17 février 2009
Visa pour une autre terre (Jacques Bergier)
Visa pour une autre terre (Jacques Bergier)
1 Le pudding magique
Pour Bergier, le connu et l’inconnu sont mélangés. L’image du monde est celle d’un pudding contenant des fruits confits. La science cherche à diminuer les phénomènes inconnus. Le pudding est extrêmement riche en inclusions contenant de l’inconnu et qu’on ne peut déloger. Arthur C. Clarke a écrit : « une science supérieure à la nôtre doit nécessairement nous apparaître comme une magie ». Pour Bergier la science ne doit nullement être séparée du rêve et du fantastique. Il fait référence à Teilhard de Chardin (comme dans le Matin des magiciens) : « A l’échelle du cosmos, le fantastique seul à la chance d’être vrai ». Bergier est plus franc car il défend ses idées saugrenues pace que cela l’amuse et qu’il pense distraire le lecteur et lui donner quelques bonnes occasions de rêver. Il pense que les univers différents du nôtre nous influencent et que nous les influençons mais qu’il ne faut pas être paranoïaque. Nous sommes maîtres de notre destin, et celui-ci n’est régi ni par le « sens de l’histoire » des marxistes ni par les sociétés secrètes. Il est probable que, pour rester indétectables, ces sociétés secrètes ne doivent justement pas intervenir dans nos vie (Bergier ridiculise donc tous les conspirationnistes paranoïaques qui croient aux théories du complot). Néanmoins Bergier pense que des sociétés secrètes existent. Il y aurait une société secrète de télépathes dans un pays de l’Est mais comme la police ne dispose pas de télépathes, ils ne risquent pas d’être découverts. Bergier évoque un livre intitulé « Ahead of time » rédigé par des savants qui mentionnerait la description d’une machine à prédire l’avenir, la descritpion de planètes artificielles, la théorie d’un astronef interstellaire, des méthodes pour communiquer avec les extra-terrestres. Bergier ne faisait partie d’aucune société secrète car il ne voulait pas promettre le secret. Il estime qu’on trouve souvent en enregistrant toutes les communications radio, toutes les émissions de télévision et en les écoutant des portions considérables du pudding magique. Mais elles restent propriétés des gouvernements au niveau des dossiers File et and forget, c’est-à-dire : classez cette information et oubliez-la. Bergier prétend avoir accès à ces dossiers.
La géographie sacrée
Bergier pense qu’il n’est pas farfelu de croire à des régions qui ne sont pas répertoriées sur les cartes. Les vols sans retour en Bretagne, les pays dont on ne revient pas en Cornouailles, la Terre interdite en Amazonie, la ville de Luz, la ville du Roi du monde dans les traditions dont parle Guénon, en sont des exemples. Après avoir lu Guénon, Bergier pense qu’il y a une infinité d’états, de niveaux, de surfaces de Riemann, de plis topologiques ou de plans d’existence liés à la Terre. Sur ces plans, sept nous sont accessibles, ou tout au moins sont accessibles à de heuts initiés. On les appelle les sept dwipas. Une des dwipas est habitée. La réside le Roi du monde, qui garde ce qu’il y a d’essentiel dans l’humanité, les aspirations spirituelles. Dans sa ville, Schamballah, se trouve un centre de la tradition et de la recherche. Des sociétés secrètes ont le devoir de protéger les approches de ces centres et de se sacrifier jusqu’à la mort et à la torture pour que ces approches ne soient pas découvertes. Les Templiers en furent un exemple. L’existence des sept planètes/dwipas est connue des sociétés ésotériques et il existe de nombreux cas de voyageurs venus de pays qu’on n’a pas retrouvés ensuite, qui parlaient une langue inconnue, qui avaient sur eux des cartes d’un monde qui n’était pas le nôtre. La frontière entre notre Terre et d’autres pays paraît être invisible mais plus facile à franchir qu’on ne le croit. Les disparitions d’êtres humains pourraient être expliquées par ce phénomène. Selon Bergier, les astronautes auraient pris des photos de la Terre qui ne la montrent pas telle que nous la connaissons. Pour lui, il est possible que toute l’architecture sacrée consiste à réserver une porte s’ouvrant sur les aspects inconnus de la Terre. Ce serait là le secret de tout temple, quelle que soit la religion à laquelle il appartient.
Ils sont parmi nous
D’après Gustav Meyrinck, il existe une série indéfinie et peut-être infinie d’états de conscience supérieurs à l’éveil. Une personne éveillée peut s’éveiller encore plus et passer dans un état de conscience supérieure. Bergier évoque Appolonius de Tyane. George Robert Stow Mead, secrétaire de Mme Blavatsky a écrit la biographie d’Appolonius de Tyane. Appolonius née en 17. En l’an 66, il est expulsé de Rome. Il voyage aux Indes puis revient en Grèce. Il manifeste alors des pouvoirs super-normaux. En 96, il voit à distance l’assassinant de l’empereur Domitien. Il disparaît finalement sans qu’on puisse trouver des témoins de sa mort ou sa tombe. Il a alors entre quatre-vingts et cent ans. Il aurait visité un monde inconnu, la ville Iarchas. Il aurait vu des extra-terrestres. Durant toute sa vie il manifeste ce que nous appelons des pouvoirs parapsychiques : lévitation, lecture de pensée, clairvoyance, vision de l’avenir. Bergier raconte ensuite l’histoire d’Armand Robin. Dans les années 50, un jeune Breton vient à Paris. Il révèle un don des langues prodigieux, invraisemblable. Il en apprend 26. Il écrit des poèmes qui paraissent chez Gallimard. Mais les livres et les manuscrits ont disparu. Robin est télépathe, clairvoyant et prédit l’avenir. Il meurt en 1961 frappé à mort par les policiers. Puis, il est question de Mallory Hahfield (1880-1958). Il pouvait faire pleuvoir à volonté. En 1902, il est représentant voyageur de commerce en machine à coudre. Il n’a pas fait d’études mais il lit beaucoup. Il devient faiseur de pluie commercial en 1903. Il n’échoue jamais. Bergier évoque ensuite l’Australien Louis Rodgers. Il était médium et on le voyait à plusieurs endroits à la fois. En 1942, il meurt au combat et son secret est mort avec lui.
les portes induites
Si notre Terre est un lieu de passage, il doit y avoir des portes qui, à partir de notre monde, s’ouvrent sur l’inconnu et à partir d’autres aspects de l’univers sur notre Terre. Les lieux où on peut soupçonner l’existence d’une porte induite se distinguent par les caractéristiques suivantes : La gravitation y est perturbée, le magnétisme terrestre y est perturbé, on y observe des visions, des disparitions énigmatiques y ont lieu. Un de ces lieux serait Chimney Rock en Caroline du Nord. On y aurait vu, en 1806, des milliers d’êtres humains flottant dans l’air. Dans le Triangle des Bermudes, les disparitions se comptent par centaines. Il y aurait un cycle de 9,6 ans au cours duquel les portes manifesteraient une activité violente. Damon Knight, le biographe de Charles Fort, pense que ce cycle a une origine cosmique ou extra-terrestre. La technique de fabrication des portes induites peut être trouvée dans le livre « Oahspe » publié en 1880 et écrit par le dentiste John Ballou Newbrough sous l’effet de transes provoquées par le gaz hilarant. On trouve aussi cette théorie dans le rituel de la Golden Dawn. Bergier pense que Sirhan Sirhan, l’assassin de Robert Kennedy a agi sous l’effet de transes. Condamné à mort, il demanda un exemplaire de la Doctrine secrète de Blavatsky pour le lire dans sa cellule. Truman Capote le rencontra et l’assassin prétendit avoir été téléguidé. Le mathématicien allemand Zöllner s’est intéressé aux portes induites. Il trouva un médium appelé Slade qui prétendait avoir une vision intuitive de ce phénomène. Ayant reçu de Zöllner la formation mathématique appropriée, Slade, en présence de Zöllner et de nombreux témoins, plaça des objets dans une boîte ficelée avec des noeuds difficiles à défaire instantanément et en pleine lumière et les retira en laissant les noeuds intacts. Aussitôt une vaste campagne fut lancée contre Söllner et celui-ci renonça à son travail. Il serait intéressant de savoir si les portes induites émettent des ondes de gravitation et Bergier espérait que l’appareillage soviétique permettant de les détacher serait utilisé dans le Triangle des Bermudes. Un endroit qui paraît être particulièrement caractérisé comme étant une porte induite est Bahia Blanca, en Argentine. En mai 1968, le Dr Géraldo Vidal et sa femme se trouvent pris dans un brouillard épais, extrêmement rare dans la banlieue de la ville. Ils perdent connaissance. Lorsqu’ils la reprennent, leurs montres sont arrêtées, la surface de leur voiture a été fortement écorchée et ils sont sur une route inconnue. Lorsqu’ils arrivent au village le plus proche, ils constatent à leur grand ahurissement que 48 heures se sont écoulées et qu’ils sont au Mexique.
Une autre question intéressante, c’est de savoir si des facultés de perception extra-sensorielles ne peuvent pas parfois franchir les portes induites et donner des images des faces cachées du monde. On peut également se demander si des radiations parfaitement connues ne peuvent traverser les portes induites. Il y a des émissions de TSF d’infrarouge et d’ultra-violet dont on n’arrive pas à situer la source.
Einstein a montré que l’espace n’est pas une catégorie métaphysique mais une grandeur physique. On peut imaginer que la courbure spéciale qui sépare les diverses terres ou dwipas les unes des autres peut être à son tour influencée et qu’on peut créer sur cette Terre des portes qui conduisent également sur la Terre mais dans des aspects de la Terre qui ne sont pas normalement perceptibles.
les immortels
Bergier raconte qu’au printemps 1944, il a vu arriver à Mauthausen des Témoins de Jéovah qui ont demandé à être volontairement internés pour rapporter les crimes ici commis et en être directement témoins le jour du Jugement, placés à la droite de Dieu. Les témoins de Jéovah prétendent que 144 000 Immortels sont déjà parmi nous. Dans toutes les civilisations, la tradition d’une petite minorité d’Immortels vivant parmi nous est fondamentale. La légende la plus célèbre dans ce domaine est évidemment celle du Juif errant. La plus ancienne légende d’immortalité est l’épopée sumérienne de Gilgamesh. Le héros trouve au fond de la mer une plante dont le suc restaure la jeunesse et prolonge la vie indéfiniment.
Le sénateur états-unien Roger Sterman Hoar partant de l’idée que la vieillesse est causée par l’accumulation de l’eau lourde dans l’organisme en déduisit que l’élixir de longue vie pourrait être tout simplement une substance qui élimine de l’organisme l’eau lourde dans la sueur et les urines, de préférence l’eau légère. Une telle substance aurait pu être trouvée empiriquement (ou obtenue par contact avec les extra-terrestres) dans un passé lointain et le secret serait conservé par une société d’Immortels recrutant peu. L’idée est assez plausible et une telle société d’Immortels serait très difficile à déceler. Les alchimistes européens, s’ils paraissent avoir réussi le Grand Oeuvre, ne paraissent pas avoir réussi l’élixir de longue vie. Une société secrète possédant une eau très pure qui prolongeait la vie paraît s’être manifestée au XIXè siècle par la guérison de Goethe, qui était condamné. Goethe s’avoua passionné par l’alchimie. Comme Newton, il s’intéressait à la fois aux disciplines paranormales, à l’optique, notamment à la théorie de la couleur, et à la météorologie, notamment la théorie des nuages. La société secrète qui a sauvé Goethe aurait donné des autorisations pour créer la Golden Dawn. C’est également cette société qui aurait participé à l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler.
Bergier pense que la sauvegarde de la société des Immortels doit devenir de plus en plus difficile à mesure que les techniques militaires se perfectionnent. Si on trouve des moyens d’identification encore meilleurs que les empreintes digitales : structure rétinienne, électro-encéphalogramme, et que tous les humains soient fichés par un ordinateur central, celui-ci s’apercevra que certains humains survivent à tous les âges. A moins que la société secrète des Immortels ne trouve moyen de détraquer ce calculateur à distance. Les Supérieurs inconnus, les maîtres qui ont inspiré des mouvements tels que la Théosophie ou la Golden Dawn, seraient immortels. Pythagore et Francis Bacon seraient de nos jours encore parmi eux. Pour Bergier, on devrait reconnaître un Immortel par la sagesse qu’il a acquise, par son détachement, par le développement progressif de son intelligence.
Sociétés secrètes et centrales d’énergie
Pour Bergier, une véritable société secrète n’interfère pas, elle ne fait pas de publicité, elle n’édite pas de revue. Il est persuadé qu’il y en a dans le monde où nous vivons. Les participants à cette société ont des vies plus riches que les nôtres, et cela suffit. Ils ne sont pas détectables, même si leur activité produit des effets physiques. Une société véritablement secrète n’a pas besoin de se réunir. Il suffit pour tenir une réunion que les membres de la société possèdent des moyens de télécommunication qui ne sont pas inventés à l’époque où ils vivent. Ces sociétés secrètes ne sont pas un gouvernement invisible du monde, ni des gens qui ont quoi que ce soit à enseigner ou à prêcher : il s’agit de gens qui ont découvert un domaine qu’ils veulent explorer et garder pour eux dans le secret. Ils sont nécessairement peu nombreux et augmentent nécessairement leur nombre par cooptation. De telles sociétés sont des centrales d’énergie psychiques. L’idée d’une pile psychique se forme lorsqu’on place dans des positions géométriques définies des êtres humains purs est nouvelle mais non pas absurde. Les énergies liées au psychisme, elle doivent en retour pouvoir agir sur le psychisme. Il en résulte que les centrales d’énergie peuvent, sans le vouloir ou en le voulant, agir sur le psychisme des êtres qui sont dans le voisinage de la centrale ou peut-être même sur le Terre entière. L’évolution psychique de l’humanité pourrait être ainsi influencée dans le bon ou le mauvais sens. Bergier va jusqu’à prétendre que les centrales d’énergie qui ont précédé le nazisme ont pu influencer toute la psychologie du peuple allemand dans le plus mauvais sens imaginable. Bergier pense également que les contacts avec d’autres planètes habitées, que l’on cherche en vain par radar sont peut-être depuis longtemps établis entre des sociétés secrètes et des intelligences d’autres planètes. Pour que de telles sociétés ne dirigent pas le monde, les méthodes de recrutement exigent un désintéressement tout à fait absolu, et un détachement du monde. Les super-intelligences ne doivent ressentir aucun besoin de faire profiter l’humanité de leurs travaux qu’elle ne comprendrait d’ailleurs pas. Bergier pense qu’il y a des sociétés secrètes plus anciennes que l’on ne pense et qui ont déjà survécu à pas mal de fins du monde, à bien des déluges, et qui ont conservé des secrets ayany plusieurs dizaines de milliers d’années d’existence.
Les idées d’un non-initié sur l’initiation
Bergier prétend n’avoir rencontré que de faux initiés. Il les a recnontrés au café de Flore et aux Deux Magots. Pourtant, Bergier pense qu’il doit y avaoir une vraie initiation. Dans les civilisations du passé, il a dû y avoir aussi des sociétés secrètes en progrès sur le milieu local et temporel. Ces initiations sont mortes mais des sociétés secrètes ont survécu. Leur savoir, leur pouvoir c’est ce que l’initiation doit révéler. Bergier a voulu être initié deux fois mais il a été refoulé pour moralité insuffisante. Comme dans le Matin des magiciens, Bergier parle des Neuf Inconnus. Cette société est aussi ancienne que l’Inde elle-même mais le contact avec cette société ne paraît pas facile. Bergier évoque une civilisation située dans l’Antarctique qui daterait de moins quarante mille ans à moins vingt mille ans par rapport à nous. Des traces de cette société nous seraient parvenues par l’intermédiaire de l’Egypte. On peut donc imaginer une filiation, une société secrète invisible se formant au sein de la civilisation de l’Antarctique, continuant son oeuvre en Egypte et fonctionnant encore de nos jours. C’est la communication d’une partie ou de la totalité de la réserve d’information de cette société que Bergier appelle l’initiation. Pour lui, l’information traditionnelle, la source de l’initiation, serait en nous tous inscrite dans notre code génétique. Dans ces conditions, initier quelqu’un ne serait pas lui faire suivre des cours mais faire remonter dans son conscient ce qu’il sait déjà, mais sens s’en rendre compte. Cette initiation est rare et concerne, selon Bergier, cent personne par génération. Cette vision de l’humanité n’est pas démocratique et Bergier avoue n’être pas démocrate. Pour lui les humains ne naissent pas égaux. Ce qui corrige l’existence d’une aristocratie héréditaire, c’est le fait que celle-ci ne se manifeste pas, qu’elle n’a aucune prétention à être une race élue ou gouvernée et qu’elle fait tout son possible pour passer inaperçue et y réussit.
Un de ceux qui gardent les clefs des secrets de la magie...
Bergier raconte l’histoire d’un homme qui se faisait appeler le cavalier blanc à Lyon au début de 1944 et qui voulait combattre le nazisme par la magie blanche. La Gestapo le poursuivit mais il disparut de façon inexplicable. Pour Bergier, il existerait donc un mythe de l’apparition du Protecteur et le premier serait apparu à Sumer et s’appelait Gilgamesh. Le Roi du monde de l’Agartha en serait un autre exemple révélé par Saint Yves d’Alveydre au XIXè siècle dans « Mission de l’Inde » en Europe ». C’est l’occasion pour Bergier, d’évoquer Saint-Yves d’Alveydre. Il révèle que « Mission de l’Inde en Europe » fut détruit par l’auteur suite à des menaces puis publié en 1910 et enfin brûlé par les nazis. Il révèle que son dossier de fonctionnaire s’est volatilisé aux Archives.
Bergier pense que les Templiers étaient les représentants du Protecteur. Il existerait des objets qu’Himmler recherchait mais qui furent protégés pendant la guerre. Bergier estime que la Soga-Gokkaï au Japon est une manifestation du Protecteur. Cette société a publié des textes réservés à l’empereur du Japon révélant des contacts avec les extra-terrestres. Pourtant en soixante siècles d’activité le Protecteur n’a jamais fondé une religion.
est resté sur cette terre et rassemble les élus.
