16 mars 2009
Comment se faire des amis ? suite
Chapitre 13 : c’est par le coeur qu’on parvient à l’esprit
Lincoln disait : « Si vous voulez rallier un homme à votre cause, persuadez-le d’abord que vous êtes son ami. Ce sera la goutte de miel qui touchera son coeur, et c’est par le coeur qu’on parvient à l’esprit.
Chapitre 14 : le secret de Socrate
Quand vous voulez convaincre votre auditeur, évitez, dès le début de la conversation, de soulever les questions sur lesquelles vous et lui ne vous entendez pas. Appliquez-vous, au contraire, jusqu’à la fin, à souligner les points sur lesquels vous êtes tous les deux du même avis. Tachez d’amener cette personne à dire : « Oui, oui » le plus tôt possible. Faites qu’elle n’ait pas à prononcer de « non ». Toute la technique de Socrate consistait à poser des questions auxquelles son adversaire ne pouvait que répondre affirmativement. L’un après l’autre, il emportait toute une série d’acquiescements. Et ainsi, de question irrésistible en réponse affirmative, il entraînait son interlocuteur vers une conclusion que celui-ci aurait repoussée violemment quelques instants auparavant. Carnegie conseille donc de poser des questions qui font dire oui immédiatement.
Chapitre 15 : la soupape de sûreté
La plupart des gens, quand ils essaient de convaincre un interlocuteur, parlent trop. Laissez donc l’autre « vider son sac ». Il connaît mieux que vous son affaire et ses problèmes. Posez-lui des questions et laissez-les s’exprimer. Si vous n’êtes pas d’accord avec lui, vous serez tenté de l’interrompre. Mais n’en faites rien. C’est dangereux. Il ne vous écoutera pas tant qu’il ne se sera pas libéré de toutes les idées qu’il brûle d’exprimer. Ecoutez-le patiemment et avec impartialité.
La Rochefoucauld dit : « Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser. » Il faut donc laisser notre interlocuteur parler tout à son aise.
Chapitre 16 : Pour obtenir la coopération d’autrui
Il est maladroit d’essayer d’imposer à tout prix vos opinions à ceux qui vous entourent. Il est plus sage de fournir simplement quelques suggestions adroites, en laissant l’autre tirer ses propres conclusions. Il faut laisser à son interlocuteur le plaisir de croire que l’idée vient de lui.
Chapitre 17 : une formule pour accomplir des prodiges.
Si notre voisin est complètement dans l’erreur, il ne croit pas se tromper. Il ne faut pas le condamner mais essayer de le comprendre. Voir les choses du point de vue de votre interlocuteur peut diminuer les tensions quand les problèmes personnels deviennent graves.
Chapitre 18 : ce que chacun désire
Carnegie suggère une phrase magique pour éviter les querelles et dissiper les rancunes : « Je comprends très bien votre attitude, si j’étais vous j’aurais probablement la même ». Les trois quarts des gens que vous rencontrerez ont cruellement soif de sympathie, de compréhension. Contentez-les et ils vous adoreront. Donc si vous voulez gagner les autres à votre point de vue, accueillez avec sympathie les idées et les désirs des autres.
Chapitre 19 : un appel apprécié de tous
Pour influencer les autres, faisons appel à ce qu’ils ont de plus noble. Il faut donc faire appel aux sentiments élevés d’une personne pour obtenir d’elle ce qu’on veut.
Chapitre 20 : le cinéma le fait, la télévision le fait, pourquoi pas vous ?
Il faut du spectaculaire. Affirmer une vérité ne suffit pas. Il faut frapper l’imagination, rendre les faits vivants, intéressants, impressionnants. C’est ce qu’il faut faire pour capter l’attention. Pour Carnegie, il faut démontrer spectaculairement nos idées et frapper la vue et l’imagination.
Chapitre 21 : Pour déclencher une réaction
Pour obtenir des résultats, stimulez la compétition, non par l’appât du gain, mais par une émulation plus noble, le désir de mieux faire, de surpasser les autres et de se surpasser. L’argent seul ne suffit jamais à faire agir les hommes de valeur. Ce qui les tente, c’est le risque, la lutte, la possibilité de vaincre, de se dépasser. Toutes les compétitions n’ont pas d’autres mobiles que celui-ci : le d »sir d’exceller et d’affirmer son importance.
4è partie : soyez un leader : neuf moyens de modifier l’attitude des autres sans irriter ni offenser.
Chapitre 22 : s’il vous faut corriger une faute, commencez ainsi.
Il nous est moins pénible d’entendre des remarques désagréables après un compliment sur nos qualités. Commençons par faire des éloges et nous ferons progresser les autres sans nous faire détester. Avec des personnes sensibles qui souffriraient d’une critique directe, attirez indirectement l’attention sur leurs erreurs, et vous ferez des merveilles. Pour modifier la conduite d’une personne sans l’offenser ni l’irriter il faut faire remarquer erreurs ou défauts de manière indirecte.
Chapitre 24 : parlez d’abord de vos erreurs
Il nous est bien moins pénible d’entendre la liste de nos fautes si l’accusateur commence en confessant humblement qu’il est lui-même loin d’être irréprochable. En reconnaissant nos propres erreurs (même si nous ne les avons pas corrigées) nous pouvons aider les autres à modifier leur comportement.
