27 octobre 2009
Roadmaster I (Stephen King)
Roadmaster (Stephen King)
Aujourd’hui : Sandy
Dans l’année qui a suivi la mort de son père, le fils de Curt Wilcox a beaucoup fréquenté les locaux de la police. Cette année là, Ned Wilcox était en Terminale au lycée de Statler. Vers la fin d’une étouffante journée d’été, en juillet 2001, Curt avait fait ranger sur le bas-côté un 38 tonnes. Curt était garé sur l’aire de stationnement goudronnée de l’ancienne station-service Jenny exactement à l’endroit où cette satanée Buick Roadmaster avait surgi vingt ans auparavant. Le père de Ned s’était lancé aux trousses du camion parce qu’il avait un pneu qui menaçait d’éclater. Curt avait mis ses gyrophares et le camionneur s’était sagement rangé sur le bas-côté. Curt avait appelé le central. Ensuite, il était descendu de voiture et s’était dirigé vers le camion et avait regardé le pneu défectueux et il était mort. Depuis Ned venait chez les policiers pour faire des corvées comme ratisser les feuilles mortes ou déblayer la neige du parking. Ned parlait avec les policiers. Ils lui parlaient de son père même si son nom ne franchissait jamais leurs lèvres. Ned s’était lié avec Shirley Pasternak, l’officier de communication. Elle lui avait appris à se servir des téléphones et lui avait dit que sa hantise c’était de perdre un collègue sans même s’en apercevoir. Shirley lui apprit tout en espérant qu’un jour il serait capable de la remplacer. Et Ned l’avait relayé quand elle allait faire un café ou fumer une cigarette dehors. Les policiers avaient laissé Ned s’occuper d’un signalement de conducteur auprès d’un de leur collègue pour voir s’il en était capable. LE policier avait donné à Ned l’immatriculation de la voiture et Ned avait fait le reste comme un chef. Ned avait des soeurs jumelles Joan et Janet. Un jour Ned était venu voir les policiers pour leur annoncer qu’il avait été admis à l’université et tout le monde avait fêté ça. Ned se trouvait sur un banc et pleurait. Un policier, le narrateur, vint le voir. Ned aurait voulu montrer sa lettre d’admission à l’université à son père. Même si sa mère et ses soeurs avaient été folles de joie. Il faisait tout le temps le même rêve, que la mort de son père n’était qu’un cauchemar, que son père ne s’était pas fait écraser par un pochard pendant qu’il vérifiait le pneu du camion. Ca faisait un an que c’était arrivé et ce rêve ne le lâchait pas. Ned demanda à Sandy, le narrateur, s’il y avait une raison à la mort de son père mais Sandy pensait que ce n’était pas lui qui pouvait répondre. Sandy lui dit qu’il fallait bosser, placer sa confiance dans l’avenir et mettre un joli petit pécule de côté en prévision de sa R.D. Sa retraite dorée. Sandy regarda le hangar B dans lequel se trouvait la Buick Roadmaster mais ne dit rien à Ned. Ned allait passer l’été à bêcher les plates-bandes et à arroser les pelouses pour payer ses études. Il allait travailler pour Tom Mc Cnnaton, un alcoolique qui avait la réputation d’être un petit chef tatillon et mesquin qui ne nourrissait pas d’ambition politique particulière contrairement au reste de sa famille. Sandy le tira de là et s’était arrangé pour faire embaucher Ned comme stagiaire rémunéré au maniement d’un central de communication. Shirley lui enseignerait tout ce qu’elle savait. Georgie, un des policiers, offrit une étoile de shérif en plastique à Ned sur laquelle était écrit « sous-fifre ». Ned s’en sortait bien. Il n’avait failli perdre son sang froid qu’une fois quand un type qui était sur le point de comparaître devant le juge du comté avait été pris d’une crise de violence subite et s’était mis à cavaler à poil en hurlant des insanités sur Jésus le Phallus. Shirley l’avait remplacé sur le champ et l’incident du tribunal n’avait pas fait de victime et M. Jésus le Phallus avait été placé en observation à l’hôpital. Ned s’en était vite remis. Ned n’avait pas l’intention de faire carrière dans la police mais pour Shirley ça ne changeait rien, l’important c’était qu’il se sente bien. Au début de juillet, un an après la mort de son père, Ned avait posé des questions à Sandy sur le hangar B. Tous les policiers y étaient entrés sans en avoir envie parce qu’ils ne pouvaient faire autrement. Ned était ébahi par la Buick qui s’y trouvait. C’était un modèle 1954. Ned avait vécu un truc bizarre. En s’approchant du hangar B, il avait entendu deux bruits. Un bruit d’étoffe qui se froisse et ensuite un choc sourd. La bâche recouvrant la Buick s’était décrochée pendant que Ned lavait les carreaux du hangar comme si la voiture avait voulu que Ned la voie. La Buick était bleu nuit. Sandy expliqua qu’elle était là à cause d’une facture impayée. Ned voulut entrer pour la voir mais Sandy répondit qu’il serait imprudent de s’en approcher. Alors Ned voulut savoir si ça avait un rapport avec son père si la voiture était à lui. La Buick appartenait à toute la compagnie D. de la police mais plus particulièrement à Tony Scoodist et au père de Ned. Mais Sandy dit à Ned qu’elle n’était pas vraiment à son père. Ca devait rester entre eux. Sandy autoriserait Ned à entrer dans le hangar quand la température aurait remonté car elle y était de 13 degrés. Sandy avait cru entendre la voix du père de Ned lui dire « cette bagnole est une zone sismique » et avait sursauté. Il n’en dit rien à Ned.
Autrefois
En 1979, à l’intersection de la 32 et de la route de Humbolt, la station service Jenny était encore ouverte. Elle appartenait à Hugh Bossey qui ce jour-là était parti se faire soigner les dents. Le pompiste s’appelait Bradley Roach, un garçon de vingt ans, c’est lui qui allait tuer le père de Ned 22 ans plus tard. Un matin de juillet Brad Roach était assis dans le bureau de la station-service. La Buick Roadmaster arriva. Brad avait compris que quelque chose n’allait pas avec cette voiture sans savoir quoi. Le conducteur sortit de la Buick. Malgré la chaleur, il était vêtu d’un trench-coat noir et d’un chapeau noir à larges bords. La voix du type n’était pas plaisante quand il demanda le plein. De plus Brad avait eu l’impression qu’une oreille du type avait fondu. Brad réalisa que la voiture n’avait pas de plaque minéralogique. Il n’y avait rien dans la voiture. Le volant était fait d’un bois incrusté d’une matière brillante. Brad se dit qu’il avait été fait sur mesure. Le réservoir était presque vide et Bradley se dit que le type avait dû abattre une sacrée distance ou que le réservoir était presque à sec car les pneus n’étaient pas sales. Brad se dit que l’homme devait être un Amish car il y en avait dans la région. Mais il savait que pour les Amish les voitures étaient l’oeuvre de Satan donc il ne devait pas faire partie de la secte. Brad pensait que le type était dans les toilettes mais ça faisait 35 minutes qu’il n’était pas revenu. Il n’était pas dans les toilettes et Brad se dit qu’en voulant voit la rivière le type avait glissé et s’était noyé.
