palladisme

Je ne suis plus des vôtres ?… Soit !

La soeur Diana Vaughan reçut une lettre de Londres lui annonçant qu'elle était complètement désavouée devant les Triangles de la Fédération.

En effet, elle avait publié dans le deuxième numéro du Palladium Régénéré et Libre un document destiné à rester secret. Cette publication avait réjoui la presse catholique.

Cette trahison arrivait au moment où les palladistes préparaient une entente avec leurs frères et soeurs séparés moyennant la démission imposée au frère 461, seul obstacle à leur union.

Loin de se rétracter Diana Vaughan avait publié dans le troisième numéro de sa revue la lettre d'un prêtre catholique à qui elle avait promis de ne plus offenser la foi catholique.

Dans ce numéro, elle avait annoncé qu'elle publierait le récit de crimes odieux commis dans les triangles. Elle ne s'était pas cachée d'avoir pris rendez-vous avec la supérieure d'un couvent pour y séjourner 24 heures.

Le palladiste donnait sept jours à Diana pour réfléchir, détruire les numéros 2 et 3 de sa revue et remettre sa démission de déléguée à la propagande. Elle devait, de plus, prendre l'engagement par écrit de ne plus accomplir une démarche quelconque ni publier quoi que ce soit.

Pour Diana cette « voûte » (lettre) était une délicieuse plaisanterie.

Elle était désavouée et n'avait pas le droit de le dire en public !

Diana décida de démissionner du palladisme et de désobéir aux ordres écrits dans la lettre.

Diana avait déjà démissionné deux fois mais ses meilleurs amis étaient venus la supplier de reprendre part au combat.

Sa première démission faisait suite au scrutin frauduleux du Palais Borghese.

On avait juré à Diana qu'on allait faire à Lemmi une guerre implacable mais il avait suffi à quelques malins allemands de mettre en avant une combinaison déshonorante pour qu'on baissât le pavillon et qu'on légitimât l'usurpation du 20 septembre 1893.

Ce qui provoqua la deuxième démission de Diana. De nouveau, on était venu lui demander de coopérer à une action offensive et défensive. Il s'agissait de créer une Fédération Indépendante pour attirer les mécontents et recruter des adeptes dans le monde profane. On créerait des groupes familiaux qu'on transformerait ensuite en triangles.

Après quoi, quand le Palladisme indépendant serait fort, il exigerait la déchéance de Simon alias Lemmi pour faire l'union avec les frères et soeurs séparés.

Diana avait accepté en posant deux conditions : publicité de la propagande et nettoyage complet du rite.

Diana reprochait au Palladisme de réclamer les ténèbres plutôt que la propagande publique.

Elle leur reprochait aussi d'être les esclaves de Lemmi. Pour elle, le Palladisme n'était ni indépendant ni libre. Elle refusait désormais de faire la propagande du Palladisme.

Elle refusait d'être une marionnette automate. Elle décida de prendre la plume pour écrire ses mémoires d'ex-palladiste.

Ses abonnés pourraient résilier l'abonnement à sa revue si ses révélations ne leur plaisaient pas. Elle écrirait pour faire connaître tout. Ce qui se passait dans les triangles, ce qu'elle avait empêché, blâmé ; ce qu'elle croyait être le bien.

Elle parlerait sans haine et sans rancune. Elle méprisait Lemmi et elle plaignait les palladistes.

Diana révéla la lutte qu'il lui fallut soutenir, au convent indépendant de Londres pour faire inscrire dans le programme discuté le qualificatif « régénéré » ajouté au mot palladisme.

Elle avait pu obtenir la suppression officielle de certaines pratiques.

Diana avait conservé les brefs d'autorisation en activité du Palladium régénéré et libre. Elle les utiliserait pour ses lecteurs. Elle expliquerait les symboles palladistes.

Elle accusait ses ex-frères de pratiquer un palladisme satanique. Elle les condamnait au mépris public. Elle travaillerait à la destruction des triangles. Elle évoquait le docteur Bataille et ses révélations (Le Diable XIXe siècle). Contrairement à lui, elle ne serait pas suspectée de parti pris catholique.

Elle disait avoir prêté serment à Lucifer et non à Satan.

Elle imaginait un Lucifer bon.

Elle avait été critiquée sur ce point par un adversaire catholique. Pour un palladiste orthodoxe, Lucifer était le principe et l'auteur de tout bien, tandis qu'Adonaï équivalait au diable de la religion chrétienne. Lucifer ne saurait donc être Satan pour un palladiste.

C'est plutôt Adonaï qui serait un Satan, d'ordre très haut.

Diana venait de réaliser qu'elle avait été trompée en adorant Lucifer sans savoir que c'était Satan. Si Lucifer était Satan, son serment était nul. Elle n'avait besoin d'aucun prêtre pour s'en délier.

Alors, Diana décida de dénoncer les pratiques satanistes des triangles contre lesquelles elle avait employé ses meilleures forces régissantes.

Il lui avait été rapporté que c'était par complaisance pour elle que certains triangles supprimaient les pratiques satanistes, quand elle visitait les triangles en inspectrice, mais que, sitôt après son départ de la ville, ces pratiques étaient reprises de plus belle. Elle en eut le coeur déchiré.

Diana se sentait soulagée en rompant à jamais avec les palladistes.

Elle décida d'écrire ses mémoires en invoquant Jeanne-d'Arc.

Mémoires d'une ex- palladiste.

14 juin 1895. Diana a écrit de nombreuses pages, ses impressions. Mais elle ne peut plus les utiliser car ses impressions ont changé. Elle explique que le 13 juin est pour les palladistes la troisième grande fête de Lucifer ; les deux autres jours où les palladiste célèbrent leurs dieux sont : la Noël, fête des blasphèmes contre le Christ naissant, et le vendredi saint, fête des réjouissances contre le Christ expirant sur la croix.

Diana s'est rendue dans un couvent. Accueillie par de religieuses dont une avait connu une parente de Diana, Diana a eu le sentiment de faire un pas nouveau vers Dieu, le seul vrai Dieu.

Diana a prié avec les religieuses et elles ont accepté de l'inviter à la messe. Diana voulait faire amende honorable pour tous les outrages dont les adorateurs de Satan s'efforçaient d'accabler le Christ. Diana a prié longtemps après la fin de la messe. Elle demandait pardon pour elle et pour son père, lui aussi palladiste.

Elle a prié pour sa mère qui méconnut Dieu également.

Elle a prié pour rejoindre ses parents au paradis au terme de son existence humaine.

Diana a prié Jeanne-d'Arc d'être son interprète céleste et défendre sa cause devant le trône de Dieu.

Diana veut offrir sa vie pour la conversion de quiconque la hait.

Elle est prête à donner sa vie pour qu’Adriano Lemmi devienne honnête et se convertisse.

La supérieure du couvent a gardé le secret de la visite de Diana.

Après avoir quitté le couvent, Diana a appris que plusieurs prêtres et religieuses ont offert à Dieu leur vie afin d'obtenir par ce sacrifice qu'elle ne soit plus luciférienne.

Chapitre 1 : Lucifer au Sanctum Regnum.

Diana avait 25 ans, un mois et huit jours lorsqu'elle fut l'objet d'une présentation officielle à Lucifer. Trois jours auparavant, il avait demandé son hommage. Elle lui offrit le 8 avril 1889, au Sanctum Regnum de Charleston.

Elle en avait tiré gloire pendant six ans. Huysmans avait cru à l'existence de Diana Vaughan alias Léo Taxil et il écrivit un article contre elle dans le Figaro du 15 juin 1895 à propos du satanisme et de la magie.

Diana Vaughan/Léo Taxil dit qu'elle ne lui en veut pas. Huysmans évoquait le vol d'hosties à Notre-Dame de Paris par les lucifériens palladistes en 1894.

Diana Vaughan affirme que Huysmans serait dans l'intégrale vérité s'il disait que tous, lucifériens et satanistes, se procurent des hosties n'importe comment.

Diana Vaughan précise que les vols d'hosties par les palladistes sont exceptionnels et doivent être imputés, pour la presque totalité, à ces groupes satanistes épars qui sont les associations formant le deuxième camp du Très-Bas, selon l'expression de Huysmans.

Diana Vaughan révèle que les palladistes appellent les hosties consacrées les « figuiers maudits ».

