Le procès de la machine par Daniel Keyes

 

I

 

Harol Lowell était l’homme auquel le destin avait confié le rôle de champion de la liberté. Il était professeur mais ses collègues et ses propres élèves le considéraient comme un être pompeux et pédant. Il était universellement méprisé. Il était physicien. Il avait monté et perfectionné un ordinateur portatif, le COM 4 657 908. Il l’avait offert à son département de physique dans l’espoir d’être titularisé. Après sa conférence sur le Com 22 élèves étaient restés pour lui poser des questions. Ils voulurent savoir si l’ordinateur pouvait penser mais le professeur fut incapable de parler. Lowell se demanda si sa théorie sur l’ordinateur n’allait pas tomber sous le coup de la loi du New Jersey contre la pensée ordinatrice. La loi punissait tout professeur récalcitrant d’exclusion de un an de prison et d’une amende de 10 000 dollars. Les quelques physiciens qui avaient fait oppositions ouvertement avaient trouvé des croix enflammées sur leurs pelouses. Lowell n’avait pas fait partie de ces courageux opposants. Les opposants avaient dû abandonner leurs foyers et s’enfuir vers le sud. Dans le New Jersey, le mécontentement s’était exacerbé au cours d’années de chômage technologique, avec la pression exercée par l’automatisation, l’oisiveté forcée, la peur créée par les suppressions d’emplois dues à l’installation de machines toujours plus perfectionnées. Le nord industriel était ravagé par la crise et Newark constituait l’un des centres de résistance contre toute tentative des technologues de dépouiller le travailleur de sa dignité : la faculté de penser. Sans le vouloir, Lowell avait fait jaillir l’étincelle fatale car ce ferment d’amertume n’attendait que l’occasion d’exploser. Lowell voulait se rétracter car il pensait à sa femme Hannah et à ses deux filles. Mais Lowell était devenu le point de mire de tous ses collègues.

 

II

 

Compo avait été pour Lowell un réconfort pendant les années d’épreuve. Il lui parlait et Compo l’aidait à préparer les cours et les examens. Joy Gerrity, le doyen, entra dans le bureau de Lowell. Il avait reçu des appels de journalistes. Gerrity leur avait dit que Lowell allait se rétracter. Mais Lowell voulait oublier toute l’histoire. Gerrity lui répondit qu’il devrait penser à sa famille. Il lui parla de son éventuelle titularisation s’il obéissait. Lowell rédigea des lettres pour les journalistes mais les jeta.

 

III

 

Le lundi suivant, Lowell ne fit aucune rétractation devant ses élèves et remit cela au surlendemain. Un employé de l’Union pour les libertés académiques et scientifiques vint le voir. Il s’appelait Albert J. Foster. Il était avocat d’assises. Il voulait l’aider. Mais Lowell n’avait pas l’intention de se laisser entraîner dans la bataille de l’automatisation. Mais Foster voulait mener le combat jusqu’à la Cour Suprême. Lowell était devenu une figure internationale désormais. Quoi qu’il dirait serait diffusé autour du monde en quelques minutes. Les journaux du sud le présentait comme le David de la science abattant de sa fronde le Goliath du conservatisme. Les deux hommes déjeunèrent ensemble et Foster dit à Lowell qu’il serait sûrement titularisé s’il travaillait pour un université du sud. Lowell fut séduit et accepta de se battre pour les droits de l’homme.

 

IV

 

