30 juin 2009
le pull-over rouge
L’affaire du pull-over rouge, Ranucci coupable ! (Gérard Bouladou)
1ère partie : l’affaire Ranucci
Le meurtre (en 1974) dans la région de Marseille, d’une fillette de 8 ans, Marie-Dolorès, avait conduit à l’arrestation de son meurtrier présumé, Christian Ranucci, âgé de 20 ans au moments des faits. Les charges accumulées contre lui, ses aveux réitérés, puis ses dénégations et son attitude arrogante lors du procès tenu à Aix-en-Provence l’avaient conduit à la guillotine le 28 juillet 1976. Sous l’impulsion de la mère du condamné, Héloise Mathon, Gilles Perrault, publia un livre engagé, le pull-over rouge. Le livre fut adapté au cinéma en 1979 par Michel Drach. Gérard Bouladou, affecté au commissariat d’Aix-en-Provence en 1995, s’est lancé dans une nouvelle enquête sur l’affaire Ranucci.
Chapitre 1 : l’affaire Ranucci
le 3 juin 1974, à la cité Sainte-Agnès dans le quartier des Chartreux de Marseille, Marie-Dolorès Rambla, 8 ans est enlevée par un homme qui possède une voiture grise et a attiré la fillette et son frère Jean en leur demandant de rechercher son chien noir. L’homme emmène Marie-Dolorès et laisse Jean faire des « recherches » de son côté. Quand Monsieur Rambla, 50 ans, le père de la fillette arrive dans la cité, il comprend que Marie-Dolorès a été enlevée. Il se rend à l’Evêché (l’hôtel de police de Marseille) afin de signaler la disparition de sa fille. L’inspecteur Grandmougin recueille sa déclaration. Les éléments sont minces : un homme de grande taille, plutôt jeune, bien vêtu, une voiture grise. Rien sur la marque de la voiture et son immatriculation.
Le 3 juin, vers 12h15, soit une heure après l’enlèvement, un coupé Peugeot gris se présente au carrefour de la Pomme à 29 kms de Marseille, il ne respecte pas le stop. Vincent Martinez et sa fiancée ne peuvent éviter l’accident au volant de leur Renault 16. Mais le conducteur du coupé ne s’arrête pas et repart à vive allure vers Marseille. Monsieur Martinez est bloqué mais un autre couple, les Aubert arrive et après avoir parlé avec Martinez prend en chasse le coupé. Les Aubert retrouve le coupé 304 immobilisé sur la route au bout d’un km. Ils voient un jeune homme tirer par le bras un enfant et disparaît dans les broussailles. Il s’agit d’un enfant âgé de 7 à 10 ans vêtu d’un short blanc. M. Aubert interpelle l’individu qui répond : « D’accord, partez et je reviendrai ! ». M. Aubert relève alors le numéro d’immatriculation du coupé 304. M. Aubert revient voir M. Martinez , lui donne le numéro de la 304 et repart. Vincent Martinez_se rend plus tard à la gendramerie de Gréasque et dépose une plainte contre inconnu pour délit de fuite après un accident.
Mardi 4 juin. Le commissaire Allessandra, chef de la Brigade criminelle prend connaissance du dossier. Les policiers de la brigade criminelle se rendent dans la cité Sainte-Agnès pour l’enquête de voisinage. Une rumeur circule. Quelqu’un aurait vu in inconnu faire monter la fillette dans une Simca 1100 mais ce témoin ne se manifeste pas. La presse relate les faits et annonce que c’est le petit Jean qui a reconnu une Simca 1100 ce qui n’était pas le cas. Le 4 juin, l’inspecteur Porte identifie le témoin en la personne de Eugène Spinelli, carrossier. Celui-ci a vu un homme de 30 ans, grand et mince fisant monter une fillette dans une simca 1100 de couleur gris clair. A 11 heures, l’inspecteur Porte procède à l’audition de madame Rambla. Elle ne sait rien de plus que son mari. A 14h30, l’enquêteur Pierre Grivel procède à l’audition du petit Jean. L’enfant dit que l’inconnu qui a enlevé sa soeur était jeune, grand avec les cheveux noirs et courts. Rien sur la marque de la voiture. Le même jour, Allessandra convoque les journalistes et leur demande de lancer un appel à témoins. Le 5 juin, les témoignages arrivent mais n’apportent rien jusqu’à l’appel de M. Aubert. Il relate les faits qui se sont produits au carrefour de la Pomme. Le couple Aubert a lu la presse et a fait le rapprochement avec l’inconnu qu’ils ont vu. Mais la voiture recherchée est une Simca 1100 et non une 304. Pour le gendarme qui répond à Aubert, cela ne correspond pas.
Le 5 juin, Vincent Martinez a lu la presse et a fait le rapprochement avec l’accident dont il a été victime. Il a appelé la gendarmerie où il avait déposé plainte. M. Aubert est invité par les gendarmes à donner ses renseignements à l’Evêché et il appelle Alessandra. Celui-ci rend compte au substitut du procureur, Monsieur Marnet. Marnet prend contact avec la juge d’instruction, Melle di Marino. Le capitaine Gras met en place un dispositif de recherches pour retrouver Ranucci. Dans l’après-midi, un gendarme aperçoit du sang dans les broussailles où Ranucci avait été vu. Le gendarme découvre le cadavre de l’enfant à cet endroit, inerte depuis longtemps. La fillette a été frappée de nombreux coups de couteau. La mort remonte à 48 heures. La juge d’instruction, le procureur adjoint Berge Lefranc, Marnet et le médecin légiste se rendent sur les lieux. LE père de l’enfant est accompagné par les policiers pour reconnaître le corps de sa fille vers 17h30. Il pousse un cri déchirant et perd connaissance. Dans les minutes qui suivent la découverte du corps, les gendarmes identifient le propriétaire de la 304n Chritian Ranucci. Les gendarmes se rendent à son domicile, à Nice. C’est sa mère qui les reçoit. Surprise, elle leur indique que son fils est à son travail. A 18 h, Ranucci rentre et est aussitôt interpelé par les gendarmes. Il apprend qu’il est recherché pour délit de fuite. Il est conduit au commissariat de Nice. Alessandra se rend à Nice muni d’une commission rogatoire pour ramener Ranucci à l’Evêché. Le 5 juin, vers 16 h, Henri Guazzone, contremaître d’une champignonnière indique aux gendarmes que le 3 juin il avait vu Ranucci dégager sa 304 embourbée dans la champignonnière aidé par l’employé du contremaître. Ranucci avait prétendu s’être rendu là pour pique-niquer malgré les odeurs nauséabondes. Dans la champignonnière, les gendarmes découvrent un pull-over rouge. Vers 20 h 30, Ranucci est gardé à vue à Nice. Alessandra lui demande où se trouve sa 304 accidentée. Ranucci répond qu’il l’a laissée dans le garage de l’immeuble où il habite. Les gendarmes se rendent avec Ranucci à Nice pour saisir la voiture. Les gendarmes y découvrent deux cheveux.
Le 6 juin, Ranucci est conduit à l’Evêché. Il est entendu aussitôt. Il aurait quitté Nice, le 2 juin vers 14 h pour aller à Salernes. Il aurait passé la nuit du 2 au 3 juin dans sa voiture. Le 3 juin, vers 9 h, après s’être dirigé vers Aix-en-Provence, il aurait décidé de rejoindre Nice et il serait arrivé à 12 h au carrefour de la Pomme. Il reconnaît avoir causé l’accident et pris la fuite. Il se serait rendu vers une galerie souterraine pour changer son pneu abimé dans l’accident. Mais après enlisé sa voiture, il avait dû faire appel à deux hommes pour se dégager. Après cela, il est rentré chez lui. Il nie catégoriquement avoir enlevé la fillette à Marseille. IL indique qu’il ne s’est jamais rendu à Marseille. Il conteste le témoignage des Aubert et veut être confronté avec eux. Concernant les tâches de sang trouvées sur le pantalon que les policiers ont découvert dans le coffre de la 304, Ranucci prétend qu’il s’agit de tâche de boue. Ranucci est présenté à des enfants victimes d’attoucehements avec des policiers de même âge et de même corpulence que lui avec un numéro sur la poitrine. Le tapissage est vain car les enfants ne reconnaissent pas Ranucci. Les Aubert arrivent à midi à l’Evêché. Ranucci leur est présenté lors d’un tapissage derrière une glace sans tain, ils le reconnaissent immédiatement. Lors de la confrontation Mme Aubert prend Ranucci par les épaules et s’adresse à lui de façon péremptoire et vindicative. Dès lors les dénégations de Ranucci sur l’enlèvement de la fillette s’effondrent. Il est sonné. Il fond en larmes et avoue « Oui, c’est moi. Je ne voulais pas la tuer. Je ne suis pas un salaud ! ». Les Aubert sont alors entendus séparément par la police. Ils relatent l’accident et la rencontre avec Ranucci accompagné d’un enfant, ils ne savent si c’était un garçon ou une fille. Pour Mme Aubert, l’enfant était âgé de 6 à 8 ans. Elle l’a entendue dire : « Qu’est-ce qu’on fait ». A la lecture de ce livre on s’interroge. En effet, si la fillette était vivante au moment où Ranucci a été vu avec elle par les Aubert pourquoi l’aurait-il tuée à ce même endroit précis ? C’aurait-été stupide de sa part de laisser une preuve si flagrante de sa culpabilité. Bouladou pense que Ranucci ne se souvient pas avoir vu les Aubert avant d’avoir tué la fillette mais pourtant d’après M. Aubert, Ranucci lui a répondu quand il l’a appelé juste après l’accident. L’enquête de Bouladou reste floue sur ce point et n’apporte aucune réponse.
A 14 heures, l’inspecteur Porte recueille les aveux de Ranucci. Pendant trois heures, il révèle tous les détails de l’enlèvement et du meurtre. Ranucci se serait rendu à Marseille pour voir un camarade de régiment. Il aurait caché le couteau du meurtre dans un tas de tourbe près de la champignonnière. Le couteau sera retrouvé exactement à l’endroit décrit, encore ensanglanté. Ensuite Ranucci dessine un croquis parfait du lieu de l’enlèvement. Il prouve donc qu’il était à Sainte Agnès. A 17 heures, la mère de Ranucci vient voir son fils. Celui-ci lui avoue le crime sans savoir pourquoi il l’a commis. Les policiers veulent emmener Ranucci à l’endroit où se trouve le couteau mais ils ont besoin de prolonger la garde à vue de 24 h. La juge d’instruction refuse car Ranucci ayant avoué il a droit à un avocat et il faut qu’il soit inculpé pour une nouvelle garde à vue. La juge a peur de voir sa procédure attaquée. Ranucci est examiné par un médecin qui prouve qu’il n’a pas été torturé par les policiers. Les gendarmes partent donc seuls à la recherche du couteau et le retrouvent au bout d’une heure et demie. Les policiers réinterrogent le garagiste Spinelli qui reconnaît qu’à 40 m de distance, il a pu confondre un Simca 1100 avec une 304. Les policiers découvrent que le 1er juin un homme vêtu d’un pull-over rouge s’est livré à des attouchements sur deux soeurs, âgées de 8 et 9 ans. Un adolescent avait vu un homme le 25 mai au même endroit discutant avec deux autres fillettes avec le signalement donné quelques jours plus tard. Cette fois l’homme était parti dans une Diane bleue. Mais les témoins de ces scènes ne reconnaissent pas Ranucci. Le pull-over rouge trouvé dans la champignonnière est trop grand pour Ranucci. L’homme vu par les deux soeurs ne serait donc pas Ranucci mais aucune enquête ne sera faite sur cet individu. Le 6 juin, Ranucci est présenté à la juge d’instruction. Il consent à s’expliquer sans avocat. Il confirme en tous points ses aveux. Ranucci est incarcéré à la prison des Baumettes. Le 7 juin, la juge d’instruction interroge de nouveau Ranucci sur son CV. En prison, il est visité par des psychologues. Il reconnaît encore les faits. Il leur avoue qu’il possédait le couteau depuis un an et qu’il avait offert des bonbons à la fillette. Le 10 juin, Di Marino entend tous les témoins de l’affaire et Ranucci dément s’être rendu dans la champignonnière pour se cacher. Il ne se souvient pas avoir été pris en chasse après l’accident mais il reconnaît encore le meurtre devant ses avocats. Le 17 juin, Di Marinon reçoit Mme Mathon et procède à son audition. La mère de Ranucci indique que son fils est parti le 2 juin avec l’intention de passer le week-end à Aix pour voir un camarade dont elle ignore le nom. Ranucci n’aurait pas parlé de Marseille à sa mère pour allez y voir son père qu’il n’avait pas vu depuis l’âge de 7 ans ou revoir Monique son ex-fiancée, liaison que Mme Mathon désapprouvait.
