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Le prince blessé  (Barjavel).

 

Radio Bagdad annonça la naissance du fils du grand calife Haroun al Rashid. Le calife avait eu 37 142 épouses. C'est sa plus jeune épouse, Fatima qui lui avait donné ses fils. Il était né les yeux ouverts ce qui signifiait qu'il serait toujours à la recherche de la lumière. Il s'appelait Ali. 16 ans et un jour après la diffusion de cette nouvelle, la 2 cv en or du calife s'arrêta devant l'entrée du stade olympique de Bagdad où allait se disputer la finale de la coupe du monde de football entre l'équipe du Croissant et celle de la Faucille.

Les 300 000 spectateurs se levèrent et l'acclamèrent. Le match commença. Ali jouait avant-centre. Il marqua de la tête les trois buts qui donnèrent au Croissant la victoire. Les deux équipes réunies le portèrent en triomphe. Les paras durent tirer dans la foule qui avait envahi la pelouse et se précipitait sur Ali pour en emporter un morceau tant l'amour qu'il inspirait était grand. Il était le plus beau, le plus vaillant, le plus doux, le plus intelligent des garçons de l'Empire et peut-être du monde. Quand il apparaissait à la télé, les femmes sentaient toute la chaleur de leur sang se concentrer au même endroit et certaines mouraient.

Depuis la naissance d'Ali, Haroun n'avait plus pris d'épouse.

Ali allait lui succéder.

Haroun rentra chez lui et se coucha sur ses coussins de soie offerts par l'empereur Mao. Il appuya sur une sonnette et son génie, Omar apparu sous la forme d'un jeune serviteur. Haroun dit à Omar qu'il était temps de faire d'Ali un roi. Ali était vierge et il fallait qu'il apprenne à se méfier des femmes. Haroun prit la décision de l'envoyer en France. Il voulut construire un palais dans le jardin des Tuileries mais le président lui dit que ce n'était pas possible alors le calife acheta l'hôtel Crillon. Il le fit décorer en style du Croissant.

Ali y arriva deux ans plus tard. Paris était la capitale de l'Occident. Haroun lui conseilla de ne pas être sage.

En une semaine, Paris devint fou d'Ali. Il y avait un jardin oriental au Crillon et Ali y donnait des fêtes comme on en n'avait plus vu depuis des siècles. Le visage d'Ali paraissait sur les couvertures de toutes les revues. Des attroupements se formaient devant le kiosque pour le contempler. Van Dongen fit 77 portraits d'Ali et mourut en les regardant. On l'inhuma dans la salle où il avait peint les 77 portraits qui devint le musée de du Regard. Les femmes voulaient dévorer Ali alors Omar l'avait revêtu d'un scaphandre invisible.

Alice ne le savait même pas. Il recevait des femmes mais se contentait de les embrasser et de les chatouiller. Omar apparaissait sous la forme d'une grande et forte servante et chassait les femmes au matin.

Omar fit son rapport au calife. Le calife dit à Omar que ce n'était pas les femmes qui étaient dangereuses mais Une femme et que Omar devait laisser Ali les aimer. Alors Omar envoya les danseuses nues du Crazy Horse chez Ali et le libéra de son scaphandre.

Mais elles étaient exténuées et s'endormir. Ali perdit sa virginité la nuit suivante. Omar lui avait offert des centaines de femmes.

Ali fut d'abord émerveillé par les joies charnelles béant fut saturé en quelques mois. Omar cru que son éducation était faite. Il était temps qu'Ali rentre dans son pays. Ali accepta avec joie car il commençait à ne plus supporter Paris et ses habitants sceptiques et égoïstes.

La misogynie de Barjavel apparaît encore fortement dans cette nouvelle puisqu'il écrit, à propos des femmes : « elles étaient savoureuses, et sans visage, comme les poulardes, les pintades et les Caraïbes bien plumaient, serrées les unes contre les autres à un étalage enrubanné pour la fête de Noël ».

Alice acheta un Concorde pour rentrer qu'il fit bourrer de chocolat, pour sa mère et pour les femmes de son père.

La veille de son départ, il alla voir une pièce de Jean Anouilh «Ardèle ou la marguerite ».

À la demande du directeur du théâtre, Anouilh avait ajouté un rôle à la pièce. Il était destiné à Pauline, la fille du directeur. Elle était peu douée. Elle avait échoué six fois au conservatoire. Elle avait couché avec les directeurs et les auteurs en vain. Elle était devenue une légende. Elle faisait peur. On conjura le sort, en mettant à l'amende ceux qui parlaient d'elle. Elle avait 35 ans et la passion et la déception l'avaient tant dévorée qu'elle était maintenant semblable à une chèvre, avec des membres secs et du poil noir qui lui poussait partout. Elle reste belle cependant. Jean Anouilh avait inventé pour elle un rôle où elle ne disait rien, elle serait sur la scène tournant le dos au comédien assise sur la rampe regardant les spectateurs. Elle n'aurait qu'un mot à dire : « merde ».

L'effet fut prodigieux du jour au lendemain, elle connut la gloire. Ali vint voir la pièce. Pauline était assise en face de lui. Elle le regardait et lui ne voyait plus qu'elle. Quand elle cria « merde » il cria aussi et lui tendit les bras. Il n'avait pas compris le sens du mot. Il avait crié le mot « joie » en persan. Leur amour occupa la presse du coeur et le calife s'inquiéta mais Omar le rassura en disant que pour Pauline rien ne comptait plus que le théâtre et que cet épisode terminerait convenablement l'éducation du prince.

Pourtant Ali allait la voir chaque soir au théâtre et la ramenait au Crillon. Il ne la quittait pas de la journée. Elle répétait son « merde ». Il ne lui avait toujours pas demandé ce que cela signifiait. Il lui offrit des diamants et des perles. Il fit rouvrir les usines Rolls fermées depuis un siècle pour lui faire fabriquer une voiture constellée de pierres précieuses. À cause de la rareté de l'essence, la voiture était suivie par un camion-citerne qui se ravitaillait directement au pipeline personnel du prince.

Pauline l'emmenait déjeuner dans des bistrots où l'on servait des biftecks frites.

Cela créait une mode et sur les tables, en ont trouvé plus que l'entrecôte de soja et le vin national obtenu par la fermentation du vieux papier. Un soir, Pauline lui présenta Brrojislav Kadin, le célèbre metteur en scène bulgare, le rénovateur du théâtre. Il était venu la voir après avoir appris son succès. Pour la première fois elle abandonna Ali un après-midi pour répéter avec Kadin.

