La bibliothèque et son environnement

 

L’interaction entre l’environnement urbain et bibliothèque devra être soigneusement analysée. Le programme sera élaboré en fonction du contexte urbain, et l’évolution de celui-ci après l’ouverture de la bibliothèque devra être anticipée.

On analysera la présence des transports en commun, les possibilités de stationnement, faisabilité d’une piste cyclable, l’accessibilité en temps, en commodité à partir des lieux d’habitat concentré, des centres commerciaux, d’un autre service public.

 

Le rôle des élus est politique : en dialogue avec le bibliothécaire, il leur appartient de faire le choix de construire une bibliothèque et d’en déterminer les grandes missions. L’élu représente la collectivité propriétaire, maître d’ouvrage du futur équipement. Le bibliothécaire doit savoir être partie prenante de cette réflexion, notamment en apportant son expérience, sans dogmatisme, en organisant visites et confrontations d’expériences, en proposant à l’élu des notes de lectures et des synthèses des articles et ouvrages professionnels. Le rôle du programmiste est d’apporter au bibliothécaire une aide professionnelle et technique, une vision distanciée, une mise en forme du discours professionnel propre à le rendre compréhensible par l’architecte. Il ne remplace pas le bibliothécaire, il l’accompagne. L’architecte n’est pas bibliothécaire, il ne sait pas tout, ne peut pas tout prévoir, et il peut arriver qu’il interprète le programme à sa manière, voire s’en écarte volontairement ou non de sa propre créativité. L’architecte apporte une vision, une cohérence globale et, bien souvent, une solution aux problèmes soulevés par le programmiste et le bibliothécaire. Le bibliothécaire est porteur du projet politique et culturel. Il est souvent la personne la plus présente, tout au long du projet, auprès des autres intervenants : il doit donc, dès le départ, synthétiser par la négociation le projet des élus et son propre projet et le traduire en termes compréhensibles par le programmiste et l’architecte. Le bibliothécaire doit savoir lire un plan, comprendre ce qui est possible ou impossible dans un lieu donné, interpréter des volumes, avoir le sens des dimensions et des échelles, connaître un minimum de vocabulaire architectural.

 

Eléments du programme

 

Un programme urbain : rôle de la bibliothèque dans l’urbanisme de la ville ou de la communauté de communes, du quartier.

 

Un programme culturel et social : un projet des publics

 

Un programme bibliothéconomique

Un programme technique

 

Le programme décrit un projet urbain (rôle structurant donné au futur équipement, contexte urbain, place de la future bibliothèque dans la politique culturelle de la collectivité).

Le projet culturel et social pour les publics existants : la sociologie de la ville, ou du quartier, et le projet social et culturel élaboré en direction des publics potentiels sont des éléments déterminants. Les associations à caractère social ou culturel, la présence éventuelle d’associations caritatives, les établissements d’accueil des personnes âgées, un centre d’animation ou une MJC, une salle de spectacle vivant seront autant de partenaires potentiels pour la bibliothèque.

Les publics cibles : il faut cibler les adolescents parce qu’un grand lycée est proche, particulièrement s’il s’agit d’un lycée technique ou professionnel, telle ou telle population d’origine étrangère, si elle est particulièrement représentée. Ces choix seront traduits en besoin précis dans l’architecture, l’aménagement et le fonctionnement de la bibliothèque : importance d’une salle de formation de groupes, développement particulier d’un espace consacré aux périodiques en langues étrangères, caractéristiques particulières de l’espace d’animation.

 

Le programme bibliothéconomique global : tous les services offerts devront être énumérés. Chaque fonction sera décrite par sa fréquence et par les flux attendus. On ne spécifiera pas de manière trop rigide les surfaces nécessaires pour éviter un premier projet d’architecte cloisonné à l’extrême, chaque service étant pensé isolément.

 

Le fonctionnement souhaité sera décrit avec précision : jours et heures d’ouverture, amplitude horaire, estimation de la fréquentation.

