Humanisme : le Contrat social

Blog de réflexions philosophiques fondées sur de larges lectures. Billets d'humeur sur la littérature, l'histoire et la politique. Influences rousseauistes et maçonniques.

08 septembre 2008

Le voyageur imprudent 2

Deuxième partie

 

Le voyage entomologique

 

Pierre est parti le 6 juin 1942 pour arriver à la même heure du même jour en l’an 100 000. Il tombe sur une vache pourvue d’un immense sein. Les constructions sont des rangées de cônes gris de 400 mètres. Pierre se retrouve en face d’un homme nu puis d’autres également nus. Ils n’ont pas de sexe ni d’anus. Leur poitrine s’est développée vers le bas, ils n’ont plus de tripes ! Ils mesurent 1 m 60 ou un peu plus. Ils n’ont pas de cheveux. Leur bouche n’est qu’un trou sans dents. Sans sexe et sans estomac, les hommes méritent le paradis car ils n’ont plus d’occasions de pécher. Pierre crie à l’oreille d’un des hommes mais celui-ci ne réagit pas. Il le touche alors mais l’homme ne réagit pas non plus. C’est alors que tous les hommes le voient et partent en hurlant. Des cônes, Pierre voit sortir des individus deux fois plus grands que lui. Ils sont nus eux aussi. Ils n’ont pas de tripes ni de sexe. Leurs mains n’ont que deux doigts et un pouce. Deux trous remplacent leur nez et leurs oreilles se sont résorbées. Les monstres tuent les vaches et les bergers qui n’ont pas eu le temps de fuir. Pierre réalise que les traditions de la guerre se sont conservées et qu’il est à l’origine de ce carnage. Un monstre plus petit que les autres a quatre touffes de poils blancs en forme d’étoiles sur ses avant-bras, il semble être le chef. Pierre suit les hommes dans leurs cônes qui sont éclairés par des champignons phosphorescents. Les bergers conduisent les vaches vers une sorte de visage humain, plat comme une crêpe, sans crâne ni cou qui tête les vaches. De part et d’autre de son ventre pend des jambes et des bras mous. Pierre ne voit pas de fumier, il en conclut que les gros visages n’ont pas d’anus et l’assimilation sans déchets remplace la digestion. Saint-Menoux voit trois hommes sur un genre de kiosque à musique. Une de ces trois créatures a des oreilles larges, la deuxième possède un nez en olifant. Du crâne de la troisième partent trois tentacules terminés par une protubérance blanchâtre, c’est oeil. Malgré les déformations de leurs visages, ils gardent une apparence humaine. Ils doivent être chargés de déceler tout ce qui se passe d’anormal. Dans la salle supérieur, Pierre découvre une lumière ardente à cause de champignons rouges qui courent les murs. Des hommes-ventres sont munis de mains à crocs et d’une gueule de requin qui dévorent des cochons. A l’étage au-dessus se trouvent d’autres hommes-ventres, nourris de fruits. La quatrième salle est éclairée par des champignons couleur d’or. Au centre se trouve une grande cuve de terre. Des cultivateurs y jette une seule grappe de raisin. Le jus fermenté coule dans la bouche d’autres hommes-ventres. Au sommet d’un cône se trouve un autre trio de monstres qui surveille la campagne. Pierre filme ce qu’il voit. Pierre revient chez Essaillon et retrouve Annette qu’il prend dans ses bras. Il poursuit son rapport. Il déclare qu’à partir de 2052 l’électricité a disparu et neuf hommes sur dix meurent. Les survivants disposent d’une force nouvelle issue de leur cerveau. Le premier homme à s’en servir s’appelle Fortuné, il commande aux hommes et aux animaux sans parler, il a asservi tout le village. En l’an 3110, le roi Honoré III, 45è successeur du patriarche François fit comparaître Fortuné et le condamna à être brûlé mais ce dernier survécu aux flammes et s’installa sur le trône. Une fois roi, il voulut le bonheur de tous et chercha quelques cerveaux puissants pour constituer une sorte d’accumulateur d’énergie mentale, le bren-treuste. La multitude des hommes subit sa volonté. Il devint le maître de l’humanité. Les hommes perdent ensuite leur individualité. Ils deviennent malgré eux les serviteurs de la cité qu’ils commandaient. Leur nombre augmente ainsi que leur puissance collective mais leur pouvoir personnel est nul. La force nouvelle a fixé à chaque homme une tâche précise et a modifié son corps. Elle a diminué la puissance de ses sens pour éviter toute douleur et toute sensation inutile au fonctionnement de la cité. L’homme est devenu peu à peu la cellule d’un corps social parfait. Il ne connaît ni la souffrance ni le regret ni l’envie. La population s’est multipliée. Les montagnes ont été rasées, les océans comblés, les fleuves enterrés et les terres nivelées. Les ruisseaux et les fleuves courent à l’intérieur du globe. Des canaux irriguent par-dessous les prés et transportent les chaleurs vers les pôles et l’hémisphère menacé par l’hiver. Il n’y a plus d’oisif. Chacun travaille pour tous. L’homme nouveau ne pratique pas la culture. Il a détruit les végétaux, les oiseaux, les poissons, tous les animaux dont il a renoncé à se servir. Il ne reste plus que des porcs et des vaches. L’énergie collective a permis la construction des cônes sans outil. Les mains des ouvriers sont devenus des bêches fouisseuses. L’érosion humaine a mis 11 000 ans  à raser les Alpes, le dernier chiendent a été arraché en l’an 98 000. Les ouvriers du sous-sol n’ont pas des poumons ni de tube digestif ou de sexe. Ils ne craignent pas le feu. L société de l’an 100 000 est régie par une justice inexorable. L’individualisme n’existe plus mais l’inégalité reste entre ceux qui travaillent sans manger et ceux qui mangent sans travailler. Les guerriers n’ont plus grand chose à exterminer, ils passent leur temps à dormir debout dans d’immenses salles souterraines. Les guerriers et les cultivateurs respirent, les hommes-ventres digèrent, les trios d’alerte sentent, voient et écoutent pour tous. Pierre ne sait pas comment se transmet de l’un a l’autre le profit des digestions, respirations ou sensations. Il suppose que ce qui leur reste de cerveau est directement irrigué par le flux collectif. Il ne sait pas comment les hommes nouveaux se reproduisent. Il ne sait pas s’ils sont heureux et connaissent l’amour. A chaque retour, Pierre profite de la beauté d’Annette. Il l’aime pour ce qu’elle est et pour tout ce qu’il ne trouve plus dans la cité future. Il attend d’avoir terminé son étude de la civilisation avancée pour se déclarer officiellement. Barjavel fait preuve de misogynie quand il fait dire à Pierre qui cherche les femmes dans la cité future que pour lui les tâches qui leur son propres sont le ménage, la cuisine, les soins des enfants. Pierre découvre des êtres petits mais qui ressemblent aux humains du XXè siècle même s’ils n’ont pas de sexe. Ils se dirigent vers une montagne artificielle pour regarder des images de femmes et les traverser. Pierre découvre dans une immense coupole de la montagne une masse gigantesque vivante. Un être démesuré, demi-sphérique avec la peau rose et douce. Le monstre étend un court appendice terminé par une bouche molle dans chaque couloir. Lorsqu’un des hommes minuscules arrive en courant, la bouche s’ouvre et l’engloutit. La foule impatiente ne doit pas connaître la mort qui l’attend et le piège affreux vers lequel l’attire le mirage. L’être-montagne c’est la femelle et les petits hommes sont les mâles. Le monstre ne les mange pas mais s’en sert pour fabriquer les ouvriers, les guerriers et les bergers. Barjavel se reprend alors sur la misogynie en faisant dire à Pierre : « Nous ne donnons à la femme que pour nous reprendre aussitôt. Nous sommes pleins de calculs et d’arrière-pensées. Après une seconde d’abandon, nous nous rétractions dans notre cuirasse de suffisance et d’égoïsme ». Alors que les petits hommes se donnent entièrement pour la procréation. Ils se sacrifient. De cette union parfaite naissent des enfants adultes qui servent à ce qu’ils ont à faire. Le mirage à mille visages de femmes qui attire les petits mâles vers la femme unique est peut-être le seul trait commun entre leurs amours et les nôtres. A son retour, Pierre se dit qu’il pourrait se retrouver avec Annette afin de se perdre encore. Annette est troublée par la femme future. Elle l’imagine en train d’absorber une grande quantité de mâles. Essaillon travaille toujours à son essai sur l’évolution de l’espèce humaine. Mais il veut accompagner Pierre pour son prochain voyage. Il veut savoir qui pense dans la cité future. Avant de partir Essaillon a rasé sa longue barbe pour ne pas être gêné dans le scaphandre. Essaillon découvre tout ce dont Pierre lui a parlé, les « femmes », les guerriers, les bergers... Pour trouver des êtres pensants Essaillon a apporté des photos des grandes universités et des grandes écoles. Avec Pierre, il se concentre sur elles. Ils se retrouvent dans une grande salle voûtée où règne une chaleur extrême. Le trio d’alerte garde la salle. Elle contient une cinquantaine de niches demi-cylindriques dans lesquelles se trouvent une pile d’objets en forme de cylindre aplatis légèrement lumineux. Quand un objet s’éteint un homme démolit la colonne pour l’en retirer et sort en l’emportant. Un autre homme arrive avec un objet brillant neuf et rétablit la pile. Essaillon pense que ce sont des cerveaux. Les cerveaux sont emballés dans une méninge transparente percée de deux rangées de trous ronds qui se croisent en forme de X. Essaillon croit que c’est le signe de Polytechnique qui qualifie les purs cerveaux. En se promenant, Essaillon et Pierre voient des hommes nains portant des cadavres. Les croque-morts jettent les corps dans un puits. Essaillon veut voir une femelle et la toucher. Puis il veut la tuer pour voir comment l’humanité nouvelle se débarrasse du corps. Pierre est effrayé, il dit que c’est un assassinat mais pour Essaillon ce n’est qu’une expérience scientifique. Alors le vieux savant coupe lui-même le cou de la femelle. Il n’y a pas de sang. Pierre veut voir la femelle sous toutes les coutures pour savoir ce qui va se passer et laisse Essaillon seul. A son retour, il le trouve inanimé. Il a été assommé par l’énergie collective Pierre arrive à le réveiller avec peine. Il apprend à Essaillon que la femelle continue d’accoucher, elle n’est pas morte. Essaillon n’est pas étonné et lance cette remarque misogyne : « Déjà, de notre temps, la tête était bien la partie de leurs corps dont les femmes avaient le moins besoin pour vivre ! » Les deux hommes repartent en 1942. Mais Essaillon a un accident, il est coupé en deux. Annette en le voyant ainsi s’évanouit. Pierre a enterré son maître dans le jardin. Il a dû nettoyer le laboratoire avec Philomène. Pierre considère que le suppression de la digestion représente un progrès considérable dans l’humanité nouvelle. Essaillon est mort car son scaphandre a craqué quand il s’est penché pour sectionner la tête de la femelle. Pierre regrette de n’avoir rien vu. Il est retourné en l’an 100 000 et a jeté la partie du corps de son maître, qui était restée là, dans le trou à cadavre. Pierre est convaincu qu’il existe une ceinture de cerveaux qui entoure le globe. Ils fabriquent l’énergie nouvelle et la répandent sur la terre entière, reçoivent les sensations et donnent les ordres. Tout cela est automatique. Il ne s’agit point de pensée mais de réflexe. A son retour Pierre s’occupe d’Annette qui est dans le chagrin. Il se rappelle de la résurrection de Philomène et pense faire de même avec Essaillon.. Le savant est donc ressuscité. Philomène ne l’accepte pas et pense qu’eux deux sont condamnés à l’enfer s’il n’accepte pas leur mort. Essaillon tombe malade. Le médecin lui dit qu’il ne passera pas la semaine. Alors Essaillon accepte de mourir car il pense que Dieu le veut ainsi. Il a laissé un testament sur son lit. Il a voulu retourner en l’an 100 000 pour accepter son accident et sa première mort. Il interdit à Pierre de révéler aux humains l’existence de la noëlite que seule Annette sait fabriquer. Il laisse sa barbe en souvenir de son corps périssable. Philomène, elle aussi, a décidé de mourir. Pour se consoler, Annette a pris des pilules pour retourner voir son père dans le passé. Puis habituée à la disposition de son père, elle ne quitte plus le présent car elle aime Pierre.

 

Troisième partie

 

L’imprudence

 

Fin 1942, Pierre arrive à bout de l’argent que le savant avait mis à sa disposition. Il a quitté le lycée sans demander de congés et a été rayé des cadres. Après la première mort du savant, il a regagné sa chambre du boulevard Saint-Jacques. A cause de Michelet qui le harcèle, Pierre veut déménager mais en vain. Alors il pousse sa logeuse à chasser Michelet mais elle refuse car il paye bien. Alors Pierre donne des leçons à domicile pour ne pas être dérangé par Michelet. grâce à une voisine, il bénéficie d’une carte d’alimentation et peut se nourrir pendant quelque temps. Il voit de moins en moins Annette car il est accaparé par ses leçons. Pour sortir de la misère il veut aller dans le passé pour voler de l’argent. Il part en 1890. Il arrive chez la belle Suzanne et son amant le baron du bois de l’orme. Suzanne s’évanouit et Pierre en profite pour lui voler ses bijoux. Il disparaît à l’arrivée de la police. Pierre se réjouit du bonheur affiché par les gens de cette époque. Mais il est vite déçu par la superficialité des bourgeois et la misère des ouvriers. Pierre se rend alors dans une grande banque et vole des pièces d’or devant le caissier qui le braque avec un pistolet mais Saint-Menoux disparaît encore et le caissier se tire une balle dans la tête pour échapper au déshonneur. Le soir même, Pierre se rend à l’opéra pour voir Faust. Il en profite pour voler les bourgeois situés dans les loges et crée la panique. Il est pris pour le diable quand il disparaît. Après quelques expéditions semblables, Pierre a assuré son avenir. En mars 1943, Pierre pense à son mariage avec Annette. Il se dit qu’il serait drôle de l’amener en 1890 en voyage de noces. Chez un bouquiniste, il trouve un vieux livre intitulé « Le mystère du diable vert ». C’est l’histoire de ses apparitions en 1890. Alors il se rend à la Bibliothèque nationale et trouve 600 ouvrages consacrés au diable vert. Des journalistes, des savants et des médecins ont cherché à élucider le mystère de ses apparitions. Les uns parlent de la franc-maçonnerie, de magie noire les autres de bandes organisées. Il s’est taillé dans la tradition populaire une place plus grande que celle du croquemitaine. Mais Pierre est suffoquée quand il lit dans La Revue des mathématiques, un article intitulé : « De la progression géométrique dans l’hallucination collective et la renommée : le cas du diable vert ». Cet article est signé de lui et date de 1938. Il se souvient avoir écrit un article sur « le nombre trois » dans cette revue mais son article a disparu au profit du diable vert. En se rendant chez Annette, il réfléchit à ce qu’il a fait en 1980 pour changer le cours du temps. Il se résout à une nouvelle expérience. Il fait photographier page par page, à la Bibliothèque nationale, un ouvrage du chanoine Chamayou de l’Académie française sur le diable vert. Il en fait tirer deux jeux dont un qu’il cache dans le coffre à Noëlite d’Essaillon et un qu’il garde chez lui. Une rencontre avec Michelet détermine la direction du nouveau voyage que Saint-Menoux entreprend le jour même. Il veut dévaliser un bijoutier de la rue de la paix pour voir si ce nouvel exploit sera consigné dans le livre du chanoine. Mais son inconscient l’emmène au mariage des parents de Michelet puis à la bijouterie, il est victime d’une catastrophe. Un diamantaire Sud-africain lui donne un coup de couteau dans le ventre. Son scaphandre est déchiré et il doit le réparer pour repartir pour ne pas mourir comme Essaillon. Mais dans sa fuite, le diamantaire le poursuit. Il est poursuivi par la foule et s’empare d’un fiacre pour fuir. Pierre ne sait pas conduire et a un accident. Le diamantaire récupère son bien et s’en va car l’affaire ne l’intéresse plus. A son réveil, Pierre se retrouve sur la couche d’une cellule sans son scaphandre et avec une camisole de force. Annette est inquiète, elle attend en vain le retour de Pierre. Elle est avec Catherine, la nièce de Philomène qui est venue pour obéir au dernier voeu de sa tante. Elle passe une nuit terrible puis à son réveil elle pense à réparer la combinaison de son père pour aller chercher Pierre. Mais elle ne sait pas quel jour de 1890 Pierre est parti. 

