vademecum

Vade-mecum des ordres de sagesse du rite français (Claude Darche) 

Les hauts grades du rite français se distinguent par leur appellation. Ce sont des ordres et contrairement aux hauts grades du rite écossais ancien et accepté, le terme de perfection n'est pas évoqué car, ici, nous allons vers la sagesse.

Chacun de ces ordres synthétise une série de grades de divers rites écossais, et par la suite, du rites écossais ancien et accepté avec ses 33 grades qui n'existaient pas en 1786 quand le rite français a été codifié.

Si les Écossais visent la perfection, au moins jusqu'au 14e degré, les Français viseraient naturellement la sagesse. Cette sagesse ne s'obtient que par la progression de la connaissance maçonnique et par l'apprentissage donné par la vie.

Ce que nous promet la maçonnerie, ce n'est pas d'acquérir un savoir, mais d'aller vers une sagesse, tels que fut celle de Salomon.

A l'âge de 12 ans, le roi Salomon est gratifié par Dieu d'une grande sagesse.

Né en 848 avant leur commune, Salomon est mort à 52 ans en -796, après avoir régné pendant 40 ans. Il est connu comme le plus sage de tous les hommes. La Bible raconte que des rois, accourus de partout dans le monde, venaient écouter sa sagesse, qui incluait non seulement celle de la Torah, mais aussi celle dans les connaissances profanes et les sciences. Il composa 3000 paraboles et 1005 poèmes.

Chapitre 1:Un bref historique du rite français et des ordres de sagesse.

Les exilés britanniques apportent en France le rite des modernes qui sera traduit, progressivement, en français. Cela deviendra le rite français. Le Grand Orient de France, pour assurer une franc-maçonnerie nationale, organise l'uniformisation des rites « modernes » hexagonaux dès 1782. En 1785, le modèle est fixé pour les grades d'apprenti, compagnon et maître qui sont d'influence anglaise et se distinguent des rites écossais.

En 1858 s'impose le rite français dit Murat qui revient aux fondements des Constitutions d'Anderson.

Après l'abandon de l'invocation obligatoire du grand architecte de l'univers en 1877, le Grand Orient de France décide de réformer le rite français pour effacer les formules à connotations religieuses.

La commission dirigée par Louis Amiable en 1886 conclura la forme adogmatique du rite en lui donnant une teinte positiviste.

En 1938, le grand maître Groussier réforme le rite français pour un retour aux sources. Le rite français Groussier sera achevé en 1955. Le rite français est sans doute le plus conforme à celui qui était pratiqué en Angleterre dès le premier quart du XVIIIe siècle.

Le grand chapitre général du Grand Orient de France est refondé en 1999.

-Le concept des hauts grades.

Les hauts grades n'ont de sens qu'à partir du moment où on admet que les trois premiers grades constituent un ensemble cohérent désigné comme grades symboliques.

Les autres grades n'ont pas été rajoutés pour donner une suite pertinente et rigoureuse aux trois premiers.

Le rite français est pratiqué au Grand Orient de France où il est majoritaire mais aussi à la Grande Loge Nationale Française, à la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, à la Grande Loge Mixte de France, etc.…

Le rite français a trois grades : apprenti, compagnon, maître et quatre ordres : élu secret, grand élu écossais, chevalier d'Orient, et souverain prince Rose-Croix.

Il existe un cinquième ordre qui se rapproche du 28e degré du rite écossais ancien et accepté, le chevalier du soleil.

Le rituel de référence du quatrième ordre du grand chapitre général du Grand Orient de France présente la libération du souverain prince Rose-Croix comme essentielle à l'épanouissement du parfait maçon. Les hauts grades du rite français et du rite écossais proviennent du foisonnement de grades qu'offrait la franc-maçonnerie d'avant 1780. C'est pourquoi on trouve des thèmes similaires dans les hauts grades de rite français et écossais.

Chapitre 2: premier ordre de sagesse, élu secret, quatrième grade de justice, vengeance, morale.