Fou d'impatience, Ali la chercha et la trouva en collant blanc en train de ramper sur le sol des lavabos tandis que Kadin, assis sur la cuvette lui jetait comme des insultes des morceaux de phrases rocailleuses. Ali, la voyant ainsi, bondit sur l'ennemi, le souleva et le plongea dans la cuvette. Puis il couvrit de baiser sa bien-aimée. Elle cria alors Ali sortit Kadin de la cuvette, lui baisa les mains et pleura. Pauline le traita d'inculte car elle répétait du Brecht.

Kadin avait révolutionné le théâtre en supprimant les décors, les costumes, les lumières, le texte et Ali l'avait frappé. Pauline traita Ali d'imbécile. Pauline baisa les genoux de Kadin et lui demanda pardon.

Alors il lui dit d'enchaîner, et elle recommença ses contorsions. Ali pleura pendant deux mois car Pauline l'avait quitté. Elle avait vendu quelques diamants pour subventionner Kadin qui montait Le Cid. Kadin avait décidé de supprimer aussi les spectateurs. La pièce serait jouée dans une station de métro désaffectée « Champ-de-Mars ». Ceux qui voudraient voir la pièce prendraient le métro et regarderaient en passant. Pauline jouait Don Gormas. Rodrigue était interprété par une vieille femme énorme. Le texte de Corneille était remplacé par un enregistrement du marché aux poissons avec une phrase récurrente : « j'ai du maquereau à 3,50 fr., frais comme l'oeil ».

La voix impitoyable du destin.

Pauline avait engagé 14 anciens paras pour empêcher Ali de l'approcher.

Ali demanda à Omar de l'aider mais un traité de 1411 avant le prophète l'en empêchait.

En réalité, Omar obéissait aux ordres du calife qui lui avait demandé de laisser Ali se débrouiller.

Alors Ali acheta 13 des 14 paras et le 14e dut être amené à l'hôpital pour une appendicite.

Il put emmener Pauline dans la tour qu'il avait fait construire au rond-point des Champs Élysées grâce à une autorisation spéciale de la municipalité qui lui avait coûté trois pétroliers remplis de 500 000 t de pétrole chacun.

Il trouva Pauline dans sa chambre. Elle lisait une édition allemande de Corneille. Kadin voulait que ses comédiens connaissent leurs textes en plusieurs langues pour donner à leur silence une dimension universelle.

Elle avait laissé des mégots sur le tapis de 2000 ans. Elle était nue. Ali en fut ému. Quand elle vit Ali, elle lui ordonna de partir. Il lui acheta le château de Chambord et Saint-Tropez. Mais elle s'en moquait. Alors il se mit nu. Elle vit son érection. Mais ce fut en vain.

Alors il partit et serait mort renverser par une voiture si Omar ne l'avait pas transformé de justesse en pavé de granit. Il le ramena au Crillon et lui envoya des femmes. Le lendemain, il se jeta dans le vide mais Omar le cueillit à mi-chemin.

Il le mit dans le Concorde qui s'envola aussitôt.

Pauline reçue une lettre de Kadin. Elle la fit traduire. Il avait décidé de supprimer les comédiens pour restituer au théâtre son dépouillement total. Les passagers du métro ne verraient rien et n'entendraient rien et pourraient imaginer ce qu'ils voudraient. Pauline en fut bouleversée d'admiration puis elle se sentit aussi vide que la station « Champ-de-Mars ». Comme c'était elle qui payait, elle obligea Kadin à mettre leurs deux noms en gras sur les affiches. Le Cid était écrit entre les deux noms en ligne de machine à écrire. Son absence dans Le Cid en fine star. Hollywood la demanda. Elle refusa car elle méprisait le cinéma. Il entra à la Comédie-Française et joua Phèdre. Elle fut sublime.

On vint la voir du monde entier. Il avait fallu lui faire une concession. À sa dernière sortie, Phèdre criait : « merde ».

Ali dit à son père qu'il ne voulait plus vivre. Il ordonna de donner le chocolat à sa mère et à ses belles-mères. Le calife sermonna Omar qui se défendit en disant que la France était un pays étrange où les hommes et les femmes faisaient le contraire de ce qu'ils auraient dû faire pour être heureux. Le calife lui pardonna. Ali avait attrapé une maladie occidentale, l'amour. C'était pourtant son contraire. Pour le calife, le remède c'était le temps. Ali maigrissait. Il essaya de se tuer cinq fois. Omar le sauva à chaque fois. À la sixième, Haroun punit son fils en lui donnant 10 coups de canne, comme à un serviteur indigne.

Ali fut emmené au centre du jardin du printemps dans le Pavillon de Dentelle de marbre qui avait été construit par le grand-père d'Haroun pour toute femme du harem qui se fût trouvée mécontente de son sort. Il n'avait jamais servi. Des femmes nues entouraient Ali. Il s'en moquait. Alors Haroun ordonna au bourreau de crever les yeux de son fils. Omar délivra son jeune maître de la souffrance. Il le transporta dans une chambre. Les oiseaux chantèrent pour lui. Les fleurs répandaient leurs parfums. Le rire léger des jeunes filles s'entendait au loin. Mais Ali n'avait rien senti.

Haroun punit son fils en ordonnant au bourreau de couper le nez et les oreilles et de lui crever les tympans. Omar pleura. Haroun fit porter des plats succulents à son fils mais il n'y toucha pas. Alors le bourreau lui trancha la langue.

Le souffle d'Omar cicatrisa la plaie et ôta la douleur.

La seule souffrance qu'Ali ressentait était le déchirement de l'absence de Pauline. Ali avait encore un sens, le toucher. Haroun lui envoya une femme qui prit les mains du prince et les posa sur ses seins mais il s'en moquait alors le bourreau le trancha les bras. Les larmes d'Omar cicatrisèrent les plaies.

Ali passa deux semaines sans se lever alors le bourreau lui trancha les jambes.

Haroun pria Dieu en lui demandant pardon et compassion pour son fils. Une puce piqua Ali à la joue droite mais il ne put pas se gratter. Cette minuscule démangeaison devint insupportable. Il appuya sa joue à un mur avec un soulagement indicible. Les délices envahirent sa joie et son corps. Alors dans sa tête, le chant des oiseaux et le parfum des fleurs s'éveillèrent.

