les bibliothèques. Il est surtout le fait des usagers non inscrits et de des jeunes. Les nouvelles générations d’usagers n’accordent manifestement pas autant d’importance que les précédentes à des attitudes comme le silence et l’immobilité.
On compte en France une centaine de BU qui proposent une place de lecture pour quatorze étudiants. Il y a 1 200 000 inscrits dont 85% d’étudiants, 5% d’enseignants et 10% de lecteurs extérieurs. La BNF reçoit 3000 visites par jour et la BPI 6000. Les étudiants représentent 80% du haut de jardin et 70% de la BPI.
III concevoir la bibliothèque et le métier de bibliothécaire dans leur environnement
Les bibliothèques sont à la fois des instruments de travail et de loisir culturel avec une fonction de diffusion et des conservatoires du patrimoine intellectuel de l’humanité avec une fonction patrimoniale. Il leur appartient de collecter, conserver, classer, recenser, communiquer. Elles accompagnent le souci démocratique de diffuser le savoir et la pratique régulière de la lecture. Avec la révolution numérique, on voit des inégalités se développer dans l’accès et la maîtrise de l’information. Aussi les bibliothèques doivent-elles repenser leur rôle d’égalisateur des conditions. La connaissance de son ? marché ? par une bibliothèque est une condition sine qua non de la qualité de service rendu. Le bibliothécaire s’informe des principales enquêtes concernant l’usage des bibliothèques et doit disposer des outils de base pour évaluer le degré de satisfaction de son public. Les responsables des bibliothèques doivent connaître leur environnement insitutionnel pour savoir qui décide du budget de la bibliothèque et des moyens qui lui sont attribués. La connaissance et la maîtrise de l’environnement économique sont des conditions nécessaires pour une gestion optimale de la bibliothèque. A partir d’un certain seuil d’accquisitions, la connaissance des marchés publics et de leurs conséquences font aussi partie du savoir économique minimal requis du bibliothécaire. Les bibliothécaires doivent également avoir une bonne connaissance de leur environnement technologique (matériels et logiciels) et des services qu’ils rendent. Ils doivent disposer de connaissances juridiques minimales en matière de droit de copie et de droit de représentation, le droit de prêt, les lois sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information. Les fichiers des usagers doivent être déclarés à la CNIL dont il faut suivre les recommandations. Les bibliothécaires sont tenus au devoir de réserve et de discrétion. La connaissance par le bibliothécaire de son environnement documentaire de proximité et des réseaux documentaires nationaux est indispensable au bon exercice du métier. L’accès à l’information se fait via la presse et les publications professionnelles. Etre bibliothécaire aujourd’hui, c’est avoir la capacité de rendre accessible une collection et des ressources correspondant aux demandes du public auquel s’adresse la bibliothèque.
IV les bibliothèques françaises aujourd’hui
On définit généralement la bibliothèque comme une ? collection organisée de documents ?. A côté des bibliothèques à vocation nationale, principalement la BNF, il existe en France des BMVR, des BDP, des BM ou intercommunales mais aussi des bibliothèques associatives ou d’entreprises. L’Education nationale déploie les CDI et les bibliothèques centres documentaires et l’Enseignement supérieur est desservi par les BU. La fonction de conservation des BM est secondaire par rapport à leur mission de diffusion. Les bibliothèques relèvent directement ou plus souvent indirectement de deux ministères, l’Enseignement supérieur et la Culture. Les BU et certains grands établissements dépendent de la Sous-direction des bibliothèques au sein du ministère de l’Education nationale. Les bibliothèques gérées par les collectivités territoriales ont comme tutelle la Direction du livre et de la lecture du ministère de la Culture. La Sous-direction des bibliothèques et de la l’information scientifique est composée de trois bureaux : le bureau de la coordination documentaire qui assure le suivi de la politique documentaire nationale et coordonne l’ESGBU. Le bureau des réseaux, d’information scientifique et technique s’occupe de l’informatisation, des ressources électroniques, de la normalisation et du signalement des collections. Le Bureau de la diffusion des savoirs et de la formation professionnelle gère la formation initiale et continue, assure la tutelle de l’ENSSIB et de l’Ecole des chartes. La Sous-direction gère le SUDOC avec l’ABES. La DLL, créée en 1975 jour un rôle d’évaluation et de règlementation dans le domaine du livre et de la lecture. Elle s’appuie sur les DRAC. Elle exerce une tutelle sur la BNF, la BPI et le CNL. Elle est composée de deux départements : le département des politiques documentaires et patrimoniales qui s’occupe des politiques documentaires, du dépôt légal, des réseaux et catalogues collectifs. Le département des bibliothèques publiques et du développement de la lecture suit les questions relatives au fonctionnement et à l’équipement des bibliothèques. L’inspection générale des bibliothèques est un service de contrôle et de conseil placé sous l’autorité de l’Education nationale.