Chapitre 25 : personne n’aime recevoir des ordres
Un ordre trop brutal provoque chez votre interlocuteur une offense qui peut durer longtemps, même si cet ordre est justifié. Poser des questions rend non seulement un ordre plus acceptable mais stimule aussi la créativité de votre interlocuteur. Les gens accepteront plus facilement un ordre s’ils ont pris part à la décision qui est à son origine.
Chapitre 26 : comment ménager l’amour-propre de votre interlocuteur
Sauver la face, voilà ce qui compte pour les humains. Pourtant combien d’entre nous y songent, quand il s’agit des autres ? Nous piétinons la sensibilité de nos semblables, nous imposons nos volontés sans songer une minute aux réactions que nous provoquerons. Même si nous avons raison et que notre interlocuteur a tort, en lui faisant perdre la face, nous détruisons son ego. Il faut donc laisser son interlocuteur sauver la face.
Chapitre 27 : comment stimuler les hommes
Reconnaissons les progrès, si légers soient-ils, de ceux que nous voulons encourager. C’est ainsi que nous les stimulerons, que nous les engagerons à poursuivre leurs efforts. Lorsque la critique est réduite au minimum et le compliment accentué, ce qu’il y a de positif chez l’être humain se trouve renforcé, et ce qui est négatif s’en trouve affaibli parce qu’on n’y prête pas attention. Tout le monde aime être félicité, mais le compliment n’est apprécié que s’il repose sur des faits précis. Il est alors ressenti comme sincère, et non plus destiné simplement à faire plaisir. Si nous savons révéler leurs trésors cachés à ceux qui nous entourent, nous ferons beaucoup plus que les influencer ou les stimuler. Nous les ferons progresser et se métamorphoser.
Chapitre 28 : comment inciter l’autre à se dépasser
Si vous désirez développer une certaine qualité chez un individu, agissez comme si cette qualité était déjà un de ses traits dominants. Il faut donner à quelqu’un une bonne réputation à mériter.
Chapitre 29 : comment favoriser les progrès
Il faut dispenser généreusement les encouragements, s’arranger pour que la tâche à accomplir semble facile, montrer à celui que l’on veut stimuler que l’on a confiance en ses capacités.
Chapitre 30 : comment motiver
Il faut faire en sorte que les autres soient heureux de faire ce que l’on suggère. Pour modifier une attitude il faut être sincère et ne pas faire de fausse promesses. Oublier son intérêt et se concentrer sur l’intérêt de son interlocuteur. Il faut savoir exactement ce que l’on veut que notre interlocuteur. Il faut savoir exactement ce que l’on veut que notre interlocuteur fasse. Il faut considérer les avantages que notre interlocuteur peut retirer en accomplissant ce que nous lui proposons. Faire que ces avantages soient en accord avec les désirs de notre interlocuteur. Quand on fait une proposition il faut la formuler de telle manière que notre interlocuteur comprenne qu’il va retirer un avantage personnel.
L’esprit de ce livre est très anglo-saxon, Carnegie parle toujours du culte de la performance et veut voir ses lecteurs comme des leaders ce qui peut entacher ses conseils. En effet ceux-ci peuvent être perçus non pour de l’humanisme mais comme du management en transformant les gens en manipulateurs d’hommes pour réussir dans leurs entreprises.
10 mars 2009
Comment se faire des amis ?
Comment se faire des amis (Dale Carnegie)
Dale Carnegie, leader mondial de la formation continue, est spécialisé dans les antraînements à la communication, au leadership, à la vente, au management et à la prise de parole en public. Son ouvrage est devenu un classique et a été publié en 1936. L’approche pratique de ce livre l’a placé parmi les dix best-sellers mondiaux en non-fiction de tous les temps. Carnegie est considéré comme le père des « relations humaines ».
Pourquoi et comment j’ai écrit ce livre
Carnegie est un pur capitaliste, et l’affiche d’emblée en considérant que la plupart des livres édités sont mortellement ennuyeux et ne sont pas rentables. Pour lui la culture doit rapporter de l’argent et non du savoir cela jette donc une ombre dans sa conception des relations humaines. Depuis 1912, Carnegie a dirigé des séminaires pour enseigner l’éloquence. Pour lui, le pouvoir d’influencer ses semblables est indispensable à tout homme qui vit en société. L’influence est donc pour Carnegie une valeur marchande, il ne dit pas autre chose en citant John Rockfeller : « Ceux qui savent influencer les hommes possèdent une qualité que je suis disposé à rétribuer davantage que n’importe quelle valeur sous le soleil ». Drôle de façon d’aborder les relations humaines...
Par ailleurs, Carnegie est très prétentieux, il affirme qu’une sorte de guide pratique des relations humaines n’existait pas avant son livre et qu’il l’a donc écrit lui-même alors que la philosophie socratique est entièrement fondée sur l’art de communiquer. Il a donc questionné les grands personnages de son époque comme Franklin Roosevelt et Mary Pickford... Il prétend que ses principes produisent des résultats immédiats et presque magiques. LE moins que l’on puisse dire c’est que Carnegie est très peu modeste. Il ne vise nullement l’humanisme puisqu’il est obsédé par l’argent en affirmant : « Grâce aux principes enseignés ici, d’innombrables commerciaux ont pu augmenter leur chiffre d’affaires. »
Huit conseils qui vous permettront de tirer de ce livre le bienfait maximum
Le premier conseil est le désir profond et irrésistible de vous perfectionner, la volonté d’apprendre à mieux vous entendre avec votre entourage. Pour cela il faut se dire que son bonheur, son succès, sa réputation dépendent en grande partie du talent que l’on saura déployer dans les rapports avec nos semblables.
