Les bibliothèques scolaires

 

Elles sont gérées par le Ministère de l’éducation nationale. L’essentiel de ces bibliothèques est lié, à l’échelon élémentaire (bibliothèques centres documentaires et à l’échelon secondaire (Centre de documentation et d’information). Il faut attendre 1976 pour que soient créées les premières BCD. Les BCD ont un rôle à jouer en matière d’apprentissage scolaire, de méthodologie et formation. C’est en 1974 que sont mis en place les CDI. Ils apprennent aux élèves les bases de la recherche documentaire. Le CAPES de documentation est créé en 1990 et c’est seulement à cette date que les CDI sont dotés de personnel formé. Il existe 11 000 CDI. Depuis 1986, les départements pour les collèges et les régions pour les lycées ont en charge la construction et l’aménagement de ces espaces. Le budget du CDI est voté par les instances représentatives des collèges et des lycées. Près de 90% des CDI sont désormais gérés par des professeurs documentalistes.

 

Les bibliothèques de l’enseignement supérieur

 

En 1945, il existe une BU pour chacune des 17 académies de Province et à Paris une bibliothèque unique reportée sur deux sites. Les instructions du 20/6/1962 imposent la mise en place d’espaces distincts et spécifiques pour les étudiants et pour les étudiants plus avancés, les enseignants et les chercheurs, la mise en libre accès de la plus grande partie possible du fonds en utilisant la CDU. En 1970 la BU devient un service commun aux composantes de l’université.

 

En 1985 sont créés les SCD administrés par un conseil composé d’élus représentants toutes les composantes de l’université et dirigé par un professionnel des bibliothèques. La loi de 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités a provoqué la perte d’autonomie financière des SCD par la fin des crédits fléchés auparavant attribués directement par l’administration centrale. Le SCD est créé par délibération du conseil d’administration de l’université. Il doit mettre en oeuvre la politique documentaire de celle-ci : acquérir, organiser et communiquer les documents proposés, former les utilisateurs, participer aux projets collectifs en matière de bibliothèque. Il est placé sous l’autorité directe du président de l’université. Il est dirigé par un directeur et administré par un conseil de la documentation. Il comprend dans un système documentaire unique des bibliothèques intégrées et des bibliothèques associées. Le directeur du SCD est nommé par le ministère après avis du président de l’université. Depuis la LRU, le directeur de Scd n’est plus ordonnateur secondaire, l’étendue de sa délégation dépend donc entièrement de la décision du président. Le rôle primordial des SCD et des bibliothèques universitaires est de soutenir l’activité d’enseignement et de recherche des établissements dont ils sont l’un des services. Le rôle consiste dans le développement des ressources, notamment numériques, telles que manuels, périodiques en ligne, base de données de dépouillement ou en texte intégral, extension des horaires d’ouverture, développement du libre accès et de l’accès à distance aux collections et aux services, la collecte, l’archivage, la valorisation et diffusion de la production scientifique et de recherche des universités (thèses, publications scientifiques), la formation des étudiants et des enseignants-chercheurs à la recherche.

 

L’ensemble des BU occupe un million de m2 de surface. Il y a 1,2 millions de lecteurs inscrits, pour une ouverture hebdomadaire moyenne de 58 heures. Ces bibliothèques conservent environ 40 millions de livres et 600 000 titres de périodiques papier pour 700 000 périodiques électroniques. L’histoire des BU est aussi riche en projets collectifs dont certains continuent à fédérer des tâches documentaires, dans un souci d’économie d’échelle dont peu d’autres services de l’université peuvent s’enorgueillir : SUDOC, consortium Couperin, centre technique du livre de l’enseignement supérieur, CADIST. La loi relative aux libertés et responsabilités des universités accorde au président d’université la gestion de l’ensemble de son budget mais aussi de ses personnels, voire des ses bâtiments.

 

La Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg a été créée en 1871. C’est une bibliothèque d’étude et de recherche qui couvre tout le champ des sciences humaines et sociales.

 

L’Institut national de l’information scientifique et technique. Service du CNRS, l’INIST a pour mission de collecter, traiter et diffuser les résultats de la recherche scientifique et technique. Ses moyens s’articulent autour d’un fonds documentaire qui couvre la plus grande partie de la recherche scientifique et technique mondiale. L’INIST offre deux bases de données bibliographiques multilingues et multidisciplinaires, PASCAL et Francis. Pascal est consacré aux sciences, technologies et médecine, Francis est consacré aux sciences humaines et sociales.