Ce ne sont pas moins de 15 rituels dont la synthèse aboutira à la rédaction du premier ordre de sagesse, rituels issus de l'écossisme des Anciens. Une première série comprend les degrés de maître parfait, maître secret, maître irlandais, tous grades intermédiaires entre la maîtrise et le grade d’élu, il y a ensuite la famille de l'élu et tous les différents grades dits de l'élu.

Le grade d'élu secret correspond à la version mise au point en 1784 sous l'influence de Rottiers de Montaleau. Elle a écarté tout ce qui pourrait passer pour excessif dans ses effets. Le grade d'élu secret du rite français correspond au neuvième degré, élu des neuf, du rite écossais ancien et accepté.

L'orateur du chapitre prononce un discours historique après l'initiation au premier ordre. Il s'agit de la légende liée à cet ordre. Les trois mauvais compagnons ayant tué Hiram ont été retrouvés par un inconnu qui en avertit Salomon. Salomon a désigné 9 maîtres pour se rendre au lieu désigné par l'inconnu. Le sort a désigné le chef de l'entreprise. C’est Joabem. Les neuf maîtres ont juré de venger Hiram. Ils choisissent un mot de reconnaissance, c'est Abibala, le compagnon ayant tué Hiram.

L'inconnu les a accompagnés vers le lieu où se trouvent les trois mauvais compagnons, près de Joppa, près d'une caverne au bord de la mer. C'est la caverne de Benacar.

Deux des trois mauvais compagnons ont fui et en voyant les neufs élus mais sont tombés dans une fondrière et sont morts.

Joaben suit un chien qui le mène à Abibala. Abibala saisi de frayeur, à la vue de Joaben, se tue en se plongeant un poignard dans le coeur.

Les neufs élus laissent les trois cadavres en proie aux bêtes féroces mais découpent les têtes pour les montrer à Salomon et témoigner de leur expédition. Aux neufs élus Salomon en ajoute six qui n'étaient pas de l'expédition.

Salomon leur donne une grande écharpe noire au bout de laquelle est un poignard à poignée d'or. L'inconnu qui n'était qu'un pâtre est récompensé et entre dans le corps des maçon puis suffisamment instruit devient un des élus.

L'esprit du premier ordre est que le crime ne peut rester impuni, la conscience est un juge inflexible et sans un pouvoir légitime la vengeance est criminelle.

Dans le rite français, la vengeance n'est pas accomplie car le grand architecte a préféré que l'assassin par peur ou par désespoir se tue.

Personne ne peut s'arroger le droit de tuer autrui.

Dans le rituel du premier ordre, aucun des justiciers ne s'est sali les mains.

La conscience et la prise de conscience permettront au maître maçon, à l'élu de transmuter les défauts. L'ignorance pourra devenir connaissance ; la vanité, simplicité ; la jalousie, reconnaissance d'autrui, l'ambition, détachement.

La justice se doit d'être impartiale et de remplacer la vengeance aveugle par des éléments neutres.

Les symboles du premier ordre.

La caverne : un lien évident avec le cabinet de réflexion.

La caverne est le lieu de passage initiatique où passent tous les êtres désireux de chercher la vérité, de revenir aux origines, ce qui les amènera à renaître ou à être vaincus.

La caverne permet à l'élu de régler le problème très humain de la vengeance et de la justice.

La symbolique de la caverne est double : élévation de l'âme ou descente aux enfers.

Dans la caverne, l'élu trouve l'eau (symbole de la vie), un poignard (symbole de la pénétration), le chien (symbole de fidélité) c'est le chien qui guide Joabem vers la caverne.

La symbolique du nombre 9.

Le nombre neuf marque la fin d'un cycle, il est le nombre de l'achèvement, mais aussi de la spiritualité, de la sagesse, les neuf muses représentent, par les sciences et les arts, la somme des connaissances humaines.

La batterie du grade d'élu se fait par 8 coups et un.

La marche du grade est composée des pas de la maîtrise, trois pas d'apprentis, trois pas de compagnon et trois pas de maître, donc neuf pas.