Programme technique

 

Il n’existe pas de norme à respecter de manière impérative, hormis le seuil minimal d’attribution de la subvention de l’Etat : 0,07 m2 par habitant avec un seuil minimum de 100 m2. Mais il est légitime de proposer pour l’établissement unique d’une ville de 20 000 habitants une surface plus importante par exemple 1,2 ou 1,5 m2 par habitant, avec des locaux d’animation plus vastes, un développement des fonctions de formation (labos de langues, formation informatique) dans plusieurs salles, des services plus étendus. Nombre de niveaux : pas moins de 150 ou 250 m2 par niveau. Il est très difficile de faire fonctionner une bibliothèque de 1 000 m2 sur plus de trois niveaux, une bibliothèque de 500 m2 devra calculer et faire valoir le surcoût en personnel d’un trop grand nombre de niveaux.

 

Programme quantitatif : 30 à 40 documents par m2 au maximum, un siège par 10 m2 au minimum. Le nombre de documents doit rester raisonnable : on sait pertinemment qu’une trop grande abondance de documents « noie » la nouveauté, perd et décourage les usagers, limite le nombre de places assises. Une fourchette de 30 à 40 documents par m2 est amplement suffisante. Le nombre de places assises doit faire l’objet d’une attention particulière. Si on doit rester raisonnable quant au nombre de documents, c’est d’abord pour offrir plus de places assises aux usagers. On prévoira un siège par 10 m2 au minimum, leur répartition étant fonction des autres éléments du programme.

 

Personnel

 

Le nombre d’agents va induire la surface des bureaux. Il est lié aux horaires d’ouverture. On peut prévoir une surface de services internes de 15% environ de la surface globale. Dans une bibliothèque de 1 000 m2, cela doit permettre d’accueillir 15 à 18 agents qui peuvent assumer une amplitude de 35 à 40 h d’ouverture.

 

Description des fonctions

 

Chaque espace sera défini, par sa surface, par son mode de fonctionnement et pas les rapports qu’il doit entretenir avec les autres : espaces publics, salle d’animation, salles de travail, espace « conte », espace audiovisuel, salle de formation, espaces techniques, magasins.

 

Parti architectural général

 

Le parti général de l’architecture peut être défini dès l’origine par le maître d’ouvrage, la collectivité. Le bibliothécaire devra agir avec pragmatisme : s’il y est invité, il peut donner son avis, émettre des prescriptions techniques ou des réserves.

 

Architecture de la bibliothèque : invariants et particularités.

 

Un grand nombre d’éléments techniques sont imposés par la règlementation relative à l’accès des établissements recevant du public (ERP) pour les personnes handicapées. Seront concernés : les espaces extérieurs et l’accès au bâtiment : absence d’emmarchements, automatisations de l’ouverture des portes, systèmes d’appel; les circulations horizontales, avec podoguidage, imposant parfois des revêtements de sol spécifiques et des contraintes relatives à l’implantation du mobilier ; les circulations verticales : traitement des ascenseurs notamment ; les toilettes : toilettes handicapés moteur ; signalisation : logotypes, polices de caractères, coloris, emplacement ; les mobiliers d’accueil, notamment les postes d’inscription, de prêt et de retour, de renseignements.

 

Les options techniques : contraintes de sécurité

 

L’ensemble des prescriptions de sécurité est régi par l’application de la législation des ERP du type « S », bibliothèque, archives et centres de documentation. On portera, dès le stade de l’avant-projet sommaire, une attention particulière à l’emplacement des divers appareils de sécurité qui peuvent restreindre considérablement l’utilisation de murs et cloisons que l’on avait imaginés disponibles. Il est nécessaire afin de prévoir le regroupement de l’ensemble des armoires techniques en un même endroit.

