Les rose-croix  ou le complot des sages (Pierre Montloin et Jean-Pierre Bayard)

 

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Trois opinions – Beaucoup de questions.

A Francfort-sur-le-Main, en 1628 parut un ouvrage intitulé Summum bonum qui fit grand bruit, par toute l’Europe, dans le monde savant. Il était signé Joachim Fizzio, pseudonyme de Robert Fludd. Quand on posa à l’auteur la question : « Etes-vous Rose-Croix ? », il répondit : « Je ne l’ai, en vérité, pas mérité, cependant cette bénédiction dépend de la grâce de dieu ». Robert Fludd, était un médecin et hermétiste anglais (1574-1637). Naudé, le bibliothécaire de Louis XIII affirma que les Rose-Croix s’engageaient notamment à exercer gratuitement la médecine, à se réunir une fois chaque année, à tenir leurs assemblée secrète. Ils confessaient que le pape est l’Antechrist. Hargrave Jennings écrivit « The Rosicrucians, their rites and mysteries » en 1870. Il affirma que les rose-croix se refusaient aux affections humaines, qu’ils considéraient les femmes comme des êtres inférieurs, ils ne recherchaient pas les honneurs, parce que aucune gloire humaine n’était convenable pour eux. Dans toutes les matières ils élargissaient à l’infini l’horizon intellectuel. Edward-George, first baronet of Bulwer Lytton (1803-1873) fut imperator de la Societas Rosicruciana in Anglia et considéra ses connaissances ésotériques dans « Zanoni ». (en réalité Bulwer Lytton se vit attribuer ce titre de façon honorifique mais il le refusa ce que Bayard ne sait pas).

L’Europe, la France et Paris en 1623

Au début du XVIIè siècle, les troubles religieux ont démontré qu’il n’y avait pas une France, mais des Frances, prêtres les unes et les autres à recouvrer leur indépendance. Par un balancement psychosociologique souvent constaté, ce qu’a perdu le christianisme profite aux sorcières, aux charlatans, escrocs. Puis arrive le cartésianisme qui reste attaché à l’Etre. Dans le tourbillon de la pensée religieuse et philosophique, le jansénisme va bientôt se manifester. Paradoxalement, il donnera naissance à un mysticisme trouble et incontrôlé. Gabriel Naudé (1600-1652) raconte ce qui s’est passé à l’été 1623. Dans son « Instruction à la France sur la vérité des frères de la rose-croix » (1623) il évoque les affiches où étaient écrit : « Nous, députés du collège principal des frères de la roze-croix, faisons séjour visible et invisible dans cette ville par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tourne les cœurs des juste. Nous montrons et enseignons, sans livres ni marques, à parler toutes sortes de langues du pays où nous vouons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d’erreur de mort ». Le peuple ne sachant pas lire ne réagit point. Le clergé s’inquiéta car les affiches sentaient le huguenot. Ces derniers seuls usaient communément de l’expression biblique « Très-Haut ». D’autres affiches appelaient le intéressés à rejoindre la rose-croix.  Cette « campagne d’affichage » porta fruit. Voilà les chamailleries qui  reprennent entre papistes et huguenots. Gabriel Naudé enquête. Il affirme que les rose-croix ne sont sujets ni à la faim, ni à la soif, ni à la vieillesse, ni aux maladies, ni à aucune incommodité de la nature, qu’ils ont un livre dans lequel ils peuvent apprendre tout ce qui est dans les autres livres faits ou à faire, qu’ils peuvent forcer les esprits et les démons les plus puissants de se mettre à leur service et attirer à eux, par la vertu de leur chant, les perles et les pierres précieuses, que dieu les a couverts d’un nuage pour les dérober à leurs ennemis, qu’ils confessaient publiquement que le pape est l’antéchrist, qu’ils reconnaissent la 4è monarchie et l’empereur des Romains pour leur chef et celui de tous les chrétiens, que leurs trésors sont inépuisables. Ce rêve du Saint Empire, de la 4è monarchie, d’une ultime période du monde était le reflet du grand dessein de Gibelins, dont Frédéric de Hohenstaufer, Dante, Joachim de Flore avaient été les interprètes. Un seul pouvoir temporel, une seule autorité spirituelle, une Eglise soustraite au césaro-papisme. Naudé rapporte les vœux de ceux qu’on commençait de nommer les frères de l’Invisible collège  ou même les Invisibles : exercer la médecine charitablement, se vêtir suivant les usages des pays où l’on se trouve, se rendre, une fois tous les ans, au lieu de leur assemblée générale, se choisir un successeur capable de tenir sa place et de le représenter, avoir le caractère de la rose-croix pour signe de reconnaissance entre eux et pour symbole de leur congrégation, prendre les précautions nécessaires pour que le lieu de leur sépulcre soit inconnu, tenir leur société secrète et cachée pendant 120 ans. Les rose-croix en prophétisant la fin du règne de l’or, posaient déjà la question sociale. Il y a dans cette malédiction des richesses temporelles, un avant-goût, du communisme, un écho des espérances anabaptistes, une condamnation implicite du luthérianisme si attaché à la bénédiction de la réussite matérielle.