Commencez par lire rapidement chaque chapitre pour en prendre une vue d’ensemble
Interrogez-vous fréquemment pour réfléchir à ce que vous venez de lire
Cochez ou soulignez les conseils que vous comptez utiliser
Si vous voulez tirer de ce livre un bienfait réel et durable, ne croyez pas qu’il vous suffira de le parcourir une seule fois (...) passez quelques heures chaque mois à le réviser.
Pour assimiler ces principes, mettez-les en action, appliquez-les chaque fois que l’occasion s’en présente
Que cette étude devienne pour vous un jeu amusant et passionnant.
Appliquer la méthode Carnegie permet de constater que notre faculté d’être apprécié et d’influencer les autres grandit et se développe comme un laurier.
Trois techniques fondamentales pour influencer les autres
Chapitre 1 : Si vous voulez récolter du miel ne bousculez pas la ruche
99 fois sur cent, l’être humain se juge innocent, quelle que soit l’énormité de sa faute. La critique est vaine parce qu’elle met l’individu sur la défensive et le pousse à se justifier. La critique est dangereuse parce qu’elle blesse l’amour-propre et qu’elle provoque la rancune. Il faut se demander ce qu’on ferait à la place de celui qu’on veut critiquer. Carnegie évoque la rancoeur de Lincoln et de Mark Twain et les lettres d’insultes qu’ils ont envoyé à leurs ennemis. Lincoln s’est calmé avec le temps et a compris que la critique était stérile. Quand vous vous adressez à un homme, rappelez-vous que vous ne parlez pas à un être logique. Vous parlez à un être d’émotion, à une créature toute hérissée de prétentions, mue par son orgueil et par son amour-propre. Le premier imbécile venu est capable de critiquer mais il faut de la noblesse et de la maîtrise de soi pour comprendre et pardonner. Carnegie cite un article de W. Livingstone Larned intitulé « Les pères oublient ». C’est un père qui reconnaît que gronder son fils en oubliant que c’est un enfant qui commet des fautes d’enfant n’apporte rien. Il lui parle pour exprimer son regret et son amour. La morale c’est qu’il ne faut pas traiter les enfants comme des adultes. Donc, tout savoir c’est tout pardonner.
Chapitre 2 : Le grand secret des relations humaines.
Il n’est qu’un moyen au monde d’amener une personne à accomplir une certaine action, c’est de susciter en elle le désir d’accomplir cette action. Pour Freud les deux désirs fondamentaux sont le désir sexuel et le désir d’être reconnu et selon le philosophe John Dewey c’est le désir d’être important qui compte le plus. Nos besoins sont les suivants : 1 la santé, 2 la nourriture, 3 le sommeil, 4 l’argent, 5 la survivance future, 6 la satisfaction sexuelle, 7 le bonheur de nos enfants, 8 le sentiment de notre importance.
Celui qui peut étancher sa soif d’être reconnu tient ses semblables entre ses mains. On peut cerner une personne en sachant comment elle veut combler ses besoins d’importance. Carnegie pense qu’il faut encourager les autres et qu’on révèle leurs meilleurs dons et pas en les grondant. Carnegie encourage l’éloge mais déconseille la flatterie grossière et fausse. Rendre justice aux mérites des autres est une qualité que nous négligeons de développer dans la vie de tous les jours. On ne transforme pas les autres en blessant leur amour-propre.
Chapitre 3 : qui en est a le monde avec lui. Qui ne l’est pas reste seul.
Toujours parler de ce que nous désirons est vain, puéril, absurde. C’est pourquoi la seule façon d’influencer le voisin, c’est de lui parler de ce qu’il veut et de lui montrer comment il peut l’obtenir. Carnegie cite le professeur Harry A. Overstreet : « L’action naît de nos désirs fondamentaux... et le meilleur conseil qu’on puisse offrir à ceux qui désirent influencer leurs semblables, aussi bien dans les affaires, dans la politique, que dans l’enseignement ou la famille, c’est avant tout, d’éveiller chez eux un ardent désir. Celui qui peut réaliser cela s’attache tous les concours et toutes les sympathies, il connaît le succès. Celui qui en est incapable demeure pauvre et solitaire ». Donc il faut amener l’autre à « vouloir » faire ce qu’on lui demande. Carnegie, comme Henry Ford, pense que le secret du succès, c’est la faculté à se mettre à la place de l’autre et de considérer les choses de son point de vue autant que du nôtre. Nous avons plus de chance de réussir si on présente les choses du point de vue de celui dont on est débiteur que du sien. Le monde est plein d’individus avides et égoïstes. C’est pourquoi l’être exceptionnel qui s’efforce de servir autrui généreusement et sans arrière-pensée possède un énorme avantage sur le reste de l’humanité car il ne rencontre guère de concurrence. L’économiste Owen D. Young disait : « l’homme qui peut se mettre à la place des autres, qui peut comprendre le mécanisme de leurs pensées, n’a pas à s’inquiéter de ce que l’avenir lui réserve ».
