Ordre antique et mystique de la rose-croix AMORC

AMORC est le sigle de l’Anticus mysticusque Ordo Roase Crucis, dont le siège est installé au Rosicrucian Park de San Jose (Californie). Cette association recrute ses adhérents par des annonces insérées dans des journaux et revues du monde entier. Si l’on en fait la demande, on reçoit un opuscule où l’AMORC s’affirme comme étant une « école de psychologie et de sciences physiques ». L’AMORC fait une distinction entre les rosicruciens, ses propres adhérents, et les rose-croix, qui sont les rares adeptes que l’enseignement a conduits aux cimes de la connaissance. L’AMORC dénombre des dizaines de milliers d’adhérents surtout en Afrique. Le siège français est au château d’Omonville au Tremblay. L’AMORC donne son enseignement par correspondance chaque adhérent reçoit, régulièrement, des cahiers d’instruction qui lui permettent de créer chez lui un sanctum particulier où, chaque jour, vêtu d’une certaine manière, il se livre à des exercices spirituels et des lectures et s’isole du monde profane. L’adepte peut s’instruire avec les brochures et gravir les étapes d’une hiérarchie spirituelle complexe. L4aMORC a été créée en 1909 par H. Spencer Lewis. Il est mort en 1939 et son fils Ralph M. Lewis lui succéda. L’organisation comprend, au sommet la Grande Loge Suprême de San José. La Grande Loge installée en France étend son autorité sur les pays francophones. L’adepte peut appartenir à une loge, un chapitre ou un pronaos mais n’est pas obligé. L’enseignement est dispensé sous forme de monographies que chaque membre reçoit périodiquement. Au cours de ses études, le membre est invité à envoyer des rapports périodiques à la Grande Loge. Dans chaque loge, chapitre ou pronaos, les réunions comprennent des rituels d’ouverture et de clôture. Une méditation collective silencieuse est proposée ; un sujet ayant rapport avec les travaux de l’ordre fait l’objet d’un bref message, suivi de discussions fraternelles. Il y a des forums de degrés réservés aux membres ayant atteint le même degré pour étudier les sujets traités dans telle ou telle monographique. La brochure « Maîtrise de la vie » envoyée à tout candidat fait connaître quelques-uns des sujets des enseignements de l’ordre : perfectionnement du corps physique, la vérité sur les vibrations et leurs effets sur nous, intuition par union cosmique, comment employer à volonté le pouvoir de la pensée, etc… Le fondateur de l’AMORC H. Spencer Lewis a prétendu qu’au cours d’un séjour à Paris, vers 1908, il fit la connaissance d’un sage qui prit son zèle en considération et qui le dirigea vers Toulouse. Là, dans une vieille tour, le Frater Donjon, Lewis avança, frappa à la porte, sonna, poussa la porte et entra, monta à l’étage et vit un vieil homme portant une longue barbe, entouré de vieux livres et de produits chimiques. Le vieil homme affirma à Lewis, qu’il possédait son thème astral et qu’il l’attendait. Lewis avait été surveillé depuis son arrivée à `paris et les rapports avaient été favorables. Le vieil homme montra à Lewis des documents authentiques sur la rose-croix et lui dit de se tenir prêt à participa à une cérémonie impressionnante. Lewis fut emmené à Tolosa dans un grand domaine avec des maisons et un château. Un homme habillé en militaire demanda le laisser-passer qu’on avait remis à Lewis et le fit entrer dans une maison. Il fut présenté à une femme âgée qui l’emmena dans une petite salle où on lui remit quelques feuillets renfermait des instructions. Lewis prétendit que la maison où il se trouvait était le grand temple de l’Ordre en France et qu’il fut initié ce soir-là. Il assista à la convocation mensuelle des Illuminati dans un autre édifice ancien situé sur les ives de la Garonne et construit soi-disant à partir de pierres venant de monument d’Egypte, d’Espagne et d’Italie. On remit à Lewis plusieurs documents de la plus haute importance qui l’investissaient de l’insigne responsabilité de perpétuer les activités de l’ordre à partir de l’Amérique.

Lectorium rosicrucianum de Haarlem

Haarlem est une ville résidentielle des Pays-Bas qui abrite le templum central d’un mouvement rosicrucien : le lectorium rosicrucianum ou rose-croix d’or. Les membres sont peu nombreux et recrutés par cooptation. Ce groupe édite un enseignement exotérique et ésotérique qui semble être la continuation du catharisme. L’imperator était van Rijckenborch. Le Lectorium se dit christique et johannique et se réfère souvent aux Evangiles et à l’Apocalypse. Il y est question de Shamballah, nom qui désigne un centre  souterrain qui serait le centre du monde dans le désert de Gobi. C’est là que résiderait la réincarnation de Rosenkreuz. Le lectorium en serait l’émanation. LE texte fondamental est « Dei gloria intacte » (1958)