Huysmans écrit dans le Figaro : « les corps d'armée du Palladisme sont nombreux (…) Le Palladisme, haute franc-maçonnerie de lucifériens, englobe le vieux et le Nouveau Monde, possède un anti-pape, une curie, un collège de cardinaux, qui est, en quelque sorte, une parodie de la cour du Vatican ».

Diana Vaughan affirme qu'en France, le recensement de 1893 relatait 162 triangles (huit à Paris) avec 20 à 50 soeurs par triangle et 6000 soeurs à Paris. 300 soeurs sont maîtresses templières.

Diana a été présentée les 25 mars 1885 à l'initiation de maîtresse templière au grand temple Saint-Jacques de Paris.

Son père avait exprimé sur son lit de mort que Diana soit épargnée d'une épreuve lors de cette initiation. Aussi, Diana avait été luciférienne d'âme mais elle s'était insurgée contre les pratiques de satanisme. Elle avait refusé la deuxième épreuve : l'outrage aux saintes espèces par souillure et transpercement.

Cela ajourna sa proclamation à Paris et provoqua une crise entre les frères et les soeurs de Saint-Jacques et les membres du triangle fondé par son père à Louisville (ceux-ci lui conférèrent l'honorariat du grade). La crise dura jusqu'en 1889. Lucifer lui-même trancha les difficultés et se prononça en sa faveur après avoir reçu l'hommage de Diana.

Diana prétend avoir constaté le fumier dans le palladisme mais qu'elle avait vu un diamant au milieu de ce fumier : la doctrine.

Elle s'était crue une sainte du palladisme appelée à le régénérer.

Diana raconte sa présentation à Lucifer. Les membres du sérénissime Grand collège l'invitèrent à venir à Charleston.

Elle y arriva le 4 avril. Lucifer est réputé apparaître Sanctum Regnum de Charleston chaque vendredi à 3:00. Le 5 avril, Albert Pike, le souverain pontife du Suprême Directoire Dogmatique était présent. Diana n'était pas convoquée à cette réunion ; personne autre que les 11 premiers chefs ne purent assister à la tenue divine hebdomadaire.

Le soir du vendredi, l'un des 11 lui raconta ce qui s'était passé. Lucifer avait ordonné que Diana lui soit présentée le troisième jour suivant.

Pike lui ordonna de ne faire qu'un repas du soir du samedi et du dimanche ; du pain noir, du sang frit et une salade d'herbes laiteuses.

Elle resta enfermée dans sa chambre pour prier et méditer. Le 7 avril, le trésorier vint interrompre sa méditation pour lui demander quels métaux elle avait résolu d'offrir en vue du triomphe de la sainte cause.

Elle donna tout ce qu'elle avait sur elle.

Le lundi, elle ne mange pas.

Elle but une infusion de chènevis bénie par trois émérites.

À 19:00, deux membres de la Masonic Veteran Association vinrent la chercher.

Albert Pike l'accueillit dans le temple.

Elle était remplie d'une ardente allégresse. Les 11 premiers chefs vinrent à elle avec empressement ; ils la firent asseoir au point central de la pièce. Ils psalmodièrent un chant dans une langue inconnue de Diana. Puis ils se retirèrent.

Puis Pike laissa Diana se recueillir jusqu'à minuit. Elle fut seule devant le palladium, le Baphomet templier. Elle le trouvait grotesque et ridicule.

La salle n'avait aucun flambeau et pourtant elle était éclairée.

La muraille était parsemée de minuscules flammes vertes qui ne brûlaient pas la main quand Diana les toucha.

Diana médita devant le Baphomet.

Elle se disait que les catholiques faisaient de Lucifer un diable affreux alors que pour elle, il était là suprême beauté. Au bout de quelques heures, les flammes jaillirent plus fort des murailles, le plafond et le sol s'enflammèrent à leur tour.

Diana vit cinq esprits d'une radieuse beauté planant dans l'espace. Le Baphomet avait disparu. Un septième coup de tonnerre éclata plus fort que les précédents. Diana vit Lucifer devant elle, assis sur un trône de diamants. Elle voulut se jeter à ses pieds mais il la retint.

Il était superbe. Vêtu d'or.

Il était là tel qu'elle l'avait souhaité. Il commença à la rassurer de sa voix douce.

Elle lui parla de son refus de transpercer les hosties car elle ne croyait pas à l'eucharistie et donc à l'ubiquité. Il la rassura sur ce point et ordonna qu'elle soit sa grande prêtresse.

Elle se crut investie de l'infaillibilité luciférienne.

Diana réalisa que les émérites et Pike étaient derrière elle à ce moment-là.

Lucifer dit à Albert Pike que Diana était son élue de prédilection et qu'il la consacrait sa grande prêtresse et que tous devaient l'avoir en profond respect.

Lucifer emmena Diana avec lui dans la nature. Il fit venir Asmodée. Il prétendit qu'il avait amené Diana dans l'Éden.

Diana voulue combattre avec Asmodée et ses légions. Alors Asmodée pria Baal-Zéboub de la spiritualiser. Il accepta. Elle vola avec Asmodée au premier rang des illusions.

Elle combattit les Maléakhs, c'est-à-dire les esprits malfaisants, des monstres jaunâtres ou verdâtres avec une queue et des oreilles larges. C'étaient les gardiens du paradis terrestre tels que Lucifer voulait les montrer à Diana. Leur chef était Zachariel.

Légions combattaient à l'épée contre les Maléakhs. Ils furent battus et se dispersèrent. Diana visita l'Eden avec Asmodée et 33 légionnaires. Asmodée le montra les beautés du lieu avec les plus belles fleurs et des milliers d'oiseaux.

Les lions jouaient avec les biches.

Asmodée lui montra la mare où Lucifer tira l'Adam créé par Adonaï. Selon Lucifer, c'est par haine de l'humanité qu'Adonaï a placé ses lignes de Maléakhs tout autour du paradis terrestre. Cependant, ils sont invisibles pour les hommes.

Par l'effet d'un mirage trompeur que produisent les Maléakhs, la nature en cet endroit paraît stérile et déserte.

Selon les palladistes, Lucifer préserve l'Éden du déluge. Diana vit un aigle blanc gigantesque se poser. C'était l'aigle blanc de Paymon, la plus puissante Daimon après Astarté.

Diana redevint corporelle. L'aigle la transporta en Oolis, planète d'un monde solaire ignoré des profanes, sur laquelle Adonaï règne et seul est adoré, aux dires de la légende palladique.

L'aigle la ramena sur terre dans un volcan en éruption. Mais Diana et l'aigle ne furent pas atteints par la lave. L'aigle la porta jusqu'au Sanctum Regnum de Charleston.

Pike et les 10 émérites récitaient des prières auprès du palladium.

Diana demanda combien de temps avait duré son voyage et un assistant répondit une heure.

Pike signa le décret du 8 avril 1889 ordonnant la cessation du conflit entre le temple Saint-Jacques et les onze sept et l'honorariat de Diana qui fut proclamée maîtresse templière à Paris.

Après sa conversion au catholicisme, Diana avait réalisé que ce que Lucifer et Asmodée lui avaient montré n'était qu'une mystification.

Elle sait, à présent, qu'elle a été mystifiée comme tous les palladistes.

La première tromperie de Satan a été son apparition en état de splendeur, qui ne lui appartient pas. Les daimons sont affreux. Diana est certaine que Lucifer lui est apparu réellement, comme il apparaît à tant d'autres surtout à Charleston.

C'est parce que Diana a été élevée dans l'erreur que Lucifer a voulu la perpétuer. Pour ne pas démériter à ses yeux, il s'est paré d'un éclat usurpé et d'une beauté mensongère. Tout le reste n'était qu'illusion car il n'est aucunement au pouvoir de Satan ni de ses daimons de reconstituer l'Éden et de transformer en hideux monstres les anges de Dieu et de leur infliger une défaite en combat corps à corps.

Diana est certaine d'avoir été possédée par Lucifer le 8 avril 1889. Tous ceux qui sont admis au mystère du Sanctum Regnum sont dupés comme Diana l'a été.

À Charleston, le palladiste fanatique et en communication directe avec Satan. Diana remercie Jeanne-d'Arc qui a arraché le bandeau de ses yeux.

