Les membres de la confrérie de la Vérité Russe étaient en étroite relation avec la confrérie de Saint Michel Archange dont le chef était le député à la Douma Pourich Kevitch et le commanditaire le prince Youssoupof.  Les associations secrètes usaient du svastika comme signe de ralliement. Après la débâcle de l’armée blanche, Talberg se réfugia à Berlin où il retrouva deux de ses anciens lieutenants Scheubner-Richter et Chaberny-Bork. Ils devinrent conseillers de Ludendorff. Il participèrent aux putches de Kapp et de Munich. Ils fournirent à Hitler des documents pseudo-scientifiques pour étayer son antisémitisme. Hitler fut frappé de constater que son signe était connu et vénéré, bien avant l’ère chrétienne par les Baltes. Sokolov découvrit que le svastika était le signe de reconnaissance d’un groupe de Germano-russes de l’entourage d’une intrigante, la Vyzendova, groupe qui était en relation avec la Tsarine et avec une junte de monarchistes extrémistes. Cette branche de la confrérie de la Vérité avait préparé l’enlèvement de la famille impériale durant son incarcération à Tobolsk. Ce projet échoua. La situation s’éclaira pour Sokolov quand il connut dans ses détails l’équipée du général von der Goltz. Sollicité par les Germano-Baltes, cet ancien aide de camp de Guillaume II, en février 1919, mit sur pied une armée nommée Baltikum, composée de milices locales, d’anciens prisonniers de guerre russes et de volontaires allemands. Or, cette armée se ralliait à un drapeau timbré du svastika. Von der Goltz joua un rôle prépondérant lors du putsch de Kapp. Il écrivit un livre dont la couverture était frappée du svastika. Les premiers SA de Hitler adoptèrent comme chant martial celui qui avait conduit l’armée du Baltikum à la victoire. La tsarine ne perdait jamais une occasion de mettre sa famille ou ses amis sous la protection occulte du Signe. Elle le traçait sur la plupart des lettres qu’elle envoyait ou des livres qu’elle offrait.

12 – Le baron Ungern von Sternberg

De tout temps, les Mongols ont reconnu le svastika comme l’insigne de leur race, le svastika qui figure sur leurs mégalithes tout comme il timbrait les étendards de Gengis-Khan. En 1920, la Mongolie extérieure est soumise à une dictature militaire qui lui impose l’indépendance. LE dictateur est un baron balte, descendant d’une illustre lignée de chevaliers teutoniques, Ungern von Sternberg. Les conséquences du dictateurs portent des svastikas dorés sur leurs uniformes, le même signe figure sur les drapeaux. Von Sternberg écrase les Russes et les chinois en quelques semaines. Il se proclame Khan de tous les Mongols et annonce qu’il reprend à son compte le grand dessein de Genigis-Khan : fédérer en un Etat militaire les tribus de l’Asie centrale et, avec elles, reconquérir l’Europe, afin de la sauver de la peste rouge. Le ministre polonais Ossendowski se réfugia en Mongolie extérieure pour obtenir la protection du dictateur qui lui fit des confidences.

Toute sa vie von Sternberg l’avait consacrée à la guerre ou à l’étude du bouddhisme. En octobre 1921, par trahison le baron Ungern fut livré aux Bolcheviks. Un bourgeois chinois de la vieille école le martyrisa durant tout un jour, puis le baron mourut sans avoir poussé un cri. Le svastika en Mongolie fut remplacé par la faucille et le le marteau. Dans les « Etudes traditionnelles » de janvier 1938, René Guénon publia un long compte-rendu de la biographie ramonacée du baron Ungern écrite par Wladimir Pozner. C’était un portrait élogieux.