 

La BNF

 

Jusqu’à la constitution du bâtiment qui constitue désormais le site François-Mitterrand de la BNF la principale mission de la BNF était la gestion du dépôt légal. La mise en place, sur le site François-Mitterrand, de larges espaces en libre accès a obligé à la constitution de collections spécifiques qui ont élargi l’ offre proposée bien au-delà des collections issues du dépôt légal. La gestion du dépôt légal inclut la collecte et éventuellement le suivi des réclamations, la description bibliographique par le biais de la constitution et de la diffusion de la Bibliographie nationale française, la conservation des ces documents et leur mise à disposition pour consultation.

 

Hors du dépôt légal, la BNF enrichit ses collections par tous modes d’acquisition : acquisitions onéreuses, dons, dations, dépôts, legs. Ces acquisitions concernent des documents étrangers mais aussi des documents français acquis notamment pour les salles en libre accès du haut-de-jardin.

 

La BNF est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de la culture, dirigé par un président, nommé par décret en conseil des ministres, assisté d’un directeur général. La BNF est administrée par un conseil d’administration et son organisation inclut un conseil scientifique qui définit la politique de recherche de l’établissement. Ses collections sont principalement collectées, conservées et communiquées sur deux lieux : le site Richelieu inclut des départements spécialisés (monnaies et médailles, cartes et plans, arts du spectacle). Le site François-Mitterrand propose essentiellement la consultation des collections d’imprimés, de documents audiovisuels et de documents sous forme numérique en accès restreint. Le haut-de-jardin est ouvert au grand public. Le rez-de-jardin, où s’effectue la consultation des documents issus du dépôt légal, n’est accessible qu’aux usagers accrédités. La BNF possède plus de 13 millions de livres et d’imprimés, 250 000 volumes de manuscrits, 350 000 titres de périodiques, 12 millions d’estampes, photographies et affiches, plus de 800 000 cartes et plans, un million de documents sonores, plusieurs dizaines de milliers de vidéos. Mise en chantier en 1992, la bibliothèque numérique Gallica est conçue comme une bibliothèque patrimoniale et encyclopédique dont les collections sont essentiellement issues de la BNF. Elle est composée d’environ 100 000 monographies, 3000 titres de périodiques et des milliers de documents d’autres types (images, cartes et plans, documents sonores). A cela s’ajoute la possibilité d’accéder à un certain nombre de documents sous droits gérés par des partenaires avec lesquels la BNF a en l’espèce partie liée. La BNF accueille et gère le Catalogue collectif de France qui permet l’accès simultané à 3 catalogues : le catalogue général de la BNF, le SUDOC, la base « Patrimoine » qui contient la localisation de 2,1 millions d’ouvrages dans 60 BM associées à la BNF.

 

Mis en place en 1994, le réseau des pôles associés de partage documentaire a pour objectif la complémentarité des collections de ces pôles avec celles de la BNF. Le réseau, organisé par discipline, inclut des bibliothèques universitaires, des BM, des centres de documentation spécialisés et des centres d’archives.

 

Le centre national de la littérature pour la jeunesse, la Joie par les livres

 

La Joie par les livres, fondée sous forme associative en 1963, trouve son origine dans la bibliothèque de l’Heure joyeuse, elle-même issue du programme initié par les Etats-uniens dans le cadre de la reconstruction de la France à l’issue de la 1ère guerre mondiale. L’inauguration, en 1965, de la bibliothèque de Clermont s’accompagne de la création du Bulletin d’analyse des livres pour enfants, devenu la Revue des livres pour enfants. Diverses évolutions administratives ont conduit à dissocier la bibliothèque, rattachée à la ville de Clermont, et la Joie par les livres, proprement dite, désormais service particulier du département « Littérature et art » de la BNF La Joie par les livres promeut la littérature enfantine.