 

Les agents de la force publique sont stupéfaits par les papiers et le journal daté de 1943 qu’ils ont trouvés sur Pierre. Son livret militaire prouve qu’il est né en 1910 et qu’il s’est battu contre l’Allemagne en 1939 ! Le juge d’instruction, M. Vigne se dit que Pierre est un génie et un fou pour posséder de tels papiers. Quand le juge l’interroge, Pierre accepte de tout expliquer si on lui laisse faire une démonstration avec son scaphandre. Hélas, Vigne refuse et appuie lui-même sur une commande du scaphandre et le fait disparaître dans le temps. Le scaphandre est arrivé en 1943 chez Annette. Cela permet à Annette de savoir à quelle époque précise se trouve son fiancé. Alors elle répare le scaphandre de Pierre, revêt celui de son père et part sauver son amoureux. Pierre se croit prisonnier en 1890 et pleure Annette. Mais heureusement Annette a réussi à le retrouver et à le délivrer. Malgré les restrictions de 1943, Pierre est tout heureux de revenir à son époque. De retour chez lui, il remarque l’absence de Michelet. Sa logeuse lui apprend qu’il n’y a jamais eu de M. Michelet dans l’immeuble. Alors le souvenir même de son ancien voisin disparaît de sa mémoire comme s’il n’avait jamais existé. Dans les copies du livre du chanoine, Pierre découvre deux nouveaux chapitres suite à cette dernière aventure. Le juge Vigne s’est suicidé, le Garde des sceaux a démissionné et il y a eu une crise ministérielle. L’autre chapitre relate le mariage de Michelet à la mairie du IIè. La fiancée est tombée malade et a associé son ancien futur mari avec le diable vert et n’a jamais voulu se marier. Pierre se souvient alors de Michelet et réalise qu’il n’a jamais existé. Mais le bâtiment que l’architecte a dessiné est toujours devant chez Pierre et il trouve cela illogique. C’est un autre nom d’architecte qui est inscrit sur l’immeuble, Alexandre Jaretier. Ainsi le même bâtiment avait trouvé pour le construire un autre architecte. Alors si Eiffel avait succombé en bas âge, Paris n’en posséderait pas moins sa tour Tartempion. Pierre se rend compte qu’il n’a rien changé au visage du monde et se sent humilié. Le destin de chaque individu est peut-être susceptible de modification mais celui de l’humanité reste inexorable. Les catastrophes ne peuvent être évitées alors le dessein d’Essaillon de travailler au bonheur de tous s’avère vain. Annette propose le mariage à Pierre car elle a eu peur de le perdre. Pierre emménage alors chez elle. Pourtant il n’est pas entièrement heureux chez Annette, il veut repartir dans le temps mais la jeune fille a enfermé les scaphandres à clef. une semaine avant le mariage, Pierre avoue à Annette qu’il veut trouver dans le cours des siècles les causes des grands malheurs des hommes. Il veut repartir une dernière fois et Annette accepte. Il part pour Toulon, le 12 juillet 1793. Pierre veut tuer Bonaparte. Pierre se demande ce  que deviendra l’Histoire si Bonaparte est tué à Toulon en 1793. Il se pose la question depuis des semaines. Il veut la résoudre avant de se consacrer à Annette. Si un autre empereur des Français surgit de l’armée et livre les mêmes guerres, ce sera la preuve que les hommes ne sont pas libres mais qu’une fatalité effrayante les conduits sur une route de sang tracée de toute l’éternité et qu’il est vain de les détourner. Si c’est le cas, Pierre se construira avec Annette un petit paradis en une époque abritée des révolutions. Pierre tire mais tue un soldat et non Bonaparte. C’est raté et il retourne à l’invisible. Pierre a tué le soldat qui s’appelle Durdat et il se trouve que c’est le nom de sa mère ! Pierre vient de tuer le grand-père de son grand-père ! Pourtant on retrouve Pierre en 1943. Il se marie avec Annette dans le XIIIè arrondissement. Il lui fait visiter son ancienne chambre. Mais en 1793, l’aeuil de Pierre a bien succombé à ses blessures et Saint-Menoux disparaît. Annette n’a jamais connu Pierre et son père n’a pas pu aboutir ses recherches.

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Le voyageur imprudent 1

Le voyageur imprudent (Barjavel)

 

1ère partie

 

L’apprentissage

 

C’est la guerre. Le sergent Masté a découvert un soldat mort tué par le froid. Le caporal d’échelon Pierre Saint-Menoux est responsable des dix-sept conducteurs de la compagnie de mitrailleuses. Dans la vie, il enseigne les mathématiques au lycée Philippe Auguste. Il discute avec le caporal Crédent qui le dégoûte avec son café mélangé avec su vin. Crédent est le cuistot. Crédent a dû charger une petite carriole de victuailles et d’archives du sergent-comptable. L’équipage doit gagner la gare Tremplin-Le-Haut pour s’y embarquer. Mais Pilastre arrive avec ses deux chevaux et renverse la carriole de victuailles. Ainsi les chasseurs pyrénéens s’embarquent sans soupe ni café. Depuis des semaines, Saint-Menoux vit dehors. Il a oublié comment se comportent les hommes dans les maisons. Il est accueilli par Noël Essaillon et sa fille Annette qui a juste quinze ans. Essaillon a répondu à Saint-Menoux dans la Revue des mathématiques en 1939. C’est l’homme que Saint-Menoux désirait le plus rencontrer. Essaillon est physicien et chimiste. Il a fabriqué une substance qui lui permet de disposer du temps à sa guise et les travaux de Saint-Menoux lui ont permis d’avancer. Pour Essaillon, l’univers n’est pas limité par le temps et l’espace et dispose de toutes les dimensions.. Il a travaille sur le temps pendant vingt ans. Il tend à Saint-Menoux une boîte plate comportant des petites sphères de couleurs variées couchées sur un lit de coton. Les sphères sont des pilules qui peuvent rajeunir quelqu’un d’une heure, d’un jour, d’une semaine ou d’un an. Essaillon sort une deuxième boîte de sa poche. Elle contient d’autres pilules. Elles produisent l’effet contraire. Elles accélèrent l’avance vers l’avenir. Saint-Menoux est invité à tente l’expérience et il s’y prête. Il se retrouve dans le passé, dans le froid avec Pilastre. Puis exalté, Saint-Menoux revient chez Essaillon avec les autres pilules. Essaillon dit à son invité qu’avec les pilules on peut recommencer sa vie, éviter les malheurs, se lancer avec un corps tout neuf dans une nouvelle existence. Saint-Menoux ne comprend pas pourquoi Essaillon qui est infirme n’a pas voulu changer sa vie mais celui-ci n’a pas eu le courage. Pour cela, il aurait dû éviter l’accident qui lui a fait perdre ses pieds et qui lui a permis de rencontrer la mère d’Annette. Il aurait dû renoncer à sa femme et à sa fille. Elle était infirmière et est morte en donnant naissance à Annette. Essaillon pense qu’un homme en possession de ses pilules, si égoïste soit il ne pourrait s’en servir librement car il trouverait toujours un amour ou une haine pour l’enchaîner. Essaillon a donné son prénom à son invention, la noëlite. Mais il a eu peur d’aller trop loin dans l’avenir car il aurait pu mourir en allant plus loin que sa limite de vie. Il doit encore trouver une substance qui lui rende perméable les murs de notre temps de vie. Il veut que Saint-Menoux soit son assistant. Essaillon dit à Pierre Saint-Menoux qu’il ne doit pas se soustraire au devoir envers la patrie. Il va continuer à se battre mais il sortira indemne de la guerre et la noëlite lui permettra de la traverser si vite qu’il ne la connaîtra que par le souvenir. Essaillon donne à Pierre deux pilules pour que le soldat se retrouve à Paris deux ans plus tard. C’est là que le professeur le retrouvera. Pierre se trouve maintenant le 21 février 1942. Il a connu la débâcle. Il a été nommé dans un collège de province puis est arrivé à Paris. Il reçoit un télégramme d’Essaillon qui l’invite à déjeuner. Saint-Menoux a pour voisin M. Michelet, architecte malheureux de cinquante ans qui a perdu ses clients et sa fortune. Pour se venger de la méchanceté du sort, M. Michelet raconte à chacun l’histoire de ses infortunes. Saint-Menoux se rend dans la maison d’Essaillon. Annette a changé mais même s’il est frappé par sa beauté, il ne sait guère apprécier la beauté féminine car il vit surtout par l’esprit. Pierre a été accueilli par Philomène, la nourrice d’Annette qui était morte lors de la première rencontre entre Saint-Menoux et Essaillon mais ce dernier l’a ressuscitée en la cherchant dans le passé. Elle ne lui en est pas reconnaissante. Elle dit que le diable tient Essaillon. Le vieux professeur sert à Pierre un repas copieux avec des fruits en plein hiver. Il lui montre son coffre-fort d’où il tire ses aliments. Il a réussi cette performance en éternisant le présent. Le coffre est enduit de noëlite. La peinture soustrait à l’action du temps ce qui se trouve à l’intérieur du coffre. Quand Essaillon a mis au point la noëlite 3, il est revenu en 1938. Il a acheté l’hôtel, a fait construire des coffres, leur a appliqué sa peinture puis les a garnis de denrées diverses. Quand l’un d’eux se trouve vide, Annette retourne faire un petit tour avant la guerre et le remplit. Essaillon a voulu s’assurer de la nocivité de la noëlite 3. Il en a fait parvenir à un état-major lointain, a indiqué les précautions à prendre pour en garnir des bombes légères, fusantes et a demandé qu’on lui fasse part des résultats par une émission radiophonique en sanscrit car peu d’hommes comprennent cette langue. Il attend les résultats avec Pierre. La bombé a été essayée sur une petite ville en Asie. La noëlite est tombée en pluie noire qui ne mouille pas mais l’homme qui la reçoit ne peut plus bouger. Tout ce qui vit, tout ce qui d’ordinaire se meut, est cloué par des flèches au présent immobile. Hommes et bêtes meurent parce que les coeurs et les cerveaux s’arrêtent. Essaillon connaissant les résultats ne donnera plus de noëlite aux militaires et ils ne pourront pas l’analyser pour en fabriquer car ils ne réussiraient qu’à rendre inutilisables leurs instruments et leurs chimistes.  Puis le vieux professeur montre à Saint-Menoux une combinaison verte avec des gants, des bottes, des lunettes et une ceinture avec un appareil carré en métal. C’est une combinaison enduite de noëlite 1, 2 et 3 qui sert à voyager dans le temps. C’est la noëlite 3 qui permet au corps de garder son état présent et donc de ne pas mourir. Essaillon l’a appelée le scaphandre du temps. Annette l’a déjà essayé. Les essais ont permis de voir que le voyage dans le temps s’accompagne d’un voyage dans l’espace. Essaillon propose à Pierre d’essayer le scaphandre mais celui-ci a pris peur en écoutant le récit des essais de bombes. Il a l’impression que sa vie ne compte pas pour le vieux professeur. Alors il refuse et rentre chez lui. Puis il regrette son refus et se trouve lâche car Annette a déjà fait l’expérience. Pour se consoler, il discute avec Michelet. L’architecte lui montre un immeuble dont il est l’auteur. Plus tard, Pierre se sent prêt à voyager dans le temps et revient chez Essaillon. Il se trouve léger et poreux, envahi par une subtilité dévorante, une fois dans le scaphandre. Mais Pierre n’est pas parti, le voyage a échoué car le jeune homme n’a pas appuyé à fond sur le bouton. Il est resté coincé entre le présent et le futur. Alors il recommence pour un voyage d’une demi-journée dans l’avenir. Il ne ressent rien. Il est arrivé dans son hôtel la nuit. Il entend du bruit dans l’escalier alors il appuie sur le vibreur du scaphandre qui lui permet d’être invisible. L’homme qui arrive dans l’escalier c’est lui-même ! Alors il se rend à nouveau visible pour discuter avec son double. A son retour, Essaillon lui explique que c’est son corps qui a décidé de l’endroit du voyage. Son corps s’est mis en marche par un mouvement familier. En rentrant chez lui, il retrouve son double dans le scaphandre. Il se plaît à rêver qu’il pourrait ainsi se multiplier à l’infini. Plus tard, il décide, avec Essaillon, de partir un mois et une demi-journée dans le futur. Pour ne pas arriver n’importe où, il doit fixer sa pensée sur quelque chose. Il pense à la Place de la Concorde puis se retrouve dans un lit avec Annette nue couchée près de lui. Il réalise qu’il aime Annette mais ne veut pas la réveiller alors il s’enivre de la sensation du voyage. Il réalise qu’il ne peut pas se voir dans le miroir car il ne fait pas partie de ce temps et doit se mouvoir différemment à cause de la noëlite. Il peut mouvoir son corps à travers les gens et les choses. Il est devenu invisible et solide au milieu d’un univers visible et mou. Il voit des yeux sans visage. Il pense que c’est un revenant et qu’il a pénétré dans le grand mystère du royaume qui n’est pas de ce monde. Mais il réalise que c’est lui-même qu’il voit dans un miroir parce que son image traverse les lunettes dans les deux sens ! Il visite des maisons de riches et des maisons de pauvres. Les corps et les visages sont enlaidis par le vibreur, seuls les enfants restent beaux. Tant qu’il est protégé par le vibreur, il ne peut être vu mais il ne peut utiliser son odorat et toucher les objets. Il doit le couper pour redevenir solide. A son retour, il avoue à Essaillon que tous deux se lancent dans une aventure impossible. Il n’y a certainement rien à faire pour arracher les hommes à leur misère. Pierre voudrait avouer son amour à Annette mais n’ose pas car il se trouve laid. Pourtant Annette l’aime aussi et il ne le sait pas. Saint-Menoux a été emporté par ses jambes pour son premier voyage et par son coeur pour le deuxième alors il veut que le troisième soit dirigé par sa tête. Alors il se retrouve dans sa salle de classe avec ses élèves. Il n’a pas activé le vibreur et les élèves le voient dans son costume vert et crient joyeux après le fantôme. Les adultes, eux, ont peur alors Pierre se rend invisible. Mais il veut jouer un tour de potache pour faire rire les élèves et il se rend à nouveau visible, cueille la perruque du censeur, efface avec elle les figures tracées sur le tableau et écrit en grande lettres : « Vive la liberté! ». Après quoi il s’en va. Essaillon le sermonne car le scaphandre n’est pas un jouet mais un instrument de recherche. Il effectue d’autres voyages mais n’arrive pas à contrôler sa pensée. C’est toujours son coeur ou son corps qui le guident. Il veut alors s’en affranchir en partant en 2042 mais Essaillon veut l’envoyer en 2052 à cause des prédictions de Nostradamus. Il pense que 2052 sera l’année de la paix universelle. Pierre se rend donc en 2052 au pied du Sacré coeur. Paris a disparu. A sa place, se trouve un champ de ciment plat, et une grande quantité d’objets ovoïdes de la taille d’une maison bâtis en une matière transparente et colorée. Il ne voit aucun être vivant. Le soleil dégage une chaleur de tropique. Les objets ovoïdes sont des nouveaux avions. Certains sont détruits. Après dix minutes de marche, Pierre retrouve le vrai Paris qui n’a guère changé en un siècle sauf des gratte-ciel plus hauts que ceux de New-York. Il est lui-même sur le toit d’un bâtiment semblable sur la butte Montmartre. Les architectes ont conservé le Sacré coeur en le juchant tout en haut de l’immense bâtiment. Pierre voit des hommes et des femmes vêtus de façon identique. Leurs vêtement ressemblent au scaphandre de Pierre. Des quartiers entiers sont enflammés. A son retour, Pierre raconte à Essaillon ce qu’il a vu. Pour ses voyages suivants, Pierre regarde des cartes postales des villes du monde entier. En France, le français écrit reste inchangé mais Pierre ne comprend pas le français parlé. Avec l’aide d’Essaillon, il comprend que des déportations massives ont dû se produire en un siècle et les langues nationales se sont interpénétrées et fondues en un langage commun. Le français a donné les termes de cuisine et d’amour, l’allemand la philosophie, la technique et la stratégie, l’anglais le commerce et l’italien les superlatifs, les langues slaves les jurons. LA nouvelle langue européenne ne pouvant s’écrire à cause des différences de prononciations l’ancien français est restée la langue écrite. Les langues asiatiques semblent s’être tenues à l’écart de ce brassage. Il découvre la raison de la catastrophe, l’électricité a disparu d’un seul coup ! Heureusement Essaillon a eu un pressentiment en fabriquant le scaphandre pour qu’il fonctionne sans électricité sinon Pierre serait resté bloqué en 2052. En 2052, les sols sont jonchés de cadavres et le ciel est rempli de mouches. Essaillon a équipé le scaphandre de caméras et de lunettes à prisme pour que Pierre puisse se voir. A cause de son rhume chronique, Pierre ne peut supporter le vibreur plus d’une heure. Avant de le faire fonctionner il doit s’assurer qu’aucun objet ne le traverse au risque de le tuer une fois redevenu solide et cette fois ce sont des mouches qui passent à travers son corps. Il ne peut fuir les mouches qu’en volant très haut dans le ciel mais s’il arrête le vibreur il s’écrasera. Pour fuir les mouches il se dirige vers un incendie et retourne dans le présent de justesse mais il a dû respirer de la fumée. Essaillon doit changer le sang de Pierre mais le jeune homme met du temps à guérir. Pendant sa convalescence, Pierre brûle d’avouer son amour à Annette mais Essaillon a d’autres projets pour lui, il veut l’envoyer en l’an 3000. Ce qu’il voit et rapporte à Essaillon parait tellement effarant qu’ils décident de faire un bond en avant en l’an 100 000.