Le but du Protecteur en restant sur cette Terre est de rassembler les élus. Un peut partout sur Terre, on construit des refuges permettant à un certain nombre d’élus d’être sauvés en cas de catastrophe. Une arche a été construite en Suisse et Bergier a été pressenti pour s’y réfugier mais il a refusé ne croyant pas à une catastrophe. Pour lui, il suffirait de huit cents personnes de professions différentes, bien choisies, pour pouvoir reconstruire une civilisation d’où l’on aurait laissé tomber tout ce qui n’est pas essentiel. Le livre de Bergier est écrit à l’époque de la guerre froide laissant soupçonner une guerre atomique et l’auteur imagine des possibilités de constructions d’arches pour des élus qui pourraient survivre ainsi pendant un siècle.
10 Dans ces livres poussiéreux...
Bergier explique que ses sources viennent de livres et de magazines scientifiques. Il encourage la lecture de livres de savants où on trouvera les idées les plus extraordinaires et aussi les faits les plus étranges. Bergier est très dur avec les sciences humaines (psychologie et sociologie). Il pense que beaucoup plus que l’astrologie ou la sorcellerie ce sont des fausses sciences.
10 février 2009
La guerre secrète de l'occulte (Jacques Bergier)
La guerre secrète de l’occulte (Jacques Bergier)
Bergier pense qu’il y a un danger analogue à Hiroshima à partir des recherches en parapsychologie et qu’elles auront des applications militaires. La police soviétique arrêtait les parapsychologues avec le même zèle que les dissidents mais au lieu de les envoyer au goulag, le KGB les faisait travailler. La CIA, elle aussi, fait appel aux forces occultes.
Un médium et un sous-marin
Bergier évoque l’Etats-unien Ingo Swann né en 1933. Il fut influencé par la lecture de l’ouvrage de Stapledon « créateur d’étoiles ». Dans ce livre, Stapledon décrit des voyages par clairvoyance jusqu’à l’extrême limite de l’univers. Il fit contrôler ses prouesses par des chercheurs. Il était capable d’émettre un rayonnement ultraviolet et de faire varier à volonté la température d’objets placés à 7 mètres de lui dans une bouteille thermos. Il voyagea jusqu’à Mercure par la pensée et découvrit avant les astrophysiciens que cette planète avait une atmosphère. Swann considéra le parapsychlogue Uri Geller comme un escroc.
Il est également question du millionnaire Hughes qui avait constitué une société composée de mormons, chargée d’étudier les problèmes qui se posent à la limite de la science. Hughes était lié à la CIA et plus spécialement ou groupe chargé de l’étude des phénomènes occultes dont le nom de code était midnight climax. La CIA, Swann et Hughes avaient réussi à découvrir l’épave d’un sous-marin soviétique et tous les secrets militaires qu’il contenait grâce aux pouvoirs de Swann. Bergier pense que la clairvoyance surpasse les satellites car cette dernière traverse l’espace comme le fond des mers ou les cavernes. De plus, il n’existe pas d’écran contre la clairvoyance. Bergier veut démontrer qu’une guerre secrète utilisant l’occulte changerait tout. Il prétend que le mathématicien anglais Adrian Dobbs travaillait pour l’armée britannique à l’application militaire des phénomènes parapsychologiques. Il avait théorisé l’existence des psitrons permettant de voyager, sans problème de distance, par la pensée. D’après Dobbs, rien ne peut arrêter les psitrons, aucune barrière matérielle ou énergétique, si bien que rien ne peut être caché à un clairvoyant. Conséquence : impossibilité absolue de dissimuler la moindre information et, par là même, effondrement de tous les systèmes militaires et politiques. Le psitron voyage plus vite que la lumière, l’observation est immédiate. L’énergie utilisée par l’émission et la réception du psitron est faible et le système nerveux humain suffit à le produire. Un laboratoire parapsychologue ne peut donc être repéré du fait qu’il ne consomme pas d’énergie.
Arrestation de télépathes à Moscou
Bergier révèle l’affaire Toth, journaliste du Los Angeles Times qui fut arrêté par les soviétiques en 1977 après avoir rencontré Petukov, un savant soviétique qui devait lui livrer des secrets sur les détecteurs de psitrons. A défaut de contrôler totalement les phénomènes de télépathie et de clairvoyance, les KGB s’est d’abord efforcé de jeter sur eux le discrédit. Dès 1923, les anthroposophes, les théosophes et occultistes étaient arrêtés. Depuis 1974 une deuxième vague d’arrestations avait commencé. A cette époque, il a été mis fin à toute activité ouverte de parapsychologie en URSS tandis que dans le même temps, s’ouvrait au sein du KGB une branche parapsychologique. LE KGB, voulait connaître, grâce aux télépathes, les opinions réelles du peuple et prévenir les attentas. Bergier affirme que les bibliothèques soviétiques étaient surveillées et qu’emprunter La Doctrine secrète de Blavatsky conduisait au goulag. D’autres personnes avaient le choix de travailler pour le KGB comme le Docteur Stern qui avait réussi à fuir. Stern avait prétendu que Brejnev faisait allusion aux armes parapsychologiques dans un discours de 1975 évoquant « les armes nouvelles terribles ». Le laboratoire où travaillait Stern se trouvait en Sibérie et comprenait soixante chercheurs et disposait de fonds illimités. Il fut fermé en 1969 pour être remplacé par un laboratoire contrôlé uniquement par le KGB à Leningrad. Bergier pense qu’il aurait existé un groupement mystique à l’intérieur du PC de l’URSS. Proche dans ses idées des sectes sataniques modernes et appelé « Fraternité de Vij » du nom d’un personnage de Gogol, sorte de diable modernisé qui encouragerait des pratiques de télépathie et de clairvoyance. Le climat de croyance spontanée à l’occulte et au mystique est favorable à l’éclosion de sociétés secrètes de parapsychologie en URSS dans les années 70. Bergier cite celles répertoriées par le KGB comme « La Fraternité de la ville lumineuse », « Le temple de l’art », « L’ordre du Saint Esprit », « L’ordre de l’Archange Michael ». Il pense que la franc-maçonnerie malgré son interdiction en URSS a poursuivi ses menées de façon souterraine. Il pense qu’il existait une résistance mystique en URSS fait de groupements discutant et se livrant à des expériences extraordinaires sans se soucier de s’opposer au régime mais le KGB les poursuivait uniquement parce qu’il haïssait tout ce qu’il ne comprenait pas.
Prodiges dans l’empire céleste
Bergier évoque le yi-king, méthode pour interroger quelqu’un qui répond. Chaque symbole de ce livre correspond à un conseil. Bergier l’a utilisé et en a déduit qu’interrogé par quelqu’un de sceptique, le yi-king vous conseille de ne pas discuter avec un imbécile et que les conseils relativement faciles à interpréter semblent souvent répondre à des questions que l’on a posées mentalement. Les Chinois l’utilisèrent pour savoir ce que deviendrait leur pays et le yi-king prévoyait la fin de Mao. Bergier pense que le marxisme-léninisme interprété par Mao est devenu une religion et une mystique incompréhensible à quiconque n’est pas chinois. Ce qui lui fait défaut, c’est l’élite dont la religion maoïste croyait pouvoir se passer. La fin de Mao suite aux prédictions du yi-king reste, pour Bergier, l’épisode le plus sensationnel de la guerre secrète de l’occulte.
Guerre des sorciers en Afrique
La Rhodésie était gouvernée par les blancs en 1978 et Bergier évoque une annonce du pouvoir blanc contre le peuple noir? « Les esprits sont avec le gouvernement et ceux qui se rebellent contre lui seront exterminés ». La résistance noire cherchait aussi à se concilier les sorciers en évoquant la civilisation zimbabwé qui selon Bergier serait fille de la civilisation égyptienne. Il pense que trois Africains sur quatre croient fermement que les sorciers détiennent un pouvoir. Dans certains pays, existe même un Parti des sorciers. En Guinée, c’est le président Sekou Touré qui en est le chef. Pour Bergier, la victoire dans les pays africains, sera à ceux qui, grâce à l’autorité des sorciers, provoqueront un soulèvement généralisé. Il pense que les sorciers ont des pouvoirs mais que la rumeur les amplifie. Ils pourraient provoquer la pluie et la foudre, maîtriser des poisons efficaces, guérir le diabète, fabriquer un produit abortif. La CIA, le KGB, la SWAPO, le BOSS (service secret de l’union sud-africaine) auraient enrôlé des sorciers en Afrique. Les sorciers s’occupent de la propagande. Dans le bloc anti-blancs, la propagande marxiste ne semble pas en contradiction avec la sorcellerie et l’animisme. En Afrique du Sud, les blancs tendent à y refouler les Noirs dans des Etats pseudo-indépendants souvent contrôlés par les sorciers, qui prennent de la sorte une considérable importance politique.
Vampires et répressions aux Philippines
Aux Philippines, de faux médecins prétendent extraire, par la seule force de leur volonté, du corps du patient un tissus qui n’est en fait qu’un tissus animal dissimulé dans leur manche. Dans ce pays, la superstition du vampire aussi bien que la tradition de l’étranger datent de l’arrivée des Espagnols. LA CIA qui cultive le goût du bizarre a eu beau jeu d’exploiter un tel climat et d’affirmer que le sang des résistants mutilés avait été sucé par des vampires.
L’occulte au Pentagone et à la NASA
Pour Bergier, les soucoupes volantes n’existent pas et les prétendus témoins inventent de toutes pièces ces apparitions. Mais les services secrets profitent de ces apparitions inventées pour déduire des renseignements des articles publiés sur ces phénomènes. Les soviétiques ont dissout tous les groupes soucoupistes et envoyé quelques membres au goulag pour l’exemple. L’Académie des sciences soviétique a conclu que les soucoupes volantes sont pure invention. Bergier pense que les présidents Ford et Carter étaient soucoupistes ! La NASA a enquêté sur tous les cas où des astronautes auraient aperçu des soucoupes volantes. Pour Bergier les soucoupes correspondent à des essais militaires de nouveaux avions et de nouvelles fusées. Pourtant Russes et Etats-uniens ont échangé des informations sur les phénomènes de précognition qui permettent souvent aux astronautes de savoir à l’avance qu’une partie de l’appareillage va tomber en panne. Cela prouverait que les scientifiques croient au paranormal. Le Pentagone aurait inventé un détecteur d’hostilité utilisé pendant la guerre du Viet-Nam pour prévoir par transmission télépathique les mauvaises pensées de l’ennemi. Bergier évoque l’effet Krilion qui permet de produire une décharge dans l’air. Cet effet a aussi des connexions avec la télépathie et il serait utilisé pour détecter les terroristes sur le point de détourner un avion ou pour protéger les dépôts de bombes atomiques. Evidemment cela semble inventé par Bergier car un tel effet aurait permis d’éviter les attentats du 11 septembre. Bergier évoque la fabrication de drogues par la CIA pour étudier les effets sur les hommes. Il pense qu’une guerre biochimique peut en résulter. La NASA s’intéresserait à une nouvelle source d’énergie rendant les astronefs mobiles à volonté, remplaçant le pétrole et permettant d’aider facilement le Tiers-monde et serait d’une importance politique et militaire de premier ordre. Il révèle la recherche sur trois nouvelles sources d’énergie : l’ énergie obtenue par l’écoulement du temps. L’astronome russe Kozyrev a proposé de faire des barrages sur le temps comme on en fait sur les rivières, intuition reprise par des marginaux états-uniens travaillant pour le compte du milliardaire Howard Hughes. Ensuite l’existence dans l’espace d’énergies cosmiques, se neutralisant mutuellement, comme deux forces agissant en sens opposé et n’ayant ainsi aucun effet. Enfin l’énergie du sous-espace. Si l’on pouvait étudier l’espace à des distances inférieures à dix puissance moins 23 centimètres, on en extrairait des quantités d’énergie très supérieures à celles libérées par la désintégration totale de la matière.
Biaffra de l’esprit ou paradis du Psi ?
La Tchécoslovaquie est appelé « Biaffra de l’esprit » à Paris. Bergier pense que c’est exagéré car on n’y fusille personne et on n’y a pas installé des camps de concentration. Au contraire, dans le domaine de l’occulte c’est en Tchécoslovaquie qu’un grand nombre de découvertes ont été faites. Pavlita a trouvé que des objets en métal produisent de l’ énergie mais à la condition non seulement que les métaux soient bien définis mais encore que le générateur ait une forme déterminée. Pavlita a en tout présenté près de soixante-dix générateurs qui peuvent attirer et repousser la matière, et donc la faire tourner. Karel Drbal s’est penché sur l’effet pyramide. Tout corps placé dans une pyramide arrêterait de se décomposer. Drbal a ensuite remplacé les pyramides par un faisceau énergétique de lumière verte venant d’un laser et a obtenu les mêmes résultats : arrêt des oxydations.
contrôle Psi des populations
Pour préparer une guerre moderne, il faut conditionner la population de sorte qu’elle l’accepte dans l’enthousiasme. L’idée est née depuis longtemps d’utiliser la télépathie pour connaître un état d’esprit général, le subconscient collectif. En URSS comme aux Etats-unis, des sujets seraient drogués pour sentir l’atmosphère régnant dans une ville. Bergier pense que de nombreux sujets aux Etats-unis sont à même de faire savoir ce se pense dans telle ville, telle usine ou telle base militaire et mieux qu’avec un sondage. Bergier pense que l’URSS et les Etats-unis prépareraient le contrôle total de leur population par des moyens occultes et parapsychologiques. Il est acquis qu’on dispose maintenant des moyens de contrôler les résultats sur l’inconscient collectif d’une action quelconque, résultats qui déterminent l’opinion publique et par voie de conséquence l’action publique. Pourtant, dans notre civilisation, on ne connaît pas de technique permettant à un petit nombre d’hommes de projeter leur pensée sur les masses. Ces techniques ont existé aux Indes et elles ont été gardées secrètement par la société des Neuf Inconnus. Trois techniques d’amplifications sont répertoriées : l’amplification directe du phénomène parapsychologique, l’action électronique et l’action sonique sur le cerveau. Contrôler des populations à distance exigerait un générateur fonctionnant au moins à l’échelle d’un quartier d’une grande ville, soit environ sur un rayon de 10 kilomètres. La perspective d’une société psychologiquement contrôlée, et déterminée par une cryptocratie utilisant des machines qui maîtrisent les cerveaux, est affolante.
9 messages cachés PSI
Pour renforcer l’espionnage, les services secrets tablent sur une solution de nature Psi, l’utilisation de la mémoire. Jusqu’à plus ample informé, il faut admettre que la mémoire n’a pas de support matériel, qu’elle est portée par ce quelque chose que les religions appellent « âme », l’occultisme « corps subtil », et dont la science nie l’existence avec la plus farouche énergie. Ce que visent les services secrets, visiblement avec succès, c’est une méthode d’hypnotisme qui déclenche la mémoire quand le sujet prononce un mot-code convenu. Il peut dès lors enregistrer une dizaine de pages et de dessins, être irréprochable aux frontières, arriver dans son pays et restituer le message en question, sur un autre mot-code prononcé par ses supérieurs. D’après Bergier, pour enregistrer des documents dans sa mémoire volontairement, il faut faire comme si cela nous tenait à coeur. D’après plusieurs savants, pour donner ainsi des ordres à sa mémoire, il faut sciemment opérer une dédoublement de personnalité. En ce cas « je est un autre », plus on s’écarte de sa propre personnalité, plus il est facile d’ordonner à la mémoire ce qu’elle doit exécuter. Le subconscient de chacun garde trace de tout ce qu’il a fait, par le canal des sens ou par le canal psi. Paradoxalement, des enregistrements existent en nous dans un système non matériel, pourtant lié au corps et les services secrets des grandes nations en maîtrisent apparemment le maniement.
10 Télékinèse militaire
Pour Bergier, Uri Geller est un fumiste pour la simple raison que les phénomènes psi agissent sur l’information et non sur une quelconque énergie. Bergier ne croit pas à la télékinèse mais est contraint d’admettre qu’elle peu malgré tout exister. Pourtant il pense que l’affaire Geller serait une machination psychologique des services secrets israéliens. Il estime que même si la télékinèse existe, elle est trop fragile et ne peut servir à détourner des fusées atomiques qui, contrôlées par des robots internes, pourraient s’autodétruire ou viser et provoquer ainsi des représailles terribles.
11 Décryptage psy
Aujourd’hui est apparu un système de chiffres impossible à décrypter, si bien que le dernier espoir pour l’espionnage militaire réside dans l’utilisation des facultés psi. On cherche aujourd’hui à neutraliser par la fonction psi la perfection de la cryptographie et à comprendre comment fonctionnent les cerveaux des génies en ce domaine. Bergier évoque alors le manuscrit Voynich. W.R. Newbold en avait entrepris le décryptage et n’a pas réussi.
Conclusion
Bergier prétend que dès 1925, Lénine avait demandé aux savants de son pays de construire une bombre à hydrogène et qu’Hitler, en 1935, avait essayé de mettre en usage quelques instruments psi de contrôle. Bergier a une étrange théorie politique. Pour lui des armes simples, à la disposition de tous engendrent la démocratie et au contraire, l’utilisation d’armes très compliquées et très coûteuses, auxquelles l’ensemble de la population ne peut avoir accès, et que seul un Etat puissant peut fabriquer, conduit dans les faits à la dictature. Ainsi, les Etats-Unis de 1978 sont pour Bergier une dictature gérée par un complexe militaire-industriel, au même titre que l’était l’Allemagne d’Hitler, et que l’est la Russie soviétique. Dès les lors les pouvoirs psi s’ils appartenaient à tous conduiraient à une renaissance de la démocratie. Une telle société serait peu vulnérable aux bombardements, même nucléaires. Privé de ses monopoles d’énergie, de transport, de radio et de télévision, l’Etat verrait ses pouvoirs considérablement réduits. Si les prisonniers des dictatures envoyaient leurs cris de protestations à l’opinion mondiale par télépathie, bien des gouvernements risqueraient de se trouver confondus et seraient obligés de respecter les droits de l’homme.
