Humanisme : le Contrat social

Blog de réflexions philosophiques fondées sur de larges lectures. Billets d'humeur sur la littérature, l'histoire et la politique. Influences rousseauistes et maçonniques.

03 février 2009

Le métier de bibliothécaire (2007) V

4. La bibliothèque : projet d’équipe, gestion des ressources humaines

 

Structure des emplois en bibliothèque

 

De 1991 à 2004, les effectifs totaux salariés des bibliothèques municipales sont passés de 15 752 à 24 200.  On note une forte croissance d’agents contractuels. Les effectifs des BU étaient de 5 265 en 2004 mais ne recensaient pas les emplois de vacataires.

 

Structure démographique des personnels de la fonction publique de l’Etat

La pyramide des âges montre une prédominance féminine (près de 70%). Les corps des catégories A (36%) et C (40%) sont plus importants que celui de la catégorie B (24%). On peut remarquer un déséquilibre important en faveur des conservateurs et un faible nombre de bibliothécaires, phénomène sans doute lié à la création récente de ce corps dans la fonction publique de l’Etat. La structure par âge diffère selon le corps, celui des magasiniers comptent les membres les plus jeunes.

Structure démographique des personnels de la fonction publique territoriale

Le taux de féminisation est encore plus important dans la fonction publique territoriale, atteignent 77%. La structure catégorielle est de forme pyramidale : 10% de catégorie A (avec une part plus importante de bibliothécaires) 33% de catégorie B et 57% de catégorie C. Un tiers des personnels titulaires des bibliothèques est parti à la retraite entre 2001 et 2010. L’arrivée des jeunes générations, mieux formées aux technologies de l’information que leurs prédécesseurs, devra s’accompagner d’un transfert des connaissances des anciens vers les nouveaux notamment sur les contenus des collections et le patrimoine de chaque établissement. Toute la difficulté en matière de gestion des ressources humaines en bibliothèque consiste à trouver un équilibre entre le personnel dont on dispose, son statut et les compétences qu’il a réellement pour effectuer une fonction ou une activité déterminée. Les statuts et le mode de recrutement par concours ont un impact important sur la marge de manoeuvre d’un directeur en matière d’organisation du travail. Dans une bibliothèque, il existe deux grandes catégories de fonctions : des fonctions de direction et des fonctions opérationnelles. Les fonctions opérationnelles permettent de réaliser effectivement le projet et les missions de la bibliothèque. On peut distinguer trois familles de fonctions : les fonctions de production, les fonctions administratives et les fonctions logistiques. La gestion du budget et celle du personnel sont les principales fonctions administratives. Les fonctions logistiques sont traditionnelles, comme l’entretien des locaux, le transport des collections, le réaménagement d’espaces, mais également plus techniques. Les fonctions de production dans une bibliothèque relèvent de la création de services liés à l’information et à la culture, et de la constitution de collections documentaires. La principale difficulté énoncée par les responsables d’établissements est qu’il n’y a pas toujours concordance entre le grade d’un salarié, la description de ses fonctions dans les textes statistiques et les compétences réelles du salarié à assurer ses fonctions. Les emplois des bibliothèques dans les fonctions publiques d’Etat et territoriale ont été profondément bouleversées lors de la réforme statutaire de 1991 et 1992. Cette réforme a rapproché les deux fonctions publiques en terme de déroulement de carrière mais profondément transformé les conditions de recrutement et de formation chaque fonctionnaire apportent à un corps (pour l’Etat) ou à un cadre d’emploi (pour la fonction publique territoriale). Il existe une différence fondamentale entre les deux fonctions publiques. Les concours d’Etat sont des concours de recrutement. La réussite aux concours territoriaux permet d’être inscrit sur une liste d’aptitude. Les collectivités territoriales choisissent leurs candidats parmi cette liste. Une personne non recrutée perd le bénéfice du concours au bout de deux ans. Les emplois de la catégorie A sont ceux des personnels dits ? scientifiques ?. Les personnels occupent généralement des postes de responsabilité et sont chargés d’encadrer des équipes. Les emplois de catégorie B regroupent les personnels ? techniques ?. Ils sont chargés de traiter les collections. Certains d’entre eux peuvent exercer des responsabilité de management, soit dans une annexe ou une section soit au sein d’une équipe de magasiniers. Les emplois de catégorie C sont appelés ? personnels d’exécution ?. Ils équipent et rangent les collections, accomplissent les opérations de prêt. Pour un gestionnaire des ressources humaines, l’architecture statutaire est une contrainte plus qu’une aide car toute politique de ressources humaines souhaite mettre en accord les compétences des personnes avec des postes de travail et non des fonctions. Dans la réalité, il y a souvent distinction entre le grade et la fonction occupée.

 

L’organigramme fonctionnel

 

L’organigramme est un moyen pour représenter l’organisation du travail à l’intérieur d’une équipe et les liens qui existent entre les différents services ou fonctions. Le modèle par segmentation fonctionnelle repose sur une division technique des activités : service des acquisitions, du traitement ou du catalogage, de l’accueil du public, de la conservation et de la gestion des collections. Il est présent dans les BU mais tend à disparaître. Le modèle thématique est fondé sur des équipes d’un bloc de disciplines. Chaque service est responsable de l’ensemble de la chaîne documentaire, des acquisitions au traitement, et, pour les bibliothèques les plus importantes, cela peut aller jusqu’à l’accueil spécialisé par thèmes. Ce modèle par segmentation des publics peut combiner une segmentation par âge ou par centre d’intérêt. De nombreuses BM sont organisées sur ce modèle (jeunesse, musique, etc) mais aussi dans les BU segmentées en bibliothèque de 1er cycle, du 2è cycle ou de recherche.

 

Les moteurs de la motivation et les outils du management

 

Le responsable d’un service ou d’une bibliothèque dispose de plusieurs leviers pour encadrer, guider ses collaborateurs. Le plus connu est celui de la carrière. Le parcours sera toujours long et difficile, compte tenu du peu de places aouvertes chaque année aux différents concours. Il est difficile d’être motivé sans savoir dans quelle direction l’on va, quel est le résultat de son travail et l’appréciation qu’en a le responsable. Les entretiens réguliers sur le travail permettent de faire un bilan de ce qui a été réalisé, de donner de nouvelles directives et de régler les difficultés rencontrées. Ces entretiens individuels sent complétés par des réunions de services qui auront pour rôle de souder le collectif de travail. Dans la fonction publique, la notation annuelle permet à un responsable de proposer un passaage plus rapide dans un échelon supérieur. Le entretiens individuels ne se traduisent pas par une note mais par un bilan de travail réalisé dans l’année et la fixation d’objectifs de travail quantifiés pour l’année suivante. ils ont été mis en place dans la fonction publique en 2004. La formation continue est un élément fort de l’enrichissement des compétences professionnelles du personnel. elle est un outil important pour la gestion d’une équipe. Généralement, on entre dans le métier en l’ayant choisi. Il est donc important de conserver ce désir d’origine et de garder le sens que chacun peut donner à son travail dans la mission générale de la bibliothèque. Pour conserver cette motivation il faut énoncer clairement les missions et le projet de la bibliothèque, ce qui permettra à chacun de voir où il va. En mettant en place une organisation du travail qui développe les échanges entre les personnes pour permettre un travail en équipe. Le responsable est en permanence confronté à deux risques conflictuels. Les conflits collectifs se déclenchent particulièrement dans les situations d’incertitude et de changements. Ils sont des réponses stratégiques aux relations de pouvoir induits par le management dans une organisation. Les agents et les bibliothécaires expriment de diverses manières leurs inquiétudes et leurs désaccords quant aux évolutions proposées ou imposées dans la bibliothèque. Certains conflits proviennent de l’extérieur de la bibliothèque (appel à la grève) d’autres sont liés à des problèmes statutaires. Il est dangereux de confier à un salarié des responsabilités largement supérieurs à celles de son grade. Les magasiniers seront satisfaits sur le court terme d’effectuer des activités plus valorisantes mais sur le long terme, si les possibilités de changement de grade s’amenuisent, la frustration et le sentiment d’injustice ou d’exploitation seront à gérer au quotidien par le responsable. Les attitudes qui vont favoriser la gestion des conflits interindividuels sont d’avoir des convictions avec mesure. Quelqu’un qui croit avoir raison à 100% est dans l’incapacité de négocier. Il faut accepter que les autres aient des convictions qui soient différentes. Et surtout admettre que les arguments développés par l’autre sont de bonne foi pour lui. Se mettre vite d’accord sur des objectifs communs, quitte à négocier les méthodes. Veiller à ce que personne ne perde la face.

 

  1. La gestion d’une bibliothèque

Dans tous les domaines, le bibliothécaire n’agit que par délégation. Cependant, il est le plus souvent l’initiateur des décisions administratives nécessaires à la vie de son équipement, et le responsable direct de leur application. La responsabilité administrative du bibliothécaire s’exerce dans les domaines suivants : relations avec les usagers, relations avec les fournisseurs, relations avec l’Etat, les collectivités, les tutelles universitaires, gestion budgétaire, gestion technique.

 

Relations avec les usagers

Le bibliothécaire est responsable du fichier des usagers inscrits. Le logiciel de gestion de ce fichier doit être déclaré à la CNIL. Le bibliothécaire veille à l’application du règlement, à la sécurité des usagers et organise regulièrement des exercices d’évacuation.

 

Relations avec les prestataires de services et les fournisseurs

Les relations de la bibliothèque avec les fournisseurs sont établies dans le cadre de bons de commande ou de passation de marchés négociés ou sous appels d’offres.

 

Les relations avec l’Etat, avec les collectivités territoriales : rapports et statistiques, administration

 

Dans le cas des bibliothèques territoriales, les relations avec l’Etat sont rares. Elles se limitent en principe à la production d’un rapport annuel de fonctionnement et des justificatifs financiers à partir desquels seront calculés les subventions de construction et d’équipement. La relation du bibliothécaire aux autres agents de la collectivité territoriale est complexe : légalement, tous les actes administratifs sont effectués par le maire ou par le maire adjoint. Si, dans certains cas, le bibliothécaire prendra de lui-même l’initiative de certains actes, dans d’autres cas, il devra faire exécuter par un autre service de la ville l’acte attendu.

 

Gestion financière 

Le bibliothécaire doit connaître certains principes de bases : séparation entre ordonnateur et payeur : la ville budgétise et commande, le trésorier-payeur (l’Etat) paye après vérification de la conformité au budget et de la réalité de la réalisation de la commande. Le budget est voté par année civile et aucun report de crédits non dépensés n’est possible d’une année sur l’autre à part l’investissement. Le budget d’investissement comprend toutes les dépenses de matériel durable, amortissable, les travaux lourds, les oeuvres d’art, les documents patrimoniaux. Le fonctionnement comprend tout le reste. Le code des marchés publics prévoit les conditions de passation d’un marché public, obligatoire.

 

Gestion technique

 

Le bibliothécaire a d’abord la responsabilité de l’entretien quotidien : nettoyage des locaux, maintenance électrique, chauffage, ventilation, ascenseurs. Pour la construction d’une bibliothèque, le bibliothécaire doit savoir interpréter une étude sociologique, concevoir un projet culturel inscrit dans une collectivité et un environnement donnés et réinterpréter ce projet sous une forme compréhensible par l’architecte. Il doit être présent sur le chantier et s’y faire entendre des entreprises. La collectivité est maître d’ouvrage. L’utilisateur professionnel, le bibliothécaire, doit souvent s’imposer. Il doit se situer en garant professionnel de l’intérêt public au côté et parfois contre les autres acteurs (élus, architecte, bureau d’études). Le bureau d’études doit établir le lien entre la commande politique, la prospective et les réalités sociologiques, les exigences du professionnel et la faisabilité. L’architecte maître d’oeuvre doit savoir allier l’autorité de la compétence et de l’anticipation à la souplesse, la compréhension des soucis du maître d’ouvrage et de l’utilisateur. LE programme de construction se compose de deux volets : l’un est culturel, l’autre fonctionnel. Le programme s’attachera à décrire le contexte urbain, la composition sociodémographique de la population, le contexte économique, le contexte culturel. L’objectif principal est bien de desservir l’ensemble de la population et de définir des publics cibles qui peuvent être les publics souvent peu actifs des bibliothèques traditionnelles. Le bibliothécaire s’attachera à lister les services qu’il propose de mettre en place en les hiérarchisant et en anticipant sur les demandes et les besoins qui seront exprimés par la suite. Le programme doit aussi apporter une analyse fonctionnelle détaillée qui donnera les caractéristiques recherchées de l’équipement tel qu’il se présentera au public (degré de lisibilité de l’espace, flux de circulations, politiques d’accueil et de contrôle, choix déterminant de prêt centralisé ou non, définition des conditions de l’accès aux collections, description des méthodes de travail du personnel). Le mobilier est un élément important du service aux usagers. La caractéristique essentielle à rechercher est la souplesse, en aucun cas les rayonnages ne doivent faire partie intégrante du gros oeuvre, ou ne pouvoir être modifiés. Le choix des tables et des chaises nécessite un soin très attentif. Elles doivent être confortables. Pour le personnel le mobilier doit être simple et fonctionnel.

 

La signalétique

 

Signaliser est à la fois décrire et communiquer

La signalétique de la bibliothèque se déclinera en deux grandes fonctions : extérieure et intérieure.

La signalétique extérieure

Elle jalonne l’itinéraire entre les principaux points de départ urbains  et la bibliothèque (arrêts de bus, centres commerciaux, établissements scolaires, mairie, lieux culturels). Elle se termine par la signalisation du lieu, de ses accès. Elle comprend l’indication, visible de l’extérieur, des horaires d’ouverture. La communication extérieure peut aussi utiliser des affiches apposées sur les panneaux municipaux, les abribus, les établissements culturels et sociaux, la gare.

La signalétique intérieure

Elle se distingue sous quatre formes principales :

signalétique d’orientation générale : espaces

signalétique des service

signalétique temporaire : animations

signalétique documentaire

Signaliser, c’est d’abord choisir ce qui doit être communiqué et se poser la question du point de vue de l’usager. La cote figure sur tous les lives elle donc sa propre signalétique alors pourquoi la répéter sur les tablettes ? Choisir, c’est donc éliminer de la signalétique toute information redondante. C’est ensuite hiérarchiser et homogénéiser selon l’information à transmettre. Chacun des quatre niveaux doit bénéficier d’une signalétique différenciée par son support, sa police de caractère, sa couleur, sous peine de confusion. On veillera à la souplesse et à l’interchangeabilité.

Signalétique d’orientation générale

Un plan clair, à l’entrée, est beaucoup plus utile qu’une abondante signalisation des espaces. On n’oubliera pas les aveugles et les mal-voyants (plan en braille). Il peut être accompagné d’un distributeur de plans imprimés. Comme dans les supermarchés, on n’oubliera pas que le fait de lancer l’usager à la recherche de ce qu’il veut à tout prix trouver est un moyen efficace de lui faire traverser des espaces de propositions.

Signalétique de sécurité

La signalétique de sécurité est imposée dans ses dispositions, ses couleurs, ses moyens. En ce qui concerne les services, une homogénéité s’impose pour signaler les banques d’inscription, de renseignement, de prêt. La réglementation impose maintenant des formes très précises de signalétique de sécurité pour les personnes handicapées.

Signalétique des animations

C’est la plus riche et la plus variée mais elle doit disparaître dès la manifestation terminée pour ne pas tuer la communication.

Signalétique documentaire

Il existe trois niveaux de langue

Niveau 1 : les grandes zones documentaires. Le langage commun sera utilisé. Sa place est en général au plafond des différentes zones, séparées des rayonnages.

Niveau 2 : c’est l’adresse de l’unité matérielle, qui permet d’aller du catalogue au rayon puis au document. L’usager n’a pas forcément besoin d’en comprendre la signification mais il a besoin de percevoir immédiatement où sont les 700, où commencent les 740, etc. Il associera vite la signalétique de niveau 1 avec celle-ci. Sa place est au niveau du mobilier.

Niveau 3 : indication du domaine principal de chacune des tablettes. Il n’est pas inutile ici de faire un peu de pédagogie en utilisant le langage du thésaurus matière utilisé (RAMEAU), un lien est ainsi établi de facto entre le catalogue matières et l’ensemble de documents. Une police de caractère unique devra être utilisée pour ces trois niveaux dans des corps différents.

En conclusion on rappellera qu’il faut se mettre à la place de l’usager, éviter de croire à des automatismes. Eviter l’abondance des consignes, mises en garde et modes d’emploi. Il faut veiller à la cohérence de la conception de la signalétique avec la conception des espaces. On évitera la surabondance de signes à interpréter, de niveaux de langue, de graphisme différents. Enfin, il faut éviter le jargon car il faut signaler et non nommer.

 

Rappel des catégories de la fonction publique territoriale

Catégorie C : adjoint du patrimoine (recrutement sans concours), adjoint du patrimoine principal

Catégorie B : assistant de conservation (niveau bac), assistant qualifié de conservation (DUT, DEUST) catégorie A : bibliothécaire, conservateur.

 

Bibliothèques et technologies de l’information

 

L’informatique a trois fonctions principales. Pour la gestion administrative et financière. La fonction bibliothéconomique renvoie à l’amélioration des services aux usagers. La fonction d’information et de communication via un site web fait sortir la bibliothèque de ses murs et permet de donner accès à ses services à distance. L’informatique ne doit pas faire oublier la tâche essentielle du bibliothécaire qui est d’établir une médiation entre le public et le document. Processus de traitement et d’échanges de données, l’informatisation suppose un effort constant de normalisation. Le codage et l’automatisation des processus de travail quotidiens des bibliothécaires, l’informatisation de la gestion des fonctions bibliothéconomiques font aujourd’hui l’objet de logiciels spécifiques, les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque.

La normalisation

Il faut tout expliquer à une machine : que cette expression correspond à un titre et non à une maison d’édition, que ce paragraphe affiché à l’écran est en retrait à gauche et en caractères italiques. On peut évoquer les formats MARC pour les notices bibliographiques, les normes de codage des caractères (unicode), la norme html (hypertext markup language) utilisé pour structurer les textes sur le web. La norme XML (extensible markup language) permet au document électronique d’échapper aux contraintes du support et des logiciels de création, de recherche et d’édition de texte.

L’informatique de production (SIGB)

Un logiciel gère et met en relation deux ensembles de données : le fichier des lecteurs et la base bibliographique. Le logiciel programme aussi les relations entre ces deux ensembles. Chaque unité physique (un lecteur, un document) est identifiée par un code à barres ou une puce RFID. Le fichier des lecteurs est constitué d’enregistrements dont les données sont structurées en champs. Ce fichier  doit être déclaré à la CNIL. Le catalogue décrit les documents disponibles à la bibliothèque et y donne accès. Il associe des notices bibliographiques codées dans un format (unimarc).

La circulation du document

La gestion du prêt s’effectue par simple lecture des codes à barres. Le nombre et la durée des prêts consentis à un usager donné sont programmés. C’est le paramétrage. Le bulletinage permet la réception des abonnements à des périodiques et le suivi des abonnements. La gestion des acquisitions fonctionne avec un module qui associe un fichier bibliographique et un fichier fournisseur. Le module permet l’édition de bons de commande, le suivi budgétaire et la gestion des réclamations.

Statistiques

Un SIGB doit également donner des indications statistiques variées sur les collections, les prêts, le public.

La recherche documentaire et l’accès public en ligne. C’est un accès pour les professionnels via un ensemble de possibilité d’interrogation du catalogue et surtout un accès public en ligne avec l’OPAC. (on line public access catalog). Il s’agit d’une interface permettant à l’usager de formuler sa requête et d’obtenir une réponse.

Faciliter l’accès à l’information numérique

Internet offre la messagerie électronique, les listes de discussion et les forums. De plus en plus l’accès aux services en ligne tend à supplanter la consultation des bases de données sur supports fixes.

Les espaces multimédias

Apparus il y a quelques années, labellisés ou non sous l’appellation ECM (espace culture multimédia) ou cyber-base, de nouveaux services sont mis à disposition dans les bibliothèques pour initier les usagers à la documentation numérique, à l’usage de logiciels.