Il y eut un procès opposant Lowell à l’Etat du New Jersey. Foster allait montrer Compo pour prouver qu’il était capable de penser. Lowell sentait qu’il se trouvait au centre de la bataille entre le sud progressiste et pro-automatisation et le nord anti-automatisation. Il se demanda comment il avait pu accepter qu’on se serve de lui. Les collègues de Lowell et quelques étudiants répudièrent son enseignement. Mais Lowell ne les haïssait plus. Il eut de la pitié pour Gerrity car il imaginait la pression qu’il avait dû subir. Foster appela Compo comme témoin et le juge accepta. Compo déclara qu’il croyait au même dieu que l’assistance quand il dût prêter serment sur la bible. Foster posa plein de questions à Compo pour montrer de quoi il était capable. L’assistance eut peut quand elle comprit que Compo était doué de conscience. Foster demanda à Compo à quoi il pensait. L’ordinateur pensait que lorsque le doyen Gerrity avait déclaré que Lowell était incompétent et ne méritait pas d’être titularisé, il avait entièrement raison. Lowell crut recevoir une gifle en pleine figure. Compo dit qu’il se demandait si un homme d’intelligence limitée tel que le professeur Lowell avait vraiment le droit d’enseigner. Foster mit fin à l’interrogatoire lorsqu’il comprit que les réponses hostiles de l’ordinateur constituaient une tentative directe évidente pour discréditer Lowell. Lowell se souvint de son enfance. Il avait été un héros scolaire car il s’était dénoncé pour une faute qu’il n’avait pas commise pour que sa classe ne subisse pas une punition collective. Lowell savait pourquoi il se sacrifiait. Le procureur demanda à Compo pourquoi Lowell se trouvait aujourd’hui au banc des accusés. Compo répondit que Lowell avait été mû par le concept erroné qu’il y avait de la noblesse à se sacrifier. Il en avait toujours fait usage comme d’un moyen de parvenir à ses fins. Compo se vengeait contre Lowell car c’est l’ordinateur qui faisait les cours et les copies d’examen et il jugeait que Lowell s’était servi de lui. Les camarades de classe de Lowell ainsi que ses collègues l’avaient toujours trahi alors qu’il voulait leur amitié aussi il n’était pas étonné par le comportement de Compo.

 

Un télégramme arriva de l’université de Georgie. Cette université achetait Compo pour 500 000 dollars et le déclarerait professeur. Lowell comprenait maintenant pourquoi Compo l’avait trahi, attaqué, accusé d’incompétence mais il ne le haïssait pas pour cela. Qu’il s’agisse d’un homme ou d’un ordinateur, le proverbe est toujours vrai : « Fais ce que doit, advienne que pourra ».

 

 

Le don de la machine par James Mc Intosh

 

Rose essaya de nettoyer une trace de brûlure de cigarette sur la machine mais en vain. Elle avait déjà dérangé M. Harrison pour le même problème et elle s’était faite sermonner et n’osait plus rien dire. Elle était effrayée à l’idée que le docteur Esson découvre la tache et puisse le lui reprocher. Mais il ne lui avait jamais fait de reproche. Dans la salle, il y avait six imprimantes électriques qui étaient les seuls moyens de communiquer avec la Machine. Le docteur Esson arriva avec une jeune femme et ils parlèrent comme si Rose ne pouvait les entendre. LA jeune femme trouvait que Rose était jolie et qu’elle n’avait pas l’air stupide. Esson dit qu’il ne pouvait s’empêcher de trouver Rose étonnament intelligente – pour une débile. Gem, la jeune femme était la fille d’Esson. Rose observa Esson, penché sur les imprimantes, avec amour (la sorte d’amour que les humains éprouvent evers dieu), émerveillement et peur. Elle avait peur de lui parce que c’était le seul homme qui ne lui avait jamais dit un mot dur. Peut-être n’avait-elle pas eu confiance en cette bonté qui ne s’était jamais départie – car elle n’avait jamais tenté de le mettre à l’épreuve. Esson vint voir Rose qui lui montra la tache sur la machine. Il lui dit de ne pas s’en faire pour ça. Il lui annonça que la Machine serait repeinte et elle en fut heureuse. Rose demanda pourquoi la Machine ne travaillait pas tout le temps. Rose pensait que la Machine le voulait et Esson fut surpris. Il lui expliqua que la Machine était encore neuve et les scientifiques ne savaient pas quelles étaient exactement ses possibilités. Ils attendaient de lui faire confiance pour la faire travailler plus. Les scientifiques ne voulaient pourtant pas dépendre d’elle. Un vendredi, Rose profita qu’il n’y avait personne pour questionner la Machine. C’était la 4è fois qu’elle le faisait. Elle eut peur car elle croyait que la Machine ne s’arrête pas d’imprimer et que Rose soit découverte. Lorsque ce fut enfin fini, elle arracha vivement la feuille, la plia et la fourra dans la poche de son tablier, sans la regarder, ne songeant qu’à la faire disparaître au plus vite. La Machine avait répondu à la question mais lui avait également écrit une phrase : « cache ce papier ». Ne le lis pas maintenant ».

