27 mars 2009
Dreamcatcher (Stephen King) I
Dreamcatcher (Stephen King)
Le roman commence par l’évocation des soucoupes volantes aperçues par Kenneth Arnold aux Etats-Unis en 1947 puis les vagues d’ovnis apparues jusqu’en 2000.
AJMM
AJMM est la devise de Jonesy et ses amis.
1988, le mariage de Joe Clarendon (dit Beaver) avec Laurie Sue Kenopensky n’a pas marché et Beaver noie son chagrin dans les bars. Un soir, fatigué d’écouter ses potes de beuveries, il appelle son ami Henry.
1993, Pete est à son boulot, il n’a pas vendu une seule voiture de la journée et pense à la conquête spatiale dont il est fan. Il souffre de la solitude et attend novembre car chaque année, à cette période, il retrouve ses amis d’enfance, Jonesy, Henry et Beaver. Une jeune femme entre dans sa concession en pleurant car elle a perdu ses clefs de voiture alors qu’elle a un rendez-vous professionnel important. Pete refait mentalement le parcours de la jeune femme et lui retrouve ses clefs comme s’il avait un pouvoir spécial. Pete a donné rendez-vous à la jeune femme dans un restaurant mais elle ne lui montre aucune gratitude en ne venant pas. Alors Pete mange et boit seul et appelle son ami Jonesy mais comme il n’est pas là il laisse un message, AJMM...
1998, Henry est psy, il traite surtout des névrosés. Henry ne va plus aux colloques, dort moins, mange moins. Seul un de ses patients l’agace c’est Barry Newman qui mesure moins d’1 m 70 pour 180 kilos. Ce patient ne parle que de ce qu’il mange et Henry ne l’a jamais aimé. Il pense qu’il n’atteindra pas cinquante ans et ne pourra pas récupérer son héritage placé sous tutelle jusqu’à sa guérison. Henry pense au lendemain, quand il partira à la chasse avec ses mais. Celui lui fait toujours l’effet de rentrer à la maison. Henry et ses amis ont leurs problèmes. Beaver n’a que des relations catastrophiques avec les filles, Pete boit trop, Jonesy et Carla ont failli divorcer et Henry se bagarre avec une dépression qui lui paraît à la fois séduisante et désagréable. Il n’y a que quand ils sont ensemble qu’ils sont bien. Henry agresse Barry en lui laissant croire qu’il mange trop car il se sent coupable de la mort de sa mère et que ses excès le tueront.
2001
Jonesy est prof à l’université. Henry lui téléphone à son bureau. Henry annonce qu’un de ses anciens patients est mort la veille, c’est Barry Newman. Il a eu une crise cardiaque. Ca faisait trois ans qu’il ne l’avait pas vu. Henry parle de « la ligne » qui doit représenter son intuition. Il en parle à Jonesy car il a peur pour lui. Il dit à Jonesy qu’ils devraient retourner à Derry pour aller voir leur vieux copain d’enfance, Douglas. Après quoi, Jonesy reçoit un étudiant, Defuniak, qui vient du Maine. Il l’a convoqué car il l’accuse d’avoir copié. Il veut lui laisser une seconde chance pour que Defuniak ne perde pas sa bourse. Il lui donne un autre devoir à faire sur la conquête de l’Angleterre par les Normands. Avant de quitter son bureau, il a une intuition « fais gaffe à M. Gray ». Il va lui arriver quelque chose de grave et va se retrouver à l’hôpital.
1ère partie : cancer
I Mc Carthy
Jonesy a failli tuer un homme qui sortait du bois, c’était Richard Mc Carthy. Pete et Henry sont partis faire des courses, surtout de la bière. Pete a déjà tué une biche. Ca fait 25 ans que les quatre hommes chassent la première semaine de novembre. A la mi-mars 2001, Jonesy a été renversé par une voiture en traversant une rue non loin de là où il enseigne. Il s’en est sorti avec une fracture du crâne, deux côtes cassées et une hanche à remplacer par du Teflon. L’auteur de l’accident est un prof d’histoire à la retraite qui en est au premier stade de la maladie d’Alzheimer. Jonesy a perdu l’envie de tuer un cerf mais ne le dit pas à ses amis. Depuis son accident il ne veut pas relancer la mort même si c’est pour la donner et non la recevoir. Il aime resté perché sur un arbre pour apprécier le silence. Depuis son accident, Jonesy est devenu prudent par peur de la mort. Il entend un bruit et s’apprête à tirer sur ce qu’il croit être un cerf mais c’est un homme, Mc Carthy. C’est grâce à son dégoût pour la chasse et à la fièvre oculaire qu’il n’a pas tiré sur l’homme. Mc Carthy voit la cabane des quatre amis et y entre. Jonesy le rejoint et s’aperçoit que l’homme est affrayé. Il s’est perdu dans les bois et a cru qu’il allait y mourir. Le Trou dans le mur, la cabane des quatre amis, est grand avec trois chambres et une salle à manger. Devant se trouve un profon ravin que Beaver appelle la combe. Mc Carthy voit un attrape-rêves dans la cabane et demande à Jonesy ce que c’est. C’est un objet magique indien qui protège des cauchemars.
II le Beav
Mc Carthy est en état de choc. Il dit à Jonesy qu’il était dans un groupe de quatre chasseurs. Il est avocat à Showhegan. Jonesy pense que Mc Carrthy ne doit pas rester dans la cabane pour que ses amis ne s’inquiètent pas. Mc Carthy a besoin d’être rassuré car il croit avoir fait un cauchemar. Jonesy lui propose une soupe. Il remarque que Mc Carthy n’a pas toutes ses dents et ne le cache pas ce qui lui donne un frisson. Il demande à Mc Carthy où était son camp. L’homme répond à Kineo soit à 80 kms du Trou dans le mur et Jonesy ne peut y croire. Beaver revient et sourit à Mc Carthy. Contrairement à Jonesy il ne semble pas effrayé par l’inconnu. Jonesy est en effet effrayé par la tache rouge que Mc Carthy a sur la joue et qui ressemble à une tumeur. Jonesy est rassuré par la présence de Beaver. Beaver et Mc Carthy bavardent comme de vieux amis car Beaver est comme un petit lutin attachant et c’est ce qui explique son succès auprès des femmes et pas son physique. Mc Carthy pète et une odeur évoquant l’éther et les bananes pourries alerte Jonesy et lui coup l’appétit. Mc Carthy avoue avoir mangé des feuilles et des mousses mais Jonesy pense qu’il ment. Mc Carthy envoie un rot retentissant ce qui épate Beaver. Mais Jonesy sent encore les remugles d’éther, une odeur de décomposition chimique qui ne fait que commencer. Beaver conseille à Mc Carthy d’aller se coucher. La bedaine qu’affichait Mc Carthy a disparu comme si elle avait été remplie de gaz. Beaver entraîne ensuite Jonesy le plus loin possible de Mc Carthy pour parler. Il pense que ce type est mal barré. Il dit que cet homme se croit le 11 novembre alors que la date réelle est le 14 novembre. Beaver n’arrive pas à se persuader que le bonhomme est resté 10 jours dehors et qu’il a dû marcher pendant quatre jours. Les deux amis se demandent comment il a pu tenir sans mourir de froid. De plus, il n’a pas une barbe de quatre jours. Ils sont également surpris qu’un type affirmant être avocat puisse avoir quatre dents en moins alors qu’il doit avoir des apparitions en public. Jonesy et Beaver pensent qu’il a été irradié, ce qui expliquerait la chute de ses dents et la tache rouge sur sa joue. Mais ça ne colle pas car il aurait aussi perdu ses cheveux. Beaver voudrait que Henry soit là car il est médecin même s’il est psychiatre. Mac Carthy a besoin d’être soigné. Henry est médecin mais n’a jamais exercé en médecine somatique.
III
Le scout d’Henry
Dans son scout, Henry pense à la Solution Hemingway, c’est-à-dire au suicide mais il se dit que ce serait moche de faire ça à ses amis. Il s’efforce d’être naturel devant Pete pour qu’il ne devine pas ses pensées. Henry sait que cette semaine avec ses amis sera la dernière et il ne veut pas la gâcher. Il veut que ses amis soient sous le choc quand ils apprendront son suicide pour qu’ils n’aient pas le temps de voir venir le coup que prépare Henry et ne pas regretter de n’avoir pas agi. Henry et Pete parlent d’étranges lumières qui disparaissent et des manoeuvres militaires ainsi que d’un truc rouge qui pousserait sur les arbres. Pete y croit mais pas Henry. Henry manque d’écraser une personne assis au milieu de la route. Il a le temps de s’apercevoir que c’est une femme. La voiture se retourne sur le toit. Contrairement à Pete, Henry est resté conscient pendant l’accident. Il a réussi à se dégager, à ouvrir la porte, à réaliser qu’il saigne. La femme n’a pas bougé pendant ce temps. Henry libère son ami. Pete s’en tire avec un genou déboîté. Henry a une entaille peu profonde à l’intérieur de la cuisse. Pete crie sur la femme qui reste toujours aussi tranquille. La femme a au moins quarante ans et est corpulente. Elle a des yeux bleus foncé totalement vides d’expression. Puis, alors qu’Henry essaye de la sortir de son mutisme, elle se met à roter avec une odeur d’alcool médical. Elle pète aussi comme Mc Carthy. D’ailleurs la femme demande où est Rick MC Carthy. Elle n’a presque plus de dents. Henry et Pete arrivent à la relever et à la conduire jusqu’au scout. Puis les deux amis lèvent les yeux au ciel et découvrent ébahis des ovnis. Alors la femme se met à hurler de terreur et se cache les yeux. Pete pense qu’il s’agit bien d’ovnis dans le ciel mais pas Henry qui croit à un phénomène naturel. Henry demande à son ami d’exercer son pouvoir pour trouver des abris de bûcheron et comme pour les clefs de la jeune femme il cherche le chemin mentalement. Ils marchent avec la femme mais celle-ci s’effondre avant d’avoir atteint l’abri. Alors Henry se dirige seul vers l’abri et en arrache une bâche pour pouvoir amener la femme en la faisant glisser sur la neige. Henry et Pete pensent à Duddits, alias Douglas, leur ami d’enfance trisomique. Ils sont étonnés d’y avoir pensé tous les deux en même temps et d’avoir cherché à le revoir. Henry ne se voit pourtant pas confier à Pete qu’il a pensé à Duddits à de curieux moments, depuis qu’il a pris conscience, seize mois auparavant, qu’il a décidé de se supprimer.