 

6- Evaluation et prévisions

 

Le fonctionnement d’une bibliothèque, d’un service de lecture ou de documentation suppose la mise en oeuvre conjointe de moyens humains, matériels et budgétaires en vue d’un certain nombre de finalités. L’évaluation rapproche a posteriori les objectifs prévus et les résultats obtenus et propose une interprétation. L’ensemble de ces données, synthétisé et mis en forme, constitue la base du rapport d’activité annuel. La formalisation concerne les obligations administratives courantes mais aussi la gestion du personnel.

La mesure, les statistiques

Le suivi statistique est le premier moyen de connaître l’activité d’une bibliothèque. Les statistiques des lecteurs facilitent la connaissance du public en déterminant les catégories d’âge, socioprofessionnelles et géographiques. Elles permettent de comparer les usagers de la bibliothèque et la population à desservir. Les statistiques de prêt de documents par support, par catégorie de classification, permettent de déterminer le taux de rotation et le poids des fonds morts. Avec les statistiques sur les acquisitions, les éliminations et les pertes de documents, elles informent sur l’utilisation des collections. Ces données sont comparées les unes aux autres : ainsi, le rapport entre les acquisitions de l’année et le total des collections indique le taux de renouvellement et d’actualisation. Les statistiques permettent la prévision l’appréciation de l’utilisation réelle des ressources et services proposés. Chaque année la DLL adresse un formulaire statistique aux BM et aux BDP. La sous-direction des bibliothèques fait de même pour les SCD des universités. Outre les statistiques précitées, il y est demandé des données sur la surface, le personnel, les moyens informatiques et budgétaires. Ces données sont obligatoires et accessibles en ligne sur les sites des ministères concernés. Certaines activités sont plus difficilement mesurables. La fréquentation des non-inscrits, la consultation des documents sur place. La satisfaction des usagers, la qualité de l’accueil, l’efficacité d’une organisation, d’un processus de travail sont difficiles à traduire dans des indicateurs simples et non équivoques. Le service public se trouve confronté à une triple exigence d’équité, d’efficacité et de qualité. L’évaluation est un processus qui met en relation des objectifs et des résultats et permet de porter un jugement sur l’adéquation entre les objectifs, les moyens et les effets de l’action publique; c’est une action, et une action approximative. Elle doit être conduite avec prudence et en accord avec la tutelle. L’évaluation d’une bibliothèque devrait porter sur quatre domaines : l’organisation, les ressources, l’activité et les résultats. Le premier porte sur les ressources humaines et le budget. Les ressources sont constituées par les collections et leurs conditions d’accessibilité (bâtiments, heures d’ouverture). L’évaluation quantitative et qualitative des collections relève de leur acquisition, celle de leur accessibilité est moins souvent pratiquée. Elle comprend trois aspects : les locaux, l’accessibilité (heures d’ouverture, tarif, règlement) et enfin la médiation (qualité de l’accueil et du conseil, orientation bibliographique classification et signalétique). L’évaluation des activités repose sur des mesures précises (inscriptions, prêts, réservations, PEB) mais aussi sur des activités plus complexes (recherche documentaire ou activités culturelles). L’évaluation des résultats pose la question difficile de l’interprétation. La fréquentation, le nombre et la structure de population inscrite sont-elles plus significatives que le nombre de prêts ?

Tableaux de bord et gestion prévisionnelle.

L’évaluation repose sur la construction de tableaux de bord. Un tableau de bord est un ensemble de données chiffrées, nécessaires et suffisantes, mises sous forme de graphiques ou de tableaux synthétiques, en vue de procurer les informations permettant aux différents responsables de prendre leurs décisions. Construit à partir d’indicateurs, il permet de piloter, de prévoir et d’anticiper des actions ou des processus. Il est particulièrement important de visualiser dans un tableau les prévisions de dépenses budgétaires et leurs échéances et d’y noter la réalisation effective des opérations. Un tableau de bord des entrées et du rythme de traitement intellectuel et matériel des documents facilité la mise à disposition rapide des documents et la bonne gestion des ressources humaines. Les bibliothèques, aujourd’hui, ne peuvent plus échapper à la mesure de la performance. La performance réunit trois notions : celle d’efficacité du service fourni par la bibliothèque (adéquation plus ou moins grande des résultats aux objectifs), celle d’efficience dans l’utilisation des ressources employées (adéquation plus ou moins grande des ressources aux résultats) et celle de pertinence des choix opérés (adéquation plus ou moins grande des ressources aux objectifs). La mesure de la performance des bibliothèques fait l’objet d’une norme internationale ISO 11620 à côté de la norme ISO 2789 statistiques internationales des bilbiothèques .

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Le métier de bibliothécaire (2007) IV

Le service aux usagers : médiation et formation

 

Le service de référence s’inspire des References services des bibliothèques anglo-saxonnes. Il ne peut se confondre avec la salle de bibliographie ni avec l’accueil car il ne s’agit plus de présenter globalement les ressources de la bibliothèque et les moyens d’y accéder, mais bien d’apporter une réponse documentaire adaptée à une demande particulière. Le double objectif de ce service est de mettre à la disposition des usagers les instruments nécessaires et leur fournir une aide dans leurs recherches. pour cela il faut un fonds spécifique d’instruments de recherche proposés en usuels, des postes de consultation des ressources électroniques locales et d’internet et un personnel spécialisé dans les méthodes de la recherche documentaire. Sur internet des bibliothèques proposent des services de références. Il s’agit de BiblioSés@me, réseau national de réponses à distance de la BPI et de 7 BM et le guichet du savoir de la BM de Lyon.

La formation des usagers a pour objectif de rendre les personnes autonomes dans leur usage de la bibliothèque et plus globalement de leur donner des outils pour tirer parti des différentes sources d’information dans le contexte technologique actuel. Une telle formation vise à donner aux usagers les moyens de repérer les divers aspects de l’offre documentaire, maîtriser les différents moyens d’appréhender et d’extraire l’information d’un outil de recherche, comparer plusieurs outils ou  plusieurs démarches de recherche en fonction de critères comme l’efficacité, l’accessibilité ou le coût, savoir constituer une documentaire sur un sujet. Pour trouver des ressources en matière de formation et d’autoformation il y a FORMIST, serveur francophone pour la formation à l’usage de l’information pour l’enseignement supérieur, portail spécialisé donnant accès à de l’information, des échanges d’expériences et des ressources de formation en maîtrise de l’information. Parmi les outils permettant de se former soi-même ou de consolider une formation reçue on trouve CERISE (conseil aux étudiants pour une recherche d’information spécialisée efficace) ou le Guide de recherche en bibliothèque (GREBIB) mis en ligne par la BNF.

 

VI Attentes des publics réponses professionnelles

 

La bibliothèque dans son environnement urbain ou rural

 

La bibliothèque doit se définir localement en fonction des caractéristiques de son territoire et des composantes de la population qui la façonne. La bibliothèque est un des acteurs sociaux présents sur un territoire, elle est déterminée par lui mais elle le détermine en retour. La bibliothèque est un établissement politique, un des lieux de la cité, de la polis. Cette corrélation aux besoins des citoyens va lui permettre de ne pas être qu’un service commercial gratuit et de se distinguer fondamentalement de la banalisation des lieux commerciaux identiques d’un endroit à l’autre. Quelque soit la nature légale de sa collectivité, la bibliothèque est soumise aux choix de cette dernière en matière de politique culturelle, sociale, économique qui induisent des interprétations diverses de ses missions. Un département entend exercer un rôle accru dans la prévention de l’exode rural par le maintien d’équipements de proximité. Une ville de banlieue donne à la prévention de la délinquance et au développement des quartiers une priorité absolue. Une ville décide de faire de ses équipements cultures, et particulièrement de sa médiathèque, un élément décisif de l’image de modernité et de qualité de vie de la collectivité auprès des cercles de décision économiques. La bibliothèque est aussi soumise aux rythmes démocratiques de son territoire (électoral, administratif avec l’annualité budgétaire) rythmes de la vie sociale comme les fêtes et coutumes locales qui pourront donner lieu à des animations. Le bibliothécaire doit être particulièrement attentif à la géographie économique humaine et sociologique du territoire (proportion des emplois tertiaires, nombre de lycées et d’étudiants, communauté étrangère, tissus associatif, quelles sont les personnalités moteurs d’opinion). Il faut analyser les éléments démographiques caractéristiques de l’environnement (âge moyen des habitants, principales composantes socio-économiques). La bibliothèque est un lieu de tensions entre offre publique et pratiques privées. Les publics manifestent une grande obstination à demeurer fidèles à ce qu’ils sont (entre lecture utilitaire et lecture gratuite, entre lecture gratuite de distraction pure et lecture de haute culture) entre temps du patrimoine et temps de l’information, entre l’homogénéité patrimoniale recherchée et la diversité de la demande de l’environnement, entre les nécessités du fonctionnement de l’institution patrimoniale (régularité des acquisitions) et l’instabilité, les limites budgétaires ou les incohérences de l’environnement politico-administratif.

 

2. Approche du public : sociologie appliquée à l’action et au marketing de la bibliothèque

 

Dans la relation complexe qui se tisse entre bibliothécaires et publics, il existe une sorte de tension entre l’offre et la demande. La demande s’établit sur les attentes, formulées ou non par les usagers, auxquelles le bibliothécaire va tenter de répondre. L’offre s’appuie sur une démarche volontariste qui consiste à proposer des choix établis auxquels le public va plus ou moins adhérer. On désigne aussi par ? prescritpion ? ce qui relève de l’offre. La stratégie qui consiste à s’appuyer sur la demande est issue d’un volonté de démocratiser la culture, de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à la culture sous toutes ses formes. Répondre à la demande du public peut être perçu comme une sorte de passivité de la part du bibliothécaire susceptible d’influer sur l’équilibre des collections. S’appuyer sur l’offre peut conduire à une coupure entre le bibliothécaire et son public et créer une collection élitaire dans laquelle le public ne se reconnaîtrait pas. Bien des bibliothécaires sont dans l’incapacité de décrire les fondements de la demande. Connaître une partie du public ne peut conduire à en connaître toutes les composantes. La demande des nouveautés provient pour une part des médias. Des expériences de constitution de fonds prennent comme référence le volant de rotation des ouvrages ont conduit à construire des fonds souvent pauvres, sans diversité, sans représentativité des différents courants de pensée et de création. Il est donc préférable de parler des attentes et des besoins des usagers. Les attentes sont d’une part une demande de documentation pour s’informer, se cultiver, se former et d’autre part une demande de loisir, de distraction.

 

Le marketing pour la bibliothèque

 

L’adoption d’une démarche de marketing permet à la fois d’agir dans la connaissance des publics, mais aussi d’engager une démarche stratégique qui prend en compte les différentes composantes des attentes et des besoins. Le marketing est une technique utilisée par les entreprises depuis plusieurs dizaines d’années. Elle consiste à créer ou adapter un produit pour répondre aux besoins des consommateurs et à concevoir des stratégies pour commercialiser ce produit dans le cadre d’un marché souvent fortement concurrentiel. Cette technique a été introduite en bibliothéconomie dans les années 80. Résau Savard, de l’université de Montréal, en a été un des promoteurs. Dans un premier temps, cela a consisté à prendre en compte le principe de la demande, en opposition avec celui de l’offre imposée sans interraction avec le public. On a critiqué cette démarche. Une bibliothèque n’a pas pour focntion de faire du commerce, et donc un outil de ce type, au but purement mercantile, ne saurait fonctionner dans un domaine exclusivement tourné vers le service public. Pourtant, le marketing s’est adapté au service public. Il ne s’agit plus de vendre, dans le sens commercial du terme, mais d’adopter le service aux besoins des usagers. Deux principes ont vu le jour : l’adaptation du service aux usagers et la création de services spécifiques en fonction de cibles précises, en opposition avec l’aspect égalitaire du service public. La démarche marketing doit permettre de mieux connaître les publics, leurs attentes et leurs besoins. L’analyse comporte plusieurs démarches. Il s’agit d’étudier l’environnement de la bibliothèque, les différents publics et enfin les moyens dont dispose le bibliothécaire pour répondre aux attentes et aux besoins identifiés. Pour connaître son environnement, la bibliothèque doit obtenir des données chiffrées, des résultats d’observation menées souvent par d’autres institutions sur les aspects sociaux, démographiques, économiques, culturels de l’environnement. Cette connaissance permet d’analyser la place de la bibliothèque dans la ville et d’identifier les services qu’elle pourrait mettre en place pour répondre aux besoins que l’on a pu percevoir. Pour connaître le public, il faut constituer des segments (âge, origine socioculturelle, professionnel) des publics qui se trouvent dans la zone d’influence de la bibliothèque. pour améliorer la connaissance des publics, on utilise les groupes représentatifs des usagers et les enquêtes. Il faut vendre la bibliothèque à ces groupes, créer le besoin, montrer les avantages que les personnes rencontrées peuvent tirer de ce service public. On distingue trois types d’enquêtes : sociologiques, qualitatives, quantitatives. L’enquête sociologique donne une photographie de la situation et elle est complétée par une analyse des résultats. L’enquête qualitative permet de distinguer ce qui relève d’une étude de l’existant de ce qui correspond aux services qui pourraient être mis en place. L’enquête quantitative s’appuie sur un questionnaire rempli par un nombre représentatif de personnes. Le public a tendance à se mettre en valeur dans les réponses, pouvant ainsi fausser les résultats. Cette tendance peut être minimisée par des questions croisées qui modèrent les réponses. Le diagnostic consiste à trouver les causes qui sont à l’origine des constats que l’on a posés. Un bon diagnostic, avant d’agir, suppose la définition d’une stratégie qui renvoie aux missions fondamentales, aux priorités de la collectivité, aux moyens disponibles et aux contraintes de l’environnement. Le plan d’action consiste à faire l’inventaire des actions, assorties des moyens nécessaires à leurs réalisations. La bibliothèque doit adopter un plan de communication pour mieux se faire connaître ou fidéliser son public. La communication s’adresse aussi aux décideurs.

 

3. Publics et services

 

La question essentielle pour la définition des services est : quelle est la place des usagers dans ce que propose la bibliothèque ? La bibliothèque est un lieu, des collections, des compétences. Aujourd’hui, la bibliothèque est l’ensemble des moyens mis en place pour satisfaire les besoins et les attentes des utilisateurs de lieux culturels, hors du système marchand. Selon l’UNESCO, il s’agit de contribuer à répondre aux besoins des populations dans les domaines de la formation, de l’information, de la culture personnelle et des loisirs. La bibliothèque a une mission fondamentale qui est une mission médiatrice, c’est-à-dire de mise en rapport des biens culturels avec les publics. Sans cette médiation, la mission principale, constituer et faire circuler une collection de documents, est vouée à l’incomplétude. Dans le service public de la lecture, l’usager a droit au service parce qu’il en a besoin, et à proportions de ses besoins, dont il est le seul arbitre : ils peuvent être en théorie illimités. A côté des missions générales existent des missions particulières en direction de certains publics (salariés des entreprises, demandeurs d’emploi, immigrés, peute enfance, écoles). La légitimité de la bibliothèque ne réside plus seulement dans l’offre qu’elle propose mais aussi dans l’usage qui en est fait. La définition et la mise en place des services exigent une bonne connaissance et une observation permanente des publics potentiels présents sur le territoire desservi par la bibliothèque, ainsi qu’une réponse sans discrimination à leurs besoins. Le bibliothécaire doit apprécier la diversité des populations, leur hétérogénéité par la sociologie, la profession l’âge, le sexe grâce au recensement INSSE, aux données concernant la population scolaire, les associations, les services sociaux. Cette connaissance de la population nourrira aussi bien les politiques d’acquisition que l’offre de service, mais aussi, en amont, l’aménagement des espaces. Le bibliothécaire devra observer les compétences des usagers dans l’espace de la bibliothèque : se repérer, consulter le catalogue, interpréter la classification. Des services temporaires d’assistance aux usagers pourront être associés à des phases particulières de la vie de la bibliothèque. Le bibliothécaire devra veiller à ce que la demande exprimée par les usagers présents soit écoutée, communiquée, traitée. La définition de ? publics cibles ? de l’action de la bibliothèque permettra d’orienter l’offre des services propres à attirer particulièrement ces publics en pratiquant une analyse proche du marketing. L’accueil est le premier des services rendus par la bibliothèque aux usagers. Il permet d’assurer à l’usager une écoute de ses besoins, une assistance discrète et efficace, assurer à l’usager un traitement rapide et fiable des diverses opérations liées aux transactions et le retenir par la qualité de l’offre. Les horaires déterminent très largement les modes de fréquentation et les publics. Il est vain de vouloir cibler tel ou tel public si la bibliothèque n’est pas ouverte au moment de sa disponibilité. Le règlement indispensable du fonctionnement de la bibliothèque doit être aussi complet que possible. Il fait l’objet d’une délibération en conseil municipal, ce qui lui permet d’être officiellement opposable au tiers. Il est toujours affiché dans la bibliothèque. Il doit être positif et afficher les droits du lecteur avant ses devoirs. Les conditions de prêt sont définies par le bibliothécaire avec l’approbation de la tutelle. Elles sont un reflet indirect mais sensible d’une vision d’ensemble du service offert. Trop restrictives, les conditions du prêt reflètent souvent la faiblesse des budgets d’acquisition. Trop larges, elles peuvent montrer un certain laxisme dans la gestion des collections. La durée de prêt la plus rencontrée est de trois semaines avec possibilité de prolonger par téléphone ou par internet. La réservation de document est un service très apprécié. Le règlement prévoit les pénalités appliquées aux retards et le détail des pénalités appliquées en cas de détérioration ou de perte de document. Le règlement énumère les conditions et les interventions disciplinaires nécessaires comme le droit du bibliothécaire d’exclure un usager du lieu public ou de faire appel à la force publique. La bibliothèque ne peut devenir une zone de non-droit.

L’ABF s’est prononcée pour une gratuité totale des bibliothèques et de leurs services mais seuls 20% des bibliothèques pratiquent une inscription gratuite. Le bibliothécaire doit préconiser un tarif qui préserve le plus large accès possible (gratuité pour les moins de 18 ans, droits minorés pour les chômeurs, les personnes âgées et les handicapés).

 

Quels services au-delà de l’accueil ?

 

Le service de bibliographie et d’information regroupe l’ensemble des moyens de renseignement bibliographique, de recherche documentaire approfondie à la demande : nombre et disposition des ordinateurs dédiés à l’OPAC, recherche possible sur les catalogues d’autres bibliothèques, offre du prêt entre bibliothèques, utilisation d’internet. Le service de reprographie ou de photocopie peut se faire par carte (convient aux usagers réguliers) ou par pièces (usagers aux besoins occasionnels). La réservation est indispensable. Elle peut se faire sur place à partir des écrans de consultation ou par internet depuis le domicile de l’usager. La consultation sur place est d’abord celles des imprimés, livres et presse. L’espace de consultation de la presse est un service ? d’appel ? très visible. Il existe également le service d’écoute de disques et la consultation vidéo. La bibliothèque peut offrir un laboratoire de langues. L’accès à internet ouvre un champ très vaste de possibles mais aussi des contraintes et des difficultés. Le bibliothécaire peut ne pas souhaiter offrir la totalité du web à un public peu préparé à la sélection et à la valorisation des sites. Il peut estimer qu’une telle offre s’oppose au fondement même de sa profession, qui est de sélectionner et de proposer une offre documentaire structurée. Cependant, l’usager sait très rapidement franchir les barrages que l’on peut lui opposer. On peut estimer qu’un accès sélectif d’internet s’oppose au principe d’autonomie de l’usager et va à contresens de l’esprit d’internet. Il vaut mieux mettre en avant l’existence de portails très complets comme ceux de la BNF et de la BPI.

