maison

Les maisons hantées (Camille Flammarion)

Prologue

Spiritualisme et matérialisme

Flammarion et Camille Saint-Saens n’étaient pas d’accord. Saint-Saens était en faveur des facultés cérébrales contre la théorie de l’âme personnelle. Le compositeur estimait que les faits exposés dans le livre « L’Inconnu » de Flammarion ne conduisaient pas à admettre l’existence de l’âme. Pour Saint-Saens les apparitions d’esprit n’étaient qu’un acte cérébral mais Flammarion voulait y voir un acte psychique. Flammarion estimait que la transmission mentale n’était pas douteuse, notamment entre un magnétiseur et son sujet. Pour Flammarion, les témoignages paranormaux qu’il a recueillis prouvent que l’esprit voit à distance. Ce n’est ni l’œil, ni la rétine, ni le nerf optique, ni le cerveau. Pour lui, la vue à distance, notamment en somnambulisme et en rêve, est démontrée par un nombre si considérable d’observations qu’elle est incontestable. Il affirme aussi que le cerveau est capable,  avec toutes les sécrétions imaginables, de voir ainsi tous les détails d’un fait qui n’est pas encore arrivé. Il estime que les choses se passent comme si, dans l’organisme humain, il y avait un être psychique, spirituel, doué de facultés de perception encore inconnues. Cet être, cette âme, cet esprit agit et perçoit par le cerveau, mais n’est pas une fonction matérielle d’un organe matériel.

1 Les preuves expérimentales de la survivance

La raison principale des préventions et de la défiance que les sciences psychiques rencontrent encore chez quelques-uns de nos contemporains provient de la forme qu’elles ont primitivement revêtue et dont elles ne paraissent pas s’être suffisamment affranchies. Elles ont, en effet, commencé par s’appeler Sciences Occultes et voisinaient avec l’astrologie, l’alchimie, la chiromancie. C’est seulement depuis le XVIIIè siècle qu’elles s’en sont graduellement dégagées. Pour Flammarion les sciences psychiques mériteront de plus en plus, la qualification de sciences affectives et positives, grâce à l’emploi persévérant de la méthode expérimentale.

Flammarion évoque le rêve prémonitoire d’un ingénieur britannique qui eut la vision d’un de ses employés lui expliquait qu’il n’allait pas faire ce qu’on l’accuserait d’avoir fait. Plus tard l’ingénieur apprit que Mackenzie se serait suicidé avec de l’eau forte mais il sut plus tard que Mackenzie avait bu l’eau forte par erreur et non pour se tuer. Son rêve prémonitoire fut confirmé. Mackenzie était mort depuis 48 heures quand il apparut dans le rêve de l’ingénieur alors que celui-ci n’était pas au courant de sa mort. Clément Vautel reproche à Flammarion de ne citer que des apparitions venant des pays anglo-saxons. Pour lui si le paranormal n’était qu’une colonie anglo-saxonne, c’était de la blague. Mais Flammarion produisit des exemples venant de France. Depuis 1899, Flammarion a reçu 5600 observations psychiques variées. Il en a eut cinq mille autres à sa connaissance. Certains sceptiques expliquent les phénomènes d’apparitions par la télépathie entre vivants pensant à la personne défunte mais Flammarion récuse cette explication. Logiquement et normalement, on doit chercher, selon Flammarion, à attribuer les phénomènes à des facultés de l’être vivant, encore inconnues de la science, Flammarion rappelle que l’astronomie nous montre des étoiles qui peuvent ne plus exister, dont nous recevons seulement aujourd’hui les rayons partis de leur sein il y a des milliers de siècles. Si Flammarion croit aux récits qu’il a reçus c’est qu’il pense que la classe des farceurs est assez rare dans les relations de morts d’un parent. Ce sont là des deuils dont, en général, on ne rit pas à gorge déployée. « Consacrer sa vie à la vérité » est une noble devise pour Flammarion mais elle ne produit guère que des ennemis. Car pour Flammarion l’humanité est, avant tout, une race grossière, barbare, ignorante, lâche et hypocrite. La libre recherche de la vérité est désagréable à tout le monde, car chaque cerveau a ses petits préjugés dont il ne veut pas démordre. Flammarion affirme que notre pensée peut agir sur celle d’une autre personne sans le concours de sens. L’avenir est perceptible comme le passé. L’espace et le temps n’existent pas tels que nos conceptions de mesures nous les présentent. C’est l’infini. C’est l’éternité. LA matière n’est pas non plus ce qu’elle nous paraît être.