13 – La race des seigneurs

Selon Mariel, le svastika inclut en ses branches la mystique, le sens profond du nazisme. Dans son « Viol psychique des foules », Tchokhotine a exhaustivement précisé le potentiel explosif de certains symboles politiques, tels que la croix, les flèches, le triangle équilatéral et, bien entendu, le svastika. Originairement, le svastika est signe polaire. Il évoque un mouvement circulaire autour d’un axe ou d’un point fixe. Il y a analogie essentielle entre le svastika, l’Etoile polaire et la Précession des équinoxes. Au contraire, quand le pôle est envisagé en mode terrestre, il devient le lieu géométrique d’où paraît surgir l’axe de rotation de la Terre. Son lieu est alors le continent arctique ou antarctique. C’est parce qu’il est aussi un signe polaire terrestre que le svastika « signifie » la race aryenne. Telle est, au moins, l’acception adoptée par List, Rohrbach, Wilser, Rosenberg et autres théoriciens de l’aryanisme intégral. Selon eux, à l’aurore de la civilisation (il y a des dizaines de millénaires) l’actuel continent arctique était une terre fertile, au climat tempéré, aux ressources inépuisables. D’où les souvenirs mythiques de l’Atlantide, du Paradis terrestre. Ce continent était peuplé par une race homogène d’hommes grands, blonds, brachycéphales qui avaient atteint un suprême degré de la civilisation, civilisation basée essentiellement sur la notion de l’honneur. En revanche, les autres groupes humains, dispersés à la surface de la Terre sortaient à peine de l’animalité. Cette race privilégiée se qualifiait d’aryenne, les Aryas, étaient les « deux fois nés », c’est-à-dire les « Eveillés ». Leur terre s’appelait Thulé. Mariel reprend ces élucubrations racistes sans les critiquer. Par suite d’un cataclysme soudain, l’axe terrestre bascula, d’où renversement des divers climats. Thulé se couvrit de glace. Les Aryens partirent vers l’Europe du Nord et le Saint-Empire germanique. En ces exils, les Aryas gardaient une nostalgie profonde de Thulé. Pour ne pas oublier les traditions de leurs aïeux, ils marquaient leurs passages par des svastikas. Mariel suit avec conviction le discours raciste des nazis car il écrit : « A mesure que les Aryens s’éloignaient de leur berceau, ils couraient le risque, en se mêlant aux peuplades autochtones, d’altérer leur pureté ». Puis Mariel évoque Bouddha qui pour lui était de race blanche, de pure sang aryen. Toujours plus loin dans le racisme, Mariel cite Julius Evola, le doctrinaire du fascisme. Mariel rappelle qu’Evola créa avant la guerre de 1940, un groupe ésotérique, orienté vers la magie de puissance, le groupe Ur. Mariel sait qu’Evola fut le directeur initiatique, à partir de 1936, d’un Comité d’Action pour l’université de Rome qui après un congrès mondial tenu en 1938 à Erfurt, devint un allié du Weltdienst nazi. C’est dans un ouvrage capital, mais d’une lecture ardue, que Julius Evola a condensé les opinions des Aryens racistes sur le bouddhisme, dit alors la doctrine du svastika. Cet ouvrage a été traduit en français sous le titre de la doctrine de l’Eveil. Pour Evola, l’ascèse signifie la discipline ou l’entraînement. Pour lui, la Doctrine de l’éveil est le sens effectif de ce qu’on nomme communément le bouddhisme. Evola prétendait que le bouddhisme était d’esprit purement aryen. Mariel a un éclair de lucidité en rapportant le discours raciste d’Evola puisqu’il écrit : « D’un côté, la race des seigneurs et de l’autre, les races inférieurs. Ne croirait-on pas entendre Goebbels, Himmler ou Hitler ? »

