Alfred Rosenberg et « le Mythe du XXè siècle ».

Pour J.C. Frère, Rosenberg fut l’homme qui, publiquement témoigne de la synthèse entre les idées magiques et le nazisme. Il fréquenta les sociétés secrètes qui préparèrent l’avènement du nazisme. Rosenberg naquit à Talinn, en Estonie, le 12/1/1893. A l’origine il était sujet russe. Il étudia à l’université de Moscou pour obtenir un diplôme d’orchestre. Il s’engagera dans l’armée blanche. Il se rendit à Kiev où il remarqua les Prusso-teutoniques du Baltikum. En 1919, il se rendit à Munich où il rencontra Sebottendorff et Haushofer. Il fit partie de Thulé. C’est par Eckart qu’il rencontra Hitler. Ils devinrent amis. Hitler voyait en Rosenberg le « philosophe » du parti nazi. Il le fit nommer rédacteur en chef du 1er journal nazi, le « Völkisher beobachter ». Rosenberg fut le 1er conseiller en politique étrangère d’Hitler avant Ribbentrrop. Elu député nazi aux élections de 1930, Rosenberg publia la même année « Le mythe du XXè siècle » qui était à la fois une illustration du racisme nazi et une vision fantastique de l’histoire du monde. En 1940, il organisa la collecte des œuvres d’art en Hollande, Belgique et France. En 1941, il fut nommé commissaire à la « germanisation » des pays baltes, de la Russie blanche et de l’Ukraine. Il suscita des actions d’extermination contre les populations « non aryennes » de ces régions. Arrêté en mai 1945, il fut jugé à Nuremberg et pendu le 16 octobre 1946. Si Hitler, absorbé par l’action politique, ne fit qu’ébaucher la « philosophie » du racisme, Rosenberg poussa très loin l’exposé doctrinal. Aussi, dans ce sens précis, « le Mythe du XXè siècle », plus que « Mein Kampf » devint l’ouvrage fondamental du IIIè Reich, celui auquel chaque dirigeant du régime devait constamment se référer. Rosenberg conviait, dans ce livre, son lecteur à plonger profondément dans les civilisations disparues à la lumière du grand révélateur de la race. Il évoquait l’Atlantide et l’existence d’un centre nordique de civilisation préhistorique. Rosenberg affirma qu’un grand nombre de peuples étaient d’origine nordique. Il prétendit qu’existait un esprit aryen en Inde et en Perse et que c’est lorsqu’il fut impossible d’empêcher le sang aryen de se mêler à celui des Asiatiques que s’écroule l’empire des Perses. Rosenberg voulut voir chez les Achéens des Aryens et chez le roi Minos un sémite. Puis l’Asie primitive s’infiltra en Grèce et empoisonna le sang. Le Grec fut remplacé par le Levantin. Pour Rosenberg, Rome aussi a été fondée par une vague de peuple nordique. Il regrettait que les Romains n’aient pas exterminé les autres centres judéo-sémitiques à part Carthage. Il aurait voulu que Rome anéantisse l’Asie et la Syrie. Les Etrusques étaient vus par Rosenberg comme des Asiatiques véhiculant le vice et la corruption. C’est dans le monde romain en pleine décomposition que s’introduisit le christianisme. Or le christianisme apportait avec lui le plus terrible des poisons sémitiques : la doctrine du péché originel d’où procéderont toutes les obsessions sexuelles et sans laquelle la psychanalyse n’aurait plus le même sens. Quant à la personnalité de Jésus, elle a, pour Rosenberg, été, aussitôt après sa mort, déformée, refondue avec tout le fatras des conditions d’existence asiatiques, judaïques et africaines. Pourtant Rosenberg pensait que le Christ n’était pas Juif mais d’origine syrienne et romaine. Paul, qui utilisa le courant chrétien primitif, armé d’un fanatisme indomptable, prêcha la révolution internationale contre l’Empire romain. Il voulut concilier le judaïsme avec l’esprit romain. Rosenberg pensait qu’il y avait un christianisme négatif se prévalant de sa tradition étrusco-syrienne, de dogmes abstraits et d’usages depuis longtemps consacrés, le christianisme positif réveille les forces du sang nordique, comme l’avaient fait les premiers Germains lorsqu’ils pénétraient en Italie. Utilisant les études de H.S. Chamberlain sur l’évolution de l’Histoire, Rosenberg affirma que l’Occident avait été rénové par le germanisme. A la suite de quoi s’est opéré ce qu’il appelait le « chaos des peuples ». Dès ce moment et jusqu’à la Réforme eut lieu une lutte du germanisme contre le chaos des peuples au cours de laquelle le sang nordique se laissa corrompre. Rosenberg pensait que Martin Luther opposa à la monarchie politique et universelle du pape l’idée d’une politique nationale. Il avait de la sympathie pour les Huguenots et les Vaudois, ennemis du pape. Il avait la haine de la Révolution française et de la France. Il pensait que la France s’était abâtardie et portait en elle des germes de maladies mortelles. Rosenberg pensait que l’Allemagne avait su attirer à elle, après les 300 000 huguenots qui étaient ou de tempérament purement nordique ou d’un sang d’essence germanique, beaucoup de proscrits de la Révolution française. Il pensait que l’âme germano-nordique professait une conception dynamique de la vie. Elle rejetait la conception statique d’un dieu unique souverain de l’univers, elle rompait avec le dieu de l’Ancien Testament. Celui qui a donné à l’esprit nordique sa pleine conscience philosophique, Emmanuel Kant, dont l’œuvre essentielle consiste dans la distinction enfin établie entre les droits de la religion et ceux de la connaissance scientifique. Pour Rosenberg, le devoir du Nouveau Germain, l’homme allemand édifié par le national-socialisme est de réveiller les générations du XXè siècle. Tel est le « Mythe du XXè siècle ».