 

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05 septembre 2008

Histoires à rebours 3

La créature parfaite (John Wyndham).

 

Un inspecteur de la SPA entend parler de l’affaire Dixon dans le village de Membury. Il enquête avec son collègue Alfred Weston. Pour Alfred, la SPA est une vocation alors que pour son collègue ce n’est qu’un métier. L’affaire Dixon se présente ainsi : un certain Tim Darrell a rencontré un phénomène dans la rue d’un village. Il a vu deux créatures ressemblant à des tortues dressées sur leurs pattes postérieures. Elles mesurent 1m70. Leur tête a une dimension humaine mais sans cheveux et avec un bec ou un nez. Elles ont des bras et des mains humains. Le vieux Holiday, le sellier, leur a tiré dessus mais sans succès. Les créatures ont couru vers le marais et sont tombées sur des sables mouvants où elles ont disparu. Les villageois pensent que les créatures venaient de Membury Grange où habite le docteur Dixon. Bill Parson s’est rendu chez Dixon trois mois avant les événements et a vu une rangée de cages avec des barreaux. Il a vu un traversin mais qui bougeait sur une table avec des mains humaines. Le collègue d’Alfred pense que ce n’est qu’une farce ou juste des animaux rares que l’imagination des villageois a déformé. Alfred pense, au contraire, que Dixon est un super-vivisectionniste, qu’il déforme les animaux. Son collègue pense qu’il a trop lu « L’île du docteur Moreau » de Wells. Le lendemain, les deux enquêteurs de la SPA se rendent à Membury Grange. Le narrateur connaît Dixon qui  fut son répétiteur. Il sait qu’il est devenu milliardaire après un héritage. Alors le narrateur informe Dixon de toute l’affaire. Dixon ne nie pas et demande que la police ne soit pas prévenue car il a encore besoin de deux mois pour faire une communication scientifique. Dixon affirme pouvoir animer la matière inerte en lui insufflant une force vitale. Pour que les inspecteurs comprennent mieux, Dixon leur montre son laboratoire dans lequel se trouve un bras qu’il a fabriqué mais sans pores et sans ongles. Les os sont remplacés par du métal. Il veut fabriquer la créature parfaite plus intelligente qu’un humain. Dixon leur montre ensuite ce que Bill a pris pour un traversin. Cette créature lui sert de moteur qui lui permet de tester les nouveaux appendices qu’il fabrique. La forme prend vie avec de l’électricité et des produits chimiques. Dixon avoue qu’il a essayé sa technique sur des cadavres mais que ça ne marche pas. Il pense avoir inventé une nouvelle forme de vie. Il a baptisé sa créature parfaite « Una » parce qu’elle est unique en son genre. Pour le narrateur, la créature parfaite de Dixon est la créature la plus grotesque qu’il ait jamais vue dans la vie. Elle a une carapace conique et luisante de deux mètres de haut pour 1 mètre 50 de diamètre avec trois courtes jambes cylindriques et quatre bras humains à mi-corps. Les yeux fixent les hommes de la SPA sans ciller. Alfred est surpris que la créature consternante puisse parler. Mais Dixon ne se démonte pas et affirme qu’elle est le produit de ses décisions. Una semble vouloir Alfred comme « matériau » pour améliorer son corps. Elle a trois yeux dont l’un est dans le dos. Sa forme générale la garantit de tout objet projeté sur elle. Son cerveau est aussi protégé puisqu’il est à la place de l’estomac ! Elle pèse une tonne et a des pieds d’éléphant pour supporter son poids. Alfred pense qu’Una a les mêmes droits que toute autre créature et s’oppose aux projets de Dixon. En fait Una veut Alfred mais pas pour recevoir des parties de son corps, elle le veut comme amant ! Dixon avoue avoir forcé sur les hormones. Una a réussi à quitter sa cage en cassant tout pour trouver Alfred qui a fui avec son collègue et Dixon. Malheureusement pour Alfred, Una a réussi à l’attraper et le caresse avec ses multiples bras. Dixon a appelé les pompiers et la police. Ils tentent d’attraper Una mais celle-ci arrive à fuir avec Alfred dans ses bras. Finalement Una est tombée d’un pont qui a craqué sous son poids et s’est noyée dans la rivière. Alfred est sain et sauf mais cette expérience a altéré pour toujours sa bonhomie confiante envers les animaux et il veut changer de métier.

 

Guerre froide (Henry Kuttner)

 

Le narrateur raconte l’histoire de Junior Pugh et de son père. On découvre la famille Hogden qui a l’air bizarre. Le père est alcoolique mais ses frasques sont ignorées par les voisins. La famille Hogden a des pouvoirs. Elle peut envoyer des objets dans le futur et les récupérer dans le passé. Elle connaît l’avenir. Les Hogden sont télépathes et peuvent voler. C’est une famille de mutants. Ils vivent très longtemps puisqu’ils ont connu la peste de Londres en 1665 et la guerre de Sécession de 1861 à 1865. Le narrateur est à la poursuite de son oncle. Il parle d’un bonimenteur qui vend un « anti mal de tête Pugh » puis d’une fille, Lily Lou Mutz, tellement moche qu’il n’arrive pas à comprendre comment elle a pu trouver un Jules. Elle habite toute seule en pleine montagne et avait 40 ans quand un mec l’a demandé en mariage. Le mec s’appelle Pugh. L’oncle s’adresse à Pugh (le bonimenteur) et à son fils Junior. Le môme a sept ans et est méchant comme la gale. Pour le narrateur, les humains sont comme des gorilles. Quelqu’un essaye de l’assommer mais un mutant récupère en deux secondes. Apparemment toute la foule a eu mal a la tête en même temps et se précipite sur le produit miracle de Pugh.  Saunk (le narrateur) s’adresse à Ed Pugh, il parle de son épouse Lily Lou qui est morte après lui avoir fait son enfant. Il semble que Junior ait des pouvoirs de sa mère qui était une mutante. Ed Pugh raconte à Saunk que c’est l’oncle Lem qui a jeté un sort sur Lily pour qu’elle épouse Pugh. Saunk voudrait que son oncle élimine Junior parce qu’il connaît les pouvoirs du môme et a peur pour les humains mais l’oncle Lem refuse. Pourtant Lem sait que Junior risque de transmettre ses pouvoirs à ses descendants. Saunk pense que Junior sera encore plus moche que ses parents et qu’il ne trouvera jamais une femme donc il rassure son oncle. Alors Pugh en colère demande à Junior de tuer quelqu’un avec ses pouvoirs pour obliger Lem à améliorer les dons de son fils mais Lem refuse et Junior s’en prend à lui mais Lem développe des anticorps contre le sort jeté par Junior. Un médecin qui a assisté à la scène pense que Lem est mourant et veut l’emmener à l’hôpital et Saunk prend peur car les humains ne doivent pas découvrir les pouvoirs des mutants. Alors Pugh emmène Saunk à part et lui dit qu’il a peur que son môme ne trouve jamais de femme. Il veut que Saunk empêche ça pour que Junior arrête son sort sur Lem. Pugh veut même remplacer le genre humain par sa descendance mais Saunk refuse de l’aider. L’ambulance arrive et Saunk a peur que les médecins découvrent tout sur Lem alors il appelle son pépé par la pensée pour qu’il l’aide. Le pépé demande à son petit-fils d’obéir à Pugh pour sauver la situation. Saunk obéit et emmène alors les Pugh dans son territoire car le marché est accepté et Lem échappe de justesse aux docteurs. Le plan de pépé est d’utiliser la machine à remonter le temps (une simple luge) de Saunk pour envoyer les Pugh dans le passé. Alors Saunk arrive à convaincre les Pugh de monter dans la luge puis trafique leurs gènes en leur envoyant des ultraviolets. Les Pugh arrivent en l’an 1 et se reproduisent mais les Pughs s’ils ont gardé leurs pouvoirs ont rapetissés au point d’être aussi minuscules que des globules blancs ! Au cours des générations ils sont devenus des virus.

 

Les joueurs d’échecs (Charles D. Harness)

 

Le narrateur évoque le club d’échecs de la rue K dont il a été le trésorier. Il y avait un sénateur, un dirigeant syndicaliste et quelques autres grosses légumes. Mais plus leur situation est importante plus ils sont mauvais joueurs d’échecs. Le champion du club est Bobby Baker, un adolescent. Le second est Pete Summers, employé de la compagnie des chemins de fer qui a écrit deux traités sur les échecs. L’homme le plus en vue au club est Jim Bradley, un fainéant chronique.  Le cerveau dirigeant du club est Nottingham Jones, un statisticien. C’est lui qui a mis sur pied le fameux tournoi par télégramme entre les Etats-Unis et l’URSS (les Etats-Unis ont perdu). Il a lancé des maîtres et a arbitré des matchs. Pour les joueurs d’échecs ordinaires le fou vaut plus que le cavalier mais pas pour Nottingham. Il organise des tournois fou contre cavalier pour prouver sa théorie. James lance un défi à Staline en personne, le club d’échecs de la rue K contre tous les Russes, douze parties fou-cavalier. Staline accepte. Le narrateur annonce à Jones qu’un de ses mais, le docteur Schmidt possède un rat savant et qu’il désire le faire jouer. Le docteur est un spécialiste de psychologie comparée. Le rat s’appelle Zeno. Le docteur lui a appris le jeu dans un camp de concentration. Jones accepte alors une partie entre Zeno et Jim Bradley. Zeno gagne par un mat en treize coups ! Jones accepte alors une partie simultanée où Zeno fera une exhibition. Hélas ! le service d’immigration arrête le Docteur Schmidt. Le narrateur demande alors au fonctionnaire d’attendre un peu car il sait que Zeno va rendre riche son maître et qu’il pourra empêcher son expulsion. Zeno a gagné presque toutes les parties simultanées mais s’endort après voir mangé le fromage qu’il a reçu en récompense alors qu’il lui restait encore trois parties. Alors Jones refuse de l’engager dans le club. pour le narrateur, ce qui compte c’est que Zeno soit un rat mais les autres joueurs s’en moquent ce qui fait bien de cette nouvelle une histoire à rebours. Schmidt va donc être emmené en prison. In-extremis, Jones apprend que Schmidt écrit un livre sur la théorie fou/cavalier grâce aux parties de Zeno. Alors Jones accepte de payer la caution de Schmidt et le fonctionnaire recommande un permis de séjour pour le docteur. Le fonctionnaire a cru voir le rat jouer et demande au narrateur s’il y en avait un et le narrateur répond que non et d’ailleurs pas d’êtres humains non plus, juste des « joueurs d’échecs »...

 

Manuscrit trouvé dans un sablé chinois (C.M. Kornbluth)

 

Corwin est un écrivain que tout le monde croit fou. Son agent littéraire est Kornbluth (l’auteur de la nouvelle). La première note de Corwin a été trouvée à l’intérieur d’un sablé commandé au restaurant de la Grande République chinoise, à San Francisco et donnée à Kornbluth par un certain L. Wilmot Shaw. Corwin a une idée de texte, « La Réponse ». Il évoque Mme Clonford qui aime les animaux et terrorise malgré elle son mari et ses enfants. M. Clonford est un retraité des chemins de fer que son épouse oblige à jouer les fermiers par tous les temps. Il attrape une pneumonie chaque hiver et rêve de vendre sa ferme pour acheter un appartement en ville. Sa femme veut juste s’occuper de sa ferme et de ses animaux. Cette histoire va être accompagnée de commentaires inspirés de « La Réponse ». Là le récit de Corwin est censuré par Kornbluth car celui-ci estime qu’il insulte les auteurs de science-fiction et que ce genre littéraire attire les esprits instables et mine le sens de la réalité. Le récit se poursuit. Corwin se sent surveillé. Il semble paranoïaque dès qu’il évoque « La Réponse » (le système de Corwin fait penser à la dianétique du scientologue et écrivain de SF Ron Hubbard tout aussi paranoïaque). Il annonce que les Clonford vont vendre leur ferme. Il semble que les prédictions de son récit se soient avérées et Kornbluth a pu le vérifier. On apprend que « La Réponse » tient seulement sur 200 mots et Corwin est persuadé qu’elle pourrait bouleverser le monde. Corwin fait des conférences dans le Rotary club sur les droits d’auteur et les frais des écrivains. Kornbluth intervient pour signaler que les notes suivantes écrites par Corwin sur du papier à cigarette sont tombées dans les mains d’un agent littéraire qui les a vendues à des magazines mais Kornbluth a pu les racheter avant leur publication. On apprend dans les notes de Corwin que l’écrivain a parlé de ses collègues moins connus que lui qui sont arrivés avec leur voiture juste devant sa maison et ont voulu y entrer pour lui parler. L’un des deux hommes a parle de la « Relation diagonale » et Corwin a tout de suite pensé à « La Réponse ». La Relation diagonale a été découverte par 1724 écrivains. Ceux qui ont le plus gros revenu. Corwin leur a parlé de « La Réponse ». Seul un écrivain peut accéder à la Relation diagonale grâce à des pouvoirs d’associations supérieurs (les pouvoirs supposés des écrivains de SF font vraiment penser à Hubbard et sa scientologie, cette nouvelle semble en être la dénonciation). Les deux hommes sont venus chez Corwin pour l’empêcher de diffuser « La Réponse » qui est la Relation diagonale car elle uniformiserait les revenus des écrivains. Ils font surveiller les écrivains par la police pour les empêcher de diffuser la Relation diagonale. Si Corwin accepte de ne pas diffuser La Réponse les deux hommes s’engagent à lui faire de la promotion pour qu’il vende plus de livres. Corwin refuse et se fait embarquer par les deux hommes qui veulent le faire interner et la femme de Corwin se laisse convaincre que son mari est devenu fou mais elle aussi de fait interner. Corwin continue d’écrire à l’hôpital psychiatrique et s’est procuré du papier à cigarette qu’il griffonne et fourre dans des sablés chinois. Kornbluth conclut. Il est possible que des lecteurs tombent sur des notes de Corwin en mangeant des sablés chinois et même s’ils trouvent son histoire insensée, elle est cohérente puisqu’elle explique la présence de certains livres sur la liste des best-sellers. Contrairement à la dianétique, « La Réponse » doit rester secrète. Kornbluth se moque sans doute de la scientologie tout de même en la rangeant au registre de la paranoïa.