2 Les maisons hantées 1er aperçu du sujet

Si les maisons hantées n’étaient pas constatées par des observations irréfutables, nous serions autorisés à en nier l’existence, et ce serait même de notre devoir. Rejeter sans examen tout ce qui est raconté sur les maisons hantées serait aussi absurde que tout accepter sans examen. Flammarion évoque le cas d’une maison hantée à Paris en 1860. M. Lesage habitait rue des Noyers. Des projectiles, partis on ne sait d’où, venaient briser ses vitres et blessaient les invités de Lesage. C’étaient des bûches carbonisées, des morceaux de charbon. Lesage avait appelé la police. Les policiers furent atteints par les projectiles sans en trouver la source. Lesage quitta son appartement. Flammarion pense que des forces invisibles agissent sur le monde visible en se servant des facultés organiques de médiums constitués par des jeunes filles ou jeunes femmes dont la présence fait croire au public ignorant qu’ils sont les agents responsables, autrement dit des farceurs plus malins que tous les enquêteurs.

Les causes des phénomènes demeurent impénétrables, contraignant les sceptiques à se payer d’inductions plus ou moins absurdes, qui, si elles sont inoffensives tant que persistent les manifestations dans toute leur évidence, prennent cependant consistance et déguisent la vérité, lorsqu’avec l’arrêt des manifestations s’affaiblissent les impressions d’authenticité incontestable qu’en avaient rapportés les assistants. Flammarion évoque le cas de la maison de Melle d’Ourches. En 1864, cette maison, à Poitiers, était le théâtre de phénomènes étranges. Des bruits singuliers se faisaient entendre chaque soir. Ces fruits ressemblaient à ceux qui auraient été produits par les décharges successives d’un fusil à deux coups. On n’apercevait ni lumière ni fumée. La police et la gendarmerie avait constaté les faits sans rien expliquer. Les manifestations des maisons hantées mettent sous nos yeux, d’une part des phénomènes matériels sans signification apparente, d’autre part, des manifestations d’esprits, et ici même certaines propriétés organiques de jeunes filles, de jeunes femmes, de jeunes garçons y sont associées. Trois phénomènes étranges observés dans un château du Calvados. En 1875, un château de Normandie avait été le théâtre de phénomènes extraordinaires. Il y avait des bruits, des objets qui bougeaient tout seuls. La famille habitant le château était dérangée par des coups frappés dans la nuit. Il y avait également des bruits de pas. Mais la famille ne vit pas la source de ces phénomènes. Les habitants du château entendirent également des cris venant de château ou de l’extérieur. Il y eut également les sanglots et les cris d’une femme qui semblait souffrir. Les fenêtres s’ouvraient toutes seules. Les livres du prêtre, venu secourir la famille, avaient été éparpillés à l’exception de trois volumes d’Ecriture Sainte. Il y eut des bruits de ferraille et de paille froissée. Pourtant il n’y avait pas de paille dans la chambre du curé.

Le révérend Père H. L. Vint aida la famille au château. Il fut une cérémonie religieuse. Les bruits se calmèrent mais reprirent après le départ du révérend. Il y avait des bruits de corps volumineux qui tombaient lourdement mais les habitants ne voyaient pourtant aucun corps. Alors la famille décida de faire dire une neuvaine de messes à Lourdes. Le révérend fit les exorcismes et tout cessa. Mais l’accalmie fut courte et les phénomènes reprirent. Une commode se souleva toute seule, un orgue joua de lui-même. A la suite de ces événements intolérables, la propriétaire désespérée vendit son château et alla habiter ailleurs.