Philosophie et mythe

L’art allemand est, pour Hitler et Rosenberg, une réalité globale : celle qui exprime le mieux la différence qui existe entre l’homme allemand et celui qui n’appartient pas à la communauté germanique. Pour Rosenberg, comme pour Hitler, un des fondements du nazisme devait être dans la rupture avec l’esthétique classique. Ils pensaient qu’il y avait un idéal racial de la beauté qui était à apparenter à la communion mystique de l’homme et du monde. Rosenberg dénigrait la démocratie grecque et Socrate. Pour Rosenberg, Socrate était le social-démocrate de son temps !

Rosenberg s’est lâché dans des délires pseudo scientifiques autour de l’art considérant que la figure des héros est déterminée par la race. Il pensait que l’idéal de la beauté grecque est d’ordre statique, c’est-à-dire que la Grèce a représenté la statique extérieure de la race nordique. Comme œuvres qui expriment l’image idéale de l’âme nordique, Rosenberg cite le fameux triptyque des frères Van Eyck, à Gand, et le dieu par lequel Michel-Ange fait réveiller son Adam. Rosenberg estimait que la véritable tâche de l’œuvre d’art, c’est d’accroître la force créatrice de notre âme, de fortifier sa liberté contre le monde et même de triompher de celui-ci. L’art crée en l’artiste une exaltation qui l’amène à communiquer avec les forces qui gouvernent le monde. Le peuple aryen ne peut être gouverné que par un artiste au comble de l’exaltation mystique. Dans le mythe nouveau, culte religieux et politique générale devront étroitement s’associer. Aussi le crucifix sera-t-il remplacé par la croix noire et gammée, véritable, seule et définitif symbole du XXè siècle aryen.