L’association rosicrucienne de Max Heindel

L’association rosicrucienne est une fondation états-unienne, créée au début de ce siècle. Elle a pour créateur Max Heindel, mais affirme que celui-ci reçut sa mission de « Frères aînés », des mêmes Supérieurs Inconnus qui avaient répandu la Fama et la confessio. Elle compte, dans le monde entier, des milliers  d’adhérents bien qu’elle se recrute uniquement par cooptation. L’enseignement se communique par des livres de Max Heindel, des cours par correspondance, des causeries, prononcées dans des temples. L’astrologie et le développement des facultés de guérisseur sont les bases du message de Max Heindel qui fut secondé par son épouse Foss Heindel, qui fut sa continuatrice. Les dirigeants, comme les frères et sœurs, s’estiment guidés par une hiérarchie d’entités invisibles. Heindel naquit au Danemark le 28 juilllet 1865. Il mourut le 6 janvier 1919. Dès sa jeunesse, il s’intéresse aux sciences occultes. Il accomplit, affirma-t-il, des bi-locations qui le mirent en relation avec les Frères Aînés. Ceux-ci lui confièrent la succession spirituelle de Christian Rosenkreuz. Il vécut d’abord pauvrement, publiant des articles de journaux et donnant des conférences. Il habita à San Francisco, Seattle puis le Minesota. Il alla à Berlin vers 1908 pour voir Rudolf Steiner mais fut déçu. Il prétendit avoir rencontré un missionné de l’ordre de la rose-croix qui lui fournit des instructions à condition de les tenir secrètes. Mais Heindel refusa car il voulait instruire le monde entier et le missionné lui répondit que c’était un test pour éprouver son égoïsme. Alors Heindel écrivit un livre et fit des conférences à Columbus. C’est là que se forma le premier centre rosicrucien. Son ordre ne prit un caractère définitif que vers 1911 lorsqu’il acquit un terrain qu’il nomma Mount Ecclesia et fit construire un temple. Mount Ecclesia se trouve à Oceanside en Californie. Il y a neuf degrés dans son ordre. Le 1er correspond à l’ordre de Saturne et les exercices qui lui sont destinés se font le samedi soir à minuit. Le 2è degré correspond à la période solaire, et ce rite se célèbre le dimanche à minuit. Le 3è degré correspond à la période lunaire et se tient le lundi à minuit et ainsi de suite. Le 8è degré se célèbre à la nouvelle et à la pleine lune ; le 9è degré, aux solstices d’été et d’hiver. Max Heindel précise que la véritable initiation n’est pas une cérémonie extérieure, mais une expérience, mais une expérience intérieure. Dès le début de Mount Ecclesia, Max Heindel fonda aussi une école d’instructeurs en philosophie et de guérisseurs mystiques. Dès 1913, les cours qui se donnaient à Mount Ecclesia se composaient comme suit un des membres enseignait l’art de convaincre, un autre l’astrologie élémentaire, d’autres les cours supérieurs d’astrologie. Heindel donnait aussi un cours d’anatomie en rapport avec son enseignement mystique.

Les Frères aînés de la Rose-Croix.

L’ordre des Frères aînés de la rose-croix est inconnu du monde profane. Le seul membre dont l ‘identité est connue se nomme Roger Caro. Il a édité à un petit nombre d’exemplaires une « Légende »  de son ordre. C’est un livre auquel s’applique l’adage taoïste : « tout ce qui peut être dit ne mérite pas d’être su ». L’ouvrage relie, historiquement et initiatiquement, les Frères aînés à la tradition templière dont ils seraient, depuis le XIVè siècle, les dépositaires. Ils seraient aussi dépositaires d’une tradition alchimique. Dès le début, le nombre des frères de l’ordre a été fixé à 33. Ils ont à leur tête un imperator. L’actuel imperator est le dernier maillon d’une chaine initiatique qui, dans les temps modernes, comprit les noms d’Eliphas Levi, de William Wynn Westcott qui était aussi membre de la SRIA puis il y eut L. Matthers, imperator de la Golden Dawn puis Leigh Gardner et ensuite Rudolf Steiner. Au sein même de son groupe anthroposophique, Steiner établit un cercle intérieur, divisé en trois degrés. On y pratique un rituel partiellement reproduit dans l’ouvrage d’Eliphas Lévi : Dogme et rituel de haute magie. L’alchimie des FARC est simultanément spirituelle et matérielle. C’est-à-dire qu’elle se donne pour objet de transmuer l’homme vulgaire, le profane, en un  initié véritable ; et pour ledit initié, de transmuer le plomb, métal, vil, en or, substance divine.

Les rose-croix devant l’avenir du monde

A trois instants cruciaux des cycles historiques, la rose-croix ressuscite comme le phénix de la fable. A chaque fois, par des langages différents, mais avec la même base anthologique, le message de la rose-croix a joué un rôle que Bayard appelle, en langue moderne, contestataire et constructif. La Fama avertit que son enseignement est condensé en trois textes dont le premier est intitulé Axiomata. Axiomata, révèle Bernard Gorceix, désigne l’effort spirituel permettant de puiser dans l’ensemble des facultés, des sciences, des arts. La rose-croix tend à résoudre les problèmes humains. La confrérie, à toutes les époques de son histoire, a appelé vers elle des hommes « véritables », ceux qui veulent vraiment voir  et entendre. Elle n’a fait aucune distinction de races, de classes sociales : elle n’en anathémise que les cupides, les orgueilleux et les sots. C’est sans doute dans la rituelie du 18è degré de la franc-maçonnerie écossaise que se discerne le mieux le vrai visage éternel de la rose-croix.