 

La BPI

 

Située à l’intérieur du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, a été inauguré en 1977 et rénové à la fin des années 90. La BPI est un établissement public national à caractère administratif lié au Centre Pompidou. C’est une « bibliothèque nationale » qui a pour mission d’offrir à tous des collections françaises et étrangères de documents d’information générale et d’actualité. Les collections de la bibliothèque sont réparties en sept grands ensembles disciplinaires et quatre espaces spécialisés de consultation. Ces derniers sont : un service d’information générale, un espace presse, un espace d’autoformation, un espace musiques et documents parlés. La BPI continue à proposer des services souvent peu présents dans d’autres bibliothèques françaises, comme l’espace d’autoformation. Elle constitue une tête de réseau pour l’ensemble des bibliothèques françaises pour un certain nombre d’activités, par exemple en matière de diffusions de films documentaires, de création ou d’acquisition concertée de ressources électroniques par l’intermédiaire du consortium pour l’acquisition de ressources électroniques en ligne (CAREL). Les collections de la BPI comprennent 340 000 volumes, 2 500 abonnements imprimés, 1 200 ressources électroniques, 7 000 cartes et plans, 2 500 films documentaires et d’animation, 1 7000 documents sonores, 1 200 didacticiels et méthodes de langues.

 

La bibliothèque des sciences et de l’industrie

 

C’est une bibliothèque publique spécialisée dans les domaines des sciences et techniques pour les adultes comme pour les enfants. Elle fait partie de la Cité des sciences et de l’industrie. La bibliothèque est organisée en 4 pôles thématiques : science et société, vivant et environnement, sciences exactes et industries, enfance. La bibliothèque a développé des services innovants comme le Carrefour numérique qui permet aux publics d’accéder aux technologies de l’information et de la communication, la Cité des métiers qui donne des conseils en matière de recherche d’emploi, la cité de la Santé qui répond à toutes les questions sur les maladies.

 

Les bibliothèques pour les publics spécifiques

Les bibliothèques spécialisées

 

 

 

Bibliothèques administratives, bibliothèques d'art, de médecine, de géographie, de sciences et techniques, bibliothèques de sciences humaines, religieuses, les bibliothèques spécialisées privées et publiques sont plus de mille et rassemblent 31 millions de volumes. Elles sont associées à l'université, aux organismes de recherche, à des entreprises ou des administrations, à des sociétés savantes (bibliothèques de l'ENS à Paris 350 000 volumes, 1400 périodiques).

 

 

 

Bibliothèques jeunesse

 

 

 

L'heure joyeuse a été créée à Paris en 1924. La joie par les livres a été créée par Anne Gruner à Clamart en 1963. Les recettes proposées par la bibliothèque des enfants sont fondées, à l'instar de l'heure joyeuse, sur le modèle des bibliothèques publiques états-uniennes. La joie par les livres publie dès 1965 le bulletin d'analyse des livres pour enfants. En 1967, elle commence à organiser des activités de formation. En décembre 1971, l'association est dissoute et ses activités sont reprises par l'Etat. Les locaux de la bibliothèque deviennent propriété de la ville de Clamart. Elle est sous la tutelle de la Direction du livre et de la lecture. Elle est rattachée à la BNF depuis 2008. Elle propose 250 000 documents, elle dispose des services de presse et d'un exemplaire du dépôt légal. Elle publie la revue des livres pour enfants.

 

 

 

Les bibliothèques dans l'entreprise

 

 

 

Dans la seconde moitié du XIXè siècle, les bibliothèques populaires sont animées par des philanthropes. La loi du 21/3/1884 sur les syndicats favorise ce mouvement de pratique de lecture. En 1919, la CGT crée la Librairie du travail. La CGT publie en 1937 un rapport sur l'organisation de la lecture publique, du commerce du livre et de la propagande collective pour la lecture et le livre. L'ordonnance du 22/2/1945 instituant les comités d'entreprises, va donner un cadre au développement de la lecture en entreprise. A partir de 50 salariés, les entreprises sont tenues de créer un comité d'entreprise. C'est au sein des comités d'entreprise que naissent des bibliothèques. Les BCE sont reconnues en 1986 par le ministère de la Culture. Elles proposent le libre accès, la composition encyclopédique et la gratuité du prêt. En 1992, l'ABF et les cinq confédérations syndicales représentatives signent la Charte pour le développement de la lecture en entreprise. Ces bibliothèques sont gérées par des bibliothécaires professionnels.