Le récipiendaire grimpe neuf marches pour accéder à la caverne.

Les neufs élus sont représentés par neuf lumières.

Les spécificités du premier ordre.

Les décors.

Les gants sont blancs, le tablier est blanc bordé de noir, portant un poignard dont la lame est d'argent et la garde d'or entouré de neuf flammes rouges. La bavette est noire bordée de rouge.

Le cordon est noir, portant les lettres V.’. A.’. M.’. (Vincere Aut Mori, vaincre ou mourir).

Ce cordon est porté de l'épaule gauche à la hanche droite. Le bijou est le poignard à lame d'argent.

La batterie se fait par neuf coups, huit et un.

L'ordre se fait par le pouce droit levé, poing fermé.

Le mot sacré : demande : vengeance, réponse : justice.

Le mot de passe : Abibalcq (nom du meurtrier d'Hiram, nom qui signifie meurtrier du père).

L'acclamation : liberté, égalité, fraternité.

L'élu demande justice pour tous ceux qui sont ou ont été victimes de l'oppression, du fanatisme, des dogmatismes.

Chapitre trois : deuxième ordre de sagesse, grand élu écossais, cinquième grade.

Le sacrifice, la dette, l'alliance.

Cet ordre est très proche du 14e degré du rite écossais ancien et accepté, grand élu, ancien parfait et sublime maçon.

Ce deuxième ordre est la juxtaposition de deux grades : l'Ecossais ou parfait maître anglais et l'Ecossais de perfection. Le thème essentiel est la purification, le sacrifice et la découverte du delta, du tétragramme.

L'esprit du deuxième ordre est de briser le lien des vices et de toute dépendance, contracter une nouvelle alliance, pratiquer la plus saine morale et être un homme vertueux.

Hiram avait un delta précieux comme le bijou. Avant d'être assassiné, Hiram avait jeté son delta dans un puits qui se trouvait au coin de l'Ouest et du Midi.

Salomon en ordonna la recherche.

Trois maîtres le trouvèrent. Passant près du puits vers l'heure de midi, ils aperçurent dans le fond quelque chose de brillant. L'un d'eux descendit dans le puits et trouva le delta.

Les trois maîtres donnèrent le delta d'Hiram à Salomon. À la vue du delta, Salomon fit un pas en arrière et leva les bras au-dessus de sa tête en signe de joie et dit : « l'enseignement du maître est sauvé ! ».

Aussitôt, les 15 élus descendirent dans la voûte souterraine par un escalier de 24 marches. Salomon fit incruster le delta dans un piédestal triangulaire placé au centre de la voûte. Il le nomma « piédestal de la science ». Puis il fit couvrir le delta d'une pierre d'Agathe quadrangulaire sur laquelle il fit graver sur la face supérieure le mot substitué, à la face inférieure tous les mots connus de la maçonnerie et sur les quatre faces latérales les combinaisons cubiques des nombres, ce qui le fit dénommer « Pierre cubique ».

Au-devant, le roi Salomon fit placer trois lampes portant chacune neuf lumignons qui brûlèrent d'un feu perpétuel. Les 15 élus jurèrent le secret sur cette voûte sacrée. L'entrée de la voûte fut gardée secrète par 27 grands élus et leurs successeurs.

Le grand expert et le grand maître des cérémonies font poser à l'impétrant les mains sur la table des épreuves et posent le tranchant d'une hache sur le cou du récipiendaire alors que l'on pose la pointe d'un poignard sur son coeur.

On fait faire au récipiendaire trois fois le tour de la table des épreuves.

C'est l'ouverture d'esprit et sa générosité qui permettent à l'élu d'être dirigé vers la table d'ablutions.

La table d'ablutions est recouverte d'une vasque remplie d'eau.

Le grand expert fait faire trois fois le tour de la table au récipiendaire. Il lui trempe neuf fois les mains dans l'eau pour le purifier.