La conclusion de Flammarion est qu’il existe des êtres invisibles.

4 Une habitation troublée en Auvergne

Les phénomènes de hantise ont été relatés dès l’Antiquité par Pline le Jeune.

Flammarion évoque le cas d’une maison hantée en Auvergne en 1914. La maison était bâtie sur les restes d’un château féodal. Mme Boussolade, ses neveux et ses filles louèrent cette maison. La cloche sonna toute seule, un portrait tomba sur la tête d’un neveu de Mme Boussolade. Un cache-pot de cuivre descendit l’escalier. Mme Boussolade trouva sa chambre fermée avec la clé à l’intérieur. Un grand feu s’alluma tout seul dans la cheminée. Des tableaux tombaient, des objets étaient déplacés. Un des neveux se sentit soulevé par une force invisible avec son lit fort lourd. Le buste de l’ancien propriétaire fut trouvé dans un lit, la tête sur l’oreiller. Les meubles se déplacèrent tout seuls. Quand un des neveux partit pour la guerre de 1914, les phénomènes s’arrêtèrent. Flammarion évoque le cas des pendules s’étant arrêtées à la mort de leurs propriétaires ou de leurs proches. Il pense que ce n’est pas une coïncidence. Il se demande si l’arrêt d’un appareil qui mesure le temps ne correspondrait pas à l’arrêt de la vie et n’aurait pas une signification.

5 Le presbytère aux bruits mystérieux

Un dignitaire de l’Eglise anglicane et sa femme vinrent habiter dans un presbytère. Une nuit, ils furent réveillés par un grand bruit. Le clergyman crut à des voleurs mais ne vit personne. Des bruits de pas les alertèrent une autre nuit et là encore il n’y avait personne. Durant une semaine ou deux, il n’y eut rien de particulier à noter. Ils engagèrent une servante et un garçon de 14 ans pour s’occuper des poneys. Le garçon ne restait pas pour dormir au presbytère. Mais des bruits vinrent des planchers des mansardes. Mais ils ne trouvèrent rien d’anormal dans les mansardes. Quatre nuits par semaine, le couple fut dérangé par des coups. Le clergyman voulut s’adresser aux responsables des coups mais ceux-ci redoublèrent. Ils ne parlèrent pas de ces bruits à leurs voisins pour ne pas exciter des alarmes et parce qu’ils pensaient que les bruits venaient de plaisantins du village. En se taisant ils les lasseraient. Ils reçurent une amie qui avait entendu des bruits et pensait qu’un fossoyeur avait enterré quelqu’un près de chez eux mais ils la rassurèrent. Pourtant leur amie fut elle aussi réveillée par les bruits, elle entendit la cloche de l’église sonner deux coups. Le clergyman et sa femme étaient au courant de ce fait et appelaient cela « la grande alarme du sabbat ». Un jour, ils avaient laissé le garçon seul et il entendit les bruits. Quand il réalisa qu’il n’y avait personne, il s’enfuit et raconta tout à ses parents. Le clergyman et sa femme parlèrent des phénomènes à une habitante qui leur apprit que leur prédécesseur avait été très ennuyé de ces bruits. Les chiens du clergyman l’alertèrent quand des voleurs essayèrent de s’introduire chez lui mais n’aboyèrent jamais au moment des phénomènes. Le clergyman et sa femme quittèrent le presbytère hanté au bout d’un an car ils furent appelés dans une autre partie de l’Angleterre.

Flammarion évoquant les maisons hantées pense qu’un grand nombre de ces, sévèrement examinés, établissent qu’il y a des mouvements d’objets sans contact, et des bruits dont aucune explication mécanique ordinaire ne peut rendre compte. Les phénomènes de hantise prennent toutes les formes. Il en est qui se montrent d’une inintelligente banalité, quelque peu déconcertante. Il en est d’autres qui se montrent associés avec des trépassés. D’autres paraissent indépendants non seulement de défunts connus, mais encore de défunts quelconques. D’autres donnent des preuves d’intelligence sans que nous y voyions toutefois aucune manifestation d’âmes ayant vécu.