Les douze propositions de l’UNESCO : créer et renforcer l’habitude de la lecture chez l’enfant dès son plus jeune âge, faciliter l’étude individuelle ainsi que l’enseignement formel à tous les niveaux, favoriser l’épanouissement créatif de la personnalité, stimuler l’imagination et la créativité des enfants et des jeunes, contribuer à faire connaître le patrimoine culturel et apprécier les arts, le progrès scientifique et l’innovation donner accès aux expressions culturelles de tous les arts du spectacle, encourager le dialogue interculturel et favoriser la diversité culturelle, soutenir la tradition orale, assurer l’accès de la population à toutes sortes d’informations communautaires, fournir des services d’information appropriés aux entreprises, associations et groupes d’intérêts locaux, faciliter l’acquisition de compétences dans le domaine de l’information et de l’informatique, soutenir les activités et programmes d’alphabétisation destinés à tous les groupes d’âge, y participer et, au besoin, prendre des initiatives dans ce domaine.

 

Le premier rôle de l’animation en bibliothèque est de mettre en oeuvre, compléter, prolonger les actions de médiation culturelle entreprises par la bibliothèque entre les publics et les documents ou les oeuvres. La bibliothèque peut étendre son action à la médiation entre leurs créateurs, les poètes et leurs publics. L’animation est liée à la place particulière de la bibliothèque dans sa collectivité : son intégration à la vie culturelle, sociale et économique de la cité.

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Le métier de bibliothécaire (2007) III

 

  1. Typologie des documents

 

Livres et périodiques

 

Le livre est à la fois objet matériel et un moyen d’échanges intellectuels. Pour l’UNESCO, un livre est une publication non périodique résultant de l’assemblage de 49 pages au moins, couverture exclue. On produit de plus en plus de livres, dans tous les pays. Pour la France, les statistiques du Syndicat national de l’édition mentionnait 12 600 titres édités en 1962 et 57 728 en 2006. L’ISBN a pour but d’aider à distinguer chaque ouvrage publié et de faciliter toutes les tâches de gestion du livre. L’ISBN est attribué en France par l’Agence francophone pour la numérotation internationale du livre (AFNIL). Une telle augmentation du nombre de titres cache une forte disparité dans la production. D’un côté, il existe une très grande concentration éditoriale qui se focalise sur les secteurs porteurs et rencontrent les faveurs du public (livres scolaires, professionnels, encyclopédies, best-sellers et prix littéraires). A l’autre extrémité, il existe une multitude d’éditeurs indépendants qui publient dans des secteurs plus étroits ou moins rentables. Cela oblige les bibliothécaires à un travail important de repérage des titres et des éditeurs et à définir une politique d’acquisition qui tienne également compte de cette économie.

Le périodique est une publication collective sous un titre unique et légal qui paraît pendant un temps non limité à l’avance et dont les fascicules s’enchaînent chronologiquement et numériquement les uns aux autres. Le numéro ISSN est donné pour la France par le centre ISSN de la BNF. La périodicité des parutions permet de suivre l’actualité politique, économique, littéraire ou scientifique et de coller à l’événement. Il est impossible de connaître le nombre de titres publiés aujourd’hui dans le monde ou en France. En France, le dépôt légal de la BNF a enregistré 4289 nouveaux titres en 2006. Alors que, en France, on note une désaffection du lectorat pour la presse quotidienne, le nombre de magazines continue de croître et son lectorat se maintient. Le bulletinage consiste à suivre et à enregistrer l’arrivée des divers numéros de manière à pouvoir réclamer auprès du fournisseur s’il y a interruption de l’abonnement. Il faut inventorier régulièrement les collections de périodiques. Constituer une collection complète d’un périodique peut conduire à écarter celui-ci du prêt, à le relier, ou à envisager sa duplication (microfilmage ou numérisation). L’achat des tables et index et surtout l’abonnement à des cédéroms et des bases de données de dépouillement d’articles permettent d’avoir plus finement et plus rapidement accès aux contenus de ces derniers.

 

Livres et périodiques électroniques

 

Il existe une offre de livres numériques ou électroniques disponibles dans divers formats. Gallica, les nombreuses bibliothèques numériques et les projets européens comme l’European Digital Project propose des livres numérisés. Il existe des livres électroniques à lire su un ordinateur. Des éditeurs spécialisés proposent de numériser des ouvrages anciens en bibliothèques et d’opérer des impressions à la demande des lecteurs. Revues électroniques et archives de presse ont un accès payant. En ce domaine, les éditeurs obligent même les bibliothèques à  se grouper en consortiumes pour négocier collectivement ces accès et à acheter des catalogues entiers d’éditeurs et non un choix de titres. La fin de l’abonnement signifie la fin de tout accès. La bibliothèque n’a acheté aucun objet matériel mais a seulement payé un droit d’usage. L’imprimé, objet définitivement acquis mais dont l’accessibilité dépend de la présence matérielle, garde don quelques atouts face au numérique si ce dernier, potentiellement virtuellement accessible de partout, voit son accès limité à un droit d’usage éternellement payant.

 

Les documents audiovisuels

 

Les premières vidéothèques sont issues de l’expérience de la BPI en 1977. En 1978, la DLL équipe 8 BM de cassettes vidéo. L’association Images en bibliothèques, créée en 1989, deviendra un lieu de rencontre, de réflexion et de coopération entre vidéothèques. A la fin des années 80 sont créés dans les médiathèques des fonds de vidéocassettes empruntables. L’association Ateliers de diffusion audiovisuelle (Adau) créée en 1984, va négocier des droits pour ces supports. A la fin des années 90 apparaît le support DVD, les médiathèques suivent. Fin 2004, 1100 BM possédaient des vidéothèques et 66 BDP possédaient des vidéos. La vidéothèque n’est ni un cinéma ni un vidéo-club. Le rôle des médiathèques est de proposer en support vidéo, des domaines du cinéma souvent inaccessibles au grand public : classiques du cinéma de fiction, cinématographie de pays peu représentés sur les écrans, films documentaires, courts-métrages. En vidéothèque, il faut se référer au code de la propriété intellectuelle (loi dadvsi du 1er août 2006). Seuls les vidéogrammes dont les droits spécifiques ont été négociés peuvent être prêtés. Le droit de prêt : les vidéogrammes sont destinés au prêt gratuit à des particuliers pour une utilisation privée dans le cadre du cercle de famille. Le droit pour la consultation sur place : c’est la possibilité de visionner ces vidéogrammes à titre gratuit sur place dans l’emprise de l’organisme acquéreur. Il est illicite de rediffuser des programmes télédiffusés. Il convient d’acquitter un forfait (relatif au nombre d’écrans, de casques, de places dans la salle de projection) à la SACEM pour les oeuvres musicales incorporées aux films projetés. La BPI propose le catalogue nationale de films documentaires pour les bibliothèques publiques comprenenant 1 500 films dont les droits ont été acquis pour 10 ans. Il existe le catalogue CNC, Images de la culture proposant 2000 oeuvres documentaires. Pour la fiction des catalogues existent ceux de l’Adav et de Colaco. La tarification à l’acte de prêt est illégale, la notion de prêt gratuit est indispensable.

 

Les documents musicaux

 

La musique est présente dans les bibliothèques sous deux formes : les documents qui traitent de musique et ceux qui en contiennent. Les documents sonores font leur apparition en bibliothèque publique dans les années 60. L’offre de CD doit être proportionnelle à la population desservie, mais il est difficile de présenter une offre correcte avec une collection de moins de 3 000 à 5 000 CD. Un taux de renouvellement de 10% est souhaitable. La musique imrimée devrait être présente dans toutes les bibliothèques. Il n’est pas nécessaire d’être un érudit spécialiste de musicologie pour acheter, cataloguer et prêter des partitions ou des song books. Une collection de base ne devrait pas être inférieure à cinq cents titres de ? variétés ? et autant de musique ? sérieuse ?. L’écoute sur place des CD est possible mais même pour une écoute individuelle avec casque, elle donne lieu à une rémunération au titre du droit de représentation : pour connaître les tarifs et établir les contrats, il faut s’adresser à la délégation régionale de la SACEM dont on dépend. LA loi sur le droit de prêt en bibliothèque assure ? la création d’une licence légale afin d’assurer une sécurité juridique tant pour les auteurs et éditeurs, ayant droit de l’auteur, que pour les bibliothèques ? mais ? seules les oeuvres imprimées sur papier et publiées sont ici visées. Le prêt d’oeuvres sur d’autres supports demeure sous le régime du droit exclusif de l’auteur ?. Les bibliothèques françaises sont tenues d’acquérir les documents audiovisuels et multimédias auprès de sociétés qui ont négocié une autorisation de consultation ou de prêt. Pour les documents sonores le droit de prêt n’est pas encore mis en oeuvre actuellement.

 

Les documents numériques

 

On parle presque indifféremment de document numérique ou de document électronique. Toutefois on peut dire que ? numérique ? est davantage lié à la technique du document ou de la bibliothèque et ? électronique ? davantage au service. La première offre de documents numériques à laquelle les bibliothèques ont été confrontées, à la fin des années 80, fut celle du CD audio et cédérom. Maintenant ce sont les DVD. Ils nécessitent un catalogage comme tout objet documentaire physique. Dans certains cas de bases de données bibliographiques ou de corpus de textes, la bibliothèque a pu choisir de charger les CD sur un serveur pour diffuser leur contenu par le réseau télématique local. La bibliothèque doit, par des ordinateurs installés dans les salles de lecture, donner accès à internet. Il faut insister sur le fait que l’information (particulièrement l’information scientifique) récupérée par internet n’est pas exhaustive et demande en outre un examen de sa source et de sa qualité, mais ni plus ni moins que l’information présentée dans les documents imprimés. Les grands éditeurs de sciences, technologie et médecine ont commencé, à partir de la fin des années 90, à modifier leur chaîne de production pour créer une édition électronique dont procède la production papier traditionnelle. Dans la plupart des cas, l’offre électronique est complémentaire de l’abonnement à la revue papier. Pourtant, il ne faut pas oublier que, depuis les années 90, ont aussi été créées des revues qui sont publiées exclusivement sous forme numérique. Depuis 2001, des éditeurs proposent l’abonnement à la seule forme électronique. Dans quelques années, la publication papier des revues  scientifiques aura cessé. Les journaux de la presse quotidienne ou hebdomadaire ont une version électronique accessible sur le web. De nombreuses bibliothèques sont abonnées à ce type de services qui permet d’interroger en texte intégral la totalité des numéros qui ont été créés en format numérique. Les thèses sont toutes créées en format électronique. Aussi, le ministère de l’Education nationale a-t-il recommandé en septembre 2000 le dépôt électronique des thèses en vue de leur diffusion sur internet. Dans de nombreux pays, les bibliothèques se sont rassemblées en groupe de pression (consortium) pour obtenir des contrats d’accès à l’information électronique dans des conditions avantageuses. Couperin a été créé en 2005 par les universités. Le document numérique est disponible en tout lieu d’une institution en permanence sans tenir compte des horaires d’ouverture de la bibliothèque. Les métadonnées permettent un accès au document numérique même s’il est en mode image et en mode texte, il peut en plus être interrogé sur l’ensemble des mots du texte. Le document numérique, mis en accès publique sur internet, obtient immédiatement une visibilité mondiale et donc une publicité sans commune mesure avec le document sur support. Les bibliothèques peuvent ainsi valoriser des fonds méconnus du public. Contrairement au document papier au microforme, le document numérique permet l’intégration de tous les médias : le texte, l’image fixe, le son, l’image animée. Les documents portés sur des supports physiques doivent, pour leur conservation, être recopiés périodiquement sur de nouveaux supports car le support lui-même se dégrade et rend l’information illisible. La préservation à long terme des documents numériques fait appel à des procédés complexes et à une infrastructure lourde dont le modèle conceptuel est l’OAIS(open archival information system). Le document numérique est régi par une règlementation différente de celle qui concerne le document papier. Les autorisations doivent être données explicitement à la bibliothèque par celui qui détient les droits d’exploitation. En général, un contrat est signé entre le producteur de l’information et la bibliothèque. La bibliothèque numérique est un concept de système d’information complet, à la fois système et contenu. La bibliothèque numérique est un véritable système documentaire. Avec leurs métadonnées

associées, elle sait gérer les aspects descriptifs, administratifs, juridiques et de conservation des documents. D’un point de vue intellectuel, la bibliothèque numérique est une collection de documents sélectionnés et gérés par le système. Gallica est la plus ancienne bibliothèque numérique en France avec plus de 15 millions de pages numérisées et plus de vingt heures de son. Des fonctionnalités nouvelles du web 2.0 ainsi qu’une nouvelle architecture avec un accès en texte intégral sont mises en oeuvre fin 2007 oar la BNF pour Gallica 2. Une bibliothèque numérique est également un portail documentaire. Le web 2.0 a été lancé aux Etats-Unis en 2004. Il intègre les fils RSS qui permettent d’agréger dans un site des données issues d’autres sites. Les blogs, les wikis, système publication coopérative sur le web, l’indexation coopéraive par des mots clés et l’attribution de notes exprimant la valeur d’une ressource.

 

3. Acquisitions et gestion des collections

 

Acquérier est un acte majeur du bibliothécaire. Les bibliothèques de lecture publique ont à choisir, chaque année, parmi six cent mille titres disponibles. Le manifeste de l’UNESCO comme a charte de l’ABF délimitent le champ théorique et déontologique des acquisitions : les collections doivent être encyclopédiques, c’est-à-dire couvir tous les domaines de la connaissance, refléter les tendances contemporaines, l ’évolution et la mémoire de l’humanité, être exemptes de de toute forme de censure, idéologique, politique ou religieuse, comme des pressions commerciales. Elles doivent permettre l’information et la culture des publics de tous aâges et de toutes catégories socio-professionnelles. Les bibliothèques doivent aujourd’hui tenir compte des nouveaux supports et des produits en ligne sans oublier les droits d’auteur et la réglementation en matière de marchés publics. Les livres restent rarement plus de trois mois en librairie. En clair, un nombre croissant de titres n’a plus qu’une durée de vie très limitée ce qui rend les acquisitions difficiles. Face à la pression médiatique, au poids des nouveautés, aux demandes du public tournées vers l’actualité, le soutien à la production éditoriale à risque devient un enjeu majeur de la politique d’acquisition. Les bibliothèques ont donc tout intérêt à définir par écrit leur politique d’acquisition pour porter ce document à la connaissance de leur tutelle comme des usagers. Pourtant l’opacité est grande en matière de politique d’acquisition. Le groupe de travail POLDOC, hébergé sur le site de l’ENSSIB, contribue à la réflexion sur les acquisitions et les politiques documentaires. Un budget annuel d’acquisition est indispensable. La recommandation est une dépense de deux euros par habitant à desservir pour les collections imprimées. Les seuils budgétaires permettent parallèlement aux bibliothèques de bénéficier d’aides du Centre National du Livre pour des démarches d’acquisitions thématiques. Le nouveau code des marchés publics oblige l’appel à concurrence dans un cadre de marchés publics pour toutes dépenses annuelles de plus de 135 000 euros (Etat) ou 210 000 euros (collectivités), des procédures adaptées étant mises en place en-dessous de ce seuil. La mise en oeuvr, depuis 2004, de la loi sur le droit de prêt, plafonnant les remises pour les achats de livres à 9% et obligeant les bibliothèques à déclarer la nature et le montant de leurs achats égalise les conditions d’accès aux marhcés publics des petites et moyennes librairies face à la puissance des grossistes. Il est souhaitable de diviser le budget en quatre parts d’importance inégales :

- le suivi de l’actualité éditoriale des acquisitions courantes.

- le renforcement d’un secteur de fonds ainsi que le remplacement des ouvrages perdus ou détériorés.

- l’aide aux ouvrages de faible diffusion en matière de création littéraire.

- Des outils professionnels pour mener à bien ces différentes démarches.

 

 

Une bonne connaissance de l’édition française est à la base du métier de bibliothécaire. Le supplément annuel de Livres hebdo ? Editeurs et diffuseurs de langue française ? recense pour l’année 2006, 1291 éditeurs. La lecture de la presse est également indispensable pour les choix d’acquisitions. Ainsi que la visite au Salon du livre de Paris, ou le Salon pour le livre de jeunesse à Montreuil. Un livre n’est jamais acquis de manière isolée mais doit s’intégrer dans un fonds et dans sa cohérence. Les instruments spécifiques du choix sont Livres hebdo, livres de France, Page des libraires, bulletin critique du livre français (dont les rédacteurs sont surtout des bibliothécaires), Lire, le Magazine littéraire et pour la littérature jeunesse : Griffon Lecture jeune, La Revue des livres pour enfants. Enfin on consultera la base Electre.com qui fournit des résumés de notices.

 

Les acquisitions courantes ou le suivi de l’actualité éditoriale

 

La part des documentaires devrait atteindre 50% des achats. Les achats doivent être répartis tout au long de l’année pour honorer l’offre de la rentrée en matière romanesque ou l’offre de fin d’année en beaux livres.

Les acquisitions rétrospectives ou l’enrichissement du fonds

Il s’agit d’une démarche pluriannuelle. On privilégiera chaque année une discipline anfin de rendre visible le renforcement de l’offre. Il s’agit d’acquérir les auteurs principaux par exemple en sociologie. Indispensable dans les bibliothèques importantes, l’intégralité de l’oeuvre est inaccessible aux structures plus modestes. Le problème est aussi dans l’obsolescence très rapide des documents en particulie en droit et en économie.

Les ouvrages de rotation lente et de création.

Il s’agit essentiellement des productions de petits éditeurs ou de collections spécialisées dans des domaines peu connus. Dans ces domaines achquérir ne suffit pas, il faut aussi présenter le fonds.

Les fonds patrimoniaux

Les acquisitions patrimoniales sont importantes pour les bibliothèques conservant déjà des collections de livres anciens (jusqu’en 1810) ou suivant une politique de constitution d’un fonds patrimonial à partir des fonds courants (XIXè-XXIè siècles). Il s’agira de compléter des collections ou de suivre une politique d’acquisition de livres  récents destinés dès l’achat à la conservation.

Les dons

Ils entrent rarement dans le cadre d’une politique réfléchie et coordonnée

 

La conservation et le désherbage d’une collection

Avant de désherber, il faut récoler. Il s’agit de vérifier la présence réelle des documents dans les différents fonds. Cette liste vérifiée doit donner lieu ensuite à l’épuration des catalogues et éventuellement au rachat de certains titres. La décennie 1990 a vu s’instaurer dans toutes les bibliothèques de lecture publique la fièvre du désherbage car l’accès libre aux rayons et le classement par discipline sont dévoreurs de place. La multiplication des emprunts entraîne une usure beaucoup plus rapide du document. Offrir une collection pertinente, faire la chasse aux informations obsolètes sont devenus des soucis majeurs des professionnels. Il faut également retirer du libre accès les livres peu lus. Une bonne politique d’acquisition en amont devrait entraîner peu de désherbage hormis celui exigé par le mauvais état matériel du document. Selon l’ABF, la politique d’acquisition se décline en 12 points : disposer d’un responsable de la politique documentaire, mettre en commun les réflexions, réfléchir aux publics, associer des partenaires à la réflexion, évaluer les collections existantes, établir des indicateurs de gestion des acquisitions (par exemple lecture facile, public universitaire), formaliser les procédures de désherbage, penser ? réseaux ?, utiliser les répartitions budgétaires (le maintien d’une réserve budgétaire affectée à des rééquilibrages négociés en cours d’année sont indispensables), choisir sans subir, développer les compétences en acquisition, produire un document de politique générale (charte des collections).

 

4. constituer, conserver, accéder au patrimoine

 

Fonds anciens, fonds de recherche et d’étude, fonds locaux : plus de 300 bibliothèques en France possèdent et conservent des collections patrimonailes

 

Patrimoine et conservation

 

La dimension patrimoniale ne tient pas seulement au caractère ? ancien, rare ou précieux ? des fonds, mais bien à l’intérêt intellectuel de la collection identifiée, dans son aspect prospectif aussi bien que rétrospectif, et à la qualité culturelle du projet développé. Différents types de documents constituent le patrimoine des bibliothèques. Afin de déterminer une politique de conservation pertinente, on tiendra compte des matériaux entrant dans leur composition, de leur format, deurs dimensions, de leur caractère plus ou moins précieux. Des conditions environnementales (lumière, température et humidité) non maîtrisées constituent autant de facteurs de dégradation des collections. Les matériaux organiques qui constituent majoritairement les collections des bibliothèques sont très sensibles aux conditions climatiques, et particulièrement aux fluctuations de l’humidité relative. Dans les régions tempérées, les recommandations en la matière se situent autour de 18% et de 50% plus ou moins 5% d’humidité relative.

