Le travail.

Le travail c'est l'activité par laquelle l'homme produit des richesses (biens et services) qui lui permettent de subvenir à ses besoins naturels et sociaux.

Le but du travail est la satisfaction des besoins. Ce n'est pas le travail en lui-même qui compte mais son but. On ne travaille pas pour travailler mais pour gagner sa vie.

L'homme a eu recours à la technique pour faciliter son travail.

La technique et un savoir-faire.

Progressivement elle a cessé d'être un savoir-faire pour laisser la place à la machine. On est passé du savoir-faire au laisser-faire avec la machine.

L'homme est devenu dépendant de la machine. La technique libère la main de l'homme mais l'homme devient prisonnier de la technique.

D'un côté, la machine améliore la productivité mais de l'autre elle des effets sur l'homme et la nature.

Le travail et la liberté.

Gagnons-nous notre liberté à travailler ? Le travail est-il facteur de déshumanisation ou d'aliénation ? Qu'en est-il des produits du travail s'il est vrai que tout ce qui est produit tend à être consommé ?

L'homme peut-il se permettre de limiter le développement technique au nom de l'éthique ? Faut-il soustraire le travail de la mainmise de la technique ?

I le travail et la liberté.

La liberté et le travail.

La dialectique du maître et de l'esclave.

Hegel parle de deux hommes qui veulent prendre conscience d'eux-mêmes, ce qui passe par la reconnaissance d'autrui. Les deux hommes passent par une lutte à mort. L'un des deux abandonne pour ne pas mourir. Le vainqueur soumet le vaincu qui devient son esclave. L'esclave travaille pour le maître. Le maître prend conscience de lui comme maître à travers le regard de l'esclave. L'esclave s'intercale entre le maître et la nature. En ne travaillant pas le maître devient dépendant de l'esclave donc esclave de l'esclave.

L'esclave, à force de travail, finit par apprendre à se libérer des contraintes de la nature.

C'est donc le travail qui libère.

Le concept d'esclave.

Le premier philosophe à avoir conceptualisé l’esclave c'est Aristote dans « la politique ». L'esclave est l'homme d'un autre, l'esclave appartient à quelqu'un d'autre comme bien acquis, ce qui caractérise un bien acquis c'est qu'il est un instrument en vue d'action, cet instrument est séparé de celui qui s'en sert. On ne peut être esclave de soi-même.

A l'inverse, l'homme libre est celui qui n'est pas lié à la nécessité, au besoin, à une obligation de résultat. Il peut se livrer à des activités désintéressées.

Chez les Grecs, le loisir c'est la vie contemplative, la vie consacrée à la recherche de la connaissance théorique. Chez Aristote, la liberté consiste à pouvoir s'adonner à des activités désintéressées.

Chez les Grecs, la vie contemplative est supérieure à la vie active. Chez Hegel, c'est l'inverse. Mais tout travail n'est pas libérateur.

L'aliénation est une dépossession de soi.

Marx détermine ce que signifie être aliéné par le travail.

L'aliénation par le travail.

L'aliénation dépossède le travailleur de son propre travail. Le travail devient extérieur au travailleur. Il ne ressent plus son travail. Ce que son travail fait de lui, il ne le ressent pas comme étant lui. Le travail fait du travailleur ce qu'il n'est pas. Il est malheureux dans son travail. Marx pense que le travail devrait être une activité consciente dans laquelle l'homme peut se reconnaître dans les produits de son travail.

Le travail lui-même devient aliéné car il n'est plus ce qu'il devrait être (une activité consciente).

Le travail est une activité mécanique dans laquelle l'homme ne se reconnaît pas selon Marx.

C'est parce que le travail est aliéné que le travail devient aliéné.

Ce que produit le travailleur est produit pour un autre. Il est dépossédé du fruit de son travail.

L'aliénation par le travail culmine dans l'exploitation de l'homme par l'homme.