La BNF a pour origine la bibliothèque du roi Louis XI (1461-1483). François 1er installe cette bibliothèque à Fontainebleau et la confie à Guillaume Budé. En 1537, François 1er crée le dépôt légal. En 1666, Colbert installe la Bibliothèque à Paris rue Vivienne. Il fait accroître les collections. A la fin du XVIIIè, Nicolas Clément élabore une classification des livres en 23 classes. L’abbé Bignon au XVIIIè siècle l’organise en cinq départements : manuscrits, livres imprimés, titres et généalogies, planches gravées et recueils d’estampes, médailles et pièces gravées. La bibliothèque s’ouvre au public. La Révolution française l’enrichit de confiscation pratiquées en France et à l’étranger. Au XIXè siècle, Henri Labrouste reconstruit les bâtiments. Léopold Delisle, administrateur de la BN, édite un catalogue général des imprimés. Les catalogues entamés en 1874 s’achèvent en 1981 avec 231 volumes. En 1988, Mitterrand annonce la construction d’une nouvelle BN. L’architecte Dominique Perrault est choisi. La BNF est adminisitrativement créée en 1994. Elle ouvre le haut de jardin fin 1996 et le rez de jardin fin 1998. Le site Mitterrand propose des collections d’imprimés, de périodiques, de documents audiovisuels et informatiques et des microfilms. Le site Richelieu contient les départements des manuscrits des estampes et de la photographie, des cartes et plans, des monnaies, médailles et antiques, de la musique et des arts du spectacle.
La bibliothèque historique de l’Arsenal, généraliste et patrimoniale, la bibliothèque musée de l’opéra à Paris et la Maison Jean Vilar à Avignon pour le théâtre. Deux sites de conservation : le centre technique de Bussy-Saint-Georges et le centre Joël-Le-Theule à Sablé-Sur-Sarthe. Le rez de jardin propose 1900 places et le haut de jardin 177. La BNF est un établissement public autonome à caractère administratif. Le Président est nommé par décret en conseil des ministres. Il est assisté d’un directeur général. L’établissement comporte trois directions : direction des collections pour la gestion des sites et des départements, direction des services et réseaux pour les grandes missions nationales : le dépôt légal et la conservation, les systèmes d’information et la bibliothèque numérique, direction de l’administration et du personnel. Les missions de la BNF sont rassembler et cataloguer. Les collections de la BNF sont issues du dépôt légal complétées par des acquisitions. Le dépôt légal est régi par le code du patrimoine et le décret d’application du 31/12/1993. Le dépôt légal permet à la BNF d’élaborer la Bibliographie nationale française. L’Agence bibliographique nationale est chargée de l’ensemble des missions scientifiques dans le domaine bibliographique, catalographique et de la normalisation documentaire. Elle gère RAMEAU et la Classification Dewey. Le catalogage est pour la BNF une tâche majeur car elle doit produire un catalogage qui fasse autorité pour l’identification des documents. Les ressources de la BNF sont accessibles en ligne sur le catalogue Opale plus. La BNF doit acquérir grâce aux dons et legs, aux échanges. Elles exerce le droit de préemption de l’Etat.
La BNF de Tolbiac a quatre départements :
Philosophie, histoire et sciences de l’homme
- Droit, économie et politique
- Sciences et techniques
- Littérature et art.
Elle possède 11 millions de volumes. La sauvegarde des collections de la BNF passe par la restauration et la reproduction. Les techniques de désacidification de masse du centre de Sablé permettent de stabiliser le papier. Sablé traite les volumes par lot de 200. La BNF reproduit les volumes par photo, microfilm et numérisation. A Tolbiac la température des magasins est maintenue à 18? et le taux d’hygrométrie et des 50%. La BNF pratique la coopération via les pôles associés et le catalogue collectif de France. Elle participe au réseau des bibliothèques européennes de recherche (Liber) et à l’IFLA. La BNF organise des expositions et des conférences. Elle propose une bibliothèque numérique Gallica lancée en 1997 contenant des textes, des enregistrements sonores, des images fixes, des imprimés numérises en mode image et des documents en mode texte. Gallica collabore avec la base Frantexte de l’INALF et avec les éditeurs Bibliopolis et Honoré Champion.