Aujourd’hui : Sandy
Curt, le père de Ned, était venu à la station-service après l’appel de Brad et Ned devait s’habituer à l’idée que le tueur de son père avait parlé avec sa victime bien avant l’accident. Curt avait arrêté plusieurs fois Brad dans les années 80 pour conduite en état d’ivresse.
Autrefois
Curt Wilcox et son collègue Ennis Rafferty étaient allés voir dans la rivière si le type s’y était noyé. Les flics avaient remarqué que la voiture n’avait pas de plaque ni de macaron de contrôle technique et que le volant était grand. Ce que Brad avait pris pour le manteau du type dans la rivière était en fait une poubelle en plastique noir. On ne retrouva jamais le type en manteau noir. Ennis et Curt ne croyaient plus ni l’un ni l’autre que la voiture était une Buick. Ce que c’était, ils n’en avaient pas la moindre idée. Ennis demanda qu’on lui envoie une dépanneuse pour remorquer la Buick jusqu’au poste de police. Les deux flics interrogèrent Bradley pour savoir s’il n’était pas ivre ou en état de démence puis Curt inspecta la Buick pendant 45 minutes. Il avait remarqué qu’il manquait des pièces au moteur et la voiture n’aurait pas dû rouler. La clé était juste un de métal plat et Curt l’essaya quand même mais n’arriva pas à démarrer le moteur. Toutes les commandes du tableau de bord étaient bidon et le volant ne tournait presque pas. Curt avait ouvert le coffre, il avait une odeur marécageuse mais était vide. Il dit à son collègue que la Buick était une zone sismique. Il expliqua qu’il avait vu une émission de télé où il était expliqué que la température baissait juste avant un tremblement de terre. Quand Curt était dans la Buick, il avait senti un bourdonnement dans sa tête. De plus il faisait froid dans la Buick. Curt pensait que le bourdonnement venait de l’air dans la voiture. Mister Dillon, le chien de la compagnie montra sa peur de la Buick en hululant en sourdine et en tremblant de tous ses membres. Un après-midi, les experts du service médico-légal vinrent examiner la Buick.
Aujourd’hui : Sandy
Curt et Ennis n’avaient pas relevé de traces de pas jusqu’à la rivière et l’herbe était mouillée donc le type de la Buick n’était pas passé là. Sandy raconte à Ned l’histoire d’un de ses collègues, George Morgan qui a écrasé une vieille dame accidentellement alors qu’il était à la poursuite d’un criminel. Il ne l’a pas supporté et s’est suicidé.
Autrefois
Bibi Roth, l’expert, et ses collègues ne mirent pas plus de trois quarts d’heure pour examiner la Buick. Bibi fit son rapport au chef de la compagnie Tony Schoodist mais ne voulut pas laissé de trace écrite. Bibi et ses collègues n’avaient rien trouvé dans la Buick sinon des empreintes digitales et le fait qu’elle n’aurait pas dû avoir un tableau de bord en bois car ça ne collait pas avec son époque. De plus le compteur était à zéro et le pot d’échappement était en verre. Tony demanda à Johnny Parker, le responsable du service des véhicules du comté, de déplacer le chasse-neige qu’abritait le hangar B afin d’y mettre la Buick. Tous les hommes de la compagnie D vinrent voir la Buick. Tony avait voulu garder la Buick secrètement pour ne pas que l’affaire s’ébruite et attire les curieux. Un jour Ennis disparut. Les policiers l’avaient cherché partout même dans le coffre de la Buick. Il emmenèrent Mister Dillon dans le hangar B et il se mit à hurler à la mort et pissa de trouille. Huddie, un des policiers, pensait que la Buick avait avalé Ennis.
Aujourd’hui
Sandy raconte à Ned que Ennis n’a jamais été retrouvé et que les policiers ont fait une collecte pour sa soeur avec qui il vivait. Elle était persuadée que les policiers étaient responsables de la disparition de son frère. Pendant que Sandy raconte son histoire des éclairs sortent du hangar B. Ned en est éberlué. Sandy lui explique que cela arrive souvent et qu’ils appellent ça des séismes lumineux. Les éclairs émanent de l’intérieur de la Buick. Ned demande pourquoi la Buick fait ça mais les policiers ne savent pas. Ned est surpris qu’ils aient réussi à tenir ça secret depuis plus de vingt ans mais tous les policiers ont obéi à Tony qui leur a ordonné le silence. Bibi Roth a trouvé l’origine des empreintes digitales dans la Buick elle émanent d’Ennis, de Curt et de Bradley Roach. L’homme au manteau noir n’en a laissé aucune. Bibi n’a décelé aucune trace de sang dans la voiture mais des échantillons de tissu prélevés sur le revêtement du coffre contenant des quantités infinitésimales d’une matière organique qu’il n’est pas parvenu à identifier et qui a disparu d’elle même des échantillons. Au bout d’une semaine, on ne distinguait plus les endroits où les experts avaient gratté avec leurs scalpels pour prélever des échantillons dans la Buick. Si on rayait la carrosserie avec une clé, l’éraflure disparaissait au bout de six ou sept heures. La Buick avait rendu Curt marteau. Du coup, il déconnait à pleins tubes. Dès qu’il avait une seconde, il filait dans le hangar pour la prendre en photo et la tripoter. Curt pensait que la Buick avait mangé Ennis. Il pensait que cette bagnole était tombée entre leurs mains quasiment par la volonté de dieu. Tony et Curt ne parvenaient à se résoudre à se séparer de la voiture. C’était leur trésor caché. Ils y tenaient comme à la prunelle de leurs yeux. Curt a laissé des mots sur le cahier mais dans son testament il avait demandé qu’ils soient brûlés et sa femme l’a fait. La voiture n’a pas été confiée aux scientifiques car Tony s’en méfiait. Il pensait qu’ils seraient incapables de tenir leur langue. Tony appelait les éclairs de la Buick des « opérations de délestage ». Il pensait que la Buick se débarrassait de quelque chose, qu’elle s’en déchargeait.