14 – Le groupe Thulé

Après le putsch manqué de Munich, le 9/11/1923, Hitler et quelques autres dirigeants du NSDAP furent arrêtés et incarcérés à la prison de Landsberg. Hitler fut condamné à cinq ans de prison. Il en profita pour écrire Mein Kampf. Il fut libéré le 14 décembre 1924 ayant bénéficié d’une remise de peine à cause de sa bonne conduite. Hitler, durant son court emprisonnement, fut autorisé à recevoir de nombreuses visites. Haushofer vint le voir car il s’intéressait à lui. Il lui apporta les documents et les directives qu’on trouve au long de Mein Kampf. Chaque mercredi, il lui apportait des livres soigneusement choisis et susceptibles de former son esprit. Haushofer naquit à Munich en 1869. Il descendait d’une famille de la bourgeoisie cultivée. Il fit de sérieuses études et s’intéressa, dès son adolescence, à l’extrême-orient, tout en se destinant à la carrière des armes. Vers 1904, il effectua plusieurs missions au Tibet, en Mongolie, en Mandchourie. Il passa plusieurs mois dans une lamaserie près de Lhassa où il reçut une initiation qui, probablement, décida du reste de son existence. En 1910, le capitaine Haushofer fut nommé attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne à Tokyo. Il fut admis dans un cercle très fermé d’impérialistes nippons et constata des ressemblances troublantes entre les traditions des Junkers de l’ordre teutonique et le bushido, code d’honneur des samouraïs. Pour avoir conseillé à l’empereur de s’allier au Japon, Haushofer fut blâmé et dut rentrer en Allemagne où il prit le commandement d’une unité d’artillerie. Il fut promu général pendant la 1ère guerre mondiale. En 1919, il créa une nouvelle science, la Geopolitik. Une chaire fut fondée à Munich, Haushofer en était le titulaire. Mariel prétend que la Geopolitik Gesellschaft constituait un réseau d’espionnage d’une forme particulière car y collaboraient des astrologues, des médiums, des dirigeants de sociétés métapsychiques et des animateurs de la future synarchie internationale. Haushofer savait que l’Angleterre était invincible et voulait qu’Hitler conclue une paix séparée avec la Grande-Bretagne. Mais Hitler n’écouta pas alors Haushofer persuada Rudolf Hess de tenter sa chance mais il fut arrêté par les Anglais. Haushofer mourut en 1945. Il se serait suicidé. Haushofer aurait été un des 72 signalés par Rathenau expirant. Mariel prétend que Haushofer aurait rencotré Gurdjieff au Tibet. Gurdjieff fut le condisciple de Staline au séminaire d’Alexandropol. Il fut reçu par Hitler pendant toute une nuit après les entrevues de Montoire. Vers 1921, il avait été expulsé d’Angleterre par Lloyd George, sur l’intervention de l’Intelligence Service. Il se fixa à Avon près de Fontainebleau. Il mourut à Neuilly en 1949. D’après ses disciples, Gurdjieff serait né à Alexandropol. Il aurait été Grec ou Arménien. Son père était un riche commerçant. Gurdjieff fut marchand d’objets d’art et de tapis. Il voyagea dans le Proche-Orient, en Iran et en Asie centrale. En 1911, il était à Moscou et donna des conférences qui produisirent une profonde impression dur l’intelligentsia. Il créa des « ateliers de perfectionnement du psychocentrisme » en Russie et en Europe. En 1917, il abandonna la Russie pour Tiflis puis pour Constantinople. Il apparut à Berlin en 1920. Il alla en Grande-Bretagne puis finit sa vie en France. Vers 19148, il aurait été précepteur du Dalaï Lama, agent principal de la Russie au Tibet. En Russie, il était connu sous le nom de Hambro Akuan Dortzieff. Il parlait russe, tartare, tadjik, chinois, grec, français.