Les textes fondamentaux de la rose-croix

La rose-croix venait d’Allemagne. A cette époque sévissait la guerre de Trente ans. Les origines en étaient religieuses. La paix d’Augsbourg (3/10/1655) n’avait marqué qu’une trêve précaire entre les puissances catholiques et protestantes. L’empereur Ferdinand II, en 1618 tente de restaurer le catholicisme dans es Etats. La Bohême se révolte. En 1619, le conflit allumé en Bohême embrasse le Saint Empire, puis l’Europe entière. Il faudra attendre 1659 pour que soit signée une paix précaire. Chez les protestants il y a des divisions : luthériens de stricte observance figés dans une théologie qui renchérit sur le dogmatisme de Luther puis des indépendants que leurs adversaires nomment, avec plus ou moins de dédain, mystiques et piétistes. Le terme péjoratif d’enthousiastes implique une sorte d’excommunication. Ces derniers cherchent la Vérité, au moins autant que dans la bible, dans les écrits, imprimés ou manuscrits, de Jacob Böhme et de ses continuateurs directs comme Schweigarth et Sébastien Franck. Parmi les enthousiastes se trouvaient Andreae. Ce dernier a été le créateur de la rose-croix. On retrouve dans les textes des rose-croix une psychothéologie qui les apparente singulièrement aux penseurs et poètes du XVè siècle italien, tout imprégné de néo-platonisme et dont la Divine Comédie avait été l’expression la plus pure. Les rose-croix distinguent en l’Homme trois plans : celui de la pure nature privée de la grâce divine, celui de la nature humaine par la grâce et en chemin vers le contemporain béatifique de la Trinité, celui de la nature humaine, sauvée et magnifiée par la Grâce sanctifiante dont l’expression la plus accessible est la Sagesse, telle qu’elle est évoquée dans le Livre des Proverbes : « Par la Sagesse, Yaweh a fondé la Terre et affermi les cieux… Alors qu’il n’y avait pas d’abîmes, « je » (la Sagesse) fus enfantée… Lorsqu’Il traça un cercle à la surface de l’abîme. L’homme doit être aidé par la société à devenir lui-même, c’est-à-dire atteindre le plan suprême, celui de l’homme-esprit.  La doctrine de la rose-croix est une doctrine d’amour « une force magique endormie par le péché est latente dans l’homme.  Elle peut être réveillée par la grâce de dieu ou par l’art royal. Nous trouverons en nous la pure et sainte connaissance si nous parvenons à nous isoler de toute influence extérieure, et à nous laisser conduire par la lumière intérieure ». C’est dans cette expectative de la lumière intérieure qu’il faut border les textes fondamentaux de la rose-croix. En Allemagne, dès 1614, avaient paru deux manifestes : Fama et Confession. La même année parut une version allemande plus abondante de 417 pages le titre en étant : « L’universelle et générale réformation du vaste monde tout entier. Avec la Fama fraternitatis de l’illustre ordre de la rose-croix, adressée à tous les savants et dirigeants de l’Europe. Avec, également, une courte réponse de M. Haselmeyer, pareillement préparée pour l’impression et la diffusion et communiquée à tous les cœurs fidèles ». Haselmeyer fut condamné aux galères pour avoir diffusé la Fama. La prose de la Fama semble maintenant redondante, voire apocalyptique, mais est caractéristique du style de l’époque. Les rose croix estiment que chaque chrétien doit être un vrai jésuite, c’est-à-dire cheminer, vivre, être, demeurer en Jésus.