IV Mc Carthy va aux gogues
Installés dans la cuisine, Jonesy et Beaver jouent aux cribbage, un jeu de cartes. En allant pisser, Beaver remarque que l’arrière de la maison a été envahi d’animaux et appelle Jonesy. Les animaux marchent au pas semblant libérer les lieux mais sans courir pour fuir un incendie. Jonesy et Beaver voient également des lumières dans le ciel, des ovnis. C’est ça que les animaux essaient de fuir. Pendant ce temps Mc Carthy est allé aux toilettes et il dégage l’odeur de quelque chose en train de crever misérablement. De plus, il a laissé des traces de sang sur le sol et dans le lit. Mc Carthy s’est enfermé dans les toilettes et y pousse des cris. Jonesy et Beaver sont effrayés. Au même moment, un hélicoptère survole la cabane. L’hélicoptère porte des initiales, ANG, Air National Guard. Un homme se penche vers l’ouverture, il a un masque à oxygène ce qui angoisse Beaver. Il demande à Beaver combien ils sont dans la cabane et Beaver répond deux (il oublie Mc Carthy). LE garde lui apprend que la zone est placée sous quarantaine. Il annonce aussi que le problème sera réglé dans les 48 heures. Puis Beaver et Jonesy décident de forcer la porte des toilettes pour savoir ce que fait Mc Carthy.
V Duddits 1ère partie
Pete parle à la grosse femme qu’il a trouvée sur la route. Elle répond : « ils sont de retour » en désignant les ovnis et que Rick Mc Carthy est le seul qui reste. Pete décide de retourner au scout car il a envie de bière. Lui aussi voit des animaux en train de fuir. Ils se dirigent tous vers l’Est. Pete voit l’hélicoptère ANG mais les gardes ne l’ont pas repéré et il continue son chemin. Il se blesse à cause d’une bouteille de bière cassée mais ça ne l’empêche pas d’en récupérer d’autres. Il pense encore à Duddits et se promet d’aller le voir s’il sort vivant de ce guêpier. Il se rappelle son enfance avec ses amis et de leur première rencontre avec Duddits et de la première fois où ils sont partis au Trou dans le mur pour chasser avec leurs pères. Hélas, le genou de Pete le trahit et il tombe en brisant les bières dans son sac sauf deux.
VI Duddits, seconde partie
Henry se rend au Trou dans le mur en courant. Il pense à sa dépression et ne veut pas être « réparé » comme tous ses patients. La guérison serait pour lui un mensonge. Il reçoit les pensées de ses amis. Il entend Jonesy et Beaver parler de Mc Carthy. Il devine le prénom de la femme qu’il a failli écraser, Becky, et celle-ci est l’amie de Mc Carthy. Après, Henry, lui-aussi, se réfugie dans ses souvenirs d’enfance avec Duddits. Henry et Jonesy pensent que ce qu’ils ont fait de mieux dans leur vie c’est d’avoir donné leur amitié à Duddits en 1978. Henry et ses amis s’étaient rendus dans un terrain vague et avaient trouvé la boîte à lunch de Duddits. Ils l’entendaient crier car il était persécuté par Duncan et ses potes. Derrière le petit groupe, sur le mur de briques, était écrit « pas de ballon pas de jeu » car le terrain était interdit aux enfants. Au cours des années à venir les quatre amis vont répéter souvent la formule comme un mot de passe privé. L’un des voyous portait un gant de base-ball avec une crotte de chien qu’il voulait faire manger à Duddits. Le chef des voyous était Grenadeau, le roi de la promo qui avait fait perdre son équipe de football parce qu’il s’était fait casser le nez. Les quatre amis ne se démontèrent pas face à ces brutes et menacèrent de les dénoncer. Alors Duncan prit peur et leur demanda s’ils se tairaient au cas où ils laisseraient Duddits partir. Les voyous finirent par partir mais en proférant des menaces. Puis Beaver prit Duddits dans ses bras et commença à chanter.
Henry sort de ses pensées nostalgiques en tombant, il s’est cassé le nez et a perdu une dent. Il retourne à ses pensées. Dans les moments difficiles, Il se rappelle la berceuse que Beaver avait chanté à Duddits pour se réconforter. Après avoir sauvé Duddits, les quatre amis l’avaient raccompagné chez ses parents. A 4 kms du Trou dans le mur, Henry entend un moteur. C’est une moto-neige et Henry pressent une chose horrible, il pense qu’un de ses amis est mort et qu’un autre est mourant.
VII Jonesy et le Beav
Jonesy et Beaver se trouvent dans les toilettes avec Mc Carthy. Du sang recouvre le sol. Une sorte de mousse est en train de pousser et de croître dans le sang. MC Carthy est mort et il a un trou de trente centimètres dans le cul d’où est sorti le sang et la mousse. Jonesy demande à Beaver de s’asseoir sur la lunette des toilettes pour empêcher la « chose » de sortir. Pour se réconforter, Beaver pense à Duddits. On le retrouve avec ses nouveaux amis de retour chez sa mère inquiète. La mère de Duddits a tout de suite compris ce qui s’est passé quand son fils n’est pas rentré à l’heure car il ne se perd jamais grâce à la « ligne » qu’il suit (on comprend donc ce qu’est la ligne de Pete). Beaver repense à Duddits. C’est Henry qui a raconté toute l’affaire à la mère de Duddits. Mais Henry ne parle pas de la crotte de chien et ne révèle pas les noms des voyous. Mme Cavell a peur pour son fils que les voyous le retrouvent et se vengent mais les quatre amis proposent de l’escorter jusqu’à son école et Mme Cavell est très émue par ce geste. C’est ainsi qu’ils accompagnent Duddits pendant les cinq années suivantes. Après quoi Duddits se retrouve à Derry Vocational où il apprend à faire des cookies et d’autres choses.
Jonesy a laissé Beaver seul dans les toilettes car il est parti chercher du ruban adhésif pour emprisonner la chose dans la cuvette. Quand il le trouve il entend Beaver hurler. Beaver a commis l’erreur de se lever pour attraper ses fameux cure-dents parterre mais la chose a sauté de la cuvette. Elle s’est abattue sur son dos puis l’a mordu au cou. La chose ressemble à une fouine monstrueuse sans pattes mais avec une queue dorée tirant sur le rouge. La chose s’enroule autour de la taille de Beaver et lui mord le nez et lui réduit la figure en bouillie. Jonesy revient trop tard et Beaver lui crie de brûler la maison et de fuir et meurt. Le monstre veut s’en prendre à Jonesy mais celui-ci a le temps de quitter les toilettes et de fermer la porte. Jonesy réalise que Beaver est mort mais la chose essaye d’ouvrir la porte et Jonesy utilise toute sa force pour la bloquer. La chose réussit pourtant à sortir des toilettes et sa tête explose d’où surgit un nuage rouge orangé de particules empestant l’éther, Jonesy les inhale.
VIII Roberta
On retrouve Roberta, la maman de Duddits, elle a maintenant 58 ans. Elle est veuve et vit avec son fils à West Derry Acres. Pour elle, les quatre gamins avaient été envoyés par le ciel. Duddits est tombé malade. Elle regarde la télé et apprend la disparition de douze chasseurs dans le Maine. Là où les quatre amis allaient chasser. Des gens ont aperçu d’étranges lumières et des ovnis. 500 km2 ont été placés en quarantaine. Roberta éteint alors la télé, trop perturbée pas ces nouvelles, quand Duddits pousse un cri. Il a maintenant trente ans, il a perdu ses cheveux et se trouve dans un lit d’hôpital (même s’il n’existe aucun remède contre sa maladie). Duddits a une leucémie. Il crie que Beaver est mort. Il l’a senti.
IX Pete et Becky
Pete s’est évanoui à cause de la douleur dans son genou. A son réveil, il rampe. Il veut rejoindre Becky et réalise qu’il connaît le nom de la femme sans savoir comment. Arrivé au refuge avec Becky, il ne lui reste plus qu’à attendre Henry. Il réalise que Becky est morte et doit maintenant penser à survivre en alimentant le feu. Pete est à nouveau envahi par « la ligne ». Il voit Beaver mais effrayé arrête d’y penser. Il enfouit le corps de Becky sous la bâche. Elle aussi a un gros trou sous la taille. Pete a peur, il se sent surveillé. La chose est là et Pete sent qu’elle va l’attaquer. Il regrette de n’avoir pas pris de fusil dans le scout. Il sait que Beaver est mort et Jonesy en danger. Henry entend une voix masculine qui parle d’un champignon puis d’une carte de téléphone et de chimiothérapie. Pete se défend contre la chose avec une torche. Il entend des mitrailleuses à l’ouest et des cris. Le monstre l’attaque à la cheville puis à sa main blessée mais il réussit à se défendre sans s’en rendre compte à cause de la panique. Il a brûlé la chose. Mais son abri s’effondre et il est obligé de retourner dans le froid. La chose l’a infecté et Pete est rongé par elle comme un cancer.