Il se roula avec plaisir dans les coussins et remercia Dieu de l'avoir fait vivant.

Il réalisa qu'il n'avait pas pensé à Pauline depuis la piqûre de la puce. Il rit et espéra qu'elle fut aussi heureuse que lui.

Alors, parce que ne demeuraient plus en lui ni regrets ni amertume, de douleur imaginaire, son corps lui fut rendu.

Haroun fut transporté par le bonheur car son fils allait lui succéder.

M. Lery.

L'estomac de M. Léry avait digéré pendant 30 ans des nourritures de fonctionnaire. Les restrictions l'ont achevé. Les parents de M. Léry, qui tenaient une mercerie à Moulins voulurent élever leurs fils au-dessus de leur condition, qu'ils jugeaient humble.

À force d'économies, ils en firent un commis des ponts et chaussées. M. Léry a longuement payé cet honneur.

M. Léry a d'abord connu, avant de se marier les restes réchauffés des petits restaurants.

Puis il s'est marié et sa femme achetait au marché les légumes flétris et les fruits qui commençaient à tourner.

Quand les restrictions sont arrivées, M. Léry venait de prendre sa retraite. Son estomac s'était tant ratatiné au bout de 30 ans de petits repas tristes. Les rutabagas l'ont achevé. Il ne pouvait plus rien manger. Il est allé à l'hôpital. On lui a enlevé l'estomac. Mme Léry a nourri son mari pendant des semaines avec des bouillies.

Puis il a recommencé à manger en picorant comme un oiseau. Après son opération, M. Léry ne pouvait plus relever le menton. Il avait l'impression qu'on l'avait recousu trop court.

Il retourna à l'hôpital. On voulait le rouvrir mais il refusa et finit par lever la tête comme tout le monde.

Il n'a plus d'appétit mais c'est bien commode. C'est lui qui fait les courses depuis qu'il est à la retraite. Il a une carte de priorité à cause de son opération mais il ne l'a utilisée qu'une fois et les ménagères l'ont traité comme un ouvrier et il n'ose pas dire à sa femme qu'il n'utilise plus sa carte.

Comme il est long à faire les courses, Mme Léry croit qu'il se dévergonde au café et ça la la ronge.

C'est l'hiver et la pénurie. M. Léry est pauvrement habillé de vêtements raccommodés.

Il s'approche d'un marchand qui vend des beaux pruneaux mais ils sont réservés à ceux qui ont une carte d'inscription. Les ménagères répandent les rumeurs. M. Léry demande à Mme Dupont et à Mme Durand où se trouve le marchand qui vend des moulins-légumes.

Elles sont interloquées car il n'y a plus de légumes mais M. Léry leur explique que sa femme lui a confié cette mission car son moulin est cassé et elle veut le remplacer qu'il serve ou non. C'est ça un ménage. Mme Dupont et Mme Durand sont flattés par cette réponse de bonne ménagère.

Il y a des moments où les femmes sont supérieures aux hommes. Elles répondent que les moulins-légumes sont devenus introuvables.

Mais M. Léry insiste. Sa femme sait qu'un commerçant en vend.

Les gens écoutent la conversation et la répandent en la déformant. La rumeur d'une vente de légumes se répand dans la file d'attente. La foule court vers le mirage aux légumes.

M. Léry achète une brochure proposant des recettes de gâteau au topinambour, une omelette sans oeufs.

Un camelot fait l'éloge d'un gazogène à papier.

M. Léry se sent fier d'être français, ce peuple plein de ressources et d'ingéniosité. M. Léry a acheté un tube de pierres à briquet. Une paire de lacets en rayonne, un tire-bouchon qui peut servir à ouvrir les huîtres mais il n'a pas trouvé son moulin-légumes. Il a suivi une chanteuse jeune et maigre qui chante « le Temps des cerises » d'une voix éraillée. Elle est accompagnée d'un petit garçon qui tend la main. M. Léry aimait chanter quand il était enfant puis la honte lui est venue et quand il fredonne sa femme le fait taire. Les chansons bourdonnent dans sa tête et il ne peut dormir le soir.

Il comptait les moutons en vain. Il pensait à une chanson : « j'ai sauté la barrière ». Il aurait voulu crier cette phrase. Il aurait été enfin soulagé. M. Léry donne une pièce de 0,50 f à l'enfant. La foule s'est formée autour d'un homme courbé et un autre  debout près de lui qui agite une énorme chaîne.

Une femme maigre et rousse frappe un tambour et interpelle le public. L'homme debout entoure la poitrine de l'homme courbé d'une chaîne. Quand la femme rousse demande de l'argent les rangs s'éclaircissent aussitôt.

M. Léry donne 0,10 f. L'homme enchaîné se libère par la force. Mme Durand dit que c'est du chiqué.

M. Léry rentre chez lui harasser.

Il s'excuse de n'avoir rien trouvé. Sa femme prétend qu'elle devrait tout faire elle-même.

Mme Dupont dit à Mme Durand qu'elle a acheté le gazogène mais elle n'est pas plus avancée car elle n'a pas d'allumettes.

M. Charton.

Ce que M. Charton regretta le plus, quand il cessa de travailler, ce fut son pavillon de banlieue.

Il était à 1:12 de la Gare Saint-Lazare plus 20 minutes de marche. Il était cousin de M. Léry. Il était chef-comptable à l'entreprise de fers et ciments. Il allait à son travail de la Gare Saint-Lazare à Cambronne par le métro et devait se lever à 5:30 pour commencer à 9:00. Sa femme qui ne se levait qu'à 8:00 est morte. Ils n'ont pas eu d'enfants car ils ne pouvaient souffrir à la fois un pavillon et des enfants.

Une bombe a fait exploser son pavillon. S'il n'avait pas eu son travail, il serait tombé malade, peut-être serait-il mort. Son patron lui a offert une bicoque au bord de la mer pour ses 23 ans de fidélité. M. Charton s'y est installé. Elle était vide. Les réfugiés avaient brûlé les mauvais meubles et les Allemands déménagé les bons. Les FFI avaient tracé des V, des faucilles et des marteaux sur les murs à la mitraillette.

M. Charton a acheté des meubles aux enchères.

Il a réparé la maison. Il regardait le jardin et a regretté son ancien pavillon et son ancien jardin sans herbe et sans feuille.