Le fondateur éponyme : Christian Rosencreutz

Dans la Fama, les auteurs font l’éloge de l’empereur Justinien qui avait compilé les lois de Rome, l’aréopage signataire invite chaque sage à lui soumettre ses suggestions. Un auteur estime que tout le mal vient de l’insincérité et propose d’aménager une petite fenêtre dans la poitrine de chacun de nous : ainsi l’on verrait aussitôt nos mensonges. Un autre sage propose la redistribution des richesses, la suppression de la circulation de l’or et de l’argent. Un misanthrope demande à dieu un nouveau déluge qui exterminera, enfin, les hommes méchants et toutes les femmes. Il est tué ; l’assemblée implore le Très-Haut d’épargner le beau sexe. Et ce symposium finit dans le tumulte. Puis les auteurs écrivent la biographie de Rosencreutz. Né en 1378 sur les bords du Rhin, de parents pauvres mais nobles, Christian Rosenkreuz est placé, dès l’âge de six ans, dans une abbaye où il apprend le grec, le latin, l’hébreu et la magie. A 16 ans, il part en pèlerinage pour la Terre sainte, avec un compagnon qui meurt à Chypre. La maladie le contraint à s’arrêter à Damas où il reçoit l’enseignement secret des Sages. Ils le guérissent, lui confient les arcanes de la nature et le conduisent dans leur « cité philosophique » où il passe trois ans. Ensuite, il parcourt le Liban, la Syrie, le Maroc. Des Fassis le conduisent à la connaissance suprême ou adeptat.  Désormais il sera nommé le Père. Il a reçu la mission de communiquer à la chrétienté la sagesse qu’il vient d’acquérir et de fonder une société secrète qui « aura à satiété or et pierres précieuses, et qui enseignera les monarques ». Il accomplit, dans un lieu sauvage, une retraite de cinq années. Il recrute trois fidèles compagnons, Frater G.V., Frater I.A. et Frater I.O. Il écrivent sous sa direction des écrits fondamentaux. Ils bâtissent le nouveau temple du Saint-Esprit, guérissent les malades et consolent les désespérés. Sept ans plus tard, Rosencreuz coopte d’autres étudiants et constitue ainsi « la fraternité ». Pour y être admis, il faut être célibataire et chaste. Les frères partent en mission à travers le monde et se réunissent une fois par an dans le temple du Saint Esprit. Le Père meurt en Engeland à 106 ans. I.A. meurt en Gaule narbonnaise. Les disciples du Père sont son neveu R.C., le peintre B., G.G. et P.D. L’enseignement est condensé en trois textes : Axiomata : le plus docte, Rotae Mundi : le plus subtil, Protheus : le plus utile. Quelques siècles plus tard, un successeur du père, l’imperator N.N. découvrit son mausolée qui a sept côtés et est constamment éclairé par des lampes inextinguibles. Au centre, un autel cylindrique, avec l’inscription : ACRC Hoc Universi Compendium vivi mihi sepulcrum feci (je me suis fait ce sépulcre (qui sera) pour les vivants abrégé de l’univers, avec en exergue : Jesu mihi omnia (Jésus est tout pour moi). Le corps manifié du Père tient dans sa dextre le Liber T. A ses côtés une Bible, un vocabulaire, un itinéraire, et sa biographie en caractères mystérieux. On lit aussi la devise de la fraternité : Ex Deo nascimur , in Jesu morimur, per spiritum reviviscimus (nés de dieu, morts dans Jésus, nous ressuscitons par le Saint Esprit). Le caractère myhtique de Rosenkreuz est admis pour le plupart des historiens de la rose-croix sauf pour Roesgen von Floss qui affirme en 1923 dans son « Histoire des rose-croix » que Rosenkreuz survécut au meurtre des Albigeois et s’enfuit vers l’Est. Il serait arrivé en Turquie et en Arabie où on le jugea digne de lui dévoiler les secrets de l’Ordre des rose-croix. Revenu en Europe renonça à son nom de famille et prit celui de Christian Rosencreutz.