La reconstitution a lieu le 24 juin. Jean Rambla et Eugène Spinelli ne sont pas présents. Le père de la petite n’est pas en était de suivre la reconstitution. La scène de l’enlèvement n’est pas reconstituée de peur des risques de vengeance ou de trouble à l’ordre public. Dans la déposition de Ranucci au moment de la reconstitution tout correspond avec les charges retenues contre lui. L’accident est reconstitué. On apprend que la fillette a crié en haut du talus selon les dires de Ranucci. Il montre l’endroit où il s’est caché et aurait tué la fillette. Au moment de reconstituer le meurtre, Ranucci éclate en sanglot et dit ne pas se rappeler. Puis on se rend à la champignonnière et Ranucci montre l’endroit où il a déposé le couteau, endroit qui correspond à celui ou l’arme a été retrouvée.
Ranucci est à nouveau entendu par la juge d’instruction le 26 juin. Il reconnaît toujours le meurtre. Il ne peut pas expliquer le motif de ses actes. Il pense qu’il a eu peur qu’on pense à mal quand il a été vu avec l’enfant. Un appel à témoin lancé dans Nice Matin amène la découverte de deux affaires dans lesquelles des enfants ont été importunés. Une des jeunes victimes a reconnu Ranucci comme l’auteur des faits. Bouladou relate des affaires datant d’avant le crime où Ranucci aurait été impliqué s’agissant de contacts douteux avec des enfants. Des témoins l’ont reconnu.
Le 27 décembre 1974, Di Marino interroge Ranucci pour la dernière fois. Ses avocats sont absents. C’est à ce moment que Ranucci revient sur ses aveux. Il ne se souvient plus avoir enlevé une fillette et l’avoir tuée. Di Marino quitte l’affaire, elle est remplacée par Pierre Michel.
Le 12 mars 1975, le dossier d’instruction est clos. La mère de Ranucci rend visite à son fils. C’est au cours de ces visites qu’elle apprend par Mme Mattéi qui a également un fils incarcéré, que sa fille aurait été accostée par un homme avec une voiture grise qui aurait demandé de l’aide pour retrouver son chien noir. Mme Mattei a assisté elle-même le 1er juin 1974 à une tentative d’enlèvement d’un enfant par un homme portant un pull-over rouge et utilisant une Simca 1100. Bouladou démonte complètement ce témoignage en affirmant qu’il est faux et imaginé à partir des articles lus par Mattéi dans la presse. En 1975, Ranucci crie son innocence. Il veut vire au Vénézuela et espère que le président de la République lui versera une forte somme d’argent. Le procès est prévu pour les 9 et 10 mars 1976 à Aix en Provence. Un mois avant Patrick Henry a été arrêté pour l’enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand. L’ombre de Patrick Henry est dans le prétoire et les spectateurs du procès de Ranucci réclament la mort pour lui. Lors du procès, Ranucci porte une croix trop voyante. Cette croix choque car Ranucci ne demande pas le pardon et adopte une attitude arrogante. Ses avocats ont voulu le dissuader de plaider l’innocence craignant qu’il indispose les jurés. Me Lombard, défendant Ranucci, voulut contrer le témoignage des Aubert. Il affirma que ceux-ci avaient d’abord dit avoir vu Ranucci avec un paquet et non un enfant et les documents des gendarmes avaient bien enregistré le problème du « paquet » à la place de l’enfant. Mais le commissaire Alessandra confirme que Monsieur Aubert lui avait parlé tout de suite d’un enfant lorsqu’il l’avait appelé le 5 juin 1974. Me Lombard reproche aux Aubert de n’avoir reconnu Ranucci qu’au 2è tapissage mais ceux-ci affirment n’avoir assisté qu’à une seule présentation de Ranucci. Quant au sang retrouvé dans la 304, Ranucci affirme qu’il s’était blessé dans l’accident et qu’il s’agissait de son sang et pas celui de la fillette. Mais il y avait des tâches sur la poche droite de son pantalon là où il avait reconnu avoir glissé le couteau. Quant à Spinelli, il déclara au procès, que l’arrière d’une Simca 1100 ressemble à celui d’un coupé 304 et le signalement de l’homme qu’il avait décrit correspondait à celui de Ranucci. Mme Mattei se démonta lors du procès et elle était à la limite de l’inculpation pour faux témoignage. Bouladou reconnaît quand même qu’un homme au pull-over rouge a bien sévi avant Ranucci. Un des deux cheveux trouvés dans la 304 de Ranucci appartenait à Maria-Dolorès. Trop de charges pesaient contre Ranucci. Me Lombard émit un doute sur la ressemblance des cheveux de Marie-Dolorès et ceux trouvés dans la 304. Au cours du procès, une altercation eut lieu entre Alessandra et Ranucci. L’accusé parla de torture envers sa personne et le commissaire traita Ranucci de monstre. Des journalistes étaient présents derrière la porte des policiers au cours de la garde à vue et n’avaient pas entendu de preuves de torture, ils furent offusqués. Ranucci prenait des notes pendant le procès. Il calculait combien d’indemnités, il allait demander au Président de la République une fois innocenté ce dont il ne doutait pas . Gilbert Collard, avocat des Rambla, tenta de pousser Ranucci à avouer le crime pour qu’il émeuve les jurés et sauve sa tête mais sans succès. Apparemment il ne réclamait pas la mort alors que c’était le voeux des parents de la fillette. L’avocat général, M. Viala réclama la peine de mort de peur d’être lynché par l’opinion publique mais aussi parce qu’il avait été écoeuré par les photos du cadavre de la fillette. Parmi les trois avocats de Ranucci seul Me Fraticelli voulait plaider coupable avec les circonstances atténuantes pour son client. Pendant tout le procès les cris de « A mort Ranucci ! » n’avaient cessé de retentir à l’extérieur et de fait la peine de mort fut prononcé »e et Ranucci murmura : « Ils sont fous, ils sont fous ! ». Pour rajouter à l’horreur, la mère de Ranucci fut insultée et bousculée à la sortie du procès. Les avocats de Ranucci se pourvoyèrent en cassation pour plusieurs vides de forme mais en vain. Ranucci écrivit un livre qu’il appela le « document » sa mère le fera paraître après la mort de son fils. Il y racontait sa version des faits. Giscard avait affirmé publiquement son aversion pour la peine de mort mais refusa de sauver la vie de Ranucci en le graciant. Le pire c’est qu’une fausse dépêche laissa croire à Ranucci qu’il était gracié. Ranucci fut tué le 28 juillet 1976.
Deuxième partie : le livre de Gilles Perrault mon enquête.
Chapitre II le docteur Vuillet
Le docteur Vuillet avait pratiqué l’autopsie de Marie-Dolorès et établit un rapport psychologique de Ranucci. Bouladou l’a rencontré en 1984 et le médecin l’a convaincu de la culpabilité de Ranucci. Depuis ce jour, Boudalou s’est juré de mener l’enquête. Il évoque alors le livre de Gilles Perrault « Le pull-over rouge » sorti en 1978 qui déclencha sa passion pour l’affaire. Après avoir lu et relu le livre, Bouladou croyait à l’éventualité d’une erreur judiciaire. Dans sa jeunesse il était hostile à l’abolition de la peine de mort mais il changea d’avis.
Chapitre III : le témoignage de Jean Rambla.
Bouladou relate la déposition du père de la fillette qui reprend les faits déjà relatés. M. Rambla ne parle pas de Simca 1100 ce qui prouverait que son fils ne lui en avait pas parlé non plus. Jean précisa aux policiers qu’il pouvait reconnaître l’homme qui avait enlevé sa soeur. Les policiers ont présenté différents types de voiture à Jean et l’enfant a désigné une Simaca Chrysler mais pas une 1100. Et la presse s’est trompée en parlant d’une Simca 1100 à propos du témoignage de Jean. Les journalistes ont confondu avec les rumeurs circulant dans le quartier Sainte Agnès. Bouladou pense que ce sont les journalistes qui auraient faire dire à Jean que la voiture du coupable était une Simca 1100. Bouladou démonte la théorie de Gilles Perrault selon laquelle Jean était un spécialiste des voitures car son père n’en avait pas et l’enfant n’aurait pas eu de miniatures (ce qui paraît difficile à croire concernant un petit garçon). En 1992, Jean raconta à J.P. Foucault qu’en 1974 il ne savait pas identifier les voitures. Bouladou a rencontré Jean Rambla en 2003 et celui-ci lui a confirmé que jamais, quand il était enfant, il n’aurait su distinguer une marque de voiture. Dans le livre du policier Fratacci, le père de Jean raconte qu’il était trop pauvre pour offrir des voitures miniatures à son fils ce qui renforce les théories de Bouladou.
Dans le film de Michel Drach, on voit l’enfant reconnaître la Simca 1100 à partir de photos ce qui n’est jamais arrivé. Jean a parlé de l’auteur de l’enlèvement comme d’un homme qui paralait « comme les gens d’ici ». Pour Bouladou cela voulait dire en Français puisque les parents Rambla parlaient espagnol alors que pour Gilles Perrault cela signifie que le criminel parlait avec l’accent du midi or Ranucci n’avait pas l’accent du midi. Bouladou estime que si Jean n’a pas reconnu Ranucci lors du tapissage c’est qu’il n’était pas habillé de la même façon que le jour de l’enlèvement ce qui paraît douteux pour le lecteur. Pourtant Bouladou renforce sa thèse en évoquant une victime de Guy Georges qui n’a pas reconnu son agresseur alors qu’elle avait passé une heure avec lui.
Chapitre IV : le témoignage de Eugène Spinelli
Spinelli, lors de sa déposition, affirma avoir vu une homme de trente ans enlever une fillette à bord d’une Simca 1100 gris clair or Spinelli n’a pas reconnu Ranucci quand il lui a été présenté. Mais Bouladou se repose sur la déposition pour affirmer que Spinelli n’aurait pas pu reconnaître Ranucci car il l’avait vu à 40 mètres de distance. Bouladou dénigre Gilles Perrault en précisant que celui-ci accorde une importance au témoignage de Spinelli que bouladou lui-même refuse d’accorder. A partir d’un raisonnement tiré par les cheveux, Bouladou s’évertue à affirmer que Ranucci correspond au signalement de Spinelli ce qui rend ses théories polémiques et affaiblit les convictions qu’il veut faire accepter par le lecteur.
Chapitre V : le témoignage de Vincent Martinez
Martinez, lors de sa déposition, a affirmé que Ranucci était seul à bord de sa 304. Mais Bouladou dit que le témoignage de Martinez qu’il a recueilli révèle que celui-ci a vu une masse basculer à l’arrière de la 304. Bouladou veut encore faire passer Gilles Perault pour un menteur. Il pense que le gendarme qui a pris la déposition de Martinez n’a pas voulu enregistrer la possibilité de la présence d’un enfant pour ne pas embrouiller le dépôt de plainte ne concernant qu’un délit de fuite après un accident. Après sa deuxième déposition, Martinez a formellement reconnu Ranucci alors qu’il donnait moins de détail sur lui lors de sa première déposition. Là encore et pour la deuxième fois, Martinez n’a pas signalé d’enfant avec ranucci. Devant le juge d’instruction, Martinez a estimé que la crainte et le sang froid (ce qui est contradictoire) affiché par Ranucci prouverait qu’il avait des raisons de prendre la fuite après l’accident. M. Martinez et M. Aubert affirmeront toujours qu’ils ont parlé tout le temps d’un enfant et non pas d’un paquet pourtant Bouladou sait que tel n’est pas le cas dans leur déposition.