6 La ville fantastique de Comeada-Coïmbre

A Comeada, au Portugal se sont passés des phénomènes fantastiques en 1919. Halon Christo avait loué une maison avec sa femme et deux servantes. Ils invitèrent un de leurs amis, Gomes Paredes qui entendit des coups sur les carreaux de la fenêtre, des pas et des portes dans toute la maison s’ouvrir et se refermer. Mais il ne trouva rien. Christo n’avait rien entendu. Le père de Paredes lui dit que cette maison était hantée et que le précédent locataire l’avait quittée. Paredes et Christo veillèrent une nuit pour observer les phénomènes qui se reproduisirent. Ils entendirent un rire et Christo vit un nuage. Il fit venir trois policiers. Il invita un autre ami, Henrique Sotto Armas. Les bruits et les coups se succédèrent.  Christo reçut en plein sur sa joue gauche un formidable soufflet. Christo et ses amis quittèrent la maison. Il sous-loua la maison mais au bout de deux jours le nouveau locataire s’en fut.

7 Qu’est-ce que l’ambiance des demeures ?

Le Docteur Bonnefoy, ami de Flammarion, habitait à Cherbourg. Il avait perdu sa femme en 1916. Il lui avait consacré une pièce. Flammarion vint voir Bonnefoy en 1918. La chambre de la morte fut donnée à Melle Renaudot. C’est dans cette pièce que se produisirent des bruits inexpliqués, des mouvements, des auditions de pas. Melle Renaudot fut réveillée la nuit par des bruits, des craquements terribles et des pas légers. Le cadre représentant Mme Bonnefoy était secoué par des coups. Melle Renaudot était astronome. Elle était très sceptique en ce qui concernait les phénomènes psychiques et ne pouvait avoir été dupe d’aucune illusion. Et pourtant elle eut peur chez le docteur Bonnefoy. Flammarion est certain que la morte était responsable des bruits. Il suppose que les vivants laissent après eux certains reliquats de force, de fluide vital, imprégnés dans l’appartement, lesquels, au contact de la présence effective d’une sensitive peuvent subir une revification susceptible de produire ces étranges phénomènes. Flammarion pense que la matière inanimée aurait la propriété d’enregistrer et de conserver à l’état potentiel toutes sortes de vibrations et d’émanations physiques, psychiques et vitales.

8 classement des phénomènes

Flammarion évoque les phénomènes associés à des intentions de défunts. Ida Schaub, une jeune fille, se poudrait le nez en se regardant dans une petite glace. Or sa glace se brisa. Elle pensa à sa mère et en effet elle trouva sa mère morte en rentrant chez elle. Pour Flammarion, il est incontestable que des mouvements matériels sont associés, de loin comme de près, au phénomène physique de la mort. Dans les phénomènes des maisons hantées, les uns sont objectifs, matériels, extérieurs aux subjectifs, perçus par l’esprit, et cependant aussi réels que les premiers, produits par une cause télépathique plus ou moins lointaine, généralement une mort inconnue. Les facultés psychiques et physiques de l’âme humaine pendant la vie et après la mort sont presque entièrement à découvrir, et l’observation des phénomènes de hantise nous apporte sur ce sujet des clartés inattendues. Ainsi, des mouvements bien constatés d’objets qui ne sont touchés par personne, se montrent, en certaines circonstances, dues à des âmes de morts. Pour Flammarion, il y a des êtres invisibles, ces êtres peuvent être des humains ayant vécu et ils peuvent ne pas différer beaucoup de ce qu’ils étaient pendant leur vie.