Carnegie refuse de penser que sa méthode peut être assimilée à de la manipulation : « considérer le point de vue d’autrui pour susciter en lui le vif désir de faire ce que vous proposez ne doit pas être interprété en termes de manipulation où la personne serait amenée à agir dans votre intérêt et contre le sien. Dans toutes les négociations les deux parties devraient être gagnantes.
2è partie : six moyens de gagner la sympathie des autres
Chapitre 4 : pour être partout le bienvenu
Pour gagner les sympathies, il faut être aimable, s’oublier et pesner aux autres. Le philosophe Alfred Adler a écrit dans « Le vrai sens de la vie » : « l’individu qui ne s’intéresse pas à ses semblables est celui qui rencontre le plus de difficultés dans l’existence et nuit le plus aux autres ». Carnegie pense que pour conquérir l’amitié des gens il ne faut pas craindre de nous donner la peine d’accomplir des choses qui exigent du temps, de la réflexion, des efforts et de l’abnégation. Monter intérêt et admiration sincères à autrui et une qualité qui vous permet de gagner sa sympathie. Déjà, cent ans avant JC, le poète Publius Syrus, observait : « Nous nous intéressons aux autres quand ils s’intéressent à nous ».
Chapitre 5 : un moyen facile de faire une bonne première impression
Carnegie attache beaucoup d’importance au sourire. Il cite le psychologue, James U. Mc Connel : « Ceux qui sourient, dit-il, ont tendance à diriger, à enseigner ou à vendre avec plus d’efficacité, et leurs enfants sont en général plus heureux. Un sourire à plus d’effet qu’un froncement de sourcils. C’est pourquoi les encouragements ont plus d’impact que les blâmes ».
Carnegie estime qu’il faut que nous nous plaisions dans la compagnie de nos semblables, si nous voulons qu’ils se plaisent dans la nôtre. Pour Carnegie, le bonheur peut s’acquérir par le contrôle de soi : « Il est certain que le plus sûr moyen de connaître le bonheur serait de contrôler nos pensées. La félicité ne dépend pas de conditions extérieures, elle est régie par notre attitude mentale. Carnegie insiste sur l’importance du sourire dans ce chapitre et recommande : « Lorsque vous rencontrez un homme trop las pour vous donner un sourire, laissez-lui le vôtre. Car, nul n’a plus besoin d’un sourire que celui qui n’en a plus à offrir.
Chapitre 6 : si vous n’observez pas ce principe tant pis pour vous.
L’auteur pense qu’il est utile de se rappeler le nom et le prénom de ses interlocuteurs. Il affirme que ce fut le secret de la réussite de Carnegie, le roi de l’acier. Dale Carnegie pense que les hommes sont si fiers de leur nom qu’ils s’efforcent de le perpétuer à tout prix. La preuve en est que pendant des siècles, les nobles et les dignitaires financèrent des artistes, des musiciens et des écrivains pour que leurs oeuvres leurs soient dédiées.
En général, si nous oublions les noms, c’est tout simplement que nous ne prenons ni le temps ni la peine de les noter, les répéter et les fixer durablement dans notre esprit. Pour justifier notre négligence, nous disons que cela prend trop de temps et que nous sommes trop occupés. Franklin D. Roosevelt savait que l’un des moyens les plus évidents, les plus faciles et les plus efficaces de plaire aux gens, c’est de retenir leur nom et de leurs faire sentir leur importance. Nous devrions nous rendre compte du formidable pouvoir d’un nom. En fait, le nom est l’identité de la personne. C’est ce qui la distingue des autres, lui donne son caractère unique.
Chapitre 7 : voulez-vous que votre conversation soit appréciée ? C’est très facile.
Tous les hommes aiment à discourir quand on les écoute avec intérêt.
D’après le professeur Charles W. Eliot : pour conquérir la sympathie d’une personne, pour la mettre en humeur favorable et finalement la rallier à votre cause, il faut, avant tout, lui accorder votre attention exclusive lorsqu’elle s’exprime. Rien n’est plus flatteur. Pour calmer un ronchonneur chronique, il suffit très souvent pour le calmer d’un auditeur patient et compréhensif, qui sache demeurer coi et silencieux, pendant que le mécontent s’enfle comme un cobra et crache le fiel qui l’étouffe.
La leçon à tirer de ce chapitre est qu’il faut savoir écouter et encourager les autres à parler d’uex-mêmes.
Chapitre 8 : comment intéresser les autres
Pour trouver le chemin du coeur d’un homme, il faut l’entretenir de ce qu’il chérit le plus.
Chapitre 9 : comment plaire instantanément
Il existe une loi primordiale que nous devons respecter dans nos rapports avec nos semblables. Si nous l’observons, nous gagnerons amitié et bonheur. Il faut faire sentir aux autres leur importance. Il faut également agir envers les autres comme on voudrait qu’ils agissent envers nous-même. Il faut utiliser des petites phrases comme : « Excusez-moi de vous déranger... Voulez-vous avoir la bonté de... Voulez-vous je vous prie sans oublier « merci ». Ces phrases sont l’huile qui lubrifie les mécanismes de notre vie quotidienne. Prenons conscience de ceci : tout homme que nous rencontrons croit nous être supérieur en quelque manière. Si nous voulons trouver le chemin de son coeur, prouvons-lui subtilement que nous reconnaissons sincèrement cette importance.