Autrefois
Sandy raconte à Ned un événement qui s’est passé quinze jours après que la compagnie D eut pris possession de la Buick. La presse avait relaté la disparition de Ennis. C’est là que le premier séisme lumineux se produisit au crépuscule. La radio du poste de communication avait été parasitée et la télé était également parasitée. Sandy vit le hangar B s’illuminer. LA lumière ruisselait par tous les interstices. Il pensa que la voiture allait exploser mais il ne chercha pas à fuit car il croyait que ce serait inutile. Au contraire il mit ses lunettes de soleil et alla voir la voiture. Les autres policiers firent comme lui. Tony essaya d’écarter ses hommes mais lui aussi alla voir. Il ordonna à Sandy d’aller chercher Curt. Sandy téléphona chez Curt et tomba sur sa femme. Elle consentit à le déranger et il réussit à lui dire ce qui se passait. Curt arriva avec une paire de lunettes de soudeur. Tony volut l’empêcher d’avancer mais n’y parvint pas. Il demanda à Dicky-Duck d’aller chercher un Polaroïd. Tony s’en saisit. Avec mauvaise grâce, Tony céda le polaroïd à Curt qui ouvrit le hangar. Sandy tenait le chien mais avait du mal à l’empêcher d’aller vers le hangar. Alors Tony ferma la porte du hangar et le chien se calma aussitôt. Curt prenait des photos. Tony autorisa les hommes à venir voir. Cela s’arrêta. L’affaire avait duré 50 minutes. Tony ordonna à Herb de surveiller le hangar et les autres hommes rentrèrent au poste. Tony organisa un briefing avec ses hommes. Lui et Curt dirent qu’il n’y avait pas eu d’explosion ni de fuite radioactive. Curt fit circuler ses polaroïd et dit qu’il achèterait un compteur Geiger pour vérifier qu’il n’y avait aucune radiation. Dicky Duck voulait avertir le FBI dans le cas où il y aurait des radiations. Et Tony déclara que dans ce cas il se débarrasserait de la Buick. Buck dit qu’il fallait remettre la voiture entre les mains du gouvernement mais personne n’approuva. Tony demanda à ses hommes de ne rien dire sur la Buick à leur famille et de ne rien écrire là-dessus. Un thermomètre avait été installé dans le hangar B et il affichait une température de plus en plus basse. Après avoir acheté le compteur Geiger Curt et Tony passèrent une heure dans le hangar pour passer le tube du compteur partout sur la Buick. Il n’y avait aucune radiation mais la température du hangar était descendu à neuf degrés. La Buick allait accoucher. Arky Arkanian fut le premier à voir que quelque chose était sorti de la voiture sans savoir ce que c’était.
Aujourd’hui : Arky
Arky raconte à Ned ce qu’il a vu ce jour-là.
Autrefois
A l’époque, Arky possédait un vieux pick-up Ford. Après l’avoir garé, il se dirigea vers le hangar B et colla son visage à l’une des lucarnes. Le coffre de la Buick était ouvert. La température était remonté jusqu’à 16 degrés. Arky paniqué rentra au poste et demanda à Huddie d’aller au hangar avec des jumelles. Mais elle ne lui furent d’aucune utilité car il n’arriva pas à voir ce qu’il y avait au fond du hangar avec. Huddie ouvrit la porte et pénétra dans le hangar, il tenait son pistolet. Arky s’empara d’un râteau accroché à un clou juste à côté de la porte. Le coffre de la Buick était vide. Ils virent une chose morte au fond du hangar qui ne ressemblait à aucune bête connue. La chose avait des ailes et la taille d’une chauve-souris. Elle avait une tête triangulaire, une sorte de nez ou de bec osseux. Elle n’avait pas d’yeux. Au-dessous du cadavre, disposée en éventail autour de sa croupe, une plaque de matière noirâtre et poisseuse était en train de se coaguler. Arky toucha la chose avec le râteau. Une odeur nauséabonde de vieux chou bouilli se dégagea de la bête. Le sommet de la tête de la créature s’était retroussé, découvrant un oeil vitreux, d’une taille démesurée. Ils sortirent en claquant la porte. Ils firent venir Tony et Sandy. Tony interrogea Arky et Huddie et regarda la bête. Tous les hommes de la compagnie vinrent voir la chose. Tony demanda à ses hommes de partir sauf Sandy. Sandy avait amené le Polaroïd, des sacs poubelle et des ustensiles destinés à relever des indices. Ils ouvrirent le coffre le photographièrent, photographièrent aussi le thermomètre qui affichait 21 et prirent des photos du cadavre et le mirent dans un sac poubelle. Il y avait des taches vertes sur la porte du hangar et Sandy les photographia. Tony pensait que la bête était sortie du coffre, avait heurté la porte, d’où la tache, et avait rebondi d’un mur à l’autre. Ils sortirent du hangar et se sentirent mieux. Sandy pensait que la Buick était un canal qui permettait de passer d’un monde à l’autre et si la bête l’avait traversé dans un sens, cela voulait dire qu’Ennis l’avait traversé en sens inverse. Il pensait que c’est l’air qui avait tué la bête. Tony rangea le sac poubelle dans la salle des fournitures. Il déclara que plus personne n’aurait accès à cette salle sauf Curtis, Sandy et lui. A partir de ce moment c’est eux qui enquêteraient sur l’affaire. Quand Curt fut mis au courant de l’affaire, il demanda où était le chien au moment de la découverte du cadavre. Il était chez Orville, un policier. Curt écouta le récit de Sandy et de Arky puis alla voir le cadavre et vomit. Curt demanda si la Buick avait échangé Ennis contre la bête mais il n’y croyait pas. Il décida de disséquer la bête. Tony voulait faire surveiller le hangar 24 h sur 24 mais il n’avait pas assez d’hommes. Dep plus il s’inquiétait des visiteurs. Un représentant de la Chambre vint visiter le poste de la compagnie D pour faire une déclaration officielle au sujet du projet de loi sur la réorganisation de la police qu’il s’apprêtait à présenter. Les journalistes étaient présents. Tony avait peur que des policiers extérieurs aillent mettre leur nez dans leurs affaires. Curt eut l’idée de faire construire un local à poubelles. Ce local permit à l’homme chargé de surveiller le hangar d’être hors de vue. La compagnie plaça un camescope dans la cabane. Curt avait peur que les policiers ratent le prochain événement et demanda à Tony d’établir une feuille de présence que les hommes de garde seraient tenus de signer mais Tony refusa car il ne voulait pas de traces écrites. Il dit à Curt de ralentir car il prenait trop de temps pour la Buick au détriment de sa femme. Et Sandy lui dit la même chose mais Curt n’arrivait pas à relativiser. Il cessa quand même de réclamer qu’on augmente les tours de garde. Curt s’entraîna à disséquer des animaux chez lui et sa femme trouvait ça dégueu. C’est à cette époque que Jimmy et Rosalynn élurent domicile dans la Roadmaster. C’était des gerboises que Tony avait achetées pour les mettre dans une cage sur la banquette avant de la Buick. Tony voulait ainsi savoir s’il était dangereux de rester dans la Buick. Bradley Roach avait parlé à la presse.Homer Oasler, un jeune journaliste l’avait écouté et voulait en tirer un article sensationnel. Il alla voir Tony qui mentit en disant que la Buick n’était plus au poste mais à Philadelphie au bureau des Séquestres de l’Etat de Pennsylvannie. Il avait inventé de toute pièce cette administration. 