La table des obligations se compose d'un glaive, d'un maillet, du livre des constitutions et d'une truelle.

L'impétrant prête serment d'aider ses frères et soeurs de ses conseils et de ses services et de ne pas porter atteinte à leur état ou honneur.

Devant la table des obligations se trouve le piédestal de la science, triangulaire et rouge sur lequel se trouve un soleil rayonnant, l'étoile flamboyante avec la lettre G et d'un compas ouvert entre les nombres 3,5, 7,9.

La voûte sacrée est composée de neuf voûtes. Elle symbolise le monde d'en haut.

Le parfait maître demande à l'impétrant de partir à la recherche du dépôt sacré qu'il doit ramener parmi ses frères élus.

Le parfait maître passe la truelle devant les yeux du candidat et lui dit : « que ta vue soit pure ».

Puis il lui passe la truelle devant les lèvres et dit : « que ta bouche ne s'ouvre que pour préférer des paroles utiles à tes frères ou soeurs ».

Enfin, le parfait maître passe la truelle devant le coeur et dit : « que ta conscience soit à jamais sans reproche et que toutes tes actions se dirigent vers la recherche de la vérité ».

Dans le rituel de 1786, on utilise une truelle pour oindre le récipiendaire sur le front, la bouche et le coeur d'une mixture composée de lait (douceur), d’huile (sagesse), de vin (force) et de farine (beauté).

Sur la table de l'union se trouvent le pain et le vin.

Quand l'homme a mis en culture le blé, il a commencé à gérer la production de l'environnement. Le blé à l'origine du pain est donc l'élan vers la civilisation moderne. Le vin vient de l'arbre de vérité et de connaissances dont Noé, le patriarche, a reçu l'autorisation de Dieu de cultiver la vigne et d'élaborer la boisson divine, le vin.

Le vin, symbole de vérité ésotérique, de puissance initiatique s'identifie au sang, au feu, catalyseur de la terre. La cérémonie du deuxième ordre rappelle donc la Cène où furent partagés le pain et le vin. Car le vin, associé au sang, nous oriente vers le symbolisme du grade, le sacrifice, le renouvellement, la régénération.

Dans la codification de 1786, il était passé, en signe d'alliance, un anneau d'or à l'annulaire gauche du récipiendaire au deuxième ordre.

Le tablier du deuxième ordre comporte une étoile flamboyante sur la bavette, le compas couronné sur un quart de cercle, avec un soleil.

Il est doublé d'un tissu rouge.

Le cordon est rouge avec des franges dorées et se passe de l'épaule droite à la hanche gauche. Le bijou est un compas doré couronné sur un quart de cercle au milieu duquel est une médaille à rayons représentant d'un côté le soleil et de l'autre l'étoile flamboyante.

L'âge est neuf ans.

Les lumières sont 27 (trois groupes de 9). Le signe d'ordre se fait en portant la main droite, la paume en haut, à l'épaule gauche et en la retirant le long du corps vers la hanche droite.

La marche s'effectue par trois pas de côté diagonalement en partant du pied droit puis cinq pas de côté diagonalement en partant du pied gauche puis7 pas de côté diagonalement en partant du pied droit et 3 × 3 pas diagonalement d'abord du pied gauche puis du pied droit et enfin du pied gauche.

Le mot sacré est perfection et le mot de passe est l'enseignement du maître est sauvé.

Chapitre 4.

Troisième ordre de sagesse, chevalier d'Orient, sixième grade.

La liberté retrouvée, le renouveau intérieur permet de vaincre l'ennemi du dehors.

Le troisième ordre fut rédigé par Roettiers de Montaleau en 1785. Il mit l'accent sur un fait historique qui nourrit tout un imaginaire maçonnique : la reconstruction du deuxième temple de Jérusalem. Le devoir du chevalier d'Orient réside dans sa quête inlassable de recherche de la vérité, d'une reconstruction de son propre temple intérieur, d'un désir puissant de rassembler inlassablement ce qui est épars.