« Parlez à un homme de lui-même », disait Disraeli, l’un des plus adroits politiciens qui aient jamais gouverné l’Empire britannique, parlez à un homme de lui-même et il vous écoutera pendant des heures ».
3è partie : douze moyens de rallier les autres à votre point de vue
Chapitre 10 : que gagnez-vous à argumenter ?
Carnegie a assisté à des milliers de discussions et sa conclusion, c’est que le meilleur moyen de l’emporter dans une controverse, c’est de l’éviter. Fuyez les discussions comme vous fuiriez les serpents à sonnettes ou les tremblements de terre, tel est son conseil. Il pense que neuf fois sur dix, chacun des adversaires se retire du débat, plus que jamais convaincu d’avoir raison. Carnegie pense qu’un homme convaincu malgré lui garde toujours le même avis. Un malentendu n’est pas dissipé par une discussion, mais par le tact, la diplomatie, l’esprit de conciliation et par le désir généreux de considérer le point de vue l’autre. Mieux vaut abandonner le chemin à un chien que d’être mordu en lui disputant le passage. Car même tuer le chien n’enlèvera pas la morsure. Dans une dispute, il ne faut pas céder à sa première impulsion car elle n’est pas dictée par le meilleur de nous-mêmes. On juge une personne sur ce qui peut la mettre en colère. Il faut commencer par écouter l’autre pour construire la part de la compréhension. Quand on a écouté ses antagonistes jusqu’au bout, il faut arrêter sa pensée sur les points et les zones d’ententes possible. Il faut être honnête et admettre ses erreurs pour désarmer ses adversaires et réduire leur attitude défensive. Il faut promettre de réfléchir aux idées de ses antagonistes, de les étudier avec soin. Il faut remercier sincèrement ses adversaires pour leur intérêt car toute personne qui prend le temps de ne pas être d’accord avec nous s’intéresse aux mêmes choses que nous et elles désirent peut-être réellement nous aider.
Chapitre 11 : un moyen infaillible de se faire des ennemis ! Comment l’éviter ?
Il ne faut jamais commencer une discussion en annonçant : « Je vais vous prouver cela... Je vais vous démontrer que... » cela équivaut à dire « Je suis plus malin que vous. Je vais vous faire changer d’avis ». Ainsi, on crée une opposition et on incite l’interlocuteur à nous combattre avant même d’avoir pu entamer notre exposé. Il vaut mieux opérer si adroitement, si subtilement, que nul ne puisse découvrir notre but si nous avons l’intention de prouver quelque chose. Il faut commencer ainsi : « Je peux me tromper... Voyons cela ensemble ». Pour Carnegie, il ne nous arrivera jamais d’ennuis si nous admettons promptement que nous sommes sujet à l’erreur. Bien rares sont les gens dont le jugement est parfaitement sain, objectif et lucide. La plupart d’entre nous sommes plein de partialité. Notre raison est obscurcie par la jalousie, le soupçon, la crainte, l’envie et la vanité. Il faut donc respecter les opinions de nos interlocuteurs et ne jamais leur dire qu’ils ont tort.
Chapitre 12 : Que faire quand vous avez tort ?
Quand nous savons que nous mériton sune remontrance, ne vaut-il pas mieux prendre les devants courageusement et faire notre mea culpa. En se hâtant de dire nous-mêmes toutes les choses déplaisantes que l’autre personne allait exprimer, nous la désarmons. Le premier imbécile venu peut essayer de justifier ses erreurs. Mais l’homme qui reconnaît ses fautes s’élève au-dessus de la masse. On obtient peu en s’opposant, bien d’avantage en concédant donc si nous avons toprt il faut l’admettre promptement et énergiquement.
17 mai 2007
A propos de la solitude
La grâce de solitude
Entre misère et royauté : la libre solitude
Le « solitaire heureux » reste un mystère tant la solitude est synonyme de panique dans la société actuelle. Partagé entre besoin d’amour et désir d’indépendance nous ne sommes pas préparés à la solitude quand nous y sommes confrontés. Autrefois rare, la solitude touche aujourd’hui des millions de personnes et pourtant elle est occultée par les penseurs actuels (le mot « solitude » est absent des dictionnaires de sciences humaines !).
L’irradiance du dénuement. Dialogue avec Christian Bobin.
Christian Bobin est un poète français contemporain. Ses livres tiennent à la fois ou séparément du roman, du journal et de la poésie en prose. Il s’est rendu célèbre grâce à un ouvrage consacré à Saint François d’Assise : Le Très-bas publié en 1992. Pour lui, la solitude est une matière peuplée par les livres et les cigarettes qu’il ne peut s’empêcher de fumer. C’est plus une grâce qu’une malédiction. La solitude peut se comparer à la folie car elle peut être subie. Elle est alors noire et pesante. On se sent abandonné. L’autre solitude est celle dont il parle dans ses livres dont il parle presque en amoureux. Il estime que pour vivre, il faut avoir été aimé ou porté au moins une fois. Après, on peut être seul car ce qui a été donné une fois l’est pour toujours. Solitude et isolement sont confondus dans l’espoir de beaucoup et les dictionnaires ne les distinguent guère plus. Pour Christian Bobin, la solitude n’est pas choisie. Néanmoins, ses heures de solitude sont pour lui des heures de plénitude. Paradoxalement la solitude lui permet d’être relié à tout pour écrire.