9 Esprits tapageurs, Poltergeist

Depuis longtemps, toute une classe de phénomènes de hantise ont été réunis sous le titre d’esprits tapageurs, étudiés notamment en Allemagne sous la désignation de poltergeist (polter « faire du bruit », et geist « esprit »), bruits, tapages, vacarmes, auditions variées, coups frappés, pas, remuements, murmures, gémissements produits par des causes indéterminables. Flammarion relate un événement qui s’est produit à Sumatra en 1903. M. Grottendieck constata que des pierres tombaient du plafond de sa cabane décrivant une parabole. Il essaya de les saisir mais en vain car elles semblaient sauter en l’air. Son domestique pensait que c’était le diable qui les lançait. Il fuit et dès lors, la pluie de pierres cessa. Les pierres étaient plus chaudes qu’elles n’auraient dû l’être normalement. Grottendieck constata que les pierres avaient traversé le plafond de la cabane sans le trouer. Les pierres tombaient avec une lenteur remarquable comme si elles s’attardaient en l’air. Il n’y avait dans ce phénomène aucune indication d’actes de décédés, et pourtant, il y avait certainement là des marques d’intentions, d’adresse, d’intelligence. Dans tous les cas de Poltergeist, les projectiles ne blessent pas les humains ce qui pour Flammarion invite à admettre l’existence d’une intention et d’une Volonté occultes réglant les manifestations.

10 Les fausses maisons hantées

Les fausses maisons hantées sont aussi nombreuses que les vraies. Les faits associés, de près ou de loin, au spiritisme sont particulièrement exposés aux illusions, aux erreurs d’interprétation  et surtout aux supercheries des imposteurs. Malgré l’infamie des faux médiums qui spéculent cyniquement sur la douleur des êtres en deuil avides de consolation, ces vils imposteurs sont nombreux, et l’on ne saurait trop s’en méfier.

11 Recherche des causes

L’étude de l’occulte par Flammarion a commencé en novembre 1861 en compagnie d’Allan Kardec. Flammarion rappelle que les études comparatives d’Aksakoff ont montré que plus d’un phénomène de hantise peut être mis sur le compte d’une action à distance produite par la force psychique des vivants. Les facultés inconnues de l’être humain agissent ; mais elles ne suffisent pas pour expliquer certaines manifestations posthumes. Flammarion évoque le cas de Miss Florina qui après avoir visité un cimetière et déterré une croix le 7 mai 1897 devint hystérique. Chez elle on vit des pierres qui semblaient être lancées avec une grande force sans qu’on en trouve l’origine. Elle prétendait qu’elle pouvait voir toutes les nuits deux femmes sans tête.
Il paraît exister un rapport de causalité entre une maladie nerveuse connue (l’hystérie), et le phénomène encore si obscur des coups. Les coups peuvent être soumis à l’influence de la volonté par la suggestion hypnotique. Pour Flammarion nous pouvons admettre que par des facultés encore actuellement inconnues de la science, l’esprit d’un homme endormi ait pu recevoir, en rêves la communication télépathique d’une mort arrivée au loin ; ou voir d’avance un incident qui arrive le lendemain ou longtemps après.  Mais les apparitions de défunts sont en dehors de la personnalité des observateurs. Ces apparitions révèlent l’existence d’un monde psychique invisible. L’observation positive directe, scientifique, des phénomènes et leur interprétation normale nous a conduits à penser qu’il y a des êtres invisibles agissant dans notre atmosphère. Outre les quatre éléments, l’air, l’eau, la terre et le feu, les Anciens, en effet, en admettaient un cinquième, d’ordre immatériel, qu’ils nommaient animus, âme du monde, principe animateur, éther. Aristote croit devoir admettre une cinquième nature, quinta natura, de laquelle l’âme provient, car, puisque la pensée et les facultés intellectuelles ne peuvent résider en aucun cas des éléments matériels, il faut admettre un cinquième genre, qui n’avait pas encore reçu de nom, et qu’il nomme Entéléchie, c’est-à-dire mouvement éternel et continu.

Epilogue

L’inconnu d’hier est la vérité de demain

L’important, pour le progrès des idées, est de ne pas se laisser enfermer, et de ne pas se refuser par aveuglement classique, à l’évidence des faits. Les êtres humains de tout degré intellectuel, qui pensent encore que les phénomènes métapsychiques ne sont pas admissibles, par la raison que leur admission met en doute certains principes de l’enseignement classique, peuvent se souvenir que toutes les découvertes ont commencé par être niées. Pourtant le monde est plus vaste, plus immense que le monde physique.