Selon Mariel, Haushofer était, d’abord, l’animateur du Groupe Thulé qui fut le « cercle intérieur » du mouvement nazi à ses débuts. En Thulé convergeaient deux traditions ésotériques : un courant venant de la Thulé hyperboréenne et une tradition d’Asie centrale. Ces deux courants avaient le même symbole : le svastika. Dès 1905, à Dresde, se manifesta discrètement un Ordo Illuminatae Germaniae ayant pour Imperator le Dr Léopold Engel. Cet ordre n’acceptait par les francs-maçons car dès que l’aryanisme germanique se manifesta, il entra en lutte ouverte contre la franc-maçonnerie. En fait, aucun raciste ne pouvait admettre qu’un groupe prône l’égalité entre tous les hommes et accueille des Juifs dans ses colloques. D’autre part, les diverses grandes loges allemandes n’avaient jamais rompu avec la maçonnerie britannique. A ses débuts, Thulé fut une société de recherches ethnologiques. Sous la direction du professeur Felix Niedner, elle édita, à partir de 1912, une compilation en 24 volumes « Prose et poésie de l’Antiquité nordique ». La guerre dispersa ses collaborateurs. La paix revenue, le groupe se reforma mais prit une orientation nouvelle sous l’influence de Paul Rohrbach. Rohrbach fut professeur au lycée de Mittau puis à l’université de Dorpat. Né en Russie en 1869, il obtint la naturalisation allemande. Il enseigna aux universités de Berlin et de Strasbourg. Il devint commissaire impérial en Afrique occidentale allemande. Il voyagea en Turquie et en Perse. Pendant la première guerre, il dirigea l’Agence centrale d’Information Etrangère, officine d’espionnage. En 1920, il édita la Pensée allemande dans le monde. Il avait publié de nombreux ouvrages relatifs à l’Asie et aux pangermanisme. Il écrivit sur le christianisme et le bouddhisme. Dès le début du nazisme, il s’y rallia avec enthousiasme. Hitler l’envoya en Amérique du Sud, aux Indes et en Asie orientale. Il mourut avant l’écroulement du IIIè Reich. Selon Mariel, ce fut Rhorbach qui introduisit le Dr Karl Haushofer dans le groupe Thulé puis lui en confia la direction. Un autre dirigeant du groupe Thulé fut Dietrich Eckart. Journaliste, romancier, traducteur, poète, il collabora avant la 1è guerre mondiale au Berliner Lokalanzeiger et fit jouer des drames historiques et acquit la notoriété comme critique musical. Il revint écoeuré de la guerre, persuadé que l’armée allemande avait été trahie. Il créa en 1919, à Munich, une revue nationaliste et antisémite : Aufgut deutsch. Il fonda aussi une Alliance des citoyens allemands et ce fut lui qui lança Rosenberg et Hitler. Eckart introduisit Rosenberg dans le groupe Thulé. Eckart entreprit la formation spirituelle de Adolf Hitler. Mariel prétend que Eckart introduisit Hitler dans le groupe Thulé mais aucun historien n’a confirmé ce fait. Thulé était une organisation bourgeoise et aristocratique et Hitler était pauvre donc cela ne pouvait coller. Mariel affirme que Rudolf Hess en faisait partie. Le groupe se réunissait dans un palace, l’hôtel des quatre saisons à Munich. Le corps franc Oberland constituait la garde extérieure de ce groupe ésotérique. Tandis que Thulé rassemblait les forces magiques de l’aryanisme, la révolution grondait en Bavière. Le 7 avril 1919, la République des Soviets bavarois fut proclamée. Le 26 avril des gardes rouges perquisitionnèrent au siège de la Thulé. Ils appréhendèrent le prince von Thurn und Taxis, la comtesse von Westarp et le baron von Seidlitz. Ils furent fusillés le 30 avril 1919 sur ordre de Erglhofer, commandant de l’armée rouge en Bavière. Les 1er et 2 mais 1919, les troupes régulières délivrèrent Munich. Thulé prit une orientation nouvelle. Tout ce qu’il avait d’ »académique » cessa et l’on se consacra à la magie cérémonielle. A cette époque, les futurs dirigeants du IIIè Reich étaient néo-paganistes. Selon l’historien Oswald Dutch, les dieux germaniques Thor, Odin et Wotan ressuscitèrent après la débâcle de novembre 1918. En Westphalie, des villes entières retournèrent au paganisme et les croix furent abattues dans les cimetières. Guido List vulgarisa les doctrines de Thulé en écrivant « Le Secret des runes », « L’Esotérisme de la religion des Germains ».

15 – Un grand médium

Le médium est un individu prédestinée, détenteur de dons, de « pouvoirs » qui lui permettent d’assurer une communication, une liaison psychique, entre un groupe d’initiés et les puissances obscures. Le mot « médium » est d’origine spirite. Suivant l’étymologie, il désigne l’individu, homme ou femme, voire animal, qui sert d’intermédiaire entre notre monde et l’autre monde, entre le monde des vivants et celui des morts. Il était indispensable au groupe Thulé de disposer d’un médium susceptible, non seulement de capter les messages de la tradition polaire, mais encore de les traduire en phrases ou symboles compréhensibles. Les dirigeants de Thulé fixèrent leur choix sur un ancien combattant, plus ou moins clochard, autodidacte, intuitif, brouillon, qui était en quête d’une situation modeste et qui manifestait déjà un magnétisme extraordinaire auprès des autres pauvres hères auxquels il tenait d’interminables et fumeux palabres. Pour subsister, il était indicateur de la police au sein d’un parti politique fantôme. C’était Hitler. Le futur dictateur aurait été agrégé au groupe Thulé après enquête selon Mariel. On apprit qu’il descendait d’une famille non seulement pauvre mais peu considérée. Il était le fils d’un douanier autrichien. En 1912, il était à Munich, peintre au chômage, errant dans les asiles de nuit. Pendant la 1ère guerre, il était devenu caporal et avait reçu la croix de Fer. Au front, il était resté taciturne et solitaire. Il n’avait ni femme ni amis. Sa vie sexuelle alimentaient la risée des rares personnes qui connaissaient quelques bribes de sa vie privée. Il ne sera qu’une marionnette dont Thulé tirera les ficelles. Mariel ne se rend pas compte qu’avec ses théories conspirationnistes il nie le rôle d’Hitler dans la Shoah. Cela est très malsain.