Le national-socialisme idéologie magique

J.C. Frère rappelle une légende décrite par Heine selon laquelle l’empereur Barberousse endormi réfugié dans une montagne attendrait son heure pour reconquérir l’Allemagne. Quant à Hitler, c’est le guide extérieur, désigné et tenu par les initiés des groupes ésotériques qui a pour mission de recevoir des forces magiques, de les entretenir et de les communiquer à tout le peuple allemand. Pour Jung, il ne fait de doute que Hitler est une « épiphanie » du dieu Wotan. Wotan est une qualité, un caractère fondamental de l’âme allemande, un « facteur » psychique de nature irrationnelle, un cyclone qui anéantit et balaie au loin la zone calme où règne la culture.  Wotan est la symbolisation des affects germaniques. Les idéologues de la mystique germanique – Chamberlain, Haushofer, Rosenberg et à leur suite Adolf Hitler, voulurent une nation allemande dont les bases seraient d’essence magique. Cela se définit par une communauté qui, confessant une religion déterminée ou étant animée par une mystique fantastique croyant détenir le vrai salut, impose à ses membres une seule et même foi. Dès lors, le principe d’un système collectif et social dont le fondement réside dans cette magie de la communauté ne peut être que l’assentiment de tous les membres de la collectivité à une mystique unique, laquelle est représentée par son catalyseur : le « Führer ». Dans la magie nationale-socialiste, Hitler est l’expression humaine la plus achevée du dieu qui meurt pour renaître éternellement. Le médiateur et messie des Aryens, le Führer, est un des surgissements magiques de l’archétype fondamental du « germain éternel », avec ses rêves et ses phobies, son éclatante bravoure et ses zones d’ombres. J.C. Frère pense comme Pauwels que le nazisme est une « porte ouverte sur un ailleurs absolu ».

L’ordre noir et ses maîtres

J.C. Frère pense qu’Hitler est l’image spectacle des forces occultes : instrument supérieur des « Puissances, des Trônes et des Dominations », son rôle est de forger la nouvelle humanité aryenne. Le Führer avait reçu de ses maitres secrets la mission de fonder un ordre qui puisse enfin culbuter tout ce qui pourrait encore faire obstacle au destin spirituel de la terre. A la tête de cet ordre, seront des chefs nouveaux, infaillibles, nourris aux sources mêmes de l’énergie de la race. Frère pense que cet ordre noir, milice antéchristique des Schutz Staffen, ne répond à aucune nécessité politique ou militaire, mais à un besoin magique. Le symbole de l’ordre noir est significatif : deux S tracés en caractères runiques : des élcairs parallèles. Or, dans la mythologie germano-nordique, un éclair signifie « le Bien » et deux éclairs « le Mal ». Dans la doctrine SS, le monde tel qu’il est aujourd’hui est une matière brute qu’il faut transformer. Une énergie est maintenue prisonnière à l’intérieur de cette matière ; elle y est concentrée par des mages, les sages de l’antique Hyperborée et de l’Agarttha. Ceux qui auront retrouvé le moyen de dégager cette énergie, que d’aucuns nomment le Vril, seront capables d’entrer en communication avec les « puissances du dehors », les « Supérieurs Inconnus », ceux-là qui guident « de l’intérieur » l’ordre SS.

