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Sous le triangle.

Albert Vigneau et Vivienne Orland

chapitre premier.

La franc-maçonnerie et la laïcité.

Un soir à la loge « la philosophie positive » du GODF (15 décembre 1933).

Le frère Robert Leclerc est un nouvel initié qui livre ses impressions maçonniques. Le vénérable de sa loge, « la philosophie positive » est le député de Paris Paul Perrin. Robert Leclerc était un sympathisant de la franc-maçonnerie avant d'être initié. C'était un éducateur. Vigneau dit que si tous les Français étaient comme lui, il n'y aurait plus de Français. Il lui reproche d'être hostile à Barrès.

Leclerc se félicitait que sa loge ait été créée pendant l'affaire Dreyfus et que les juifs allemands se réfugient en France. Vigneau le méprise pour cela. Leclerc voulait que la franc-maçonnerie soit plus combative, fasse de la propagande, pratique l'espéranto.

Leclerc était un fervent laïque. Vigneau le considère comme un tueur d'âmes.

Leclerc fut applaudi à la fin de sa planche car à l'époque on applaudissait en loge. La planche de Leclerc fut publiée par la revue l'Acacia le 27 janvier 1934. Un autre Leclerc plancha à la « philosophie positive » sur « un terrain pré-fasciste ».

Vigneau crache également sur la Ligue des droits de l'homme qui avait défendu des instituteurs sanctionnés pour leurs théories antipatriotiques.

Lors du congrès de Nice plusieurs instituteurs tinrent des propos en faveur du Front commun et contre la guerre.

Il n'y eut que des petites sanctions et Vigneau en est écoeuré.

Chapitre II la franc-maçonnerie et la jeunesse.

Une des choses les plus graves que la maçonnerie reproche à l'Eglise est : « d'accaparer les enfants dès leur jeune âge. Les enfants ne sont pas en état de juger ni de choisir une religion ». Vigneau traite les francs-maçons d'hypocrite car ils inculquent leurs valeurs antireligieuses et antipatriotiques aux élèves, selon lui.

La maçonnerie s'occupe des jeunes avec ses patronages, orphelinats et fraternité de lowtons.

Pour Vigneau, c'est un danger social. Une brochure confidentielle fut distribuée au convent de la Grande loge de France en 1933.

Il y était question de la préparation de la jeunesse à l'éducation et à l'activité maçonnique.

Les maçons furent encouragés à élever leurs enfants selon les valeurs maçonniques et à orienter leurs compagnes vers le même idéal.

Les maçonneries étrangères possédaient des ligues pour la jeunesse et la Grande loge de France voulut s'en inspirer.

En France, il y avait le patronage maçonnique, Fidelitas la fraternité des lowtons, le Rameau, oeuvre de l'enfance adoptée par les loges du Grand Orient.

Pour Vigneau, ces organisations contaminaient la jeunesse.

En 1923, le suprême conseil de la Grande loge de France voulut créer des chapitres pour les jeunes de 16 à 20 ans, enfants ou neveux de maçons.

Ces chapitres porteraient le nom de de Molay comme les jeunesses maçonniques des États-Unis.

Vigneau révèle le rituel d'adoption d'une loge. Les enfants sont introduits dans le temple sous les épées des maçons formant une voûte d'acier. Puis les enfants s'assoient près des parrains sur des bancs rangés devant l'autel et le vénérable frappe un coup de maillet. Il annonce aux enfants que la loge les adopte et se charge de leur avenir.

Il ordonne une batterie d'allégresse puis les enfants se dirigent vers les premier et second surveillants.

Trois enfants sont couverts de voiles blancs où est écrit Ignorance, misère, fanatisme.

Le premier surveillant fait un discours sur l'ignorance et le voile de l'ignorance tombe.

Le second surveillant évoque la misère et le voile de la misère tombe. Enfin le vénérable parle du fanatisme et le voile du fanatisme tombe.

Le fanatisme est une caricature de la religion que la franc-maçonnerie rend responsable de la haine entre les peuples.

Les enfants doivent promettre d'être fidèles à leurs protecteurs. La cérémonie est suivie d'un goûter.

 

Vigneau déteste cette éducation athée et veut lui opposer la chrétienté.