Avant l’avènement, que Bergier a prévu, d’une démocratie écologique et autogestionnaire, il faudra traverser une période intermédiaire curieuse qui verra la création et l’expansion des sociétés secrètes contestataires s’occupant du psi.
En guise de conclusion, Bergier dit que, pendant une période de transition, les pouvoirs psi pourraient être utilisés à des fins militaires, mais qu’ensuite leurs applications bienfaisantes triompheraient. La guerre secrète de l’occulte serait finie, laissant la place à une paix gagnée par l’occulte.
26 mai 2008
Blumroch l'admirable 2
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Pour Blumroch, c’est Van Vogt qui a le plus intensément rêvé du surhomme mental. Comme lui, il pense que la société est encombrée de gens hargneux qui ne sont pas à leur place parce qu’On lui veut du mal. Il appelle ça la « narapoïa ». Il pense que si les moins intelligents continuent à proliférer, tandis que les mieux doués s’abstiennent, le monde sera une élite minuscule s’exténuant à sauver du marasme 99% d’hébétés.
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Blumroch cite Heinlein. Un jeune homme qui vogue dans l’espace est attrapé par des gardiens du Cosmos. On le traîne devant le Tribunal des Trois galaxies. On le somme de raconter l’histoire de la Terre et de ses habitants. Les juges en concluent que l’humanité est une chose sinistre et méchante et qu’il faut l’exterminer. Le jeune homme ajoute alors des paroles de menaces ce qui pour Blumroch est une parole d’homme.
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Blumroch demande que le suicide de ceux qui désespèrent du monde soit remboursé par la sécurité sociale et il pense que ce ne serait pas ruineux car ces gens là se tuent rarement. Pour lui, la mode est au désespoir et au bon sauvage. Il appelle ça le « noircissisme ».
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Blumroch estime que Dieu s’appelle Big Bang et qu’il n’y a pas d’éternité. Il pense que Big Bang n’a fait que 1% de son boulot car l’univers ne contient que 1% de corps lourds.
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Blumroch ne méprise pas les problèmes sociaux mais pense qu’on fait trop de sociologie et pas assez du cosmologique. Il pense que des Intelligences en savent plus longs que nous sur le programme de Big Bang et doivent intervenir ici-bas de temps en temps. C’est pour cela qu’il pense que l’humanisme est une naïveté car il croit en l’existence de plusieurs espèces humaines. Blumroch fait mine de partir téléphoner à une femme mais Pauwels sait qu’il ment et cela l’attriste de le savoir seul.
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Pauwels parle de Dédale et ne pense pas que ce soit une légende mais des souvenirs réels. Pour lui son automate Talos était un robot ! Il décrit ensuite « la chute d’Icare » de Bruegel.
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Blumroch revient. Il déclare qu’il est dépourvu de sentiments et que personne ne compte pour lui. Pauwels se sent blessé.
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La pluie tombe sur le Quick Elysées. Blumroch veut poursuivre la conversation.
Deuxième partie : le café
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Blumroch, petit homme (« pas un gramme de muscle, rien que de la bonne graisse ! ») explique sa vision du surhomme. Jadis, c’était un mutant par hasard, demain, il sera un produit de la science. Pour lui, l’homme est un organisme dans un laboratoire dirigé par l’homme.
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Les universités de 2100 enseigneront que l’âge psychique a commencé dans les années 70. Le surhomme aura un système nerveux imprenable, beaucoup de maladie infectieuses seront vaincues, nous mourons du stress mais le surhomme possédera une organisation interne lui évitant toute angoisse. Le deuxième trait sera le libre gouvernement du cerveau que nous saurons utiliser davantage. Comme c’est l’intelligence qui fait le bonheur (théorie naïve de Bergier) l’homme sera plus heureux. Le troisième trait sera la volonté. Ce que peut la volonté sur le corps est extraordinaire. La science a été notre serviteur modeste, puis notre tyran, elle sera notre gourou.
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Blumroch boit son café avec six sucres ! Il prétend que plus vite on lit et mieux on retient. Pour lui, la télépathie et la clairvoyance sont des faits établis. il prétend que les premiers hommes ont allumé le feu par la pensée !
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Blumroch a fait du spiritisme. Il trouve que les esprits sont bêtes. La psychocinèse existe et pour lui les phénomènes se produisent même si on porte une médaille de l’Union rationaliste. Des individus peuvent agir sur la période de désintégration d’un isotope radioactif par la pensée.
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L’histoire des sciences montre que les faits bizarres tiennent à l’incompréhension des faits banals. Blumroch ne croit pas à l’inconscient. C’est une notion relative. Il n’y a pas d’univers irréel du songe. Il n’est que le produit de signaux extérieurs filtrés par nos cellules nerveuses. Ces signaux proviennent du passé ou du futur. Blumroch se moque du freudisme en une phrase : « Pourquoi ? Parce queue ».
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Pauwels raconte à Blumroch un rêve prémonitoire relatif à un accident qu’a eu son fils.
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Pauwels raconte la peur qu’éprouve Blumroch à l’égard des enfants.
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Blumroch donne des exemples de rêves prémonitoires et se réfère à Breton qui écrivait : « ce rêve ne peut-il être appliqué, lui aussi, à la résolution des questions fondamentales de la vie ? »
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Le combat essentiel de l’homme est le combat contre le temps selon Blumroch. Dans l’avenir, le surhomme aura la maîtrise des probabilités. La plupart des hommes ont des incidents. Quelques uns ont un destin. Quand on a un destin, l’existence est une jubilation même dans les épreuves.
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A l’état de veille, certains d’entre nous reçoivent des informations en provenance du futur. Mais il faut un cerveau résistant. Blumroch cite des auteurs prophétiques comme Stiel qui, en 1898, décrit une société de criminels qui anéantit des familles dans des chambres à gaz pour la purification de la race. Il nomme ces criminels : les SS. Et d’autres exemples déjà cités dans le Matin des magiciens. Blumroch croit que l’esprit, à un haut degré d’imaginaire, ébranle et décroche des fragments de réalités situées dans le futur.
47
Blumroch pense que le passé existe encore et que le futur est déjà là. il envisage deux portions de l’univers. Dans l’une le temps s’inverse, le flot du temps va vers sa source. Est-ce que des consciences supérieures ne voyagent pas dans l’histoire nous apparaissant comme des personnalités distinctes alors qu’il s’agirait du même esprit. Bacon serait Boscovitch puis Cavendish puis Fulcanelli bref le rose-croix éternel.
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Pour Blumroch, le péché originel c’est la notion du temps car notre esprit est infirme, il n’enregistre que du passé ver l’avenir. Y a-t-il de la connaissance hors du temps ?
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Blumroch évoque les esprits fous qui auraient des connaissances encyclopédiques comme Mme Blavatsky dont il a lu les six volumes de la Doctrine secrète. Elle estimait qu’elle ne serait comprise qu’en 1975 car elle prévoyait que l’avancée des sciences provoquerait un courant gnostique. Elle aurait prévu d’autres découvertes scientifiques avec exactitude selon Blumroch. La Doctrine secrète lui apparaît comme la communication la plus longue et la plus complexe reçue de l’infini.
50
Blumroch pense qu’il existe une télépathie avec l’infini. Pour lui, Blavatsky, Steiner et leurs semblables reçoivent leur documentation du ciel. Des gens capteraient des émissions qui flottent dans l’espace diffusées par des Intelligences comme le mégalithe noir dans 2001 l’Odyssée de l’espace.
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Blumroch voudrait un trésor, celui qui lui permettrait de savoir ce qu’on ne peut pas apprendre. Pauwels lui demande pourquoi il vit et Blumroch répond : « Parce que j’ai commencé, et qu’il y a un phénomène d’inertie ! ».
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Le cerveau des hommes ne serait pas achevé selon Blumroch. Il continuerait de pousser. Notre second système génétique serait notre esprit car le cerveau porte l’hérédité de l’intelligence. Il transmet, de génération en génération, de nouveaux circuits établis dans nos milliards de neurones par l’activité culturelle. Bref, le génie perfectionne le gène.
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Blumroch affirme que s’il était sûr d’être un surhomme il se dissimulerait au lieu de quoi il se vante. Le surhomme se contente de vivre avec intensité sans intervenir parmi les hommes.
54
Blumroch pense que la société dépense beaucoup pour les crétins et les fous (forme d’eugénisme anti-humaniste) mais s’il est d’accord il voudrait qu’un millième des crédits aille pour l’étude des animaux supérieurs. Il voudrait un Institut de géniologie (ce qui fait penser à la géniocratie du gourou Raël et sa célèbre secte). Il reconnaît que le génie peut jaillir n’importe où et chez n’importe qui. Blumroch s’appuie sur un savant suisse de Morsier pour déclarer que la science moderne est née d’un nombre exceptionnel de mutations cérébrales évolutives, survenues presque simultanément dans un espace restreint de l’Europe centrale et occidental. C’est évidemment faux (civilisations de Sumer, d’Egypte, etc...) et raciste.
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Blumroch prétend que le docteur Faust est présentement biologiste, chimiste, électronicien. Il s’intéresse à la manipulation génétique. Il prévoit qu’un Architecte en gènes pourra fabriquer des fonctionnels, des romantiques, des aventureux, etc... (on pense au Meilleur des mondes de Huxley, la pensée de Bergier fait froid dans le dos). Le modeleur sera l’esprit scientifique associé à un esprit religieux. Blumroch situe cela en 210. La science aura donné naissance à l’hyperanthrope. A partir de l’homme, on obtiendra quantité de variétés : avec des branchies pour habiter l’océan, avec une petite taille, avec une vie plus longue, des mémoires totales, des télépathes. Devant la dangerosité du procédé, on décrétera le secret.
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Blumroch prévoit la fabrication de pilules permettant d’augmenter la durée de la pensée, d’effacer l’angoisse, la peur, la culpabilité. Il a prévu Internet en déclarant : « On dialoguera par téléphone et télévision avec les ordinateurs ». Il y aura des appareils pour gouverner les ondes cérébrales. Blumroch pense à l’âme immortelle. Il suffirait de libérer le cerveau de la chair, de le conserver sous vide et de le relier par radio à des organes artificiels.
57
Pauwels pense que Blumroch n’en finit pas, depuis trente ans de fuir la torture et les camps. C’est pourquoi Blumroch pense que ce qu’il a de plus profond dans l’humain, c’est l’inhumain. Et il ne se survit qu’en désirant une autre espèce.
58
Blumroch pense que dans le futur, on parviendra à obtenir le duplicata d’une conscience sur le point de mourir. On l’enregistrera sous forme de bits inscrits sur des disques. On saura transférer l’ensemble d’informations dans un système d’ondes, et puis inscrire ce système dans la structure de l’espace. Alors, le premier des immortels sera né.
59
Le surhomme préféré de Blumroch n’est qu’un homme qui pense. L’homme normal est toujours ponctuellement endormi. Quand il considère l’ensemble des choses, il choisit « une » explication ou bien de ne se poser aucun problème. L’homme nouveau est celui qui a tué la bêtise en lui, il ne décide rien sans réfléchir. Il raisonne tout le temps avec une mémoire infaillible et une vision entière des faits. Pauwels, franc-maçon de la Grande Loge de France, emploie la symbolique maçonnique dans sa narration : « Soudain, je m’avisai que le silence régnait sur les colonnes. J’examinai ce lieu sacré. Le temple franc-mangeons (le quick) était maintenant désert. Trois vénérables débarrassaient les autels ». Blumroch avoue que s’il avait voulu faire fortune, il aurait fondé une religion. C’est ce qui réussit le mieux avec le moins d’investissements. Il prétend que la vie émotionnelle du surhomme sera heureuse car celle de l’homme normal calomnie la volonté et la félicité à cause de la tradition chrétienne. La transformation en Homo novis n’est pas transmissible. Il faut la renouveler par traitement à chaque génération. La société des surhommes sera libre car le concoctage d’idéologies sera interdit. On supprimera la tentation de s’entre-tue en punissant la propagation d’idées achevées. L’intelligence, c’est ce qui fait que l’on s’abstient de conclure. Pauwels et Blumroch se quittent après cette conversation qui a duré trois heures.
Blumroch l'admirable (Pauwels)
Blumroch l’admirable ou le déjeuner du surhomme (Louis Pauwels)
Ce livre de Pauwels est un hommage son ami Jacques Bergier, co-auteur du Matin des magiciens. Pauwels s’est inspiré du Neveu de Rameau de Diderot pour écrire sur Bergier. Son livre est un roman fantasque à deux personnages recréés avec toutes les libertés de l’art.
Première partie : le déjeuner
1
Le narrateur a rendez-vous avec Blumroch mais en vingt ans d’amitié, il ne l’a jamais tutoyé et ne lui a jamais fait de confidence.
2
Le narrateur appartient à une entreprise située aux Champs-Elysées où réside Blumroch à vie par contrat d’affection. Il a rendez-vous à midi et quart et va causer avec lui du surhomme.
3
Blumroch est dans sa grotte en papier, des milliers de revues froissées croulent d’un meuble Ronéo et des centaines de livres sont empilés contre le mur. Blumroch lit vire (une page toutes les cinq seconde). Derrière lui se trouve un portrait de Lovecraft et une affichette sous verre : « Ne vous affolez pas ». Crâne rond et chauve, lunettes rondes, le nez bec d’ara, un cou de poulet, des lèvres minces, peu rasé, érudit de ghetto. C’est bien le portrait de Bergier. Blumroch salue le narrateur : « Mon cher Louis », pas de doute sur l’identité du narrateur, il s’agit bien de Pauwels. Blumroch recommande à Pauwels « La gnose de Princeton » de Raymond Ruyer. Pour lui c’est du spiritualisme moderne. Blumroch a des délires touchants quand il affirme que les discours de de Gaulle ont été préparé par Chéri-Bibi ou Tintin (d’autant plus quand on pense à la position de Hergé face au nazisme).
4
Blumroch lit tout sauf la littérature des sentiments, la philosophie des littéraires et les choses de l’art. Il retient tout en plusieurs langues. Sa professions est de mettre le nez là où les gens ne mettent pas le leur. Louis pense que Blumroch est mort à Mauthausen et que c’est son double qui erre le jour et se dissout la nuit. Il est une fiction véritable.
5
Blumroch a horreur des enfants même s’il donne des timbres pour le fils de Mme Joyelle. Il distribue aussi des histoires comme celle-ci : « un saint homme dans le désert rencontre un lion. Alors, il s’agenouille et prie : « Seigneur, faites un miracle ! Inspirez à ce fauve des sentiments chrétiens ! ». « Miracle ! » le lion se prosterne, joint les pattes et dit : « Seigneur, bénissez ce repas. »
6
Pauwels et Blumroch vont déjeuner aux Quick Elysées.
7
Blumroch aime beaucoup Chesterton, l’auteur du Nommé jeudi et voudrait fonder un Institut à son nom pour lutter contre le pollution idéologique. Blumroch avait été invité à New-York en 1972 pour une conférence internationale sur l’énergie mais les dignitaires français furent offusqués par la présence de ce Tournesol. Alors il avait passé ce bristol « Joseph Blumroch, amateur d’insolite et scribe des miracles » à quelqu’un qui avait refusé de le saluer. Blumroch affirme que son côté comique compense sa mégalomanie et que son destin était d’être seul.
8
La discussion sur le surhomme commence. Pauwels pense que ce thème passe pour fasciste alors que Blumroch affirme que l’Ancien Testament est une histoire de surhommes. C’est l’idée de surhommes que se font les sous-hommes qui est fasciste et qu’il apparaît des êtres supérieurs à toute l’humanité et qu’ils orientent la destinée humaine. Pour Pauwels, l’élitisme est maudit. Blumroch dit que Wells l’avait prévu en pensant que la prochaine révolution se ferait moins contre les riches que contre les capables. Pour Blumroch, il n’y a pas d’agilité naturelle. Pour lui, tous les hommes sont dignes de respect mais tous n’habitent pas le même étage dans la maison du Père. L’injustice sociale serait donc divine pour Blumroch. Il reconnaît quand même que si nous naissions égaux, ce serait préférable mais que nos facultés sont dans nos gènes. Bergier a donc un discours qui tient du déterminisme génétique réactionnaire, c’est celui que Sarkozy a utilisé pendant la campagne présidentielle de 2007. Blumroch pense que le monde ne sera meilleur pour tous que s’il y a une hiérarchie, celle des capables, une méritocratie.
9
Pauwels pense que notre monde provoque quantité d’inégalités artificielles qu’il faudrait supprimer pour une vraie méritocratie. Mais alors ce serait les inégalités naturelles qui ressortiraient autant. Pauwels avoue sa conscience de ne pas être assez intelligent (souffrirait-il du « sida mental » dont il avait affublé les étudiants en 1986 ?) malgré ses prières quotidiennes. Pour corriger cela, il attend tout de la biochimie.
10
Blumroch pense que les dévots darwiniens professent l’équivalence des hommes alors qu’il y a des injustices qui viennent plus profondément de la nature que de la société. Pour lui, il faut cesser de discuter de l’égalité naturelle pour travailler sur les gènes et la physiologie du cerveau. Les partisans du QI disent qu’il faut tenir compte des disparités fondamentales dans l’enseignement et dans l’organisation sociale. Pour Blumroch, nous sommes tous frères mais pas jumeaux. Eysench qui croyait au QI s’est fait lynché et pensait que les égalitaristes étaient des fanatiques qui le traitaient de fasciste.