 

Narapoïa (Alan Nelson)

 

Un jeune homme va voir le médecin. Il pense avoir l’inverse d’un complexe de persécution. Le docteur Departure lui demande de s’expliquer et M. Mac Farlane a l’impression d’avoir sans arrêt l’impression de suivre quelqu’un. Il  a le sentiment que les gens cherchent à lui faire du bien. Mac Farlane est pourtant en pleine santé et sans problèmes d’enfance ou de couple. Quelques jours plus tard, il revient voir le docteur pour lui dire qu’il a cru suivre quelqu’un pendant 10 kilomètres. Le docteur lui demande de pratiquer l’association libre de pensées mais c’est Mac Farlane qui arrive à détourner le procédé sur Departure et c’est le médecin qui se confie à lui !

 

Quelques jours passent et Mac Farlane parle au médecin d’hallucinations après avoir rêvé d’un oiseau avec des oreilles il croit l’avoir vu en se réveillant. Le docteur pense que ce sont vraiment des hallucinations mais le jeune homme a rapporté l’oiseau dans une boîte ! Le médecin a rédigé un dossier sur son patient et a appelé sa maladie la « narapoïa », l’inverse de la paranoïa. Il espère ainsi atteindre la renommée de Freud. Departure annule pourtant ses rendez-vous pour travailler sur le cas Mac Farlane et sa femme s’en inquiète. A la consultation suivante, Ma Farlane pense que Departure dépérit. Cette fois Mac Farlane se sent mieux car il a l’impression que quelqu’un le suit et pour cause puisque c’est Departure qui le surveille ! Il s’est épuisé dans ses poursuites. Quand Mac Farlane revoit le docteur, celui-ci est en congé dans une maison de repos. Apprenant cela, Mac Farlane se sent complètement guéri. Departure, lui, est devenu narapoïaque et intéresse les psys qui le soignent. Les psys, comme Departure avec Mac Farlane, décident de le libérer et de le faire suivre à distance pour le surveiller, c’est un cercle vicieux !

 

Le haut lieu (Richard Matheson)

 

Talbert discute avec son oncle Lyman sur les histoires drôles. Ils parlent des histoires cochonnes qui circulent dans tout le pays. Talbert trouve ça fascinant. Il se demande qui les fabrique. Il explique à son oncle qu’il veut chercher les auteurs de ces blagues. Alors il demande à Lyman qui lui a raconté la dernière histoire cochonne d’où il la tien. C’est son collègue Kulpritt alors Talbert demande à son oncle d’appeler Kulpritt pour remonter la filière. Tout ça aboutit à un cercle vicieux car le dernier collègue au bout des recherches prétend que c’est Lyman lui-même qui lui a raconté l’histoire. Lyman demande à son neveu qu’est devenu la société qu’il a fondée, la société protectrice de la société protectrice des animaux. Mais pour Talbert c’est du passé ainsi que toutes ses ambitions sociologiques et politiques et littéraires. L’oncle veut lui faire comprendre qu’il laisse toujours tomber ses projets mais Talbert continue ses recherches. Après quoi, Harrison, son chauffeur amène Talbert dans les endroits où il pêché ses histoires drôles. Talbert part pour San Francisco car un ami de Harrison lui a dit qu’il y avait entendu beaucoup d’histoires dans l’hôtel Millard Filmore. En arrivant dans sa chambre d’hôtel, Talbert demande au garçon de lui raconter une histoire puis s’il connaît un endroit où on peut en entendre d’autres. Le garçon lui recommande le bar chez Davy Jones. Il recueille des histoires qu’il a déjà entendues mais avec des variantes. Le barman connaît plein de grivoiseries et cite ses sources, c’est un voyager nommé Franck Bruin à Oacland. Talbert n’hésite pas à s’y rendre. Le bonhomme raconte des histoires que Talbert connaît mais avec des variantes. Talbert découvre que le mot de la fin est donc interchangeable. Le détective privé que Talbert a engagé lui envoie une autre source d’histoires qui se situe à Chicago et Talbert continue ses voyages de recherches. Vingt minutes après son départ, un homme est venu dans sa chambre d’hôtel mais ne l’a pas trouvé. Il a pris un air dur et a téléphoné à quelqu’un. Talbert a trouvé la source à Chicago, un certain George Bullock. Il l’interroge sur ses histoires et le bonhomme pâlit comme s’il venait d’être découvert. En rentrant à l’hôtel, un homme attend Talbert dans sa chambre. C’est un certain Bishop, colonel en retraite qui le menace avec une arme et lui demande de le suivre. Talbert s’en moque bien car il sait que son enquête va enfin aboutir et il suit l’homme. Talbert est conduit dans une maison inconnue dans un endroit qu’il n’a pu voir car on lui a bandé les yeux. Il était attendu par le « doyen » qui lui confirme : « Vous nous avez découverts ». La maison est bien la source de toutes les blagues du monde et le doyen affirme qu’à part Talbert personne ne s’en est soucié. Talbert apprend rencontre même Hemingway. Le doyen apprend à Talbert que Mark Twain, Balzac, Dickens et Rabelais ont travaillé pour cette maison. La société secrète est une Fraternité qui a commencé dès l’Antiquité avec Aristophane. Tous travaillaient pour la « Cause de l’Amour » et bénévolement. Ils luttent contre la pudibonderie et la bigoterie. Talbert découvre une salle remplie de monde tapant à la machine ou téléphonant, c’est la salle d’apprentissage. Le doyen avoue qu’il connaissait les travaux de Talbert et son altruisme et lui propose de rejoindre la Fraternité.

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Histoires à rebours 2

Cesse donc de faire l’avion avec les mains (Jack Finney)

 

Un grand-père raconte ses souvenirs à son petit-fils. Il a connu la Guerre de Sécession et le Général Grant. Il a chevauché avec un commandant jusqu’à la maison blanche. Ce dernier lui avoue avoir été Pr à Harvard et lui a montré une boîte noire contenant un objet capable de faire gagner la Guerre au Nordistes. Il s’agit d’une machine à explorer le temps. Ils se rendent dans les années 1960. Ils vont dans la Smithsonian Institution pour trouver tout ce que le futur a pu inventer. Ils découvrent des chars, des canons bien plus grands que les leurs, des avions que le commandant appelle « aéronefs ». Mais il ne sait pas comment s’en servir et les emporter. Ils voient ensuite « Kitty Hawk » le premier avion des frères Wright. Ils reviennent alors en 1864 pour chercher du pétrole conservé par les Nordistes pour nettoyer les munitions. Devant la maison blanche, le jeune homme rencontre Lincoln. Pendant ce temps, le commandant a réussi à s’emparer de la machine volante en se mettant devant la grande porte qui la gardait. Il a fait un saut dans le temps en avançant de quelques pas à une époque où la Smithonian n’existait pas puis est revenu en avant dans le temps et s’est retrouvé à côté de l’aéronef. Pour sortir la machine, il a utilisé la même méthode. Ils se rendent en 1940 pour essayer l’avion et découvre Washington dans les lumières de la nuit. Ils reviennent alors en 1864. Ils vont voir le général Grant pour lui proposer l’avion. Le général ne pose pas de problème et leur confie une mission, survoler le QG du général Lee et noter les positions juste avant la bataille de Cold Harbour. Après la mission réussi, le commandant et son subalterne doivent ramener l’avion au XXè siècle pour ne pas briser le continuum espace-temps. Hélas, les Nordistes ont quand même perdu la bataille des années plus tard, Grant est devenu président des Etats-Unis et le jeune homme est venu le voir à une époque où le président recevait le public chaque jour de l’an. Il le reconnaît et lui demande ce qui a échoué. Le jeune homme avoue qu’il a bu du whisky dans l’avion et l’avait mis à la place du pétrole par erreur ce qui avait rendu l’avion fou et faussé les notes du commandant sur les positions ennemies. Grant et Lee après la paix ont parlé de l’avion mais ont gardé cette histoire secrète pour que l’aviation ne provoque pas des carnages en temps de guerre. Le grand-père qui a dépassé cent ans a fini de raconter son histoire à son petit-fils.

 

L’homme qui tua Mahomet (Alfred Bester)

 

Voici l’histoire d’un homme qui a saboté l’histoire. C’est un savant fou, Henry Hassel. Le narrateur évoque des anecdotes sur des savants un peu excentriques comme Ampère, Boltzman et Jacques Charles. Un génie, c’est quelqu’un qui atteint à la vérité par des voies inattendues. Hélas, celles-ci mènent au désastre dans la vie quotidienne. Et c’est ce qui arrive à Henry Hassel, professeur de compulsion appliquée à l’Université Inconnue en 1980. Personne ne sait où est l’Université Inconnue ni ce qu’on y enseigne. Elle comprend deux cents enseignants et deux mille étudiants niais du genre à rester anonymes jusqu’à ce qu’ils gagnent le Prix Nobel. Un soir après son travail, Hassel rentre chez lui et découvre sa femme dans les bras d’un autre homme. Hassel est musclé, il aurait pu réduire sa femme et l’amant en charpie mais comme il est un génie, son cerveau ne fonctionne pas comme ça. Non, il se rend dans son laboratoire pour construire en sept minutes une machine à voyager dans le temps ! Il se rend en 1902 à Philadelphie chez un certain M. Jessup. Celui-ci est le grand-père de sa femme et il le tue. Mais en revenant à son époque sa femme est toujours là dans les bras d’un type. Sa grand-mère était donc également infidèle. Alors il part en 1901 pour tuer Amma Hotckiss, la grand-mère de sa femme. Pourtant de retour chez lui, sa femme est toujours là ! Alors il demande conseil à un ordinateur, Sem, qui lui parle de la notion du temps. Il apprend que pour briser le continuum, l’action doit faire effet sur les masses. La grand-mère de sa femme étant donc trop insignifiante pour perturber le futur. Hassel se rend donc en 1775 pour tuer un jeune colonel, Georges Washington mais en rentrant chez lui sa femme est toujours là ! Alors il repart pour tuer Christophe Colomb, Napoléon, Mahomet et six autres célébrités. De retour chez lui, sa femme est toujours dans les bras d’un autre. Alors il se rend à Paris en 1900 pour voir Marie Curie. Il la renseigne sur la fission nucléaire. Et en rentrant chez lui rien n’a changé. Hassel découvre que le temps est une affaire privée. tout ce qu’il a fait n’a rien changé. Washington est les autres n’ont pas été assassinés. La seule chose qui a changé c’est que Marie curie n’a pas découvert la fission nucléaire, c’est un certain enrico Fermi. Alors Hassel retourne voir Washington et découvre l’autre Hassel qui s’apprête à tuer le grand homme. Mais son double ne l’a même pas remarqué et a tué Washington. Hassel ne se démonte pas et va voir Enrico Fermi à Chicago en 1940 et le tue. Mais ses balles n’ont aucun effet et il s’en rend compte sans comprendre. Alors il retourne voir Sem pour savoir qui est le spécialiste du temps. Il s’agit d’Israël Lennox à Yale mais il est mort en 1975. Il reste un certain Wiley Murphy. Murphy est un de ses collègues. En rentrant chez lui il découvre que l’homme qui embrasse sa femme c’est Murphy ! Hassel parle à Murphy qui ne lui répond pas et essaye de séparer le couple mais sans succès. C’est alors qu’intervient un fantôme, Israël Lennox. Hassel lui apprend sa découverte : le temps n’est pas un continuum mais une série d’infimes particules. Lennox a disparu car il a inventé une machine à voyager dans le temps et Hassel réalise que lui aussi est devenu un fantôme. Lennox a fait comme Hassel, il a tué des célébrités pour changer le présent mais sans succès. La conclusion c’est qu’il n’existe par de continuum objectif et universel mais des milliards d’individus avec leur propre continuum et qu’aucun de ceux-ci ne peut en affecter un autre. Si Hassel et Lennox n’existent plus c’est parce qu’ils ont modifié leur propre passé et qu’ils ont effacé également leur propre souvenir.

 

La clef laxienne (Robert Sheckley)

 

Richard Greyon travaille au Service de Décontamination Interplanétaire. Son collègue a fait amené une machine qu’il montre à Richard. C’est un générateur spontané. Il l’a trouvé dans un dépôt de ferrailles interstellaires. La machine vient de la planète Meldge qui avait possédé autrefois une civilisation extrêmement avancée. La machine se contente de capter l’énergie qui se trouve dans l’air mais Arnold, le collègue de Richard, ne sait pas ce qu’elle peut fabriquer. La machine a produit une poudre qu’Arnold veut faire analyser. La poudre est du Tangresse, la nourriture du peuple de Meldge. Mais après avoir téléphoné à une entreprise, il apprend qu’il ne peut tirer de la poudre que cinq cents par tonne. Arnold découvre alors que le Tangreene se solidifie avec l’air et peut servir aux entreprises de construction. Mais là encore, on ne lui propose que peu d’argent. Arnold veut alors arrêter la machine qui ne cesse de produire de la poudre mais il faut une clef laxienne pour ça et il n’en a pas. Les problèmes arrivent car personne ne possède de clef laxienne et le gérant de l’immeuble où travaillent richard et Arnold a prévenu la police pour être débarrassé de la poudre. Un certain Carstairs arrive dans leur bureau avec un dérivomètre. Il travaille pour la compagnie métropolitaine d’énergie. Les jours suivants, les deux associés ont dû engager des hommes pour se débarrasser de la poudre. Ils ont ensuite installé la machine dans leur astronef. Ils se rendent vers Meldge. Arrivés sur Meldge, un douanier leur demande ce qu’ils sont venus faire alors les deux associés parlent de monter une fabrique de Tangreese. Mais le douanier leur ordonne alors de quitter la planète car elle est déjà couverte de montagne de tangreese ! Le douanier dit enfin aux deux associés que s’ils trouvent une clef laxienne alors il leur élèvera des statues !

 

- La meilleure amie de l’homme (Evelyn E. Smith)

 

Gervase Schnee est réveillé par un représentant de commerce de haut-grade. Le représentant lui annonce qu’une machine l’a désigné comme nouveau souverain. Il est désigné pour supprimer l’ancien souverain. Le représentant s’appelle Bedric Florea et est vice-président de la Société de munitions et de conteneurs Florea. Il offre à Gervase une arme. Florea lui offre également sept milliards pour accepter d’être souverain mais Gervase trouve ça absurde. Il pense qu’une machine ne peut prédire l’avenir. Un autre intrus sonne à la porte, il appartient aux dissiminateur quotidien et veut interviewer Gervase. puis  c’est Kipp, lui-même, l’ancien souverain qui se présente sachant que Gervase est destiné à le supprimer. Il l’invite au palais pour décider de la date de son exécution !

Florea annonce à Gervase que s’il refuse son destin, c’est le peuple qui le tuera. Une foule enthousiaste s’est rassemblée devant l’appartement de Gervase. Gervase déjeune le lendemain avec le suzerain Kipp. La liquidation est fixée pour le mardi suivant et annoncée au public. Le matin de l’exécution, Gervase enfile un uniforme d’assassin noir et argent. Il est accompagné de deux auxiliaires à gages, des croque-morts. La foule attend l’exécution et des rafraîchissements sont proposés dont du hachisch  ! Gervase tue Kipp et ordonne à tout le monde de se retirer. En réalité, Gervase a tiré à blanc et Kipp n’est pas mort. Les croque-morts sont des amis de Kipp. Il s’agit de deux anciens souverains, Moorhouse et Shinnick. Tout avait été arrangé antre anciens souverains qui forment un club soudé. Gervase veut voir la machine, la Pronostiqueuse. Il entre dans la machine dans laquelle se trouve une pièce privée. Une vieille femme pratiquant la voyance avec le tarot et une boule de cristal est dedans. Gervase avait bien deviné que la machine n’avait aucun don pour deviner l’avenir. La vieille femme est la mère de Gervase ! C’est pour cela qu’il était au courant de la supercherie. Elle voulait ainsi désigner un gouvernement qui lui serait favorable.