Autrefois, on appelait le solitaire reclus, aujourd’hui c’est un exclu. Ce qui confirme une perte de sens dans la solitude et conditionne le malaise qu’elle engendre. Pour Bobin, l’amour, la solitude, l’écriture, le chant, le jeu sont difficiles à isoler et sont des éléments qui aident à respirer. Toutefois Bobin reconnaît avoir tendance à aller trop vite vers le sublime. Il admet s’éprouver retiré. L’amour et la solitude ne sont pas si éloignés. Pour preuve c’est le titre d’un poème d’Eluard : « L’amour la solitude ». Pour Bobin, l’amour la solitude sont comme les deux yeux d’un même visage. Ce n’est pas séparable. Curieusement, ce sont les rencontres de l’écrivain qui lui ont donné la solitude. Il estime que si on a été aimé pleinement, après on peut se perdre ou s’ennuyer, ça n’a plus d’importance. Il suffit d’avoir reçu l’amour une fois et de ne pas en douter pour se donner la solitude et à la liberté. Bobin écrit dans « une petite robe de fête » : « La comète de l’amour ne frôle notre coeur qu’une fois par éternité ». Ce qui est plutôt pessimiste. En effet si on a été touché une fois par la comète de l’amour et que ce dernier nous a quittés alors on est condamnés à la solitude pour « l’éternité ». Selon Bobin, pour qu’il y ait rencontre, il faut que cela n’entame pas la solitude de l’un et de l’autre et que cette solitude en soit développée. On entend souvent dire qu’on est seul même quand on est en couple comme si l’autre ne pouvait combler nos angoisses, notre vide intérieur. C’est ce que semble confirmer Bobin mais l’écrivain trouve cela positif. Il considère que vivre dans la solitude est un luxe. Vivre sans télé, dans le silence est un luxe. Pour supporter la solitude, il faut attendre qu’elle devienne bonne. Elle peut être pesante et ennuyeuse. La télévision permet de remplir le creux qui est en soi dans les moments de solitude. On le remplit très vite alors que ce creux a peut-être quelque chose à nous dire. On essaie de tuer les questions que nous pose la solitude par ingestion d’images. Bobin estime que parfois on fuit la pesanteur de la solitude avec des divertissements de bruits et de paroles qui sont bien plus tristes que l’ennui (à la télé ou à la radio). Il pense qu’il y a une rudesse, une brutalité de la solitude. Pour lui, même les paroles les plus vraies peuvent être utilisées par nous comme un divertissement. Une des remarques les plus justes de Bobin sur la solitude est celle-ci : « il y a quelque chose de la solitude, quelque chose du passage du temps dans la vie, qui n’est pas complètement accepté ». Il y aurait donc dans la solitude une angoisse de la vieillesse ou une peur de la mort. Pour l’écrivain, le plus sain dans cette vie est de regarder la solitude en face et d’abord dans ce qui en elle ne nous convient pas. Il peut y avoir dans la solitude un besoin animal de se retirer, d’éviter la rencontre, de se préserver. Il existe aussi une culpabilité pour celui qui est seul. Bobin a l’impression qu’on demande aux gens seuls de s’excuser de l’être. De vivre une vie qui n’est pas complètement ordinaire ou qui peut apparaître comme un luxe. Ce luxe c’est la surabondance de temps. Dans les sociétés antiques, la solitude était indissociablement liée à la sagesse, alors qu’aujourd’hui le solitaire est perçu comme un marginal. Pourtant, Bobin estime que la grande solitude souffrante, subie, passive se trouve dans les couples, au milieu du couple. Parce que la solitude a un lien avec la parole. Parler c’est être surexposé, vulnérable. Seul devant l’autre seul. Mais la pure parole peut manquer à des gens qui vivent tout le temps ensemble. Pour Bobin l’image de la solitude la plus fascinante est celle d’une mère avec un enfant, c’est lié à l’état d’abandon, de nonchalance. Bobin pense qu’on n’est jamais abandonné. Pour lui c’est une croyance plus qu’une sensation. Ce n’est que de l’humain et n’a donc rien à voir avec Dieu. On est contagieux de soi-même, de la joie ou de l’amour qu’on ressent. Les livres transmettent la personne qui les a écrits. Ils transmettent un souffle malade ou un souffle sain. On transmet cette partie vitale de soi : joie ou tristesse et on peut très bien cacher la haine de la vie sous des mots contraire, ça ne fait rien, ça se sent. Winnicott notait que la capacité d’un individu à être seul repose sur son expérience antérieure d’enfant « seul en présence de la mère ». Cette notion d’apprentissage de la solitude en présence de la mère permet à l’enfant de découvrir qu’on peut être seul sans être abandonné, de découvrir que la mère peut être à la fois à l’extérieur et à l’intérieur. Bobin conclut en affirmant qu’il n’est pas suffisant pour se tenir debout de se construire seul. Dans la solitude on rejoint quelqu’un d’autre que soi.
L’effrayante conquête.