J.C. Frère affirme que les membres du groupe Thulé, de l’ordre germain et de la Société du Vril furent les premiers initiateurs des premiers véritables SS. J.C. Frère pense que l’ésotérisme SS est parent de l’anthroposophie de Steiner. Steiner naquit en Autriche-Hongrie à Kracjevec, le 27 février 1861. Enfant, Steiner erra dans les ruines des châteaux teutoniques. En 1879, il découvrit l’œuvre de Goethe. En 1891, il soutint sa thèse de doctorat en philosophie sur Goethe et sa conception du monde. Il la publia en 1897. Il fonda et devint le secrétaire de la section allemande de la Société Théosophique. Il travailla en étroite collaboration avec Maria von Sievers, jeune noble d’origine balte. En 1906, il vint à Paris où il donna 18 conférences pour la Société Théosophique. Dès 1910, il élabora sa propre doctrine : l’anthroposophie. Son but : l’étude du christianisme ésotérique et de ses rapports avec toutes les grandes religions. Il étudia le cycle du Graal, la tradition de Parzival et la lance de Longinus. La société anthroposophique fut créée en février 1915. Le centre, le Goetheanum, fut construit la même année à Dornach, en Suisse. Le soir de la saint Sylvestre 1922, le Goetheanum fut incendié. Frère pense que c’est le groupe Thulé qui décida la destruction du Goetheanum. Mais ce e sont pas les nazis eux-mêmes. Le Goetheanum fut reconstruit. Steiner mourut le 30 mars 1925. L’ésotérisme de Steiner était proche de celui de l’ordre noir, Steiner devint l’ennemi des mages noirs d’Allemagne car selon Frère l’ésotérisme de Steiner était positif (en réalité on sait que la doctrine  de Steiner était raciste). Frère va jusqu’à affirma que l’échec de l’attentat contre la société anthroposophique n’était peut-être pas étranger à la défaite finale de l’Allemagne nazie. Les forces occultes que les gens de Thulé voulaient consacrer exclusivement à la fondation d’un ordre païen et destructeur n’étaient plus en mesure d’être utilement exploitées, puisque Steiner et ses fidèles en captaient l’énergie. C’est vraiment du grand n’importe quoi car si on suit le délire de J.C. Frère cela revient à dire que c’est le fantôme de Steiner qui a débarqué en Normandie le 6 juin 1944 et a détruit à lui seul les forces nazies.

La séance initiatique lors de laquelle le néophyte SS recevait symboliquement le double rune SS ressemblant à celles qui furent pratiquées dans les burgs des chevaliers teutoniques. Il existait des degrés secrets. L’impétrant était enfermé pendant plusieurs jours, dans une des cellules souterraines d’un burg de l’ordre ; il ne recevait ni boire ni manger. Sa cellule était blanche, petite, le mobilier réduit au minimum. Sur un mur était dessinée le double rune « SS » avec en dessous, la formule : « Médite sur cet emblème, il est la clé de tout ». Après ce séjour, deux SS en uniforme venaient chercher le candidat et le conduisaient jusqu’à « la salle des secrets ». Là il recevait la leçon, correspondant à son grade, sur la valeur hiéroglyphique de certaines lettres runiques. Ensuite, il était conduit jusqu’au sanctuaire. Avant d’y entrer, il était dépouillé de sa veste d’uniforme. Devant l’audacieux qui osait ainsi se présenter siégeait, en grand uniforme SS, sous un portrait du Führer et un autre de Himmler, le souverain tribunal de l’ordre noir. Le président de cet aréopage lançait alors : « Camarade, veux-tu aller plus loin dans les chemins de notre fraternité ? » Des épreuves corporelles ouvraient la cérémonie : l’énucléation d’un chat d’un coup de lancette sans tuer l’animal. Après cette première étape, l’impétrant était soumis à un véritable examen de philosophie occulte. On était tenu de connaître les grandes théories hyperboréennes, la doctrine d’Horbiger et la légende de l’Agarttha et de la Schamballah. Suivait alors la récitation d’un certain nombre de vers de Parzival, de Wolfran von Eschebach, et du Nouveau Tituel, d’Albrech von Schafenberg. Puis le tribunal statuait sur le sort du novice. S’il était admis, il recevait les insignes de son nouveau grade. S’il n’était pas accepté, il devait jurer silence sur ce qu’il avait vu.

Himmler se voulait la réincarnation de l’empereur Henri 1er l’oiseleur, mais il prétendait aussi être sur terre pour reprendre l’œuvre du roi Arthur et bâtir le temple spirituel des nouveaux chevaliers.  En Westphalie, le Reichsführer SS avait fait restaurer un châeau médiéval, formidable et inquiétant, le Wervelsberg ; là se retrouvaient les plus grands initiés de la SS : Himmler et douze obergruppen-führer. Ils étaient censés reprendre les rôles des douze chevaliers du roi Arthur. Dans une salle de 35 m sur 15, drapée de velours noir et argent aux armes de la SS, ces noirs chevaliers se réunissaient autour d’une longue table de chêne. Le séminaire SS était appelé le
« Napola ».