11
Blumroch se déclare démocrate et élitaire ce qui parait contradictoire mais pas pour lui. Il appelle démagogie le fait de reconnaître que les imbéciles puissent avoir raison. Il pense que tous les hommes sont égaux jusqu’au moment où l’égalité est une injustice faite aux capables. Blumroch est convaincu des causes génétiques de l’intelligence mais qu’il y a des capables dans toutes les classes. Il pense que chez les ouvriers et les petits bourgeois, il peut exister des intelligents dans les milieux où la nécessité a maintenu la morale de l’effort. Il existe donc pour Blumroch deux sortes d’individus : ceux qui croient à l’effort et ceux qui n’y croient pas.
13
Ce qui gène Pauwels dans le raisonnement de Blumroch c’est que les capables sont pour lui les intelligents selon le QI. Blumroch se défend en affirmant qu’il n’existe pas d’autres formes d’intelligence utiles à notre monde et que plus on a d’esprit et moins on est méchant. Pauwels évoque d’autres formes d’esprit en rappelant ses expériences dans l’hindouïsme et le groupe Gurdjieff. Mais pour Blumroch ceux qui cherchent dans ces voies fouillent dans les mystiques anciennes comme les clochards dans les poubelles. Pour lui, les progrès techniques et scientifiques s’empilent alors que les croyances font toujours le même bouillon. Il est radical en estimant que ceux qui, sous prétexte de coeur et de naturel, se détournent de la volonté de puissance et d’intelligence seront éliminés. C’est ça la sélection naturelle. Il se croit lui-même dépourvu de sentiments.
14
Blumroch pense qu’au-delà du QI existe le génie. Il est un anti-humaniste puisqu’il affirme que nous croyons beau de penser que tous les hommes se valent, et qu’à la limite un idiot vaut Einstein. Et quand il nous vient une petite préférence sentimentale pour l’idiot, nous appelons ça l’amour. Son anti-humanisme l’amène à considérer la psychologie comme une fausse science qui se consacre à l’étude de l’homme moyen, avec un intérêt spécial pour le déchet.
15
Pauwels avoue que les échanges avec Blumroch provoquent chez lui une sorte de spasme et une émotion dilatante aussi sublime que l’étreinte amoureuse.
16
Blumroch déclare : l’intelligence, c’est ce qui se passe quand rien n’empêche l’intelligence de fonctionner.
17
Pauwels veut l’intelligence sans limites comme une chose non humaine, comme une passion sans obstacle.
18
Blumroch estime que l’homme contient du sans-limites, que notre cerveau est une maquette complète de l’univers mais que nous ne savons pas encore l’exploiter complètement.
19
Blumroch pense que Hegel a eu deux fils : Karl Marx, un bûcheur et Nietzsche, un poète. Prométhée serait le père d’Hegel.
20
Pour Pauwels, l’Occident scientifique est un nouvel empire romain. Il croit qu’il sera gagnant sur le pouvoir et l’esprit ce qui dénote une forme de racisme anti-oriental. Il croit à la vie spirituelle qui serait l’ensemble des conduites héroïques et poétiques de l’âme et ce n’est pas contradictoire avec la modernité. Pauwels se croit anti-chrétien (à la fin de sa vie il a quitté le paganisme et l’ésotérisme pour se convertir au catholicisme ce qui ne l’a pas empêché de fonder l’Omnium des libertés avec la scientologie).
21
Pauwels se prend pour Goethe car un astrologue lui a affirmé que leur deux thèmes correspondaient.
22
Pauwels appelle Blumroch, le Juif errant. Ce dernier lui raconte une histoire d’Arthur C. Clarke, celle d’un Jésuite cosmonaute qui doute de la théologie au cours d’un voyage dans l’espace.
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Pauwels compare ses contemporains aux premiers chrétiens car ils voient partout l’iniquité.
24
Le révérend père Risson est moine et rationaliste. Il n’a pas pardonné à Pauwels d’avoir écrit le Matin des magiciens et créé Planète. Il l’accuse de commerce.
25
Pauwels croit à la vie religieuse mais pas nécessairement chrétienne. L’Eglise a contenu la folie chrétienne mais celle-ci a resurgi et le christianisme primitif est incompatible avec la civilisation. Pour lui, la religion future sera faite de hardiesse, de savoir et de pouvoir, de conquête et de lumière.
26
Pauwels voudrait écrire un roman sur l’affrontement de la civilisation antique et du christianisme primitif. Blumroch veut écrire un essai intitulé « Cassandre est morte idiote » car pour lui il n’y aura pas de catastrophe, pas de pollution, la surpopulation et l’épuisement des ressources sont pour lui des mythes ce qui ferait sourire aujourd’hui. Pour lui les écologistes sont des crétins qui réclament un monde utilisant le moins d’intelligence possible.
27
Blumroch cite Marx et Nietzsche à propos de l’homme et de la nature. Il en conclut que la nature est là pour que nous l’attaquions, la transformions, la pétrissions avec l’intelligence pour en faire de l’homme et demain du surhomme.
28
Blumroch estime que les hommes ne se préoccupent que des sous alors qu’ils devraient voir que les temps demandent une philosophie. Il évoque Stapledon qui a écrit un roman Derniers des premiers hommes. C’est l’épopée de l’humanité, du XXè siècle à son évanouissement sur Neptune dans deux milliards d’années. A la fin, nus sommes presque Dieu, nous sommes un magnifique suresprit collectif qui peuple la galaxie.
06 avril 2008
Jacques Bergier résistant et scribe des miracles 2
Chapitre 4 : les mondes à venir
Le 19 mai 1945, Bergier fut abordé par des Parisiens curieux qui voyaient bien qu’il revenait des camps. Il acheta des journaux et des revues scientifiques à la librairie états-unienne de Brentano’s. Les libraires ne voulurent pas le faire payer tant ils étaient émus. Il apprit la mort des tyrans nazis, la découverte de la pénicilline par Fleming, l’invention de l’hélicoptère par les Allemands sur le front de l’est, le droit de vote des femmes et l’entrée des communistes au gouvernement. Il rentra chez ses parents rue d’Assas. La nouvelle armée l’avait nommé capitaine et des gouvernements étrangers lui avaient accordé de très hautes distinctions. Une amie du réseau Marco Polo, Françoise Toledano voulut le revoir. Elle le soigna et le remit sur pied. Il la laissa tomber pour une petite catholique qui ne lui rappelait ni la Résistance ni sa religion. Sur proposition de de Gaulle, Bergier réorganisa les services de la DGER, les services d’espionnages extérieurs. Bergier proposa à de Gaulle de créer un Commissariat à l’Energie Atomique et de nommer un communiste à sa tête, Joliot-Curie. Cela permit à la France d’obtenir l’aide des Russes et la France put construire ensuite la pile atomique Zoé. Après Hiroshima et Nagazaki, Bergier se distingua en disant qu’il regrettait de n’avoir pas été désigné pour lancer les bombes car pour lui les Japonais méritaient ce châtiment car chez eux nul n’avait résister et que le comportement des Japonais dans les camps avaient été pire que celui des Allemands. Il aurait voulu que les Etats-uniens fassent la même chose sur Berlin mais le général Spaatz lui répondit : Voyons, on ne pouvait utiliser ça sur des blancs !
Depuis le 1er août 1945, Bergier se déplaçait avec une bouteille d’uranium enrichi qu’il avait récupérée au bord du lac de Constance dans le coffre-fort d’une société allemande, la Degussa et déclarait que si un seul neutron entrait dans la bouteille, Paris serait rayé de la carte. Après Hiroshima, de Gaulle appela Bergier pour qu’il donne la bouteille aux autorités scientifiques. Elle fut placée dans la pile Zoé. Le 8 août 1945, les médecins lui donnaient quelques jours à vivre mais en mars 1946, il était toujours vivant. Bergier se vit confier plusieurs missions au procès de Nuremberg. Il devait rassembler les documents réunis par les résistants sur le camp de Mauthausen et présenter les films réalisés par les SS. Enfin, il devait recueillir des renseignements et des témoignages pouvant permettre la rédaction des actes d’accusation. La discrétion de Bergier provoqua son absence dans l’énorme index sur la relation du procès de Nuremberg. Pour Bergier, « l’hitlérisme n’avait pas seulement été un mouvement politique, mais d’abord et surtout une religion (...) un nouveau type de gouvernement, la cryptocratie, destinée dans l’avenir à remplacer aussi bien le capitalisme que le communisme ». Fin 1946, Bergier retrouva des dépôts d’armes allemandes convoités par les communistes et les gaullistes. Un coup d’Etat communiste aurait amené les Etats-uniens à intervenir directement. Bergier remit les armes trouvées ou gouvernement et éviter une guerre civile. Il travailla sur les agglomérés pour la société Carbonne-Lorraine puis, en 1947, il fonda une société Recherche et Industrie pour la fabrication d’essence synthétique à partir des méthodes allemandes. Il partit aux Etats-Unis pour retrouver des savants allemands qui avaient travaillé sur le sujet. C’est là que lui vint l’idée de lancer la science-fiction états-unienne en France. Il avait déposé un projet de collection chez Gallimard. Inquiété par le FBI car né à Odessa, on l’accusa d’être rouge mais il fit usage de ses prérogatives d’agent OSS. La SF progressait aux Etats-Unis grâce à John W Campbell, rédacteur de la revue Astounding. Mais si de nouveaux écrivains comme Sturgeon ou van Vogt étaient apparus, Abraham Merritt était mort et il était le favori de Bergier, il fit traduire et publier ses romans. Bergier rencontra Campbell et visita les Etats-Unis. Il en garda un excellent souvenir. En 1948, il se remit à l’alchimie et voulut retrouver Fulcanelli mai sans succès. Il affirma avoir pu fabriquer de l’or à partir du Thallium. Selon lui, ce n’est qu’en 1975 qu’il a été possible de décrire toute l’alchimie en termes scientifiques modernes. Après avoir rompu avec Françoise Toledano, Bergier se maria le 19 mars 1949 avec Jacqueline Bernardeau, native de Bordeaux et âgée de 28 ans avec qui il resta marié jusqu’à sa mort. Dans l’intervalle, il vécut séparé d’elle car elle le trompait avec un jeune écrivain. En 1950, il quitta la DGER.
Chapitre 5 : De la Science-Fiction au Matin des magiciens
Bergier était ingénieur conseil mais cette profession battait de l’aile quand en 1951 la science-fiction arriva en France. Mais Gallimard l’évinça au profit de Michel Pilotin alias Stephen Spriel. Gallimard s’associa avec Hachette et engagea Georges H. Gallet. La collection s’appela « Le rayon fantastique ». Fleuve noir publia sa propre collection purement française « Anticipation » et Denoël créa « Présence du futur » en 1954. En 1953, Maurice Renault confia la revue « Fiction » à Jacques Bergier, c’était l’édition française de the Magazine of fantasy and SF. Bergier se servit d’articles de la revue mère et intégra également des articles français. Il s’occupa de Fiction pendant les trois premières années de la revue. Valérie Schmidt ouvrit une librairie, La Balance, spécialisée dans la SF. Bergier en fit partie ainsi que Gérard Klein et Boris Vian. En 1954, Jean Birgé créa la revue « Métal » qui s’appelait ainsi à cause de sa couverture métallisées. Birgé était l’agent de Jeanne Moreau et Frédéric Dard. Bergier proposa la création du Grand Prix du roman d’anticipation scientifique, le prix Rosny aîné, en 1953. Il plaça ses amis dans le jury et y collabora lui-même. Le prix fut attribué à Charles d’Henneberg pour La Naissance des dieux, Jeanne Moreau lui remit son titre. En fait, le livre fut écrit par la femme d’Henneberg car à l’époque les femmes ne représentaient presque rien dans le domaine de l’édition, elle avait dû se servir du nom de son mari. Birgé abandonna Métal en 1956 et créa avec Bergier la revue Satellite. Bergier écrivit Visa pour demain avec Pierre de Latil. Il s’agissait d’un livre en faveur du progrès technique. Bergier travailla ensuite pour la revue constellation qui se voulait concurrente de Selection du Reader’s digest. En 1953, l’éditeur-libraire, Victor Michon avait lancé la « Bibliothèque mondiale » qui se voulait populaire. Il y avait avec chaque livre un appareil critique. En 1954, fut créé un comité de rédaction dont fit partie Louis Pauwels qui avait été rédacteur en chef du journal « Combat ». Pauwels avait rencontré Bergier grâce à son ami alchimiste René Alleau et il décida de confier à Bergier la rubrique « civilisation ». Pauwels et Bergier se découvrirent et se fascinèrent mutuellement. Bergier joua le jeu de la manipulation auquel il était passé maître et Pauwels se laissa faire. Pauwels émergeait à peine de l’influence de Gurdjieff et du guénonisme auquel il croyait. Bergier lui parla alors des sociétés secrètes et Pauwels nota avec soin tout ce qu’ils lui disait. Ces notes serviront à la rédaction du Matin des Magiciens. Cela durera cinq ans. Bergier obtint de Pauwels la réimpression de Démons et merveilles de Lovecraft que Bergier avait déjà préfacé en 1955. En 1955, Bergier publia Agents secrets contre armes secrètes » où il apparaissait sous l’un de ses pseudonymes de guerre : Verne. Il parlait de la Résistance, des V2, de la torture et des camps. Le succès fut immédiat et le livre fut traduit en seize langues. En 1956, il sortit quinze hommes, un secret avec Pierre de Latil. Le livre évoquait les grands noms de la science qui avaient étudié les secrets de la matière. En octobre 1956, Pierre Versins, rescapé d’Auschwitz, créa la revue de SF « Ailleurs » dans laquelle Bergier écrivit ce qui allait être les chapitres du Matin des magiciens.
De 1957 à 1959, Bergier publia quatre livre scientifiques. Les mystères de la vie, L’énergie H, Les dompteurs de force et Les murailles invisibles. En 190, il écrivit Les merveilles de la chimie et en 1961 Le plasma, quatrième état de la matière.
La collaboration avec Pauwels évolua. Il n’était plus question d’une histoire d’ensemble des sociétés secrètes car Bergier avait renoncé à parler de ce qu’il ne pouvait explorer. Bergier écrivit à propos du Matin des magiciens « A mesure que les chapitres s’accumulaient, nous nous sommes aperçus que la structure de notre livre était pour le moins bizarre et certainement unique. Bergier proposa un titre « Les Renseignements généraux » mais y renonça car cela prêtait à confusion. Idem lorsqu’il proposa « Le Graal et la galaxie ». C’est Pauwels qui trouva le titre le Matin des magiciens. Chez Gallimard, diverses personnalités évitaient le sujet comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse. Jean Paulhan et Raymond Quenau avouaient que « s’ils avaient eu le manuscrit, il n’aurait été publié que sur leur cadavre. » Bergier avait fait une étude sur le Matin des magiciens qui avait avéré 92% des faits exposés. Le livre parut en 1960 et devint le livre de chevet de toute une génération éprise d’inconnu et d’insolite. Bergier ne parvint pas à s’expliquer le succès du livre mais estima dans son autobiographie qu’il devait être dû à l’absence des escroqueries classiques sur l’astrologie et les soucoupes volantes. De plus son édition chez Gallimard donna bonne conscience aux lecteurs. Ce livre avait pour les lecteurs un côté religieux ou para-religieux. Le sous-titre du Matin des magiciens était « introduction au réalisme fantastique ». Ce terme était dû à un écrivain belge, Franz Hellens. Pour Pauwels et Bergier, ce terme tenait plus d’une attitude que d’une philosophie. Il ne s’agissait pas pour eux de faire des adeptes. Le réalisme fantastique se voulait comme un mouvement de remise en cause de la société de l’époque. Tous les anciens amis scientifiques abandonnèrent Bergier et l’Union Rationaliste publia une dénonciation du Matin des magiciens intitulée Le Crépuscule des magiciens. La soeur de Bergier n’apprécia pas le livre et lui, désapprouva l’engagement d’Isabelle aux côtés des Algériens au point de signer un appel pour l’Algérie française ce qui lui aliéna bon nombre de ses amis de la SF.
Le succès du Matin des magiciens amena Pauwels à créer la Revue Planète en 1961 dont les premiers numéros atteignirent 200 000 exemplaires. Bergier y participa mais bien des réticences. Dans son autobiographie il avait consacré le chapitre XV à la revue Planète mais l’avait retiré au dernier moment. Ce chapitre est consultable aux archives Bergier de la bibliothèque de Saint-Germain en Laye. Il y disait : « Je n’ai jamais aimé cette revue. J’ai donné ma démission trois fois, la troisième et la bonne en août 1968. Pour lui les publics du Matin des magiciens et de Planète n’étaient les mêmes. Le public de la revue feuilletait mais ne lisait pas vraiment. Pour perpétuer l’oeuvre entreprise dans le Matin des magiciens, Bergier écrivit des livres dans la collection « L’Aventure mystérieuse dirigée par Jacques Sadoul qui lui rendit hommage dans son livre « Histoire de la science-fiction moderne ». En 1963, Bergier sortit un dernier ouvrage de vulgarisation scientifique, A l’écoute des planètes. En 1964, il publia le désopilant Rire avec les savants. Puis il s’intéressa à l’espionnage avec les livres L’actuel guerre secrète (1967) et La guerre secrète du pétrole (1968). En 1966, Hergé découvrit l’existence de Bergier et le transposa dans la bande dessinée Vol 714 pour Sidney (1967). Il l’appela Mik Ezdanitoff.
Chapitre 6 : L’éternité du magicien
Mai 1968 prit une place très importante dans l’autobiographie de Bergier. Il y voyait un complot international de l’organisation qu’il appelait « Interterror ». L’action aurait été de détruire la France de l’intérieur. Pour lui, c’était la révolte des imbéciles contre les intelligent, des incapables contre les capables. L’argent qui aurait financé cette révolte, soit un milliard de fracs par jour, serait venu de Bruxelles expédié par un comité maoïste. Toutes ses conclusions ne devaient pas être avérées. Durant les années 60, Pauwels et Bergier voulurent rédiger une suite du Matin des magiciens avec un premier volume, le Manuel d’embellissement de la vie : l’Homme éternel. Les autres volumes de virent pas le jour. L’Homme éternel fut la dernière tentative pour prolonger le succès du Matin des magiciens mais cela échoua. Jacques Bergier intéressait aussi les éditions Albin Michel. En 1969, il créa avec Georges Gallet « Les chemins de l’impossible » qui commença avec un livre sur « l’énigmatique comte de Saint-Germain ». Elle fut en concurrence avec la collection Les Enigmes de l’univers fondée par Francis Mazières chez Robert Laffont. A l’inverse des Enigmes de l’univers, Les Chemins de l’impossible favorisaient les livres sur les sociétés secrètes et évidemment au minimum les ovnis. Dans la foulée, Bergier et Gallet préparèrent « La science parlante » et « Les sciences parallèles » qui ne connurent qu’une brève existence.
