Eddington parle de la flèche du temps pour signaler que le temps passe mais ne repasse pas toujours dans la même direction.

La flèche a à voir avec l'irréversibilité des phénomènes qui se passent avec le temps.

Aristote dit que le temps est à la fois non étant et étant. Le temps est à la fois ce qui a cessé d'être (le passé) et aussi ce qui n'est pas encore (l'avenir). Le temps est la limite entre deux néants.

La fonction du maintenant c'est d'assurer la liaison entre le passé et l'avenir donc le présent est. Le maintenant n'est qu'en cessant d'être maintenant car il n'est pas fixe. Les instants du temps ne peuvent pas coexister.

Le temps est une contradiction qui travaille à sa propre résolution.

Hegel : le temps est l'être qui en étant n'est pas et n'étant pas est. C'est parce que le temps est irréversible qu'il est indéfinissable.

Aristote : le temps est l'ordre de succession des choses.

Dans les Confessions Saint-Augustin demande mais qu'est-ce donc que le temps. Si personne ne lui pose la question il le sait mais si quelqu'un lui pose la question alors il ne sait plus.

L'aporie c'est l'impasse.

Saint-Augustin dit que le passé et le futur ne sont pas des néants car nous nous souvenons des événements passés et nous pouvons anticiper le futur.

Ce sont les empreintes psychiques du temps qui font exister le passé et le futur.

Au futur s'oppose l'attente du futur. Au passé va se substituer le souvenir. Au présent se substitue la durée de l'attention.

Le temps physique c'est le temps des horloges.

Le temps psychologique c'est le temps vécu par la conscience.

Le temps physique est représenté par un mince filament continu alors que le temps psychologique ressemble à un cordage tressé car il n'est pas continu.

Les instants du temps physique ne coexistent jamais. À l'inverse dans le temps psychologique il y a un mélange du passé, du présent et de l'avenir.

Le temps physique s'écoule uniformément (il est le même pour tout le monde) mais le temps psychologique n'est jamais le même pour tout le monde.

Cela dépend de la signification que nous donnons à ce que nous faisons.

Le temps psychologique ne dure jamais ce que mesure le temps physique.

Jankélévitch pense que le temps psychologique dur autant que le temps physique au moment des ennuis mortels.

Le vol du temps c'est le fait qu'il passe. Suspendre le temps c'est l'interrompre, le discontinuer ou le remettre.

Suspendre : tenir dans l'incertitude ou dans l'attente.

Suspendre le vol du temps signifie :

-l'interrompre.

-Pouvoir revenir en arrière.

-Le maintenir en attente.

On ne peut pas interrompre le temps physique. Le temps psychologique ne peut s'interrompre qu'avec la mort.

On ne peut revenir sur le temps physique.

Par la conscience on peut se représenter le passé et on peut prédire l'avenir par la pensée. Mais le passé de la pensée est réinterprété par la conscience donc ce n'est plus le même. Et le futur que l'on imagine n'est pas forcément celui qu'on avait prévu.

On ne peut mettre le temps physique en attente mais le temps psychologique peut être maintenu en attente si tout ce qui se passe pour soi était comme si le présent et le passé n'importeraient plus.

Mais il faut qu'il reste un avenir.

Ça arrive aux personnes qui se disent indifférentes au passé et au présent. Pour que le temps psychologique reprenne son cours, ils attendent un événement. Comme de rencontrer l'amour.

Tant qu'il attend, celui qui dit à quoi bon n'a pas une conscience dans la durée. Tout son environnement n'a plus aucune signification. Rien ne retient son intention. L'événement ne peut arriver qu'avec autrui.

L'amour de soi ne peut exister sans les autres car on ne peut s'aimer que si on se sent aimable par quelqu'un d'autre.