Diana prétend avoir vu Jeanne-d'Arc. C'est Jeanne-d'Arc qui a obligé quatre daimons, devant Diana, à montrer leurs vraies faces. Voilà comment Diana a commencé à comprendre que Lucifer n'est que Satan.

Le 6 juin 1895, Diana a contemplé la statue de Jeanne-d'Arc dans sa chambre. Elle prête serment devant Jeanne-d'Arc de respecter à jamais le nom de Marie, mère du Christ. Alors, une force extérieure l’a rejetée en arrière. C'était Baal-Zéboub, Astaroth, Moloch et Asmodée.

Diana a appelé Jeanne à la rescousse et les quatre daimons sont devenus des monstres et ont disparu.

Cela n'a duré que quelques secondes.

Chapitre II : je crois.

Diana évoque sa conversion. Plus elle considère sa conversion dans ses phases successives, plus elle confondue devant la bonté de Dieu.

Diana avait quitté le couvent le 15 juin 1895 après son baptême. Elle avait expliqué aux religieuses qu'elle ne pouvait pas écrire ses mémoires au couvent. Mais les religieuses redoutèrent que Diana meure assassinée par des émissaires de Lemmi. Alors la supérieure prit sur elle de la baptiser en urgence irrégulièrement. Diana a promis de régulariser le baptême au plus tôt.

La supérieure baptisa Diana dans l'oratoire. Le surlendemain, Diana avait regagné sa retraite.

La supérieure reçut une paternelle admonestation.

Le 12 août Diana reçut une lettre de la supérieure qui lui demandait où elle en était de ses progrès dans la voie de Dieu.

Diana souffrait de constater que la divine lumière lui était encore obscure par quelques nuages et elle souffrait des embarras qu'elle avait occasionnés à la supérieure.

Diana doutait encore de la transsubstantiation et Lucifer lui suggéra la pensée qu'il serait bon d'envoyer sa consultation à deux théologiens ; un prêtre catholique et un ministre protestant. C'était un piège. Depuis le début de sa conversion, Diana éprouvait les effets de la méchanceté des puissances infernales.

La nuit, les démons envahissaient son sommeil.

Le matin, elle avait le corps tout endolori, comme ayant été rouée de coups.

Dans la première quinzaine d'avril, c'était devenu intolérable alors Diana retourna au couvent.

Elle fut accueillie par la supérieure qui avait hâte de la voir. Elle rendit visite à l'aumônier. Elle lui demanda s'il pouvait prendre les lettres urgentes qu'elle aurait à faire partir en les envoyant à la Boîte Postale de la gare pour que les lettres partent au timbrage d'ambulant. Il accepta.

Les lettres seraient envoyées à son ami Bridget en poste restante. Bridget n'aurait plus qu'à jeter les lettres à la boîte de sa ville.

Le second intermédiaire ne connaîtrait ainsi que la ville où était Bridget et il enverrait les lettres de la grande ville où il habitait.

Cette correspondance était donc grêvée d'un retard de 36 à 48 heures.

Les trois nuits suivantes, Diana fut moins tourmentée par les mauvais esprits.

Le 15 août, Diana assista à la messe et pria. Elle demanda des conseils de lecture à l'aumônier. Elle eut l'autorisation de jouer de l'orgue. En jouant, elle songea à Jeanne-d'Arc et lui demanda secours contre la franc-maçonnerie.

La secte maçonnique redoute (selon Diana) Jeanne-d'Arc. Satan sait que l'archange Michel le terrassera encore et toujours, et cette fois-là par le bras de Jeanne-d'Arc.

Diana composa un hymne à Jeanne-d'Arc. La supérieure et l'aumônier la félicitèrent.

Diana voulait aller à Lourdes mais elle savait que Sophia avait envoyé à la garde Orléans, en espionnage, l'épi d'or (S.’. 1408) en compagnie d'un frère brésilien. Ils empêchèrent le train en partance pour Lourdes.

Les 17 août, Diana unit ses prières à celle du grand pèlerinage national. Le 20 elle médita et supplia Marie de parfaire en elle l'oeuvre de Jeanne-d'Arc.

Elle rédigea un mémorandum pour les deux théologiens. Elle voulut l'envoyer les 21 mais elle lut un livre sur Sainte Euprépie morte au bûcher comme Jeanne-d'Arc.

Le soir, elle pria Marie pour qu'elle la délivre des démons et elle put dormir sans faire de cauchemar.

Elle avait emporté « Lucifer démasqué » de Jean Kotska et elle le lut.

Sa première nuit sans cauchemar, Diana rêva de Sainte Jeanne de Chantal, Sainte Euprépie et Sainte Adelinde. Elles lui parlaient de la vérité de la foi catholique.

Elle se vit prier à un prêtre d’ôter ses doutes sur la transsubstantiation. Et le prêtre lui expliqua que c'était pour les hommes que Jésus avait institué l'auguste sacrement de l'eucharistie.

Et lui dit simplement : « crois ».

Elle entendit la musique des anges. Elle se réveilla avec la Foi entière.

Elle n'eut plus de cauchemar. Elle pouvait déchirer son mémorandum à envoyer aux deux théologiens.

Elle y avait écrit ses doutes sur la Sainte Trinité à cause du palladisme qui n'admettait pas l'ubiquité attendu qu'il présentait deux éternels principes comme adversaires et se combattant à outrance.

Le palladisme, c'était l'existence de deux dieux contraires. Son deuxième doute étaie sur la Rédemption.

Il lui semblait impossible d'admettre intégralement l'Évangile et de ne pas voir des contradictions au sujet de la généalogie du Christ.

Satan soufflait à Diana que Joseph était l’égal de Marie devant la crèche de l'enfant Jésus ; il était le père du divin rédempteur, comme Marie était sa mère.

L'erreur de Diana s'était évanouie quand elle avait compris que Saint Luc donnait la généalogie de Marie et Saint Matthieu donnait celle de Joseph.

Son troisième doute étaie sur l'eucharistie. Elle comprenait Jésus-Christ corps, sang, âme et divinité, présent dans le pain exposé sur l'hôtel pour y être l'objet de l'adoration des fidèles mais elle ne pouvait croire qu'il fût également donné en communion dans le pain.

Dorénavant, Diana comprenait que les maçons des arrières loge avaient de la haine pour Jésus et que cette haine s'exerçait surtout à coup de poignard contre la divine eucharistie.

Diana prétendait que Jésus avait été persécuté par les juifs et l'était par les maçons.

Léo Taxil qui a écrit ce livre ne fait que reprendre la haine des catholiques de l'époque contre les juifs et les maçons et exploite en ce sens son personnage de Diana.

Diana évoque aussi ce que le docteur Bataille alias Léo Taxil racontait dans ses pamphlets antimaçonniques à savoir que les maçons mettaient des hosties pressées et déchirées dans des boîtes portées comme des bijoux.

Diana évoque la soeur Dorothea de Berlin qui volait les hosties pour les jeter à ses chiens.

Diana se fit cette réflexion : qu'un misérable jette en un égout les hosties saintes ; Dieu subit l'odieux outrage : mais les espèces du pain perdant bientôt leur intégrité, s'altèrent, le sacrement cesse aussitôt de subsister.

Les 21 août, l'aumônier lut avec joie la profession de foi de Diana.

Le lendemain, l'aumônier était allé au chef-lieu du diocèse où l'évêque lui avait donné l'autorisation de baptiser Diana et de lui faire faire sa première communion.

Cela eut lieu le 24 août.

Diana prétendit même qu'elle était à l'origine d'un miracle car une tuberculeuse envoyée à Lourdes avait été associée à l'espérance d'un prêtre de voir Marie témoigner de la bienveillance à Diana en guérissant la tuberculeuse.

Diana fit une neuvaine eucharistique pour réparer les crimes de ses les anciens frères et soeurs maçons.

Les premiers jours, réparation de l'incrédulité ; le deuxième, réparation de l'indifférence mondaine ; le troisième, réparation de l'égoïsme des coeurs durs ; le quatrième, réparation des péchés d'impureté ; le cinquième, réparation de la persécution ; le sixième, réparation des communions tièdes ; le septième, réparation des blasphèmes ; le huitième, réparation des communions sacrilèges ; le neuvième, réparation des profanations sectaires.

Elle commença sa neuvaine les 25 août.