 

L’éducation de Tigress Macardle (C.M. Kornbluth)

 

Un nouveau président des Etats-Unis est élu. Quatre ans plus tard le 28è amendement est ratifié et la République devient monarchie et Sa Majesté Purvis 1er règne sur toutes les Amériques. Tout se serait peut-être bien passé sans Fu Manchu, savant fou chinois, incarnation du péril jaune. Gerald Wang se jure lui aussi d’incarner le Péril jaune. Il frappe un grand coup en 1978 après des années d’intrigues. Son idée perfide est retenue par Purvis 1er, un édit royal sous forme de « programme des qualités requises pour la procréation. Il est question de George Maccardle professeur chargé de cours spécial d’histoire par chronoscope de l’université de Columbia. Son amie est Tigress Maone. Il a réalisé un cours réussissant à conjuguer l’irresponsabilité du célibat et les joies du mariage. George est devenu un jeune rédacteur plein d’avenir au club du livre hebdomadaire de la Guerre de Sécession. Puis il dirige l’activité des auteurs maison. Un nain dénommé Blount est sa bête noire. Tigress veut un enfant et George se retient de la griffer. Pour elle, c’est une obligation vis-à-vis de la postérité. George se dit « Adieu liberté » mais il semble trop faible pour résister. Depuis l’entrée en vigueur du programme des qualités requises pour la procréation aucun des collègues de George n’ eu d’enfants. Certains même se sont fait stériliser. C’est Blount qui vindicativement lui conseille de demander par téléphone au PQRP comment obtenir l’autorisation d’avoir un enfant. On lui répond qu’il doit se présenter à l’Empire State Building avec sa femme. Ils s’y rendent. On leur indique le bureau n° 100. On leur offre un bambino (un bébé robot) qu’ils doivent rapporter au bout de trois mois pour vérifier son état de santé après quoi on leur délivrera ou non une autorisation de procréer. Le couple s’arrête à une station d’essence pour « nourrir » le bambino avec un biberon de carburant. George s’isole avec le gars de la station-service pour savoir ce qui arriverait si le bambino manquait d’essence mais le bébé robot fonctionne avec une pile atomique, l’essence c’est juste pour les trucs sans importance et le bambino ne cesserait de hurler. Le bambino est un monstre car dès son arrivée chez le couple il commence à tout casser. George rencontre son voisin Jack Truro dans un bar et lui parle du bambino. Ils se plaignent tous les deux et maudissent leurs femmes. George ramène un porte-documents contenant le travail de Blount qu’il attendait depuis longtemps et le bambino s’empresse de le noyer sous de la lessive liquide. Tous les écrits sont effacés et Blount ne conserve pas de double. George se résigne à la stérilisation et sa femme s’en trouve finalement bien contente. Le bambino les félicite de cette décision patriotique qui combat le spectre de la surpopulation. C’est alors que le génie de Wang apparaît car les premières vagues chinoises débarquent en Amérique trois générations plus tard et ne rencontrent aucune résistance de la part d’une population âgée et de faible densité.

 

Le farceur (William Tenn)

 

Vers l’an 2208, un jeune homme intelligent se réveille avec une idée prodigieuse. Il pense aux évolutions technologiques depuis le début du XXè siècle jusqu’à l’arrivée des robots. Lester, le jeune homme, après ses réflexions récupère son robot valet après l’avoir fait réparer. Lester est un comédien célèbre. Il est furieux car on lui a ramené un robot trop petit avec un gros tronc et des petites jambes. Le robot s’appelle Rupert et est chargé d’inventer des blagues pour Lester. Le robot après avoir raconté une blague émet des cliquetis et des grincements ce qui est sa manière de rire à ses propres blagues. Lester donne l’ordre à son robot de lire un scénario pour son spectacle du soir afin d’en faire un second pour donner aux gags de Lester un effet d’improvisation. Une des collègues de Lester appelle. Josephine Linsy lui apprend que Green et Anderson sont allés raconter des choses à Haskell. Ils écrivent les gags pour Lester et veulent convaincre Haskell que Lester ne vaut rien sans eux. Josephine voit Ruppert et le trouve enlaidi et elle pense que ce robot semble avoir des sentiments. Ruppert annonce à Lester que Jo n’est pas une dame mais son futur. Après quoi le mécanicien des Réorganisateurs de Robots Rholg’s entre pendant que Ruppert tombe face contre terre. Il fait la courbette à chaque fois que quelqu’un arrive. Le mécanicien est juste venu récupérer une clef qu’il avait laissée dans le robot. Haskelle arrive. Il veut que le spectacle de Lester fasse rire les spectateurs pour que ceux-ci réagissent positivement à la publicité (on pense au fameux temps de cerveau disponible pour coca-cola de Le Lay, l’ex-patron de TF1). Haskell veut savoir si Lester peut amuser sans Green et Anderson. Alors Lester montre le scénario que Ruppert lui a préparé. Haskell s’effondre de rire. Mais Ruppert s’est vengé d’Haskell qui avait critiqué un cocktail qu’il venait de composer. Ruppert lui a préparé une boisson infecte qui pousse illico Haskell aux toilettes. Ruppert se met à rire à sa façon. Il a donc bien des sentiments. Haskell est alors conduit à l’hôpital. Jo arrive et Ruppert la touche et joue lui  colle une gifle. Elle se casse la main tellement le choc est violent. Joe veut que Lester se débarrasse du robot sous peine de ne plus vouloir se marier avec le comédien s’il refuse. Lester, goujat, préfère l’argent à l’amour et annonce à sa fiancée qu’il espère rester ami avec elle. Pendant son spectacle, il se trouve que Lester a besoin d’improviser et Ruppert l’aide en lui fournissant spontanément des blagues. Lester veut alors remettre Ruppert à sa place mais le robot est vexé et s’empare de la régie et met la pagaille en se moquant des pubs. Lester finit par épouser Joe mais il ne vivra jamais heureux. Il est devenu persona non grata à vie dans tous les studios. L’émission qui l’a ruiné fait la gloire de Ruppert. Lester est devenu son impresario et il vit avec lui comme le veut la loi des robots. Il ne peut voir sa femme et ses enfants qu’une fois par semaine et tout le monde l’a surnommé Lester l’empesté alors qu’avant il était appelé Lester le farceur.

 

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24 mai 2008

Fatherland 4

Samedi 18 avril

1

March se rend chez Charlotte. Elle est en compagnie de Henry Nightingale. Nightingale pense que la Gestapo a dû planquer un micro chez Charlotte alors tous les trois décident d’aller dans la salle de bain en laissant l’eau couler pour se parler. Maguire révèle à March que Luther l’a à nouveau appelée. Quarante minutes après la découverte du corps. Charlotte a enregistré la conversation. Luther a des informations à lui communiquer et veut la voir au Grand dôme avec quelqu’un de l’ambassade des Etats-Unis. Alors March apprend à charlotte la découverte du « corps » à Gotenland. March pense que Luther s’est déguisé en clochard et qu’il s’est réfugié à Gotenland pendant quatre jours. Il a fait passer un clochard pour lui ce qui expliquerait la découverte du cadavre avec le passeport de Luther. March parle de la conférence de Wannsee à Nightingale et à Charlotte et pense que Luther veut donner des informations là-dessus contre une nouvelle vie en Amérique. Nightingale pense que Luther veut risquer de chambouler la détente entre l’Allemagne et les Etats-Unis mais il pense que personne à Washington ne le croira. Robert Harris n’est pas convainquant sur ce point car Churchill et Roosevelt avaient eu vent de la Solution finale dès 1942 grâce à des déportés qui s’étaient évadés. March pense que le plan du Luther peut marcher car si Nightingale refuse de l’écouter, Charlotte fera un article retentissant, c’est pourquoi Luther l’avait contactée. Nightingale cède donc mais il pense que Charlotte subira des pressions car Kennedy ne se laissera pas faire. Hoover et le FBI pourraient même fouiller dans la vie de la jeune journaliste. Charlotte a trouvé un livre sur De Vinci dans lequel elle a reconnu le tableau caché dans le coffre de Luther, La Dame à l’Hermine. Charlotte envisage donc d’écrire un article sur le tableau qu’elle a retrouvé.

2

March conduit Charlotte au rendez-vous avec Luther et la prévient que si elle se fait prendre, elle ne sera pas expulsé d’Allemagne mais déportée pour espionnage. Charlotte, Nightingale et Luther se rencontrent mais pendant ce temps, March est dérangé par un policier. Pour avoir la paix, il sort sa carte de la Kripo prétextant une enquête sur les francs-maçons et les communistes mais le policier n’y croit pas et se renseigne par radio. Au même-moment, la tête de Luther est pulvérisée par un coup de fusil. Evidemment, Globus est sur place. March pense qu’ils ont été donnés. Nightingale veut que Charlotte reparte aux Etats-Unis le soir même pour être en sécurité. Il est convaincu que March est un homme mort.

3

March et Charlotte se rendent à Wannsee. C’est devenu une école de filles. Sur les tableaux se trouvent des actions de grâce en l’honneur du Führer à prononcer avant et après le repas. March dit à Charlotte qu’Heydrich est le seul survivant de la conférence de Wannsee. Il pense que les autorités ont peur que la Solution finale soit médiatisée et révélée au monde. March se demande pourquoi Luther avait les mains vides au rendez-vous. En revenant de Zurich, il devait avoir des bagages et il était passé à la banque. March appelle Jaeger et Halder mais personne ne répond alors par curiosité il appelle chez lui et c’est Krebs de la Gestapo qui répond. Effrayé, il raccroche. March se rend à la morgue pour voir le corps de Luther. Mais on lui propose celui trouvé à Gotenland et pas le vrai. Le vrai est identifié sous le nom de Alfred Stak à cause des papiers trouvés dans sa poche. Ersler arrive et est surpris de tomber sur March car il le croit en état d’arrestation. March fouille les affaires retrouvées sur le faux Luther et se demande comment Globus a pu deviner que le fugitif était toujours en vie, le matin même. March reste convaincu que Luther a ramené quelque chose de Zurich mais pas Charlotte car elle sait à quel point la douane est sévère. March se rend à la Lufthansa et veut voir un responsable. Il s’agit de Friedman, un homme corrompu qui dirige son aérogare comme une principauté. Quand il comprend que March n’en a pas à ses activités douteuses mais veut savoir si Luther a dû laisser à la douane ce qu’il a ramené de Zurich, il s’empresse d’aider le policier. Heureusement rien de ce qui est trouvé n’est ouvert avant un an si l’objet oublié à l’aérogare n’a pas été réclamé. Friedman a bien trouvé un paquet et il le donne à March. Il s’agit d’une trousse. Puis March réussit à soudoyer un hôtelier pour qu’il lui trouve une chambre alors que tout est bondé à cause du Fürhertag. March arrive à ouvrir la trousse et elle est pleine.

4

La trousse contient une lettre de Stuckart prouvant la véracité de la Solution finale.

5

Un autre document prouve que Joseph Kennedy était d’accord avec l’élimination des Juifs et qu’une fraction importante de la population états-unienne comprenait l’attitude allemande à l’égard des juifs. Un autre document prouve l’existence des chambres à gaz. Charlotte loue une voiture avec le permis d’une femme morte que Jaeger a donné à March. De retour à l’hôtel, March et Charlotte se replongent dans les papiers de Luther. Ils trouvent des horaires de train menant dans les camps de concentration. March lit les minutes de la conférence de Wannsee. 11 millions de Juifs devaient être assassinés selon les prévisions de Heydrich. Les papiers prouvent l’utilisation du Zyklon B pour l’application de la Solution finale.

6

March lit un compte-rendu d’une visite de Luther à Auschwitz. Luther a remarqué l’odeur particulière du camp et a souligné la sélection à l’entrée des camps, les valides destinés au travail et les autres à la chambre à gaz. Luther a assisté au gazage des Juifs et a eu un geste de recul après avoir regardé dans l’oeilleton. On apprend que la trousse de médecin de Luther lui a été offerte à Auschwitz comme souvenir c’est celle qui lui a servi à ranger tous les documents sur la solution finale. Pour les SS, le plus gros casse-tête en matière de sûreté était la puanteur dégagée par les cheminées et les flammes visible la nuit à des kilomètres. Après cette visite, Luther a souffert de dépression. Le quatrième homme que March soupçonnait d’accompagner Luther, Stuckart et Bühler se nommait Kritzinger. Grâce aux documents, il a résolu ce mystère. March découvre un document faisant état de l’utilisation des cheveux récupérés sur les cadavres des Juifs. Ils servent à fabriquer des semelles et des chaussons.

Dimanche 19 avril

1

March emballe tous les documents dans un paquet de papier Kraft bien neutre. Il envisage de fuir en Suisse. Il confie le paquet à Charlotte et lui demande de se rendre à l’hôtel Bellevue à Waldshut. Il dit qu’il la rejoindra. Lui aussi a un passeport volé. Charlotte s’est teinte en blonde pour ressembler à la fille sur sont permis volé. Waldshut est à la frontière suisse et March entraîne Charlotte à répondre à la police quand elle cherchera à fuit. Le paquet doit être présenté comme un cadeau de mariage à une amie. March a pris des notes du dossier de Luther et les cache sous le tableau de bord de sa voiture.

2

Avant de partir, March veut revoir son fils une dernière fois. Il lui annonce son départ et lui avoue avoir détesté son père car il est mort quand March était enfant puis qu’il voudrait tout donné pour le revoir. Pili lui montre un dessin qu’il a fait. C’est en rapport avec la guerre à l’Est. Pili était seul et a tendu un piège à son père en le retenant jusqu’à ce que la police arrive.

3

C’est Globus qui arrête March et il veut savoir où est Charlotte. Krebs l’interroge. Il sait déjà tout sur les actes de March, sa tentative de rencontre avec Luther et son envie de l’aider à fuir aux Etats-Unis. Mais Krebs ne sait rien sur le dossier de Luther et March tente de faire croire qu’il enquêtait sur Charlotte et la suivait. Krebs sait que March a récupéré la trousse de Luther mais ne sait pas ce qu’elle contenait. Alors Krebs laisse entrer Globus qui va frapper March avec une batte de base-ball pour obtenir des aveux. Sous le poids de la torture, March s’évanouit. Krebs a trouvé les notes que March a cachées dans sa voiture et veut savoir ce qu’elles signifient.

4

March a été soigné par un médecin. La Gestapo lui a accordé une pause avec café et cigarette. Krebs veut savoir ce que signifie le Zyklon B et Auschwitz et March lui explique tout. Il lui dit que c’est Globus qui a fait construire les centres d’extermination. Krebs ne savait pas que Globus, Suckart, Bühler et Luther étaient mêlés à ça. Il pensait qu’ils étaient juste impliqués dans un trafic d’oeuvres d’art. Globus avait réussi à capter la conversation téléphonique entre Luther et Charlotte, c’est comme ça qu’il a pu le tuer au rendez-vous. March apprend à Krebs que Luther et ses amis avaient voulu se protéger au cas où l’Allemagne perdrait la guerre car ils seraient jugés pour crimes de guerre. C’est pourquoi ils ont constitué un dossier pour faire croire qu’ils étaient opposés à la Solution finale. Ils avaient même impliqué Kennedy dans leurs documents. Krebs est effrayé et ne veut plus rien entendre car il craint des représailles de Globus. Il brûle donc toutes les notes de March.

5

March crache à la figure de Globus les noms des camps de concentration mais Globus ricane en affirmant que personne ne le croira et que les camps n’existent plus.

6

Krebs emmène March au Columbia Haus où se trouvent des moyens plus modernes pour le faire parler. Nebe fait libérer March au cours du transfert. Il veut que March révèle tout ce qu’il sait pour faire pendre les criminels nazis !

Führertag

1

Jaeger récupère March dans sa voiture. C’est Nebe qui lui a demandé de récupérer son collègue. Mais March n’a pas confiance. Il braque son pistolet sur Jaeger et lui demande son arme et Jaeger s’exécute.