Les dirigeants de Thulé avaient dressé l’horoscope d’Hitler. Il était né le 20 avril 1889 à 6 h 55 et son thème était signé par « Pluton en Maison IX » ce qui est l’annonce de pouvoirs psychiques exceptionnels. Aux yeux des initiés, Braunau était une cité extraordinaire, véritable métropole de l’occulte. Cette ville fut une véritable pépinière de médiums. Un des plus connus de ces spirites dut Frau Mokhammes qui se fit épouser en 1920 à Vienne par le prince Joachim de Prusse. C’est de Braunau que le baron de Schrenk-Nozing, célèbre métapsychiste faisait venir ses meilleurs sujets dont l’un, précisément un cousin de Hitler. Hitler eut la même nourrice que Willy Schneider, extraordinaire médium qui, avec son frère Rudi, parcourut le monde entier. Mariel ne croit pas qu’Hitler et sa haine ne venait pas de la psychopathologie mais de Thulé puisqu’il écrit : «  il est fâcheux pour l’histoire du monde et pour le destin de millions de victimes que Thulé eût développé les dons de son médium dans une toute autre voie ». La folie d’Hitler n’avait rien à voir avec une initiation quelconque comme veulent le faire croire les ésotéristes. Mariel va même jusqu’à affirmer qu’Hitler était un Golem, c’est-à-dire une légende juive ! Hitler n’était pas un automate mais un être humain. Lui vouer des pouvoirs paranormaux c’est nier que le nazisme a été engendré par une partie de l’humanité et donc dédouaner Hitler et ses sbires de ce qu’ils ont fait. Un de ses biographes raconte les crises de délire d’Hitler : « Il s’éveille la nuit en poussant des cris convulsifs. Il appelle au secours, assis sur le bord de son lit ; il est comme paralysé. Il est saisi d’une panique qui le fait trembler au point de secouer le lit ». Nous voyons bien que tout cela pathologique et non ésotérique.

Mariel évoque les Bürger (forts-châteaux-monastères) où des jeunes SS, sévèrement sélectionnés, recevaient un strict entrainement physique et mental qui les préparaient à tenir les plus hauts postes du Reich. A l’ordensburg de Werwelsburg, se tenait, chaque année, un chapitre secret que présidait Himmler. Dans la salle du Grand Conseil se trouvait un trône réservé à Hitler. Une bibliothèque de douze mille volumes groupait toute la littérature connue relative au culte de la Race. Au programme de l’entraînement, il y avait le Tierkampf qui était une lutte contre les chiens. Torse nu, sens aucune arme défensive, les SS devaient tenir tête pendant douze minutes à d’énormes dogues lancés contre eux. Venait ensuite le test des Panzer : un front de blindés accotés chaine contre chaine se mettait avec ensemble à grande vitesse et progressait en attaque frontale. Devant chaque char, un futur SS armé d’une pelle de tranchée disposait de 24 secondes pour creuser dans le sol un trou au fond duquel il se terrait tant bien que mal, afin d’éviter d’être écrasé par le tank. On pratiquait aussi l’épreuve de la grenade. Le candidat devait, devant des témoins que protégeait un parapet de béton, dégoupiller une grenade à manche et la poser doucement couchée sur le sommet du casque. Le retard était de 4 secondes. Au garde-à-vous, l’homme immobile attendait alors l’éclatement. Mariel prétend que les hommes survivaient à ces épreuves ce qui est impossible.