L'aumônier lui conseilla de mettre ses prières par écrit et de les publier.

Le 2 septembre Diana quitta le couvent. Elle regagna sa retraite avec Bridget.

La conversion de Diana bouleversa les triangles écossais où elle avait des amis. Le dernier jour de sa neuvaine, Diana était hantée par le souvenir d'une chevalière élue qui, admise à l'initiation supérieure, en 1891, refusa de transpercer un pain eucharistique et fut assassinée. C'était une jeune institutrice initiée au palladisme. Dans le triangle de Londres où elle était, Lemmi envoya un prêtre apostat, d'origine polonaise. Ce prêtre fit admettre les rituels de satanisme par le triangle de Londres. Il devint le directeur du triangle.

L'institutrice était la fille d'un communard réfugié à Londres.

L'institutrice ne s'attendait pas à ce qu'on lui demande de poignarder une hostie. Elle refusa. Le Polonais insista. Elle annonça qu'elle quittait le triangle. Le Polonais la condamna à mort et le triangle vota à l'unanimité. La victime fut ligotée et jetée en pâture aux rats dans la cave du triangle.

Diana avait vu des gouttes de sang couler d'hosties transpercées mais elle était convaincue dans sa foi et pensait que le Christ dans sa souveraine béatitude échappait à toute l'impiété de la terre et des enfers.

Chapitre III : mon éducation luciférienne.

Diana pensait avoir le devoir de raconter sa vie car elle démontrait lumineusement que Satan n'est que l'esclave de Dieu. Son entrée dans l'église de Dieu était la fin d'une race diabolique si elle examinait en chrétienne la tradition de la famille, qui était une tradition de la haute maçonnerie occultiste.

Diana et son oncle paternel étaient les derniers descendants de l'alchimiste Rose-Croix Thomas Vaughan. Son oncle n'avait pas d'enfant et Diana n'en voulait pas car elle voulait se consacrer à Dieu.

Elle avait un secret traditionnel de famille. Le pacte du 25 mars 1645, signé entre Satan et Thomas Vaughan serait détruit le jour de l'entrée en religion de Diana ; en attendant il était entre de saintes mains.

Pour s'assurer la Pierre philosophale et 33 ans de vie dans la science hermétique et le pouvoir de faire de l'or, Philalèthe, qui avait obtenu par  Cromwell la « faveur » de décapiter le noble martyr Laud, archevêque de Cantorbéry, et qui avait recueilli de son sang, Philalèthe, les 25 mars 1645, offrit ce sang à Lucifer, en échange du pacte le plus inouï souscrit entre le démon et un humain.

Le linge fut brûlé par Vaughan en hommage à Satan.

Diana voulait brûler le pacte infernal et prendre le voile en 25 mars.

Vaughan écrivit sous le nom de Philalèthe, « l'Introïtus apertus ad occlusum Regis palatium » (l'entrée ouverte au palais fermé du roi) est pour les initiés du premier degré, la clé de l'occultisme, et pour les parfaits initiés du second degré, l'introduction des adeptes au palais (fermé aux profanes) de Lucifer dieu roi.

Diana voulait corriger des erreurs faites dans la biographie de son ancêtre. Il serait né en 1612 et pas en 1621. Il signait Eirenaeus Philaléthès et non pas Eugénius Philaléthès. Il serait mort bien plus tard qu'en 1665 et pas de façon humaine. Il serait mort en 1678.

Diana estimait que la maçonnerie antichrétienne était née de la réforme par Fauste Socin.

Quand Fauste Socin se réfugia en Pologne, il projetait de greffer sur cette branche de la Réforme une association secrète enseignant à ses adeptes une doctrine encore plus avancée en irréligion ; il voyait contre lui les catholiques et même les protestants ; car ceux-ci jugeaient qu'il allait trop loin. Lorsque le peuple de Cracovie, édifié sur l'impiété de Fauste, pilla sa maison, jeta au feu ses livres et ses manuscrits et faillit le massacrer en 1598, le neveu de Lelio Socin avait déjà eu des communications directes de Satan. Il avait juré une haine à mort à l'Eglise et se préoccupait d'instituer l'association tant rêvée. Deux ans avant sa mort, il reçut la visite de Valentin Andreae, qui lui fut présenté par son père ; celui-ci était le fils de Jacob Andreae, un des premiers qui adoptèrent les principes de la Réforme. C'est dans cette visite que Valentin fut consacré à Lucifer. Les adeptes de Socin se donnaient le nom de « Frères de la Croix de la Rose ». Ils se saluaient par ces mots : « Ave, Frater ». À quoi l'interpellé répondait : «Rosae crucis ».

Fauste Socin, pour les affiliés, et l'empereur maître. Avant de mourir, il avait désigné pour son successeur Cesare Cremonini, professeur de philosophie à Ferrare puis à Venise. Cremonini avait adopté la doctrine d'Averroès en disant à ses amis qu'elle était la bonne doctrine parce que le pape Léon X l'avait condamnée.

Cremonini était empereur maître de Rose-Croix Sociniens.

Mais Valentin Andreae fut considéré par les Blonski comme le véritable successeur de Fauste.

Pour Diana, Anderson et Désaguliers fondateurs de la franc-maçonnerie étaient des adeptes de Socin et des Rose-Croix.

En 1617, les neuf disciples de Fauste Socin, ayant la parfaite initiation de la Rose-Croix, étaient : Cesare Cremonini, Michael Maier, Robert Fludd, Valentin Andreae, Nick Stone, Lodewijk Van Geer, Samuel Blonski, Claude Guillermet de Beauregard et Amos Komenski.

Cremonini fut remplacé par Michael Maier qui désigna Andreae pour son successeur. Andreae s'intitula Summus Magister.

Diana affirmait connaître la liste des grands maîtres Rose-Croix sociniens : Fauste Socin de 1597 à 1604 ; Cesare Cremonini de 1604 à 1617 ; Michael Maier de 1617 à 1622 ; Valentin Andreae de 1622 à 1654 ; Thomas Vaughan de 1654 à 1678 ; Charles Blount de 1678 à 1693 ; Friedrich Helvétius de 1693 à 1709 ; Richard Simon de 1709 à 1712 ; Théophile Désaguliers de 1712 à 1744 ; Nicolas de Zinzendorf de 1744 à 1749 ; Johan Wolff de 1749 à 1780.

Diana prétendait que les livres écrits par Michael Maïer étaie des ouvrages d'occultisme révélant une partie de la doctrine luciférienne.

Pour Diana, le livre capital de Maïer, au point de vue des origines maçonniques, c'est sans contredit, le Themis Aurea. Il y écrit que les frères de la Rose-Croix doivent demeurer dans le plus rigoureux secret pendant 100 ans.

Ce livre a été écrit en 1617 et est le résultat des résolutions prises dans la réunion de 1617 dite du Dénombrement de la Fraternité, ou convent des Sept.

Il y avait Maïer, Stone, Andreae, Van Geer, Samuel Blonski, de Beauregard et Komenski. L'assemblée se tint le 31 octobre à Magdebourg dans la maison de l'Alstadt.

La date avait été choisie parce que le 31 octobre 1517, Luther afficha ses 95 thèses contre les indulgences à la porte de l'église de Wittenberg et Magdebourg car Albert de Brandebourg, archevêque de Magdebourg, avait été chargé par le pape de prêcher l'indulgence.

L'assemblée fulmina la malédiction contre la papauté, glorifia la mémoire de Socin et renouvela le serment socinien de détruire la religion catholique. Ils décidèrent que les Rose-Croix se couvriraient de mystère pendant un siècle et qu'en 1717, la Fraternité se transformerait en association ouverte à la propagande.

La légende Rose-Croix fut adoptée définitivement. Cette légende avait été reproduite par Andreae en 1615 dans «Fama Fratenitatis Rosae Crucis ».

De cette légende il importe surtout de retenir les dates qu'elle fixe d'une manière voilée, pour les rappeler aux initiés.

Lelio Socin avait écrit : « ce n'est pas Luther qui a apporté la lumière à ce monde plongé dans les ténèbres de la superstition, c'est Wiclef ; il faut remonter à l'heureuse année 1378, qui a vu le monstre papal coupé en deux et qui nous a valu l'admirable traité « Du pape romain ».