48 heures après la visite du journaliste, la Buick déclencha un nouvel orage électrique. C’était en plein jour cette fois. Brian Cole était de garde. Il vit que la température avait baissé et entendit un bourdonnement en passant le buste à l’intérieur de la Buick. Brian sortit en vitesse. Il sortit le camescope et filma la Buick. Les hommes vinrent voir ce qui se passait sauf Arkie que Tony éloigna pour surveiller l’extérieur du poste. Curt fut appelé et s’amena en vitesse. Il prit la caméra et filma la scène. Il voulut entrer dans le hangar pour filmer les gerboises mais Tony refusa. Les éclairs sortir de la voiture et les hommes mirent des lunettes de soudeur. Curt alla chercher une corde et Brian voulait entrer dans le hangar après la fin des éclairs pour aller donner à boire aux gerboises. Alors Tony accepta que Curt entre dans le hangar mais attaché à une corde pour qu’on le ramène vite fait en cas de danger. Tony prit la caméra. Curt entra dans le hangar et ouvrit la portière de la Buick. Une des gerboises, Jimmy, avait disparu.
Aujourd’hui : Sandy
Ned demande s’il pourra visionner les cassettes enregistrées par Tony et son père et Sandy accepte à condition qu’il les regarde au poste de police. Eddie a eu la vie sauvée par Curt et il sait des choses sur la Buick alors Sandy veut qu’il parle à Ned. Curt avait sauvé la vie d’Eddie un jour où celui-ci se faisait tirer dessus par des fermiers fous. Et pourtant Eddie voulait se défiler devant Ned en ne parlant pas de la Buick. Ned veut savoir si les policiers discutaient de la Buick entre eux mais Sandy répond que seuls Tony et Curt le faisaient pour les autres c’était un dossier en sommeil. Sandy explique que l’autre gerboise, Rosalynn, a fini ses jours dans la salle commune du premier étage. Il dit à Ned que des trucs surgissaient de la Buick et des animaux disparaissaient, des grenouilles, un papillon. Quand la température baissait cela ne provoquait pas forcément des éclairs mais quand il y en avait la température était basse. Ned parle de l’homme en noir. Il pense qu’avant de disparaître il est remonté dans la Buick et que Bradley Roach ne s’en est pas aperçu prace qu’il lisait. Sandy dit que c’est possible et il lui révèle que lors d’un pique-nique pour le Labord day la compagnie D a parlé de la Buick. Certains pensaient qu’elle était d’origine extra-terrestre. Shirley avoue à Ned qu’elle a failli démissionner mais Curt l’en a dissuadée en lui disant que la Buick n’était jamais qu’un objet perdu. Eddie dit que Curt pensait que la Buick venait d’une autre dimension. Curt lui avait dit aussi qu’il voulait quitter la police pour suivre des cours de biologie mais que sa femme le lui avait interdit.
Aujourd’hui : Phil
Phil raconte à Ned qu’après la deuxième séance d’éclairs il a vu le coffre de la Buick ouvert et des bouts de papier calcinés en sortir. Phil est allé chercher Tony qui a pris la caméra. Les papiers étaient des feuilles et elles changeaient de couleur virant du noir au gris. Phil a voulu en prendre et Tony l’a laissé entrer dans le hangar mais en le tenant. Phil a vu que les feuilles étaient devenues blanches. Il en a ramassé une douzaine. Leur contact était déplaisant. De plus, Phil était persuadé d’entendre la Buick murmurer alors il a crié à Tony de le tirer du hangar. Les feuilles s’étaient liquéfiées dans ses mains en dégageant une mauvaise odeur. Après ça, Phil était allé aux toilettes pour se laver les mains et vomir.
Aujourd’hui : Sandy
Sandy a toujours eu de la pitié pour Ned mais là il réalise que l’adolescent a relevé la tête en leur posant des questions et ça le met en colère car il ne veut pas avoir de dettes envers lui. Ned était persuadé d’avoir des droits sur les policiers et Sandy ne le supporte pas.
Autrefois
Curt disséqua le bête devant Sandy. Une odeur horrible en sortait. Tony était là aussi. Sandy filma la dissection. Il restait des feuilles et Curt en examina au microscope. Il vit des filaments noirs. Tony épingla la bête qui ne ressemblait à rien de connu avec son bec jaune et ses ailes. Elle n’avait qu’un oeil. Quand Tony perça le ventre de la bête, un liquide noire gicla avec une odeur horrible. Une masse spongieuse sortit de la poitrine ouverte et un liquide vert pâle. En coupant le petit arceau osseux de la bête, Curt n’avait pas accéléré la décomposition de la bête c’est seulement en effleurant la masse spongieuse que cela se produisit. Curt sortit l’oeil du corps de la bête. Au bout d’un instant l’oeil se mit à chuinter et à blanchir. Une matière fibreuse de couleur rose pâle, débordant en gonflant de l’orbite vide. Une fois sortie, elle vira au blanc et se liquéfia. Ce qui jaillit des viscères de la bête perturba leur sommeil pendant un bon mois. Un liquide séreux et noirâtre barbouilla les joues de Curt et éclaboussa son masque. Ils crièrent. Se dégonflant à toute allure, le poche de la bête déversa un flot de petites cartouches noires emmaillotées d’une membrane grise. Elles étaient pourvues d’un oeil vitreux. Après cela ils mirent une heure à tout nettoyer. Curt préleva avec un coton-tige des échantillons du liquide noire et visqueux qui avait jailli des viscères et de l’utérus de la bête. Il préleva aussi un peu de la sérosité fluide et claire issue de la cavité pectorale et emballa ses échantillons dans du film plastique et les plaça dans un autre sachet destiné aux pièces à conviction. Les deux foetus restants entourés de leurs ailes minuscules furent placés dans un troisième sachet. Les échantillons et le cadavre de la bête furent mis à l’abri dans un vieux meuble métallique que George Morgan allait appeler « musée des horreurs de la compagnie D ».