À la retraite, il avait décidé de ne se raser que le dimanche pour se libérer de cette obligation. Il était chauve et avait les yeux tristes qui ne reflétaient rien. Son jardin avait des arbres, chêne vert, jujubier, pins. Il défricha un carré de terre et sema des carottes et des laitues, des poireaux et des oignons.

Il vendit les pins et le chêne. Les araignées et les oiseaux mangèrent ses graines. Les taupes envahirent son jardin. Alors M. Charton brûla les buissons de rosiers, tronçonna les serpents de lierre, coupa le poirier et le figuier et loua les services d'un cultivateur qui retourna son jardin.

Il avait gardé un cerisier pour vendre les cerises et le jujubier parce qu'il voulait voir ce qu'était le jujube.

Il en goûta et n'aima pas. Il coupa le jujubier et le laurier et passa le reste de l'année a ameublir le sol.

Il hésita à se débarrasser du mimosa mais quand il se décida le mimosa était allé se réfugier au coin de la maison. Le mimosa fleurit et illumina tout le mur. Les promeneurs lui en demandèrent. Mais ça ne se vendait pas et M. Charton enrageait d'être si souvent dérangé pour ce rien.

Il voulut s'en débarrasser mais le mimosa s'était enfui à l'autre bout du jardin et avait caché ses fleurs. M. Charton répara son mur. Les merles mangèrent ses cerises.

M. Charton voulut les chasser avec des pièges et un épouvantail mais en vain.

Alors il abattit le cerisier et le mimosa disparut.

Il cueillit les petits pois pour les manger mais les cosses contenaient du mimosa. Tous ses légumes se transformèrent en mimosa. Il lutta contre le mimosa et retourna tout le jardin mais le mimosa se réfugia dans le puits. Il mourut et on le découvrit 15 jours plus tard bien conservé et la pupille de ses yeux était couleur d'or et deux feuilles de mimosa avaient poussé dans ses sourcils.

Les bêtes.

1-le têtard.

Le jour de la Libération, tout le village est venu en procession au calvaire. Les gendarmes dans leur gendarmerie ont remplacé un portrait par un autre. L'ancien maire est parti en bicyclette. Il avait peur d'être pendu. Le nouveau maire a retrouvé la République.

Une grenouille qui se chauffait la tête hors de l'eau dans le coin du bassin, au soleil, a eu peur de quelque chose et a plongé. Un têtard monte du fond noir de l'eau, avale une bulle et redescend. Chez le têtard il n'y a rien entre la tête et la queue.

Les enfants de l'ombre.

En ce temps-là une douce rivière coulait des monts d'Auvergne. On la nommait l'Allier. Elle aimait les adolescents vierges, impudents.

Chaque année, elle en ravissait quelques-uns et ne les rendait qu'après avoir tout tiré d'eux.

À l'automne, elle écrasait les prés des riverains qui la traitaient de garce.

Chussy bordait cette rivière. Les habitants étaient appelés les bisons. Nul ne savait pourquoi.

Les bisons ne sont pas des animaux féroces et les habitants de Chussy étaient doux.

Un jour Mme de Sévigné passait par là et but l'eau d'une fontaine. L'eau pétillait et guérissait les maladies.

Mme de Sévigné en parla à Mme de Grignan.

Aussitôt, les malades du monde entier accoururent à Chussy. La fontaine fut à sec alors les habitants de Chussy creusèrent des souterrains pour capter l'eau de la région et en tirer profit.

Les femmes entretenaient les feux de bois pour chauffer l'eau et les enfants soufflaient dans les tuyaux pour la rendre gazeuse.

Comme c'était une opération fastidieuse, un bison artiste inventa de percer des trous dans les tuyaux, pour les transformer en instruments de musique. Et les enfants jouaient du matin au soir ce qui faisait couler à la surface de l'eau pétillante. Les enfants découvraient, dans les souterrains, des prairies de fleurs qu'on ne peut toucher, des trésors de gemmes aux luisances imperceptibles et des animaux furtifs.

Le roi de Chussy percevait une dîme sur chaque franc touché par ses sujets et gagnait des milliards mais n'en profitait pas car il avait le foie malade et son médecin lui interdisait de sortir après 20:00.

Quand arrivaient les premiers froids, tous les malades s'en retournaient chez eux. Les Bisons s'ennuyaient, on éteignait les feux et fermait les robinets. Tout le peuple du sous-sol remontait à la surface. On prenait grand soin de préserver les enfants de la lumière.

Pour se distraire, les Bisons avaient tout essayé. Ils organisaient des bals et des fêtes folkloriques, des concours de bridge, des orgies. Ils écoutaient la TSF, lisaient des romans policiers. Ils épiaient leurs voisins, surveillaient les adultères, envoyaient des lettres anonymes. Ils allaient à la messe.

Ils regrettaient de ne pas être des enfants quand la réalité visible ne bornait pas leur univers.

Advint une époque où le monde engendra des monstres, un serpent de mer, un diplodocus, un âne volant, une bête d'horlogers voie dans. Le seul adulte qui ne s'ennuyait pas était Paul Day. Les Bisons l'appelaient l'artiste. Il dessinait et gravait d'après ses souvenirs d'enfance. Il ne vendait pas ses oeuvres alors il dut fabriquer du savon et s'ennuya comme les autres. Un soir, il voulut traverser l'Allier en bicyclette. Une énorme masse noire jaillit sur la passerelle et emporta son vélo.

Paul se mit à courir et s'engouffra dans le premier bar et but une triple fine. Il raconta son histoire qui parut dans le Progrès des Bisons. Il était question d'un monstre. Les Bisons inventèrent les détails et ne s'ennuyaient plus. 20 Bisons crurent voir le monstre en 20 lieux différents. Un vieillard vit la bicyclette de Paul accrochée à la cime d'un peuplier. On crut que le monstre l'avait emporté là. Un pêcheur mourut de peur en croyant avoir lu le dos du monstre. 7 femmes enceintes firent des fausses couches. On se barricada.

Le roi s'inquiéta. Il avait peur que les Bisons le rendent responsable du monstre.