Cette date de 1378, on la trouve au point de départ de l'histoire merveilleuse de Christian Rosenkreuz, imaginée par Valentin, de même qu'on y trouve en point terminus la date de la mort du grand vénéré. Que dit cette légende ?

Christian Rosenkreuz avait été inscrit au livre du Destin pour vivre 106 ans sur terre.

À 20 ans, désireux d'étudier à fond la magie, il se rendit à Damas, et les maîtres de la philosophie orientale lui révélèrent des choses extraordinaires. Ils lui dirent qu'ils l'attendaient depuis longtemps car il était désigné pour être le promoteur d'une rénovation totale du monde.

Ils lui communiquèrent alors une partie de leurs secrets pour qu'il soit en état de remplir sa mission.

Rosenkreuz passa quelques années avec les philosophes d'Orient puis il se rendit au Maroc, à Fez, pour se parfaire dans la science de la kabbale. Il essaya de semer dans les esprits espagnols les principes rénovateurs qui devaient changer la face de la terre mais fut chassé d'Espagne. Alors il retourna en Espagne, d'où il était originaire et révéla à trois disciples le secret du grand arcane de la théosophie. Enfin, il se renferma dans une grotte pour y finir ses jours en solitaire.

Il mourut en 1484.

Ses trois disciples l'ensevelirent et disparurent.

Il fallait que le tombeau de Rosenkreuz soit ignoré pendant 6 × 20 ans.

En 1604, le hasard attira des hommes jusqu'à cette grotte. Ils trouvèrent le tombeau qui resplendissait d'une vive lumière. Il y avait là un autel avec inscrit : vivant, je me suis réservé pour sépulcre cet abrégé de la lumière. Une figure mystérieuse était accompagnée de cette épigraphe : jamais vide. Une deuxième figure : le joug de la loi. Une troisième : la liberté de l'Évangile. Une quatrième : la gloire de Dieu entière.

Dans la grotte éclairée, il y avait des miroirs et des livres de Paracelse.

Sur le mur était écrit : dans sixvingt ans, je serai découvert.

En 1378 eut lieu l'année du grand schisme en Occident. Wiclef écrivit en se réjouissant de voir la chrétienté scindée entre le pape de Rome et le pape d'Avignon ; que les peuples ne devaient pas laisser échapper l'occasion qui leur était offerte de rejeter le catholicisme.

Diana dit que son père lui donna à admirer Wiclef en qui il voyait un luciférien.

Quant à Rosencreuz, il expliquait à Diana que c'était un personnage symbolique incarnant l'alchimie, la kabbale et la théosophie. Son sépulcre que l'inscription disait ne jamais être violé, c'était celui des victimes de la superstition : Jacques de Molay, Jean Huss, Jérôme de Prague, Savonarole, Lucio Vanini.

1604 était l'année de la découverte du tombeau de Rosencreuz et celle de la mort de Fauste Socin.

Pendant la grande maîtrise de Michael Maier, les adeptes s'étaient multipliés.

En 1623, les Parisiens virent des affiches vantant les mérites du Collège principal des Frères de la Rose-Croix. Ce fut une moquerie générale, la Confraternité de la Rose-Croix fut tournée en dérision par les bouffons publics et les amuseurs publics dans les foires.

Les railleries dont les invisibles initiés étaient criblés empêchait de considérer leur association comme dangereuse.

Mais les jésuites ne furent pas dupes.

Un certain Henry Neuhaus publia à Paris, en 1623 un livre sur les Rose-Croix « Avertissement pieux et utile. Des frères de la Rose-Croix : à savoir s'il y en a ? Quels sont-ils ? D'où ils ont pris ce nom ? Et à quelle fin ils ont répandu leur renommée ? Ecrits mis en lumière pour le bien public ».

L'auteur disait que les frères de la Rose-Croix se recrutaient exclusivement parmi les anabaptistes et les sociniens.

Deux jésuites firent des recherches qu'ils publièrent. Le père Garasse « Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps » (1603) et le père Gauthier « Table chronologique de l'état du christianisme » (1626).

Diana tenait à fixer, d'une façon irréfutable, l'origine socinienne de la franc-maçonnerie par les Rose-Croix.

Lorsque la franc-maçonnerie fit son apparition en 1717, il ne s'écoule pas longtemps avant que des innovateurs voulussent se signaler dans une sorte de surenchère de nouveaux rites.

Le frère Ragon a compté que jusqu'en 1860, il avait été créé 193 rites ou ordres comptant plus de 1400 grades.

Diana prétendait qu'Albert Pike savait que les trois grades symboliques de la franc-maçonnerie étaient l'oeuvre de deux frères de la Rose-Croix socinienne, le troisième grade était composé sur les données de Robert Fludd. Le grade d'apprenti aurait été composé par la collaboration de Thomas Vaughan et d’Élias AShmole ; celui de compagnons, par Élias Ashmole seul ; celui de maître, par la collaboration de Thomas Vaughan et d'Élias Ashmole.

Albert Pike a fourni l'argument de l'origines socinienne aux maçons européens, qui toujours ont eu des tendances à ramener le siège pontifical de la franc-maçonnerie en Europe, et de préférence en Italie, patrie de Socin.

Diana prétend que les Rose-Croix, par des opuscules habilement rédigés et adroitement distribués, donnaient à entendre que les six principales règles de leurs parfaits initiés étaient : d'exercer une médecine charitablement et sans recevoir aucune rémunération de quiconque. D'adopter les coutumes du pays où leur mission les conduit et d'y vivre de telle sorte que personne ne puisse les soupçonner d'appartenir à la fraternité. De se rendre une fois par an au lieu fixé pour l'assemblée générale, et en cas d'empêchement majeur de faire tenir au grand maître une lettre exposant les motifs de son absence.

Ce nombre des plus hauts initiés étant limité, de choisir, chacun, avant l'heure de sa mort, un successeur capable d'occuper sa place et de le représenter dignement.

De garder une fidélité inviolable à l'association et de tenir d'une façon impénétrable, le secret des frères. De maintenir absolument secrètes pendant 100 ans les oeuvres et les personnes de l'association, et de croire fermement que, si la fraternité venait à faillir, elle pourrait être réensevelie dans le sépulcre de son premier fondateur.

Les Rose-Croix voulaient impressionner le public en affirmant n'être sujets ni à la faim, ni à la soif, ni à la vieillesse, ni aux maladies et que par la kabbale et la science des nombres, ils découvraient les choses les plus cachées. Ils avaient un livre dans lequel ils pouvaient apprendre tout ce qui était dans les autres livres fait ou à faire.

Ils affirmaient avoir trouvé la future langue universelle.

Ils affirmaient posséder plusieurs livres mystérieux, dont un, était le plus utile après la Bible, livre que tenait Rosencreuz en sa main droite au moment de sa mort.

Diana affirmait que le Saint empire n'aimait pas les Rose-Croix et que l'empereur avait proscrit Amos Komenski.

Elle disait que Komenski, réputé comme savant pédagogue sous le nom de Comenius, était l'un des principaux chefs de la secte des frères moraves ; c'était lui qui avait signé l'alliance avec les sociniens. Les moraves haïssaient la papauté. Ils étaient fixés en Moravie et s’allièrent aux Bohèmes massacreurs qui incendièrent les couvents. Ils avaient juré l'extermination de tout le clergé catholique. L'empereur rendit un édit contre les moraves suspectés de satanisme et ils durent quitter la Moravie.

Komenski s'établit en Pologne en 1624 avec un grand nombre de ses coreligionnaires.

Il devint le surintendant des moraves et vivait en la meilleure intelligence avec les sociniens.

Diana affirmait que Komenski avait écrit des messages à double sens dans « Labyrinthe des mondes » et que son sentiment luciférien transparaissait dans «Lux intenebris ».

Thomas Vaughan partit à Londres en 1636 et se lia avec Robert Fludd.

C'est cette liaison qui décida de sa vie car Fludd était alchimiste, socinien et Rose-Croix.

Fludd écrivit une lettre à Andreae pour lui recommander Vaughan. Il lui demanda de l'accueillir sans lui laisser soupçonner son avenir dans la Fraternité. Cette lettre fut gardée précieusement par le père de Diana qu'il tenait de ses aïeux.

Thomas Vaughan rencontra Andreae à Calw, près de Stuttgart, en 1636.