IIè partie le grisâtre
X Kurtz et Underhill
Kurtz a pris la situation en main. Le magasin Gosselin’s country Market sert de base aux militaires. Les personnes infectées par la chose sont détenues dans le centre de rétention bleu. Kurtz est assisté de Arche Perlmutter. Kurtz annonce à son adjoint qu’on lui a demandé une iopération Phooka (un phooka est un cheval fantôme qui enlève les voyageurs et les transporte sur son dos). Un autre militaire arrive dans un bus scolaire réquisitionné, c’est Underhill. Kurtz et Underhill sont obligés de mettre un masque à gaz. Underhill fait écouter un enregistrement à Kurtz. Il s’agit de voix de célébrités diffusées par les extra-terrestres et interceptées par l’armée. Ces vois imitées crient « on va tous crevé » et « il n’y a pas d’infection ici ». Les militaires ont surnommé la mousse extra-terrestre le champignon Ripley en s’inspirant de Sigourney Weaver dans Alien. Kurtz annonce à Underhill qu’il reste cent extra-terrestres dans les parages. Les extra-terrestres sont télépathes et propagent ce don avec leur moisissure. Ce qui explique les voix entendues par Pete et Henry. Kurtz informe Underhill qu’une fois abattu les extra-terrestre se décomposent en moisissures. Ce sont les hommes de Underhill qui seront en charge des postes de tir. Kurtz est un fanatique du secret. On apprend qu’il a réussi à récupérer un soldat états-unien en Bosnie avec sa méthode phooka, c’est-à-dire sans laisser de témoin. Des hélicos prennent leur envol pour surveiller Kineo. Kurtz et Underhill sont à leur bord. Ils aperçoivent un vaisseau spatial. Le nom de code que lui ont attribué les militaires est « blue bay » alors qu’il n’est pas bleu. Les grisâtres (les extra-terrestres) qui ont survécu à l’accident se tiennent à côté de l’épave. Eux et la moisissure qu’ils ont importée ont manifestement du mal à survivre ici. Underhill branche sa radio (bravant l’ordre de secret de Kurtz) et entend les voix de célébrités diffusées par les extra-terrestres. Les voix récitent les nombres premiers. La voix de Barbra Streisand dit en français « on crève ». Kurtz engueule Underhill quand il entend les voix dans sa radio, il ne voulait pas que les soldats les entendent. Underhill l’a fait exprès pour que les soldats aient une idée de ce qui les attend. Kurtz veut briser la carrière de Underhill pour avoir désobéi. Il parle à ses hommes. Il leur ordonne la fermeté face aux grisâtres. Il leur apprend qu’ils se sont pointés sur Terre juste après l’explosion de la première bombe atomique comme des papillons attirés par la lumière. Ils leur dit qu’ils meurent et explosent facilement sauf s’ils trouvent un hôte vivant. Il veut que ses soldats soient motivés par la peur. Il les avertit contre le pouvoir de télépathie des extra-terrestres et leur déconseille de l’utiliser une fois influencés par les grisâtres sous peine de devenir paranoïaques. Il leur apprend que des terriens ont été enlevés par les extra-terrestres et ramenés sur Terre avec des implants. Kurtz affirme que les extra-terrestres sont des cancers et les soldats la chimiothérapie. Les militaires tuent les extra-terrestres mais ceux-ci arrivent à abattre un hélico et Underhill refuse à ses hommes le droit d’aider les survivants car ils sait qu’ils vont être infectés. Kurtz ordonne à un de ses hommes, Freddy Johnson de garder un oeil sur Underhill.
XI Le voyage du marchand d’oeufs
Henry a laissé son idée de suicide prendre une voix dans sa tête et ça l’a rassuré jusqu’aux événements qu’il vient de vivre. Il a bien vu Jonesy sortir de la cabane avec la moto-neige mais il sait qu’il était déjà infecté. Henry perd ses dents car lui aussi est atteint par la chose. Il retourne au Trou dans le mur. La mousse extra-terrestre est partout et Henry sait qu’il vient dans la cabane pour la dernière fois. Il est venu chercher un masque de peintre. Il entend le bruit d’armes automatiques. Ce sont les militaires qui tuent les animaux contaminés. Il pensait pouvoir se protéger de la contamination avec le masque mais il a oublié sa blessure à la cuisse. LA chose a donc probablement infecté sa plaie. Alors il se fait un bandage avec son t-shirt même s’il sait que c’est trop tard. Il regarde une dernière fois l’attrape-rêve et se dit que cette fois il a pris un cauchemar. Henry prend le fusil de Jonesy avant de visiter les toilettes et la chambre de Jonesy. C’est là qu’il voit le monstre lequel a pondu des oeufs. Henry l’abat et met le feu à la cabane avant de partir. Il s’empare de skis de fond qui rouillaient près de la cabane et s’en va. Il chantonne « Sympathy for the devil » des Rolling Stones sans savoir que c’est la chanson qu’écoutaient les militaires au moment de tuer les extra-terrestres. Il arrive à l’abri où se trouvait Pete et la femme mais il n’y a plus que le cadavre de Becky. Henry pense que Pete a rencontré Jonesy et qu’ils sont partis ensemble mais il se trompe car Pete a eu un mauvais pressentiment et a évité Jonesy. Henry skie jusqu’au scout et affamé s’empare de la nourriture qu’il y trouve. Il réalise ce qui s’est passé, le vaisseau spatial qui s’est écrasé, le gouvernement qui a envoyé l’armée, le secret sur l’opération. Il sait que la chose croît et meurt. Il sait que Jonesy est à l’hôpital. Hélas, il a oublié de prendre son fusil quand il repart. Il devine que la base militaire a été installé chez Gosselin et Jonesy ne tenait pas à s’y rendre. Henry chute et se fait repérer par les militaires. Heureusement qu’il a oublié son fusil sinon les soldats l’auraient abattu.
XII Jonesy à l’hôpital
Jonesy revit mentalement son accident et tout ce qui s’est passé après mélangé à des bribes de souvenirs étranges relatifs à Duddits (qu’il aurait vu avant de se faire renverser) et à la chose. Il voit également un gristre. En revivant le drame mentalement, Jonesy apprend ce que sa femme et Henry lui ont caché, son coeur s’est arrêté quand il était dans l’ambulance. Dans son rêve, Jonesy se voit dans le miroir et réalise qu’il est devenu un extra-terrestre. Il pense qu’il est unique et que le nuage (la chose) ne peut le transformer. Dans son rêve, un grisâtre est à côté de son lit d’hôpital et cherche à savoir qui est Duddits mais Jonesy ne répond pas. Jonesy regarde un film « sympathie pour les grisâtres » où il est la seule vedette. Le film raconte son histoire à partir du moment où il a quitté le Trou dans le mur. Jonesy voit alors la base militaire avec Brosky, simple sous-fifre qui est chargé de carburant et qui explique ce qui se passe. Puis on voit Jonesy enfourcher la moto-neige, foncer sur Deep Cut Road et sentir la présence de Henry quand il passe à côté de lui, il regrette de n’avoir pu lui dire adieu. Jonesy voit Pete sortir de son abri. Il a perdu des dents et des doigts alors Jonesy l’encourage à se relever et à monter sur le moto-neige avec lui. Ils passent devant le scout d’Henry. Pete tombe de la moto-neige et hurle sur le sol, il est couvert de la mousse mais réussit à remonter avec Jonesy. Pete a perdu un oeil et l’orbite vide se remplit de mousse. Le Jonesy spectacteur s’est enfermé dans la maison où il avait rencontré Duddits pour la première fois dans le terrain vague. C’est sa seule façon de résister au grisâtre. Le grisâtre tue Pete envhai par la mousse et Jonesy est en colère. Le grisâtre dit à Jonesy que les extra-terrestres sont l’avenir et Jonesy réplique qu’il a de bonnes raisons de vivre dans le passé surtout que le grisâtre ne sait comment atteindre les pensées de Jonesy quand il revit son enfance.
16 mars 2009
Comment se faire des amis ? suite
Chapitre 13 : c’est par le coeur qu’on parvient à l’esprit
Lincoln disait : « Si vous voulez rallier un homme à votre cause, persuadez-le d’abord que vous êtes son ami. Ce sera la goutte de miel qui touchera son coeur, et c’est par le coeur qu’on parvient à l’esprit.
Chapitre 14 : le secret de Socrate
Quand vous voulez convaincre votre auditeur, évitez, dès le début de la conversation, de soulever les questions sur lesquelles vous et lui ne vous entendez pas. Appliquez-vous, au contraire, jusqu’à la fin, à souligner les points sur lesquels vous êtes tous les deux du même avis. Tachez d’amener cette personne à dire : « Oui, oui » le plus tôt possible. Faites qu’elle n’ait pas à prononcer de « non ». Toute la technique de Socrate consistait à poser des questions auxquelles son adversaire ne pouvait que répondre affirmativement. L’un après l’autre, il emportait toute une série d’acquiescements. Et ainsi, de question irrésistible en réponse affirmative, il entraînait son interlocuteur vers une conclusion que celui-ci aurait repoussée violemment quelques instants auparavant. Carnegie conseille donc de poser des questions qui font dire oui immédiatement.