Chapitre VI : l’interpellation
Bouladou s’appuie sur le rapport des gendarmes pour expliquer que le corps de la fillette était bien caché dans un buisson mais près de l’accident de Ranucci ce qui a conduit à son interpellation. Dans la 304, les policiers ont trouvé deux cheveux, un opinel et une carabine. Tout d’abord Ranucci nia farouchement l’enlèvement et le meurtre de l’enfant.
Chapitre VII : le témoignage des époux Aubert
Bouladou révèle que si Ranucci nia le meurtre c’est parce que sa vie prenait un essor nouveau, il avait trouvé un travail, une voiture et il allait connaître une grande indépendance par rapport à sa mère. Sans le témoignage des Aubert, on n‘aurait pas retrouvé la petite fille à l’endroit précis où ils ont vu Ranucci s’enfuir mais Bouladou n’explique pas pourquoi Ranucci aurait tué la fillette à l’endroit précis où il a été vu par les Aubert. L’explication douteuse serait que Ranucci n’avait pas remarqué qu’il était poursuivi alors qu’il avait été pris en chasse par les Aubert. L’explication de Bouladou ne tient pas la route. C’est devant les Aubert que Ranucci a craqué et a avoué au commissariat. Il a expliqué qu’il n’était pas un salaud et avait agi par affolement. Dans la déposition des Aubert, on voit bien que M. Aubert a demandé à Ranucci de revenir quand il l’a vu fuir après l’accident donc Ranucci se savait suivi contrairement à ce que Bouladou affirme. Pourquoi aurait-il donc tué l’enfant juste à l’endroit où M. Aubert l’avait vu ? Bouladou est obligé de reconnaître que cela vient du fait que Martinez n’aurait pas parlé d’enfant devant le gendarme qui prenait son dépôt de plainte et M. Aubert non plus. Il y a une deuxième polémique dans le témoignage des Aubert. M. Aubert prétend avoir vu Ranucci sortir par la portière avant gauche de la 304 alors que celle-ci était bloquée après l’accident. Bouladou en conclut qu’il est sorti par la portière droite et a fait le tour et c’est à ce moment que M. Aubert l’a vu. Il pense également que Ranucci a pu forcer la portière gauche et que celle-ci s’est définitivement bloquée après l’ouverture. Bouladou se contredit souvent. Il affirme que Ranucci ne s’est pas vu poursuivi par les Aubert alors que M. Aubert a entedu Ranucci lui répondre : « Partez et je reviendrai ». Bouladou prétend que c’est grâce aux Aubert que « l’assassin » a été arrêté. Il pense donc que Ranucci a tué la fillette avec préméditation. Bouladou démonte encore le livre de Perrault en signalant que celui-ci s’appuie sur une erreur journalistique. Trois journalistes sur trente avaient affirmé que les Aubert n’avaient pas reconnu Ranucci lors d’un premier tapissage.
23 juin 2009
L'Atlantide (Pierre Carnac)
L’Atlantide : autopsie d’un mythe (Pierre Carnac)
Pierre Carnac est docteur en histoire et en lettres. Il est historien des sciences et des techniques et ancien chargé de recherches au CNRS. Il dirige l’association « Atlantide XXI » à vocation rationaliste et scientifique.
L’Atlantide, c’est avant tout une fable de Platon pour dessiner l’image d’une société idéale. 2500 livres ont été écrits sur ce sujets depuis la Renaissance. Pour la quasi-totalité du milieu scientifique, l’Atlantide n’a jamais existé. Carnac pense que les terrasses recouvertes de sédiments qu’on trouve au fond de l’Atlantique pourraient comprendre l’Atlantide. Les Atlantes seraient des « Parfaits » ayant atteint un haut degré de civilisation dont l’excellence fut altérée par une décadence morale qui appela leur fin tragique. C’était un homme blanc ce qui a sans doute alimenté l’idée bien ancrée dans la culture occidentale après la Renaissance d’une supériorité innée de l’homme blanc. Les qualités dont on affublait l’Atlante platonicien ont contribué aux fondements intellectuels du racisme européen moderne.
1è partie : Platon raconte
Dans le Timée et le Critias, Platon décrit l’île Atlantide qui se serait étendue au-delà des colonnes d’Hercule, c’est-à-dire dans l’Atlantique.
Chapitre 1 : retour aux sources
Platon est la source première et pour certains unique de l’histoire de l’Atlantide. Il aurait inventé l’Atlantide et les références égyptiennes. Une mise en scène habile du philosophe. Les deux textes de Platon datent de – 370 et – 347. Plutarque estime que les premières informations des Grecs concernant l’Atlantide auraient été consignées par Solon, l’illustre legislateur Athénien. Solon avait voyagé en Egypte. Il aurait entendu parler de l’Atlantide en Egypte par deux prêtres Psenophis d’Heliopolis et Sonchis de Saïs. L’existence de la version de l’Atlantide que Solon n’a pas eu le temps d’écrire prouve quand même que l’Atlantide n’a pas été inventée par Platon. Platon raconte que les Grecs auraient vaincu les Atlantes et libéré les Egyptiens de l’occupation atlante. Platon aurait inventé une impossible guerre gréco-atlante par simple désir de flatter l’orgueil national de ses concitoyens. En rédigeant le Timée et le Critias, Platon visait aussi à sensibiliser les Grecs pour le modèle initial, brillant sur les plans social et politique, du monde des Atlantes. L’analogie antre le Déluge de l’Ancien Testament et la fin catastrophique de l’Atlantide est évidente. On fait une surenchère sur les prétendus savoirs scientifiques et technologiques des Atlantes. Platon ne les avait pas dotés d’une civilisation technique supérieure à celle des Grecs. Charles Berlitz et Edgar Cayce ont donc tort selon Pierre Carnac. Les commentaires moralisateurs concernant la catastrophe qui frappa l’Atlantide contribuèrent en grande partie au rejet rationaliste du mythe dans son ensemble. Il y a deux Atlantides, l’Atlantide exemple et l’Atlantide avertissement. La première est une société idéale et la seconde contient en germe le reproche écologique adressée au développement sans limites des applications technologiques de la science. Selon Pierre Carnac, le mythe d’Osiris a un rapport avec l’Atlantide car le royaume des morts où repose le dieu est situé par les anciens Egyptiens quelque part à l’ouest. Le « Livre des morts » recueil de textes trouvés dans les pyramides évoque une île dans le monde des vagues du grand océan occidental. Pierre Carnac utilise le « Livre des morts » pour prouver la chute d’une grande météorite dans la zone atlantique de la Terre et qui aurait provoqué l’engloutissement de l’Atlantide. Il pense que les sources de l’Atlantide utilisées par Platon sont extérieures à la Grèce car l’Atlantide disparaît bien avant le début de l’histoire grecque.
Chapitre II : le longue carrière d’un mythe exquis.
L’image de l’Atlantide ne cesse de briller dans la mémoire culturelle du monde moderne. Il existe même une science de l’Atlantide « l’Atlantologie » mais elle est infectée par la présence de publications fantaisistes. Il fallut attendre Le Plongeon ou Donnelly et Churchward pour que le thème de l’Atlantide s’évade du cabinet de travail de l’érudit pour ressortir enrobé dns l’extravagance de certaines pseudo hypothèses. Les extrapolations extravagantes sur l’Atlantide ont paru après 1850 avant la recherche sur le continent perdu était sérieuse. Le mythe de l’Atlantide met en lice quelques grands personnages de la mythologie grecque comme Poséidon et Atlas. Poséidon avait reçu en partage l’île Atlantide dont il fonda la capitale et Atlas, roi atlante et fils de Poséidon. Le Déluge s’apparente à la tradition de l’Atlantide par son aspect de noyade, traduction intentionnelle des effets dévastateurs du mécanisme péché-punition mis en place par la volonté divine. Carnac prouve que le mythe du Déluge est universel et a influencé toutes les civilisations. Les traces géographiques du Déluge, qui fut certainement universel, témignent en faveur de l’existence passée de l’Atlantide. Aristote mit en doute la réalité de l’Atlantide de Platon et fut récupéré par les auteurs sceptiques ultérieurs. Mais le stoïcien Posidonios et le philosophe Crantor défendent l’Atlantide de Platon. A partir du VII siècle et jusqu’à la Renaissance on ne s’intéresse plus à l’Atlantide. C’est la découverte de l’Amérique qui réveille l’intérêt des érudits de l’époque pour le mythe de l’Atlantide.
Chapitre III : De l’Atlantide aux Atlantes
C’est Platon qui le premier fixa l’emplacement géographique de l’Atlantide. En tant que mythe, l’histoire de l’Atlantide de Platon est analogue aux mythes du Parais perdu ou de l’Age d’or. En 1964, Pierre Vidal-Naquet vit dans l’Atlantide de Platon une affabulation créée en vue de cristalliser le double d’unité et d’altérité « chère à Platon ». Par l’écrit ou l’image, le sujet atlante et ses dérivés ont fait carrière. Romans, oeuvres de science-fiction, bandes dessinées, films en témoignent. Au XVIIIè siècle, l’Etats-unien James Harrington prit l’Atlantide pour modèle dans son roman intitulé « Océane » destiné à promouvoir une vision politique « républicaine » (certaines de ses suggestions se retrouvèrent dans quelques uns des articles de la toute jeune constitution des Etats-Unis).
Prix Nobel en 1912, l’écrivain allemand Gerhart Hauptmann sacrifia au grand thème littéraire moderne du déséquilibre spirituel et du mal de vivre dans un roman intitulé Atlantis. Les Atlantides non platoniciennes entrèrent dans la littérature et pour servir les mêmes causes : distraction, pédagogie politique, combat d’idéologie sociale. Le roman qui fut le plus exploité est bien sûr « L’Atlantide » de Pierre Benoit qui fut transposé plusieurs fois au cinéma.
Depuis le début, le débat sur l’Atlantide a acquis l’aspect d’une double querelle. Celle de l’existence d’abord, celle de la bonne localisation par la suite. Il y a aussi le double plan sur lequel a su se placer le débat concernant l’Atlantide. A l’Atlantide historique, matérielle, monde vécu et disparu, envisagé en tant que tel, s’oppose une Atlantide spirituelle largement ancrée dans les réalités de l’âme dont elle nourrit également les regrets et les espoirs.
2è partie : le grand livre des Atlantides
Chapitre IV : Les Atlantides de l’Atlantique
Evoquant la puissance atlante en train de marcher sur l’Europe et l’Asie, Platon précise dans le Timée qu’elle venait d’un autre monde, située dans l’Atlantique. On jurerait que Platon décrit l’Amérique et les Antilles. Platon évoque dans le Timée l’existence d’un continent transatlantique. En traduisant en mesures modernes les données avancées par Platon on obtient pour l’Atlantide une superficie de 400 000 km2. Cela demeure en accord avec le relief sous-marin de la région atlantique des Açores. Cela correspond à une terre atlantique placée dans une région de l’océan comprise entre 24° et 35° longitude ouest et 30° et 41° latitude nord. Platon évoque clairement « les traemblements de terre et les inondations extraordinaires » responsables du très rapide effondrement de l’Atlantide dans la mer. Carnac s’appuie sur l’atlantologue autrichien Otto Muck pour affirmer que l’Atlantide a bien existé près des Açores. Comme Platon, Carnac estime possible que l’Atlantide ait disparu en un jour et une nuit. De plus, les relations sur des terres insulaires altantiques aujourd’hui disparues sont légion dans les textes antiques. En 1803, l’auteur français Bory de Saint Vincent affirma sans son « Essai sur les îles Fortunées et l’antique Atlantide » que les Açores, Madère et les Canaries étaient les restes de l’Atlantide. Plus tard, en 1922, le géographe W. J. Bancock prétendit dans un ouvrage que les fonds actuels de la mer des Sargasses recelaient les ruines englouties de l’Atlantide. DE 1977 à 1981, les Russes explorèrent le banc Ampère sur le socle des îles Madère et trouvèrent les restes d’une muraille mais les autorités portugaises leur interdirent de revenir pour des raisons de sécurité militaire. En 1973, une expédition états-unienne découvrit une vieille cité submergée à 35 mètres de profondeur et à 16 kms au large de Cadix mais les autorités espagnoles interdirent de poursuivre les recherches.