Il portait la lettre de recommandation de Fludd. Andreae l'accueillit et chargea Jérôme Stoinus de l'accompagner auprès de Samuel Blonski. Le voyage de Vaughan se termina par une rencontre avec Komenski.

En 1638, Vaughan alla en Amérique. Il rencontre John Cotten, un ministre protestant qui changea le nom de la ville de Trimountain en Boston.

Vaughan retourna en Angleterre en 1639.

Il a pris la découverte d'une corne d'or au Danemark et se rendit dans ce pays.

Le 20 juin 1639, une jeune Danoise Kaatje Schwenz aperçut sur le bord d'une route quelque chose de pointu et  bizarre. Huit jours plus tard, elle eut la curiosité de chercher ce que c'était et creusa un trou autour. Elle sortit un bloc de métal en forme de corne longue de 66 cm et creusée.

Le roi Christian IV lui acheta la corne. Cette corne resta au musée de Copenhague jusqu'en 1802. Elle fut volée cette année-là. Thomas Vaughan voyait dans cette corne l'histoire de la recherche de la Pierre philosophale.

Il la dessina. Elle comportait des figures d'oiseaux, de poissons, de loups, de chevaux à têtes et mains humaines, des têtes de mort, des tridents, des étoiles, deux satires dont l'un portait une hache et l'autre une faux, un cavalier au galop, un arbalétrier, un mage coiffé d'un bonnet a queue, une femme brandissant un couteau contre un homme, des croix et des coeurs.

Vaughan fit un rapport sur la corne et l'envoya à Komenski.

Diana prétendait que la «Pansophie » de Komenski prouvait que la franc-maçonnerie étaie d'origines socinienne. On y lisait l'expression Grand Architecte de l'Univers, Komenski prédisait la destruction de la papauté par une association internationale d'hommes bien éclairés qui élèveraient un temple de toute sagesse d'après les plans du Grand architecte de l'univers.

Thomas Vaughan avait 28 ans quand il passa de la Rose d'or à la Rose-Croix. L'initiation lui fut donnée par Komenski. C'est alors qu'il choisit pour nom Eirenaeus Philaléthès.

En 1640, Valentin Andreae était devenu prédicateur de la cour.

Le duc de Brunswick le prit pour chapelain.

Vaughan se lia d'amitié avec Élias Ashmole.

D'après Diana, Ashmole n'était pas juif même s'il apprit l'hébreu avec le rabbin Salomon Frank.

Diana le trouvait répugnant par sa cupidité. C'était pour comprendre divers auteurs hermétiques qu' Ashmole apprit l'hébreu.

Thomas Vaughan connut Ashmole en 1641. Ashmole était avocat. Il venait d'être recruté par la Rose-Croix quand sa femme Éleonor mourut subitement.

Ashmole fut initié Rose-Croix sans passer par les grades inférieurs par Georges Wharton et Thomas Wharton. Thomas Vaughan en fut étonné mais Thomas Wharton lui expliqua qu' Ashmole ne pouvait pas trahir car il était lié à lui par un terrible secret.

Ashmole fut initié Rose-Croix en 1641. Diana pensait que les Wharton avaient aidé Ashmole à tuer sa femme et à épouser sa seconde femme, vieille et richissime. Ashmole délivra George Wharton de la prison en 1652 et le fit intendant de ses biens.

Diana affirmait qu'un conciliabule secret de Rose-Croix condamna à mort l'abbé Bouis, prêtre d'Arles, qui avait publié en Provence, un ouvrage antisémite.

Philalèthe voyagea avec Komenski jusqu'à Hambourg puis alla aux Pays-Bas, en Italie et en France où il conçut le projet d'organiser la franc-maçonnerie. Il voulait réaliser le plan de Fauste Socin, élargir l'infernale propagande, restreinte jusqu'alors aux mystérieux groupes des Rose-Croix. Le convent de Magdebourg avait fixé au deuxième centenaire de la révolte de Luther l'époque de cette transformation et cet agrandissement de la Rose-Croix socinienne.

Thomas Vaughan pensait que le mieux était de préparer la nouvelle évolution, sans attendre la date de 1717.

On respecterait le vote du convent des 7 en ne manifestant publiquement qu'à la date fixée l'existence de l'association mais elle aurait été organisée avant.

Vaughan pensa s'introduire dans le compagnonnage. Il guérit la femme d'un compagnon du devoir qui était chapelier. Les chapeliers lui conférèrent une sorte d'honorariat. Il leur composa un rituel, basé sur une parodie de la passion du Christ.

On administrait au récipiendaire un nouveau baptême, en lui donnant à comprendre que c'était le seul valable pour être sauvé. Philalèthe composa un rituel semblable pour les compagnons cordonniers rémois.

Rentrée à Londres, Thomas Vaughan jugea que l'association, plus universelle, des francs-maçons, ouvriers du bâtiment, se prêtait mieux à la réalisation de son projet.

Il fut inspiré par la lecture des manuscrits de Nick Stone qui était un des 7 du convent de Magdebourg. Stone était architecte et membre de la corporation des francs-maçons. Quelques Rose-Croix s'étaient mêlés aux francs-maçons comme les Wharton.

Vaughan réunit ses amis les 14 mai 1643 pour y annoncer son plan sur la franc-maçonnerie.

Puis Vaughan se rendit en Suède par son ami Van Geer y avait été créé baron.

Il revint en Angleterre en 1644.

Le roi avait été battu par Cromwell. Diana prétendait que Cromwell était un maçon accepté et qu'il avait été reçu dans une loge de Warrington.

Elle prétendait qu'il était gagné en secret à la Rose-Croix socinienne.

Vaughan voulut recevoir le neuvième degré mais Valentin Andreae lui dit qu'il le recevrait de leur dieu. Alors Vaughan pria d'un prêtre céleste lui répondit. Il lui demanda d'être l'exécuteur d'un papiste et de brûler la chemise ensanglantée du condamné et d'appeler Lucifer.

Alors Vaughan obéit et exécuta l'archevêque Laud. Il prit la chemise de Laud et l'humecta du sang du condamné.

Il la brûla le jour où le Christ fut conçu dans le sein de Marie. Un spectre lui apparut avec Lucifer.

Le spectre était celui de Fauste Socin et il consacra Vaughan comme successeur de Valentin Andreae.

Vaughan réclama 33 ans de vie supplémentaire et les obtint.

Lucifer promit à Vaughan Vénus Astarté pour fiancée dont il aurait une fille.

C'est après avoir été consacré mage de cette façon que Thomas Vaughan écrivit «Introïtus Apertus ».

Sous son impulsion, les Rose-Croix se multiplièrent, et, aussitôt qu'ils atteignaient le cinquième degré, ils entraient dans les loges maçonniques.

Les initiés aux mystères de l'occultisme se réunissaient à part au sein de loges sans que les vrais maçons pussent soupçonner que leur société abritait les complots contre la religion catholique.

Vaughan et Ashmole écrivirent les grades d'apprenti, compagnon et maître en 1646, selon Diana.

Puis Vaughan partit en Amérique et se lia à l'apothicaire Starkey.

Il vécut avec les Lenni-Lennars. Il rencontra Vénus Astarté promise par Lucifer. Elle descendit du ciel. Il passa 11 jours avec elle. Elle lui fit une fille. Vaughan emmena sa fille chez les Indiens comme le voulait Astarté. Il l'appela Diana et lui laissa un médaillon pour qu'elle ait un portrait de son père. Pour commémorer la descendance d'Astarté, un atelier palladique fut créé à New York et reçut le nom de Phébé la Rose.

Diana en fut élue grande maîtresse à vie.

Diana expliquait que son prénom était l'équivalent féminin de Lucifer. L'atelier de New York l'accueillit sous le nom de Lucifera.

Elle voulut abandonner son prénom mais elle eut connaissance de Diana d'Andelo, une convertie et garda son prénom.

Ashmole composa le grade de compagnons en 1648 quand Vaughan était en Amérique sur les données laissées par ce dernier.

Vaughan revint en Angleterre fin 1648 d'où il dirigea les Rose-Croix.

Le grade de maître fut composé en 1649 par Vaughan.