Chapitre 15 : la soupape de sûreté
La plupart des gens, quand ils essaient de convaincre un interlocuteur, parlent trop. Laissez donc l’autre « vider son sac ». Il connaît mieux que vous son affaire et ses problèmes. Posez-lui des questions et laissez-les s’exprimer. Si vous n’êtes pas d’accord avec lui, vous serez tenté de l’interrompre. Mais n’en faites rien. C’est dangereux. Il ne vous écoutera pas tant qu’il ne se sera pas libéré de toutes les idées qu’il brûle d’exprimer. Ecoutez-le patiemment et avec impartialité.
La Rochefoucauld dit : « Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser. » Il faut donc laisser notre interlocuteur parler tout à son aise.
Chapitre 16 : Pour obtenir la coopération d’autrui
Il est maladroit d’essayer d’imposer à tout prix vos opinions à ceux qui vous entourent. Il est plus sage de fournir simplement quelques suggestions adroites, en laissant l’autre tirer ses propres conclusions. Il faut laisser à son interlocuteur le plaisir de croire que l’idée vient de lui.
Chapitre 17 : une formule pour accomplir des prodiges.
Si notre voisin est complètement dans l’erreur, il ne croit pas se tromper. Il ne faut pas le condamner mais essayer de le comprendre. Voir les choses du point de vue de votre interlocuteur peut diminuer les tensions quand les problèmes personnels deviennent graves.
Chapitre 18 : ce que chacun désire
Carnegie suggère une phrase magique pour éviter les querelles et dissiper les rancunes : « Je comprends très bien votre attitude, si j’étais vous j’aurais probablement la même ». Les trois quarts des gens que vous rencontrerez ont cruellement soif de sympathie, de compréhension. Contentez-les et ils vous adoreront. Donc si vous voulez gagner les autres à votre point de vue, accueillez avec sympathie les idées et les désirs des autres.
Chapitre 19 : un appel apprécié de tous
Pour influencer les autres, faisons appel à ce qu’ils ont de plus noble. Il faut donc faire appel aux sentiments élevés d’une personne pour obtenir d’elle ce qu’on veut.
Chapitre 20 : le cinéma le fait, la télévision le fait, pourquoi pas vous ?
Il faut du spectaculaire. Affirmer une vérité ne suffit pas. Il faut frapper l’imagination, rendre les faits vivants, intéressants, impressionnants. C’est ce qu’il faut faire pour capter l’attention. Pour Carnegie, il faut démontrer spectaculairement nos idées et frapper la vue et l’imagination.
Chapitre 21 : Pour déclencher une réaction
Pour obtenir des résultats, stimulez la compétition, non par l’appât du gain, mais par une émulation plus noble, le désir de mieux faire, de surpasser les autres et de se surpasser. L’argent seul ne suffit jamais à faire agir les hommes de valeur. Ce qui les tente, c’est le risque, la lutte, la possibilité de vaincre, de se dépasser. Toutes les compétitions n’ont pas d’autres mobiles que celui-ci : le d »sir d’exceller et d’affirmer son importance.
4è partie : soyez un leader : neuf moyens de modifier l’attitude des autres sans irriter ni offenser.
Chapitre 22 : s’il vous faut corriger une faute, commencez ainsi.
Il nous est moins pénible d’entendre des remarques désagréables après un compliment sur nos qualités. Commençons par faire des éloges et nous ferons progresser les autres sans nous faire détester. Avec des personnes sensibles qui souffriraient d’une critique directe, attirez indirectement l’attention sur leurs erreurs, et vous ferez des merveilles. Pour modifier la conduite d’une personne sans l’offenser ni l’irriter il faut faire remarquer erreurs ou défauts de manière indirecte.
Chapitre 24 : parlez d’abord de vos erreurs
Il nous est bien moins pénible d’entendre la liste de nos fautes si l’accusateur commence en confessant humblement qu’il est lui-même loin d’être irréprochable. En reconnaissant nos propres erreurs (même si nous ne les avons pas corrigées) nous pouvons aider les autres à modifier leur comportement.
Chapitre 25 : personne n’aime recevoir des ordres
Un ordre trop brutal provoque chez votre interlocuteur une offense qui peut durer longtemps, même si cet ordre est justifié. Poser des questions rend non seulement un ordre plus acceptable mais stimule aussi la créativité de votre interlocuteur. Les gens accepteront plus facilement un ordre s’ils ont pris part à la décision qui est à son origine.
Chapitre 26 : comment ménager l’amour-propre de votre interlocuteur
Sauver la face, voilà ce qui compte pour les humains. Pourtant combien d’entre nous y songent, quand il s’agit des autres ? Nous piétinons la sensibilité de nos semblables, nous imposons nos volontés sans songer une minute aux réactions que nous provoquerons. Même si nous avons raison et que notre interlocuteur a tort, en lui faisant perdre la face, nous détruisons son ego. Il faut donc laisser son interlocuteur sauver la face.
Chapitre 27 : comment stimuler les hommes
Reconnaissons les progrès, si légers soient-ils, de ceux que nous voulons encourager. C’est ainsi que nous les stimulerons, que nous les engagerons à poursuivre leurs efforts. Lorsque la critique est réduite au minimum et le compliment accentué, ce qu’il y a de positif chez l’être humain se trouve renforcé, et ce qui est négatif s’en trouve affaibli parce qu’on n’y prête pas attention. Tout le monde aime être félicité, mais le compliment n’est apprécié que s’il repose sur des faits précis. Il est alors ressenti comme sincère, et non plus destiné simplement à faire plaisir. Si nous savons révéler leurs trésors cachés à ceux qui nous entourent, nous ferons beaucoup plus que les influencer ou les stimuler. Nous les ferons progresser et se métamorphoser.
Chapitre 28 : comment inciter l’autre à se dépasser
Si vous désirez développer une certaine qualité chez un individu, agissez comme si cette qualité était déjà un de ses traits dominants. Il faut donner à quelqu’un une bonne réputation à mériter.
Chapitre 29 : comment favoriser les progrès
Il faut dispenser généreusement les encouragements, s’arranger pour que la tâche à accomplir semble facile, montrer à celui que l’on veut stimuler que l’on a confiance en ses capacités.
Chapitre 30 : comment motiver
Il faut faire en sorte que les autres soient heureux de faire ce que l’on suggère. Pour modifier une attitude il faut être sincère et ne pas faire de fausse promesses. Oublier son intérêt et se concentrer sur l’intérêt de son interlocuteur. Il faut savoir exactement ce que l’on veut que notre interlocuteur. Il faut savoir exactement ce que l’on veut que notre interlocuteur fasse. Il faut considérer les avantages que notre interlocuteur peut retirer en accomplissant ce que nous lui proposons. Faire que ces avantages soient en accord avec les désirs de notre interlocuteur. Quand on fait une proposition il faut la formuler de telle manière que notre interlocuteur comprenne qu’il va retirer un avantage personnel.
L’esprit de ce livre est très anglo-saxon, Carnegie parle toujours du culte de la performance et veut voir ses lecteurs comme des leaders ce qui peut entacher ses conseils. En effet ceux-ci peuvent être perçus non pour de l’humanisme mais comme du management en transformant les gens en manipulateurs d’hommes pour réussir dans leurs entreprises.
10 mars 2009
Comment se faire des amis ?
Comment se faire des amis (Dale Carnegie)
Dale Carnegie, leader mondial de la formation continue, est spécialisé dans les antraînements à la communication, au leadership, à la vente, au management et à la prise de parole en public. Son ouvrage est devenu un classique et a été publié en 1936. L’approche pratique de ce livre l’a placé parmi les dix best-sellers mondiaux en non-fiction de tous les temps. Carnegie est considéré comme le père des « relations humaines ».
Pourquoi et comment j’ai écrit ce livre
Carnegie est un pur capitaliste, et l’affiche d’emblée en considérant que la plupart des livres édités sont mortellement ennuyeux et ne sont pas rentables. Pour lui la culture doit rapporter de l’argent et non du savoir cela jette donc une ombre dans sa conception des relations humaines. Depuis 1912, Carnegie a dirigé des séminaires pour enseigner l’éloquence. Pour lui, le pouvoir d’influencer ses semblables est indispensable à tout homme qui vit en société. L’influence est donc pour Carnegie une valeur marchande, il ne dit pas autre chose en citant John Rockfeller : « Ceux qui savent influencer les hommes possèdent une qualité que je suis disposé à rétribuer davantage que n’importe quelle valeur sous le soleil ». Drôle de façon d’aborder les relations humaines...
Par ailleurs, Carnegie est très prétentieux, il affirme qu’une sorte de guide pratique des relations humaines n’existait pas avant son livre et qu’il l’a donc écrit lui-même alors que la philosophie socratique est entièrement fondée sur l’art de communiquer. Il a donc questionné les grands personnages de son époque comme Franklin Roosevelt et Mary Pickford... Il prétend que ses principes produisent des résultats immédiats et presque magiques. LE moins que l’on puisse dire c’est que Carnegie est très peu modeste. Il ne vise nullement l’humanisme puisqu’il est obsédé par l’argent en affirmant : « Grâce aux principes enseignés ici, d’innombrables commerciaux ont pu augmenter leur chiffre d’affaires. »
Huit conseils qui vous permettront de tirer de ce livre le bienfait maximum
Le premier conseil est le désir profond et irrésistible de vous perfectionner, la volonté d’apprendre à mieux vous entendre avec votre entourage. Pour cela il faut se dire que son bonheur, son succès, sa réputation dépendent en grande partie du talent que l’on saura déployer dans les rapports avec nos semblables.
Commencez par lire rapidement chaque chapitre pour en prendre une vue d’ensemble
Interrogez-vous fréquemment pour réfléchir à ce que vous venez de lire
Cochez ou soulignez les conseils que vous comptez utiliser
Si vous voulez tirer de ce livre un bienfait réel et durable, ne croyez pas qu’il vous suffira de le parcourir une seule fois (...) passez quelques heures chaque mois à le réviser.