 

 

 

Les bibliothèques d'hôpitaux

 

Les fonctions culturelle, sociale et thérapeutique de ces bibliothèques sont de plus en plus reconnues. Les bibliothèques d'hôpitaux n'ont pas toujours les moyens de les mettre en oeuvre efficacement. La lecture à l'hôpital est mentionnée dès 1634 sous le terme de «  distraction des malades «  mais il faut attendre la seconde moitié du XIXè siècle pour que des mesures soient prises en faveur de son développement et l'après-guerre pour que des circulaires du ministère de la Santé préconisent de créer une bibliothèque et d'y consacrer des crédits. En mai 1999 a été signée une convention entre le ministère de la Culture et le secrétariat d'Etat à la santé et à l'Action sociale. L'objectif est d'inciter acteurs culturels et responsables d'établissements de santé à construire ensemble une politique culturelle inscrite dans le projet d'établissement. Les DRAC et les Agences régionales d'hospitalisation signent des conventions. Début 2006, la signature d'un protocole entre les deux ministères renforce l'accès à la culture au sein des établissements de santé. Dans 90% des cas il s'agit de bibliothèques d'association comme la Croix rouge ou Bibliothèque pour tous. La bibliothèque peut être un service de l'hôpital. 8% des hôpitaux ayant répondu à l'enquête 2006 disposent de salariés, le reste est constitué de bénévoles. Fin 2003, la fonction publique hospitalière a créé un statut de bibliothécaire/documentaliste.

 

 

 

Les bibliothèques en milieu pénitentiaire

 

 

 

L'action conjointe du ministère de la Culture et du ministère de la Justice a permis, depuis 20 ans, la mise en place progressive en milieu pénitentiaire de bibliothèques et d'une action concentrée en faveur de la lecture. En décembre 1992 une circulaire interministérielle définit le fonctionnement des bibliothèques et le développement des pratiques de lecture dans les établissements pénitentiaires. Dès le XIXè siècle, on relève l'existence de bibliothèques en prison. Un poste de bibliothécaire chargé des achats existe depuis 1963 au sein de l'administration pénitentiaire. En 1985, un décret du code de procédure pénale garantit un cadre règlementaire au fonctionnement des bibliothèques. Un protocole d'accord est signé entre le ministère de la Justice et le ministère de la Culture. Il sera mis en oeuvre par la DLL et l'administration pénitentiaire. Ce protocole aboutit en régions à la signature de conventions entre les administrations décentralisées et les DRAC. 69 BM et 30 BDP étaient associées aux prisons en 2001. La surface moyenne de bibliothèque en prison est de 40m2. 76% des bibliothèques pratiquent le libre accès. Les bibliothèques sont placées sous la responsabilité d'un travailleur social des services pénitentiaires d'insertion et de probation. Selon l'IFLA, il faudrait disposer d'un minimum de 20 livres par détenu. Seules les bibliothèques des petits et moyens établissements atteignent ce quota. 15 ans après la circulaire interministérielle de 1992, la volonté politique mise en pratique dans les régions avec les partenaires locaux a permis le développement des bibliothèques en prison.

 

 

 

bibliothèques en réseau

 

 

 

La coopération entre bibliothèques est un mode d'existence normal qui doit être intégré à la conception d'une bibliothèque et prévu dans ses règles de fonctionnement. En 1981, le rapport Barreau/Pingaud recommandait une coopération accrue entre bibliothèques, et proposait la création de services communs régionaux, au sein des bibliothèques régionales, et d'un service commun national à la Direction du livre. Il y a deux niveaux de coopération : les sources documentaires (identification, catalogues collectifs et gestion coopérative des collections) et les savoir-faire professionnels et les relations interprofessionnelles.

 

 

 

 

La coopération

 

 

Dès le milieu du Xxè siècle, la production de documents a connu une très forte augmentation dans le monde entier. Depuis les années 70 et le développement des techniques informatiques, la circulation de l’information s’est considérablement accélérée, empruntant désormais une multitude de canaux et de supports, restreignant l’importance du papier, vecteur traditionnel du savoir. L’ensemble de ces évolutions a rapidement rendu obsolète le modèle de la bibliothèque publique traditionnelle et a amené les professionnels à prendre conscience qu’aucune bibliothèque n’était à même d’acquérir et de diffuser seule la documentation nécessaire à son public.