Ni Ashmole, ni Vaughan ne dirent d'où ils avaient tiré la légende d'Hiram pour l'introduire dans le grade de maître. D'après Diana a cette légende se trouve dans l'un des 10 principaux Targums (paraphrases chaldaïques de l'Ancien Testament) attribué à Jonathan ben Uzziel.

Vaughan connaissait l'hébreu aussi bien et mieux même qu' Ashmole.

Diana était persuadée que Thomas Vaughan avait rédigé le grade de maître et que la preuve résidait dans le cahier interprétatif de Friedrich Helvétius. Helvétius fut disciple de Vaughan et alchimiste. Helvétius a interprété la légende d'Hiram en se basant sur les commentaires personnels d' Ashmole.

Ashmole pensait que le grand maître assassiné dont il fallait venger la mort était Charles Ier.

Vaughan écrivit un cahier du grade de maître et Ashmole un faux cahier de ce grade.

Le faux cahier fut rédigé 10 ans après le vrai.

Ashmole y plaça les constructeurs Charles, traiteusement mis à mort par trois compagnons.

Diana était convaincue que Cromwell était Rose-Croix et maçon accepté.

Dès 1649, les loges Rose-Croix pratiquaient le grade de maître avec la légende d'assassinat d'un architecte constructeur par trois mauvais compagnons.

Diana jugée impossible que Cromwell ait accepté que dans les loges, dont il faisait partie, on conspirât pour le rétablissement de la royauté.

Aujourd'hui, selon Diana, prendre au sérieux le faux rituel d' Ashmole, roulant sur l'assassinat du constructeur Charles serait d'une inexcusable naïveté.

Charles II put croire que Cromwell aurait toléré qu'on pratiquât dans les loges un symbolisme imaginé dans le but d'exciter à venger Charles Ier. À son époque, le véritable travail souterrain de la Rose-Croix socinienne et de la franc-maçonnerie était ignoré.

Helvétius était formel pour déclarer que Thomas Vaughan avait dirigé la rédaction du grade de maître.

La preuve était dans l'interprétation de la légende d'Hiram par Vaughan.

Pour Diana, c'était Satan qui avait inspiré l'auteur du Targum d'où fut extraite la légende d'Hiram.

Les rabbins talmudistes avaient donc coopéré à la création de la franc-maçonnerie. Une théorie d'interprétation de la légende d'Hiram était connue des arrières loge selon Diana.

C'était la théorie de la génération et de la putréfaction.

Hiram, enterré au Liban, a pourri dans l'humus de la terre ou était planté la branche d'acacia. Son cadavre s'est décomposé. «Mac Benac » s'est écrié le très respectable ; mot que l'on traduit par : « la chair quitte les os ».

Il faut de la putréfaction pour la génération disent les francs-maçons, selon Diana.

« Soyez-ensemenceurs le plus qu'il vous sera possible, dit Satan ; jetez le grain de blé là où il est destiné à germer, et sa putréfaction donnera génération ».

Selon Diana, Robert Fludd avait imaginé la théorie de la génération par la putréfaction.

Dans «Utriusque cosmi métaphysica », Fludd exposa le système de l'archétype et du macrocosme et du microcosme.

L'archétype est la divinité et ses 10 manifestations et le macrocosme est le monde, image et émanation de la divinité (région empyrée où résident les esprits célestes ; région éthérée : ciel des étoiles fixes ; et la région élémentaire qui est la terre et les autres planètes. Ce microcosme est l'homme. Pour Robert Fludd : « la même loi s'applique au règne animal, et en particulier à l'homme, ou microcosme ».

Vaughan était disciple de Fludd et pas Ashmole.

Vaughan hérita des manuscrits de Fludd. Le faux cahier du grade de maître écrit par Ashmole ne contient rien sur Hiram. C'est Vaughan qui a écrit la légende selon Diana. Le véritable cahier du grade de maître écrit par Vaughan aurait été détruit après avoir été recopié et plagié par Anderson grand maître de la franc-maçonnerie.

Désaguliers éprouva le remords d'avoir aidé Anderson à plagier Vaughan alors il fit une copie du cahier de Vaughan.

Diana évoquait la mission de Francisco Borri, un Rose-Croix qui voulait discréditer le catholicisme.

Il parlait aux foules au nom de l'archange Saint-Michel, qui lui avait remis, affirmait-il, une épée merveilleuse, forgée dans le ciel.

Il affectait une grande dévotion pour l'eucharistie et soutenait que le Christ et Marie étaient présents dans l'hostie.

Il attribuait un rang inférieur au Fils et au Saint Esprit.

Le saint-Office ordonna des poursuites contre lui. Il s'enfuit à Strasbourg. Puis il alla à Amsterdam. Il partit en Suède où il soutira des sommes considérables à la reine Christine.

Borri sema en Europe la haine de l'Eglise. Il avait, selon Diana, une salamandre pour épouse. C'était une salamandre avec un tronc et une tête de femme qu'il faisait apparaître d'une petite ampoule. Il l'appelait Elkbamstar. La salamandre prenait forme avec le sang de Borri.

Borri finit en prison et mourut en 1685.

Vaughan écrivit des ouvrages d'alchimie : « l'Anthropolosophia theomagica », «La Magia adamica », en 1650 et «Lumen de lumina » en 1651 et «Aula lucis » imprimé en 1652.

D'après Diana, Heider, ami de Diderot, avait, le premier, laissé comprendre, en parfait initié franc-maçon, dans ses « Idées sur la philosophie de l'histoire de l'humanité », que Valentin Andreae n'était pas ce que l'on avait cru. Il jugeait que trois ouvrages d'Andreae couvraient des aperçus suffisamment clairs sur l'organisation d'une société secrète destinée à détruire l'Eglise romaine.

Vaughan raconta ce qu'il avait vu à la mort d'Andreae.

Il affirmait que Van Geer, Komenski et Blount étaient apparus portés respectivement par un aigle, par un lion ailé et par un taureau ailé.

Les animaux s'évanouirent et furent remplacés par des daimons : Léviathan, Cerbère et Belphégor. D'autres daimons apparurent pour lui annoncer qu'il était le nouveau grand maître. Van Geer, Komenski et Blount le félicitèrent.

Vaughan affirmait que Van Geer avait le pouvoir de s'émietter en minuscules fragments.

En 1665, Blount eut un fils.

Il appela Charles. Vaughan évoqua Lucifer et annonça que Charles avait recueilli l'âme de Valentin Andreae.

Diana évoquait le premier Helvétius connu, disciple de Vaughan.

Son vrai nom était Johann Friedrich Schweitzer, venu de Suisse en Hollande d'où il se fixa pour pratiquer la médecine. Médecin du prince d'Orange. Il se lia avec Philalèthe a 42 ans.

Vaughan le convertir l'alchimie alors qu'il s'y était opposé.

Vaughan l’initia au neuvième degré de la Rose-Croix. Il fut grand maître de la Rose-Croix de 1663 à 1709.

Diana évoquée un livre écrit par Vaughan en 1645, «Introitus apertus » qui révèle aux initiés de la Croix d’or les arcanes de l'alchimie.

D'après Diana, Albert Pike à qui le père de Diana avait communiqué le manuscrit annoté de l’Introitus apertus, avoua à Vaughan avoir cherché la Pierre philosophale et l'avait trouvée.

Le secret pour la trouver était de prononcer les noms des hommes maudits par les prêtres du dieu qu'on adore à Rome. Depuis Caïn jusqu'à Fauste Socin et que ces noms soient prononcés avec bénédiction.

Et alors le Dieu bon venait pour offrir la Pierre philosophale à la dette. Quand Diana apprit cela, elle demanda à son oncle s'il fallait aussi prononcer le nom de Judas avec amour et rit pour se moquer de lui mais son oncle se mit en colère. Le père de Diana lui avait ordonné de ne pas bouger tandis que son oncle alla chercher une fiole.

Il la déboucha et versa quelques gouttes du contenu dans sa main et s'enduisit les lèvres, le nez, les paupières et le creux de ses oreilles.

Il murmura des mots inintelligibles et le père de Diana lui répondait. Ensuite, il tourna autour de Diana et s'arrêtait à chaque septième pas ; alors le père de Diana tournait trois fois sur lui-même. C'était un exercice luciférien.

À la fin, l'oncle se coucha de tout son long et approcha ses lèvres huileuses du bout du pied droit de Diana et recommença à parler sa langue incompréhensible.