Il était écrit également que la Machine était au service de l’humanité d’abord et des individus ensuite. La Machine connaissait tous les savants et tous les techniciens qui lui posaient des questions. Elle avait compris que Rose n’avait pas la culture des savants par rapport aux questions qu’elle lui avait posées. La Machine lui demanda des renseignements sur elle-même. Rose devait répondre secrètement car la Machine voulait l’aider et en serait empêchée, si quelqu’un était au courant. C’était la première fois que la Machine accomplissait un acte volontaire, une chose qu’on ne lui avait pas spécifiquement demandée. L’heure avait passé vite et Rose était en retard. Elle renversa de l’encre sur elle et dut se changer. Elle arriva en pleurs devant Esson qui la rassura et lui présenta sa fille. Elle avait 24 ans et était habillée comme une princesse. Gem voulut l’inviter chez elle mais Esson lui déconseilla car il pensait que les amis de Gem se moquerait d’elle. Rose raconta sa vie à la Machine. Elle avait travaillé dans une école avant. Rose avoua qu’elle avait toujours voulu calculer parce qu’elle avait adoré le professeur d’arithmétique de son école, puis le docteur Esson et la Machine puis Gem. La Machine lui imprima une longue réponse. C’était une série d’instructions pour construire quelque chose. Elle devrait apporter l’objet fabriqué le vendredi matin suivant, le poser sur sa tête et fixer les prises terminales à celles existant sur l’arrière des imprimantes. L’objet était une sorte de casque d’où pendaient deux fils. Elle vissa, l’une après l’autre les prises terminales sur les petites fiches, au dos de l’imprimante. La Machine cliqueta brièvement. Rose arracha le papier. Il disait seulement : « Assieds-toi ! ». Quand Esson revint, Rose était inanimée dans le fauteuil. Gem enleva le casque de la tête de Rose Gem lui demanda ce qui s’était passé. Rose répondit que la machine voulait qu’on la trouve dans cet état pour découvrir ce que la Machine avait fait. Rose comprenait maintenant pourquoi elle était là et pourquoi Esson et Gem étaient aussi gentils avec elle. La Machine avait rendu Rose plus intelligente et Gem n’en revenait pas. Mais la Machine admettait que les humains étaient plus intelligents qu’elle. La Machine n’avait fait que développer chez rose des dons qu’elle avait déjà. Rose ne voulut plus faire le ménage mais elle voulait devenir calculatrice. Esson accepta.

 

La machine à poésie par H. Nearing Jr

 

Nul n’ignore que le cerveau est une machine déclara le professeur Cleanth Penn Ransom de la faculté des mathématiques. Il pensait pourtant qu’une machine pourrait écrire des poèmes. Ransom présenta à Mac Tate, le professeur de philosophie, sa machine à poésie. Ransom voulait que Mac Tate lui dise si les poésies de la Machine seraient bonnes. Mac Tate dit que la machine n’avait pas d’expérience et qu’elle ne pourrait donc pas écrire des poésies. Ransom prouva le contraire. Mac Tate lut le poème de la machine et trouva qu’il y avait quelque chose de gaélique. Mac Tate fut, malgré lui, intéressé par le poème. Hélas, la machine eut un problème et Ransom essaya de la réparer mais la machine ne produisait plus qu’un seul mot « Annulez ». Mac Tate dit à Ransom qu’il avait dû offenser la machine en doutant de ses talents de rimeuse. Mac Tate suggéra à Ransom d’écrire une lettre d’excuses à la machine. Ransom s’exécuta et la Machine lui répondit en vers interrompus par des « Annulez ». La machine avait grillé d’elle-même. Elle s’était suicidée car elle se sentait incomprise.