 

Les options techniques

 

Le type et la résistance des sols : la charge au sol doit supporter 600 kg au m2 pour l’ensemble de la bibliothèque, 1200 kg au m2 dans les magasins qui doivent être équipées de rayonnages mobiles (compactus). Les implantations des prises électriques doivent être déterminées avec précision, dès la phase de l’avant-projet détaillé, l’essentiel des gaines où passeront les cables étant implanté dans le gros oeuvre. Il faut penser à la sonorisation générale des espaces, nécessaire aux annonces de sécurité ou de convivialité. On portera une attention particulière aux issues de secours, qu’il est intéressant d’assortir à la sécurité incendie. L’éclairage doit répondre à des caractéristiques simples : au minimum 350 lux dans l’ensemble de la bibliothèque, 450 sur les tables de travail.

 

Les locaux sanitaires et techniques

 

Le bibliothécaire prévoira dans le détail les besoins : il est celui qui connaît le mieux les différentes contraintes. Il faut définir le nombre de toilettes publiques nécessaires et l’emplacement de celles-ci, il s’avère le plus souvent très difficile de les situer en dehors du périmètre de sécurité, déterminé par les portiques antivol. Il est indispensable de prévoir les locaux des agents chargés du ménage, à chaque étage si la bibliothèque est grande. Des sanitaires propres au personnel sont obligatoires.

 

Sections ou secteurs, cloisonnement ou décloisonnement

 

La répartition habituelle des espaces se fait d’abord par séparation des publics (adultes, jeunesse), puis par séparation des supports (discothèque, audiovisuel, espace multimédias). Ces séparations ont un sens dans l’histoire des bibliothèques puisque elles se sont développées progressivement, par additions successives de ces fonctions.

 

Bureaux

 

La configuration des espaces de travail peut faire l’objet de différents choix. La dispersion des bureaux, au plus près des espaces publics, facilite les transitions entre le travail interne et le service auprès des publics. Mais le rassemblement des agents est préférable pour la communication.

 

Le mobilier

 

Le mobilier est une des pierres d’achoppement de la relation avec les architectes. Ceux-ci font souvent du forcing pour en obtenir la maîtrise, quand ce n’est pas pour le concevoir. Le mobilier choisi et son implantation signée par l’architecte aquiert un caractère d’intangibilité. Or l’aménagement des bibliothèques doit être souple, très évolutif dans le temps : aucune solution ne doit être pérenne.

 

L’organisation et les étapes de la construction

 

Elaboration d’un projet par la collectivité, appuyée sur les professionnels techniques et culturels, parfois avec l’aide d’une existence à maîtrise d’ouvrage.

 

Délibération du conseil municipal donnant le top départ, nécessaire pour l’inscription des premières phases au budget de l’année suivante.

Elaboration du programme détaillé

 

Concours d’architecture, très globalement défini par le code des marchés publics.

 

L’architecte désigné élabore un projet, en plusieurs phases : l’avant-projet sommaire, base du permis de construire, puis l’avant-projet détaillé. Le bibliothécaire et les services techniques municipaux sont régulièrement consultés par l’architecte.

L’avant-projet détaillé, complété par diverses études techniques menées par des bureaux d’étude choisis par l’architecte sont de base à l’élaboration du document de consultation des entreprises, destiné aux marchés publics.

La collectivité peut, selon le cas, choisir une entreprise générale, tous corps de métiers confondus, ou une entreprise par corps de métier : gros oeuvre, second oeuvre, électricité, chauffagiste.

A tous les stades, un bureau de contrôle, comme Véritas ou Socotec, intervient pour certifier la conformité à la législation et aux calculs des plans, des méthodes et des matériaux.

Le chantier est souvent coordonné par un « maître d’ouvrage délégué », auquel la collectivité délègue ses pouvoirs, de manière limitée, en raison de la complexité d’un gros chantier, de la nécessité pour le maître d’ouvrage d’être en permanence présent. Le bibliothécaire est un des représentants de la maîtrise d’ouvrage. Le bibliothécaire sur le chantier doit donc faire preuve de vigilance et savoir négocier.