Le père de Diana partit chercher une poule noire et porta le bec de la poule qui se débattait, sur la bouche de Diana.

L'oncle toucha les cheveux, les narines, les yeux et les oreilles de Diana.

Enfin, l'oncle et le père de Diana crièrent et le père étrangla la poule. Alors toutes les vitres se brisèrent avec fracas.

L'oncle crut Diana délivrée.

Diana raconta qu'un jour, Albert Pike entendit une voix intérieure lui dire de sortir de son laboratoire. Il obéit et la voix le fit marcher et lui ordonna de méditer devant le Dieu-Bon.

Pike se trouvait devant des rochers et en cherchant qui était le Dieu-Bon il maudit le Dieu de la Bible.

Il crut que Jupiter était le Dieu-Bon. Il bénit les noms maudits et les flammes sortirent des rochers.

Coré, Dathan et Abiron sortirent des rochers et lui annoncèrent qu'il serait le pape de la vraie religion. Coré lui remit un fragment de la Pierre philosophale.

Il lui annonça que le Dieu-Bon lui en donnerait d'autres que lorsqu'il le jugerait nécessaire.

Les trois démons, qui se faisaient passer aux yeux de Pike pour Coré, Dathan et Abiron, lui dirent dans quel sens il fallait qu'il interprète le mot « Dieux » appliqué aux esprits de lumière et lui promirent que la protection du Très Haut ne lui manquerait jamais.

Les manuscrits de Philalèthe étaient la base de l'enseignement que reçut Diana.

Son père et son oncle l'imprégnaient graduellement de tous les dogmes du luciférianisme palladique.

Elle grandit dans la vénération de son ancêtre Thomas Vaughan.

En 1668, Philalèthe initia Simon de Vriès, à La Haye et le chargea de veiller sur Spinoza, qu'il savait être utile aux Rose-Croix.

Vers 1674, Vaughan fit venir auprès de lui Charles Blount pour l'engager à se pénétrer des préceptes secrets des néoplatoniciens d'Alexandrie. Il lui recommanda de s'appuyer sur des maçons acceptés formant l'élite maçonnique pour que la propagande socinienne soit toujours très active dans les loges.

Vaughan avait construit un miroir concave, d'acier, dans lequel, après certaines prières et magiques opérations, il apercevait les personnages vivants, appartenant à la Rose-Croix. Il surveillait ainsi ses subalternes.

L'esprit Nergac était invoqué pour cette opération.

Il voulait utiliser le miroir pour voir sa fille mais cela lui était interdit les esprits lui permirent de voir le fils peau rouge qu'avait eu sa fille. L'enfant se trouva un jour dans son lit. Le Dieu-Bon permit à Vaughan de comprendre la langue indienne de l'enfant.

L'enfant lui parla de ses parents.

Puis l'enfant disparut car Lucifer avait voulu que cette joie fut seulement passagère.

Vaughan écrivit une lettre avant sa mort ordonnant le silence complet sur lui.

Diana prétendait qu'un triangle présidé par le contre-amiral Albert Hastings Markham à La Valette invoquait le Dieu-Bon et que par l'intermédiaire d'un talisman constitué d'une flèche de fer, la signature lumineuse du Dieu-Bon se traçait dans l'air par l'esprit de Thomas Vaughan.

Diana prétendait avoir assisté à ce prodige. Elle vit même le Dieu-Bon présider la tenue.

Diana demanda à Lucifer de faire apparaître Thomas Vaughan et il accepta à condition qu'elle soit la seule à le voir.

Lucifer évoqua Grévy qu'il jugeait un excellent serviteur de sa cause. Jules Grévy avait expulsé quelques moines : Lucifer prit le talisman et écrivit le récit de Thomas Vaughan qui apparut pour Diana seule. Vaughan raconta comment Lucifer l'avait emporté avec lui le jour de sa mort.

Vaughan lui parla de l'avenir. Il lui apprit qu'elle rencontrerait le pape et qu'en 1900 la franc-maçonnerie obtiendrait ses plus grands succès mais qu'une colonne de noire fumée s'élèverait du pays belge et qu'il y aurait des combats entre les catholiques et les lucifériens. Il prédit une guerre entre la France et l'Espagne.

Diana estimait que la principale base de son éducation luciférienne avait été l'enseignement, à fortes doses admiratives, de la vie de Philalèthe.

Le catholicisme était connu d’elle à rebours.

Sa mère, protestante des Cévennes, n'intervint jamais dans son éducation.

Son père l'éleva comme si elle avait été un garçon. Elle pratiqua la gymnastique, l'équitation, l'escrime, les jeux de force et la course.

Sudiste, son père lui inculqua le mépris des esclaves.

Sa mère n'osait protester, étant d'un caractère faible.

Elle emmenait Diana visiter ses pauvres.

Sa mère mourut quand Diana eut 14 ans.

En 1880, près de Mammouth Cave, dans le Kentucky, elle croisa des Noirs qui poussèrent des cris pour l'effrayer. Elle en tua trois.

Mais les autres l'immobilisèrent.

Un jeune homme blanc, au visage enflammé, la sauva. Il l'emmena dans les airs.

Il connaissait son nom et se déclara son protecteur.

Il toucha son visage et elle ne put plus voir ni entendre.

Elle s'endormit et se réveilla dans son lit. Son père était près d'elle avec le jeune homme.

Diana revit son sauveur cinq mois après. C'était près de Louisville.

Elle chevauchait quand son cheval s'emballa. Ce jeune homme apparut et calma le cheval. Elle demanda son nom mais cela aurait révélé sa nature. Il lui dit qu'un jour elle saurait quelle destinée le liait à lui et disparut.

Diana pensa bien plus tard que c'était l'intervention du diable qui la guettait et provoquait à la fois son admiration et sa gratitude par sa mise hors de péril en de telles circonstances.

Après cette expérience, le père de Diana et son oncle s'appliquèrent à lui faire ressortir tout le merveilleux qui éclatait dans l'existence de Thomas Vaughan.

De 1880 à 1883, elle reçut le complément de l'instruction luciférienne. L'Apadno et les autres infernaux livres furent mis entre ses mains et expliqués.

Elle était destinée au palladisme de la fondation de celui-ci.

Elle traversa la maçonnerie d'adoption par pure formalité. Elle reçut les trois premiers degrés en tenue extraordinaire de la Grande Loge du Kentucky.

Elle fut initiée apprentie le 15 mars 1883, compagnonne le 20 décembre 1883 et maîtresse le 1er mai 1884.

Réservée à la Haute Maçonnerie, par décret d'Albert Pike, elle ne fréquente pas les loges ordinaires d'adoption mais les triangles.

Elle fut initiée au palladisme en 1884 au Parfait triangle les Onze Sept.

Le jour de ses 20 ans, le 29 février 1884, le daimon qui l'avait sauvée deux fois se manifesta à la réunion des Onze Sept, à Louisville.

Le daimon déclara être Asmodée et apporta une queue de lion qu'il prétendit avoir coupée dans une bataille contre le «Maléakh Marc ».

Asmodée déclara que le temple de Louisville serait consacré à Diana et il offrit la queue de lion en gage d'amitié. Asmodée plaça un de ses légionnaires dans la queue du lion (Bengabo).

Diana fut initiée Chevalière Elue Palladique le 28 octobre 1884.

Elle devint luciférienne de coeur.

Son oncle n'avait pas pu venir à la réception alors le père de Diana avait voulu lui en rendre compte et prit en route un refroidissement qui provoqua une pneumonie. Il en mourut le 4 décembre dans les bras de l'oncle de Diana. Ce jour-là, Diana était morose sans savoir pourquoi.

Elle ne put dormir. Elle éteignit sa lampe mais soudain, sa chambre fut éclairée d'une lumière brillante et blanche. Asmodée apparut. Son visage n'était plus humain. C'était un esprit de feu. Il lui montra son père étendu sur son lit d'agonie, se débattant contre un horrible monstre suspendu dans l'espace et battant l'air de deux ailes noires et armé d'un trident.

C'était Mickaël qui tuait son père. Asmodée lui montra l'assassin de son père afin qu'elle sache qui elle devait maudire..

Asmodée lui dit que Mickaël avait également tué sa mère. Asmodée lui dit qu'il viendrait l'aider au moindre danger.