Pour assimiler ces principes, mettez-les en action, appliquez-les chaque fois que l’occasion s’en présente
Que cette étude devienne pour vous un jeu amusant et passionnant.
Appliquer la méthode Carnegie permet de constater que notre faculté d’être apprécié et d’influencer les autres grandit et se développe comme un laurier.
Trois techniques fondamentales pour influencer les autres
Chapitre 1 : Si vous voulez récolter du miel ne bousculez pas la ruche
99 fois sur cent, l’être humain se juge innocent, quelle que soit l’énormité de sa faute. La critique est vaine parce qu’elle met l’individu sur la défensive et le pousse à se justifier. La critique est dangereuse parce qu’elle blesse l’amour-propre et qu’elle provoque la rancune. Il faut se demander ce qu’on ferait à la place de celui qu’on veut critiquer. Carnegie évoque la rancoeur de Lincoln et de Mark Twain et les lettres d’insultes qu’ils ont envoyé à leurs ennemis. Lincoln s’est calmé avec le temps et a compris que la critique était stérile. Quand vous vous adressez à un homme, rappelez-vous que vous ne parlez pas à un être logique. Vous parlez à un être d’émotion, à une créature toute hérissée de prétentions, mue par son orgueil et par son amour-propre. Le premier imbécile venu est capable de critiquer mais il faut de la noblesse et de la maîtrise de soi pour comprendre et pardonner. Carnegie cite un article de W. Livingstone Larned intitulé « Les pères oublient ». C’est un père qui reconnaît que gronder son fils en oubliant que c’est un enfant qui commet des fautes d’enfant n’apporte rien. Il lui parle pour exprimer son regret et son amour. La morale c’est qu’il ne faut pas traiter les enfants comme des adultes. Donc, tout savoir c’est tout pardonner.
Chapitre 2 : Le grand secret des relations humaines.
Il n’est qu’un moyen au monde d’amener une personne à accomplir une certaine action, c’est de susciter en elle le désir d’accomplir cette action. Pour Freud les deux désirs fondamentaux sont le désir sexuel et le désir d’être reconnu et selon le philosophe John Dewey c’est le désir d’être important qui compte le plus. Nos besoins sont les suivants : 1 la santé, 2 la nourriture, 3 le sommeil, 4 l’argent, 5 la survivance future, 6 la satisfaction sexuelle, 7 le bonheur de nos enfants, 8 le sentiment de notre importance.
Celui qui peut étancher sa soif d’être reconnu tient ses semblables entre ses mains. On peut cerner une personne en sachant comment elle veut combler ses besoins d’importance. Carnegie pense qu’il faut encourager les autres et qu’on révèle leurs meilleurs dons et pas en les grondant. Carnegie encourage l’éloge mais déconseille la flatterie grossière et fausse. Rendre justice aux mérites des autres est une qualité que nous négligeons de développer dans la vie de tous les jours. On ne transforme pas les autres en blessant leur amour-propre.
Chapitre 3 : qui en est a le monde avec lui. Qui ne l’est pas reste seul.
Toujours parler de ce que nous désirons est vain, puéril, absurde. C’est pourquoi la seule façon d’influencer le voisin, c’est de lui parler de ce qu’il veut et de lui montrer comment il peut l’obtenir. Carnegie cite le professeur Harry A. Overstreet : « L’action naît de nos désirs fondamentaux... et le meilleur conseil qu’on puisse offrir à ceux qui désirent influencer leurs semblables, aussi bien dans les affaires, dans la politique, que dans l’enseignement ou la famille, c’est avant tout, d’éveiller chez eux un ardent désir. Celui qui peut réaliser cela s’attache tous les concours et toutes les sympathies, il connaît le succès. Celui qui en est incapable demeure pauvre et solitaire ». Donc il faut amener l’autre à « vouloir » faire ce qu’on lui demande. Carnegie, comme Henry Ford, pense que le secret du succès, c’est la faculté à se mettre à la place de l’autre et de considérer les choses de son point de vue autant que du nôtre. Nous avons plus de chance de réussir si on présente les choses du point de vue de celui dont on est débiteur que du sien. Le monde est plein d’individus avides et égoïstes. C’est pourquoi l’être exceptionnel qui s’efforce de servir autrui généreusement et sans arrière-pensée possède un énorme avantage sur le reste de l’humanité car il ne rencontre guère de concurrence. L’économiste Owen D. Young disait : « l’homme qui peut se mettre à la place des autres, qui peut comprendre le mécanisme de leurs pensées, n’a pas à s’inquiéter de ce que l’avenir lui réserve ».
Carnegie refuse de penser que sa méthode peut être assimilée à de la manipulation : « considérer le point de vue d’autrui pour susciter en lui le vif désir de faire ce que vous proposez ne doit pas être interprété en termes de manipulation où la personne serait amenée à agir dans votre intérêt et contre le sien. Dans toutes les négociations les deux parties devraient être gagnantes.
2è partie : six moyens de gagner la sympathie des autres
Chapitre 4 : pour être partout le bienvenu
Pour gagner les sympathies, il faut être aimable, s’oublier et pesner aux autres. Le philosophe Alfred Adler a écrit dans « Le vrai sens de la vie » : « l’individu qui ne s’intéresse pas à ses semblables est celui qui rencontre le plus de difficultés dans l’existence et nuit le plus aux autres ». Carnegie pense que pour conquérir l’amitié des gens il ne faut pas craindre de nous donner la peine d’accomplir des choses qui exigent du temps, de la réflexion, des efforts et de l’abnégation. Monter intérêt et admiration sincères à autrui et une qualité qui vous permet de gagner sa sympathie. Déjà, cent ans avant JC, le poète Publius Syrus, observait : « Nous nous intéressons aux autres quand ils s’intéressent à nous ».
Chapitre 5 : un moyen facile de faire une bonne première impression
Carnegie attache beaucoup d’importance au sourire. Il cite le psychologue, James U. Mc Connel : « Ceux qui sourient, dit-il, ont tendance à diriger, à enseigner ou à vendre avec plus d’efficacité, et leurs enfants sont en général plus heureux. Un sourire à plus d’effet qu’un froncement de sourcils. C’est pourquoi les encouragements ont plus d’impact que les blâmes ».
Carnegie estime qu’il faut que nous nous plaisions dans la compagnie de nos semblables, si nous voulons qu’ils se plaisent dans la nôtre. Pour Carnegie, le bonheur peut s’acquérir par le contrôle de soi : « Il est certain que le plus sûr moyen de connaître le bonheur serait de contrôler nos pensées. La félicité ne dépend pas de conditions extérieures, elle est régie par notre attitude mentale. Carnegie insiste sur l’importance du sourire dans ce chapitre et recommande : « Lorsque vous rencontrez un homme trop las pour vous donner un sourire, laissez-lui le vôtre. Car, nul n’a plus besoin d’un sourire que celui qui n’en a plus à offrir.
Chapitre 6 : si vous n’observez pas ce principe tant pis pour vous.
L’auteur pense qu’il est utile de se rappeler le nom et le prénom de ses interlocuteurs. Il affirme que ce fut le secret de la réussite de Carnegie, le roi de l’acier. Dale Carnegie pense que les hommes sont si fiers de leur nom qu’ils s’efforcent de le perpétuer à tout prix. La preuve en est que pendant des siècles, les nobles et les dignitaires financèrent des artistes, des musiciens et des écrivains pour que leurs oeuvres leurs soient dédiées.
En général, si nous oublions les noms, c’est tout simplement que nous ne prenons ni le temps ni la peine de les noter, les répéter et les fixer durablement dans notre esprit. Pour justifier notre négligence, nous disons que cela prend trop de temps et que nous sommes trop occupés. Franklin D. Roosevelt savait que l’un des moyens les plus évidents, les plus faciles et les plus efficaces de plaire aux gens, c’est de retenir leur nom et de leurs faire sentir leur importance. Nous devrions nous rendre compte du formidable pouvoir d’un nom. En fait, le nom est l’identité de la personne. C’est ce qui la distingue des autres, lui donne son caractère unique.
Chapitre 7 : voulez-vous que votre conversation soit appréciée ? C’est très facile.
Tous les hommes aiment à discourir quand on les écoute avec intérêt.
D’après le professeur Charles W. Eliot : pour conquérir la sympathie d’une personne, pour la mettre en humeur favorable et finalement la rallier à votre cause, il faut, avant tout, lui accorder votre attention exclusive lorsqu’elle s’exprime. Rien n’est plus flatteur. Pour calmer un ronchonneur chronique, il suffit très souvent pour le calmer d’un auditeur patient et compréhensif, qui sache demeurer coi et silencieux, pendant que le mécontent s’enfle comme un cobra et crache le fiel qui l’étouffe.
La leçon à tirer de ce chapitre est qu’il faut savoir écouter et encourager les autres à parler d’uex-mêmes.
Chapitre 8 : comment intéresser les autres
Pour trouver le chemin du coeur d’un homme, il faut l’entretenir de ce qu’il chérit le plus.
Chapitre 9 : comment plaire instantanément
Il existe une loi primordiale que nous devons respecter dans nos rapports avec nos semblables. Si nous l’observons, nous gagnerons amitié et bonheur. Il faut faire sentir aux autres leur importance. Il faut également agir envers les autres comme on voudrait qu’ils agissent envers nous-même. Il faut utiliser des petites phrases comme : « Excusez-moi de vous déranger... Voulez-vous avoir la bonté de... Voulez-vous je vous prie sans oublier « merci ». Ces phrases sont l’huile qui lubrifie les mécanismes de notre vie quotidienne. Prenons conscience de ceci : tout homme que nous rencontrons croit nous être supérieur en quelque manière. Si nous voulons trouver le chemin de son coeur, prouvons-lui subtilement que nous reconnaissons sincèrement cette importance.