2

March a deviné que l’enquête sur Bühler lui avait été confiée exprès car normalement c’est Jaeger qui était de garde et Jaeger avoue que la Gestapo lui a donné l’ordre de laisser sa place à March. Jaeger traitait avec Globus lui-même. Jaeger rapportait tout ce que March lui confiait. March a compris que Jaeger l’avait trahi car il était le seul à savoir pour la conversation entre Charlotte et Luther. La Gestapo n’avait donc pas pu l’écouter directement, c’est bien Jaeger qui avait tout répété. Jaeger affirme qu’il était sous les ordres de Globus et ne pouvait avertir son ami de peur des représailles contre sa famille.  March et Jaeger ont roulé vers l’Est. Ils ont atteint la Pologne. March voulait voir s’il restait des traces d’Auschwitz mais il n’en trouve qu’une brique roussie par les explosifs. March est rattrapé par la Gestapo. L’auteur laisse imaginer que March va se suicider pendant que Charlotte a pu atteindre la suisse et donc tout révéler sur la Solution finale.

Ce roman est un excellent polar historique mais il passe sous silence des faits avérés comme la connaissance des camps par les services secrets britanniques et états-uniens depuis 1942. Churchill et Roosevelt avaient refusé de bombarder les voies ferrées car ils jugeait l’opération trop dangereuses et non stratégiquement utile.

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22 mai 2008

Fatherland 3

5

March, rentré chez lui, découvre son appartement sens dessus-dessous. La Gestapo est donc passée. Il a reçu une lettre de son ex-femme, elle lui déclare qu’il ne verra plus son fils. March prend tout son argent à la banque car il va aller en Suisse pour son enquête. Il veut aller voir Nebe mais celui-ci n’est pas dans son bureau. En tout cas c’est ce qu’on lui fait croire mais en insistant il obtient gain de cause. March demande à Nebe de lui délivrer une autorisation de quitter l’Allemagne. Nebe ironise mais March lui montre la lettre tirée du coffre et lui explique tout. Nebe veut la clef mais March refuse. Nebe ait obligé de céder car s’il faisait torturer March par la Gestapo c’est Heydrich qui aurait la clé. Mais March sera surveillé en Suisse et ne pourra pas s’y réfugier, Nebe l’en avertit. Dès son retour à Berlin, March doit faire un rapport à Nebe. March appelle la Kripo et se met en contact avec l’expert en affaires suisses. Il veut des renseignements sur la banque Zougg, celle de Stuckart. Zougg a pas mal trafiqué avec des ressortissants plutôt douteux. Il aurait des millions de Reichmarks et des oeuvres d’art. March va prendre un verre avec Jaeger et lui parle de sa mission en Suisse. Il lui parle aussi du dossier que la Gestapo a fait sur lui et avoue à son ami qu’il a envisagé de se tailler, c’est pourquoi il a pris tout son argent. En fait, il a laissé tomber l’idée et confie la moitié de sa fortune à Jaeger pour qu’il la donne à Pili quand il sera grand. March se rend à l’aéroport. Il remarque tous les obstacles à franchir avant de pouvoir monter dans l’avion. Chaque fonctionnaire oeuvre avec le soin de celui qui sait qu’un avion détourné ou l’explosion d’une bombe terroriste lui vaudrait de passer cinq ans dans un camp.
6

Une fois dans l’avion, March s’endort et au réveil il a la surprise de découvrir Charlotte assise à côté de lui. Elle a réussi à sortir d’Allemagne en se faisant passer pour son assistante. Arrivé à Zurich, il tente de se débarrasser de Maguire mais elle est décidément très collante. Il se rend à son hôtel, le Baur au Lac et paye le taxi en Reichmark qui est devenu ma monnaie commune européenne. La chambre lui coûte un demi-mois de salaire et il se dit « bel endroit pour la dernière nuit d’un condamné ». Charlotte a réussi à le retrouver à l’hôtel alors il cède et accepte qu’elle l’accompagne dans sa mission. La Suisse est un minuscule pôle de lumière au coeur d’une immensité obscure. C’est un miracle qu’elle soit restée libre. Toute l’Europe est nazie. Le Traité de Rome est différent du nôtre, c’est le Traité européen mais nazi. L’Europe de l’ouest (12 nations) a lié son sort à celui de l’Allemagne. L’allemand est la deuxième langue officielle dans toutes les écoles. Seule la Suisse reste neutre grâce au gel de la guerre froide qui permet aux Etats-Unis et au Reich de s’y rencontrer. March et Charlotte sont toujours suivis par des policiers suisses, Nebe ne lui avait donc pas menti. March et Maguire se rendent dans la villa de Zougg mais deux vigiles les menacent, c’est alors que les policiers suisses qui les suivaient les font monter dans leur voiture pour les protéger.

7

March et Charlotte vont au restaurant ce qui continue d’entamer la fortune du policier mais il s’en fiche. Charlotte se livre à March. Elle parle de politique et de sa vie. Elle est née à Washington en 1939. Son père, rentré de Berlin, avait réintégré le département d’Etat. Dans les années 50, il avait été ambassadeur à Omsk, la capitale de ce qui restait de la Russie. Charlotte avait laissé tomber l’école à 17 ans car elle était en révolte contre tour. Elle est allée à New-York pour devenir actrice et a échoué puis s’est lancée dans le journalisme. Elle est allée en Allemagne pour prouver à tout le monde qu’elle pouvait y arriver surtout à son prof de Columbia qui était devenu son amant. La perspective de l’expulsion la rend malade car elle ne veut pas revoir ses proches. C’est à March de parler de lui. Il évoque sa femme qui l’a trahi mais sans s’étendre. Il veut savoir comment est perçue l’Allemagne aux Etats-Unis et comment se passe la guerre à l’Est. Charlotte lui apprend que 10 000 Allemands ont été tués depuis 1960. L’Allemagne devance les Etats-Unis dans la technologie spatiale. Les fusées partent de Peenemünde là où étaient fabriqués les V2. Churchill et Elizabeth sont au Canada. Elle prétend au trône de son oncle. March apprend que tous les Juifs d’Europe ont été tués. Quelques rescapés ont pu se réfugier en Russie. Mais le pire c’est que tout le monde aux Etats-Unis s’en tamponne. Après cela, March parle de son père et de sa vocation de policier. Il voulait travailler proprement et comme la Kripo a été fusionnée à la SS en 1936, il a été obligé de porter l’uniforme. On apprend que dans cette uchronie, les Etats-Unis sont les alliés des Russes. March a des remords mais Charlotte le rassure en lui disant qu’il n’est pour rien dans le génocide des Juifs puisqu’il était dans son sous-marin. Ironiquement, les nazis font des documentaires sur l’holocauste perpétré par Staline à Katyn et dans les goulags. March montre à Charlotte la photo des Weiss, il est vraiment inquiet sur le sort des Juifs. Il se rend compte qu’il a passé sa vie à traquer des criminels alors que les vrais criminels sont les dirigeants de son pays. En rentrant à l’hôtel, March et Charlotte font l’amour.

Vendredi 17 avril

1

La bourse allemande est à la hausse grâce à l’annonce de la détente avec Kennedy. March et Charlotte se rendent à la banque Zougg. C’est une petite banque familiale. Il arrivent à entrer sans rendez-vous grâce à la lettre trouvée dans le coffre de Stuckart. March apprend que le compte a été ouvert en juillet 42 au nom de Martin Luther avec quatre clés (une pour Luther, une pour Stuckart, une pour Bühler mais qui détient la quatrième ?). Le coffre est loué pour trente ans. Il a été utilisé pour la dernière fois le 13 avril 1964. Luther est donc bien venu à Zurich. Dans le coffre, March et Maguire trouvent juste un carton sur lequel est écrit « propriété du ministère du Reich des Affaires étrangères, Berlin, division Archives des traités. Documents d’Etat-Ultra secret. Dedans se trouve une toile de la renaissance italienne. Charlotte en partant photographie Zougg indigné. Avant de quitter Zurich, March achète un souvenir, une boîte de chocolats et une boîte à musique qu’il fait envoyer à Jaeger. March pense que Luther a récupéré quelque chose dans son coffre, des papiers.

2

March pense que Bühler, Stuckart et Luther se sont réunis en catastrophe pour organiser leur fuite aux Etats-Unis avec l’aide de Charlotte. Après l’assassinat de Bühler et de Stuckart, Luther a dû se terrer quelque part avec ce qu’il a récupéré à Zurich. March dit à Charlotte que Luther sait qui elle est et comment la contacter.

3

March apprend que Luther n’a toujours pas été retrouvé. Il fait son rapport à Nebe. Il cache l’existence du tableau et ment en écrivant que le coffre était vide. Il se rend chez Nebe pour donner son rapport et celui-ci lui avoue pourquoi les nazis passent la pommade aux Etats-Unis. C’est parce qu’ils sont dans la merde. vingt millions de colons ont été envoyés à l’Est mais ils veulent tous rappliquer. Les rouges posent toujours problème avec le terrorisme financé par les Etats-Unis. C’est pourquoi la détente pourra arrêté le terrorisme. Nebe pense que Luther, Stuckart et Bühler étaient peut-être une menace contre l’accord entre les Allemands et les Etats-Unis. March se rend aux archives et rencontre Halder pour lui parler de l’avancée de son enquête. Il veut en savoir plus sur les documents que Bühler, Luther et Stuckart auraient cachés dans leur coffre de Zurich. Il voudrait ces documents pour le soir-même mais Halder explose de colère et de mépris. Alors March tente de l’amadouer en lui parlant du Tribunal SS qui l’attend s’il échoue dans la mission que Nebe lui a confiée. Halder possède l’index des dossiers de l’Intérieur ce qui va lui permettre de savoir quels papiers sont passés entre les mains de Stuckart. Dans la salle se trouve une photocopieuse, une curiosité en Allemagne, où, la distribution de ce type de matériel est strictement contrôlé, pour empêcher les subversifs de répandre la littérature interdite. March et Halder tombent sur des papiers concernant la conférence de Wannsee en janvier 1942. Evidemment, ils ne sont au courant de rien et le dossier a été partiellement vidé. Halder et March n’apprendront donc rien sur la solution finale. Les minutes ont été confisquées par Heydrich le 6 avril 1964. March pense que Bühler et Luther étaient à Wannsee alors que Halder appelle Cracovie pour savoir et en effet les SS sont passés à Cracovie pour emporter les archives de Bühler. C’est Globus qui s’en est chargé. Encore lui !
La conférence de Wannsee devait avoir lieu en décembre 1941 mais elle a été reportée d’un mois à cause de Pearl Harbor et aussi car Hitler a déclaré la guerre aux Etats-Unis le 11 décembre.

4

March a réussi à trouver la 1ère invitation d’Heydrich à la conférence de Wannsee, celle prévue en décembre car les SS n’ont pas pensé à l’enlever des archives. Il a récupéré des copies grâces à Halder. Tout ce qui concerne la conférence de Wannsee se trouvent dans les papiers trouvés par Halder. Bühler, Stuckart et Luther en faisaient bien partie. Hormis ces trois là, onze autres personnes ont participé à la conférence et March se rend dans les archives de la Kripo pour enquêter sur elles. Il y avait le docteur Meyer, du Ministère de l’Est, suicidé en 1960, le docteur Leibbrandt, également du Ministère de l’Est, mort dans un accident de la route en 1969, Erich Neumann, secrétaire d’Etat au bureau du Plan de quatre ans s’était suicidé en 1957, le docteur Freisler, secrétaire d’Etat à la justice, poignardé à mort par maniaque à Berlin en 1954. Le SS Klopfer, chef adjoint de la chancellerie du parti était porté disparu depuis 1963, son corps avait été retrouvé sur un chantier au fond d’une bétonneuse. Friedrick Kritzinger, ancien Ministerial direktor à la chancellerie du Reich avait été soufflé par une bombe dans sa voiture en mars 1964. Adolf Eichmann avait eu une crise cardiaque en 1961 et le SS Rudolf Lang, chef des services de Sûreté de Lettonie avait succombé à une tumeur au cerveau en 1955. Heinrich Müller, policier bavarois, chef de la Gestapo était à bord de l’avion de Himmler qui s’était écrasé en 1962. Le SS docteur Karl Schoengarth, représentant les services de la Sûreté du Gouvernement général était tombé sous les roues du métro le 9 avril 1964. Pas de témoins. Le SS Otto Hofmann de la Sûreté du Reich avait été trouvé pendu à Noël 1963. Tous étaient morts et Luther était introuvable.

5

March se rend à la gare de Gotenland où Luther avait été aperçu mais arrivé sur place, Globus et Krebs lui montrent un cadavre broyé par le train et méconnaissable. Le passeport de Luther est dans les mains de Globus pour confirmer l’identité du corps. Globus stipule ainsi à March que son enquête est terminée. C’est un cheminot qui a découvert le corps.

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18 mai 2008

Fatherland 2

6

March va voir Fiebes. On apprend que l’homosexualité et l’union interraciale ont remplacé l’inceste et le viol au rang des crimes sexuels. L’avortement est passible de peine de mort. Stuckart a écrit un livre de commentaire sur les lois raciales de Nuremberg. Apparemment la propagande a laissé croire que tous les Juifs avaient été déportés à l’Est et non exterminés. Fiebes laisse March consulter le dossier de Stuckart. Stuckart aurait délivré des autorisations de mariage en échange de pots-de-vin et avait exigé les faveurs de certaines demanderesses. Stuckart a noué une liaison avec une Polonaise de 18 ans et a voulu se marier avec elle mais la jeune fille a présenté des faux papiers pour revendiquer une ascendance allemande. Elle est devenue domestique de Stuckart. Stuckart et sa compagne ont été retrouvés morts. Stuckart aurait tiré une balle dans la tête de sa maîtresse et se serait suicidé après. C’est sûrement le parti qui l’a poussé au suicide. C’est une journaliste états-unienne, Charlotte Maguire, qui a trouvé les corps. March détourne l’intention de Fiebes pour voler une enveloppe glissée dans le dossier de Stuckart. C’est Globus qui s’occupe maintenant de l’affaire. March appelle Luther mais c’est sa femme qui répond et lui apprend qu’il a disparu depuis dimanche.

7

March décide de retrouver Charlotte Maguire pour lui parler. il la rencontre dans un café. Elle a vu son visa retiré pour fraternisation avec un citoyen allemand sans autorisation officielle. March veut l’emmener chez Stuckart. Ils passent devant le Parlement européen (dans cette histoire, il n’est donc pas à Strasbourg). Maguire a connu Stuckart quand elle arrivée à Berlin, un an auparavant. Ce sont ses parents qui le lui ont recommandé. Elle le trouvait affreux. Elle devait l’interviewer pour les 75 ans d’Hitler après avoir eu une rencontre désagréable avec lui mais l’avait vu mort. Ils se rendent chez Stuckart grâce aux clefs que March a trouvées dans l’enveloppe qu’il a tirée du dossier chez Fiebes. Avant de le découvrir mort, Maguire a vu deux hommes sortir de chez Stuckart. C’était probablement les meurtriers de Stuckart qui ne s’est donc pas suicidé. Dans l’appartement, March et Maguire trouvent une boîte de chocolats et la même boîte à musique que celle que contenait le colis de Bühler. Là encore le paquet venait de Suisse. Puis ils découvrent un coffre-fort caché derrière un miroir.

8

Kennedy est à Berlin et déclare : « Les Allemands ont leur système, nous avons le nôtre. Mais nous sommes tous citoyens d’une même planète. Tant que nous deux nations s’en souviendront, je le crois sincèrement, nous pouvons avoir la paix. » Il a l’intention d’évoquer la question des droits de l’homme à l’occasion de sa visite en automne. Le Kennedy de cet histoire est chauve et a des lunettes et pour cause car il s’agit du père de JFK, qui était pro-nazi lorsqu’il était  ambassadeur des Etats-Unis en Angleterre en 1940. March a fait venir Jaeger et un casseur de coffre. Il risque la guillotine s’il est pris. Une loi stipule que tout condamné pour récidive peut être arrêté sur le soupçon d’un délit qu’il « pourrait » commettre. Le national-socialisme enseignait qu’on avait la criminalité dans le sang, on naissait avec elle. Cette loi a malheureusement été décrétée mais pas en Allemagne nazie... dans la France de Sarkozy en 2008 !
Le coffre-fort est ouvert par le truand. il ne contient que des papiers jaunis, des actions, des titres de propriété. Hélas les SS arrivent. March a juste le temps d’emporter une enveloppe bleue.

jeudi 16 avril

1

Jaeger et March sont arrêtés par la Gestapo, par Krebs, l’un des deux hommes qui accompagnaient Globus à la villa de Bühler. March repense à tous les éléments qu’il a laissés derrière lui mais heureusement il a eu le temps de donner l’enveloppe tirée du coffre à Maguire qui, elle, a pu éviter la Gestapo. Jaeger veut aider March en proposant de laisser croire à la Gestapo qu’il n’a pas averti son collègue de la reprise de l’affaire par Globus. On apprend qu’Heydrich a remplacé Himmler après la mort de celui-ci comme reichführer et qu’il est bien placé pour succéder à Hitler (dans le Maître du haut château, K. Dick avait imaginé que ce serait Bormann). Jaeger et March passent la nuit dans une salle d’attente. Krebs les réveille pour l’interrogatoire. Mais il les conduit tout d’abord chez Bühler.

