suicide mode d'emploi
Suicide, mode d'emploi : histoire, technique, actualité habituellement désigné sous le titre Suicide, mode d'emploi est un livre de Claude Guillon et Yves Le Boniec édité en 1982 aux éditions Alain Moreau.
Selon ses partisans, l'ouvrage lève le tabou sur le thème du « droit au suicide» et son interdiction en France relève du délit d'opinion donc de la censure et est contraire à la liberté d'expression. Selon ses adversaires, le livre peut constituer une incitation au suicide.
Ce livre contait l'histoire, les différentes techniques et l'actualité du suicide. Au dixième chapitre de celui-ci, le lecteur pouvait trouver des « recettes médicamenteuses » et des noms de médicaments mortels, informations qui pousseront les adversaires à le combattre. Pour m'être procuré cet ouvrage, je peux me permettre d'en déconseiller l'achat car la grande partie des médicaments évoqués (en 1982) ont disparu depuis ou ont été modifiés pour éviter tout risque létale (une surdose provoque des vomissements).
Le livre a été vendu à plus de 100 000 exemplaires, traduit en six langues différentes. Suicide, mode d'emploi a été interdit à la vente en 1991.
Les ennemis du livre lutteront pendant treize ans, allant jusqu'à engager dix procédures judiciaires pour obtenir du Parlement en 1987, une loi réprimant la « provocation au suicide », puis son application pour réprimer et définitivement interrompre toute diffusion de l'ouvrage.
Aujourd’hui presque introuvable (il se négocie à partir de 250 euros d'occasion sur Ebay ou Priceminister. Il est disponible à la Bibliothèque Nationale de France mais interdit de consultation ce qui en dit long sur l'aspect sulfureux de l'ouvrage alors qu'il est pratiquement inutile aujourd'hui pour les raisons que j'ai données.
Parler de ce livre revient à évoquer l'idée du suicide. La dépression et l'isolement peuvent y conduire. Il convient de préciser qu'il existe une différence philosophique entre "solitude" et "isolement". L'isolement est subi et la solitude est choisie. Pour rester dans la philosophie, je peux dire, d'après mes observations et mes réflexions sur les relations humaines que l'isolement est le sens aigu de la lucidité. Au fond, le suicide n'est pas un réel désir de mort mais un appel au secours (quand cet appel recueille l'indifférence et la froideur de l'entourage ou des personnes aimées il conduit à l'issue fatale). Les personnes dépressives et suicidaires sont souvent et rapidement exclues de la société virtuellement (isolement) ou réellement (hospitalisation psychiatrique). Tout ce qui peut pousser l'humain à réfléchir sur lui-même l'effraie et le fait fuir. En conséquence la personne dépressive renvoie l'Autre à ses propres défauts et interrogations sur le sens de la vie et donc le pousse à éviter toute empathie (au sens littéral) avec la personne qui souffre de cette maladie. La dépression est une maladie grave et non une simple apparence, elle doit donc être comprise et non dédaignée. Rien n'est pire, pour un dépressif, que le dénigrement ou la minimisation de sa souffrance.