Le regroupement des collections en fonction de leurs caractéristiques physiques, en particulier de leur format, grâce à un système de cotation approprié, permet d’adopter un classement homogène et un mobilier approprié. Le conditionnement doit être déterminé en fonction du type de document concerné  et de son usage et peut prendre des formes diverses : la reliure, la mise sous pochette, la mise en boîte, le banderolage. Quelque soit la technique retenue, elle doit utiliser des matériaux neutres et des techniques réversibles et viser à protéger le document contre la poussière, la lumière, les chocs, le feu et l’eau. L’usure des documents, l’absence ou la défaillance des traitements préventifs, les sinistres enfin nécessitent également des traitements curatifs. La restauration ne vise plus aujourd’hui une ? remise à neuf ? du document mais s’attache à arrêter sa dégradation et à mieux le comprendre en respectant sa pérennité et son intégrité. Le code des collectivités territoriales prévoit que celles-ci doivent, avant intervention, informer le ministre de la Culture de tout proet de restauration d’une document ancien, rare ou précieux. Dans la seconde moitié du Xxè sicèle, les bibliothèques, confrontées à la dégradation accélérée de certains documents, ont élaboré des traitements de masse. L’édition de masse, à partir du XIXè siècle, a largement utilisé des papiers produits en milieu acide, qui résistent mal au vieillissement, jaunissent et deviennetn cassants. Pour tenter d’y faire face, les grandes bibliothèques européennes et nord-américaines ont mis en oeuvre des plans de sauvegarde intégrant des programmes de reproduction et de transfert de l’information, et le développement de procédés de désacidification et de renforcement. La numérisation des collections patrimoniales fait partie aujourd’hui des missions de base. L’attaque des collections par des insectes ou des moisissures et bactéries est due à de mauvaise conditions climatiques récurrentes, une intégration de fonds contaminés ou un soudain dégat des eaux. En cas d’infestation avérée, les collections doivent être déménagées pour être traitées et les locaux seront désinfectés par pulvérisation. En cas d’inondation, les documents mouillés doivent être séchés manuellement. A cette technique coûteuse, on préférera la congélation puis la lyophilisation pour les documents très mouillés et nombreux. Les collections patrimoniales peuvent s’enrichir en transférant les ouvrages désherbés devenus rares dans les fonds patrimoniaux ou par l’acquisition de livres neufs qui correspondent à un ? pôle d’excellence ? de la bibliothèque. On achètera un exemplaire pour le prêt et un autre pour la conservation. Les dons et legs doivent toujours être acceptés officiellement par le donataire, en général la collectivité publique dont dépend la bibliothèque. La dation, employée en paiement des droits de succession, ne peut bénéficier qu’aux collections appartenant à l’Etat. Une bibliothèque peut accepter en dépôt des documents dont elle n’acquiert par la propriété. La conversion rétrospective des fichiers et catalogues, menée dans les années 90 a permis la création du catalogue collectif des bibliothèques de France (Ccfr) qui donne accès en ligne et rassemble les catalogues de la BNF, des BU et ceux des fonds anciens et des fonds locaux les plus importants des BM (livres imprimés jusqu’en 1810). Il signale près de 20 millions de documents conservés dans plus de 160 établissements. Le Ccfr centralise aussi un service de PEB. Pour que le patrimoine des bibliothèques soit connu du grand public un catalogue en dix volumes a été publié ? Patrimoine des bibliothèques de France ?.

Il est trop rarement souligné que les fonds patrimoniaux sont généralement beaucoup plus ? multimédias ? que ceux de lecture publique. Aux monographies imprimées, audiovisuelles ou numériques s’ajoutent les périodiques, plaquettes, photos et estampes, affiches, étiquettes, cartes postales, dossiers de presse.

 

Le dépôt légal

 

Par l’ordonnance de Montpellier du 28/12/1537, François 1er enjoint aux imprimeurs et libraires de déposer à la librairie château de Blois tout livre imprimé mis en vente dans le royaume, le dépôt légal est né. Le dépôt poursuit deux buts : le contrôle de l’imprimerie et l’enrichissement des collections. L’histoire du dépôt légal en France est  étroitement liée à celle de la BNF. De la librairie du Roi (Charles V) à la BNF, l’accroissement et la diversité des collections sont l’héritage de l’histoire. En 1790, la Révolution supprime le dépôt. Elle le rétablit, de façon facultative, par la loi du 19/7/1793. Le dépôt effectué par l’auteur, en garantie de sa propriété littéraire, se substitue à celui du libraire ou de l’imprimeur. Le dépôt légaal redevient obligatoire par le décret du 5/2/1810 mais sa formalité est négligée. A l’instigation d’Eugène Morel, est créé par la loi du 19 mai 1925 le double dépôt (éditeur et imprimeur) qui permet un contrôle croisé. Avec cette loi cesse la confusion entre la protection du droit d’auteur et le dépôt légal. La loi du 21/6/1943 maitient le double dépôt et prescrit le dépôt d’un exemplaire au ministère de l’Intérieur. BN et ministère de l’Intérieur constituent le Régie du dépôt légal. Sont soumis au dépôt légal les imprimés, les oeuvres musicales, photographiques, cinématographiques mises publiquement en vente. La loi du 20/6/1992, complétée par le décret d’application du 31/12/93 relatif au dépôt légal, entrent dans le champ d’application de la loi les nouveaux supports et modes de création : documents sonores et audiovisuels et selon un mode sélectif, les documents informatiques. Cette loi est remplacée par le Code du patrimoine entré en vigueur le 20/02/2004. Le décret d’application du 31/12/93 est modifié par le décret du 13/06/06 ramenant à deux exemplaires le dépôt légal de l’éditeur. Enfin la loi du 1/08/06 relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information intégré dans la loi sur le dépôt légal permet l’élargissement du champ d’application du dépôt légal à internet. Le dépôt légal permet la constitution et la conservation du patrimoine culturel et documentaire, la production de la Bibliographie nationale française, la consultation de ces documents par le public. Sont soumis au dépôt légal les documents imprimés, graphiques, photographiques, audiovisuels, multimédias dès lors qu’ils sont soumis à la disposition d’un public ainsi que les logiciels et les bases de données. Les travaux d’impression dits de villes, de commerce ou administratifs, les documents électoraux, les documents importés à moins de cent exemplaires ne sont pas soumis au dépôt légal. L’éditeur doit déposer au plus tard le jour de la mise en circulation du document et l’imprimeur dès l’achèvement de la fabrication. Le dépôt  se fait par courrier avec une déclaration en trois exemplaires ou par coursier. Les noms des éditeurs et imprimeurs et leur adresse ainsi que la date du tirage et l’ISBN doivent être indiqués ainsi que la mention ? dépôt légal ? pour les livres et l’ISSN pour les périodiques. Sont responsables du dépôt légal, qu’ils gèrent pour le compte de l’Etat, la BNF, le Centre national de la cinématographie, l’INA et le service chargé du dépôt légal du ministère de l’Intérieur. L’éditeur doit déposer deux exemplaires à la BNF et l’imprimeur un exemplaire. Pour l’imprimeur hors Paris et Ile de France, le dépôt est effectué aurpès de la bibliothèque de la région habilitée à recevoir le dépôt. L’importateur doit déposer un exemplaire. En 2005, 208 635 livres et 1 255 686 périodiques ont été déposés. Le CNC recueille et conserve l’ensemble des vidéogrammes. Le dépôt est effectué à un exemplaire par le producteur ou le distributeur. L’INA recueille et conserve les documents sonores et audiovisuels radiodifusés ou télédiffusés. Il doit être déposé un exemplaire des périodiques pour les éditeurs et importateurs ayant leur siège à Paris au Ministère de l’Intérieur sinon auprès de la préfecture du département.

 

  1. Techniques de base relatives à l’organisation d’une collection et à son accès par les usagers.

L’entrée d’un document dans la collection s’accompagne de deux opération qui symbolisent son appropriation : l’inscription à l’inventaire (le catalogue informatisé tient le rôle de registre) et l’estampillage. Le catalogage se compose de la description et des accès à celle-ci. La description bibliographique consiste à reproduire les informations figurant sur le document (auteur, titre, éditeur, description matérielle, etc). Les accès à la description bibliographique sont non contrôlés (sur des termes ou expressions qu’il n’est pas nécessaire de formuler) ou contrôlés (dont l’expression doit être maîtrisée (l’expression normalisée d’une information figurant sur le document, comme les auteurs ou la représentation du contenu du document). L’indexation matière est cette représentation du contenu. On distingue l’indexation systématique qui repose sur une classification et l’indexation alphabétique qui est composée de mots ou d’expression. On appelle vedette le mot ou l’expression servant à l’accès à la description bibliographique. On parle également d’autorités pour représenter les mots ou expressions devant être obligatoirement utilisés pour représenter une personne, une collectivité, une entité géographique ou une notion. Viennent ensuite la cotation et le traitement matériel (apposition de la cote). L’exemplarisation : quand la gestion de la bibliothèque est informatisée, il est nécessaire que chaque exemplaire physique soit décrit séparément dans le système de gestion. Enfin vient l’équipement antivol et pour le prêt.

Une classification est un langage documentaire permettant l’organisation d’un ou plusieurs domaines de la connaissance en un système ordonné de classes et sous-classes. Le classement est l’ordre dans lequel les documents sont rangés physiquement.

La classification décimale Dewey est en usage dans la plus grande partie des bibliothèques publiques françaises et dans un nombre croissant de BU. Elle a été mise au point par le bibliothécaire états-unien Melvil Dewey. Elle est régulièrement mise à jour par OCLC qui en est propriétaire. La CDU s’est répandue en France dans les BU. Issue de la classification décimale Dewey, elle est battue en brèche par cette dernière. La cotation n’est pas un exercice intellectuel consistant à exprimer le plus finement possible le contenu d’un document, mais une opération pratique destinée à faciliter son classement et donc son repérage par les utlisateurs.

L’indexation matière alphabétique

En bibliothèque, on utilise des listes ou répertoires de vedettes matières ou d’autorités matière, hiérarchisés ou non. Les plus utilisés dans le domaine encyclopédique sont la ? Liste Blanc-Montmayeu/Danset ? et RAMEAU. Le choix de vedettes matière à l’intention des bibliothèques de Blanc-Montamayeur et Danset a été publié en 1984. Conforme à la norme AFNOR Z 44070, cette liste comprend plus de douze mille mots. On distingue la vedette simple, la vedette composée comprenant une ou plusieurs sous-vedettes, les renvois. Le Répertoire d’autorité matières encyclopédique et alphabétique unifié (RAMEAU) est issu de la liste Laval du Québec. Les noms communs sont exprimés au pluriel. Les noms propres ne sont pas gérés par RAMEAU à l’exception des noms géographiques, des noms de peuples et des événements historiques. RAMEAU s’est répandu en France au cours des années 90, au point de prendre une place hégémonique dans les bibliothèques informatisées. Son utilisation est obligatoire pour les BU dans le cadre du SUDOC. Adopté par la BNF et par la base bibliographique Electre, il s’est également répandu dans les bibliothèques publiques. LA liste RAMEAU est maintenue par la BNF.

 

Les catalogues

 

Dans une bibliothèque informatisée avec un système intégré de gestion de bibliothèque, le catalogue sert à identifier et à localiser les documents détenus par la bibliothèque mais sert aussi à la gestion, notamment des prêts : le catalogage est le préalable à la gestion du document. Un système intégré de gestion de bibliothèque repose sur une base de données, catégorie de logiciel forte pour créer, mettre à jour et rechercher des informations structurées. Comme une grande partie des données gérées dans un tel système sont des données bibliographiques qui constituent le catalogue, on parle volontiers de base de données bibliographiques. Une notice bibliographique peut être liée à une ou plusieurs notices d’exemplaires. Sur le plan international, la structure d’une notice bibliographique est définie par les ? descriptions bibliographiques internationales normalisés ?, en anglais International Standard Bibliographic Description (ISBD). C’est conformément aux ISBD qu’ont été rédigées les normes française de catalogage, dont la norme Z 44-050. La notice comporte 8 zones, titre et mention de responsabilité, édition, adresse bibliographique, collation, collection, note, ISBN et prix.

La notice d’exemplaire

Dans une base bibliographique, on crée une ou plusieurs notices d’exemplaires rattachées à la même notice bibliographique.

Les formats bibliographiques

C’est en 1964 qu’a été mis au point par la Bibliothèque du Congrès de Washington le premier format MARC (Machine Redeable Cataloguing). En France on utilise Intermarc (essentiellement à la BNF) et Unimarc. Un format est la structuration de données dans un ordinateur en vue de leur traitement par un logiciel d’application. Un format MARC est une structuration des données selon la norme ISO 2709 sur les échanges de données bibliographiques. Un format MARC est d’abord un format d’échange. Il permet d’échanger des notices bibliographiques entre bibliothèques, quel que soit leur logiciel. L’échange permet à une bibliothèque de récupérer des notices bibliographiques pour les besoins de son propre catalogue auprès d’un réseau bibliographique (comme le SUDOC) ou d’un fournisseur public (comme la BNF) ou privé (comme Electre). Un format MARC peut être aussi un format de catalogage. En France, c’est le format bibliographique Unimarc qui a été désigné par l’arrêté du 3//11/93 comme foramt d’échange national. Ce format bibliographique, dont le nom signifie Universal Machine Readable Cataloguing, a été mis au point et est maintenu par l’IFLA. Il est géré par le Permanent Unimarc Commitee (PUC). Les formats MARC, conçus dans les années 60, datent d’une époque où le monde des bibliothèques pouvait, de façon autonome, structurer l’information dont il vait besoin. C’est pourquoi l’évaluation des techniques documentaires utilisées par les bibliothéaires est extrêment probable. Elle ne peut être que progressive et de nature à remettre en cause la façon de coder l’information, plutôt que les notions fondamentales présidant à son découpage. La famille de format qui se développe dans tous les secteurs traitant de l’information électronique s’appelle Xml (extensible markup langage). Plusieurs traductions en XML des données gérées par les formats MARC ont été effectuées.

 

6. Les recherches documentaires

 

La bibliothèque est offre de médiation et de formation, alors même que l’évolution technologique a pour effet de multiplier les moyens d’informations et de documentation mis directement à la disposition du public. La bibliothèque est un des nombreux lieux où l’on s’informe; elle est aussi le lieu où l’on peut se former au choix et au maniement des instruments de recherche documentaire, où l’on vient acquérir des  compétences en matière de maîtrise de l’information. En matière de recherche documentaire, les demandes du public auxquelles les bibliothèques apportent une réponse sont de deux natures : une demande de contenus (réponses à des questions ponctuelles, documentation relative à un sujet), une demande de savoir-faire (techniques de recherche, choix des outils, tri des résultats). Les demandes de renseignements bibliographiques découlent tout naturellement de la perception des bibliothèques comme de lieux d’abord faits pour emprunter ou consulter des documents. Les recherches bibliographiques visent à identifier un document, c’est-à-dire à vérifier, compléter ou corriger les éléments connus de son signalement, ou à dresser une liste de documents pertinents sur un sujet donné. Les bibliothèques ont introduit les supports numériques et l’accès aux réseaux d’information en ligne parmi les ressources offertes à leurs usagers, avec un double objectif. Les points d’accès public à internet : favorisent la démocratisation des nouvelles technologies de l’information, complètent les ressources documentaires de la bibliothèque. A l’élargissement naturel des collections s’ajoute le souci de rééquilibrer les chances face aux développements des technologies de l’information. L’UNESCO donne à la bibliothèque publique, entre autres missions fondamentales, celle de faciliter l’acquisition de compétences dans le domaine de l’information et de l’informatique. Les instruments utilisés en recherche documentaire se répartissent en deux grandes catégories : les instruments de référence immédiate (dictionnaires de langue par exemple) dans lesquels on accède directement à l’information recherchée, les instruments bibliographiques, qui donnent la référence du (ou des) document(s) susceptible (s) de contenir l’information recherchée. L’accès aux ressources d’internet fait maintenant partie des moyens de trouver de l’information dans une bibliothèque. La comparaison assez fréquente qui assimile le web a une vaste bibliothèque n’est pas juste. Deux principes sur lesquels se fondent l’offre documentaire des bibliothèques, la sélection des sources documentaires et leur organisation logique, ne se retrouvent pas sur la toile. D’autre part, les outils de recherche qui aident à retrouver l’information ne maîtrisent qu’une partie seulement de cet ensemble. L’offre d’information sur internet n’est pas hiérarchisée, les ressources ne portent pas forcément de façon explicite les indices qui permettraient d’identifier les auteurs, les sources, et plus généralement les conditions de production du document. On a accès sur internet à des documents qui n’ont pas forcément subi d’évaluation avant diffusion, contrairement aux documents trouvés à la bibliothèque qui sont passés par le filtre de deux sélections (édition, puis acquisition). Google et Altavista sont les robots de recherche les plus connus sur internet. Ils renvoient, en réponse, l’adresse des pages contenant les mots ou les expressions posés dans la recherche. il s’agit donc d’une recherche en texte intégral avec des inconvénients, abondance de réponses non pertinentes et ? silence ? difficle à évaluer. Les annuaires généraux de sites comme yahoo ! ou Open Directory sont le produit d’un recensement humain et les sites sont succintement analysés. Les bibliothèques créent leurs propres sélection de sites comme la BNF avec les signets de la BNF. Les portails thématiques ont pour objectif de proposer une plate-forme d’orientation vers des ressources internes et externes dans une thématique définie. La Documentation française, le ministère de la Culture et l’ENSSIB (avec Sibel : sciences de l’information et des bibliothèques en ligne) en proposent.

 

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Le métier de bibliothécaire (2007) II

Les bibliothèques des collectivités territoriales

 

La bibliothèque publique est un établissement géré par des fonctionnaires et placé sous la tutelle administrative et financière de la puissance publique d’Etat ou territoriale.

En 1945, naît la Direction des bibliothèques et de la lecture publique auprès du ministère de l’Education nationale. On compte 17 BCP en 1946 et 42 en 1966. Il faut attendre les années 80 pour que l’ensemble du territoire soit couvert. Entre 1967 et 1980 34 BCP voient le jour tandis que la surface des BM passe de 300 000 à 650 000 m2. 200 bibliothèques sont créées entre 1969 et 1975. En 1975, est créé au ministère de la Culture une Direction du livre à laquelle sont rattachées les BM. En 1977, la BPI ouvre sur 12 000 m2 et accueille 10 000 visiteurs par jour avec 400 000 volumes et 2 400 périodiques, 11 000 documents sonores. Au cours des années 80, 17 BCP termine la couverture du territoire. En 1981, la Direction du livre devient la Direction du livre et de la lecture. Son budget est doublé en 1982. La bibliothèque auparavant axée sur l’activité éducative l’est désormais sur la politique culturelle. La loi de juillet 1983, effective en 1986, sur les compétences des collectivités territoriales, confirme l’attribution aux communes des BM. En 2004, la surface des bibliothèques est de 2 millions trois cents milles m2. Les missions des bibliothèques publiques sont indiquées par le manifeste publié par l’UNESCO et l’IFLA en 1994 : encourager à l’effort d’éducation et à un accès libre et illimité à la connaissance, la pensée, la culture et l’information. La France ne dispose pas de loi dur les bibliothèques mais la charte publiée en 1991 par le Conseil supérieur des bibliothèques exprime bien ses missions. La mission d’information et de documentation pour tous suppose la capacité à fournir sur tous les sujets, scientifiques et techniques, de société ou d’actualité politique. Elle exige une attention à la pluralité des courants de pensée et de sensibilité. La mission de formation consiste à aider à la préparation de concours, d’examens, d’entretiens, de recrutements et faciliter l’accès à l’information technique et professionnelle. La mission d’accès à la culture et aux loisirs consiste à susciter les curiosités par la diversité et la permanence de son offre. Les bibliothèques doivent proposer aux populations qu’elles desservent des ressources pluralistes et encyclopédiques en respectant un principe de neutralité.