2

Là, les attend Artur Nebe, le chef de la Kriminalpolizei accompagné de Globocnik. March et Jaeger apprennent que leur affaire est remontée jusqu’à Heydrich. Ils apprennent que la Gestapo enquêtent sur Bühler avant sa mort. Globus les emmènent dans une pièce cachée que March n’avait pas découverte. Il s’agit d’une sacristie de 5 m2 dans laquelle se trouvent des toiles de maître. Bühler avait donc volé tout cela quand il était au Gouvernement général de Varsovie. Il trafiquait pour sa propre compte ce qui lui avait permis de s’offrir une villa. Martin Luther et Stuckart étaient également impliqués. Bühler volait les oeuvres d’art et Stuckart les réceptionnait. Luther profitait de sa position aux Affaires étrangères pour faire sortir les toiles. Nebe demande à March son sentiment sur la mort de Bühler. March répond que Bühler est mort par noyade d’après son enquête mais il pense qu’il a pu être assassiné car sur son corps se trouvaient des hématomes. Les assassins ont voulu faire croire au suicide mais ont cochonné le travail d’après March. Nebe en conclut que le suicide de Stuckart est également truqué. Globus et Nebe cherchent Luther pour confirmer leur théorie afin qu’elle devienne officielle. Ils ne l’ont donc pas encore tué. Nebe a bien compris que March ne lui a pas tout dit. Il le conduit dans sa voiture et lui montre le dossier que la Gestapo a constitué sur lui. Dans ce dossier figurent les dépositions contre lui, de son ex-femme et de son propre fils à son grand étonnement. Nebe apprend à March que Globus veut se servir de ce dossier pour traduire March devant la court martiale de la SS. Mais Globus a besoin de l’accord d’Heydrich et Nebe a convaincu le Reichfürher que Globus cherche juste à se débarrasser de l’impertinent. Nebe a convaincu Heydrich de laisser du temps à March pour prouver ses théories contre Globus. Il reste quatre jours à March pour s’en sortir. Heydrich et Nebe semblent vouloir la peau de Globus et comptent donc sur March. Nebe demande à March de trouver Luther avant Globus. Globus lui apprend qu’il n’existe plus de témoin et en effet March découvre que Jost a disparu?

3

L’enquête de March a scellé l’arrêt de mort de Jost et l’inspecteur s’en veut. On apprend que les étudiants portent les cheveux longs et des jeans et même que le mouvement de résistance la Rose blanche a repris vigueur. Ses partisans militent contre la conscription et la censure, écoutent de la musique interdite et distribuent des magazines séditieux. March se rend chez Luther. Il y trouve l’épouse de celui-ci. Elle était en train de lire un roman de Barbara Cartland ! Les romans à l’eau de rose ne sont donc pas interdits. Elle apprend à March que son mari est un ami de Franco, un dictateur qu’elle trouve charmant ! Luther a fait une dépression nerveuse en 1943. March apprend que Globus est venu chez la femme de Luther avant même qu’elle n’ait eu le temps de prévenir la police de la disparition de son mari. March trouve ça louche. Mme Luther révèle à March que deux hommes sont venus chez elle et depuis les Luther ont installé un nouveau système d’alarme. Mais les deux hommes ont fui ayant pris peur en voyant que les Luther étaient accompagnés de leurs amis. Luther après a engagé des gardes du corps jusqu’à Noël réalisant qu’il ne pouvait se fier à eux. March suppose que Bühler, Stuckart et Luther se sont réunis, le vendredi précédant et que Luther s’est envolé dimanche pour Zurich. March est sûr que c’est lui qui a envoyé les chocolats à Stuckart et Bühler comme signal pour annoncer l’échec ou le succès d’une mission. March pense que Luther est rentré et c’est lui qui était chez Bühler quand March a appelé chez le noyé.

4

March prend le métro. On y voit des appels à la délation des resquilleurs ou ceux qui ne laissent pas leur place à une dame ou à un ancien combattant. March lit le journal, malgré la censure, il sait lire entre les lignes et devine que la situation est mauvaise à l’Est. Il lit un article sur la mort de Bühler : « accident de baignade ». Il veut aller voir Maguire car il pense qu’elle est la seule qui peut lui sauver la vie. Mais dans l’appartement de Charlotte, il se fait agresser par un homme. Heureusement la jeune femme le sauve en fracassant une chaise sur le sbire qui détale. L’homme était un agent de la Gestapo chargé de fouiller l’appartement de Maguire mais il n’a pas trouvé l’enveloppe découverte dans le coffre-fort. A l’intérieur se trouve une petite clé de laiton et une lettre écrite par un banquier suisse datée de 1942. Elle signale un numéro de compte. March comprend pourquoi Stuckart l’a cachée dans son coffre-fort, la loi interdisant à tout citoyen allemand de posséder un compte à l’Etranger, le contrevenant encourant la peine capitale. March est Maguire se rendent à Tiegarten. Charlotte lui explique qu’elle a fait des recherches dans une bibliothèque publique. Elle a déniché un répertoire des banques européennes et celle de Stuckart existe encore. Elle est allé voir un ami à l’ambassade des Etats-Unis et March semble jaloux. Cet ami s’appelle Nightingale et il est expert commercial. Il a raconté à Maguire la lutte des nazis contre les Allemands ayant caché leur argent en Suisse. Terrorisés ceux-ci ont fini par « oublier » leur argent placé. Vers 1939, la pratique lucrative des comptes suisses numérotés avec l’Allemagne s’étant éteinte. Les parents de Maquire ont connu Stuckart avant la guerre et elle avoue l’avoir vu avant Noël. Il l’a appelée le samedi précédent. Elle oblige March à lui révéler toute son enquête pour lui raconter sa conversation avec Stuckart. En échange, Charlotte lui raconte son entrevue de Noël. Elle a raconté l’histoire de sa mère actrice allemande à Hollywood, son père sous-secrétaire d’Etat adjoint qui s’était retiré à l’arrivée de Kennedy. Son père avait rencontré Stuckart de 1937 à 1939 quand Maguire était en poste à l’ambassade des Etats-Unis à Berlin. Quand Stuckart a appelé Charlotte samedi, il avait l’air ivre et terrorisé, il voulait traiter avec le père de Charlotte. Elle n’a rien dit de tout ça à la Gestapo.

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17 mai 2008

Fatherland 1

Fatherland (Robert Harris)

Mardi 14 avril 1964

Le monde après la guerre gagnée par les nazis. Voici la trame de ce thriller, uchronie déjà imaginée par Philip K. Dick avec « Le maître du haut château ». Le livre commence par un serment SS daté du 14 avril 1964 : « A toi, Adolf Hitler, Führer et chancelier du Reich allemand, Je jure fidélité et courage. A toi, et aux chefs, Par toi désignés, Je jure obéissance dans la Mort. Ainsi m’aide Dieu. »

1

L’inspecteur Xavier March de la Kriminalpolizei de Berlin est appelé par l’ordnungspolizei pour enquêter sur la découverte d’un cadavre.  Normalement, il n’était pas de garde mais accepte d’y aller. Le corps est lourd, près de 110 kilos. Pour March, chaque nouvelle affaire contenait la promesse d’une aventure. Il avait 42 ans et des cheveux grisonnants. En 1940, il avait été sous-marinier. March et le médecin légiste Eisler remarquent que le cadavre n’a plus de pied gauche. Il s’agit d’une amputation ancienne et non d’un pied coupé par une hélice de bateau.

2

March interroge un jeune cadet de la SS (Jost) qui est le premier à avoir vu le cadavre. Si March a accepté d’être tiré du lit en pleine nuit pour enquêter c’est qu’il est seul depuis son divorce et que la routine de son travail le distrait. Il a conduit Jost dans son bureau. L’immeuble est hiérarchisé. Au niveau zéro de la hiérarchie : la Orpo, les flics ordinaires chargés des poivrots et des arrestations mineures. Au sommet, la Sipo : la sûreté regroupant la Gestapo et la SD, la police spéciale du parti. La Sipo s’occupe du terrorisme, du contre-espionnage et des « crimes contre l’Etat ». La Kripo est le 5è bureau de l’office centrale de la Sûreté. A eux le tout venant du crime. Jost fait sa déposition et avoue qu’il est entré dans la SS pour faire plaisir à son père alors qu’il voulait faire des études de lettres et puis il espère ainsi échapper au front (la guerre continue contre les Russes). March devine que Jost a menti sur son horaire car il manque vingt minutes entre sa découverte du cadavre et son appel à la police. Mais si Jost pleure, il n’avoue rien. March suppose que Jost est homosexuel et que son jogging sert à draguer des hommes, voilà pourquoi il manquerait vingt minutes dans son parcours. March cherche ensuite à mettre un nom sur le cadavre et interroge Kreuse, un collègue, sur la liste des récentes disparitions. Le corps se trouvait à proximité du quartier huppé de Berlin où résident les membres du gouvernement. En revenant à son bureau, son collègue Jaeger est revenu et il lui donne donc la liste des disparus. March, pour se décharger de ce travail en partie, car il doit s’occuper de son fils, laisse Jaeger déchirer la liste en deux pour lui en confier la moitié. Jaeger passe la matinée à appeler les commissariats mais ne trouve rien.

3

March emmène son fils visiter Berlin. Ils sont en bus avec un guide et passent devant l’Arc de Triomphe achevé en 1950 pour le jour du Renouveau national. C’est Hitler qui en a réalisé les esquisses. Il est 49 neuf fois plus grand que celui de Paris. Il est haut de 148 mètres et large de 168 mètres. Sur les parois intérieures sont gravés les noms des trois millions de soldats tombés pour la défense de la patrie dans les guerres de 1914-1918 et 139-1946. Les nazis ont donc gagné la guerre en 1946. Il existe une avenue de la Victoire dessinée par le ministre Albert Speer et achevée en 1957 laquelle est deux fois et demie plus longue que l’avenue des Champs-Elysées. Au loin, il y a le Grand dôme du Reich. On apprend que les nazis ont construit une autoroute Berlin-Moscou. March a été réformé en 1948 à cause d’une tuberculose et a intégré la police côtière. La même année, il a épousé Klara Eckart, une infirmière rencontrée au sans. En 19552, il a rejoint la Kripo à Hambourg. En 1954, il a été promu à Berlin. Son fils Pili a 10 ans. March a divorcé parce qu’il se sentait toujours enfermé dans son sous-marin, glissant sur la surface de la vie quotidienne, solitaire et silencieux. Pili est en vacances car depuis 1959, l’anniversaire du Führer est un jour férié. Il est en uniforme de Pimpf, chemise noire et culottes courtes bleu foncé. Il est déjà bien endoctriné par le régime. Le tour en bus continue, ils sont dans la Adolf-Hitler-Platz où se trouvent le Haut Commandement du Reich, la nouvelle chancellerie et le Palais d’Hitler. Le Palais d’Hitler est plus grand que le château de Versailles. Pili sent que son père est toujours plongé dans ses pensées et lui demande s’il est un asocial, mot qui est dans la doctrine nazie un cran en-dessous de traître. C’est le beau-père de Pili, un fanatique du nazisme qui lui a mis ça dans la tête. Pili a fini par détester son père.

4

Jaeger n’a toujours rien trouvé sur l’identité du cadavre. Il a rejoint le parti à la différence de March dans l’espoir d’une promotion. March se rend à la morgue pour voir le cadavre de l’inconnu et prendre ses empreintes digitales. Il se rend au siège central de la Reichskripo pour découvrir l’identité du mort à l’aide des empreintes. De retour  chez lui, il se met à penser à la photo qu’il a trouvé cachée en arrachant le papier pour retapisser son appartement. C’était la photo d’un couple avec un enfant. En enquêtant, il avait découvert que les anciens locataires de son appartement étaient des Juifs, les Weiss. On sent petit à petit que March n’est pas un nazi. Quand il lit le journal, il sait que la seule vérité qu’on y trouve est dans la page des sports. L’auteur du livre glisse quelques informations très ironiques car retravaillées par l’uchronie. Les Beatles ont quand même existé mais sont stigmatisés par les nazis : « mièvreries négroïdes et pernicieuses d’un groupe de quatre jeunes Anglais de Liverpool devant des salles combles de jeunes Allemands à Hambourg ». On a peine à croire qu’Hitler n’aurait pas censuré les Beatles. La 9è de Beethoven dirigée par Karajan est quand même devenue l’hymne européen mais c’est l’Europe nazie. Les nazis ont des sous-marins nucléaires. Aux Etats-Unis, Kennedy est président et a des chances d’être réélu. March reçoit un appel du centre de la Kripo, le cadavre est celui d’un vieux compagnon de route d’Hitler, arrêté avec lui le putsch de 1923. C’est un certain Josef Bühler.

Mercredi 15 avril

1

March prend son petit déjeuner avec Rudolph Halder. Dans le café se trouve le drapeau européen, douze étoiles d’or sur fond bleu. Curieusement c’est le même que celui du monde réel. March a connu Halder dans l’armée 20 ans plus tôt. Après, Halder a repris ses études est devenu chercheur sur l’histoire officielle de la guerre. Ils parlent de Bühler. On sait que celui-ci a été membre du NSDAP dès 1922 et juriste chez Hans Frank, l’avocat d’Hitler. Il a été vice-président de l’Académie de droit allemand et secrétaire d’Etat en 1969 en Pologne. Dans l’uchronie, Bühler n’a donc pas été jugé à Nuremberg et n’est pas mort après sa condamnation en 1948. Il est resté à l’Est jusqu’en 1951. Il a perdu sa femme en 1953 et seule sa soeur Elizabeth Trinkl vit encore. March souhaite qu’elle reconnaisse le corps. Bühler s’est occupé de la germanisation de la Pologne en implantant un million d’Allemands et en chassant un million de Polonais. Halder apprend à March que deux types de la Sipo sont venus le voir aux archives et qu’ils s’intéressaient à March. Il est donc surveillé. Rentré dans son bureau, March fait son rapport sur Bühler. La soeur de Bühler reconnaît le corps de son frère à la morgue. Elle apprend à March qu’elle n’a pas vu Bühler depuis dix ans car ils n’avaient plus rien en commun mais ils gardaient une correspondance. Elle trouvait son frère froid et ne le portait pas dans son coeur comme beaucoup de monde car depuis son veuvage, elle ne pouvait pas compter sur lui financièrement. Elle apprend à March comment Bühler a perdu son pied. C’était en 1951, il est tombé dans une embuscade de résistants polonais. C’est après qu’il a quitté son poste. Après la mort de sa femme, il est resté sans rien faire. Eisler a pratiqué l’autopsie de Bühler. On apprend que March ne lui parlait plus depuis qu’il avait découvert les fonctions du médecin. Comme Mengele, il faisait des expériences horribles sur les détenus. Bühler est bien mort par noyade.

2

March refait le parcours de Jost pour savoir s’il a menti puis se rend dans la maison de Bühler au moment où Jaeger lui apprend que l’affaire est reprise par la Gestapo mais il désobéit et continue son chemin. L’appartement de Bühler ne devait plus être correctement entretenu depuis des mois, peut-être des années. En fouillant, March trouve un agenda du parti daté de 1964 et s’en empare. Près du bateau de Bühler, il trouve un pied artificiel. Trois SS arrivent sur les lieux et March préfère se cacher remarquant, à leur allure, qu’ils étaient déjà venus ici auparavant. Parmi eux se trouve Odilo Globocnik dit globus, ancien Gauleiter de Vienne. March trouve un colis dans la boîte à lettres et ne se prive pas de le prendre puis s’en va.