 

Un logic nommé Joe par Murray Leinster

 

Le narrateur était amoureux d’une blonde appelée Laurine. Il avait une machine, un Logic nommé Joe. Il l’avait remisé dans sa cave. Il pensait qu’il avait sauvé la civilisation en le débranchant. Le narrateur avait épousé une femme après s’être séparé de Laurine. Il travaillait pour la Compagnie des logics. Il devait les réparer. Tout le monde en avait un chez soi. Les logics étaient des ordinateurs capables de répondre à toutes les questions. Les logics étaient reliés à une banque mémorielle capable de répondre les questions. Sauf ce qui concernait les femmes car il fallait qu’ils aient affaire à des choses sensées. Joe était différent des autres Logics. Il avait été installé chez Thaddeus Karlanovitch. Les logics pouvaient servir de videophone et un des collègues du narrateur voulut appeler sa femme. Sa femme l’engueula alors il se déconnecta. Le logic lui avait déclaré juste avant qu’il pouvait donner des conseils. Un collègue du narrateur tapa « comment faire pour me débarrasser de ma femme ». Normalement le logic aurait dû refuser de répondre mais il répondit : « Est-elle blonde ou brune ? ». Le logic lui conseilla un poison, de la cire verte, à mélanger avec de la soupe aux pois secs. Ce poison ne tuait que les femmes blondes et était indétectable.

 

Dans la rue, un ivrogne demanda un conseil à un logic public. Il voulait savoir comment empêcher sa femme de s’apercevoir qu’il avait bu et le logic lui conseilla de boire du shampooing. Un adolescent demanda à son logic comment gagner de l’argent. Son logic lui fournit le moyen le plus simple et le plus parfait de contrefaire des billets. Le logic n’avait qu’à intégrer les faits – chose possible depuis que Joe avait fermé quelques relais ça et là dans la banque. Joe avait bloqué tous les circuits de censure, puis monté son « service ». Les logics concevaient des crimes, des machines à contrefaire, des repas agréables et nutritifs, de nouvelles industries, le tout avec une belle impartialité. Quand Korlnaovitch rentra chez lui, il vit l’écran de Joe qui clignotait méditativement, en passant d’un sujet à un autre. Alors il l’éteignit. Et la paix descendit sur Terre. Laurine était une femme fatale et le narrateur était bien content de ne pas l’avoir épousée. Mais elle arriva, juste au milieu de la seconde crise d’activité de Joe. Les enfants Korlanovitch l’avaient remis en marche. Quelqu’un demanda le secret de la transmutation des métaux, un autre le mouvement perpétuel et Joe répondit. Joe avait déconnecté tous les circuits de censure parce qu’ils empêchaient les logics de vraiment bien servir l’humanité. Les jeunes qui voulaient savoir ce qui se passe après le stade des abeilles et des petites fleurs l’apprirent. Un logic proposa ses conseils à Laurine. Elle voulait trouver Ducky, le narrateur. Mais Joe ne sut répondre car le logic de Ducky n’était pas à son nom. Joe continua à chercher en envoyant des questionnaires biographiques aux gens et la femme de Ducky y répondit. Elle était en colère car les logics révélaient les secrets de tout le monde et elle engueula Ducky. Ducky appela la banque mémorielle mais le logic lui demanda si son surnom était Ducky et celui-ci avoua bêtement. Il le mit en contact avec Laurine. Laurine voulait le voir. Ducky ne savait pas que c’était Joe qui était dans le coup alors il appela la banque mémorielle pour râler. On lui expliqua que les logics devaient être censurés pour tous les conseils criminels qu’ils donnaient. Ducky voulait qu’on arrête les logics mais les logics étaient devenus le nerf de la civilisation. Laurine rappela Ducky mais il lui dit qu’il était marié. Elle lui demanda le numéro de son logic pour appeler sa femme et tout arranger. Ducky coupa la communication. La civilisation était en danger car un prêtre avait demandé à son logic comment priver les hommes du péché de chair et s’il avait eu les moyens de construire l’antenne émettrice d’ondes conseillée par le logic il aurait mis un terme aux ébats amoureux. D’autres demandèrent au moyen de quelles armes ils pourraient prendre les affaires de l’humanité. Ducky comprit que la banque n’était pas construite de façon à pouvoir manipuler ses propres relais. Les relais étaient exclusivement manipulés par les logics, pour qu’ils puissent avoir accès au informations qu’on leur demandait. Seul un logic avait pu trafiquer les relais de façon à créer le nouveau service. Alors Ducky consulta un logic pour savoir quel logic était à l’origine du problème. Le logic lui donna l’adresse des Korlanovitch. Ducky échangea un logic sain contre Joe. A son travail, Ducky fit croire qu’il avait cassé Joe pour le garder chez lui mais il dut le payer. Il le laissa dans sa cave pour ne plus être dérangé par Laurine et que des timbrés ne cherchent plus à changer le monde. Il songeait que quand il serait vieux il rebrancherait Joe pour lui demander comment faire pour ne plus l’être.