 

Bibliothèque municipale et départementale : statut juridique.

 

La loi du 22/7/1983 stipule que les BM sont organisées et financées par les communes. C’est le conseil municipal qui décide de la construction d’une BM, fixe son budget, recrute le personnel et édite le règlement. Il existe 104 bibliothèques municipales classées qui conservent des collections patrimoniales appartenant à l’Etat. Des conservateurs d’Etat y sont affectés. L’autonomie de la collectivité locale en matière de gestion des BM est tempérée par le décret du 9/11/1988 relatif au contrôle technique de l’Etat sur les bibliothèques des collectivités territoriales.

Les BDP

 

L’ordonnance du 2/11/1945 institue les BCP. Avec leurs bibliobus, elles doivent faire des dépôts temporaires et renouvelables dans toutes les communes qui ne peuvent entretenir une bibliothèque. Le plafond de population concernée est de 10 000 habitants par commune. Depuis 1986, les BDP ont été transférées en gestion directe aux conseils généraux. Les BDP sont des entrepôts de livres et de documents sonores et vidéo. Elles prêtent directement à la population dans la moitié des BDP. Elles prêtent également aux prisons. Les principaux bénéficiaires des BDP demeurent les bibliothèques publiques. Elles organisent des formations pour les bibliothécaires bénévoles et salariés. Certaines hébergent des centres de formation de l’ABF. Beaucoup ont développé des services en ligne pour les bibliothèques de leur réseau et constituent un véritable portail des bibliothèques du département. Les 96 BDP disposent de 23 millions de livre, 2 millions de documents sonores et 410 000 vidéogrammes, 2450 personnes y travaillent.

 

Les BM

 

En 2004, il existait 2913 BM desservant 63,97 % de la population française. 17,6% de la population y sont inscrits. Toutes les villes de plus de 50 000 habitants en sont pourvues. Quelques centaines de BM disposent de collections patrimoniales, héritage des dépôts révolutionnaires. Le nombre moyen d’heures, d’ouverture est de 20h36 en 2004. Le personnel relève depuis 1991 de la filière culturelle de la fonction publique territoriale. Le budget est voté chaque année par le conseil municipal en deux parties, l’une pour le fonctionnement et l’autre pour l’investissement. Les BM et BDP ont commencé à s’informatiser au début des années 1980. En 2000 64,8 % des BM et 88,5% des BDP étaient informatisées. De plus en plus de BM se dotent de sites web. Les collections des bibliothèques publiques sont composées de fonds patrimoniaux d’une grande valeur (12 millions de volumes) répartis dans 703 établissements dont les 104 BM classées. Des bibliothèques publiques possèdent 90 millions de volumes et 8 millions 400 mille phonogrammes. Les collections sont renouvelées régulièrement par acquisitions et dons et pour certaines par le dépôt légal. Le PEB rend possible la consultation de livres peu accessibles. On compte cinq millions six cents mille inscrits dans les bibliothèques publiques en 2004. Les deux composantes principales de la population d’inscrits sont l’enfance et la jeunesse et les femmes. On note une surreprésentation de la fraction la plus éduquée de la population et des cadres. Epousant la révolution numérique, les bibliothèques contribuent à accompagner l’accès de la population aux nouveaux outils et aux nouvelles pratiques de recherche d’informations. Face à la concurrence des industries culturelles et de la documentation numérique, les bibliothèques doivent améliorer leur offre de service, leur accessibilité, la diversité de leurs ressources en ciblant mieux les publics qu’elles souhaitent accompagner. Elles doivent trouver le moyen de s’insérer dans la révolution numérique en cours.

Les bibliothèques centres documentaires sont nées d’une expérimentation menée par l’Association pour le développement des activités culturelles dans les établissements scolaires. Elles sont soutenues par l’INRP et la Joie par les livres, les ministères de l’Education nationale et de la Culture. Elles dépendent des enseignants puisqu’il n’ y a pas de personnel permanent. Les Cdi ont été institués en 1974. Tous les établissements sont obligatoirement pourvus d’un CDI animé par un personnel qualifié. Le Capes de documentation a été créé en 1989. Les BU sont officiellement créées en 1885. Elles se sont développées après 1945. On compte aujourd’hui plus de 2 millions d’étudiants. La loi d’orientation de 1968 constitue les universités en établissements publics autonomes et crée des services communs dont les BU. Un décret de 1985 précise le statut des SCD placés sous l’autorité du président de l’université. Strucutres non obligatoires il favorisent la coordination et le regroupement des BU avec les bibliothèques d’UFR, d’instituts. Les BU dépendent de la sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique au ministère de l’Enseignement supérieur. L’objectif commun aux BU est de servir les besoins de l’enseignement et de la recherche. Les BU ont vocation à participer à la formation des étudiants à la recherche documentaire et à la bonne utilisation de toues les nouvelles technologies de diffusion du savoir et de l’information. Les BU se développent du début des années 60 au début des années 70. Puis on note une phase de régression jusqu’en 1988. Après quoi le rapport Miquel incite l’Etat à entreprendre un plan de redressement. Depuis 1991, une politique d’équipement volontariste a accéléré la construction et la rénovation des BU. Il existait en 2004, un million de m2 de BU et 110 000 places assises. Le mouvement de construction s’est poursuivi dans le cadre du plan U3M.

En 2000, on comptait 96 SCD. Les personnels se répartissent en trois catégories. Les fonctionnaires d’Etat (conservateurs, bibliothécaires, assistant qualifiés de conservation et magasiniets. Les conservateurs assurant les fonctions de directeurs et de chef de projet, les bibliothécaires assurent le suivi de la gestion des collections et de la politique documentaire, les assistants qualifiés assurent l’accueil du public et les magasiniers assurent les tâches techniques et le rangement). Viennent ensuite des personnels administratifs et techniques, des contractuels et des vacataires. Il y a 44 000 agents. Le budget est assuré par les inscriptions des étudiants, des financements variables associés aux contrats quadriennaux. Enfin les collectivités locales et les régions participent au financement par le biais de subventions. A l’exception de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg qui est un établissement public, les BU n’ont aucune autonomie juridique. Elles sont placées sous l’autorité du conseil d’administration de l’université et de son président. Il existe dans les BU une documentation spécialisée pour la recherche mais aussi des collections généralistes proches de l’offre de lecture publique. Les BU ont depuis le milieu des années 90 très largement développé la documentation numérique et l’infrastructure technique nécessaire. En 2004, on comptait 1 million 200 000 lecteurs. L’amplitude horaire moyenne d’ouverture des BU est de 57 heures en 2004. Une collaboration renforcée entre enseignants et personnels documentaires est désormais indispensable. Elle se met en place dans le réseau des URFIST (unité de recherche et de formation à l’information scientifique et technique). FORMIST est destiné aux étudiants et enseignants de l’enseignement supérieur. Il propose des documents : cours de méthodologie de la recherche, bibliographie spécialisée par discipline, recherche sur le web, recherche d’informations.

 

Les bibliothèques spécialisées

 

Bibliothèques administratives, bibliothèques d’art, de médecine, de géographie, de sciences et techniques, bibliothèques de sciences humaines, religieuses, les bibliothèques spécialisées privées et publiques sont plus de mille et rassemblent 31 millions de volumes. Elles sont associées à l’université, aux organismes de recherche, à des entreprises ou des administrations, à des sociétés savantes (bibliothèques de l’ENS à Paris 350 000 volumes, 1400 périodiques).

 

Bibliothèques jeunesse

 

L’heure joyeuse a été créée à Paris en 1924. La joie par les livres a été créée par Anne Gruner à Clamart en 1963. Les recettes proposées par la bibliothèque des enfants sont fondées, à l’instar de l’heure joyeuse, sur le modèle des bibliothèques publiques états-uniennes. La joie par les livres publie dès 1965 ? le bulletin d’analyse des livres pour enfants. En 1967, elle commence à organiser des activités de formation. En décembre 1971, l’association est dissoute et ses activités sont reprises par l’Etat. Les locaux de la bibliothèque deviennent propriété de la ville de Clamart. Elle est sous la tutelle de la Direction du livre et de la lecture. Elle est rattachée à la BNF depuis 2008. Elle propose 250 000 documents, elle dispose des services de presse et d’un exemplaire du dépôt légal. Elle publie ? la revue des livres pour enfants ?.

 

Les bibliothèques dans l’entreprise

 

Dans la seconde moitié du XIXè siècle, les bibliothèques populaires sont animées par des philanthropes. La loi du 21/3/1884 sur les syndicats favorise ce mouvement de pratique de lecture. En 1919, la CGT crée la Librairie du travail. LA CGT publie en 1937 un ? rapport sur l’organisation de la lecture publique, du commerce du livre et de la propagande collective pour la lecture et le livre ?. L’ordonnance du 22/2/1945 instituant les comités d’entreprises, va donner un cadre au développement de la lecture en entreprise. A partir de 50 salariés, les entreprises sont tenues de créer un comité d’entreprise. C’est au sein des comités d’entreprise que naissent des bibliothèques. Les BCE sont reconnues en 1986 par le ministère de la Culture. Elles proposent le libre accès, la composition encyclopédique et la gratuité fu prêt. En 1992, l’ABF et les cinq confédérations syndicales représentatives signent la Charte pour le développement de la lecture en entreprise. Ces bibliothèques sont gérées par des bibliothécaires professionnels.

 

Les bibliothèques d’hôpitaux

Les fonctions culturelle, sociale et thérapeutique de ces bibliothèques sont de plus en plus reconnues. Les bibliothèques d’hôpitaux n’ont pas toujours les moyens de les mettre en oeuvre efficacement. La lecture à l’hôpital est mentionnée dès 1634 sous le terme de ? distraction des malades ? mais il faut attendre la seconde moitié du XIXè siècle pour que des mesures soient prises en faveur de son développement et l’après-guerre pour que des circulaires du ministère de la Santé préconisent de créer une bibliothèque et d’y consacrer des crédits. En mai 1999 a été signée une convention entre le ministère de la Culture et le secrétariat d’Etat à la santé et à l’Action sociale. L’objectif est d’inciter acteurs culturels et responsables d’établissements de santé à construire ensemble une politique culturelle inscrite dans le projet d’établissement. Les DRAC et les Agences régionales d’hospitalisation signent des conventions. Début 2006, la signature d’un protocole entre les deux ministères renforce l’accès à la culture au sein des établissements de santé. Dans 90% des cas il s’agit de bibliothèques d’association comme la Croix rouge ou Bibliothèque pour tous. La bibliothèque peut être un service de l’hôpital. 8% des hôpitaux ayant répondu à l’enquête 2006 disposent de salariés, le reste est constitué de bénévoles. Fin 2003, la fonction publique hospitalière a créé un statut de bibliothécaire/documentaliste.

 

Les bibliothèques en milieu pénitentiaire

 

L’action conjointe du ministère de la Culture et du ministère de la Justice a permis, depuis 20 ans, la mise en place progressive en milieu pénitentiaire de bibliothèques et d’une action concentrée en faveur de la lecture. En décembre 1992 une circulaire interministérielle définit le fonctionnement des bibliothèques et le développement des pratiques de lecture dans les établissements pénitentiaires. Dès le XIXè siècle, on relève l’existence de bibliothèques en prison. Un poste de bibliothécaire chargé des achats existe depuis 1963 au sein de l’administration pénitentiaire. En 1985, un décret du code de procédure pénale garantit un cadre règlementaire au fonctionnement des bibliothèques. Un protocole d’accord est signé entre le ministère de la Justice et le ministère de la Culture. Il sera mis en oeuvre par la DLL et l’administration pénitentiaire. Ce protocole aboutit en régions à la signature de conventions entre les administrations décentralisées et les DRAC. 69 BM et 30 BDP étaient associées aux prisons en 2001. La surface moyenne de bibliothèque en prison est de 40m2. 76% des bibliothèques pratiquent le libre accès. Les bibliothèques sont placées sous la responsabilité d’un travailleur social des services pénitentiaires d’insertion et de probation. Selon l’IFLA, il faudrait disposer d’un minimum de 20 livres par détenu. Seules les bibliothèques des petits et moyens établissements atteignent ce quota. 15 ans après la circulaire interministérielle de 1992, la volonté politique mise en pratique dans les régions avec les partenaires locaux a permis le développement des bibliothèques en prison.

 

bibliothèques en réseau

 

La coopération entre bibliothèques est un mode d’existence normal qui doit être intégré à la conception d’une bibliothèque et prévu dans ses règles de fonctionnement. En 1981, le rapport Barreau/Pingaud recommandait une coopération accrue entre bibliothèques, et proposait la création de services communs régionaux, au sein des bibliothèques régionales, et d’un service commun national à la Direction du livre. Il y a deux niveaux de coopération : les sources documentaires (identification, catalogues collectifs et gestion coopérative des collections) et les savoir-faire professionnels et les relations interprofessionnelles.

 

- Gestion partagée des sources documentaires

 

Les CADIST, réservoirs documentaires thématiques universitaires sont 21 et couvrent une grrande partie des champs thématiques. Mais l’ensemble des champs n’est pas couvert, des CADIST restent à créer. L’ensemble du territoire n’est pas couvert harmonieusement car un bon nombre de BU parisiennes sont CADIST.

LA BNF possède 65 pôles associés spécialisés qio sont des BM, des instituts et des BU. Ces pôles ont une mission documentaire de constitution de collections. Le premier créé est celui de Poitiers avec la BM, le SCD de l’université et le centre d’études supérieures de civilisation médiévale autour du thème de l’histoire médiévale. Les autres pôles ne sont plus seulement documentaires. Ils ont pour mission la localisation et le versement dans le CCFr de notices des fonds des bilbiothèques patrimoniales, la rétroconversion, la numérisation. Ils reçoivent une aide technique et financière au signalement et à la conversion rétrospective et rejoignent Gallica. Ils coorganisent des expos avec la BNF. Le CCFr regroupe les catalogues de la BNF, des BU (Sudoc), des fonds rétroconvertis de BM auxquels s’ajoutent le catalogue général des manuscrits et le répertoire des manuscrits contemporains.

La BPI a impulsé la constitution d’un consortium pour l’acquisition des ressources électroniques en ligne (CAREL) à l’image de Couperin pour les BU. Les BMVR ont été créées en 1992. Elles sont douze mais la dimension extra-communale est restée; la plupart du temps, au niveau du principe. Les BDP sont un aspect réussi de la décentralisation. Elles ont permis la mise en place de plans départementaux de lecture publique. L’intercommunalité de la lecture publique a é(é rendu possible grâce à la loi Chevènement de 19999 créant les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale). Ainsi quelques communautés d’agglomérations ont choisi d’intégrer la lecture publique dans leurs attributions. Avec les lois de décentralisation de 1982, des agences de coopération ont été créées. Elles ont pour objet le lien entre les divers professionnels du livre et pour les bibliothécaires l’organisation de la coopération documentaire. Les agences sont regroupées au sein de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture. Les premières agenes régionales de coopération entre bibliothèques ont été mises en place en 1984 dans six régions soutenues par la DLL et les DRAC.

Il existe deux associations de coopération : Images en bibliothèques, créée dans le but de mettre en valeur les collections audiovisuelles des bibliothèques. Elle anime 300 établissements, organise des formations, propose documentation et infos et coordonne les Mois du film documentaire. L’association pour la diffusion des documents numériques en bibliothèques (ADDNB) a été créée pour suivre et accompagner les évolutions liées à l’utilisation du multimédia en bibliothèque. Les listes de diffusion par courrier électronique se développent en totale liberté. Elles permettent la coopération et l’entraide entre professionnels. La plus connue est bibio.fr elle date de 1993.

 

Les associations professionnelles ont un rôle de lobbying auprès des pouvoirs publics et interviennent pour donner le point de vue des professionnels lorsque telle mesure ou tel texte peut avoir un impact sur les missions des bibliothèques ou sur les moyens de les exercer. La Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques, IFLA, regroupe la majorité des associations et des institutions de la plupart des pays adhérents à l’UNESCO. Elle a été créée en 1927 et se trouve à La Haye. Elle défend le développement des bibliothèques dans le monde sur la base des principes contenus dans le manifeste de l’UNESCO pour les bibliothèques publiques. Elle a publié le manifeste de Glasgow en 2002 dans lequel sont rappelés les principes du droit à l’information et les règles déontologiques des bibliothèques ou le manifeste pour internet. Elle a mis en place un comité pour la liberté d’expression dit FAIFE. Enfin il existe l’Association des Directeurs de bibliothèques universitaires (ADBU) et l’Association des directeurs de bibliiothèques départementales (ADBDP) et l’ABF, association des bibliothécaires de France créée en 1906 qui est un porte-parole de la profession auprès des pouvoirs publics. Les associations travaillent ensemble au sein de l’Interassociation archives bibliothèques documentation (IABD) qui regroupe 13 associations. En 2006 l’IABD a été un acteur important du débat sur la loi DADVSI. Les associations sont nombreuses aussi à être regroupées au sein de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (FILL).

 

Réseau et organisation territoriale

 

La commune

 

Dans un certain nombre de villes, on parle du ? réseau des BM ? avec une centrale située en centre-ville et des annexes qui ne proposent qu’une partie des services ou proposent des services spécialisés (jeunesse).

L’intercommunalité

Soit toutes les bibliothèques appartiennent à l’organisme intercommunal et s’organisent en réseau soit l’organisme intercommnal gère lui-même une ou plusieurs bibliothèques.

 

L’organisation interuniversitaire des bibliothèques

 

Les BU ou SCD sont souvent coordonnés par une bibliothécaire interuniversitaire ou un service interuniversitaire commun de documentation. Le lancement depuis 2006 des pôles de recherches et d’enseignement supérieur est susceptible de renforcer les coopérations interunivesitaires.

 

Les BDP

 

Elles desservent uniquement ou principalement les bibliothèques publiques, municipales ou associatives des communes de moins de 10 000 habitants. Le ? réseau départemental ? ne concerne donc souvent qu’une partie des communes d’un département.

 

Le prêt entre bibliothèques

 

Le PEB est très organisé entre les BU et moins dans les bibliothèques publiques. Il s’appuie sur le SUDOC. LE service comprend la fourniture des documents et de photocopies d’articles. Il est régi par un tarif publié par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur. L’équipe du CCFr a mis en place depuis 2001 le PIB (prêt interbibliothèque) pour les bibliothèques publiques ou spécialisées. Les réseaux PEB et PIB sont interconnectés. Les réseaux communaux ou intercommunaux et les BDP font aussi du prêt entre établissements.

 

Les catalogues collectifs

 

Le plus grand catalogue collectif du monde est OCLC (online computer library center) qui sert de réservoir de plus de 48 millions de notices dans le cadre d’un catalogue partagé mais aussi d’instrument de localisation pour des bilbiothèques de 45 pays. Le SUDOC géré par l’ABES joue le rôle de réservoir bibliographique pour les BU. Le SUDOC sert également de catalogue collectif des bibliothèques universitaires. Il comprend également un catalogue collectif national des publicatiions en série et le catalogue général des manuscrits des BU.

 

Le catalogue collectif de France

Il permet d’interroger simultanément trois bases bibliographiques BN Opale plus, catalogue de la BNF, le SUDOC, la Base patrimoine (bibliothèques municipales rétroconverties) qui réunit les notices bibliographiques de fonds anciens et d’intérêt régional d’une cinquantaine de grandes bibliothèques municipales et spécialisées. Il accueille le catalogue énéral des manuscrits des bibliothèques publiques et le Répertoire des manuscrits contemporains.

 

Apports et limites des catalogues collectifs

 

Pour les bibliothèques, la participation à un catalogue collectif peut impliquer un certain nombre de contraintes si le système est partagé par plusieurs bibliothèques, chacune subit une perte d’autonomie car il faut se plier à des règles communes. Si le catalogue est partagé, cela signifie également l’obligation de se plier à des règles garantissant la cohérence de la base bibliographique.

