XXIV Disques volants

Phénomène extraordinaire et singulier en Galle du Nord le 16 août 1894 : un disque dont se projetait un corps orangé « semblable à un poisson plat allongé » est signalé par l’amiral Omnanney. Fort donne d’autres exemples d’observations d’OVNI.

XXV Torpilles ou dirigeables ?

Une formation ayant le contour d’un dirigeable. Un objet lumineux fut signalé, le 19 juillet 1916, à 23 heures, au-dessus de Huntington, en Virginie occidentale. Observé au travers de puissantes jumelles, il semblait avoir deux degrés de long sur un demi-degré de large, s’affaiblit graduellement et disparut puis réapparut pour s’évanouir complètement dans l’espace, car l’observateur s’aperçut que des étoiles clignotantes étaient visibles au travers de l’objet. Fort est porté à croire que les routes super-géographiques sont traversées par des super-constructions en forme de torpilles qui, à l’occasion, visiteraient la planète, ou s’y verraient amenées. En pénétrant l’atmosphère terrestre, ces navires aériens sont si fort ébranlés qu’ils doivent repartir sous peine de désintégration totale. Ce faisant, soit par tentative de communication, soit dans un esprit de complète gratuité, ils lâchent des objets qui explosent aussitôt, ou se désintègrent avec violence.

Flammarion raconte que, le 20 août 1880, au cours d’un violent orage, M. Trecul, de l’Académie des Sciences, vit un corps jaune vif de 35 à 40 cms de long sur 25 cms de large, en forme de torpille, ou plutôt cylindrique aux extrémités légèrement coniques, lâcher quelque chose avant de disparaître dans les nuages.

XXVI Les fausses lumières de Durham – des bataillons de lueurs insolites

Les lumières qui apparurent en plein ciel au-dessus de Vence, dans les Alpes-Maritimes, le 23 mars 1877, furent décrites comme des boules de feu presque aveuglantes issues d’un nuage d’un degré de diamètre et se déplaçant avec une lenteur relative.

Au milieu du XIXè siècle des lumières furent observées à Durham. Les marins les prenaient pour des balises. Il se produisit naufrages sur naufrages. On accusait les pêcheurs d’allumer de faux phares et de se livrer au métier sordide de naufrageurs. Une enquête fut menée. On pensa à des météores.

XXVII Les hémorragies du système solaire – Avertissement à l’usage des aviateurs

Il ya quelque part dans le ciel des océans de sang, une substance qui se dessèche et tombe en poudre, puis flotte pendant des siècles. Un vaste territoire que les aviateurs connaîtront un jour sous le nom de Désert de sang. Pour  Fort ce désert est proche de l’Italie. A Giessen, en Allemagne, l’année 1821 vit une chute de pluie rouge pêche, contenant des flocons de couleur hyacinthe dont on nous dit qu’ils étaient de matières organiques, de pyrrhine. Il ya des régions gélatineuses, des régions sulfureuses, des régions frigides et tropicales, une région qui fut source de vie par rapport à la terre, des régions où la densité est si grande que tout ce qui en sort explose en pénétrant dans l’atmosphère terrestre. Fort pense que les grêlons explosifs se sont formés dans un milieu plus dense que l’ai terrestre au niveau de la mer. Il imagine que des démons sont venus nous rendre visite. Des démons étrangers, d’apparence humaine, aux barbes en pointe,  bons chanteurs, mal chaussés d’un pied, mais exhalant le soufre, avec indifférence. Il avertit les aviateurs : il se retrouveront un jour suffoquant dans un réservoir de vie, ou collés comme des raisins sur un pudding.

XXVIII Aperçus inquiétants sur la bête du Devonshire

1855, Le sol était recouvert de neige, et tout le sud du Devonshire se réveilla un beau matin pour découvrir dans la neige vierge des traces inconnues jusqu’à ce jour, des empreintes griffues, de forme inclassifiable. Une autre observation révéla qu’il s’agissait de traces de sabots appartenant à un animal bipède. Un correspondant déclara que ces empreintes venaient d’un kangourou échappé d’une ménagerie. Les villageois partirent à la recherche de  la bête mais en vain.

Le crépuscule des bonimenteurs (Robert Benayoun)

Qu’est-ce que le Matin des magicien ? C’est, selon la méthode chère à Pauwels, une succession de réflexions individuelles assez parcimonieuses, d’anecdotes commentées et de longues citations entrecoupées à raison d’à peu près un chapitre sur deux, par des extraits de romans, des relevés de conférences, ou des nouvelles intégrales, empruntées de préférence à la science-fiction. Bref, une sorte d’anthologie butinante où des sujets forts disparates sont abordés comme au triple gallot selon une attitude d’effarement patient dite de « réalisme fantastique » qui semble une seconde forme de cet adage selon lequel « la réalité dépasse la fiction ».

Benayoun critique les délires de Pauwels et Bergier sur les sociétés secrètes et estime qu’ils ont complètement trahi les intentions de Charles Fort. Benayoun reconnaît à Pauwels son don d’ahurissement verbal. Pauwels cède, page après page, au plaisir de citer des ouvrages qu’il n’a pas lus. Ce qui explique pourquoi les arguments les plus solides de l’entreprise sont empruntés, sans contrôle qualitatif, à des romanciers populaire (Bradbury, C.S. Lewis, Van Vogt, Arthur Clarke). Bergier et Pauwels s’appuient souvent sur des ouvrages de démystification comme Fallacies in the name of science de Martin Gardner, mais pour adopter sans hésitation toutes les fables que cet auteur a ridiculisées ou démontées Pauwels, dans le désir avoué d’écrire un livre fortéen, cède aux fallacieuses tentations du pastiche le plus sommaire. Charles Fort, partant de faits précis, étiquetés et contrôlés, leur appliquant une forme lyrique du doute, et atteignait poétiquement au surréel. Pauwels, tout à l’inverse, part de belles fictions, les examine avec une bonne foi velléitaire, et leur découvre un certain réalisme. Pour Benayoun, Pauwels-Bergier affabulent l’histoire à partir de ses démentis, identifient leur analyse du nazisme aux souhaits rétrospectifs que leur inspirent les lacunes du dossier.