 

En 1952, le Catalogue collectif des ouvrages étrangers a été créé par la BN. En 1956 a été créé l’Inventaire permanent des périodiques en cours. C’est la conjugaison de l’essor des nouvelles technologies et de la volonté des différentes tutelles en charge des services de lecture et de documentation qui, dès le début des années 80, a permis la mise en oeuvre des premières actions déterminantes pour la promotion de la coopération entre les bibliothèques. Cette coopération, suivant les champs dans lesquels elle s’exerce, a pris diverses formes : celle, entre autres, d’une répartition des acquisitions par disciplines ou par zones géographiques, propre à construire une ou plusieurs cartes documentaires; celle de l’élaboration et de l’utilisation d’outils collectifs de signalement des collections; celle d’un partage du traitement et des techniques de préservation des collections patrimoniales; celle, enfin, d’une mutualisation des moyens et des services à une échelle plus large que celle d’un seul établissement, dans le cadre d’un réseau local ou national.

 

La coopération autour de la constitution des collections et les réseaux documentaires

 

En 1980, le ministère de l’Enseignement supérieur pose les bases d’un réseau d’acquisition et de diffusion de documents pour la recherche constitué de 11 BU et des grands établissements dont les collections sont spécialisées. En 1983, ce réseau trouve sa définition juridique et fonctionnelle et devient le réseau des centres d’acquisition et de diffusion de l’information scientifique et technique (CADIST). Aujourd’hui au nombre de 24, les CADIST couvrent des domaines aussi variés que l’histoire de l’Antiquité ou l’histoire moderne et contemporaine, la chimie ou la médecine. Les CADIST bénéficiaires d’une subvention spécifique, ont pour mission, chacun dans leur domaine de spécialisation, de tendre à l’exhaustivité, en procédant à des acquisitions de documents de niveau recherche sur tous supports, en langue française et, surtout, en langues étrangères. A cette mission s’ajoute une obligation de conservation de ces collections. Ils doivent également fournir à distance dans les 24 heures, via le prêt entre bibliothèques, les documents de niveau recherche. Les CADIST sont de plus en plus impliqués dans les plans de conservation partagé. La mission de coopération de la BNF est nettement affirmée dans le décret fondateur de l’établissement (1994). En 1994, ce fut la signature des premières conventions des pôles associés. Ces derniers se développent selon deux axes bien distincts :

le partage de la collecte, du signalement et de la conservation du dépôt légal. Au nombre de 26, les pôles associés pour la collecte du dépôt légal imprimeur sont situés dans les BM des capitales de régions ou les chefs-lieux des DOM-TOM. Ils ont mission de collecter un exemplaire de tous les ouvrages imprimés sur le territoire de la région concernée, de croiser les données de cette collecte avec celles du dépôt légal éditeur pour en conforter l’exhaustivité. En contrepartie, la BNF accorde à chacun de ces pôles une subvention venant en appui au financement des emplois nécessaires à cette gestion. La BNF redistribue sur convention une partie importante du 2è exemplaire du dépôt légal éditeur à 62 bibliothèques réparties sur le territoire national.

 

Le partage documentaire

 

La BNF a commencé à signer, dès 1994, des conventions de pôles associés avec des groupements de bibliothèques qui, sur le territoire d’une même région, développaient une thématique documentaire complémentaire de celles des collections de la BNF. La plupart des CADIST est partie prenante de ce réseau. Les modalités de cette coopération sont fixées par une convention triennale aux termes de laquelle le pôle s’engage à acquérir, dans un domaine donné, la documentation complémentaire de celle de la BNF, surtout en langues étrangères. Le pôle est tenu de signaler ses acquisitions dans le catalogue collectif de France. 89 bibliothèques ou centres de documentation participent à ce réseau autour de 20 grands thèmes disciplinaires. Depuis 2004 et la mise en place par la Direction du livre et de la lecture du ministère de la Culture du Plan d’action pour le patrimoine écrit (PAPE), un nouvel axe de coopération s’est développé pour la BNF autour des pôles régionaux qui se sont donnés pour mission d’achever le traitement et la valorisation de leur patrimoine régional. Mais la principale évolution de cette coopération avec les bibliothèques partenaires de la BNF tient à la concertation sur la numérisation. L’évolution de l’ambition et des fonctionnalités de Gallica a permis de prendre en compte l’intérêt des grandes bibliothèques patrimoniales pour des opérations de valorisation de leurs propres collections. La coopération est sur deux axes, un axe thématique permet d’associer plusieurs établissements au projet autour d’une discipline ou d’un corpus précis. Quant à l’axe régional, il permet des associations sur des programmes très localisés de numérisation tel celui de la numérisation des publications des sociétés savantes, commencé dans le cadre de Gallica en 1995.