« Parlez à un homme de lui-même », disait Disraeli, l’un des plus adroits politiciens qui aient jamais gouverné l’Empire britannique, parlez à un homme de lui-même et il vous écoutera pendant des heures ».
3è partie : douze moyens de rallier les autres à votre point de vue
Chapitre 10 : que gagnez-vous à argumenter ?
Carnegie a assisté à des milliers de discussions et sa conclusion, c’est que le meilleur moyen de l’emporter dans une controverse, c’est de l’éviter. Fuyez les discussions comme vous fuiriez les serpents à sonnettes ou les tremblements de terre, tel est son conseil. Il pense que neuf fois sur dix, chacun des adversaires se retire du débat, plus que jamais convaincu d’avoir raison. Carnegie pense qu’un homme convaincu malgré lui garde toujours le même avis. Un malentendu n’est pas dissipé par une discussion, mais par le tact, la diplomatie, l’esprit de conciliation et par le désir généreux de considérer le point de vue l’autre. Mieux vaut abandonner le chemin à un chien que d’être mordu en lui disputant le passage. Car même tuer le chien n’enlèvera pas la morsure. Dans une dispute, il ne faut pas céder à sa première impulsion car elle n’est pas dictée par le meilleur de nous-mêmes. On juge une personne sur ce qui peut la mettre en colère. Il faut commencer par écouter l’autre pour construire la part de la compréhension. Quand on a écouté ses antagonistes jusqu’au bout, il faut arrêter sa pensée sur les points et les zones d’ententes possible. Il faut être honnête et admettre ses erreurs pour désarmer ses adversaires et réduire leur attitude défensive. Il faut promettre de réfléchir aux idées de ses antagonistes, de les étudier avec soin. Il faut remercier sincèrement ses adversaires pour leur intérêt car toute personne qui prend le temps de ne pas être d’accord avec nous s’intéresse aux mêmes choses que nous et elles désirent peut-être réellement nous aider.
Chapitre 11 : un moyen infaillible de se faire des ennemis ! Comment l’éviter ?
Il ne faut jamais commencer une discussion en annonçant : « Je vais vous prouver cela... Je vais vous démontrer que... » cela équivaut à dire « Je suis plus malin que vous. Je vais vous faire changer d’avis ». Ainsi, on crée une opposition et on incite l’interlocuteur à nous combattre avant même d’avoir pu entamer notre exposé. Il vaut mieux opérer si adroitement, si subtilement, que nul ne puisse découvrir notre but si nous avons l’intention de prouver quelque chose. Il faut commencer ainsi : « Je peux me tromper... Voyons cela ensemble ». Pour Carnegie, il ne nous arrivera jamais d’ennuis si nous admettons promptement que nous sommes sujet à l’erreur. Bien rares sont les gens dont le jugement est parfaitement sain, objectif et lucide. La plupart d’entre nous sommes plein de partialité. Notre raison est obscurcie par la jalousie, le soupçon, la crainte, l’envie et la vanité. Il faut donc respecter les opinions de nos interlocuteurs et ne jamais leur dire qu’ils ont tort.
Chapitre 12 : Que faire quand vous avez tort ?
Quand nous savons que nous mériton sune remontrance, ne vaut-il pas mieux prendre les devants courageusement et faire notre mea culpa. En se hâtant de dire nous-mêmes toutes les choses déplaisantes que l’autre personne allait exprimer, nous la désarmons. Le premier imbécile venu peut essayer de justifier ses erreurs. Mais l’homme qui reconnaît ses fautes s’élève au-dessus de la masse. On obtient peu en s’opposant, bien d’avantage en concédant donc si nous avons toprt il faut l’admettre promptement et énergiquement.
03 mars 2009
Vichy et les francs-maçons (suite)
La liquidation des sociétés secrètes (1940-1944)
A peine l’Etat français est-il institué qu’il se met à la recherche des « responsables ». Responsables de la guerre, de la défaite. Parmi eux se trouvent essentiellement les participants du Front populaire, les francs-maçons, les Juifs, les Anglo-Saxons et, plus tard, les bolcheviques. La lutte contre les francs-maçons et les « sociétés secrètes » connaît trois phases qu’incarnent trois lois, qui donnent trois images de la lutte contre les francs-maçons. En 1940, un général français, membre de la Cour suprême de Riom, demande au Service des sociétés secrètes un rapport pour démontrer la responsabilité de la franc-maçonnerie dans la guerre de 1939. La rédaction de ce rapport fut confiée à un ancien membre de la Grande Loge de France, travaillant au Service des sociétés secrètes sous le pseudonyme de Gaillaud ou Caillaud, et celui-ci conclut à la collusion de la franc-maçonnerie et du communisme, en vue de déclencher les hostilités. Il est certain que la lutte contre les sociétés secrètes aboutissait à diviser les citoyens et à rompre l’unité de la nation, ce que cherchent l’occupant, car cela favorisait ses desseins. La persécution anti-maçonnique commença dès avant la promulgation des lois de Vichy. Les Allemands étaient partis de cette idée que la Maçonnerie française et anglaise étaient liées contre eux. A leur arrivée à Paris, les Allemands apposent les scellés sur les portes du Grand Orient. De nombreux documents témoignent de l’attrait que les « trésors » maçonniques exercent sur les Allemands. L’intervention d’Otto Abetz est prépondérante dans la mise en place de la répression anti-maçonnique en France. Il examine l’opportunité de fournir le fichier complet des francs-maçons français à la presse en vue de leur publication. Le 10 juillet 1940 avec les pleins pouvoirs donnés à Pétain, la législation invalide la reconnaissance des « Droits de l’Homme ». Le délit d’opinion, le délit d’appartenance et l’effet rétroactif des lois sont réintroduits dans le droit français. L’action anti-maçonnique et anti sociétés secrètes suit trois phases : la loi du 13 août 1940 interdit les associations secrètes et oblige les fonctionnaires et agents de l’Etat à souscrire une déclaration. La loi du 11 août 1941 décide de la publication dans le Journal officiel des noms des dignitaires francs-maçons. La troisième phase débute avec le retour de Pierre Laval auprès de Pétain. La loi du 21 juin 1942, complétée de celle du 19 août 1942 légalise un transfert des pouvoirs : toutes les questions relatives aux sociétés secrètes sont désormais placées dans les attributions des chefs du gouvernement.
I l’ère de l’information
1 Loi du 13 août 1940 interdisant les associations secrètes
La loi du 13 août 1940 ne mentionne pas nommément les obédiences maçonniques. C’est le décret du 19 août 1940 qui met les choses au point en citant le GODF et la GLDF puis le décret du 27 février 1941 mentionne le Droit Humain et la Grande Loge Nationale Indépendante. La genèse de cette loi s’explique par la volonté de Laval de rencontrer Goering en ayant quelque chose à lui offrir avec une politique intérieure antisémite et antimaçonnique. Pourtant, dans ses mémoires, Laval a réfuté la thèse selon laquelle il aurait été l’instigateur et le rédacteur de cette loi du 13 août 1940. Pour Pétain, un Juif n’est jamais responsable de ses origines, un franc-maçon n’est toujours de son choix. Pourtant Otto Abetz avait écrit : « Un projet de loi soumis à Pétain, visant à interdire la franc-maçonnerie, n’a pas été approuvée par celui-ci, étant donné qu’il ne voulait éliminer aucun groupe de Français de la communauté nationale ». D. Rossignol révèle un document prouvant un complot de Pétain pour prendre le pouvoir avant la guerre appuyé sur Déat, Darlan et la Cagoule. D. Rossignol trouve cette hypothèse peu vraisemblable. Aucun discours n’élucide explicitement pourquoi le nom « franc-maçonnerie » est absent de tous les textes de loi. Il est remplacé par « société secrète » et ce vocable finit par s’imposer dans le langage courant. Les législateurs ont voulu cette confusion pour permettre à la répression de s’étendre à toutes les formes de groupements.
2 L’ordre maçonnique en 1940
Les obédiences maçonniques comptent environ 50 000 frères actifs dont 5 000 de hauts grades. En fait, la presse et les services de répression avanceront et propageront le chiffre de 100 000 maçons. Le Grand Orient compte 29 000 membres, le Suprême Conseil et la Grande Loge 16 000 membres, le Droit humain 3 000 membres, la Grande Loge Nationale Indépendante et régulière 1 500 membre, le Rite de Memphis Misraïm 1 500 membres et la Grande Loge de la Fraternité universelle 200 membres. Il existe plus de 400 fraternelles. Le groupement fraternel parlementaire comptait 200 membres à la Chambre des députés et 100 au Sénat. La franc-maçonnerie avait, selon la presse, des cercles d’influence comme le B’Nai Brith, le Congrès juif mondial, l’Alliance israélite universelle, la Ligue internationale contre l’antisémitisme mais aussi les spirites, les rose-croix, les martinistes, les naturistes, la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’enseignement, la Libre pensée, l’Union rationaliste, la Société théosophique. Pour D. Rossignol, ces listes sont fantaisistes car l’empreinte maçonnique avancée comme certaine s’avère contestable. Le 7 août 1940, Arthur Groussier, grand-maître du GODF, avait écrit à *pétain : « Devant les malheurs de la patrie, nous croyons accomplir notre devoir présent en nous soumettant à la décision du gouvernement français concernant la franc-maçonnerie ». Cette attitude lui fut reprochée à la Libération.