Fin 1969, Bergier avait remis à Christian Bourgois un recueil d’essais, Admirations, portant sur neuf écrivains « magiques ». Il dirigea ensuite une collection de douze volumes « Les chefs-d’oeuvre de la science-fiction » qu’il avait préfacés. Il devint membre fondateur du prix Appollo. En juillet 1971, les Editions Opta, sur les conseils de Bergier, lancèrent la Revue Espionnage. Fin 1971, il rédigea une Lettre ouverte aux résistants mais elle ne fut pas publiée. Il répondait à ceux qui recommandaient d’oublier la Résistance. En 1968, Albin-Michel chargea Bergier et Gallet de préparer une collection de science-fiction. Les premiers titres parurent sous couverture métallisée argent. En octobre 1972, chez Albin-Michel, Bergier sortit avec le groupe INFO le Livre de l’inexplicable inspiré de Charles Fort. Avec le Livre du mystère (1975), Bergier retravailla avec Gallet. Le 25 octobre 1975, Bergier qui était myope fit une chute à la porte de Saint-Cloud. Il se cassa le nez, les lunettes et perdit beaucoup de sang ce qui l’empêcha de se lancer dans la rédaction d’un second volume d’Admirations. En 1976, Pauwels, rendit hommage à son ami Bergier en publiant Blumroch l’admirable. C’est un livre constitué d’une conversation entre Pauwels et Bergier au cours d’un repas. Bergier n’était qu’à demi content du résultat. Fin 1977, son autobiographie parut aux Editions Retz, Je ne suis pas une légende. Le 7 août 1978, le prix Europ-Littérature lui fut remis à Cannes. Le 22 novembre 1978, Bergier mourut d’une hémorragie cérébrale ou d’une crise cardiaque. Jacques Bergier fut enterré à Pantin.
26 mars 2008
Jacques Bergier résistant et scribe des miracles 1
Jacques Bergier, Résistant et scribe des miracles (Charles Moreau)
Spécialiste de la Science-fiction et de la littérature fantastique, Charles Moreau a publié de nombreux articles et dirigé plusieurs revues en ces domaines. L’auteur révèle le paradoxe qui colle à Jacques Bergier, il a reçu plusieurs distinctions et pourtant il reste méconnu. Il était également à la fois scientifique et fasciné par les mystères inexpliqués. Sans lui la SF et le fantastique n’auraient pas été les mêmes en France.
Chapitre 1 : les mondes mourants
Bergier est né le 2/08/1912 à Odessa. Son nom a été francisé lors de son arrivée en Pologne mais son véritable nom n’est indiqué nulle part. Certains pensent que c’est en France que la famille Bergier a choisi ce nom. Dans « Les Téméraires » de Cécile Romane, il est précisé que le nom du père de Bergier se transcrivait phonétiquement par Berguère et que Michel Bergier aurait lui-même francisé son nom face à un fonctionnaire. La mère de Bergier s’appelait Estelle Krzemienieckaïa originaire d’un village polonais où les Bergier se réfugièrent après la révolution russe. Son père, Michel, était épicier à Odessa et était relativement aisé. Son grand-père maternel, Jacob, était rabbin et son cousin Anatole participa au meurtre de Nicolas II en 1919. Il avait un oncle nommé Joseph Tételbaum qui prenait 300 dollars pour faire passer quelqu’un de Russie en Pologne. La mère de Bergier considérait son fils de quatre ans comme un véritable génie. Elle était née dans une famille de russo-polonais, d’un père marchand de draps. Restée veuve, elle l’avait élevé ainsi que ses cinq frères en leur donnant le goût des belles choses. Elle jouait aux échecs et était une grande pianiste. Elle s’enfuit à Saint-Petersbourg où elle trouva un amant. Son amant nihiliste, voulut tuer un ministre mais il mourut et Tounia en perdit presque la raison. La grand-mère de Bergier tira sa fille de la police du Tsar et l’emmena à Baden-Baden où elle resta plusieurs mois. C’est le père de Bergier, Michel qui la sortit de sa dépression et l’emmena à Odessa. Il avait quitté l’école à huit ans et était peu cultivé. Le jeune Jacques n’était jamais allé à l’école car il avait eu des professeurs particuliers. Il lisait le russe, le français et l’hébreu dès l’âge de 4 ans. Sa soeur Isa naîtra en octobre 1917 et sa mère se sentira frustrée de n’avoir pas pu participer à la révolution. Trotsky était le héros de Bergier. La Révolution n’étant pas bonne pour les affaires, la famille Bergier fuit vers la Pologne. C’est là que Bergier découvrit le livre de Louis Jacolliot « Les mangeurs de feu » dans lequel il apprit des choses sur le totalitarisme russe, les goulags et l’utilisation directe de la matière en énergie pour la propulsion d’appareil aérien. C’est Jacolliot qui découvrit les anciennes civilisations de l’Inde. Bergier vécut à Krzemienieck de 1920 à 1925. Il étudiait dans les livres et un rabbin lui donnait l’instruction religieuse. Il se sentit juif dès l’âge de 8 ans et déclara plus tard que le massacre de six millions de Juifs constituait la preuve parfaite de la non-existence de dieu. Il pensait que la civilisation juive avait une lien avec les grandes civilisations du passé. Il lisait beaucoup de livres et de journaux. En apprenant la mort du politicien allemand Rathenau, il entrevit l’existence de gouvernements invisibles et de forces secrètes conduisant le monde. Il affirmera plus tard y avoir pénétré. Il découvrit la science-fiction dans une revue russe « Le monde des aventures ». Il fut frappé par les découvertes des Curie sur l’énergie nucléaire et se jura de participer à la conquête de l’énergie atomique.
Chapitre 2 : des mondes à conquérir.
Les Bergier quittèrent la Pologne pour la France en 1925 à cause de la crise économique. Un oncle installé à Paris s’occupa des papiers. Ils habitèrent près de la Sorbonne puis à Boulogne et enfin à Montmartre. Jacques fut inscrit à l’école communale de 1926 à 1927. Il trouvait la France arriérée, raciste, pauvre en bibliothèques. Il réussit le certificat d’études et le brevet élémentaire. En 1927, l’affaire Sacco et Venzetti démontra à Bergier l’injustice du monde. Il manifesta à Paris. Il entra au lycée Saint Louis à Paris où il étudia de 1928 à 1930. Pauvre, il dut financer ses études supérieures en faisant des traductions d’allemand et d’anglais en français pour des éditeurs ou des entreprises. Il profita du rachat par Joseph Gibert d’un fonds de l’American legion pour découvrir les grands noms du fantastique anglo-saxon dans des revues. Il connut la célèbre revue Amazing stories en fréquentant la librairie Brentano’s. Il lut Lovecraft grâce à une anthologie réalisée par Dashiell Hamet en 1931 qu’il se procura à la bibliothèque états-unienne de Paris. Il affirma avoir correspondu avec Lovecraft de 1931 à 1937. Mais aucun spécialiste n’a pu avoir accès à cette correspondance qui reste donc douteuse.
En 1930, Bergier commença des études à l’Institut de chimie et à la Sorbonne. Il travailla pour des industriels sur les zéolithes qui venaient d’être découverts. Les substances naturelles remplacent dans une combinaison un métal par un autre. Il passa sa licence de chimie et de mathématiques en 1933. Il quitta la Sorbonne car il n’avait par les moyens de faire un doctorat. De 1933 à 1937, il fit des petits boulots comme traducteur ou fabricant de colle. Il rencontra un savant, Alfred Abraham Eskenazi avec lequel il réalisa, en 1936, l’installation d’un laboratoire rue Dautencourt. Le laboratoire fonctionna dans une baraque en bois jusqu’en 1940. Ils obtinrent des contrats de quelques industriels notamment à Lyon avec des fabriquants de soie ce qui permit à Bergier de découvrir cette ville. Eskenazi était membre du PCF et Bergier était d’accord avec lui pour lutter contre le nazisme. Bergier aurait monté avec les communistes une opération de propagande anti-nazie. Il s’agissait de distribuer lors de la première du film de Cecile-B. de Mille, le Signe de la Croix, un tract virulent contre Hitler, ce qui fut fait le 28 février 1935. Bergier réalisa que Berlin était l’un des points faibles de la surveillance des nazis. Un autre comparse vint rejoindre Bergier et Eskenazi, il s’appelait Vladimir Garreau et était physicien. Il travaillait pour le comité international consultatif de téléphonie. Ils conçurent les principes essentiels de l’automation en 1935. Bergier s’occupa de télécommunication en 1936. En 1936, il rencontra André Helbronner, son mentor, qui introduisit la physique et la chimie en 1906 à Limoges et mis au point l’air liquide en 1912. En 1922, il reçut la grande médaille d’or de l’Institut Franklin pour ses travaux sur la liquéfaction des gazs. En 1934, Helbronner s’intéressa à la transmutation atomique. Il obtint des résultats dès 1937. Il réussit une synthèse de l’or à partir du bore et du tungstène, selon Bergier. Bergier réalisa, en 1938, la synthèse d’un radioactif naturel pour la première fois au monde. La fréquentation d’Helbronner poussa Bergier à s’intéresser à l’alchimie. Helbronner lui fit rencontrer, en juin 1937, un employé d’usine à gaz qui prétendait être Fulcanelli auteur du Mystère des cathédrales et des Demeures philosophales. Fulcanelli parla des dangers de la recherche atomique. Bergier voulut faire fortune dans la technologie en inventant un générateur nucléaire pas plus gros que les lampes électroniques des TSF mais personne ne voulut le suivre. En 1939, Bergier rencontra Georges Mandel qui voulut le faire protéger par le 5è bureau. Bergier devenant agent du 5è bureau, son nom de code était « sorcier », il était le seul scientifique.
Chapitre 3 : les mondes de la mort
En 1940, Bergier ne fut pas incorporé car il avait été réformé en 1933 pour myopie, il avait été affecté en tant qu’ingénieur à l’arsenal de Chatillon et fut donc dispensé de combat. Il entra en résistance dès juin 40. Il se rendit à Toulouse car il y avait des facilités d’hébergement et de travail au 5è bureau. Il renvoya sa naturalisation française à Pétain (il la reprit en 1945 des mains de de Gaulle) tout en demandant à bénéficier du statut d’étranger. Les services d’immigration lui accordèrent un certificat de nationalité polonaise. En tant qu’agent des services secrets, Bergier obtint un poste de conseil à l’usine Dewostine et batailla contre la commission d’armistice allemande. A Toulouse, il rassembla des réfugiés espagnols, des Français donc le « colonel » Fabien et des communistes. Ils distribuèrent des tracts lors de la visite de Pétain à Toulouse. Le 18 juillet 40, il monta une opération de résistance avec Mac Pherson pour faire passer 35 aviateurs en Angleterre. On lui proposa de partir à Londres mais il refusa. En septembre 40, il partit pour Lyon où il retrouva ses parents ainsi que Hellbroner et Eskenazi. Vichy créa une entreprise pour l’exploitation de l’Afrique, Eurafrique. Bergier, devenu M. Renaud de Caluire s’y infiltra comme expert en fibres textiles. Il s’intéressa à l’achat de brevets d’invention pour la fabrication de l’arme X (carburant des V1). Il loua un laboratoire pour fabriquer des bombes incendiaires et entreprit d’entrer dans la Résistance nationale. Il passa à la fabrication de 800 bombes par mois lors de son arrestation en 1943. Il approvisionna l’Orchestre rouge en postes de radio camouflés en appareils médicaux. Il mit aussi en oeuvre un services d’écoutes téléphoniques qui fut fort utile à Lyon et à Alger. Il organisa aussi des procédés de sabotage. En 1941, Bergier, Helbronner et Eskenazi établirent un premier contact avec un représentant anglais de haut rang. Bergier ne put entrer en contact avec la France Libre qu’au début 1943. En 1942, il rédigea un manuel pratique pour les résistants qu’il intitula Manuel du parfait saboteur édité à Londres en 38 langues. En septembre 1942, Pierre Sonneville installa la « mission Marco Polo ». Il quitta Londres pour Lyon en octobre 42. Bergier devint son opérateur radio en janvier 43. Il s’informèrent sur l’arme X pour prévenir les alliés. Les rapports provenaient d’un ingénieur russe travaillant pour les Allemands. Il indiqua que l’arme était construite sur l’île de Peenemunde et qu’elle était appelée arme V (comme Vergettung pour revanche). En mars 43, Montrose partit pour Londres et fut remplacé par Guivante de Saint-Gast et allait donner au réseau de Bergier son plein essor. Les informations sur les rampes de lancement installées par les Allemands sur les côtes de la Manche arrivèrent chez Bergier. Les services secrets de Canaris avaient connaissance du réseau de Bergier. Canaris appelait le réseau de Bergier la Centrale Blindenheim située dans une école d’enfants aveugles. L’institution était un camouflage, elle était dirigée par René et Marguerite Pellet, membres de Marco Polo. Il y avait une section scientifique fabriquant des bombes et des émetteurs radio, la centralisation des documents à l’échelon européen des scientifiques antinazis. Bergier travaillait également pour une société fictive, l’OFPS. Elle délivrait des certificats permettant d’éviter le STO. LE 15 mars 1943, trois membres de la section militaire du réseau de Bergier furent arrêtés : Raymond Aubrac, Serge Ravanel et Valrimont à Lyon par la police française et transférés au fort Montluc. Lucie Aubrac fit pression sur un procureur et Raymond Aubrac fut libéré. Bergier contribua à sa libération en juin 43, Helbronner fut arrêté, torturé mais ne parla pas. Il fut déporté à Buchenwald où il mourut en 1944. Eskenazi fut emprisonné au fort Montluc d’où il tenta de s’évader mais il fut tué. Seul restait Jacques Bergier qui fut caché à Pont-de-Beauvoisin d’où il dut réorganiser la section scientifique. Le 21 juin 43, Jean Moulin et Raymond Aubrac furent arrêtés à Caluire. Moulin torturé, mourut le 8 juillet. Bergier attaquera le 21 octobre 43 la voiture de la Gestapo qui transportait Aubrac au peloton d’exécution. Saint Gast fut arrêté le 18 juillet 43 et sa libération calquée sur celle d’Aubrac échoua. René Pelet lui succéda. Grâce à Bergier, les Anglais prirent conscience du potentiel de destruction que représentait la base de Peenemünde. Dans la nuit du 17 au 18 août, elle fut détruite par des bombardiers. Malheureusement, les alliés ignoraient qu’une autre base similaire existait à Volkenrode. La base de Peenemünde fut reconstruite et abritée dans une caverne rocheuse. 10 000 déportés y laissèrent la vie. Le créateur des V2, Von Braun, ne fut jamais jugé. En octobre, Bergier se rendit à Paris pour s’informer auprès du Russe blanc qui avait travaillé à Peenemünde. Il devait aussi prévenir les FTP qui avaient abattu par erreur un commissaire de police résistant qui avait la photo de Bergier dans son portefeuille car il devait lui faire des faux papiers. Bergier se rendit au Palais de la découverte sous le pseudonyme de Jacques Cardan pour y rencontrer un adjoint de l’ingénieur russe blanc. Il allait reprendre ce pseudo après la guerre pour écrire des articles. Puis il obtint de nouveaux renseignements du russe qu’il transmit à Londres puis il parvint à joindre les FTP pour prévenir de l’erreur commise et la corriger. Saint Gast avait monté un maquis dont plusieurs membres connaissaient la centrale de Bergier. L’existence de la centrale fut divulguée à un agent de Canaris. La centrale fut prévenue et réussit à évacuer son matériel mais le 23 novembre, la police allemande envahit la centrale. Marguerite Pellet, Jacques Sevillano et Jacques Bergier furent arrêtés. Bergier fut reconnu et battu. Bergier s’était préparé à la torture en pratiquant le yoga. Emprisonné au Fort Montluc, Bergier fut emmené à l’école de santé militaire, siège de la Gestapo, pour y être interrogé. Le 8 décembre, il n’avait toujours pas avoué. La Gestapo lui avait pourtant laissé croire que s’il parlait, sa peine de mort serait commuée et qu’il serait remis au Kaiser Wilhelm Institut pour y travailler sur la détection électromagnétique. Le 10 décembre, Bergier put rencontrer Jacqueline Sevillano. Il lui transmit ses dernières volontés à l’intention d’Octave car il savait qu’elle pourrait être libérée. le 15 décembre, il apprit qu’il était condamné à mort. Le 25, Jacqueline Sévillano fut libérée. Le 28, Bergier reçut une visite, une huile venue d’Allemagne qui lui demanda s’il voulait collaborer en travaillant à Berlin sur la détection électromagnétique des avions. Le 3 janvier 1944, deux membres du service de contre-espionnage de l’Abwehr lui demandèrent de faire des révélations sur un faux réseau anglais dont il aurait fait partie et qu’il voulait entrer en contact avec Octave pour préparer une alliance avec les anglo-saxons. Bergier livra de fausses informations sur un prétendu réseau communiste. Le 4 janvier, Octave entamait la destruction systématique des rampes de lancement des V1 après avoir averti Londres. Canaris ordonna le transfert de Bergier à Compiègne, centre de triage des déportés. Il ordonna également de faire des recherches sur le réseau Marco Polo sans savoir que celui-ci s’appelait « Promontoire ». Le 15 février, Bergier était à Compiegne. Le 18 février, deux SS le firent sortir du camp et on l’emmène dans un appartement de la ville où trois hommes le reçurent en lui expliquant qu’ils étaient physiciens, qu’ils avaient lu son mémoire déposé au ministère de l’armement en 1940 et qu’ils lui proposaient de travailler à la détection électromagnétique des avions. Bergier répondit qu’il voulait travailler au Kaiser Wilhelm Institut. Il leur promit la vie sauve et leur passage au Canada après la victoire alliée et ils acceptèrent. Bergier revint pourtant au camp pour ne pas paraître suspect à la Résistance. Quelques semaines plus tard, en mars, il se retrouvait dans le camp de Neue Bremme destiné à éliminer les déportés dont le retour était indésirable. Les déportés lui dirent qu’on ne tenait pas plus de quinze jours mais il tint. A deux reprises, les médecins le déclarèrent mort car il avait cessé de respirer mais il reprenait connaissance juste avant qu’on l’enterre. Bergier était le déporté n° 63573. Il arriva à Mauthausen, en Autriche, le 2 avril 1944 et fut envoyé au bloc n° 5 dont le chef, Hans, était un ancien boxeur et un droit commun. Il l’accueillit en lui offrant à manger et savait que Bergier avait opposé une résistance à Neue Bremme. Le lendemain, il entra en contact avec Franz Dalhem, dirigeant du PC clandestin qui avait résisté à la torture depuis 1938. Après guerre il allait jouer un rôle important en RDA. Il rencontra Octave Rabaté qui devait devenir directeur du journal L’humanité et favoriser l’entrée des communistes dans le gouvernement de de Gaulle. Bergier fut contacté par un membre des services secrets soviétiques qui lui proposa de faire partie du comité de résistance du camp. Il devait sélectionner en pleine nuit une cinquantaine de noms de résistants à sauver parmi les listes de centaines de déportés. Tous les autres devaient passer au four crématoire. Bergier fit la connaissance de Guillaume Hoorickx. Faux médecin qui lui sauva la vie à de nombreuses reprises. Quand Bergier apprit, à la Libération du camp, qu’il était en fait éditeur d’art, il s’évanouit. Avec Dahlem et Fédorov, un général russe, Bergier dirigea la résistance du camp. Il parvint à établir une liaison avec Londres avec des pièces volées aux SS. Il put divulguer des documents importants qui condamnèrent Goering car celui-ci avait condamné à mort 40 aviateurs états-uniens qui avaient bombardé Dresde en janvier 1945. Dans la nuit du 2 au 3 février 1945, Bergier donna l’ordre d’insurrection. Sans armes, ils tuèrent les droits communs chargés de les surveiller puis ils se jetèrent sur les barbelés électrifiés pour provoquer un court-circuit. Sur les 1 500 insurgés, seuls 45 parvinrent à s’enfuir. Ils emmenèrent des renseignements militaires précieux. Les SS partirent et avaient laissé une partie de leurs armes, elles servirent à neutraliser ceux qui étaient restés. Le 5 mai 1945; Bergier entrait en contact avec l’état-major allié à Versailles puis les Etats-uniens arrivèrent. Bergier retrouva le chef du camp, Ziereis dans un hôtel proche du camp et le tua. Un hôpital fut créé dans le camp pour soigner les déportés. L’aumônier voyant l’état de faiblesse de Bergier lui proposa des soins mais Bergier ne voulut pour toute aide que des livres ! L’aumônier lui en donna. Ainsi, Bergier découvrit des textes de Lovecraft. Avant de quitter le camp, il écrivit un mémoire de ses activités de résistant de 1940 à 1945 sur les marges d’une bible que l’aumônier lui avait prêtée. Rentré en France, il fit taper son rapport à l’exception de notes à caractère scientifique et personnel. Le 19 mai 45, Bergier rentra en France avec ses vêtements de déportés qu’il avait désinfecté dans la chambre à gaz. Il apprit ainsi l’existence du DDT. A peine rentré, il appela l’OSS (ancêtre de la CIA).