Le gros oeuvre est constitué des structures générales des espaces, des circulations verticales, façades et fenêtres, des gaines et fourreaux de tous les fluides. A l’achèvement du gros oeuvre, le bâtiment est « hors d’eau » ou « clos et couvert ».

 

Le second oeuvre comprend les cloisons « sèches » et les cloisons mobiles, les portes, les ascenseurs, les câblages et canalisations, la pose des appareils divers (chauffage, sanitaires, éclairages), les revêtements de sols et de murs, les éventuels mobiliers fixes, la serrurerie.

 

L’achèvement du chantier sera marqué par une procédure de livraison, sous formes de visites qui permettent au maître d’ouvrage et à l’architecte d’émettre des réserves.

 

L’autorisation de construire est subordonnée à l’avis de la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité. L’avis favorable permet l’ouverture du chantier, à l’issue duquel un organisme de contrôle indépendant est chargé de délivrer une attestation du fin de chantier.

 

Aménagement des espaces, accessibilités, ergonomie, signalétique

 

L’appréhension de l’espace par les publics est le fruit d’un nécessaire repérage visuel immédiat : la personne qui entre doit comprendre très rapidement comment s’organise l’espace, sans avoir à se livrer au décryptage d’un plan ou à suivre un jeu de piste signalétique. Les rayonnages doivent être pensés pour la circulation des handicapés et il faut éviter les culs de sac : une personne hésitera à s’engager entre des rayonnages trop longs et dont on ne pourra deviner l’issue possible. Les tables doivent être petites ou grandes et non blanches pour éviter les tags. La bibliothèque, lieu de vie doit être meublée comme un living-room. Pour la banque de prêt, on préférera des postes individualisés, mobiles, séparables, à une grande banque monobloc et inamovible. On peut préconiser 4 niveaux de signalétique, sachant que celle-ci devra être très lisible, faire l’objet de codes couleur simples assortis des pictogrammes nécessaires aux publics handicapés.

Niveau 1 : la signalétique générale (grandes orientations, sécurité, issues de secours, services). Elle doit se distinguer très nettement des autres niveaux, par le support, la typographie et les couleurs.

Niveau 2 : le zonage. On se rapprochera le plus possible du langage courant, par l’utilisation de mots très génériques, comme le fait la librairie.

Niveau 3 : c’est le niveau de la relation catalogue/localisation. Il doit indiquer l’adresse du document, c’est-à-dire l’indexation Dewey. C’est le niveau des têtes de rayonnage qui indiquent la première et la dernière cote du rayonnage.

Niveau 4 : c’est le niveau de la tablette, le plus utilisé dans le butinage par les usagers. On pourra ici utiliser le langage de la recherche documentaire, de manière à établir une liaison implicite avec l’indexation Rameau.

 

3 La relation au public : vers le service continu et l’autonomie de l’usager.

 

L’accueil du public

 

Lorsque le lecteur vient en bibliothèque, il devra trouver à la porte de celle-ci les horaires d’ouverture clairement énoncés. Lorsque le public pénètre dans la bibliothèque, il devra avoir face à lui un agent d’accueil pour l’orienter et le renseigner. Grâce à une signalisation claire et bien visible, il devra également être en mesure de s’orienter par ses propres moyens. Lors de la prise de contact avec l’usager, on n’insistera jamais assez sur la nécessité d’adopter un langage simple et non jargonnant. S’il est important que les lecteurs reçoivent des informations très complètes, lors de leur inscription, il faut faire attention à ne pas les submerger de précisions inutiles et d’une longue liste d’interdits. Un document récapitulatif rappelant les points principaux pourra alors être distribué. L’accueil et le renseignement se font souvent à une banque d’accueil, mais aussi à tout autre endroit, dans les rayonnages pendant le rangement. Il est souhaitable autant que faire se peut de se déplacer avec le lecteur et de l’accompagner dans ses recherches plutôt que de rester coincé derrière son bureau. Il faut que les agents soient identifiables avec un badge. La tendance est à l’autonomie du lecteur même s’il aura toutefois besoin de se voir expliquer le mode de classement et l’organisation des locaux. Le lecteur doit être entendu dans ses suggestions d’achat. Pour cela, un registre de suggestions doit être à sa disposition. Une réponse rapide sera apportée à chaque demande avec une explication en cas de refus et la proposition d’une solution alternative (PEB, orientation vers un autre établissement). Le lecteur doit être en mesure de poser une question concernant la bibliothèque, d’indiquer sa satisfaction ou son mécontentement.