Bimini fut découvert en 1512 par l’Espagnol Juan Ponce de Leon. Edgar Cayce y voyait une résurgence de l’Atlantide. En 1968, des structures artificielles furent trouvées près de Bimini. Le mur était long de 66 mètres et large de 10 mètres. Des calculs précis assurent que les structures de bimini se trouvaient à l’air libre il y a huit à dix mille ans. Le géologue Harrison prétendit que le mur de Bimini était naturel et on s’en tint à ses affirmations. Certains ont pensé pouvoir attribuer les structures submergées de Bimini à l’Atlantide mais pour Carnac ce n’est pas le cas car le plateau des Bahamas est soumis depuis au moins quinze mille ans à un lent mouvement d’affaissement mais totalement exempt d’activité volcanique.
Chapitre V : les Atlantides du Pacifique
Mu serait une autre et plus ancienne Atlantide. Pour le naturaliste anglais Alfred Russel Wallace, émule de Darwin, les Papous, les Mélanésiens et les Polynésiens étaient les rejetons ultimes des rescapés de la disparition catastrophique d’un immense continent englouti dans le Pacifique. Adepte de Swendenborg, Jacob Böhme et Louis-Claude de Saint Martin, Louis Jacolliot écrivain et érudit fut hanté par le mythe du Paradis perdu. Il avait acquis la conviction que des vieilles traditions et d’anciens écrits hindous évoquaient sous le nom de Rutas un véritable continent perdu et engluti sous l’océan indien. Jacolliot changea le Rutas de place pour l’abriter dans le Pacifique. Cette théorie fut récupérée et mise en valeur par James Churchward soi-disant ancien officier britannique de l’armée des Indes qui était censé se trouver au Tibet occidental en 1883. En réalité, il était un petit anglo-états-unien sportif et chasseur. Son premier livre « Mu, le contient perdu » fut publié en 1926. Le monde englouti de Churchward ne fut jamais victime des critiques acerbes qui ont visé sans relâche « l’irrationnelle Atlantide » car le colonnel sut se ménager les arrières ésotériques en s’alliant au monde des théosophes. Churchward passe pour un illuminé sympathique et cultivé. Mu était long de plus de 5 000 kms du Sud au Nord et large d’environ 10 000 kms de l’est à l’Ouest. Il était peuplé par 64 millions d’habitants groupés en dix peuples et tribus. A la tête de ce peuple régnait un prêtre roi. Les « Muens » étaient surtout blancs mais aussi jaunes ou noirs. Selon Churchward Mu était rien moins que la terre de la Genèse. Le premier empire du monde fut fondé il y a 35 000 ans. Il prétendit avoir découvert cela dans des tablettes en bois portant des inscriptions de l’île de Pâques. Même les racines de la franc-maçonnerie se retrouvent dans l’enseignement que de mystérieux initiateurs extérieurs venus parfois du ciel avaient dispensé aux Muens. Churchward raconte que Mu explosa car il était placé sur des circuits naturels de gaz volcanique. La catastrophe se produisit entre – 33 000 et – 10 000 ans. Pour Churchward Mu est une description détaillée de l’origine de toute civilisation.
Chapitre VI : Autres Atlantides marines
Au milieu du XIXè siècle, le naturaliste anglais Slater fut le 1er à supputer que des millions d’années après le morcellement du Gondwana une grande étendue du continent éclaté continuait d’exister dans des régions du nord-ouest de l’océan Indien. C’était la Lémurie. Certains paléo-anthropologues n’hésitèrent pas d’attribuer à la Lémurie un rôle d’importance dans le développement de l’humanité, allant jusq’à soutenir que la transformation des anthropoïdes qui aboutirait à l’homo sapiens eut lieu en Lémurie. La Lémurie éclata il y a 25 millions d’années. Certains auteurs comme J.B. Delisle de Sales placèrent l’Atlantide dans la méditerranée. Certains pensent que la civilisation de Cnossos en Crète disparu à la suite d’une éruption volcanique serait l’Atlantide. Il s’agit du professeur anglais Frost et de l’anthropologue Mahoudeau. L’île de Santorin située à 110 kms de la Crète aurait également été perçue comme l’Atlantide. Pierre Carnac ne croit pas à ces théories.
L’Atlantide fut également située à Malte par C.G. De Vasse et l’archéologue Joseph Bosco. Fabre d’Olivet situa lui aussi l’Atlantide en méditerranée. Il la voyait allant des Baléares jusqu’à la Corse. Le professeur F. Gidon, quant à lui, situa l’Atlantide en mer du Nord.
Chapitre VII : les Atlantides continentales
Depuis la Renaissance et jusqu’à nos jours, on a investi les terres d’Europe, d’Asie, d’Afirque, des Amériques et même d’Austalie de nombreuses Atlantides. Adolf Schulten, archéologue allemand plaça l’Atlantide en Espagne. Tartessos en aurait été la capitale. Carnac ne croit pas à cette hypothèse. Leatlantomanes placèrent le continent perdu également aux Pays-Bas, en Blegique, en Suède et en Angleterre. William Blake participa à la théorie selon laquelle Albion était l’Atlantide. L’aventure historique de l’Atlantide relatée par Platon est une vicissitude du destin de l’Homme occidental, l’Homme atlantique censé avoir créé sur son île une société idéale. En transposant cette Atlantide ailleurs, les atlantomanes n’en conservèrent pas moins le caractère blanc de cette société avancée. Erudition gréco-latine et passion hébraïsante se sont alliées pour motiver la vision de certains auteurs qui situèrent leur Atlantide en Terre sainte, confortant ainsi la foi chrétienne. L’Atlantide a également été située en Afrique. Au Maroc, les montagnes sont appelées Atlas. Ainsi, le géographe français François Berlioux crut identifier, en 1874, l’Atlantide à la région des monts Atals. L’Atlantide fut également située en Algérie par le Français C. Roux et en Tunisie par le géologue allemand Paul Borchardt. Le botaniste Godron situe l’Atlantide au Sahara relayé par Pierre Benoit dans son roman à succès « L’Atlantide » en 1919.
L’élargissement de l’’horizon géographique de la société occidentale après la découverte de l’Amérique suscite un regain d’intérêt pour les Dialogues de Platon qui avait supposé l’existence ancienne d’un véritable continent dans le ponant de l’Atlantique. Ainsi le linguiste français Guillaume Postel identifie l’Amérique à l’Atlantide, il voulut qu’on appelle le nouveau monde « Atlantis ». Alexandre de Humboldt franchit le pas lui aussi de ce rapprochement ainsi que le naturaliste Buffon. L’Etats-unien Mac Culloch et l’Anglais Paw croyaient que les îles des Caraïbes étaient des résidus de l’Atlantide. Laborde la plaça en Australie (ce fut le seul) en 1791.
Chapitre VIII : Quand l’Atlantide était un pont
Carnac suppose que l’Atlantide était une sorte de pont intercontinental unissant l’Europe et l’Amérique. Les recherches du scientifique français Louis Germain ont démontré que le flanc des terres insulaires de l’Atlantique central est étroitement liée à celle de l’Europe et de l’Afrique du Nord du début du miocène. Carnac en déduit que la séparation de l’Atlantide de l’Amérique a dû avoir lieu dans la deuxième moitié de l’ère tertiaire. Selon Platon, les éléphants vivaient en Atlantide. Carnac affirme que les éléphants ont connu une première forme, les pyrotherida en Amérique et que ces animaux ont pu diffuser leur descendance en Afrique par un pont transcontinental.
Chapitre IX : Les Atlantides des toits du monde
Carnac affirme l’existence d’une très ancienne culture nordique à caractère circumpolaire d’où l’hypothèse d’une Atlantide polaire. Les Grecs ont imaginé deux peuples fabuleux : les Hyperboréens et les gens de Thulé. Pour les Scandinaves Thulé serait le Groenland. Les Atlantologues ont annexé l’Hyperborée à l’Atlantide car Atlas, selon une tradition répandue en Grèce au IIè siècle avant JC était censé habiter chez les Hyperboréens. Bailly le 1er maire de Paris après la Révolution crut pouvoir prouver l’existence d’une civilisation polaire à partir de tables astronomiques trouvés en Inde. Bailly finit par croire que cette civilisation polaire était l’Atlantide. L’érudit hindou Ganghädar Tilak affirme, au début du Xxè siècle, que les origines des traditions indo-européennes étaient arctiques. C’est un cataclysme qui aurait chassé les peuples du Nord. LA Terre vue par Sannykov à la fin du XIXè siècle n’a jamais été retrouvée. Située dans l’Arctique, elle a été assimilée à l’Atlantide. LA Terre de Sannykov aurait sombré sous des éruptions volcaniques.
Apparue dans les voyages de Pythéas le Massaliote au IV è siècle avant JC, la légendaire terre nordique toujours verte de l’Ultima Thulé suscite bien des controverses quant à son emplacement. L’origine du mot « Thulé » vient de « Thual » qui signifie terre nordique en celte. Selon Hérodote, des hommes aux corps transparents vivaient à Thulé. D ‘apères les traditions des Indiens Lénape au XVIIIè siècle, on mentionne l’existence d’une île mysterieuse en direction de l’Islande. Cette île s’appelle « Tula ». En 1974, l’Italien Flavio Barbiero créa son Atlantide dans un livre intitulé « L’Atlantide sous les glaces » il la situa en Antarctique.
Chapitre X : les Atlantides imaginaires.
Monde inaccessible, situé dans un ailleurs inconnu, lui-même tributaire d’une autre grande utopie voisine, celle du fabuleux Age d’or toujours révolu, l’Atlantide prise comme utopie offre du même coup à ses admirateurs et inconditionnels un modèle d’organisation idéale de la cité. Thomas More publia sa célèbre Utopie en 1516. Ce territoire avait la forme d’une demi-lune large d’environ 320 kms habité par un peuple peu nombreux. L’île était gouvernée par une hiérarchie de magistrats siégeant à Amaurote, la capitale. Entre l’utopie de More et l’Atlantide de Platon subsistent des différences essentielles. Platon décrit un monde d’abord comme un idéal, qui glisse par la suite dans la corruption et est frappé par la furie divine. De son côté, More imagine une île existant quelque part pour abriter une société dont il imagine les moeurs et l’organisation. Le monde idéal de Platon « fut » celui de More « est ». On relie d’habitude la Nouvelle Atlantide de Francis Bacon à l’Utopie de More. Le Pays de Bacon s’appelle Ben Salem et ses habitants viennent de l’Atlantide. C’est une monarchie démocratique. La Nouvelle Atlantide connaît des technologies avancées qui fournissent un exemple pour tous ceux qui par la suite ont doté leurs Atlantes de progrès scientifique et technologiques de pointe.
Tommaso Campanella avait placé son Atlantide, la « cité du soleil » dans une grande île de l’océan Indien. Cette société était d’inspiration communiste avant la lettre.
Johan Valentin Andreae, fondateur de la rose-croix, invente lui aussi une Atlantide, la christianopolis, pôle humain de la perfection habité par des sages. Carnac rapproche l’idéal maçonnique de l’Atlantide. Pour lui, le caractère ésotérique et initiatique des pratiques rituelles maçonniques embrasse une symbolique particulière aux racines de laquelle on retrouve des passerelles imagées vers le mythe atlantidien. L’image du monde perdu des Atlantes retrouve des échos dans la tradition de la « parole perdue » de la symbolique maçonnique.