3

On retrouve Jost dans son camp d’instruction SS. March lui rend visite et lui apprend qui était le cadavre que le jeune homme a trouvé. Jost est obligé d’avouer que ce soir-là il n’a pas seulement vu le corps de Bühler, il a également vu Globus et deux autres SS.

4

On découvre le parcours d’Odilo Globocnik. Né en Autriche, maçon de profession, il était devenu leader du parti pour la Carinthie au milieu  des années 30, puis responsable à Vienne. Une période de disgrâce pour spéculation illégale puis chef de la police au Gouvernement général, il devait y avoir rencontré Bühler. Voie de garage à Trieste après la guerre et après la mort d’Himmler, de nouveau à Berlin, à la Gestapo sous les ordres d’Heydrich (lequel n’a donc pas été assassinée en Tchécoslovaquie). March parcourt l’agenda de Bühler mais n’y trouve que des petites croix. Il ouvre le parquet trouvé dans la boîte de Bühler. Il vient de Suisse et contient des chocolats et une boîte à musique jouant l’acte III de la Veuve joyeuse.

5

Une communication gouvernementale obligatoire pour tous les allemands est diffusée à la télé. March se souvient des communications les plus marquantes comme celle de 1943 où il avait appris la victoire des nazis contre Staline lors d’une bataille commencée à l’été 1942 qui avait coupé Moscou du Caucase et séparé l’Armée rouge des champs pétrolifères de Bakou privant l’armée soviétique d’essence. Il se souvient également de la paix avec les Britanniques en 1944 car l’Angleterre avait été réduite par la faim et Churchill avait fui au Canada. En 1946, c’était la paix avec les Etats-Unis qui avait pourtant battu le Japon avec l’explosion d’une bombe atomique mais Hitler avait riposté en envoyant un V3 dans le ciel de New-York. Après cela, la guerre s’était transformée en petites guérillas aux confins du nouvel Empire allemand. Un point mort nucléaire, que les diplomates avaient baptisé Guerre froide. Goering est mort en 1951 et Himmler en 1962 (dans l’explosion d’un avion). Cette fois la communication télévisée du porte-parole Drexler est axée sur la visite de Kennedy à Hitler. Après quoi, tout le monde doit chanter l’hymne nazi mais March, lui, fait semblant.
Jaeger annonce à March qu’un officier SS et sa femme juste mariés viennent d’être assassinés. Comme l’officier avait épinglé un carton d’invitation au panneau d’affichage de sa caserne, la Gestapo pense que quelqu’un du nettoyage ou des cuisines a fait passer l’information car la plupart des hommes de peine dans les casernes sont des étrangers et ils ont tous été arrêtés. March montre à son collègue les chocolats et la boîte à musique trouvés dans le colis pour avoir son avis. Bühler n’avait pas d’amis alors qui lui a envoyé ce paquet ? Il parle aussi de la confession de Jost mais Jaeger ne veut rien savoir. March décide d’aller consulter le Guide des personnalités du NSDAP. Il regarde la fiche de Martin Luther : né en 895, déménageur, membre du NSDAP et SA en 1933, conseil municipal de Berlin puis Affaires étrangères en 1936, chef de l’Abteilung Deutschland jusqu’à sa retraite en 1955, promu sous-secrétaire d’Etat en 1941. Puis Mach consulte la fiche de Wilhelm Stuckart : né en 1902, docteur en droit, membre du parti en 1922, diverses fonctions dans la SA et SS. Maire de Stettin en 1933, secrétaire d’Etat à l’Intérieur de 1935 à 1953 puis retour à activité juridique privée. Bühler, Stuckart et Luther devaient se connaître et ils s’étaient rencontrés le vendredi avant le meurtre de Bühler mais où était le lien ? Stuckart venait de mourir le 13 avril d’une crise cardiaque. Il demande à l’archiviste le dossier de Stuckart alors que toute demande est consignée et que la Gestapo l’a dessaisi de l’affaire. Le dossier est sorti, il est dans les mains de Fiebes, responsable de la division des crimes sexuels.

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11 mai 2008

Pybrac (Pierre Louÿs)

Pybrac

I

Louÿs dresse une liste de ce qu’il n’aime pas. Cela le conduit à évoquer les lesbiennes et leurs manies comme par exemple : « Je n’aime pas à voir trois petites gougnottes qui, ne pouvant coucher ensemble ouvertement, se branlent dans les coins, se goussent dans les chiottes et se pissent en bouche et trouvent ça charmant ».
Dans la pornographie, Louÿs use de l’humour au second degré, on sent qu’il s’amuse quand il écrit : « Je n’aime pas qu’Agnès qui croit sa vie amère s’enfuit à quinze ans afin d’avoir vécu et se fait faire un jour trois photos pour sa mère pine au con, pine en bouche et pine au cul. »

Pybrac est une suite de quatrains pornographiques très portés sur les lesbiennes et la sodomie. Parfois ces quatrains sont insupportables dans leur violence et leur évocation de la pédophilie : « Je n’aime pas à voir la fillette qu’on viole avec peine, en crevant sont petit con d’enfant, qui d’abord infoutable, étroit comme une fiole, devient beaucoup trop large aussitôt qu’il se fend ».

Il y a des sacrilèges plaisants pour les anticléricaux : « Je n’aime pas la nonne à la vulve très noire qui, pourpre, ayant rompu son dernier godmiché se fourre au trou du con sa madonne d’ivoire et savoure à loisir l’honneur de son péché ».

II

Dans le deuxième chapitre de Pybrac, Louÿs se moque des convenances en les liant à la pornographie ce qui les rend encore plus drôles : « Je n’aime pas à voir la brune secrétaire qui suce avec pudeur, affecte un vif émoi et se trouble si fort qu’elle crache par terre en disant : « oh ! pardon, je me croyais chez moi. »
Louÿs se moque encore de la religion : « Je n’aime pas à voir la soeur des Ursulines qui songe, en explorant ses organes poilus : « dieu m’a donné dix doigts pour m’en servir de pines et je n’ai que deux trous ! J’en voudrais huit de plus. » Puis : « Je n’aime pas à voir la maîtresse du Pape qui, pour monter en grade et changer de milieu, coïte avec un christ en forme de Priape et se croit chaque soir la maîtresse de Dieu ».

III

Là encore, Louÿs fantasme sur la religion et sa morale pour la pervertir : « Je n’aime pas à voir dans l’église Saint-Pierre, le touriste qui trousse une fille à genoux, lui pousse un large vit dans le trou de derrière et soupire en citant l’Evangile : « Aimons-nous ! »

C’est dans ce chapitre que Louÿs va le plus loin dans l’horreur en écrivant : « Je n’aime pas à foutre un foetus d’avant-terme. Je vois. C’est une fille avec un petit con, je crève le cul rouge et pisse un jet de sperme mais sans goût, sans amour vraiment, sans passion ». Il est à la fois macabre, pédophile et morbide. Et il poursuit : « Je n’aime pas la mère offrant sa fille morte (quatorze ans, quatre poils, pucelle, et caetera, disant : « Amusez-vous, mais fermez bien la porte. Et pinez la partout, tant que ça vous plaira ».

Après la pédophilie et la nécrophilie, Louÿs poursuit dans l’horreur avec la zoophilie : « Je n’aime pas à voir dans la cour de la ferme le valet qui déflore un coq sur le fumier et qui pond dans son cul sept décharges de sperme quand il pourrait baiser les filles du fermier ». On se demande pourquoi, Louÿs écrit « je n’aime pas » alors que tous ses quatrains semblent représenter ses fantasmes. Pour l’auteur, la pédophilie ne semble pas un crime puisqu’il écrit : « Je n’aime pas à voir la môme ridicule qui va dire en pleurant aux commissariats : « Depuis que j’ai neuf ans mon grand-père m’encule ! » Et pour si peu de mal nous fait tant d’arias ».

IV

L’ironie de Louÿs est présente avec une mauvaise foi bien comique quand il écrit : « Je n’aime pas à voir, gravée en frontispice, une Agnès qui se branle, et cette inscription : « Papa, quand je décharge en disant que je pisse : c’est mal d’encourager la masturbation ». Alors que Louÿs la glorifie.
Il y a une allusion à Trois filles et leur mère semble-t-il : « je n’aime pas à voir la famille ouvrière où sur le même pieu trois soeurs et leur maman reçoivent quatre vits dans le trous du derrière, quadruple inceste à poil et non sans mouvement ». Peut-être Louÿs pensait à Mme de Heredia et à ses filles ?
Il décrit également les positions (en levrette, la sodomie par-derrière). Louÿs revient à sa passion pour le saphisme et l’inceste avec « Les soeurs incestueuses ». Comme dans Trois filles et leur mère » Louÿs est obsédé par l’inceste : « Je n’aime pas la dame aux paupières de sainte qui n’a que ses trois fils pour amants nuit et jour et dit : « Je ne sais pas duquel je suis enceinte, ma bouche et mes deux trous leur servent tour à tour. »

La femme (1889-1891)

L’orchidée

Louÿs élabore une métaphore du sexe féminin à l’aide d’une fleur et filée avec le discours du sang (vulve rouge, or rouge, corolle de rubis).

La vulve

Louÿs explore l’anatomie féminine dans le détail (la touffe délicate, l’odeur impure, odeur qu’ont les algues marines) la description de la vulve est très naturaliste et tranche avec la lourde pornographie de Pÿbrac et du roi Gonzalve. Le mont de Vénus est décrit comme un fruit dans un quatrain charmant : « Ne t’étonne pas si ma pudeur m’empêche de ternir l’épiderme de cette pêche, si j’ai peur, si je veux l’adorer simplement. » Le clitoris est également est également détaillé comme une fleur : « un pistil de chair dans un lys douloureux ».

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10 mai 2008

Histoire du roi Gonzalve et des douze princesses

Histoire du roi Gonzalve et des douze princesses

I

C’est l’histoire d’un roi et sa reine qui eurent douze filles en dix ans. Quand l’aînée eut 18 ans, le saint confesseur demanda audience au roi. Il lui avoua que le Malin tentait les princesses et même si c’était en vain, celles-ci se soulageaient entre elles pour compenser l’absence d’hommes. Le roi décida d’envoyer la reine et le confesseur dans un monastère. dès que la reine et le prélat eurent quitté le palais, Gonzalve en profita pour appeler une de ses maîtresses et lui demanda si elle était au courant des pratiques de ses filles. Elles étaient à point et le roi en voulut une pour la nuit. La maxime des filles du roi était : « branlez-vous les unes les autres ». Louÿs se moque des principes chrétiens en les comparant à la grivoiserie. Gonzalve choisit une fille au sort en tirant les poils du vagin se sa maîtresse. Comme il en tira sept, c’est sa septième fille qui l’emporta; Septima. Celle-ci n’avait que 13 ans et était encore pucelle. Le roi pensait comme sa maîtresse que ce serait dommage de la dépuceler par devant.

II

Septima entra dans la chambre de son père avec Chloris, la maîtresse du roi. Elle était nue et ne voulait pas être sage. Septima se moquait bien de la vertu et se vanta de ce qu’elle aimait faire avec Chloris. Septima était prête à tout faire avec son père (comme dans Trois filles et leur mère, Louÿs fantasme sur l’inceste) mais elle voulait que Chloris fasse l’amour avec Gonzalve d’abord pour qu’elle apprenne de visu. Septima se laissa sodomiser par son père et si elle souffrit, elle pensa quand même que c’était une preuve d’amour filial.

III

Chloris se fit maîtresse de cérémonie et déclara que le roi ne pouvait se dépuceler sa fille et que c’était à Septima de nommer trois de ses soeurs entre lesquelles le roi daignerait désigner celle qui passerait la nuit avec lui. Septima désigna Tertia et le roi en fut ravi. Tertia ne perdit pas de temps, elle se déshabilla et fit l’amour avec Chloris et après cela embrassa sa soeur Septima. Celle-ci questionna sa soeur sur ses pratiques sexuelles. Elle savait qu’elle se branlait avec un godmiché qu’elle s’était fait avec une peau de gant. Septima se vanta d’avoir été enculée et Tertia lui demanda par qui. Tertia en voulait à sa soeur car elle était jalouse. Chloris était allé chercher le godmiché de Tertia et cette dernière voulut se venger en l’utilisant sur sa soeur mais c’est Chloris qui le désirait.

IV

Le roi revint dans sa chambre. Il demanda à Tertia ce qu’elle savait le mieux et elle lui répondit : la pudeur. Elle n’était pas venue nue, elle ne se rasait pas pour cacher son vagin et elle s’était mis un godmiché dans le cul pour ne pas se faire enculer par Gonzalve. Pourtant son père savait qu’elle brûlait de se faire sodomiser. Tertia pensait que plus les filles faisaient l’amour et plus elles étaient vertueuses. Enfin, Tertia s’offrit à son père.

V

Le lendemain soir, il fut décidé que ce serait le tour de Prima. Elle se présenta seule et sans trouble. Gonzalve demanda à sa fille ce qu’elle savait le mieux. Septima avait dit la morale, Tertia la pudeur et Prima répondit faire bander son père. Elle lui fit une fellation et avala son foutre puis elle ouvrit les lèvres et sourit tendrement. Elle lui dit qu’elle avait cinq cons : les aisselles, l’anus, la bouche et le vagin. Son caprice était de ne pas de se laisser voir le vagin sans qu’il reçoive un baiser. Le roi en perdit la tête. Elle dit qu’elle aimait toutes ses soeurs et qu’elles étaient ravies de la lécher et que c’était son plaisir de les tenter. Quand Prima montra son vagin au roi, celui-ci accepta d’offrir la caresse que les jeunes se font entre elles même s’il n’y était point naturellement porté.

VI

Prima, après l’amour, intrigua avec son père pour lui faire désirer les plus petites de ses soeurs. Elle dit au roi que Puella, qui n’avait pourtant que neuf ans, était la plus vicieuse. Puella vint dans la chambre du roi. Prima la pressa de ne dire que la vérité. La petite avoua qu’une petite fille n’était qu’une « pauvre petite saloperie qui fait tout et ne jouit pas ». Et de le prouver en suçant les poils des aisselles de Prima et ensuite son vagin. Elle avoua aussi qu’elle aimait lécher le vagin de ses soeurs après qu’elle aient pissé et qu’elle trouvait ça bon. Pire, elle dit que quand les grandes avaient leurs règles, c’était encore meilleur ! Louÿs égale presque Sade dans les fantasmes liés à la saleté et au sexe. Et ce n’est pas fini puisqu’il révèle que Prima voulait montrer à son père comment elle savait enculer Puella avec un godmiché. Mais le roi un peu pervers voulait que ce soit la plus petite qui sodomise la grande.

VII

Prima avoua à son père un autre vice de Puella. La petite aimait par-dessus tout lécher l’anus de sa grande soeur. Prima appela Puella, elle voulut que sa soeur suce Gonzalve pendant qu’elle la sodomiserait. Des deux soeurs, la plus agitée après cette longue scène fut Prima. Prima courut jusqu’à l’appartement de sa soeur favorite qu’elle n’avait pas voulu nommer au roi. Quarta était ravie de l’arrivée de Prima et lui proposa de faire l’amour. Ensuite, Prima raconta tout ce qu’elle avait fait avec son père et Puella. Quarta, qui était vierge par devant, voulut se faire dépuceler par Prima avec le godmiché de Chloris. Elle fut ainsi plus heureuse qu’elle ne l’avait rêvé.

VIII

Lorsque fut la septième nuit, le roi prit conseil de Tertia qui lui répondit de faire venir Secunda c’est avec elle que Tertia couchait tous les soirs mais elle pensait qu’elle était d’une vraie connerie. Gonzalve demanda également à Secunda ce qu’elle savait le mieux et elle répondit qu’elle était une misérable pécheresse. Elle avouait qu’elle se branlait en regardant son vagin à l’aide d’un miroir et qu’elle éprouva de la concupiscence pour Tertia.

Ce court récit est comme Trois filles et leur mère excessif dans la perversion. Il révèle les fantasmes de Louÿs et doit être pris au second degré. A l’évidence on doit préférer les textes de la période symboliste de cet auteur mais celui-ci devait être étudier comme les autres.

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