Aujourd’hui : Sandy
Sandy raconte une série d’événement qui se sont déroulés depuis 1979 pour montrer qu’il y avait une vie en dehors de la Buick. Sandy se demande si Ned pense que la Buick est responsable de la mort de Curt mais Sandy lui dit que la bagnole n’envoie pas d’ondes.
19 octobre 2009
La mort et son mystère (Flammarion)
La mort et son mystère (Camille Flammarion)
1ère partie : Avant la mort
1 – le plus grand des problèmes peut-il être actuellement résolu ?
La survivance de l’âme, soit dans l’espace, soit sur les autres mondes, soit par des réincarnations terrestres, pose toujours devant nous le plus formidable des points d’interrogation. Flammarion a reçu des centaines de lettres sur les manifestations de revenants et il s’en est servi pour prouver la survivance de l’âme.
Une mère a perdu son fils de 33 ans d’une tumeur à la vessie. Elle a écrit à Flammarion pour le supplier de lui confirmer l’existence de la vie après la mort. Une autre mère ayant perdu sa fille a écrit à Flammarion mais le savant n’a pu lui apporter de certitude absolue. Pendant vingt ans il a cherché des preuves de la survivances. Les religions et les dissertations théologiques ne prouvent rien. La mort est l’événement suprême de la vie. Ne pas vouloir l’étudier est une puérilité enfantine. La résurrection des corps est un dogme suranné qui ne peut plus être accepté par personne mais si notre pensée, notre entité psychique, survit à la dissolution de l’organisme matériel, nous aurons la joie de continuer à vivre. Les recherches sur la survivance ont été bloquées par l’Inquisition. On a imposé le silence aux chercheurs. C’est ce qui a le plus retardé le progrès des sciences psychiques.
2 – le matérialisme
doctrine erronée incomplète et insuffisante
Flammarion évoque les travaux de Comte, Renan et Littré. Littré pensait que dans les sciences positives on ne connaissait aucune propriété sans matière et la pensée sans être vivant. Mais il associait pourtant la psychologie à la physiologie. Flammarion pense qu’il y a dans l’homme autre chose que ce qui se voit, se touche ou se pèse; qu’il y a dans l’être humain un élément indépendant des sens matériels, un principe mental personnel, qui pense, qui veut, qui agit, qui se manifeste à distance, qui voit sans les yeux, entend sans les oreilles, découvre l’avenir encore inexistant, révèle des faits ignorés. L’être humain n’est pas seulement un corps matériel doué de propriétés variées, mais encore un être psychique doué de propriétés différentes de celles de l’organisme animal. On n’a aucune raison de supposer que le corps et l’esprit soient inséparablement liés l’un à l’autre. La totalité du cerveau n’est pas nécessaire à la pensée ni à la vie.
3 qu’est-ce que l’homme ? L’âme existe-t-elle ?
Il peut exister autour de nous, non seulement des choses, mais encore des êtres invisibles, intangibles, avec lesquels nos sens ne nous mettent pas en relation. Les apparences ne nous révèlent pas la réalité. Il n’y a qu’une réalité directement appréciée par nous, c’est notre pensée. Et ce qu’il y a de plus irrécusablement réel dans l’homme, c’est l’esprit. La volonté humaine suffirait, à elle seule, pour prouver l’existence du monde psychique, du monde pensant, différent du monde matériel visible, tangible. Lorsque nous méditons, lorsque nous disons simplement je pense ou je veux, lorsque nous calculons un problème, lorsque nous exerçons nous puissance d’abstraire et de généraliser, nous affirmons l’existence de l’âme. L’âme est une entité intellectuelle.
4 facultés de l’âme supranormales, inconnues ou peu étudiées, prouvant son existence indépendante de l’organisme matériel.
Flammarion évoque le pressentiment. M. Constans, ministre de l’Intérieur lui a raconté un fait qu’il a vécu. Un matin, dans son cabinet, on lui remet un livre dans son courrier. Il le laisse à sa femme qui le regarde et y voit une infamie. Elle fit appeler M. Cassel, directeur de la Sûreté générale, et lui recommanda d’examiner l’objet, pressentant quelque mystère. Le livre contenait de la dynamite.
Il y a en nous autre chose que la conscience normale apparente. Quel que soit le nom qu’on lui donne, « inconscient », « subliminal », « subconscient », cette autre chose existe : vous ne pouvez pas sortir de là. Eh bien, c’est notre être intime, transcendant, permanent, antérieur à notre corps matériel et ne dépendant pas de lui, c’est notre âme, dont les facultés sont inconnues de la science classique. Flammarion évoque également le cas d’un homme qui a le pressentiment avéré de l’assassinat du roi d’Italie, Humbert.
5 – Action de l’esprit sur le corps. La volonté agissant sans la parole, sans aucun signe, et à distance.
Des diverses manifestations de notre psychique, l’une des plus remarquables est, assurément, l’action de la volonté humaine sans l’intermédiaire de la parole ou d’aucun signe, et à distance.
Flammarion évoque le cas du Dr Ochorowicz qui a empêché une de ses patientes de se jeter par la fenêtre rien que par la pensée. Il avait également réussi à lui donner des ordres par la pensée la faisant se lever ou bouger une main. Mesmer pouvait également contrôler les gens à distance d’après Flammarion.
Les magnétiseurs pensent que leur volonté concentre « le fluide » et ensuite le projette au-dehors, dans une direction approximative, comme un paquet d’opium. Flammarion pense que les idées se transmettent par des vibrations dans l’éther. Flammarion estime que l’action de l’esprit sur la matière, depuis longtemps étudié, ne se montre peut-être nulle part aussi évidente que dans les phénomènes produits par l’autosuggestion sur certains troubles dans la circulation du sang, tels que rougeurs, congestion cutanée, vésication, hémorragies, stigmates sanguinolents, etc. Il cite le cas de religieuses qui ont eu les stigmates du christ. Les « miracles » de Lourdes représentent l’une des manifestations les plus curieuses et les plus évidentes de la puissance de l’idée, de l’exaltation mentale, de la foi. Nous devons admettre aussi l’action de nos « forces psychiques inconnues ». Flammarion relate le cas de personnes qui sont apparues à leurs proches rien que parce qu’ils ont pensé à eux très fort.