Dans l’image classique de l’Atlantide, deux réalités ne cessent de se faire face. Deux réalités psychiques, celle du regret et celle de l’espoir. Regret pour les délices du monde perdu, qui transpire avec nostalgie des textes platoniciens, et espoir sous-jacent de l’éternel rêve de retour. Carnac évoque l’occultiste Edgar Cayce. Cayce fit carrière dans des consultations qu’il appelait ses « lectures ». Certaines lectures concernaient l’Atlantide. L’Atlantide atlantique de Cayce disparut à cause de la mauvaise conduite de ses habitants, comme chez Platon. Cayce envisage deux catastrophes : l’une vers – 50700, la deuxième vers – 28000 lorsque plusieurs grandes îles furent englouties. La Lémurie disparut et seules quelques parties de l’Atlantide restèrent au-dessus des flots, vouées à une disparition finale quelques millénaires plus tard. Cayce avait probablement lu Churchward. Il pensait que les Atlantes étaient très avancées technologiquement (éléctricité, rayon de la mort, téléphone, télé, radio...).
Chapitre XI Dangereuses Atlantides
Dans le récit de Platon, on trouve déjà tous les ingrédients utilisés par la suite dans l’édification, outrageusement naïve et réductionniste, des théories racistes modernes. Nul apôtre du fascisme, du nazisme ou du racisme n’oublia de ranger l’Atlantide, vu du côté des Atlantes, dans son bagage intellectuel. Une véritable aventure intellectuelle de science-fiction à l’échelle nationale fut vécue dans l’Allemagne nazie. Elle trouvait son départ dans l’inconcevable tournure d’esprit d’un illuminé, le Dr Hans Hörbiger. Hitler l’avait surnommé le « Copernic allemand ». Il entrevit une grandiose explication unitaire de la naissance du monde. Véritable hymne de gloire consacré à l’image du combat sans fin entre le chaud et le froid, le feu et la glace, la Glazialkosmologie fut lancée à la conquête de l’opinion publique dès 1922. Ses théories trouvèrent en Allemagne et en Autriche quelques milliers d’adhérents. Pour Hörbiger, il y a environ 300 000 ans, la Terre était dominée par une civilisation avancée servie et exprimée par des géants. Ces derniers furent victimes d’une catastrophe à l’échelle planétaire : la chute sur Terre d’une de ses lunes ! La théorie de la glaciation universelle s’explique par la collision entre une gigantesque boule de glace et le soleil provoquant une explosion d’où ressort les planètes du système solaire. Hörbiger recourut à l’Atlantide pour donner une illustration à ses théories. Soutenue par le parti nazi, la théorie d’Hörbiger devint populaire. Des tracts en son honneur furent distribués. Après 1945, les théories d’Horbiger sortirent indemnes du régime nazi. Détachée de ses implications doctrinaires et de ses applications directes au mythe nazi du surhomme la vision cosmogonique horbigerienne séduisit bien des esprits romantiques. Un sondage lui donnait plus d’un million d’adhérents en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis. Hörbiger plaçait la ville pré-colombienne de Tiahuanaco sur un piedestal comme la ville cyclopéenne construite par les géants. Par la suite, H.S. Bellamy et Denis Saurat reprirent ses idées. L’Atlantide pour Hobiger était constituée de cinq terres émergées suite à un déluge provoqué par les marées lunaires. Les cinq terres étaient le Mexique, les Andes, l’Ethiopie, le Tibet et la Nouvelle-Guinée. Carnac affirme que Karl Haushofer, puisa lui aussi dans le mythe de l’Atlantide pour y trouver les racines du surhomme hitlérien. C’était un géopoliticien. Il fut l’inventeur de la notion d’espace vital pour l’Allemagne. La conception raciale de l’homme que se firent les nazis les conduisit à chercher les débuts de la notion de race dans les racines mêmes de l’humanité et pourquoi pas dans le mythe des Atlantes déformé de manière partisane. Pour Haushofer, les Aryens avaient occupé l’Atlantide puis le Tibet (d’où la fascination des nazis pour le Tibet). L’Atlantide est devenue un grand mythe, qui présente deux caractères bien particuliers : un mythe intellectuel et un mythe blanc. Un mythe intellectuel car issu des textes de Platon. Il se propagea d’abord dans les cercles des gens cultivés. La relation de Platon demeura un récit et ne devint jamais conte ou légende populaire malgré les aspects fabuleux dont les uns et les autres la parèrent. L’explication mystique de la destruction de l’Atlantide avancée avec force détails par Platon rattache définitivement le récit du philosophe au sempiternel mécanisme psychologique péché-punition. La rigidité toujours avide de précision des érudits qui se sont emparés de l’Atlantide pour en éclaircir les inconnues, leur esprit toujours conservateur, l’image de Paradis perdu valorisant le passé aux dépens du présent finirent par faire de l’Atlantide un mythe de droite. Ce fut ainsi que l’Atlantide et ses variantes lémuriennes ont reçu bon accueil dans la « Doctrine secrète » de Blavatsky et l’image devenue ésotérique du continent perdu enrichit les annales intellectuelles du mouvement théosophique. L’admiration vouée à l’Atlantide comme « exemple » sociale se teinte progressivement d’idéologie holiste, encline à privilégier la race, les Atlantes purs et parfaits de Cayce et de certains autres.
Chapitre XII : preuves géologiques
Carnac cite une liste de scientifiques qui croient à l’existence de l’Atlantide. C’est donc que l’atlantologie est pour lui une science sérieuse. Pourtant les géologues n’acceptent guère l’existence passée de l’Atlantide. Pour eux, les données géologiques concernant les terres situées, dans la zone de contact initial afro-américaine, n’accusent point de présence d’un continent digne d’être pris en considération. La dorsale atlantique médiane recouverte de plus de 3000 d’eau ne semble pas avoir bougé depuis 280 000 ans. Les plus récents des sédiments ont un âge qui dépasse les 30 000 ans. Situer la grande île perdue quelque part à l’Orient de la dorsale médio-atlantique n’arrange pas non plus l’affaire. Carnac pense tout de même qu’une île de terre aurait pu exister en plaine dorsale médio-atlantique comme c’est le cas de l’Islande. Sous l’effet de la dérive des continents, l’Atlantide se serait désarticulé (environ 9600 ans avant JC) sous la forme d’un archipel. Carnac veut envisager scientifiquement qu’une Atlantide ait existé temporairement, à cause de sa nature fragile, faite de terre de basalte : ce qui rend caduc l’argument selon lequel il n’y aurait « pas de place » entre les continents existants. Carnac pense que l’Atlantide était une île volcanique comme l’Islande et que sa fragilité l’a fait submerger.
Chapitre XIII : la nécessaire catastrophe
L’idée que la fin de l’Atlantide soit venue du ciel fut avancée dès la fin du XVIIIè siècle. C’est en 1788 que Giovanni Rinaldo Carli écrit ses « Lettres américaines ». Il affirme qu’une comète avait heurté la Terre 10 000 ans avant notre ère et fit disparaître l’Atlantide. En 1954, parut le premier ouvrage de l’Autrichien Otto Muck qui apporte des arguments solides aux partisans de l’existence passée de l’Atlantide. Selon lui, l’Atlantide était une île assez grande située dans l’Atlantique dans une zone incorporant les Açores et mesurant 400 000 kms 2. Selon Muck, un « planétoïde » pesant plus de 200 milliards de tonnes, au diamètre d’environ dix kms, pénétra violemment dans l’atmosphère de la Terre où il explosa, se fragmentant en plusieurs morceaux. L’hypothèse de Muck n’émut pas outre mesure l’establishment scientifique, qui ne s’y intéresse point.
Chapitre XIV : Pas d’Atlantide sans déluge
Le thème du Déluge présente une triple parenté avec le mythe de l’Atlantide : sa signification philosophique, liée au mécanisme péché-punition, son caractère catastrophique évident et le transfert de société humaine qui en résulte, déterminant le départ des rescapés ou réfugiés atlantes. Si le Déluge biblique est souvent présenté comme une fable, l’universalité du motif laisse à penser qu’il eut des modèles concrets. L’océanographe André Caport estime que le Déluge fut un phénomène à l’échelle de la planète et qu’il eut lieu en 6500 avant JC provoquant la hausse rapide de 50 mètres du niveau des océans.
Chapitre XV : l’Atlantide au crible des sciences
Pour Carnac, le combat intellectuel que se livrent atlantologues scientifiques et scientifiques qu nient cette existence n’est pas celui de la science et de la non-science, c’est le conflit personnel entre l’amour propre réfugié dans la forteresse aux défenses inutiles de l’acquis considéré comme indépassable et la passion pour la vérité. Ainsi, le géographe ne peut ni confirmer ni infirmer l’existence passée de l’Atlantide sans faire appel à la géologie. La géologie laisse ouverte la possibilité que l’Atlantide ait pu se situer sur le plateau sous-marin açorien.
Epilogue : perspectives pour l’Atlantide
Des erreurs manifestes d’ordre scientifique, historique, géographique, sans compter les innombrables élucubrations des atlantomaniaques, admirateurs incinditionnels d’Atlantes supercivilisés, ont contribué à l’atmosphère de supercherie qui entache toujours la démarche atlantologique.
Carnac pense qu’il y aura de nouvelles découvertes et reste convaincu que l’hypothèse selon laquelle l’Atlantide a existé est tout à fait défendable. Il pense que c’est une météorite qui a provoqué sa destruction. Il conclut en affirmant que l’engouement pour l’énigme de l’Atlantide est une attitude intellectuelle profitable à la culture de tout un chacun et non pas un culte étrange à officier.
12 juin 2009
Là-bas (Huysmans)
Là-bas (Huysmans)
« Là-bas » est une satire, une opposition au positivisme dominant. « Là-bas » est un livre drôle et Huysmans l’a voulu ainsi en déclarant : « Je vois la tête des gens à l’apparition d’un bouquin fait de la sorte : mystique, réaliste et satanique à la fois... Nous allons rire ! »
Huysmans se moque à la fois des scientifiques comme Charcot et des occultistes comme Papus. Les voilà fourrés dans le même sac. Le personnage principal de « Là-bas » ne fait en somme que constater avec écoeurement que les héros de la raison et les anges du bizarre appartiennent au même monde. Durtal a choisi contre la science la religion, contre les occultistes, les sataniques. La démence cérébrale de « Là-bas » est l’épreuve décisive d’un processus de conversion de Huysmans. « Là-bas » ne prend alors son plein sens qu’en fonction des oeuvres ultérieures de Huysmans tournées vers le catholicisme.
I
Le roman commence par une attaque en
règle du naturalisme qui incarne « le matérialisme dans la
littérature ». Des Hermies démolit le naturalisme et Durtal
le défend. Durtal, lui, est reconnaissant envers le naturalisme qui
nous a débarrassé du romantisme et de son idéalisme de ganache.
Durtal voudrait créer un naturalisme spiritualiste qui traiterait de
l’âme et du corps. Comme la Salom& de Gustave Moreau dans « A
rebours », un tableau est décrit dans « Là-bas ».
Il s’agit d’une crucifixion peinte par Matheus Grünenwald.
c’est, pour Huysmans, le plus humain des christ à la chair triste
et faible. Durtal s’avoue un désir momentané de croire pour se
réfugier hors des âges. Il est resté célibataire et sans fortune.
La religion demande une désertion du sens commun et Durtal préfère
s’en écarter. Durtal disserte ensuite sur l’argent qui va de
préférence aux médiocres ou pervertit le corps et l’âme. Quand
l’argent devient le capital, son action s’étend à l’humanité
tout entière et il peut faire mourir de faim des milliers d’êtres.
Pour Durtal, l’argent est diabolique. Durtal prend des notes sur
Gilles de Rais, personnage qui le fascine.
II
Durtal a
cessé depuis deux ans de fréquenter le monde des lettres
considérant qu’il est composé de cupides bourgeois et
d’abominables mufles. Il sait que dans ce monde aucune amitié
n’est possible. Alors il s’est réfugié dans le passé et s’est
passionné pour Gilles de Rais. Il s’est cloîtré mentalement dans
le château de Tiffauges, lieu où vécut le monstre. Durtal ne croit
pas à la réalité de l’histoire et que la vérité est
impossible. Il pense que les historiens maquillent le passé. Durtal,
avec son livre sur Gilles de Rais, ne veut pas sombrer dans la
monomanie des biographes. Il veut dresser debout la figure du plus
cruel des hommes. Seul son ami des Hermies est au courant de son
projet. Durtal l’a rencontré chez Chantelouve, l’historien
catholique, qui se vante de recevoir tous les mondes. Des Hermies est
secret mais on sait qu’il est docteur de la Faculté de Paris même
s’il parle de la médecine avec mépris. Il est érudit et
fréquente des occultistes. Cette amitié est avantageuse pour Durtal
car sa famille est morte depuis longtemps et ses amis de jeunesse
sont mariés ou perdus. Depuis son départ du monde des lettres, il
était réduit à la solitude la plus complète.