Dialogue avec Jean-Michel Besnier
Né en 1950, Besnier est agrégé de philosophie et docteur en science-po. Il est professeur de philosophie à la Sorbonne. Il a travaillé pour les revue L’Express et Esprit. Parmi ses ouvrages on trouve notamment une Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (1993). Besnier estime que la solitude est le résultat d’une conquête de haute lutte et de manière incessante. En effet, il faut s’arracher à soi, à l’inertie première pour être solitaire. Mais elle n’est pas un point d’aboutissement, elle est plutôt une disposition, une ouverture. Pour Besnier, le fait d’aimer et d’être aimé n’est pas antinomique avec la solitude. Mais l’idée d’avoir pour seule quête se fondre dans l’autre le terrifie. Il fait allusion au Banquet dans lequel Platon raconte que les dieux avaient coupé l’espèce des androgynes en deux et que ces deux moitiés passaient leur vie à se retrouver. Pour Besnier, la solitude est donc positive car elle exclut l’appariemment obligé. Toutefois, il ne nie pas que la solitude peut être douloureuse. Il pense qu’en étant seul, on passe continuellement de la béatitude au désespoir. On peut paniquer si on pense ne plus être capable de s’accrocher à quelque chose. Dans l’Antiquité, la solitude était le propre des sages. Pour les stoïciens et les épicuriens mieux valait ne se donner comme marge d’action que ce qui peut nous éviter d’être dans la dépendance des autres. Besnier explique que la solitude est mal vue aujourd’hui. Il rappelle que les travaux de Tocqueville ont prouvé que sous l’Ancien Régime, les hommes avaient des repères fixes : la famille, la sociabilité rurale. Mais la Révolution a dispersé les maillons de cette chaîne. Nous sommes devenus des individualistes mais nous le vivons comme une faiblesse. Dans notre société, est donc considéré comme suspect tout individu qui s’abstient des autres. Besnier distingue solitude et isolement. La première est de l’ordre du consentement mais pas le second. Selon le philosophe Alain « L’homme isolé est un homme vaincu ». Besnier pense que l’homme isolé n’a pas su s’imposer aux autres et forcer leur désir. Il peut être responsable de son isolement, s’il s’abandonne à l’impuissance à séduire l’autre. Le solitaire, au contraire, désire la sociabilité et cherche à séduire grâce à son autonomie qui le rend original. L’étape de la désintégration absolue intervient quand personne ne sait que vous êtes seul.
Dans les couples, s’il y a des pathologies c’est parce que chacune des identités a renoncé à s’auto-affirmer et a accepté les compromis. On choisit d’intégrer le fantasme de l’autre. Pour Besnier, on rencontre plus vite la solitude lorsqu’on est deux que lorsqu’on est seul.
A la source de la solitude, il y a un problème aigu d’incommunicabilité des émotions. Besnier évoque également la solitude du philosophe. Pour le philosophe, la solitude est orgueil. Il pense : « je suis l’unique, je vais reconstruire le monde... Je vais édifier des systèmes de pensée et es système vont réduire le monde. Ils vont le réduire à ce que j’en pense... »
Accepter la solitude et la cultiver peut être perçu comme une pathologie, une anormalité. Mais celui qui cultive la solitude rejette un monde où les hommes ne sont jamais souverains mais toujours asservis. L’homme délibérément solitaire est donc plus libre que les autres prisonniers par la massification croissante de nos sociétés. Dans les dictionnaires on ne trouve pas le mot solitude parce que dans notre culture, la solitude est plutôt connotée de manière esthétique comme une situation de poète. La solitude fascine quand elle est celle du saint mais fait très peur s’il s’agit de celle de l’homme de la rue. Il y a donc une solitude qui rime avec plénitude et une autre qui rime avec vacuité. Besnier estime que certains hommes ont peur de la solitude parce qu’ils sont « fâchés » avec eux-mêmes. Ils culpabilisent d’être seuls, ils pensent que personne ne les aime parce qu’ils ne sont pas aimables. Ils sont insupportables à eux-mêmes et se croient insupportables aux autres. Besnier pense que c’est la religion judéo-chrétienne qui dévalue la solitude. Mais il évoque aussi Voltaire qui faisait de Rousseau un « méchant » parce que ce dernier aimait vivre en ermitte. La solitude pour les chrétiens est mauvaise car elle renvoie à celle de Caïn lequel est honnis dans notre tradition. Donc si l’on est solitaire c’est que, comme Caïn, on a commis la faute. Dans ainsi parlait Zarathoustra, l’homme est fâché avec lui-même parce qu’il a tué dieu et donc cette altérité qui pouvait lui donner le sens de lui-même. Seul, il se retrouve devant son propre vide. Nietzsche invite pourtant l’homme à s’améliorer en disant : « Deviens ce que tu es » mais l’inviter à devenir ce qu’il est au prix de la solitude c’est lui faire violence.
A l’ombre du désert
Dialogue avec Théodore Monod
Théodore Monod était professeur honoraire au Museum d’histoire naturelle, membre de l’Institut, zoologiste, passionné par le désert, botaniste et géologue.
Monod évoque ses expéditions dans le désert. Pour lui elles n’ont rien de mystique. Elles s’inscrivent dans une démarche scientifique. Il ne pense pas que le désert par lui-même, soit la source d’un grand approfondissement de la vie spirituelle. Il avoue qu’on s’y ennuie énormément. Pour Monod, la solitude donne beaucoup de temps. Eventuellement pour la méditation individuelle. Il faut, par exemple, beaucoup de temps pour lire. Pour que la solitude soit une alliée il faut avoir quelque chose de précis à faire. Là, on n’a pas le temps de s’ennuyer ni de songer qu’on est seul. Monod pense que si on veut, on peut trouver la solitude dans le métro un jour de pointe. Si elle est intérieure, ce n’est pas le décor, le paysage, qui ajoutent quelque chose. A moins qu’on n’y transporte ce qu’on a l’intention d’y trouver.