Une femme allait devenir centenaire mais mourut à 95 ans. Les Bisons furent privés des festivités prévues en l'honneur de la vieille dame. Sans aucun doute, le monstre avait voulu frustrer la ville de cette fête. Les Bisons protestèrent contre le roi. Le roi décréta la mobilisation générale. L'armée abattit un déluge de mitraille. Un cri de stupéfaction et de douleur sembla sortir de la rivière. La rivière prit la couleur du sang. Les enfants, dans leurs pièces closes savaient tout ce qui se passait car ils entendaient les conversations. Ils entendirent le cri et éprouvèrent une grande pitié. La plus belle fille de la ville que nul n'avait jamais vue, même ses parents, s'appelait Genête.

Elle entendit la plainte. Elle alla à la rivière. Elle trouva le blessé, c'était un petit garçon.

Elle posa une main sur la blessure du garçon et la blessure cessa de saigner. Il l'emporta et elle vit les étoiles entre les ailes du garçon.

Les bêtes.

II les lionnes.

Une fille de quatre ans et l'autre de 12 ans étaient assises sur un tronc de chêne. Près d'elles se trouvaient des lionnes mais elles n'avaient pas peur. Quand le chêne qui ferme la vallée à l'ouest aura été abattu, elles pourront s'en aller. La foudre s'abat sur le chêne. L'aînée se lève. Une lionne épouvantée saute sur elle et se couche sur ses épaules. Les deux autres lionnes suivent les deux fillettes qui s'en vont en se tenant la main. Elles entrent dans un café où elles retrouvent leur famille. L'aînée conseille à son père d'utiliser la lionne couchée sur ses épaules pour un spectacle.

Les mains d'Anicette.

Anicette était en classe de certificat pour la troisième fois. Ce pouvoir miraculeux de ses mains se révéla dans le coeur de l'école. Elle dessinait des chiffres huit car elle aimait ce chiffre. Mme Passerat-Petitpas était la maîtresse. Elle avait de la barbe et la voix grave. Elle s'était découragée de la paresse d'Anicette. Anicette été incapable d'effectuer un travail triste. Elle rêvait quand elle était au piquet.

Même les filles hargneuses l'aimaient.

Une chipie renversa la petite Odette. Anicette la ramassa essuya ses yeux. Elle la prit dans ses bras et la porta jusqu'à la fontaine pour saigner son genou écorché.

Elle offrit à boire à Odette dans la coupe de ses mains.

Odette vit une mésange bleue dans les mains d'Anicette. C'était la mésange qu'Odette voulait apprivoiser. Mais Anicette ne voyait rien. C'était une illusion. Chaque fillette voyait quelque chose de différent dans les mains d'Anicette. Un baba pour une gourmande, une poupée, un collier.

Anicette avait dans ses mains l'image de leurs désirs. Mme Passerat- Petitpas vit une maison de campagne dans les mains d'Anicette.

Elle économisait pour cette maison et crut que les mains d'Anicette montrait l'avenir. Elle le dit et cette phrase devait provoquer bien des catastrophes.

Le soir même, la chipie alla dans l'arrière-boutique du boulanger qui la tripotait car elle voulait savoir ce qu'était un homme. La maigre, qui fut 15 jours sans voir venir le gigot promis, le vola. Son père la battit. Adèle, la gourmande se fit offrir 12 gâteaux par un passant. Elle en mourut dans les trois jours. Mme Passerat- Petitpas, assurée d'une heureuse issue, vendit ses fonds d'État et spécula en bourse. Elle fut ruinée.

Elle n'osa pas accuser Anicette mais lui manifesta son hostilité. Toute l'école détesta la fillette. Anicette ne comprenait pas car elle n'avait rien vu dans ses mains et elle ne se soucia pas des reproches. Le chagrin ravagea l'institutrice qui renvoya Anicette.

Ses parents tenaient un café et l'ignoraient alors elle vivait dans des songes quotidiens.

Sa mère lut la lettre de l'institutrice et ordonna à sa fille de lui montrer ses mains.

Mme Gendraux, la mère d'Anicette, y vit un cercueil et dedans son mari. Elle sentit la joie et eut honte.

Elle imagina son avenir sans son mari et serra Anicette sur son coeur.

Et lui demanda de ne pas montrer ses mains à son père.

Elle fut aux petits soins pour son mari pour adoucir ses derniers moments. Qu'on ait rien à lui reprocher. Elle lui fit rédiger son testament et prendre une assurance sur la vie.

Elle rencontra un unijambiste. Il fut son amant. Elle prétendit être veuve et attendait l'héritage. Le boiteux s'impatienta et la battit. Alors Mme Gendraux empoisonna son mari.

Mme Gendraux appela le docteur pour le certificat de décès et lui offrit une bouteille et ses nichons. Elle put vendre le bistrot et acheta une voiture et une jambe en argent pour son amant.

Il prit la voiture ne revint jamais. Mme Gendraux dissident et ses cheveux. Elle se suicida en se jetant dans la Seine. Anicette fut adopté par la modiste chez qui sa mère l'avait mise en apprentissage. Elle créa des chapeaux qui eurent du succès.

Mme Mangeon, sa mère adoptive s'enrichit sans rien donner à Anicette.

Anicette était heureuse. Elle avait presque oublié l'école, l'émerveillement des fillettes, les paroles de la maîtresse, l'émotion de sa mère. Elle n'avait pu montrer le miroir d'eau dans le creux de ses mains. Fernand, le neveu de Mme Mangeon tomba amoureux d'Anicette. Après son service militaire, il la courtisa. Elle voulut lui montrer l'avenir dans ses mains mais il refusa car c'était elle son avenir. Alors elle lui raconta son enfance et il accepta de regarder le miroir de ses mains mais le don avait disparu.

Fernand ne vit rien mais Anicette vit Fernand dans le miroir. Elle murmura : « voilà le miracle »…

Les bêtes.

III le papillon.

Une femme rentre chez elle. Elle est âgée mais est restée mince. Elle est heureuse de rentrer. Dehors, il neige. Elle est seule mais elle est heureuse de se rendre service. Pourtant, elle compte sur elle. Le calme règne dans la maison. Elle sort les pieds nus dans la neige et un papillon se pose au sommet de son doigt.

Péniche.

Une fée avait proposé trois voeux au bûcheron et à sa femme.

Cela les rendit malheureux alors la fée leur ôta le souvenir de l'aventure. Le progrès rendit l'humanité raisonnable. Les hommes ne croyaient plus aux fées et les enfants ne croyaient plus au Père Noël.

En ce temps-là, un garçon, un peu difforme, habitait au fond de la campagne. Il vivait de peu et rendait des services aux charbonniers et aux paysans.