 

L’accueil des publics spécifiques

 

Le public scolaire, souvent bruyant, devra autant que possible être accueilli en dehors des horaires d’ouverture de la bibliothèque. Des partenariats fructueux avec les CDI et les BCD peuvent aussi voir le jour.

Les accès de la bibliothèque doivent être mis en conformité avec l’accueil des handicapés en fauteuil roulant. Le handicap visuel nécessite une adaptation de l’offre en matière de collections. Les non-voyants qui apprennent le braille sont peu nombreux. Les textes lus, disponibles sur CD ont l’avantage de pouvoir toucher un public plus large. Les collections numériques sont aussi une alternative. Grâce à la synthèse vocale, de plus en plus performante, des documents numériques peuvent être lus via internet. Des téléagrandisseurs ou des machines à lire peuvent être proposés aux non-voyants ou mal-voyants. Certains publics ne peuvent pas se déplacer en bibliothèque, tels que les détenus, les personnes hospitalisées. Pour ces personnes, la bibliothèque doit rechercher des solutions permettant de desservir maisons de soins et prisons. Beaucoup de prisons possèdent des bibliothèques. Une convention peut permettre à la bibliothèque d’y intervenir par le dépôt de livres, la formation du détenu bibliothécaire. Dans les établissements de soins, il faudra adapter l’action de la bibliothèque à la durée moyenne des séjours et à l’état de santé des patients.

 

Sécurité et médiation

 

Un des services dus aux publics est d’assurer sa sécurité dans nos locaux. Sécurité quant aux locaux mais aussi dans la co-existence de publics divers. Il n’est pas rare que le bibliothécaire soit pris à parti dans un conflit entre lecteurs et sommé d’arbitrer. Il est important de veiller à ce que les usages des uns ne gênent pas les autres (conversations, téléphones portables).

 

Les conditions d’exercice du service

 

Les horaires d’ouverture de la bibliothèque doivent être les plus larges possibles, pour permettre aux publics les plus divers de la fréquenter. L’amplitude d’ouverture est directement conditionnée par le nombre d’agents travaillant à la bibliothèque. Pour toucher les actifs, la bibliothèque aura soin de rester ouverte entre midi et 14 h, le soir après 18 h, le samedi voire le dimanche. Les collégiens et lycéens pourront fréquenter la bibliothèque le mercredi et le samedi. Dans les bibliothèques d’étude, pour permettre aux chercheurs de travailler sur les documents, les plages d’ouverture doivent être au moins de 3 heures.

Partout où elles ont lieu, les ouvertures dominicales rencontrent un grand succès et permettent de toucher de nouveaux publics mais elles ne doivent pas s’établir au détriment de la qualité de vie des bibliothécaires. Il est souvent d’usage de conserver, dans la semaine, une plage de fermeture commune à tout le personnel pour permettre les formations et les réunions du personnel.

 

Les tarifs et leurs enjeux

 

Les tarifs sont votés par les tutelles. Il est d’usage de tarifer l’inscription dès lors que l’on souhaite emprunter à domicile. Seules moins de 20% des bibliothèques sont totalement gratuites. Toutefois, beaucoup de bibliothèques proposent une gratuité ou un tarif réduit pour les enfants, les étudiants, les demandeurs d’emploi, les RMIstes, les personnes âgées ou les personnes handicapées.