Le principe de fuite par Marie de Solemme
Dans notre monde, le solitaire heureux est incompris, considéré comme égoïste ou misanthrope. La solitude choisie est perçue comme une fuite. Dans certaines situations, il n’y a pas d’autre issue que la fuite, ce n’est pas de la lâcheté mais un sursaut de santé. On peut fuir dans la drogue, dans le travail, dans l’imaginaire, dans l’obéissance ou le fatalisme, l’important c’est de savoir ce que nous fuyons : sans doute la réalité de ce que nous sommes. Dans Eloge de la fuite, Henri Laborit précise que fuir le monde c’est également sortir des rapports de force « Maître-Esclave ».
L’indicible manque
Dans solitudes et sociétés, Michel Hannoun essaie de comprendre d’où vient le fait que le mot solitude soit passé d’une connotation positive ou neutre à une acception souvent négative. Durant tout le Moyen-Age, la solitude était synonyme de désert c’est-à-dire de lei inhabité propice à la méditation. C’est au 12è siècle que le mot solitude a pris son sens actuel l’état d’abandon des hommes vis-à-vis de la société. La solitude était autrefois un lieu puis un état d’abandon et aujourd’hui un sentiment. La solitude comme source de souffrance pourrait venir dès le début de la vie comme le note M. Hannoun : « On sait que naître au monde et naître à la solitude, c’est tout un. La naissance opère une séparation du corps matériel qui préfigure l’autonomie d’une existence sur laquelle se superpose la construction d’une identité personnelle. Cette séparation est nécessaire, mais elle est vécue sur le mode de la frustration. Un des traits les plus caractéristiques de la solitude existentielle est l’incommunicabilité. Cette incapacité que nous traînons de ne pouvoir exprimer nos sentiments profonds et qui engendre des frustrations, de tristesse ou de révolté même si nous sommes en couple, en famille ou entre amis.
Le clair regard des « fils de l’instant » par Jean-Yves Leloup
Que la solitude soit « une grâce », et qu’elle rende « heureux », n’est pas évident... Tout aujourd’hui semblerait nous dire le contraire : quand ce n’est pas un malheur, c’est une maladie. La qualité de la vie, c’est encre la qualité de notre solitude. D’elle dépend évidemment la qualité de nos relations, sinon « l’autre » n’est jamais qu’un moyen pour éviter cette solitude; il n’est pas aimé pour lui-même.
14 mars 2007
Ce merveilleux malheur
Boris Cyrulnik est connu pour avoir développé le concept de résilience en psychiatrie. Pour lui la résilience " définit La capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants."
Dans son enfance Boris Cyrulnik a manqué de peu la déportation par les nazis ce qui a marqué sa vie et l'a renforcé. Dans Ce Merveilleux malheur, Cyrulnik combat les idées reçues sur les enfances difficiles. Il nie le poncif consistant à dire que chaque enfant battu devenu adulte reproduira sur sa progéniture ce qu'il a subi. Cela arrive certes mais cela touche une minorité d'adultes victimes de leurs parents. Le psychiatre s'intéresse aux relations humaines et tente de définir ce qui forge notre vie comme les rencontres. Il parle de "pouvoir façonnant du regard des autres. Pour beaucoup, la rencontre évoque le hasard, mais on sait aujourd'hui que le hasard est fortement déterminé par l'élan du sujet vers son milieu. Le conjoint vient nettement en tête des rencontres heureuses. L'ettayage affectif, le sentiment de stabilité autorise enfin des projets de construction de soi (la femme belle, intelligente et solide sans laquelle je n'aurais jamais pu devenir ce queje suis). Les conjoints sont surinvestis à cause de la boulimie affective des blessés de l'âme. Une personne non blessée n'accepterait probablement jamais les efforts relationnels qu'ont fait ces jeunes gens, tant ils avaient besoin de l'affection de l'autre.
Cyrulnik évoque également l'agression : "Après une agression, la métamorphose est biologique. Le blessé a acquis désormais une manière de sentir le monde et d'y répondre. Meurtri lors de son enfance, il acquiert, comme un champion, un mode de réaction. Mais comme il s'agit d'une empreinte, d'une trace dans la mémoire biologique, il devient hypersensible à un type d'événement. S'il le rencontre quarante ans plus tard, le surhomme s'effondre devant une toute petite épreuve qui, pour lui, rappelle l'agression majeure. Quant au proche du traumatisé, il s'attache à un champion vulnérable dont émane une fièvre émotionnelle qui imprègne ceux qui l'aiment. Le proche du blessé reçoit un stress sans visage, une agression sans forme qui vient de la personne d'attachement. Sans savoir pourquoi, il se sent épuisé, toujours un peu anxieux, comme en alerte, sans raison. Il ne sait pas contre quoi se défendre, puisqu'il a l'impression que le mal vient de lui-même et sûrement pas de ceux qui l'aiment. Cette transmission de la souffrance ne peut se faire qu'entre deux personnes attachées et capables d'empathie."