6 – La télépathie et les transmissions psychiques à distance. Vue et audition télépathiques.
Flammarion relate l’histoire d’un enfant de 7 ans qui était capable de lire la pensée de sa mère. Quand elle ouvrait un livre, il était capable de dire quelle page elle avait sous les yeux. La vision télépathique se produit sans l’aide des yeux. La distance, les obstacles matériels ne l’empêchent pas. Le temps lui est souvent aussi indifférent que l’espace. On voit un événement présent, passé ou futur. Le fait psychologique met en oeuvre une faculté de l’esprit indépendante de notre organisme. Flammarion pense que la télépathie n’est pas rare. Il y a au-moins une personne sur dix qui connaît, soit par elle- même, soit par des proches, un fait de télépathie, de prémonition, d’avertissement de mort, de vue de l’avenir, en un mot d’action psychique. La télépathie a plus de fondement, une base plus universelle et plus sûre que n’en a aucune religion.
7 – La vue sans les yeux, par l’esprit, en dehors des transmissions télépathiques, la lucidité.
On peut voir sans les yeux, entendre sans les oreilles, non point par une hyperesthesie du sens de la vue ou de l’ouïe, car ces observations prouvent le contraire, mais par un sens intérieur, psychique, mental. Si l’on peut voir sans les yeux, on le fait par l’acte de facultés psychiques internes, par une force inconnue indépendante du sens de la vision normale. Flammarion dénomme la vue sans les yeux la cryptoscopie. Il évoque les expériences du marquis de Puységur en 1785. Il avait magnétisé un jeune homme de 14 ans nommé Amé. Amé avait mal à l’estomac et il pouvait voir son mal avec les doigts. Le somnambulisme permettait la vue sans les yeux selon Puységur. Flammarion évoque le cas de la femme d’un colonel de cavalerie, que son mari magnétisait. En état de somnambulisme, elle vit qu’un officier voulait se tuer et sa vision fut confirmée. Flammarion révèle que Victor Hugo lui-même participait à des séances de somnambulisme et croyait à la seconde vue. Le célèbre prestidigitateur Robert Houdin certifiait sur l’honneur que ces phénomènes n’étaient produits par aucune subtilité d’une ingénieuse prestidigitation. Flammarion évoque plusieurs cas de somnambules capables de lire sans les yeux le contenu de lettres cachetées ou de livres fermés. Il pense que c’est notre esprit qui pense, qui veut, qui aime, qui cherche, qui se décide. Ce n’est pas notre chair moléculaire cérébrale. La vue sans les yeux s’exerce par l’esprit, par l’âme.
8 – La vue des événements futurs, l’avenir présent, le déjà-vu.
De même que l’âme voit à travers l’espace, elle voit à travers le temps. Flammarion évoque des scènes de déjà-vu. Une femme rêve être en vacances dans une auberge, dans une chambre avec une armoire derrière laquelle elle voit grandir les flammes. Six mois après elle part en vacances et reconnaît le petit pavillon qu’elle a vu en rêve avec l’armoire au même endroit et l’incendie se déclenche.
9 – La connaissance de l’avenir, le fatalisme, le déterminisme et le libre arbitre, problème du temps et de l’espace.
Le fatalisme paraît en désaccord avec tous les progrès de l’humanité. Mais on est dans l’erreur en pensant que le fatalisme et le déterminisme sont identiques. Dans le premier, l’homme est un être passif qui attend les événements; lesquels sont inévitables. Dans le second, au contraire, l’homme est actif et fait partie des causes agissantes. On ne voit pas ce qui doit arriver, mais ce qui arrivera. Il arrive toujours quelque chose. C’est ce quelque chose que nous voyons, sans que ce soit fatal pour cela. Y a-t-il incompatibilité absolue entre la prévision de l’avenir et le libre arbitre ? C’est ce que l’on affirme en général, et ce que les écrivains anciens ont affirmé comme les modernes. Les événéments et les circonstances nous conduisent beaucoup plus amplement qu’on le pense, en général. Notre libre arbitre ne se joue que dans un cadre d’activité fort étroit. Nos actes les plus importants sont déterminés à la fois par les circonstances et par notre volonté. Voir, par un procédé quelconque, ce qui doit arriver par la succession des effets et des causes peut se concilier avec l’existence de toutes les causes agissantes, y compris la liberté. Néanmoins Flammarion pense que nous sommes les artisans de notre destinée. LE fatalisme est la doctrine des somnolents, les fatalistes attendent les événements, ce qu’ils supposent devoir se produire quand même et malgré tout. Au contraire, nous travaillons, et nous coopérons à la marche des événements. Voir l’avenir est voir simplement ce qui arrivera. Ce n’est pas prévoir, c’est voir. Flammarion évoque le cas du docteur Gallet. Il avait prévu l’élections du président Casimir-Périer alors qu’il ne s’intéressait pas à la politique en devinant le nombre précis de voix. Bien qu’il soit astronome, Flammarion semble accorder de l’importance à l’astrologie. Il cite le cas de l’astronome David Fabricius qui, à partir de l’astrologie, calcula que le septième jour du mois de mai 1617 lui serait fatal. En effet, il mourut ce jour-là assassiné par un paysan. Flammarion explique les prémonitions en estimant que pendant la vie, comme après la mort, l’âme est plongée dans l’atmosphère éthérée d’un monde invisible. Les prémonitions prouvent l’existence de l’esprit, doué de faculté intrinsèques indépendantes des sens physiques. Si l’âme n’est pas une production du cerveau, si elle est distincte du système nerveux cérébrospinal, si elle existe par elle-même, il n’y a pas de raison pour qu’elle se désagrège avec lui.
2è partie : autour de la mort.
1 – Les faits exposés dans la première partie prouvent-ils irréfutablement l’existence de l’âme ?