Les énigmes des noces chymiques

Les Noces chymiques sont un « Märchen », un récit tissé sur une trame de voyage, de découvertes. Elles inspirés de « La Reine  des fées » de Spenser. Les Noces chymiques sont anonymes mais la critique s’accorde à en attribuer la paternité à Jean-Valentin Andreae. Les Noces se poursuivent sur sept jours. Rosencreuz médite quand survient une tempête. Il voit une femme belle vêtue d’une robe bleue parsemée d’étoiles d’or. Elle tient une trompette d’or et un gros paquet de lettres écrites dans toutes les langues. Elle a de grandes ailes couvertes d’yeux. Elle invite Christian aux noces du roi. Christian met une robe de bure, pique quatre roses à son chapeau et croise contre sa poitrine un ruban écarlate. Il part pour la forêt et se trouve devant trois voies : un sentier court mais périlleux, une voie royale réservée à quelques prédestinés et une route aisée mais si longue qu’il lui faudrait un millénaire pour atteindre le but. Une quatrième voie est fermée aux mortels. Ne sachant quelle voie choisir, il pénètre dans la forêt où il sauve une colombe qu’un corbeau poursuivait. Ainsi il opte pour la voie royale. Il arrive à la porte d’un château au moment où on allait la clore. Il est reçu par un vieux gardien qui porte une bague magique et expie une faute. Christian retrouve la belle jeune femme qui le conduit dans une cour du palais du roi. Il franchit une porte gardée par deux statues ayant pour devise : « Donne et l’on te donnera » et se mèle aux invités. Mais tous ne sont pas purs. La vierge annonce que le lendemain, aura lieu l’épreuve qui séparera les justes des indignes. L’épreuve consiste en une pesée des vertus. Rosencreuz se révèle le plus pur. Il est reçu avec honneur alors que la plupart des autres candidats sont condamnés à l’exil. Ne restait auprès de lui que quelques justes. A ceux qui ont triomphé, on confère la Toison d’or. Les indignes sont chassés ignominieusement après avoir bu la coupe de l’oubli. Aux élus, la vierge ailée propose une énigme : son propre nom (la solution est Alchemia). Une jeune pucelle guidera les sélectionnés vers le dieu tout-puissant. LE lendemain, les élus sont présentés au roi. Il exige d’eux un serment de fidélité absolue. Une femme jeune et belle (la reine) et une vieille femme voilée sont assises près du roi. Plus loin folâtre Cupidon. La reine semble officier devant un autel où sont posés un livre relié de noir, un vase contenait un liquide rouge et une tête de mort où un serpent sort et entre par les orbites. Le nom des élus est inscrit sur le livre noir. Tous les assistants boivent dans la même coupe le breuvage du silence. La salle est ensuite tapissée de noir. On bande les yeux du roi et de la reine et de deux autres couples royaux. Un bourreau décapite les six monarques, le sang est recueilli dans un  vase d’or. Les corps sont étendus dans des cercueils. Puis un assistant décapite le bourreau. Dans la nuit, les cercueils sont embarqués sur des vaisseaux qui naviguent sur un lac. Le lendemain ont lieu les simulacres d’obsèques royales. La vierge exige un nouveau serment de fidélité avant de conduire les élus à la tour Olympi située sur une île. Ils voient un édifice de sept tours imbriquées les unes dans les autres. Là, les corps des souverains et la tête du bourreau sont bouillis sous la direction d’un vieux jardinier. De la cuisson émerge une boule rouge qui est exposée au soleil. Il en sort un phénix. Ses cendres sont tissées en haut de la tour et entrent dans la préparation de deux « homonculi ». L’âme des six rois les animeront, ils seront ressuscités et formeront un couple royal archétypique. Les nouveaux monarques proclament les élus « chevaliers de l’or ». Tous sont délivrés sauf Christian qui, pendant un temps indéterminé, devra, pour expier une faute non exprimée, remplacer le gardien au seuil du château.