16 décembre 2007
Le dernier des magiciens
Le dernier des magiciens, Jean Dumur, entretiens avec Jacques Bergier
Ce livre est un portrait révélateur du trop méconnu Jacques Bergier. Il est surtout connu par les ésotéristes, les lecteurs de Tintin (Vol 714 pour Sydney) et ceux qui ont eu la chance de suivre l’émissions « Les Incollables » diffusée dans les années 70 sur TSR. Bergier est mort en 1978 dans une solitude complète et voulue. Né à Odessa en 1912, il arrive en France peu après la Révolution d’Octobre, journaliste, auteur de quarante livres dont le best-seller « Le Matin des magiciens » (deux millions d’exemplaires vendus), chimiste, agent secret, résistant. Déporté par les nazis, il écrivit : « Je n’aime pas qu’on mette des enfants vivants dans un crématoire. Je pense que les gens qui font ça, il faut les empêcher de le faire. Cela me paraît extrêmement simple ». Hélas la RAF pensait le contraire en refusant de bombarder les voies ferrées conduisant aux camps.
I - Le premier des justes
Bergier révèle que ses mémoires « Je ne suis pas une légende » ont été un succès de librairie. Il était officier de la France combattante, chevalier de la Légion d’Honneur, croix de guerre avec palme. Les soviétiques lui ont consacré un film « L’homme qui arrêta la foudre », son « manuel du parfait saboteur » a été traduit en 27 langues. Roger Vailland a fait de lui un des personnages de son roman « Drôle de jeu ». Malgré tout cela, on n’entend plus parler de Jacques Bergier et il n’est dans aucun dictionnaire. Bergier estimait que les gens réellement importants, on n’en entend pas parler. Il pensait que des personnages inconnus comme Richard Merton (qui a combattu Hitler dans l’armée anglaise et a reconstruit l’Allemagne) ou Philippe Berthelot (qui a occupé un poste au Quai d’Orsay de 1919 à 1939), ne détenaient pas les instruments du pouvoir mais le pouvoir lui-même. Curieusement, Bergier se considérait comme un personnage de seconde zone pour des raisons génétiques. Il était pourtant un homme de gauche et on sait encore plus aujourd’hui que le déterminisme génétique est une croyance de la droite (Sarkozy, Hortefeux, Mariani).
Bergier avait un père épicier. Il dut partir en 1925 en France avec sa famille. Il avait eu une enfance de riche avec précepteur à domicile. A 4 ans, il lisait couramment l’hébreu, le russe et le français. Il avait un QI de 160 alors que la moyenne est de 100. Il parlait onze langues. Il regrettait d’avoir quitté la Russie pensant qu’il y aurait beaucoup mieux réussi. Ses parents avaient quitté l’URSS croyant que la socialisation des magasins ne leur apporterait aucun avenir mais Bergier pensait qu’ils avaient eu tort. Il pensait même que son père aurait pu être ministre, c’était mal connaître l’antisémitisme des gouvernements soviétiques alors que Bergier était juif. Pourtant Bergier, exilé en France, estimait que ce pays était le pays le plus viscéralement antisémite d’Europe, plus que l’Allemagne. Son jugement est biaisé par l’histoire car 75% des Juifs de France ont été sauvés par les Français pendant la Shoah. De plus il croyait que l’URSS n’était pas du tout antisémite alors que les Juifs y étaient considérés comme des espions (affaire des blouses blanches) et poussés à quitter le pays pour s’exiler en Israël.
Bergier fit des études scientifiques en France mais en revenant des camps, il n’était plus qu’une épave en pensait n’avoir jamais retrouvé l’intelligence qu’il avait. Sa famille n’était pas du tout scientifique, elle était plutôt mystique. Bergier était ingénieur-chimiste. Il fut conseiller du gouvernement indien pour l’essence synthétique après la guerre. Il entra en résistance contre Hitler avant la guerre, dès 1935. Pourtant, à ce moment-là, il ne se considérait pas encore juif. Il pensait même que les Juifs européens avaient été lâches (c’est oublier le révolte du ghetto de Varsovie et du camp de Sobibor). Lui-même avait eu peur jusqu’au bout dans la Résistance. Et il y avait de quoi car arrêté par la Gestapo, il subit cinquante séances de torture. Il fut déporté à Neue Breme et à Matauthausen. Pourtant il ne se sentit pas traumatisé. Il avait, dans le camp, un rôle de leader car l’organisation de résistance de Mauthausen avait été monté par les services secrets russes et Bergier avait eu des contacts avec eux. Il dut sauver des gens en désignant les vivants parmi ceux qui devaient mourir ce qui le traumatisa. Il pensait qu’il devrait rendre compte après sa mort. C’est Bergier qui autorisa l’insurrection du camp dans la nuit du 2 au 3 février 1945. 45 déportés sur 1 500 parvinrent à s’enfuir en tuant des SS. A la Libération, Bergier fut ingénieur, écrivain, juge au tribunal militaire, agent secret, journaliste. Ce qu’il préféra ce fut juge militaire. Il ne fut jamais riche ne se sentant pas organisé pour l’argent. Le fait d’être juif représentait pour lui une discipline et une introduction au côté mystérieux de l’univers. Il était pratiquant. Sur sa carte de visite, Bergier annonçait « Jacques Bergier, amateur d’insolite et scribe des miracles », c’est une citation de Maurice Renard tiré du « Péril bleu » puis sur une autre il avait écrit « Premier des Justes, nouvelle série » car pour lui la première série des Justes ne valait rien et a été exterminée. S’il a combiné sa rigueur scientifique et son goût du mystère c’est parce qu’il pensait que la science n’étudie que les miracles. Il voulait expliquer l’insolite par des lois scientifiques. Quand on lui demande s’il a un regret il répond qu’il aurait voulu jeter la bombe atomique sur le Japon car pour lui les camps japonais étaient pires que les camps nazis et par le fait qu’il n’y eut pas un seul résistant japonais.
II Les maîtres de l’ombre
Résistant de la première heure, créateur de réseau, fabricant clandestin d’explosifs, organisateur d’attentats contre les Allemands, Bergier a commencé sa guerre de l’ombre dès 1937 en étudiant les armes nucléaires. Georges Mandel l’avait mis en rapport avec le 5è Bureau de l’armée ce qui lui a permis d’avoir des contacts utiles pendant la guerre. Après il a créé la DGER qui est devenu le Service de documentation et de contre-espionnage. Il avait organisé l’opération « signe de croix ». Trois ans après l’incendie du Reichtag, on jouait à Berlin le film de Cecil B. de Mille et des prospectus avaient été distribués devant le cinéma qui projetait ce film. Dans ces tracts on pouvait lire : « Néron a brûlé Rome et a accusé les chrétiens, il mentait; Hitler a brûlé le Reichtag et accuse les communistes, il ment. Allemagne réveille toi ». Bergier a, en outre, participé à la fondation du groupe de résistants allemand « Orchestre rouge ». Quand Pétain est venu à Toulouse, Bergier et le colonel Fabien ont jeté dans la voiture du maréchal deux volumes reliés du « Capital » et cinq kilos de bulletin d’adhésion au PCF. Bergier a collaboré au Réseau Marco Polo qui a permis la destruction de la base allemande Peenemünde ce qui a facilité le débarquement du 6 juin 44 d’après Churchill. Peenemünde était la base de fabrication des fusées V2. Bergier était lié aux Anglais avec l’Intelligence Service qui lui fournissait des armes, de l’argent et des postes de radio. A la Libération, Bergier est resté quelques temps pour transmettre de nombreux messages de ceux qui allaient mourir. Sa participation à la Résistance lui a donné un grand prestige à l’Est puisqu’un film de quatre heures lui a été consacré en Union soviétique « L’homme qui arrêta la foudre ». dès 1945, Bergier a créé la DGER, l’ancêtre de la DGSE. Il ne voulait pas travailler avec les Etats-uniens parce qu’il pensait qu’avec eux on ne peut avoir que des embêtements. C’est De Gaulle qui lui avait confié cette mission. Il y est resté jusqu’en 1950. Il prétendait avoir empêché la France de basculer dans le camp communiste car il avait découvert des dépôts d’armes cachés par les Polonais qui aurait pu servir aux communistes pour faire un coup d’Etat. Il pensait même que si la France était devenue communiste elle aurait été atomisée par les Etats-Unis ce qui paraît délirant. Bergier disait du mal des Etats-Unis mais il travaillé pour l’OSS, l’ancêtre de la CIA. Il se prétendait même pour le parrain de James Bond car il travailla avec son auteur, le commandant Ian Fleming. Il lui aurait conseillé d’écrire des romans. A la création de la CIA, Bergier a gardé des contacts avec les Etats-uniens mais il les considérait comme des enfants faisant des gaffes épouvantables. Sur ce point il a eu raison puisque la CIA n’a pas su empêcher les attentats du 11/09/2001.
Bergier estimait que les services secrets devenaient très puissants au point de penser que la CIA était un « gouvernement invisible ». Il affirmait que le président des Etats-Unis est un fantoche. Pour Bergier les Etats-Unis sont gouvernés par le Groupe 54-12, un groupe créé en 1954 constitué d’une trentaine de personnes qui gouverneraient réellement les Etats-Unis. Bergier pensait même que les Etats-Unis et l’URSS travaillaient main dans la main, c’est le sujet de son livre « la grande conspiration russo-américaine ». Si Bergier est devenu résistant c’est parce qu’il pensait extrêmement simple d’arrêter les méfaits nazis. Il avoue pourtant n‘avoir jamais eu de motivation politique. Il avoue également avoir exécuté des gens pendant la guerre mais sans remords car il s’agissait de traîtres. Finalement il était pour la peine de mort estimant que ceux qui détournent des avions ou tuent des gens doivent être supprimés.
III La troisième guerre
Bergier a écrit 46 livres plus un non édité « Economie politique de l’enfer », un livre sur les camps qu’il considérait trop traumatisant pour les gens. Bergier pensait que la 3è guerre mondiale aurait lieu avec des affaires comme celle d’Aldo Moro ou l’affaire Schleyer. Le terrorisme était donc pour lui une guerre mondiale. L’auteur croyait à un complot international comprenant trois variétés de gens travaillant ensemble : les faucons du KGB non contrôlés par le gouvernement soviétique, des gens du tiers-monde contre le néo-colonialisme européen cherchant à détruire l’Europe et enfin un certain nombre d’Européens dégoûtés de l’Europe. Il appelait cette coalition « Interterror ». Les meneurs de jeu étaient pour lui Cuba et l’URSS. LA Tricontinentale, organisme qui a été à la base de l’interterror a été fondé à Cuba lors de la conférence de la Tricontinentale en 1966. L’Etat major de l’interterror serait constitué de gens du tiers-monde, de Soviétiques, de Cubains et d’un certains nombre d’Européens. Le siège de cette organisation aurait été situé à Benghazi en Lybie. 60 000 personnes travailleraient pour ce groupe. L’interterror s’entraînerait à détourner des avions, à poser des explosifs et à préparer des révolutions. La stratégie aurait été de disloquer l’Europe pour que l’URSS l’envahisse. Malgré tout il y aurait des Russes au sein de l’Interterror et des Russes qui s’y opposeraient.
Bergier évoque mai 68. Pour lui ce fut un succès remarquable qui a pu désorganiser la France. La France avait, selon lui, subi plus de dommages pendant cette période que pendant huit jours d’une guerre normale. Il pense que mai 68 était fourni par le Centre maoïste de Bruxelles à hauteur d’un milliard de francs par jour ce qui est complètement délirant et aurait fait rire les historiens car les maoïstes n’étaient pas si riches. Bergier ne veut pas être considéré comme un anti-jeunes. En mai 68, il a lancé un mot d’ordre « Assez d’attendre l’accalmie, assez manger le pain des larmes, chaque con peut être Bendit ». Bergier a prophétisé l’acquisition de la bombe atomique par les terroristes ce qui semble aujourd’hui plausible avec la Lybie et l’Iran. Néanmoins, Bergier tenait beaucoup de propos farfelus comme l’évocation d’une action maritime de l’Afrique du Sud contre Cuba. Revenant sur la Résistance, Bergier nous apprend qu’il a attaqué la voiture de la Gestapo qui transportait Raymond Aubrac au peloton d’exécution. Bergier ne veut pas condamner les terroristes malgré ce qu’il affirme sur l’Interterror, il pense que c’est à l’histoire de le faire. On sent chez Bergier une forte envie de provocation quand il affirme que ce qu’il a vécu pendant la guerre était une belle époque et ce qu’il a subi dans les camps encore plus. A cause de ses prévisions sur l’avenir, Bergier affirme avoir reçu des menaces de mort.
IV Bizarre, bizarre
Bergier avoue n’avoir jamais pu comprendre le phénomène suscité par Le Matin de magiciens. Il affirme que tout ce qu’il contient est vrai puis se rétracte en avouant que c’est très loin d’être la totalité. La partie de ce livre consacré au nazisme proviendrait des dossiers « File and forget » constitués par les gouvernements ayant combattu Hitler. Ce sont des dossiers sur les choses qu’on ne comprend pas. Bergier s’en est aussi servi pour une quinzaine d’autres livres.
Bergier évoque les civilisations disparues. Il s’appuie sur des objets civilisés extrêmement anciens exposés dans les musées comme l’objet de Koso, un oscillateur magnétique trouvé figé dans une pierre datant d’un million d’années. Il revient sur les piles de Bagdad évoquées dans le Matin des magiciens. Evidemment, Bergier ne peut s’empêcher de parler des théories de Von Daniken qui pensait à l’arrivée des extra-terrestes sur notre planète. Ils auraient apporté aux hommes la civilisation. Au chapitre des bizarreries, Bergier pense qu’il aurait existé des empereurs chinois immortels grâce à l’absorption d’or liquide qui aurait conduit à la découverte de l’alchimie. Bergier est également métaphysicien quand il explique les miracles cosmiques par l’intervention des Volontés. Ce serait des êtres supérieurs. Pourtant Bergier ne croit pas aux soucoupes volantes car pour lui ce que nous voyons de l’espace a disparu il y a des milliards d’années, il n’en reste plus que la lumière. Il n’existe pas de simultanéité à des endroits bien distants dans l’espace.