Il fréquentait les animaux. À la première lune de chaque saison, il se rendait chez la coiffeuse du village. Un jour, les gendarmes vinrent le chercher car il avait trois ans de retard pour son service militaire. Les anciens se moquaient de lui. À cause de ses grands pieds, il fut surnommé Péniche.

Les sous-officiers voulurent le faire marcher au pas mais il ne comprenait pas. Péniche admirait ceux qui savaient marcher au pas.

Il se demandait pourquoi ces hommes intelligents se moquaient de lui, qui n'avait pas la chance de l'être.

Au bout de quatre mois, on le réforma. Les lurons de la chambrée fêtèrent son départ. Ils l'emmenèrent au bordel. Une fille s'occupa de lui. Personne n'avait été aussi doux avec lui mais il s'endormit dès qu'il fut couché.

Quand il revint chez lui, les animaux ne le reconnurent que quand il perdit les odeurs de la ville.

Il lui sembla qu'il n'était jamais parti. L'image de la fille ne lui revenait que pendant le sommeil. La guerre arriva. Péniche fut employé à la construction d'une voie stratégique qui allait traverser le bois. Il brouetta des cailloux.

Au bout d'une semaine, il s'étonna que la victoire ne fut pas déjà acquise. Il s'entendit traiter de lâche et de défaitiste. Il trouva les trois souhaits que la fée avait jetés dans le bois. Il les mit dans sa poche car il n'avait pas le temps d'y penser.

Le printemps avait saisi Péniche qui rêva de la fille. Il fut réveillé par des bombardiers. Péniche souhaita que les bombardiers le laissent dormir et il fut exaucé. Tous les champs de bataille se turent. Péniche se réveilla et reprit son travail. La guerre reprit. Il culpabilisait de ne pas aller assez vite et son deuxième souhait fut pour que les pierres soient légères.

Quand il se réveilla, toute la ville volait dans le ciel. Dans le monde entier, les maisons étaient devenues légères et volaient dans le ciel. Seuls les immeubles de ciment restaient sur terre.

Le Sacré-Coeur s'envola vers l'Atlantique. Il n'y avait plus de Pyrénées. La moitié des Alpes était en Amérique. Péniche pensa qu'il était puni pour avoir souhaité que sa peine soit épargnée alors les souhaita que les pierres soient à nouveau lourdes. Tout retomba mais pas dans l'ordre initial et beaucoup d'hommes avaient péri.

La paix commença pour 20 ans. La fille atterrit chez Péniche mais se moqua de lui et emprunta sa veste.

Péniche n'eut pas de chagrin. L'obélisque était tombé, la pointe en bas, près de sa maison. Péniche se mit à rire tout seul.

Les bêtes.

IV la couleuvre.

Le père et son fils vont à un enterrement. Ils y vont en voiture à mulet pour aller plus vite mais ce n'est pas le cas alors ils prennent un raccourci dans la campagne ou le fils allait avec une jeune fille.

Il y avait des hommes qui jouaient au ballon et se livraient à des assauts d'escrime. Puis le père disparut. Le fils arriva au cimetière mais l'enterrement était fini. Il vit une couleuvre qui emplissait le cimetière de son mouvement qui emplissait le cimetière de son mouvement. Il y avait aussi des vipères qui mordirent le jeune homme. Il partit chercher une pharmacie et croisa son père dans la voiture. Il demanda à une femme où se trouvait la pharmacie et quand il lui dit que c'était dans la troisième rue à gauche, le jeune homme réalisa qu'il ne connaissait ni sa gauche à droite.

La fée et le soldat.

Dieu était en colère contre les hommes parce qu'ils se faisaient la guerre. Il voulut les détruire. Mais des angelots vinrent lui demander de punir la fée Pivette. Pivette aimait plumer les angelots.

Dieu lui pardonnait car Pivette était vierge depuis 2703 ans et il savait que sa libido était perturbée. Mais cette fois, il envoya sur terre pour qu'elle devienne femme.

Elle arriva sur terre et elle fut désolée de voir sa chère forêt remplacée par des usines d'armes.

Pivette fut réduite à loger en ville. Elle observa la vie de la cité. Son coeur tendre s'émut de pitié et d'horreur. La population civile se composait de vieillards et de femmes indignes. Les riches payaient très cher le pain et le lard. Les pauvres se nourrissaient de navets et de cresson. Ils allaient pieds nus, vêtus de kaki.

Tous les 18 mois, un certain nombre de femmes seules étaient inséminées de germes mâles.

Les fils étaient élevés dans des forceries nationales et devenaient soldats en cinq ans. Arrivée par des voies mystérieuses, la nourriture était débitée dans les restaurants clandestins. Les femmes de la police spéciale » fermaient les yeux car on les laissait sucer les os. Pivette voyagea et trouva partout la même misère.

Un jour, elle n'y tint plus et transforma des briques en beurre qu'elle distribua.

En un clin d'oeil, elle fut lynchée.

Elle se retira de son corps périssable. Elle chercha un homme et coucha avec un vieillard qui se récusa car il manquait de vitamines.

Elle coucha avec un autre qui s'enfuit à cause d'une alerte.

Elle entendit des mots d'amour à la TSF mais c'était un obèse qui les prononçait.

L'obèse était employé par le gouvernement pour canaliser la sentimentalité vacante des femmes seules.

Il n'aimait pas les femmes et chassa la fée. Elle rencontra un soldat, un vétéran de 16 ans.

Il rêva d'une femme mais ne savait pas comment faire l'amour. Pivette se donna partiellement au soldat.

Elle ne voulait pas qu'il la pénètre sinon elle retournerait au paradis. Le soldat était prêt de la victoire mais la fée se jeta dans ses bras et le déconcentra. C'est ainsi qu'il fut tué. Mais Pivette fut exaucé. Dieu la transporta avec son héros au septième ciel.

Les bêtes.

V les loups.

Un homme regardait un hortensia non fleuri à travers les barreaux de la fenêtre. Il s'était battu contre trois de ses gardes et pensait à Mari qui avait saigné un porc. Il ne savait pas si Mari était moine même s'il portait une robe de bure. Un troupeau entra dans la cour mené par un homme. Mari parla des loups menés par un homme qui avait été tué par le père du narrateur.

Les voisins du narrateur lui proposa sa fille mais elle ne plaisait pas au narrateur. Elle ne se disait pas prête et montra sa poitrine sans seins.