Flammarion regrette que les savants, les écrivains, les artistes se tiennent dans une réserve discrète car il pense qu’eux aussi sont témoins de phénomènes psychiques. Ils craignent l’ironie ou que leur dignité soit compromise. Flammarion pose une hypothèse : les phénomènes psychiques peuvent-ils être attribués à des facultés, connues ou inconnus, d’un appareil cérébral aussi puissant qu’on l’imagine ? Attribuer à un groupement de molécules matérielles, à une action chimique, mécanique, d’un fourmillement d’atomes quelconques, la faculté de voir ce qui n’existe pas encore, ce qui arrivera dans plusieurs heures, plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années, est une pure hypothèse, et ne s’appuie sur aucune base scientifique. Outre le côté esprit de l’âme, il y a le côté moral, qui est le fonds même de l’âme humaine. Comment voir là une fonction de la maladie cérébrale ? Flammarion pense que les facultés supranormales ne sont pas à nos ordres. Elles s’exercent inconsciemment sinon ceux qui pratiquent la vue par l’esprit seraient les maîtres du monde. Camille Saint-Saëns avait été refusé à l’Académie des Beaux-Arts. Il avait eu une prémonition. Il se dit qu’il serait reçu lorsque les lions qui ornent le devant de l’Académie seraient retournés et c’est ce qui se passa. Pourtant il a écrit à son ami Flammarion qu’il ne croyait pas à l’âme et Flammarion lui a répondu qu’il n’était pas logique.
2 – Les doubles de vivants
Les exemples de doubles, de bilocations, d’apparitions, sont si nombreux qu’il est impossible de les annihiler tous et de supprimer leur réalité. Flammarion cite le cas de Goethe. Le poète se promenait un soir à Weimar. Il vit son ami Frédéric qui était pourtant à Francfort. Goethe était accompagné de son ami K. qui ne vit pas l’apparition. Quand Goethe rentra chez lui, il y trouva son ami Frédéric. Frédéric avait rêvé qu’il allait à la rencontre de Goethe. Flammarion explique ce phénomène par une transmission d’images par ondes psychiques entre deux cerveaux harmonieusement accordés.
Guy de Maupassant, au début de la paralysie générale qui devait l’enlever, voyait avec terreur un double de lui-même assis à sa table, et il s’est inspiré de cette hallucination dans le Horla. Les « doubles » qui viennent de passer devant nos yeux sont des manifestations de vivants, non associés à la mort, et nous prouvent simplement la réalité de ces phénomènes encore inexpliqués. Il n’y a pas seulement des doubles inconsciemment formés; il y a aussi des doubles produits par la volonté. Les être humains sont reliés entre eux par des effluves invisibles. Ce corps fluidique, ce corps astral, peut se dégager de notre corps matériel en certaines circonstances. Flammarion relate l’expérience d’une femme qui était séparée de sa soeur jumelle. Comme son absence lui était très pénible, elle se résolut à voir ce qu’elle faisait en se dédoublant. Elle l’aperçut couchée dans son lit, un livre à la main. Sa soeur ressentit sa présence et l’aperçut. Elle renouvela plusieurs fois cette expérience.
Flammarion pense qu’il existe deux sortes de doubles : 1) ceux qui sont dus à des projections de la pensée agissant sur le cerveau des percipients qui leur sont plus ou moins associés, 2) ceux qui sont extérieurs, réels, objectifs. L’être humain peut se dédoubler en une forme analogue à la nôtre, se séparer de notre corps, prendre une certaine consistance, devenir visible, tangible même, parler, produire des effets mécaniques.
3 – La pensée productrice d’images projetées à distance. Les apparitions de vivants, morts apparaissant vêtus comme de leur vivant. Cinématographe psychique, transmissions télépathiques sensorielles.
Une apparition télépathique, de vivant ou de mort, peut avoir une origine objective et réelle. Elle peut aussi être subjective, dans l’esprit qui le perçoit et dans l’être d’où elle émane, ce qui expliquerait l’existence des vêtements. L’être, tel qu’il est, ou tel qu’il se sent, projette son image à distance, avec ses vêtements. Flammarion évoque le cas du commandant Mennelshisch qui causait, dans sa chambre avec un autre officier, lorsqu’il vit son frère George entrer et s’asseoir avec des habits ruisselants d’eau. Il était en mer, et son bateau faisait naufrage à cette heure-là. Cette apparition est une projection lancée par l’âme du mourant. Ce ne sont pas seulement les images visuelles qui peuvent être transmises télépathiquement; ce sont encore les auditions, les impressions d’odeur, les mouvements moléculaires, les germes de mort, les sensations cinématiques.
4 – Les apparitions de mourants quelque temps avant la mort
Flammarion relate le cas de mourants qui sont apparus à leurs proches pour annoncer leur mort prochaine comme la soeur du Docteur Romanes. Il la vit apparaître au pied de son lit et se dissoudre quand il l’appela. Il apprit sa mort quelques jours plus tard.
5 – Les manifestations de mourants quelque temps avant la mort (autres que les apparitions).
Flammarion évoque le cas d’une femme qui avait vu sa soeur l’appeler dans sa chambre la nuit. Mais sa soeur nia avoir fait ça. Sa soeur lui avait dit qu’elle était sur le point de s’en aller. Une semaine après l’apparition la soeur mourut.
6 – Vues de scènes de mourants et de morts à distance. Auditions du même ordre.
Flammarion relate le cas d’une femme dont le mari était parti pour la guerre de 1914. Elle fut heureuse de recevoir une lettre de son mari mais quelques jours plus tard, elle eut une vision : un champ de bataille et son cher mari tomber au milieu de tous. Quelques jours plus tard elle apprit la mort de son mari. Pour Flammarion il s’agit d’un cas de télépathie entre le mari et sa femme. Flammarion explique toutes ces visions de personnes peu avant leur mort par leurs proches par la télépathie. Il pense que la transmissions des ondes psychiques entre deux cerveaux séparés par de grandes distances est comparable à celles des ondes éthérées de la télégraphie sans fil.
7 – Avertissements divers précédant la mort ou l’annonçant.
Flammarion évoque l’histoire de A. Villinger, fondé de pouvoirs d’une grande compagnie d’assurance. Il rêva qu’il entrait dans une brasserie et vit le directeur de sa compagnie. Il était pâle et avait l’air souffrant. Le directeur annonça la date de sa mort. En effet, le directeur mourut à la date prévue. Flammarion évoque un autre cas curieux. Celui d’un homme souffrant d’un rhumatisme articulaire aigu. L’homme vit son père mort depuis quelques années et celui-ci le guérit mais en même temps lui prédit la date de sa mort. Les médecins ne voulurent pas y croire et pourtant l’homme se confessa, se fit administrer l’extrême-onction et mourut sans aucune peur. Flammarion raconte l’histoire surprenant de Lord Dufferin qui, une nuit vit un homme très laid portant un cercueil. Personne ne put lui dire qui était cet homme. Nommé ambassadeur à Paris, Lord Dufferin se trouva au Grand Hôtel et il revit l’homme laid qui était groom d’ascenseur. Effrayé, il ne monta pas et cela lui sauva la vie car l’ascenseur s’écrasa et tous ses passagers périrent. Flammarion conclut ce chapitre en déclarant que des êtres supérieurs à nous, voient l’avenir comme étant présent.