Dans le discours historique du troisième ordre il est dit que Nabuchodonosor fit détruire le temple de Jérusalem et en prit les trésors.

Il détruisit Jérusalem et amena le roi et son peuple en captivité. Le prince Cyrus libéra le peuple d'Israël après avoir entendu une voix intérieure lui ordonner de libérer les captifs.

Zorobabel, prince de Juda, ayant obtenu l'entrée du conseil de Cyrus, demanda l'affranchissement de sa nation et la permission de bâtir le temple. Cyrus accepta et lui restitua les biens enlevés par ses prédécesseurs. Cyrus fit Zorobabel chevalier de son ordre. Zorobabel dut lutter contre les Assyriens au passage d'un pont. Zorobabel rendit le passage libre.

Il rencontra des maçons qui comptaient quelques grands élus qui retrouvèrent l'entrée de la voûte sacrée et le piédestal de la science. Ils brisèrent la lame d'or et la fondirent. Ils détruisirent la Pierre d'Agathe et transmirent leur savoir par la seule tradition.

Zorobabel devint le chef de la nation et fit rebâtir le temple de Jérusalem. Les ouvriers se tenaient sur leur défense et portaient l'épée d'une main et la truelle de l'autre.

Les trois chambres.

Chambre de préparation.

Le récipiendaire porte le cordon et le tablier du deuxième ordre, il est enchaîné et a la tête couverte d'un drap de cendres. Il représente Zorobabel. Il a les deux mains sur le visage. Il est présenté au souverain maître en salle d'Orient comme un homme en deuil.

Deuxième chambre : chambre d'Orient ou salle du conseil.

On y voit un fleuve et un pont représentés. Derrière le trône de Cyrus est écrit « Rends la liberté aux captifs ».

Troisième chambre : chambre d'Occident ou salle d'Occident.

Le récipiendaire doit franchir un pont. La chambre est décorée de tentures vertes. Les assistants sont les maçons restés parmi les ruines de Jérusalem. Le vert symbolise l'espérance.

C'est la couleur de Vénus, symbole du renouveau et de la vengeance.

Le rouge est considéré comme un symbole fondamental du principe de vie avec sa force et sa puissance. C'est l'attribut de Mars, dieu de la guerre.

C'est la couleur de la science, de la connaissance ésotérique.

Le passage du vert ou rouge est l'expression de l'espérance, de la spiritualité à la connaissance intuitive.

À la fin de la cérémonie, le récipiendaire reçoit une épée et une truelle en digne représentant de Zorobabel.

Le troisième ordre est un grade initiatique d'amour et de combat.

Dans le rêve de Cyrus, l'aigle apparaît et montre au roi la banderole lui ordonnant de libérer les juifs captifs.

Le passage du pont représente le courage et la force pour obtenir la liberté de passage, c'est faire preuve de maturité, être conscient que la vie est une succession de passages.

Les gants du chevalier d'Orient sont blancs. Le tablier est blanc doublé de vert avec deux épées entrecroisées ou un pont. Sur la bavette se trouve le noeud de Salomon. L'écharpe est verte à franges d'or. Le cordon est vert, de l'épaule gauche à la hanche droite avec les lettres L.D.P. (Liberté de passage).

Le bijou est un compas couronné sur un quart de cercle où sont inscrits les nombres 3,5, 7,9 avec une médaille représentant un soleil avec deux épées croisées et au verso l'étoile flamboyante.

L'âge est 10 semaines d'années.

Le signe d'ordre est de tirer son glaive et de le pointe en l'air, le long du corps, le poing fermé, à la hauteur de la hanche droite. La marche se fait par sept pas (trois pas de maître en avant, trois pas de maître en arrière et un pas en avant les pieds en équerre.

La batterie se fait par sept coups, cinq égaux et 2 précipités.

Les lumières sont disposées par 10 groupes de 7.

La parole est Juda à quoi l'on répond Benjamin.

Le mot de passe est : « ils passeront les eaux ».

Chapitre 5.