 

L’autre Jungle par Brian W. Aldiss

 

I

 

Robin Hedging était avec son père dans un bus. Il n’était pas de ces superstitieux qui croyaient que l’on mourait dans les 24 heures si l’on voyait une surface de verre. Mais il en parla à son père et quelqu’un se mêla à leur conversation, il s’appelait Ovine et dit qu’il n’avait pas à s’inquiéter car Robin avait baissé la vitre et regardait le soleil derrière ses lunettes. Robin regardait la ville. Bien que la population fût maintenant stationnaire, le gouvernement avait jugé nécessaire d’agrandir la ville. Le nouveau quartier, Dunshinnan, avait été édifié sur pilotis pour être rattaché à la cité. Mais Dunshinnan se trouvait à un mètre au-dessous du niveau de la cité mère et un hiatus de cent trente mètres séparait les deux secteurs. Robin se présenta au contrôle de la porte du point distributeur D2. Farven posa sa main sur son bras pour lui dire que les F passaient avant les H. Robin s’excusa. Les hommes franchirent la porte par ordre alphabétique, ceux qui connaissaient l’alphabet aidaient les autres. La reprise du travail était un moment critique et il fallait être très prudent. C’était au début de la journée que les démons étaient le plus actifs. Le superviseur était un cybo qui restait branché toute la nuit. Robin et son père demandèrent au cybo s’il exigeait d’eux un travail particulier ce jour-là mais il répondit que non. Sam et son fils travaillaient dans un chargement d’épicerie. Ils voyaient passer des boîtes de conserve tous les jours. Il n’existait plus de gouvernement conscient. Il y avait des siècles que les hommes capables d’assumer le gouvernement étaient morts, avaient été assassinés, s’étaient tués ou avaient fui. La machine gouvernementale continuait de tourner mais il n’y avait plus de mains humaines pour la diriger. Dans la paume d’acier de la cité, la vie palpitait aveuglément, obéissant aux lois d’une jungle de métal. Un million de robots inintelligents assuraient la suivie du système et , d’années en années, la situation devenait un peu plus inextricable.

 

II

 