8 – Sensations mentales à distance de morts ou d’accidents (sans phénomènes physiques).
Flammarion évoque le cas du Docteur N. qui avait commandé à son pharmacien quelques médicaments que celui-ci négligea de préparer pendant une semaine. Un soir, le docteur se coucha avec l’intention d’aller réprimander le pharmacien. Dans la nuit, il se réveilla entendant distinctement une voix qui disait : « A 7 heures et demie du matin ». Le docteur regarda sa montre : elle marquait trois heures et demie. Le jour suivant le pharmacien lui dit qu’il avait été sorti de son sommeil par son réveil à trois heures et demie et qu’il avait dit à sa femme : « Je serai de retour à sept heures et demie pour préparer les médicaments du docteur ». Le docteur avait donc entendu la voix du pharmacien à distance et en pleine nuit. Flammarion relate encore des prémonitions de morts comme cet homme qui au cours du dîner reçut la vision de sa soeur jumelle morte et ce décès fut confirmé le lendemain. Mme Galli-Marié, créatrice du rôle de Carmen de Bizet, s’arrêta de chanter car elle avait ressenti au côté une douleur lancinante, comme un coup de marteau dans le coeur. Elle se reprit et acheva l’acte mais elle avait deviné la mort de Bizet qui lui était apparu. On courut aux informations. Bizet venait de mourir.
9 – Morts annoncées par des bruits, des coups frappés. Des vacarmes inexpliqués, des phénomènes physiques.
Flammarion avoue tout de suite qu’il est impossible d’expliquer les révélations de morts par des bruits, des secousses. Il relate le fait suivant qu’il tient de sa mère. Une nuit, elle avait été réveillée par un grand bruit, entendant tomber une glace qui était sur la cheminée. Elle s’était levée et avait constaté que la glace était bien tombée mais ne s’était pas cassée. Le lendemain, elle apprit la mort de la tante Bayet, la soeur du père de Flammarion.
Dans ces bruits, remuements d’objets, mouvements plus ou moins violents, vacarmes d’intensités variées, il importe de distinguer ceux qui sont réels de ceux qui sont imaginaires ou fictifs. Dans ceux-ci même, il y a une cause extérieure aux percipients, ils sont subjectifs, et néanmoins réels à un certain point de vue. Pour les phénomènes subjectifs, nous n’avons pas d’autres explications à chercher que les transmissions psychiques que nous connaissons; mais pour les déplacements réels, les mouvements constatés, il est tout naturel de penser à l’électricité, en ayant soin d’avouer que nous ignorons absolument la nature de cette force.
10 – Entre la vie et la mort
Flammarion évoque un récit de Victor Hugo publié dans « Choses vues ». Le 27 novembre 1846, une vieille femme appelée Mme Guérin était malade d’une maladie qui paraissait peu grave. Le médecin l’avait qualifiée d’indigestion. Il était 5 heures du matin. La fille de madame Guérin, veuve, nommée Mme Guérard, qui logeait avec elle, travaillait, assise au coin du feu, près du lit de sa mère. Mme Guérin se dit que Mme Lanne devait être revenue de la campagne mais sa fille lui dit qu’elle était morte une heure auparavant mais Mme Guérin avait bien vu passer Mme Lanne à 4 heures du matin qui lui disait : « Je m’en vais; venez-vous ? » La fille crut que sa mère avait fait un rêve. Mme Guérin mourut quelques heures après avoir vu le corps de Mme Lanne. Flammarion pense que Mme Lanne n’était pas tout à fait morte morsqu’elle s’est manifestée à Mme Guérin et lui a dit « Je m’en vais; venez-vous ? »
11 – Les manifestations de mourants au moment du décès (autres que les apparitions)
Flammarion évoque le cas du fils du capitaine Marcucci qui, le 24 décembre 1911, rêva de son père marchant à la tête de ses soldats contre les Turcs. Un de ceux-ci, caché derrière un arbre, avait tiré sur lui et l’avait tué. Or une dépêche arrivée de Tobrouk confirma la vision du fils.
Flammarion relate un autre cas. Un jeune homme de 19 ans qui habitait avec sa mère à Constantine entendit sa mère lui raconter qu’elle avait été réveillée par un coup frappé à la porte de sa chambre. Elle demanda qui était là. C’était la voix d’un cousin habitant en France qui lui dit qu’il était mort, qu’elle devait garder tout ce qu’elle avait et de prier pour lui. Quelques jours plus tard la mort de ce cousin fut confirmée.
Flammarion évoque également le souvenir d’Alexandre Dumas, qui, à 4 ans avait entendu un grand coup frappé à la porte de sa chambre et avait voulu ouvrir mais sa cousine effrayée l’en avait empêché. Il avait senti que c’était son père dont il apprit la mort le lendemain. Flammarion conclut à une manifestation coïncidant avec le moment même de la séparation de l’âme du père de Dumas d’avec son corps.
12 – Les apparitions de mourants au moment du décès.
Flammarion évoque l’observation de M. Contamine. Se trouvant un jour assis dans sa chambre devant son armoire à glace. Il aperçut dans cette glace la porte derrière lui s’ouvrir et vit entrer un de ses amis. M. Contamine se retourna pour tendre les mains à son ami mais il ne vit personne dans la chambre. Contamine, très intrigué, s’informa aussitôt et apprit que son ami, ayant commis un homicide par imprudence, et voulant se dérober à la justice, s’était suicidé à l’heure exacte où avait eu lieu l’apparition. Flammarion estime que la science psychique a fait des progrès considérables, et parmi ces progrès, nous devons remarquer l’étude expérimentale des matérialisations qui nous montre que des organes corporels peuvent se former de la substance émanée de l’organisme d’un médium. Flammarion conclut en affirmant que l’être humain ne consiste pas seulement dans le corps matériel visible, tangible, pondérable, connu de tout le monde en général et des médecins en particulier, mais, en même temps, en un élément psychique impondérable doué de facultés intrasèques spéciales, capables d’agir en dehors de l’organisme physique et de se manifester à distance. Les conditions quotidiennes du temps et de l’espace ne lui sont pas imposées.