Quatrième ordre, souverain prince de Rose-Croix, parfait maçon libre, septième grade.

L'esprit du quatrième ordre est que le maçon ne deviendra réellement chevalier de l'existence et ne cultivera la sagesse qu'en cultivant et en pratiquant les vertus les plus élevés pour concourir à la construction d'une véritable humanité.

Depuis la réédification, les maçons ont négligé leurs devoirs et la désolation a remplacé la solidité des édifices. La corruption a remplacé la sagesse. La maçonnerie a presque été anéantie et les temples démolis.

L'étoile flamboyante a disparu et la parole a été perdue.

Mais quelques maçons libres ont mis un terme à ces événements malheureux cette révolution n'a été connue que par les seuls vrais maçons.

Leurs vertus sont foi en l'homme, espérance en un monde meilleur et humanité envers tous.

Trois buts déterminent la grande connaissance maçonnique : la science, la morale et l'art.

Le grade de souverain prince de Rose-Croix est un grade de passage où tout est symbole.

L'impétrant est un chevalier d'Orient qui erre dans les ténèbres, qui a perdu la parole lors de la seconde destruction du temple et souhaiterait la retrouver.

Au cours de 7 voyages, il découvre les colonnes fois, espérance, humanité sur lesquelles reposent les principes de l'ordre.

La chambre de préparation et de réflexion permet au candidat de se remémorer les différentes étapes de son parcours. Il y a deux tableaux.

L'aigle tenant la banderole sur laquelle est écrit « liberas » et les symboles du quatrième ordre.

La deuxième chambre.

Elle contient trois piliers à hauteur d'homme sur lesquels sont écrits : foi, espérance, humanité.

Sur le plateau du très sage, il y a un chandelier à 7 branches, une épée, l'étoile à cinq branches.

La table des serments est ornée du livre des Constitutions sur lequel se trouvent un maillet, une épée, un globe terrestre et un aigle. À la base du livre se trouvent les volumes de Platon (cube, octaèdre, icosaèdre, tétraèdre, dodécaèdre), qui symbolisent les éléments.

La troisième chambre, le souverain conseil, est tendue de rouge.

Les sept étapes du voyage du candidat représentent les fondements de l'ordre, liberté, égalité, fraternité, justice, union, reconstruire et épanouissement.

Puis on présente aux candidats les volumes de Platon pour symboliser les quatre éléments plus un cinquième, l’éther.

L'échelle fait partie des symboles du quatrième ordre. L'échelle symbolise, pour Platon, l'ascension de l'âme en partant du monde sensible et s'élevant de degré en degré vers l'intelligible.

L'échelle du quatrième ordre a 7 degrés.

Le souverain prince Rose-Croix a pour emblème l'aigle portant la banderole « libertas ».

Dans la tradition occidentale, l'aigle a le pouvoir de renaître.

C'est un oracle, augure et divinateur.

Le quatrième ordre de 1786 du rite français est quasi identique au 18e grade du rite écossais ancien et accepté à part les titres des officiers et l'habillement.

Mais le quatrième ordre contemporain a été laïcisé.

Le prince Rose-Croix choisit seule son étoile et témoigne que ce monde doit et peut s'appuyer sur des valeurs morales basées sur des règles d'harmonie.

Le tablier n'est pas indispensable à cet ordre. Le sautoir est moiré de rouge, brodé de fils d'or figurant un aigle aux ailes déployées tenant dans ses serres une banderole « libertas » et surmontant deux colonnes au centre desquelles se trouve un globe décoré d'un dodécagone.

Le bijou sur fond émaillé est orné des symboles du sautoir.

L'ordre se fait en posant le poing droit fermé sur le plexus solaire.

Le signe à l'ordre en tirant le poing par équerre et perpendiculaire puis le ramenant sur la cuisse droite.

La batterie par 2 + 1 puis 7 coups et l'acclamation : Vivat! Vivat ! Semper Vivat ! Liberté, égalité, fraternité.

Le mot sacré est Juré et le mot de passe Libertas.