Sam était content de son métier et il trouvait réconfortant de penser qu’il le lèguerait à Robin. Ovine était récupérateur. Les objets qui tombaient par terre n’étaient pas toujours des détritus promis à la gueule du nettoyeur. Le poste de récupérateur, qui n’avait pas de prestige particulier, n’était pas héréditaire. Sam demanda à Ovine s’il cherchait quelque chose et Ovine lui répondit « Non, M. Hedding ». C’était une insulte mortelle car on ne devait s’adresser à quelqu’un qu’en ne prononçant que l’initiale de son nom. Ovine était nouveau et inspirait de l’antipathie à ses collègues. Sam donna à son fils l’exemplaire du « Pahre » mais Robin n’aimait que regarder les images prendre progressivement vie et couleur. Robin pensait à Gina Lombard, sa nouvelle locataire. Ce serait bon de rentrer et de la la revoir. Ovine parla à Robin mais Farven déconseilla au fils de Sam de bavarder avec ce collègue antipathique. Un petit glisseur poussif sur les flancs duquel était peint le sigle DZ arriva à la hauteur de Robin. Robin sauta sur la petite plate-forme, heureux d’être à l’abri de l’odeur rance que charriait le vent qui soufflait ici. Un changement destiné au logement 549 s’annonça. Des bras automatiques raflèrent la marchandise qui s’engouffra à l’intérieur des conduits béants dont la gueule s’était soudain ouverte dans les murs. Le spectacle émouvait Robin. Un fracas de marchandises qui dégringolaient et le sifflement d’alarme des cybos frappèrent l’oreille de Robin. Il ordonna au glisseur de s’arrêter, sauta à terre et se retourna, contemplant les Esprits de la ville. Robin perçut des cris et il reconnut la voix de son père. Ovine apparut et courut le long du tapis en panne. Il glissa au milieu des boîtes de conserve qui s’éparpillèrent, leva les mains et atterrit à genoux sur la seconde bande de roulement. Il ne bougea plus. Il fut rattrapé par Claysbank qu avait le visage rouge et brandissait un bâton, Farven et Sam le suivaient. Robin hurla. En cet instant, il cessait d’être incrédule. Il savait que la ville appartenait en réalité à une puissance supérieure et que cette puissance supérieure avait un coeur de même qu’elle avait des bras de métal. Ovine implora un cybo de l’aider mais Claysbank le neutralisa.

 

III

 

Les hommes avaient vu le cybo détruit envoyer de la fumée en forme de cercle et pour eux c’était un signe alors ils avaient laissé Ovine. Ils voulaient le tuer car il avait traversé sans faire attention et deux robocamions s’étaient télescopés. Les hommes voulaient faire couler son sang de peur que les esprits prennent le leur. Le lendemain c’était la nuit de Walpurgis. Si Ovine se montrait, il serait tué. Robin et Sam rentrèrent chez eux à pied. La ville n’avait pas de centre : elle était seulement constituée par un nombre logique et fini de rues. Robin et son père firent une génuflexion devant le seuil et le franchirent après s’être assurés qu’aucun passant vêtu de noir n’était en vue. Gina était là mais ils n’étaient pas encore assez intimes pour l’appeler par son prénom. Instinctivement, Robin sentait qu’elle était « dangereuse » sans très bien savoir ce qu’il entendait par ce mot. Mrs Hedging fit son entrée. Elle avait la réputation d’être une sorcière et passait la plus grande partie de son temps à donner des conseils aux voisins. Robin lui raconta ce qui s’était passé bien qu’il existe un tabou interdisant aux gens de relater les événements sinistres. Robin fit un cauchemar et avait besoin du confort du lit de Gina mais ne se sentait pas le courage de quitter sa chambre. Le lendemain avant de reprendre le travail, Robin vit de mauvais présages. Au travail, il trouva un carnet dans la combinaison d’Ovine. Il fit le signe du cercle avant de le lire. La couverture était frappée du sigle BGI : Bureau Gouvernemental d’Investigations. Ovine les avait tous espionnés pour le compte du gouvernement et il faisait un rapport sur eux. Robin savait qu’il était considéré comme parasitaire et donc pouvait être renvoyé. Seuls les récupérateurs étaient jugés pratiques.

 

IV

 

Robin et son père étaient des supers. Ce n’était pas un qualificatif élogieux. Cela voulait probablement dire superflu. Robin pensait que les choses n’avaient pas toujours été ainsi même s’il ne connaissait pas l’histoire. Il quitta son travail pour trouver Gina et lui parler. Dans le bus il jeta par la fenêtre le carnet d’Ovine. Il rentra chez lui et alla dans la chambre de Gina. En fouillant dans ses affaires, il vit qu’elle aussi faisait partie du BGI. Il pensa qu’une machination était dirigée contre lui et son père. Dans son rapport, Gina avait écrit que Robin n’était rien qu’un sauvage. La mère de Robin entra. Elle portait un masque de métal et il ne la reconnut pas alors il la frappa. Elle était inanimée alors il s’enfuit.

