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26 septembre 2026

Nymphéas noirs (Michel Bussi)

 

Jérôme Morval, un ophtalmologiste collectionneur d'art et de femmes, est retrouvé assassiné (poignardé et noyé) dans le ru de l'Epte. Dans la veste de Morval, une carte postale est retrouvée. Deux messages y sont inscrits. Le premier est un simple « onze ans bon anniversaire ». Le second, lui, est un vers du poème Nymphée de Louis Aragon : « Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure ».

L'enquête est menée par l'inspecteur Laurenç Sérénac, un homme intuitif, et son adjoint Sylvio Bénavidès. Sérénac tombe rapidement sous le charme de Stéphanie Dupin, la jeune et séduisante institutrice du village.

 

Le roman suit en parallèle le quotidien et les secrets de trois habitantes aux profils bien tranchés qui rêvent de fuir Giverny : une fillette de onze ans douée pour la peinture (Fanette Morel), l'institutrice (Stéphanie), et une vieille femme mystérieuse vivant dans un moulin qui observe tout du haut de sa tour.

Le génie du roman repose sur une manipulation temporelle et narrative. Le lecteur pense suivre une seule chronologie au présent avec les points de vue entrelacés de ces trois femmes. On découvre à la fin que la vieille femme du moulin n'est autre que Fanette, devenue âgée, et que l'histoire se déroule en réalité sur trois époques différentes (1937, époque de l'enfance de la narratrice, 1963 quand Morval est assassiné puis lors de l'enquête menée par Sérénac et Bénavidès et 2010 quand la narratrice évoque ses souvenirs d'enfance avec son premier amoureux Paul et sa vie de jeune institutrice avec son mari Jacques Dupain).

Le livre joue sur une illusion d'optique littéraire semblable aux nymphéas de Monet, où les perspectives se confondent.

 

C'est Jacques Dupain qui a tué Jérôme Morval, en 1963, par jalousie (de peur que l'ophtalmologue lui enlève sa femme) comme il avait tué Paul en 1937, alias Albert Rosalba (la narratrice donnait à ses camarades de classe des prénoms de peintres impressionnistes). Le petit Paul voulait simplement aidé son amie à gagner le concours de la Fondation Robinson en montrant à l'institutrice le tableau de nymphéas que Fanette (alias Stéphanie) avait peint.

 

Les allusions à la vie et l'oeuvre de Monet reposent sur des faits réels (comme le vol de tableau de Monet en 1985 et la découverte de 120 tableaux de Monet et d'autres peintres impressionnistes dans la maison du peintre à Giverny, après la mort de son fils Michel). Seul la légende du tableau Les Nymphéas noirs ne repose sur un fait établi, ce tableau aurait été peint par Monet après pour symboliser sa propre mort et celle de sa femme.

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