Le narrateur et Mari envoyèrent des U2 sur la ville. Un U2 si un trou dans le mur d'une maison sur lequel était écrit le nom du narrateur.

L'homme fort.

Georges Lassoupadie était marchand de vins. Son histoire eut lieu bien avant la disparition de la civilisation. Il n'avait pas de famille. Il avait été stérilisé à 12 ans parce qu'il louchait.

À 22, et en bas d'un escalier et l'opération qui suivit lui redressa la vue.

Il obtint la gérance des vins par le ministère de l'Economie et de la Santé. Il voulait boire pour oublier sa stérilité.

Mais cela ne suffit pas à dissiper sa mélancolie. Il s'adonna à la recherche scientifique. Il inventa un savon à usage interne qui permettait de ne pas se laver à condition qu'on l'absorbe en pilules avant de se coucher. Il voulut améliorer la condition humaine en renforçant l'homme. Il chercha comment rendre les globules blancs invulnérables et réussi au bout de 18 ans. Une mouche absorba le liquide qu'il avait créé et il vit que la mouche était devenue invulnérable car elle partit en perçant un mur. Mais la mouche avait transpercé 7 personnes et la police enquêta.

Le commissaire interrogea Lassoupadie après avoir remonté la piste.

Il fut enfermé au cachot trois mois. Un aérolithe fut rendu coupable d'avoir transpercé les 7 victimes. Le magistrat trouva un caillou dans la cave de Lassoupadie et l'affaire fut classée.

Quand il revint chez lui, il trouva sa cave en désordre à cause des enquêteurs. Il fut soulagé de trouver son précieux liquide dans une bouteille qu'il avait étiquetée « eau distillée ».

La mouche avait continué de tuer.

Les voyageurs du convoi en provenance de la Nouvelle-Bezon, capitale de la lune furent ses victimes. Lassoupadie avait un rat blanc, Mic, un vieil ivrogne. Il but du précieux liquide. Le rat avait creusé des galeries dans l'immeuble qui menaçait de s'effondrer alors Lassoupadie déménagea.

L'immeuble s'effondra trois jours plus tard tuant 3500 personnes. Mic sorti indemne des ruinés retrouva son maître.

Lassoupadie voulut le noyer mais Mic survécu et retrouva son maître. Lassoupadie lui fit la morale mais Mic détruisit l'imprimerie du Figaro, un journal du temps passé qui avait survécu au déluge.

Les journalistes virent Mic et ce dont il était capable. Ils répandirent la nouvelle et le surnommèrent « le rat dur ».

Il fut mis en cage mais se libéra pour retrouver son maître suivi des journalistes.

Lassoupadie dut s'expliquer. Lassoupadie déclara qu'il le ferait devant l'Assemblée mondiale des sciences.

Mic continua ses dégâts et fut considéré comme un fléau par le public.

Il résista à tous les poisons. On ne pouvait se débarrasser de lui. Lassoupadie évoqua ses découvertes devant les meilleurs savants du monde.

Dehors la foule était en colère à cause de Mic. Il fut traité d'imposteur. La foule entra pour lyncher Lassoupadie mais il but son liquide pour se défendre. L'humanité chercha à le tuer mais il survivait à tout ou même aux bombes atomiques.

Ayant reconnu l'impossibilité de le détruire, les hommes durent s'accommoder de son existence, subir son appétit, craindre ses caprices. Lassoupadie, devenu plus fort que tous les titans avait conservé l'amour désintéressé de ses semblables et mit sa force de tout entière au service de son pays.

Le pays le nourrissait et il mangeait comme plusieurs corps d'armée. Le gouvernement dut déclarer la guerre aux plus riches des pays voisins pour subvenir aux besoins de Lassoupadie.

Lassoupadie se mit en colère et neutralisa les armées. Il déclara que quiconque, dans le monde voudrait faire la guerre, aurait affaire à lui.

Les peuples enfin en paix l'aimèrent.

Il reçut les meilleurs plats et des roses. Les gouvernements craignaient qu'il dirige le monde alors ils lui offrirent un petit royaume des montagnes. Le royaume d'Aquiandora n'avait jamais connu la guerre car il n'avait pas d'armée. Il y avait que 22 habitants. Une vierge fut offerte à Lassoupadie. Mais elle avait 54 ans et Lassoupadie la renvoya à ses moutons.

Pour se distraire, il abattait le travail de 1000 hommes. Mais les ouvriers étaient au chômage à cause de lui. Il s'en désola à ne s'attaqua qu'aux travaux qu'on n'eut point accomplis sans lui.

Il irrigua le Sahara, défricha la forêt vierge, jeta un pont entre l'Espagne et le Maroc et transporta l'Angleterre dans l'océan Indien pour raccourcir la route des Indes. Des fortunes colossales se nourrissaient de son travail désintéressé. Mais les initiatives de Lassoupadie accumulaient les ruines. Les blés du Sahara submergèrent le marché mondial et ruinèrent les paysans du Canada et de l'Ukraine.

Lassoupadie fut détesté alors il chercha l'antidote pour redevenir normal.

Il l'essaya sur Mic qui se fit dévorer par un chat sans pouvoir se défendre.

Il le dit à la foule et un homme le gifla, une femme lui planta son parapluie dans les côtes.

Il fut lynché. Et la guerre reprit. Le nom de l'homme fort fut effacé des livres d'histoire.

Les bêtes.

VI la créature.

Le roi d'Angleterre ne trouve pas son soulier droit. C'est sa femme qui l'a emporté pour le faire réparer par le cordonnier.

Tous les matins, le roi cherche son soulier droit et va à la messe avec une pantoufle au pied droit. La messe se dit sous le hangar. Quand la créature arrive et s'assied sur le banc, le banc se soulève et soulève tout le monde. La créature se croit belle et peut tout se permettre. Elle soulève sa robe et n'a rien en dessous. Elle est 30 fois plus lourde qu'une femme qui aurait sa taille. Elle a un ongle à la place des cils et son sexe est apparent et à la forme de la lettre S. Ami auteur du hangar il y a une pièce où se trouve un couteau de poche. Une énorme roue dentée commande son mécanisme. Des garçons de 14 ans occupent la pièce. Ils ouvrent le couteau qui crève le plafond.

La créature ouvre ses mains et laisse retomber sa robe qui glisse sur elle.

