Suzanne rencontra Monsieur Gé en quittant la ville. Elle le connaissait déjà. C’était lui qui l’avait laissée passer à l’aller, en bas de la colline, et avait refoulé Tierson dans la 2 cv. Suzanne ne voulut pas parler avec un flic et dit qu’elle était attendue. Mais Gé lui dit que Tierson était à Cusset à l’hôtel du Globe. Il était malade. Gé l’avait frappé aux reins quand il avait voulu entrer chez Marthe. Marthe et Luco avaient mangé et étaient retournés dans la chambre. Suzanne l’avait trouvée folle. Gé lui dit que Marthe étaient enceinte. Il dit que c’était à ça que servait l’amour et que q’il n’y avait pas ça il n’y aurait pas l’amour. Il lui dit que si elle en voulait un elle devrait se dépêcher mais Suzanne s’en moquait.

 

La mère de Colomb était morte quand il était petit. Elle n’avait pas eu le temps de lui raconter la fin du conte. La fusée descendait lentement vers la lune. Un célestat avait diffusé la première phrase musicale d’Au clair de la lune. Une idée de Rameau, un enfantillage, un peur de sentiment. La nouvelle avait été diffusée partout dans le monde. Colomb commença à se réveiller. Le Parlement se réunit d’urgence et vota à la demande de son président une loi proclamant que Colomb avait bien mérité de la patrie et de l’humanité. Ce serait lu dans les écoles. Le visage de Colomb apparut sur les écrans du monde entier. Colomb ouvrit les yeux et vit la Terre.

 

Suzanne alla voir Tierson et le massa pour qu’il n’ait plus mal au dos. Elle pensait qu’elle pourrait avoir un enfant avec Tierson et voulut savoir son âge mais elle se retint. Elle lui demanda de lui faire un enfant.

 

Colomb était bloqué. Il y avait tout autour de la fusée quelque chose de compact qui s’était fermé sur elle et le tenait. Rameau avait peur et il avait fait couper la mondiovison. Il n’y avait que deux solutions. Ou Colomb décollait ou on enverrait une deuxième fusée le chercher. Colomb ne réussit pas à décoller.Dans un grenier de Montmartre, il restait un chansonnier. C’étaient des gens féroces, des autres siècles, qui portaient des grands chapeaux et des cravates en largeur. Celui-là le survivant, était si âgé qu’il ne connaissait plus son âge, mais il avait gardé une dent. Il fit une chanson pour se moquer de Colomb. Il la présenta à Radiomonde. Elle passa sur l’antenne, dans les 57 langues.

 

Monsieur Gé téléphona à Suzanne et à Mme Anoue. Il leur donna rendez-vous dans le salon de la ville. Il y avait une décision à prendre.

 

Les Puissantes Nations avaient fait parvenir leurs condoléances. Elles proposèrent devant l’ONU que le nom de Colomb soit glorifié, qu’une plaque soit apposée dans la grande salle de l’assemblée des Nations, portant son nom gravé en or. Le délégué italien proposa que tous les enfants du monde nés ce jour portent comme prénom, en plus de celui choisi par leurs parents, le nom de Colomb. Pour les filles, Colomba. En Français Colombe. Poulain s’occupait toujours de Nilmore. Le courant électrique qui tournait dans le corps de Nilmore n’était pas en train de s’affaiblir, il était en train de s’immobiliser. Edith la microtomiste, George Laurent spécialiste des métaux froids et Paul Issard spécialiste du 2è état de l’hélium liquide restèrent avec Paulin. A l’heure exacte où Colomb avait atterri, Nilmore avait atteint le zéro absolu. Dans le puits, il n’y avait plus Nilmore. Il y avait à sa place une forme humaine noire. Cette forme était collée contre le fond du puits. Au lieu d’être tournée vers le haut, elle montrait son dos. Au lieu d’avoir la tête à l’Orient, elle y pointait ses pieds. Nilmore était devenu une femme noire. Une colombe noire sortit du corps et vola à l’envers. Des billes d’or sortirent également. C’était la cendre des cigarettes que Paulin avait envoyé à Nilmore. Paulin donna l’ordre d’inverser les fils de voltmètre et du galvanomètre. Le courant tourna à l’envers. Nilmore avait franchi le zéro absolu. Il était en train de se réchauffer mais sa chaleur n’était pas celle de notre monde. Ses molécules s’agitaient à l’envers. La gravitation le repoussait au lieu de l’attirer. La colombe noire se réduisit en oeuf puis disparut. Les savants coupèrent le champ magnétique et mirent une couverture sur Nilmore. Paulin lui injecta du cyanure car ce qui pouvait tuer un homme pouvait sauver Nilmore. Nilmore était devenu une fillette. Elle parla à l’envers. Puis elle rapetissa et disparut.

 

Des journalistes de Paris-Scotch survolèrent la villa de Marthe. Ils voulaient photographier Marthe avec le visage triste. Gé fit tirer au laser sur l’hélico. Trois journalistes moururent. Suzanne et Mme Anoue étaient dans la villa. Elles se détestaient. Suzanne était enceinte. Elles n’avaient rien à se dire et attendaient que Marthe sorte de la chambre. Mme Anoue avait allumé l’oreille. On entendait le coeur de Colomb battre au ralenti. Il s’était rendormi. Rameau était triste alors il s’assomma avec du whisky et des somnifères. Marthe finit par sortir de sa chambre et Gé expliqua la situation aux trois femmes. Colomb était bloqué sur la lune. Il ne lui restait plus qu’à mourir. Suzanne eut beaucoup de peine. Gé expliqua qu’on avait fait avaler à Colomb une micro-bombe et qu’on pouvait la faire exploser par radio. C’était aux femmes de prendre la décision. Colomb appuya sur un bouton et la fusée se sépara de l’arbre noir qui l’empêchait de poursuivre son voyage, les moteurs s’allumèrent doucement. La fusée s’enfonça vers la lune. Elle traversa des kilomètres de poussière. La fusée s’ouvrit et Colomb en descendit. Ses pieds foulèrent une herbe épaisse et douce. Devant lui, les jets d’eau et les roses bordaient jusqu’à l’horizon le chemin blanc qui conduisait au Palais. La Princesse vint vers lui avec une colombe noire.

 

Marthe décida qu’il fallait faire exploser la micro-bombe. Elle sortit du salon, tout cela ne la concernait plus, c’était terminé. Marthe savait qu’elle perdrait Luco et voulut se tuer mais Gé retint son bras.