En 1935, fut créé l’institut de l’Ahnenerbe (héritage des ancêtres). En 1942, l’Ahnenerbe fut directement rattaché à l’état-major d’Himmler. Himmler en était le président, son secrétaire était le SS Walther Wüst, membre de l’Académie des sciences et recteur de l’université de Munich. L’Ahnenerbe envoya une expédition au Tibet, sous la direction de l’ethnologue et SS Scheffer, avec pour mission de retrouver les origines de la race nordique. Le programme de l’Ahnenerbe était : « Espace, esprit, mort et héritage de la branche nordique de la souche indo-germanique ». L’espace vital indispensable aux Aryens germaniques, le philosophe du nazisme,  la mort qu’il faut transcender par l’éternité de la race, l’héritage spirituel, racial, artistique, scientifique des ancêtres. Le but avoué est donc une recherche scientifique nettement orientée vers l’illustration, par des preuves archéologiques, raciales et linguistiques, des théories de Karl Haushofer et Alfred Rosenberg. Il y eut des missions sérieuses, telles que celles qui furent entreprises sur la réalité de la survivance de la Rose-Croix au XXè siècle, sur les nombres sacrés et leur utilisation par la kabbale hébraïque ; sur l’utilisation de la harpe et son symbolisme en Irlande. D’autres sections, techniques, travaillaient à l’élaboration d’armes nouvelles, tel que le « rayon de la mort » qui depuis a reçu le nom de « laser ». Enfin, un groupe très fermé avait pour mission d’étudier toutes les cosmologies anciennes, d’en extraire la doctrine secrète afin de l’intégrer dans la propre Welatanschauung du IIIè Reich. C’est le même groupe qui analysait les effets psychiques des exercices de yoga  et du zen, et aussi l’efficacité des différentes magies opératives et de l’alchimie opératoire. Une des activités les plus secrètes de l’Ahnenerbe vit le jour en juillet 41 quand Himmler décida la création d’un Institut pour la recherche scientifique militaire, en collaboration avec l’université de Strasbourg. Le Pr Hirt avait entrepris de rassembler un certain nombre de squelettes et de crânes de Juifs et de Tziganes. Il recensa un très grand nombre de crânes de commissaires politiques bolcheviques de race juive, lesquels étaient, selon lui, « les prototypes d’une espèce humaine inférieure, mais caractéristique ».

Adolf Hitler et les forces occultes

On a souvent parlé des rapports étroits qui existaient entre le Führer et différents astrologues, et surtout de ses prétendus rapports avec l’astrologue Karl Krafft. Ce dernier ne fut sans doute jamais l’astrologue de Hitler. Mais travailla officiellement en Allemagne sous le IIIè Reich et son « Traité d’astrologie » était un des classiques étudiés dans les groupes les plus fermés du nazisme. Krafft naquit en Suisse en 1900 et fut mêlé au groupe Thulé dès 1922. A la même époque il rencontra Rudolf Steiner. En 1936, il fut présenté à la comtesse de Keyserling qui se prit d’amitié pour lui. Au début de la guerre, Krafft fut convoqué par Himmler qui lui demanda de travailler pour ses services puis de l’initier personnellement à l’astrologie. Himmler lui livra ses projets et Krafft fut déporté peur après au camp de Sachsenhauser-Oranienburg. En 1944, il fut transféré à Buchenwald où il mourut en 1945. Une des secrétaires d’Hitler, Fraulein Schröder infirma la fable des astrologues d’Hitler. Pourtant un horoscope prédit à Hitler un retournement de situation favorable mi-avril 45 et effectivement Roosevelt mourut le 13 avril. Mais 15 jours plus tard, Hitler et Goebbels se suicidèrent. Pour la tradition chrétienne il ne fait pas de doute que Hitler était un envoyé de Satan. Pourtant, Hitler représentait pour son peuple, le Prophète, l’Envoyé. J.C. Frère prétend que si Hitler dépassa très vite les limites des sociétés secrètes qui le portèrent au pouvoir c’est parce qu’il a inconsciemment su se rattacher au manichéisme. Arrivé au pouvoir, il développera la haine du Juif jusqu’à en faire une lutte cosmique entre des principes antagonistes.