Bergier croit aux portes induites imaginées par Lovecraft. Cette théorie est appelée aujourd’hui les trous de ver. Il s’agirait d’endroits d’où on pourrait passer d’un univers à un autre. Pour Bergier, il y en aurait dans le Triangle des Bermudes et dans la mer du Japon. Il existerait donc des mondes parallèles ce qu’un scientifique a théorisé, un certain SarfatI. Bergier parle des sociétés secrètes. Il dit avoir essayé de postulé dans deux de celles-ci mais d’avoir été refoulé pour moralité insuffisante ! Il dit qu’il existait une société secrète romaine gardant le nom secret de Rome ce qui permettait à la ville d’être invulnérable. Aujourd’hui, on ne connaîtrait toujours pas le vrai nom de Rome ! Bergier revient sur le groupe Thulé et la fameuse légende qui consiste à dire qu’Hitler en était un des initiés et qu’il aurait obtenu des pouvoirs secrets grâce à un pacte avec le diable ! Bergier pense que ses théories relèvent de la science et pas des religions car tout ce qui paraît comme réel n’est physiquement qu’un ensemble d’ondes et de vibrations et donc que cela peut être aussi le cas en sociologie et en psychologie. Interrogé sur l’Au-delà, il estime que la religion n’a rien de mystérieux et que le judaïsme ne croit pas en l’Au-delà. Pour les Juifs il n’y aurait rien après la mort.
V Le pape de l’étrange
Bergier était membre de l’Académie des Sciences de New-York et de celle de Sibérie mais il n’aimait pas être pris au sérieux. Il pensait que la science-fiction est le contraire de la littérature avec laquelle il était radical, elle serait écrite par des ratés pour des ratés. La science-fiction décrit des réussites, elle ne fait pas preuve d’imagination et nécessite une connaissance de ce qui se passe dans les laboratoires. Concernant le paranormal, Bergier croit à la télépathie et l’a expérimentée sans pourtant relever aucune radiation. Il croit aussi à l’alchimie qu’il a pratiquée. Il dit avoir transformé du sel en béryllium, constituant fondamental de l’émeraude grâce à la pierre philosophale fabriquée par l’Académie des sciences tchèque. Bergier, alchimiste, croit donc à l’immortalité. Pour lui Roger Boskovitch et Roger Bacon seraient la même personne alors qu’ils ont vécu à cinq siècles d’écart. Il pense que c’est la science et non la science-fiction qui annonce le futur comme l’anti-gravitation ou l’énergie de l’espace captée par radio pour se passer de pétrole. Bergier est également un amateur de canulars et il en a créé quelques uns pour le magazine « Constellation» comme la « théorie de l’éternuement » en 28 volumes par un certain professeur Hegebur. Il avait même été invité un 1er avril sur France Culture pour faire croire aux auditeurs que Notre Dame de Paris avait été vendue à une municipalité communiste et qu’elle allait être démontée.
Bergier imaginait l’avenir dans une société libre ou on resterait chez soi et où on pourrait travailler à distance grâce aux télécommunications et seulement vingt heures par semaine. Il s’est trompé même si le travail par internet existe, il reste marginal.
Dans la postface, Jean Dumur évoque l’humour de Bergier, sa mémoire fantastique, sa provocation « donner la mitraille contre la canaille de 58 », le côté farfelu de ses idées, son passé de Résistant (il fut décoré par la France, l’Angleterre, l’URSS et les Etats-Unis).
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15 août 2007
L'homme éternel (fin)
4è partie : de quelques interrogations romantiques
I Petit manuel de la chasse aux énigmes
Pauwels et Bergier dénoncent le fait que pour les archéologues l’homme qui descend du singe n’est vraiment un animal raisonnable que depuis la mort de Louis XVI. La science a pour fonction essentielle de nous prouver qu’il n’y a pas de Bon Dieu. Donc s’exalter à la pensée qu’il nous reste beaucoup d’inconnus à percer, c’est avoir partie lié avec l’obscurantisme. L’archéologie serait une science complète et fermée, tout comme la physique l’était au XIXè siècle. On nous dit a priori qu’il ne peut y avoir eu aucune civilisation avant les âges glaciaires sur les dates desquels d’ailleurs on discute. Comme on ne peut pas faire des fouilles dans les régions de la terre actuellement recouvertes par les glaces. Antarctique et Groenland, la question reste ouverte. Pauwels et Bergier évoquent la civilisation très avancée découverte en 1932 par Daniel Ruzo à Marcahuasi au Pérou. Ils décrivent des sculptures anthropomorphiques et zoomorphiques, des lacs artificiels, une forteresse mais ne donnent pas l’âge de cette civilisation. Ils disent juste qu’elle serait plus ancienne que celle de Sumer. Ils s’arrêtent encore à Tiahuanaco qui daterait de 9 000 avant J.C. avec les premiers chasseurs mais qui aurait atteint son apogée technique en 1 800 après J.C. selon les archéologues classiques. Pour les archéologues romantiques cette civilisation est apparue 50 000 avant J.C. et a connu son apogée 30 000 avant J.C. Les deux auteurs veulent encore prouver que des technologies avancées ont existé dans la préhistoire. En 1930, un ingénieur trouve dans les caves du musée de Bagdad une caisse contenant « divers objets de culte » non classés. C’est ainsi que Wilhelm Koëning découvrit une pile électrique vieille de 2 000 ans.
II Un statisticien dans la caverne
Pauwels et Bergier évoquent l’admiration des touristes pour la grotte de Lascaux qualifiée de « Chapelle Sixtine de la préhistoire ». Puis ils s’intéressent à Boucher de Perthes qui lutta trente ans pour faire admettre l’existence de l’homme fossile, de 1828 à 1859. Le statisticien est Leroi-Gouicher qui, en 1947 entreprit de mettre au clair les méthodes objectives d’une chronologie de l’art préhistorique.
III Les inconnus d’Australie
Les deux auteurs s’interrogent sur le passé de l’Australie. Les Aborigènes auraient une civilisation datant de 3 000 avant J.C. d’après les archéologues Tindale et Hule. Mais entre 1960 et 1964 Mulverey trouva 850 projectiles datant d’au-moins 16 000 ans. En 1965 un squelette fut daté de 16 000 ans avant J.C. Les Blancs ont massacré les Tasmaniens au XIXè siècle, il ne reste donc aucune source d’information sur ce peuple.
Pauwels et Bergier évoquent ensuite la Nouvelle-Guinée administrée alors, par l’Australie. Les indigènes errent ivres dans les rues et subissent la ségrégation. Ce peuple est le plus égalitaire de la planète et pratique 500 langues. Il n’y a pas de souverain ou de leaders héréditaires. Pauwels et Bergier imaginent que l’Australie fut traditionnellement un lieu de dépôt, une immense cachette pour des visiteurs du dehors ou une race inconnue qui y organisa une déportation d’hommes maintenus dans l’ignorance.
IV De la communication des mondes
Les deux auteurs relatent la découverte de Machu-Pichu en 1911 par un professeur de Yale nommé Hiram Bigham. Pour lui il s’agit de Tampu Tocco, refuge des Amautos d’où venait Manco Càapac qui s’empara de Cuzco et fonda l’empire inca vers 1300. Les deux auteurs reparlent de Tiahuanaco, cité d’Amérique du sud d’où s’élévèrent des pyramides tronquées, des rangées de monolithes et un linteau taillé dans la pierre dure et la fameuse porte du soleil qui fait penser à un calendrier astronomique. Comme dans Le Matin des magiciens, ils évoquent la plaine de Nazca au Pérou et ses immenses figures géométriques, ses silhouettes d’animaux qui semblent avoir été tracées pour être déchiffrées de très haut. Pauwels et Bergier rappellent que l’Inca Huyana Càpac entend dire, en 1526, que d’étranges hommes au visage pâle ont été vus dans des embarcations aux dimensions anormales. Pizarre débarque en 1532 mais les traditions incas parlaient d’hommes blancs venus de la mer dans la nuit des temps. Pauwels et Bergier prétendent que les Phéniciens auraient débarqué au Brésil en se référant à des textes trouvés sur une roche brésilienne en 1872. Les dieux blancs des Incas seraient donc les Phéniciens. Les deux auteurs pensent qu’il y a eu des contacts entre l’Amérique du sud et les civilisations méditerranéennes. Selon eux, il existerait 2 000 coïncidences de mots entre l’ancien Egyptien et les inscriptions brésiliennes. D’après des linguistes du XVIIIè siècles, l’Egyptien serait la langue originelle.
V - A propos de la science chinoise
Selon le professeur Tschi Pen Lao, on aurait découvert dans les montagnes du Hou-Nan des bas-reliefs de granit représentant des êtres non humains avec des scaphandres et des objets cylindriques flottant dans le ciel. Ces bas-reliefs seraient vieux de 45 000 ans. Pauwels et Bergier parlent de l’alchimie chinoise qui, à partir de l’or, procurerait la pilule d’immortalité. Ils s’intéressent aussi au Yi-King, le livre des mutations. C’est un livre où toutes les situations où un être humain peut se trouver placé sont recensés. C’est aussi un oracle qui permet de découvrir quelle est la situation où se trouve l’interrogateur. Le Yi-King utilise le langage binaire comme les ordinateurs.
VI - Voyage autour de Numinor
Numinor est une civilisation disparue évoquée par C.S. Lewis et Tolkien. Pauwels et Bergier relatent une saga de l’Irlande datant de 2 600 avant J.C. qui sert de mythe celte. La mythologie celtique est fondée sur deux principes inséparables : la vie et la mort. Il existe un parallélisme entre la terre et l’homme. Celui-ci traverse trois états : la naissance, la vie et la mort. Chez les Celtes, le maître de la nourriture Aryaman joue un double rôle, sa bienveillance s’oppose à la terreur qu’il inspire. Les Celtes vouaient aussi un culte à la lune qui leur permettait d’acquérir des notions de durée. A partir d’un certain moment qu’on ne peut délimiter, les dieux souterrains et aquatiques sont remplacés par d’autres venus de l’espace. Les dieux solaires ont fait pencher la balance du côté du feu et de la mort. Il y a Lug, maître incontesté des arts, de la paix et de la guerre et Dagda dieu des musiciens. Les Celtes attendent un être prédestiné, Galaad, qui indiquera le sens de chaque action. Le Berceau des peuples celtiques, le Hacz se serait trouvé en Bohême-Moravie. Au deuxième millénaire, ils émigrèrent en se scindant. Il s atteignirent l’Asie Mineure. Une vague s’installa en Gaule, une autre en Hollande, en Belgique, en Ecosse et en Irlande. Les techniques et les mythes étaient transmis par les druides oralement. L’originalité des druides résidait dans le culte naturaliste et le cérémonial saisonnier. Ils se réunissaient dans la forêt. Ils servaient de conseillers politiques aux souverains et de précepteurs aux jeunes nobles et pratiquaient une médecine basée sur les plantes.
Pauwels et Bergier évoquent Numinoë, chef des Bretons et duc de Bretagne en 824. Il organisa l’unité bretonne. Il s’empara de Rennes et de Nantes. Il envahit l’Anjou, le Maine et le Vendômois et mourut en 851. Il se réclamait par son nom de Numinor. Les deux auteurs évoquent également la légende de la ville d’Ys. Elle est parvenue grâce au lai « Graelent-Meur » de Marie de France et au Mystère de Saint Gwendolé datant du XVIè siècle. Gradlon, roi de Cornouailles, a épousé une fée au cours d’un séjour lointain. Durant le retour, elle met au monde une fille Dahuit ou Ahès et meurt. Le veuf se consacre à Dahuit et se convertit au christianisme. Dahuit demeure païenne et pour vivre à l’écart de la cour, elle demande à son père de lui construire une ville dans un bas-fond près de la mer. La ville est protégée par une digue munie d’une porte de bronze. Albert le Grand la situe dans la baie de Douarnenez. Les habitants se livrent à des orgies et Dieu charge Gwendolé de les punir. Le saint homme prévient Gradlon qui a eu le temps de fuir mais Dahuit et ses compagnons meurent noyés dans la cité engloutie par les flots.
Cinquième partie : de quelques demi-certitudes merveilleuses
I - L’union libre du savoir et du faire
Pauwels et Bergier prétendent qu’à chaque fois que des signes de technique très évoluée apparaissent dans les temps très anciens, il y a stupeur. Une civilisation n’est technique que sil elle est scientifique. Les deux auteurs rejettent cette idée. Ils pensent qu’il n’y a pas toujours et nécessairement rapport entre réalisation technique et connaissance générale dans une civilisation donnée. Ils prétendent que la plupart des grandes constructions du génie scientifique n’ont généralement abouti à aucune transformation du milieu matériel dans lequel nous vivons, ni contribué à aucun progrès de la civilisation matérielle où à la mainmise de l’homme sur la nature. C’est encore une preuve de la philosophie réactionnaire de Pauwels et une dénégation pure et simple des progrès techniques comme les transports et l’énergie issus de scientifiques. Les progrès techniques auraient donc été réalisés par des hommes sans culture scientifique pour Pauwels. L’inventeur n’appartient pas au monde des lois, mais des actes. Il n’a pas un esprit éclairé. Pauwels et Bergier rappellent que le professeur Simon Newcomb, à la fin du XIXè, démontre mathématiquement que le vol d’un objet plus lourd que l’air est une chimère. Deux réparateurs de bicyclettes, les frères Wright, construisent un avion. Les deux auteurs pensent que nous voyons homogénéité du savoir et du faire, de la science et de la technique, alors qu’il y a coexistence, superposition et parfois antinomie. En déclarant que notre civilisation n’est nullement gouvernée par les vertus de l’esprit scientifique Pauwels et Bergier ont provoqué les foudres de l’Union rationaliste et des scientifiques. Les deux auteurs sont parfois obscurantistes quand ils crachent sur Darwin en déclarant : « Après tout, l’évolutionnisme, sur quoi repose toute notre pensée du progrès, est un conte de fées » (p 295).
II Les douze ville de Catal Hüyük
Pauwels et Bergier évoquent la civilisation de Catal Hüyük découverte par James Mellaart au sud de la Turquie. Il découvrit douze villes superposées et dont la plus ancienne remontait à 7 000 avant J.C. Chaque ville se composait de maisons en briques. Les murs étaient revêtus de fresques. Elles représentaient des scènes de chasse, de jeux et de cérémonies. Les hommes portaient des chemises de laine, des tuniques et des manteaux d’hiver munis de ceinture à boucles en os. Dans l’ourlet des robes féminines il y avait des cercles de cuivre. Le symbole le plus fréquent sur les fresques est la main humaine. Il n’y avait pas d’écriture. Dans quarante sanctuaires exhumés, ont été retrouvés de nombreuses sculptures et divers objets cultuels. Ils étaient dédiés à la Déesse-mère. Des peintures murales indiquent qu’elle avait le pouvoir de ressusciter les défunts. Cette civilisation croyait en un monde futur. Des objets ayant appartenus aux défunts étaient placés dans les sépultures. On y a trouvé également des fourchettes. Cet objet ne se trouve chez aucun autre peuple de la préhistoire. Pauwels et Bergier supposent que la femme occupait le premier rang dans cette société. Les tombes des hommes étaient des simples banquettes. Les femmes avaient droit à une couche très large, presque majestueuse. Catal Hüyük disparut, écrasé probablement par les Scythes au milieu du sixième millénaire avant notre ère.`
III - L’empire de Dédale
L’empire de Dédale avait pour centre la Crète. Il y a de fortes chances pour qu’il se confonde avec celui qui a survécu dans la légende sous le nom d’Atlantide. Platon la situait à l’ouest des colonnes d’Hercule, autrement dit du détroit de Gibraltar. Dans le Critias, Platon parle d’une guerre qui aurait éclaté 9 000 ans avant son époque entre les souverains de l’Atlantide et ceux de la mer Egée. Ils s’agirait donc d’un royaume beaucoup plus ancien que le royaume crétois. Pauwels et Bergier supposent qu’un peuple vivant sur une île de l’Atlantique au cours du néolithique, aurait inculqué aux premiers Crétois les bases de sa civilisation avant de disparaître. La Crète dominait toutes les contrées voisines. Il y eut deux phases dans l’ère d’expansion des Crétois. Dès la première, ils trafiquaient avec la Grèce, Mélos, Chypre, Délos, la Syrie et l’Egypte. Leur flotte était importante et ils avaient une marine de guerre. Cette flotte leur permit d’aller se procurer au loin l’étain. Ils possédaient des ateliers. Dans leurs palais, ils disposaient de murs à doubles parois isothermes, du tout-à-l’égout, de l’air conditionné par un chauffage central, de canalisations, d’éclairages subtiles, d’élévateur. Pauwels et Bergier évoquent le mythe de Dédale. Il aurait inventé les adhésifs, des préservatifs, l’insémination artificielle, une machine à creuser les tunnels, une machine volante et un robot !
Dédale, fils du dieu Arès, serait né à Athènes. Il y pratiquait la mécanique, l’architecture, la sculpture. Son neveu se nommait Talos. Dédale jaloux de son habileté le précipita du haut de l’Acropole et s’exila en Crète. Dédale travailla à la cour de Minos. Pasiphae, la femme de Minos, s’éprit d’un taureau et donna naissance au Minotaure. Pour cacher cette honte, Minos demanda à Dédale de lui construire le labyrinthe.
10 août 2007
L'homme éternel 2
Deuxième partie : Rêveries sur la grande langue
I - La musique du ballet des géants
Au Vè siècle, Aurelius, héritier du trône breton, voulut élever un monument à la mémoire de ses hommes massacrés par les Saxons. Merlin l’enchanteur lui conseilla d’aller chercher le Ballet des Géants à Killaraus en Irlande. C’était un monument de pierre empli de mystère. Les pierres furent déplacés par les soldats d’Aurelius jusqu’à Stonehenge. En réalité Stonehenge serait un temple romain pour l’architecte Inigo James ou druidique pour John Aubrey. En 1950, Stonhenge fut daté avec le carbone 14, il était de 1840 avant J.C?