3 La convention du 22 novembre 1940 signée entre B. Faÿ et les services du S.D.
Les Allemands ont apposé les scellés sur les principaux immeubles où se réunissaient les franc-maçons et disposent de collections maçonniques complètes et ont déjà perquisitionné chez la plupart des dirigeants de l’Ordre. Les démarches des Allemands à l’égard de la franc-maçonnerie soulèvent une interrogation. Leurs premières actions consistent, non à pourchasser les francs-maçons mais à collectionner avec soin tout le matériel des loges. Les Allemands recherchaient-ils réellement l’introuvable trésor maçonnique ? Légendaire patrimoine des templiers ou héritage fabuleux des cathares de Montségur ? En compensation des facilités accordées aux Allemands pour récupérer les fonds maçonniques, le 22 novembre 1940, B. Faÿ recevait de S. Schilling, délégué du chef de la Sûreté et du S.D. Pour la France et la Belgique, une lettre où étaient stipulées les conventions très strictes auxquelles il s’engageait. Il prenait la pleine responsabilité de l’immeuble du GODF rue Cadet et des personnes qui l’occupaient.
L’exposition sur la franc-maçonnerie au Petit palais en octobre 1940 inaugure la première manifestation d’information d’envergure sur les sociétés secrètes. La presse parisienne prépare l’événement. L’Illustration du 12 octobre est presque exclusivement consacré à l’Exposition. L’entrée est gratuite, un catalogue et un Petit Bottin des membres de la confrérie sont vendus. Jean Marquès-Rivière est l’auteur du catalogue. Il rédigera également le catalogue de l’exposition « Le Juif et la France » en 1941. Le spectateur découvre au cours de sa visite l’ambiance des lieux où se réunissent les frères. Les objets et les meubles enlevés dans les différentes obédiences de France ont servi à la reconstitution des temples. Le cabinet de réflexion, par son aspect lugubre et la présence d’un squelette, impressionne le néophyte. Il y aura plus d’un million de visiteurs. Elle circule à travers la France puis à Berlin en 1942. En 1943, une exposition de même caractère sera montrée au public japonais.
5 Otto Abetz et la presse française
Diriger politiquement la presse, la radio et la propagande dans la zone occupée et influencer par les moyens voulus l’opinion publique en zone occupée deviennent la mission d’Otto Abetz.
6 La Bibliothèque nationale
La BN se voit confier son administration à l’antimaçon B. Faÿ. Ensuite c’est elle qui recevra la charge de classer et recenser le matériel maçonnique réquisitionné par les polices françaises. Un département spécial, le « Centre d’histoire contemporaine », sera créé à cet effet. Les Allemands auraient souhaité voir disparaître des collections du département des Imprimés un certain nombre d’ouvrages qu’ils estimaient préjudiciables à la doctrine nazie ou hostiles à l’Allemagne et à l’Italie fasciste. La « Listte Otto » recense les livres mis à l’index par les Allemands. Elle comprend 11 000 titres. Les livres ne sont pas détruits mais « bloqués » par la BN.
7 Le centre d’histoire contemporaine
Le Centre d’histoire contemporaine a été créé en 1942. Il se compose de la bibliothèque d’histoire de la France contemporaine et des services cargés de classer les collections saisies aux sièges des sociétés secrètes. A l’audience de son procès en 1946; B. Faÿ apprécie que l’on retrace ses efforts de classement à la BN. Il aime moins qu’on lui fasse observer qu’il y vivait fort confortablement en compagnie de 42 officiers allemands qui avaient droit de regard dans tous les locaux. La Bibliothèque d’histoire de la France contemporaine naît donc en 1941 et se donne pour tâche de fournir une documentation originale et pratique aux personnes qui étudient l’histoire du XIXè et du Xxè siècle. Le Centre d’histoire contemporaine met aussi à la disposition d’un des bibliothécaires une camionnette qui entreprend une série de tournées de récupérations à travers la France, afin de prendre possession, dans les loges dissoutes, des archives et des objets dévolus à la BN. Les pouvoirs de B. Faÿ se révèlent étendus quand le général Huntziger le charge dès fin 1940 d’assurer la conservation des archives historiques dépendant du département de la guerre. C’est ainsi que le personnel en fonction dans les principales bibliothèques de Paris passe sous l’autorité de Faÿ.
III L’ère de la répression (mai 1941-juin 1942)
1 Loi du 11 août 1941 : 18 000 noms au Journal officiel
Cette loi impose la publication au JO des noms des anciens dignitaires des sociétés secrètes. L’accès et l’exercice des fonctions publiques leur est interdit. Dans un premier temps, seuls les dignitaires sont mis en cause, c’est-à-dire les francs-maçons initiés au grade de maître ou à un grade supérieur.
2 réactions de la presse
En trois mois, les noms d’environ 18 000 dignitaires francs-maçons ont été livrés au public. Plus de 1000 fonctionnaires hauts gradés ou officiers de loge ont été démissionnés, près de 150 fonctionnaires faux-déclarants révoqués et déférés aux tribunaux. Le Petit Journal voit un premier acte nécessaire à la salubrité publique tandis que l’Indépendant juge de première importance de faire connaître aux Français les hommes qui portent la lourde responsabilité de la défaite.. De source allemande, de nombreux journaux sont désireux de publier du matériel anti-maçonnique et la presse provinciale se fait l’écho de la presse parisienne. Les noms des dignitaires reproduits dans le JO sont, à la surprise de beaucoup, inconnus du grand public. D’où l’immédiate volte-face des anti-maçons confirmant en quelques mots l’évidente puissance occulte de la franc-maçonnerie. En réalité, ce que beaucoup refusèrent d’admettre c’est que les francs-maçons étaient, à quelques exceptions près, de modestes citoyens, souvent appréciés par leur entourage et dans leur travail. Les populations des villes et des villages de France, à la fois attentives et étonnées que l’on parle d’un des leurs, restèrent magré tout solidaires de leurs maire, instituteur, voire postier. Les publications au JO eurent des conséquences imprévues : le maréchal Pétain en vint à s’inquiéter de l’ampleur des démissions et de la soudaine désorganisation de son administration.
3 Le compte rendu allemand du 16/10/1941
Le 16 octobre 1941, le délégué du chef de la Police de Sûreté et du SD en France et en Belgique envoie au QG de Hitler un compte rendu détaillé de la situation politique française. Il y est écrit qu’il est possible de constater que les mesures visant à l’exclusion des francs-mçons des services de l’Etat prises conformément à la loi ont provoqué, même en zone occupée, un resserrement plus fort des liens entre anciens membres des loges. Le bruit selon lequel le voyage à Rome de Taylor, l’envoyé spécial du franc-maçon de haut grade Roosevel, aurait donné lieu à un accord secret ayant pour but la création d’un front de défense uni catholico-maçonnico-démocratique contre le nazisme.
4 Les dérogations
Marcel Peyrouton, ministre de l’Intérieur du 5 septebre 1940 au 25 février 1941 qui avait quitté la franc-maçonnerie en 1934 a obtenu une dérogation contre la loi du 12 août 1941. Marquès-Rivière également car il avait quitté la franc-maçonnerie dès 1930 et était un collaborateur zélé. De même pour paul Riche (alias Jean Mamy) auteur du film « Forces Occultes ». Des francs-maçons « non défroqués » travaillèrent pour Vichy comme Camille Chautemps, François Chasseigne et Ludovic Oscar Frossard.
5 Le service des sociétés secrètes
Le cabinet civil de Vichy crée le Service des sociétés secrètes en mai 1941. Il se divise en six secteurs dont le plus important est le « service de recherche » qui décèle les francs-maçons non encore connus, vérifie l’activité de ceux déjà fichés et signale les personnes qui n’appartiennent pas à la franc-maçonnerie mais qui sont suscpetibles d’en partager la doctrine.
6 Le service des associations dissoutes
Un « service spécial des associations dissoutes » en liaison permanente avec le « service des sociétés secrètes » dirigé sous contrôle allemand se charge des perquisitions, des enquêtes et des surveillances. Il se trouve dans l’ancien immeuble de la Société théosophique. Pendant l’année 1943, 322 personnes répondant aux convocations et 133 procès verbaux de perquisition avec inventaires des objets saisis seront effectués.
7 Le service des recherches, rue Greffulhe, à Paris
Le commandant Labat et J. Marquès-Rivière s’occupent de ce service
8 But et activités du service des sociétés secrètes
Ce service travaillait à éliminer les membres des sociétés secrètes des cadres de l’activité nationale, à renseigner le pays sur les agissements des sociétés secrètes. De nombreux directeurs, adjoints, délégués, se retrouveront dans les rangs de la Milice pour lutter contre la Résistance. Le service se conduisit avec une remarquable efficacité. Plus de 170 000 noms de suspects furent recensés. Les fiches sont de type policier. Même l’Armée du Salut et le Rotary club étaient surveillés. Le service recevait des lettres de délation. B. Faÿ a créé la revue « Les Documents maçonniques » avec J. Marquès-Rivière et Robert Valléry-Radot. Cette revue mensuelle est cautionnée par Vichy et Pétain lui-même. Le gouvernement en assure le financement. La censure est opérée par les Allemands. Ministres et personnalités du régime se succèdent à la tribune du journal. Le tirage de la revue, prévu à 80 000 exemplaires, baisse régulièrement et atteint moins de 15 000 exemplaires en juin 1944. Hitler, rapporte-t-on, se faisait lire les Documents maçonniques et y prenait un extrême plaisir.