En identifiant le Bien à la race Aryenne et le Mal à la race Juive, il conférait à sa théorie une vigueur et une efficacité politiques imprévues. Hitler a toujours cru au caractère maléfique des Juifs. A ses yeux, le Juif est le maître démoniaque d’un  monde de puissance souterraine qu’il veut anéantir. Il grandit l’ennemi de sa race pour grandir lui-même. Dans sa transfiguration dualiste, le Juif n’est plus un homme :  il est un manteau qui dissimule le prototype du Mal universel. La doctrine ésotérique d’Hitler, héritée du groupe Thulé et de H.S. Chamberlain, lui fait obligation de professer à l’égard du Juif une haine véritablement métaphysique. Israël, le peuple élu, devait fatalement être représenté comme l’ennemi mortel du nouveau peuple élu, le peuple allemand, embrassant dans sa rage dionysiaque la nature divinisée. Une forme de dieu en chasse une autre. Hitler était cyclothymique. Il pouvait passer des heures prostrés fuyant les problèmes politiques, sociaux et militaires même si cela était urgent. Mais lorsque ses « forces » l’habitaient, il pouvait porter jusqu’au paroxysme l’enthousiasme de foules de plusieurs millions de personnes. C’était la foule qui rendait au dictateur sa fougue et sa puissance. Hitler était une espèce de medium capable de faire siennes et d’exprimer les craintes, les ambitions, les émotions de la nation allemande tout entière. Une telle personnalité ne pouvait qu’entretenir des sentiments de crainte et d’incompréhension de la part de ses collaborateurs.

J.C. Frère semble convaincu qu’Hitler était un « Golem » aux mains de supérieurs inconnus mais il n’en a aucune preuve scientifique. Il pense également qu’Hitler échappa à ses anciens maîtres. Il aurait alors perdu toute ressource magique. On reste pantois devant de telles allégations. Un des buts d’Hitler était de détrôner la religion chrétienne, lentement, sans trop choquer l’opinion ; ensuite pourrait venir le « Nouveau règne », celui dont il était le Messie. J.C. Frère pense qu’Hitler s’est retourné contre le catholicisme parce que c’était la religion de son enfance. Il a pu remplacer un vide en Allemagne car aucun traité de théologie n’est consacré à notre responsabilité vis-à-vis du monde, de l’amour, de la sexualité, de la fraternité, de la participation politique nationale et internationale vis-à-vis de l’humanité. Pour Hitler, le national-socialisme est plus qu’une religion, c’est la volonté de créer le surhomme. C’est ce qu’il a avoué à Raushning. Hitler naquit à Braunau, une ville de voyants et d’occultistes. Braunau fut le berceau de Mme Mokhammes qui fut le plus célèbre médium de Vienne. C’est de Braunau que le plus illustre métapsychiste des années 1890-1910, le baron de Schrenk. Nozing faisait venir tous ses assistants. Enfin le petit Adolf Hitler eut la même nourrice que Willy Schneider, extraordinaire médium qui parcourut le monde de casino en music-hall. Hitler lui-même déclarait : « c’est avec la certitude d’un somnambule que je poursuivrai sur la voie que la Providence m’a montré (…) J’estime avoir été appelé par la Providence pour servir mon peuple ».