Chapitre III rions un peu.

Vigneau se moque des francs-maçons qui organisent des banquets pantagruéliques le vendredi saint afin de bien marquer leur mépris pour des faits à l'existence desquels, cependant ils ne croient pas.

Les mépriser ce qu'ils nient, pour Vigneau ce n'est pas logique.

Il méprise leur haine du Christ. Il raconte qu'un frère de la loge Paix, travail, solidarité avait bouleversé sa loge en se faisant ordonner prêtre à l'Eglise catholique libre qui, pourtant, ne dépend pas de Rome. Il fut jugé par sa loge.

Vigneau affirme qu'il fut victime de l'inquisition (il inverse les rôles) composée essentiellement de Juifs (toujours sa haine des juifs). Le frère se suicida.

La loge Francisco Ferrer pleura le frère Ferrer, anarchiste tué par les franquistes. Les frères de cette loge mangent du curé.

Vigneau méprise cette loge car elle est composée de Juifs ignorant les dogmes catholiques.

Vigneau évoque le banquet du vendredi saint de la loge « les Zélés philanthropes ». Leur banquet avait été saboté par des royalistes catholiques qui avaient mis de la moutarde dans le gâteau et du vinaigre dans les fruits.

Les frères s'étaient plaints et les royalistes servants dans le restaurant avaient rendu leur tablier au patron. La loge était partie sans payer. Vigneau reproche aux frères d'avoir été malhonnêtes alors que la malhonnêteté venait des royalistes qui avaient empoisonné le banquet.

Vigneau relate la tenue des Zélés philanthropes du 20 juillet 1933 où Bernard Lecache (président de la Licra) évoqua l’hitlérisme.

La tenue fut annulée car Bernard Lecache avait été obligé de se rendre à une importante réunion du Front commun.

Chapitre IV la franc-maçonnerie et l'affaire Stavisky.

Vigneau dénonce les francs-maçons corrompus par Stavisky. Il cite Léon Daudet, journaliste de l'Action française. Vigneau est persuadé que la franc-maçonnerie a protégé Stavisky.

Le conseiller Prince qui était impliqué dans l'affaire fut retrouvé mort le 20 mars 1933.

Vigneau est persuadé que les francs-maçons l'ont assassiné.

Stavisky se serait suicidé mais Vigneau croit également à l'assassinat maçonnique.

Vigneau cite une lettre de Stavisky qui écrit à un ami sur un ton rassurant, pour prouver qu'il ne s'est pas suicidé.

Vigneau évoque l'Affaire des fiches. Il affirme que le Grand Orient avait ordonné au capitaine Mollin de rédiger des fiches sur les officiers en voie d'avancement pour connaître leurs opinions religieuses et que l'obédience l'avait lâchement sacrifié en rejetant sur lui la responsabilité des actes qu'il avait accomplis par obéissance maçonnique.

Vigneau prétend que c'est Stavisky alias Alexandre qui finança la campagne électorale des partis de gauche.

Vigneau évoque l'émeute du 6 février 1934. Il regrette que les fascistes français aient échoué à prendre le Parlement.

C'est après cette émeute que Vigneau fut chassé de la Grande loge de France car il sympathisait avec les fascistes.

Vigneau, futur collabo, voue une haine contre la Ligue des droits de l'homme et les antifascistes. Il dénonce le député Pierre Dormoy plancha à la loge Louise-Michel au Droit humain le 11 avril 1934 contre les bandes nationalistes.

Il lutta contre l'Action française, Solidarité française et Jeunesses patriotes, des groupes fascistes qui plaisaient à Vigneau.

À la fin de la tenue, une feuille de la Ligue des droits de l'homme fut distribuée aux frères et soeurs, elle s'intitulait : « contre le fascisme, pour la probité et la liberté ». Il y était question des fascistes du 6 février 1934. Cela révulsa Vigneau.

Chapitre V la franc-maçonnerie et le Front commun.

L'antifascisme.

Les francs-maçons ont favorisé la création du Front commun. Gaston Bergery le dirigeait. Il n'était pas franc-maçon mais fut accueilli en tenues blanches. En 1940, il devint collabo.