Même quand le travail est aliénant on se présente quand même par le travail. Il y a une glorification de la vie active.

Travail et société de consommation.

Le besoin invite à la consommation. Le besoin est un manque vital contrairement au désir. Le besoin est un vide qu'il faut vite combler en consommant.

Cette consommation requiert une société. On ne produit pas soi-même ce que l'on consomme, il faut donc un autre et un échange avec cet autre. La société de consommation est par définition une société de travailleurs.

Le produit du travail.

Hannah Arendt (la condition de l'homme moderne) constate que le travail a pris le pas sur toutes les autres activités. Les sociétés modernes sont des sociétés de travailleurs. Toute activité sérieuse est liée au travail. Tout le reste n'est qu'amusement y compris l'artiste sauf s'il gagne beaucoup d'argent.

Les produits du travail tendent à être consommés donc à disparaître. Aussitôt qu'ils apparaissent. La consommation produit le besoin qui produit le travail qui produit la consommation. C'est un processus cyclique.

Il faut que les produits disparaissent pour que le travail persiste.

L'obsolescence est programmée pour que la consommation soit plus rapide. La conversion générale des objets ou biens de consommations font que la différence entre objets et consommation est ténue. Les choses sont consommées sous le mode du consumé.

La mode est aussi une façon de consommer.

La mode.

Mode vient de «modo » qui signifie « récemment » puis au II siècle récemment devient actuellement. Modo a donné « moderne ». La mode est apparue au XVIIe siècle à la cour de Louis XIV. La mode est le règne de l'actuel, de la nouveauté. Il importe que ce qui est devienne passé c'est-à-dire dépassé. C'est un passé décrété.

La mode tend à dépasser la fonction naturelle de l'objet. Les vêtements servaient à couvrir puis ils servent d'armement.

La mode est suivie. Malebranche parle d'une mode éthiopienne qui consiste à se blesser volontairement car le roi est lui-même diminué. La mode donne un statut social.

Dans cette société il n'y a pas de place pour les choses qui demeurent. Le statut d'oeuvre d'art devient difficile. L'oeuvre ne doit pas être consommable pour garder son statut. Hannah Arendt parle de la crise de la culture car les oeuvres sont consommées.

Les philistins culturels n'ont pas de rapport esthétique avec l'oeuvre. Ils la consomment. Le travail est cyclique car il permet la reproduction de la vie. L'oeuvre demeure. Hannah Arendt fait donc la distinction entre travailler et oeuvrer.

La nature entre développement technique et éthique.

Hans Jonas affirme que l'homme doit limiter le développement technique. La nature utilisée comme instrument peut provoquer sa destruction.

L'éthique de la responsabilité.

L'homme contrôle la nature par la technique mais ne contrôle pas toujours les effets de cette technique.

Il faut penser à une auto limitation volontaire du développement technique. Jonas pense que c'est illusoire. Donc il y a une catastrophe possible. Il faut donc agir en responsable.

Ce n'est pas la responsabilité par rapport à ce que nous avons fait à l'égard de quelqu'un qui existe mais à l'égard de ceux qui n'existent pas encore. Nous sommes responsables du monde que nous laisserons. Ce fil conducteur du développement technique c'est la préservation de l'homme. Nous sommes responsables du futur car nous avons le pouvoir de transformer le monde au présent et dont nous avons le pouvoir de ne pas le faire. Le pouvoir nous oblige à la modération. Il faut avoir la connaissance des effets possibles de nos actes présents. Or, nous n'avons pas cette connaissance. Il faut jouer à se faire peur.

Si nous imaginons la possibilité des effets irréversibles de nos actes alors il faut s'abstenir.

Le caractère des effets irréversibles interdit de prendre des risques.

Il faut soumettre la technique à un contrôle éthique.

« Nous sommes civilisés au plus haut point mais nous sommes encore loin d'être moraux » Emmanuel Kant.