 

La coopération bibliographique : la constitution des catalogues collectifs.

 

Le catalogue collectif de France

 

La réalisation du CCFr a été dévolue à la BNF dès l’origine avec l’ambitieuse mission de recenser la totalité des ressources documentaires des bibliothèques françaises. Conçu comme un portail d’accès à un vaste ensemble de catalogues, le CCFr permet de localiser les ouvrages décrits dans le catalogue général de la BNF et dans le SUDOC, du Répertoire national des bibliothèques et fonds documentaires (RNBFD) qui offre une vision panoramique de l’ensemble du réseau documentaire français, soit 4700 établissements. Il propose la description de plus de 1600 fonds originaux de ces organismes documentaires. Depuis 2002, il constitue l’outil central du prêt interbibliothèque (PIB) qui concerne essentiellement les BM et est accessible depuis 2004 aux chercheurs de la BNF. Le CCFr a alimenté la Base BMR (bibliothèques municipales rétroconverties), devenue en 2006 la base Patrimoine.

 

L’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (ABES) et le SUDOC

 

Créé en 1994 à Montpellier, l’ABES a pour mission la maintenance et le développement du SUDOC. Opérationnel depuis 2001, ce catalogue fédère au sein d’un même réseau 1192 bibliothèques réparties dans 133 établissements. Il comprend 8 millions de notices et localise 25 millions de documents. L’ABES a une responsabilité particulière dans la gestion du PEB pour lequel elle met à la disposition des bibliothèques le module informatique SUPEB. En 2008, l’ABES a donné accès au catalogue en ligne des archives et des manuscrits des BU (CALAMES). Ce catalogue a été constitué à partir du Répertoire national des manuscrits littéraires français (PALME) et le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France (CGM). Il recense les fonds de manuscrits de 46 bibliothèques. L’ABES partage avec le Centre informatique national de l’enseignement supérieur (CINES) la gestion de la plateforme de signalement des thèses électroniques, archivage et recherche (STAR) qui permet le dépôt, le signalement, la conservation et la diffusion des thèses de doctorat. En liaison avec le consortium universitaire pour les publications numériques (COUPERIN), l’ABES concourt à la mutualisation des achats de documentation électronique.

 

Le consortium COUPERIN

 

A la fin des années 90, les éditeurs de revues scientifiques ont proposé des bouquets indissociables de revues par abonnements dont les tarifs sont calculés sur le nombre d’usagers potentiels. Les universités françaises ont décidé de se grouper afin de négocier les meilleures conditions tarifaires possibles. Ainsi est né COUIPERIN en 1999. Il est organisé en un département Etudes et prospective qui a une mission de veille et d’expertise sur les questions d’accès à la documentation électronique, sur l’évolution des systèmes d’information et sur les archives ouvertes. Un département Négociations documentaires qui regroupe tous les professionnels mandatés pour négocier, selon les diverses disciplines et suit les négociations permettant l’acquisition de licences d’accès aux produits documentaires.

 

La coopération en lecture publique

 

Les agences régionales de coopération

 

Dès 1984, sous l’impulsion du ministère de la culture et par le relais des DRAC avec le soutien des conseils régionaux se sont mises en place des agences régionales de coopération des bibliothèques. Les structures régionales du livre sont nées dans les années 90 au nombre de 22. Elles sont regroupées au sein de la Fédération interrégionale pour le livre et la lecture (FILL). Ces structures ont pour mission la protection et la valorisation du patrimoine écrit et graphique : inventaire, microfilmage, numérisation, conservation partagée de périodiques et des collections de littérature pour la jeunesse, soutien aux expositions, le développement de la lecture sur des programmes spécifiques, la promotion de la vie littéraire et de l’économie du livre, la formation continue des professionnels du livre.