Pourtant il était membre de la Ligue des droits de l'homme et fit une conférence contre le fascisme à la loge Francisco Ferrer le 9 novembre 1933.

L'antisémitisme de Vigneau se manifeste encore car il dénonce le grand nombre de Juifs à cette tenue. Il leur reproche leur pacifisme et leur volonté d'abolir les frontières.

Vigneau haïssait le Front commun qu'il qualifiait de monstre et de danger pour la nation.

La franc-maçonnerie avait fondé « le groupe fraternel antifasciste » qui lutta contre les nationalistes, cléricaux et catholiques.

En 1926, le Grand Orient publia un tract intitulé « face au fascisme ».

Y étaient dénoncés le besoin immatériel de jouissance, la finance internationale et l'accroissement abusif du prix de la vie. Il fallait s'occuper de la jeunesse et préparer des combattants sérieusement armés pour les luttes du dehors sans s'extérioriser.

Groupe fraternel antifasciste.

Il fut créé par 500 frères du GODF le 30 novembre 1926.

L'adhésion était de 100 fr. par loge et de un franc par frère. Son but était de coordonner l'action antifasciste dans les milieux maçonniques. Le groupe créa un bulletin, organisa des conférences, des groupes de défense.

Vigneau accuse les frères de conspirer contre les fascistes alors que lui collabora avec les nazis.

Chapitre VI Aristide Briand et la franc-maçonnerie.

Les Chevaliers du travail.

Vigneau évoque l'initiation manquée d'Aristide Briand.

Il fut admis aux épreuves le 1er juillet 1887 par la loge le Trait d'union et aurait dû être initié le 8 juillet mais ne se présenta pas. Les frères de cette loge du Grand Orient s'abstinrent de toute relation avec lui par la suite. Mais il aurait fait partie d'une fédération paramaçonnique, les Chevaliers du travail vers 1895.

Chapitre VII une réception chez les Chevaliers du travail.

Vigneau copie le livre de Bidegain « masques et visages maçonniques » dans lequel les Chevaliers du travail sont décrits.

La chevalerie du travail était une franc-maçonnerie de classe populaire destinée à l'action brutale. Il y avait des initiations dans des chambres lugubres et pauvres. Les loges s'appelaient des chantiers.

Les Chevaliers du travail n'existent plus.

Chapitre VIII les complots maçonniques.

Vigneau dénonce les maçons italiens réfugiés en France comme fort dangereux.

Il les accuse de comploter.

Chapitre IX le serment maçonnique.

Pour Vigneau, le serment maçonnique est un abus de confiance. Sous le sceau du secret, on prépare les élections législatives, les lois contre les congrégations et contre l'enseignement religieux. On espionne les officiers et les fonctionnaires. Pour Vigneau, le serment maçonnique cache politique, anarchie, libertinage, préparation d'une activité extérieure.

Vigneau cite le frère Marius Lepage qui écrivait : « le serment est un acte sacramentel, dont la portée dépasse la personnalité de celui qui le prête ».

Vigneau compare le serment de la Grande loge de France à celui de la Grande loge unie d'Angleterre et reproche aux maçons français d'avoir retiré du serment et du rituel la Bible et les références religieuses.

Vigneau évoque l'histoire d'une soeur du Droit humain qui fut sermonnée par les maîtres de sa loge pour être tombée amoureuse d'un Espagnol catholique. Elle mourut un mois plus tard de chagrin.

Vigneau prétend connaître un frère du G.O. qui fut réprimandé parce que sa femme était catholique pratiquante. Elle priait pour son mari et Vigneau voulut croire qu'elle serait exaucée.

Il existe une loge secrète à la Grande loge de France, la loge Silence fondée en 1931 à Paris. Ses programmes ne paraissaient pas dans le Bulletin hebdomadaire des loges de la région parisienne. Elle se réunissait le premier et troisième mardi du mois. Ses tenues avaient un rituel spécial. Les frères étaient revêtus de grandes robes noires sur lesquelles ils portaient leurs tabliers.

Vigneau prétend que la loge Maurice Monnier et la loge la Tradition écossaise étaient très secrètes. La loge Monnier serait une succursale de la Sûreté nationale.

Chapitre X Émile Zola et les frères.