III
Durtal
reçoit la visite de Rateau, vieux bonhomme placide, c’est le
concierge qui fait le ménage brutalement. Des Hermies vient le
chercher. Il l’emmène à l’église Saint Sulpice où il veut
grimper. Arrivés en haut des tours, les deux amis regardent les
cloches de l’église. Des Hermies présente le sonneur de cloches à
Durtal. L’homme a lu les livres de Durtal. Le sonneur s’appelle
Carhaix. Carhaix est fier de son métier et il l’explique en détail
à Durtal. Il possède même des livres sur les cloches, des traités
qui remplissent sa bibliothèque. Des Hermies lui aussi fait l’éloge
des cloches et comprend qu’on s’y attache.
IV
Durtal
parle de son livre sur Gilles de Rais à son ami des Hermies. Il a
fini la première partie consacrée à la vie de de Rais avant qu’il
ne devienne un monstre. Les deux amis se demandent ce qui a
métamorphosé le maréchal de France très apprécié par le roi
Charles VII. De Rais a été ruiné en huit ans et abandonné par le
roi. Il a tout abandonné pour l’alchimie. Après la mort de Jeanne
d’Arc, le maréchal tomba entre les mains des sorciers. Dès lors,
plongé dans l’occulte, de Rais fut mené aux plus invraisemblables
crimes. Des Hermies pense que le satanisme a continué après la mort
de Gilles de Rais et qu’il existe encore en 1890.
V
Durtal
et des Hermies sont invités chez Carhaix. Ils causent de religion.
Des Hermies croit au manichéisme et pense que le dieu de lumière a
le dessus sur le dieu des Ténèbres. Il explique aux convives les
pratiques sataniques des Albigeois qui tuaient des enfants et
buvaient leur sang. Il raconte que le satanisme a continué avec les
pratiques démoniaques de Catherine de Médicis et des Valois. Il
évoque les messes noires de l’abbé Guibourg avec Mme de
Montespan. Au XVIII è siècle, c’est le chanoine Duret qui
s’occupait de magie noire. Il pratiquait la nécromancie et
évoquait le Diable. Il fut exécuté comme sorcier en 1718. Au XIXè
ce sont les supérieurs de missionières, les prélats et les hauts
dignitaires de Rome qui sont affiliés au Diable selon des Hermies.
Chez les laïques, ce sont les riches. En 1855, il existait à Paris,
une association composée en majeure partie de femmes qui souillaient
les hosties. Des Hermies évoque les fondations, en 1855, de la
Société des Ré-Théurgistes optimates. Elle se divise en deux
camps : l’un prétend détruire l’univers et régner sur ses
décombres et l’autre rêve d’imposer un culte démoniaque. Au
XIXè siècle, le grand jeu du satanisme c’est la messe noire.
Messe, sacrilège, maléfices et succubat sont la véridique
quintessence du satanisme.
Carhaix raconte qu’un de ses amis, Gévingey, astrologue a voulu consulter ses cloches pour prédire l’avenir et ils se sont brouillés à cause de ça.
VI
Le lendemain, Durtal a du mal à se lever mais son chat l’empêche de faire la grasse matinée. Son chat est l’exutoire spirituel de la solitude et du célibat et c’est pour ça qu’il l’aime. Il finit par se lever pour travailler sur son livre. Il en est à la période alchimique de Gilles de Rais. Il aurait étudié les livres interdits par le Vatican (ceux de Nicolas Flamel et de Raymond Lulle...). Le maréchal s’était installé un laboratoire et avait fait venir chez lui des alchimistes du sud de la France puis de tout le pays. Gilles de Rais fait venir un magicien qui le convainc de l’existence des démons. Le magicien est blessé après avoir fait apparaître un démon dans un cercle dans lequel il s’était installé. C’est un prêtre nommé Eustache Blanchet qui arrive alors. Celui-ci a pactisé avec un démon. Des Hermies soutient que les alchimistes existent encore en France et en Allemagne. Durtal reçoit une lettre. C’est une femme qui a lu son dernier roman et veut le rencontrer. Il répond par une lettre peu enthousiaste.
VII
Une correspondance s’échange entre Durtal et l’inconnue. Durtal est envouté par cette femme, il y pense sans cesse sans la connaître. Alors il lui donne rendez-vous dans un café-restaurant hôtel. Puis Durtal se rend chez Des Hermies. En l’attendant dans son bureau, il lit les couvertures de livres de son ami. Il en a de curieux : des manuels d’exorcisme et un livre intitulé Anatomie de la pesse de Pierre du Moulin. C’est celui-ci qu’il choisit de feuilleter. Des Hermies arrive et lui parle médecine. Il s’est disputé avec ses collègues et prétend que les anciens médecins guérissaient mieux. Puis des Hermies parle de Mme Chantelouve, la femme d’un de ses patients. Elle n’arrête pas de parler de Durtal et de ses livres, il s’agit sans doute de l’inconnue qui encoie des lettres à Durtal. Durtal est déçu, son « inconnue » lui plaisait mieux maintenant qu’il sait qui elle est, elle est devenue moins désirable. Le mari de Mme Chantelouve est un écrivain qui brigue l’Académie des Belles Lettres et reçoit chez lui toutes les semaines pour être bien vu par les gens de lettres. C’est un catholique véreux. Durtal veut se convaincre que Mme Chantelouve n’est pas l’inconnue.
VIII
Durtal pense maintenant à Mme Chantelouve. Il la trouvait peu jolie et à présent il la désire. Durtal s’efforce de travailler sur Gilles de Rais mais se contente de réfléchir à la démence des criminels. Il se demande pourquoi le maréchal était monomaniaque. Durtal a visité les ruines du château de Gilles de Rais et a imaginé comment il devait être au siècle du maréchal. Mme Chantelouve vient chez lui pour lui avouer qu’elle lui a écrit les lettres anonymes. Elle souhaite savoir si Durtal ne lui en veut pas. Durtal dit qu’il l’aime mais elle se moque de lui en riant. Elle souhaite que tous deux soient raisonnables. Elle veut bien revenir chez lui s’il promet d’être sage et Durtal promet.
IX
Durtal désire follement Mme Chantelouve. Pour se changer les idées il va dîner avec des Hermies chez Carhaix qui s’est réconcilié avec Gévingey l’astrologue. Durtal est surpris par la physionomie de l’astrologue et par les bagues qu’il porte et représentent des signes astrologiques. Le bonhomme a l’air suffisant. Il disserte sur les astrologues charlatans qui ridiculisent les vrais astrologues comme lui. Durtal et des Hermies se moquent des Théosophes et du rose-croix Péladan. Ils évoquent le spiritisme. Durtal n’y croit pas et Carhaix pense que c’est sous un autre nom l’ancienne nécromancie condamnée par l’Eglise. Il pense que les occultistes et les spirites satanisent plus ou moins. Des Hermies et Gévingey conversent sur les succubes et les incubes. Selon Bodin, les incubes comme des démons masculins se couplent aux femmes et les succubes comme des démones font avec l’homme oeuvre de chair. L’incube prend la semence que l’homme perd en songe et s’en sert. Gévingey prétend avoir vu un succube chez le chanoine Docre. Ce chanoine est un sataniste qui s’est fait tatouer sous les pieds l’image de la croix afin de pouvoir toujours marcher sur Jésus ! Des Hermies semble croire à la possession et évoquant les recherches sur l’hystérie de Charcot pense que cela n’explique pas tout.
X
Durtal achète des gateaux, des bonbons et de fines essences pour Mme Chantelouve qu’il va recevoir chez lui une nouvelle fois. Hyacinthe Chantelouve arrive à l’heure mais se prétend malade, elle a une migraine. Il lui avoue qu’il n’a jamais reçu une femme chez lui, elle en est surprise. Ils sembrassent mais Hyacinthe prend peur et s’en va non sans avoir invité Durtal chez elle pour le lendemain.
XI
Durtal s’en veut de s’être laissé berner par Mme Chantelouve. Il veut encore la voir deux fois et si elle ne lui cède pas, il la laissera tomber. Il pense que c’est une allumeuse. Il se remet au travail et évoque la vie de Gilles de Rais quand celui-ci avait rejeté les femmes pour s’en prendre aux enfants. Il les viola puis en tua un. Il conserva le sang de l’enfant pour écrire ses formules d’évocation. Il tua énormément d’enfants pendant huit ans. De Rais était content de jouir des tortures et des larmes des enfants. Après en avoir fini avec ce passage de la vie du maréchal, Durtal se dit que ses états d’âme à propos d’une femme sont bien mesquins comparés à la vie de Gilles de Rais.
XII
Durtal ser end chez les Chantelouve. Hyacinthe le reçoit puis elle prévient son mari. Chantelouve parle de son travail. Il écrit des vies de Saints. C’est une commande et cela l’amuse. Quand Chantelouve s’en va c’est sa femme qui entre dans le salon pour embrasser Durtal sur la bouche. Elle semble versatile car elle disait à Durtal de ne rien espérer. Après un dernier baiser, Hyacinthe donne un autre rendez-vous à Durtal pour le lendemain chez lui.
XIII
Quand Hyacinthe arrive chez Durtal, celui-ci réalise rapidement que maintenant qu’elle se livre à lui, il ne la désire plus. Pourtant il lui fait l’amour. Maintenant sa hantise est terminée et il reprend sa liberté d’esprit. Il pense qu’il n’y a vraiment bien que les femmes que l’on pas pas eues.
XIV
Des Hermies écoute les confidences de Durtal. Il pense qu’aimer sans espoir ce serait parfait s’il ne fallait compter avec les intempéries de la cervelle. Les deux amis vont encore dîner chez Carhaix. Ils parlent des curés en disgrâce qui sont obligés de supporter toutes les corvées. Ceux-là sont envoyés à Paris quand les villages veulent s’en débarrasser. Durtal pense que Hyacinthe a été visitée par les incubes car son corps est froid alors il demande l’avis de son ami mais des Hermies infirme cette idée. En effet les femmes qui reçoivent les incubes ont, au contraire, le corps brûlant. Des Hermies avoue à ses amis que l’astrologue Gévingey s’est sauvé avec le docteur Johannès à Lyon. Il prétend avoir été envouté par le chanoine Docre. Il explique les méthodes du chanoine pour envouter ses ennemis. Docre prépare des poisons avec le sang de souris et envoie l’esprit des morts chargé de poison auprès de ses ennemis.
XV
Rentré chez lui, Durtal pense aux combats que se livrent Johannès et Docre à coups d’exorcismes et d’incantations. Tout cela lui semble fou. Il croit pourtant qu’il existe à son époque des agences sataniques et des prêtres déchus qui les préparent. Il voudrait rencontrer le chanoine Docre et sait que Hyacinthe le connaît. Il pense à lui demander son aide. Quand il la reçoit, elle a deviné qu’il ne la supporte plus mais il ment. Il invente une histoire d’ancienne maîtresse avec qui il est resté ami, qu’il a un enfant avec elle. Cela attendrit Hyacinthe car Durtal dit aussi que sa « fille » est malade. Il en profite pour lui demander de l’aide au sujet du chanoine Docre. Hyacinthe parle de sa liberté, de son mari qui lui laisse faire ce qu’elle veut, de son ancien mari qui s’est suicidé quand elle lui a avoué qu’elle avait un amant. Durtal découvre alors une femme dure qu’il ignorait. La conversation revient sur Docre et Hyacinthe avoue l’avoir eu comme confesseur. Il est bien celui qui lui a appris à fréquenter les incubes. Mais elle refuse de le présenter à Durtal.