 

Les règlements intérieurs des bibliothèques

 

Afin que la bibliothèque ne soit pas un lieu de non-droit, il est nécessaire qu’elle dispose d’un règlement intérieur. Celui-ci est ratifié par la tutelle de l’établissement. Ce règlement énumère les droits et devoirs du lecteur et s’efforce de lister les différents usages autorisés de l’établissement en posant les limites. Le règlement doit être aisément consultable par le public (affichage, présence sur le site internet de la bibliothèque). Nonobstant ces règlement intérieurs, des problèmes se posent toujours et il n’est pas rare de devoir régler des conflits en bibliothèque. En cas de difficulté, le personnel de la bibliothèque devra toujours être en mesure de se référer à un article du règlement intérieur pour faire valoir son point de vue. Afin d’éviter que la situation ne s’envenime, il est souvent conseillé de faire appel à un collègue ou à son supérieur hiérarchique. Celui-ci aura soin de ne pas désavouer le bibliothécaire devant l’usager. Il est très important en effet que le règlement soit appliqué de la même façon par tous et que l’équipe soit soudée en cas de problème.

 

La communication

 

La bibliothèque doit disposer d’un certain nombre d’outils de communication comme le guide du lecteur où sont exposées toutes les informations pratiques concernant la bibliothèque Le règlement intérieur pourra y figurer. Il est désormais commun d’éditer un programme présentant les animations culturelles proposées par la bibliothèque. Depuis quelques années, la communication papier se double d’une communication par internet. C’est le moyen privilégié pour informer le lecteur de l’actualité culturelle, documentaire et administrative de l’établissement en temps réel. La majeure partie des bibliothèques s’est dotée de portails qui, outre la consultation du catalogue, offrent à la bibliothèque la possibilité de communiquer sur ses services et ses animations. Un moteur de recherche intégré au portail facilitera la recherche des lecteurs.

 

Les services proposés en bibliothèques : services de base et services « plus ».

 

Service de base

 

La consultation des collections documentaires de la bibliothèque sur place est le premier service de base offert par la bibliothèque, tant historiquement que par l’usage contemporain. Parmi les documents très souvent consultés sur place figure la presse et notamment les quotidiens. Ceux-ci sont souvent exclus du prêt. Aujourd’hui, certains titres sont également disponibles sur internet, de façon gratuite ou payante. Depuis l’apparition des médiathèques, les supports autres que le livre (CD, vidéo) peuvent également être consultés sur place, grâce à du matériel d’écoute mis à disposition. Pour la vidéo, la bibliothèque doit avoir acquis les droits de consultation sur place au préalable. Les documents qui n’ont que des droits d’emprunt à domicile ne peuvent pas être visionnés sur place.

Pour la communication sur place, un bulletin devra être rempli qui renseignera sur le demandeur et justifiera sa demande de consultation. Pour plus de sécurité, la présentation d’une pièce d’identité pourra être demandée.

Le prêt à domicile est le deuxième service de base proposé par les bibliothèques. Il s’est généralisé dans le courant du XXè siècle. Il nécessite une inscription généralement tarifée. Dans le règlement de la bibliothèque figurent le nombre de documents empruntables et le délai de prêt. La durée de prêt la plus souvent consentie est de trois semaines, elle est généralement la même pour tous les documents. Les quotas de prêt sont fonction du nombre de documents possédés par la bibliothèque afin d’éviter les rayonnages vides. Le prêt entre bibliothèques consiste à faire venir l’exemplaire d’une autre bibliothèque lorsque le lecteur demande un document que la bibliothèque qu’il fréquente ne peut ou ne veut pas acquérir. Ce service est facilité par le SUDOC et le Ccfr qui permettent une localisation aisée et rapide du document. Une participation aux frais d’envoi peut être demandée par la bibliothèque prêteuse de même que les coûts de photocopie. Parmi les services de base que les bibliothèques peuvent proposer à leurs usagers figurent les moyens de reproduction, particulièrement utiles pour les documents que ces derniers ne peuvent emprunter à domicile. La photocopie est souvent concédée à un prestataire extérieur, pour plus de sérénité (en matière de maintenance, de responsabilité juridique quant au droit de copie. Il appartient à la bibliothèque de faire savoir à ses usagers qu’il est interdit de reproduire l’intégralité d’un document. La reproduction peut s’appuyer sur d’autres techniques : numérisation et impression (recommandée pour certains documents patrimoniaux).