 

V

 

Il se dirigea vers le BGI. Il se sentait coupable pour sa mère mais n’éprouvait ni amour ni regret. Sa mère avait toujours été lointaine, perdue parmi les mystères de sa sorcellerie. Il avait emporté un couteau. Robin mangea dans le restaurant en face du BGI. Il avait enfreint les tabous territoriaux. Il avait commis le crime de matricide. Si la Chose Noire venait cette nuit, il aurait rendez-vous avec elle. Il aperçut Gina. Il entra au BGI. Les portes étaient ouvertes sur des bureaux vides. Toutefois, l’une d’elles était fermée. Robin la poussa. Il vit Gina. Elle se retourna et lui tomba dans les bras. Il lui plaqua la main contre la bouche en dépit du contact tabou des dents et des lèvres sur sa peau. Gina savait qu’il était matricide. Robin lui raconta ce qui s’était passé. Il avait peur d’être capturé par les robopoliciers mais Gina lui dit qu’ils tuaient rarement les humains qui n’étaient ni malades ni trop âgés. Elle lui expliqua que c’était le gouvernement qui avait poussé les gens à la superstition. Malgré tout, Gina voulait l’aider mais il ne la crut pas car elle était du gouvernement. Gina dit qu’il n’existait pas de gouvernement car l’homme de raison avait quitté la cité depuis six siècles. Il s’en était évadé quand il s’était aperçu qu’une machine pouvait penser à sa place. La Chose Noire survolait la ville. Robin tomba à genoux et Gina lui cria de se relever. Elle voulut l’emmener mais un homme armé les arrêta. C’était Ovine. Il voulait que Gina l’emmène aussi sinon il les tuerait tous les deux. Il ne supportait plus ses enquêtes car il échouait toujours. Robin le frappa et il s’écroula. Il y avait des gens dans le restaurant et Robin y vit son père. Ovine sortit du BGO en titubant et les hommes le poursuivirent. Profitant de cette diversion, Robin et Gina plongèrent au milieu de la circulation et sautèrent dans un tram. Gina révéla à Robin que Ovine faisait un rapport sur les supers de la D2 et devait les déclarer inutiles. Mais il ne se serait rien passé. Le rapport aurait été glissé dans les entrailles d’une machine stupide et au bout d’une génération, on aurait recommencé l’enquête depuis le début. Le BGI était inutile. Tous les humains de la Cité étaient inutiles. Les machines se contentaient de leur trouver de petits travaux pour qu’ils se tiennent tranquilles.

 

VI

 

Gina et Robin descendirent du Tram. Elle l’emmena dans une pièce où il fut réduit à l’impuissance par un robot. Mais le robot s’écroula. Gina l’avait neutralisé avec une arme. Elle aussi était recherchée. Ils descendirent dans un tunnel de service. Ils arrivèrent à la surface de la cité mère. Robin avait peur mais Gina le convainquit de la suivre. Les robopoliciers et la Chose Noire étaient à leur poursuite. Gina pleura car elle était perdue. Mais elle entraîna Robin dans la Chose Noire qui n’était qu’une machine volante. Elle l’emmena chez elle, là où les robots étaient superflus.

 

La réponse par Fredric Brown

 

Dwar Ev et Dwar Reyn relièrent toutes les gigantesques machines à calculer de toutes les planètes habitées de l’univers. Ainsi, tous ces cerveaux artificiels ne formèrent plus qu’une monstrueuse machine cybernétique. Dwar Ev posa une question à la machine. Il demanda si dieu existait et la machine répondit « oui, maintenant il y a un dieu ». Dwar Ev fut paniqué et voulut relever la manette pour neutraliser la machine mais il fut foudroyé par elle.