Le 17 novembre 1932 le G.O. et la Grande loge de France commémorèrent les 30 ans de la disparition de Zola. Rue Puteaux le président du G.O., Arthur Groussier était présent. La religion catholique fut dénigrée ce soir-là l'amour libertin fut exalté. Vigneau croit y voir un hommage à Satan. Le frère Armand Charpentier évoqua l'affaire Dreyfus.

Chapitre XI une séance mouvementée aux « causeries populaires ».

Le 11 octobre 1933, une séance des causeries populaires eut lieu à Paris.

Au programme : « pour ou contre la franc-maçonnerie ?  La franc-maçonnerie est-elle l'amie de la classe ouvrière ou de la démocratie ? Est-elle pour la guerre ou pour la paix ? ».

André Lorulot, de la Libre pensée était l'un des conférenciers.

Une brochure anti-catholique fut distribuée : « le secret des jésuites ». La religion fut dénigrée et le nudisme encouragé.

André Lorulot se moqua des catholiques qui avaient cru Léo Taxil et ses histoires de loges sataniques.

Lorulot évoqua l'affaire des fiches trouvant normal que le Grand Orient se renseigne sur les officiers. Il parla de l'affaire Dreyfus, dénigra l'armée, encouragea l'objection de conscience. Il parla des communistes, ennemis de la franc-maçonnerie.

Puis Galpérine fit l'apologie du communisme et dénigra la franc-maçonnerie arriviste et opportuniste.

Raymond Offner, du Grand Orient, affirma que les francs-maçons étaient supérieurs aux religions. Il dit que les francs-maçons étaient en guerre contre l'église catholique. Il dénigra la société secrète catholique des Davidées qui luttait contre la franc-maçonnerie.

Vigneau était présent ce soir-là et voulut dresser l'éloge du symbolisme et des obédiences où l'on croyait en Dieu mais il fut hué. Il réprouva l'athéisme maçonnique.

Il dit qu'il était royaliste. Le docteur Marguerite Pelletier du Droit humain affirma que la franc-maçonnerie devait s'occuper principalement de politique et de sociologie.

Vigneau cite un article de la Voix d'Alsace du 19 août 1933 relatant l'affaire des fiches. Le Grand Orient encouragea la délation dans l'armée et les officiers opposés à la République étaient bloqués dans leur avancement.

Le général André n'était pas franc-maçon mais il se servit du Grand Orient pour se renseigner sur les opinions politiques des officiers. Ce fut le général terrain Perrin qui paya pour André. Il écrivit dans la Voix d'Alsace pour accuser Waldeck-Rousseau de piloter l'affaire.

Chapitre XII comment les maçons maçonnisent.

Vigneault cite un article de l'Acacia de mars 1932.

Il y est question de l'action extérieure de la franc-maçonnerie.

L'auteur de l'article affirmait qu'en dehors de la franc-maçonnerie qui n'y avait pas de salut pour l'humanité. La franc-maçonnerie devait pénétrer partout et agir partout dans les groupements politiques, économiques, professionnels, intellectuels secrètement.

Il dit que la franc-maçonnerie d'hier a fait la République française et que celle d'aujourd'hui fera la république universelle.

Vigneau rend compte d'une tenue blanche du 19 janvier 1933 rue Froidevaux où il fut question de l'Eglise et la question sexuelle et de « comment les maçons maçonnisent ? ».

Le docteur Vachel parla de la sexualité et dénigra l'Eglise catholique qui imposait sa morale. Il fit l'éloge de l'amour libre.

Le Dr Marcel Viaud, vénérable de la loge les Rénovateurs fit l'éloge du nudisme et reprocha à l'Eglise sa rigueur pour l'amour. Il affirma que l'amour devait être dominé par la raison.

Vigneau affirme qu'il existe une fraternelle maçonnique secrète « les amie de Rabelais ». Elle comprend 800 membres, francs-maçons et médecins.

La loge la Raison du Grand Orient de France lutte contre l'emprise de l'Eglise sur l'enfance et gère un dispensaire « la goutte de lait ».

Vigneau évoque le groupement fraternel de la préfecture de police et de la Sûreté générale et du groupe Fraternité et réconciliation pour le rapprochement franco-allemand.