 

Services « plus »

 

Les lecteurs s’attendent désormais à pouvoir consulter internet en bibliothèque.

 

Les postes de consultation d’internet en bibliothèque.

 

Les postes de consultation d’internet donnent au public la possibilité de consulter sa boîte aux lettres électronique ou les sites de documentation en ligne. Ce service peut être gratuit et réservé aux seuls abonnés de la bibliothèque avec une limite de temps de connexion ou il peut être payant en fonction de la durée.

La gestion d’internet est généralement alourdie par la nécessité de filtrer les sites au contenu illégal ou non conforme aux missions des bibliothèques et par l’obligation légale d’enregistrer et d’archiver pendant six mois les Logs de connexions (loi « anti-terrorisme »). La validation d’une charte informatique, encadrant l’usage des postes publics et des services associés et précisant le rôle des agents vis-à-vis de tout débordement, doit être proposée à la 1ère connexion d’un nouvel abonné pour fixer les droits et les devoirs de l’usager et dégager la responsabilité de la bibliothèque en cas de problème. Certains établissements proposent également une possibilité de connexion, par le wi-fi, pour les ordinateurs portables des usagers. Les postes informatiques à la disposition du public peuvent lui permettre d’avoir accès à différents services : à des ressources en ligne ou des réseaux de cédéroms. L’auto-apprentissage permet d’apprendre une langue étrangère ou le code de la route, d’excellents didacticiels sont à disposition, en ligne ou sur cédéroms. Les bibliothèques peuvent accueillir des cours de langues ou de rattrapage dans des espaces dédiés. L’apprenant a alors à sa disposition toute une documentation papier pour lui permettre de prolonger le temps du cours.

Dans le domaine de l’informatique, et des nouvelles technologies notamment , les médiathèques jouent un rôle non négligeable pour une démocratisation de l’usage des ordinateurs et d’internet. A travers les espaces cultures multimédia (ECM), développés par certaines d’entre elles, la population peut découvrir l’environnement bureaucratique, internet et les messageries électroniques.

 

Services en ligne

 

Le 1er service rendu par les sites en ligne des bibliothèques est un accès ou catalogue, permettant une recherche documentaire à distance. Les résolveurs de liens permettent une recherche successive dans les catalogues de bibliothèques voisines associées ou dans le worldcat. Ces catalogues en ligne renseignent, le plus souvent, sur la disponibilité du document en temps réel, ce qui permet au lecteur de se déplacer à la bibliothèque en toute connaissance de cause, sans risque (ou presque) de repartir bredouille.

 

Consultation de ressources en ligne

 

L’abonnement à des bases de données, à des tutoriels, à des encyclopédies et dictionnaires en ligne, étend au monde du web le rôle classique des bibliothèques : faciliter l’accès à l’information et à la culture en prenant en charge tout ou partie des coûts induits. L‘accès aux sites pour lesquels la bibliothèque a souscrit un abonnement est réservé aux usagers inscrits. Certains fournisseurs de bouquets en ligne refusent, toutefois, toute consultation en dehors des murs de la bibliothèque.

 

Consultation et téléchargement de documents numériques.