 

V Documents, collections et accès à l’information

 

  1. Documents, collections et accès à l’information

La chaîne du livre est l’ensemble des opérations qui sont effectuées entre le moment où l’auteur produit son texte et le moment où le lecteur accès à ce texte au moyen du support matériel qu’on appelle le livre. Aujourd’hui, les principaux intervenants de cette chaîne sont l’éditeur, le circuit de fabrication, le diffuseur, le distributeur, le détaillant (le libraire), le bibliothécaire. L’édition génère un chiffre d’affaires de 2 milliards 2628 millions d’euros (2005) et est dominé par un grand groupe, Hachette placé sous le contrôle d’Arnaud Lagardère. Ce groupe assure, à lui seul, les deux tiers de la production éditorial française. Viennent derrière Gallimard, La Martinière, Flammarion. En 2002, Hachette rachète en partie Vivendi Universal Publishing. Ce qui reste de cet ancien groupe et n’a pas été repris par Hachette se retrouve dans Editis. Gallimard a été fondé en 1911 par Gaston Gallimard avec André Gide et Jean Schlumberger sous le nom des éditions de la Nouvelle Revue Française. En 1919, le nom change pour Librairie Gallimard. Il rachète Denoël et le Mercure de France dans les années 50 et crée la collection de poche Folio en 1972. Le Seuil fondé en 1935 a été racheté par La Martinière en 2004. Albin Michel est fondé en 1901 et dépasse désormais les 150 millions d’euros de chiffres d’affaires. Flammarion fondé en 1874 par Ernest Flammarion est resté entre les mains de la famille fondatrice. Il a été racheté par le groupe italien Rizzoli. En 2006, 57 728 titres ont été produits et 460 500 000 exemplaires.

 

Diffuseur et distributeur

 

Le diffuseur est celui qui est chargé de faire connaître aux libraires la production de l ’éditeur qu’il diffuse. Le distributeur est chargé, quant à lui, de servir les commandes du libraire. En effet, quand un libraire commande un livre, il ne le commande pas à son éditeur mais à son distributeur. LE diffuseur est un représentant de commerce. C’est lui qui fait remonter auprès de l’éditeur toutes les informations mais aussi les impressions qu’il recueille lors de ses visites aux libraires. En recueillant les ? notés ? c’est-à-dire les intentions d’achat des libraires pour les nouveautés de l’éditeur, le diffuseur permet à celui-ci d’ajuster au mieux les chiffres du tirage. LE diffuseur négocie les conditions de vente avec le libraire. Il négocie les contrats d’office, qui permettent au libraire de recevoir ? d’office ?, sans avoir à passer une commande, les nouveautés de l’éditeur, dans les domaines et selon les volumes qu’il a négociés avec le diffuseur (c’est ce qu’on appelle la ? grille d’office ?). Le diffuseur négocie également avec le libraire le montant de la remise, qui permet à ce dernier de dégager sa marge bénéficiaire. La loi du prix du livre de 1981 prévoit que c’est l’éditeur qui fixe le prix de vente au public. Dans les pratiques habituelles, le diffuseur donne une remise de départ de l’ordre de 20 à 25% à laquelle s’ajoutent des points supplémentaires de remise déterminés en fonction de critères quantitatifs et qualitatifs. Le distributeur est chargé de servir les commandes des libraires et d’acheminer les volumes. Il gère à la fois les lux des livres et les flux financiers. C’est le distributeur qui gère le stock de l’éditeur. Le distributeur doit également traiter les retours d’invendus dans le cas des offices. Il doit enfin gérer les opérations financières, liées à ce travail : facturation aux libraires, versements aux éditeurs. Le travail des libraires et des distributeurs a été grandement facilité grâce à la généralisation d’Electre, la base de données du Cercle de la librairie qui permet d’identifier beaucoup plus sûrement une référence bibliographique et de transmettre au distributeur un bon de commande plus facile à traiter.

 

Le libraire

 

Il y a en France quinze mille à vingt mille points de vente du livre du petit détaillant aux rayons de livres des hypermarchés. Les librairies représentant 800 à 1000 établissements et vendent exclusivement des livres. Les maisons de la presse et les librairies/papeteries sont 1200 à 1500. Plusieurs milliers d’établissement vendent des livres à côté de beaucoup d’autres produits. Il y a 1000 points de ventes de livres dans les hypermarchés mais avec un choix de titres limités. La loi sur le prix du livre de 1981 a été votée dans le sens de la création éditoriale en s’appuyant sur le réseau des libraires vendant exclusivement des livres.

Les bibliothèques ont tout intérêt, dans leurs acquisitions documentaires, à s’appuyer sur le réseau des libraires pour renforcer son rôle dans la création éditoriale.

 

Les mutations de la chaîne du livre

 

La concentration du monde de l’édition est la principale caractéristique de son fonctionnement. Le rachat en 2002 de Vivendi par Hachette a conduit à la constitution d’un énorme groupe d’ampleur mondiale. La mutation technique touche d’abord le secteur de la fabrication et de la distribution. Elles proviennent de la généralisation de l’informatique dans la production des livres. La conséquence la plus immédiate est la diminution du seuil à partir duquel un tirage atteint son point d’équilibre économique d’où la possibilité de prendre des risques éditoriaux sur des ouvrages à faible tirage et d’augmenter le nombre de titres produits. La loi du prix du livre a été révisée en juin 2003 pour plafonner les remises consenties par les libraires aux bibliothèques dans le cadre des marchés publics.

 

La propriété intellectuelle

 

L’ensemble des dispositions relatives à la protection des ? oeuvres de l’esprit ? et des auxiliaires de la création est contenu dans le cadre de la propriété intellectuelle adopté en 1992. La propriété littéraire et artistique est composée du droit d’auteur et des droits voisins des interprètes et des producteurs. Le code a intégré deux textes antérieurs, la loi de mars 1957 et celle de 1985 sur les droits voisins. Sur le plan européen, le travail d’harmonisation prévu par les traités fondant l’Union se traduit par des directives, dont chaque Etat doit assurer la transposition nationale. Six directives relatives à la propriété intellectuelle et artistique ont été adoptées depuis 1991 : protection des logiciels (1991, transposée en France en 1994), droit de location et de prêt (1992, partiellement transposée en 2003), télédiffusion par câble et par satellite (1993, transposée en 1997), durée de protection des oeuvres (1993, transposée en 1997), protection des bases de données (1996, transposée en 1998), droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information (2001, transposée en 2006).

Le droit reconnu aux auteurs est un droit exclusif qui comprend deux volets : le droit moral et les droits patrimoniaux. Le droit moral, perpétuel et transmissible aux héritiers, confère à l’auteur seul le droit de divulguer son oeuvre et le protège contre toutes sortes de mutilations. Les droits patrimoniaux permettent à l’auteur de jouir du produit de l’exploitation de son oeuvre sa vie durant. Contrairement au droit moral, ils peuvent être cédés à un tiers par contrat; à la mort de l’auteur, ils subsistent au profit de ses ayant droits pendant 70 ans. Au-delà, l’oeuvre tombe dans le domaine public. Les droits patrimoniaux se divisent en deux volets principaux, couvrant l’essentiel des utilisations possibles des oeuvres de toute nature : le droit de représentation et le droit de reproduction. Les droits voisins ont été institués en 1985 au bénéfice des artistes-interprètes, des producteurs de phonogramme, des producteurs de vidéogrammes et des entreprise de communication audiovisuelle. Ces droits durent 50 ans à compter de la fixation ou de la première communication au public. La loi sur la reprographie (1995) rend obligatoire la gestion collective de la photocopie. Deux sociétés de perception et de répartition des droits ont reçu l’agrément pour signer des conventions avec les utilisateurs réalisant des copies papier excédant le cadre de l’exception pour copie privée, le Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC) et la Société des éditeurs et auteurs de musique (SEAM). La loi du 1/08/06 relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information a introduit quatre nouvelles exceptions au droit exclusif des auteurs et des titulaires des droits voisins : reproduction et représentation dans l’enseignement et la recherche, à des fins exclusives d’illustration, reproduction par voie de presse écrite, audiovisuelle ou en ligne, des oeuvres d’art graphique dans un but d’information immédiate, reproduction par les bibliothèques archives et musées ? à des fins de conservation ? ou pour ? préserver les conditions de la consultation sur place ?. En bibliothèque, la consultation des imprimés ne fait pas l’objet d’autorisation sauf dans le cas des manuscrits inédits qui ne peuvent être consultés qu’avec l’autorisation des ayant droits. Pour les supports audio la SACEM délivre aux bibliothèques l’autorisation des auteurs assortis d’une redevance forfaitaire. Pour les supports vidéo, il n’y a pas de licence légale, les droits de consultation sur place doivent être négocié au cas par cas. Pour la copie, dans un établissement recevant du public, l’exception pour copie privée ne s’appplique jamais quelque soit le support. Pour la reprographie, les bibliothèques relèvent du CFC, pour les BU, ce sont les sociétés concessionnaires qui doivent s’acquitter des redevances. Pour les livres, le droit de prêt insituté par la directive du 19/11/92 est mis en oeuvre par la loi du 18/06/03 sous la forme d’une licence légale (prêt licite sans autorisation) assorie d’une rémunération perçue et répartie obligatoirement par une SPRD, en l’occurrence la SOFIA. Alimenté par un versement forfaitaire de l’Etat un pourcentage du prix de vente des livres (assorti d’une limitation des remises) le produit du droit de prêt est partagé en deux parts, une pour la caisse de retraite complémentaire des auteurs, l’autre répartie entre auteurs et éditeurs.

 

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Le métier de bibliothécaire (2007) I

Le métier de bibliothécaire

 

I histoire du livre et des bibliothèques

 

L’épopée de Gilgamesh est la plus ancienne oeuvre littéraire connue. Elle a été composée au milieu du IIIè millénaire avant JC en Babylonie. Livre, liber en latin, c’est la pellicule comprise entre l’écorce et le tronc d’un arbre. Biblion en grec, c’est le papyrus.

 

Les supports et l’écriture de l’Antiquité à l’invention de l’imprimerie

 

La Mésopotamie

 

A la fin du IIIè millénaire avant JC, en Mésopotamie, on grave des ércits d’événements dont on veut garder le souvenir. On utilise la pierre ainsi que la terre cuite sous diverses formes : cylindre, tablette.

 

L’Extrême-Orient

 

Plus tard, en Inde et en Extrême-Orient, les feuilles de palmier, diverses parties de l’arbre, le cuivre ont été utilisés pour conserver des textes. La Chine utilise des rouleaux de soie puis le papier. Les caractères mobiles, base de l’imprimerie, sont inventés par les Chinois au XIè siècle mais ne se répandent pas. Ces caractères sont en terre cuite ou en bois (fin du XIIIè siècle), en métal (début du XIVè siècle).

 

L’Egypte

 

A partir du IIIè millénaire avant JC et jusqu’au XIIè siècle de notre ère, les livres sont écrits sur des branches de papyrus, aplaties et collées les unes aux autres sous forme de rouleaux.

 

La Grèce et Rome

 

En Grèce la littérature, longtemps orale, est fixée à partir du VIè siècle. En Grèce puis à Rome trois sortes de supports sont utilisés jusqu’au IIIè siècle : les supports pour écrits éphémères comme les tablettes de cire sur lesquelles on peut écrire et effacer, les supports en dur : des écrits légaux sur de la pierre ou du marbre, les supports du livre destinés à être conservés (papyrus).

 

Du rouleau au codex, du papyrus au parchemin.

 

En Chine, le rouleau de papier est remplacé par des feuillets collés par leur petit côté, le livre s’ouvrant en accordéon. A partir du IIIè siècle avant JC, on utilise le parchemin en Occident venu de Pergame. Le rouleau de papyrus reste le support naturel du livre jusqu’au Iiè siècle. Le parchemin, d’abord utilisé en rouleau, est très vite assemblée sous forme de codex. En Occident, le passage du rouleau, volumen, au livre en cahiers, codex est très long. Le codex, dont le christianisme favorise l’essor, devient l’unique support des livres grâce à ses avantages : il est économique car on peut écrire des deux côtés du support, il modifie le rapport au texte (il devient facile de vérifier une citation).

 

Le papier

 

La technique de fabrication du papier, connue en Chine depuis le Ier siècle de notre ère est enseignée aux Arabes au VIIIè siècle. Le papier est introduit dans l’Empire byzantin au Xiè siècle et en Europe à la fin de ce siècle. Il se généralise au XIVè siècle pour les manuscrits. Jusqu’au milieu du XIXè siècle, le papier est fabriqué à partir de chiffons transformés en une pâte que l’on fait sécher. Dans les années 1850, la pulpe de bois remplace le chiffon.

 

Les supports et l’écriture de l’invention de l’imprimerie à la fin du XVIIIè siècle.

 

La xylographie et les caractères mobiles étaient connus en Chine dès avant le Xè siècle. La xylographie est employée en Occident à la fin du XIVè siècle. On grave des images pieuses, des scènes de la bible. L’invention de l’imprimerie est attribuée à Gutenberg qui crée un atelier à Mayence en 1450. Le papier et les techniques de l’imprimerie découverts au XVè siècle ne se modifient pas avant la fin du XVIIIè siècle. Le texte est composé ligne à ligne. Les écritures du livre imprimé évoluent. D’abord le gothique puis le romain et l’italique. Les premiers livres imprimés le sont à l’aide de caractères latins, dans cette langue ou en vernaculaire. Le livre imprimé reproduit d’abord le livre manuscrit, mais très vite il a acquiert les caractères supplémentaires qui facilitent son identification et son utilisation.

 

Histoire du livre, des bibliothèques et de la lecture jusqu’à la Révolution française.

 

A toute époque, les bibliothèques ont conservé des documents autres que des livres, cela a toujours été une de leurs missions et de leurs richesse.

 

Les bibliothèques dans l’Antiquité

 

Au Ivè siècle avant JC, le lycée d’Aristote, l’Académie de Platon possédaient des bibliothèques. La plus grande fut imaginée par le roi d’Egypte Ptolémée Ier, à Alexandrie, vers 295 avant JC. Cette bibliothèque conservait entre 200 000 et 500 000 volumina. Elle joue un grand rôle comme centre d’études jusqu’à sa destruction partielle en 48-47 avant JC pendant la campagne d’Egypte de César. La première bibliothèque publique ouvrit à Rome en l’an 39 avant JC

 

Les bibliothèques au Moyen Age

 

L’Eglise, seule institution à rester suffisamment structurée à la fin de l’Empire romain, conserve les textes païens comme chrétiens. Les premières bibliothèques chrétiennes datent du Iiè siècle et sont installées dans les sièges épiscopaux ou à Constantinople, capitale de l’Empire sous Constantin. Avec l’effondrement de l’Empire romain d’Occident, des vestiges des grandes bibliothèques survivent dans les monastères et les grands centres religieux. En Gaule, au Vè siècle, les communautés religieuses possèdent des bibliothèques. Les bénédictins, au VIè siècle étudient les textes sacrés. Sous les Mérovingiens puis sous Charlemagne et les Carolingiens, les grands monastères en Europe sont des lieux de copie et d’étude dans le scriptorium. Le monde musulman dispose très vite de bibliothèques. Dès le VIIIè siècle, à Cordoue, capitale des omeyyades, la bibliothèque des califes est riche. En France, pendant tout le Moyen Age, les bibliothèques les plus importantes sont ecclésiastiques. La bibliothèque du collège de Sorbonne est fondée en 1257 et riche de mille volumes. En 1437, à Florence est ouverte la première bibliothèque publique grâce à Niccolo Niccoli. En France, depuis Charlemagne, les rois possèdent des livres. Saint Louis crée une bibliothèque centrée sur les textes sacrés. Charles V (1364-1380) est considéré comme le créateur de la bibliothèque du roi. A partir de Louis XI se crée à nouveau une bibliothèque réunie à Blois par Louis XII. Les collections de l’Empire romain d’Orient sont en partie ramenées en Europe à partir du Xvè siècle.

 

La Renaissance et l’époque moderne.

 

Les bibliothèques se développent autour de l’humanisme : c’est le cas de la bibliothèque pontificale, enrichie par le pape Nicolas V au milieu du Xvè siècle. En France, la bibliothèque du roi prend une ampleur beaucoup plus grande, et des grands collectionneurs créent des bibliothèques : Mazarin, Richelieu, Colbert. La bibliothèque du roi est ouverte au public. Gabriel Naudé constitue pour le cardinal Mazarin une riche bibliothèque et rassemble les premiers principes de bibliothéconomie dans son célèbre Advis pour dresser une bibliothèque en 1627. Les cabinets de lecture apparaissent au XVIIè siècle.

 

Le commerce du livre jusqu’à la Révolution

 

Dès le début du XVIè siècle, à Venise, Alde Manuce édite des petits livres, aisément transportables et d’un coût beaucoup moins élevé que les grands in-folio. A Francfort, se vendent les incunables (les livres publiés avant 1501). Libraires et colporteurs vendent des livres. A partir du XVIIè siècle, en France, la librairie est fortement encadrée par le pouvoir royal et par l’administration qui a été créée pour la réguler. A contrario, la Réforme en particulier, désirant offrir à chacun la possibilité de lire lui-même les textes sacrés, pousse à une alphabétisation généralisée et invente la ? médiatisation de masse ?. Le public pouvant acheter des livres à bas prix est recherché. La Bibliothèque bleue est créée à Troyes au début du XVIIè siècle pour toucher un public économiquement faible. Ces livres sont distribués en France par le colportage.

 

Naissance des publications périodiques

 

En France, la Gazette de Théophraste Renaudot commence à paraître en 1631, elle est suivie par le Mercure galant. Le Mercure de France se fait l’écho des Lumières.

 

Naissance de l’éditeur et de l’auteur

 

A partir de 1760, Panckoucke réédite des ouvrages à succès dont l’Encyclopédie, Buffon, Voltaire. Editeur de presse, il lance le Moniteur universel qui fera office de Journal officiel jusqu’à la fin du Second Empire. Avec Beaumarchais, commence à émerger les notions de droit d’auteur et de propriété littéraire que le XIXè siècle commencera à formaliser.

 

La Révolution française et les bibliothèques

 

Les bibliothèques de l’Ancien Régime sont essentiellement privées. Elles appartiennent à des institutions religieuses. La Révolution voit la réalisation d’une idée de bien culturel commun avec la confiscation des biens nationaux. Les livres sont réunis dans des dépôts révolutionnaires (bibliothèque du couvent Sainte-Geneviève, bibliothèque de l’Arsenal et dans les chefs-lieux des nouveaux départements). Les révolutionnaires veulent en faire établir le catalogue et les utiliser comme base à un réseau de bibliothèques destinées à éduquer le peuple mais cet objectif n’est pas atteint.

 

Le XIXè siècle : progrès technique et évolution culturelle et sociale

 

L’analphabétisme recule, l’université est réorganisée dans le dernier tiers du siècle. Les nouvelles inventions (photo, cinéma, phonogramme) ainsi que la mutation industrielle de la production des livres et des journaux annoncent l’entrée dans l’ère de l’information, des industries culturelles et des médias de masse.

 

Mutations de l’imprimé : industrialisation et diffusion de masse

 

La stéréotypie facilite et accélère la composition des textes d’imprimerie. La lithographie apparaît en 1830 puis la photogravure est mise au point vers 1839. La  rotative apparaît dans la seconde moitié du XIXè siècle. Au XIXè siècle, les périodiques connaissent une progression rapide. Le Petit Journal (1863), à vocation populaire, est vendu cinq centimes et atteint le million d’exemplaires à la fin du siècle. Avant la guerre, plusieurs quotidiens ont des tirages de masse. C’est dans cette presse, grâce au feuilleton, que naissent le roman populaire (Dumas, Sue, Dickens). Le XIXè voit apparaître des éditeurs qui ne sont plus libraires ni imprimeurs : Hachette, Calmann Lévy, Fayard. Ces derniers mènent une politique d’élargissement du public. Le livre à bas prix se développe avec Gervais Charpentier qui crée la Bibliothèque Charpentier. En 1852, Louis Hachette invente le concept de la bibliothèque de gare. La fin du siècle voit paraître les premiers best-sellers tel, Le Tour de France par deux enfants. LA loi du 29/07/1881 donne sa liberté au monde du livre et de la presse.