Béni soit l'atome.

1-les rescapés du B-312.

Valentin Durafour était pilote à la société des Transports en commun New York Paris.

Il faisait 10 allers et retours par jour.

Il n'avait rien à faire car c'était le contrôleur qui assumait les responsabilités.

Le pilote avait juste à fermer les portes et à embrayer.

Le stratobus faisait Paris New York rend une demi-heure.

Le pilote tricotait des layettes en nylon pour ne pas s'ennuyer pendant le voyage.

Il n'y avait plus de pilote aux États-Unis mais les Français gardaient les leurs car ils imaginaient plus en sécurité avec eux.

Un matin, Durafour vit New York disparaître sous une explosion. Il n'y eu aucune panique. Le cas était prévu. Le stratobus B-312 remonta automatiquement vers l'azur. Il se mit à décrire des cercles à 30 km d'altitude. Durafour appela New York qui resta silencieux comme Paris, Londres, Moscou, Berlin, Nankin et Sydney. C'était la guerre. Le contrôleur paniqué pensait à ses enfants. Toutes les grandes villes du monde possédaient des missiles atomiques.

L'ONU réussit à passer un accord. Tous les pays se résigneraient à laisser garder leurs batteries de départ des missiles par des représentants des autres nations.

Ce fut la naissance du corps international des veilleurs. Mais un petit État dans les montagnes, neutre depuis toujours et non représenté à l'ONU voulut dominer le monde.

Son président fit construire une seule bombe et l'envoya sur un pays au hasard ce qui fit partir automatiquement tous les missiles atomiques du monde.

Les passagers du B-312 se disputèrent à propos de l'origine de la guerre puis se calmèrent en comprenant leur sort précaire.

Le professeur Coliot-Jurie spécialiste de la physique atomique était dans le B-312.

Les passagers lui donnèrent leur confiance pour trouver une solution. La nourriture allait manquer. Il faudrait atterrir mais où ?

Durafour saisit les commandes et fit 7 fois le tour de la terre à la recherche d'un lieu où atterrir. Coliot-Jurie pensa au Groenland où une expérience était en cours. Le Nord avait été réchauffé avec des générateurs caloriques.

Les paysans du monde entier vinrent y faire pousser des fruits et des légumes. Durafour se posa donc au Groenland. La guerre avait réveillé les volcans, détruit l'Europe, coupé l'Amérique en deux, le petit royaume des montagnes avait également été détruit.

Coliot-Jurie parvint à organiser la vie des quelques milliers de survivants qui allaient former la nouvelle humanité. Il fallut des générations pour que la civilisation atomique renaisse et regagne peu à peu tout le globe. Coliot-Jurie forma des élèves qui en formèrent d'autres. La science est mise au service de la paix. Une langue universelle fut créée à partir des anciennes langues. Vint un siècle où la terre forma une seule nation, d'une seule race.

2- Journal d'un civilisé.

An 5946 de l'ère de paix totale.

L'auteur du journal avait dormi trois semaines. Il devait fournir à la collectivité ces deux heures de travail mensuel. Il était voué à Dieu et à l'atome.

Il enregistrait ses réflexions sur un fil d'argent pour ses descendants. Il était riche de posséder 120 g de matières en désintégration. Chaque citoyen en recevait 10 g à sa naissance. C'était suffisant pour l'alimenter en énergie toute sa vie. À sa mort, les sources d'énergie étaient restituées au Trésor public. Chaque citoyen devait payer l'impôt en branchant son générateur d'énergie sur le réseau collecteur, au profit de la nation. Les villes étaient bâties à 2 km sous terre. Cela permettait d'échapper aux saisons et aux explosions d'usine qui étaient en surface. Sous terre, il y avait des fleuves et des océans. Les hommes avaient cultivé des plantes et domestiqué les animaux. La lumière captée du dessus était diffusée sous terre par la télévision. Les véhicules étaient rapides, sans bruit et sans fumée. Les machines travaillaient pour les hommes. À partir de 35 ans, les hommes pouvaient profiter de tout leur temps. Ils recevaient une éducation obligatoire dans les écoles nationales jusqu'à 35 ans. Les esprits les plus doués étaient autorisés à travailler 2 heures par mois.

Les hommes avaient inventé des arts nouveaux : la musique des ondes, l'architecture des couleurs, le cinéma total.

L'homme commun n'avait plus à faire le moindre effort. Il vivait, dormait, se nourrissait et se distrayait dans une cellule. Il recevait tout ce qu'il voulait à domicile. Les hommes et les femmes faisaient l'amour par plaisir sans se connaître. Ils vivaient nus (les femmes jusqu'à 18 ans et les hommes jusqu'à 25 ans). Après ils se marier pour faire un enfant par an. Pendant 10 ans. Ensuite, seul l'amour télépathique était autorisé. Le cinéma total était en relief, odorant et sensoriel. Les livres du monde entier étaient accessibles sur écran de poche ou d'appartement.

Mais le moderne s'ennuyait. Le sommeil prolongé guérissait le spleen. Presque toute la population dormait 30 jours par mois baignée dans des ondes qui la nourrissaient. Les hommes ne rêvaient pas à cause des ondes. Les hommes avaient conquis la lune, Mars et Vénus.

La lune avait été rendue habitable comme Mars et Vénus.

3-journal du petit-fils du précédent.

1000 ans plus tard. Les hommes dormaient depuis 10 ans quand ils apprirent que les colons de Pluton déclaraient leur indépendance.

Orphée était leur chef. Il voulait revenir à la civilisation passée : travailler et semer du blé. 600 milliards d'hommes le suivirent. Les terriens furent mobilisés 10 minutes par jour.

La lune se solidarisa avec Pluton ainsi que Mars et Uranus. La guerre éclata.

Orphée menaça d'envoyer une fusée indestructible sur la terre. Du coup la lune cessa son alliance avec Pluton. Les terriens firent dévier la fusée d'Orphée vers le soleil.

Le système solaire allait peut-être exploser. Le narrateur était fier d'être un homme.

Les bêtes.

VII elle.

Le narrateur grimpa sur le siège du remonte-pente. Il se dirigea vers le dortoir et y entra. À la place des lits, il y avait des tables avec une femme derrière chacune. Elles repassaient du linge blanc. Elles avaient 40 ans. Le narrateur entendit une voix de femme l'appeler. Il savait qu'il allait entrer dans son visage.