 

La BPI

 

Elle est toujours apparue comme un établissement de référence pour l’expérimentation et la recherche dans les divers domaines de la bibliothéconomie : ressources bibliographiques, accueil des publics, politique documentaire, valorisation des collections services à distance. Elle favorise l’élargissement de l’offre documentaire pour l’ensemble du réseau des bibliothèques publiques (gestion et développement du consortium pour l’acquisition des ressources électroniques en ligne CAREL) qui recense les ressources en langue française susceptibles d’intéresser les bibliothèques publiques et négocie les meilleures conditions d’abonnement ou d’acquisition. 208 bibliothèques adhèrent à CAREL pour 956 abonnements. Mises à disposition gratuite d’accès ressources d’autoformation payantes, la constitution du Catalogue national des films documentaires pour les bibliothèques publiques qui recense 1500 films. Le développement du Réseau Bibliosés@me, système de questions/réponses en ligne utilisé par la BPI en liaison avec 13 BM, une BDP et Sainte Geneviève, la création d’Alphebib, outil professionnel collaboratif destiné à améliorer l’accueil des personnes handicapées dans les bibliothèques par la création d’une bases de données interactive permettant de mutualiser les connaissances et les expériences et de favoriser la réflexion prospective commune sur l’évolution des technologies. 23 bibliothèques participent à ce réseau. La conduite d’enquêtes nationales, par son service d’études et recherche sur les évolutions des pratiques de lecture, le soutien au développement culturel par l’offre d’expositions itinérantes ou la coproduction d’expositions d’intérêt national.

 

Les BMVR

 

De 1994 à 2006, 12 BMVR ont vu le jour. 6 BMVR sont pôles associés à la BNF et 4 participent au réseau CAREL de la BPI. Elles ne jouent que de dans rares domaines un rôle de fédérateur sur leur territoire d’influence. Elles ne s’inscrivent dans le réseau régional que comme pourvoyeuses de compétences pour la formation continue en liaison avec les centres régionaux de formation aux carrières des bibliothèques ou les structures régionales du livre.

 

Les BDP

 

Elles forment les bibliothécaires et correspondants des relais de lecture, l’animation culturelle par le prêt d’expositions, l’organisation de manifestations autour du livre, l’expertise et le conseil pour tout projet touchant à l’installation ou à la modernisation d’une bibliothèque. Elles participent activement aux activités proposées par les structures régionales du livre et restent très solidaires entre elles par le biais d’une association professionnelle particulièrement active.

 

Coopération et territoire

 

L’intercommunalité a conduit les responsables des BM à concevoir une politique de réseau élargie : du simple réseau municipal à l’ensemble des bibliothèques du territoire intercommunal. Il y a désormais une obligation de coopération entre bon nombre de BDP et de bibliothèque municipales, têtes de réseaux intercommunaux.

 

La documentation universitaire : regroupements et ramifications

 

Il existe 9 pôles de recherche et d’enseignement supérieur. Ils regroupent sur un même site géographique, des universités et des établissements d’enseignement supérieur en vue de mutualiser des programmes d’enseignement ou de recherche. Ils mettent en commun des moyens humains et budgétaires et intègrent certains services transverses, tels les services d’appui à la documentation pour la recherche. Les réseaux documentaires des IUFM ont été intégrés aux universités. Cela les oblige à renforcer la coopération interne de leur réseau pour aboutir à une fusion des cultures professionnelles, des pratiques, des outils, des collections.

 

La coopération interprofessionnelle et institutionnelle.

 

L’essor des années 80 et 90, conséquence de la décentralisation, n’a fait qu’accentuer le désengagement progressif des BDP vis-à-vis des écoles primaires. Dans quelques départements, à la demande des conseils généraux, des contacts ont été pris avec les collèges. Ainsi a pu naître une coopération avec les enseignants et les documentalistes des centres de documentation et d’information. Les BM ont su développer des relations avec le milieu scolaire à partir de leurs départements jeunesse. Des SCD, de plus en plus nombreux initient des opérations d’accompagnement anticipé des lycéens des classes terminales à l’intérieur des universités. Ces actions mettent en relation les professeurs documentalistes des lycées et les bibliothécaires d’université.

 

Les coopérations interprofessionnelles

 

L’une des professions la plus sollicitée par la coopération avec les bibliothécaires est celle des archivistes. De nombreux programmes les réunissent autour de la numérisation sous l’égide de la BNF. C’est dans le cadre de Gallica que fut initiée la coopération entre les archives départementales et les BM pour alimenter le programme de numérisation des publications des sociétés savantes.