XVI
Durtal pense que Hyacinthe a été la maîtresse du chanoine Docre. Il voit trois personnes en elle, la femme réservée, la femme couchée qui crache des ordures et la femme satanique. Gille de Rais avait lui aussi trois personnalités, le soudard brave et pieux, l’artiste raffiné et criminel et le pécheur qui se repent, le mystique. C’est l’Eglise en la personne de Jean de Malastrait qui a abattu le maréchal car les parents des victimes étaient ses vassaux et ne pouvaient rien contre lui. Malastrait avait entendu les rumeurs sur de Rais et avait mené l’enquête. De Rais se rend et est jugé. Il est excommunié.
Des Hermies rend visite à son ami. Il lui apprend que le bon Carhaix est malade. Puis ils dissertent sur la littérature. Des Hermies pense que les hommes ne lisent plus. Durtal pense que les livres sont destinés aux femmes et que cela donne des romans tièdes et que cela promet dans l’avenir une jolie littérature avec des idées déjà digérées.
XVII
Durtal se rend chez Carhaix qui est assis dans son lit. Il est malade et des Hermies lui a donné un médicament à boire. Carhaix se plaint du mépris que les cloches inspirent alors qu’autrefois elle étaient beaucoup plus respectées. Un curé arrive et Durtal se sent de trop alors il s’en va. Il réfléchit sur les monuments modernes comme la tour Eiffel qu’il compare à un chandelier creux. Durtal a un rendez-vous avec Hyacinthe mais il se fait passer pour malade. Cela n’éloigne pas Hyacinthe qui le dorlote. Elle lui promet même de l’emmener à une messe noire du chanoine Docre. Ils parlent d’envoutement et d’empoisonnement à distance et des rose-croix qui seraient des jobards dirigés par des farceurs les exploitant. Et leurs chefs tentent en secret le crime. Hyacinthe dit qu’il y a parmi eux un ancien homme de lettres. Peut-être est-ce Péladan ? Seul le docteur Johanès est capabale de guérir les envoûtés et c’est pourquoi Gévingey est parti le voir. Hyacinthe aurait pu être l’assistante de Docre mais elle a refusé car elle se soucie d’être en état de péché mortel. Elle était amoureuse de Docre à un moment et c’était réciproque. Ils sont restés amis.
XVIII
Durtal revient à Gilles de Rais et à son procès. Le maréchal a avoué tous ses meurtres et viols. Gilles, après son excommunication, a été réintégré dans l’Eglise car il a reconnu ses crimes et a demandé pardon. Mais la cour séculière l’a condamné à mort pour ses meurtres.
Hyacinthe arrive chez Durtal et l’interrompt pour lui signaler qu’elle l’emmènera le soir même à une messe noire à condition qu’il signe une lettre niant la véracité de ce qu’il aura vu pour le cas où il en parlerait dans un livre. Durtal n’a de respect que pour le satanisme. Les rose-croix, les théosophes, les spirites lui font l’effet d’enfants qui jouent et se chamaillent. Des Hermies sonne pour lui annoncer que Gévingey est de retour et qu’ils sont invités chez Carhaix dans deux jours. Durtal avoue à son ami qu’il va assister à une messe noire. Des Hermies est très intéressé et il pense que cette faim contemporaine de l’ordure est une névrose. Pour lui, toutes les guerres de siècle se ressemblent. Alors que le matérialisme sévit, la magie se lève. Ce phénomène reparaît tous les cent ans.
XIX
Durtal part avec Hyacinthe dans un fiacre en route vers la messe noire. Ils entrent dans une chapelle, le public est essentiellement féminin. Un enfant de choeur vêtu de rouge s’avance vers le fond de la chapelle et allume une rangée de cierges. Un christ infâme et nue est présent. Un autre enfant entre pour remuer les braises de l’autel. Dans l’assistance se trouve une ancienne religieuse débauchée par le chanoine Docre et un ancien professeur à l’école de Médecine. Précédé de deux enfants de choeur, Docre entre. Il est nu sous les habits du sacrifice. La messe est partiellement en latin. Docre fait des génuflexions. Durtal remarque que cela ressemble à une simple messe basse. Les enfants de choeur distribuent aux assistants des encensoirs. Docre appelle Satan et insulte le christ. Docre bénit l’assistance de la main gauche. Quand les enfants de choeur agitent des sonnettes les femmes tombées sur les tapis se roulent parterre. Docre souille une hostie. Il se torche avec des pains azymes et les enfants de choeur s’allient aux hommes et une femme se branle avec un calice. Durtal est excédé de dégoût. La scène est transformée en orgie. Alors, pour se remettre, Durtal et Hyacinthe vont boire un verre chez un sordide marchand de vin. Le patron les conduit dans une pièce avec un lit couvert d’hosties et Hyacinthe se déshabille pour faire l’amour avec Durtal mais celui-ci refuse puis la quitte.
XX
Durtal raconte à son ami des Hermies les détails de la messe noire. Son ami n’est pas surpris mais lui recommande de n’en pas parler à Carhaix qui risquerait de lui fermer sa porte. Ils vont chez Carhaix et parlent de Gévingey. On apprend qu’il était l’astrologue de l’impératrice mais depuis la chute du Second Empire sa situation a bien baissé. Gévingey semble guéri grâce au docteur Johanès. Il avait été envoûté par Docre mais Johanès a repoussé les vénéfices avec l’aide d’une voyante qui a pu reconstituer la scène d’empoisonnement à distance de Docre. Des Hermies lui-même reconnaît la guérison. Johanès a fait appel à Melchissedec pour guérir l’astrologue. Les amis devisent doctement sur le Paraclet. En sortant, Durtal et des Hermies parlent des pauvres qui ont été combattus à la fois par l’Eglise et la Révolution. Des Hermies désigne à son ami une affiche montrant le général Boulanger en affirmant qu’il est la panacée qui va tout guérir mais en riant.
XXI
Hyacinthe relance Durtal par lettres mais il refuse de répondre alors elle finit par renoncer. Son concierge, Rateau, lui annonce que sa femme l’a quitté pour un autre et qu’il ne pourra rester concierge s’il est sans femme. Les deux amis parlent de Johanès. Des Hermies raconte une guérison miraculeuse que Johanès a opérée. Des Hermies et Johanès sont devenus amis. Johanès ne soigne que les victimes de mauvais sorts, les autres, il les laisse aux médecins classiques. Johanès utilise les pierres précieuses pour guérir ses patients car il leur attribue des vertus thérapeutiques. Les deux amis parlent alors du spiritisme qu’ils détestent. Pour eux, cela relève de Satan. Ils se moquent de la théurgie des rose-croix. Pourtant des Hermies pense que le surnaturel existe.
XXII
des Hermies et Durtal dînent à nouveau chez Carhaix. Ils parlent des élections et pensent que Boulanger gagnera à Paris. Il est question de Paracelse, l’alchimiste et médecin occultiste. Gévingey se lamente de voir l’astrologie si peu étudiée car il pense qu’il faut la vocation et la foi mais que c’est perdu. Durtal parle de la fin de Gilles de Rais. Il fut pendu et brûlé vif. Enfin, ils parlent du satanisme que les positivistes et les athées n’ont pas réussi à renverser.
03 juin 2009
Trois contes (Flaubert)
Trois contes
Flaubert a écrit les Trois contes entre 1875 et 1877 en se détournant provisoiremen t de l’interminable roman Bouvard et Pecuchet.
Un coeur simple
Félicité est la servante de Madame Aubain. Elle est corvéable à merci pour cent francs par an. Madame Aubain n’est pas agréable. Elle est veuve depuis 1809 et a deux enfants. Félicité loge au second étage de la maison de Madame Aubain. Elle doit se lever à l’aube pour ne pas manquer la messe. Elle travaille jusqu’au soir et s’endort devant l’âtre, son rosaire à la main. Elle est économe, ne marque plus aucun âge depuis la cinquantaine et silencieuse elle paraît fonctionner de manière automatique. A 18 ans, elle avait connu l’amoiur. Elle était fille de basse-cour et avait rencontré Théodore à l’assemblée de Coleville. Il la fit danser et boire. Après quoi, ils se rencontraient au fond des cours. Mais elle n’était pas innocente (les animaux l’avaient instruite) et elle résista. Mais Théodore avait peur de la conscription et épousa une vieille femme très riche pour échapper à l’armée. Alors Félicité gémit et partit pour Pont-l’Evêque. C’est là qu’elle rencontre Mme Aubain qui l’engage comme servante. Félicité doit s’occuper des enfants Paul, 7 ans, et Virginie 4 ans. Félicité est heureuse grâce à la douceur du milieu et sa tristesse a fondu. Les jeudis, Mme Aubain joue aux cartes avec ses mais, les lundis matin, le brocanteur passe. Mme Aubain reçoit parfois la visite du marquis de Gremonville, un de ses oncles, ruiné. Vient aussi, M. Bourrais, ancien avoué qui trouble Félicité. Il gère les propriétés de Mme Aubain. Quand le temps est clair, on s’en va de bonne heure à la ferme de Geffosses. C’est là qu’un jour un taureau en colère manque de tuer Mme Aubain, ses enfants et Félicité mais la servante empêche le drame grâce à sa présence d’esprit. Cet événement pendant bien des années est un sujet de conversation à Pont-l’Evêque. Virginie à la suite de son effroi a une affection nerveuse, il faut aller alors à Trouville sur les conseils du docteur. Dès les premiers jours la fillette se sent moins faible. On loge à l’Agneau d’or, chez la mère David. L4après-midi, on s’en va avec l’âme au-delà des Roches-Noires vers Hennequeville. Les jours qu’il fait trop chaud, ils ne sortent pas de leur chambre. Le principal divertissement est le retour des barques et les matelots qui ramènent du poisson et leurs femmes qui les attendent. C’est là que Félicité trouve une soeur, Nastasie Barette, femme Leroux et ses deux enfants. Félicité se prend d’affection pour eux mais elle se fait exploiter, évidemment. Mme Aubain n’aime pas les familiarités du neveu qui tutoie Paul alors on revient à Pont-l’Evêque. Paul est envoyé au collège de Caen et Félicité mène Virginie tous les jours au catéchisme. C’est de cette manière que Félicité apprend le catéchisme même si elle ne comprend rien aux dogmes. La servante s’identifie à Virginie quand la fillette vit sa première communion. Mme Aubain veut faire de sa fille une personne accomplie et l’envoie en pension chez les Ursulines d’Honfleur. Mme Aubain souffre de l’absence de sa fille et échange une correspondance avec elle. La fillette manque aussi à Félicité. Alors elle reçoit son neveu le dimanche après la messe. Elle se fait encore exploiter par les parents du neveu qui profitent de l’occasion pour tirer de Félicité de l’argent ou des denrées. Aux vacances, les enfants reviennent mais Paul est devenu capricieux et Virginie n’a plus l’âge d’être tutoyée ce qui met une barrière entre elle et Félicité. Le neveu Victor va à Morlaix, Dunkerque et Brighton et rapporte des cadeaux au retour. En 1819, Victor est engagé au long cours pour deux ans, Félicité en est désolée. Dès lors, elle pense exclusivement à son neveu et s’inquiète pour lui. Elle n’a plus de nouvelles pendant six mois et Mme Aubain s’en moque, elle qui n’a plus de nouvelles de Virginie depuis 4 jours ! Félicité reçoit une lettre mais ne sachant lire demande à sa maîtresse qui lui apprend que Victor est mort. Il a été trop mal soigné à l’hôpital pour la fièvre jaune. Les parents de Victor l’ont toujours traité avec barbarie alors Félicité préfère ne pas les revoir. Virginie s’affaiblit alors Mme Aubain la soigne. Félicité s’en inquiète et brûle un cierge pour la petite. Hélas Virginie meurt. Pendant deux nuits, Félicité ne quitte pas la morte, prie et découpe une mèche de cheveux de Virginie en souvenir. A l’enterrement Félicité pense à son neveu n’ayant pas pu lui rendre les honneurs. Le désespoir de Mme Aubain est illimité, elle veut rejoindre sa fille en rêve la nuit. Félicité sermonne sa maîtresse, lui disant de se conserver pour son fils. LE cimetière lui est interdit alors c’est Félicité qui s’y rend chaque jour. Les années passent. Les anciennes connaissances s’en vont. On annonce la Révolution de Juillet.