Fred Hayle, astronome découvrit que Stonehenge était un observatoire astronomique complexe d’où l’on pouvait observer les éclipses de lune et de soleil savamment calculées. Selon Pauwels et Bergier, il aurait fallu des millions de journées de travail pour édifier Stonehenge avec les moyens de l’époque. C’est l’occasion, une fois encore, pour les deux auteurs d’évoquer l’existence, d’une civilisation étrangère au courant normal de la préhistoire, un monde de connaissances supérieures qui aurait disparu. Les deux auteurs s’intéressent ensuite au langage des premiers hommes. Pour eux, le langage est conçu, dans son expression à travers l’homme, comme une réalité matérielle et jeter un mot est un acte aussi transformateur que jeter une flèche (p 114). Pauwels et Bergier sont persuadés que les architectes de Stonehenge avaient un langage et une écriture qui ont disparu.
II - Le centième nom du seigneur
Le seigneur possède 99 noms accessibles à l’entendement humain. Celui qui apprend le 100è s’élève au-dessus de la condition humaine. Toutes les traditions, primitives, gnostiques, cabalistes, enseignent qu’il est un nom suprême, clé de toutes choses et que chaque chose a son nom véritable qui contient sa nature essentielle. Pauwels et Bergier s’intéressent au pouvoir des mots. Ils relatent que chez les Cafres, il est défendu aux femmes d prononcer le nom de leur mari et du beau père, chez les Albanais et chez les Aborigènes les noms des morts sont sous les lois du tabou. Chez les Slaves les noms des animaux ou des plantes considérés comme dangereux sont remplacés par des mots plus anodins. Il y aurait, selon les Anciens, un langage révélé, dans lequel les noms se seraient pas le symbole véhiculaire des choses, mais l’expression et la réalité de la structure ultime des choses. Dans Le Mystère des cathédrales, Fulcanelli, affirmait que les grandes édifices religieux du Moyen Age étaient des livres de pierre qui enseignaient la science alchimique. Les deux auteurs veulent croire qu’il fut un temps où tous les hommes civilisés parlaient la même langue. Ils affirment qu’on la retrouve dans l’Egypte ancienne, dans les antiques écrits hindous et bouddhistes. Pauwels et Bergier vont jusqu’à déclarer qu’il existe des alphabets magiques qui ressemblent aux diagrammes des circuits imprimés et que quelques lignes sur un parchemin peuvent être des instruments de télécommunications. Ils évoquent également le fameux manuscrit Voynitch. C’est un manuscrit enluminé du Moyen Age de 204 pages dont la rédaction est attribué à Roger Bacon. Le langage employé est codé. Vers 1580, le duc de Northumberland le remit au magicien John Dee qui l’offrit à l’empereur Rudolph II. Puis le manuscrit parvint au recteur de l’université de Prague, Marci, au XVIIè siècle. Il se retrouve ensuite chez les jésuites. Il fut acheté en 1912 par l’antiquaire Wilfried Voynitch à l’université jésuite de Mandragane Frascatie en Italie. Le manuscrit comporte des plantes inconnues et des nébuleuses spirales. En 1921, le doyen de l’université de Pennsylvanie estimait avoir déchiffré une partie du manuscrit mais sa traduction fut contesté. Ses héritiers de Voynitch cédèrent le livre à Kraus à New-York.
III - A la recherche d’une écriture de l’absolu
Pauwels et Bergier évoquent John Wilkins, né en 1614, mort en 1672. 1er secrétaire de la Société Royale des sciences, recteur du Whodam College d’Oxford, il avait créé dans cette ville un groupement de chercheurs; le « collège invisible », lequel s’incorpora à la Royal Society. Le collège réédita des textes essentiels de l’alchimie. Pour Wilkins, il avait peut-être existé une grande langue et on la retrouverait un jour. Il travailla à la création d’un langage universel de 1664 à 1668. Son ambition était de créer une langue dont chaque mot apporterait, sur la chose représentée, une connaissance complète. Pauwels et Bergier évoquent un autre système linguistique imaginé par l’écrivain de science-fiction Robert Heinlein, le « rapiparole » (speedtalk) qui permet de penser plus vite en exprimant plus vite et d’augmenter notre temps de conscience. C’est un langage basé sur un vocabulaire-musique, quelque chose comme la composition à partir de sept notes.
3è partie : la plus vaste question
L’exemplaire énigme des Akpallus
Pauwels et Bergier évoquent un ouvrage de Shklovski, membre directeur de l’Institut d’astronomie de l’université de Moscou sans en donner le titre. On sait juste que Carl Sagan l’auteur de « Contact » l’a traduit en anglais et qu’il y est question de communication avec les extra-terrestres. Pauwels et Bergier rappellent que pour les philosophes grecs la vie devait exister ailleurs que sur la terre. La recherche des extra-terrestres est donc très ancienne. Avec le christianisme cette recherche s’arrête jusqu’à l’arrivée de Copernic et de Galilée. Mais le Vatican ne voulut rien savoir de l’héliocentrisme. Les deux auteurs renouent avec la théories des anciens astronautes comme dans le Matin des magiciens. Shklovski considère l’hypothèse comme valable et Sagan la relaie. Il se réfèrent aussi à Agrest, un chercheur scientifique qui estimait que si des astronautes étaient venus sur terre et y avaient rencontré des hommes, cela aurait laissé des traces dans les légendes et les mythes. Les extra-terrestres seraient apparus aux premiers hommes comme de nature divine. L’hypothèse de Sagan est celle-ci : des visiteurs extra-terrestres en scaphandre, à bord d’un vaisseau spatial basé en mer, sont venus apporter aux hommes les rudiments de la connaissance. Ces hommes fondèrent Sumer. Pauwels et Bergier parlent des Akpallus-Berose, prêtre de Babylone aux temps d’Alexandre le Grand. Il aurait eu accès aux témoignages cunéiformes et pictographiques vieux de plusieurs millénaires. L’enseignement de Berose nourrissait les textes grecs et latins. Dans le récit d’Alexandre Polynistar, il est question d’un animal doué de raison, appelé Oannès avec un corps de poisson et deux têtes. Il avait des pieds humains et une queue de poisson. Il avait un langage articulé. Il parlait avec les hommes mais ne mangeait pas. Il les initia à l’écriture aux sciences et aux arts. Au coucher du soleil, l’animal replongeait dans la mer. Dans le récit d’Abydanus, l’histoire se passe en Chaldée. Le premier roi du pays Alorus régna 10 saris. Un sarus équivaut à 3600 ans. Après lui, Alaparus régna durant trois saris. Amillarus lui succéda et régna trente saris puis Ammenon régna 12 saris. Puis Megalarus régna 18 saris puis Daos gouverna pendant 10 saris. A cette époque quatre personnages à double face surgirent de la mer, ils s’appelait Euedocus, Eneugamus, Eneubouos et Anementus. Après cela vint Anodaphus. Dans le récit d’Apollodorus, le premier roi de Chaldée fut Alorus, il régna 10 saris puis vinrent Alaperus et Amelon puis Ammenon au temps duquel apparut l’Annedotus Musarus Oannès venant du golfe persique. Puis Mégalorus lui succéda pendant 18 saris puis vint le berger Daonus qui régna 10 saris. En son temps apparut Annedotus mi-homme mi-poisson. Puis Euedoreschus régna 18 saris. Durant son règne apparut Odacan également mi-homme mi-poisson.
Récit ultérieur d’Alexandre Polyhistor. Après la mort d’Adrdatos, son fils Xisuthrus régna 18 saris. A cette époque eu lieu le grand Déluge. La divinité Kronus apparut en rêve à Sisuthus et lui apprit qu’il y aurait un déluge et que l’humanité serait détruite. Il le somma d’écrire une histoire de toute chose et de construire un vaisseau et d’emmener ses proches et de recueillir toutes les espèces animales. Pour Sagan ces légendes mériteraient des études critiques sans rejeter une dimension de recherche relative à des contacts directs avec une civilisation extra-terrestre.
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09 août 2007
L'homme éternel 1 (suite du Matin des magiciens)
L’homme éternel
Dix ans après Le Matin des magiciens, paraissait L’Homme éternel, ouvrage inachevé qui devait être le tome 1 d’une série d’essais sur l’homme, son passé, son avenir et son espace intérieur. Pauwels voulait que cette série soit un « Manuel d’embellissement de la vie ». Ce livre ne connut pas le succès du Matin des magiciens et le réalisme fantastique lassa le public puisque la revue « Planète » issue de ce mouvement disparut au même moment. Comme dans le Matin des magiciens, Pauwels et Bergier sont obsédés par les sociétés secrètes. Ils démarrent l’Homme éternel en affirmant que « notre civilisation, comme toute civilisation, est une conjuration ». Cette conjuration aurait pour but de nous faire méconnaître qu’il y a un autre monde dans celui que nous habitons. Le réalisme fantastique est résumé dans cette phrase du baron Gleichen que les deux auteurs reprennent à leur compte : le penchant pour le merveilleux, inné à tous les hommes, notre goût pour les impossibilités, notre mépris pour ce que l’on sait, notre respect pour ce que l’on ignore, voilà notre mobile (p 9). La série d’ouvrage prévue par Pauwels et Bergier devait comprendre cinq volumes : L’homme éternel, essai et rêverie sur le thème des civilisations disparues. L’homme infini devait traité de la condition surhumaine. L’homme en croix devait évoquer les risques et les chances de notre civilisation, du pari sur les chances. L’homme relié, devait reposer sur le contact avec des intelligences différentes dans le ciel et ici-bas. Et enfin L’homme et des dieux à venir devait développer l’idée qu’il n’est peut-être pas possible de créer un mythe nouveau mais que la venue d’un tel mythe est indispensable.
1ère partie : un voyage d’agrément dans l’éternité
1- Des dates sur l’évolution
Pauwels a rencontré Julian Huxley, petit-fils du peintre darwiniste Thomas Henry Huxley. Julian Huxley prétendait faire du darwinisme une religion. Pauwels et Bergier relatent l’histoire du darwinisme et sa réception par la société. Le christianisme a fini par l’adopter mais si l’Eglise moderne veut bien que le corps de l’homme ait été un produit de l’évolution, pour l’être, elle se réserve. Le darwinisme a engendré des peurs. Nietzsche voyait dans le déterminisme qui préside à l’évolution des espèces, de quoi nourrir sa vision tragique. Il s’enchanta sombrement des duretés implacables de la sélection naturelle, et que l’homme apparaisse sur un immense cimetière d’espèces englouties. Pauwels et Bergier estiment que si les découvertes de la génétique moderne avaient été faites avant l’avènement de la civilisation industrielle, il n’aurait pas été question d’évolution créatrice. En effet, avec le progrès, l’humanité peut espérer découvrir un sens à l’histoire. Pour les deux auteurs les implacables lois de « l’évolution économique » sont comme le transformisme de Lamarck et le principe de lutte de classe est cousin de la sélection naturelle. Ils se méfient donc de l’évolutionnisme de Darwin en affirmant qu’il n’est pas plus exempt de délire que tous les autres « ismes » et qu’il faut le surveiller d’assez près. Si le darwinisme gène tant les deux auteurs c’est qu’ils veulent croire à la possibilité que l’homme ait pu apparaître plusieurs fois au cours des millions d’années qui nous précèdent. Donc l’homme serait éternel, ce qui explique le titre de l’ouvrage.
II - La dérive des continents
Pauwels et Bergier prétendent que des géologues auraient émis l’hypothèse d’un continent primitif, le Gondwana sans citer lesquels. Alors que le continent originel s’appelait la Pangée. Avant la dérive des continents, les terres ne formaient qu’une seule masse, il y a 300 millions d’années. Pauwels et Bergier citent Hapgood selon qui on aurait trouvé des fossiles tropicaux dans l’Antarctique ce qui prouverait que ce continent se trouvait à l’équateur puis a dérivé il y a dix à quinze mille ans ce que la plupart des géologues se refusent à admettre pour une période si peu lointaine. Ce chapitre sur la dérive des continents est un prétexte pour évoquer les civilisations disparues. Les deux auteurs pensent que l’Atlantide a existé et se trouvait sur l’île de Thêra en Méditerranée détruite par l’explosion du volcan Santorin en 3000 avant J.C. quant au Groeland, il contiendrait peut-être sous la glace les restes des civilisations légendaires comme Thulé, l’Hyperborée et Numinor.
III - Histoire des cartes impossibles
Pauwels et Bergier cèdent la place à Paul-Emile Victor qui relate l’histoire des cartes de Pirî Reis. Le 9 mai 1929, M. Malil Edhem, directeur des musées nationaux turcs, découvre deux cartes du monde, celles de Pirî Reis, pirate du XVIè siècle. Il avait écrit un livre de mémoires, le Bahriye dans lequel il parlait des cartes. Il fallu attendre la fin de la Seconde guerre mondiale pour l’étude comparée du livre et des cartes soit réalisée. Pirî Reis réalisa les deux cartes en 1513 et en 1528 à partir d’une vingtaine d’autres cartes très anciennes. Il avait aussi en main une carte établie par Christophe Colomb qu’il avait eue grâce à un membre de l’équipage du célèbre Génois. Colomb avait « redécouvert » l’Amérique. Il en avait connu l’existence en lisant un livre (Paul-Emile Victor ne dit pas lequel sauf qu’il datait d’Alexandre le Grand). Des cartes de Pirî Reis, on ne possède que des morceaux. Des copies furent acquises dans le monde et l’une d’elles parvint à Arlington H. Mallery, spécialiste en cartes anciennes. Il avait écrit un livre, Lost America, en 1951, dans lequel il affirmait que les Vikings avaient découvert l’Amérique avant Colomb.
Parmi les mystères des cartes de Pirî Reis, on trouve un lama dessiné qui n’était pas connu des Européens de l’époque. Les longitudes sont exactement indiquées. Reis avait sur l’Amérique des informations valables précédant celles de Colomb mais de combien de temps ? D’autre part Reis avait dessiné les rivages de l’Antarctique tel qu’ils se présentaient avant la glaciation des pôles. Mais pour les Russes le tracé de Pirî Reis ne correspond par à l’Antarctique mais à l’extrémité sud de la Patagonie et de la Terre de feu. Mais cela ne résoud pas le mystère puisque ces régions n’étaient pas connues du temps où Pirî Reis réalisa ses cartes. Pour Mallery, héritier d’une longue lignée de traditions secrètes, Pirî Reis aurait eu connaissance de données géographiques datant d’avant la glaciation en ce qui concerne le Groenland et l’Antarctique. Cette glaciation date d’entre six mille et quinze mille ans. Les connaissances ayant servi à l’établissement des cartes de Reis dateraient d’il y a 10 000 ans (au temps de l’homme de Cro-Magnon). Il faudrait donc procéder à une « révision déchirante » de nos concepts concernant l’histoire de l’humanité. Une civilisation développée aurait donc existé il y a dix mille ans. Mallery croyait à l’existence d’une civilisation antérieure aux Précolombiens mais comment ces connaissances seraient parvenues jusqu’en Europe ? Paul-Emile Victor conclut en déclarant que la grande découverte archéologique du siècle est à faire.
IV - Les cicatrices de la terre
Pauwels et Bergier évoquent les chutes de météorites sur la terre et le cataclysme que cela a engendré dans un lointain passé. C’est l’occasion de resservir le mythe des civilisations disparues à cause d’un déluge que ces météorites auraient pu produire. Les deux auteurs supposent que si l’humanité est préservée d’un nouveau cataclysme c’est grâce à la protection d’ingénieurs extra-terrestres !
V - Deux fééries pour une autre fois
Toutes les traditions évoquent un vieux monde humain et sa disparition catastrophique. Pour Pauwels et Bergier, il s’agit peut-être des récits abâtardis de faits objectifs. Les deux auteurs citent les théories des occultistes comme Blavatsky, Steiner et Churchward sur l’Atlantide et Mû. Ignace Donnelly connut un grand succès avec son livre sur l’Atlantide paru en 1882. Pour lui, les dieux de l’Antiquité sont les seigneurs du contient englouti. Pauwels et Bergier se réfèrent également à Jean-Sylvain Bailly qui avant eux songeait que d’autres hommes, en des temps très anciens, avaient pu disposer d’un savoir technique. Ainsi Medzamar, en Arménie aurait révélé une usine métallurgique datant du troisième millénaire avant J.C. Ils se réfèrent à un article de Jean Vidal paru dans Science et Vie en juillet 1969. Pauwels et Bergier construisent une féérie dite du Vent solaire pour expliquer la disparition de civilisations inconnues. Voici 20 000 ans, une haute civilisation s’intéressait passionnément au soleil. Quand elle disparut, les hommes par vague mémoire, vouèrent au soleil adoration. Le vent solaire est un torrent de particules découvert en 1960 par les satellites. Il s’agit d’atomes de matière solaire qui viennent frapper notre globe. Ils provoquent les aurores boréales. Les deux auteurs imaginent donc qu’une civilisation scientifique conçut le projet de domestiquer le vent solaire il y a 20 000 ans à l’aide d’isolateurs en forme de pyramide. La civilisation technicienne disparut à cause de la puissance arrachée au soleil. Le bombardement de l’atmosphère aurait créé une quantité notable de carbone radio-actif et provoqué des mutations comme des centaures, satyres et hommes-oiseaux influençant les religions de Grèce et d’Egypte. Pauwels et Bergier ont vraiment une imagination débordante. Ils narrent une deuxième féérie, la féérie-Phaéton. En 1959, les astronomes de Tchécoslovaquie déterminèrent l’origine d’une météorite qui s’abattit dans leur pays. Il était un débris de la planète Phaéton qui disparut du ciel en des temps reculés. Des survivants de Phaéton auraient visité la terre et enseigné aux hommes les rudiments de leur savoir. La fin des chutes de débris de Phaéton il y a quelques milliers d’années expliquerait pourquoi l’homme vieux de plusieurs millions d’années n’a bâti une haute civilisation que récemment.