 

La lecture, la diffusion du livre et les bibliothèques

 

L’impossibilité de constituer, à partir des ? dépôts littéraires ?, des bibliothèques capables de mettre les livres au service de l’instruction publique conduit à transférer les collections aux municipalité. Les cabinets de lecture sont très importants sous la Restauration. On peut y louer des livres et des journaux et ce sont des lieux de sociabilité très surveillés par le pouvoir. Dès les années 1830, avec Guizot et sa volonté de développer l’instruction publique, l’Etat recommence à s’intéresser aux bibliothèques en les y associant. L’influence de la Ligue de l’enseignement de Jean Macé conduit à l’essor des bibliothèques populaires. L’Etat s’intéresse aux bibliothèques scolaires. En 1862, un arrêté prévoit une bibliothèque par école. L’église catholique crée le réseau des ? Bibliothèques pour tous ?. La IIIè République, à partir de 1871, s’intéresse davantage aux bibliothèques universitaires pour lesquelles est créé en 1879 un certificat d’aptitude à la fonction de bibliothécaire. LA fin du XIXè siècle voit l’émergence de la profession de bibliothécaire avec l’introduction de la classification de Melvil Dewey (publiée en 1876), la création de l’American Library Association (1876), celle de l’Association des bibliothécaires français (1906). En 1887, Dewey fonde la première école de bibliothécaires. Paul Otlet et Henri Lafontaine fondent l’Institut international de bibliographie et créent la Classification Décimale Universelle.

 

Le XXè siècle : le livre concurrencé et l’essor des bibliothèques

 

Avec la fin du siècle, nos sociétés entrent dans une nouvelle ère baptisée ? ère de l’information ?. L’édition de presse est concurrencée par la radio et la télévision. La presse généraliste en déclin laisse la place à l’essor de la presse magazine. La presse scientifique se développe et abandonne le papier pour l’édition électronique. Le livre, malgré le marché constitué par l’éducation de masse et la massification de l’enseignement supérieur dans le dernier tiers du siècle, a du mal à résister. L’édition est soumise à un mouvement continu de concentration économique. Dans les années 60 Hachette et les Presses de la cité dominent le marché. Ils seront intégrés dans les décennies suivantes à Matra pour Hachette et Havas puis Vivendi pour les Presses de la cité. L’effondrement de Vivendi en 2002 donne au groupe Lagardère, qui contrôle Hachette, une position plus importante dans l’édition et la distribution du livre. La vente subit aussi la concentration avec la FNAC et Virgin. La loi Lang sur le prix unique du livre (1981) endigue en partie la concurrence faite à la librairie indépendante. La France découvre le concept du ? livre de poche ? dans les années 50 avec la collection du même nom lancée par Hachette.

 

Les bibliothèques au XXè siècle

 

La France ne parviendra à se doter d’un réseau de bibliothèques comparables à celui de ses grands voisins européens que dans le dernier tiers du XXè siècle. Dans les années 30 sont créées des bibliothèques d’entreprise. En 1924 est créée L’Heure joyeuse qui fournit un modèle novateur de bibliothèques pour enfant. Une Commission de la lecture publique est créée par arrêté du ministère de l’Instruction publique en 1929, l’Association pour le développement de la lecture publique en 1936 et les premiers bibliobus en même temps. La loi de 1931 définit les responsabilités de l’Etat envers les bibliothèques publiques en créant les Bibliothèques municipales classées, les bibliothèques soumises à un contrôle technique régulier et permanent, les bibliothèques pouvant être soumises à des inspections prescrites par le ministre. En 1945 naît la direction des bibliothèques et de la lecture publique auprès du ministère de l’Education nationale. L’Etat décide de créer, dans chaque département une bibliothèque centrale de prêt. Il faudra attendre le début des années 80 pour que l’ensemble du territoire soit couvert. Est mis place, dans les années 60, un programme de construction de BU. La Direction des bibliothèques dépend de l’Education nationale et est dominée par des conservateurs d’Etat préoccupés par les bibliothèques municipales classées et les BU. En 1967, un rapport rédigé sous l’impulsion de Pompidou fait état de la situation catastrophique des bibliothèques en France. Est alors mis en oeuvre un plan de développement concerté de la lecture publique. Près de 200 bibliothèques sont inaugurées entre 1969 et 1975. En 1975, la Direction des bibliothèques et de la lecture publique est éclatée et répartie entre deux ministères, l’Education pour les bibliothèques scolaires et les BU et le ministère de la culture pour les bibliothèques publiques et certains grands établissements. La Direction du livre devient Direction du livre et de la lecture et son budget double en 1982. A la suite du rapport Miquel, au cours des années 1990, l’Etat met en oeuvre un important programme de création de BU et accélère leur informatisation. La politique documentaire des universités se réorganise avec la mise en place des SCD. La BN s’installe dans un nouveau bâtiment en 1995 et propose des services à distance.

 

II La bibliothèque dans la société contemporaine

 

Les bibliothèques ont un rôle à jouer en matière de socialisation du savoir et des différentes formes de création. On sait que le recours à la collection ne constitue pas le seul motif de fréquentation. On vient y travailler ou s’y donner rendez-vous. Les bibliothèques jouent un rôle d’abri du monde extérieur ou au contraire comme moyens d’accès vers la société. La bibliothèque est un espace public qui lutte, à sa manière, contre la domination du marché. Le passage vers le modèle de la médiathèque a, de fait, exercé une très forte influence sur les opinions et les usages : augmentation importante de la fréquentation non inscrite. La place qu’occupe l’institution bibliothèque en France aujourd’hui se trouve à la fois confortée et fragilisée par les évolutions sociales récentes. Augmentation générale du niveau de diplôme, accroissement des pratiques culturelles mais recul du nombre moyen de livres lus par personne et prise de distance à l’égard du livre en tant que référent culturel. Hormis les consommations audiovisuelles domestiques, on peut dire qu’il n’y a pas eu en France, de démocratisation culturelle au sens fort du terme. 24% des Français ne pratiquent jamais de sorties culturelles et 27% à titre exceptionnel. Le nombre moyen de livres lus par personne en France était de 17 par an en 1997. La lecture des livres est concurrencée par la télé, par la lecture des magazines. L’achat demeure, en France, le mode d’accès privilégié aux livres. C’est une pratique généralisée qui concerne 63% de la population française. Seuls 21% des Français empruntent dans une bibliothèque. Mais les gros acheteurs de livres sont également des gros emprunteurs en bibliothèque. Les femmes lisent plus de livres que les hommes et plus de romans qu’eux (29% contre 9%). Pour avoir une idée du sort qui sera réservé à la lecture des imprimés en France dans les années à venir, on peut se tourner vers les jeunes générations actuelles. Les 15/24 ans lisent moins de livres y compris les filles alors qu’elles étaient épargnées par la laisse de la lecture. Désormais, on peut réussir à l’école sans être un gros lecteur. La banalisation du livre va se poursuivre à cause de la dématérialisation des textes via internet ou les autres supports électroniques. La bibliothèque a un rôle à jouer en matière de familiarisation, sinon d’initiation, aux différents supports numériques. Les usages des abonnés aux bibliothèques, en France, restent encore majoritairement tournés vers le livre et les imprimés. En 2002, 80% des prêts en BM reviennent aux imprimés. Le livre demeure prépondérant dans l’idée que se font les individus des bibliothèques/médiathèques. 57% des Français déclarent ne pas avoir fréquenté une bibliothèque au cours de l’année alors que les pays du Nord de l’Europe comptent 50% de leur population inscrits en bibliothèque. Les bibliothèques sont sélectives puisqu’elles sont surtout fréquentées par les cadres supérieurs, les professions intermédiaires et les employés au contraire des ouvriers. Les jeunes s’inscrivent plus que les personnes âgées, les femmes plus que les hommes, les diplômés plus que les non-diplômés. La part des usagers non-inscrits a augmenté selon le CREDOC, il est passé à 14%. Dans certaines zones urbaines, la bibliothèque est le seul lieu public ouvert à tous, gratuit et accueillant. Un mode de fréquentation amical ou groupal tend à se développer dans les bibliothèques. Il est surtout le fait des usagers non inscrits et de des jeunes. Les nouvelles générations d’usagers n’accordent manifestement pas autant d’importance que les précédentes à des attitudes comme le silence et l’immobilité.

On compte en France une centaine de BU qui proposent une place de lecture pour quatorze étudiants. Il y a 1 200 000 inscrits dont 85% d’étudiants, 5% d’enseignants et 10% de lecteurs extérieurs. La BNF reçoit 3000 visites par jour et la BPI 6000. Les étudiants représentent 80% du haut de jardin et 70% de la BPI.

 

III concevoir la bibliothèque et le métier de bibliothécaire dans leur environnement

 

Les bibliothèques sont à la fois des instruments de travail et de loisir culturel avec une fonction de diffusion et des conservatoires du patrimoine intellectuel de l’humanité avec une fonction patrimoniale. Il leur appartient de collecter, conserver, classer, recenser, communiquer. Elles accompagnent le souci démocratique de diffuser le savoir et la pratique régulière de la lecture. Avec la révolution numérique, on voit des inégalités se développer dans l’accès et la maîtrise de l’information. Aussi les bibliothèques doivent-elles repenser leur rôle d’égalisateur des conditions. La connaissance de son ? marché ? par une bibliothèque est une condition sine qua non de la qualité de service rendu. Le bibliothécaire s’informe des principales enquêtes concernant l’usage des bibliothèques et doit disposer des outils de base pour évaluer le degré de satisfaction de son public. Les responsables des bibliothèques doivent connaître leur environnement insitutionnel pour savoir qui décide du budget de la bibliothèque et des moyens qui lui sont attribués. La connaissance et la maîtrise de l’environnement économique sont des conditions nécessaires pour une gestion optimale de la bibliothèque. A partir d’un certain seuil d’accquisitions, la connaissance des marchés publics et de leurs conséquences font aussi partie du savoir économique minimal requis du bibliothécaire. Les bibliothécaires doivent également avoir une bonne connaissance de leur environnement technologique (matériels et logiciels) et des services qu’ils rendent. Ils doivent disposer de connaissances juridiques minimales en matière de droit de copie et de droit de représentation, le droit de prêt, les lois sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information. Les fichiers des usagers doivent être déclarés à la CNIL dont il faut suivre les recommandations. Les bibliothécaires sont tenus au devoir de réserve et de discrétion. La connaissance par le bibliothécaire de son environnement documentaire de proximité et des réseaux documentaires nationaux est indispensable au bon exercice du métier. L’accès à l’information se fait via la presse et les publications professionnelles. Etre bibliothécaire aujourd’hui, c’est avoir la capacité de rendre accessible une collection et des ressources correspondant aux demandes du public auquel s’adresse la bibliothèque.

 

IV les bibliothèques françaises aujourd’hui

 

On définit généralement la bibliothèque comme une ? collection organisée de documents ?. A côté des bibliothèques à vocation nationale, principalement la BNF, il existe en France des BMVR, des BDP, des BM ou intercommunales mais aussi des bibliothèques associatives ou d’entreprises. L’Education nationale déploie les CDI et les bibliothèques centres documentaires et l’Enseignement supérieur est desservi par les BU. La fonction de conservation des BM est secondaire par rapport à leur mission de diffusion. Les bibliothèques relèvent directement ou plus souvent indirectement de deux ministères, l’Enseignement supérieur et la Culture. Les BU et certains grands établissements dépendent de la Sous-direction des bibliothèques au sein du ministère de l’Education nationale. Les bibliothèques gérées par les collectivités territoriales ont comme tutelle la Direction du livre et de la lecture du ministère de la Culture. La Sous-direction des bibliothèques et de la l’information scientifique est composée de trois bureaux : le bureau de la coordination documentaire qui assure le suivi de la politique documentaire nationale et coordonne l’ESGBU. Le bureau des réseaux, d’information scientifique et technique s’occupe de l’informatisation, des ressources électroniques, de la normalisation et du signalement des collections. Le Bureau de la diffusion des savoirs et de la formation professionnelle gère la formation initiale et continue, assure la tutelle de l’ENSSIB et de l’Ecole des chartes. La Sous-direction gère le SUDOC avec l’ABES. La DLL, créée en 1975 jour un rôle d’évaluation et de règlementation dans le domaine du livre et de la lecture. Elle s’appuie sur les DRAC. Elle exerce une tutelle sur la BNF, la BPI et le CNL. Elle est composée de deux départements : le département des politiques documentaires et patrimoniales qui s’occupe des politiques documentaires, du dépôt légal, des réseaux et catalogues collectifs. Le département des bibliothèques publiques et du développement de la lecture suit les questions relatives au fonctionnement et à l’équipement des bibliothèques. L’inspection générale des bibliothèques est un service de contrôle et de conseil placé sous l’autorité de l’Education nationale.

 

La BNF a pour origine la bibliothèque du roi Louis XI (1461-1483). François 1er installe cette bibliothèque à Fontainebleau et la confie à Guillaume Budé. En 1537, François 1er crée le dépôt légal. En 1666, Colbert installe la Bibliothèque à Paris rue Vivienne. Il fait accroître les collections. A la fin du XVIIIè, Nicolas Clément élabore une classification des livres en 23 classes. L’abbé Bignon au XVIIIè siècle l’organise en cinq départements : manuscrits, livres imprimés, titres et généalogies, planches gravées et recueils d’estampes, médailles et pièces gravées. La bibliothèque s’ouvre au public. La Révolution française l’enrichit de confiscation pratiquées en France et à l’étranger. Au XIXè siècle, Henri Labrouste reconstruit les bâtiments. Léopold Delisle, administrateur de la BN, édite un catalogue général des imprimés. Les catalogues entamés en 1874 s’achèvent en 1981 avec 231 volumes. En 1988, Mitterrand annonce la construction d’une nouvelle BN. L’architecte Dominique Perrault est choisi. La BNF est adminisitrativement créée en 1994. Elle ouvre le haut de jardin fin 1996 et le rez de jardin fin 1998. Le site Mitterrand propose des collections d’imprimés, de périodiques, de documents audiovisuels et informatiques et des microfilms. Le site Richelieu contient les départements des manuscrits des estampes et de la photographie, des cartes et plans, des monnaies, médailles et antiques, de la musique et des arts du spectacle.

La bibliothèque historique de l’Arsenal, généraliste et patrimoniale, la bibliothèque musée de l’opéra à Paris et la Maison Jean Vilar à Avignon pour le théâtre. Deux sites de conservation : le centre technique de Bussy-Saint-Georges et le centre Joël-Le-Theule à Sablé-Sur-Sarthe. Le rez de jardin propose 1900 places et le haut de jardin 177. La BNF est un établissement public autonome à caractère administratif. Le Président est nommé par décret en conseil des ministres. Il est assisté d’un directeur général. L’établissement comporte trois directions : direction des collections pour la gestion des sites et des départements, direction des services et réseaux pour les grandes missions nationales : le dépôt légal et la conservation, les systèmes d’information et la bibliothèque numérique, direction de l’administration et du personnel. Les missions de la BNF sont rassembler et cataloguer. Les collections de la BNF sont issues du dépôt légal complétées par des acquisitions. Le dépôt légal est régi par le code du patrimoine et le décret d’application du 31/12/1993. Le dépôt légal permet à la BNF d’élaborer la Bibliographie nationale française. L’Agence bibliographique nationale est chargée de l’ensemble des missions scientifiques dans le domaine bibliographique, catalographique et de la normalisation documentaire. Elle gère RAMEAU et la Classification Dewey. Le catalogage est pour la BNF une tâche majeur car elle doit produire un catalogage qui fasse autorité pour l’identification des documents. Les ressources de la BNF sont accessibles en ligne sur le catalogue Opale plus. La BNF doit acquérir grâce aux dons et legs, aux échanges. Elles exerce le droit de préemption de l’Etat.

La BNF de Tolbiac a quatre départements :

  • Philosophie, histoire et sciences de l’homme

  • - Droit, économie et politique

  • - Sciences et techniques

  • - Littérature et art.

Elle possède 11 millions de volumes. La sauvegarde des collections de la BNF passe par la restauration et la reproduction. Les techniques de désacidification de masse du centre de Sablé permettent de stabiliser le papier. Sablé traite les volumes par lot de 200. La BNF reproduit les volumes par photo, microfilm et numérisation. A Tolbiac la température des magasins est maintenue à 18? et le taux d’hygrométrie et des 50%. La BNF pratique la coopération via les pôles associés et le catalogue collectif de France. Elle participe au réseau des bibliothèques européennes de recherche (Liber) et à l’IFLA. La BNF organise des expositions et des conférences. Elle propose une bibliothèque numérique Gallica lancée en 1997 contenant des textes, des enregistrements sonores, des images fixes, des imprimés numérises en mode image et des documents en mode texte. Gallica collabore avec la base Frantexte de l’INALF et avec les éditeurs Bibliopolis et Honoré Champion.

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11 novembre 2007

Les bibliothèques dans la chaîne du livre

Les bibliothèques dans la chaîne du livre
Emmanuelle Payen

   Enjeux et politiques du livre et de la lecture

En 1962 une circulaire créent les maisons de la culture par André
Malraux. Bizarrement les bibliothèques et la lecture publique sont
exclues de ce projet. Si la fréquentation des équipements culturels a
augmenté; c’est aussi en raison de l’augmentation de la population
française et, surtout, parce que les catégories sociales les plus
investies dans la vie culturelle ont intensifié leur rythme de
fréquentation. Il ne faut donc pas confondre diffusion et
démocratisation. Il importe aujourd’hui de se débarrasser de la fausse
querelle entre culture légitime et culture de masse. Les bibliothèques
ont su s’ouvrir aux nouvelles formes de la culture d’aujourd’hui sans
renier le moins du monde leur engagement fondateur à l’égard du
patrimoine littéraire. Deux millions d’usagers des bibliothèques les
fréquentent sans s’inscrire c’est pourquoi, si l’on veut vraiment
parler de démocratisation culturelle, on ne peut s’en tenir à suivre
une logique quantitative et viser le loi du plus grand nombre.
L’inscription ne saurait constituer le critique unique à l’aune duquel
il conviendrait d’évaluer l’impact d’une politique culturelle comme
celle de la lecture publique. La non inscription apparaît comme un
protection de l’image de soi, comme refus des normes de lectures
imposées par le système du prêt institutionnel (délais, quantité
d’ouvrages). L’inscription peut être vécue comme une forme de
renoncement à une libre pratique de lecture, conquise difficilement en
surmontant la mauvaise image de soi. La politique de lecture publique
doit encourager la prise de parole de chacun et participer à la
construction et à l’épanouissement de tous. Elle doit participer à la
construction et d’une identité collective et à la création du lien
sociale.

   Lecture et usages des médiathèques en France

L’univers culturel des jeunes est plus soumis qu’il ne l’a jamais été à
des machines qui, dans les relations interactives qu’elles instaurent,
imposent des rythmes et disqualifient la lenteur et le temps que
réclame l’appropriation personnelle du livre. La valorisation de la
lecture littéraire contribue à maintenir dans l’ombre des genres
livresques moins bien reconnus (magazines, lecture sur écran). Les
bibliothèques, malgré leurs changements et certaines prises de position
en terme d’ouverture culturelle en leur sein, sont loin d’être
épargnées par ce processus de survalorisation et de définition de
l’excellence littéraire. En tête des genres de livres préférés des
Français de 15 ans et plus figurent les romans autres que policiers et
d’espionnage qui recueillent le suffrage d’une personne sur cinq. Les
femmes lisent des romans sentimentaux, des biographies romancées, les
best-sellers et les prix littéraires. Les hommes lisent des romans de
science-fiction et fantastiques, les romans historiques, les grands
auteurs du 20è siècle.

La banalisation du livre risque de se
poursuivre avec la migration et la multiplication des textes sur les
écrans et les réseaux numériques. Roger Chartier évoque trois
révolutions : révolution de la technique de production et de
reproduction des textes, révolution du support de l’écrit, révolution
des pratiques de lecture.