Un nouveau sous-préfet est nommé, le baron de Larsonnière qui vit avec sa femme, sa belle-soeur et trois « demoiselles » qui possèdent un nègre et un perroqquet. Mme Aubain les reçoit. Seules les lettres de Paul émeuvent encore Mme Aubain. Il est alcoolique, elle lui paye ses dettes. Un jour, Mme Aubain se résoud à retirer les affaires de Virginie du placard avec Félicité mais la douleur est trop forte et les deux femmes s’enlacent pour la première fois. La bonté de Mme Aubain se développe. Elle offre à boire aux soldats, elle les soigne les cholériques, elle protège les réfugiés polonais puis un vieillard passant pour avoir fait des horreurs en 1793. Larsonnière est promu préfet et offre son perroquet à Mme Aubain comme souvenir. L’oiseau s’appelle Loulou. Meme Aubain ne l’apprécie pas et l’offre à Félicité. LA servante l’instruit, lui apprend « Je vous salue Marie ! ». Un jour, elle le perd alors elle le cherche partout. Heureusement, Loulou revient tout seul. Par suite d’un refroidissement, Félicité devient sourde. Un matin du terrible hiver de 1837, Félicité trouve Loulou mort dans sa cage. Une congestion l’a tué. Elle pleure tellement que sa maîtresse lui conseille de le faire empailler. En revenant d’Honfleur à pied après avoir fait empailler Loulou, tous les souvenirs de Félicité remontent à la surface comme les flots d’une marée. Félicité doit attendre des mois avant que l’empailleur lui rende Loulou. Elle ne communique plus avec personne. A l’église elle contemple toujours le Saint-Esprit et observe qu’il a quelque chose du perroquet. Elle a acheté une image d’Epinal représentant le saint-esprit et l’a mise près du perroquet pour prier.
Paul se marie. Il a été clerc de notaire, dans le commerce, dans la douane, dans les contributions pour finir à 36 ans dans l’Enregistrement où un collègue lui a offert sa fille. Paul présente sa femme à Mme Aubain et Félicité mais elle fait la princesse et blesse la servante.
En mars 1853, Mme Aubain meurt, prise d’une douleur dans la poitrine. Peu d’amis la regrettent, ses façons étaient d’une hauteur qui éloigne. Félicité la pleure. Que sa maîtresse meure avant elle, cela lui semble contraire à l’ordre des choses. Dix jours après les héritiers arrivent pour prendre et vendre les biens de Mme Aubain. La maison est à vendre. Les années passent et Félicité reste dans la maison que personne n’a achetée. La tenture pourrit. Pendant tout un hiver le traversin de Félicité est mouillé. Après Pâques, Félicité crache du sang. Elle a une pneumonie. Elle fait appeler un prêtre qui lui administre l’extrême onction. Félicité finit aveugle. Elle baise le front de Loulou. Après son dernier souffle Félicité croit voir dans les cieux entr’ouverts un perroquet gigantesque planant au-dessus de sa tête.
La légende de Saint Julien l’hospitalier
Le père et la mère de Julien habitaient un château, au milieu des bois, sur la pente d’une colline. On vivait en paix depuis longtemps. Le seigneur du château rendait la justice à ses vassaux et apaisait les querelles de ses voisins. Il avait pris pour femme une demoiselle de haut lignage. A force de prier dieu, il lui vint un fils. Un vieillard en froc de bure s’approche du chevet de la mère de Julien pour lui dire : « Réjouis-toi, ô mère ! Ton fils sera un saint ! » Le vieillard n’avait été vu par personne d’autre, songe ou réalité ? Cela devait être une communication du ciel. Un mendiant s’adresse au père de Julien pour lui dire que son fils connaitra, beaucoup de sang et beaucoup de gloire. Julien apprend à monter à cheval, à chanter, un vieux moine lui enseigne l’écriture sainte, la numérotation des Arabes, les lettres latines et la peinture. Un jour, Julien aperçoit une souris blanche pendant la messe et chaque dimanche elle apparaît. Julien est pris de haine contre elle et résout de s’en défaire. Un autre jour il tue un pigeon en l’étranglant et est empli d’une volupté sauvage. Il apprend la vénerie. Mais Julien préfère chasser loin du monde avec son cheval et son faucon. Il se délecte à la vue de ses chiens dévorant les proies. Il devient comme les bêtes sauvages, tue des ours à coups de couteau, des taureaux avec la hache, des sangliers avec l’épieu. Il part un matin d’hiver bien équipé et tue des bêtes avec plaisir. Il tue un faon et sa mère, il tire une flèche dans le front d’un cerf mais celui-ci continue d’avancer et lui dit : « Maudit, maudit ! Maudit ! - Un jour coeur féroce, tu assassineras ton père et ta mère ! » Alors une tristesse immense envahit Julien.
Durant trois mois, sa mère angoissées prie au chevet de son lit. Son père mande les maîtres les plus fameux pour le soigner. Les forces reviennent à Julien et il s’obstine à ne point chasser. Son père, pour le réjouir, lui offre une grande épée sarrasine. En voulant la saisir il la fait tomber et manque de tuer son père. Dès lors, Julien redoute les armes. Mais il reprend l’entraînement et excelle bien vite. Voyant deux ailes blanches, il lance son javelot croyant atteindre une cigogne mais c’est le bonnet à longues barbes de sa mère qui reste cloué contre le mur. Julien s’enfuit du château. Il s’engage dans une troupe d’aventuriers qui passent. Il obtient le commandement d’une compagnie. P lus de vingt fois on le croit mort mais il survit à tous les combats grâce à la faveur divine. Il protège les gens d’Eglise, les orphelins, les veuves et principalement les vieillards. Il se compose une armée faite d’esclaves en fuite et de manants révoltés. Il secourt le dauphin de France et le roi d’Angleterre, les templiers de Jérusalem, la sirène des Parthes, le négus d’Abyssinie et l’empereur de Calicut. Des républiques en embarras le consultent, il fait des remontrances aux monarques, il affranchit des peuples, il tue un dragon. Julien accourt à l’aide de l’Empereur d’Occitanie contre le calife de Cordoue. Il tue le calife et tire l’Empereur de sa prison. L’Empereur lui propose beaucoup d’argent mais Julien refuse comme il refuse de partager le royaume de l’Empereur. Alors Julien accepte la fille de l’Empereur dont il tombe amoureux. Ils se marient et reçoivent un château en cadeau. Julien ne fait plus la guerre et reçoit la foule qui lui rend hommage. On lui propose de chasser mais il refuse toujours car il lui semble que du meurtre des animaux dépend le sort de ses parents. Il veut les revoir. Il confie ses envies à sa femme qui lui conseille de reprendre la chasse. Il cède. Deux inconnus arrivent au château de Julien. Ce sont ses parents. Ils ont marché plusieurs années avant de retrouver la trace de leur fils. Ils ont dépensé tant d’argent pour le voyage qu’ils sont devenus mendiants. Les parents fatigués dorment dans le lit de leur fils. Pendant ce temps, Julien essaye de tuer des animaux mais ceux-ci arrivent à fuir. Alors il marche longtemps dans la forêt pour rentrer chez lui mais les animaux le suivent pour le narguer. En rentrant chez lui, il croit embrasser sa femme dans son lit mais c’est son père et à côté de lui, il sent les longs cheveux d’une femme. Il croit voir sa femme avec un amant et tue le couple sans savoir qu’il a assassiné ses parents. Alors il se présente à sa femme et lui ordonne de ne plus l’approcher ni même de le regarder. Il lui abandonne son palais, ses vassaux et tous ses biens. Julien s’en va mendiant sa vie par le monde. Il raconte son histoire; alors tous s’éloignent en faisant des signes de croix. Repoussé de partout, il évite les hommes. Même les animaux courent plus loin à son approche. Chaque nuit en rêve, son parricide recommence. Il se châtie avec un silice. Il se fait horreur et s’aventure dans des périls pour trouver la mort sains en vain. Il veut se jeter dans une fontaine mais aperçoit un vieillard à barbe blanche. C’est son père et Julien ne pense plus à se tuer. Il décide de se faire passeur d’un fleuve dangereux et les voyageurs se présentent. Il ne demande rien pour sa peine. Une nuit qu’il dort, une voix l’appelle trois fois. De l’autre côté du fleuve un homme l’attend. C’est un lépreux mais il a une majesté de roi. Ce lépreux arrive dans la cahute de Julien et déclare qu’il a faim. Julien lui donne à manger. Le lépreux réclame à boire et Julien lui offre sa cruche. Puis le lépreux réclame le lit de Julien qui obéit. Le vieillard réclame ensuite la chaleur du corps de Julien qui va se coucher près de lui. Alors le lépreux l’enlace et le mène jusqu’au ciel. C’était Jésus qui l’emportait.
Hérodias
L’histoire se déroule dans la citadelle de Machaerous. Le tétrarque Hérode Antipas regarde le paysage et aperçoit des soldats arabes. Hérode est inquiet car il a répudié la fille du roi des Arabes pour prendre Hérodias, mariée à l’un de ses frères, qui vivait en Italie. Antipas attend les secours des Romains et Vittelius, gouverneur de la Syrie, tarde à paraître. Il hésite entre deux projets, adoucir les Arabes ou conclure une alliance avec les Parthes et sous le prétexte de fêter son anniversaire, il a convié à un grand festin, les chefs de ses troupes, les régisseurs de ses compagnies et les principaux de la Galilée.
Antipas s’informe de Iaokanann alias Saint Jean-Baptiste. Il doit être surveillé dans son cachot. Herodias arrive et annonce à son mari que les Romains ont mis Agrippa en prison. Agrippa est l’un des frères de Herodias et il avait des ambitions. Herodias a participé à son arrestation pour satisfaire Antipas. Pour lui, Herodias a fait bien plus puisqu’elle a dû abandonner sa fille après son divorce. Un homme s’est introduit dans le palais et Herodias ordonne de le faire tuer mais le tétrarque l’épargne. L’homme s’appelle Phanuel et cherche à voir Iaokanann. Herodias déteste Iaokanann, elle veut sa mort mais Herode ne le croit pas dangereux. Elle a peur des pouvoirs de Iaokanann et a également peur que Herode l’a répudie cédant au peuple. Ses espoirs d’Empire seraient ruinés et elle aurait divorcé pour rien. Phanuel veut parler à Herode. Il lui annonce que Iaokanann est un envoyé de dieu. Si Herode l’opprime, il sera châtié. Herode, malgré lui, est fasciné par la puissance de Iaokanann. Vitellius,pro-consul de Rome, arrive chez Herode. Vitellius est surpris par l’arrivée inombrable d’hommes. Herode lui explique qu’il a organisé un banquet. Vitellius exige qu’on lui ouvre les chambres souterraines de la forteresse. Elle sont remplies d’armes. Vitellius pense qu’elles vont servir contre les Romains mais Herode le rassure. Une dernière chambre est remplie de beaux cheveaux qui fascine Vitellius. Un publicain cherche le trésor d’Herode pour la collecte des impôts et devine qu’il y a une pièce cachée. Herode avoue qu’elle cache un homme et le pro-consul veut le voir. Iaokanann maudit les Pharisiens, les Saduccéens, les Romains. Vitellius a peur que Iaokanann arrive à s’enfuir alors il place ses gardes devant la cellule. Phanuel a vu un mauvais présage, les étoiles prédisent la mort d’un homme considérable et Antipas redoute que ce soit lui. Alors il va voir Herodias qui le rassure. Le banquet commence et des dizaines de convives de toutes nationalités sont décrits par Flaubert. Il est question de Jésus et de ses miracles. Certains convives estiment qu’il emploie des démons. C’est alors que Herodias arrive accompagnée d’une jeune fille, Salomé, sa propre fille. Elle se met à danser. Herode qui ne l’a jamais vue est séduit et lui accorde un souhait qu’il respectera. Alors, en zézéyant, Salomé réclame la tête de Iaokanann sur un plat. Antipas est contraint par sa parole et obéit. Phanuel a compris que Iaokanann pouvait mourir pour laisser place à Jésus.