 

Certaines bibliothèques commencent à proposer à leurs usagers le téléchargement de livres numériques. Ils peuvent les télécharger depuis leur domicile sans se déplacer et 24 h/24 ; 7 jours/7.

 

consultation et téléchargement musical et audiovisuel

 

Ces offres commerciales sont agréées par la SACEM et permettent deux modes de consultation : l’implantation de bornes d’écoute audio ou de récepteurs tv connectés à des bouquets numériques diffusés sur internet auxquels la bibliothèque se sera préalablement abonnée ; la possibilité pour les internautes abonnés à la bibliothèque de télécharger légalement de la musique ou de regarder des vidéos depuis leur domicile.

 

Services en ligne liés aux transactions

 

Le renouvellement du prêt et l’enregistrement des réservations, à partir des postes publics ou depuis le domicile de l’internaute, responsabilisent l’usager dans la gestion de ses emprunts. La demande de communication peut également se faire en ligne pour préparer une consultation en bibliothèque d’étude ou pour la mise à disposition des documents dans la bibliothèque de son choix lorsque la circulation des livres dans un réseau est autorisée. La consultation de son compte lecteur outre la récapitulation de l’état des prêts et des réservation en cours.

Le PEB et les demandes de reproduction peuvent se faire en ligne. L’envoi de la demande s’effectue alors par courriel à la bibliothèque.

 

Renseignement du lecteur à distance, service questions/réponses

 

Certaines bibliothèques proposent un valeur ajoutée à leurs collections en offrant au public de leur apporter directement la réponse à la question qu’ils se posent. Ce service s’appuie sur la formation à la recherche documentaire des bibliothécaires et sur leur bonne connaissance de leurs ressources. Mais il ne s’agit pas de faire de la consultation médicale ou juridique en ligne ou de se substituer à l’élève pour un devoir ou une bibliographie. Les réponses peuvent constituer une base de savoirs dans laquelle tout le monde peut piocher.

 

Services personnalisés

 

Certains établissements proposent des espaces emploi-insertion où l’usager aura à sa disposition une documentation à jour sur les formations, les parcours professionnels et les concours qui s’offrent à lui. Il trouvera également des ordinateurs disposant de logiciels pour l’aider à rédiger et mettre à jour son CV, sa lettre de motivation. Des partenariats avec le Pôle emploi ou les centres régionaux d’informations jeunesse peuvent donner accès à des offres d’emplois. Les agents présents dans ces secteurs devront être formés et seront disposés à assister l’usager dans sa démarche. Certaines bibliothèques accompagnent l’aide aux devoirs, soit directement par la mise à disposition de leur personnel pour aider les enfants, soit indirectement par l’accueil d’associations et la mise à disposition d’usuels. D’autre part, les bibliothèques accueillent de nombreux jeunes en stage. Cela commence avec les collégiens et lycéens pour la « découverte de l’entreprise » et se poursuit par l’accueil d’étudiants dans le cadre de cursus professionnalisants. Les bibliothèques mettent parfois à disposition des groupes des salles de travail en accès libre ou sur réservation. Ce service facilité les usages différenciés de la bibliothèque et permet d’apporter une souplesse dans la gestion de la discipline, et notamment du bruit dans les différents espaces publics. Le prêt de salles de réunion est également un service apprécié, notamment par les associations et organismes de formation. Cela contribue à l’ouverture de la bibliothèque sur le monde qui l’entoure et au brassage des publics. Pour peu qu’elle soit dotée d’une véritable salle de conférences ou d’un auditorium, la bibliothèque peut être très sollicitée par la mise à disposition de ces espaces pour des organismes extérieurs ou des services de sa tutelle. Il faut veiller à ce que ces mises à disposition ne gênent pas le fonctionnement normal de la bibliothèque ni n’entament son image de service public. Les bibliothèques peuvent prêter des oeuvres d’art, des jeux ou des pc portables et des e-books.