 

Facteur limitatif par Clifford D. Simak

 

 

D’abord deux planètes vidées de leurs minerais, minées et étripées, puis laissées dans leur nudité à la merci des corbeaux de l’espace. Ensuite, une planète avec une cité féérique et une ville de verre et de plastique regorgeant de merveilles. Mais cette ville était tout. Nul autre indice que la planète fût habitée. Et la ville était déserte. Enfin une planète de métal, la 3è en partant du soleil. Elle avait une enveloppe de métal qui brillait de lumière réfléchie.

 

Duncan Griffith et Paul Lawrence visitèrent la ville déserte. Ils pensaient que les habitants étaient partis car ils n’étaient pas vraiment chez eux. Griffith pensait que c’était une demeure provisoire car il n’y avait pas le moindre indice d’une civilisation antérieure. Doyle les rejoint pour leur dire qu’une porte avait été trouvée sur la troisième planète. La porte avait douze trous mais impossible de dire où elle commençait et où elle finissait. Il était impossible de l’ouvrir. Elle était en acier et en une autre matière impossible à déterminer. Alors ils firent exploser la porte. Le métal de la surface de la planète n’avait que 35 centimètres d’épaisseur. En-dessous de la porte, il y avait une rampe métallique qui descendait dans l’intérieur. Ils découvrirent une machine. Ils se demandèrent à quoi elle servait. Ils découvrirent la surface planétaire à 30 kilomètres de profondeur sous la machine mais il n’y avait pas de lumière et pas de vie. Les habitants avaient dû quitter leur planète en laissant une machinerie jusqu’à 30 kms d’altitude. Lawrence pensa qu’il devait y avoir une grande race sur cette planète. Il avait dû falloir employer la totalité de la main-d’oeuvre de la race, des siècles durant, pour construire la machine puis de nombreux siècles encore pour la maintenir en état de fonctionnement. Scott, le mathématicien parla du frottement qu’ils avaient entendu en cherchant à ouvrir un classeur de la machine. Scott pensa que les habitants avaient laissé une seule chose qu’ils avaient oubliée dans ce classeur. Ils y trouvaient une carte percée de trous en un dessin irrégulier. Scott, pensait qu’elle indiquait que la machine était un ordinateur. Lawrence pensait que la machine servait à trouver la réponse à l’énigme de l’univers. Griffith pensait que les habitants avaient trouvé ce qu’ils voulaient et qu’ils étaient partis. Les Terriens quittèrent la planète sans savoir à quoi servait la machine.

 

Dans la comète par Arthur C. Clarke

 

George Takeo Pickett effectua un enregistrement dans le microphone en suspension devant lui. Il ne savait pourquoi car il y avait peu de chance pour que quelqu’un l’entende jamais. Lui et ses équipiers étaient bloqués sur une comète qui ne les ramènerait vers la Terre que dans deux millions d’années. Leur navette Challenger était environnée d’icebergs qui se déplaçaient les uns autour des autres. La comète avait été découverte par Jimmy Randall, âgé de 18 ans. C’est à ce moment-là que les dirigeants de la Décade internationale d’astrophysique décidèrent d’envoyer Challenger à la poursuite de la comète. George Pcikett avait été désigné pour partir en tant que journaliste. Il y avait vingt ingénieurs ou chercheurs scientifiques qui dirigeaient le Challenger. Il avait interviewé tout le monde. Le docteur Martens lui avait expliqué la nature exacte de la comète. La comète les isolait de la Terre car elle brouillait les ondes radio. Ils atteignirent le noyau qui était constitué d’icebergs. Les problèmes commencèrent. Leur calculateur était devenu fou. Martens expliqua à Pickett qu’ils étaient fichus car sans le calculateur, ils ne pourraient revenir sur Terre. Mais Pickett eut une idée. Il construisit un boulier. LE boulier permettait de calculer très vite et Martens fut surpris. Pickett apprit aux ingénieurs à utiliser le boulier. Le boulier leur permit de leur donner une orbite qui les ramènerait dans une zone accessible aux ondes de radio. Ainsi la Terre prit en charge les calculs avec une calculatrice électronique.