La première génération des rose-croix

Les Rose-croix étaient des hommes d’action et de pensée préoccupés par les grands problèmes de leur temps Johan-Valentin Andreae naît à Herrenberg le 17/08/1586 et meurt à Stuttgart le 27/61654. Son père était le 7è enfant du chancelier Jacob Andreae, abbé  commandataire de Konigsbrann. Sa mère, Maria Moser, était si pieuse que son fils la compara à Sainte Monique, la mère de Saint Augustin. Après la mort de son père en 1601, sa mère alla s’établir avec ses six autres enfants à Tübingen où Valentin parfait ses études durant six ans, sous la direction de Maestlin, le maître de Kepler. En 1603, il est baccalaureus, en 1605 magister. En 1603 ; il écrit deux pièces de théâtre de style élisabéthain et à la même époque Les Noces chymiques. Il subit la crise de l’adolescence qui brise sa carrière ecclésiastique et le contraint à une vie errante. Il es professer à Lavingen mais doit fuir à cause de ses frasques. Il est accueilli comme enseignant par les jésuites de Dillingen et revient, absous, à Tübingen, où il est musicien, pédagogue, horloger. En 1610, il séjourne à Genève, il y rencontre des théologiens calvinistes. Rappelé à Tübingen, il donne des leçons particulières tout en apprenant les langues vivantes européennes ; il se passionne pour les mathématiques et l’astronomie. Il visite l’Italie et l’Autriche. Il se stabilise : mariage et poste pastoral à Vaihingen. Il publie six ouvrages qui sont des gloses de la Fama et de la Confessio. Il imagine une Société idéale obéissant à deux impératifs, l’Autorité spirituelle, incarnée dans le Pape, et le Pouvoir temporel, confié à l’Empereur. Pour Andreae, les rose-croix constituent l’autorité spirituelle, l’Eglise invisible, pauvre, pure, non administrative. Par leurs conseils, les rose-croix ramèneront le pouvoir temporel sur la bonne voie. En 1620, Andreae créa à Calw une Fondation des Teinturiers en apparence corporation de métier, en fait cercle alchimique. Le clergé luthérien s’acharnait contre Andreae. En 1634, la maison d’Andreae, fut brûlée à cause de Laguerre. Il perdit ses archives. En 1639, le duc Eberhard de Würtemberg en fit son prédicateur et son conseiller. En 1650, Andreae fut abbé de Bebenhauser. Il est haï, on le traite d’ « enthousiaste » (piétiste böhmien) mais il est soutenu par le duc Auguste de Brünswick. Il mourut le 27 juin 1654 à Stutggart. Dans quelques uns de ses écrits il avait infirmé son rôle dans les rose-croix. Il  redoutait un procès d’hérésie qui l’eût conduit au bûcher.
François Bacon de Verulam (1561-1626) fit des études de droit. Il fut élu en 1593 à la Chambre des Communes. Il fut protégé par le comte d’Essex, favori de la reine. Essex fut disgracié en 1601 et Bacon se fit son accusateur. Il gagna la faveur de Jacques 1er qui le combla de titres. En 1618, il fut Grand chancelier. Ses ennemis l’accusèrent de concussion et il fut contraint de démissionner. Il consacra ses dernières années à la science et à la philosophie. Ses deux principaux ouvrages furent Novum Organum (1620) et Nova Atlantis (1624). On lui a parfois attribué la paternité des œuvres de Shakespeare. Pour J.P. Bayard, et contrairement à Paul Arnold, l’appartenance à la fraternité des rose-croix de Bacon n’est prouvée mais probable. Pourtant la rose-croix était une farce et n’a jamais existé au XVIIè siècle donc Bacon ne pouvait en faire partie. Pour Bayard, la Nouvelle Atlantide est une « utopie » rigoureusement conforme au message rosicrucien. John Heydon (1629-1667). Il écrivit plusieurs traités sur les rose-croix dont The Glory of the Rosy-Cross (1664) et the Rosie-crucian infaillible axiomata (1661). Euterpe lui enseigna les axiomes des rose-croix, les secrets des nombres et lui permit de les publier. La Belle Euterpe donna deux médailles d’un métal inconnu à Heydon et se dissipa dans l’éther naturel. Heydon découvrit des pièces d’or et un parchemin à la place d’Euterpe. Il décida de partir au pays des rose-croix. Il partit en bateau et atteint un continent peuplé de gens hostiles. Il leur remit le parchemin d’Euterpe et on le laissa en paix.