9 Le Centre d’action et de documentation
Ce centre édite également une revue. Elle est dirigée par Henry Coston. Fervent nationaliste et journaliste antisémite et antimaçon. En 1930, il reprend la Libre Parole, le journal de Drumont. Le décret du franc-maçon Marchandeau interdit La Libre parole en 1939. Il cré, en 1941, le Centre d’Action et de Documentation antimaçonnique, installé dans l’ancien immeuble de la Grande Loge de France. Sa revue s’appelle le Bulletin d’information antimaçonnique. Il était proche des nazis dès 1935. Craignant que le Centre de Coston ne concurrence l’Institut pour l’étude de la question juive, le SD en ordonne la fermeture. Le CAD se transforme en officine de propagande.
10 Un tract de Vichy : « Pourquoi a-t-on condamné la franc-maçonnerie ? »
Le tract répond que la franc-maçonnerie est un club secret, politique, international, composé d’idéologues et de profiteurs. C’est Jacques Ploncard qui l’a écrit.
III L’ère de la confusion (juin 1942-Libération)
1 Le retour de Laval au pouvoir
Le 19 avril 1942, le maréchal Pétain s’adresse aux Français pour leur annoncer les modifications de son gouvernement. Il se retrouve avec Laval pour reprendre « l’oeuvre nationale et d’organisation européenne ».
2 Une « enquête mentalité »
En décembre 1942, une enquête mentalité est dirigée à l’intention de Laval. Cette enquête révèle une défiance croissante des Français envers Vichy et les nazis et une recrudescence de l’anglophilie.
3 Lois du 21 juin 1942 et du 19 août 1942
Le retour de Pierre Laval limite nettement l’étendue des exactions à l’encontre des francs-maçons. Le capitaine de Frégate Labat, chargé de constituer le « Service des sociétés secrètes » est révoqué le 27 mai 1942. La loi du 21 juin 1942 place dans les attributions du chef du gouvernement toutes les questions relatives aux sociétés secrètes. Le même jour, un arrêté donne délégation au vice-amiral Platon, secrétaire d’Etat, des pouvoirs du chef du gouvernement en matière de sociétés secrètes. La loi du 19 août 1942 modifie celle du 10 novembre 1941. Elle place sous l’autorité du chef du gouvernement la « commission spéciale » et prévoit par sa seule décision les suspensions éventuelles. Dans ses notes et mémoires, Laval avouait ne pas approuver les mesures prises contre les membres des sociétés secrètes qu’il voyait comme une manifestation de l’esprit réactionnaire et clérical. Il existait une police anti-maçonnique de même type que la police anti-juive. Elle dépendait
du SD. Dès fin avril 1942, Laval supprime cette police. Avec le retour de Laval, la commission spéciale des sociétés secrètes accorde 19 dérogation sur 20 demandes alors qu’elle n’en accordait qu’une sur 20 auparavant.
4 Les tracts
La démonstration de la connivence existant entre la franc-maçonnerie belliciste, gaulliste puis anglo-saxonne, juive, agent du bolchevisme, fournira les arguments essentiels contre l’institution dans les très nombreux tracts et brochures. Henry Coston déplore la funeste influence exercée par la franc-maçonnerie au moyen de la presse enfantine sur la jeunesse.
5 Le film « Forces occultes »
Dès juillet 1941, Jacques de Boistel, de retour d’Allemagne, est chargé par B. Faÿ de réunir les éléments d’un film de propagande anti-maçonnique. Jean Marquès-Rivière rédigera le scénarion. LE 9 septembre 1942, le premier tour de manivelle est donné dans les studios de Nova-film. Des séquences seront tournées au Palais Bourbon et dans les temples du GODF. Le film est présenté au public parisien le 9 mars 1943. Il dure 43 minutes. Marquès-Rivière présente le film. Il affirme que c’est un acte politique et révolutionnaire. L’utilisation méthodique d’un éclairage expressionniste rend compte du sens dramatique des scènes et met en évidence « l’atmosphère lourde et trouble des loges et les éléments mystérieux et angoissants du décor ». Le personnage principal est le député Avenel. On assiste à son initiation. Suit une liste détaillée des scandales de la IIIè République et des francs-maçons compromis. Quand Avenel se révolte contre la franc-maçonnerie, il est victime d’un attentat. Le mécanisme de la propagande a été expliqué par F. Chevessu (Image et son, novembre 1965). Il observe cinq étapes : 1. réaction affective, la défaite, 2 : fait vrai en soi : la France n’était pas préparée pour la guerre, 3 projection du spectateur sur un personnage : Pierre Avenel, honnête, ardent patriote et qui refusait cette guerre honteuse, 4 le personnage, donc le spectateur, victime des boucs émissaires, 5 condamnation instinctives des boucs émissaires.
Dans la production cinématographique sous l’Occupation, du sentiment de l’impréparation et de la défaite naît le double besoin de se décharger sur des responsables et de s’identifier à un personnage idéal (parlementaire patriote dans Forces Occultes) ou à une France épurée. Les responsabilités de l’Allemagne et du nazisme sont totalement escamotées de ces cérémonies incantatoires où la France se grandit en faisant savoir que les coupables n’étaient que des corps étrangers, au surcroît souvent reconnaissables par leurs caractéristiques physiques, et toujours par leurs particularismes sociaux. Forces occultes révèle des schémas classiques de la propagande totalitaire des « ultras » pro-nazis de Paris : à l’antimaçonnisme se superposent : l’anti-républicanisme et l’anti-parlementarisme, l’anti-bolchevisme. Assimilation des députés maçons aux députés socialistes et communistes qui siègent à leurs côtés, l’anglophobie et l’anti-américanisme (carte et portrait de Roosevelt). L’antisémtisme (les francs-maçons favorisent les intérêts judaïques), les deux triangles inversés du sceau de Salomon brillent à côté de l’équerre et du compas entrecroisés. L’anti-internationalisme (opposition entre les intérêts de la patrie, la France, et ceux du monde). Le film débute avec l’image du planisphère et s’achève sur celle du globe terrestre. La juxtaposition suggère l’internationalisme de l’emprise judéo-maçonnique, contraire aux intérêts nationaux. La franc-maçonnerie est aussi maîtresse des relations internationales puisqu’elle décide de la guerre. Cette diatribe reflète une certitude. Les francs-maçons pourchassés ont très tôt basculé dans la dissidence. Continuant à se réunir clandestinement, ils forment des foyers de résistance comme le groupe « Patriam Recuperare ». Forces occultes fut projeté au Grand Orient le 26 mai 1946. Le grand maître Francis Viaud déclara que de toute évidence, le profane Avenel cherchait tout de même quelque chose, il cherchait un idéal.
6 Les conférences
B. Faÿ a inauguré, le 29 novembre 1941, la série de dix sujets de conférences documentaires sur la franc-maçonnerie. L’auditoire était nombreux dans la salle des convents du GODF. Ces conférences sont éditées en un volume tiré à 5000 exemplaires. Après cela 250 conférences ont été données dans toute la France et relayées par la presse.
7 Le contexte d’après-guerre
Le 18 octobre 1944, le Conseil de l’ordre maçonnique en France, réuni pour réveiller ses loges, adresse au général de Gaulle, l’expression de sa profonde admiration pour son attitude courageuse et le remercier d’avoir abrogé les lois du pouvoir illégal de Vichy. L’ordre est profondément désorganisé. Le 25 novembre 1946, au Palais de Justice de Paris, s’ouvre le procès du Service des sociétés secrètes. Au cours de l’instruction de cette affaire, plus de 130 personnes sont mise en cause dont 115 pour intelligence avec l’ennemi. Les inculpés cherchent à éluder leurs responsabilités. B. Faÿ est condamné aux travaux forcés à perpétuité, à la confiscation de ses biens et à la dégradation antionale, Roger Labat, Jean de Verchère et Jacques de Boistel reçoivent la même peine allégée à 15 ans de travaux forcés. Les obsèques de B. Faÿ eurent lieu le 4 janvier 1979 en l’église de Saint Nicolas du Chardonnet, temple de l’intégrisme.
Conclusion
Les raisons d’une telle virulence anti-maçonnique durant cette période de l’histoire de la France tiennent à deux types de raisons
Des raisons de politique intérieure
Les partisans de l’Etat français veulent s’attaquer à ceux qui, selon eux, ont conduit la France à al défaite et se poser en régénérateurs du pays nouveau. Il s’en prennent à la IIIè République, au Parti radical et à la franc-maçonnerie qui apparaît pour eux comme un parti radical de l’ombre, société secrète toute puissante qui constitue le véritable gouvernement.
Des raisons de politique étrangère
Le retour constant des accusations qui relient la franc-maçonnerie aux Internationales « Bolchevique », « juive » et à l’ »impérialisme anglo-saxon » signifie : le véritable ennemi de la France n’est pas son actuel occupant allemand, qui, au contraire, lui a permis de se délivrer d’un régime politique « pourri » et dévastateur. Par conséquent, les francs-maçons sont des agents de l’étranger. On peut donc parler d’un phénomène d’attraction-répulsion des principaux persécuteurs de la franc-maçonnerie : horreur pour le contenu philosophique, démocratique, égalitaire, fraternel de l’association, mais admiration secrète pour son incontestable efficacité et sa réussite politique. Pour Vichy, l’institution est inquiétée pare que jugée anti-nationale. Pour les Allemands, le franc-maçon est avant tout un Juif, harcelé comme tel. Par ailleurs, les Allemands s’intéressent peu aux initiés et bien davantage aux éventuels trésors des sociétés secrètes. Dans les faits, les milliers de persécutions anti-maçonniques ont été sans commune mesure avec celles intentées contre les Juifs, qui elles, se chiffrèrent par dizaine de milliers. Les francs-maçons surveillés ne furent pas arrêtés et déportés en tant que tels, mais en raison généralement de leur appartenance à la Résistance.