   Une sociologie de l’auteur contemporain

Le ministère de la culture a trouvé une solution pour résoudre la
bataille du droit de prêt : les auteurs bénéficient d’un intéressement
financier en prêt de leurs ouvrages, mais le coût n’en est pas
directement assuré par les lecteurs puisqu’il est pris en charge par un
système de taxes et de subventions. Pour les écrivains il existe deux
activités : l’activité professionnelle exercée contre une rémunération
qui est celle de l’économie « normale » où l’on travaille pour gagner
sa vie. Pour le régime vocationnel la dissociation entre activité de
création et rémunération prend la forme d’une indifférence envers
l’argent et le refus de toute pratique intéressée. Il est donc normal
de revendiquer la gratuité de l’écriture et conséquemment le
non-paiement de la lecture ce qui crée une tension avec l’activité
professionnelle.

1
   La dimension économique de l’édition

La chaîne du livre comprend éditeurs et imprimeurs, diffuseurs,
distributeurs et librairies mais aussi bibliothécaires et critiques
littéraires. Les composantes industrielles et commerciales de l’édition
ne font qu’un avec le livre imprimé. L’éditeur donne son existence
physique à l’oeuvre née de l’imagination d’un auteur, permettent ainsi
au texte d’aller à la rencontre de multiples lecteurs. L’éditeur prend
le risque financier, industriel et commercial. L’édition est une
production organisée des livres. Ce qui semble indispensable au succès
d’une entreprise éditoriale est un goût persévérant pour le commerce.
L’éditeur se doit d’être à l’écoute, voire à l’affût du marché, tout
éditeur est également en situation d’agir sur le marché plutôt que de
le suivre. L’éditeur doit engager différentes dépenses : à-valoir versé
à l’auteur, composition et mise en page, relecture et correction,
photogravure, papier, impression et façonnage. L’éditeur est tributaire
de l’outil de production comme de l’outil de distribution. Il existe
trois blocs d’éditeurs : Hachette, Gallimard et les Presses de la cité.
Parce qu’elle est une entreprise parmi d’autres, la maison d’édition
est aussi une machine de production. Spécialiste de produits culturels,
elle n’en est pas moins soumise à la logique économique générale. Il
s’édite 30 000 nouveaux ouvrages annuels en France.
Les étapes de la
production d’un livre : les tâches d’édition (correction, iconographie,
PAO). Ces opérations sont appelées la prépresse; les tâches de
fabrication (impression, façonnage, transport du tirage jusqu’aux
entrepôts du distributeur. L’impression numérique renouvelle
considérablement les conditions économiques et techniques de la
production, de la fabrication et de la diffusion du livre. La
possibilité d’éditer un livre à faible tirage pour un coût de
fabrication qui demeure accessible permet d’imaginer que les éditeurs
vont atteindre des prix concurrentiels sans constituer d’importants
stocks.

   La librairie partenaire culturel

En 1998, il
existait 26 000 points de vente de livres dont 4 000 magasins
considérés comme « pôles livres ». Un libraire est un commerçant du
livre qui allie l’équilibre financier de son entreprise, sa conception
du métier, ses sélections dans la production éditoriale, et les besoins
de sa clientèle. Le libraire est un médiateur des livres, c’est-à-dire
un de ceux qui relient un texte à ses lecteurs, il a des points communs
avec le bibliothécaire. Les libraires concluent des contrats, l’office,
avec les différents diffuseurs, via leur distributeurs. Il s’agit de
l’envoi régulier, automatique et ponctuel, spécifiant un accord sur un
nombre d’exemplaires fixé pour chaque titre paraissant dans un genre
donné. La rentabilité financière d’une librairie suppose que le livre
se vende. La librairie devient l’art d’équilibrer les livres de vente
lente et de vente rapide, ou la spécialisation dans les livres de vente
rapide. Le professionnalisme des libraires tient dans une mise en
valeur particulière des ouvrages mais aussi dans la qualité de leur
relation au client. Le libraire est celui qui travaille sa vitrine
comme une promesse au passant, non d’une rencontre avec un produit
commercial, mais avec un univers. Le libraire saura également suggérer
le livre souhaité, mais aussi des essais sur le même thème ou des
romans dans une veine similaire. Il est également capable de faire le
succès d’un livre qu’il a particulièrement aimé sans que celui-ci ait
bénéficié d’une couverture médiatique. La bibliothèque n’est pas
concurrente de la librairie puisque les adultes qui fréquentent les
bibliothèques sont aussi ceux qui achètent des livres. Les coopérations
entre libraires et bibliothécaires concernent l’accueil des écrivains
ou le travail sur des thèmes communs en lien avec une manifestation
organisée par la ville.

   L’édition numérique.

Elle
recouvre plusieurs notions : on parle fréquemment des NTIC (nouvelles
technologies de l’information et de la communication) qui évoquent la
convergence des technologies numériques (texte et son font l’objet d’un
codage numérique qui aboutit au multimédia) et leur diffusion par
internet. Les éditions 00 h 00, première édition numérique créée en
1997 permettent de passer d’une économie de l’offre à l’économie de la
demande. Les livres sont vendus sous forme de fichier numérique à
télécharger ou commander un exemplaire qui sera imprimé à l’unité. oo h
oo prend fin en 2003.

2
Trop cher, ne donnant accès qu’à un
nombre limité de titres, le livre électronique n’aura pas réussi à
s’imposer. L’édition universitaire emploie l’édition numérique. L’offre
est à forte prédominance des acheteurs anglo-saxons. En ce qui concerne
le revues électronique Elsevier a augmenté considérablement le prix de
ses abonnements ce qui a engendré la constitution de consortium de type
COUPERIN, groupements d’achat qui permettent de négocier de meilleurs
tarifs. L’édition de fiction permet l’auto-publication qui rappelle en
partie l’édition à compte d’auteur. L’électronique permet également la
création spécifique avec l’apparition de la littérature électronique
(oeuvre originales créées pour une diffusion exclusivement numérique,
ou l’échange à l’instar de Zazieweb site littéraire qui regroupe des
espaces d’expression. En revanche la fiabilité scientifique et
l’absence de dates, l’absence d’objectivité ne permettent pas de
recueillir les atouts de l’encyclopédisme sur Internet contrairement
aux bibliothèques.

   Diffusion et distribution

Le diffuseur
doit assumer la promotion des ouvrages auprès des détaillants, grâce
aux services d’une équipe de représentants qui présentent et défendent
les ouvrages auprès des libraires et autres détaillants, procèdent au
suivi des relations commerciales (fonctionnement du service des
nouveautés, évaluation des ventes) et prennent des commandes appelées «
notés », ils représentent les éditeurs et sont amenés à régler la
grille d’office et les conditions de remises.
Le distributeur a la
responsabilité de l’ensemble de l’objet livre et la gestion des flux
financiers. Il envoie les offices, répond aux commandes en faisant des
colis, en encaissant les factures correspondantes et en gérant les
retours et le pilon. Le distributeur gère le stock, le suivi des ventes
et des comptes clients. Liste des diffuseurs-distributeurs : Hachette,
Havas, CDE-SODIS, EDITIS. Les contraintes de la diffusion-distribution
ont joué un rôle initiateur dans la concentration éditoriale qui va
voir peut à peu disparaître le tissu des maisons généralistes moyennes.
La distribution apparaît comme un intermédiaire opaque (relation
fournisseur-client) et neutre (le distributeur n’agit pas au conditions
de fonctionnement de la chaîne du livre). Les bibliothèques sont
devenues un acteur à part entière du livre grâce à la promotion de la
production éditoriale, la progression des acquisitions, le
développement de l’emprunt et de la consultation (290 millions
d’imprimés prêtés en 2000). Les bibliothèques font partie de la chaîne
du livre parce qu’elles ont complètement partie liée à l’offre de
livres existante même si elles se différencient radicalement des autres
maillons de la chaîne composée d’acteurs privés où règnent des logiques
commerciales. Les bibliothèques entretiennent un double rapport avec la
chaîne du livre : fonctionnel d’approvisionnement qui les met en
rapport avec le libraire, le distributeur ou l’éditeur, culturel qui
apparaît dans l’animation et la promotion des livres et de leurs
auteurs. Entre la bibliothèque et la librairie il existe des
similitudes : donner accès à la diversité des livres. Ce qui les
différencie tient à l’opposition prêt/achat et l’insertion plurimédia
du livre dans les médiathèques qui n’existe pas dans les librairies.
Bibliothèques et librairies doivent tenir compte de la production
éditoriale, son fonds et ses nouveautés. Elles doivent aussi tenir
compte de la demande des usagers ou des clients. Ce qui distingue
librairie et bibliothèques tient également à l’élimination des fonds.
La librairie élimine des ouvrages par nécessité impérative d’équilibre
financier qui porte sur des ouvrages récents alors que le désherbage en
bibliothèque ne répond pas à une logique de court terme.

   La bibliothèque et l’oeuvre : entre savoir et création

Les bibliothèques sont des partenaires à part entière des éditeurs et
des auteurs, elles ont un poids économique et politique de plus en plus
considérable.

   Les bibliothèques et l’édition indépendante

L’édition contemporaine en France est articulées autour d’une
opposition entre quelques très grands groupes éditoriaux et une très
nombreuse famille d’éditeurs aux tailles plus modestes. 12 000 éditeurs
sont recensés dans le supplément de Livres hebdo. Le bibliothécaire
doit être conscient de cette économie du livre car cette bi-polarité de
l’édition renvoie à deux logiques contradictoires.
3
Les
groupes éditoriaux sont soumis à la logique financière alors que les
éditeurs indépendants font le pari d’accompagner plus longtemps un
auteur, cherche un public visé, constituent lentement leur fonds. pour
André Schiffrin (L’édition sans éditeurs) les financiers qui tiennent
l’édition ne comprennent que les retours rapides sur investissement et
le taux de profit, chaque titre se devant d’être immédiatement
rentable. Toute littérature et toutes sciences humaines et toute
perspective critique sont exclues de ces maisons. Elles fabriquent des
produits industrialisés. Les bibliothécaire sont conscients qu’un petit
nombre d’entreprises éditoriales dominent le secteur et ne reflète pas
la diversité intellectuelle de l’offre éditoriale française. Cela a des
incidences sur leur travail. Il devient obligatoire d’être attentif à
l’ensemble des productions éditoriales. L’édition indépendante est
soutenue par le Centre National du Livre dont la mission est de
contribuer au développement d’ouvrages de vente lente. Le souci de
suivre l’actualité éditoriale indépendante est quasi déontologique pour
les bibliothèques dans la chaîne du livre. Les bibliothèques doivent
proposer une offre alternative à l’offre marchande. Les bibliothécaires
doivent être des passeurs de livres en jouant leur rôle de guides
enthousiastes par leurs conseils ce qui permet des les distinguer des
vendeurs de grandes surfaces.

   Les bibliothèques et le marché du livre.

En 1992, le parlement européen adopte la directive sur le droit de prêt
et de location. A cette occasion, les éditeurs et le ministère de la
culture ont fait un point sur ce que les bibliothèques pouvaient
représenter en terme de clientèle pour les maisons d’édition. Le
rapport sur la lecture publique en France en 1969 soulignait le retard
considérable des bibliothèques par rapport aux pays européens
développés. En 1981, le gouvernement décidait d’achever la couverture
du territoire en bibliothèques centrales de prêt. Le rapport Miquel sur
les bibliothèques universitaires en France publié en 1989 déclenche un
début de prise de conscience sur leur manque de moyens mais ce rapport
mis dix ans à être pris en compte. Dans les BM, les livres acquis sont
passés de moins de 4 millions en 1984 à plus de 8 millions en 2 000.
Les bibliothèques représentent quelque 25 à 30 % du chiffre d’affaires
pour certains libraires (ceux spécialisés en littérature de jeunesse).
Le « marché » des bibliothèques est donc devenu un véritable marché où
la concurrence est rude. L’enquête faite en 1996 pour l’observatoire de
l’économie du livre a montré que les bibliothèques se fournissaient à
plus de 50 % auprès de la librairie générale et à moins de 30% chez les
grossistes. En 2001 a été publié le Nouveau code des marchés publics au
JO. Il garantit la neutralité (politique, religieuse et idéologique) de
la commande publique). Selon la loi, seul le maire, ou le président de
l’assemblée délibérante, président le l’université, président du
conseil général sont responsables de la commande publique. Ce sera donc
toujours la collectivité qui passera un marché et jamais la
bibliothèque.

   La production du droit d’auteur en bibliothèque
   

Le droit de prêt a fait l’objet d’une directive européenne invitant les
Etats à sa mise en place effective, à travers un mécanisme de droit
exclusif tempéré par des possibilités de dérogations emportant droit à
rémunération, au moins pour les auteurs.

En France, c’est la loi
du 18/6/2003 « relative à la rémunération au titre du prêt en
bibliothèque et renforçant la protection sociale des auteurs » qui a
concrétisé cette mise en place. La licence légale confère aux
bibliothèques le droit de prêter les livres sans avoir à solliciter
d’autorisation aux éditeurs. La reproduction des livres, dès lors
qu’elle n’est pas une copie à usage privé relève du droit exclusif
d’autorisation prévu par le code de propriété intellectuelle. La loi du
18/6/2003 prévoit l’instauration d’une licence légale ouvrant droit à
rémunération au profit de l’auteur et de l’éditeur. La rémunération est
perçue par une société de perception et de répartition en deux parts :
une part à la charge de l’Etat (culture et enseignement supérieur).
Elle consiste en une contribution forfaitaire assise sur le nombre
d’usagers inscrits dans les BM et les BU et les bibliothèques privées.
Une part est assise sur le prix de vente au public hors taxe achetés
par les bibliothèques et fixée à 6% du prix public de vente (une
bibliothèque ne pratiquant que la consultation ne paie pas).

4
La
contribution est versée par le fournisseur des bibliothèques. Le
produit du droit de prêt est divisé en deux parts : - la première
versée aux auteurs et éditeurs à raison du nombre de titres achetés par
les bibliothèques. - La 2è est affectée à la prise en charge d’une
partie des cotisations de retraite complémentaire des auteurs affiliés
à l’AGESSA. La reprographie d’ouvrages à titre collectif est géré, en
application de la loi du 3/1/1995, par le centre français du droit de
copie. 30% d’un journal et 10% d’un livre peuvent être photocopiés.

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Les bibliothèques (collection repères)

Repères : les bibliothèques

   
   Les bibliothèques sont des outils de partage du savoir et des lieux de mémoire. Une bibliothèque est d’abord une collection organisée de documents mais aussi un bâtiment public, un lieu de sociabilité et un ensemble de ressources et de services.

   En 1989, le rapport Miquel dénonçait une situation chronique de pénurie dans le bibliothèques universitaires. En 1991 était programmé le schéma université 2000 qui engendra un nouvel essor des BU (création de sept universités). En 1996, la France comptait 2486 bibliothèques municipales.

Historique des bibliothèques

    - 290 : création de la bibliothèque d’Alexandrie.

   IIIè siècle après JC les volumen (manuscrits en rouleaux) sont supplantés par le codex (ouvrage en feuilles pliées).
XIIIè siècle : création des universités, la lecture gagne le monde laïc.

   XIVè siècle : Les premières salles de lectures sont organisées, cela est rendu possible avec le développement de la lecture silencieuse.

   XVè siècle : apparition de l’imprimerie.

   1483 : création de la bibliothèque du roi par Charles VIII.

   1537 : création du dépôt légal par l’ordonnance de Montpellier sous l’impulsion de François Ier

   1627 : Gabriel Naudé bibliothécaire de la bibliothèque Mazarine est le premier théoricien de la bibliothéconomie et publie « L’advis pour dresser une bibliothèque.

   A la Révolution les livres du clergé, des émigrés, des universités, des académies et des sociétés savantes sont confisqués et placés dans des dépôts littéraires confiés aux communes. Le décret du 28/01/1803 est considéré comme l’acte de création des bibliothèques municipales.

   1862 : création de bibliothèques dans chaque école primaire.

   1876 : Melvil Dewey crée la classification qui porte son nom.

   1897 : lancement du Catalogue général des imprimés de la Bibliothèque Nationale.

   1906 : création de l’Association des Bibliothécaires Français.

   1925 : L’heure joyeuse, 1ère bibliothèque pour enfants.

   1936 : création de l’Association pour le développement de la lecture publique.

   Les bibliothèques municipales sont à la fois des héritières des bibliothèques patrimoniales et des bibliothèques populaires : le modèle de bibliothèque publique est la réunion des bibliothèques d’étude (noble, à l’étage) et de la bibliothèque de prêt (au rez de chaussée avec des romans de quat’sous). Il ne doit plus y avoir une bibliothèque destinée aux notables et une destinée au peuple mais une seule et même bibliothèque pour répondre aux besoins de tous.

   
1

   1945 : création des Bibliothèques Centres de Prêt destinées à desservir par bibliobus les communes de moins de 15 000 habitants.

   1945-1975 : Création de la direction des Bibliothèques et de la Lecture Publique rattachée au ministère de l’Education nationale.

   1963 : Création de l’association la Joie par les livres. Création de l’Ecole Nationale Supérieure des Bibliothèques.

   1966 : Pompidou réunit un comité interministériel qui débouche sur la publication d’un rapport « La Lecture publique en France » (1968).

   Les missions de la BNF sont : rassembler, cataloguer, conserver et communiquer. BN opale regroupe les documents imprimés (livres depuis 1970, périodiques depuis 1960).

   En France, il existe 95 bibliothèques universitaires.et 96 Bibliothèques Départementales de Prêt. Les Bibliothèques Centre de Documentation sont implantées dans les écoles primaires (une école sur quatre en possède).

   1998 : plan université du 3è millénaire (U3M), accentuation de la politique contractuelle entre le ministère de l’Education nationale et les universités, encouragements des politiques documentaires.

   Les bibliothèques de grands établissements sont : Bibliothèque Mazarine, bibliothèque de l’Institut, bibliothèque de l’Académie de médecine, bibliothèque du Museum nationale d’histoire naturelle, bibliothèque du Musée de l’Homme.

   Aujourd’hui, la bibliothèque  municipale est invitée à être une médiathèque et une bibliothèque d’étude (elle doit offrir disques, vidéo, livres, logiciels, cédéroms, internet mais aussi des places de travail et des collections adaptées aux collégiens, lycéens et étudiants qui la fréquentent.

   1986 : ouverture de la médiathèque de la cité des sciences et de l’industrie.

   1989 : création du CAPES de documentation. Création du Conseil Supérieur des Bibliothèques, seul organisme à avoir compétence sur tous les types de bibliothèques.

   1991 ; le Conseil supérieur des Bibliothèques rédige la Charte des bibliothèques destinée à remplacer l’absence de loi sur les bibliothèques mais elle garde un rôle consultatif.

   Les Bibliothèques universitaires sont régies par le décret du 4/07/1985 pour la province et par celui du 27/3/1991 pour la région parisienne. Les BU sont des Services Communs de Documentation placés sous l’autorité du président de l’université et dirigées par un directeur.

   La Sous Direction des bibliothèques au ministère de l’Education nationale supervisent les BU et la Direction du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture supervisent les bibliothèques territoriales, la BNF et la BPI.

   Les bibliothécaires sont des techniciens de la documentation et de la lecture, spécialistes de la gestion des collections, de la conservation, du patrimoine, de l’accueil du public, de l’informatique documentaire et des acteurs culturels chargés de faire avancer la démocratisation culturelle.

2

   La BNF est une tête de réseau puisque le dépôt légal imprimeur est effectué dans 19 bibliothèques de province. La BNF est chargée de mettre en oeuvre le Catalogue Collectif de France qui donne accès au catalogue de la BNF, à celui des BU et des fonds spécialisés des BM.

   1994 : création de l’Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur

   18% de la population desservie en France sont inscrits dans les BM.

   Enjeux culturels des bibliothèques : le succès des bibliothèques peut les fragiliser. Les usagers se comportant comme des consommateurs. La pression consommatoire tire les bibliothèques vers le livre dont on parle, le film qu’il faut avoir vu aussitôt oubliés que lus ou vus. Dans les bibliothèques la culture ne se confond pas avec les loisirs mais jusqu’à quand ?

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